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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Et quatre de plus qui font&#8230; 2042</title>
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		<dc:date>2019-10-17T14:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Quelques ami.es de Fabrice Borom&#233;e</dc:creator>


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&lt;p&gt;Entr&#233; en taule en 2010 pour une peine de huit ans, Fabrice Borom&#233;e en a d&#233;sormais, au total, plus de trente &#224; tirer. Cet &#233;t&#233;, quatre nouvelles ann&#233;es lui ont &#233;t&#233; gentiment distribu&#233;es. Des ami.es de Fabrice racontent ici ce dernier proc&#232;s. 16 juillet 2019, 14 h. Fabrice Borom&#233;e est jug&#233; &#224; Tarascon (Bouches-du-Rh&#244;ne) pour avoir violent&#233; un maton. Incarc&#233;r&#233; depuis huit ans en m&#233;tropole, loin de sa Guadeloupe familiale, Fabrice en a pass&#233; sept &#224; l'isolement. L'arbitraire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entr&#233; en taule en 2010 pour une peine de huit ans, Fabrice Borom&#233;e en a d&#233;sormais, au total, plus de trente &#224; tirer. Cet &#233;t&#233;, quatre nouvelles ann&#233;es lui ont &#233;t&#233; gentiment distribu&#233;es. Des ami.es de Fabrice racontent ici ce dernier proc&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;16 juillet 2019, 14 h. Fabrice Borom&#233;e&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur son histoire, lire aussi &#171; Fabrice, &#233;crou 15 964, isolement &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est jug&#233; &#224; Tarascon (Bouches-du-Rh&#244;ne) pour avoir violent&#233; un maton. Incarc&#233;r&#233; depuis huit ans en m&#233;tropole, loin de sa Guadeloupe familiale, Fabrice en a pass&#233; sept &#224; l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbitraire de l'administration p&#233;nitentiaire (AP), il conna&#238;t : isolement total, n&#233;gligence dans les soins m&#233;dicaux, humiliations et violences. Une torture carc&#233;rale qui confirme sans aucun doute que la peine de mort (&#224; petit feu) n'a pas &#233;t&#233; abolie et que les QHS (quartiers de haute s&#233;curit&#233;) de sinistre m&#233;moire n'ont pas r&#233;ellement ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une histoire de lentilles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre 2014, Fabrice Borom&#233;e est incarc&#233;r&#233; &#224; Arles. Au moment de la distribution du repas, l'absence d'une barquette de lentilles d&#233;clenche une altercation entre Fabrice et le surveillant Christian Dumont. Ce dernier s'en sort avec trois jours d'ITT (incapacit&#233; totale de travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Fabrice reconna&#238;t les faits, il en pr&#233;cise les raisons : s'il a frapp&#233; ce maton, c'est en r&#233;ponse aux multiples provocations de sa part ; c'est &#233;galement en vue de le prendre en otage afin de d&#233;noncer ses conditions de d&#233;tention et de revendiquer son transfert en Guadeloupe pour rapprochement familial. Avec cet aveu, les motifs avanc&#233;s prennent une ampleur nouvelle, mais pas de quoi troubler les juges, qui se contentent des d&#233;clarations de l'AP : le surveillant n'y est pour rien, Fabrice ment. Les causes de l'agression sont bien une histoire de lentilles... et surtout pas des conditions de d&#233;tention inhumaines.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas comprendre pour m&#233;priser&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les justifications exprim&#233;es par Fabrice n'ont pas trouv&#233; d'oreilles attentives, c'est d'abord parce que ce dernier ne se fait pas entendre. Le d&#233;bit de sa parole est rapide et saccad&#233; (Fabrice b&#233;gaie de plus en plus depuis qu'il est &#224; l'isolement), son accent cr&#233;ole est pr&#233;gnant et son attitude trop &#171; vindicative &#187;, pas assez lisse et soumise... En cons&#233;quence, le tribunal ne comprend visiblement qu'un mot sur deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas comprendre, c'est aussi simplifier &#224; l'exc&#232;s. Pour cerner un coupable, on &#233;tablit sa &#171; personnalit&#233; &#187;. Pour Fabrice, cela s'est limit&#233; aux dix-huit &#171; mentions &#187; inscrites &#224; son casier judiciaire, dont la majorit&#233; l'ont &#233;t&#233; pendant sa d&#233;tention. Cette longue litanie de &#171; r&#233;bellions et violences &#187; n'a pas pour but d'&#233;clairer les juges sur la situation et la trajectoire de Fabrice, mais bien de le d&#233;crire comme l'inhumain qui m&#233;rite son sort. Pour l'avocat de la victime, la &#171; &lt;i&gt;personnalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; de Fabrice est d&#232;s lors &#171; &lt;i&gt;inqui&#233;tante&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;une haine dont le d&#233;tenu a fait la preuve&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Une fureur&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;une violence inacceptable intol&#233;rable et grave&lt;/i&gt; &#187;, compl&#233;tera le procureur....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, peut-&#234;tre qu'une liste de d&#233;cisions de justice suffit &#224; cr&#233;er un monstre, &#224; pourrir la vie des gens et faire d'un minot des rues un homme qui n'a plus rien &#224; perdre. Mais alors il faut tout dire : mise en institution avec s&#233;paration de la fratrie &#224; la mort de sa m&#232;re quand il a 8 ans, placement dans une famille d'accueil violente, premi&#232;re incarc&#233;ration &#224; 16 ans, puis d&#233;portation en m&#233;tropole pour purger une peine de huit ans prononc&#233;e en 2010 (la derni&#232;re pour des faits commis dehors), refus de permission pour l'enterrement de son p&#232;re, nouvelles peines &#171; internes &#187;, violences d'agents p&#233;nitentiaires ayant entra&#238;n&#233; une surdit&#233; totale d'une oreille, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monstre, vous dit-on ! Qui m&#233;rite son sort et que l'on doit m&#233;priser. C'est en quelque sorte ce que s'est &#233;vertu&#233; &#224; faire l'un des juges quand, comble du cynisme ou de l'ignorance, il interroge Fabrice sur ses conditions de d&#233;tention. Mais, pr&#233;cisera-t-il : &#171; &lt;i&gt;Pouvez-vous nous en dire deux mots, sans que ce soit trop long&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Outre l'ignorance d'un quotidien dans les quartiers d'isolement des prisons fran&#231;aises (rebaptis&#233;s &#171; &lt;i&gt;tombeaux secrets&lt;/i&gt; &#187; par les d&#233;tenus), ce juge souhaite donc que Fabrice s'exprime succinctement. Il le fera simplement : &#171; &lt;i&gt;Ma t&#234;te est sur le billot... Je suis l'homme &#224; abattre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur aura, quant &#224; lui, une attitude plus directe dans le m&#233;pris et l'insulte, en attribuant &#224; Fabrice &#171; &lt;i&gt;un niveau de r&#233;flexion z&#233;ro&lt;/i&gt; &#187;. Clair et limpide !&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chronique d'une mort annonc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est 15 h. L'audience aura dur&#233; moins d'une heure. Le d&#233;lib&#233;r&#233; est sans surprise : quatre ans ferme. &#192; ce jour, entre ses 16 et ses 38 ans, Fabrice a donc pass&#233; 7 mois dehors. Il est dor&#233;navant lib&#233;rable en 2042. Sans compter qu'il lui reste encore deux proc&#232;s pour des faits similaires, o&#249; Fabrice d&#233;non&#231;ait ses conditions de d&#233;tention et r&#233;affirmait sa volont&#233; d'&#234;tre transf&#233;r&#233; en Guadeloupe. Encore une occasion de rallonger la peine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; victime &#187;, c'est du velours : les indemnit&#233;s s'&#233;l&#232;vent &#224; un peu plus de 46 000 &#8364;. &#171; &lt;i&gt;Il s'est offert une villa sur ton dos&lt;/i&gt; &#187;, blagueront les &#201;ris (&#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233;) qui ont escort&#233; Fabrice de la prison au tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'audience, la loi impose au juge de laisser la parole &#224; l'accus&#233;. Fabrice en profite pour rappeler une &#233;vidence : &#171; &lt;i&gt;Si la directrice que j'avais vue le matin m&#234;me m'avait &#233;cout&#233;, avait pris en compte mon besoin de rentrer chez moi, avait entendu que la pression montait, rien de tout &#231;a ne se serait pass&#233;. Mais elle m'a mal parl&#233;, a &#233;t&#233; m&#233;prisante et voil&#224; o&#249; on en est aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las pour Fabrice, l'AP ne cherche pas l'apaisement. Contact&#233;, il nous informe que son r&#233;gime d'isolement a &#233;t&#233; prolong&#233; au motif que &#171; &lt;i&gt;refuser de sortir de sa cellule pour aller seul en promenade ou en salle de sport prouve une inaptitude &#224; la vie sociale minimale requise pour &#234;tre en b&#226;timent comme les autres prisonniers&lt;/i&gt; &#187;. Fabrice reconna&#238;t en effet avoir peur que les d&#233;placements, menott&#233; et entour&#233; d'une demi-douzaine d'agents &#233;quip&#233;s et provocateurs, ne soient qu'une occasion pour la matonnerie de se venger et de le frapper &#224; mort, en r&#233;ponse &#224; ses multiples tentatives de prises de parole concernant son r&#233;gime de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit (en fran&#231;ais, la seule langue qui lui permet de communiquer depuis sept ans car ni les surveillants ni ses cod&#233;tenus ne parlent cr&#233;ole, sa langue maternelle, et qu'il n'a pas de parloir avec sa famille rest&#233;e en Guadeloupe) : &#171; &lt;i&gt;Ils ont d&#233;j&#224; tu&#233; le Guadeloup&#233;en en moi&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Maintenant, tous les matons de France me connaissent, les syndiqu&#233;s veulent ma peau suite aux prises d'otage que j'ai tent&#233;es. Je ne serai en paix nulle part. L'ulc&#232;re me fait super mal au ventre. Mon p&#232;re me manque, ma famille me manque. C'est trop de souffrance tout &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelques potes et t&#233;moins pr&#233;sents au tribunal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur son histoire, lire aussi &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-prison-une-entreprise-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Fabrice, &#233;crou 15 964, isolement&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 159 (novembre 2017). Pour lui &#233;crire, c'est &#224; cette adresse : Fabrice Borom&#233;e &#8211; 368 &#8211; Maison centrale &#8211; Quartier d'isolement &#8211; 5, rue L&#233;on Druoux &#8211; 62880 Vendin-le-Vieil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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