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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Tournez boutique : un dimanche au bal des anciens</title>
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		<dc:creator>Julien Bourdais, Sophie Eustache</dc:creator>


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&lt;p&gt;En Vend&#233;e, plus de mille personnes &#226;g&#233;es se retrouvent chaque dimanche au th&#233; dansant des Herbiers. En coulisses, les notables du coin financent leurs activit&#233;s caritatives avec les b&#233;n&#233;fices. Danseurs et danseuses, eux, viennent avant tout pour l'orchestre et pour compter fleurette. Samedi, 13 h, il pleut des cordes. Nous d&#233;barquons dans un hameau vend&#233;en, &#224; quelques kilom&#232;tres des Herbiers, petite ville de 16 000 habitants. Demain, c'est l&#224;-bas que nous irons au bal. Mais pour l'instant, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Vend&#233;e, plus de mille personnes &#226;g&#233;es se retrouvent chaque dimanche au th&#233; dansant des Herbiers. En coulisses, les notables du coin financent leurs activit&#233;s caritatives avec les b&#233;n&#233;fices. Danseurs et danseuses, eux, viennent avant tout pour l'orchestre et pour compter fleurette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH301/-1216-f133d.jpg?1779635642' width='500' height='301' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi, 13 h, il pleut des cordes. Nous d&#233;barquons dans un hameau vend&#233;en, &#224; quelques kilom&#232;tres des Herbiers, petite ville de 16 000 habitants. Demain, c'est l&#224;-bas que nous irons au bal. Mais pour l'instant, chez Mathilde, il est pile-poil l'heure de mettre les pieds sous la table. L'appareil photo en bandouli&#232;re et des mi&#232;vreries plein la bouche, on est contents de venir enqu&#234;ter sur les amourettes des retrait&#233;s, celles qui naissent sur la piste de danse des Herbiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Julien, sociologue, qui a eu l'id&#233;e. Quelques mois plus t&#244;t, il avait foul&#233; la piste de danse au bras de sa grand-m&#232;re, Mathilde. Deux ans apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de son mari, elle y avait rencontr&#233; son nouveau compagnon. En bon chercheur, Julien &#233;tait tout excit&#233; par sa d&#233;couverte. D'une, il y a encore des bals dominicaux en France qui r&#233;unissent plusieurs centaines de personnes ; de deux, &#231;a dragouille s&#233;v&#232;re sur la piste, m&#234;me &#224; 80 ans pass&#233;s. Dans la voiture, notre sociologue avait pris un air docte : &#171; &lt;i&gt;C'est certain qu'il s'agit d'un march&#233; matrimonial de l'occasion. Mais, pour faire se rencontrer qui ? &#199;a, c'est pas clair. La plupart des gens sont vieux mais leurs corps n'ont pas l'air d'avoir &#233;t&#233; sp&#233;cialement amoch&#233;s par le travail. &#199;a a lieu dans une ancienne usine : on dirait la petite classe moyenne qui danse sur le sang des ouvriers.&lt;/i&gt; &#187; Sophie, en bonne journaliste, avait fait la moue : l'amour, la mort, l'usine, elle connaissait d&#233;j&#224;. Et si on pouvait faire autre chose qu'un &#233;ni&#232;me reportage sur le charme des anciens et les &lt;i&gt;success stories&lt;/i&gt; vend&#233;ennes &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le secret vend&#233;en du plein-emploi &#187;, L'Express, 26/01/2018 ; &#171; Emmanuel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, elle en &#233;tait !&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le c&#339;ur ne vieillit pas &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez Mathilde, le vin de p&#234;che est fait maison. Avides d'en savoir plus sur ce &#171; &lt;i&gt;march&#233; matrimonial&lt;/i&gt; &#187; du dimanche, on s'attable pour &#233;couter notre h&#244;te nous raconter son amour, longtemps frustr&#233;, pour la danse. Mathilde est n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1940 dans une famille de paysans, des petits propri&#233;taires terriens aux m&#339;urs conservatrices : &#171; &lt;i&gt;On ne pouvait pas aller danser, on devait aller &#224; la messe plusieurs fois par semaine. C'est pour &#231;a que maintenant je me rattrape.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y avait qu'&#224; l'occasion des mariages qu'elle pouvait danser un peu. C'est l&#224; que son cousin lui a appris quelques pas et c'est comme &#231;a qu'elle a rencontr&#233; son mari avec qui elle est rest&#233;e quarante ans. Longtemps, son cousin a continu&#233; &#224; &#233;cumer les bals populaires. Fils unique d'une famille de paysans, il a repris la ferme. Mais, quand &#224; 40 ans il s'est &#233;pris d'une femme divorc&#233;e, son p&#232;re s'est oppos&#233; au mariage. Il s'est suicid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel amant de Mathilde a lui aussi d&#251; reprendre la ferme &#224; la suite des parents. Il y a deux ans, sur le bord de la piste des Herbiers, cet ancien paysan est venu vers elle. &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; un coup de foudre&lt;/i&gt; &#187; &#8211; signe pour Mathilde que &#171; &lt;i&gt;le c&#339;ur ne vieillit pas&lt;/i&gt; &#187;. Depuis, ils sortent ensemble. Aucun des deux n'a emm&#233;nag&#233; chez l'autre, mais ils se rendent des visites nocturnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de notre arriv&#233;e, cet homme aux yeux clairs, un peu vo&#251;t&#233; par les ann&#233;es pass&#233;es &#224; travailler la terre, arrive clopin-clopant alors que Mathilde se coiffe. Nous laissons le couple s'appr&#234;ter, et filons au bal.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au supermarch&#233; de l'amour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En arrivant sur place, on d&#233;chante un peu. Notre petit diagnostic initial a du plomb dans l'aile : le bal n'a plus lieu dans une ancienne usine mais&#8230; dans un ancien Hyper-U, rachet&#233; en 1990 par la municipalit&#233; des Herbiers pour en faire un espace culturel. En revanche, pour ce qui est du march&#233; matrimonial, on se dit qu'on n'est pas compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la plaque : les corps valsent les uns contre les autres, les hommes vont, les femmes viennent, &#224; la recherche d'un partenaire... Il faudra seulement en rabattre un peu sur &#171; &lt;i&gt;la petite classe moyenne qui danse sur le sang des ouvriers&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bord de la piste, on tombe d'abord sur Claude, 72 ans. Il a &#233;t&#233; ouvrier toute sa vie chez Arima, une usine de chaussures du sud du Maine-et-Loire. Il allumait les machines &#224; quatre heures tous les matins. Lui vient danser depuis le d&#233;c&#232;s de sa femme, il y a quatre ans. On le croisera &#224; plusieurs reprises au bras de diff&#233;rentes danseuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On discute un peu plus longtemps avec Andr&#233;, un grand gaillard de 92 ans qu'on nous a pr&#233;sent&#233; comme le doyen du bal : il vient danser depuis vingt-cinq ans. Bras dessus bras dessous avec Fran&#231;oise, sa compagne, il nous raconte son p&#232;re, mort de la tuberculose au d&#233;but des ann&#233;es 1930. Puis, quelques ann&#233;es plus tard, son service militaire dans l'Allemagne occup&#233;e &#8211; il en profite pour passer le permis bus. De retour aux Herbiers, Andr&#233; conduit le car scolaire, puis termine sa carri&#232;re dans les bureaux de la mairie. C'est quelques ann&#233;es apr&#232;s son d&#233;part en retraite que sa femme meurt d'un cancer. &#171; &lt;i&gt;Elle &#233;tait en phase terminale, c'&#233;tait trop tard quand nous sommes arriv&#233;s &#224; l'h&#244;pital. C'est pour &#231;a : la vie, elle est dure, elle est bizarre, mais il faut en profiter. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il est veuf, Andr&#233; fr&#233;quente le bal. C'est l&#224; qu'il a rencontr&#233; Fran&#231;oise qui, elle, ne vient que depuis 2010. Toute sa vie, elle a travaill&#233; dans le coin : d'abord comme cuisini&#232;re, puis comme &#171; concierge &#187; du patron de Defontaine, une usine qui fabrique des pi&#232;ces pour le Rafale. Pendant huit ans, elle a rendu visite &#224; son mari diab&#233;tique &#224; la maison de retraite. Deux ans apr&#232;s sa mort, elle a commenc&#233; &#224; arpenter la piste de danse des Herbiers. Elle y a tr&#232;s vite rencontr&#233; Andr&#233; : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait huit ans qu'on est ensemble. Maintenant, il habite chez moi. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH424/-1217-ab328.jpg?1779635642' width='400' height='424' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le nerf de l'argent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On abandonne les tourtereaux pour aller retrouver les organisatrices du jour dans l'arri&#232;re-cuisine. Le d&#233;cor carrel&#233; est nettement plus froid que les lumi&#232;res chaudes et color&#233;es qui &#233;clairent la piste. &#201;liane Liebot, pr&#233;sidente de La Gazelle Berb&#232;re, ainsi que deux autres b&#233;n&#233;voles, nous accueillent. Une &#224; deux fois par an, l'association monte un voyage au Maroc pour installer l'eau courante dans les villages. &#171; &lt;i&gt;On leur dit :&lt;/i&gt; &#8220;On veut bien vous aider mais vous participez.&#8221; &lt;i&gt;Nous on veut aider, mais pas faire de l'assistanat.&lt;/i&gt; &#187; L'argent r&#233;colt&#233; &#224; l'occasion des deux bals que l'association organise annuellement (4 000 &#224; 5 000 &#8364; par bal une fois les frais pay&#233;s) leur a d&#233;j&#224; permis d'&#233;quiper un coll&#232;ge en panneaux solaires et en ordinateurs, de faire construire un mur au bord d'une cour de r&#233;cr&#233; et de payer des lunettes &#224; un enfant qui avait &#171; &lt;i&gt;beaucoup de capacit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de retourner danser avec les &lt;i&gt;D&#233;mons de minuit&lt;/i&gt; qui saturent la sono de l'autre c&#244;t&#233; du mur, on pose les questions de routine. L'une des membres de La Gazelle Berb&#232;re est une ancienne commer&#231;ante. La pr&#233;sidente, &#201;liane, est femme au foyer. Comme on ne la sent pas tr&#232;s &#224; l'aise avec nos interrogations, on la titille un peu : &#171; &lt;i&gt;Ah oui, il &#233;tait agriculteur votre mari ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, mon mari, c'est l'industriel Andr&#233; Li&#233;bot, le fabricant de fen&#234;tres... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Li&#233;bot, un gros poisson ! En 2017, la fortune de sa famille s'&#233;levait &#224; 250 millions d'euros, 321&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; plus gros patrimoine de France selon le magazine &lt;i&gt;Challenge&lt;/i&gt; (en comparaison, Arnaud Lagard&#232;re occupait la 303&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; position, tandis que la famille de Claude Perdriel, le fameux fabricant de sanibroyeurs et patron de presse, se situait en 365&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; position).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous : &#8211; &#171; &lt;i&gt;Et du coup la salle Herbauges, si on a bien compris, c'&#233;tait un Hyper U et &#231;a a &#233;t&#233; rachet&#233; par la mairie en 1990 quand Hyper U est parti, c'est &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;liane : &#8211; &#171; &lt;i&gt; C'est le maire de l'&#233;poque qui a...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille (fondateur historique des bals herbretais) : &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait papa, c'&#233;tait son papa !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;liane (un peu g&#234;n&#233;e mais quand m&#234;me oblig&#233;e de corriger) : &#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, c'&#233;tait maman. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille : &#8211; &#171; &lt;i&gt;Ah oui, c'&#233;tait maman.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;liane : &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait &#8220;Madame Briand&#8221; qui &#233;tait maire &#224; ce moment-l&#224;. Elle a rachet&#233; l'Hyper U pour faire une salle, parce qu'il y avait rien aux Herbiers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille ne se trompe pas beaucoup en confondant le papa et la maman. Le papa, c'est Anselme Briand ; c'est lui qui r&#233;cup&#232;re en 1942 la petite forge familiale qui se transmet depuis 1745 de p&#232;re en fils a&#238;n&#233;. En 1942, la bo&#238;te ne compte que deux employ&#233;s ; quarante ans plus tard, ils sont 1 600. Quand Anselme prend sa retraite en 1982, il s'assure que la r&#233;ussite reste une affaire de famille. Son fils cadet, Roger, h&#233;rite du groupe Briand et son beau-fils Andr&#233; Li&#233;bot (le mari d'&#201;liane) r&#233;cup&#232;re l'une des filiales, celle qui s'occupe des fen&#234;tres. Un an apr&#232;s sa retraite, une fois que les affaires sont en ordre, Anselme se lance en politique. Maire des Herbiers de 1983 &#224; 1989, il passe ensuite la mairie &#224; sa femme Jeanne qui la garde jusqu'en 1995. C'est lui qui installe les Briand en politique, c'est elle qui ach&#232;te l'Hyper U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une g&#233;n&#233;ration plus tard, &#201;liane opte pour la voie caritative. Le bal financera les actions de son association. &#171; &lt;i&gt;Le nerf de l'argent&#8230; Euh non, le nerf de la guerre c'est l'argent. Il nous faut de l'argent, on va le chercher o&#249; il y en a et les bals sont tr&#232;s &#224; la mode.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils s'en foutent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est fou tout ce par quoi la notori&#233;t&#233; des notables doit en passer pour cro&#238;tre sans cesse. Il aura fallu que la r&#233;ussite industrielle se convertisse sur la sc&#232;ne politique pour qu'&#224; la fin des fins tout se passe comme si c'&#233;tait le peuple qui accordait sa b&#233;n&#233;diction aux &#233;lans humanitaires de ceux qui entendent le repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple, le peuple ? Visiblement c'est bien de &#231;a qu'il s'agit. Dans les yeux des organisatrices, il se r&#233;sume &#224; peu de chose : il y a celui qui &#171; &lt;i&gt;arrive la veille avec son camping-car&lt;/i&gt; &#187;, celle qui apporte ses chaussures &#224; talons dans son sac &#224; main et puis &#171; &lt;i&gt;mamie&lt;/i&gt; &#187;, qui &#224; cette heure est &#171; &lt;i&gt;avec le d&#233;collet&#233; comme &#231;a et des paillettes dans les cheveux &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant qu'on &#233;coute beno&#238;tement cet expos&#233;, Mathilde encha&#238;ne les tours de piste. Quand nous la retrouvons, elle nous raconte qu'elle a eu le temps de rejoindre les danses en ligne qui se font au milieu de la salle, de changer deux ou trois fois de partenaire et de passer voir son mec qui, aujourd'hui comme souvent, reste au bord, sur la rang&#233;e de chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; les entendre et &#224; les voir, les danseurs, on est convaincus qu'une fois les projecteurs allum&#233;s et l'orchestre lanc&#233;, ils se foutent pas mal de ce qui anime ceux de l'arri&#232;re-boutique. Le paternalisme des notables du coin, visiblement, ils en ont soup&#233; : &#171; &lt;i&gt; Ils s'en foutent, ils viennent pour danser &lt;/i&gt; &#187;, comme nous le dit&#8230; &#201;liane Li&#233;bot, qui continue, un peu d&#233;sabus&#233;e : &#171; &lt;i&gt;La derni&#232;re fois, apr&#232;s la vente de brioche, alors qu'on voulait leur parler de l'association, ils nous ont m&#234;me demand&#233; de nous pousser pour retourner danser... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Bourdais &amp; Sophie Eustache&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/le-secret-vendeen-du-plein-emploi_1978963.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le secret vend&#233;en du plein-emploi&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 26/01/2018 ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-herbiers-85500/aux-herbiers-ce-soir-emmanuel-macron-rencontre-60-chefs-d-entreprise-5821030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emmanuel Macron a rencontr&#233; 60 chefs d'entreprise mercredi soir aux Herbiers en Vend&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, 14/06/2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rouges au bar, jaunes dans les verres</title>
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		<dc:date>2019-05-23T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Marseille, il fut un temps o&#249; Juliette, &#201;liane, Nicole et Monique se baignaient dans la rivi&#232;re du Jarret &#224; c&#244;t&#233; de l'usine de soufre. Il fut un temps o&#249; l'on ramassait la salade &#224; deux pas de Menpenti, un temps o&#249; le foyer populaire fut rachet&#233; par des communistes pour en faire un dispensaire gratuit, une biblioth&#232;que, un bistrot, un lieu de vie. Marseille, 1936, rue Brandis. Un bar est rachet&#233; par une poign&#233;e de militants communistes apr&#232;s les longues gr&#232;ves du mois de juin. Un bar (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pierre-Doize" rel="tag"&gt;Pierre Doize&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, il fut un temps o&#249; Juliette, &#201;liane, Nicole et Monique se baignaient dans la rivi&#232;re du Jarret &#224; c&#244;t&#233; de l'usine de soufre. Il fut un temps o&#249; l'on ramassait la salade &#224; deux pas de Menpenti, un temps o&#249; le foyer populaire fut rachet&#233; par des communistes pour en faire un dispensaire gratuit, une biblioth&#232;que, un bistrot, un lieu de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1779603026' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;arseille, 1936, rue Brandis. Un bar est rachet&#233; par une poign&#233;e de militants communistes apr&#232;s les longues gr&#232;ves du mois de juin. Un bar mais aussi un centre social organis&#233; autour du Parti. En 1948, ce sont pas moins de 39 bars qui seront tenus par les communistes de Marseille. Si l'on est un bon communiste, gare aux tourn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;80 ans plus tard, &lt;/strong&gt;nous sommes assis avec Monique et Eliane, deux s&#339;urs qui ont pass&#233; leur vie dans le quartier de Menpenti. La salle s'appelle Robert Perez, je demande &#224; Monique qui &#233;tait le monsieur. Elle s'&#233;crie : &lt;i&gt;&#171; Mais c'est mon mari. &#187; &lt;/i&gt;Robert a tenu le comptoir des ann&#233;es durant avant qu'Alain et Nicole, sa s&#339;ur, ne reprennent le flambeau. D'autres ont suivi : David, Michel, jusqu'&#224; &#201;tienne aujourd'hui. Tous militants. &lt;i&gt;&#171; Robert il fallait pas trop lui parler ! Le matin surtout. Un jour qu'un client venait lui raconter sa vie, il a mis la grille de la pompe &#224; bi&#232;re devant son visage pour singer le confessionnal. &#187; &lt;/i&gt;Monique et Eliane trouvent que c'est p&#233;nible d'&#233;couter tous les jours des confessions : &lt;i&gt;&#171; Que sa femme n'a pas voulu coucher avec lui, etc. &#187; &lt;/i&gt;Eliane ajoute : &lt;i&gt;&#171; Je m'en bats les choses ! &#187; &lt;/i&gt;Monique travaillait comme &#171; tata &#187; dans les &#233;coles puis elle venait remplacer son mari au comptoir. Ici on ne vire pas les gens parce qu'ils ne partagent pas vos opinions. &lt;i&gt;&#171; Un jour entre un bonhomme avec &lt;/i&gt;Le Monde &lt;i&gt;soigneusement pli&#233; sous le bras. Robert lui dit : &#8220;Vous pouvez le montrer. On va pas vous manger&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Dans la salle Robert-Perez, &lt;/strong&gt;on aura tout fait, tout vu. Du ping-pong, des meetings, des soir&#233;es de danse, et m&#234;me une veill&#233;e fun&#232;bre, celle du d&#233;put&#233; Pierre Doize, ancien d&#233;port&#233; qui savait lever le coude. Il se tue en 1979 avec sa femme en revenant d'un congr&#232;s d'anciens d&#233;port&#233;s &#224; Narbonne. &lt;i&gt;&#171; Sa femme Antoinette s'&#233;tait asperg&#233;e de vitriol pour ne pas &#234;tre prise comme fille de vie par les Allemands. On le voyait bien qu'elle avait &#233;t&#233; belle &#187;, &lt;/i&gt;racontent-elles. Pierre Doize travaillait au port de Marseille, avant d'&#234;tre licenci&#233; pour ses opinions politiques. C'&#233;tait un temps o&#249; les ouvriers devenaient des d&#233;put&#233;s tandis que de l'autre c&#244;t&#233; se reproduisaient les m&#233;decins et les profs. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un ma&#231;on qui faisait du judo &#187;, &lt;/i&gt;pr&#233;cise Monique. Pour &#201;liane, c'&#233;tait son &lt;i&gt;&#171; p&#232;re spirituel &#187;. &#171; Alors, quand certaines me disent que les camps de la mort, &#231;a n'a pas exist&#233;&#8230; &#8220;Putain de merde de la connasse !&#8221; &#187;, &lt;/i&gt;s'insurge-t-elle en termes choisis. Pourtant ces militantes ont encore fort &#224; faire au comptoir avec les discours racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durant la guerre d'Alg&#233;rie, &lt;/strong&gt;les camarades montent des tours de garde. &lt;i&gt;&#171; Il s'y tenait des rondes depuis l'Indochine, &#187; &lt;/i&gt;pr&#233;cise Monique. L' OAS canarde la vitrine, une autre fois une grenade blesse des militants. &lt;i&gt;&#171; On montait la garde m&#234;me en 68. J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e lors d'une manif &#224; l'&#233;poque&#8230; &#187;, &lt;/i&gt;se souvient &#201;liane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le quartier rouge de Menpenti, &lt;/strong&gt;comme on l'appelait apr&#232;s-guerre, devait aussi sa r&#233;putation &#224; l'implantation de la CGT. Lors de la bataille contre la loi Travail, les militants de tous poils se sont retrouv&#233;s encore ici au comptoir. Mais au Foyer, c'est le Parti qui commande. Il n'en reste pas moins qu'ici c'est encore populaire. Et le prix des consommations est en rapport avec la classe sociale. &#192; c&#244;t&#233; de nous, Louis, Jacques et Jeannot jouent sagement au rami, mais &#224; l'heure de l'ap&#233;ro, &#231;a tourne autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vie du foyer &lt;/strong&gt;ce sont les femmes de la famille qui l'animent : Nicole par exemple qui fait &#224; manger lors des stages syndicaux. D'origine italienne par ses parents, elle appr&#233;cie quand la chorale La Lutte enchant&#233;e, qui a pris ses quartiers au foyer, lui d&#233;dicace &lt;i&gt;&#171; Bella Ciao &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un soir, &lt;/strong&gt;c'est un habitu&#233; qui se r&#233;jouit de la pluie : &lt;i&gt;&#171; Elle fait mon travail. &#187; &lt;/i&gt;Il balaie les rues de Marseille. Puis il proclame : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a plus de bataille politique depuis dix ans. &#187; &lt;/i&gt;&#201;tienne qui tenait la buvette pour le PC n'aurait jamais pens&#233; atterrir derri&#232;re le comptoir. Il est du 1er arrondissement. Au ch&#244;mage il a pris le boulot derri&#232;re un militant lyonnais des JC. Derri&#232;re eux, les autocollants CGT de toutes les bo&#238;tes de Marseille cernent le plus beau : &#171; Allez L'OM &#187; qui fait le fier face au drapeau de la Paix. Pour s&#251;r, on trouve ici trois marques de pastagas mais c'est toujours un communiste qui le sert.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;p&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;M&lt;/petitelettrine&gt;on arri&#232;re-grand-m&#232;re est morte apr&#232;s une cuite en tombant dans le foss&#233; &#224; Abrest, dans l'Allier. Il n'y a pas de plaque mais je le sais. Son fils qu'on appelait le &#171; Marquis de Brages &#187; d&#233;valait de son terrain vague en mobylette, saoul comme un cochon. C'&#233;tait un ivrogne sympathique. Il est mort il y a dix ans lui aussi, au dessus de &lt;i&gt;La Cascade, un &lt;/i&gt;bar que j'affectionne rien que pour son nom. Il &#233;voque l'eau qui descend dans le verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son fr&#232;re, mon grand-p&#232;re&lt;/strong&gt;, est parti mourir &#224; l'h&#244;pital apr&#232;s un cancer contract&#233; &#224; la cigarette et &#224; l'alcool. Peut-&#234;tre aussi &#224; l'amiante vu qu'il &#233;tait plombier de son &#233;tat. Un plombier qui ne refusait jamais un verre. Un plombier qui refusait de se faire payer, ce qui mettait ma grand-m&#232;re dans tous ses &#233;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partir de troquet en bistrot&lt;/strong&gt; et chalouper sous l'&#233;paule de p&#233;p&#233; vers une autre rive, un autre bar, &#233;tait un plaisir pour moi, quand j'&#233;tais adolescent. Mon grand-p&#232;re connaissait tous les clients des bistrots de son quartier et partout il me pr&#233;sentait. Les cirrhoses me zieutaient, les yeux fatigu&#233;s sur les poches de Ricard me saluaient avec chaleur. &lt;i&gt;&#171; Oh le petit-fils de Roger ! &#187; &lt;/i&gt;Et on nous payait une tourn&#233;e. Partout cette odeur fascinante de Ricard et de sirop m&#234;l&#233;s. Partout ces vieux comptoirs avec leurs machines &#224; cacahou&#232;tes rouges. Tourner la poign&#233;e et les voir descendre pendant que mon oreille guettait le bruit de l'eau qui chutait dans le jaune. La t&#233;l&#233; n'&#233;tait pas encore arriv&#233;e dans nos bars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roger&lt;/strong&gt; fr&#233;quentait tout ce qu'on faisait de mieux en PMU aussi. &lt;i&gt;Le Tilleul &lt;/i&gt;portait mal son nom sauf pour l'arbre qui a d&#251; &#234;tre abattu. L'ambiance y &#233;tait &#224; la clope : la gitane et la goldo. On y poin&#231;onnait le tierc&#233; quand on ne se rendait pas directement au champ de course, o&#249; il avait ses entr&#233;es. C'&#233;tait moins tranquille comme ambiance. Il se jouait des choses graves. On y jouait sa paye en ce temps-l&#224;. Roger m'expliquait les courses dans ces bars : Plac&#233;, Gagnant, les cotes et les &#233;curies, et le c&#233;r&#233;monial des courses, quand les chevaux s'&#233;lancent derri&#232;re la voiture, et encore le cheval qui est disqualifi&#233; quand il galope au lieu de trotter. Tout &#231;a derri&#232;re un comptoir rempli de d&#233;sespoir souvent. De joie aussi au moment du final quand les jockeys cravachent leurs chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parfois, c'&#233;tait une tourn&#233;e de blanc&lt;/strong&gt; ou de rouge lim&#233;. Le matin avait ses faveurs quand tr&#244;naient sur le comptoir des oeufs durs. Ces oeufs dans leur pr&#233;sentoir, c'&#233;tait une f&#234;te. Comme les grenadines que les tenanciers ne manquaient jamais de nous offrir. Les colorants &#233;taient plus rares. Menthe ou grenadine. Le bonheur &#233;tait complet. Et quand il y avait un baby-foot, alors l&#224;&#8230; c'&#233;tait Luna-park. On ne m'aurait jamais fait d&#233;coller pour Disneyland, moi qui avais fait une cinqui&#232;me option baby-foot. P&#233;p&#233;, lui, redoublait son CAP de comptoir en comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C. G.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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