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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Portrait &#224; la barbe fleurie</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me est parpagnas. Install&#233; &#171; pour voir &#187;, en 1991, sur une petite surface l&#233;gu&#233;e par son p&#232;re, il y a pris go&#251;t. Produisant des l&#233;gumes de qualit&#233;. &#201;cumant dans un premier temps les march&#233;s. Puis participant au lancement des premi&#232;res Amap locales. Entre n&#233;cessit&#233; de gagner sa vie et envie d'exp&#233;rimenter, rencontre avec un paysan pas fatigu&#233;. J&#233;r&#244;me Laplane a grandi dans la vall&#233;e de l'Huveaune, ce fleuve mince comme un ruisseau qui finit sa course sur la plage du Prado, &#224; Marseille. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me est &lt;i&gt;parpagnas&lt;/i&gt;. Install&#233; &#171; pour voir &#187;, en 1991, sur une petite surface l&#233;gu&#233;e par son p&#232;re, il y a pris go&#251;t. Produisant des l&#233;gumes de qualit&#233;. &#201;cumant dans un premier temps les march&#233;s. Puis participant au lancement des premi&#232;res Amap locales. Entre n&#233;cessit&#233; de gagner sa vie et envie d'exp&#233;rimenter, rencontre avec un paysan pas fatigu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2813 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH521/-1067-0c0eb.jpg?1779602687' width='400' height='521' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Lo&#239;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;&#233;r&#244;me Laplane a grandi dans la vall&#233;e de l'Huveaune, ce fleuve mince comme un ruisseau qui finit sa course sur la plage du Prado, &#224; Marseille. Plus connue pour son pass&#233; industriel, gris et rouge, cette coul&#233;e verte &#224; l'est des Bouches-du-Rh&#244;ne conserve n&#233;anmoins la m&#233;moire d'une longue histoire agricole. Entre Pont-de-l'&#201;toile et Roquevaire, on cultivait autrefois les c&#226;pres. &#171; &lt;i&gt;On le sait, parce qu'en 1860, lors de la construction de la voie ferr&#233;e Aubagne-Gardanne, les cultures ont &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;es sur les plans cadastraux avant les expropriations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est mercredi, on est sur le march&#233; paysan du cours Julien, dans le centre de Marseille. J&#233;r&#244;me a pris le temps d'un caf&#233; pour r&#233;pondre aux questions de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Et pour conter son parcours. &#171; &lt;i&gt;Mes parents &#233;taient paysans. J'ai fait un BTS en lyc&#233;e agricole, mais pas pour devenir agriculteur. Je me voyais technicien &#224; l'Inra&lt;/i&gt; [Institut national de la recherche agronomique, NDLR]&lt;i&gt;, sans doute pour &#233;viter les pesanteurs de l'enracinement&#8230; Mais bon, technicien, ce n'est pas tr&#232;s... glorieux, disons. Du coup, je suis rest&#233; sur les terres familiales.&lt;/i&gt; &#187; On confirme : J&#233;r&#244;me a le corps rond et musculeux de quelqu'un qui a gard&#233; les pieds sur terre. &#171; &lt;i&gt;J'ai boss&#233; sept ans avec mon p&#232;re, puis j'ai repris la ferme. Avec l'id&#233;e que j'allais r&#233;ussir &#224; m'en sortir, puisque Marseille est tout proche. Il n'y a pas si longtemps, la plaine d'Aubagne &#233;tait le centre nourricier, la ceinture verte de cette ville. Mais en cinquante ans, on a beaucoup perdu en auto-suffisance. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vendre, c'&#233;tait la gal&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, je travaillais seul avec mes parents. J'ai fait un march&#233;, puis deux, jusqu'&#224; cinq, dans une course &#224; la tr&#233;sorerie. Mais c'&#233;tait usant : quand tu reviens des march&#233;s, tu n'es plus tr&#232;s vaillant, c'est dur d'encha&#238;ner sur le travail &#224; la ferme et tu entres dans une mauvaise spirale&#8230; J'ai donc embauch&#233; quelqu'un pour m'aider, d'abord deux ou trois jours par semaine, puis &#224; temps complet.&lt;/i&gt; &#187; Vient alors la participation &#224; une premi&#232;re Amap, n&#233;e en octobre 2001. &#192; l'&#233;poque, les adh&#233;rents voulaient d'abord des produits locaux, puis ils ont r&#233;clam&#233; du bio. J&#233;r&#244;me a suivi : &#171; &lt;i&gt;La reconversion des sols prend bien plus de temps que la reconversion sur le papier. Il faut remettre les &#233;quilibres en place, &#231;a ne se fait pas en claquant des doigts.&lt;/i&gt; &#187; Le ton est jovial, l'accent du coin. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, les Amap fleurissent, elles surfent sur une vague.&lt;/i&gt; &#187; Parfois, les effets de mode ont du bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me si le succ&#232;s est au rendez-vous, le but n'est pas de &#171; &lt;i&gt; grossir jusqu'&#224; exploser&lt;/i&gt; &#187;. Plut&#244;t de se donner les moyens de recevoir des jeunes d&#233;sireux de se lancer. En dix ans, une dizaine de personnes se sont install&#233;es &#224; la suite d'un stage sur la ferme. Pas le choix de carri&#232;re le plus &#233;vident : &#171; &lt;i&gt;Pour les jeunes, ce n'est pas facile.&lt;/i&gt; &#187; Beaucoup vivent de peu, dorment en caravane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, un agriculteur sur trois touchait moins de 350 &#8364; par mois, selon les chiffres de la MSA, la S&#233;cu agricole. De quoi longuement r&#233;fl&#233;chir : &#171; &lt;i&gt;Mon fils travaille avec nous pour l'instant, mais il n'est pas s&#251;r de vouloir reprendre la ferme. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Amap se multiplient, se divisent quand elles grandissent (&#171; &lt;i&gt;Comme les amibes ! &lt;/i&gt; &#187;) et facilitent l'installation de nouveaux jeunes. Avance sur tr&#233;sorerie, partage de points de vue, accompagnement&#8230; &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, nous alimentons trois Amap. Une &#224; la ferme, la plus ancienne. Une autre &#224; Bonneveine, au sud de Marseille. Et une derni&#232;re sur Aubagne, avec un panier plus petit pour des gens ayant moins de moyens ou qui ne travaillent pas. Il s'agit d'un public moins &#8220;stabilis&#233;&#8221; que celui qui fr&#233;quente habituellement les Amap. C'est int&#233;ressant, parce que &#231;a fait boule de neige et que &#231;a cr&#233;e une dynamique dans les quartiers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Produire pour qui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous am&#232;ne &#224; une question &#233;pineuse : est-on condamn&#233; &#224; choisir entre mourir empoisonn&#233; par les pesticides en fr&#233;quentant le populeux march&#233; de Noailles et crever d'ennui chez les bobos du cours Julien pour acheter des produits de qualit&#233; ? J&#233;r&#244;me &#233;clate de rire. Formul&#233; autrement : le paysan bio est-il condamn&#233; &#224; vendre aux classes moyennes ? &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas faire endosser aux paysans la d&#233;tresse sociale qui existe en France. Mais nous devons en tenir compte, et nous efforcer de proposer des produits accessibles. En Amap, je distribue des l&#233;gumes bio au m&#234;me prix, ou pas loin, que des l&#233;gumes conventionnels. Je produis en quantit&#233; suffisante pour absorber le surco&#251;t de la production bio. Mais cela implique forc&#233;ment des contraintes pour les adh&#233;rents : en hiver, il n'y a jamais de tomates ; et en &#233;t&#233;, les amapiens en mangent matin, midi et soir !&lt;/i&gt; &#187; Le prix &#224; payer pour que des l&#233;gumes produits de fa&#231;on respectueuse soient accessibles au plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion a cours dans certaines structures, pas toutes. Elle ne se limite d'ailleurs pas au r&#233;seau des Amap : le magasin Solid'Arles, dans la ville du m&#234;me nom, a ainsi sign&#233; des partenariats avec la S&#233;cu et la Caf pour proposer des l&#233;gumes de qualit&#233; &#224; prix r&#233;duit. Avant de lancer une carte &#171; aveugle &#187; permettant d'adapter la facture aux revenus des clients. &#171; &lt;i&gt;Dans ce cas pr&#233;cis, la soci&#233;t&#233; prend en charge l'&#233;cart de prix ; ce ne sont pas les paysans qui portent tout sur leurs &#233;paules. Ici, sur le march&#233;, la solidarit&#233; se joue de mani&#232;re informelle : les gens modestes passent &#224; la derni&#232;re heure, on s'arrange&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fois b&#233;tonn&#233;, c'est fini&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Membre de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, J&#233;r&#244;me est aussi impliqu&#233; dans la sauvegarde des terres arables : &#171; &lt;i&gt;On a fait des manifs dans les environs &#8211; &#224; Saint-Martin-de-Crau ou &#224; G&#233;menos. Un collectif d'Aubagne se charge de la veille fonci&#232;re, mettant la pression sur les municipalit&#233;s pour que les terrains restent agricoles. Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas cultiv&#233;s aujourd'hui qu'on n'en aura pas besoin demain. Tandis qu'une fois b&#233;tonn&#233;, c'est fini : plus de retour en arri&#232;re possible.&lt;/i&gt; &#187; Objectif, peser face &#224; l'&#233;norme pression immobili&#232;re qui s'exerce sur la p&#233;riph&#233;rie de Marseille. Avec parfois le soutien des municipalit&#233;s : la commune de Gardanne pr&#233;empte ainsi des terrains pour les proposer en location &#224; des jeunes paysans qui s'installent. Mais cela co&#251;te cher, il faut une vraie volont&#233; politique. &#171; &lt;i&gt;La Conf' sert souvent d'&#233;tincelle, elle lance le mouvement. C'est d&#233;sormais plus facile qu'il y a quinze ans. On a fait du chemin et les mentalit&#233;s ont &#233;volu&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la soif : sorbet et internationalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me a aussi tiss&#233; des liens avec des paysans de brousse au Cameroun. &#171; &lt;i&gt;Je participe &#224; une association qui creuse des puits d'eau potable dans des villages d&#233;laiss&#233;s par l'&#201;tat. On soutient aussi l'ouverture d'un centre de formation agricole, qui fait de l'alphab&#233;tisation et sensibilise &#224; la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server les cultures vivri&#232;res. La monoculture a fait des ravages, les gens se disaient&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : &#8220;&lt;/i&gt;Je gagne ma vie avec le cacao, puis j'ach&#232;te ce dont j'ai besoin avec les b&#233;n&#233;fices.&lt;i&gt;&#8221; &lt;/i&gt; &#187; Jusqu'&#224; ce que le cours international du cacao s'effondre&#8230; L&#224;-bas aussi, la culture de l'auto-alimentation avec son propre jardin conna&#238;t un regain. &#171; &lt;i&gt;J'ai rencontr&#233; un gars qui bossait pour la ville de Yaound&#233; comme conducteur d'engin, mais qui subissait de longues p&#233;riodes de ch&#244;mage technique. Il est retourn&#233; &#224; la terre et affirme que lui et sa famille sont d&#233;sormais bien plus heureux dans leur vie retrouv&#233;e de paysans. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais en panne d'id&#233;e, J&#233;r&#244;me s'est aussi lanc&#233; dans la production de glaces artisanales, des sorbets fabriqu&#233;s avec ses propres fruits. &#171; &lt;i&gt;Fraise, framboise, melon, et puis des choses plus surprenantes, comme le fenouil, le thym, la fleur de lavande sauvage.&lt;/i&gt; &#187; Une fa&#231;on d'ouvrir d'autres champs d'activit&#233; &#224; son fils. &#171; &lt;i&gt;J'ai longtemps d&#233;pendu des choix de mon p&#232;re, je ne veux pas que mon enfant subisse la m&#234;me chose. J'ai envie de le laisser exp&#233;rimenter, qu'il fasse ses choix en conscience.&lt;/i&gt; &#187; Mais ce n'est pas la seule raison : &#171; &lt;i&gt;Tu me connais, je suis gourmand...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un paysan est mort</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-paysan-est-mort</link>
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		<dc:date>2019-03-15T02:37:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>gendarmes</dc:subject>
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		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Laronze</dc:subject>
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		<dc:subject>J&#233;r&#244;me assiste</dc:subject>
		<dc:subject>Conf&#233;d&#233;ration</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mai 2017, J&#233;r&#244;me Laronze, &#233;leveur en Sa&#244;ne-et-Loire, succombait &#224; trois balles tir&#233;es par un gendarme. Son tort ? S'&#234;tre oppos&#233; aux contr&#244;les agricoles. Bref retour sur ce drame en milieu paysan. Converti &#224; l'agriculture bio, J&#233;r&#244;me Laronze faisait, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, p&#226;turer librement sa centaine de vaches dans les prairies de son village de Trivy, dans le Charolais. Cet &#233;leveur de 36 ans voulait vendre sa production localement, histoire de court-circuiter les puissants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/paysan" rel="tag"&gt;paysan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome-Laronze" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Laronze&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/DDPP" rel="tag"&gt;DDPP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Confederation-paysanne" rel="tag"&gt;Conf&#233;d&#233;ration paysanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/controles-agricoles" rel="tag"&gt;contr&#244;les agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome-assiste" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me assiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Confederation" rel="tag"&gt;Conf&#233;d&#233;ration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mai 2017, J&#233;r&#244;me Laronze, &#233;leveur en Sa&#244;ne-et-Loire, succombait &#224; trois balles tir&#233;es par un gendarme. Son tort ? S'&#234;tre oppos&#233; aux contr&#244;les agricoles. Bref retour sur ce drame en milieu paysan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH527/-1063-b32f6.jpg?1779604651' width='400' height='527' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;onverti &#224; l'agriculture bio, J&#233;r&#244;me Laronze faisait, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, p&#226;turer librement sa centaine de vaches dans les prairies de son village de Trivy, dans le Charolais. Cet &#233;leveur de 36 ans voulait vendre sa production localement, histoire de court-circuiter les puissants groupes agro-alimentaires. Il &#233;tait connu dans ce coin de Sa&#244;ne-et-Loire pour son militantisme (il a &#233;t&#233; porte-parole local de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne) et pour ses coups de gueule contre les contr&#244;les agricoles aussi abusifs qu'intrusifs. Mais &#224; force de ne pas respecter les normes administratives en vigueur (identification des vaches en retard, obligations de suivi sanitaire non remplies), il a fini par attirer l'attention de la Direction d&#233;partementale de la protection des populations (DDPP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un contr&#244;le effectu&#233; en 2015, celle-ci lui interdit de vendre son cheptel, certaines des b&#234;tes ayant &#233;chapp&#233; &#224; la tra&#231;abilit&#233; des services &#233;tatiques. Pis, le 6 juin 2016, la DDPP et une armada de gendarmes d&#233;barquent par surprise chez J&#233;r&#244;me. Plusieurs vaches, affol&#233;es par les forces de l'ordre qui tentent de r&#233;unir le troupeau, se jettent alors dans une rivi&#232;re. J&#233;r&#244;me assiste, impuissant, &#224; la noyade de cinq de ses b&#234;tes et le contr&#244;le, qui vire au cauchemar, est interrompu imm&#233;diatement. Mais deux semaines plus tard, les agents de la DDPP reviennent. Quelques syndicalistes de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et une des s&#339;urs de J&#233;r&#244;me, pr&#233;venus en amont, parviennent cette fois &#224; emp&#234;cher les pandores d'intervenir sur la ferme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mortelle cavale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mai 2017, rebelote. Malgr&#233; la violence de ces contr&#244;les agricoles et la d&#233;tresse de J&#233;r&#244;me, la DDPP d&#233;boule &#224; nouveau avec pl&#233;thore de gendarmes. L'&#233;leveur, apeur&#233;, prend alors la fuite, apr&#232;s avoir tent&#233; de les effrayer avec son tracteur. Traqu&#233; par les forces de l'ordre, le paysan en cavale &#233;crit au &lt;i&gt;Journal de Sa&#244;ne-et-Loire&lt;/i&gt; et d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;l'hyper administration qui n'apporte rien aux agriculteurs, sinon de l'humiliation et des brimades. Cela ne rapporte qu'aux marchands et aux interm&#233;diaires. Mon cas est anecdotique, mais il illustre l'ultra-r&#233;glementation qui conduit &#224; une destruction des paysans&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mon tracteur &#233;tait le seul moyen d'avoir droit &#224; la parole &#187;, article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le 20 mai, J&#233;r&#244;me est finalement localis&#233; dans un chemin, &#224; quelques kilom&#232;tres de sa ferme. Il est assoupi dans sa voiture quand deux gendarmes s'approchent pour l'interpeller. R&#233;veill&#233;, J&#233;r&#244;me tente de leur &#233;chapper. Un pandore d&#233;gaine et tire six balles. Trois seront fatales au jeune paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s tentent alors, piteusement, d'arguer de &#171; la l&#233;gitime d&#233;fense &#187; des gendarmes. Sauf que l'enqu&#234;te d&#233;montre rapidement que les trois balles ont &#233;t&#233; tir&#233;es dans le dos de l'&#233;leveur... Depuis, le tireur a &#233;t&#233; mis en examen, et une instruction est en cours. Les proches de J&#233;r&#244;me se battent d&#233;sormais pour que la justice n'enterre pas l'affaire, qualifi&#233;e de &#171; violence avec arme ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187; &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le proc&#232;s s'annonce d'autant plus difficile que les conditions de l&#233;gitime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le m&#233;pris &#233;tatique du monde paysan se prolonge d&#233;cid&#233;ment jusque dans la mort.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Pour contacter et aider le Comit&#233; de soutien&lt;/strong&gt; : Association Justice et v&#233;rit&#233; pour J&#233;r&#244;me Laronze BP 10229 &#8211; 71106 Chalon-sur-Sa&#244;ne CEDEX&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lejsl.com/edition-macon/2017/05/19/mon-tracteur-etait-le-seul-moyen-d-avoir-droit-a-la-parole&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mon tracteur &#233;tait le seul moyen d'avoir droit &#224; la parole&lt;/a&gt; &#187;, article publi&#233; dans l'&#233;dition du 19 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le proc&#232;s s'annonce d'autant plus difficile que les conditions de l&#233;gitime d&#233;fense des forces de l'ordre ont &#233;t&#233; &#233;largies par la &#171; loi sur la s&#233;curit&#233; publique &#187;, vot&#233;e en f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Home, squat home</title>
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&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages. Une ombre dans la nuit. Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lise-Lacombe" rel="tag"&gt;Lise Lacombe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/proprio" rel="tag"&gt;proprio&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-922-00413.jpg?1779602937' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ombre dans la nuit.&lt;/strong&gt; Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus loin. Voil&#224; les squatteurs &#224; l'int&#233;rieur. Ils changent vite la serrure, barricadent la porte, obstruent les ouvertures. Puis attendent. Jusqu'&#224; la visite des flics ou d'un huissier. Ou jusqu'&#224; ce que le d&#233;lai l&#233;gal de 48 heures soit &#233;coul&#233; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce n'est qu'une fois celui-ci pass&#233; qu'ils pourront s'appuyer sur le Code civil pour faire du lieu leur domicile principal, et sur le Code p&#233;nal pour justifier l'inviolabilit&#233; de celui-ci. Cette phase pass&#233;e, il sera temps de penser &#224; habiter &#8211; mais avec la menace de l'expulsion toujours pr&#233;sente dans un coin de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224; pour le sc&#233;nario id&#233;al.&lt;/strong&gt; Quand tout se passe bien. C'est loin d'&#234;tre toujours le cas. Ouvrir un squat, f&#251;t-il discret et d'habitation, qu'il se trouve au c&#339;ur de la ville ou au fin fond de la cambrousse, c'est d'abord accepter la probabilit&#233; de l'&#233;chec. &#171; &lt;i&gt;Quand tu arrives, tu ne sais pas si le lieu va tenir quelques jours ou plusieurs mois,&lt;/i&gt; explique Jojo &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui compte une dizaine de squats au compteur.&lt;i&gt; Mais tu n'as pas le choix, tu dois te mettre au boulot : nettoyer, remettre l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, r&#233;cup&#233;rer des meubles dans la rue, lancer des travaux d'am&#233;nagement&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une &#233;tape indispensable pour se sentir chez soi &#8211; &lt;i&gt;home squat home&lt;/i&gt;. Sauf que le chez-soi peut tr&#232;s vite ne plus l'&#234;tre. Et les heures (voire les jours ou semaines) de travail auront &#233;t&#233; abattues en pure perte. Jojo encore : &#171; &lt;i&gt;&#199;a coupe parfois les jambes : tu t'investis &#224; fond, tout en sachant que le risque d'expulsion plane. &#192; force, &#231;a fatigue. Tu finis par avoir envie de te poser, de souffler sans avoir &#224; te dire que bient&#244;t il faudra tout recommencer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un travail de rep&#233;rage&lt;/strong&gt; en amont permet de mettre davantage de chances de son c&#244;t&#233;. Une reconnaissance qui s'effectue d'abord de visu : &#171; &lt;i&gt;Observez si les lieux sont bien vides et s'il n'y a pas de passage,&lt;/i&gt; r&#233;sume la brochure &#8216;&#8216; Le squat de A &#224; Z '' &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site squat.net&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il y a divers indices : volets ferm&#233;s, bo&#238;te aux lettres pleine de vieilles pubs, tas de feuilles mortes devant la porte, jardin en friche, &#233;tat du b&#226;timent&#8230; Pour v&#233;rifier s'il y a du passage, placez un bout de papier discret dans l'embrasure de chaque porte et portail, et v&#233;rifiez r&#233;guli&#232;rement leur pr&#233;sence.&lt;/i&gt; &#187; Ce rep&#233;rage se double souvent d'une enqu&#234;te sur le propri&#233;taire, histoire d'estimer le risque de le voir d&#233;barquer. J&#233;r&#244;me, pass&#233; par divers squats de l'Est parisien et du Sud de la France, aime cette &#233;tape : &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours cherch&#233; &#224; en savoir le plus possible sur le lieu. C'est-&#224;-dire me rendre au cadastre pour trouver le nom du proprio, me renseigner pour savoir s'il habite &#224; proximit&#233;, rechercher des infos &#224; son propos sur Internet&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;Enqu&#234;te sur le proprio&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parfois&lt;/strong&gt;, celui-ci est carr&#233;ment aux abonn&#233;s absents. Ainsi de cette maison vide depuis une trentaine d'ann&#233;es dans une banlieue r&#233;sidentielle de Marseille, demeure &#224; l'abandon que Louise et deux de ses copines avaient rep&#233;r&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une grande baraque avec jardin, dans un &#233;tat d&#233;plorable. Elle faisait partie d'une succession, la famille se d&#233;chirait sur l'h&#233;ritage et la maison &#233;tait en indivision. &lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s y avoir r&#233;fl&#233;chi, les trois amies ont d&#233;cid&#233; d'&#233;crire aux propri&#233;taires pour leur proposer un arrangement : elles se chargeraient des lourds travaux d'am&#233;nagement contre une remise de loyer. Mais elles n'ont jamais eu de r&#233;ponse. Et ont finalement pris possession de l'endroit &#224; la hussarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les proprios&lt;/strong&gt; sont loin de se montrer toujours accommodants. Certains se font m&#234;me justice eux-m&#234;mes plut&#244;t que de lancer une proc&#233;dure d'expulsion. Et d&#233;barquent avec des sbires pour virer les squatteurs. &#171; &lt;i&gt;C'est plus effrayant que l'arriv&#233;e des flics,&lt;/i&gt; note J&#233;r&#244;me.&lt;i&gt; Avec la police, il y a un cadre, surtout quand la proc&#233;dure d'expulsion est lanc&#233;e. Tandis qu'avec des gros bras, &#231;a peut vraiment partir en cacahu&#232;tes... &lt;/i&gt; &#187; C'est ce qu'a connu Tic, squatteur de longue date qui venait de se d&#233;gotter un petit appartement &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;J'avais attendu 48 heures &#224; l'int&#233;rieur, puis j'&#233;tais sorti quelques heures. Des gros bras sont pass&#233;s pendant ce temps, ils ont p&#233;t&#233; la porte, et cass&#233; ou vol&#233; mes affaires. Je ne suis &#233;videmment pas rest&#233; dans l'appart'.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On partageait tout &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perdre&lt;/strong&gt; ses (maigres) possessions : voil&#224; l'une des hantises de celles et ceux qui font le choix du squat. Une crainte qui pousse &#224; ne pas accumuler. &#192; voyager l&#233;ger, comme Jojo &#224; la fin des ann&#233;es 1990 : &#171; &lt;i&gt; On r&#233;cup&#233;rait des matelas &#224; Emma&#252;s, des meubles dans la rue &#8211; on s'en fichait de les perdre en cas d'expulsion. Quand &#231;a arrivait, je balan&#231;ais mes v&#234;tements et mes affaires dans deux sacs de couchage, et je m'en allais.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y avait pas grand-chose d'autre &#224; sauver, souligne le m&#234;me en souriant : &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait jeunes, on n'avait rien mais on partageait tout. On mettait notre argent en commun, on volait la nourriture et l'alcool, on rentrait en douce dans les concerts...&lt;/i&gt; &#187; Bref, le minimum vital &#8211; que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement&lt;/strong&gt; : il a parfois envie d'un peu de confort. Surtout en prenant de l'&#226;ge. &#171; &lt;i&gt;Pendant longtemps, je n'ai &#224; peu pr&#232;s rien poss&#233;d&#233; &#8211; juste trois grands sacs d'affaires diverses, que je pouvais boucler &#224; la va-vite,&lt;/i&gt; explique J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Mais j'ai fini par acheter un ordinateur. Et l&#224;, &#231;a devient tout de suite plus chiant : si tu pars en week-end, il te faut chercher un endroit s&#251;r o&#249; l'entreposer, parce que tu n'es jamais certain que le squat ne sera pas visit&#233; par les flics ou le proprio en ton absence.&lt;/i&gt; &#187; Un stress toujours pr&#233;sent, comme en filigrane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est le c&#244;t&#233; chiant&lt;/strong&gt; du squat : tu restes toujours pr&#233;caire et tu d&#233;penses beaucoup d'&#233;nergie &#224; ouvrir et tenir le lieu&lt;/i&gt; &#187;, poursuit J&#233;r&#244;me, qui a ainsi altern&#233; squats et locations classiques. Un cas de figure fr&#233;quent chez les squatteurs longue dur&#233;e &#8211; il leur arrive d'opter pour le confort d'un bail, le temps de recharger leurs batteries ou, par exemple, d'&#233;lever des enfants en bas &#226;ge. Mais ils finissent souvent par retourner &#224; leur premier amour. Par manque de thunes. Par go&#251;t de la vie en collectif. Et par amour de la libert&#233;. &#192; commencer par celle de &#171; &lt;i&gt;ne pas avoir &#224; accepter un taf qui ne te pla&#238;t pas juste pour payer ton loyer &lt;/i&gt; &#187;, remarque Jojo. Ainsi que celle d'am&#233;nager &#224; l'envi son int&#233;rieur, souligne la brochure &#171; Le Squat de A &#224; Z &#187; : &#171; &lt;i&gt;Squatter, c'est aussi habiter au sens plein du terme : c'est &#234;tre libre et responsable de son lieu de vie. C'est pouvoir y faire ce que l'on veut sans se r&#233;f&#233;rer &#224; un proprio qui de toute fa&#231;on n'y vit pas.&lt;/i&gt; &#187; Nulle autorisation &#224; demander pour abattre une cloison, installer une mezzanine ou peindre les murs de toutes les couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pro du b&#226;timent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis&lt;/strong&gt;, &#224; force de se retrousser les manches pour faire de la ma&#231;onnerie ou remettre en ordre de marche les circuits &#233;lectriques, les squatteurs finissent par acqu&#233;rir tout un &#233;ventail de comp&#233;tences. Bien oblig&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Au fil des ann&#233;es, tu deviens presque un pro du b&#226;timent&lt;/i&gt; &#187;, rigole Jojo, qui souligne au passage : &#171; &lt;i&gt;Dans tous les squats o&#249; j'ai v&#233;cu, nous avons laiss&#233; l'endroit en meilleur &#233;tat que celui dans lequel on l'avait trouv&#233;. &lt;/i&gt; &#187; M&#234;me chose pour Louise et ses deux copines, qui ont travaill&#233; des mois &#224; remettre en &#233;tat la maison tr&#232;s d&#233;labr&#233;e qu'elles avaient r&#233;cup&#233;r&#233;e. Toutes trois ont d&#251; serrer les dents et s'ent&#234;ter pour parvenir &#224; rendre l'endroit vivable : &#171; &lt;i&gt; &#199;'a &#233;t&#233; compliqu&#233; de remettre l'eau. On n'y serait d'ailleurs pas parvenu si on n'avait pas re&#231;u des coups de main de gens plus exp&#233;riment&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est qu'entre squatteurs&lt;/strong&gt;, l'entraide joue &#224; plein &#8211; le mode d'habiter rapproche et permet de facilement nouer des liens entre les lieux. Soutien en cas de tentative d'expulsion, &#233;change de comp&#233;tences, coups de main occasionnels&#8230; Une solidarit&#233; d'autant plus forte que les squatteurs sont confront&#233;s &#224; une m&#234;me adversit&#233;, celle impos&#233;e par un monde dont ils ont refus&#233; les r&#232;gles (immobili&#232;res). Cet habitat du refus fait sens par lui-m&#234;me, souligne la brochure sus-cit&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Chaque squat est diff&#233;rent.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Mais tout squat est &#8216;&#8216;politique'', dans la mesure o&#249; il bouleverse, m&#234;me parfois involontairement, l'ordre social et la propri&#233;t&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce d&#233;lai de 48 heures. Mais pour l'instant, pas de retour sur son application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site squat.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cave canem : retour sur le D&#233;codex</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Cave-canem-retour-sur-le-Decodex</link>
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		<dc:date>2018-06-24T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le journalisme de qualit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; aussi n&#233;cessaire. &#187; C'est par ces mots que J&#233;r&#244;me Fenoglio directeur du Monde et Luc Bronner, directeur des r&#233;dactions, ouvrent une lettre adress&#233;e &#224; leurs lecteurs. &#171; Notre r&#233;ponse aux tourbillons du monde, c'est le journalisme, rien que le journalisme, mais tout le journalisme. &#187; Apr&#232;s les gal&#233;jades habituelles sur le professionnalisme de leur r&#233;daction, arrive, enfin, l'annonce de la seconde version du D&#233;codex. Une fois les bons points distribu&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sites-749" rel="tag"&gt;sites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/journalisme" rel="tag"&gt;journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Luc-Bronner" rel="tag"&gt;Luc Bronner&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome-Fenoglio" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Fenoglio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fenoglio-directeur" rel="tag"&gt;Fenoglio directeur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lettre-adressee" rel="tag"&gt;lettre adress&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bronner" rel="tag"&gt;Bronner&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le journalisme de qualit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; aussi n&#233;cessaire.&lt;/i&gt; &#187; C'est par ces mots que J&#233;r&#244;me Fenoglio directeur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et Luc Bronner, directeur des r&#233;dactions, ouvrent une lettre adress&#233;e &#224; leurs lecteurs&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Fenoglio, Luc Bronner, &#171; &#192; nos lecteurs : &#8220;S'adapter &#224; un monde qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Notre r&#233;ponse aux tourbillons du monde, c'est le journalisme, rien que le journalisme, mais tout le journalisme.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s les gal&#233;jades habituelles sur le professionnalisme de leur r&#233;daction, arrive, enfin, l'annonce de la seconde version du &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/verification/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;codex&lt;/a&gt;. Une fois les bons points distribu&#233;s &#8211; apparemment, il y en a &#8211;, voici venu le moment de l'autocritique. &#171; &lt;i&gt;Des erreurs ont &#233;t&#233; commises dans l'analyse de certains sites. Surtout, le code couleur que nous avons adopt&#233; a pu laisser comprendre que nous avions l'intention de labelliser toutes les sources d'information existantes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons-en aux faits, puisque c'est de cela qu'il s'agit. Financ&#233;, en partie, par le Fonds Google pour l'innovation num&#233;rique de la presse (Finp), le D&#233;codex a &#233;t&#233; lanc&#233; le 1er f&#233;vrier dernier (2017) par les D&#233;codeurs &#8211; l'&#233;quipe de &#171; fact-checkeurs &#187; du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. Leur objectif : s'attaquer &#224; la viralit&#233; de l'information, de combattre la post-v&#233;rit&#233; et sa propagation &#224; travers les r&#233;seaux sociaux et autres sites en ligne. Bref, devenir les petits timoniers naviguant au milieu de la liqu&#233;faction de l'information. Dans leur premi&#232;re version, pas moins de 600 sites &#233;taient r&#233;pertori&#233;s selon un code couleur distribuant les degr&#233;s de fiabilit&#233;. Vert pour les sites &#171; &lt;i&gt;en principe plut&#244;t fiables&lt;/i&gt; &#187;, orange pour ceux &#171; &lt;i&gt;pouvant &#234;tre r&#233;guli&#232;rement impr&#233;cis&lt;/i&gt; &#187;, rouge pour ceux diffusant &#171; &lt;i&gt;de fausses informations ou des articles trompeurs&lt;/i&gt; &#187; et bleu pour les pages &#171; &lt;i&gt;satiriques ou parodiques&lt;/i&gt; &#187;. Samuel Laurent, le responsable des D&#233;codeurs, et ses directeurs ont beau s'en d&#233;fendre, on a du mal &#224; ne pas voir, dans la premi&#232;re version de leur &#171; &lt;i&gt;V&#233;rificator&lt;/i&gt; &#187; (nom donn&#233; &#224; leur moteur de recherche), l'&#233;bauche d'une hi&#233;rarchisation de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples. &#201;taient consid&#233;r&#233;es comme fiables, toutes les r&#233;dactions qui se gavent de subsides publics et qui sont compos&#233;es de professionnels &#8211; et de stagiaires &#8211; de l'information. Le fait de consid&#233;rer comme fiable, d&#233;but f&#233;vrier, l'estrasse ultradroiti&#232;re &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; tout en marquant au fer rouge nos confr&#232;res de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, illustre parfaitement les r&#233;flexes pavloviens du monde journalistique. Dans la cat&#233;gorie des rat&#233;s, nous avons &#233;galement Doctissimo. Le site des hypocondriaques passa de l'orange au vert, le jour m&#234;me de son association avec le groupe Le Monde pour lancer le bimestriel &lt;i&gt;Sens &amp; Sant&#233;&lt;/i&gt;. Alors : conflit d'int&#233;r&#234;t ou &#171; &lt;i&gt;effet de sens malheureux&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne-Sophie Jacques, &#171; D&#233;codex : la miraculeuse gu&#233;rison de Doctissimo &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, comme le soutiennent Les D&#233;codeurs ? Myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient de leurs limites, nos h&#233;rauts du journalisme ont mis en ligne &#8211; le 16 mars &#8211; une nouvelle version qui se concentre dor&#233;navant sur les sites &#171; d&lt;i&gt;iffusant r&#233;guli&#232;rement de fausses informations&lt;/i&gt; &#187;, ainsi que &#171; &lt;i&gt;sur ceux pour lesquels il nous semble important d'avertir le lecteur sur un point en particulier&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais, &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; est &#224; lire avec prudence, &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; est &#224; recouper avec d'autres sources, tout comme &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et les anciens sites verts. &lt;i&gt;Mea culpa&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cela n'enl&#232;ve rien au probl&#232;me initial. Dans le monde du &#171; &lt;i&gt;journalisme de qualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, on vit en vase clos. Form&#233;s dans les m&#234;mes &#233;coles, les jeunes journalistes comprennent vite qu'&#224; l'heure de la post-v&#233;rit&#233;, les outils de v&#233;rification des faits sont le parangon de l'objectivit&#233; journalistique. Sauf qu'un fait n'a jamais rien dit en lui-m&#234;me. Le traitement des donn&#233;es est politique. Le journalisme est politique. Et la n&#233;gation de cette dimension essentielle du m&#233;tier les am&#232;ne &#224; traiter des faits sans se soucier du cadre plus g&#233;n&#233;ral qui leur donne vie et les anime. Les sympt&#244;mes sont bien connus et donnent une l&#233;g&#232;re tendance &#224; hurler avec les loups. Crise typique qui frappe commun&#233;ment les chiens de garde. Nous ne donnerons ici qu'un seul conseil : faites gaffe au chien s'il n'est pas rouge&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mise &#224; jour du 22 juin 2018 : D&#233;codex n'a toujours pas &#233;tudi&#233; le site de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Fenoglio, Luc Bronner, &#171; &#192; nos lecteurs : &#8220;S'adapter &#224; un monde qui bascule&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 10 mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anne-Sophie Jacques, &#171; D&#233;codex : la miraculeuse gu&#233;rison de Doctissimo &#187;, site d'Arr&#234;t sur Images.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mise &#224; jour du 22 juin 2018 : D&#233;codex n'a toujours pas &#233;tudi&#233; le site de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. C'est vexant, presque. Alors que la fiche de Fakir n'a pas &#233;t&#233; mise &#224; jour depuis... longtemps puisque Fran&#231;ois Ruffin y est pr&#233;sent&#233; comme candidat aux l&#233;gislatives alors qu'il a &#233;t&#233; &#233;lu depuis plus d'un an. (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face aux normes, &#171; reconstruire une culture de lutte commune &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Face-aux-normes-reconstruire-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Face-aux-normes-reconstruire-une</guid>
		<dc:date>2018-04-30T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>agricole</dc:subject>
		<dc:subject>paysans</dc:subject>
		<dc:subject>agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Laronze</dc:subject>
		<dc:subject>contr&#244;les agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>normes</dc:subject>
		<dc:subject>contr&#244;le agricole</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;glementation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/agricole" rel="tag"&gt;agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/paysans" rel="tag"&gt;paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/agricoles" rel="tag"&gt;agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome-Laronze" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Laronze&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/controles-agricoles" rel="tag"&gt;contr&#244;les agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/normes" rel="tag"&gt;normes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/controle-agricole" rel="tag"&gt;contr&#244;le agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reglementation" rel="tag"&gt;r&#233;glementation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans combattant la mise au pas administrative et industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH362/-650-94846.jpg?1779603372' width='500' height='362' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quand et pourquoi s'est form&#233; votre collectif ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En mai 2017, l'&#233;leveur J&#233;r&#244;me Laronze est abattu par des gendarmes apr&#232;s avoir &#233;t&#233; harcel&#233; par l'administration. Il refusait de se plier aux normes de tra&#231;abilit&#233; et en a pay&#233; le prix fort. Soit une lourde pression gendarmesque : d&#232;s 2016, les uniformes se d&#233;placent en nombre lors des contr&#244;les agricoles men&#233;s sur son exploitation. C'est &#224; la suite d'une &#233;ni&#232;me visite surprise des contr&#244;leurs et des pandores que J&#233;r&#244;me part en cavale. Quelques jours plus tard, les forces de l'ordre lui mettent la main dessus &#8211; il est en train de dormir dans sa voiture. Et elles l'abattent de trois balles dans le dos alors qu'il tente de s'enfuir [lire l&#034;Un paysan est mort&#034; dans le dossier du n&#176;163 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa mort, la famille de J&#233;r&#244;me organise chaque 20 du mois une veill&#233;e &#224; M&#226;con. Traumatis&#233;s par ce drame, nombres d'agriculteurs y assistent r&#233;guli&#232;rement. Au fil des discussions, certains d'entre eux se sont rendus compte qu'ils partagent la m&#234;me r&#233;alit&#233; que J&#233;r&#244;me : ils subissent une intense pression administrative visant &#224; les &#8220; mettre aux normes &#8221;. La diff&#233;rence, c'est que lui n'a rien l&#226;ch&#233;. Et que, trop seul face &#224; ces violences institutionnelles, il en est mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif est ainsi n&#233; de ce constat que nous sommes de plus en plus nombreux dans les fermes &#224; endurer un v&#233;ritable harc&#232;lement r&#233;glementaire et judiciaire. Avec &#224; la cl&#233; des contr&#244;les &#224; r&#233;p&#233;tition, des saisies de troupeaux, des interdictions de vente sur les march&#233;s, des sanctions financi&#232;res, voire des internements. Face &#224; cette mise au pas bureaucratique, nous avons donc commenc&#233; &#224; organiser des rencontres publiques pour comprendre o&#249; cette vie administr&#233;e nous menait et, in fine, comment refuser les contr&#244;les agricoles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette emprise normative est-elle si forte dans le monde agricole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1992, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) incite l'Europe &#224; abandonner toute forme de protectionnisme. Il s'agit notamment de satisfaire les empires agroalimentaires, qui se sont constitu&#233;s depuis l'apr&#232;s-guerre gr&#226;ce au soutien public et qui r&#233;clament d&#233;sormais la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole international. Ils obtiennent gain de cause. Et cela s'accompagne de l'institution de strictes normes sanitaires et environnementales, lesquelles constituent le seul biais de r&#233;gulation et d'orientation de l'&#201;tat sur l'agriculture qui soit valable aux yeux de l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert de sant&#233; publique et de protection de l'environnement, les services &#233;tatiques, de concert avec les industriels, imposent alors &#224; tous les agriculteurs une r&#233;glementation tr&#232;s stricte. Le probl&#232;me, c'est que celle-ci sert les int&#233;r&#234;ts de l'agro-industrie, et non ceux des paysans. Les industriels ont beau jeu de pr&#233;tendre que toutes ces normes permettent une tra&#231;abilit&#233; des denr&#233;es alimentaires, de leur production jusqu'&#224; la vente au consommateur. Mais en r&#233;alit&#233;, chaque nouvelle r&#233;glementation sert avant tout &#224; pousser &#224; la modernisation des exploitations, et &#224; mettre de c&#244;t&#233; ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas suivre. On assiste ainsi &#224; une concentration capitaliste des fermes et &#224; une diminution effarante du nombre d'agriculteurs. Quant aux paysans, ils se retrouvent de plus en plus d&#233;poss&#233;d&#233;s d'un m&#233;tier se r&#233;sumant d&#233;sormais &#224; un ensemble de proc&#233;dures standardis&#233;es. &#192; terme, l'objectif des industriels est la mise en place de fermes robotis&#233;es, bio ou pas, grosses ou petites, o&#249; les agriculteurs ne seraient que de simples intendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les normes sanitaires et environnementales en vigueur ne sont que le miroir aux alouettes d'une pr&#233;tendue qualit&#233; des aliments permettant de faire passer la pilule de l'industrialisation &#224; marche forc&#233;e de l'agriculture. Le plus dingue, c'est que cet arsenal de r&#233;glementations et de proc&#233;dures industrielles n'a nullement permis d'&#233;viter le scandale de la vache folle, des lasagnes de cheval ou du lait pour b&#233;b&#233; contamin&#233; &#224; la salmonelle. Quelque vingt ans de r&#233;glementations visant &#224; &#8220; ma&#238;triser &#8221; les pollutions d'origine agricole n'ont pas non plus emp&#234;ch&#233; que la prolif&#233;ration d'algues vertes sur les plages bretonnes atteigne un nouveau record en 2017. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette normalisation industrielle se traduit-elle au quotidien dans votre travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a tout d'abord les normes concernant la tra&#231;abilit&#233; &#8211; elles sont innombrables et s'immiscent partout dans notre travail. Nos animaux doivent &#234;tre enregistr&#233;s, munis de papiers d'identit&#233;, boucl&#233;s et vaccin&#233;s. Chaque naissance, d&#233;placement ou mort d'animal doit &#234;tre d&#233;clar&#233; &#224; l'administration sous sept jours. De m&#234;me, toutes nos semences doivent &#234;tre certifi&#233;es et nos cultures r&#233;pertori&#233;es. Nos parcelles agricoles sont photographi&#233;es par satellite, sans exception. Et le moindre m&#232;tre de haie, arbre isol&#233; ou ruisseau se trouve mesur&#233; et notifi&#233;. Nos ateliers, conserveries et v&#233;hicules doivent &#234;tre agr&#233;&#233;s, et nos fromages, l&#233;gumes ou viandes ont obligation d'&#234;tre analys&#233;s, trac&#233;s, &#233;tiquet&#233;s. Enfin, notre comptabilit&#233;, nos revenus ou d&#233;ficits sont scrupuleusement contr&#244;l&#233;s. Et si on ne se plie pas &#224; cette r&#233;glementation, les sanctions tombent &#8211; pour certains, cela va jusqu'&#224; la suppression des primes et subventions (ce qui signifie ne presque plus percevoir de revenus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle des paysans est tellement d&#233;sesp&#233;r&#233;e que la MSA [Mutualit&#233; sociale agricole, la S&#233;cu du secteur agricole] a mis en place un &#8220; protocole suicide &#8221;. C'est un sujet tabou, mais il faut savoir que les agriculteurs fran&#231;ais se suicident trois fois plus que les autres professions... Tout un dispositif de suivi avec les gendarmes et les diff&#233;rents services a donc &#233;t&#233; mis en place : &#224; la moindre fragilit&#233; &#233;conomique ou familiale, au moindre &#233;nervement t&#233;l&#233;phonique avec une administration ou petite r&#233;volte face &#224; un contr&#244;le agricole, des signalements et &#233;valuations sont effectu&#233;s. Ils peuvent amener &#224; l'ouverture d'un dossier ou &#224; un internement de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette normalisation industrielle va de pair avec un incroyable m&#233;pris institutionnel. R&#233;cemment, l'administration a ainsi interdit &#224; la vente l'ensemble des brebis d'un &#233;leveur membre du collectif. Simplement parce que ce dernier n'&#233;tait pas au courant qu'il devait remplir la seconde colonne d'un tableau de concordance entre divers types de boucles &#8211; ses b&#234;tes sont pourtant identifi&#233;es dans les r&#232;gles. Autre exemple, un petit mara&#238;cher de la Loire travaillant sur les march&#233;s a, il y a peu, &#233;cop&#233; de 340 &#8364; d'amende car ses &#233;tiquettes indiquaient &#8220; Origine Loire &#8221;, et non &#8220; Origine France &#8221; comme le veut la r&#233;glementation... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux d&#233;rives inh&#233;rentes au capitalisme industriel, n'existe-t-il quand m&#234;me pas des r&#233;glementations qui permettent des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement et des animaux d'&#233;levage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour &#234;tre labellis&#233; &#8220; Agriculture biologique &#8221;, le paysan est oblig&#233; de se soumettre &#224; un cahier des charges tr&#232;s contraignant, lui aussi aux mains de quelques businessmen : pr&#232;s de la moiti&#233; du march&#233; bio fran&#231;ais appartient d&#233;j&#224; &#224; des groupes industriels. Le label est de toute fa&#231;on mensonger par essence : l'id&#233;e m&#234;me de suivre un cahier des charges rel&#232;ve d&#233;j&#224; d'une pens&#233;e industrielle qui norme la production. Sans compter qu'il produit l'illusion chez le &#8220; consomm'acteur &#8221; d'avoir prise sur son alimentation, alors m&#234;me que les producteurs se sont fait d&#233;poss&#233;der de toute forme d'autonomie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maltraitance animale ayant tout particuli&#232;rement l'attention du grand public, la question du bien-&#234;tre des b&#234;tes est pour sa part largement utilis&#233; par l'agro-industrie. L&#224; encore, elle s'en sert comme pr&#233;texte pour imposer de nouvelles normes. C'est tr&#232;s commode, puisque que la r&#233;glementation en termes de bien-&#234;tre animal n'interdit en rien la logique concentrationnaire propre aux pratiques agricoles industrielles. Un exemple parmi mille autres. &#192; partir de 2020, les &#233;leveurs ont obligation de pr&#233;voir un petit parcours en plein air pour les poules de batterie. Elles seront toujours entass&#233;es par milliers les unes sur les autres, mais l'emballage sera un peu plus aguichant. Par contre, le surinvestissement impos&#233; laissera les plus petits sur le carreau, concentrant toujours plus la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, ne pas utiliser d'antibiotiques, et pr&#233;f&#233;rer soigner ses animaux par la phytoth&#233;rapie, ou refuser le bouclage &#233;lectronique sont des pratiques d&#233;sormais consid&#233;r&#233; comme de la maltraitance lors des contr&#244;les&#8230; Au final, ce concept de bien-&#234;tre animal, qui n'a rien &#224; voir avec l'attention que les &#233;leveurs portent &#224; leurs b&#234;tes dans une relation d'int&#233;r&#234;ts communs, est une image publicitaire qui sert avant tout &#224; l&#233;gitimer le syst&#232;me agricole industriel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles r&#233;sistances collectives d&#233;ployer face &#224; cet acharnement r&#233;glementaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s des rencontres publiques en octobre, puis janvier dernier, nous avons cr&#233;&#233; des groupes locaux dans le Morbihan, en Sa&#244;ne-et-Loire, Anjou, Ari&#232;ge, Auvergne et dans la Dr&#244;me. En nous inspirant du groupe &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puces-RFID-et-punaises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas pucer &lt;/a&gt;, tr&#232;s actif dans le Tarn, l'objectif est de mettre en place un r&#233;seau de soutien et d'intervention collective en cas de contr&#244;le agricole. Le contr&#244;le, c'est un moment symbolique fort, o&#249; les injonctions sont r&#233;elles et o&#249; les sanctions tombent r&#233;guli&#232;rement. Accueillir &#224; plusieurs les services v&#233;t&#233;rinaires, l'Agence de services et de paiement (qui verse les aides et les primes), l'&#201;tablissement de l'&#233;levage (qui g&#232;re l'identification des animaux) ou encore la r&#233;pression des fraudes permet de rompre l'isolement de tout un chacun face &#224; l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contr&#244;les culpabilisent les paysans et sont per&#231;us comme une honte dans le milieu agricole : ils te stigmatisent en tant qu'agriculteur qui travaille mal. Et les paysans ne se soutiennent pas beaucoup les uns les autres car ils ont peur d'&#234;tre &#224; leur tour contr&#244;l&#233;s&#8230;Nous voulons lib&#233;rer la parole et affirmer que ce n'est pas &#224; nous, mais bien &#224; l'&#201;tat, d'avoir honte. Il utilise la tra&#231;abilit&#233; pour s'affirmer comme garant de la s&#233;curit&#233; alimentaire, alors que c'est lui-m&#234;me qui est &#224; l'origine de l'industrialisation de l'agriculture et de ses d&#233;rives sanitaires et &#233;cologiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous sommes en train de mettre au point un guide d'autod&#233;fense agricole, qui devrait para&#238;tre prochainement. En partant de nos exp&#233;riences de vie paysannes, nous tentons de reconstruire une culture de lutte commune et de renouer avec une certaine conflictualit&#233; que le syndicalisme agricole a abandonn&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;l&#233;gation de votre collectif est partie le 10 f&#233;vrier rencontrer celles et ceux qui cultivent les terres et &#233;l&#232;vent des animaux sur la Zad de Notre-Dame-Des-Landes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous sommes en effet rendus sur la Zad pour &#233;changer entre paysans. Et notamment pour discuter, sur la base de ce que nous vivons dans nos fermes, du n&#233;cessaire maintien d'un rapport de force permettant d'&#233;viter la normalisation envisag&#233;e des habitats, des activit&#233;s agricoles et des rapports sociaux de la future zone. Le risque est de laisser s'instaurer une logique qui verrait ces &#8220; exp&#233;rimentations &#8221; se faire normaliser une par une, et ce sans expulsions spectaculaires. Pour l'emp&#234;cher, le mouvement contre l'a&#233;roport doit se saisir de la lutte contre l'administration des vies agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat sur place et les comit&#233;s de soutien r&#233;activ&#233;s apr&#232;s cette bataille gagn&#233;e peuvent &#233;viter que les services des minist&#232;res ne mettent leur nez dans les diff&#233;rentes activit&#233;s en cours sur la Zad. On l'a vu avec l'exp&#233;rience du Larzac : une entit&#233; juridique collective ne suffit pas &#224; se prot&#233;ger de la r&#233;glementation &#233;tatique et de la normalisation industrielle. En allant sur place, nous voulions donc dire aux zadistes : '' &lt;i&gt;Nous avons besoin les uns des autres pour amplifier le rapport de force.&lt;/i&gt; '' La confiance et les solidarit&#233;s doivent se construire au ras de nos r&#233;alit&#233;s, autant entre agriculteurs qu'avec celles et ceux qui mangent ce que nous produisons. La vie agricole autonome &#224; toujours d&#251; lutter collectivement, c'est l'une de ses conditions. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Apr&#232;s le b&#233;ton</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Apres-le-beton</link>
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		<dc:date>2011-11-21T07:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Avant, en Normandie, tout le monde bouchait ses murs avec du torchis. Et puis, blockhaus oblige, le b&#233;ton est devenu &#224; la mode, et tout le monde a oubli&#233; qu'on pouvait m&#233;langer la terre et la paille pour faire des murs s&#233;culaires. Mais Ludivine et J&#233;r&#244;me ne font rien comme tout le monde. C'est pas grand chose, le torchis : de l'argile prise sous l'humus, du sable dos&#233; en fonction de la puret&#233; de l'argile, et de la paille broy&#233;e. J&#233;r&#244;me et Ludivine, c'est le torchis qui les a choisis : ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Grand" rel="tag"&gt;Grand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Maison" rel="tag"&gt;Maison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/grand-chose" rel="tag"&gt;grand chose&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/paille" rel="tag"&gt;paille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant, en Normandie, tout le monde bouchait ses murs avec du torchis. Et puis, blockhaus oblige, le b&#233;ton est devenu &#224; la mode, et tout le monde a oubli&#233; qu'on pouvait m&#233;langer la terre et la paille pour faire des murs s&#233;culaires. Mais Ludivine et J&#233;r&#244;me ne font rien comme tout le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est pas grand chose, le torchis : de l'argile prise sous l'humus, du sable dos&#233; en fonction de la puret&#233; de l'argile, et de la paille broy&#233;e. J&#233;r&#244;me et Ludivine, c'est le torchis qui les a choisis : ils n'ont pas les ronds pour acheter des parpaings, et leur future maison &#224; Bosgu&#233;rard-de-Marcouville (Eure) est tout en colombages de ch&#234;ne. Du b&#233;ton, &#231;a aurait fait tache.
Mais le torchis, m&#234;me ici, plus grand monde ne se rappelle comment le faire. Ils ont donc beaucoup t&#226;tonn&#233;. Et comme il fallait des bras et des bottes en caoutchouc, ils ont rameut&#233; les potes et la famille pour une grosse nouba dans la boue, le 24 septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 8 heures du matin, J&#233;r&#244;me explique aux premiers arriv&#233;s comment proc&#233;der : dans un grand abreuvoir circulaire, on jette vingt pellet&#233;es de terre, dix de sable, dix poign&#233;es de paille, un peu d'eau. &lt;i&gt;&#171; Dans certains pays, ils font &#231;a avec de la bouse de vache, on a &#233;chapp&#233; au pire... &#187;&lt;/i&gt; On pi&#233;tine. &lt;i&gt;&#171; Dans l'temps, ils faisaient pi&#233;tiner les chevaux. &#187;&lt;/i&gt; On peste. &lt;i&gt;&#171; Mais on en a, des chevaux ! Ficelle ! Framboise ! &#187;&lt;/i&gt; Les deux dogues allemands se d&#233;binent l&#226;chement. On retourne la tambouille &#224; la fourche et on remplit seaux et auges pour tartiner &#224; mains nues les interstices laiss&#233;s par les colombages, d&#233;j&#224; &#224; moiti&#233; remplis de torches &#8211; boudins de paille tremp&#233;s dans la boue et coinc&#233;s, quinze jours plus t&#244;t, entre des baguettes de ch&#226;taigner. L'argile venant &#224; manquer, on va faire le plein chez un paysan voisin qui en a gard&#233; des tas apr&#232;s le chantier de l'autoroute. Il charge deux godets, &#224; l'&#339;il, sur le camion-plateau d&#233;got&#233; par un cousin. Le midi, Pierrette a d&#233;ball&#233; le casse-cro&#251;te pour trente (!) et, apr&#232;s le caf&#233;, c'est reparti, sans un ordre, jusqu'au repas du soir. Guitares, contrebassines et percus au coin du feu, c'&#233;tait pas gagn&#233; d'avance, boudiou !, avec la m&#233;t&#233;o d'ici...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des efforts collectifs, il y en eut d'autres, comme &lt;i&gt;&#171; pour le d&#233;montage de l'ancien b&#226;timent et pour couler la dalle &#187;&lt;/i&gt;. La maison avance au gr&#233; des rentr&#233;es d'argent qui permettent d'acheter le bois, les tuiles, les fen&#234;tres&#8230; Le porte-monnaie a pouss&#233; &#224; l'autoconstruction : &lt;i&gt;&#171; On a d&#233;couvert un monde anar, d&#233;croissant&lt;/i&gt;, raconte J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Avec tout &#231;a, j'ai fait ma formation politique ! &#187;&lt;/i&gt; Aux cr&#233;dits prohibitifs, le couple pr&#233;f&#232;re la lenteur. &lt;i&gt;&#171; Il vaut mieux prendre son temps, et ce qui nous y autorise, c'est la possibilit&#233; de vivre sur place &#187;&lt;/i&gt;, estime J&#233;r&#244;me. La caravane est accol&#233;e &#224; une cabane qui abrite salle d'eau et chiottes s&#232;ches. &lt;i&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233;e en 2008, il n'y avait pas le chalet, je me suis lav&#233;e &#224; la bassine de f&#233;vrier &#224; novembre &#187;&lt;/i&gt;, se souvient Ludi, qui rejoint le chantier apr&#232;s ses heures de boulot. &lt;i&gt;&#171; Maison ou pas, tant que j'&#233;tais avec toi, je m'en foutais &#187;&lt;/i&gt;, qu'elle dit tendrement. &lt;i&gt;&#171; C'est qu'elle a des grands cheveux, faut bien les laver ! &#187;&lt;/i&gt; se marre J&#233;r&#244;me, qui alterne petits boulots pour remplir les caisses, et p&#233;riodes de ch&#244;mage. &lt;i&gt;&#171; Si je n'avais pas v&#233;cu un an sur le dos de la collectivit&#233;, la maison serait encore &#224; l'&#233;tat de projet. Quand je disais que j'&#233;tais ch&#244;meur, je voyais des sourires crisp&#233;s. Mais on me traite plus de feignant maintenant que la maison est debout ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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