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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Souheil, 19 ans, tu&#233; par un policier</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante. Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeune-homme" rel="tag"&gt;jeune homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Souheil" rel="tag"&gt;Souheil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/legitime-defense" rel="tag"&gt;l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Clair-Riviere-17644" rel="tag"&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment un simple contr&#244;le routier a-t-il pu s'achever par la mort de Souheil, 19 ans, d'une balle polici&#232;re en plein thorax ? Tandis que le parquet de Marseille parle de l&#233;gitime d&#233;fense, la famille demande une enqu&#234;te ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1858-13d44.jpg?1779732582' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#192; la Belle-de-Mai, l&#224; o&#249; est mort Souheil.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Clair Rivi&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Souheil El Khalfaoui avait 19 ans, un b&#233;b&#233; de 14 mois et probablement quelques r&#234;ves dans la vie. Il est mort le 4 ao&#251;t dans le quartier marseillais de la Belle de Mai, d'une balle dans le thorax tir&#233;e par un policier. &#171; Comment ? Pourquoi ? &#187;, lisait-on une semaine plus tard sur une pancarte tendue par des proches au milieu du Vieux-Port, d'o&#249; une marche blanche s'appr&#234;tait &#224; partir. Devant quelques centaines de personnes venues honorer la m&#233;moire du jeune homme, son p&#232;re, Issam, prenait la parole : &#171; &lt;i&gt;Cette balle a &#233;t&#233; tir&#233;e lors d'un contr&#244;le routier. Le repr&#233;sentant du syndicat Alliance a affirm&#233; que le policier a fait usage de son arme en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, alors que l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale &#233;tait &#224; peine saisie du dossier.&lt;/i&gt; &#187; Probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;Les t&#233;moignages des riverains et des passants sont tr&#232;s troublants &#224; plus d'un titre et contredisent la version &#8220;officielle&#8221; des faits, rapport&#233;e par la presse dans les heures qui ont suivi l'&#233;v&#233;nement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il donc pass&#233; ce soir-l&#224;, au croisement des rues Bonnardel et Fortun&#233;-Jourdan, dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement ? Il est pr&#232;s de 19 heures et la voiture de Souheil est &#224; l'arr&#234;t. Le jeune homme est au volant. Sur le si&#232;ge passager, un de ses copains. Les deux comp&#232;res sont venus rendre visite &#224; un troisi&#232;me ami, en b&#233;quilles des suites d'un accident survenu quelques semaines plus t&#244;t. Un v&#233;hicule de police arrive. L'&#233;quipage reconna&#238;t la voiture de Souheil avec laquelle le jeune homme aurait, la veille, fui un premier contr&#244;le de police. Les agents sortent de l'habitacle pour proc&#233;der &#224; un nouveau contr&#244;le. Le jeune homme n'a, semble-t-il, ni permis de conduire ni certificat d'assurance. Il tente de fuir en marche arri&#232;re, heurtant un policier qui, selon certaines versions de l'histoire, chute au sol. Quoi qu'il en soit, juste apr&#232;s, un autre agent tire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gitime d&#233;fense mise en cause&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Question : &#224; l'instant pr&#233;cis o&#249; le coup est parti, l'un ou l'autre des policiers &#233;tait-il en danger ? &#171; &lt;i&gt;Tous les &#233;l&#233;ments actuels tendent &#224; d&#233;montrer un &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense du policier &#224; l'ouverture du feu pour assurer la protection physique d'un autre policier&lt;/i&gt; &#187;, affirme &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; Andr&#233; Ribes, le procureur en charge du dossier&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1er d&#233;cembre 2018 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme l'&#233;crit le quotidien&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les r&#233;cits de plusieurs t&#233;moins &#171; &lt;i&gt;questionnent la proportionnalit&#233; et la simultan&#233;it&#233; cens&#233;es caract&#233;riser la l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/i&gt; &#187;. Bas&#233;e sur des t&#233;moignages de riverains recueillis au lendemain du drame, une enqu&#234;te publi&#233;e sur le site collaboratif de luttes &lt;i&gt;Marseille infos autonomes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en arrive m&#234;me &#224; la conclusion inverse : &#171; &lt;i&gt;aucun des policiers n'&#233;tait dans le champ&lt;/i&gt; &#187; de la voiture de Souheil au moment du tir fatal. &#192; en croire les habitants cit&#233;s dans l'article, le jeune homme craignait que les k&#233;pis embarquent son v&#233;hicule &#224; la fourri&#232;re. Et c'est lorsque le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule s'est d&#233;cal&#233; pour t&#233;l&#233;phoner &#224; l'&#233;cart que Souheil a tent&#233; de se d&#233;gager en marche arri&#232;re tout en braquant. Ce faisant, il aurait touch&#233; l'agent situ&#233; du c&#244;t&#233; conducteur de la voiture. C'est quelques instants plus tard que le policier plac&#233; &#224; l'arri&#232;re aurait fait feu, au moment o&#249; la voiture est pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le journal local d'investigation &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, le tireur &#233;tait un policier stagiaire, &#171; &lt;i&gt;inexp&#233;riment&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait choqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#224;&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; une riveraine sortie de chez elle juste apr&#232;s avoir entendu le coup de feu. Comme d'autres, elle rapporte que le passager du v&#233;hicule a &#233;t&#233; ensuite frapp&#233; avant d'&#234;tre menott&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers, par contre, n'auraient pas cherch&#233; &#224; porter secours &#224; leur victime. Sur des vid&#233;os tourn&#233;es par des passants, on ne les voit effectivement pas au chevet du jeune homme. Comme le relate&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est finalement une infirmi&#232;re du quartier qui passait par l&#224; qui s'est occup&#233;e de Souheil : &#171; &lt;i&gt;J'ai d'abord vu le policier&lt;/i&gt; [qui avait &#233;t&#233; heurt&#233; par la voiture] &lt;i&gt;&#224; terre. Il avait juste mal au genou. On m'a ensuite dit qu'il y avait un jeune homme dans la voiture. J'ai d&#251; forcer un policier &#224; me laisser passer. Il ne voulait pas.&lt;/i&gt; &#187; Quand les pompiers ont fini par arriver, dit-elle &#224; l'instar d'autres t&#233;moins, ils sont d'abord all&#233;s voir le policier. Souheil &#233;tait probablement d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#234;me s'il a fait quelque chose... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La voiture du d&#233;funt a fini sa course sur un trottoir, &#224; quelques m&#232;tres d'un arr&#234;t de bus. Une semaine plus tard, une dame d'une soixantaine d'ann&#233;es y attend le 49, direction Vauban. Au sol, les d&#233;bris de verre sont toujours l&#224;. Sous un porche, des fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur, un collage rappelant que Souheil a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;tu&#233; par la police&lt;/i&gt; &#187;. Et une photo de lui avec son fils. La dame en a les larmes aux yeux : &#171; &lt;i&gt;Oh, c'est lui, le jeune homme qui est mort&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Un silence. Puis : &#171; &lt;i&gt;Ils font ce qu'ils veulent, ces cons de poulets.&lt;/i&gt; &#187; &#192; c&#244;t&#233;, une jeune fille s'indigne. Elle ne sait pas trop ce qui s'est pass&#233;, mais &#171; &lt;i&gt;m&#234;me s'il a fait quelque chose, c'&#233;tait pas une raison pour le tuer&lt;/i&gt; &#187;. Un jeune homme : &#171; &lt;i&gt;Nous si on tue un flic, on prend quinze ans de prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s la mort de Souheil, le parquet a expliqu&#233; que le jeune homme &#233;tait connu des services judiciaires. &#171; &lt;i&gt;Des bagarres et quelques barrettes de shit&lt;/i&gt; &#187;, relativisait la famille aupr&#232;s de l'AFP &#8211; selon nos informations, elle faisait r&#233;f&#233;rence &#224; de la simple consommation de cannabis, pas &#224; du deal. &#171; &lt;i&gt;Certes, mon fils avait d&#233;j&#224; eu affaire &#224; la police et &#224; la justice, dans ses errements d'adolescent en souffrance,&lt;/i&gt; dira son p&#232;re lors de la marche blanche. &lt;i&gt;Sa m&#232;re et moi avons eu avec lui notre lot d'inqui&#233;tudes et de mauvaises surprises. Rien de tout cela n'amoindrit le respect d&#251; &#224; sa vie.&lt;/i&gt; &#187; La famille demande l'ouverture d'une information judiciaire confi&#233;e &#224; un juge d'instruction ind&#233;pendant. Selon &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, son avocat a port&#233; plainte pour &#171; homicide volontaire par personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique et omission de porter secours &#187;.
Contrairement &#224; l'affaire de Stains (Seine-Saint-Denis), assez ressemblante (le 16 ao&#251;t, deux policiers en civil y ont arros&#233; de balles une voiture qu'ils contr&#244;laient), il n'existe &#224; notre connaissance pas d'images du tir ayant tu&#233; Souheil. Par contre, les minots du coin se montrent sur leur portable les vid&#233;os des instants d'apr&#232;s, o&#249; l'on peut l'apercevoir agoniser. Dans ce tr&#232;s populaire quartier de Marseille, les pouvoirs publics n'ont mis en place aucune cellule de soutien psychologique &#224; destination des riverains choqu&#233;s. Quand une prise en charge a fini par &#234;tre organis&#233;e, ce fut &#224; l'initiative de militants associatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lynda, la m&#232;re de l'ami en b&#233;quilles que Souheil &#233;tait venu voir ce soir-l&#224;, reste &#233;videmment pleine de chagrin : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un ami tr&#232;s proche de mon fils. Il venait le voir tous les jours depuis son accident, lui tenir compagnie. Il avait fait la f&#234;te de l'A&#239;d avec nous. C'&#233;tait un gamin. Il est parti pour rien, pour une petite b&#234;tise. Aujourd'hui, mon fils fait semblant d'aller bien, mais au fond, il est d&#233;truit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est ce magistrat qui se trouvait aux c&#244;t&#233;s des CRS le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2018 sur la Canebi&#232;re, lorsque Zineb Redouane a &#233;t&#233; mortellement atteinte par un tir de grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement du 4e &#233;tage. C'est notamment cette pr&#233;sence, non r&#233;v&#233;l&#233;e au d&#233;but des investigations par le parquet de Marseille, qui a conduit au d&#233;paysement &#224; Lyon de l'enqu&#234;te sur le d&#233;c&#232;s de l'octog&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Contr&#244;le de police mortel &#224; Marseille : &#8220;Chez le jeune, on ne sentait pas de r&#233;bellion&#8221; &#187; (16/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Souhil tu&#233; par la police, une version du c&#244;t&#233; des habitant.es... &#187; (06/08/2021). Dans plusieurs des premiers articles consacr&#233;s &#224; l'affaire tout comme sur le collage visible sur la photo ci-dessus, le pr&#233;nom &#171; Souheil &#187; est par erreur orthographi&#233; &#171; Souhil &#187; ou &#171; Souhail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Apr&#232;s la mort de Souheil, tu&#233; par un policier, la l&#233;gitime d&#233;fense en question &#187; (13/08/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mineurs non accompagn&#233;s : en Moselle, un accueil au rabais</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Mineurs-non-accompagnes-en-Moselle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Mineurs-non-accompagnes-en-Moselle</guid>
		<dc:date>2020-09-30T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck D&#233;pretz</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Riousse</dc:subject>
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		<dc:subject>accompagn&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>l'ASE</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Certains d&#233;partements, les Bouches-du-Rh&#244;ne par exemple, laissent les mineurs isol&#233;s &#233;trangers passer des mois &#224; la rue ou en squat. En Moselle, on n'en est pas encore l&#224;, mais la logique de r&#233;duction des co&#251;ts est la m&#234;me. Pour vider ses foyers surcharg&#233;s, le Conseil d&#233;partemental a ouvert des centaines de places en &#171; appartements en semi-autonomie &#187;. Une &#171; prise en charge low-cost &#187; que d&#233;noncent &#233;ducateurs et syndicalistes. &#171; L&#224;-bas, c'&#233;tait la prison ! Il y avait trop, trop de monde. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no190-septembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;190 (septembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Eugene-Riousse" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Riousse&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-ASE" rel="tag"&gt;l'ASE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Certains d&#233;partements, les Bouches-du-Rh&#244;ne par exemple, laissent les mineurs isol&#233;s &#233;trangers passer des mois &#224; la rue ou en squat. En Moselle, on n'en est pas encore l&#224;, mais la logique de r&#233;duction des co&#251;ts est la m&#234;me. Pour vider ses foyers surcharg&#233;s, le Conseil d&#233;partemental a ouvert des centaines de places en &#171; &lt;i&gt;appartements en semi-autonomie &lt;/i&gt; &#187;. Une &#171; &lt;i&gt;prise en charge low-cost &lt;/i&gt; &#187; que d&#233;noncent &#233;ducateurs et syndicalistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L432xH400/-1620-70a13.jpg?1779604947' width='432' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Eug&#232;ne Riousse
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L&#224;-bas, c'&#233;tait la prison ! Il y avait trop, trop de monde. On posait chaque soir nos matelas par terre et on dormait &#224; vingt, trente, parfois jusque quarante dans la salle &#224; manger. C&lt;/i&gt;'&lt;i&gt;&#233;tait trop petit. Nos matelas &#233;taient coll&#233;s les uns aux autres.&lt;/i&gt; &#187; Na&#235;l * ravive des souvenirs encore chauds. Avant d'&#234;tre transf&#233;r&#233; au printemps dans un appartement, ce mineur non accompagn&#233; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jusqu'en 2016, l'expression consacr&#233;e &#233;tait &#171; mineur isol&#233; &#233;tranger &#187; (MIE).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a v&#233;cu de longs mois au Centre d&#233;partemental de l'enfance (CDE) de Metz (Moselle). Dans ce foyer charg&#233; de l'accueil et de l'h&#233;bergement de tout enfant plac&#233; en urgence sous la protection des services de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE), les deux pavillons d&#233;di&#233;s aux mineurs non accompagn&#233;s &#233;taient jusqu'&#224; tout r&#233;cemment constamment surcharg&#233;s. Et ce depuis 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de jeunes exil&#233;s venus du bout du monde, bien souvent d'Afrique de l'Ouest, y sont rest&#233;s en moyenne six mois, certains jusqu'&#224; un an et demi, alors que ce s&#233;jour ne devait &#234;tre qu'une &#233;tape de mise &#224; l'abri d'urgence, le temps pour l'ASE de v&#233;rifier leur minorit&#233;. Au pic de la saturation, les deux pavillons ont pu h&#233;berger 80 jeunes chacun &#8211; malgr&#233; une capacit&#233; th&#233;orique de vingt places &#8211; qui devaient donc dormir sur le carrelage du salon-salle &#224; manger. Ou sur le sol du sous-sol...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On mangeait, on dormait, on squattait dans la m&#234;me pi&#232;ce &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On mangeait, on dormait, on squattait, on faisait tout dans la m&#234;me pi&#232;ce. On &#233;tait enferm&#233;s toute la journ&#233;e. On n'avait rien &#224; faire, pas d'&#233;cole... On ne pouvait sortir que trois fois par semaine&lt;/i&gt; &#187;, reprend Na&#235;l. Apr&#232;s ses deux premi&#232;res nuits pass&#233;es sur place, le &#171; choc &#187; &#233;tant trop dur &#224; supporter, l'adolescent originaire d'Afrique a fugu&#233; du CDE. Pendant trois semaines, il a dormi &#224; la rue sous une tente, avant d'&#234;tre recueilli quelque temps par une famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays qu'il a fui, Na&#235;l ne pouvait pas aller &#224; l'&#233;cole : &#171; &lt;i&gt;&#199;a co&#251;tait l'&#233;quivalent de trente euros par mois, &lt;/i&gt;rapporte-t-il. Une &lt;i&gt;fortune... Mon p&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;, ma m&#232;re ne travaillait pas. On n'avait d&#233;j&#224; pas assez d'argent pour vivre. Alors l'&#233;cole...&lt;/i&gt; &#187; En France, pour &#234;tre scolaris&#233;, Na&#235;l devait obtenir l'ordonnance de placement provisoire du juge des enfants dans les services de l'ASE. Autrement dit, il devait obligatoirement en passer par l'&#233;tape des pavillons surcharg&#233;s du CDE. La mort dans l'&#226;me, il y est retourn&#233;. Et y a v&#233;cu de longs mois &#233;prouvants, avant d'&#234;tre plac&#233; en appartement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Maltraitance institutionnelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand, &#224; l'&#233;t&#233; 2019, le Collectif mosellan de lutte contre la mis&#232;re d&#233;nonce la situation du CDE dans une lettre ouverte au pr&#233;sident du D&#233;partement, celui-ci r&#233;pond par courrier. Et Patrick Weiten (UDI) d'arguer que dans ce centre, au moins, les &#171; &lt;i&gt;jeunes sont en s&#233;curit&#233;, &#224; l'abri, tous pris en charge et accompagn&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Certes, &#171; &lt;i&gt;pas dans des conditions id&#233;ales&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t-il, mais &#171; &lt;i&gt;c'est parce que depuis 2017 nous devons faire face &#224; un afflux d'une ampleur in&#233;dite jusqu'alors&lt;/i&gt; &#187;. Argument bancal : cinq ans auparavant, le CDE &#233;tait d&#233;j&#224; en sureffectif : une &#171; &lt;i&gt;dizaine de jeunes ont d&#251; dormir sur des matelas au sol dans les lieux collectifs du groupe (salon)&lt;/i&gt; &#187;, notait &#8211; d&#233;j&#224; ! &#8211; le rapport d'activit&#233; 2012 de la structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;cision &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;cision du D&#233;fenseur des droits n&#176; 2019-230.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; rendue en septembre 2019, le D&#233;fenseur des droits parle lui aussi de &#171; &lt;i&gt;sureffectifs constants&lt;/i&gt; &#187;. Il &#233;voque &#233;galement un &#171; &lt;i&gt;encadrement pr&#233;vu nettement insuffisant&lt;/i&gt; &#187; et une sorte de &#171; &lt;i&gt;maltraitance institutionnelle tant &#224; l'&#233;gard des mineurs accueillis que des travailleurs sociaux, mis dans l'impossibilit&#233; d'assurer leur mission d'accompagnement &#233;ducatif&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un laboratoire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Suite &#224; la publication de ce rapport, la strat&#233;gie du D&#233;partement a &#233;t&#233; de se d&#233;barrasser de l'image d&#233;sastreuse des jeunes qui dorment par terre, sans pour autant nous donner de moyens suppl&#233;mentaires, &lt;/i&gt;d&#233;nonce &#201;ric Florindi, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; au CDE et secr&#233;taire d&#233;partemental du syndicat Sud Sant&#233; Sociaux.&lt;i&gt; En d&#233;cembre 2019, le directeur g&#233;n&#233;ral de l'une des plus grosses associations de protection de l'enfance de la Moselle a lanc&#233; en plein conseil d'administration : &#8220;On a eu pour consigne du D&#233;partement de vider le CDE des mineurs non accompagn&#233;s.&#8221; Et il a annonc&#233; qu'une centaine de places suppl&#233;mentaires, g&#233;r&#233;es par les associations, seraient cr&#233;&#233;es en appartements dans les mois &#224; venir. C'est un laboratoire qui se met en place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'&#171; &lt;i&gt;appartements en semi-autonomie&lt;/i&gt; &#187; g&#233;r&#233;s en direct par le CDE est pass&#233; de trois (12 places) &#224; sept (35 places) entre 2019 et aujourd'hui. Si l'on y ajoute les appartements g&#233;r&#233;s par d'autres organisations d'action sociale (associations, fondations d'utilit&#233; publique...), il y avait, fin ao&#251;t, 168 mineurs non accompagn&#233;s h&#233;berg&#233;s dans des appartements en Moselle, d'apr&#232;s les informations internes &#224; l'ASE que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est parvenu &#224; se procurer. Jusqu'&#224; 300 places en appartements devaient &#234;tre cr&#233;&#233;es d'ici d&#233;but 2021, si la crise sanitaire n'avait pas stopp&#233; provisoirement le processus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des HLM insalubres &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, pour r&#233;gler les probl&#232;mes des centaines de mineurs non accompagn&#233;s admis et pris en charge chaque ann&#233;e par le CDE (490 en 2019), cet &#233;tablissement public g&#233;r&#233; par le D&#233;partement ne dispose que de deux infirmi&#232;res &#8211; pas m&#234;me d'un seul psychologue, ni d'un m&#233;decin &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un psychologue et une infirmi&#232;re seraient en cours de recrutement.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Et d'apr&#232;s le syndicat Sud, le nombre de travailleurs sociaux pourrait drastiquement se r&#233;duire au cours des prochains mois. Pour cent jeunes, il y avait jusqu'alors entre douze et seize &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, six veilleurs de nuit et trois ma&#238;tresses de maison &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Personne notamment en charge de l'intendance.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; au CDE de Metz. Dans les appartements, il n'y aura plus (toujours pour cent jeunes) que huit &#233;ducateurs &#8211; sans veilleur de nuit, ni ma&#238;tre ou ma&#238;tresse de maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de ce personnel encadrant ne serait pourtant pas un luxe. &#171; &lt;i&gt;Les jeunes sont plac&#233;s en appartement d&#232;s la phase d'observation, parfois &#224; 14 ans. Certains lavent le sol avec de l'adoucissant pour le linge...&lt;/i&gt; &#187;, constate une travailleuse sociale. &#171; &lt;i&gt;La plupart des appartements sont situ&#233;s dans des logements sociaux. Et pas des b&#226;timents de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration : plut&#244;t des HLM insalubres o&#249; la pr&#233;sence de cafards est courante...&lt;/i&gt; &#187;, note une autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Parce qu'ils savent se laver seuls et se faire des p&#226;tes, on dit qu'ils sont autonomes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le premier appartement g&#233;r&#233; par les &#233;ducateurs du CDE a ouvert en 2015. &#171; &lt;i&gt;Et c'&#233;tait d&#233;j&#224; pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de sureffectif...&lt;/i&gt; &#187;, nous souffle-t-on au Bureau de l'&#233;ducation de l'ASE. &#192; l'&#233;poque cependant, seuls les jeunes d'au minimum 16 ans faisant preuve d'une grande autonomie &#233;taient vis&#233;s par ce dispositif. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait plut&#244;t une bonne id&#233;e, &lt;/i&gt;reconna&#238;t &#201;ric Florindi. &lt;i&gt;Mais, depuis d&#233;cembre 2019, cette prise en charge &lt;/i&gt;low-cost &lt;i&gt;devient la principale forme d'accueil des mineurs non accompagn&#233;s en Moselle. Dans les appartements, les jeunes qui d&#233;barquent du bout du monde sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Parce qu'ils savent se laver seuls et se faire des p&#226;tes, on dit maintenant qu'ils sont autonomes.&lt;/i&gt; &#187; Or, si l'autonomie de ces jeunes a pu se forger en partie au cours du parcours de migration qu'ils ont bien souvent affront&#233; seuls, elle se d&#233;veloppe aussi &#171; &lt;i&gt;&#224; travers la relation &#233;ducative qu'ils entretiennent avec nous&lt;/i&gt; &#187;, ajoute le syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport d'activit&#233; 2019, le CDE d&#233;crit &#171; &lt;i&gt;ce dispositif de pr&#233;paration &#224; l'autonomie&lt;/i&gt; &#187; tout autrement : &#171; &lt;i&gt;Chaque jeune b&#233;n&#233;ficie d'une chambre individuelle et d'espaces communs de convivialit&#233; et de partage. Le service intervient dans chaque appartement en accompagnant les adolescents autour de modules : hygi&#232;ne, pr&#233;paration des repas, connaissance des administrations, rythme de vie, sant&#233;, quotidien.&lt;/i&gt; &#187; Sandrine Hartmann, la responsable des mineurs non accompagn&#233;s &#224; la direction de l'Enfance, de la Famille et de l'Insertion du Conseil d&#233;partemental, et Ludovic Mar&#233;chal, le directeur de l'ASE de Moselle, ont d&#233;clin&#233; nos multiples demandes d'entretiens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'&#233;ducateur passe dix, vingt minutes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au cours du mois de mars 2020, crise sanitaire et confinement obligent, le flux de nouveaux arrivants est stopp&#233;. Au m&#234;me moment, une grande partie des mineurs non accompagn&#233;s du CDE sont transf&#233;r&#233;s dans les nouvelles places qui viennent d'ouvrir en appartements. Les pavillons o&#249; le triste rituel des matelas pos&#233;s &#224; m&#234;me le sol avait lieu chaque soir ferment d&#233;finitivement. Six mois apr&#232;s la publication de la d&#233;cision du D&#233;fenseur des droits. Des ann&#233;es apr&#232;s les premiers signalements des syndicats...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, fin mars, Na&#235;l a int&#233;gr&#233; un appartement &#224; Thionville, &#224; trente kilom&#232;tres de Metz. &#171; &lt;i&gt;C'est la premi&#232;re fois que j'ai une grande chambre comme &#231;a pour moi tout seul&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit-il. Si l'adolescent a un toit, il n'a en revanche toujours pas pu aller &#224; l'&#233;cole &#8211; et n'est pas pr&#232;s d'y aller. &#171; &lt;i&gt;Pendant le confinement, &lt;/i&gt;dit-il, &lt;i&gt;mes &#233;ducateurs ne me parlaient pas de scolarisation. Et maintenant, ils me disent qu'il faut attendre septembre pour voir si je peux entrer au lyc&#233;e. Ce n'est m&#234;me pas s&#251;r, d'ailleurs...&lt;/i&gt; &#187; Dans son appartement, Na&#235;l s'ennuie profond&#233;ment. Un &#233;ducateur lui rend visite deux &#224; quatre fois par semaine : &#171; &lt;i&gt;Il passe dix, vingt minutes, pour me demander si tout va bien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Cette violence est d'abord institutionnelle ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On a un &#233;ducateur pour sept jeunes. On est sur des ratios de fou&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! On est vraiment l&#224; pour offrir un avenir aux jeunes. Pour garantir leur dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, lance fi&#232;rement le directeur de l'association dont d&#233;pend Na&#235;l. &#171; &lt;i&gt;On voit les jeunes &#224; peine dix minutes par jour&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole au contraire Cynthia *, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e pour une autre des associations mosellanes habilit&#233;es &#171; Protection de l'enfance &#187;. &#171; &lt;i&gt;Et encore&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;, reprend-elle. &lt;i&gt;Souvent, on arrive dans leur appartement, ils ne sont pas l&#224;, ils sont sortis faire un tour. On n'a aucun moyen de contr&#244;le sur eux. Ils ont beau avoir un couvre-feu &#224; 21 heures, notre poste se termine &#224; 21&lt;/i&gt; &lt;i&gt;heures... Il n'y a plus aucune pr&#233;sence &#233;ducative en soir&#233;e, ni les week-ends.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre type de pr&#233;sence peut d&#232;s lors s'installer : &#171; &lt;i&gt;&#192; Metz, &lt;/i&gt;poursuit Cynthia, &lt;i&gt;des adultes issus de la communaut&#233; albanaise, par exemple, exercent une emprise sur nos jeunes, s'incrustent et consomment de la drogue dans les appartements, et les forcent &#224; se livrer &#224; des vols, des trafics...&lt;/i&gt; &#187; une autre travailleuse sociale confirme et rapporte une autre situation : &#171; &lt;i&gt;Un ado de 17 ans &#8211; que je soup&#231;onne d'&#234;tre bien plus &#226;g&#233; &#8211; ordonnait &#224; son colocataire, beaucoup plus jeune et vuln&#233;rable, de faire son m&#233;nage, sa bouffe... Le plus jeune a refus&#233;, il s'est retrouv&#233; avec l'arcade p&#233;t&#233;e et deux jours d'ITT. Mais cette violence est d'abord institutionnelle : ils sont laiss&#233;s entre eux sans surveillance quasiment toute la semaine&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Peut-&#234;tre que je vais me retrouver &#224; la rue &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec trois autres &#233;ducateurs, Cynthia est charg&#233;e d'assurer le suivi de plus d'une trentaine de jeunes, r&#233;partis dans plus d'une dizaine d'appartements. &#171; &lt;i&gt;Le D&#233;partement vend le tout-appartement comme un outil d'autonomisation du jeune. Mais on sait bien qu'il s'agit simplement de d&#233;sengorger le CDE. Pour des mineurs non accompagn&#233;s, &#231;a passe. Si c'&#233;taient des jeunes du d&#233;partement&lt;/i&gt; [d'origine fran&#231;aise]&lt;i&gt;, ce serait un scandale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sengorgement a-t-il seulement eu lieu ? Au moins une trentaine de jeunes exil&#233;s ayant f&#234;t&#233; leurs 18 ans au cours de la crise sanitaire ont &#233;t&#233; plac&#233;s dans des h&#244;tels reconvertis en h&#233;bergements d'urgence pour... faire de la place dans les appartements, d'apr&#232;s une source au Bureau de l'&#233;ducation de l'ASE. Le jour de son anniversaire, Omar * a ainsi &#233;t&#233; pri&#233; de quitter son appartement et de se rendre seul dans un h&#244;tel bordant une route d&#233;partementale fort fr&#233;quent&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est m&#234;me inscrit sur mon contrat jeune majeur, j'ai droit &#224; deux repas par jour : le matin et le soir,&lt;/i&gt; soupire-t-il. &lt;i&gt;Pas le midi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le rencontrons dans sa chambre o&#249; il a pass&#233; son &#233;t&#233;, triste et seul, &#224; se demander ce qu'il allait devenir &#224; la rentr&#233;e. Les sorties s&#232;ches de l'ASE, stopp&#233;es depuis le confinement, ont pu reprendre &#224; partir du 31 ao&#251;t... &#171; &lt;i&gt;Mes &#233;ducateurs m'ont bien dit que depuis que j'ai eu 18 ans ils ne sont plus oblig&#233;s de m'aider,&lt;/i&gt; rapporte Omar. &lt;i&gt;Donc, j'ai plein de pens&#233;es dans ma t&#234;te, je suis dans le doute. Peut-&#234;tre que je vais me retrouver &#224; la rue...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;45&#8364; pour un mineur non accompagn&#233;, 150 pour un jeune Mosellan&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t moyen de la prise en charge d'un jeune Mosellan varie entre 150 et 200 &#8364; par jour au CDE. Pour un mineur non accompagn&#233;, il est de 88 &#8364;. Si la politique du &#171; tout-appartement &#187; se poursuit, il devrait descendre &#224; 53 &#8364; pour les jeunes pris en charge par le CDE, selon Sud. &#192; la Maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs) o&#249; travaille Herv&#233; *, les mineurs non accompagn&#233;s vivent dans des appartements r&#233;partis au sein de diff&#233;rentes villes. Le co&#251;t journalier par t&#234;te est l'un des plus bas : 45 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les organisations d'action sociale sont tributaires du Conseil d&#233;partemental, &lt;/i&gt;d&#233;crypte-t-il. &lt;i&gt;C'est lui qui leur donne &#224; manger. Elles finissent par accepter des prix cass&#233;s de peur de se le mettre &#224; dos. D'autant qu'il y a une vraie concurrence entre organisations. C'est &#224; qui r&#233;cup&#233;rera le plus de jeunes et donc de postes.&lt;/i&gt; &#187; Dans la structure d'Herv&#233;, le sous-effectif guette, &#224; un point qu'il n'avait jamais connu au cours de sa longue carri&#232;re aupr&#232;s des jeunes : &#171; &lt;i&gt;On est &#224; flux tendu. On n'a m&#234;me pas le temps de prendre un repas avec nos jeunes. On met tout notre temps et notre &#233;nergie &#224; faire des allers-retours d'un appartement &#224; un autre, d'une ville &#224; une autre. On arrive, on contr&#244;le l'argent de poche, on essaie de r&#233;soudre les petits probl&#232;mes mat&#233;riels du quotidien, et on repart. On n'est que de passage, et c'est &#231;a tout le temps. C'est tr&#232;s frustrant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydia * aussi a de la bouteille. Quand elle est devenue travailleuse sociale, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, cette fille d'ouvriers s'&#233;tonnait de voir que contrairement &#224; bien des enfants de son milieu social, les jeunes de l'ASE &#8211; d'origine fran&#231;aise ou non, il n'y avait alors aucune distinction de traitement &#8211; pouvaient partir un mois en vacances et faire de l'&#233;quitation, de la voile, etc. En l'entendant, ses coll&#232;gues la sermonnaient alors : &#171; &lt;i&gt;Oui, mais toi tu as eu une famille&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ici, on tente de compenser ce manque par des activit&#233;s, des moments de vie.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, Lydia constate une immense r&#233;gression : les jeunes de l'ASE, surtout les exil&#233;s, &#171; &lt;i&gt;n'ont rien compar&#233; &#224; l'&#233;poque&lt;/i&gt; &#187;. En l'entendant dire cela, ses coll&#232;gues actuels la sermonnent toujours. Mais diff&#233;remment : &#171; &lt;i&gt;Oui, mais y a pire ailleurs&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Franck D&#233;pretz&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jusqu'en 2016, l'expression consacr&#233;e &#233;tait &#171; mineur isol&#233; &#233;tranger &#187; (MIE).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;cision du D&#233;fenseur des droits &lt;a href=&#034;https://juridique.defenseurdesdroits.fr/index.php?lvl=notice_display&amp;id=30091&amp;opac_view=-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176; 2019-230&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un psychologue et une infirmi&#232;re seraient en cours de recrutement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Personne notamment en charge de l'intendance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sois vieille et ouvre-la</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


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&lt;p&gt;Plus que les hommes, les femmes ont peur de vieillir. Sit&#244;t leurs jeunes ann&#233;es pass&#233;es, leur corps est d&#233;consid&#233;r&#233; et elles se retrouvent souvent exclues du &#171; march&#233; &#187; de la s&#233;duction. Pourquoi ? Vieillissement et m&#233;nopause sont longtemps rest&#233;s des impens&#233;s du f&#233;minisme. Mais quelques collectifs commencent &#224; s'emparer du sujet. Une ride qui appara&#238;t et qui fait honte ; la peur d'avorter parce qu'on ne tombera peut-&#234;tre plus jamais enceinte ; cette foutue &#171; horloge biologique &#187; : bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Menopause-Rebelle" rel="tag"&gt;M&#233;nopause Rebelle&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus que les hommes, les femmes ont peur de vieillir. Sit&#244;t leurs jeunes ann&#233;es pass&#233;es, leur corps est d&#233;consid&#233;r&#233; et elles se retrouvent souvent exclues du &#171; march&#233; &#187; de la s&#233;duction. Pourquoi ? Vieillissement et m&#233;nopause sont longtemps rest&#233;s des impens&#233;s du f&#233;minisme. Mais quelques collectifs commencent &#224; s'emparer du sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L459xH400/-1244-1cc0a.jpg?1779603105' width='459' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo M&#233;nopause Rebelle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne ride qui appara&#238;t et qui fait honte ; la peur d'avorter parce qu'on ne tombera peut-&#234;tre plus jamais enceinte ; cette foutue &#171; horloge biologique &#187; : bien plus t&#244;t que les hommes, les femmes sont violemment confront&#233;es au vieillissement de leur corps. &#171; &lt;i&gt;J'ai d&#233;couvert mon premier cheveu blanc &#224; 35 ans,&lt;/i&gt; se rappelle Nadia*. &lt;i&gt;J'ai pens&#233; qu'il fallait pas trop tarder avec l'horloge biologique et je me suis dit : &#231;a y est, c'est le d&#233;but de la fin. &#187;&lt;/i&gt; Sophie rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;On est &#233;duqu&#233;es pour &#234;tre visibles, s&#233;duisantes, douces, jolies. Et &#224; un moment donn&#233;, on te dit que tout &#231;a, c'est fini. Mais qu'est ce qu'on fait apr&#232;s ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; porte un regard m&#233;prisant sur le corps vieillissant ; davantage encore sur celui de la femme. Pass&#233;e la m&#233;nopause, leur f&#233;minit&#233; et leur sexualit&#233; semblent moins l&#233;gitimes. Pourtant, tout le monde n'aspire pas &#224; finir en mamie-g&#226;teau qui fait des pots de confiture. On peut m&#234;me se sentir plus &#233;nergique, d&#233;sirable et assur&#233;e qu'avant&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;J'ai mis tellement de d&#233;cennies &#224; prendre conscience de ma f&#233;minit&#233;, &#224; l'assumer, que je suis mieux &#224; 65 ans qu'&#224; 25 ans, &lt;/i&gt;t&#233;moigne Fanny.&lt;i&gt; &#199;a, je l'ai acquis en vieillissant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas facile pourtant d'assumer un &#233;ventuel d&#233;sir, surtout quand les hommes du m&#234;me &#226;ge s'int&#233;ressent essentiellement &#224; des femmes plus jeunes&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Exclues du regard d&#233;sirant masculin, certaines femmes s'excluent elles-m&#234;mes du d&#233;sir, &lt;/i&gt;remarque la sociologue Rose-Marie Lagrave&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;-enchanter la vieillesse &#187;, Mouvements n&#176; 59 (2009).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le &#8220;ce n'est plus pour moi&#8221;, le &#8220;je suis d&#233;livr&#233;e de l'obligation de s&#233;duire&#8221;, le &#8220;il y a un &#226;ge pour chaque chose&#8221;&lt;/i&gt; [...], &lt;i&gt;autant d'expressions qui disent la peur du d&#233;sir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pas &#233;gaux devant la vieillesse&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une profonde in&#233;galit&#233;, car les hommes, m&#234;me &#226;g&#233;s, conservent leur place sur le &#171; march&#233; &#187; sexuel : il est m&#234;me tout &#224; fait admis qu'ils s&#233;duisent des femmes beaucoup plus jeunes qu'eux. C'est que dans nos soci&#233;t&#233;s qui associent la f&#233;minit&#233; &#224; la jeunesse, le pr&#233;jug&#233; persiste : les hommes vieilliraient mieux que les femmes. La militante et essayiste am&#233;ricaine Susan Sontag soulignait d&#233;j&#224; cet &#233;tat de fait en 1972, avec ce qu'elle appelait le &#171; &lt;i&gt;deux poids, deux mesures de l'avanc&#233;e en &#226;ge&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The double standard of aging &#187;, Susan Sontag, The Saturday Review (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Elle pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt;En mati&#232;re de s&#233;duction, deux mod&#232;les masculins coexistent, le &#8220;jeune homme&#8221; et l'&#8220;homme m&#251;r&#8221;, contre un seul c&#244;t&#233; f&#233;minin : celui de la &#8220; jeune femme&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8221;&lt;/i&gt;. Le langage confirme : on parle facilement de &#171; maturit&#233; &#187;, d' &#187; exp&#233;rience &#187; ou de &#171; force de l'&#226;ge &#187; pour d&#233;signer le vieillissement d'un homme, beaucoup moins pour celui d'une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que, comme le remarque la sociologue Juliette Rennes, &#171; &lt;i&gt;les traces sur le visage d'un homme sont plus compatibles avec l'image de la s&#233;duction&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vieillir au f&#233;minin &#187;, Le Monde diplomatique, d&#233;cembre 2016.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, le corps d'une femme de 60 ans est totalement d&#233;consid&#233;r&#233;. Y compris par les femmes elles-m&#234;mes, qui ont tendance &#224; int&#233;rioriser cette honte. Sonia l'avoue : &#171; &lt;i&gt;Quand j'&#233;tais jeune, je pensais qu'&#234;tre vieille &#233;tait une faute de go&#251;t.&lt;/i&gt; &#187; D'o&#249; une multitude de stratag&#232;mes employ&#233;s pour masquer les marques du corps qui change... D'ailleurs, dans cette course &#224; &#171; l'apparence de la jeunesse &#187;, toutes les femmes ne sont pas &#224; &#233;galit&#233; : cr&#232;mes anti-&#226;ge, chirurgie esth&#233;tique, teintures pour les cheveux et autres cosm&#233;tiques occasionnent des frais &#233;normes pour des r&#233;sultats souvent d&#233;cevants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment stopper cette fuite en avant ? Comment sortir du diktat de &#171; la jeune femme &#187; ? Afin d'aborder le vieillissement de fa&#231;on plus sereine, il faudrait travailler s&#233;rieusement sur la honte de soi inculqu&#233;e aux femmes depuis leur plus jeune &#226;ge &#8211; sentiment qui se manifeste plus fortement encore &#224; partir de la m&#233;nopause.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;tape &#224; passer&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;nopause est une &#233;tape cl&#233; du vieillissement de la femme. Elle est souvent envisag&#233;e avec angoisse, car la fa&#231;on dont on d&#233;peint la femme dans cette phase de sa vie est toujours tr&#232;s n&#233;gative : elle serait fatigu&#233;e, irritable, elle se plaindrait... Dans son livre &lt;i&gt;La fabrique de la m&#233;nopause&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CNRS &#201;ditions, 2019.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, la sociologue C&#233;cile Charlap &#233;crit qu'il existe pourtant des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles la m&#233;nopause est plut&#244;t consid&#233;r&#233;e positivement, par exemple comme le commencement d'une sexualit&#233; enfin lib&#233;r&#233;e de la fertilit&#233;. Dans d'autres, il s'agit m&#234;me d'un non-&#233;v&#233;nement, &#224; tel point qu'il n'existe pas de mot pour le d&#233;signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la langue fran&#231;aise, indique C&#233;cile Charlap, c'est au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'a &#233;merg&#233; le terme &#171; m&#233;nopause &#187; &#8211; du pr&#233;fixe grec &lt;i&gt;meno&lt;/i&gt; (&#171; mentrues &#187;) et du suffixe &#171; pause &#187; (&#171; cessation &#187;). Cette &#233;tape de la vie se retrouve ainsi d&#233;crite comme une d&#233;ficience. &#171; &lt;i&gt;Elle n'est pas pens&#233;e comme une transformation, mais comme une involution &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire une r&#233;gression, qui s'accompagne d'un champ lexical p&#233;joratif : sympt&#244;mes, d&#233;g&#233;n&#233;rescence, su&#233;es nocturnes, bouff&#233;es de chaleur, d&#233;pression, arr&#234;t de la libido...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que la m&#233;nopause n'est souvent gu&#232;re agr&#233;able &#224; vivre (&#171; &lt;i&gt;Je ressentais une fatigue &#233;norme dans mon corps. C'&#233;tait dur&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Lisa), sa prise en charge m&#233;dicale interroge. La m&#233;nopause &#233;tant basiquement consid&#233;r&#233;e comme une carence en hormone, le corps m&#233;dical cherche &#224; pallier ce manque pour en masquer les effets. C&#233;cile Charlap note que la prise d'hormones (&#339;strog&#232;nes et progest&#233;rone), une m&#233;dication tr&#232;s r&#233;pandue, a quelque chose de genr&#233; : son objectif est aussi de &#171; &lt;i&gt;performer une certaine f&#233;minit&#233;, car ce traitement va annuler certaines manifestations corporelles jug&#233;es d&#233;viantes (peau s&#232;che, rides, prise de poids, bouff&#233;es de chaleur)&lt;/i&gt; &#187;. Ce &#171; rem&#232;de &#187; peut m&#234;me provoquer des menstruations factices, donnant &#224; la femme l'illusion que les choses sont comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sous les cheveux gris, la rage&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Globalement, le vieillissement reste un impens&#233; du f&#233;minisme qui, depuis les ann&#233;es 1960, s'est surtout focalis&#233; sur l'avortement, la contraception, la sexualit&#233; ou encore les violences faites aux femmes. C'est un peu &#171; &lt;i&gt;comme si le mouvement avait lutt&#233; pour choisir de faire na&#238;tre, tout en laissant vieillir et mourir&lt;/i&gt; &#187;, interroge Rose-Marie Lagrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Hexagone, les initiatives qui politisent le vieillissement en rapprochant &#226;gisme&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discrimination li&#233;e &#224; l'&#226;ge.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; et sexisme restent rares. Il y eut, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, la cr&#233;ation de l'antenne fran&#231;aise des Panth&#232;res grises&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fond&#233;es &#224; Philadelphie en 1970, les Gray Panthers (r&#233;f&#233;rence aux Black (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Puis, en 1997, l'appel de Th&#233;r&#232;se Clerc, &lt;i&gt;Aux armes citoyennes&lt;/i&gt;, qui aboutit en 2012 &#224; l'ouverture &#224; Montreuil de la Maison des Babagayas. Une maison de retraite autog&#233;r&#233;e, fond&#233;e sur l'entraide et la solidarit&#233; entre ses membres &#8211; des femmes disposant d'une faible retraite (car m&#232;res au foyer ou travailleuses &#224; temps partiel). &#171; &lt;i&gt;La vieillesse est faite pour &#234;tre folle. Je suis seule, je suis libre, je vais o&#249; je veux, quand je veux&lt;/i&gt; &#187;, disait avec malice feue Th&#233;r&#232;se Clerc, qui tenait &#224; ce que la Maison des Babagayas soit un lieu de lutte contre les injonctions&lt;i&gt; &lt;/i&gt;jeunistes et sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, huit femmes ont mont&#233; &#224; Marseille le collectif &#171; M&#233;nopause rebelle &#187;. Elles se retrouvent chaque mois, pour parler de la m&#233;nopause, partager leurs craintes, leurs doutes, leurs exp&#233;riences, leurs &#171; techniques &#187; : &#171; &lt;i&gt;Quand j'avais une bouff&#233;e de chaleur, je m'imaginais sur une plage avec des palmiers, un gros soleil, &#231;a m'aidait&lt;/i&gt; &#187;, raconte par exemple Maria. Ces rencontres leur permettent de d&#233;dramatiser certains sujets et de se donner de la force, ensemble. Leur approche de la question ? Elles la veulent intersectionnelle : l'id&#233;e est d'interroger un panel plus large d'oppressions et de discriminations subies. Il s'agit de revaloriser le corps vieillissant de la femme et de pr&#244;ner un plaisir et un d&#233;sir enfin lib&#233;r&#233;s des normes patriarcales, h&#233;t&#233;rocentr&#233;s et capitalistes. Elles clament d'ailleurs avec force :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aimons-nous dans notre vieillesse : soyons vieilles, libres, folles, putes, hyst&#233;riques, sorci&#232;res ! &#187;&lt;/i&gt; Les &#171; M&#233;nopauses &#187; mettent aussi un point d'honneur &#224; rendre leur parole visible. Un peu partout dans les rues, elles diss&#233;minent tags et pochoirs, et travaillent actuellement &#224; la conception d'une brochure sur la m&#233;nopause. L'id&#233;e est d'informer, de transmettre des savoirs et de laisser une trace &#224; celles qui suivront : leur permettre d'anticiper certaines interrogations, parce que la m&#233;nopause, et plus globalement la vieillesse, sont &#224; penser en amont, tout au long de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, le collectif des &#171; Fouffes qui peut &#187; s'est aussi r&#233;uni sur la question du vieillissement et de la n&#233;cessit&#233; de se donner de la force collectivement pour briser ce tabou. Questionner et affronter ce qualificatif de &#171; vieille &#187;, partager, aussi, des exp&#233;riences sur la m&#233;nopause : les bouleversements et les d&#233;sagr&#233;ments qu'elle peut engendrer et la fa&#231;on dont la m&#233;decine r&#232;gle le &#171; probl&#232;me &#187; en oubliant d'informer sur les effets secondaires. Les &#171; Fouffes qui peut &#187; essayent d'ailleurs de r&#233;fl&#233;chir &#224; des traitements alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lib&#233;rer de l'injonction &#224; rester jeune, assumer son d&#233;sir apr&#232;s la m&#233;nopause, se r&#233;approprier cette vieillesse tant redout&#233;e est peut-&#234;tre une des voix de l'&#233;mancipation f&#233;ministe. &#171; &lt;i&gt;On n'est jamais comme il faut. &#192; 20 ans, on est complex&#233;e, &#224; 30 ans on se sent sur le d&#233;clin, &#224; 60 ans on se sent trop vieille...&lt;/i&gt; &#187;, peste Nadia. Essayons de gagner du temps !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Les t&#233;moignages sont issus de l'excellent documentaire sonore de Charlotte Bienaim&#233;, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.arteradio.com/son/61660809/vieilles_et_alors_14&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vieilles et alors ?&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Un podcast &#224; soi&lt;/i&gt;, &#233;pisode 14), disponible &#224; l'&#233;coute sur ArteRadio.com.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-mouvements-2009-3-page-113.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;-enchanter la vieillesse&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt; n&#176; 59 (2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; The double standard of aging &#187;, Susan Sontag, &lt;i&gt;The Saturday Review&lt;/i&gt; (23/09/1972).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/RENNES/56899&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vieillir au f&#233;minin&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;CNRS &#201;ditions, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Discrimination li&#233;e &#224; l'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fond&#233;es &#224; Philadelphie en 1970, les Gray Panthers (r&#233;f&#233;rence aux Black Panthers) luttent pour les droits des femmes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Avortement : les oreilles du Planning familial</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Avortement-les-oreilles-du</link>
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		<dc:date>2019-07-09T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Iturralde</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Joignable du lundi au samedi de 9 h &#224; 20 h , le num&#233;ro vert &#171; Sexualit&#233;s, contraception, IVG &#187; est anonyme et gratuit. Subventionn&#233; par l'&#201;tat, il est pris en charge par le Planning familial. Reportage au c&#244;t&#233; de Reyzane, salari&#233;e de l'association, pendant une matin&#233;e d'&#233;coute. &#171; Je dois me calmer et le calmer. &#187; &#192; l'autre bout du fil, la voix est en effet tout sauf calme. &#171; Je sors de chez le m&#233;decin, je viens d'apprendre que je suis enceinte, 22 semaines. &#187; Derri&#232;re, on entend des bruits (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Juliette-Iturralde" rel="tag"&gt;Juliette Iturralde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-autre-bout" rel="tag"&gt;l'autre bout&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Joignable du lundi au samedi de 9 h &#224; 20 h&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lundi jusqu'&#224; 22 h. Il s'agit du 0.800.08.11.11.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le num&#233;ro vert &#171; &lt;i&gt;Sexualit&#233;s, contraception, IVG&lt;/i&gt; &#187; est anonyme et gratuit. Subventionn&#233; par l'&#201;tat, il est pris en charge par le Planning familial. Reportage au c&#244;t&#233; de Reyzane, salari&#233;e de l'association, pendant une matin&#233;e d'&#233;coute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH586/-1246-9b6cc.jpg?1779603104' width='400' height='586' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Iturralde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e dois me calmer et le calmer.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'autre bout du fil, la voix est en effet tout sauf calme. &#171; &lt;i&gt;Je sors de chez le m&#233;decin, je viens d'apprendre que je suis enceinte, 22 semaines.&lt;/i&gt; &#187; Derri&#232;re, on entend des bruits de foule. La jeune femme de 27 ans&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains &#226;ges ou r&#233;gions ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement modifi&#233;s pour des raisons de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et son ami sont &#224; Paris, dans la rue. C'est le septi&#232;me appel de la matin&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Essayez d'aller dans un endroit calme,&lt;/i&gt; pr&#233;conise Reyzane, &lt;i&gt;car je vais vous donner beaucoup d'informations.&lt;/i&gt; &#187; Peine perdue, la conversation continue sous le brouhaha. &#171; &lt;i&gt;Je pr&#233;f&#232;re tout de m&#234;me ne pas raccrocher, de peur qu'ils ne nous rappellent pas et qu'ils restent dans la panique &#187;&lt;/i&gt;, nous expliquera l'&#233;coutante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pilule, la jeune femme n'avait pas pris conscience de sa grossesse&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pilule provoque des r&#232;gles &#171; artificielles &#187;, qui peuvent donc continuer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le d&#233;lai l&#233;gal &#233;tant largement d&#233;pass&#233; &lt;i&gt;(lire page VI)&lt;/i&gt;, elle va devoir se rendre aux Pays-Bas, en Angleterre ou en Espagne. D'une voix claire et pos&#233;e, Reyzane encha&#238;ne les explications. Elle renseigne sur des cliniques n&#233;erlandaises o&#249; le personnel est francophone et peut les prendre en charge. Il faudra prendre un bus de nuit, puis un train, arriver tr&#232;s t&#244;t le matin, passer la journ&#233;e l&#224;-bas, puis rentrer par le bus de nuit. Deux nuits, une journ&#233;e et environ 900 euros de frais. De l'autre c&#244;t&#233; du t&#233;l&#233;phone, la jeune femme rit nerveusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, il faut faire vite. Car si le d&#233;lai est de 22 semaines d'am&#233;norrh&#233;e&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Absence de r&#232;gles.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en Hollande, il est aussi conditionn&#233; au BIP (diam&#232;tre bipari&#233;tal&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diam&#232;tre du cr&#226;ne du f&#339;tus.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;), notifi&#233; par l'&#233;chographie. Les cliniques n&#233;erlandaises acceptent jusqu'&#224; 56 mm. Dans le cas pr&#233;sent, le BIP est d&#233;j&#224; de 55 et la situation peut &#233;voluer rapidement. Il faut faire &lt;i&gt;tr&#232;s&lt;/i&gt; vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la conversation, la jeune femme demande &#224; Reyzane de &#171; &lt;i&gt;rassurer &lt;/i&gt;[son] &lt;i&gt;ami&lt;/i&gt; &#187;. Alors, l'&#233;coutante recommence &#224; expliquer : le BIP, les d&#233;lais, la Hollande, les adresses, les num&#233;ros. La jeune femme reprend le combin&#233; : &#171; &lt;i&gt;Merci, d&#233;sol&#233;e je suis boulevers&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Elle raccroche pour prendre ses rendez-vous. 25 minutes, le plus long appel de la matin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ces voyages, c'est une double violence &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Reyzane repose l'appareil. Salari&#233;e par le Planning familial d'&#206;le-de-France, elle s'occupe environ 20 heures par mois de la permanence t&#233;l&#233;phonique des appels venus de Paris et sa r&#233;gion&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Planning familial est une conf&#233;d&#233;ration organis&#233;e par d&#233;partement.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Si elle a accept&#233; d'accueillir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, c'est d'abord pour montrer le travail de &#171; &lt;i&gt;toute une &#233;quipe&lt;/i&gt; &#187;. Au niveau national, le num&#233;ro existe depuis 2015, suite &#224; la cr&#233;ation du site &lt;i&gt;Ivg. gouv&lt;/i&gt; par le minist&#232;re de la Sant&#233;. Mais c&#244;t&#233; Planning, la d&#233;marche est loin d'&#234;tre nouvelle : depuis des ann&#233;es, plusieurs sections d&#233;partementales de l'association, notamment &#224; Paris ou &#224; Montpellier, tenaient d&#233;j&#224; un num&#233;ro d'&#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Informer honn&#234;tement sur l'IVG (interruption volontaire de grossesse) est une imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233;, tant ses d&#233;tracteurs ne sont pas loin : sur Internet, on peut trouver un &lt;i&gt;autre &lt;/i&gt;num&#233;ro vert, tenu par des anti-avortement. Tr&#232;s bien r&#233;f&#233;renc&#233;, leur site, &lt;i&gt;Ivg.net&lt;/i&gt;, cultive le flou sur son orientation. Et il arrive que des femmes appellent ce num&#233;ro par erreur et se retrouvent &#224; entendre de la propagande contre l'IVG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres menaces planent sur ce droit obtenu de haute lutte. Parmi elles, l'&#233;ventuelle arriv&#233;e du RN au pouvoir et &#8211; entre autres calamit&#233;s &#8211; les suppressions de subventions qui en d&#233;couleraient. D&#233;j&#224; aujourd'hui, plusieurs &#233;tats de fait d&#233;solent Reyzane : la question de l'allongement des d&#233;lais (&#171; &lt;i&gt;Que deux semaines de plus en quarante-cinq ans !&lt;/i&gt; &#187;), les mentalit&#233;s qui &#233;voluent peu (&#171; &lt;i&gt;Depuis que j'ai 16 ans et que je sais ce que c'est l'avortement, je suis confront&#233;e au m&#233;pri&lt;/i&gt;s &#187;), les in&#233;galit&#233;s sociales face aux d&#233;parts &#224; l'&#233;tranger (&#171; &lt;i&gt;Ces voyages, c'est une double violence car les femmes ont l'impression de faire quelque chose d'ill&#233;gal &#187;&lt;/i&gt;)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;l&#233;phone sonne &#224; nouveau. Cette fois, ce sont deux copines, mineures, qui appellent ensemble. Elles ont peur d'&#234;tre enceintes. Pourtant, l'une a un implant, l'autre prend la pilule. Reyzane leur conseille le Planning le plus proche de chez elles, tout en les rassurant. L'appel termin&#233;, elle nous explique : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est important c'est de ne jamais mettre d'intention, ne pas pr&#233;voir les r&#233;actions, les &#233;motions. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Vous n'avez pas &#224; vous justifier &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quatre heures de permanence, avant de passer le relais &#224; l'une de ses coll&#232;gues. &#192; chaque fois, Reyzane renseigne quelques informations factuelles sur l'appel (&#226;ge, d&#233;partement, sujets abord&#233;s et type d'orientation) dans une base de donn&#233;es &#224; usage interne. Il faut aussi r&#233;guli&#232;rement mettre &#224; jour les annuaires des structures d'accueil dans tous les d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier appel. Une femme, 36 ans ; elle a d&#233;j&#224; des enfants mais ne souhaite pas en avoir un de plus. &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez pas &#224; vous justifier&lt;/i&gt; &#187;, la rassure Reyzane. La dame a d&#233;j&#224; fait une &#233;chographie de contr&#244;le, mais a du mal &#224; trouver un lieu pr&#232;s de chez elle pour la suite des d&#233;marches. Plusieurs adresses lui sont communiqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de structures est un des probl&#232;mes r&#233;currents auxquels les &#233;coutantes font face. Dans certains d&#233;partements, comme le Cantal, il existe peu de structures qui accueillent les femmes d&#233;sireuses d'avorter. La Seine-et-Marne, &#224; terme, souhaiterait centraliser l'IVG instrumentale&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En France, l'IVG instrumentale peut se pratiquer jusqu'&#224; 12 semaines de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; dans un grand centre hospitalier, mais vu la taille du d&#233;partement, il pourra s'av&#233;rer tr&#232;s &#233;loign&#233; du domicile des concern&#233;es. Autre difficult&#233;, notamment pour les jeunes ou les mineures : la confidentialit&#233;, qui peut &#234;tre remise en question si la S&#233;curit&#233; sociale ou la mutuelle sont rattach&#233;es &#224; celle des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un &#201;tat qui refuse l'allongement des d&#233;lais, le Planning, lui, milite ouvertement pour. Et en attendant un hypoth&#233;tique changement, l'heure est au pragmatisme : &#171; &lt;i&gt;On est l&#224; pour donner des solutions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le lundi jusqu'&#224; 22 h. Il s'agit du 0.800.08.11.11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certains &#226;ges ou r&#233;gions ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement modifi&#233;s pour des raisons de confidentialit&#233;. Les situations et les propos rapport&#233;s sont exacts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La pilule provoque des r&#232;gles &#171; artificielles &#187;, qui peuvent donc continuer m&#234;me si la femme est enceinte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Absence de r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Diam&#232;tre du cr&#226;ne du f&#339;tus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Planning familial est une conf&#233;d&#233;ration organis&#233;e par d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En France, l'IVG instrumentale peut se pratiquer jusqu'&#224; 12 semaines de grossesse. Elle se d&#233;roule obligatoirement dans un centre de sant&#233;. L'IVG m&#233;dicamenteuse, qui peut &#234;tre pratiqu&#233;e &#224; domicile, est possible jusqu'&#224; sept semaines de grossesse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Mineurs isol&#233;s : &#171; J'ai march&#233; jusqu'&#224; vous &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Mineurs-isoles-J-ai-marche-jusqu-a</link>
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		<dc:date>2018-11-13T17:07:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Lors d'un pique-nique de familles h&#233;bergeuses sur la plage du Proph&#232;te, &#224; Marseille, CQFD a rencontr&#233; le r&#233;alisateur du film J'ai march&#233; jusqu'&#224; vous . Rachid Oujdi parle d'adolescents voyageurs fragiles, d'abandon institutionnel et d'hospitalit&#233; r&#233;invent&#233;e au sein d'une soci&#233;t&#233; qu'on disait frileuse. *** Ton documentaire r&#233;v&#232;le une pr&#233;sence invisible, celle d'ados &#224; la rue ignor&#233;s par l'aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Alors que la soci&#233;t&#233; se mobilise en cas de fugue ou d'alerte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeune" rel="tag"&gt;jeune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faux-mineurs" rel="tag"&gt;faux mineurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-abri" rel="tag"&gt;l'abri&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors d'un pique-nique de familles h&#233;bergeuses sur la plage du Proph&#232;te,
&#224; Marseille, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; le r&#233;alisateur du film &lt;i&gt;J'ai march&#233; jusqu'&#224; vous&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai march&#233; jusqu'&#224; vous &#8211; R&#233;cits d'une jeunesse exil&#233;e, de Rachid Oujdi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Rachid Oujdi parle d'adolescents voyageurs fragiles, d'abandon institutionnel et d'hospitalit&#233; r&#233;invent&#233;e au sein d'une soci&#233;t&#233; qu'on disait frileuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-880-816a6.jpg?1779602857' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;168 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton documentaire r&#233;v&#232;le une pr&#233;sence invisible, celle d'ados &#224; la rue ignor&#233;s par l'aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Alors que la soci&#233;t&#233; se mobilise en cas de fugue ou d'alerte enl&#232;vement, on ferme les yeux sur ces mineurs en errance. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les raisons sont multiples. Une partie de la population ignore la situation et certains politiques jouent sur les peurs des citoyens &#224; des fins &#233;lectoralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme le discours du gouvernement actuel est plus dans la &#034;fermet&#233;&#034; que dans une d&#233;marche humaniste, certaines institutions mandat&#233;es en profitent pour ne pas faire le job : mettre &#224; l'abri tout mineur en danger. Et ce quel que soit son sexe, sa religion, ses origines, sa nationalit&#233; &#8211; comme le stipule la Convention internationale des droits de l'enfant. Si ces jeunes exil&#233;s sont victimes de maltraitance, elle est avant tout institutionnelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Confront&#233;es &#224; l'inaction de l'ASE, des familles solidaires h&#233;bergent des mineurs isol&#233;s. Vois-tu cet engagement comme un palliatif vou&#233; &#224; s'effacer une fois l'administration mise face &#224; ses responsabilit&#233;s, ou bien occasionne-t-il &#233;galement une r&#233;appropriation sociale salutaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De nombreuses familles accueillent en effet de fa&#231;on b&#233;n&#233;vole ces jeunes exil&#233;s &#8211; mais aussi des adultes. Cette mobilisation citoyenne, qui agit avant de d&#233;noncer, a oblig&#233; associations et institutions &#224; se positionner, &#224; cause du nombre grandissant d'accueillants qui se montrent et s'affichent. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un simple palliatif : ces familles qui h&#233;bergent permettent de changer le regard sur les exil&#233;s. Un jeune accueilli impacte l'environnement social. Ce changement r&#233;el vaut bien plus que n'importe quel discours. On peut esp&#233;rer que cette r&#233;appropriation de la solidarit&#233; et de l'hospitalit&#233; par la soci&#233;t&#233; fera aussi bouger les lignes politiques. D'ailleurs, le 6 juillet, le Conseil constitutionnel a consacr&#233; le principe de fraternit&#233; ! &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; &#192; Brian&#231;on comme ailleurs &#8211; Le d&#233;lit de solidarit&#233; se porte bien, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains parlent de d&#233;rives compassionnelles et souhaitent une politisation plus claire de ce combat. D'autres regrettent au contraire une instrumentalisation des jeunes par des discours qui les d&#233;passent. Quel est ton point de vue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'entends ici et l&#224; mettre en opposition le compassionnel et le politique. La question est, dans un cas comme dans l'autre : pourquoi je d&#233;cide de venir en aide &#224; l'Autre ? Quand on agit dans l'urgence, on oublie souvent la politique. &#192; l'inverse, &#224; trop vouloir tenir un discours politis&#233;, on peut oublier quelle est l'urgence. Je pense que les deux sont n&#233;cessaires. Mais pour les associations, la politisation est d&#233;licate. Surtout quand elles sont subventionn&#233;es ou missionn&#233;es. Si elles d&#233;noncent les dysfonctionnements&#8196;institutionnels, elles subissent une baisse drastique de subventions, doivent supprimer des postes et se retrouvent surcharg&#233;es de travail. Certaines ont m&#234;me d&#251; mettre la cl&#233; sous la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'instrumentalisation des jeunes exil&#233;s me fait sourire, dans la mesure o&#249; beaucoup d'entre eux ont une vision du monde bien plus aguerrie que la n&#244;tre ! D'autres fois, &#231;a m'agace : le discours militant tient parfois trop d'une vision arc-bout&#233;e sur des principes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ta cam&#233;ra a accompagn&#233; le travail de l'Association d&#233;partementale pour le d&#233;veloppement des actions de pr&#233;vention (Addap13). Certains, y compris parmi les &#233;ducateurs, reprochent &#224; cette structure de se pr&#234;ter &#224; la d&#233;tection de possibles faux mineurs. Qu'en as-tu vu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai d'abord vu des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s us&#233;s, fatigu&#233;s, d&#233;pass&#233;s. Ils sont coinc&#233;s entre l'enclume et le marteau, dans une &#034;injonction paradoxale&#034; entre urgence et institution. Le poids de cette derni&#232;re contribue &#224; un glissement du &#034;doute raisonnable&#034; &#224; la &#034;suspicion permanente&#034;. Au quotidien, je m'y suis moi-m&#234;me laiss&#233; prendre en essayant d'&#233;valuer d'un coup d'&#339;il qui &#233;tait mineur ou pas&#8230; Mais c'est compl&#232;tement subjectif, la marge d'erreur est trop importante. J'ai ainsi souvenir d'un jeune dont j'avais dout&#233; de l'&#226;ge. Un an plus tard, je l'ai crois&#233; dans un foyer et je ne l'ai pas reconnu : il faisait plus jeune qu'avant ! La rue ab&#238;me, la malnutrition bouffit le visage. L&#224;, il &#233;tait &#224; l'abri, suivi par des travailleurs sociaux, scolaris&#233;. Je n'ai reconnu que son regard. Comme dit le docteur Boeno dans mon film : &#034;&lt;i&gt;Il n'y a aucun &#233;l&#233;ment objectif qui permette de d&#233;terminer l'&#226;ge d'une personne.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;profilage&#034; et la d&#233;tection des &#034;faux mineurs&#034; devient une sorte de jeu un peu cynique, mais surtout une fa&#231;on de r&#233;duire les files d'attente. Il y a bien &#233;videmment des faux mineurs dans le lot, mais ils sont minoritaires. Parfois, ils ne connaissent m&#234;me pas leur &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'aspect physique, un &#233;cr&#233;mage se fait aussi via le r&#233;cit de vie. Je me demande si les &#233;valuateurs qui m&#232;nent ces entretiens sont toujours comp&#233;tents. Ils s'improvisent sociologues, psychologues, ethnologues et se la jouent m&#234;me sp&#233;cialistes en g&#233;opolitique ! Leurs conclusions sont parfois effarantes. &#192; Marseille, j'ai particip&#233; &#224; des entretiens qui duraient plus de deux heures, alors qu'ailleurs c'est souvent b&#226;cl&#233; en moins d'une demi-heure. Dans ce deuxi&#232;me cas, les conclusions sont aberrantes. Un comportement pr&#233;tendument &#034;mature&#034;, une voix qui mue, une pilosit&#233; d&#233;velopp&#233;e&#8230; et le jeune est disqualifi&#233;. Quand il n'y pas d'interpr&#232;te, c'est pire. Surtout, on ne tient pas compte du traumatisme subi, ni de ce que peut r&#233;veiller chez le jeune le fait de raconter, plusieurs fois, son parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque du tournage, &#224; Marseille, l'&#233;quipe d'&#233;valuateurs &#233;tait r&#233;duite et il n'y avait pas le temps d'une mise &#224; l'abri r&#233;elle. Depuis, la situation a chang&#233;, mais des d&#233;rives subsistent. Le probl&#232;me est accentu&#233; par le fait que d'autres d&#233;partements &#034;dispatchent&#034; sur la cit&#233; phoc&#233;enne des jeunes qui &#233;taient &#224; l'abri et se retrouvent de nouveau &#224; la rue. Chacun se renvoie ensuite la patate chaude en se d&#233;faussant sur la plateforme nationale, suppos&#233;e &#034;ventiler&#034; les mineurs isol&#233;s. Certains d&#233;partements, condamn&#233;s par les tribunaux, pr&#233;f&#232;rent payer une astreinte plut&#244;t que de mettre le jeune &#224; l'abri. Il faudrait calculer le montant total des condamnations pour souligner l'aberration du syst&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En fait, qu'est-ce que l'hospitalit&#233; ? Et qu'est-elle devenue aujourd'hui en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je travaille actuellement &#224; un film sur cette th&#233;matique. C'est quelque chose qui m'interpelle. En faisant le tour de France et des pays frontaliers avec mon documentaire, j'ai r&#233;alis&#233; &#224; quel point l'hospitalit&#233; s'organise sans faire de bruit, ici et l&#224;. En France, elle s'est accentu&#233;e depuis 2016 avec le d&#233;mant&#232;lement de la dite &#034;jungle de Calais&#034;. Elle n'est pas m&#233;diatis&#233;e, car elle n'est pas assez anxiog&#232;ne : quand une cord&#233;e solidaire est organis&#233;e par 500 personnes &#224; Brian&#231;on, au col de l'&#201;chelle, on en parle moins que du coup de com' raciste d'une poign&#233;e d'identitaires, qui s'approprient le m&#234;me espace quelques semaines plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hospitalit&#233; comme la fraternit&#233; sont m&#233;diatis&#233;es quand elles sont mises &#224; mal. Pourtant, en octobre 2016, un sondage de l'Ifop r&#233;v&#233;lait qu'un quart des Fran&#231;ais d&#233;clarait &#234;tre d&#233;j&#224; venu en aide &#224; des r&#233;fugi&#233;s au cours des douze derniers mois (sous forme d'argent, de nourriture ou de v&#234;tements). Et un tiers souhaitait mener plus d'actions &#224; l'avenir. Accueillir, partager, &#233;changer, apprendre &#224; conna&#238;tre l'autre est une forme d'ouverture sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, plusieurs tendances s'opposent, car les mouvements populistes, dans leur lecture simpliste du monde, veulent transformer un ph&#233;nom&#232;ne social en un probl&#232;me politique. L'exil n'est pas un probl&#232;me. L'hospitalit&#233; revient en force. De plus en plus de citoyens et de personnalit&#233;s se mobilisent. Le philosophe &#201;tienne Balibar pr&#244;ne un droit international de l'hospitalit&#233;, pour en faire un droit fondamental. Au final, ce n'est pas de la mont&#233;e du populisme dont il faut avoir peur, mais de l'ultra-lib&#233;ralisme qui provoque l'effondrement des valeurs humaines. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;J'ai march&#233; jusqu'&#224; vous &#8211; R&#233;cits d'une jeunesse exil&#233;e&lt;/i&gt;, de Rachid Oujdi, Comic Strip Production, 2016. Visible gratuitement &lt;a href=&#034;http://lcp.fr/emissions/275151-recit-dune-jeunesse-exilee-jai-marche-jusqua-vous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt; sur le site de La Cha&#238;ne parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-delit-de-solidarite-se-porte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; &#192; Brian&#231;on comme ailleurs &#8211; Le d&#233;lit de solidarit&#233; se porte bien, merci &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168, septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Migrants : pas un probl&#232;me mineur</title>
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		<dc:date>2018-06-04T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sans toit, h&#233;berg&#233;s par des solidaires ou dans des centres provisoires, les mineurs isol&#233;s &#233;trangers font l'exp&#233;rience crue de la France. Au bout du chemin, la gal&#232;re continue. &#171; Je regrette presque la rue &#187;, a l&#226;ch&#233; Modou &#224; Carole, prof solidaire qui lui conseillait de retourner au centre Francis de Pressens&#233; pour ne pas y perdre sa place. &#171; L&#224;-bas, on est oubli&#233;s. &#187; Log&#233;s &#224; la va-vite dans cet ancien dispensaire par le conseil d&#233;partemental des Bouches-du-Rh&#244;ne (CD13) pour mettre fin &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pressense" rel="tag"&gt;Pressens&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sans toit, h&#233;berg&#233;s par des solidaires ou dans des centres provisoires, les mineurs isol&#233;s &#233;trangers font l'exp&#233;rience crue de la France. Au bout du chemin, la gal&#232;re continue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je regrette presque la rue&lt;/i&gt; &#187;, a l&#226;ch&#233; Modou&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; part celui de Karamba, tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; Carole, prof solidaire qui lui conseillait de retourner au centre Francis de Pressens&#233; pour ne pas y perdre sa place. &#171; &lt;i&gt;L&#224;-bas, on est oubli&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Log&#233;s &#224; la va-vite dans cet ancien dispensaire par le conseil d&#233;partemental des Bouches-du-Rh&#244;ne (CD13) pour mettre fin &#224; l'occupation de l'&#233;glise des Augustins en novembre 2017 2, 65 adolescents s'y morfondent depuis. La provisoire mise &#224; l'abri reste rudimentaire. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on devait se laver dans un camion gar&#233; sur le trottoir&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Youssouf. &#171; &lt;i&gt;Les sanitaires sont maintenant install&#233;s dans une seule et m&#234;me pi&#232;ce, WC et douches c&#244;te &#224; c&#244;te, sans cloisons&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Carole. Juliette, du collectif El Manba, ajoute qu'il n'y a plus d'eau chaude apr&#232;s cinq ou six douches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Depuis novembre, seuls dix d'entre eux ont &#233;t&#233; plac&#233;s en foyer. Et plus aucun depuis janvier.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, la prise en charge d'un mineur ne saurait se limiter &#224; un toit et un casse-cro&#251;te. Scolarisation et suivi psychologique font partie des droits de l'enfance, surtout quand on a travers&#233; Sahara, Libye et M&#233;diterran&#233;e dans des conditions d'extr&#234;me pr&#233;carit&#233;. Au d&#233;but, les jeunes dormaient sur des lits de camp. On leur donne aujourd'hui un sandwich ou une pizza &#224; midi et un repas chaud le soir. Un ticket de bus est octroy&#233; &#224; ceux qui vont &#224; l'&#233;cole. Ceux qui n'ont pas encore &#233;t&#233; soumis par l'Addap13 &#224; une &#171; &#233;valuation socio-&#233;ducative &#187; sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Les v&#234;tements distribu&#233;s sont souvent us&#233;s, trop petits ou trop grands. Il n'y a pas non plus d'argent de poche, ni de cr&#233;dit t&#233;l&#233;phonique pour appeler les siens au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un jeune a craqu&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La frustration occasionn&#233;e par ce purgatoire qui s'&#233;ternise et l'angoisse d'atteindre l'&#226;ge d'&#234;tre expulsable ne peuvent que provoquer des tensions. Juliette insiste &#233;galement sur le poids de la d&#233;sillusion : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s les dangers, le d&#233;nuement et l'incertitude v&#233;cus sur les routes, ces ados subissent une forme de d&#233;compression une fois qu'ils arrivent l&#224; o&#249; ils imaginaient trouver asile et protection.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-697-e599a.jpg?1779602723' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 20 avril, un jeune a donc craqu&#233;. Apr&#232;s avoir re&#231;u une mauvaise nouvelle du pays, il a saisi une chaise et l'a lanc&#233; contre un lavabo, avant de s'attaquer &#224; une glace, puis &#224; une vitre. Les &#233;ducateurs de l'Addap13 (qui g&#232;re le lieu) ont alors appel&#233; la police, qui l'a menott&#233; et plac&#233; en garde &#224; vue &#171; &lt;i&gt;comme un d&#233;linquant&lt;/i&gt; &#187;. Scandalis&#233;s, ses camarades ont manifest&#233; d&#232;s le lendemain matin devant le centre, brandissant deux pancartes : &#171; Lib&#233;rez notre fr&#232;re ! &#187; et &#171; L'Addap13 nous a fatigu&#233;s &#187;. France 3 ayant envoy&#233; une cam&#233;ra, des repr&#233;sentants du CD13 sont venus n&#233;gocier le retrait des jeunes en promettant des solutions. &#171; &lt;i&gt;On fait le maximum&lt;/i&gt; &#187;, assuraient-ils sur un ton conciliant. Jug&#233; en comparution imm&#233;diate, le jeune a &#233;t&#233; rappel&#233; &#224; l'ordre pour &#171; bris de mat&#233;riel &#187; et &#233;loign&#233; de Pressens&#233;. Il devra &#234;tre suivi par un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; pendant deux mois, au terme desquels il repassera devant le juge. Ses camarades affirment qu'il n'a rien de violent, que ce p&#233;tage de plombs aurait pu arriver &#224; n'importe lequel d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#233;ducatrice m'a dit que je devais m'estimer heureux de dormir sous un toit &lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne l'un des h&#233;berg&#233;s. &#171; &lt;i&gt;&#192; Pressens&#233;, les &#233;ducateurs sont souvent de simples stagiaires&lt;/i&gt;, explique Juliette. &lt;i&gt;L'Addap13 joue un r&#244;le ambigu. Elle reproche au collectifs militants de marcher sur ses plate bandes et d&#233;conseille aux h&#233;bergeurs b&#233;n&#233;voles de scolariser les gamins sous pr&#233;texte qu'il vaudrait mieux qu'ils ne s'enracinent pas trop, vu qu'ils sont appel&#233;s &#224; &#234;tre ventil&#233;s ailleurs...&lt;/i&gt; &#187; Les jeunes constatent surtout qu'il n'y a pas d'&#233;coute et que r&#232;gne une gestion du quotidien a minima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Test osseux invalid&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs en France, des d&#233;partements en manque d'infrastructures font le choix de s'appuyer sur les h&#233;bergeurs b&#233;n&#233;voles, leur remboursant une partie des frais. Ce n'est pas le cas des Bouches-du-Rh&#244;ne, o&#249; Martine Vassal (Les R&#233;publicains), pr&#233;sidente du conseil d&#233;partemental, pr&#233;f&#232;re esquiver. Saura-t-on un jour combien de ces jeunes &#224; la d&#233;rive auront surv&#233;cu aux al&#233;as de la rue et &#224; cet abandon institutionnel gr&#226;ce &#224; la solidarit&#233; informelle et aux r&#233;seaux militants ? Sans doute plusieurs dizaines localement. Et des centaines &#224; travers tout le territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son n&#176; 163, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; racontait l&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Migrants-Ces-departements-qui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;'histoire rocambolesque de Karamba&lt;/a&gt;, jeune Guin&#233;en &#171; d&#233;minoris&#233; &#187; apr&#232;s un test osseux et laiss&#233; &#224; la rue en plein hiver creusois. Son affaire a depuis connu des rebondissements. Apr&#232;s son retour &#224; Marseille, et malgr&#233; l'avis favorable de la juge des enfants, le d&#233;partement a voulu se d&#233;fausser en demandant une &#171; mainlev&#233;e de placement &#187;. Il vient de se faire s&#232;chement rappeler &#224; l'ordre par le D&#233;fenseur des droits, Jacques Toubon, saisi par l'avocate de Karamba, Me Quinson. Dans une lettre de sept pages, ledit Toubon d&#233;nonce l'usage abusif d'une radiographie de l'avant-bras peu fiable pour d&#233;terminer l'&#226;ge du gar&#231;on, alors m&#234;me que des documents d'&#233;tat civil guin&#233;ens certifient qu'il n'a pas encore dix-sept ans. S'appuyant sur ce constat, la juge des enfants a r&#233;it&#233;r&#233; sa mise en demeure pour que Karamba soit enfin pris en charge. Plus d'un an apr&#232;s son arriv&#233;e &#224; Marseille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Comment veux-tu qu'un &#201;tat qui rogne sur tous les budgets sociaux s'occupe humainement de gamins sans papiers ?&lt;/i&gt; &#187;, s'interroge une h&#233;bergeuse solidaire. La question se pose. Et si on ne se laisse pas aveugler par la pernicieuse mise en concurrence des pauvres, on r&#233;alise que c'est la m&#234;me d&#233;shumanisation qui menace tout aussi bien le petit vieux maltrait&#233; en Ehpad que l'adolescent africain fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; part celui de Karamba, tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Migrants : Ces d&#233;partements qui jettent &#224; la rue des mineurs isol&#233;s</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Migrants-Ces-departements-qui</link>
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		<dc:date>2018-03-10T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>Karamba</dc:subject>
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		<dc:subject>mineurs isol&#233;s</dc:subject>

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&lt;p&gt;Plusieurs conseils d&#233;partementaux pourraient &#234;tre poursuivis en justice pour abandon d'enfants. &#192; force de botter en touche, leurs services d'Aide sociale &#224; l'enfance en arrivent &#224; mettre en danger des dizaines de mineurs non accompagn&#233;s. Le cas de Karamba Noba, parti de Guin&#233;e &#224; l'&#226;ge de 15 ans, est suspendu aujourd'hui dans les limbes du bon vouloir bureaucratique. Une histoire exemplaire, mais pas exceptionnelle. Karamba fait son &#226;ge : il aura 17 ans le 6 mai prochain. Malgr&#233; tout ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2088-811a9.jpg?1780143698' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs conseils d&#233;partementaux pourraient &#234;tre poursuivis en justice pour abandon d'enfants. &#192; force de botter en touche, leurs services d'Aide sociale &#224; l'enfance en arrivent &#224; mettre en danger des dizaines de mineurs non accompagn&#233;s. Le cas de Karamba Noba, parti de Guin&#233;e &#224; l'&#226;ge de 15 ans, est suspendu aujourd'hui dans les limbes du bon vouloir bureaucratique. Une histoire exemplaire, mais pas exceptionnelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Karamba fait son &#226;ge : il aura 17 ans le 6 mai prochain. Malgr&#233; tout ce qu'il a v&#233;cu durant son long voyage, il a encore les traits d&#233;licats et l'attitude r&#233;serv&#233;e d'un adolescent. Une juge des enfants du tribunal de grande instance (TGI) de Marseille l'a reconnu mineur sur la base d'une &#171; &#233;valuation pluridisciplinaire &#187; effectu&#233;e le 7 juillet 2017 par des &#233;ducateurs de l'Addap13&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Addap13 : Association d&#233;partementale pour le d&#233;veloppement d'actions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ainsi que d'une &#171; analyse mat&#233;rielle &#187; par la police aux fronti&#232;res de documents d'&#233;tat civil guin&#233;ens. &#171; &lt;i&gt;Je suis parti sans pi&#232;ce d'identit&#233;, c'est apr&#232;s mon arriv&#233;e ici que mon oncle me l'a envoy&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, raconte le jeune gar&#231;on. Deux &#233;valuations officielles : voil&#224; ce qu'on pourrait consid&#233;rer comme un &#171; faisceau d'indices &#187; plut&#244;t probant&#8230; Pourtant, sept mois plus tard et apr&#232;s moultes p&#233;rip&#233;ties, Karamba Noba n'est toujours pas pris en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2016, Karamba quitte Matam, commune situ&#233;e en p&#233;riph&#233;rie de Conakry, la capitale de la Guin&#233;e. &#171; &lt;i&gt; La femme de mon oncle, qui m'a recueilli &#224; la mort de ma m&#232;re, me maltraitait.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce moment-l&#224;, il n'a pas encore 15 ans. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait trop dur, je devais partir, m&#234;me si je ne savais pas encore o&#249;. Une amie de ma m&#232;re m'a donn&#233; de l'argent. Un peu. Il a dur&#233; jusqu'en Libye&lt;/i&gt;. &#187; Sa fugue va le mener loin, tr&#232;s loin. Jusque dans l'hiver incl&#233;ment de la Creuse, sur le plateau de Millevaches. Auparavant, sur les routes du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de Libye, d'Italie et de France, la vie a rarement &#233;t&#233; tendre avec lui. Aujourd'hui, au bout du chemin, la maltraitance se poursuit, de la main d'administrations suppos&#233;es le prot&#233;ger, mais qui &#233;ludent leurs responsabilit&#233;s en se renvoyant la balle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raconter une telle aventure n'est pas facile. On devine au fond des yeux de ce gar&#231;on plut&#244;t fr&#234;le des &#233;pouvantes enfouies dans un semi-oubli. En particulier quand on &#233;voque le Sahara, la Libye. &#171; &lt;i&gt;J'ai mont&#233; des murs de briques, j'ai r&#233;colt&#233; des piments, toujours en plein soleil.&lt;/i&gt; &#187; Question de survie dans un pays o&#249; la main-d'&#339;uvre subsaharienne peut basculer &#224; tout moment de l'infra-salariat &#224; l'esclavage. &#171; &lt;i&gt;J'avais faim. Le patron ne payait pas, mais il donnait &#224; manger.&lt;/i&gt; &#187; Chanceux, malgr&#233; tout : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas &#233;t&#233; battu, ni vendu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-490-eaa65.jpg?1779603077' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photos de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le but du voyage n'&#233;tait pas clair &#224; son d&#233;part de Matam, Karamba n'a plus trop le choix une fois pi&#233;g&#233; dans le gu&#234;pier libyen. Rebrousser chemin et affronter les p&#233;rils du d&#233;sert une deuxi&#232;me fois ? Pas moyen. Autant courir le risque de la travers&#233;e vers les &#238;les italiennes. &#171; &lt;i&gt;Les jeunes s'enfuyaient les uns apr&#232;s les autres. Pas moi, parce que je ne savais pas o&#249; aller. Alors le patron m'a propos&#233; de m'embarquer.&lt;/i&gt; &#187; D&#233;but 2017, Karamba prend la mer avec d'autres candidats &#224; l'Europe. &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait nombreux dans le bateau en caoutchouc. J'ai eu tr&#232;s peur. Trop de vagues.&lt;/i&gt; &#187; Le fragile esquif est sauv&#233; par un navire de l'ONG SOS-M&#233;diterran&#233;e&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos de SOS-M&#233;dit&#233;rran&#233;e, lire &#171; Les vagues comme des barbel&#233;s &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui vogue jusqu'&#224; Reggio de Calabre. Un bus transporte ensuite ses passagers du port au campo, o&#249; Karamba reste un mois. &#171; &lt;i&gt;C'est l&#224; qu'on a pris mes empreintes digitales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karamba est &#171; d&#233;minoris&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2017, le jeune Guin&#233;en arrive en train &#224; Marseille, via Nice. &#171; &lt;i&gt;Un passeur nous avait fait traverser la fronti&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Il erre autour de la gare Saint-Charles jusqu'&#224; ce que Sylvie, de l'association Imaje-Sant&#233;, trouve une famille acceptant de l'h&#233;berger temporairement. Puis, le 9 juin, l'Addap13 le place en &#171; Accueil provisoire d'urgence &#187; dans un foyer du quartier Belsunce. &#192; partir de l&#224;, le service d&#233;partemental d'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) est suppos&#233; g&#233;rer son dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d&#233;but septembre, alors que la juge des enfants est sur le point de statuer sur son avenir, la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) le &#171; ventile &#187; sans crier gare vers la Creuse. L&#224;-bas, on le place en internat au lyc&#233;e technologique Felletin. Il passe ses week-ends chez un &#233;leveur de chevaux, pay&#233; par le conseil d&#233;partemental de la Creuse (CD23) pour accueillir deux mineurs chez lui, &#224; 46 kilom&#232;tres de Gu&#233;ret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps, &#224; Marseille&#8230; Le 12 septembre, l'avocate Laurie Quinson se pr&#233;sente au TGI sans son client, puisqu'il a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; plusieurs centaines de kilom&#232;tres de l&#224;. Quant &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance, elle ne prend m&#234;me pas la peine de faire acte de pr&#233;sence lors de cette premi&#232;re audience. La juge Loria confie n&#233;anmoins Karamba au service des mineurs non accompagn&#233;s (MNA) de la Direction g&#233;n&#233;rale des affaires sociales. Son dossier est conserv&#233; &#224; Marseille, dans l'attente de l'ex&#233;cution de cette d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un deuxi&#232;me dossier est ouvert dans la Creuse ! Faisant fi de la d&#233;cision de la juge marseillaise, le CD23 soumet Karamba &#224; un test osseux. &#171; &lt;i&gt;On m'a dit de glisser ma main dans un petit tunnel en m&#233;tal.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s qu'on a scann&#233; son avant-bras, Karamba est &#171; d&#233;minoris&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire d&#233;clar&#233; majeur. On lui annonce qu'il doit signer un &#171; contrat jeune majeur &#187; pour rester au lyc&#233;e, mais son avocate, jointe par t&#233;l&#233;phone, le lui d&#233;conseille : &#171; &lt;i&gt;Ce serait faire aveu de majorit&#233;. Or ta minorit&#233; est &#233;tablie !&lt;/i&gt; &#187; Devant son refus, on le transf&#232;re &#224; Gu&#233;ret, o&#249; il est confi&#233; pour une nuit &#224; la Croix-Rouge. Par chance, Max et Marie-Pascale, amis creusois de militants marseillais, viennent s'enqu&#233;rir de sa situation. Le lundi matin, ils le ram&#232;nent au lyc&#233;e, o&#249; il passe encore une semaine &#8211; durant laquelle il re&#231;oit les f&#233;licitations du conseil de classe &#8211; avant qu'on ne lui annonce, le vendredi &#224; la fin des cours, qu'il ne sera plus admis &#224; l'internat, l'ASE ayant cess&#233; de payer. D&#233;scolaris&#233; et jet&#233; &#224; la rue, Karamba monte dans un bus pour retourner dans le Sud, mais se trompe de ligne et descend &#224; l'autre bout du d&#233;partement. Contact&#233;s, Max et Marie-Pascale le r&#233;cup&#232;rent et l'accompagnent en voiture jusqu'&#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toujours pas trouv&#233; de toi&lt;/strong&gt;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux courriers de Me Quinson &#224; la juge, le conseil d&#233;partemental des Bouches-du-Rh&#244;ne (CD13) daigne se pr&#233;senter &#224; l'audience du 20 d&#233;cembre 2017. &#171; &lt;i&gt;Les mains dans les poches&lt;/i&gt; &#187;, constate am&#232;rement l'avocate. On fait mine d'&#234;tre surpris par le retour du gamin&#8230; Tout allait si bien dans la Creuse ! En r&#233;ponse &#224; une telle d&#233;sinvolture, la juge Loria &#233;carte l'expertise osseuse de Gu&#233;ret, ill&#233;gale puisque le l&#233;gislateur a r&#233;cemment limit&#233; l'usage de ces tests, peu fiables avec une marge d'erreur de plus de 18 mois. La juge encourage l'avocate &#224; saisir le tribunal administratif. Le 22 d&#233;cembre, le CD13 r&#233;pond&#8230; en faxant les r&#233;sultats de l'expertise ill&#233;gale. &#171; &lt;i&gt;Ah, pour transmettre des &#233;l&#233;ments &#224; charge, ils savent faire...&lt;/i&gt; &#187;, ironise Me Quinson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Karamba reprend doucement ses marques. Il a retrouv&#233; des compagnons de route et des gens l'ont h&#233;berg&#233; &#224; l'occasion, mais le CD13 ne lui a toujours pas trouv&#233; de toit. Il est inscrit en lyc&#233;e professionnel, sp&#233;cialit&#233; BTP &#8211; son sourire quand il en parle laisse entendre qu'un jour, peut-&#234;tre, il construira sa propre maison. En attendant, il se montre assidu aux cours de fran&#231;ais. Au pays, sa famille n'avait pas les moyens de le scolariser &#8211; en Guin&#233;e, il faut payer sa table d'&#233;colier pour assister aux cours. En revanche, il avait appris &#224; lire sur l'ab&#233;c&#233;daire des copains.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-492-d872b.jpg?1779603074' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photos de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grave atteinte &#224; la dignit&#233; humaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup de th&#233;&#226;tre. Le 5 f&#233;vrier 2018, le tribunal administratif ordonne en r&#233;f&#233;r&#233; la prise en charge de Karamba sous huitaine, sous peine d'une astreinte journali&#232;re de 200 &#8364;. Selon le juge, &#171; &lt;i&gt;l'urgence est caract&#233;ris&#233;e d&#232;s lors qu'il est un mineur isol&#233;, &#233;tranger, qui dort dans la rue et ne dispose d'aucunes ressources&lt;/i&gt; &#187;. Le CD13 se fait vertement tancer : &#171; &lt;i&gt; La carence de l'administration &#224; ex&#233;cuter le jugement&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;par lequel il a &#233;t&#233; confi&#233; par le juge des enfants &#224; l'ASE des Bouches-du-Rh&#244;ne &#224; compter du 12 septembre 2017 et jusqu'au 6 mai 2019, date de sa majorit&#233;, porte une atteinte grave et manifestement ill&#233;gale au droit &#224; l'h&#233;bergement d'urgence,&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; &#224; la sauvegarde de la dignit&#233; humaine&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;et &#224; l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur attach&#233; &#224; sa qualit&#233; d'enfant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi faire jurisprudence ? Peut-&#234;tre. Plusieurs avocats de mineurs isol&#233;s ont d&#233;cid&#233; d'attaquer l'institution d&#233;faillante au porte-monnaie. En face, clamant sa bonne foi, le CD13 &#171; &lt;i&gt;fait valoir qu'il n'a pas la possibilit&#233; d'ex&#233;cuter rapidement la d&#233;cision du juge des enfants en l'absence de places disponibles en structure d'accueil, mais qu'il fait toute diligence pour trouver une solution rapide&lt;/i&gt; &#187;. Au 31 d&#233;cembre 2017, 577 mineurs non accompagn&#233;s &#233;taient recens&#233;s par le CD13, qui parle d'une augmentation de 180 % en deux ans. 450 d'entre eux seraient pris en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 f&#233;vrier, un soit-transmis&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un soit-transmis est une demande de renseignements effectu&#233;e aupr&#232;s d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; de la juge des enfants met &#224; nouveau l'ASE en demeure de &#171; &lt;i&gt;localiser&lt;/i&gt; &#187; le jeune Karamba &#171; &lt;i&gt;pour organiser l'effectivit&#233; de son placement&lt;/i&gt; &#187;. Silence radio. Franck, un h&#233;bergeur solidaire, ne d&#233;col&#232;re pas. Il ne fait bien &#233;videmment pas cela pour l'argent, mais il lui vient des envies de taper lui aussi l&#224; o&#249; &#231;a fait mal : &#171; &lt;i&gt;Un ami juriste a d&#233;nich&#233; la notion juridique de &#8220; collaborateur occasionnel du service public &#8221;, une jurisprudence qui date de la Lib&#233;ration, quand des artificiers amateurs s'&#233;taient bless&#233;s lors d'une f&#234;te de village et qu'un juge avait estim&#233; qu'ils devaient &#234;tre couverts comme des employ&#233;s municipaux. J'ai bien envie d'aller leur chercher des poux sur ce terrain, &#224; ces hypocrites !&lt;/i&gt; &#187; Mais le CD13 refuse jusqu'&#224; pr&#233;sent de rembourser les factures pr&#233;sent&#233;es par les h&#233;bergeurs b&#233;n&#233;voles, arguant que le mineur n'est pas encore plac&#233; sous sa responsabilit&#233;. Et si on lui demande pourquoi, il r&#233;pond que ce n'est pas n&#233;cessaire, puisque l'enfant est &#224; l'abri chez des particuliers&#8230; Tordu, mais malin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de l'enfance et de la famille du CD13 ne r&#233;pond jamais, fid&#232;le en cela au vieux clich&#233; sur les planqu&#233;s des administrations locales. Derri&#232;re les portes closes et les t&#233;l&#233;phones sourds, des p&#232;res et m&#232;res de famille pensent sans doute que s'ils traitent humainement un jeune vagabond, cela fera appel d'air, et tous les orphelins d'Afrique et d'Asie viendront manger le pain de leurs ch&#232;res t&#234;tes blondes. Ou sont-ils simplement des fonctionnaires z&#233;l&#233;s ob&#233;issant aux directives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France se d&#233;fausse depuis le d&#233;but de la crise des r&#233;fugi&#233;s. C'est ainsi que &#171; &lt;i&gt;des migrants restent &#233;chou&#233;s en marge de toutes les marges&lt;/i&gt; [et] &lt;i&gt;des mineurs sont trait&#233;s comme du b&#233;tail industriel&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Chamoiseau, Fr&#232;res migrants, Seuil 2017.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#192; Paris, les ministres de l'Int&#233;rieur, que leur ton soit filandreux ou arrogant, couvent de vieux d&#233;mons : rafles, d&#233;lation, fichage, contr&#244;le au faci&#232;s, d&#233;portation et d&#233;lit de solidarit&#233;&#8230; La comparaison est odieuse, diront certains. Oubliant que la circulaire Collomb enjoint &#233;ducateurs, m&#233;decins et associatifs &#224; se faire informateurs des pr&#233;fectures, elles-m&#234;mes somm&#233;es de redoubler d'efforts dans les reconduites aux fronti&#232;res. Comme en 1940, mon colon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abandonn&#233;s sur un quai de gare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs ? Qu'ils grandissent dans la rue, on les expulsera pour f&#234;ter leurs 18 ans. D'ici l&#224;, pendant que les autorit&#233;s regardent ailleurs, ils sont pris en charge par des r&#233;seaux. Solidaires dans le meilleur des cas, mais &#233;galement criminels. Nombre de gamins alg&#233;riens ou marocains sont capt&#233;s d&#232;s leur arriv&#233;e &#224; Marseille par des trafiquants qui les logent dans des squats et les mettent sur le trottoir, pour les prostituer ou leur faire vendre du shit, des cachets, des cigarettes de contrebande. Ces jeunes-l&#224; ne r&#233;clament jamais leurs droits au CD13, mais font des s&#233;jours r&#233;p&#233;t&#233;s dans l'&#201;tablissement pour mineurs de La Valentine&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2017, 26 % des jeunes d&#233;tenus de l'EPM La Valentine &#233;taient des mineurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, en guise de premi&#232;re exp&#233;rience carc&#233;rale. Claire, h&#233;bergeuse b&#233;n&#233;vole, est furax : &#171; &lt;i&gt;Combien de mineurs l&#226;ch&#233;s par l'ASE seront devenus d&#233;linquants par n&#233;cessit&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire est une bombe en puissance. On ne compte plus les mineurs &#233;trangers que les d&#233;partements se renvoient comme des patates chaudes, pr&#233;textant un manque de moyens et se cachant derri&#232;re la responsabilit&#233; de l'&#201;tat. On paie un billet de train au gosse et bon vent. Mais ce qu'il s'est r&#233;cemment pass&#233; entre Grenoble et Marseille d&#233;passe les bornes de l'ind&#233;cence. &#192; l'&#233;t&#233; 2017, la PJJ, saisie par le parquet du cas de neuf mineurs isol&#233;s en Is&#232;re, pr&#233;conise leur &#171; ventilation &#187; &#224; Marseille. Ils sont quand m&#234;me plac&#233;s dans des familles d'accueil et scolaris&#233;s &#224; Grenoble, dans l'attente d'&#234;tre envoy&#233;s dans les Bouches-du-Rh&#244;ne, o&#249; les capacit&#233;s d'accueil seraient plus adapt&#233;es. Probl&#232;me : la pr&#233;sidente du CD13, Martine Vassal, fait la morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De guerre lasse, les neuf mineurs, escort&#233;s par un &#233;ducateur, sont mis dans un train pour Marseille en janvier 2018. L'ASE est pr&#233;venue, mais une fois en gare Saint-Charles, l'accompagnateur is&#233;rois constate qu'il n'y a personne pour r&#233;ceptionner ses prot&#233;g&#233;s. Apr&#232;s une demi-heure d'attente, il remonte dans un train pour Grenoble, abandonnant ses lascars dans le hall de gare. C'est Al-Manba-Migrants13 qui les prendra en charge. Ce collectif allie soutien et auto-soutien des migrants eux-m&#234;mes, pour qu'aucun paternalisme ne les d&#233;poss&#232;de de leur dignit&#233; et de leur libre arbitre. Parall&#232;lement, des avocats songent &#224; attaquer les diff&#233;rents conseils d&#233;partementaux pour abandon d'enfants. Les collectivit&#233;s locales, bombard&#233;es de plaintes et d'amendes, finiront-elles par craquer ? Se retourneront-elles contre l'&#201;tat au lieu de faire payer les coupes budg&#233;taires et la d&#233;centralisation aux jeunes &#233;trangers ? Croisons les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent des astreintes, lui, devrait revenir en large part au mineur le jour de sa majorit&#233;. En attendant, on souhaite longue vie &#224; Karamba, &#224; ses compagnons de gal&#232;re et &#224; la solidarit&#233; active (v&#233;ritable aide sociale &#224; l'enfance, pour le coup) qui emmerde si joliment cette pauvre France-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Le Dantec.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-491-f8adc.jpg?1779603077' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photos de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le CD ne c&#232;de qu'&#224; la pression&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es. Cela fait des ann&#233;es que des mineurs isol&#233;s &#233;trangers sont laiss&#233;s &#224; la rue par le conseil d&#233;partemental (CD) des Bouches-du-Rh&#244;ne pendant des semaines, voire des mois, avant d'&#234;tre pris en charge. La faute au manque de budget et de places en foyer, r&#233;p&#232;tent &#224; l'envi l'institution et ses affid&#233;s. Alors, r&#233;guli&#232;rement, pour d&#233;bloquer la situation, il faut mettre la pression. En novembre, 66&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Mineurs-isoles-mais-soudes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jeunes et leurs soutiens&lt;/a&gt; ont occup&#233; une &#233;glise sur le Vieux-Port, &#224; Marseille. Populaire et m&#233;diatis&#233;e, l'action a contraint le d&#233;partement &#224; r&#233;ouvrir en urgence un foyer rue Francis-de-Pressens&#233; (1er arrondissement). Et puis ? Et puis voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant, pr&#232;s de trois mois plus tard, que la prise en charge se limitait &#224; dormir sur un mauvais lit de camp, &#224; manger des sandwichs et &#224; ne rien faire de la journ&#233;e, des mineurs b&#233;n&#233;ficiant d'une ordonnance de placement provisoire octroy&#233;e par le juge des enfants ont tra&#238;n&#233; le CD devant le tribunal administratif en r&#233;f&#233;r&#233;. Et, le 13 f&#233;vrier, le magistrat a condamn&#233; le d&#233;partement &#224; &#171; &lt;i&gt; assurer leur h&#233;bergement et leur prise en charge dans un d&#233;lai de quinze jours&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; sous astreinte de 200 &#8364; par jour de retard&lt;/i&gt; &#187;. L&#224; encore, le coup de pression semble avoir port&#233; ses fruits puisque, trois jours plus tard, l'ensemble des jeunes avait pass&#233; un test d'orientation et serait &#171; en attente d'une affectation &#187; dans un &#233;tablissement scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Martine (Vassal, pr&#233;sidente LR du CD13) est pire qu'une ado : si tu ne la pousses pas au cul, elle n'en fout pas une secousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Baptiste Legars.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment &#231;a se passe ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs non accompagn&#233;s (MNA) rel&#232;vent de la Protection de l'enfance, un dispositif applicable &#171; &lt;i&gt;&#224; tout mineur en danger, sans condition de nationalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, rappelle M&#233;decins du monde. Il s'agit d'une comp&#233;tence du conseil d&#233;partemental, dont le service de l'Aide sociale &#224; l'enfance doit prendre en charge ces mineurs. Dans les Bouches-du-Rh&#244;ne, &#171; l'accueil, l'orientation et l'accompagnement &#187; des MNA ont &#233;t&#233; d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; l'Association d&#233;partementale pour le d&#233;veloppement des actions de pr&#233;vention (Addap13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un jeune &#233;tranger se d&#233;clare mineur et isol&#233;, l'Addap13 se doit de le mettre &#224; l'abri et d'effectuer son &#233;valuation en cinq jours. Dans les faits, faute de places en foyer, il faut plusieurs semaines, voire mois, avant que ce ne soit r&#233;alis&#233;. Pendant ce temps, ces mineurs sont laiss&#233;s &#224; la rue &#224; la merci de r&#233;seaux et de malfaiteurs en tous genres, ou pris en charge b&#233;n&#233;volement par le milieu associatif et militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive alors que, par le truchement d'un avocat, le jeune saisisse le juge des enfants. Si ce dernier estime que le plaignant est bel et bien mineur et isol&#233;, il octroie une ordonnance de placement provisoire (OPP). Laquelle contraint le conseil d&#233;partemental &#224; prendre le MNA en charge (h&#233;bergement, &#233;ducation, sant&#233;, etc.). Mais cela reste souvent lettre morte. Il est alors possible de tra&#238;ner le conseil d&#233;partemental en r&#233;f&#233;r&#233; devant le tribunal administratif, pour non application de l'OPP. L'institution est r&#233;guli&#232;rement condamn&#233;e mais, l&#224; encore, sans que cela n'ait forc&#233;ment un effet positif sur la situation du gamin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, lors de ces proc&#233;dures, de longues v&#233;rifications documentaires sont effectu&#233;es pour s'assurer que de jeunes majeurs ne tentent pas de b&#233;n&#233;ficier du dispositif. Dans certains cas, la justice peut ordonner un test osseux cens&#233; d&#233;terminer si le jeune a plus ou moins de 18 ans. Une pratique d&#233;nonc&#233;e, car la fiabilit&#233; et la pr&#233;cision de ces tests sont scientifiquement sujettes &#224; caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Baptiste Legars.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Addap13 : Association d&#233;partementale pour le d&#233;veloppement d'actions de pr&#233;vention. Elle est subventionn&#233;e par le d&#233;partement des Bouches-du-Rh&#244;ne, pour qui elle sous-traite, entre autres missions, l'accueil, le suivi, mais aussi, comme dans ce cas-l&#224;, le &#171; profilage &#187; et le &#171; tri &#187; des mineurs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos de SOS-M&#233;dit&#233;rran&#233;e, lire &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-vagues-comme-des-barbeles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Les vagues comme des barbel&#233;s &lt;/a&gt; &#187;, reportage &#224; bord du navire, paru dans le n&#176; 156 (juillet-ao&#251;t 2017) de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un soit-transmis est une demande de renseignements effectu&#233;e aupr&#232;s d'une administration par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Patrick Chamoiseau, &lt;i&gt;Fr&#232;res migrants&lt;/i&gt;, Seuil 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2017, 26 % des jeunes d&#233;tenus de l'EPM La Valentine &#233;taient des mineurs isol&#233;s &#233;trangers sans prise en charge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec l'&#233;crivaine Lola Lafon</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Entretien-avec-l-ecrivaine-Lola</link>
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		<dc:date>2017-09-25T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans son cinqui&#232;me roman Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon interroge la destin&#233;e de jeunes femmes refusant de suivre les rails qu'on leur a assign&#233;s, au premier rang desquelles la sulfureuse Patricia Hearst. Patty Hearst est n&#233;e deux fois. Une premi&#232;re fois le 20 septembre 1954, sous forme de riche h&#233;riti&#232;re de l'empire m&#233;diatique Hearst. Une seconde le 2 f&#233;vrier 1974, quand la jeune fille est enlev&#233;e par un groupe r&#233;volutionnaire, l'Arm&#233;e symbionaise de lib&#233;ration (SLA), dont elle ne tarde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no157-septembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;157 (septembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Damien-Roudeau" rel="tag"&gt;Damien Roudeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeune" rel="tag"&gt;jeune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Patty-Hearst" rel="tag"&gt;Patty Hearst&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lola-Lafon" rel="tag"&gt;Lola Lafon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mary" rel="tag"&gt;Mary&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Patricia-Hearst" rel="tag"&gt;Patricia Hearst&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son cinqui&#232;me roman &lt;i&gt;Mercy, Mary, Patty&lt;/i&gt;, Lola Lafon interroge la destin&#233;e de jeunes femmes refusant de suivre les rails qu'on leur a assign&#233;s, au premier rang desquelles la sulfureuse Patricia Hearst.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Patty Hearst est n&#233;e deux fois. Une premi&#232;re fois le 20 septembre 1954, sous forme de riche h&#233;riti&#232;re de l'empire m&#233;diatique Hearst. Une seconde le 2 f&#233;vrier 1974, quand la jeune fille est enlev&#233;e par un groupe r&#233;volutionnaire, l'Arm&#233;e symbionaise de lib&#233;ration (SLA), dont elle ne tarde pas &#224; &#233;pouser la cause armes &#224; la main, rompant violemment avec sa destin&#233;e toute trac&#233;e. Certains y ont vu la cons&#233;quence d'un lavage de cerveau, une sorte de syndrome de Stockholm foudroyant. D'autres estiment au contraire que sa &#171; d&#233;fection &#187; avait des causes plus profondes, inh&#233;rentes &#224; sa condition de jeune femme &#233;touff&#233;e par son milieu social. Les premiers lui d&#233;nient tout libre arbitre ; les seconds estiment qu'elle a fait un choix &#8211; Lola Lafon est de ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous sa plume, Patty Hearst n'a pourtant rien d'une h&#233;ro&#239;ne. Le &#171; basculement &#187; de la riche h&#233;riti&#232;re est certes au c&#339;ur de son dernier ouvrage, &lt;i&gt;Mercy, Mary, Patty&lt;/i&gt; (&#201;d. Actes Sud). Mais avant tout pour sa valeur embl&#233;matique : il symbolise ces rails plac&#233;s sur la voie des femmes et les ruades de certaines pour tenter d'y &#233;chapper. &#171; &lt;i&gt;D&#233;fiez-vous des histoires simples&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Lola Lafon, multipliant les chemins de traverse pour creuser la question. Car &lt;i&gt;Mercy, Mary, Patty&lt;/i&gt; n'est pas un essai, plut&#244;t un roman fureteur. On y croise ainsi la figure de Gene Eveva, fictive universitaire f&#233;ministe charg&#233;e de t&#233;moigner au proc&#232;s de Patty, ou bien celle de Violaine, adolescente qui l'assiste dans ses recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pan explor&#233; dans ce roman polyphonique : le cas de ces femmes de colons enlev&#233;es par des Am&#233;rindiens au XVIIIe si&#232;cle et refusant l'id&#233;e de revenir &#224; leur sort ant&#233;rieur &#8211; &#171; &lt;i&gt;Qu'on ne les lib&#232;re pas, supplient-elles.&lt;/i&gt; &#187; Des d&#233;tonations existentielles qui rappellent &#233;videmment Patty Hearst, la petite d&#233;test&#233;e de l'Am&#233;rique. &#171; &lt;i&gt;Mercy, Mary, Patty s'attache &#224; l'instant du chavirement, du choix radical et aux proc&#232;s qu'on fait subir &#224; celles qui d&#233;sertent la route&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume l'auteure du magnifique &lt;i&gt;Nous sommes les oiseaux de la temp&#234;te qui s'annonce&lt;/i&gt; (2011). La chasse aux sorci&#232;res n'a pas d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH277/-193-0aaaf.jpg?1779602818' width='400' height='277' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Damien Roudeau.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Le basculement, ce moment o&#249; tout se brise en s'&#233;clairant&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Pourquoi ces trajectoires de captives &#233;pousant la cause de leurs ravisseurs exercent-elles une telle fascination ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tout d'abord un int&#233;r&#234;t pour celles qui osent quitter les rails impos&#233;s depuis leur naissance. Une r&#233;action amplifi&#233;e par le fait qu'il s'agit de rejoindre ceux qu'on d&#233;signe comme des ennemis de la civilisation &#8211; les Indiens au XVIIIe si&#232;cle ou la SLA dans les ann&#233;es 1970. Il s'exerce une double tension : non seulement la personne enlev&#233;e se montre ingrate par rapport &#224; son monde, mais elle le trahit pour rejoindre ceux qui le combattent. Impardonnable. Ces &#171; tra&#238;tres &#187; payent d'ailleurs cher leur choix une fois arrach&#233;es &#224; l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur l'affaire Patty Hearst, la th&#232;se du lavage de cerveau a longtemps pr&#233;valu. Vous estimez au contraire que son enl&#232;vement fut une r&#233;v&#233;lation pour celle qui d&#233;couvre ainsi &#171; l'envers de l'Am&#233;rique &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le c&#244;t&#233; tr&#232;s paradoxal de son ralliement. Alors qu'elle subit d'ind&#233;niables violences, elle tisse aussi des liens &#233;troits avec ses ravisseurs, notamment avec les femmes. Une dimension absente du proc&#232;s. Comment pourrait-elle expliquer qu'elle a certes &#233;t&#233; victime, mais que l'exp&#233;rience lui a &#233;galement ouvert les yeux ? Elle r&#233;alise par exemple que beaucoup de gens meurent de faim en Californie, un choc pour elle. La SLA g&#233;n&#233;ralise cette sensibilisation, en exigeant que la famille Hearst distribue de la nourriture aux plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patricia d&#233;couvre &#233;galement que le FBI n'a aucun scrupule &#224; &#233;liminer ceux qui d&#233;fient le syst&#232;me, ce qu'elle d&#233;nonce dans la deuxi&#232;me bande enregistr&#233;e envoy&#233;e aux m&#233;dias. Elle en a confirmation en mai 1974, lorsqu'une partie du groupe est &#233;limin&#233; en direct &#224; la t&#233;l&#233;vision. Un message clair pour tous ceux qui voudraient adopter une trajectoire similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chez les captives des Am&#233;rindiens au XVIIIe si&#232;cle, on retrouve aussi une forme d'ouverture. &#171; &lt;i&gt;Ces adolescentes&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;voient paradoxalement leur espace de libert&#233; s'agrandir en captivit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivez-vous...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes filles ont g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; ray&#233;es des chronologies et arbres g&#233;n&#233;alogiques, comme pour effacer leur existence. Mais il existe de nombreux r&#233;cits de captivit&#233;. Comme les femmes &#233;crivaient alors rarement, ils &#233;taient souvent l'&#339;uvre d'un r&#233;f&#233;rent homme, le pasteur ou le p&#232;re par exemple. Parmi les exceptions, le r&#233;cit de Mary Jemison, qui raconte son enl&#232;vement par les S&#233;n&#233;ca et sa vie &#224; leurs c&#244;t&#233;s. &#192; contre-courant de la propagande anti-Indiens, qui les pr&#233;sente comme une masse indiff&#233;renci&#233;e de barbares sanguinaires, elle les d&#233;crit comme des personnes, les humanise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il y a vraiment un paradoxe dans ces captivit&#233;s. L'enl&#232;vement est un moment terrible, avec des &#233;preuves physiques, mais c'est aussi l'occasion d'apprendre et d&#233;couvrir. Ces femmes travaillent, se confrontent &#224; la nature, se lient d'amiti&#233;. Elles ont grandi dans une soci&#233;t&#233; tr&#232;s puritaine et rigoriste, les confinant au foyer, et les voil&#224; soudain dans le monde ext&#233;rieur, actives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comparable &#224; ce qu'exp&#233;rimente Patricia. Avec son enl&#232;vement, elle passe d'une vie tr&#232;s monotone, marqu&#233;e par une &#233;ducation ultra-conservatrice, &#224; la d&#233;couverte d'un pan inconnu de l'Am&#233;rique. Un choc difficilement imaginable. Je m'int&#233;resse &#224; ce basculement, ce moment o&#249; tout se brise en s'&#233;clairant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;vitez tout manich&#233;isme : les r&#233;volutionnaires tentent aussi d'imposer un destin &#224; cette &#171; &lt;i&gt;jeune fille&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;prise en tenaille entre des hommes qui en r&#233;clament tous la propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant son enl&#232;vement, Patricia Hearst est dans une situation o&#249; on lui impose une vision du monde. Quand elle &#233;chappe &#224; ce destin trac&#233;, les hommes l'entourant cherchent &#224; la reprogrammer. Les membres de la SLA, d'abord. Puis sa famille, ses avocats lors du proc&#232;s. On ne lui laisse aucune chance de penser par elle-m&#234;me. C'est aussi pour cela que l'approche romantique de son cas est une aberration. J'ai en horreur cette image fantasm&#233;e de la femme arm&#233;e, qu'on retrouve souvent mise en avant, notamment chez les hommes. La c&#233;l&#232;bre photo o&#249; Patricia pose devant le logo de la SLA, M-16 en mains et b&#233;ret sur la t&#234;te, est &#224; mes yeux une forme de d&#233;possession impos&#233;e. Elle devient un clich&#233;, une image li&#233;e au d&#233;lire militariste du groupe, qui s'en sert comme image de propagande. De m&#234;me, les journaux de son p&#232;re l'utilisent pour faire grimper les ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans vos premiers ouvrages, les personnages f&#233;minins trouvaient une forme de lib&#233;ration. Mais vos deux derniers livres mettent en sc&#232;ne des jeunes filles contraintes : Nadia Comaneci dans &lt;i&gt;La Petite communiste qui ne souriait jamais&lt;/i&gt;, puis Patty Hearst et les captives&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que je me focalise sur des destins emp&#234;ch&#233;s. Ce n'&#233;tait pas le cas dans mon premier roman, Une fi&#232;vre impossible &#224; n&#233;gocier, o&#249; l'&#233;chappatoire se situait au sein d'une communaut&#233; de pens&#233;e confin&#233;e : les milieux autonomes et antifascistes. Cela renvoyait &#224; ma propre histoire, &#224; des rencontres qui ont chang&#233; ma vie et m'ont fait d&#233;couvrir la force du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, ni Nadia Comaneci ni Patty Hearst ne sont des militantes. Elles n'ont pas &#233;t&#233; &#171; alert&#233;es &#187;, mais plong&#233;es sans d&#233;fense dans un tsunami, la premi&#232;re &#224; 14 ans, la seconde &#224; 19. Tout sauf simple. Ce sont justement ces destins se construisant dans la difficult&#233;, avec un c&#244;t&#233; caboss&#233;, qui m'int&#233;ressent. C'est particuli&#232;rement frappant pour Patty Hearst, qui ouvre les yeux sur la brutalit&#233; du syst&#232;me am&#233;ricain, de fa&#231;on tr&#232;s violente. Sa m&#232;re va jusqu'&#224; porter son deuil alors qu'elle est vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elle suscite aussi un courant de sympathie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'on voit &#224; quel point il s'agissait d'une autre &#233;poque, plus libertaire. La queue de com&#232;te des ann&#233;es 1970. Difficile d'imaginer aujourd'hui une personne prenant les armes contre la soci&#233;t&#233; dans laquelle elle vit et suscitant un enthousiasme massif chez les jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son cas, il y a eu des complicit&#233;s. En cavale, elle a le FBI aux trousses, mais personne ne la livre. &#192; l'image de ce jeune automobiliste que la SLA force &#224; faire le chauffeur. Une fois lib&#233;r&#233;, il n'en parle &#224; personne &#8211; il est juste ravi d'avoir aid&#233;. Pour lui c'est un &#233;v&#233;nement joyeux : il a crois&#233; Patty Hearst !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre roman met aussi en sc&#232;ne des personnages fictionnels moins tonitruants, tels que la jeune et discr&#232;te Violaine...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Violaine se construit elle aussi dans la difficult&#233;, mais diff&#233;remment. Elle manifeste son mal-&#234;tre par son corps, lentement anorexique. C'est une fille de la petite bourgeoisie qui d&#233;couvre soudain qu'il existe autre chose que son univers provincial. Une histoire banale autant que violente, car elle est bouscul&#233;e en profondeur par sa rencontre avec Gene Eveva et l'histoire de Patty Hearst. J'ai beaucoup d'affection pour les gens qui, &#224; l'instar de Violaine, ont un chemin combatif mais discret. La t&#233;nacit&#233; plus que l'&#233;clat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tribunal de Paris, Cit&#233;, jeudi 31 janvier 2014</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Tribunal-de-Paris-Cite-jeudi-31</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Tribunal-de-Paris-Cite-jeudi-31</guid>
		<dc:date>2014-04-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>jeune homme</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
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		<dc:subject>Peut-&#234;tre</dc:subject>
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		<dc:subject>Najib qu'ils</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Najib a 18 ans, ou peut-&#234;tre 21, cela d&#233;pend de celui qui le lui demande. Le 14 janvier dernier, dans le m&#233;tro, il essaie de chourer un smartphone. Sans succ&#232;s. Son propri&#233;taire, un homme de 54 ans, n'a rien laiss&#233; passer et Najib, non content de quitter la rame bredouille, se fait interpeller par des policiers en civil pr&#233;sents dans la station, direction le commissariat. Sur place, le jeune homme reconna&#238;t avoir tent&#233; de prendre des mains le t&#233;l&#233;phone du voyageur mais refuse de donner son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeune-homme" rel="tag"&gt;jeune homme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Peut-etre" rel="tag"&gt;Peut-&#234;tre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Najib-qu-ils" rel="tag"&gt;Najib qu'ils&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Najib a 18 ans, ou peut-&#234;tre 21, cela d&#233;pend de celui qui le lui demande. Le 14 janvier dernier, dans le m&#233;tro, il essaie de chourer un smartphone. Sans succ&#232;s. Son propri&#233;taire, un homme de 54 ans, n'a rien laiss&#233; passer et Najib, non content de quitter la rame bredouille, se fait interpeller par des policiers en civil pr&#233;sents dans la station, direction le commissariat. Sur place, le jeune homme reconna&#238;t avoir tent&#233; de prendre des mains le t&#233;l&#233;phone du voyageur mais refuse de donner son ADN et ses empreintes digitales aux fichiers de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur de permanence, rong&#233; par la routine ou pressentant que la R&#233;publique est en danger, d&#233;cide de faire juger le jeune homme dans les plus brefs d&#233;lais. Najib passe donc en comparution imm&#233;diate, le lendemain des faits, pour tentative de vol et refus de pr&#233;l&#232;vement. Comme la loi l'y autorise, Najib pr&#233;f&#232;re ne pas &#234;tre jug&#233; tout de suite afin de pr&#233;parer sa d&#233;fense avec son avocat. L'audience du jugement est fix&#233;e au 31 janvier, deux semaines plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Lors de votre pr&#233;c&#233;dente interpellation&lt;/i&gt;, entame le juge, &lt;i&gt;vous avez dit &#234;tre n&#233; en 93 ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, la raison c'est que je ne voulais pas aller en prison pour mineur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;On nous en fait beaucoup ici&lt;/i&gt;, rigole le juge,&lt;i&gt; mais jamais celle la&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;C'est la meilleure !&lt;/i&gt; s'esclaffe la procureure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous &#234;tes arriv&#233; en France en 2009, est-ce que vous travaillez ?&lt;/i&gt; interroge le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je suis peintre en b&#226;timent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous &#234;tes mineur et vous travaillez !?&lt;/i&gt; reprend ironiquement le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, au noir&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Najib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je veux bien croire qu'on emploie des travailleurs au noir mais mineur j'en doute&#8230;&lt;/i&gt; conclut, avec une (feinte) ing&#233;nuit&#233;, le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant sans doute d&#233;j&#224; pris sa d&#233;cision, le magistrat demande au jeune homme s'il a des probl&#232;mes de sant&#233;, comme cela se fait g&#233;n&#233;ralement apr&#232;s l'annonce d'une condamnation &#224; la prison ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui je suis suivi par un psychiatre depuis 2012, suite &#224; une d&#233;cision de justice.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saura rien du probl&#232;me psychiatrique de Najib, rien de son pays d'origine, pourquoi il l'a fui, pas plus sur sa situation matrimoniale, s'il a des enfants ou non, un domicile ou non, les &#233;tudes qu'il a pu faire et m&#234;me son casier judiciaire restera &#171; non identifi&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Il y a eu presque violence car il a tent&#233; &#224; plusieurs reprises d'arracher le t&#233;l&#233;phone des mains de son propri&#233;taire, de plus il est en r&#233;cidive et a refus&#233; de se soumettre au pr&#233;l&#232;vement ADN et au relev&#233; signal&#233;tique.&lt;/i&gt; &#187; Elle demande six mois de prison ferme et le maintien en d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat qui, comme on l'a vu, a b&#233;n&#233;fici&#233; th&#233;oriquement de deux semaines pour pr&#233;parer la d&#233;fense plie sa plaidoirie en une minute trente chrono : &#171; &lt;i&gt;Mon client se trouve en &#233;tat de besoin&#8230; il a fait une simple tentative de vol&#8230; il regrette les faits qui lui sont reproch&#233;s&#8230; il est jeune et pas tr&#232;s intelligent&#8230; Je plaide votre cl&#233;mence pour mon client.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre retir&#233;s pour d&#233;lib&#233;rer, les juges annoncent &#224; Najib qu'ils le jugent coupable des faits qui lui sont reproch&#233;s, qu'ils ne retiennent pas l'accusation de r&#233;cidive et qu'il va passer tout de m&#234;me 6 mois ferme en taule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juge moqueur, procureur qui exag&#232;re, avocat nul, jugement pli&#233; avant l'audience, Najib, jeune exil&#233; sans un rond avec des difficult&#233;s psychiatriques, s'est fait &#233;craser par le rouleau compresseur d'une justice &#224; la cha&#238;ne. Elle a d&#233;fendu la soci&#233;t&#233; en continuant d'entreposer &#224; l'ombre de la R&#233;publique une grande quantit&#233; de haine recuite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;121</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-breves-du-no121</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Les-breves-du-no121</guid>
		<dc:date>2014-04-19T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>dor&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>tribunal correctionnel</dc:subject>
		<dc:subject>Emmanuel Giboulot</dc:subject>
		<dc:subject>Flavescence dor&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Giboulot</dc:subject>
		<dc:subject>n'existent</dc:subject>
		<dc:subject>pucer</dc:subject>
		<dc:subject>Clio Almansa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Flavescence dor&#233;e Le 7 avril, Emmanuel Giboulot est sorti du tribunal correctionnel de Dijon (C&#244;te-d'Or) sous les vivats de son comit&#233; de soutien. Victoire ? Pas vraiment. L'amende inflig&#233;e par les juges est de 1 000 euros. Vigneron pratiquant la biodynamie, Giboulot est pass&#233; outre un arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral ordonnant de traiter les vignes avec un insecticide cens&#233; &#233;radiquer la flavescence dor&#233;e, maladie bact&#233;rienne. &#171; On sous-entend dans cette d&#233;cision que l'arr&#234;t&#233; est justifi&#233;, motiv&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/doree" rel="tag"&gt;dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tribunal-correctionnel" rel="tag"&gt;tribunal correctionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emmanuel-Giboulot" rel="tag"&gt;Emmanuel Giboulot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Flavescence-doree" rel="tag"&gt;Flavescence dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Giboulot" rel="tag"&gt;Giboulot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-existent" rel="tag"&gt;n'existent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pucer" rel="tag"&gt;pucer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Clio-Almansa" rel="tag"&gt;Clio Almansa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Flavescence dor&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 7 avril, Emmanuel Giboulot est sorti du tribunal correctionnel de Dijon (C&#244;te-d'Or) sous les vivats de son comit&#233; de soutien. Victoire ? Pas vraiment. L'amende inflig&#233;e par les juges est de 1 000 euros. Vigneron pratiquant la biodynamie, Giboulot est pass&#233; outre un arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral ordonnant de traiter les vignes avec un insecticide cens&#233; &#233;radiquer la flavescence dor&#233;e, maladie bact&#233;rienne. &#171; &lt;i&gt;On sous-entend dans cette d&#233;cision que l'arr&#234;t&#233; est justifi&#233;, motiv&#233; par l'urgence, alors que la maladie n'est pas pr&#233;sente&lt;/i&gt; &#187;, s'insurge le r&#233;calcitrant. Chez la partie adverse, satisfaite du jugement, on d&#233;nonce une position &#171; &lt;i&gt;id&#233;ologique&lt;/i&gt; &#187;. Alors que, &#233;videmment, la chimie jusque dans nos verres serait juste une question de bon sens paysan !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Y a des flammes dans la garrigue &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH463/actu-fn-119-9-f4cb3.jpg?1779603681' width='400' height='463' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faut pas pucer &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les brebis qui n'existent pas font-elles des crottes virtuelles ?&lt;/i&gt; &#187;, s'interroge le collectif &lt;a href=&#034;http://contreinfo7.internetdown.org/spip.php?article160&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas pucer&lt;/a&gt;, qui soutient le combat de deux &#233;leveurs du Tarn, sanctionn&#233;s pour s'&#234;tre refus&#233;s &#224; mettre &#171; &lt;i&gt; la radio en boucle&lt;/i&gt; &#187; dans les oreilles de leurs b&#234;tes. Du coup, celles-ci n'existent plus pour l'administration. Le 27 mars, onze brebis fictives s'en sont all&#233;es occuper les bureaux de la direction d&#233;partementale des Territoires, peupl&#233;e de vrais-faux bureaucrates qui n'existent pas et qui pourtant appliquent le r&#232;glement. Le r&#232;glement, c'est de pucer &#233;lectroniquement des animaux, de balancer des pesticides &#224; tour de bras dans la nature et de recevoir des primes pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faut pas pousser&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, un jeune sur deux est sans emploi. Dipl&#244;m&#233;e en Tourisme, Clio Almansa, jeune ch&#244;meuse catalane, &#233;tait pr&#234;te &#224; vendre des aspirateurs au porte-&#224;-porte. &#192; l'issue des trois jours d'un stage de s&#233;lection un peu sp&#233;cial auquel elle participait, un dirigeant d'Ecoline, entreprise install&#233;e en banlieue de Barcelone, harangua les quarante candidats au poste de vendeur en brandissant un billet de 50 euros : &#171; &lt;i&gt;Le premier qui l'attrape aura le job, et ceci sera une avance sur son premier salaire.&lt;/i&gt; &#187; Prise dans l'avalanche de ses concurrents, Clio tomba et fut pi&#233;tin&#233;e. R&#233;sultat : une vert&#232;bre cass&#233;e. La jeune fille a port&#233; plainte, la bo&#238;te a mis la cl&#233; sous la porte et, deux ans plus tard, la justice devrait dire s'il y a eu abus de pouvoir. Ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Patrick est magique !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Patrick Mennucci, candidat malheureux &#224; la mairie de Marseille, n'entend pas endosser seul la responsabilit&#233; de sa d&#233;faite. Reprenant l'explication de sa cons&#339;ur du PS, Samia Ghali, c'est surtout la faute au mariage pour tous, et donc indirectement &#224; la revendication d'&#233;galit&#233; des droits des homosexuels, si la &#171; g&#244;che &#187; a pris une d&#233;culott&#233;e historique au profit du FN lors des municipales. Son analyse post-&#233;lectorale, d'un manich&#233;isme sans pareil, met en cause le rejet de la r&#233;forme par une bonne partie de la population musulmane, qui a pr&#233;f&#233;r&#233; s'abstenir. Heureusement que les Roms et les V&#233;nusiens n'ont pas le droit de vote, sinon&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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