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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Les Ha&#239;tiens ne souhaitent pas juste un changement de r&#233;gime &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-Haitiens-ne-souhaitent-pas</link>
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		<dc:date>2026-05-15T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Jallot</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'o&#249; vient le malheur qui frappe Ha&#239;ti ? Pour Fr&#233;d&#233;ric Thomas, auteur de Ha&#239;ti, briser le pi&#232;ge colonial, c'est la faute &#224; la double domination des n&#233;ocolons et de l'&#233;lite locale au d&#233;triment de la population ha&#239;tienne. Entretien. Ha&#239;ti, terre maudite ? Quand on parle du petit pays carib&#233;en, des bribes d'images surviennent. Des habitations arrach&#233;es dans des cyclones ou des tremblements de terre, des sc&#232;nes de famines dans des bidonvilles, des &#233;meutes dispers&#233;es par des tirs de police&#8230; Car (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_6_-7-e9842.png?1779602692' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'o&#249; vient le malheur qui frappe Ha&#239;ti ? Pour Fr&#233;d&#233;ric Thomas, auteur de &lt;i&gt;Ha&#239;ti, briser le pi&#232;ge colonial&lt;/i&gt;, c'est la faute &#224; la double domination des n&#233;ocolons et de l'&#233;lite locale au d&#233;triment de la population ha&#239;tienne. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH453/illu_ne_o_coloniaslisme_haiti_-_anne_loe_ve_page-0001-932bb.jpg?1779602692' width='500' height='453' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ha&#239;ti, terre maudite ? Quand on parle du petit pays carib&#233;en, des bribes d'images surviennent. &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Cuba-dans-l-oeil-du-cyclone' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des habitations arrach&#233;es dans des cyclones&lt;/a&gt; ou des tremblements de terre, des sc&#232;nes de famines dans des bidonvilles, des &#233;meutes dispers&#233;es par des tirs de police&#8230; Car d'Ha&#239;ti, on sait souvent peu de choses, si ce n'est qu'une r&#233;volution a mis fin &#224; la colonisation fran&#231;aise et aboli l'esclavage en 1804 et que, depuis, le pays semble &#234;tre plong&#233; dans une crise politique et &#233;conomique permanente. La faute &#224; qui ? Pour Fr&#233;d&#233;ric Thomas, chercheur au Centre tricontinental (Cetri) et auteur du livre &lt;i&gt;Ha&#239;ti, briser le pi&#232;ge colonial &lt;/i&gt;(Seuil, 2026), son histoire est celle d'une double domination o&#249; les &#201;tats coloniaux &#8211; puis n&#233;ocoloniaux &#8211; agissent avec une bourgeoisie locale pr&#233;datrice contre la population ha&#239;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que, malgr&#233; la r&#233;volution de 1804, le pays ne semble pas s'&#234;tre totalement d&#233;fait du colonialisme. En quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1804, quand Saint-Domingue1 se lib&#232;re, le pays n'est pas reconnu &#224; l'international. La France ne va jamais accepter sa d&#233;faite, m&#234;me si elle finira par reconna&#238;tre l'ind&#233;pendance en 1825. En &#233;change, elle lui r&#233;clame le paiement d'une dette pour indemniser les anciens colons et &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Dom-Tom-colonies-d-aujourd-hui' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lui impose un partenariat &#233;conomique exclusif, inscrivant Ha&#239;ti sous d&#233;pendance n&#233;ocoloniale&lt;/a&gt;. Presque un si&#232;cle plus tard, les &#201;tats-Unis vont se substituer aux Fran&#231;ais comme partenaire &#233;conomique exclusif, et m&#234;me les occuper militairement entre 1915 et 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, lorsqu'on parle d'Ha&#239;ti dans les pays occidentaux, on se limite &#224; une lecture tr&#232;s descriptive, sans explications ni analyses. Le pays appara&#238;t frapp&#233; d'un malheur cyclique o&#249; la population n'est que victime des crises qu'elle traverse. C'est une mani&#232;re de refuser de prendre Ha&#239;ti au s&#233;rieux, de l'analyser correctement. C'est une vision tr&#232;s n&#233;ocoloniale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'&#201;tat, tourn&#233; vers l'international plut&#244;t que vers la population, est une constante de l'histoire ha&#239;tienne &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque fois que les Ha&#239;tien&#183;nes vont se lib&#233;rer du colonialisme, ils et elles vont se heurter &#224; leur &#233;lite nationale qui les &#233;crase tout autant&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1804, il y a une convergence de tous les pans de la population ha&#239;tienne contre les colons et l'esclavagisme. Mais une fois les colons expuls&#233;s, l'&#233;lite qui &#233;merge de la r&#233;volution reprend en main l'&#201;tat colonial et le syst&#232;me &#233;conomique de la plantation. Elle souhaite y faire travailler les anciens esclaves devenus paysans, ce qu'ils refusent cat&#233;goriquement. C'est l&#224; l'origine du conflit historique entre la paysannerie et l'&#233;lite ha&#239;tienne. Et &#224; d&#233;faut de parvenir &#224; trouver sa l&#233;gitimit&#233; aupr&#232;s de la population, l'&#233;lite va chercher du soutien &#224; l'international. Si elle accepte les liens de subordination &#233;conomique ext&#233;rieurs, elle sera soutenue dans son projet de modernisation agricole et pourra s'enrichir. Cet &#201;tat, tourn&#233; vers l'international plut&#244;t que vers la population, est une constante de l'histoire ha&#239;tienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les aspirations de la paysannerie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La paysannerie va de son c&#244;t&#233; reproduire l'exp&#233;rience du marronnage &#8211; ces esclaves en fuite qui cr&#233;aient des communaut&#233;s autonomes loin des plantations &#8211; avec un syst&#232;me d'autoconsommation et de circuits courts. Elle fuit l'&#201;tat qui cherche &#224; s'accaparer ses terres ; c'est une forme de r&#233;sistance que l'anthropologue ha&#239;tien G&#233;rard Barth&#233;lemy appelle &#8220;le pays en dehors&#8221;. La difficult&#233; c'est que la population va &#234;tre multipli&#233;e par dix en deux si&#232;cles. L'&#201;tat et les acteurs internationaux vont &#233;galement avoir davantage prise sur le territoire. La fuite devient beaucoup plus compliqu&#233;e. Dans la seconde moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les dictatures de Fran&#231;ois et Jean-Claude Duvalier, p&#232;re et fils, alias Papa Doc et Baby Doc, vont accentuer les politiques antipaysannes. Leur objectif est de faire d'Ha&#239;ti, le &#8220;&lt;i&gt;Ta&#239;wan des Cara&#239;bes&lt;/i&gt;&#8221;, une zone franche industrielle pour produire &#224; bas co&#251;t &#224; destination des &#201;tats-Unis, transformant la paysannerie en une masse ouvri&#232;re sous-pay&#233;e. Les anciens paysans expuls&#233;s de leurs terres s'entassent dans les bidonvilles. Ouvriers pauvres ou sans travail, ils vont se soulever pour faire tomber des gouvernements comme celui de Baby Doc, en 1986, et mener de grandes r&#233;voltes comme en 2018-2019. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la derni&#232;re grande r&#233;volte qui a anim&#233; le pays avec l'espoir de briser le cycle infini des crises&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Effectivement. En 2018 vont se succ&#233;der deux r&#233;voltes. La premi&#232;re en juillet contre la vie ch&#232;re, apr&#232;s une augmentation de 38 % du prix de l'essence, face &#224; laquelle le gouvernement recule.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les Ha&#239;tiens ne souhaitent pas juste un changement de r&#233;gime mais une &#8220;transition de rupture&#8221; pour en finir avec cet &#201;tat fantoche &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; La seconde, deux mois plus tard, autour de l'affaire PetroCaribe : un accord de coop&#233;ration &#233;nerg&#233;tique entre le Venezuela et Ha&#239;ti, dont pr&#232;s de quatre milliards d'euros ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s. Les plus grandes manifs depuis la chute de Baby Doc &#233;clatent alors. Essentiellement urbaine et tr&#232;s f&#233;minis&#233;e, cette r&#233;volte est port&#233;e par une myriade d'organisations populaires et trouve un &#233;cho dans les r&#233;voltes des Gilets jaunes en France ou celles du Chili au m&#234;me moment&#8230; Les Ha&#239;tiens ne souhaitent pas juste un changement de r&#233;gime mais une &#8220;transition de rupture&#8221; pour en finir avec cet &#201;tat fantoche, courroie de transmission entre acteurs nationaux et internationaux. Le slogan &#8220;changer l'&#201;tat&#8221;, qui date de la r&#233;volution de 1986, revient en force. Il porte la volont&#233; de construire des services sociaux qui fonctionnent et une v&#233;ritable souverainet&#233; populaire. Malheureusement, ce projet &#233;choue car le mouvement fait face &#224; une r&#233;pression f&#233;roce. En novembre 2018, 71 personnes sont massacr&#233;es et plusieurs viols collectifs sont commis par des gangs arm&#233;s dans le quartier populaire de la Saline &#224; Port-au-Prince. La complicit&#233; de l'&#201;tat dans ce massacre ne fait pas de doute : trois policiers y ont particip&#233;. La communaut&#233; internationale, complice par sa passivit&#233;, n'a de son c&#244;t&#233; pas pouss&#233; &#224; la transition politique. Le recours aux gangs va devenir commun &#224; partir de 2018. On assiste depuis &#224; une gangst&#233;risation de l'&#201;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a toujours eu des gangs localis&#233;s dans les quartiers, au service des politiques au moment des &#233;lections pour ran&#231;onner les acteurs &#233;conomiques et assurer des votes. Mais, depuis 2018, on assiste &#224; leur mont&#233;e en puissance : ils ont plus d'armes et de territoires, se mettent &#224; agir &#224; leur compte et ne s'approchent plus du pouvoir que pour servir leurs propres int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire capter des ressources &#233;conomiques. Ils s'accommodent donc d'un &#201;tat faible dans lequel ils ont des relais et des membres pour pouvoir agir en toute impunit&#233;. R&#233;ciproquement, l'&#201;tat devient d&#233;pendant des gangs pour casser les r&#233;voltes. C'est un syst&#232;me mafieux o&#249; la terreur devient un mode de gouvernance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la communaut&#233; internationale laisse faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est toujours la m&#234;me chose. Alors qu'on s'accorde &#224; dire qu'Ha&#239;ti manque de services publics et d'institutions, on va essayer de r&#233;soudre le probl&#232;me des gangs en faisant venir des acteurs ext&#233;rieurs. C'est le cas de la Mission multinationale de s&#233;curit&#233; (MMAS)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mission dont le mandat a pris fin en octobre 2025 et qui laisse sa place &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; valid&#233;e par l'ONU. &#201;videmment, la mission est un &#233;chec, il y a des probl&#232;mes de financement, l'ONU se focalise sur l'arm&#233;e et le spectaculaire en faisant l'impasse sur le contexte politique&#8230; M&#234;me logique quand il y a une catastrophe comme le s&#233;isme de 2010. Plut&#244;t qu'aider Ha&#239;ti &#224; construire des institutions efficaces capables d'amortir ces chocs, on envoie des ONG par centaines qui contournent les institutions publiques, en prenant comme excuse leur faiblesse. C'est une forme de captation de la souverainet&#233; par voie militaire ou humanitaire. Du n&#233;ocolonialisme, donc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On dit parfois que le pays est au bord de l'effondrement, comment continuer &#224; esp&#233;rer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je vais &#224; Ha&#239;ti, je suis toujours &#233;tonn&#233; : tout le monde travaille, s'organise pour l'&#233;lectricit&#233;, pour l'&#233;cole&#8230; Les Ha&#239;tiens se soutiennent via la famille, les communaut&#233;s paysannes ou religieuses, les syndicats. Si le pays ne s'est pas effondr&#233;, c'est gr&#226;ce &#224; cette auto-organisation, h&#233;ritage lointain du marronnage, et &#224; l'argent envoy&#233; par la diaspora. Mais si cela est suffisamment fort pour emp&#234;cher l'effondrement de la soci&#233;t&#233;, elle ne parvient pas encore &#224; briser la double domination. Si elle parvenait &#224; prendre le dessus, elle pourrait remettre en cause la mani&#232;re de gouverner et la place subalterne d'Ha&#239;ti sur la sc&#232;ne internationale. Seule une v&#233;ritable autonomie arrach&#233;e par le peuple pourra permettre d'esp&#233;rer un avenir meilleur&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Jallot&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mission dont le mandat a pris fin en octobre 2025 et qui laisse sa place &#224; la Force de r&#233;pression des gangs (FRG). Des enqu&#234;tes sont en cours contre des membres de la MMAS pour abus sexuels sur mineurs &#224; Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;quisition : la solution ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Requisition-la-solution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Requisition-la-solution</guid>
		<dc:date>2025-07-14T20:02:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Niel Kadereit</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des milliers de personnes &#224; la rue &#224; Marseille et tout autant de logements vides. Face &#224; cette situation absurde, un collectif d'&#233;lu&#183;es, d'associations et d'organisations politiques exige du maire qu'il exerce son pouvoir de r&#233;quisition. Simple mesure d'urgence ou pr&#233;mices de l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e lucrative ? Parmi la flop&#233;e d'activit&#233;s possibles, un samedi apr&#232;s-midi ensoleill&#233; &#224; Marseille, CQFD s'est rendu le 3 mai dernier dans les locaux de la F&#233;d&#233;ration des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no243-juillet-aout-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;243 (juillet-ao&#251;t 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des milliers de personnes &#224; la rue &#224; Marseille et tout autant de logements vides. Face &#224; cette situation absurde, un collectif d'&#233;lu&#183;es, d'associations et d'organisations politiques exige du maire qu'il exerce son pouvoir de r&#233;quisition. Simple mesure d'urgence ou pr&#233;mices de l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e lucrative ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/243_06_anneloeve_requisition.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH408/243_06_anneloeve_requisition-ff99d.jpg?1779733199' width='500' height='408' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi la flop&#233;e d'activit&#233;s possibles, un samedi apr&#232;s-midi ensoleill&#233; &#224; Marseille, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'est rendu le 3 mai dernier dans les locaux de la F&#233;d&#233;ration des Bouches-du-Rh&#244;ne du Parti communiste fran&#231;ais (PCF). Plusieurs dizaines d'autres personnes, pour la plupart dans la fleur de l'&#226;ge, avaient fait le m&#234;me choix. Le Parti de la gauche europ&#233;enne (PGE), dont fait partie le PCF et qui compte une petite quinzaine d'&#233;lus au Parlement europ&#233;en, y organisait une table ronde sur le droit au logement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les r&#233;quisitions municipales sont soumises &#224; la double condition de l'existence d'une situation d'urgence et d'un trouble &#224; l'ordre public li&#233; au manque de logement&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'occasion pour Sophie Camard, maire du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; et du 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement et conseill&#232;re municipale au sein de la majorit&#233;, de venir se gargariser de &#171; &lt;i&gt;tout ce qui a &#233;t&#233; mis en place&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &#201;tats g&#233;n&#233;raux du logement &#187;, &#171; direction du logement &#187;, &#171; charte du relogement &#187;, &#171; travaux de voirie &#187;, &#171; r&#233;habilitation &#187;, bref un &#171; travail de titan &#187;, r&#233;sume-t-elle modestement. Pourtant ici &#224; Marseille, entre 15 et 20 000 logements sont vides depuis plus de deux ans, et plus de 16 000 personnes se sont retrouv&#233;es &#224; la rue au cours de l'ann&#233;e derni&#232;re. Alors dans la salle, l'exercice de communication parfaitement ma&#238;tris&#233; de Sophie Camard n'a pas convaincu tout le monde. &#192; deux reprises, des petits trublions lui demandent si la mairie ne dispose pas d'outils plus &#171; &lt;i&gt;coercitifs&lt;/i&gt; &#187; et notamment d'un droit de &#171; &lt;i&gt;r&#233;quisition&lt;/i&gt; &#187;. Un mot &#224; ne visiblement pas prononcer devant l'&#233;lue qui troque son sourire contre une exasp&#233;ration non feinte : &#171; &lt;i&gt;On n'attend pas la r&#233;quisition, qui est tr&#232;s longue et tr&#232;s compliqu&#233;e, pour pouvoir ma&#238;triser des immeubles, ce n'est pas forc&#233;ment le chemin qu'il faut prendre, m&#234;me s'il est soi-disant le plus radical.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une promesse de campagne&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Prendre au s&#233;rieux la promesse de campagne du Printemps marseillais d'&#171; identifier, remettre en location ou aider &#224; la remise en location des logements vides, sous peine de mise en &#339;uvre des proc&#233;dures l&#233;gales de r&#233;quisition &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si la t&#234;te de liste du Printemps marseillais s'emporte ainsi, c'est que depuis cinq mois le Collectif R&#233;quisition, compos&#233; d'&#233;lu&#183;es municipaux et d'associations r&#233;clame de la mairie la r&#233;quisition des b&#226;timents vides pour mettre &#224; l'abri des personnes. Quelques &#233;colos, des Insoumis, des autonomes et des militant&#183;es associatifs ont ainsi pris au s&#233;rieux la promesse de campagne du Printemps marseillais d'&#171; &lt;i&gt;identifier, remettre en location ou aider &#224; la remise en location des logements vides, sous peine de mise en &#339;uvre des proc&#233;dures l&#233;gales de r&#233;quisition&lt;/i&gt; &#187;. Une &#233;lection remport&#233;e et cinq ann&#233;es de mandat plus tard, la mesure ne fait plus du tout partie du programme du maire Beno&#238;t Payan. &#171; &lt;i&gt;La mise en &#339;uvre de la r&#233;quisition ne constitue pas [&#8230;] une solution &#233;vidente qui permettrait de loger dignement les Marseillaises et les Marseillais&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait-il en f&#233;vrier 2025 dans un courrier adress&#233; au Collectif R&#233;quisition.
Pour lui forcer la main, les militant&#183;es ont bien conscience qu'ils et elles ne pourront pas se contenter de traditionnelles manifestations. &#171; &lt;i&gt;Il faudra que l'on aille jusqu'&#224; occuper nous-m&#234;me un b&#226;timent vide, sans cela le maire ne bougera pas&lt;/i&gt; &#187;, affirme A&#239;cha Guedjali, conseill&#232;re municipale d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la lutte contre l'habitat insalubre et membre du collectif.
Comme un premier pas, le 20 juin dernier, le Collectif R&#233;quisition organise une action symbolique : au moment o&#249; se tient le conseil municipal, iels ouvrent un immense b&#226;timent vide depuis plusieurs ann&#233;es, situ&#233; au 62 rue de la R&#233;publique, pour en exiger la r&#233;quisition. Il appartient au bailleur social Unicil et &#224; un fonds de pension, la SCI Marseille City. L'&#233;v&#233;nement, bon enfant et qui ne visait pas, faute de moyens humains, &#224; occuper durablement le lieu, a &#233;t&#233; &#233;court&#233; par la mar&#233;chauss&#233;e, peu encline &#224; c&#233;l&#233;brer cet &#233;ph&#233;m&#232;re moment de r&#233;appropriation de la ville par ses habitant&#183;es. Histoire de rappeler &#224; tout ce petit monde qu'en France, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, c'est sacr&#233;, plusieurs militant&#183;es sont emmen&#233;&#183;es au poste, et une, jusque devant le juge.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une mesure tr&#232;s encadr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1945, pour faire face &#224; la p&#233;nurie de logements caus&#233;e par la Seconde Guerre mondiale, le G&#233;n&#233;ral de Gaulle promulgue une ordonnance qui permet &#224; l'&#201;tat et &#224; ses pr&#233;fets de r&#233;quisitionner des b&#226;timents vides pour loger des populations civiles en difficult&#233;. Dans l'imm&#233;diat de l'apr&#232;s-guerre, ce sont plusieurs milliers de logements qui sont r&#233;quisitionn&#233;s. Apr&#232;s une nouvelle campagne de r&#233;quisition men&#233;e sous Jacques Chirac en 1995, une deuxi&#232;me loi vient compl&#233;ter l'ordonnance de 1945. D&#233;sormais, le pr&#233;fet de d&#233;partement a la possibilit&#233; de d&#233;signer un attributaire, c'est-&#224;-dire une structure interm&#233;diaire qui prend en charge les travaux, la d&#233;signation du locataire et per&#231;oit les loyers&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La dur&#233;e de la r&#233;quisition ne peut exc&#233;der les douze ans et le propri&#233;taire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Si on ne met pas en place un rapport de force pour rendre effectif le droit au logement, on n'y arrivera pas &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De l'actuel pr&#233;fet des Bouches-du-Rh&#244;ne Georges-Fran&#231;ois Leclerc, qui partage avec Darmanin une grande proximit&#233; id&#233;ologique et (in)humaine, le Collectif R&#233;quisition n'attend pas grand-chose. C'est pourquoi ils et elles ont plut&#244;t choisi de concentrer leurs efforts sur Beno&#238;t Payan, dont le pouvoir d'expropriation est pourtant beaucoup plus restreint que celui du pr&#233;fet. En effet, les r&#233;quisitions municipales sont soumises &#224; la double condition de l'existence d'une situation d'urgence et d'un trouble &#224; l'ordre public li&#233; au manque de logements. Or, la caract&#233;risation de ces deux notions est laiss&#233;e &#224; l'appr&#233;ciation du maire, d'abord, mais surtout, en derni&#232;re instance, &#224; celle du juge lorsqu'il est saisi pour contester l'arr&#234;t&#233; de r&#233;quisition. Et en la mati&#232;re, une d&#233;cision a laiss&#233; des marques. En 2018, &#224; Montreuil, lorsque le maire d&#233;cide de saisir des bureaux vides appartenant &#224; l'&#201;tat pour loger des travailleurs immigr&#233;s, la justice s'est alors empress&#233;e, sur demande du pr&#233;fet, de casser l'arr&#234;t&#233; municipal et d'ordonner l'&#233;vacuation des locaux. Ironiquement, la juge a alors consid&#233;r&#233; que c'&#233;tait plut&#244;t &#171; &lt;i&gt;l'occupation des locaux r&#233;quisitionn&#233;s [qui] porte atteinte &#224; l'ordre public&lt;/i&gt; &#187;. Les chats &#233;chaud&#233;s craignent l'eau froide, les maires les d&#233;faites au tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;En finir avec le logement comme rente&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi tout ce bazar aupr&#232;s du maire si l'on sait d&#233;j&#224; que, dans tous les cas, le pr&#233;fet et les tribunaux ne vont pas laisser faire ? &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224; parce cela permettrait de remettre le sujet dans le d&#233;bat public et de loger des personnes &#224; la rue pendant quelques mois, le temps que l'expulsion soit effective&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond A&#239;cha Guedjali, l'une des rares &#233;lues au sein de la majorit&#233; municipale &#224; soutenir la r&#233;quisition. &#171; &lt;i&gt;Ensuite parce que ce serait l'occasion d'engager un bras de fer avec l'&#201;tat sur cette question. Si on ne met pas en place un rapport de force pour rendre effectif le droit au logement, on n'y arrivera pas. Nous ce que l'on veut, c'est qu'un peu partout en France, les maires utilisent cet outil&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mai dernier, le maire &#233;colo &#201;ric Piolle a annonc&#233; son intention de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;
En jeu, le renversement de la hi&#233;rarchie entre le droit sacralis&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et celui pi&#233;tin&#233; du droit au logement. &#171; &lt;i&gt;Imaginez que la mairie r&#233;quisitionne un b&#226;timent qui appartient &#224; un fonds de pension am&#233;ricain sp&#233;culant depuis des ann&#233;es sur le logement en gardant des immeubles vides. Cela donnerait un signal tr&#232;s fort aux gens qu'ils ont le droit d'avoir un toit et ce serait une mise en garde aux autres sp&#233;culateurs&lt;/i&gt; &#187;, se projette Francesca, militante au sein du Collectif R&#233;quisition. Dans le fond, ce qu'elle esp&#232;re, c'est &#171; &lt;i&gt;ouvrir la possibilit&#233; de sortir le logement du domaine de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e lucrative&lt;/i&gt; &#187;. Une urgence, alors que le nombre de personnes sans domicile a doubl&#233; depuis 2010 en Europe sous l'effet conjoint des crises, du d&#233;clin de l'&#201;tat providence et de la financiarisation du march&#233; de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niel Kadereit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La dur&#233;e de la r&#233;quisition ne peut exc&#233;der les douze ans et le propri&#233;taire a ensuite la garantie de retrouver son b&#226;timent. Souvent r&#233;nov&#233; en prime. On est donc bien loin de l'expropriation ou de la collectivisation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mai dernier, le maire &#233;colo &#201;ric Piolle a annonc&#233; son intention de r&#233;quisitionner des logements vacants si la pr&#233;f&#232;te de l'Is&#232;re n'usait pas de son pouvoir de r&#233;quisition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Abolir l'habitant&#183;e</title>
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		<dc:date>2025-01-14T15:17:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Airbnb, coliving, baux mobilit&#233; ou arrangements douteux, le march&#233; locatif marseillais souffre ces derni&#232;res ann&#233;es de nouvelles pratiques. Un arsenal de techniques dont la finalit&#233; semble &#234;tre la mise au rebut de l'habitant&#183;e p&#233;renne. Ces derni&#232;res ann&#233;es, le boom touristique et le t&#233;l&#233;travail ont fait de Marseille une destination phare pour l'investissement immobilier : r&#233;sidences secondaires &#224; bas co&#251;t, rachat d'immeubles destin&#233;s aux locations courte dur&#233;e (LCD) ou au coliving&#8230; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH71/237_06_anneloeve_bnb_1200px-7a502.jpg?1779635952' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Airbnb, coliving, baux mobilit&#233; ou arrangements douteux, le march&#233; locatif marseillais souffre ces derni&#232;res ann&#233;es de nouvelles pratiques. Un arsenal de techniques dont la finalit&#233; semble &#234;tre la mise au rebut de l'habitant&#183;e p&#233;renne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH236/237_06_anneloeve_bnb_620px-ab692.jpg?1779635952' width='500' height='236' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Anne Lo&#232;ve
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;es derni&#232;res ann&#233;es, le boom touristique et le t&#233;l&#233;travail ont fait de Marseille une destination phare pour l'investissement immobilier : r&#233;sidences secondaires &#224; bas co&#251;t, rachat d'immeubles destin&#233;s aux locations courte dur&#233;e (LCD) ou au &lt;i&gt;coliving&#8230;&lt;/i&gt; Le logement se transforme en bien de consommation, et l'habitant&#183;e en client&#183;e d'un jour, d'un mois, ou d'une saison. Face &#224; l'ampleur du probl&#232;me, des habitant&#183;es concern&#233;&#183;es ont d&#233;cid&#233; de s'organiser en cr&#233;ant la Coordination des actions anti-gentrification (CAAG). Celle-ci se r&#233;unit depuis pr&#232;s de trois ans afin d'agir pour le droit &#224; la ville et au logement : enqu&#234;tes, affichages, manifs, discussions et d&#233;nonciations publiques&#8230; Autant de moyens pour r&#233;v&#233;ler et lutter contre ces nouvelles pratiques &#224; la crois&#233;e des chemins entre ill&#233;galit&#233;, optimisation fiscale et gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Locataires &#224; usage unique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la cit&#233; phoc&#233;enne, la LCD sur des plateformes comme Airbnb a connu une v&#233;ritable explosion. Suite aux effondrements des immeubles rue d'Aubagne fin 2018, cette partie du centre-ville, plut&#244;t d&#233;labr&#233;e, a vu se multiplier les arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril et les d&#233;logements. Puis, les ventes immobili&#232;res se sont pr&#233;cipit&#233;es pour quelques kopeks. Alors, au lieu d'&#234;tre r&#233;habilit&#233;s et r&#233;int&#233;gr&#233;s, nombre de logements sont mis en LCD&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2019, 18 % des ventes immobili&#232;res dans le 1er arrondissement &#233;taient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Plus rentable au mois, exempte de permis de louer et b&#233;n&#233;ficiant jusque r&#233;cemment d'un abattement fiscal de 71 %, la LCD a particip&#233; &#224; faire de Marseille un eldorado pour les investisseurs. En 2016, on d&#233;nombrait 4 500 annonces, contre plus de 12 000 en 2023 ! Cette m&#234;me ann&#233;e dans le 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, pr&#232;s d'un logement sur 10 &#233;tait en LCD !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le logement se transforme en bien de consommation, et l'habitant&#183;e en client&#183;e d'un jour, d'un mois, ou d'une saison&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 2021, la mairie se r&#233;veille : elle exige des propri&#233;taires de deux logements ou plus en LCD la mise en location longue dur&#233;e d'une surface &#233;quivalente. Un cadre durci ce d&#233;but d'ann&#233;e 2025, s'appliquant d&#233;sormais d&#232;s la premi&#232;re LCD hors r&#233;sidence principale. Les propri&#233;taires sont &#233;galement dans l'obligation de d&#233;clarer le &#171; changement d'usage &#187; du logement destin&#233; &#224; &#234;tre mis en LCD. Mais la municipalit&#233; a beau fanfaronner, elle peine &#224; faire appliquer cette r&#233;glementation : peu de collaboration de la part des plateformes, effectifs de contr&#244;le pr&#233;tendument trop faibles ou peut-&#234;tre, manque de volont&#233; politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la mairie sait s'y prendre pour faire trembler les pas moins de 1 500 proprios resquilleurs qui privent les habitant&#183;es de logements et la commune de plusieurs centaines de milliers d'euros de taxe de s&#233;jour. Apr&#232;s de longues enqu&#234;tes d'un service sp&#233;cialement form&#233;, elle leur envoie&#8230; une carte postale ! Bons baisers de la municipalit&#233;. Loin d'une mise en demeure, la d&#233;marche se veut &#171; &lt;i&gt;p&#233;dagogique&lt;/i&gt; &#187;. Mais, qui sait, elle pourrait peut-&#234;tre, si la Bonne-M&#232;re et la main invisible du march&#233; le veulent, aboutir &#224; d'&#233;ventuelles poursuites ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sp&#233;culateurs, &#224; jamais les premiers&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, Vincent Challier, chirurgien bordelais, apparaissait dans une &#233;mission de &#171; Compl&#233;ment d'Enqu&#234;te &#187; consacr&#233;e &#224; Airbnb. Propri&#233;taire d'un immeuble dans le centre-ville, il se montre d&#233;complex&#233; face &#224; son flagrant d&#233;lit de location saisonni&#232;re ill&#233;gale, affirmant se &#171; &lt;i&gt;d&#233;brouiller&lt;/i&gt; &#187; avec la loi : &#171; &lt;i&gt;C'est Marseille b&#233;b&#233;&lt;/i&gt; &#187; singe-t-il.
Plusieurs familles vivaient au 30 rue Thiers, un b&#226;timent entour&#233; d'immeubles en p&#233;ril, que Challier acquiert &#224; l'hiver 2020, pour 730 000 euros. Il les expulse pour y installer son projet de &#171; &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; &#187;, sorte de coloc &#171; alternative &#187; o&#249; les occupant&#183;es disposent d'espaces priv&#233;s (chambres, studios) et communs (cuisines, jardins, espaces d&#233;tente&#8230;). Un habitat pr&#233;caire rebaptis&#233; d'un nom tendance anglo-saxon, qui permet de louer chacune des 14 chambres pr&#232;s de 700 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hic ? Challier, d&#233;clar&#233; bailleur longue dur&#233;e, loue &#224; la nuit&#233;e, donc en LCD, sans autorisation de changement d'usage. Une enqu&#234;te&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CAAG, &#171; L'&#201;cho du Ti&#233;quar &#187;, journal parodique (&#233;t&#233; 2023).&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; de la CAAG et quelques chahutages sur le b&#226;timent ont eu raison de la clandestinit&#233; de son aventure entrepreneuriale. Tags, communiqu&#233;s et affiches ont m&#234;me fini par le pousser &#224; avouer publiquement l'ill&#233;galit&#233; de ses pratiques dans une r&#233;ponse affich&#233;e sur sa devanture, s&#251;r de son impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Vincent Challier affirme se &#171; d&#233;brouiller &#187; avec la loi : &#171; C'est Marseille b&#233;b&#233; ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et comment lui donner tort ? La mairie, prompte &#224; r&#233;pondre &#224; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; que le dossier &#233;tait &#171; &lt;i&gt;en haut de la pile pour un traitement d'urgence&lt;/i&gt; &#187;, le laisse pourtant s&#233;vir depuis plus d'un an. Une impunit&#233; qui b&#233;n&#233;ficie &#224; beaucoup d'autres multipropri&#233;taires ayant flair&#233; la rentabilit&#233; d'un centre-ville purg&#233; de ses habitant&#183;es par les arr&#234;t&#233;s de p&#233;rils.
R&#233;cemment, le 30 rue Thiers pr&#233;sentait un triste tableau : plafonds &#233;ventr&#233;s, murs de pl&#226;tre d&#233;fonc&#233;s, t&#226;ches douteuses sur les canap&#233;s inoccup&#233;s du salon, emballages de capotes dans l'escalier, jardin d&#233;potoir, rang&#233;e de frigos &#224; l'odeur &lt;i&gt;champ&#234;tre&lt;/i&gt; dans la cuisine. Lou&#233; &#224; quelques touristes mi-shlags mi-boh&#232;mes, pour s&#251;r moins bourgeois que ne l'aurait r&#234;v&#233; Challier, le b&#226;timent h&#233;bergeait aussi des locataires de plus longue dur&#233;e, souvent sans contrat de bail : dans le jargon, &#171; &lt;i&gt;on s'arrange&lt;/i&gt; &#187;. Du r&#234;ve &lt;i&gt;marseillais-bb&lt;/i&gt; d'un &lt;i&gt;coliving cosy&lt;/i&gt; et convivial au folklorique recel de taudis, il n'y a qu'un pas. Depuis quelques semaines, il s'est rattach&#233; &#224; la cha&#238;ne de locations The Good Butler. Sa devanture est d&#233;sormais repeinte aux couleurs d'un groupe de supporters de l'OM, histoire de se fondre dans le paysage&#8230; et pour le prot&#233;ger de futures d&#233;gradations ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ah les jolies Colonies&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il est rondement men&#233;, le &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; peut pourtant prendre un tout autre aspect. C'est le cas de YOLO, une petite entreprise qui profite bien de la crise. Install&#233;e au 32 cours Lieutaud, en bordure du quartier populaire de Noailles, elle loue des petits studios &#171; &lt;i&gt;s&#233;r&#233;nit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et autres chambres &#171; &lt;i&gt;harmonie&lt;/i&gt; &#187;. Ici, tout est en ordre et bien blanchi : bureaux de &lt;i&gt;coworking&lt;/i&gt;, chambres parfois &#233;quip&#233;es de cuisines, laverie, papier peint art d&#233;co et cam&#233;ra de surveillance sur chaque palier&#8230; Du propre, et qui rapporte !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le coliving est une sorte de chim&#232;re entre gated community et auberge espagnole, sauce conquistador&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Se voulant disruptif, le &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; s'est invit&#233; en France en 2018 et depuis, sa croissance est exponentielle. Sans d&#233;finition l&#233;gale claire, chaque gestionnaire fait sa tambouille : LCD (moins de trois mois), bail mobilit&#233; (un &#224; dix mois sous conditions) ou location/colocation meubl&#233;e. Non seulement le loyer y est sup&#233;rieur &#224; la moyenne, mais en plus, le &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; a la l&#233;gislation de son c&#244;t&#233; : abattements fiscaux vari&#233;s, contournement du plafonnement des loyers, facturation de services suppl&#233;mentaires (petits d&#233;jeuners, etc)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, il produit un voisinage &#233;ph&#233;m&#232;re, ce qui rend plus difficile l'organisation entre habitant&#183;es pour exiger de meilleures conditions de logement. Une attaque &#224; la coh&#233;sion sociale de quartier, maquill&#233;e par des tartines de marketing : &#171; &lt;i&gt;communaut&#233; vibrante&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;convivialit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#233;v&#232;nements f&#233;d&#233;rateurs&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire sur les sites de gestionnaires comme Colonies (sic !) ou The Babel Community. Une sorte de chim&#232;re entre &lt;i&gt;gated community&lt;/i&gt; et auberge espagnole, sauce conquistador.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Abolitionnistes de l'habitant&#183;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Profitant des touristes, des travailleur&#183;euses ultra-mobiles ou des pr&#233;caires qui claqueront l'enti&#232;ret&#233; de leur paye dans un loyer faute d'acc&#232;s &#224; la stabilit&#233; d'un bail traditionnel, &lt;i&gt;colivings&lt;/i&gt; et LCD forment une nouvelle interface entre bailleurs et locataires. Ceux-ci supplantent les agences immobili&#232;res ou r&#233;forment leurs pratiques. Ils forment une nouvelle couche d'opacit&#233;, de volatilit&#233;, cachant le proprio v&#233;reux derri&#232;re le gestionnaire ultramoderne, prestataire de convivialit&#233;-plastique anonyme derri&#232;re la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe du &#171; locataire jetable &#187; est &#224; l'habitat ce que l'ub&#233;risation et l'int&#233;rim sont au travail : on cherche &#224; contourner, non seulement la loi lorsqu'elle est lacunaire ou peu applicable, mais aussi les solidarit&#233;s m&#233;caniques de locataires rassembl&#233;&#183;es autour d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ph&#233;nom&#232;ne reste tr&#232;s vuln&#233;rable : en t&#233;moignent les d&#233;gradations, occupations, cambriolages militants ou attaques de conciergeries, &#224; Marseille comme ailleurs. Car &#224; force d'automatiser, de plateformiser, de multiplier rouages et points de d&#233;faillance, il devient de plus en plus ais&#233; et tentant de jeter son sabot dans la machine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par P.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2019, 18 % des ventes immobili&#232;res dans le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; arrondissement &#233;taient destin&#233;es &#224; de futures locations touristiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;CAAG, &#171; &lt;i&gt;L'&#201;cho du Ti&#233;quar&lt;/i&gt; &#187;, journal parodique (&#233;t&#233; 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture du viol : le d&#233;fi du d&#233;ni</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Culture-du-viol-le-defi-du-deni</link>
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		<dc:date>2019-11-25T08:19:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>
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		<dc:subject>Najila Trindade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise (Libertalia) est un livre dur, implacable. La militante f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert y d&#233;monte les ressorts des violences sexuelles, ramenant au plan culturel, soci&#233;tal, ce que l'on s'ent&#234;te trop souvent &#224; penser en termes individuels et pathologiques. Le 6 juin dernier, c'&#233;tait grosse poilade sur RMC. Deux &#171; sp&#233;cialistes &#187; foot &#224; mini-cerveau trempant dans le corporatisme burn&#233;, Daniel Riolo et J&#233;rome Rothen, se gaussaient en effet du physique de Najila (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/viol" rel="tag"&gt;viol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-sexuelles" rel="tag"&gt;violences sexuelles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Daniel-Riolo" rel="tag"&gt;Daniel Riolo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jerome-Rothen" rel="tag"&gt;J&#233;rome Rothen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Najila-Trindade" rel="tag"&gt;Najila Trindade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise &lt;/i&gt;(Libertalia) est un livre dur, implacable. La militante f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert y d&#233;monte les ressorts des violences sexuelles, ramenant au plan culturel, soci&#233;tal, ce que l'on s'ent&#234;te trop souvent &#224; penser en termes individuels et pathologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L494xH400/-1365-53212.jpg?1779603604' width='494' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Anne Lo&#232;ve
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 6 juin dernier, c'&#233;tait grosse poilade sur RMC. Deux &#171; sp&#233;cialistes &#187; foot &#224; mini-cerveau trempant dans le corporatisme burn&#233;, Daniel Riolo et J&#233;rome Rothen, se gaussaient en effet du physique de Najila Trindade, femme accusant de viol le footballeur du PSG Neymar. Entre autres analyses de haut vol, ils s'&#233;tonnaient : &#171; &lt;i&gt;Mais la nana, tu l'as vue la nana ?&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;C'est de la deuxi&#232;me division. Quand tu t'appelles Neymar, tu as un minimum de qualit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ironiser grassement sur cette suppos&#233;e laideur de la victime&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Devant le mini-scandale, la cha&#238;ne les a suspendus pour... Une semaine.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des escadrons de commentaires de ce genre avaient d&#233;j&#224; fus&#233; dans des cas pr&#233;c&#233;dents. Nafissatou Diallo dans l'affaire DSK &#233;tait trop moche pour son r&#244;le, disaient certains, insinuant que le roi du FMI pouvait bien &#171; &lt;i&gt;trousser une domestique&lt;/i&gt; &#187; (Jean-Fran&#231;ois Kahn), ce n'&#233;tait pas si grave. Aux &#201;tats-Unis en 2012, quand deux jeunes footballeurs d'un campus am&#233;ricain,&lt;i&gt; bien sous tous rapports&lt;/i&gt;, ont &#233;t&#233; jug&#233;s pour le viol d'une jeune fille, leurs cong&#233;n&#232;res &#233;tant nombreux &#224; leur trouver des excuses &#8211; ils &#233;taient bourr&#233;s, elle l'avait cherch&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des discours typiques, presque universels. Si Val&#233;rie Rey-Robert rappelle que la culture du viol &#171; &lt;i&gt;s'exprime de fa&#231;on diff&#233;renci&#233;e selon les &#233;poques, les pays, les soci&#233;t&#233;s, les cultures &#187;&lt;/i&gt;, elle ajoute en effet qu' &#171; &lt;i&gt;elle provoque syst&#233;matiquement des ph&#233;nom&#232;nes similaires observables : fatalisation du viol, excuse des coupables, culpabilisation des victimes&lt;/i&gt; &#187;. De quoi nier la r&#233;alit&#233; des violences sexuelles et de leur diffusion &#224; tous les niveaux de soci&#233;t&#233;s malades.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dissocier, disent-ils&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ni forcen&#233; d'une r&#233;alit&#233; d&#233;sastreuse est au c&#339;ur du livre de Val&#233;ry Rey-Robert. Rappelant qu'en France au cours d'une ann&#233;e &#171; &lt;i&gt;le nombre de femmes &#226;g&#233;es de 18 &#224; 75 ans qui sont victimes de viols et de tentatives de viol est de 84 000&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te Insee-ONDRP, men&#233;e de 2012 &#224; 2017, que l'auteure qualifie d' &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, elle d&#233;monte patiemment les id&#233;es re&#231;ues sur le viol. Et r&#233;affirme qu'il existe bien un soubassement soci&#233;tal &#224; cette &#233;pid&#233;mie, qui touche tous les milieux, toutes les classes sociales. Non, ce ne sont pas des cas isol&#233;s. Non, cela ne se d&#233;roule pas loin de nos cercles. C'est l&#224;, sous nos yeux, o&#249; qu'on se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment plus rassurant d'imaginer le violeur comme un monstre, une cr&#233;ature hors de la soci&#233;t&#233; &#8211; ou comme un Trump, satyre immonde gorg&#233; de pouvoir. Mais la tenanci&#232;re du tr&#232;s bon blog &lt;i&gt;Cr&#234;pe Georgette&lt;/i&gt; tacle cette id&#233;e re&#231;ue. D&#233;montant &#171; &lt;i&gt;l'image d'un violeur qui serait forc&#233;ment un psychopathe, laid et contrefait, forc&#233;ment malade mental ou monstre de contes de f&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, elle rappelle que la majorit&#233; des agressions se passent dans un cadre ferm&#233;, impliquant des proches (familles, couples, amis, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;flexe de dissociation, de d&#233;signation de l'Autre, quel qu'il soit, &#171; &lt;i&gt;le pauvre, l'Arabe, le Noir, le fou, le malade&lt;/i&gt; &#187;, forme l'un des pans de r&#233;sistance les plus tenaces &#224; l'acceptation de la r&#233;alit&#233;. Autre biais de d&#233;ni : chercher &#224; tout prix des responsabilit&#233;s chez les victimes (elle &#233;tait en mini jupe, elle avait trop bu, elle n'avait rien &#224; faire l&#224;&#8230;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; On trouve toujours quelque chose &#224; reprocher aux victimes, pr&#233;sum&#233;es ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;). Tout ceci s'accompagnant de st&#233;r&#233;otypes sur les violences elles-m&#234;mes, qui en fait n'en seraient pas, ou alors ne porteraient pas tant que &#231;a &#224; cons&#233;quence (le viol conjugal serait compr&#233;hensible si la partenaire se refuse aux rapports, etc.). Un dispositif de d&#233;ni aux soubassements profonds.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Galante France&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; culture du viol &#187; a beau &#234;tre n&#233;e aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1970 (d&#233;j&#224; avec l'objectif de &#171; &lt;i&gt;montrer que le viol n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne rare et accidentel&lt;/i&gt; &#187;), elle concerne particuli&#232;rement l'Hexagone contemporain, parangon, comme chacun sait, d'amour courtois et de galanterie... Revenant sur cette construction historique flatteuse mais erron&#233;e, l'auteure montre bien comment le ver &#233;tait d&#233;j&#224; dans le fruit chez ces libertins tant encens&#233;s par les &#233;lites. L'amour courtois : un dispositif de soumission de la femme. Casanova et le Vicomte de Valmont des &lt;i&gt;Liaisons dangereuses &lt;/i&gt; ? Concr&#232;tement : des violeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, exemple entre mille, l'insupportable Philippe Sollers &#233;crit une hagiographie du premier, &lt;i&gt;Casanova l'admirable&lt;/i&gt;, il se revendique d'une tradition de grivoiserie bas&#233;e en fait sur une insupportable violence. Ce qui fit ainsi r&#233;agir Fran&#231;oise Giroud dans &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt;, en 1998 : &#171; &lt;i&gt;Heureuses, ces religieuses encul&#233;es, ces adolescentes engross&#233;es, ces vieilles femmes grug&#233;es, ces matrones d&#233;laiss&#233;es, ces catins r&#233;tribu&#233;es, ces amoureuses d'un soir refil&#233;es &#224; qui voudra bien les prendre, ces ouvri&#232;res tringl&#233;es &#224; la cha&#238;ne ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Admirable, Casanova ? &#187;, 5 novembre 1998.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ferment historique et culturel a laiss&#233; beaucoup de traces dans la psych&#233; collective. Il porte en soi cette id&#233;e que la femme est frivole, qu'elle aime &#224; &#234;tre forc&#233;e, qu'il faut lui tordre la main pour la faire se p&#226;mer. Combien de vid&#233;os porno bas&#233;es sur ce fantasme&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Pornographie : la contribution f&#233;ministe &#187;, CQFD n&#176;178, juillet-ao&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; ? Combien de publicit&#233;s, de s&#233;ries, de films, de tubes pop ou rap mettant en sc&#232;ne l'image de la femme comme volatile et inconstante, finalement conquise par la m&#226;le et virile d&#233;termination d'un hidalgo entreprenant jusqu'au harc&#232;lement ? Trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;pisode &lt;i&gt;Me Too&lt;/i&gt; et son pendant fran&#231;ais &lt;i&gt;Balance Ton Porc&lt;/i&gt; a suscit&#233; de nombreux espoirs en la mati&#232;re, l'&#233;difice du d&#233;ni n'est en rien &#233;branl&#233;. Outre les r&#233;actions indign&#233;es des r&#233;acs de service se r&#233;clamant d'une &#171; &lt;i&gt;libert&#233; d'importuner &#187;&lt;/i&gt; (tribune publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 9 janvier 2018 &lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre de cette tribune, notamment sign&#233;e par Catherine Deneuve et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;), la m&#233;connaissance des m&#233;canismes et des r&#233;alit&#233;s du viol reste dominante. Une tr&#232;s r&#233;cente &#233;tude Ipsos intitul&#233;e &#171; Les Fran&#231;ais et les repr&#233;sentations sur le viol et les violences sexuelles &#187; d&#233;voile ainsi que 42 % d'entre elles et eux estiment que la responsabilit&#233; du violeur est att&#233;nu&#233;e si la victime a une attitude jug&#233;e provocante. Et que la majorit&#233; pense que l'espace public est le lieu o&#249; l'on risque le plus d'&#234;tre viol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a du boulot. Beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Plus le temps &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous n'avons plus le temps&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Val&#233;rie Rey-Robert. &#171; &lt;i&gt;Plus le temps de soigner les ego de ceux qui se sentent davantage bless&#233;s par ce que nous disons que par la r&#233;alit&#233; des violences sexuelles. Plus le temps que la honte change de camp. Plus le temps que les victimes continuent &#224; se reconstruire seules dans leur coin...&lt;/i&gt; &#187; De ce constat d&#233;coule une approche r&#233;solument offensive, multipliant les pistes de lutte. Parmi celles-ci : d&#233;construire les st&#233;r&#233;otypes de genre ; repenser l'espace public ; travailler sur l'&#233;ducation genr&#233;e ; d&#233;noncer les productions culturelles n&#233;fastes en la mati&#232;re ; &#171; &lt;i&gt;&#233;duquer les hommes &#224; ne pas violer &#187;&lt;/i&gt; ; impliquer davantage les pouvoirs publics ; etc. Ce n'est pas un petit pan qu'il faudrait briser, mais l'ensemble de la structure, &#224; toutes ses extr&#233;mit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de son essai, Val&#233;rie Rey-Robert, qui travaille sur les violences sexuelles depuis une vingtaine d'ann&#233;es, rend hommage aux personnes qui lui ont livr&#233; leur t&#233;moignage. Et notamment &#224; Fran&#231;ois et Marie, viol&#233;s respectivement &#224; l'&#226;ge de 9 ans et de 14 ans. Deux &#234;tres humains bousill&#233;s, &#233;corch&#233;s, qui sont parvenus &#224; se reconstruire sur la longueur, malgr&#233; cette tenace inclination &#171; &lt;i&gt;&#224; se voir non comme une victime mais comme un &#233;ternel coupable&lt;/i&gt; &#187;. Sous sa plume, on sent un respect infini pour leur combat, leur courage. Et pour avoir finalement renvers&#233; la barre, acceptant &#171; &lt;i&gt;avoir &#233;t&#233; victimes&lt;/i&gt; &#187;. C'est en ce sens qu'elle exhorte les femmes et hommes victimes de violences sexuelles &#224; t&#233;moigner, malgr&#233; l'immense difficult&#233; de la chose : &#171; &lt;i&gt;Les victimes qui peuvent parler doivent continuer &#224; occuper l'espace politique, m&#233;diatique, social, public. C'est difficile, je le sais, parce qu'elles y sont insult&#233;es, moqu&#233;es. Leurs propos sont caricatur&#233;s, ridiculis&#233;s. Mais nous le devons &#224; tous les Fran&#231;ois et Marie dont la force, la constance, la volont&#233; m'ont coup&#233; le souffle et continuent &#224; susciter mon admiration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Devant le mini-scandale, la cha&#238;ne les a suspendus pour... Une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Enqu&#234;te Insee-ONDRP, men&#233;e de 2012 &#224; 2017, que l'auteure qualifie d' &#187; estimation minimale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;On trouve toujours quelque chose &#224; reprocher aux victimes, pr&#233;sum&#233;es ou non. Soit elles sont trop laides pour &#234;tre des victimes, soit elles l'ont bien cherch&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit No&#233;mie Renard dans &lt;i&gt;En finir avec la culture du viol&lt;/i&gt;, r&#233;cemment publi&#233; aux &#233;ditions Petits Matins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Admirable, Casanova ? &#187;, 5 novembre 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Pornographie : la contribution f&#233;ministe &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;178, juillet-ao&#251;t 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le titre de cette tribune, notamment sign&#233;e par Catherine Deneuve et Catherine Millet : &#171; Nous d&#233;fendons une libert&#233; d'importuner, indispensable &#224; la libert&#233; sexuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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