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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La fabrique des apparences est politique &#187;</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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&lt;p&gt;D&#232;s l'enfance, le v&#234;tement d&#233;termine les normes des genres : aux filles, les jupettes roses ; aux gar&#231;ons, les shorts bleus. Il est donc un reflet id&#233;al des rapports de domination &#224; diverses &#233;poques, ainsi qu'un enjeu majeur des luttes f&#233;ministes. L'historienne Christine Bard, professeure d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233; d'Angers et pr&#233;sidente de l'association Archives du f&#233;minisme, a ainsi publi&#233; en 2010 une histoire politique du pantalon et Ce que soul&#232;ve la jupe : identit&#233;s, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/phenomene-relativement" rel="tag"&gt;ph&#233;nom&#232;ne relativement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s l'enfance, le v&#234;tement d&#233;termine les normes des genres : aux filles, les jupettes roses ; aux gar&#231;ons, les shorts bleus. Il est donc un reflet id&#233;al des rapports de domination &#224; diverses &#233;poques, ainsi qu'un enjeu majeur des luttes f&#233;ministes. L'historienne Christine Bard, professeure d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233; d'Angers et pr&#233;sidente de l'association Archives du f&#233;minisme, a ainsi publi&#233; en 2010 une &lt;i&gt;histoire politique du pantalon&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Ce que soul&#232;ve la jupe : identit&#233;s, transgressions, r&#233;sistances&lt;/i&gt;, qui prolongeaient son essai sur &lt;i&gt;Les Gar&#231;onnes &#8212; mode et fantasmes des Ann&#233;es folles&lt;/i&gt;, r&#233;&#233;dit&#233; cet automne chez Autrement. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les femmes portent des robes &#224; fleurs roses, les mecs se fringuent comme des croque-morts : les normes vestimentaires en vigueur jusqu'aux ann&#233;es 1960, et les assignations de genre qu'elles supportent et prolongent jusqu'&#224; nos jours, sont un ph&#233;nom&#232;ne relativement r&#233;cent &#224; l'&#233;chelle de l'histoire, reflet des bouleversements politiques et sociaux de la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Tel est du moins ce que montre l'historienne Christine Bard dans une &lt;i&gt;histoire politique du pantalon &lt;/i&gt;(Seuil) et &lt;i&gt;Ce que soul&#232;ve la jupe&lt;/i&gt; (Autrement), tous deux parus en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement est un &#171; Ancien R&#233;gime &#187; vestimentaire o&#249;, si les hommes sont commis au v&#234;tement ferm&#233; &#224; l'entrejambe, plus pratique, et les femmes aux robes et jupons ouverts, moins moulants, les unes comme les autres sont autoris&#233;s &#224; rechercher le plaisir et la fantaisie des couleurs, des formes et des textures. Avec la R&#233;volution fran&#231;aise, fini de rigoler, m&#234;me un peu : la figure du &#171; sans-culotte &#187;, c'est-&#224;-dire de l'ouvrier en pantalon, symbolise la citoyennet&#233; nouvellement acquise ; en m&#234;me temps que les femmes sont priv&#233;es de droits politiques, la loi leur interdit le port du pantalon. C'est que le citoyen respectable &#8211; prolo comme bourgeois &#8211; bosse au lieu de zoner dans les boutiques. D&#232;s lors, le moindre &#233;cart &#224; la norme est une transgression : rares sont les femmes qui se risquent &#224; porter le pantalon, avec ou sans l'autorisation des cond&#233;s, et encore plus rares, les hommes qui empruntent au vestiaire f&#233;minin. Le v&#234;tement illustre donc &#224; la perfection les rapports de domination en vigueur &#224; diff&#233;rentes &#233;poques &#8211; raison pour laquelle nous avons demand&#233; &#224; Christine Bard&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui revient sur l'ensemble de sa trajectoire dans un recueil d'entretiens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de nous en dire un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les diff&#233;rentes vagues f&#233;ministes co&#239;ncident, &#224; chaque &#233;poque, avec des modes vestimentaires tr&#232;s diff&#233;rentes. Quel regard portent les mouvements f&#233;ministes sur le v&#234;tement ? Le port du pantalon, par exemple, fait-il consensus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les f&#233;minismes ont toujours &#233;t&#233; diversifi&#233;s. Plus ils sont radicaux, plus ils sont attir&#233;s par la critique de la norme vestimentaire et cr&#233;ateurs de propositions nouvelles. Pour la premi&#232;re vague &lt;i&gt;[fin XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, d&#233;but XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle]&lt;/i&gt;, on peut penser &#224; Hubertine Auclert, Asti&#233; de Valsayre ou Madeleine Pelletier qui va, la premi&#232;re, th&#233;oriser la n&#233;cessit&#233; politique de la virilisation des femmes. Ces f&#233;ministes s'approprient &#224; des degr&#233;s divers la masculinit&#233; vestimentaire, jusqu'au pantalon, symbole le plus &#233;clatant de la virilit&#233; et du pouvoir. Mais cela ne va pas de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait d&#233;bat, c'est ce que le psychologue anglais John Carl Fl&#252;gel a appel&#233; dans les ann&#233;es 1930 &lt;i&gt;&#8220;la grande renonciation des hommes &#224; la parure&#8221;&lt;/i&gt;. Les femmes doivent-elles les &#8220;imiter&#8221;, alors que la plupart ressentent la norme vestimentaire f&#233;minine comme un privil&#232;ge esth&#233;tique, source d'un certain pouvoir et pourvoyeur de leur identit&#233; de genre ? La f&#233;ministe r&#233;publicaine Maria Deraismes dit pr&#233;f&#233;rer les couleurs des femmes &#224; l'allure triste des &#8220;hommes en noir&#8221; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me : d&#233;jouer le pi&#232;ge patriarcal qui d&#233;finit le f&#233;minisme comme une pathologie de l'inversion des genres (masculinisation des femmes et f&#233;minisation des hommes). Une fa&#231;on d'ignorer que la demande f&#233;ministe porte, surtout lors de la premi&#232;re vague, avant tout sur l'&#233;galit&#233; des droits. Aussi, de nombreuses f&#233;ministes semblent jouer le jeu de la f&#233;minit&#233; tout en r&#233;clamant un autre statut pour les femmes. Elles veulent montrer que l'on peut &#234;tre f&#233;ministe et f&#233;minine. J'&#233;voque l&#224; un temps dans l'histoire du f&#233;minisme o&#249; la notion de genre est encore peu pr&#233;sente. Pour beaucoup d'entre elles, le pantalon pour les femmes est une excentricit&#233; qui nuit &#224; la cause. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'au milieu du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le pantalon chez les femmes reste l'apanage de personnalit&#233;s marginales, souvent issues des classes sup&#233;rieures, qui transgressaient volontairement les codes. Comment ce choix s'est-il g&#233;n&#233;ralis&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par de nombreuses voies : le sport, la visibilit&#233; de l'homosexualit&#233; f&#233;minine, le travail f&#233;minin dans les usines, l'usine &#224; r&#234;ves qu'est le cin&#233;ma (avec ses stars androgynes des ann&#233;es 1930), la mode cool du jean venue des &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1950, la d&#233;contraction baln&#233;aire avec ses pantalons fluides de plage &#224; la fin des ann&#233;es 1920, ses corsaires moulants dans les ann&#233;es 1950&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est frappant, c'est la subite g&#233;n&#233;ralisation du port du pantalon dans les ann&#233;es 1960, car elle d&#233;montre &#224; elle seule la dimension profond&#233;ment politique de la fabrique des apparences. Dans le contexte de l'effervescence culturelle et politique des &lt;i&gt;sixties&lt;/i&gt;, l'av&#232;nement du pantalon co&#239;ncide notamment avec le droit &#224; la contraception (la pilule, entre autres). Mais aussi avec le port de la minijupe, et l&#224;, cela devient encore plus int&#233;ressant. C'est pourquoi, dans &lt;i&gt;Ce que soul&#232;ve la jupe&lt;/i&gt;, j'ai voulu analyser l'attachement d'une majorit&#233; de femmes &#224; la libert&#233; de choisir, le pantalon ou la jupe, le ferm&#233; ou l'ouvert, le long ou le court, couvrir ou montrer&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement aux apparences, la libert&#233; vestimentaire reste limit&#233;e aujourd'hui...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a l'impression que Mai 68 a d&#233;r&#233;gul&#233; le syst&#232;me vestimentaire et ce n'est pas compl&#232;tement faux. Les contraintes sont moins fortes, comme le montre la disparition du v&#234;tement du dimanche, du v&#234;tement de deuil, du v&#234;tement pour femmes &#226;g&#233;es. Mais les femmes paient cher cette &#8220;libert&#233;&#8221; vestimentaire qu'elles ch&#233;rissent et qui fut si difficilement acquise. Leurs choix sont toujours risqu&#233;s, le plus souvent critiqu&#233;s et limit&#233;s par un fort contr&#244;le social. Car derri&#232;re le v&#234;tement : la sexualit&#233;. L'appropriation sociale du corps des femmes se fait selon des modalit&#233;s diverses, directes ou indirectes, dans la famille ou dans la rue, ou encore dans les m&#233;dias bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travail aussi : je suis frapp&#233;e par la persistance de l'uniforme jupe et talons que pas mal d'entreprises imposent &#224; leurs employ&#233;es. Bien qu'elles en aient le droit, c'est choquant, excluant, p&#233;nible et tr&#232;s sexiste. Les hommes salari&#233;s sont &#233;galement soumis &#224; des contraintes, dont je ne ferai pas l'&#233;quivalent de l'obligation du port d'un v&#234;tement plus ou moins &#233;rotisant. Mais tout de m&#234;me, l'interdiction des bermudas estivaux est, par exemple, &#224; l'origine de plaintes aux prud'hommes et de plusieurs mouvements sociaux allant jusqu'&#224; la gr&#232;ve ou &#224; la protestation par le port de jupes&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En juin 2017, en pleine canicule, des chauffeurs de bus nantais se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour certains de ces protestataires, c'est une mani&#232;re de dire que les femmes seraient privil&#233;gi&#233;es par une possibilit&#233; de choisir que les hommes n'ont pas. On a vu que ce n'est pas toujours le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la jupe masculine est d'ailleurs un r&#233;v&#233;lateur int&#233;ressant des rapports de genre et sans doute annonciateur de transformations &#224; venir. Dans les r&#233;cits des porteurs de jupes, on voit par ordre croissant de difficult&#233; quels sont les espaces sociaux dans lesquels ils &#233;voluent : l'espace intime, en solo, puis en couple, en famille, puis le cercle amical, enfin les sorties dans la rue. Ce qui r&#233;siste, le bastion le plus normatif, c'est le monde du travail. D&#233;fendre le droit des hommes &#224; porter la jupe est pour moi compl&#232;tement dans la logique du combat f&#233;ministe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une interview, Virginie Despentes disait que &#171; &lt;i&gt;les mecs sont vachement lents sur des trucs extr&#234;mement simples : ils sont extr&#234;mement lents &#224; porter des jupes, extr&#234;mement lents &#224; se maquiller, extr&#234;mement lents &#224; se vernir les ongles... &#187;&lt;/i&gt; Partagez-vous ce constat ? Comment l'expliquer ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je le dis avec mes mots d'historienne depuis longtemps : les hommes, avec leur costume, sont englu&#233;s dans un XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle bourgeois qui semble interminable. Ils ont renonc&#233;, sauf dans certaines marges et&lt;i&gt; subcultures&lt;/i&gt;, &#224; des formes d'&#233;rotisation du corps jug&#233;es f&#233;minines et f&#233;minisantes. C'est bien s&#251;r la d&#233;virilisation en tant que perte de pouvoir symbolique qui les retient. Une certaine peur aussi dans une soci&#233;t&#233; qui demeure tr&#232;s normative sur le genre et la sexualit&#233;. Pourtant, l'&#233;galit&#233; passe par le partage du travail de la s&#233;duction et de l'&#233;rotisation des apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des essayistes f&#233;ministes, comme Mona Chollet dans &lt;i&gt;Beaut&#233; fatale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titr&#233; &#171; Les nouveaux visages d'une ali&#233;nation f&#233;minine &#187; et paru en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, insistent &#8211; &#224; juste titre &#8211; sur les aspects oppressifs de nos pratiques. Moi, ce que je veux souligner, aussi, c'est le besoin humain de parure. On s'accorde &#224; dire que le v&#234;tement a trois fonctions : parure, pudeur et protection. Nous en avons tous besoin, mais sous quelles formes ? Les ann&#233;es 1960- 1970 &#233;taient riches d'utopies qui se voulaient lib&#233;ratrices ; elles ont en partie repens&#233; les dosages, contest&#233; l'injonction &#224; la pudeur&#8230; Qu'allons-nous &#234;tre capables d'inventer aujourd'hui, en int&#233;grant par exemple la dimension &#233;cologique ? Pour concr&#233;tiser la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; sur le plan vestimentaire, sans mod&#232;le unique, mais au contraire, en d&#233;fendant l'amour de la diversit&#233; ? Quelle sera la politique vestimentaire des personnes se d&#233;finissant comme non binaires ? La mode non genr&#233;e semble progresser, mais il me semble qu'elle rel&#232;ve surtout pour le moment de l'&#233;tiquetage commercial. Sur le plan formel, rien de nouveau. Mais cela viendra, forc&#233;ment, puisque le syst&#232;me vestimentaire de genre est l'expression de notre syst&#232;me de genre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis plus de dix ans, chaque &lt;i&gt;fashion week&lt;/i&gt; voit annoncer l'adoption prochaine du vestiaire f&#233;minin par les hommes, &#224; commencer par la jupe. Dans les faits, &#224; part un fr&#233;missement en faveur du &lt;i&gt;crop top&lt;/i&gt; masculin, les &#233;volutions sont lentes. La haute couture a-t-elle un r&#244;le &#224; jouer dans la transformation des pratiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les d&#233;fil&#233;s, les mannequins, les couturiers et couturi&#232;res, les magazines de mode jouent un r&#244;le dans le changement. Le syst&#232;me de la mode est tr&#232;s puissant et prescripteur. Il est aussi attentif &#224; de nouvelles tendances et n'est pas totalement indiff&#233;rent aux enjeux de transformation politique tels que le f&#233;minisme, la d&#233;fense des minorit&#233;s de genre, l'&#233;cologie. Il repr&#233;sente un pouvoir consid&#233;rable affectant nos vies et il est bien l&#233;gitime de lui adresser des critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les forces du changement sont aussi du c&#244;t&#233; des marges et des jeunes, depuis le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Un changement vestimentaire majeur ne se produit jamais seul. Une nouvelle configuration des rapports de genre produira forc&#233;ment de nouvelles mani&#232;res de s'habiller. Cela se fera dans un cadre mondialis&#233; tr&#232;s diff&#233;rent du cadre ancien de production des normes. Mais on ne pourra pas faire table rase du pass&#233; pour autant : il est inscrit en nous, pour le meilleur et pour le pire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui revient sur l'ensemble de sa trajectoire dans un recueil d'entretiens paru ce printemps aux Puf, &lt;i&gt;Mon genre d'histoire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En juin 2017, en pleine canicule, des chauffeurs de bus nantais se pr&#233;sentent &#224; l'embauche en jupe pour protester contre l'interdiction du port du bermuda. Ils obtiennent gain de cause, de m&#234;me que les deux chauffeurs de Forbach (Moselle) qui les imitent quelques jours plus tard. Leur exemple est r&#233;guli&#232;rement imit&#233; depuis, en p&#233;riode de forte chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-titr&#233; &#171; Les nouveaux visages d'une ali&#233;nation f&#233;minine &#187; et paru en 2012 chez Zones.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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