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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les oubli&#233;s du fleuve</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'enclavement du sud de la Guyane (quinze jours sans Internet) a emp&#234;ch&#233; CQFD d'inclure &#224; son dossier Dom-Tom du mois de juin le point de vue de Thibaut Lemi&#232;re. Cet instituteur syndiqu&#233; &#224; Sud-&#201;ducation a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve du printemps, ainsi qu'aux n&#233;gociations de Cayenne. Voici son t&#233;moignage en diff&#233;r&#233;. &#171; Le mouvement social du printemps est arriv&#233; chez nous avec un certain retard, vu notre isolement. Il n'y a pas de route, on ne peut venir &#224; Maripasoula qu'en avion ou en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'enclavement du sud de la Guyane (quinze jours sans Internet) a emp&#234;ch&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'inclure &#224; son dossier Dom-Tom du mois de juin le point de vue de Thibaut Lemi&#232;re. Cet instituteur syndiqu&#233; &#224; Sud-&#201;ducation a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve du printemps, ainsi qu'aux n&#233;gociations de Cayenne. Voici son t&#233;moignage en diff&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3102 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH352/-1333-9075d.jpg?1768673541' width='500' height='352' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Globe Trottoir
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e mouvement social du printemps est arriv&#233; chez nous avec un certain retard, vu notre isolement. Il n'y a pas de route, on ne peut venir &#224; Maripasoula qu'en avion ou en pirogue. Et les t&#233;l&#233;coms, comme tout le service public, laissent grandement &#224; d&#233;sirer, encore plus que sur la c&#244;te.&lt;/i&gt; &#187; Thibaut Lemi&#232;re est professeur des &#233;coles dans &#171; &lt;i&gt;la commune fran&#231;aise la plus &#233;tendue, mais aussi la moins peupl&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, situ&#233;e au sud-ouest de la Guyane. Originaire de m&#233;tropole, il a pr&#233;c&#233;demment enseign&#233; &#224; Mayotte. Et a fait partie de la d&#233;l&#233;gation envoy&#233;e fin mars &#224; Cayenne par le Collectif Lawa, regroupant les habitants du fleuve Maroni, pour n&#233;gocier avec la ministre des Outre-Mer. &#171; &lt;i&gt;Nous avons rejoint la gr&#232;ve sur le tard, mais notre mouvement a &#233;t&#233; plus populaire et uni, plus homog&#232;ne que sur le littoral, o&#249; le patronat local (TPE et PME) tenait assez fermement les r&#234;nes du m&#233;contentement. Sans oublier les revendications s&#233;curitaires des 500 fr&#232;res, &#224; Cayenne, et de Trop de violence, &#224; Kourou. Leur mouvement &#233;tait plus corporatiste, sectoriel, structurel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie du blocage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'autre composante importante du mouvement de ce printemps, c'&#233;tait le r&#244;le moteur d'un syndicat du secteur de l'&#233;nergie, tr&#232;s pr&#233;sent &#224; Kourou. Et surtout, celui de l'Union des travailleurs guyanais (UTG), &#233;quivalent de la CGT en m&#233;tropole, mais avec une claire sensibilit&#233; ind&#233;pendantiste : le drapeau de l'UTG est le m&#234;me que le drapeau nationaliste, devenu c&#233;l&#232;bre lors du mouvement social de 1997-98. &#171; &lt;i&gt;Contrairement aux autres leaders du mouvement r&#233;cent, l'UTG a de longue date une forte assise populaire. Ce qui lui a permis de lancer, le 27 mars, un premier appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale intercat&#233;gorielle, relay&#233; ensuite par Solidaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des particularit&#233;s de ce mouvement tenait &#224; la strat&#233;gie choisie, celle du blocage. &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224; en 2009, des blocages avaient dur&#233; 15 jours, quelques semaines avant la grande gr&#232;ve du LKP de Guadeloupe.&lt;/i&gt; &#187; Bloquer les administrations et les carrefours, &#171; &lt;i&gt;&#231;a permet au personnel de participer au mouvement sans se d&#233;clarer gr&#233;viste, sans perdre son salaire&lt;/i&gt; &#187;. Strat&#233;gie qui a aussi le m&#233;rite de mettre &#224; nu les contradictions de classes existant au sein du mouvement. &#192; terme, la paralysie engendr&#233;e ne peut qu'entrer en opposition avec les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie locale&#8230; &#171; &lt;i&gt;Mais comme le mouvement a r&#233;ussi assez vite &#224; asseoir la ministre et le pr&#233;fet &#224; la table des n&#233;gociations, ces tensions n'&#233;taient pas encore trop vives. Mieux encore, Les &#8220;500 Fr&#232;res&#8221; et Trop de violence se sont align&#233;s sur les demandes sociales en mati&#232;re de sant&#233;, d'&#233;ducation&#8230; Au fil des jours, leur discours s&#233;curitaire et x&#233;nophobe a fini par passer au second plan.&lt;/i&gt; &#187; Le rapport de force est ainsi devenu plus favorable au mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une question qui divise&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la sensibilit&#233; ind&#233;pendantiste de l'UTG, &#171; &lt;i&gt;elle trouve un &#233;cho paradoxal chez certains patrons, qui r&#234;vent d'une logique de zone franche pour la Guyane&#8230; Je pense pour ma part que ce d&#233;voiement de la question sociale a contribu&#233; &#224; l'essoufflement du mouvement&lt;/i&gt;, soutient Thibaut&lt;i&gt;. La question de la subordination coloniale est complexe, et il faut faire la diff&#233;rence entre d&#233;colonisation et ind&#233;pendance. Car pour la majorit&#233; des Noirs-marrons et des Am&#233;rindiens, il est clair que la Guyane est un territoire administr&#233; de mani&#232;re coloniale ; c'est sur l'apr&#232;s-d&#233;colonisation que les points de vue divergent. Pour beaucoup, d&#233;colonisation signifierait &#233;galit&#233; r&#233;elle entre ultramarins et m&#233;tropolitains, et non pas un statut autonome voulu par le patronat ou une ind&#233;pendance d&#233;fendue par une partie de la communaut&#233; cr&#233;ole. Le discours nationaliste a atteint ses limites et la fracture s'est faite, comme &#224; Mayotte, sur l'apr&#232;s-d&#233;colonisation. Il est en tout cas ind&#233;niable que la question du changement de statut de la Guyane a divis&#233; profond&#233;ment le front social.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question, qui ne figurait pas dans les revendications de d&#233;part, a sembl&#233; surgir par calcul politique. Pourtant, lors des l&#233;gislatives de juin 2017, aucun candidat nationaliste n'a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#8211; contrairement &#224; la Nouvelle-Cal&#233;donie, o&#249; des ind&#233;pendantistes ont remport&#233; plusieurs si&#232;ges. Seul un candidat se r&#233;clamant du mouvement social, syndicaliste de l'UTG, a eu leur soutien, plut&#244;t ti&#232;de. &#171; &lt;i&gt;Ceci n'est pas une opinion &#8220;d'expat&#8221;,&lt;/i&gt; se d&#233;fend Thibaut.&lt;i&gt; J'exprime l&#224; ce que j'ai pu recueillir des faits et des points de vue qui se sont exprim&#233;s au c&#339;ur du mouvement. Il faut voir les fissures provoqu&#233;es par les questions de changement de statut de la Guyane, dont le corollaire a &#233;t&#233; la d&#233;fection d'un certain nombre de leaders du Kollectif pou La Gwyane d&#233;kol&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La question de l'autod&#233;termination des peuples n'en demeure pas moins pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clivages et pr&#233;jug&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons aux sp&#233;cificit&#233;s du Sud. &#171; &lt;i&gt;Chez nous, les Am&#233;rindiens ont particip&#233; au collectif des habitants du Maroni, sur la base de revendications communes, en d&#233;passant les strat&#233;gies d'enfermement des logiques communautaires et identitaires. Notre collectif &#233;tait intercat&#233;goriel, intercommunautaire, avec des repr&#233;sentants de tous les habitants du fleuve. Au final, on avait un coup d'avance par rapport au littoral, plus sectoris&#233; et divis&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; les pr&#233;jug&#233;s de jouer contre eux. &#171; &lt;i&gt;&#192; notre arriv&#233;e &#224; Cayenne, on n'a pas &#233;t&#233; pris au s&#233;rieux, ni par le pr&#233;fet, ni par le Collectif du littoral. On repr&#233;sentait la Guyane oubli&#233;e (soit pr&#232;s de la moiti&#233; du territoire), mais nous avons &#233;t&#233; amalgam&#233;s au &#8220;p&#244;le autochtone&#8221;, cat&#233;goris&#233;s et minoris&#233;s, comme les Am&#233;rindiens et les Bushinengu&#233;s &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Bushinengu&#233;s (&#171; gens des for&#234;ts &#187;) sont des descendants d'esclaves (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&#8230; Alors que chez nous, on avait d&#233;pass&#233; ces clivages !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, Thibaut mentionne un exemple parlant : une vague de suicide touche la jeunesse du fleuve, mais seuls les suicides d'Am&#233;rindiens ont &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet est venu en h&#233;licopt&#232;re, avec une cellule psychologique. Par contre, il y a quelques ann&#233;es, quand deux &#233;l&#232;ves du coll&#232;ge se sont donn&#233; la mort &#224; quelques jours d'intervalle, silence !&lt;/i&gt; &#187; Le fait que les raisons de ces suicides plongent sans aucun doute leurs racines dans l'injustice sociale et l'abandon de la r&#233;gion est plus difficilement r&#233;ductible par le paternalisme des autorit&#233;s, plus &#224; l'aise avec ces &#171; &lt;i&gt;pauvres indiens&lt;/i&gt; &#187; inadapt&#233;s &#224; la modernit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Esprit de r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Sud guyanais est &#224; la marge d'un territoire lui-m&#234;me marginalis&#233; par la m&#233;tropole. &#171; &lt;i&gt;Le premier lyc&#233;e est &#224; Cayenne, &#224; 300 kilom&#232;tres de Maripasoula ! La ville compte 8 000 habitants, avec un bassin de population d'au moins 25 000 personnes, mais il n'y a pas d'h&#244;pital. Seulement un dispensaire, et une poign&#233;e de postes de sant&#233; implant&#233;s le long du fleuve, o&#249; le personnel tente de faire des miracles avec des bouts de ficelle. On n'a pas un seul ophtalmologiste, pas de dentiste, pas de maternit&#233;, juste quelques sages-femmes. Quand &#231;a se complique, il faut &#233;vacuer par h&#233;licopt&#232;re jusqu'&#224; Cayenne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des n&#233;gociations du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; avril, la Guyane a obtenu une rallonge budg&#233;taire de deux milliards d'euros. &#171; &lt;i&gt;Mais l'ensemble des fonds et des projets structurels (routes, h&#244;pitaux&#8230;) sont destin&#233;s au littoral. Aucun axe terrestre de d&#233;senclavement du Sud n'est &#224; l'ordre du jour.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; leur mobilisation, tr&#232;s peu d'avanc&#233;es ont &#233;t&#233; obtenues par les gens du fleuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il aujourd'hui de ce printemps ? &#171; &lt;i&gt;&#192; Cayenne, le CHU Andr&#233;e-Rosemon &#233;tait encore en gr&#232;ve il y a quelques jours. Ils ont tenu 70 jours &#8211; plus de deux mois de blocage !&lt;/i&gt; &#187; Et puis, l'esprit de r&#233;sistance collective s'est renforc&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#192; notre retour, les habitants de Maripasoula se sont sentis frustr&#233;s, mais pas d&#233;mobilis&#233;s. Le Collectif est maintenu, des liens forts ont &#233;t&#233; tiss&#233;s entre les gens, entre les communaut&#233;s, les villages, sur la base d'une conscience commune de l'injustice qui nous est faite.&lt;/i&gt; &#187; L'exp&#233;rience v&#233;cue a laiss&#233; des traces dans le paysage. &#171; &lt;i&gt;La voix du fleuve a &#233;t&#233; port&#233;e par les habitants du fleuve. Le littoral a appris &#224; ne plus parler &#224; notre place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Bushinengu&#233;s (&#171; gens des for&#234;ts &#187;) sont des descendants d'esclaves marrons, enfuis des plantations du Suriname, qui fond&#232;rent des r&#233;publiques d'hommes et de femmes libres dans les profondeurs amazoniennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Burning Men</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Si demain les &#233;cocidaires formaient un orchestre, c'est sans doute Bolsonaro qui tiendrait la baguette. Mais Macron aurait de bonnes chances de d&#233;crocher le poste de premier violon... &#171; Notre maison br&#251;le. Litt&#233;ralement. L'Amazonie, le poumon de notre plan&#232;te qui produit 20 % de notre oxyg&#232;ne, est en feu. &#187; Et soudain, au milieu de l'&#233;t&#233;, Emmanuel Macron se d&#233;couvrit une vocation de pompier. Pas mal, pour un fieff&#233; incendiaire social. Le voici champion de la protection de l'Amazonie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/foret" rel="tag"&gt;for&#234;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si demain les &#233;cocidaires formaient un orchestre, c'est sans doute Bolsonaro qui tiendrait la baguette. Mais Macron aurait de bonnes chances de d&#233;crocher le poste de premier violon...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; N&lt;/span&gt;&lt;i&gt;otre maison br&#251;le. Litt&#233;ralement. L'Amazonie, le poumon de notre plan&#232;te qui produit 20 % de notre oxyg&#232;ne, est en feu.&lt;/i&gt; &#187; Et soudain, au milieu de l'&#233;t&#233;, Emmanuel Macron se d&#233;couvrit une vocation de pompier. Pas mal, pour un fieff&#233; incendiaire social. Le voici champion de la protection de l'Amazonie, sauveur de la canop&#233;e, h&#233;ros des jaguars, bienfaiteur des anacondas, prince des tapirs et &#8211; excusez du peu &#8211; roi des paresseux ! Sauf que&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf qu'en Guyane, &#171; France &#233;quinoxiale &#187;, notre g&#233;ant vert ne s'est pas distingu&#233; par son amour de la for&#234;t. Il a longtemps soutenu le m&#233;ga projet minier de la Montagne d'or, finalement suspendu gr&#226;ce &#224; une mobilisation massive de la soci&#233;t&#233; civile. Chaque ann&#233;e, son pr&#233;fet d&#233;livre des dizaines d'autorisations d'exploiter &#224; de plus petits acteurs du secteur aurif&#232;re &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Non, la Guyane n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e &#187;, Mediapart (29/08/2019). Sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Actuellement, les permis miniers d&#233;livr&#233;s ou en cours d'instruction par le gouvernement menacent plus de 360 000 hectares du territoire guyanais&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce l'association &#233;cologiste Ma&#239;ouri Nature. Pis : par un d&#233;cret du 4 avril 2018, ce m&#234;me gouvernement a assoupli les r&#232;gles de l'&#233;valuation environnementale des projets pouvant entra&#238;ner des risques &#233;cologiques&#8230; sur le territoire guyanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la lutte contre l'orpaillage ill&#233;gal, c'est une vaste blague. Pr&#232;s de 10 000 orpailleurs clandestins arpentent pourtant la for&#234;t depuis des ann&#233;es. Ils coupent des arbres et asphyxient les cours d'eau, &#224; force de rejets toxiques et boueux. Mais la seule r&#233;ponse est militaire. Et d&#233;risoire : quelques centaines de bidasses dans une jungle grande comme le Portugal, &#231;a fait de belles images pour la t&#233;l&#233;, mais &#231;a ne r&#233;sout rien. L'ancien chef des op&#233;rations anti-orpaillage en Guyane, le lieutenant-colonel Gladieux, l'a lui-m&#234;me reconnu : &#171; &lt;i&gt;Si on ne se concentre que sur le volet r&#233;pressif, &#231;a ne marchera jamais. Il faut un volet &#233;conomique, social et diplomatique&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'or qui empoisonne la Guyane &#187;, reportage diffus&#233; par la radio RTBF-La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187; Soit tout l'inverse de l'approche en cours : aucun travail s&#233;rieux n'est conjointement men&#233; par les autorit&#233;s fran&#231;aises, br&#233;siliennes et surinamaises pour offrir des alternatives de survie aux orpailleurs, essentiellement de pauvres bougres venus fuir la mis&#232;re des r&#233;gions excentr&#233;es du nord du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas grand-chose non plus n'est fait pour att&#233;nuer le mal-&#234;tre des populations autochtones, souvent perdues entre deux mondes, d&#233;poss&#233;d&#233;es de leur culture et de leur for&#234;t. Cet &#233;t&#233;, Macron a clam&#233; sa volont&#233; de mieux les &#171; associer &#187; &#224; la gestion de l'Amazonie. Cela fait une trentaine d'ann&#233;es que les Am&#233;rindiens de Guyane demandent &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais de signer la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail, relative aux droits des peuples autochtones : la ratification de ce texte leur donnerait un vrai droit de regard sur le d&#233;veloppement du territoire guyanais. Curieusement, notre brave chevalier des bois tropicaux n'a pas fait l'amorce d'un pas dans cette direction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, si demain les &#233;cocidaires formaient un orchestre, c'est sans doute Bolsonaro qui tiendrait la baguette. Mais Macron aurait de bonnes chances de d&#233;crocher le poste de premier violon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/290819/non-la-guyane-n-pas-ete-preservee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Non, la Guyane n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (29/08/2019). Sur la question de l'extractivisme en Amazonie, lire le tr&#232;s riche n&#176; 12 de la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt;, titr&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.zite.fr/parutions/z12guyane/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guyane &#8211; Tr&#233;sors et conqu&#234;tes&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'or qui empoisonne la Guyane &#187;, reportage diffus&#233; par la radio RTBF-La Premi&#232;re (02/06/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La fus&#233;e d&#233;colle, mais la Guyane reste au sol</title>
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&lt;p&gt;Au printemps 2017, un vaste mouvement social oblige le gouvernement Hollande &#224; promettre des investissements publics. Mais ses engagements s'av&#232;rent bien en de&#231;&#224; des besoins de la population. Un an plus tard, les retards de d&#233;veloppement restent ahurissants. *** Dans les bo&#238;tes de nuit de Cayenne, Despacito, le tube de Luis Fonsi, tourne en boucle tel un hymne ironique. &#171; Tout doucement &#187; : ainsi avance la Guyane. On raconte qu'en 1985, m&#234;me Fran&#231;ois Mitterrand s'&#233;tait pos&#233; la question : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caroline-Thirion" rel="tag"&gt;Caroline Thirion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Surinam" rel="tag"&gt;Surinam&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au printemps 2017, un vaste mouvement social oblige le gouvernement Hollande &#224; promettre des investissements publics. Mais ses engagements s'av&#232;rent bien en de&#231;&#224; des besoins de la population. Un an plus tard, les retards de d&#233;veloppement restent ahurissants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2788 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1043-edd6a.jpg?1768663665' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Guyane, hiver 2018 - Photo Caroline Thirion
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les bo&#238;tes de nuit de Cayenne&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Despacito&lt;/i&gt;, le tube de Luis Fonsi, tourne en boucle tel un hymne ironique. &#171; Tout doucement &#187; : ainsi avance la Guyane. On raconte qu'en 1985, m&#234;me Fran&#231;ois Mitterrand s'&#233;tait pos&#233; la question : &#171; &lt;i&gt;Comment pouvons-nous lancer des fus&#233;es sur fond de bidonvilles ?&lt;/i&gt; &#187; Trois d&#233;cennies plus tard, Kourou demeure le &#171; port spatial de l'Europe &#187; : une merveille technologique d'o&#249; s'envolent la fus&#233;e Ariane et ses pr&#233;cieux satellites. Mais la Guyane, elle, est rest&#233;e &#224; quai. Les bidonvilles sont toujours l&#224;. Les autorit&#233;s les d&#233;truisent parfois, mais la mis&#232;re doit bien se loger quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce bout fran&#231;ais d'Am&#233;rique du Sud, le taux de ch&#244;mage atteint les 22 %. Le r&#233;seau &#233;lectrique est peu fiable, les liaisons t&#233;l&#233;phoniques al&#233;atoires. Une grande partie du territoire n'est accessible qu'en pirogue. Les services de sant&#233; sont d&#233;bord&#233;s, les &#233;tablissements scolaires aussi. L'&#233;conomie locale n'a pas grand-chose &#224; offrir &#224; la jeunesse, gu&#232;re dipl&#244;m&#233;e : chaque jour, des &#171; mules &#187; prennent l'avion pour Paris charg&#233;es de coca&#239;ne. Et le taux d'homicides est l'un des plus &#233;lev&#233;s de France.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On y a cru &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors, en 2017, les Guyanais ont dit &#171; &lt;i&gt;Nou bon k&#233; sa&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On en a marre&lt;/i&gt; &#187;, en langue cr&#233;ole. Ras le bol d'&#234;tre trait&#233;s &#171; &lt;i&gt;comme des citoyens de seconde zone&lt;/i&gt; &#187;. Entre le 16 mars et le 21 avril, une col&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;e s'empare du d&#233;partement. Se font d'abord entendre les revendications des milieux patronaux &#8211; fatigu&#233;s des contraintes r&#233;glementaires, qu'ils jugent inadapt&#233;es, et des retards de paiement des collectivit&#233;s locales, aux finances exsangues. Puis le collectif des 500 Fr&#232;res contre la d&#233;linquance entre dans la danse : las des faits divers sordides, ces hommes cagoul&#233;s veulent plus d'ordre et plus de police. Non sans d&#233;rives x&#233;nophobes : le 17 mars, ils bloquent les consulats du Surinam et d'Ha&#239;ti pour que ces &#201;tats &#171; &lt;i&gt; reprennent leurs d&#233;linquants &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mouvement ne s'arr&#234;te pas l&#224;. D'autres acteurs, aux id&#233;es plus progressistes, donnent de la voix. La contestation fait converger patrons et salari&#233;s, Cr&#233;oles et Am&#233;rindiens, x&#233;nophobes et antiracistes&#8230; Et c'est la gr&#232;ve. Les ronds-points sont bloqu&#233;s par la foule : m&#234;me le centre spatial doit renoncer &#224; un lancement de fus&#233;e. Sur les barrages routiers, on se prend &#224; r&#234;ver, on d&#233;bat, on imagine une autre Guyane. &#192; l'h&#244;pital de Cayenne, c'est pareil : &#171; &lt;i&gt;On y a cru,&lt;/i&gt; se souvient le m&#233;decin Lo&#239;c Epelboin.&lt;i&gt; Il y avait un vrai engouement, on &#233;tait l&#224;, avec les gens des syndicats, des associations, &#224; faire un &#233;tat des lieux id&#233;al de ce dont on aurait besoin en Guyane. Le peuple avait pris le pouvoir&lt;/i&gt; [...]. &lt;i&gt;C'&#233;tait beau. &lt;/i&gt; &#187; Le 28 mars, Cayenne conna&#238;t la plus grande manifestation de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En catastrophe, le gouvernement de Fran&#231;ois Hollande, en toute fin de mandat, adopte un Plan d'urgence pour la Guyane. Chiffr&#233; &#224; 1,086 milliard d'euros sur plusieurs ann&#233;es, il comporte une trentaine de mesures pour la s&#233;curit&#233;, la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'&#233;conomie&#8230; Insuffisant pour les contestataires, r&#233;unis dans le collectif Pou Lagwiyann d&#233;kol&#233; (&#171; Pour que la Guyane d&#233;colle &#187;, comme la fus&#233;e), qui demandent deux milliards suppl&#233;mentaires. Cependant, min&#233; par les dissensions internes, le mouvement finit par exploser : il n'obtiendra rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six mois plus tard, la visite d'Emmanuel Macron en Guyane fait l'effet d'une douche froide : le nouveau pr&#233;sident prend certes quelques nouveaux engagements, mais il affirme surtout qu'il n'est &#171; &lt;i&gt; pas le p&#232;re No&#235;l&lt;/i&gt; &#187;. Pendant son mandat, on ne construira pas d'h&#244;pital &#224; Maripasoula. Dans cette ville enclav&#233;e du sud-ouest guyanais, inaccessible par voie terrestre, les femmes enceintes sont &#233;vacu&#233;es par avion, un mois avant terme, vers l'h&#244;pital de Cayenne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'eau potable attendra&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s le mouvement, o&#249; en est-on ? &#192; la pr&#233;fecture de Cayenne, Philippe Loos, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral aux affaires r&#233;gionales, assure que la plupart des mesures promises ont &#233;t&#233; soit r&#233;alis&#233;es, soit engag&#233;es. La ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, parle d'un taux de concr&#233;tisation de 80 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains dossiers ont avanc&#233;, c'est vrai. L'argent vers&#233; &#224; la collectivit&#233; territoriale de Guyane lui a permis d'acquitter moult factures en retard, soulageant un peu le monde &#233;conomique local. L'escadron de gendarmerie promis est arriv&#233;. Sur les 400 000 hectares &#224; r&#233;troc&#233;der aux Am&#233;rindiens, &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat joue le jeu&lt;/i&gt; &#187;, et les discussions avancent, indique le juriste kali'na Alexis Tiouka. Mais la reconnaissance de droits autochtones, via la ratification de la Convention n&#176; 169 de l'Organisation internationale du travail, n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1044-68b4c.jpg?1768690667' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cayenne (Guyane), janvier 2018 - Photo Caroline Thirion
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, les promesses &#233;tatiques &#233;taient largement en dessous des besoins. Dans les deux milliards d'euros suppl&#233;mentaires demand&#233;s par le collectif Pou Lagwyann D&#233;kol&#233;, il y avait des mesures aussi essentielles qu'un programme d'adduction d'eau pour tous&#8230; &#171; &lt;i&gt;Il s'agissait de projets structurants, qui auraient permis d'assurer le d&#233;veloppement du territoire. Sauf que &#231;a, l'&#201;tat l'a balay&#233; d'un revers de main&lt;/i&gt; &#187;, regrette Davy Rimane, l'un des leaders du mouvement. &#192; la pr&#233;fecture, Philippe Loos ne pr&#233;tend pas que le Plan d'urgence &#233;tait suffisant. Il reconna&#238;t que l'&#201;tat a encore bien des efforts &#224; faire avant de rattraper le &#171; &lt;i&gt; retard structurel&lt;/i&gt; &#187; en termes de d&#233;veloppement. Mais il plaide une circonstance att&#233;nuante : &#171; &lt;i&gt;l'accroissement tr&#232;s fort de la population, qui double tous les vingt ans &lt;/i&gt; &#187;, du fait d'une natalit&#233; &#233;lev&#233;e et d'une importante immigration originaire du Br&#233;sil et du Surinam, ou encore d'Ha&#239;ti et du Guyana.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des lyc&#233;ens sans lyc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les services publics restent d&#233;faillants. Le monde de la sant&#233; est toujours en souffrance. &#192; l'h&#244;pital de Cayenne, &#171; &lt;i&gt;le sous-effectif engendre des dysfonctionnements permanents,&lt;/i&gt; t&#233;moigne le m&#233;decin Lo&#239;c Epelboin. &lt;i&gt;Il n'y a pas de service de neurochirurgie, pas de chirurgie vasculaire, pas de cardiologie interventionnelle, pas d'unit&#233; de soins intensifs. Donc on doit faire beaucoup d'&#233;vacuations sanitaires vers les Antilles ou la m&#233;tropole &lt;/i&gt; &#187;. Depuis l'an dernier, les millions effectivement vers&#233;s par l'&#201;tat ont &#224; peine permis d'&#233;ponger les dettes envers les fournisseurs. Les p&#233;nuries de petit mat&#233;riel m&#233;dical perdurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole ne va pas tellement mieux. L'&#201;tat a d&#233;bloqu&#233; de l'argent pour construire de nouveaux &#233;tablissements, mais cela prendra des ann&#233;es. En attendant, &#171; &lt;i&gt;des &#233;l&#232;ves sortent du coll&#232;ge sans avoir de place au lyc&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce le syndicaliste UTG (Union des travailleurs guyanais) Vincent Touchaleaume. Et l'enseignant d'&#233;voquer une &#171; &lt;i&gt;construction structurelle de l'&#233;chec scolaire&lt;/i&gt; &#187;, avec une &#233;cole encore inadapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s culturelles et linguistiques locales &#8211; malgr&#233; des progr&#232;s r&#233;cents, comme le doublement du nombre d'intervenants en langue maternelle, qui aident les (nombreux) &#233;l&#232;ves non francophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des investissements permettant aux Guyanais de disposer de services publics dignes de ce nom, tel est l'autre d&#233;fi auquel l'&#201;tat doit r&#233;pondre en Amazonie : savoir s'adapter au contexte. Centralisateur comme il est, peut-il y arriver ? Dans l'absolu, est-ce seulement possible ? Pour Gauthier Horth, l'une des figures de proue de la contestation, la question de l'ind&#233;pendance sera in&#233;luctable &#224; terme : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas administrer un territoire &#224; 7 000 kilom&#232;tres de distance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En Amazonie, des allumettes su&#233;doises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis quatre si&#232;cles, la Guyane est enferr&#233;e dans une d&#233;pendance &#233;conomique &#224; la M&#233;tropole. Pour en sortir, certains r&#234;vent de montagnes d'or.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas besoin&lt;/strong&gt; d'avoir fait de longues &#233;tudes d'&#233;conomie pour comprendre qu'aujourd'hui, quelque chose cloche gravement en Guyane. Sur les &#233;tals des supermarch&#233;s, presque tout est import&#233; de m&#233;tropole ou d'Europe. Dans un territoire recouvert de for&#234;t, m&#234;me les allumettes viennent de Su&#232;de. Que produit la Guyane ? Pas grand-chose. Les &#233;changes avec les pays voisins, le Br&#233;sil et le Surinam ? Presque inexistants, notamment parce que leurs produits ne r&#233;pondent pas aux normes europ&#233;ennes. Paradoxe : alors qu'elle souffre d'un manque criant d'investissements publics qui l'emp&#234;che de se d&#233;velopper, la Guyane tient le coup gr&#226;ce &#224; l'argent de Paris, via les fonctionnaires et les aides sociales.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Plantations absurdes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les d&#233;buts de la colonisation, la Guyane a connu l'absurdit&#233; &#233;conomique. &#171; &lt;i&gt; Quand les Fran&#231;ais sont arriv&#233;s ici au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ils ont fait la guerre aux Indiens, et ils se sont install&#233;s. Ils ont lanc&#233; une &#233;conomie de plantation : produire des choses ici pour les exporter en m&#233;tropole. Les revenus enrichissaient les ports de France, et ici quelques familles de planteurs blancs,&lt;/i&gt; relate l'historien Denis Lamaison. &lt;i&gt;C'&#233;tait artificiel, puisqu'on ne faisait que les denr&#233;es coloniales, des denr&#233;es d'exportations &#8211; par exemple du sucre, du cacao. On ne cr&#233;ait donc rien pour les gens ici. Et on en est arriv&#233;s &#224; ce que les pauvres, les esclaves, cr&#232;vent de faim. Parce qu'en fait on ne voulait pas leur donner de la nourriture. D'o&#249; des syst&#232;mes compl&#232;tement ridicules, o&#249; les gouverneurs essayaient de faire des lois, des d&#233;crets, pour demander &#224; leurs planteurs de cultiver pour nourrir leurs esclaves puis leurs engag&#233;s. Mais ils ne l'ont pas fait, ils pr&#233;f&#233;raient importer la nourriture. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me a fini par s'&#233;crouler, achev&#233; par l'abolition de l'esclavage en 1848, et une premi&#232;re ru&#233;e vers l'or. Alors, Napol&#233;on III eut une id&#233;e magnifique : on allait d&#233;velopper la Guyane en y envoyant des bagnards. &#201;chec &#233;conomique, d&#233;sastre humain. L'installation du centre spatial, voulue par le g&#233;n&#233;ral de Gaulle dans les ann&#233;es 1960, demeure la seule r&#233;ussite &#233;conomique de la France en Amazonie. Mais ce bijou technologique n'a rien d'endog&#232;ne, et se fait largement sans les Guyanais (qui remarquent au passage que la fus&#233;e b&#233;n&#233;ficie d'importantes exemptions fiscales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, le mod&#232;le &#233;conomique autonome n'est toujours pas trouv&#233;. Aujourd'hui encore, &#171; &lt;i&gt;on est le seul territoire qui n'est pas ind&#233;pendant de toute l'Am&#233;rique du Sud,&lt;/i&gt; remarque Denis Lamaison. &lt;i&gt;Ce n'est pas parce qu'en 1946, on a ray&#233; le terme de colonie pour le remplacer par celui de d&#233;partement que &#231;a a chang&#233; quelque chose : on est toujours dans un syst&#232;me h&#233;rit&#233; de la colonisation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Demain l'autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une situation que les autonomistes d&#233;noncent avec force. Pour eux, c'est la mainmise de Paris qui emp&#234;che le territoire de d&#233;coller. &#171; &lt;i&gt;La Guyane est bloqu&#233;e parce que le statut ne convient pas,&lt;/i&gt; d&#233;nonce l'avocate Lucie Louz&#233;-Donzenac.&lt;i&gt; &#192; chaque fois qu'on veut faire quelque chose pour la Guyane, il faut demander &#224; Paris.&lt;/i&gt; &#187; Et l'ancienne b&#226;tonni&#232;re de militer pour un statut permettant d'&#233;tablir des &#171; &lt;i&gt;lois pays&lt;/i&gt; &#187;, comme en Nouvelle-Cal&#233;donie, qui seraient plus adapt&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; l'environnement local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Guyane, l'id&#233;e est assez partag&#233;e, mais tout le monde n'en attend pas forc&#233;ment de miracle : &#171; &lt;i&gt; Pour eux, le cadre va tout changer. Moi, je ne crois pas que &#231;a r&#233;soudra tout comme d'un coup de baguette magique &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;plique Isabelle Patient, vice-pr&#233;sidente de la Collectivit&#233; territoriale de Guyane, domin&#233;e par Rodolphe Alexandre &#8211; un ralli&#233; &#224; Emmanuel Macron. Sans &#234;tre n&#233;cessairement oppos&#233;e &#224; une &#233;volution statutaire, cette femme politique rappelle qu'en 2010, les Guyanais avaient rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum une r&#233;forme donnant davantage d'autonomie aux &#233;lus locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans plus tard, le verdict des urnes serait-il diff&#233;rent ? Le mouvement du printemps dernier aura-t-il fait bouger les lignes ? &#171; &lt;i&gt; Pour moi, les Guyanais ont pris conscience qu'ils sont un peuple&lt;/i&gt; &#187;, estime Gauthier Horth, exploitant minier tr&#232;s actif dans le mouvement du printemps dernier, et &#171; &lt;i&gt;clairement pour la souverainet&#233; de la Guyane&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'or et le cyanure&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir vers quel d&#233;veloppement pourrait se tourner une Guyane autonome ou ind&#233;pendante. &#171; &lt;i&gt;Nous avons tout ce qu'il faut : l'or, le bois, la p&#234;che &lt;/i&gt; &#187;, expose Lucie Louz&#233;-Donzenac. Un mod&#232;le bas&#233; sur l'extractivisme ? De quoi laisser songeur quand on sait les ravages que l'industrie mini&#232;re a g&#233;n&#233;r&#233;s au Surinam voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autonomie ou pas, la classe politique guyanaise, dans sa majorit&#233;, soutient un m&#233;ga-projet minier industriel : la Montagne d'or. Port&#233;e par un consortium russo-canadien, l'id&#233;e est d'extraire en douze ans plus de 80 tonnes d'or. Ceci &#224; moins de 500 m&#232;tres d'une r&#233;serve biologique int&#233;grale. La fosse ferait 2,5 kilom&#232;tres de long et aurait le volume de 32 Stades de France. D'apr&#232;s ses promoteurs, la mine permettrait de cr&#233;er 750 emplois directs et quelque 3 000 autres induits. Argument choc au vu du taux de ch&#244;mage sur le territoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les nombreux opposants au projet, la Montagne d'or g&#233;n&#233;rerait surtout un risque industriel &#233;norme, par le stockage de tonnes et de tonnes de boues cyanur&#233;es. Elle provoquerait une augmentation de 20 % de la consommation &#233;lectrique guyanaise, et capterait d'importants fonds publics, au titre de l'aide aux entreprises. Un argent qui serait mieux d&#233;pens&#233; &#224; promouvoir le tourisme durable ou l'&#233;conomie de la biodiversit&#233;. Le d&#233;bat fait rage en Guyane. Mais la d&#233;cision finale sera prise &#224; Paris, o&#249; Emmanuel Macron s'est montr&#233; jusqu'ici favorable au projet&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er f&#233;vrier 2019, prenant un peu de distance avec son enthousiasme du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C.R.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Laboratoire de l'anti-droit d'asile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#212; Vous&lt;/strong&gt;, demandeurs d'asile, avez-vous aim&#233; la loi Collomb ? Du c&#244;t&#233; de Cayenne, vous pourrez en go&#251;ter une version piment&#233;e. Avant, quand vous arriviez sur le territoire fran&#231;ais, vous aviez 120 jours pour vous manifester aupr&#232;s de la pr&#233;fecture &#8211; sous peine de passer en &#171; proc&#233;dure acc&#233;l&#233;r&#233;e &#187; et de voir votre cas examin&#233; de mani&#232;re beaucoup plus exp&#233;ditive. Gr&#226;ce &#224; la loi sur l'asile vot&#233;e en avril, vous n'aurez plus que 90 jours&#8230; en m&#233;tropole. En Guyane, ce ne sera que 60 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux encore : une fois enregistr&#233; &#224; la pr&#233;fecture, vous aviez 21 jours pour rendre votre dossier &#224; l'Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et des apatrides (Ofpra). D&#233;sormais, en Guyane, vous n'aurez plus qu'une semaine ! Ce n'est pas tout : avant, vous pouviez envoyer ce dossier par La Poste. Termin&#233; ! D&#233;sormais, dans ce d&#233;partement o&#249; les transports en commun n'existent quasiment pas, il vous faudra l'amener en personne &#224; l'Ofpra. Laquelle administration devra statuer sous&#8230; quinze jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces dispositions sont contenues dans un projet de d&#233;cret r&#233;v&#233;l&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, qui le qualifie &#224; juste titre de &#171; &lt;i&gt;machine de guerre contre le droit d'asile&lt;/i&gt; &#187;. L'objectif est clair : r&#233;duire la demande d'asile ha&#239;tienne, qui repr&#233;sentait l'an dernier 88,9 % des requ&#234;tes d&#233;pos&#233;es en Guyane. Au niveau national, Ha&#239;ti &#233;tait le troisi&#232;me pays d'origine, avec 4 939 premi&#232;res demandes, pour un taux de r&#233;ponses positives de&#8230; 3,2 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce d&#233;cret exp&#233;rimental, qui devrait entrer en application d'ici quelques mois, faisait ses preuves en Amazonie, il pourrait bien &#234;tre &#233;tendu &#224; l'ensemble du territoire fran&#231;ais, via une future loi Collomb 2.0. On n'arr&#234;te pas le progr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2019, prenant un peu de distance avec son enthousiasme du pass&#233;, Emmanuel Macron a indiqu&#233; qu'en l'&#233;tat, ce projet n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas &#224; la hauteur&lt;/i&gt; &#187;. Mais les opposants, prudents, ne crient pas victoire pour autant. &lt;i&gt;[Note du webmaster.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Offensive anti-squats en Guyane</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Offensive-anti-squats-en-Guyane</link>
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		<dc:date>2018-12-26T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
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		<dc:subject>Fr&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la pointe du mouvement social du printemps 2017, le collectif des 500 Fr&#232;res donne d&#233;sormais dans l'expulsion &#171; citoyenne &#187; d'occupants ill&#233;gaux. En plein centre-ville de Cayenne, une foule &#233;ructe sa haine des squatteurs. Nous sommes le 24 septembre et l'appel lanc&#233; deux jours plus t&#244;t par la galaxie des 500 Fr&#232;res contre la d&#233;linquance a &#233;t&#233; entendu. Devant le num&#233;ro 53 de la rue Madame-Pay&#233;, quelque 200 personnes sont venues d&#233;loger les occupants &#8211; essentiellement &#233;trangers &#8211; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cayenne" rel="tag"&gt;Cayenne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Grands-Freres" rel="tag"&gt;Grands Fr&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut-s-en" rel="tag"&gt;faut s'en&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/squats-evacues" rel="tag"&gt;squats &#233;vacu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Freres" rel="tag"&gt;Fr&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la pointe du mouvement social du printemps 2017, le collectif des 500 Fr&#232;res donne d&#233;sormais dans l'expulsion &#171; citoyenne &#187; d'occupants ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En plein centre-ville&lt;/strong&gt; de Cayenne, une foule &#233;ructe sa haine des squatteurs. Nous sommes le 24 septembre et l'appel lanc&#233; deux jours plus t&#244;t par la galaxie des 500 Fr&#232;res contre la d&#233;linquance&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les 500 Fr&#232;res (collectif cr&#233;&#233; d&#233;but 2017 apr&#232;s un &#233;ni&#232;me assassinat, pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le num&#233;ro 53 de la rue Madame-Pay&#233;, quelque 200 personnes sont venues d&#233;loger les occupants &#8211; essentiellement &#233;trangers &#8211; de cette maison insalubre. Une habitante argue que le &#171; propri&#233;taire &#187; des b&#226;timents squatt&#233;s lui fait payer un loyer au noir, mais son intervention &#171; &lt;i&gt;est vite annihil&#233;e par des personnes hostiles vitup&#233;rant &#224; son encontre&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le squat de la rue Madame Pay&#233; &#233;vacu&#233; sous la pression populaire &#224; Cayenne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La police s'interpose entre la foule et le squat, o&#249; la maire de Cayenne vient n&#233;gocier le d&#233;part des occupants &#8211; en l'absence de toute d&#233;cision de justice. Un peu plus tard, un fourgon emm&#232;ne les objets personnels des occupants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus t&#244;t, le squat avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; attaqu&#233; par des membres des Grands Fr&#232;res. Ce &#171; &lt;i&gt;saccage &lt;/i&gt; &#187;, commis par des hommes &#171; &lt;i&gt;encagoul&#233;s et d&#233;tenteurs d'armes blanches&lt;/i&gt; &#187;, selon les mots du procureur, aurait fait trois bless&#233;s, dont une femme enceinte. Une exp&#233;dition effectu&#233;e vraisemblablement &#224; la demande de riverains se plaignant d'incivilit&#233;s multiples, menaces, tapage, prostitution et trafic de stup&#233;fiants. &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez de prendre en compte la mis&#232;re des squatteurs, vous rejetez la mis&#232;re des riverains&lt;/i&gt; &#187;, dira &#224; une autre occasion Zadkiel Saint-Orice, porte-parole des Grands Fr&#232;res&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rassemblement au 18 rue Barrat &#224; la m&#233;moire de Raymond Gaye [...] &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les forums des sites d'actualit&#233;s guyanais, on trouve bien des internautes critiquant le co&#251;t des proc&#233;dures d'expulsion pour les propri&#233;taires d&#233;sargent&#233;s. Certains n'h&#233;sitent aucunement &#224; &#233;tablir un lien entre squats, ins&#233;curit&#233; et&#8230;immigration.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; 350 squats &#233;vacu&#233;s et il faut s'en satisfaire ?! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre, dans cette ambiance d&#233;l&#233;t&#232;re et farouchement anti-squat, la t&#233;l&#233;vision publique Guyane La Premi&#232;re consacre une &#233;mission sp&#233;ciale &#224; la probl&#233;matique. &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet a mis en place une cellule de suivi qui a permis d'&#233;vacuer en un an plus de 350 occupations ill&#233;gales&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;, ce qui correspond &#224; 1 200 personnes &lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;fend le repr&#233;sentant de la pr&#233;fecture. &#171; &lt;i&gt;&#199;a para&#238;t, pour certains, pas assez, pas assez vite&#8230; &lt;/i&gt; &#187;, fait observer la journaliste. &#171; &lt;i&gt; J'aimerais quand m&#234;me rappeler qu'un squat, c'est une occupation sans titre et sans droit, &lt;/i&gt;encha&#238;ne Yvane Goua, de l'association Tr&#242;p Violans.&lt;i&gt; On s'est appropri&#233; le lieu d'une personne. Donc c'est ill&#233;gal et il y a un probl&#232;me &#224; r&#233;gler. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;350 squats &#233;vacu&#233;s en un an et il faut s'en satisfaire ?! En 2014, il y en avait 31 000 en Guyane !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici pr&#233;ciser qu'en Guyane, le terme &#171; squat &#187; renvoie &#224; deux r&#233;alit&#233;s : les occupations urbaines de b&#226;timents, mais surtout les nombreux bidonvilles. Ces derniers, la loi &#201;lan&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Loi anti-pauvres &#8211; &#201;lan : droit dans le mur &#187;, CQFD n&#176;170, novembre 2018.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ne les a pas oubli&#233;s : un article pr&#233;voit qu'&#224; Mayotte comme en Guyane, le pr&#233;fet pourra d&#233;sormais les faire d&#233;truire sans d&#233;cision de justice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau de Guyane La Premi&#232;re, on s'en f&#233;licite. Et il faut se fader 34 minutes de surench&#232;re avant d'entendre une voix dissonante. Celle de Marius Florella, de l'antenne guyanaise du Dal (Droit au logement) : &#171; &lt;i&gt;Je suis d'accord, on peut d&#233;molir toute la Guyane, les maisons construites sans permis. Seulement, il faut me donner une solution de relogement. L'&#201;tat et les communes fuient leur responsabilit&#233; : le manque de logement. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;On ne peut pas d&#233;loger les gens puis les l&#226;cher dans la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les 500 Fr&#232;res (collectif cr&#233;&#233; d&#233;but 2017 apr&#232;s un &#233;ni&#232;me assassinat, pour protester contre les violences et l'ins&#233;curit&#233;, notamment par des op&#233;rations &#171; coup de poing &#187; effectu&#233;es encagoul&#233;s), l'association Tr&#242;p Violans et les Grands Fr&#232;res (scission des 500 Fr&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Le squat de la rue Madame Pay&#233; &#233;vacu&#233; sous la pression populaire &#224; Cayenne &#187;, Guyaweb.com, 25 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Rassemblement au 18 rue Barrat &#224; la m&#233;moire de Raymond Gaye &lt;i&gt;[...]&lt;/i&gt; &#187;, Guyaweb.com, 29 septembre. Selon le quotidien &lt;i&gt;France Guyane&lt;/i&gt;, Raymond Gaye a &#233;t&#233; mortellement poignard&#233; le 26 septembre dans sa maison familiale, qu'il avait l'habitude de visiter &#171; &lt;i&gt;pour &#233;viter qu'elle ne soit squatt&#233;e ou pour faire sortir les squatteurs &lt;/i&gt; &#187;. Certains soup&#231;onnent donc un crime commis par un occupant ill&#233;gal &#8211; ce que rien ne prouve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Loi anti-pauvres &#8211; &#201;lan : droit dans le mur &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170, novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les aventuriers du d&#233;veloppement</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#233;mie Wojtowicz et Th&#233;o Jacob</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Au sud de la Guyane, au c&#339;ur de la for&#234;t amazonienne, la multinationale canadienne Colombus Gold salive sur le site de la Montagne d'or. Jusqu'ici, l'&#201;tat fran&#231;ais temp&#233;rait les ardeurs des lobbies miniers, mais face &#224; la crise&#8230; Et avec un pr&#233;s' de la R&#233;p' business-friendly&#8230; Faut voir. Cach&#233; derri&#232;re ses lunettes noires, le t&#233;l&#233;phone &#224; port&#233;e de main, un repr&#233;sentant du secteur aurif&#232;re exprime avec enthousiasme sa vision d'avenir : &#171; Aujourd'hui on repr&#233;sente 4% du PIB guyanais. Avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/secteur" rel="tag"&gt;secteur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Colombus" rel="tag"&gt;Colombus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sud de la Guyane, au c&#339;ur de la for&#234;t amazonienne, la multinationale canadienne Colombus Gold salive sur le site de la Montagne d'or. Jusqu'ici, l'&#201;tat fran&#231;ais temp&#233;rait les ardeurs des lobbies miniers, mais face &#224; la crise&#8230; Et avec un pr&#233;s' de la R&#233;p' &lt;i&gt;business-friendly&lt;/i&gt;&#8230; Faut voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cach&#233; derri&#232;re ses lunettes noires, le t&#233;l&#233;phone &#224; port&#233;e de main, un repr&#233;sentant du secteur aurif&#232;re exprime avec enthousiasme sa vision d'avenir : &#171; &lt;i&gt; Aujourd'hui on repr&#233;sente 4% du PIB guyanais. Avant l'arriv&#233;e de Colombus, on avait calcul&#233; qu'avec une centaine d'artisans, quatre ou cinq PME et une multinationale, on montait &#224; 16%. C'est pour &#231;a que nous voulons faire de la mine le premier secteur &#233;conomique de Guyane. On peut y arriver en moins de dix ans. Et avec deux multinationales, aujourd'hui, c'est encore mieux !&lt;/i&gt; &#187; Le projet laisse r&#234;veur. Compos&#233; &#224; plus de 90% de for&#234;ts et min&#233; durablement par sa d&#233;pendance &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais, le territoire ultramarin se laisse s&#233;duire par les promesses d'un d&#233;veloppement rapide et agressif venues du secteur priv&#233;. Une tendance soutenue par la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH527/-172-49b65.jpg?1768650570' width='400' height='527' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2015, alors ministre de l'&#201;conomie, le futur pr&#233;sident Macron s'&#233;tait rendu sur le site de la Montagne d'or pour afficher sa sympathie pour le projet de la Colombus Gold. &#171; &lt;i&gt;Nous devons simplifier et acc&#233;l&#233;rer l'instruction des permis miniers&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'avenir de la France dans l'industrie mini&#232;re, selon Emmanuel Macron &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, confiait &#224; l'&#233;poque le fringant ministre. B&#233;n&#233;ficiant de soutiens sur le sol fran&#231;ais, dont le mentor de Macron, Jacques Attali, qui a si&#233;g&#233; dans son conseil consultatif [lire encadr&#233; ci-dessous], la junior canadienne&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les compagnies mini&#232;res juniors sont des entreprises de taille relativement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est au centre de montages financiers complexes o&#249; l'on retrouve les principaux acteurs mondiaux du secteur : le groupe canadien Iamgold d&#233;tient des parts de l'entreprise et la multinationale russe Nordgold est actionnaire majoritaire du site. Qualifi&#233;e de &#171; &lt;i&gt;plus grand projet aurif&#232;re jamais imagin&#233; sur le sol fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La France, le nouvel eldorado des chercheurs d'or ? &#187;, Challenges, 6 mai 2016.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, avec son permis de 190 km2 et sa fosse d'extraction de 400 m&#232;tres de profondeur, la concession permettrait d'extraire plus de 150 tonnes d'or dans les dix prochaines ann&#233;es : un pactole &#233;valu&#233; &#224; plusieurs milliards de dollars. Sur un territoire en crise, l'industriel canadien promet la cr&#233;ation de quelques centaines d'emplois directs et indirects. Une offre que les gouvernants, locaux et nationaux, ne pourraient refuser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences sud-am&#233;ricaines et africaines prouvent que le secteur minier ne participe jamais au d&#233;veloppement local. Tant pis pour les ravages &#233;cologiques et sociaux qu'il engendre : dans la langue de bois technocratique, le projet de la Montagne d'or se pr&#233;sente en fer de lance d'une exploitation &#171; durable et responsable &#187;. Pourtant, m&#234;me si l'on oublie les faibles retomb&#233;es fiscales et la promesse d'emplois pr&#233;caires et dangereux, ce projet menace &#233;galement le peu d'autonomie dont jouit la Guyane. &#192; la d&#233;pendance du d&#233;partement vis-&#224;-vis de la m&#233;tropole s'ajoutera bient&#244;t celle du territoire face aux multinationales financiaris&#233;es. Que deviendra le petit millier d'emplois cr&#233;&#233;s &#224; la fin de la p&#233;riode de concession ? D'autant qu'une chute du cours de l'or, tr&#232;s volatil, pourrait pousser le sauveur canadien vers une sortie anticip&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin un lib&#233;ralisme d&#233;complex&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un temps, l'&#201;tat avait fait mine de r&#234;ver que le d&#233;partement soit une terre de d&#233;veloppement durable. La cr&#233;ation en 2007 d'un immense parc national recouvrant le tiers sud du territoire allait t&#233;moigner des ambitions fran&#231;aises en Amazonie. En 2008, Nicolas Sarkozy, emp&#234;tr&#233; dans le Grenelle de l'Environnement, avait refus&#233; une demande de concession du groupe Iamgold, sous la pression d'une partie de la population. Cela avait v&#233;cu comme un v&#233;ritable camouflet par les professionnels du secteur et la majorit&#233; des &#233;lus locaux. Les aventuriers du d&#233;veloppement ont depuis revu leur copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients de l'impuissance de l'&#201;tat face &#224; l'orpaillage ill&#233;gal&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une centaine de sites ill&#233;gaux sont actifs sur le tiers sud du territoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les soutiens de l'exploitation mini&#232;re ont d&#233;velopp&#233; un sophisme douteux. Pour enrayer le pillage du sous-sol et mieux s&#233;curiser le territoire &#171; tout en le d&#233;veloppant &#187;, il suffirait de remplacer les sites ill&#233;gaux par des op&#233;rateurs l&#233;gaux ! Les interactions, voire les connivences entre le l&#233;gal et l'ill&#233;gal ne sont pourtant un secret pour personne. En 2015, Gauthier Horth, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des op&#233;rateurs miniers de Guyane (Fedomg) et r&#233;cemment &#233;lu &#224; la Collectivit&#233; unique, &#233;tait mis en examen pour &#171; exploitation ill&#233;gale d'une mine d'or &#187; et &#171; travail clandestin &#187;. L'argument a toutefois &#233;t&#233; entendu par la pr&#233;fecture qui, d&#232;s 2013, signait une convention destin&#233;e &#224; faciliter ces implantations. Comme le confie un lobbyiste d'un groupe aurif&#232;re fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Il faut, pas &#224; pas, partout o&#249; les entreprises veulent s'installer, faire en sorte qu'elles le puissent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans un mauvais western contemporain sur fond de macronite aigu&#235;, les temps sont &#224; l'entrepreneuriat d&#233;complex&#233; et &#224; la &#171; lib&#233;ration des forces &#187;. Selon Jean-Marie Taubira, pr&#233;sident du Parti progressiste guyannais, &#171; &lt;i&gt;l'entrepreneur doit &#234;tre le moteur de l'&#233;mancipation guyanaise. L'entrepreneur est habitu&#233; au terrain, il a l'habitude de relever des d&#233;fis ! Pendant ce temps le fonctionnaire attend son salaire, alors m&#234;me que le pays est en crise &lt;/i&gt; &#187;. Pour les ap&#244;tres du d&#233;veloppement, l'exploitation de la Montagne d'or incarne le futur de l'&#233;conomie : du pain b&#233;nit pour une foule d'autres secteurs allant de la production &#233;nerg&#233;tique au BTP, en passant par la logistique. Ce nouveau dynamisme risque de chambouler l'am&#233;nagement du territoire, faisant peu de cas des habitants du Sud, qui tentent de se pr&#233;munir contre la sp&#233;culation fonci&#232;re. Un simple d&#233;tail aux yeux des bourgeoisies locales : &#171; &lt;i&gt;Ma vision, c'est d'abord faire les routes, puis des activit&#233;s s'implantent et apr&#232;s on voit comment on fait&lt;/i&gt; &#187;, laisse &#233;chapper l'industrielle Carole Ostor&#233;ro, ex-conseill&#232;re r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Business-friendly president&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de convaincre l'opinion, le secteur minier sait qu'il pourra compter sur le nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique. Comme l'annon&#231;ait publiquement le p&#233;d&#233;g&#233; de Colombus Gold au lendemain du second tour : &#171; &lt;i&gt;The Election of a business-friendly president in France is a positive development for Colombus Gold's Montagne d'Or Gold Project.&lt;/i&gt; &#187; Besoin de traduction ? Le communiqu&#233; officiel vantait les m&#233;rites de celui qui &#171; &lt;i&gt;durant sa campagne promettait de faire baisser les taxes de 33% &#224; 25% sur les grandes soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. N&#233;anmoins, malgr&#233; les promesses de croissance et de prosp&#233;rit&#233;, le reste de la Guyane aurait de quoi se sentir l&#233;s&#233;. Les services publics en surchauffe, de l'&#233;ducation &#224; la sant&#233;, risquent de ne pas b&#233;n&#233;ficier des m&#234;mes largesses que le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mauvaise mine d'Attali&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2013, l'&#233;minent lobbyiste Jacques Attali si&#233;geait en qualit&#233; de membre honoraire au Comit&#233; consultatif fran&#231;ais de la Colombus Gold, aux c&#244;t&#233;s d'&#233;narques pantouflards pass&#233;s par les r&#233;seaux Chirac et Jouyet. La firme canadienne se targuait d'avoir &#224; ses c&#244;t&#233;s &#8211; &#171; &lt;i&gt;l'un des trois intellectuels les plus influents en France et l'un des cent plus influents dans le monde entier &lt;/i&gt; &#187;. Jusqu'&#224; ce que&#8230; Selon le site Bloomberg, Attali a quitt&#233; ses fonctions le 9 mai 2017. Soit deux jours apr&#232;s l'&#233;lection de son prot&#233;g&#233; &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique&#8230; Contact&#233; par nos soins, l'int&#233;ress&#233; n'a pas souhait&#233; s'exprimer quant &#224; ce timing troublant. Dommage.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Canal + colonise l'imaginaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma avait d&#233;j&#224; pris l'habitude de planter ses d&#233;cors au c&#339;ur de la jungle fran&#231;aise, terrain id&#233;al pour un sc&#233;nario ultra violent sur fond de trafic d'or. En 2015, Canal + a tenu &#224; enrichir sa grille des programmes d'une grande fiction sur les enjeux miniers de la r&#233;gion : un an apr&#232;s le rachat de la cha&#238;ne par le groupe Bollor&#233;, se tournait une s&#233;rie promettant action et femmes l&#233;g&#232;res. Elle mettait en sc&#232;ne des m&#233;tropolitains venus s'enrichir dans l'&#171; enfer vert &#187;. Diffus&#233;e de janvier &#224; f&#233;vrier 2017, &lt;i&gt;Guyane&lt;/i&gt; offre un r&#233;cit &#171; tr&#232;s Canal &#187;, en &#233;vitant d'examiner de trop pr&#232;s les cons&#233;quences sociales et environnementales pourtant dramatiques de l'activit&#233; mini&#232;re industrielle. Un curieux parti pris, &#224; l'heure o&#249; les populations autochtones subissent de plein fouet la contamination des cours d'eau au mercure et au cyanure. On y rencontre Vincent, futur dipl&#244;m&#233; de la prestigieuse &#201;cole des mines, en stage chez Cayennor, entreprise mini&#232;re pour laquelle il prospecte au c&#339;ur de la for&#234;t. Le jeune h&#233;ros est vite pris dans un suspense haletant fait d'exploitations ill&#233;gales, de r&#232;glements de comptes et de prostitu&#233;es viol&#233;es. Malmen&#233; au gr&#233; des aventures et du d&#233;clin moral, Vincent retrouvera la piste de Sarah Bernhardt, une mine mythique au filon prodigieux. Un r&#233;cit bien men&#233; pour un r&#233;sultat plut&#244;t bien vu. Des parties de cache-cache avec les militaires jusqu'&#224; la vie de chantier, la fiction d&#233;passe de peu la r&#233;alit&#233;. On y retrouve jusqu'&#224; l'argument tant utilis&#233; par les professionnels du secteur, sur lequel la trame de l'histoire se trouve &#233;trangement calqu&#233;e : si le h&#233;ros et ses collaborateurs sont dans l'impossibilit&#233; d'exploiter leur filon clandestinement, alors ils devront le faire l&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH398/-873-6c6b2.jpg?1768650291' width='280' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;155 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sujet aurait de quoi faire rire s'il ne faisait pas en sous-main la promotion des int&#233;r&#234;ts industriels du propri&#233;taire de Canal +. Le groupe Bollor&#233; est en effet tr&#232;s pr&#233;sent &#224; l'international dans le secteur minier. Sa filiale Bollor&#233; Logistics, tr&#232;s implant&#233;e en Afrique de l'Ouest, g&#232;re les infrastructures d'exploitation, depuis la phase de prospection jusqu'&#224; l'export. On la retrouve &#233;galement &#224; Cayenne o&#249; elle peine jusqu'ici &#224; d&#233;velopper ses activit&#233;s. Au moment o&#249; de forts enjeux &#233;conomiques p&#232;sent sur le territoire, cette saga r&#233;pond au besoin de coloniser les esprits et de modeler l'opinion. Notamment quand une partie des projets d'extraction se cassent les dents face &#224; la mobilisation des soci&#233;t&#233;s civiles locale et nationale. C'est promis, d&#232;s la deuxi&#232;me saison, Vincent obtiendra l&#233;galement un permis de concession. Un contrat de deux ans, repr&#233;sentant quelques dizaines de millions d'euros, au terme duquel il quittera le pays. Et voil&#224; que l'aventure d'un jeune Blanc t&#233;m&#233;raire ravive le r&#233;cit d'une ru&#233;e vers l'or toute coloniale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'avenir de la France dans l'industrie mini&#232;re, selon Emmanuel Macron &#187;, &lt;i&gt;Les &#201;chos,&lt;/i&gt; 23 ao&#251;t 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les compagnies mini&#232;res juniors sont des entreprises de taille relativement r&#233;duite, hautement sp&#233;culatives, tablant sur la phase d'exploration pour attirer des investisseurs &#224; la veille de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; La France, le nouvel eldorado des chercheurs d'or ? &#187;, &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;, 6 mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une centaine de sites ill&#233;gaux sont actifs sur le tiers sud du territoire guyanais, avec entre 6 000 et 8 000 orpailleurs clandestins, pour la plupart br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Far West m&#233;dical</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Far-West-medical</link>
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		<dc:date>2018-10-26T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien Sultan-Khan, Jean-S&#233;bastien Mora</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Kalem</dc:subject>
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		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
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		<dc:subject>Guyane m&#233;dicale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Guyane, l'application inadapt&#233;e de mod&#232;les sanitaires &#233;labor&#233;s depuis Paris, combin&#233;e &#224; un certain m&#233;pris postcolonial, finit de terrasser le syst&#232;me de soins dans ce d&#233;sert m&#233;dical en terre sud-am&#233;ricaine. Lorsqu'en 1736 Jean-Fran&#231;ois Artur, Premier M&#233;decin du roi, d&#233;cide de s'installer en Guyane, il t&#233;moigne d'une volont&#233; accrue de connaissance de la Nature. Un engagement qui sera pourtant d&#233;cri&#233; par l'establishment scientifique de l'&#233;poque, notamment par le c&#233;l&#232;bre botaniste Bernard (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sante" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cayenne" rel="tag"&gt;Cayenne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Securite-sociale" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Centre-hospitalier" rel="tag"&gt;Centre hospitalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Francois-Artur" rel="tag"&gt;Jean-Fran&#231;ois Artur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane-peine" rel="tag"&gt;Guyane peine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane-medicale" rel="tag"&gt;Guyane m&#233;dicale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Guyane, l'application inadapt&#233;e de mod&#232;les sanitaires &#233;labor&#233;s depuis Paris, combin&#233;e &#224; un certain m&#233;pris postcolonial, finit de terrasser le syst&#232;me de soins dans ce d&#233;sert m&#233;dical en terre sud-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/-874-23164.jpg?1768650570' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1736 Jean-Fran&#231;ois Artur, Premier M&#233;decin du roi, d&#233;cide de s'installer en Guyane, il t&#233;moigne d'une volont&#233; accrue de connaissance de la Nature. Un engagement qui sera pourtant d&#233;cri&#233; par l'establishment scientifique de l'&#233;poque, notamment par le c&#233;l&#232;bre botaniste Bernard de Jussieu : &#171; &lt;i&gt;Vous vous &#234;tes exil&#233; malgr&#233; mes remontrances dans ce pays malheureux&lt;/i&gt; &#187;, lui &#233;crira-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois si&#232;cles plus tard, pass&#233;e de &#171; confetti de l'Empire &#187; &#224; &#171; r&#233;gion ultrap&#233;riph&#233;rique &#187; de l'Union europ&#233;enne, la Guyane peine toujours &#224; attirer les professionnels de sant&#233; &lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au 1er janvier 2016, on y comptait 55 m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes pour 100 000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La r&#233;gion est en effet le plus grand d&#233;sert m&#233;dical de France : certaines sp&#233;cialit&#233;s ne sont tout simplement pas repr&#233;sent&#233;es et ses h&#244;pitaux sont rel&#233;gu&#233;s dans le fond du classement des &#233;tablissements fran&#231;ais &lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Guyane, la mortalit&#233; infantile est particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e : 11,76&#8240;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En 2016, l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; que cinq pr&#233;matur&#233;s &#233;taient d&#233;c&#233;d&#233;s &#224; l'h&#244;pital de Cayenne &#224; cause d'une infection nosocomiale &lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Infections associ&#233;es aux soins lors d'une hospitalisation.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; sans doute pourquoi &#171; &lt;i&gt;ni le pr&#233;sident de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233;, ni le sous-pr&#233;fet, ne se font soigner en Guyane&lt;/i&gt; &#187;, ironise ainsi Micka&#235;l, infirmier cr&#233;ole &#224; Saint-Laurent-du-Maroni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Absurdes protocoles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant pas besoin d'une longue enqu&#234;te &#233;pid&#233;miologique pour trouver les origines des infections nosocomiales. Au Centre hospitalier de Cayenne, pour passer d'une chambre &#224; l'autre, les infirmi&#232;res empruntent des coursives aux murs moisis, o&#249; des &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%A9piphytes&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;piphytes&lt;/a&gt; per&#231;ant les faux plafonds d&#233;versent sur les chariots de soin du pollen, des particules de terre et tout un lot de bact&#233;ries r&#233;sistantes. Rong&#233; par la v&#233;tust&#233;, l'&#233;tablissement de sant&#233; est aussi cribl&#233; de dettes et hante r&#233;guli&#232;rement la rubrique des faits divers du quotidien &lt;i&gt;France-Guyane&lt;/i&gt;, la Pravda locale entre les mains de l'empire de presse Hersant. La cause ? Une application aveugle des protocoles &#233;labor&#233;s depuis Paris, sans consid&#233;ration des sp&#233;cificit&#233;s guyanaises, c'est-&#224;-dire son climat &#233;quatorial, l'&#233;tendue g&#233;ographique et la pr&#233;carit&#233; &#233;conomique des patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin dans ce Far West postcolonial, les rumeurs pullulent au sujet de m&#233;decins &#171; m&#233;tros &#187; &#224; l'incomp&#233;tence largement &#233;tablie, pour qui la Guyane prend des allures de derni&#232;re chance avant radiation par l'Ordre des m&#233;decins : &#171; &lt;i&gt;Alors qu'il n'y a pas d'unit&#233; de neurochirurgie, nous avons quand m&#234;me &#224; l'h&#244;pital de Cayenne une neurochirurgienne dont on n'a pas encore saisi le r&#244;le&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse Fabrice, un trentenaire infirmier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus ahurissant : en 2012, le personnel de l'h&#244;pital de Saint-Laurent-du-Maroni a d&#233;couvert qu'un de ses radiologues avait falsifi&#233; ses dipl&#244;mes et qu'il analysait tout simplement les clich&#233;s de ses patients gr&#226;ce &#224; un forum internet d'&#233;tudiants en radiologie canadiens. &#171; &lt;i&gt;La Guyane m&#233;dicale, c'est un territoire de contraste et d'exception&lt;/i&gt;, nuance cependant une interne du service de r&#233;animation.&lt;i&gt; On y trouve le pire comme des chefs de clinique courageux et brillants qui font face &#224; toutes les difficult&#233;s administratives.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en Guyane, les grands br&#251;l&#233;s, les victimes d'AVC ou les personnes n&#233;cessitant une chirurgie thoracique ne sont normalement pas trait&#233;s et doivent b&#233;n&#233;ficier d'&#171; &#233;vacuations sanitaires &#187; vers la m&#233;tropole. Cependant, les inconnus de la S&#233;curit&#233; sociale, notamment les &#233;trangers non r&#233;gularis&#233;s, sont tous soign&#233;s &#224; Cayenne, sans prise en charge de l'Assurance maladie, plombant toujours plus le d&#233;ficit du Centre hospitalier. Et ils sont nombreux ! La sociologue Estelle Carde a montr&#233; comment ici, la S&#233;curit&#233; sociale retarde volontairement les d&#233;lais d'obtention des droits socio-sanitaires comme la CMU (Couverture maladie universelle) et l'AME (Aide m&#233;dicale d'&#201;tat) &#8211; demande de justificatifs non requis par les textes, dossiers &#171; perdus &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Logique coloniale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH398/-873-6c6b2.jpg?1768650291' width='280' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;155 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2017, l'opinion publique m&#233;tropolitaine a soudainement d&#233;couvert les terribles manquements du syst&#232;me de sant&#233; lors du large mouvement de contestation sociale. Mais si elles sont avant tout &#233;conomiques, ces carences doivent aussi s'examiner sous le prisme d'une logique coloniale persistante, o&#249; la sant&#233; d'un ultra-marin, pour ne pas dire d'un indig&#232;ne, semble bien moins compter que celle d'un m&#233;tropolitain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu en effet attendre 2016 pour qu'entre en vigueur l'article 2 de la loi Sant&#233; visant &#224; prohiber le taux de sucre excessif dans les denr&#233;es alimentaires vendues en Outre-mer. Jusqu'ici, &#171; &lt;i&gt;pour ne pas trop p&#233;naliser les industriels&lt;/i&gt; &#187;, le taux de sucre dans un soda &#233;tait entre 44 &#224; 48% plus &#233;lev&#233; qu'en m&#233;tropole... Cons&#233;quence : &#171; &lt;i&gt;La Guyane affiche un taux important d'ob&#233;sit&#233; et il n'est pas rare de voir des infarctus du myocarde chez des trentenaires&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Julien, interne aux urgences de Cayenne. Les crises cardiaques touchent ainsi 42 Guyanais sur 100 000 habitants contre une moyenne de 25,7 chez les Fran&#231;ais m&#233;tropolitains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, avant 2006, les m&#233;dicaments antipalud&#233;ens prescrits en dehors d'un centre hospitalier n'&#233;taient pas rembours&#233;s par l'Assurance maladie, alors que le paludisme est end&#233;mique en Guyane et qu'une des prophylaxies les meilleures demeure le traitement des porteurs. Mais &#171; &lt;i&gt;ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'&#224; la t&#234;te ; et ils ont le nez si &#233;cras&#233; qu'il est presque impossible de les plaindre&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait ironiquement Montesquieu pour d&#233;noncer l'esclavage. Trois si&#232;cles plus tard, la violence symbolique reste tenace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au 1&lt;sup&gt;er &lt;/sup&gt;janvier 2016, on y comptait 55 m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes pour 100 000 habitants, contre 104 en moyenne en m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Guyane, la mortalit&#233; infantile est particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e : 11,76&#8240;, contre 3,5&#8240; en m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Infections associ&#233;es aux soins lors d'une hospitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;153</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-breves-du-no153</link>
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		<dc:date>2018-08-08T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>Ron</dc:subject>
		<dc:subject>bagne</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
		<dc:subject>millions d'euros</dc:subject>
		<dc:subject>Ariane</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Berg&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Cisjordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Casini&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Guyane : Ariane ou le bagne... Vide grenier Pierre Berg&#233;, copropri&#233;taire du Monde, n'est pas seulement le chantre du bon go&#251;t, c'est aussi &#171; un transgressif, un libertaire, un provocateur &#187; (JDD, 26 mars 2017). En &#171; d&#233;laissant le trotskisme et le mao&#239;sme &#187;, Pierrot a eu le nez fin : &#224; 87 ans, il se retrouve officiellement bard&#233; de 180 millions d'euros. Seulement, il y a un probl&#232;me. L'appartement du m&#233;c&#232;ne socialiste est tout encombr&#233;, entre les tableaux de ma&#238;tre et les stocks (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Soulcie-34" rel="tag"&gt;Soulci&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ron" rel="tag"&gt;Ron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bagne" rel="tag"&gt;bagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/millions-d-euros" rel="tag"&gt;millions d'euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ariane" rel="tag"&gt;Ariane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pierre-Berge" rel="tag"&gt;Pierre Berg&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cisjordanie" rel="tag"&gt;Cisjordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Casiniere" rel="tag"&gt;Casini&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Guyane : Ariane ou le bagne...&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH295/-764-2717e.jpg?1768683838' width='400' height='295' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vide grenier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pierre Berg&#233;, copropri&#233;taire du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, n'est pas seulement le chantre du bon go&#251;t, c'est aussi &#171; &lt;i&gt;un transgressif, un libertaire, un provocateur&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt;, 26 mars 2017). En &#171; &lt;i&gt;d&#233;laissant le trotskisme et le mao&#239;sme&lt;/i&gt; &#187;, Pierrot a eu le nez fin : &#224; 87 ans, il se retrouve officiellement bard&#233; de 180 millions d'euros. Seulement, il y a un probl&#232;me. L'appartement du m&#233;c&#232;ne socialiste est tout encombr&#233;, entre les tableaux
de ma&#238;tre et les stocks d'affiches d'En marche. Il doit donc se s&#233;parer des 1 600 ouvrages de son &#171; &lt;i&gt;extraordinaire collection&lt;/i&gt; &#187;. Quelques vieux tableaux inutiles, trois ou quatre breloques, des meubles trop petits : le tout pour 374 millions d'euros. Et zou, dans la poche du libertaire !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ron et ron et ron petit Macronpon&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH422/-759-83528.jpg?1768683838' width='400' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;No justice no peace !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'on s'appr&#234;te &#224; comm&#233;morer le cinquanti&#232;me anniversaire de l'occupation militaire de la Cisjordanie, l'ONU, le 17 mars dernier, poussait &#224; la d&#233;mission la responsable d'une de ses antennes &#224; Beyrouth. Son crime ? Un rapport accusant l'&#201;tat d'Isra&#235;l de soumettre le peuple palestinien &#224; un r&#233;gime d'apartheid. Le 31 mars, le m&#234;me &#171; machin &#187; condamnait la d&#233;cision du gouvernement Netanyahu d'implanter une colonie en Cisjordanie, la premi&#232;re depuis 1999. Une d&#233;cision que le
mouvement pacifiste La Paix maintenant d&#233;plorait en ces termes : &#171; &lt;i&gt;Netanyahu conduit Isra&#233;liens et Palestiniens tout droit &#224; une r&#233;alit&#233;, &#224; un seul &#201;tat, synonyme d'apartheid.&lt;/i&gt; &#187; Un message que les &#233;tudiants de Sciences-Po &#224; Rennes se sont charg&#233;s de transmettre bruyamment &#224; Aliza Bin-Noun, ambassadrice d'Isra&#235;l
en France, alors qu'elle avait &#233;t&#233; invit&#233;e, le 30 mars, par ledit institut pour d&#233;velopper les th&#232;ses de la droite ultra au pouvoir &#224; Tel Aviv.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un vrai travail de cochons !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-760-689fd.jpg?1768683838' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cond&#233;s au taquet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, &#224; Marseille, l'&#201;quitable Caf&#233;, qui accueillait le
18 mars une conf&#233;rence de BDS (Boycott, D&#233;sinvestissement, Sanctions), &#233;tait victime d'une s&#233;rie de canulars t&#233;l&#233;phoniques dans la lign&#233;e naus&#233;abonde de ceux pratiqu&#233;s par le hacker franco-isra&#233;lien Ulcan. Le plus grave, signalant la pr&#233;sence d'individus arm&#233;s &#224; proximit&#233; du local, a provoqu&#233; l'intervention fa&#231;on commando de choc d'une vingtaine de cond&#233;s avec leur nouvel &#233;quipement guerrier. &#192; quand la mise en place d'une cellule de fact-checking &#224; la pr&#233;fecture de police de Marseille ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On peut plus rien boire !!!&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH356/-761-878c3.jpg?1768683838' width='400' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faux fr&#232;res ou fr&#232;res ennemis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reprenant l'imagerie et la bande son martiales, virilistes et x&#233;nophobes
du navet n&#233;oconservateur &lt;i&gt;300&lt;/i&gt;, le mouvement des 500 fr&#232;res occupe l'espace m&#233;diatique consacr&#233; au conflit guyanais et pousse le gouvernement &#224; des promesses budg&#233;taires in&#233;dites. L'un de ses porte-parole est parfaitement clair sur le programme
&#224; mettre en place en l'absence de geste suppl&#233;mentaire de la m&#233;tropole : &#171; &lt;i&gt;Un voleur mort, c'est un voleur
qui ne vole plus.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On fait tout
pour emp&#234;cher une guerre civile.&lt;/i&gt; [&#8230;] M&lt;i&gt;ais si les voyous veulent la guerre,
on la fera.&lt;/i&gt; &#187; Ultramarin mais pas ultramalin...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'autoroute du progr&#232;s&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH301/-763-0869f.jpg?1768683838' width='400' height='301' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Guyane, un &#233;veil politique am&#233;rindien</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/En-Guyane-un-eveil-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/En-Guyane-un-eveil-politique</guid>
		<dc:date>2018-03-30T09:36:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Barban&#232;gre</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
		<dc:subject>Alexis Tiouka</dc:subject>
		<dc:subject>Tiouka</dc:subject>
		<dc:subject>Traditionnellement</dc:subject>
		<dc:subject>petit guerrier</dc:subject>
		<dc:subject>Alexis</dc:subject>
		<dc:subject>Kali'na</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Petit Guerrier pour la paix, le militant kali'na Alexis Tiouka raconte son histoire, mais surtout celle du mouvement politique autochtone de Guyane. 130 pages sur le droit &#224; la terre, la propri&#233;t&#233; collective, l'&#233;ducation assimilationniste et&#8230; l'espoir de justice. Traditionnellement, chez les Kali'na de Guyane, on ne nomme pas les enfants &#224; la naissance. &#171; Nous pr&#233;f&#233;rons attendre que l'enfant grandisse un peu et que son caract&#232;re commence &#224; s'affirmer pour lui choisir un nom. Mes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;162 (f&#233;vrier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Juliette-Barbanegre" rel="tag"&gt;Juliette Barban&#232;gre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/autochtones" rel="tag"&gt;autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/peuples-autochtones" rel="tag"&gt;peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alexis-Tiouka" rel="tag"&gt;Alexis Tiouka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tiouka" rel="tag"&gt;Tiouka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Traditionnellement" rel="tag"&gt;Traditionnellement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/petit-guerrier" rel="tag"&gt;petit guerrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alexis" rel="tag"&gt;Alexis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kali-na" rel="tag"&gt;Kali'na&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans&lt;i&gt; Petit Guerrier pour la paix&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titr&#233; Les luttes am&#233;rindiennes racont&#233;es &#224; la jeunesse (et &#224; tous les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le militant kali'na Alexis Tiouka raconte son histoire, mais surtout celle du mouvement politique autochtone de Guyane. 130 pages sur le droit &#224; la terre, la propri&#233;t&#233; collective, l'&#233;ducation assimilationniste et&#8230; l'espoir de justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-484.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH842/-484-da01b.jpg?1768659612' width='400' height='842' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Barban&#232;gre.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement, chez les Kali'na de Guyane, on ne nomme pas les enfants &#224; la naissance. &#171; &lt;i&gt;Nous pr&#233;f&#233;rons attendre que l'enfant grandisse un peu et que son caract&#232;re commence &#224; s'affirmer pour lui choisir un nom. Mes parents voulaient me nommer Aluikawa&#239;, qui signifie &#8220; petit guerrier &#8221;, car j'&#233;tais turbulent et agit&#233;. Mais &#224; l'&#233;poque, on ne pouvait pas donner de pr&#233;nom kali'na aux enfants. Les personnes charg&#233;es de l'&#233;tat civil ne le prenaient pas en compte.&lt;/i&gt; &#187; Dans le cas d'Alexis Tiouka, c'est m&#234;me l'instituteur du village qui a d&#233;cid&#233; : l'enfant &#233;tant n&#233; le 17 juillet, jour de la Saint-Alexis, le choix fut vite fait. C'&#233;tait en 1959.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le minot est devenu juriste. Il est l'un des leaders des luttes autochtones de Guyane, dont il livre sa vision dans &lt;i&gt;Petit Guerrier pour la paix&lt;/i&gt;. Un livre de 130 pages percutantes, qui se d&#233;vore d'une traite, &#233;crit sous forme de questions-r&#233;ponses avec la journaliste H&#233;l&#232;ne Ferrarini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexis Tiouka y raconte l'&#233;cole de son enfance, le pensionnat catholique d&#232;s six ans &#8211; &#171; &lt;i&gt;On nous interdisait d'y parler nos langues. Il fallait parler fran&#231;ais. Il fallait aller &#224; la messe.&lt;/i&gt; &#187; L'acculturation qui en d&#233;coule : &#171; &lt;i&gt;On a oubli&#233; l'usage de certaines plantes m&#233;dicinales, les noms de certains arbres&#8230; Les anciens ne nous ont pas transmis toutes les connaissances qu'ils avaient.&lt;/i&gt; &#187; Et puis, il y a ce questionnement identitaire, qui trouble encore la jeunesse am&#233;rindienne d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisque &#171; &lt;i&gt;le poison et l'anti-poison ont parfois la m&#234;me origine&lt;/i&gt; &#187;, Alexis et d'autres Kali'na utiliseront le savoir tir&#233; de leurs &#233;tudes pour faire avancer la cause am&#233;rindienne. Non par les armes, comme leurs anc&#234;tres qui s'opposaient &#224; l'implantation des colons, mais par les mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leur discours, enfin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1984, &#224; Awala, ces jeunes activistes r&#233;unissent 1 500 personnes issues des six peuples autochtones de Guyane. Le chiffre est consid&#233;rable : &#224; l'&#233;poque, il ne reste sur le territoire qu'&#224; peine plus de 4 000 Am&#233;rindiens, rescap&#233;s du &#171; choc microbien &#187; et des autres calamit&#233;s dues &#224; la colonisation. L'&#233;v&#233;nement est pr&#233;sent&#233; comme culturel ; &#233;lus locaux et repr&#233;sentants de la pr&#233;fecture y sont convi&#233;s. Quand F&#233;lix Tiouka, le fr&#232;re d'Alexis, prend le micro, ils n'en croient pas leurs oreilles : le discours (historique) qu'il prononce est &#233;minemment revendicatif. L'orateur affirme &#171; &lt;i&gt;bien haut et bien fort&lt;/i&gt; &#187; les &#171; &lt;i&gt;droits de souverainet&#233;&lt;/i&gt; &#187; des Am&#233;rindiens sur la terre. Puis il critique le capitalisme in&#233;galitaire et d&#233;vastateur pour la nature que la France vient leur imposer : &#171; &lt;i&gt;Nous voulons orienter notre d&#233;veloppement en fonction de nos valeurs et de nos traditions l&#233;gu&#233;es par nos anc&#234;tres&lt;/i&gt; &#187;. Et, aussi, &#171; &lt;i&gt;traiter d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec les gouvernements de la soci&#233;t&#233; dominante et non plus &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des peuples inf&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un tel discours, comment r&#233;agissent les intendants de la R&#233;publique ? &#171; &lt;i&gt;Mal,&lt;/i&gt; &#233;crit Alexis Tiouka. &lt;i&gt;Ils sont partis.&lt;/i&gt; &#187; Mais peu importe : d&#233;sormais, ce ne sont plus les anthropologues qui parlent au nom des autochtones. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, le discours, c'&#233;tait le n&#244;tre !&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et pour l'&#201;tat et les &#233;lus guyanais, il allait falloir en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, Alexis Tiouka portera le combat au niveau du droit international, main dans la main avec d'autres peuples autochtones du monde. Leur lutte m&#232;nera, en 2007, &#224; l'adoption &#224; l'ONU de la D&#233;claration des droits des peuples autochtones. Un texte sign&#233; par la France, mais qui n'a qu'une port&#233;e symbolique. La Convention 169 de l'Organisation internationale du travail, elle, est juridiquement contraignante. Mais &#171; &lt;i&gt; la France s'est bien gard&#233;e de la signer ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propri&#233;t&#233; collective des terres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, la lutte continue. Pour la reconnaissance des langues et des cultures am&#233;rindiennes. Pour une &#233;ducation adapt&#233;e. Pour l'acc&#232;s aux soins, aujourd'hui d&#233;faillant, particuli&#232;rement chez les peuples autochtones des villages isol&#233;s de la for&#234;t&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, lire &#171; Far West m&#233;dical &#187;, article publi&#233; dans le dossier &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour le respect de l'environnement, contre l'orpaillage &#8211; clandestin ou industriel. Pour la restitution de terres, car aujourd'hui encore en Guyane, &#171; &lt;i&gt;plus de 90 % du territoire appartient &#224; l'&#201;tat&lt;/i&gt; (&#8230;).&lt;i&gt; Les Am&#233;rindiens et les Businenge&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Descendants d'esclaves ayant fui les plantations du Suriname, on les appelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;ne poss&#232;dent aucun titre de propri&#233;t&#233; sur la terre sur laquelle ils vivent pourtant depuis des si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187;. Lutte, aussi, pour la reconnaissance par la R&#233;publique de la propri&#233;t&#233; collective : &#171; &lt;i&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes, il n'y a pas de droit individuel sur la terre. Cela n'a pas de sens de dire : c'est &#8220; mon &#8221; terrain. C'est notre terre, c'est la terre sur laquelle nous vivons, tous&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;C'est cela que nous&lt;/i&gt; [voulons] &lt;i&gt;faire comprendre &#224; l'&#201;tat : il n'y a pas qu'une mani&#232;re de consid&#233;rer la terre et le droit de propri&#233;t&#233; sur cette plan&#232;te. Nous aussi nous avons notre mani&#232;re de voir les choses : pourquoi ne serait-elle pas reconnue ? Pourquoi serait-elle moins l&#233;gitime ?&lt;/i&gt; &#187; Sur certains points, les revendications autochtones n'ont rien d'exclusif : les autres Guyanais aussi sont touch&#233;s par &#171; &lt;i&gt;le manque d'infrastructures, les difficult&#233;s d'acc&#232;s aux droits, la violence, la vie ch&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, l'application de lois pens&#233;es en m&#233;tropole &#224; un territoire &#233;quatorial&#8230; &#192; Cayenne et ailleurs, lors des manifestations du printemps dernier, ils &#233;taient tous ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-titr&#233; &lt;i&gt;Les luttes am&#233;rindiennes racont&#233;es &#224; la jeunesse (et &#224; tous les curieux)&lt;/i&gt;, il a &#233;t&#233; publi&#233; en novembre 2017 chez Ibis Rouge &#201;ditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, lire &#171; Far West m&#233;dical &#187;, article publi&#233; dans le dossier &#171; Dom-Tom : colonies d'aujourd'hui &#187; (&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n &#176; 155&lt;/a&gt;, juin 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Descendants d'esclaves ayant fui les plantations du Suriname, on les appelle aussi les &#171; Noirs-Marrons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marronnage en Amazonie</title>
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		<dc:date>2014-05-27T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>France Fanion</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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&lt;p&gt;Des esclaves en fuite qui mettent &#224; genoux des empires coloniaux, vous connaissez ? Bien avant les grandes sagas hollywoodiennes et n&#233;anmoins intergalactiques, cela a exist&#233; en Am&#233;rique du Sud. Imaginez le plateau des Guyanes pr&#233;cis&#233;ment, avec sa for&#234;t amazonienne, sa v&#233;g&#233;tation dense, ses bestioles, ses Am&#233;rindiens. C'est sur cette nouvelle terre promise que notre histoire se d&#233;roule, souvent m&#233;connue, car principalement de transmission orale. De nos jours, l'&#233;lite politique guyanaise est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/blancs" rel="tag"&gt;blancs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Creoles" rel="tag"&gt;Cr&#233;oles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plantations" rel="tag"&gt;plantations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des esclaves en fuite qui mettent &#224; genoux des empires coloniaux, vous connaissez ? Bien avant les grandes sagas hollywoodiennes et n&#233;anmoins intergalactiques, cela a exist&#233; en Am&#233;rique du Sud. Imaginez le plateau des Guyanes pr&#233;cis&#233;ment, avec sa for&#234;t amazonienne, sa v&#233;g&#233;tation dense, ses bestioles, ses Am&#233;rindiens. C'est sur cette nouvelle terre promise que notre histoire se d&#233;roule, souvent m&#233;connue, car principalement de transmission orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, l'&#233;lite politique guyanaise est essentiellement cr&#233;ole, ce qui a pour cons&#233;quence une perception partielle et partiale de la p&#233;riode esclavagiste. Les discours sur la victimisation tendent trop souvent &#224; oublier l'incroyable lutte des fi&#232;res communaut&#233;s noires marrons, regroup&#233;es ici sous le nom de Bushinengu&#233;s&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Noms des peuples de noirs marrons sur le plateau des Guyanes : les Alukus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; (hommes des bois). Que ce soit en Guyane ou au Suriname voisin, il existe une r&#233;elle diff&#233;rence culturelle entre les Cr&#233;oles, rest&#233;s des si&#232;cles en esclavage, et les Bushis qui se sont tr&#232;s vite &#233;chapp&#233;s pour fonder leurs soci&#233;t&#233;s d'hommes libres. Alors que les premiers se sont vite acclimat&#233;s au mode de vie des Blancs (langue fran&#231;aise, soci&#233;t&#233; de consommation et int&#233;r&#234;t pour les &#233;lections&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frantz Fanon, dans Les Damn&#233;s de la terre, mettait d&#233;j&#224; en garde sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;), les Noirs marrons restent relativement distants (d&#233;sint&#233;r&#234;t du mod&#232;le &#233;lectoral et de la langue fran&#231;aise, non-reconnaissance des fronti&#232;res&#8230;). Revenons un peu sur les grandes lignes de cette histoire oubli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colonies fran&#231;aises, anglaise et hollandaise install&#232;rent au XVIIe si&#232;cle des plantations sur le littoral du plateau des Guyanes, assorties de leurs lots d'esclaves. La vie y &#233;tait rude : &#233;pid&#233;mies, faune et flore dangereuses, tribus d'Am&#233;rindiens farouches, production agricole difficile. Tr&#232;s vite les esclaves profit&#232;rent de la for&#234;t dense pour s'&#233;chapper et fonder de discrets villages en amont des fleuves. Devenus de v&#233;ritables guerriers, ils d&#233;velopp&#232;rent leur propre langue et culture. John Gabriel Stedman, un militaire &#233;cossais en charge de la protection de plantations, admirait &#171; &lt;i&gt;leur rapide capacit&#233; d'adaptation au milieu, m&#233;lange de connaissances conserv&#233;es d'Afrique, de la science des Am&#233;rindiens et de leurs propres d&#233;couvertes&lt;/i&gt; &#187;. Pratiquant la gu&#233;rilla, ils revenaient r&#233;guli&#232;rement piller les plantations fortifi&#233;es dont ils &#233;taient issus, r&#233;cup&#233;rant des armes et lib&#233;rant d'autres esclaves qui venaient grossir leurs rangs. De plus, les Bushinengu&#233;s b&#233;n&#233;ficiaient des renseignements de premi&#232;re main fournis par les esclaves habitant chez les Blancs. En 100 ans, le co&#251;t de la guerre et le pouvoir des esclaves en fuite augmentaient dans des proportions telles qu'ils mena&#231;aient la fragile pr&#233;sence coloniale sur le plateau des Guyanes. C'est pourquoi les gouvernements hollandais et fran&#231;ais demand&#232;rent progressivement l'arr&#234;t des hostilit&#233;s avec chaque peuple en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 octobre 1760, les Djukas signent le trait&#233; d'Auca avec l'organisation des planteurs hollandais (au Suriname), ce qui fait d'eux le premier peuple, sur le continent am&#233;ricain, &#224; obtenir son ind&#233;pendance des colons europ&#233;ens, soit seize ans avant la d&#233;claration d'ind&#233;pendance des &#233;tats-Unis. D'autres trait&#233;s furent sign&#233;s ult&#233;rieurement avec d'autres Bushinengu&#233;s (en 1762 avec les Saramakas et en 1767 avec les Matawais&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard et Sally Price, Les Marrons, &#233;d.Vents d'ailleurs.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;). Mais, certains groupes de Noirs marrons d&#233;cident de ne pas d&#233;poser les armes. Les Alukus, regroup&#233;s derri&#232;re le l&#233;gendaire chef Boni, saccagent quatorze plantations en trois ans. La r&#233;bellion n'est stopp&#233;e qu'en 1793, avec l'arriv&#233;e de 1 600 soldats d&#233;p&#234;ch&#233;s sp&#233;cialement de Hollande et l'instrumentalisation des Djukas maintenant alli&#233;s des colons. Bambi, le chef Djuka, d&#233;capite Boni et descend le fleuve Maroni pour rapporter sa t&#234;te comme preuve de sa victoire. Mais son canot chavire. Cette histoire est devenue une l&#233;gende, elle symbolise le caract&#232;re indomptable du guerrier qui refuse de se rendre, m&#234;me dans la mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de voir que les monuments en hommage aux Marrons sont essentiellement situ&#233;s en Guadeloupe et Martinique, lieux o&#249; le marronnage demeurait plus marginal. Des historiens, comme Jacques Dumont et Beno&#238;t B&#233;rard, se sont pench&#233;s sur cette question et sont arriv&#233;s &#224; la conclusion qu'il est plus facile d'imposer une r&#233;&#233;criture de l'histoire l&#224; o&#249; les principaux int&#233;ress&#233;s ne peuvent pas s'exprimer, revendiquer ou contester la parole &#233;tatique. Seulement deux monuments de ce genre existent en Guyane, fa&#231;on de ne pas accorder trop de l&#233;gitimit&#233; &#224; un peuple qui a fait plier des empires coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque approche la date de l'abolition de l'esclavage, jour f&#233;ri&#233; en Guyane, les r&#233;actions sont bien diff&#233;rentes entre Am&#233;rindiens et Bushinengu&#233;s d'un c&#244;t&#233; et Cr&#233;oles de l'autre. Alors que les Cr&#233;oles sont en f&#234;te, les Bushis passent, placides, le regard un peu d&#233;concert&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas attendu que les Blancs nous rendent notre libert&#233;, nous l'avons prise nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Noms des peuples de noirs marrons sur le plateau des Guyanes : les Alukus, les Saramakas, les Paramacas, les Djukas, les Kwintis et les Matawais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Frantz Fanon, dans &lt;i&gt;Les Damn&#233;s de la terre&lt;/i&gt;, mettait d&#233;j&#224; en garde sur l'attitude de certains cr&#233;oles qui ne pensaient qu'&#224; prendre la place du Blanc sans rien changer au syst&#232;me in&#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Richard et Sally Price, &lt;i&gt;Les Marrons&lt;/i&gt;, &#233;d.Vents d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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