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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des exploit&#233;es pas si &#171; d&#233;tach&#233;es &#187;</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 16 mai, les prud'hommes d'Arles jugeaient &#8211; avec d&#233;tachement ? &#8211; les abus de l'agence d'int&#233;rim espagnole Laboral Terra et de huit employeurs du sud-est de la France. Sur d&#233;nonciation de cinq ouvriers agricoles marocains, dont trois femmes. Compte-rendu. Les portes de la salle d'audience restent ouvertes. S'y engouffrent, face aux juges, des militants du comit&#233; de soutien, des syndicalistes CGT, des journalistes, des avocats &#224; foison et cinq plaignants qu'on a press&#233;s comme des citrons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/restent-ouvertes" rel="tag"&gt;restent ouvertes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-audience-restent" rel="tag"&gt;d'audience restent&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Estimez-vous-heureuse" rel="tag"&gt;Estimez-vous heureuse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 16 mai, les prud'hommes d'Arles jugeaient &#8211; avec d&#233;tachement ? &#8211; les abus de l'agence d'int&#233;rim espagnole Laboral Terra et de huit employeurs du sud-est de la France. Sur d&#233;nonciation de cinq ouvriers agricoles marocains, dont trois femmes. Compte-rendu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es portes de la salle d'audience restent ouvertes. S'y engouffrent, face aux juges, des militants du comit&#233; de soutien, des syndicalistes CGT, des journalistes, des avocats &#224; foison et cinq plaignants qu'on a press&#233;s comme des citrons sous les serres et sur les cha&#238;nes d'emballage de la r&#233;gion. Et qui un jour ont dit basta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yasmine et ses coll&#232;gues demandent la requalification de leur contrat en CDI, des rappels sur salaire, des indemnit&#233;s (notamment pour &#171; licenciement sans causes r&#233;elles et s&#233;rieuses &#187;), ainsi que 6 500 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;ts pour &#171; marchandage &#187;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fourniture de main-d'&#339;uvre &#224; but lucratif causant un pr&#233;judice au salari&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et &#171; pr&#234;t illicite de main-d'&#339;uvre &#187;. Fraudes qu'une directive europ&#233;enne semble encourager. Le nombre de &#171; travailleurs d&#233;tach&#233;s &#187; a augment&#233; de 45 % entre 2010 et 2014 dans l'Union, pour atteindre bient&#244;t 2 millions. En France, un demi-million d'entre eux sont employ&#233;s par le BTP, l'agriculture ou l'h&#244;tellerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karima t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Ils nous traitaient moins bien que des animaux.&lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;nonce des journ&#233;es de travail de &#171; &lt;i&gt;neuf heures sans pause, &#224; se cacher dans les toilettes pour manger du sucr&#233; et tenir&lt;/i&gt; &#187;. Les mois d'&#233;t&#233;, ces r&#233;sidentes espagnoles ayant fui la crise de 2008 auraient accumul&#233; 260 heures de travail, soit pas loin du double des 35 heures hebdomadaires. Sans qu'aucune ne soit pay&#233;e en heures suppl&#233;mentaires. P&#233;riodes suivies de mois ch&#244;m&#233;s, avec interruption de contrat sans pr&#233;avis. Le tout pour un salaire allant de 300 &#224; 1 500 &#8364;, souvent pay&#233; tr&#232;s en retard. Sans oublier les retenues pour le logement, le transport, les soins m&#233;dicaux. &#192; noter, enfin, qu'une enqu&#234;te p&#233;nale est en cours pour divers types de harc&#232;lements subis.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Estimez-vous heureuse !&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il ricane (&#171; &lt;i&gt;Cosette&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;) en pianotant sur son smartphone pendant que Karima, en pleurs, raconte les conditions de vie qu'elle a subies de 2012 &#224; 2017, le d&#233;fenseur d'une des entreprises s'empresse de pointer la politisation de l'affaire. &#171; &lt;i&gt;Vous ne devez juger que le droit applicable. Et, quoi qu'on en pense, le droit europ&#233;en permet cela. Si on est m&#233;content, on n'a qu'&#224; voter aux prochaines &#233;lections.&lt;/i&gt; &#187; La petite dizaine d'avocats de la d&#233;fense &#233;change rictus et regards torves &#8211; une brochette digne d'Honor&#233; Daumier &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dessinateur et caricaturiste du XIXe si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Celui de Laboral Terra met en doute la parole des plaignantes : selon lui, rien ne prouve qu'elles vivaient vraiment en France. Au lieu de cong&#233;s pay&#233;s, il parle de &#171; &lt;i&gt;vacaciones&lt;/i&gt; &#187; comme d'une coutume exotique. Et estime que c'est en Espagne que l'affaire devrait &#234;tre jug&#233;e.{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On nous faisait signer une minute avant de pointer, sur un capot de voiture, un contrat espagnol dat&#233; du jour m&#234;me. En une minute, je suis en France&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Je suis Superwoman, ou quoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, ironise Yasmine. Accus&#233;e de favoriser le dumping social, la directive de 1996 a &#233;t&#233; amend&#233;e en 2018, pr&#233;conisant l'&#233;galit&#233; de r&#233;mun&#233;ration. Mais les cotisations sociales restent dues dans le pays d'origine. Voil&#224; pourquoi le charg&#233; de mission de Laboral Terra &#224; Avignon s'est permis de proposer &#224; la troisi&#232;me plaignante, enceinte, de la ramener en Espagne, bien que son compagnon soit r&#233;sident fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yasmine ne se fait pas d'illusion : &#171; &lt;i&gt;Terra Fecundis, une autre bo&#238;te condamn&#233;e, a d&#233;j&#224; chang&#233; de nom. Laboral Terra fera pareil.&lt;/i&gt; &#187; Sentiment partag&#233; par Na&#239;ma, venue en soutien. En 2003, elle a d&#233;nonc&#233; un patron qui la faisait venir du Maroc en contrat saisonnier, puis l'utilisait comme bonne &#224; tout faire chez lui. Au bout de seize ans de proc&#233;dures, elle a obtenu qu'il soit condamn&#233; pour, entre autres, faux en &#233;criture et travail dissimul&#233;. Avec, pour elle, 27 000 &#8364; d'indemnisations. Quand elle a l&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de justice&lt;/i&gt; &#187;, sa juge lui a r&#233;torqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Estimez-vous heureuse, Madame, gr&#226;ce &#224; &#231;a vous avez eu vos papiers.&lt;/i&gt; &#187; Na&#239;ma a raison : pas de justice, juste des marchands de tapis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision sera rendue le 4 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;cision finalement report&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce jeudi 4 juillet, le conseil de prud'hommes d'Arles a finalement annonc&#233; le report &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt; de sa d&#233;cision. Les quatre juges n'ayant pas r&#233;ussi &#224; se d&#233;partager, le dossier sera replaid&#233; devant un cinqui&#232;me juge d'instance, a pr&#233;cis&#233; &#224; l'AFP M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bernard Petit, avocat d'une des plaignantes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C. R.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fourniture de main-d'&#339;uvre &#224; but lucratif causant un pr&#233;judice au salari&#233; en &#233;ludant ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dessinateur et caricaturiste du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Royaume-Uni : Working class zero</title>
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		<dc:date>2015-07-22T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Sans&#233;au</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>contrat</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le must de l'&#233;conomie d&#233;r&#233;gul&#233;e ? Le &#171; zero hour contract &#187; (contrat &#171; z&#233;ro heure &#187;) britannique, qui prive 700 000 salari&#233;s britanniques de la garantie d'une dur&#233;e minimale de travail. Le mythe de la flexibilit&#233;, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi par les &#233;lites politiques, entretient une r&#233;gression sociale que le nouveau gouvernement Cameron soutient avec une poigne de fer. Z&#233;ro&#8230; point&#233; ! &#171; Ce mois-ci, je dois choisir entre payer mon loyer et ma facture d'eau. &#187; La ligne t&#233;l&#233;phonique pourrie qui vous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;133 (juin 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/telephonique-pourrie" rel="tag"&gt;t&#233;l&#233;phonique pourrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le must de l'&#233;conomie d&#233;r&#233;gul&#233;e ? Le &#171; &lt;i&gt;zero hour contract&lt;/i&gt; &#187; (contrat &#171; z&#233;ro heure &#187;) britannique, qui prive 700 000 salari&#233;s britanniques de la garantie d'une dur&#233;e minimale de travail. Le mythe de la flexibilit&#233;, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi par les &#233;lites politiques, entretient une r&#233;gression sociale que le nouveau gouvernement Cameron soutient avec une poigne de fer. Z&#233;ro&#8230; point&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce mois-ci, je dois choisir entre payer mon loyer et ma facture d'eau.&lt;/i&gt; &#187; La ligne t&#233;l&#233;phonique pourrie qui vous relie &#224; Fran, 25&#8200;ans, a au moins laiss&#233; sa col&#232;re intacte. C'est que la serveuse d'un de ces innombrables bars du quartier &#233;tudiant de Manchester, nord-ouest de l'Angleterre, est encha&#238;n&#233;e depuis six mois &#224; son contrat z&#233;ro heure, sans garantie de salaire fixe. Six mois de n&#233;gociations permanentes avec son patron &#171; &lt;i&gt;pour demander plus d'heures&lt;/i&gt; &#187; et voir s'&#233;vanouir, au bout du compte, la vie promise aux &#171; &lt;i&gt;gens qui travaillent dur&lt;/i&gt; &#187; par les &#233;lites&#8200;politiques de tous bords. Au XIXe&#8200;si&#232;cle, les dockers londoniens attendaient chaque matin qu'un contrema&#238;tre les fasse d&#233;charger les marchandises ; Fran, elle, attend chaque semaine le coup de fil qui l'enverra au turbin. &#171; &lt;i&gt;Il me faut entre 20 et 30&#8200;heures par semaine pour tenir&lt;/i&gt;, ajoute-t-elle. &lt;i&gt;En dessous, &#231;a devient quasi impossible. C'est tr&#232;s stressant, je me bats chaque semaine avec mon manager pour arriver, &#224; la fin du mois, &#224; payer mon loyer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/p04-zero-heure-copie-a6b82.jpg?1768655014' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; par la loi sur l'emploi de 1996, l'usage du &#171; &lt;i&gt;zero hour contract&lt;/i&gt; &#187; a pris des proportions pand&#233;miques depuis 2008. Tandis qu'il stagnait &#224; environ 150 000 personnes au lendemain de la crise financi&#232;re, il a plus que quadrupl&#233; sous la coalition conservatrice de David Cameron pour concerner aujourd'hui environ 700 000&#8200;Britanniques. Les estimations de l'Office for national statistics (ONS) &#233;voquent principalement des jeunes et des &#233;tudiants, r&#233;partis pour une &#233;crasante majorit&#233; en Angleterre, lesquels seraient en outre contraints d'en cumuler plusieurs &#224; la fois : l'institut &#233;tablissait &#224; 1,8&#8200;million le nombre de ces contrats en 2014. En 2013, &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;lait que 90 % du personnel de McDonalds, plus grande franchise de &lt;i&gt;fast food&lt;/i&gt; du royaume, roulait au contrat z&#233;ro heure. Ainsi le secteur de la restauration s'est-il pendant longtemps distingu&#233; comme le grand sp&#233;cialiste des emplois pr&#233;caires, mais ils concernent d&#233;sormais aussi des m&#233;tiers &#224; plus hauts niveaux de qualification : &#233;ducation, sant&#233;, services sociaux et m&#234;me l'industrie caritative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils se d&#233;barrassent de toi d&#232;s qu'ils le souhaitent&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La virulente &#233;ditocratie conservatrice semble avoir eu autant raison du Labour Party que de toute excroissance anti-lib&#233;rale, et ce prototype de r&#233;gression sociale s'est impos&#233; &#224; marche forc&#233;e. Il soul&#232;ve d&#233;sormais &#8211; tout au plus &#8211; des soupirs d'exasp&#233;ration. &#192; croire que le sacre de la &#171; flexibilit&#233; &#187; du travail ferait passer n'importe quelle paire de menottes pour un mal n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; l'&#233;poque, je ne savais pas ce qu'&#233;tait un contrat z&#233;ro heure&lt;/i&gt; &#187;, explique Jack, 24 ans. Voil&#224; quelques semaines qu'il a quitt&#233; son boulot dans une entreprise de nettoyage de Manchester&#8230; pour un autre, non d&#233;clar&#233;. Apr&#232;s six mois de ch&#244;mage, la pression de son &#171; conseiller emploi &#187; (Job Center) l'aurait pr&#233;cipit&#233; vers n'importe quel job. &#171; &lt;i&gt;En fait, on m'a fait signer un contrat en me disant : &#8220;Si on a des heures, on te les donnera.&#8221; Au d&#233;but, je travaillais autour de 40&#8200;heures par semaine, &#231;a se passait plut&#244;t bien, mais j'avais remarqu&#233; que j'&#233;tais trait&#233; diff&#233;remment de mes coll&#232;gues en contrats fixes. Il y a toujours cette menace qui plane de ne pas te donner tes heures. Les managers te r&#233;p&#232;tent en permanence que tu dois t'am&#233;liorer, &#8220;faire tes preuves&#8221;, et qu'ils finiront bien par te donner un contrat moins pr&#233;caire. Ils m'ont endormi avec &#231;a pendant 6&#8200;mois, et c'&#233;taient les m&#234;mes promesses vides pour tout le monde. Au bout d'un certain temps, ma relation avec mon sup&#233;rieur s'est d&#233;grad&#233;e et il m'a fait comprendre qu'il ne voulait plus de moi. Les heures ont commenc&#233; &#224; chuter, de 40 &#224; 20, puis 10 par semaine. &#192; partir de ce moment-l&#224;, j'ai commenc&#233; &#224; gal&#233;rer &#224; payer mon loyer, mes factures, etc. C'&#233;tait clairement une punition pour ne pas avoir de bonnes relations avec lui, un moyen de me mettre &#224; la porte sans me virer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat peut donc disposer d'une main-d'&#339;uvre exploitable &#224; merci, et le salaire minimum (6,5&#8200;livres de l'heure, soit environ 9&#8200;euros) s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; en norme avec les contrats z&#233;ro heure. Sans compter que ni les cong&#233;s pay&#233;s ni les indemnit&#233;s en cas de maladie ne sont garantis. Jack, lui, estimait &#234;tre &#171; &lt;i&gt;bien pay&#233; ! 8 livres de l'heure&#8230; Mais pendant mon contrat, j'ai &#233;t&#233; hospitalis&#233; 4&#8200;jours et je n'ai re&#231;u aucune r&#233;mun&#233;ration. Apr&#232;s &#231;a, ils ont refus&#233; de me faire revenir pendant quinze jours pour des questions d'assurance. Disgusting.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe ! La machine politico-m&#233;diatique persiste &#224; remercier l'extr&#234;me flexibilit&#233; du travail pour avoir acc&#233;l&#233;r&#233; la chute du ch&#244;mage &#224; 5,7&#8200;%. Quelques semaines avant les l&#233;gislatives de mai dernier, les &#233;lecteurs britanniques pouvaient, par exemple, voir un pr&#233;sentateur vedette de la BBC donner une le&#231;on de morale &#224; une d&#233;put&#233;e travailliste : comment s'en sortiraient les &#233;tudiants pour financer leurs &#233;tudes sans ces petits jobs&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La dette moyenne d'un dipl&#244;m&#233; britannique pour rembourser ses &#233;tudes s'&#233;l&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? M&#234;me Edward Miliband, leader d&#233;chu du Labour Party qui d&#233;non&#231;ait pourtant &#171; &lt;i&gt;des conditions de travail dignes de l'&#233;poque victorienne&lt;/i&gt; &#187; avait refus&#233; de bannir les contrats z&#233;ro heure, pour seulement en r&#233;duire la dur&#233;e maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe de la flexibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai dernier, un rapport de l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) d&#233;montrait le poids &#233;crasant des contrats pr&#233;caires dans la chute du ch&#244;mage britannique, et leur impact sur la polarisation des revenus qui fait, petit &#224; petit, dispara&#238;tre la classe moyenne. La r&#233;cente r&#233;&#233;lection des conservateurs, d&#233;sormais d&#233;barrass&#233;s de leurs partenaires de coalition lib&#233;raux d&#233;mocrates, a r&#233;duit &#224; n&#233;ant tout espoir de contr&#244;le des contrats z&#233;ro heure. Ils ont seulement promis d'interdire les clauses d'exclusivit&#233; utilis&#233;es par certaines entreprises pour emp&#234;cher leurs salari&#233;s de cumuler plusieurs emplois. C'est donc sans surprise que, en avril dernier, le secr&#233;taire d'&#201;tat au Travail et des Retraites, Iain Duncan Smith, affirmait, telle une Marie Antoinette, vouloir les rebaptiser &#171; &lt;i&gt;contrats &#224; heures flexibles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, &#171; &lt;i&gt;les contrats z&#233;ro heure sont plus inflexibles qu'aucun autre contrat&lt;/i&gt;, affirme Fran, &lt;i&gt;la jeune serveuse de Manchester. C'est-&#224;-dire que tu ne peux rien pr&#233;voir &#224; l'avance, ni un week-end, ni tes vacances, parce que tu dois &#234;tre disponible 7 jours sur 7. C'est scandaleux que les politiciens r&#233;p&#232;tent que cette pseudo-flexibilit&#233; avantage les employ&#233;s : c'est exactement l'inverse. On s'imagine que ces contrats sont plut&#244;t b&#233;n&#233;fiques parce que tu te retrouves avec du temps libre en journ&#233;e, mais en fait tu dois te tenir pr&#234;t &#224; aller au travail d&#232;s que ton manager t'appelle. Cette flexibilit&#233;, c'est une blague. Ce dont j'ai besoin, c'est de savoir quand je travaille et quand je ne travaille pas, &#224; l'avance ! Avec ce genre de contrat, c'est quasi impossible, il donne juste le droit &#224; ton boss de se d&#233;barrasser de toi d&#232;s qu'il le souhaite.&lt;/i&gt; &#187; En contrepartie ? &#171; &lt;i&gt;Rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les conservateurs s'appr&#234;tent &#224; r&#233;duire les d&#233;penses sociales de 12&#8200;milliards de livres d'ici 2018, une enqu&#234;te de l'association Citizens Uk d&#233;montrait en avril dernier que la culture du bas salaire fait d&#233;bourser chaque ann&#233;e 11&#8200;milliards de livres &#224; l'&#201;tat en allocations de travail. La violence d&#233;ploy&#233;e &#224; l'encontre des classes populaires et les privil&#232;ges accord&#233;s aux plus riches sont quotidiennement masqu&#233;s derri&#232;re la &#171; &lt;i&gt;lutte contre la fraude aux allocations sociales&lt;/i&gt; &#187; et un discours politique de plus en plus x&#233;nophobe. Cinq ann&#233;es suppl&#233;mentaires de gouvernement Cameron, tout aussi radical que la Dame de fer, n'augurent rien de moins qu'une catastrophe sociale organis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La dette moyenne d'un dipl&#244;m&#233; britannique pour rembourser ses &#233;tudes s'&#233;l&#232;ve &#224; 40 000 livres, soit environ 60 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>PPP : Le stade terminal du partenariat profit-profit</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Main basse sur le foot pour des stades qui co&#251;tent les yeux de la t&#234;te. Des &#233;quipements publics capt&#233;s par des jeux d'actionnaires. En juin, le stade du Mans n'a accueilli qu'un seul match, de foot f&#233;minin. En mai, une chasse aux &#339;ufs de P&#226;ques pour 200 gamins, devant les tribunes vides. Con&#231;u pour la ligue 1, livr&#233; en 2011 mais priv&#233; d'&#233;quipe pro deux ans apr&#232;s, le stade cherche &#224; limiter la casse apr&#232;s la faillite du club, finalement r&#233;trograd&#233; en division d'honneur amateur, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mans" rel="tag"&gt;Mans&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Main basse sur le foot pour des stades qui co&#251;tent les yeux de la t&#234;te. Des &#233;quipements publics capt&#233;s par des jeux d'actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin, le stade du Mans n'a accueilli qu'un seul match, de foot f&#233;minin. En mai, une chasse aux &#339;ufs de P&#226;ques pour 200 gamins, devant les tribunes vides. Con&#231;u pour la ligue 1, livr&#233; en 2011 mais priv&#233; d'&#233;quipe pro deux ans apr&#232;s, le stade cherche &#224; limiter la casse apr&#232;s la faillite du club, finalement r&#233;trograd&#233; en division d'honneur amateur, l'&#233;quivalent de la 6e division. Le grand gagnant reste Vinci qui a construit le stade en PPP, partenariat public priv&#233;, et le g&#232;re pour 35 ans. Une fois le club pro (qui devait assurer la moiti&#233; des recettes) en d&#233;route, le groupe de BTP a r&#233;clam&#233; &#224; la collectivit&#233; locale le manque &#224; gagner pr&#233;vu par contrat. Clause pour &#171; al&#233;a sportif &#187;, loyer d&#251; : la contribution &#224; rallonge de la ville monte &#224; 3,4 millions d'euros par an. Et Vinci peut r&#233;silier &#224; tout moment le contrat de cette &#171; cath&#233;drale vide &#187;, en exigeant une compensation financi&#232;re, dont le montant reste un sujet de pol&#233;mique. &#201;chec patent d'un stade surdimensionn&#233; pour une &#233;quipe sans stabilit&#233; au haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/foot-parpaing-441f6.jpg?1768660607' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surco&#251;t d&#232;s le d&#233;part&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Marseille, la r&#233;novation du stade V&#233;lodrome, pass&#233; de 50 000 &#224; 67 000 places, &#171; &lt;i&gt;exc&#232;de largement les besoins habituels de la ville et m&#234;me les imp&#233;ratifs de l'Euro 2016&lt;/i&gt; &#187; selon la chambre r&#233;gionale des comptes qui juge le montage financier trois fois plus cher qu'un emprunt bancaire direct. Et la place cr&#233;&#233;e &#224; Marseille est deux fois plus ch&#232;re qu'au nouveau stade de Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Bordeaux, justement, le stade construit en PPP (Partenariat public-priv&#233;) par le tandem Vinci-Fayat affronte un recours g&#234;nant, engag&#233; devant le tribunal administratif par le PS local, arguant que Jupp&#233; a tromp&#233; les &#233;lus en rabotant de moiti&#233; le co&#251;t du grand stade, pr&#233;tendant un co&#251;t de 3,5 millions d'euros par an. Si les juges suivent l'argument, la Ville devrait annuler le contrat et reprendre le chantier en r&#233;gie directe avec emprunt aux banques, ou reforger un contrat plus conforme. Toujours un peu cher pour un &#233;quipement qui ne sert, en gros, que 20 &#224; 25 jours par an. Estim&#233; &#224; quelque 300 millions d'euros, l'Arena de Dunkerque a &#233;t&#233; abandonn&#233;e avant les travaux, avec quand m&#234;me 52,5 millions de d&#233;dommagements pour Vinci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lille, le stade confi&#233; &#224; Eiffage vante sa pelouse r&#233;tractable, son toit ouvrant, et ses 50 000 places m&#234;me si elles ne sont occup&#233;es en moyenne qu'&#224; 69 %, apr&#232;s avoir cass&#233; les tarifs. Les recettes attendues par le nouvel &#233;quipement ne d&#233;collent pas de celles dans l'ancien stadium Nord. Fuite en avant : pour pallier &#224; ces d&#233;buts chaotiques, la ville a multipli&#233; les &#233;v&#232;nements, matchs de rugby, concerts, qui flinguent la pelouse. Le club doit en financer le remplacement, partiel ou total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consortium pour stadium premium&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les stades, c'est ringard. Place aux arenas. C'est plus chic, plus fric, plein de loges VIP et de places premium pour les people et les patrons, et de pi&#232;ges &#224; consommation pour le populo. Une id&#233;e pouss&#233;e par l'UEFA (Union of European Football Associations) apr&#232;s l'Euro 2012 en Ukraine et ses inqui&#233;tudes sur les stades livr&#233;s &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt;. Le toit du stade de Kiev a m&#234;me pris feu le jour du match inaugural&#8230; L'UEFA a depuis &#233;dict&#233; des exigences sans pr&#233;c&#233;dent. Exemples : un &#233;clairage surpuissant pour permettre la retransmission en haute d&#233;finition ; la mise &#224; disposition de 4 850 places VIP pendant la comp&#232;te, plus de deux fois la jauge exig&#233;e en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces normes et contraintes ont d&#233;roul&#233; le tapis rouge aux multinationales de la finance et du BTP. Pour l'Euro 2016, les g&#233;ants du b&#233;ton ont d&#233;j&#224; gagn&#233;, gr&#226;ce aux PPP qui servent &#224; construire et g&#233;rer prisons, coll&#232;ges, hostos, universit&#233;s, LGV, tunnels ou ponts &#224; p&#233;ages. Une formule n&#233;e sous Reagan, d&#233;velopp&#233;e par Thatcher &#224; partir de 1992 et reprise par Blair. Pr&#244;n&#233; par Alain Madelin, l'artisan de sa naturalisation fran&#231;aise, le PPP peut s&#233;vir dans l'Hexagone d&#232;s juin 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est de la bombe, &#224; retardement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le vieux principe de la vie &#224; cr&#233;dit. L'op&#233;rateur priv&#233; &#8211; en France essentiellement Vinci, Bouygues et Eiffage &#8211; finance l'investissement, la collectivit&#233; r&#233;glant un loyer, &#233;tal&#233; sur 30 &#224; 50 ans. Une redevance plus exactement, qui r&#233;mun&#232;re au groupe de BTP choisi les emprunts (et le risque sur les march&#233;s financiers), et se module aussi selon les r&#233;sultats sportifs et l'affluence. Les supporters boudent ? Pas grave, ils paieront quand m&#234;me, via leurs imp&#244;ts. &#201;videmment, ce trompe-l'&#339;il co&#251;te plus cher &#224; terme, mais il offre l'illusion de pallier au budget d'investissement de la collectivit&#233;. Bingo en p&#233;riode de crise. Et les &#233;lus qui coupent le ruban de l'inauguration ne seront plus aux manettes quand il faudra rendre compte du d&#233;sastre financier, en bout du contrat. L'effet de bombe &#224; retardement financi&#232;re a pourtant &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par certains &#233;lus et &#233;conomistes, et pas les moins exalt&#233;s pour d&#233;fendre le lib&#233;ralisme. M&#234;me Fran&#231;ois Hollande s'y est mis, mais c'&#233;tait en campagne pour les pr&#233;sidentielles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rives financi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2013, un rapport du S&#233;nat sur les financements de stades &#233;voque les PPP en criant au casse-cou &#171; &lt;i&gt; tant la diff&#233;rence peut se r&#233;v&#233;ler grande entre les flux financiers envisag&#233;s au moment de l'adoption du projet et la r&#233;alit&#233;, notamment en cas de mauvaise fortune sportive&lt;/i&gt; &#187;, ajoutant que &#171; &lt;i&gt;le PPP en &#233;talant la charge de la collectivit&#233; (loyer) sur une p&#233;riode plus longue, pr&#233;sente une risque r&#233;el de surdimensionnement du projet, que renforce la prise en compte d'hypoth&#232;ses optimistes, &#224; la fois en termes sportifs et de programmation annexe, pouvant faire para&#238;tre un &#233;quilibre financier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Grande-Bretagne, au Canada, en France de plus en plus, les nuisances des PPP sont largement d&#233;cri&#233;es. L'accumulation d'exemples montre le poids d'&#233;tudes pr&#233;alables fantaisistes des besoins, l'opacit&#233; des proc&#233;dures, l'asym&#233;trie du pr&#233;tendu &#171; partenariat &#187;, l'explosion des loyers et les d&#233;rives hors contrat incontr&#244;lables lors de la phase gestion, les montages juridique et financier toujours verrouill&#233;s en faveur du consortium priv&#233;, et les risques support&#233;s exclusivement par la collectivit&#233;. L'autopsie d'un mirage a d&#233;j&#224; commenc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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