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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Karibu Maor&#233; ! (Bienvenue &#224; Mayotte !)</title>
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		<dc:date>2012-10-17T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lionel Jensac</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Camille</dc:subject>
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		<dc:subject>d'autre choix</dc:subject>
		<dc:subject>Petite Terre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;ger &#233;moi dans la presse fran&#231;aise : un nouveau-n&#233; &#171; clandestin &#187; est mort au centre de r&#233;tention de Mayotte. Sur ce rocher fran&#231;ais de l'oc&#233;an Indien, il est d'usage d'appeler &#171; clandestins &#187; toutes les personnes qui arrivent des &#238;les s&#339;urs, de l'archipel des Comores. Notamment d'Anjouan, que l'on aper&#231;oit &#224; l'horizon, &#224; 70 km de l&#224;. Depuis que le visa Balladur de 1995 est venu r&#233;glementer de mani&#232;re drastique l'acc&#232;s &#224; la partie fran&#231;aise de l'archipel, les Comoriens, qui ont toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CRA" rel="tag"&gt;CRA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-hopital" rel="tag"&gt;L'h&#244;pital&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mayotte" rel="tag"&gt;Mayotte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/venu-reglementer" rel="tag"&gt;venu r&#233;glementer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/maniere-drastique" rel="tag"&gt;mani&#232;re drastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/drastique-l-acces" rel="tag"&gt;drastique l'acc&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/partie-francaise" rel="tag"&gt;partie fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/circule-librement" rel="tag"&gt;circul&#233; librement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-autre-choix" rel="tag"&gt;d'autre choix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petite-Terre" rel="tag"&gt;Petite Terre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;ger &#233;moi dans la presse fran&#231;aise : un nouveau-n&#233; &#171; clandestin &#187; est mort au centre de r&#233;tention de Mayotte. Sur ce rocher fran&#231;ais de l'oc&#233;an Indien, il est d'usage d'appeler &#171; clandestins &#187; toutes les personnes qui arrivent des &#238;les s&#339;urs, de l'archipel des Comores. Notamment d'Anjouan, que l'on aper&#231;oit &#224; l'horizon, &#224; 70 km de l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_459 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH364/103camille-ef7e7.jpg?1779643189' width='400' height='364' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le visa Balladur de 1995 est venu r&#233;glementer de mani&#232;re drastique l'acc&#232;s &#224; la partie fran&#231;aise de l'archipel, les Comoriens, qui ont toujours circul&#233; librement entre les diff&#233;rentes terres, n'ont d'autre choix que de payer des fortunes aux passeurs, pour des travers&#233;es aussi nocturnes que p&#233;rilleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 15 ao&#251;t, un kwassa est intercept&#233; par la Marine nationale. &#224; bord de cette embarcation de fortune, vingt-six clandestins, hommes, femmes et enfants. Les passagers sont d&#233;barqu&#233;s &#224; Pamandzi, en Petite Terre, l&#224; o&#249; se trouve le Centre de r&#233;tention administrative (CRA). Sur le quai, une infirmi&#232;re de l'h&#244;pital r&#233;alise un diagnostic rapide. Certains sont bons pour les urgences, les autres iront directement au CRA, un hangar situ&#233; au bord d'une route passante de la petite &#238;le, entour&#233; de quelques barbel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin, un nourrisson de deux mois est retrouv&#233; mort dans l'enceinte du centre. La jeune m&#232;re de dix-sept ans avait pourtant signal&#233;, d&#232;s l'arraisonnement du kwassa, le mauvais &#233;tat de sant&#233; de son b&#233;b&#233;, n&#233; pr&#233;matur&#233;ment &#224; Anjouan. &lt;i&gt;&#171; Il pesait un kilo et demi. On a essay&#233; de le soigner &#224; Anjouan mais &#231;a n'a pas march&#233;. C'est pour cette raison que j'ai d&#233;cid&#233; de venir &#224; Mayotte &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; On m'a dit qu'un enfant malade ne devait pas aller au CRA, mais &#224; l'h&#244;pital. L&#224;, j'ai compris qu'ils avaient consid&#233;r&#233; mon enfant comme un rat. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associations locales et collectifs se mobilisent : manifs, communiqu&#233;s de presse,&#8230; La rumeur du b&#233;b&#233; mort au CRA finit par sortir du lagon et gagne la m&#233;tropole. Obligation pour les autorit&#233;s locales de se justifier, d'autopsier, d'enqu&#234;ter,&#8230; Pour une fois, le statut de ces populations, proche du r&#233;gime de l'indig&#233;nat, est bouscul&#233;. Une histoire qui ne pourra pas se r&#233;gler selon la cuisine coloniale habituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce n'est pas la premi&#232;re fois que le CRA de Mayotte fait parler de lui outre-mer : en mai 2011, un homme y &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233;, officiellement d'une &#171; crise cardiaque &#187;. Le 25 janvier 2012, deux policiers sont condamn&#233;s pour avoir frapp&#233; une femme avec leurs tonfas, lui causant des h&#233;matomes de vingt centim&#232;tres de diam&#232;tre. Sans compter les images choc, sorties dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.liberation.fr/mayotte-re...,99752&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, en d&#233;cembre 2008, &#171; Mayotte, la R&#233;publique indigne &#187;, et &#171; Le centre de r&#233;tention de la honte &#187;, r&#233;cup&#233;r&#233;es clandestinement, par un agent de la Police aux fronti&#232;res, qui les avait confi&#233;es au journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le drame d'ao&#251;t, la jeune m&#232;re comorienne est l'objet de fermes pressions polici&#232;res : on l'incite &#224; dire que son b&#233;b&#233; &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233; pendant le trajet en mer. Interrog&#233; &#224; ce sujet, Thomas Degos, le pr&#233;fet de Mayotte, s'insurge et pr&#233;tend que de telles man&#339;uvres &lt;i&gt;&#171; n'ont pas cours dans les services de l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la m&#233;tropole, les ministres de l'Int&#233;rieur et de l'Outre-Mer appuient la politique en place dans le 101e d&#233;partement fran&#231;ais :&lt;i&gt; &#171; Si aucune action de ma&#238;trise de ce ph&#233;nom&#232;ne (migratoire) n'&#233;tait recherch&#233;e, la population augmenterait d'environ 10 % chaque ann&#233;e, ce qui compromettrait tout d&#233;veloppement social et &#233;conomique. &#187;&lt;/i&gt; Et ils rappellent, refrain us&#233; jusqu'&#224; la corde, que les v&#233;ritables responsables de telles trag&#233;dies restent les &#171; passeurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, &#224; Mayotte, il faut prendre des mesures ; le procureur suspend l'infirmi&#232;re ! N&#233;gligeant un d&#233;tail : depuis trois mois, la pr&#233;fecture impose &#224; une infirmi&#232;re de l'h&#244;pital de formuler un diagnostic, alors que seuls les m&#233;decins sont normalement habilit&#233;s &#224; le faire. Le directeur de l'h&#244;pital et le pr&#233;fet, ne s'en tiendront pas &#224; ce seul arrangement ; ils pr&#233;voient de lancer quelques travaux de s&#233;curisation &#8211; un gros mur et des barbel&#233;s &#8211; afin d'avoir une v&#233;ritable annexe du CRA, dans l'enceinte m&#234;me de l'h&#244;pital ! Avec pr&#233;sence permanente des forces de police. Des locaux qui pourront accueillir le &#171; tri sanitaire &#187;, apr&#232;s interception des kwassas. Et de quoi d&#233;courager un peu plus les Comoriens malades de risquer la travers&#233;e pour aller chercher des soins &#224; l'h&#244;pital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en juillet 2012, une mission s&#233;natoriale pr&#233;conisait la r&#233;vision du visa Balladur et proposait d'ouvrir un espace de circulation &#224; l'int&#233;rieur des Comores, Mayotte comprise. Tout en encourageant la construction d'un nouveau centre de r&#233;tention pour 2014&#8230; Mais fin ao&#251;t, Valls envoie sur l'&#238;le son conseiller d'&#201;tat, Alain Christnatch, qui, lui, pr&#244;nera le maintien de la politique en place. Et la m&#234;me semaine, on apprend que la circulaire Valls du 6 juillet qui pr&#233;conise l'assignation &#224; r&#233;sidence des familles sans-papiers (avec enfants) et des mineurs &#8211; plut&#244;t que le placement en CRA &#8211; ne sera pas appliqu&#233;e &#224; Mayotte. Justification des sbires du successeur de Sarkozy, Hortefeux et Gu&#233;ant : avec 25 % de la population sans titre de s&#233;jour, &#171; la r&#233;alit&#233; de la situation locale rend inop&#233;rante l'assignation &#224; r&#233;sidence &#187; ! Mais, sans doute, le nouveau sinistre de l'Int&#233;rieur veut-il surtout conserver d'aussi providentiels contingents d'expulsions - six mille quatre cents mineurs en 2010, cinq mille trois cents en 2011 &#8211; quand il s'agira de relancer la politique du chiffre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/mayotte-retention&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/mayotte-re...&lt;/a&gt;,99752&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur le dos des tapins</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sur-le-dos-des-tapins</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Sur-le-dos-des-tapins</guid>
		<dc:date>2012-02-27T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Camille</dc:subject>
		<dc:subject>loi</dc:subject>
		<dc:subject>Roselyne Bachelot</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>TdS</dc:subject>
		<dc:subject>prostitution</dc:subject>
		<dc:subject>coh&#233;sion sociale</dc:subject>
		<dc:subject>droite confondues</dc:subject>
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		<dc:subject>d&#233;put&#233;s s'unissent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tour &#224; tour victimes sociales ou menaces pour l'ordre public, les prostitu&#233;es n'en finissent pas de nourrir les calculs politiciens. Dernier coup en date, celui de criminaliser le client afin de tarir la source du mal. Entre-temps, les pros du trottoir s'organisent. Mardi 6 d&#233;cembre 2011, gauche et droite confondues, des d&#233;put&#233;s s'unissent pour confirmer la position abolitionniste de la France en mati&#232;re de prostitution. Roselyne Bachelot, la ministre des Solidarit&#233;s et de la Coh&#233;sion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Roselyne-Bachelot" rel="tag"&gt;Roselyne Bachelot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reseaux" rel="tag"&gt;r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/TdS" rel="tag"&gt;TdS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prostitution" rel="tag"&gt;prostitution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cohesion-sociale" rel="tag"&gt;coh&#233;sion sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/droite-confondues" rel="tag"&gt;droite confondues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/racolage-passif" rel="tag"&gt;racolage passif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violence-faite" rel="tag"&gt;violence faite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/deputes-s-unissent" rel="tag"&gt;d&#233;put&#233;s s'unissent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tour &#224; tour victimes sociales ou menaces pour l'ordre public, les prostitu&#233;es n'en finissent pas de nourrir les calculs politiciens. Dernier coup en date, celui de criminaliser le client afin de tarir la source du mal. Entre-temps, les pros du trottoir s'organisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 6 d&#233;cembre 2011&lt;/strong&gt;, gauche et droite confondues, des d&#233;put&#233;s s'unissent pour confirmer la position abolitionniste de la France en mati&#232;re de prostitution. Roselyne Bachelot, la ministre des Solidarit&#233;s et de la Coh&#233;sion sociale, a rappel&#233; que la prostitution est &lt;i&gt;&#171; une violence faite aux femmes &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; une n&#233;gation de nos principes fondamentaux &#187;&lt;/i&gt;. En clair, il s'agit de faire rentrer dans la t&#234;te de ses concitoyens que le corps des femmes &#8211; et accessoirement des hommes &#8211; ne se consomme pas comme un vulgaire burger &#224; la sortie du cinoche. S'alignant sur le droit su&#233;dois, une proposition de loi pr&#233;voit de sanctionner le client qui solliciterait les faveurs d'une travailleuse du sexe (TDS) par une peine de deux mois de prison et 3 750 euros d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une partie de la prostitution est ind&#233;niablement gangren&#233;e par des r&#233;seaux de type mafieux, une autre est, n'en d&#233;plaise &#224; Roselyne, le fait d'hommes et femmes ayant choisi de faire des talbins gr&#226;ce au tapin. Manon est &lt;i&gt;escort-girl&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement &#224; la prostitution de rue, l'escorting (accompagnement) se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; Toulouse : &lt;i&gt;&#171; Aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais eu une image n&#233;gative, victimisante ou mis&#233;rabiliste de la prostitution. Peu apr&#232;s le lyc&#233;e, j'ai commenc&#233; &#224; m'int&#233;resser &#224; ce boulot et j'ai finalement saut&#233; le pas apr&#232;s avoir r&#233;fl&#233;chi pendant plusieurs ann&#233;es. Ce projet de loi de p&#233;nalisation des clients est une fois de plus une violence faite aux travailleuses du sexe, une nouvelle loi faite pour nous mais sans nous avoir consult&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Manon est aussi&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/96-camille-TDS-1d863.jpg?1779605117' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;membre du &lt;a href=&#034;http://site.strass-syndicat.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syndicat des travailleur(se)s du sexe&lt;/a&gt; (Strass), un jeune syndicat cr&#233;e en 2009 aux assises de la prostitution de Paris. &lt;i&gt;&#171; Le Strass est une structure d'auto-organisation des TDS qui souhaitent lutter pour leurs droits &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Morgane, sa secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre prohibitionnisme (interdiction pure et simple de la prostitution, comme en Chine) et r&#233;glementarisme (encadrement l&#233;gal de la prostitution comme aux Pays-Bas), la France n'en finit pas de d&#233;voyer sa position abolitionniste adopt&#233;e apr&#232;s guerre. Morgane : &lt;i&gt;&#171; Le mouvement abolitionniste du d&#233;part voulait supprimer la r&#233;glementation sp&#233;cifique sur le travail sexuel, et notamment le mod&#232;le des maisons closes qui soumettaient les TDS &#224; des tenanciers, dans des lieux d'enfermement, de contr&#244;le social et sanitaire. Or les abolitionnistes d'aujourd'hui sont devenus des prohibitionnistes. En amalgamant prostitution et exploitation, ils cr&#233;ent un v&#233;ritable cercle vicieux : plus on cherche &#224; prohiber une activit&#233;, plus elle devient marginale et invisible, et plus les r&#233;seaux de traite et d'exploitation se d&#233;veloppent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, Sarkozy, alors ministre de l'Int&#233;rieur, transformait le racolage passif en d&#233;lit dans sa Loi sur la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (LSI), officiellement pour lutter contre les r&#233;seaux de traite humaine. Une fumisterie qui aura fait long feu puisque m&#234;me le d&#233;put&#233; UMP Guy Geoffroy a reconnu dans son rapport d'information du 13 avril 2011 que l'incrimination du racolage passif n'avait permis en rien de lutter contre les r&#233;seaux prox&#233;n&#232;tes mais, au contraire, avait d&#233;grad&#233; les relations &#8211; d&#233;j&#224; tendues ! &#8211; entre pandores et prostitu&#233;es, et compliqu&#233; pour ces derni&#232;res l'acc&#232;s aux soins&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rapport est consultable ici : www.assemblee-nationale.fr/13/rap-i....&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Un constat corrobor&#233; par Morgane : &lt;i&gt;&#171; Les cons&#233;quences de la LSI ont &#233;t&#233; catastrophiques. Pour &#233;chapper &#224; la police, les TDS se sont &#233;loign&#233;es des centres-villes, donc de la population et des structures de pr&#233;vention. Isol&#233;es, elles sont devenues des cibles plus courantes d'agressions. Pr&#233;caris&#233;es, elles ont &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; accepter plus facilement des clients ou pratiques qu'elles auraient refus&#233;s avant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme la fellation sans pr&#233;servatif, de plus en plus demand&#233;e par les clients.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Beaucoup ont &#233;galement fait appel &#224; des r&#233;seaux pour les prot&#233;ger de la police. La p&#233;nalisation des clients ne fera qu'aggraver ces effets. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 d&#233;cembre 2011, une centaine de TDS d&#233;filaient dans les rues de Paris &#224; l'initiative du Strass, d'Act-Up et d'autres organisations. &#171; R&#233;pression = contamination &#187; ; &#171; ClientEs p&#233;nalis&#233;Es = Putes assassin&#233;Es &#187;. On a trouv&#233; mots d'ordre moins explicites. &lt;i&gt;&#171; On demande deux choses&lt;/i&gt;, r&#233;sume Manon, &lt;i&gt;l'abrogation de la loi sur le racolage passif, et celle sur le prox&#233;n&#233;tisme d'aide et de soutien. Cela nous permettrait de nous associer entre nous afin de cr&#233;er nos propres bordels autog&#233;r&#233;s. Nous refusons les bordels dirig&#233;s par des patrons, nous savons tr&#232;s bien g&#233;rer notre travail sans avoir quelqu'un pour nous imposer les clients, les prestations, les horaires et les tarifs. On ne veut pas de traitement sp&#233;cial, juste qu'on nous foute la paix ! Que notre parole soit entendue, que les &#8220;experts&#8221;, psys, sociologues, journalistes et autres cessent de nous la prendre. C'est nous qui travaillons, c'est nous qui d&#233;cidons. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contrairement &#224; la prostitution de rue, l'&lt;i&gt;escorting&lt;/i&gt; (accompagnement) se pratique via Internet, et ne comprend pas forc&#233;ment de prestation sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le rapport est consultable ici : &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp#P1538_312909&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.assemblee-nationale.fr/13/rap-i...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme la fellation sans pr&#233;servatif, de plus en plus demand&#233;e par les clients.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; D&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; ! &#187;</title>
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		<dc:date>2012-01-31T07:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Alric</dc:creator>


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&lt;p&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre. Au fil des jours &#224; Mayotte, c'&#233;tait devenu la r&#233;f&#233;rence. Pour certains m&#234;me, un record &#224; battre. Las, le &#171; score &#187; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antillaise, qui avait dur&#233; quarante-quatre jours en 2009, n'a pas &#233;t&#233; atteint. Les Mahorais ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Said" rel="tag"&gt;Sa&#239;d&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mlaili-Condro" rel="tag"&gt;Mla&#239;li Condro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH442/95_camille_mayotte-0a76b.jpg?1779603073' width='400' height='442' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au fil des jours&lt;/strong&gt; &#224; Mayotte, c'&#233;tait devenu la r&#233;f&#233;rence. Pour certains m&#234;me, un record &#224; battre. Las, le &#171; score &#187; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antillaise, qui avait dur&#233; quarante-quatre jours en 2009, n'a pas &#233;t&#233; atteint. Les Mahorais ont tenu un jour de moins. Apr&#232;s quarante-trois jours d'une mobilisation sociale &#171; contre la vie ch&#232;re &#187; sans pr&#233;c&#233;dent dans cette &#238;le de l'archipel des Comores qui est devenue le 101e d&#233;partement fran&#231;ais en avril dernier, les syndicalistes ont d&#233;cr&#233;t&#233; la suspension du mouvement avant m&#234;me qu'un accord ne soit trouv&#233; entre l'intersyndicale et les associations de consommateurs d'un c&#244;t&#233;, le patronat de l'autre. Ce dernier a bien consenti &#224; baisser le prix d'une dizaine de produits dits &#171; de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#187;, mais les leaders du mouvement attendaient plus. Les manifestants les plus radicaux aussi. &lt;i&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; se d&#233;solait l'un d'eux le 9 novembre, au lendemain de la &#171; capitulation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 27 septembre, jour de la premi&#232;re manifestation qui a vite d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en bataille de rue avec les forces de l'ordre venues en masse, les trois principales centrales syndicales de l'&#238;le et plusieurs associations de consommateurs, soutenues par une grande majorit&#233; de la population et des &#233;lus, revendiquaient la baisse des prix de produits tels que le riz, les ailes de poulet (ce qu'on appelle sur l'&#238;le des mabawas), l'huile, les sardines, le gaz, le sable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en Guadeloupe et en Martinique, le conflit a &#233;t&#233; dur. Pendant plusieurs semaines, les entreprises et les administrations ont tourn&#233; au ralenti, les routes ont &#233;t&#233; barr&#233;es, des carcasses de voitures incendi&#233;es, des vols annul&#233;s, des magasins pill&#233;s. Un manifestant, vite qualifi&#233; de &#171; martyr &#187;, est mort dans des conditions qui restent &#224; &#233;lucider. Alors que l'Administration parle d'un arr&#234;t cardiaque, des &#233;lus locaux ont accus&#233; les forces de l'ordre. Plusieurs autres ont &#233;t&#233; bless&#233;s et un enfant de neuf ans, touch&#233; au visage par un tir de Flash-Ball, a perdu un &#339;il. Plusieurs &#233;lus ont d&#233;nonc&#233; cette r&#233;pression aveugle de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec les Antilles s'arr&#234;te l&#224;. Un des leaders du mouvement, Ansoir Abdou, &#224; la t&#234;te du Collectif des citoyens perdus cr&#233;&#233; en 2009 pour protester contre la vie ch&#232;re, a bien invit&#233; le porte-parole du LKP, &#201;lie Domota. Mais ce dernier a d&#233;clin&#233;. Il a eu beau d&#233;clarer, dans L'Humanit&#233;, que &lt;i&gt;&#171; les similitudes [entre les deux conflits] sont r&#233;elles &#187;&lt;/i&gt;, il a aussi rappel&#233; que &lt;i&gt;&#171; les probl&#232;mes ne sont pas tout &#224; fait identiques &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale diff&#233;rence ? Les revendications. Celles du LKP (cent quarante-neuf en tout) devaient aboutir &#224; une r&#233;volution &#233;conomique &#8211; et peut-&#234;tre politique. &#192; Mayotte, il s'agissait avant tout d'obtenir, &#224; force de n&#233;gociations d'&#233;piciers, des baisses de prix. Jamais il n'a &#233;t&#233; question de remettre en cause la soci&#233;t&#233; de consommation dans laquelle l'&#238;le a &#233;t&#233; engag&#233;e il y a une quinzaine d'ann&#233;es, ou de mettre fin &#224; la d&#233;pendance de l'&#238;le vis-&#224;-vis de la m&#233;tropole. Encore moins de mettre &#224; bas les dogmes politiques et &#233;conomiques (&lt;i&gt;&#171; Seul le statut de d&#233;partement pourra permettre le d&#233;veloppement. &#187;&lt;/i&gt;) rab&#226;ch&#233;s depuis cinq d&#233;cennies par les &#233;lites locales. &lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, nous n'en sommes pas l&#224;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Boinali Sa&#239;d Toumbou, le porte-parole du mouvement. &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; mahoraise n'est pas encore pr&#234;te &#224; affronter l'inconnu. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Aux Antilles, ils avaient un vrai programme de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, ajoute Mla&#239;li Condro, un linguiste et fin observateur de ses contemporains. &lt;i&gt;Ils proposaient quelque chose de nouveau. Nous, nous ne r&#233;clamons que de nouvelles aides, sans imaginer un avenir dans lequel nous serions les acteurs de notre propre vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les germes de la r&#233;volte sont bien l&#224;. Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, Mayotte subit des mutations socio-&#233;conomiques destructrices. En sept ans, le salaire minimum a doubl&#233; &#8211; il repr&#233;sente aujourd'hui 80 % du Smig m&#233;tropolitain &#8211; mais les besoins ont, eux, d&#233;cupl&#233;. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, celui qui n'a pas sa voiture et ses deux t&#233;l&#233;phones portables est un rat&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ironise Ibrahim, un enseignant. L'activit&#233; &#233;conomique ne suit pas. Sur deux cent mille habitants, on compte &#224; peine trente-cinq mille actifs. L'administration n'embauche plus et le priv&#233;, domin&#233; par une caste venue de l'ext&#233;rieur et qui n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; redistribuer les richesses, cr&#233;e peu d'emplois. Les in&#233;galit&#233;s sont de plus en plus criantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avec la d&#233;partementalisation, on a cass&#233; le lien de solidarit&#233; qui permettait aux plus d&#233;munis de s'en sortir &lt;/i&gt;, explique Sa&#239;d Omar Oili, l'ancien pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral. &lt;i&gt;Et on attend toujours que la solidarit&#233; nationale entre en vigueur. &#187;&lt;/i&gt; Seuls quatre revenus sociaux ont &#233;t&#233; mis en place ces derni&#232;res ann&#233;es (sur vingt-deux). L'indemnisation des ch&#244;meurs est quasi inexistante. Et le RSA, qui entrera en vigueur le 1er janvier, ne repr&#233;sentera que 25 % du niveau m&#233;tropolitain&#8230;
Malgr&#233; tout, ce mouvement est &#224; graver dans les m&#233;moires. &lt;i&gt;&#171; C'est la premi&#232;re fois que les Mahorais osent &#224; ce point affronter l'autorit&#233; de l'&#201;tat et des patrons &#187;&lt;/i&gt;, analyse Mla&#239;li Condro. Pour Boinali Sa&#239;d Toumbou, &lt;i&gt;&#171; d&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; &#187;&lt;/i&gt;. C'est un d&#233;but.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Ni bonnes, ni connes !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Ni-bonnes-ni-connes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Ni-bonnes-ni-connes</guid>
		<dc:date>2011-12-22T06:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 6 octobre, les femmes de m&#233;nage et des &#233;quipiers de nuit d'un sous-traitant du groupe h&#244;telier Accor sont en gr&#232;ve au Novotel de Paris-Les Halles. Si les tauliers leur envoient police et huissiers, les gr&#233;vistes, elles, provoquent un sacr&#233; remue-m&#233;nage ! &#171; Il faut payer ! Il faut payer ! &#187; scandent en ch&#339;ur les manifestantes dans leurs m&#233;gaphones, tout en tambourinant sur des casseroles. R&#233;unies devant leur h&#244;tel, aux Halles, ces femmes immigr&#233;es, en majorit&#233; africaines, s'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no94-novembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;94 (novembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/payer" rel="tag"&gt;payer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/grevistes" rel="tag"&gt;gr&#233;vistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-hotel" rel="tag"&gt;l'h&#244;tel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut-payer" rel="tag"&gt;faut payer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Novotel" rel="tag"&gt;Novotel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/groupe-Accor" rel="tag"&gt;groupe Accor&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 6 octobre, les femmes de m&#233;nage et des &#233;quipiers de nuit d'un sous-traitant du groupe h&#244;telier Accor sont en gr&#232;ve au Novotel de Paris-Les Halles. Si les tauliers leur envoient police et huissiers, les gr&#233;vistes, elles, provoquent un sacr&#233; remue-m&#233;nage !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il faut payer ! Il faut payer ! &#187;&lt;/i&gt; scandent en ch&#339;ur les manifestantes dans leurs m&#233;gaphones, tout en tambourinant sur des casseroles. R&#233;unies devant leur h&#244;tel, aux Halles, ces femmes immigr&#233;es, en majorit&#233; africaines, s'en prennent bruyamment &#224; leur employeur, l'entreprise Sin&amp;stes &#224; qui Novotel sous-traite le nettoyage de ses piaules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 26 octobre, apr&#232;s vingt jours de gr&#232;ve, une dizaine de gros bras de la s&#233;curit&#233; matent d'un &#339;il impassible la sc&#232;ne tandis qu'un taxi d&#233;pose deux clients bling-bling qui d&#233;tournent le regard face au joyeux bordel d&#233;ploy&#233; par les gr&#233;vistes. Monique, qui trime dans les suites du Novotel depuis six ans, explique &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; C'est la premi&#232;re fois qu'on se met en gr&#232;ve. Mais les cadences de travail sont devenues impossibles pour nous ! &#187; &lt;/i&gt; Avec moins de 1 000 euros par mois, des contrats &#224; temps partiel sans horaires d&#233;finis et un rythme de trois chambres par heure, ces femmes b&#233;n&#233;ficieraient de conditions de travail bien pires que celles des employ&#233;s de l'h&#244;tel. Ch&#233;rif, &#233;quipier de nuit, d&#233;boule avec une lettre de menace de&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH421/94menage_camille-a61cc.png?1779603034' width='400' height='421' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;licenciement. &#201;nerv&#233;, il raconte : &lt;i&gt;&#171; Je travaille de 15 heures &#224; 21 heures, or ils nous ont annul&#233; la majoration pour le travail de nuit ! De plus, sur 7 heures de travail, nous n'avons m&#234;me pas le droit de faire une pause pour manger, alors qu'une coll&#232;gue est diab&#233;tique ! &#187;&lt;/i&gt;. Depuis peu, l'h&#244;tel est mont&#233; en grade, et arbore fi&#232;rement quatre &#233;toiles : &lt;i&gt;&#171; Ils ont mis beaucoup d'argent dans l'espace business avec des &#233;crans, des ordinateurs, des canap&#233;s&#8230; Et nous, on n'a rien eu ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, la direction de l'h&#244;tel et Sin&amp;stes font la sourde oreille ou se renvoient la balle&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il n'y a aucun dialogue, ils sont en train de nous narguer ! Et quand on va les voir, ils nous disent de ne pas &#233;couter les organisations syndicales, qu'elles nous manipulent &#187;&lt;/i&gt;, rench&#233;rit une des femmes de m&#233;nage. Pourtant, leurs revendications sont loin d'&#234;tre extravagantes : un treizi&#232;me mois &#8211; fichtre &#8211;, des tickets-resto &#224; quatre euros &#8211; diantre &#8211;, la dotation par l'employeur de gants pour l'ensemble des salari&#233;s &#8211; ventrebleu, c'est carr&#233;ment la libert&#233; d'entreprendre qu'on assassine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novotel r&#233;pond aux exigences de la pl&#232;be en d&#233;p&#234;chant lardus et huissiers de justice. Ainsi, l'h&#244;tel a port&#233; plainte contre les trente-huit gr&#233;vistes pour occupation ill&#233;gale d'une salle et Hakim, repr&#233;sentant syndical, a eu droit &#224; une garde &#224; vue agr&#233;ment&#233;e d'une convocation au tribunal de grande instance suite &#224; une plainte de la direction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de conflit entre salari&#233;s et sous-traitants du groupe Accor &#8211; ou d'autres grands h&#244;tels parisiens &#8211; se multiplierait. Selon Claude L&#233;vy, permanent de la CGT Commerce, &lt;i&gt;&#171; la sous-traitance du nettoyage et de la s&#233;curit&#233; se g&#233;n&#233;ralise dans le milieu h&#244;telier jusque dans les maisons quatre &#233;toiles : en externalisant des services, il y a moins de charges patronales &#224; payer, et le management se n&#233;gocie au rabais. &#187;&lt;/i&gt; En attendant, le soutien aux gr&#233;vistes s'organise : un collectif leur a apport&#233; quelques centaines d'euros et de quoi casser la cro&#251;te, la CGT a offert &#224; chacune deux cents euros pour le mois et des employ&#233;s de l'h&#244;tel du Louvre et de Lafayette se radinent en soutien aux rassemblements. Avant que le cort&#232;ge bigarr&#233; de ces femmes de m&#233;nage ne se mette en route vers le tribunal, une autre femme, huissier de justice, vient constater le tohu-bohu des gr&#233;vistes devant l'h&#244;tel&#8230; Elles n'en ont cure et partent, comme un seul homme, oups, une seule femme, assister &#224; l'audience consacr&#233;e &#224; la plainte pour occupation ill&#233;gale. Faty, militante associative, d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Au-del&#224; des revendications salariales, il s'agit clairement d'une lutte f&#233;ministe &#187;&lt;/i&gt;. Car si le groupe Accor se targue sur son site d'&#171; ouvrir de nouvelles fronti&#232;res dans l'hospitalit&#233; &#187;, il a surtout ouvert, avec l'utilisation de la sous-traitance, de nouvelles fronti&#232;res dans la pr&#233;carit&#233; des femmes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'atome des rails</title>
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&lt;p&gt;Du 5 au 9 novembre dernier, le Castor, dit aussi le &#171; train de l'Enfer &#187; avec ses 154 tonnes de d&#233;chets vitrifi&#233;s provenant de La Hague, s'est tra&#238;n&#233; vers le site de stockage de Gorleben, en Allemagne. Le long du parcours, des militants antinucl&#233;aires ont retard&#233; ce funeste charroi. &#171; Hau ab ! Hau ab ! &#187; &#192; la vue des premiers flics, le cort&#232;ge joue l'intimidation : 5 000 personnes qui hurlent, soutenues par l'&#233;cho de la for&#234;t, et la r&#233;gion du Wendland prend des airs d'Ast&#233;rix chez les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cortege-joue" rel="tag"&gt;cort&#232;ge joue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/airs-d-Asterix" rel="tag"&gt;airs d'Ast&#233;rix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 5 au 9 novembre dernier, le Castor, dit aussi le &#171; train de l'Enfer &#187; avec ses 154 tonnes de d&#233;chets vitrifi&#233;s provenant de La Hague, s'est tra&#238;n&#233; vers le site de stockage de Gorleben, en Allemagne. Le long du parcours, des militants antinucl&#233;aires ont retard&#233; ce funeste charroi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_48 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH407/84-Camille-train-nucleaire-1fde2.jpg?1779602926' width='400' height='407' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Hau ab ! Hau ab ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;gagez ! D&#233;gagez ! &#187;, en allemand.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#192; la vue des premiers flics, le cort&#232;ge joue l'intimidation : 5 000 personnes qui hurlent, soutenues par l'&#233;cho de la for&#234;t, et la r&#233;gion du Wendland prend des airs d'Ast&#233;rix chez les Goths. L'aube se l&#232;ve &#224; peine, et voil&#224; d&#233;j&#224; une heure que les militants antinucl&#233;aires marchent &#224; travers champs. Les premi&#232;res fus&#233;es claquent dans le ciel, les drapeaux virevoltent. &lt;i&gt;&#171; Il faut se d&#233;p&#234;cher, resserrez les rangs ! &#187;&lt;/i&gt; Tous sentent qu'ils approchent des rails. Tout &#224; coup, ils se mettent &#224; courir. Les premi&#232;res lignes repoussent les casqu&#233;s, un bouclier de paille autour du bras. Et le reste du groupe se jette sur la voie de chemin de fer pour retirer le ballast. Rapidement, les premiers coups de matraque tombent et le gel au poivre finit le boulot. S'ensuivront plusieurs heures de barricades en bois, de vaines perc&#233;es des lignes polici&#232;res et de courses-poursuites dans la for&#234;t. C'est que les schmits de l'atome ont sorti le grand jeu : blind&#233;s, canons &#224; eau, h&#233;licos&#8230; La presse allemande annonce 17 000 flics mobilis&#233;s et 50 millions d'euros claqu&#233;s pour assurer l'ordre nucl&#233;aire. Mais &#224; force d'op&#233;rations fa&#231;on Blitzkrieg, plusieurs tron&#231;ons de la voie seront d&#233;t&#233;rior&#233;s, imposant une maintenance qui retardera le passage du train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu plus tard&lt;/strong&gt;, dans la soir&#233;e, un sit-in de plusieurs milliers de personnes, organis&#233; par les habitants du coin, bloque le convoi. Presque toutes les g&#233;n&#233;rations sont repr&#233;sent&#233;es et dorment sur les rails malgr&#233; un froid de castor, recroquevill&#233;es sous des couvertures de survie ou autour de feux. Les camions sono aident &#224; patienter. &lt;i&gt;&#171; Soupe chaude ! Caf&#233; ! &#187;,&lt;/i&gt; proposent les paysans. &lt;i&gt;&#171; La police cherche un repr&#233;sentant pour n&#233;gocier une sortie de crise ! &#187;&lt;/i&gt;, plaisante-t-on au m&#233;gaphone. Mais au bout de quelques heures, ladite police &#233;vacue les pacifistes, les tra&#238;nant vers le champ d'&#224; c&#244;t&#233; transform&#233; en ge&#244;le &#224; ciel ouvert&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un proc&#233;d&#233; import&#233; quelques jours plus tard place Bellecour, &#224; Lyon.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans la ligne de mire de canons &#224; eau, 1 300 personnes resteront parqu&#233;es dans le froid jusqu'au passage du train, au petit matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour de Gorleben&lt;/strong&gt;, la lutte antinucl&#233;aire est tr&#232;s populaire. Toutes les maisons arborent fi&#232;rement un grand X jaune, symbole du refus de ce Tchernobyl &#224; roulettes. &#192; l'aide de tracteurs, chaque bourgade organise son piquet pour barrer la route aux camions des forces de l'ordre. &lt;i&gt;&#171; Certains policiers n'ont pas &#233;t&#233; relev&#233;s avant quarante heures &#224; cause de nous &#187;&lt;/i&gt;, se marre un villageois. Il faut dire que depuis 1995, Gorleben est la poubelle atomique de l'Allemagne. L'industrie nucl&#233;aire y entrepose des d&#233;chets vitrifi&#233;s hautement radioactifs en attendant de les faire patienter quelques milliers d'ann&#233;es dans une couche g&#233;ologique de sel. Et &#231;a, les anti-Castor allemands n'en veulent pas. Et le font savoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficile alors&lt;/strong&gt; de ne pas comparer avec les actions men&#233;es de ce c&#244;t&#233; du Rhin, o&#249; la qu&#234;te de couverture m&#233;diatique, les cyberp&#233;titions et l'interpellation de mairies abandonnent le combat antinucl&#233;aire aux mains de journalistes et d'&#233;lus. Ici, il est impossible de faire ne serait-ce qu'un simple relev&#233; ind&#233;pendant ! &#192; La Hague, la pr&#233;fecture avait autoris&#233; l'Association pour le contr&#244;le de la radioactivit&#233; de l'Ouest &#224; balader ses compteurs Geiger aux abords du train &#224; l'arr&#234;t, mais la SNCF s'est arrang&#233;e pour lui en interdire l'acc&#232;s. L'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique autorisant des &#233;missions de radiations mille fois sup&#233;rieures aux doses naturelles lors de ces transports, il y a de quoi avoir les jetons quand le Castor au curie roule un samedi apr&#232;s-midi en plein Strasbourg&#8230; Le Groupe d'actions non violentes antinucl&#233;aires tentera de sauver l'honneur hexagonal avec son blocage quasi sacrificiel, le payant de deux tendons sectionn&#233;s par les disqueuses polici&#232;res, de br&#251;lures au troisi&#232;me degr&#233;, de 15 000 euros pour &#233;viter la d&#233;tention, et d'un proc&#232;s qui s'est tenu &#224; Caen le 8 d&#233;cembre. Mais courage ! Le mouvement antinucl&#233;aire fran&#231;ais a deux ans, avant le prochain acheminement de d&#233;chets vers l'Allemagne, pour s'&#233;toffer. Et se perfectionner dans l'attaque de train&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; D&#233;gagez ! D&#233;gagez ! &#187;&lt;/i&gt;, en allemand.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un proc&#233;d&#233; import&#233; quelques jours plus tard place Bellecour, &#224; Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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