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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Apr&#232;s le s&#233;isme, la solidarit&#233; populaire</title>
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		<dc:date>2023-04-21T11:59:16Z</dc:date>
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		<dc:creator>Loez</dc:creator>


		<dc:subject>Loez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 6 f&#233;vrier, deux tremblements de terre ravageaient le Kurdistan syrien et turc. Dans ce dernier pays, la catastrophe naturelle s'accompagne d'un d&#233;sastre social et politique, r&#233;sultat de l'incurie criminelle du r&#233;gime d'Erdo&#287;an. Et c'est la solidarit&#233; populaire qui a permis de r&#233;pondre aux urgences. Reportage. &#171; Je suis sorti en pyjama, j'ai juste eu le temps de glisser mes pieds dans les chaussures. Le b&#226;timent s'est &#233;croul&#233;, j'ai d&#251; sortir par un trou. J'ai entendu une voix d'enfant, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no219-avril-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;219 (avril 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 6 f&#233;vrier, deux tremblements de terre ravageaient le Kurdistan syrien et turc. Dans ce dernier pays, la catastrophe naturelle s'accompagne d'un d&#233;sastre social et politique, r&#233;sultat de l'incurie criminelle du r&#233;gime d'Erdo&#287;an. Et c'est la solidarit&#233; populaire qui a permis de r&#233;pondre aux urgences. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e suis sorti en pyjama, j'ai juste eu le temps de glisser mes pieds dans les chaussures. Le b&#226;timent s'est &#233;croul&#233;, j'ai d&#251; sortir par un trou. J'ai entendu une voix d'enfant, mais je n'ai rien pu faire&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Appuy&#233; sur sa canne, un vieil homme raconte en boucle son histoire, d'une voix tremblante, aux volontaires qui distribuent des v&#234;tements et l'ont invit&#233; &#224; boire un th&#233;. La sc&#232;ne se d&#233;roule &#224; Elbistan, &#224; quelques pas de la &lt;i&gt;cemevi&lt;/i&gt;, lieu de culte et de r&#233;union de la minorit&#233; al&#233;vie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les al&#233;vis sont une importante minorit&#233; religieuse du centre-est de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, dans une r&#233;gion qui se situe non loin de l'&#233;picentre du second des deux s&#233;ismes &#8211; d'une magnitude de 7,8 et 7,6 sur l'&#233;chelle de Richter &#8211; qui ont touch&#233; le sud de la Turquie le 6 f&#233;vrier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration des syndicats des travailleurs du secteur public (Kesk)&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fond&#233;e en 1995, la conf&#233;d&#233;ration Kesk regroupe des syndicats de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et le Parti d&#233;mocratique des peuples (HDP)&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti politique de gauche, notamment repr&#233;sentatif de la minorit&#233; kurde, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont plant&#233; des tentes &#224; l'&#233;cart des regards pour y stocker et redistribuer l'aide destin&#233;e aux rescap&#233;&#183;es. Ces zones sinistr&#233;es sont peupl&#233;es de 14 millions d'habitants, majoritairement kurdes, et les nombreux al&#233;vis kurdes, turcs et arabes qui y vivent ont d&#233;j&#224; connu de nombreux drames par le pass&#233; &#8211; comme le massacre de Mara&#351; fin d&#233;cembre 1978, un des pires pogroms de l'histoire de la R&#233;publique turque. Cette fois encore, le bilan est tr&#232;s lourd, et ne cesse de s'aggraver : fin mars, les derniers bilans officiels faisaient &#233;tat d'environ 50 000 morts et de pr&#232;s de 400 000 logements d&#233;truits ou inhabitables.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les causes de la catastrophe ne sont pas seulement naturelles&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les causes de la catastrophe ne sont pas seulement naturelles. Depuis des ann&#233;es, le gouvernement Erdo&#287;an ferme les yeux sur la corruption dans le secteur du BTP, ent&#233;rine les infractions aux r&#232;gles de construction pour r&#233;duire les co&#251;ts et d&#233;livre des d&#233;rogations permettant de s'affranchir des normes antisismiques&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; S&#233;isme en Turquie : la catastrophe humanitaire s'explique aussi par la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Le n&#233;potisme, ensuite : l'Agence turque de gestion des catastrophes (Afad) est dirig&#233;e par des proches du pouvoir d&#233;pourvus des comp&#233;tences n&#233;cessaires. M&#234;me chose au Croissant-Rouge turc (K&#305;z&#305;lay), avant tout un outil d'influence de l'&#201;tat turc &#224; l'&#233;tranger. Cons&#233;quence : les &#233;quipes de secours ont tard&#233; &#224; &#234;tre d&#233;ploy&#233;es, causant des milliers de victimes suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; populaire et auto-organisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'&#201;tat turc &#233;tait aux abonn&#233;s absents et que les promoteurs v&#233;reux tentaient de quitter le pays, les organisations du mouvement kurde et leurs alli&#233;&#183;es ont commenc&#233; &#224; organiser les secours d&#232;s le soir du s&#233;isme. Depuis la ville de Diyarbak&#305;r (Amed)*, la plus grande m&#233;tropole des r&#233;gions kurdes, les syndicats de la conf&#233;d&#233;ration Kesk ont lanc&#233; des appels aux dons. Des produits d'urgence ont imm&#233;diatement afflu&#233;, des centaines de b&#233;n&#233;voles sont venus pr&#234;ter main-forte, d'abord des environs, puis de tout le pays. &#171; &lt;i&gt;Trente minutes apr&#232;s le s&#233;isme, nous avons commenc&#233; &#224; nous mettre &#224; l'&#339;uvre ; l'&#201;tat, lui, a mis trois jours &#224; bouger&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne S&#305;ra&#231; &#199;elik, coordinateur de la plateforme de protection et de solidarit&#233; de Diyarbak&#305;r. Celle-ci regroupe 84 organisations gravitant autour du mouvement kurde civil et l&#233;gal en Turquie &#8211; dont les syndicats de Kesk, la Chambre des ing&#233;nieurs, l'Union des m&#233;decins&#8230; &#171; &lt;i&gt;Nous n'avions pas de plan pr&#233;alable, tout s'est fait sur le moment&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Nous avons imm&#233;diatement cr&#233;&#233; des commissions adapt&#233;es aux diff&#233;rents besoins et coordonn&#233;es entre elles. &#192; la fin f&#233;vrier, nous avions envoy&#233; 1 650 volontaires, sur des rotations de trois ou quatre jours. Nous avons toutes sortes de comp&#233;tences, y compris celles de travailler dans les d&#233;combres. Et les avocats du barreau nous ont aid&#233;s quand l'&#201;tat a voulu nous mettre des b&#226;tons dans les roues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'&#201;tat turc voit d'un mauvais &#339;il l'organisation de cette solidarit&#233; qui &#233;chappe &#224; son contr&#244;le et met en lumi&#232;re son incurie&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Car l'&#201;tat turc voit d'un mauvais &#339;il l'organisation de cette solidarit&#233; qui &#233;chappe &#224; son contr&#244;le et met en lumi&#232;re son incurie. La police met ainsi en place des barrages pour saisir les camions d'aide humanitaire. Des b&#233;n&#233;voles sont arr&#234;t&#233;s, battus. Il a fallu ruser : envoyer des v&#233;hicules l&#233;gers, des petits groupes de b&#233;n&#233;voles plut&#244;t que de grosses &#233;quipes&#8230; Dans les villes sinistr&#233;es, les entrep&#244;ts o&#249; l'aide humanitaire est stock&#233;e sont r&#233;guli&#232;rement d&#233;plac&#233;s afin d'&#233;viter la saisie. Comme dans la ville de Pazarc&#305;k (Bazarcix), o&#249; un administrateur nomm&#233; par l'&#201;tat est venu chasser les b&#233;n&#233;voles pour prendre en main les op&#233;rations ; apr&#232;s la tentative de coup d'&#201;tat anti-Erdo&#287;an de 2016, nombre de maires de grandes villes &#233;lu&#183;es au nom du HDP avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; limog&#233;&#183;es et remplac&#233;&#183;es par des fonctionnaires. S&#305;ra&#231; est cat&#233;gorique : &#171; &lt;i&gt;Si nous &#233;tions encore dans les mairies &#224; la place des administrateurs nomm&#233;s par l'&#201;tat, il y aurait eu beaucoup moins de morts. Tout le monde aurait &#233;t&#233; mobilis&#233; pour sauver les personnes prisonni&#232;res des d&#233;combres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les urgences les plus imm&#233;diates &#233;tant pass&#233;es, la conf&#233;d&#233;ration syndicale entend faire &#233;voluer ses missions de solidarit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Kesk n'est pas une ONG, nous voulons davantage nous concentrer sur les gens, aller leur rendre visite, demander ce dont ils ont besoin, relayer leurs demandes&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, raconte un des responsables de l'organisation. Dans les ruines de la ville d'Ad&#305;yaman (Sems&#251;r), des mots de solidarit&#233; ont &#233;t&#233; &#233;crits &#224; la bombe sur une palissade en t&#244;le : &#171; Jusqu'&#224; ce que toutes les blessures se soient referm&#233;es, nous sommes ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photos Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;*Lorsqu'il diff&#232;re du turc, nous indiquons entre parenth&#232;se le nom des villes en kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_i_3_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_i_3_1200px-7ad10.jpg?1779608614' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elbistan. Environ 85 % des b&#226;timents ont subi des dommages irr&#233;m&#233;diables. Hassan, syndicaliste dans le secteur de la sant&#233;, &#233;tait en service au moment du s&#233;isme : &#171; &lt;i&gt;Le premier jour, trois personnes de l'Afad sont venues, puis une vingtaine le soir. Mais sans &#233;quipement, elles n'ont rien pu faire. On entendait des voix sortir des d&#233;combres. Une neige terrible est tomb&#233;e, il a fait -20 &#176;C dans la nuit. Beaucoup de personnes sont mortes de froid. Le deuxi&#232;me jour, vingt-huit volontaires de la mairie de Samsun sont arriv&#233;s. Ce n'est que le troisi&#232;me jour que l'&#201;tat a envoy&#233; des moyens cons&#233;quents et que les fouilles des d&#233;combres ont commenc&#233;. Aujourd'hui, ils d&#233;blaient les gravats parmi lesquels se trouvent encore des corps. Certains b&#226;timents d&#233;clar&#233;s inhabitables avant le s&#233;isme et vou&#233;s &#224; &#234;tre d&#233;truits sont rest&#233;s intacts, alors que des constructions neuves se sont &#233;croul&#233;es. L'urbanisme &#233;tait pens&#233; par rapport aux int&#233;r&#234;ts des promoteurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_ii_1_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_ii_1_1200px-2-24545.jpg?1779608615' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elbistan. Seuls 15 % des habitant&#183;es sont rest&#233;s : toutes celles et ceux qui en avaient les moyens ont fui dans d'autres r&#233;gions ou &#224; l'&#233;tranger. Trois semaines apr&#232;s le s&#233;isme, il ne s'agit plus de faire face aux urgences les plus imm&#233;diates (nourriture, v&#234;tements&#8230;), mais de r&#233;pondre aux imp&#233;ratifs sanitaires : toilettes, eau courante, &#233;lectricit&#233;&#8230; Pour E., militant du HDP arriv&#233; d'Istanbul d&#232;s le lendemain du s&#233;isme, il s'agit d&#233;sormais de stabiliser la situation des personnes qui vivent dans les camps, dans une tente ou un conteneur : &#171; &lt;i&gt;Ici, toutes les organisations kurdes, et certaines turques, se rassemblent et cela aide le peuple &#224; aller mieux. Le syst&#232;me s'est effondr&#233;, c'est l'occasion de proposer autre chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_v_2_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_v_2_1200px-ac058.jpg?1779608615' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ad&#305;yaman (Sems&#251;r). En p&#233;riph&#233;rie de la ville, ce camp est organis&#233; par plusieurs partis politiques progressistes, notamment le HDP, et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, au premier plan desquelles la conf&#233;d&#233;ration Kesk. On y trouve une tente pour les femmes, ouverte par un regroupement d'associations f&#233;ministes, un centre de soins ou encore un centre d'animation qui propose des activit&#233;s pour occuper les enfants d&#233;s&#339;uvr&#233;s. Trois fois par jour, les jeunes du HDP servent &#224; manger dans une cuisine qui fait office de place centrale du camp. Le soir, on y boit le th&#233; autour d'un grand feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_vi_2_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_vi_2_1200px-fbb9c.jpg?1779608615' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les villages perch&#233;s dans les montagnes de la r&#233;gion d'Ad&#305;yaman (Sems&#251;r), qui vivent principalement de la culture du tabac, ont aussi &#233;t&#233; fortement impact&#233;s par le s&#233;isme. Dans certaines localit&#233;s, presque toutes les maisons sont &#224; terre, ou trop endommag&#233;es pour qu'on puisse y vivre. Les secours et l'aide humanitaire ont tard&#233; &#224; parvenir. Les habitant&#183;es ont d&#251; se d&#233;brouiller pour d&#233;gager les &#233;boulis qui bloquaient les routes, trouver des tentes&#8230; Et aussi r&#233;cup&#233;rer les corps de leurs proches. Le &lt;i&gt;muhtar&lt;/i&gt; (maire) d'un des villages est en col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;J'ai appel&#233; plusieurs fois les agences d'aide, elles ne m'ont jamais r&#233;pondu quand nous avions besoin d'elles. Personne n'est venu. Maintenant, je leur dis qu'elles peuvent nous rayer de leur liste, qu'on se d&#233;brouillera nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_vii_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_vii_1200px-cb5cc.jpg?1779608615' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du 8 mars, Journ&#233;e internationale des droits des femmes, des membres de Kesk et du HDP organisent la distribution de kits d'hygi&#232;ne pour les femmes dans les villages recul&#233;s des montagnes. Trouver des produits d'hygi&#232;ne et d'entretien, des sous-v&#234;tements propres, est devenu l'un des besoins essentiels les plus difficiles &#224; satisfaire. Une femme lance aux syndicalistes en visite : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas la peine de nous donner quoi que ce soit. Que vous soyez l&#224;, c'est suffisant pour nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les al&#233;vis sont une importante minorit&#233; religieuse du centre-est de la Turquie, g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme plus &#171; lib&#233;rale &#187; que le sunnisme majoritaire, et longtemps discrimin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fond&#233;e en 1995, la conf&#233;d&#233;ration Kesk regroupe des syndicats de fonctionnaires de diff&#233;rentes branches. Elle fait partie des forces d'opposition progressistes et pro-kurdes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parti politique de gauche, notamment repr&#233;sentatif de la minorit&#233; kurde, et principale force d'opposition progressiste en Turquie. Le HDP est sous le coup d'une proc&#233;dure d'interdiction lanc&#233;e sur ordre d'Erdo&#287;an et ne participera pas en son nom aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales pr&#233;vues en juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; S&#233;isme en Turquie : la catastrophe humanitaire s'explique aussi par la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;, &lt;i&gt;The Conversation&lt;/i&gt; (23/02/2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au Rojhelat, l'&#233;cologie comme espace de contestation</title>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Kurdistan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le nord-ouest de l'Iran, le gouvernement islamique a brid&#233; le d&#233;veloppement des r&#233;gions kurdes, peupl&#233;es d'environ 7 millions de personnes. Le ch&#244;mage y est end&#233;mique. La gestion coloniale de la marge kurde par l'&#201;tat central iranien a &#233;galement un impact direct sur l'environnement. L'&#233;cologie est devenue l'un des rares espaces publics, ouverts, de contestation possible, l&#224; o&#249; toutes opposition et vell&#233;it&#233; d'autonomie sont r&#233;duites au silence et o&#249; les militant&#183;es sont contraint&#183;es de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kurdistan" rel="tag"&gt;Kurdistan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le nord-ouest de l'Iran, le gouvernement islamique a brid&#233; le d&#233;veloppement des r&#233;gions kurdes, peupl&#233;es d'environ 7 millions de personnes. Le ch&#244;mage y est end&#233;mique. La gestion coloniale de la marge&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Kurdistan iranien (appel&#233; Rojhelat en kurde) peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; kurde par l'&#201;tat central iranien a &#233;galement un impact direct sur l'environnement. L'&#233;cologie est devenue l'un des rares espaces publics, ouverts, de contestation possible, l&#224; o&#249; toutes opposition et vell&#233;it&#233; d'autonomie sont r&#233;duites au silence et o&#249; les militant&#183;es sont contraint&#183;es de se cacher. Mais le gouvernement des mollahs n'est pas dupe et les &#233;cologistes kurdes payent aussi un lourd tribut &#224; leur lutte. Rencontre en juillet 2019 avec un membre d'une association &#233;cologiste de la r&#233;gion de Hewraman.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;338&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1461-6968f.jpg?1779608621' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maintenues dans une pr&#233;carit&#233; forc&#233;e, les r&#233;gions kurdes connaissent un tr&#232;s important ch&#244;mage. Une des seules possibilit&#233;s de travail est de faire &#034;kolbar&#034;, c'est-&#224;-dire de transporter &#224; travers la montagne des marchandises sur son dos, au prix de risques &#233;lev&#233;s, notamment de se faire assassiner par les gardes-fronti&#232;res / Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;but 2019, dix militant&#183;es &#233;cologistes kurdes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;&#183;es en Iran sous un pr&#233;texte fallacieux. En septembre, Erfan Rashidi, activiste &#233;cologiste de la ville de Paveh, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; un an de prison pour &#171; propagande contre l'&#201;tat &#187;. Alors, pour des raisons de s&#233;curit&#233;, on ne d&#233;voilera pas l'identit&#233; de l'activiste rencontr&#233; ici, ni le nom de son association. L'entretien s'est d&#233;roul&#233; chez une tierce personne, car il est impossible de mettre les pieds dans les locaux de l'organisation sans d&#233;clencher une r&#233;action des autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consiste votre action ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous travaillons sur trois axes. Primo, l'aspect individuel : chacun est responsable de la protection de l'environnement. Secundo, l'aspect sociopolitique : les choix politiques ont des cons&#233;quences sur l'environnement. On doit donc faire entendre notre voix jusqu'aux instances de d&#233;cision. Tertio, la pollution industrielle : par exemple, quand le gouvernement a projet&#233; d'installer une raffinerie de p&#233;trole pr&#232;s du lac Zribar, nous nous y sommes oppos&#233;s, car &#231;a aurait caus&#233; un d&#233;sastre &#233;cologique. Bien s&#251;r, cette lutte n'a pas &#233;t&#233; facile, le proc&#232;s a dur&#233; presque deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons conscience du fait que le probl&#232;me de l'environnement est autant mondial que r&#233;gional. Ce qui nous a pouss&#233;s vers ces activit&#233;s est le d&#233;sint&#233;r&#234;t du pouvoir vis-&#224;-vis du milieu naturel de notre r&#233;gion. Pour prendre un exemple, il avait &#233;t&#233; &#233;tabli officiellement que pr&#232;s de 5 000 oiseaux de 56 esp&#232;ces diff&#233;rentes peuplaient les alentours du lac Zribar. Or, notre groupe d'ornithologues a enregistr&#233; 257 esp&#232;ces et comptabilis&#233; plus de 80 000 individus. Cette recherche a permis de classer Zribar comme &#171; zone humide d'importance internationale &#187; dans le cadre de la convention internationale des eaux &lt;i&gt;[convention de Ramsar]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me, les feux de for&#234;t. Au d&#233;but, nous ne pouvions compter que sur nous-m&#234;mes pour lutter contre le feu. D&#232;s lors, nous avons form&#233; des groupes dans les villages contre les incendies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; r&#233;cemment, les gens ne faisaient pas attention &#224; l'environnement. Il y a eu une transition trop rapide du monde traditionnel vers le monde moderne. Dans le monde traditionnel, les gens peuvent manger des noix et jeter les coques dans la nature sans qu'il y ait de cons&#233;quence, car les noix sont biod&#233;gradables. Mais, avec les modes modernes de consommation, on mange un biscuit et on jette le plastique dans la nature. Il faut donc sensibiliser les gens &#224; tout cela. Heureusement, on a pu noter d'&#233;normes progr&#232;s. Par exemple, il y a quelques ann&#233;es, dans la plaine B&#233;lu, lieu de pique-nique r&#233;put&#233; autour de Marivan, on ramassait 20 tonnes de d&#233;chets chaque ann&#233;e ; d&#233;sormais, on n'en ramasse plus que 2 tonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier probl&#232;me auquel on doit r&#233;sister : les industries polluantes. Selon les statistiques gouvernementales, le Kurdistan englobe pr&#232;s de 10 % de la population iranienne, pourtant il repr&#233;sente moins de 2 % du d&#233;veloppement &#233;conomique du pays. Le d&#233;ficit d'emplois industriels a provoqu&#233; l'&#233;migration des Kurdes vers les autres r&#233;gions, comme la province du Khouzistan &lt;i&gt;[sud-ouest du pays]&lt;/i&gt;, pour travailler comme ouvrier ou comme ing&#233;nieur... Mais au lieu de faire entrer des industries qui sont en accord avec la situation g&#233;ographique et l'environnement de notre r&#233;gion, le gouvernement voudrait y installer des industries tr&#232;s polluantes, comme les industries du ciment &#224; Darbandzli et Ouraman, ou encore le projet de raffinerie pr&#232;s de Zribar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quel &#339;il le gouvernement voit-il vos actions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Iran, on ne permet pas que les associations expriment un point de vue politique. Le r&#233;gime m&#232;ne contre nous une r&#233;pression constante. &#192; l'heure actuelle, certains de mes amis sont en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en demandant des autorisations, on subit toutes sortes d'entraves. Lors d'une op&#233;ration de reboisement, les forces de police nous ont entour&#233;s comme si on allait commettre un crime. Ils ne veulent pas que les actions collectives se r&#233;pandent parmi le peuple, mais on continue. R&#233;cemment, on a organis&#233; un festival &#8220;Une journ&#233;e pour Zribar&#8221; qui a r&#233;uni plus de 10 000 personnes sur deux jours. Des dizaines de milliers de personnes ont aussi particip&#233; aux fun&#233;railles de deux de nos membres qui ont trouv&#233; la mort en luttant contre un incendie de for&#234;t autour de Marivan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a aussi invit&#233; les villageois &#224; nettoyer totalement leur village le dernier mercredi de chaque ann&#233;e. Cette ann&#233;e, 204 villages l'ont fait simultan&#233;ment. Mais le gouvernement n'aime pas &#231;a, car il a peur que ces actions organis&#233;es finissent par se retourner contre lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la politique environnementale du r&#233;gime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour lui, l'environnement ne constitue pas une priorit&#233;. Pas plus que le d&#233;veloppement de notre r&#233;gion. Le point de vue g&#233;n&#233;ral du gouvernement iranien sur les questions environnementales est comparable &#224; sa politique vis-&#224;-vis des femmes. C'est une femme &lt;i&gt;[Masoumeh Ebtekar]&lt;/i&gt; qui dirige le d&#233;partement d'&#201;tat de l'environnement. Mais il s'agit seulement de produire un symbole aux yeux du monde et de faire croire que les femmes iraniennes sont investies en politique autant que les hommes. Or, cette femme n'est pas tr&#232;s comp&#233;tente dans ce domaine ; seule la forme importe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que le gouvernement iranien contr&#244;le la production agricole et impose certaines cultures ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand le r&#233;gime islamique a pris le pouvoir en Iran, il a appliqu&#233; une division agricole selon les diff&#233;rentes r&#233;gions. Par exemple les agrumes au nord, le bl&#233; pour le centre et le Kurdistan. Ce n'est pas raisonnable de dire qu'il faut cultiver du bl&#233; ou du colza &#224; travers tout le pays sous pr&#233;texte d'autosuffisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran comprend 600 plaines, dont 270 sont d&#233;sormais compl&#232;tement s&#232;ches et improductives. C'est le r&#233;sultat de l'utilisation abusive des eaux souterraines. Le niveau des nappes phr&#233;atiques a &#233;norm&#233;ment baiss&#233;. L'agriculture est en crise et la question de l'eau est un enjeu crucial pour l'avenir de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait faire des recherches pouss&#233;es dans chaque r&#233;gion afin de savoir quel produit y cultiver de mani&#232;re &#233;cologiquement responsable. Mais la science agronomique reste centraliste. Ainsi les r&#233;sultats de leurs recherches sur le Zagros&lt;i&gt; [cha&#238;ne de montagnes &#224; cheval sur l'Iran et l'Irak]&lt;/i&gt; du sud ont &#233;t&#233; appliqu&#233;s au centre et au nord du massif, qui sont des &#233;cosyst&#232;mes totalement diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La province du Kurdistan est la sixi&#232;me ou septi&#232;me province en capacit&#233; de terres agricoles et la seconde pour les ressources en eau, pourtant elle reste la dix-neuvi&#232;me en production agricole. La politique agricole de notre r&#233;gion n'est pas bien organis&#233;e du tout. Les eaux du Kurdistan vont vers les provinces voisines : &#224; l'instar de la Turquie avec le Tigre et l'Euphrate, le gouvernement iranien cherche &#224; contr&#244;ler la rivi&#232;re Sirwan &lt;i&gt;[avec le barrage de Daryan, afin d'irriguer les terres du sud-ouest]&lt;/i&gt; au d&#233;triment des r&#233;gions kurdes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une version plus longue de cet entretien &lt;a href=&#034;http://www.kedistan.net/2019/08/27/ecologie-espace-de-contestation-politique-rojhelat/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;est disponible&lt;/a&gt; sur le site Kedistan.net&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Kurdistan iranien (appel&#233; Rojhelat en kurde) peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une &#171; marge &#187;, au sens o&#249; l'entend la g&#233;ographe Brigitte Prost : &#224; savoir &#171; &lt;i&gt;l'&#233;cart (de surface, de temps, d'intensit&#233; fonctionnelle) entre un &#8220;plus&#8221;, c'est-&#224;-dire un territoire organis&#233;, fonctionnant suivant des r&#232;gles mises en place progressivement, et un &#8220;moins&#8221; qui, pour un espace, une &#233;poque, une forme d'activit&#233; donn&#233;s, ne r&#233;pond plus aux normes du syst&#232;me... &lt;/i&gt; &#187; Brigitte Prost, &#171; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/geocarrefour/695&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marge et dynamique territoriale&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;G&#233;ocarrefour&lt;/i&gt;, vol. 79/2, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Autour de la d&#233;faite du Rojava</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Autour-de-la-defaite-du-Rojava</link>
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		<dc:date>2019-11-13T17:15:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Loez</dc:subject>
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		<dc:subject>Deir Ezzor</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le retrait des forces am&#233;ricaines le 9 octobre, la Turquie est &#224; l'offensive dans le Nord-Est de la Syrie. Ce l&#226;chage de Trump a pouss&#233; les combattants kurdes &#224; accepter le retour des troupes du r&#233;gime d'Assad, face &#224; l'arm&#233;e turque et ses suppl&#233;tifs qui menacent, selon les mots du pr&#233;sident turc, d' &#187; &#233;craser [leurs] t&#234;tes &#187;. Le 22 octobre, Erdogan et Poutine, v&#233;ritable ma&#238;tre du jeu syrien, se sont accord&#233;s sur le d&#233;sarmement des combattants kurdes. Ce qui semble sonner le glas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Deir-Ezzor" rel="tag"&gt;Deir Ezzor&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le retrait des forces am&#233;ricaines le 9 octobre, la Turquie est &#224; l'offensive dans le Nord-Est de la Syrie. Ce l&#226;chage de Trump a pouss&#233; les combattants kurdes &#224; accepter le retour des troupes du r&#233;gime d'Assad, face &#224; l'arm&#233;e turque et ses suppl&#233;tifs qui menacent, selon les mots du pr&#233;sident turc, d' &#187; &lt;i&gt;&#233;craser &lt;/i&gt;[leurs] &lt;i&gt;t&#234;tes&lt;/i&gt; &#187;. Le 22 octobre, Erdogan et Poutine, v&#233;ritable ma&#238;tre du jeu syrien, se sont accord&#233;s sur le d&#233;sarmement des combattants kurdes. Ce qui semble sonner le glas de l'exp&#233;rience f&#233;d&#233;raliste du Rojava. Analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1354-abbf3.jpg?1780009882' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Qamishlo, mars 2014. Pour les Kurdes, la f&#234;te de Newroz est un symbole de r&#233;sistance aux oppresseurs / Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;agression d'Erdogan aura donc permis au r&#233;gime syrien de se red&#233;ployer : chez les Kurdes, dans le Nord-Est du pays, mais pas seulement. Le jour m&#234;me de l'accord russo-turc, Bachar al-Assad en personne se rendait sur la ligne de front d'Idlib, dans le Nord-Ouest de la Syrie. Vid&#233;e d'une grande partie de ses insurg&#233;s, partis jouer les suppl&#233;tifs d'Erdogan contre les Kurdes, cette derni&#232;re poche rebelle, d&#233;sormais contr&#244;l&#233;e uniquement par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham, est la prochaine &#233;tape de la reconqu&#234;te du r&#233;gime. Au regard de la complexit&#233; de la situation, nous avons tent&#233; de r&#233;pondre &#224; trois questions &#233;pineuses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles relations entretenaient jusque-l&#224; le r&#233;gime Assad et les forces kurdes du Rojava ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a une premi&#232;re simplification &#224; pr&#233;tendre que le PKK turc (puis plus tard son parti fr&#232;re syrien, le PYD, fond&#233; en 2003) a toujours &#233;t&#233; alli&#233; &#224; la famille Assad. Hafez avait en effet offert refuge au PKK, comme &#224; d'autres groupes &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187; dans les ann&#233;es 1980, afin de jouer la carte anti-Otan et endormir la question kurde en interne. Mais d&#232;s 1992, les camps d'entra&#238;nement de la Beqaa sont ferm&#233;s et le chef du PKK, Abdullah &#214;calan, est expuls&#233; en 1998 &#224; la faveur d'un rapprochement turco-syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les Kurdes syriens &#233;taient maintenus dans un statut d'&#233;trangers de l'int&#233;rieur, soumis &#224; un r&#233;gime de restrictions et &#224; une politique d'arabisation forc&#233;e. Avant 2011, des milliers de prisonniers politiques kurdes ont connu les ge&#244;les d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diviser l'opposition.&lt;/strong&gt; Au d&#233;but de l'insurrection syrienne, le r&#233;gime a jou&#233; deux cartes ma&#238;tresses pour diviser la contestation populaire. Tandis qu'il enfermait et torturait les militants du mouvement civil, Assad a amnisti&#233; des centaines de d&#233;tenus djihadistes, comme Mohammad al-Joulani, futur chef d'al-Nosra puis d'Hayat Tahrir al-Cham. Le pouvoir comptait sur eux pour d&#233;tourner la r&#233;volte vers une voie plus sectaire, ce qui a permis apr&#232;s coup de se poser aux yeux de l'opinion internationale en &#171; moindre mal &#187; face au &#171; terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis des Kurdes, la strat&#233;gie d'Assad a &#233;t&#233; de les amadouer en leur accordant des droits politiques dont ils &#233;taient priv&#233;s : naturalisation de 150 000 Kurdes apatrides, ouverture d'&#233;tablissements scolaires en langue kurde, lib&#233;ration de 600 prisonniers du PYD et retour d'exil de Saleh Muslim, leader du PYD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'Arm&#233;e syrienne libre et la Coalition nationale syrienne regroupaient les oppositions &#224; Bachar sous l'&#233;gide du Qatar et de la Turquie avec une forte influence des Fr&#232;res musulmans. Le PYD a refus&#233; de se soumettre &#224; cette tutelle comme d'entrer en conflit ouvert avec le r&#233;gime et de plonger sa population dans les affres de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autonomie.&lt;/strong&gt; Le 19 juillet 2012, tandis que des attentats &#224; Damas d&#233;capitent son &#233;tat-major et que des d&#233;sertions massives affaiblissent son arm&#233;e, Assad fait retirer ses troupes du Nord-Est syrien et du canton d'Afrin. Son objectif est de recentrer l'arm&#233;e loyaliste sur la &#171; Syrie utile &#187;. Le PYD, seule force organis&#233;e avec ses Unit&#233;s de protection du peuple (YPG), profite de ce retrait pour d&#233;velopper une zone autonome, qui se d&#233;clarera administration &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; en janvier 2014. C'est l&#224; qu'un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; a vraisemblablement &#233;t&#233; trouv&#233; entre le r&#233;gime et le PYD, qui vaut &#224; ce dernier l'accusation de trahison chez nombre de rebelles syriens. Ce pacte de non-agression ne doit pas faire oublier l'opposition formelle du PYD au r&#233;gime ni les accrochages sporadiques entre les deux camps (370 morts de chaque c&#244;t&#233; pour la seule ann&#233;e 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exactions.&lt;/strong&gt; En 2014, un rapport d'Human Rights Watch met en lumi&#232;re des abus commis par l'administration aux mains du PYD contre ses opposants. Puis en 2015 et 2016, de nouveaux documents pointent des d&#233;placements forc&#233;s de r&#233;sidents arabes dans des zones contr&#244;l&#233;es par les YPG. L'administration kurde met en cause l'impartialit&#233; de ces rapports et &#233;voque des &#171; imp&#233;ratifs militaires &#187; dans un contexte de guerre contre l'&#201;tat islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a r&#233;sum&#233; l'historien Hamit Bozarslan : &#171; &lt;i&gt;Le conflit syrien a fait au total quelque 500 000 morts, 7 millions de r&#233;fugi&#233;s, 6 millions de d&#233;plac&#233;s internes. Quand on compare le Kurdistan&lt;/i&gt; [syrien] &lt;i&gt;au reste du pays, donc, la vie a finalement &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e, ce qui en soi est un miracle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique.&lt;/strong&gt; Malgr&#233; ces accusations d'autoritarisme, l'administration du Rojava met en avant son syst&#232;me de &#171; conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#187;, reposant sur un maillage d'assembl&#233;es multiethniques et une politique f&#233;ministe volontariste, qu'on aurait tort de r&#233;duire &#224; une simple fa&#231;ade de propagande. L'exp&#233;rience du Rojava a suscit&#233; une forte fascination dans une frange de l'extr&#234;me gauche occidentale, participant &#224; l'occultation de la r&#233;sistance des autres Syriens &#224; la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ostracis&#233;s.&lt;/strong&gt; En outre, les Kurdes n'ont jamais &#233;t&#233; invit&#233;s aux tables de n&#233;gociation pour la transition pacifique, ostracis&#233;s tant par le r&#233;gime (qui ne leur pardonne pas leur collaboration avec les Am&#233;ricains) que par les groupes rebelles et la Turquie. En revanche, &#224; Gen&#232;ve ou Astana, on retrouvait Jaych al-Islam, groupe islamiste soup&#231;onn&#233; de la disparition de l'avocate des droits humains Razan Zaitouneh en 2013...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pacte avec le diable &#187;.&lt;/strong&gt; Depuis le d&#233;sengagement des &#201;tats-Unis, les forces kurdes savent que leur marge de man&#339;uvre pour survivre s'est r&#233;duite &#224; peau de chagrin. Le 14 octobre pour &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, Rapha&#235;l Lebrujah &lt;i&gt;[lire son reportage ci-contre]&lt;/i&gt; rapportait cette confidence anonyme d'un cadre de l'administration : &#171; &lt;i&gt;Oui le r&#233;gime nous a livr&#233; des armes, mais ce n'&#233;tait pas gratuit. On les a pay&#233;es &#224; un prix exorbitant. De toute fa&#231;on, ils veulent revenir &#224; la situation d'avant-guerre si on veut avoir leur protection, c'est-&#224;-dire une situation o&#249;, comme Kurde ou comme opposant, on n'a aucun droit. C'est comme signer un pacte avec le diable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui soutient l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En marge du concert de r&#233;probation g&#233;n&#233;rale, quelques pays comme le Pakistan, le Kazakhstan, l'Azerba&#239;djan, la Hongrie d'Orban ou le Venezuela de Maduro &#8211; tr&#232;s li&#233; &#233;conomiquement &#224; la Turquie &#8211; ont annonc&#233; soutenir l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#224; l'int&#233;rieur de la Turquie m&#234;me, peu de voix osent aller &#224; contre-courant de l'union sacr&#233;e. Et les opposants kurdes qui se sont risqu&#233;s &#224; parler &#171; &lt;i&gt;d'invasion&lt;/i&gt; &#187; ou de &#171; &lt;i&gt;guerre&lt;/i&gt; &#187; ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour &#171; &lt;i&gt;propagande terroriste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Divisions.&lt;/strong&gt; Tandis que des organisations arabes des droits de l'homme&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site Syrians for Truth and Justice : &#171; Regional Organizations Condemn (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; d&#233;noncent les graves violations qu'implique l'agression, &#171; les oppositions syriennes &#187;, elles, semblent divis&#233;es. Les diff&#233;rentes instances d'opposition en exil comme la Coalition nationale des forces de la r&#233;volution et de l'opposition syrienne (CNS) ou l'organisation des Fr&#232;res musulmans syriens ont affirm&#233; leur soutien &#224; la Turquie pour vaincre &#171; &lt;i&gt;les organisations terroristes&lt;/i&gt; &#187;. Mais ces d&#233;clarations ont provoqu&#233; une prise de distance vis-&#224;-vis de la coalition de la part du Conseil national kurde (regroupant 13 partis kurdes non align&#233;s sur le PYD), qui craint un nettoyage ethnique. Autre voix discordante, l'opposante Alia Mansour a d&#233;plor&#233; la position du CNS, d&#233;clarant que &#171; &lt;i&gt;si de nombreux Kurdes ont rejoint le PKK, c'est parce qu'aucune alternative s&#233;rieuse respectueuse de leur particularisme ne leur avait &#233;t&#233; offerte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord pass&#233; entre les forces kurdes et le r&#233;gime pour lui permettre de reprendre un territoire jusque-l&#224; sous contr&#244;le des Forces d&#233;mocratiques syriennes (domin&#233;es par les Kurdes) risque d'accro&#238;tre encore les divisions. Un groupe d'habitants de Deir Ezzor a annonc&#233; dans un communiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous consid&#233;rons tout parti, groupe ou individu travaillant pour ou avec le r&#233;gime Assad comme notre ennemi et l'ennemi du peuple de Deir Ezzor.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui compose les milices alli&#233;es &#224; la Turquie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des groupes rebelles unifi&#233;s par la Turquie en octobre 2019 sous l'appellation d'Arm&#233;e nationale syrienne ont servi contre le r&#233;gime sous la banni&#232;re g&#233;n&#233;rique de l'Arm&#233;e syrienne libre. D'autres, comme Jaych al-Islam, qui dominait militairement la r&#233;gion de la Ghouta orientale, n'y &#233;taient pas affili&#233;s. Certains avaient &#233;t&#233; &#233;quip&#233;s en 2016 de missiles antichars livr&#233;s par les &#201;tats-Unis. Leur empreinte politique est celle d'un islamo-nationalisme extr&#233;miste. Sous l'effet d'un sectarisme accru, ces suppl&#233;tifs ont d&#233;velopp&#233; une haine farouche vis-&#224;-vis des milices kurdes, les qualifiant de &#171; &lt;i&gt;porcs et de m&#233;cr&#233;ants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le d&#233;clarait un combattant de la Brigade al-Hamza au site &lt;i&gt;Al-Monitor&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;une grande partie des combattants de l'Arm&#233;e nationale&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;viennent de l'est de l'Euphrate, des provinces de Raqqa, Deir Ezzor et Hassak&#233;. Ces combattants se battent pour retourner dans leur r&#233;gion apr&#232;s avoir expuls&#233; les YPG.&lt;/i&gt; &#187; Il y a fort &#224; parier que leur souhait de continuer le combat jusqu'&#224; la chute du r&#233;gime sera s&#233;rieusement douch&#233; et qu'ils seront les derniers dindons de la farce jou&#233;e par les puissances r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crimes de guerre.&lt;/strong&gt; Le 12 octobre 2019, les soudards d'Ahrar al-Charkiya ont ex&#233;cut&#233; sommairement neuf civils, dont Hevrin Khalaf, une femme politique kurde qui &#339;uvrait pour l'entente entre Arabes et Kurdes. D'autres all&#233;gations de crimes de guerre sur des civils, commis par les milices alli&#233;es aux Turcs, ont &#233;t&#233; document&#233;es depuis. L'activiste syro-britannique Leila al-Shami fait bien de rappeler que &#171; &lt;i&gt;les groupes rebelles syriens alli&#233;s &#224; la Turquie luttent donc pour un agenda turc qui ne ressemble en rien &#224; la r&#233;volution syrienne pour la libert&#233; et la dignit&#233; qui a commenc&#233; il y a huit ans&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien &#187;, site de CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ils-nous-bombardent-au-napalm' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;&lt;/a&gt; : un reportage r&#233;alis&#233; fin octobre au Rojava aupr&#232;s de l'organisation des familles des martyrs de la ville d'Amouda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette analyse et ce reportage ont &#233;t&#233; publi&#233;s sur papier dans le n&#176;181 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, en kiosque jusqu'au 5 d&#233;cembre. En voir le &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no181' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le site &lt;i&gt;Syrians for Truth and Justice&lt;/i&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://stj-sy.org/en/regional-organizations-condemn-turkeys-ethnic-cleansing-plan-for-northeast-syria/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regional Organizations Condemn Turkey's Ethnic Cleansing Plan for Northeast Syria&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Stj-sy.org&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-propos-de-l-offensive-turque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien&lt;/a&gt; &#187;, site de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;(17/10/2019). La version originale de cet article est parue &lt;a href=&#034;https://leilashami.wordpress.com/2019/10/14/on-the-turkish-offensive-on-north-eastern-syria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en anglais&lt;/a&gt; le 14 octobre sur le blog de Leila al-Shami.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Syndicalistes dans la tourmente</title>
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		<dc:subject>livres turques</dc:subject>

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&lt;p&gt;Suite au coup d'&#201;tat manqu&#233; du 15 juillet 2016, des purges ont touch&#233; tous les secteurs de la soci&#233;t&#233; turque. L'&#201;tat tente de b&#226;illonner les opposants, dont les syndicats qui ne suivent pas sa ligne &#8211; leurs membres sont licenci&#233;s en masse. Sans salaire, ces derniers peuvent heureusement s'appuyer sur la solidarit&#233; syndicale. En Turquie, le mouvement syndical est divis&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les syndicats nationaux, directement inf&#233;od&#233;s au r&#233;gime turc, ou au moins complices par leur silence. De (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/repression" rel="tag"&gt;r&#233;pression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicat" rel="tag"&gt;syndicat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/livres" rel="tag"&gt;livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sadrettin" rel="tag"&gt;Sadrettin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Semih-Ozakca" rel="tag"&gt;Semih &#214;zak&#231;a&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite au coup d'&#201;tat manqu&#233; du 15 juillet 2016, des purges ont touch&#233; tous les secteurs de la soci&#233;t&#233; turque. L'&#201;tat tente de b&#226;illonner les opposants, dont les syndicats qui ne suivent pas sa ligne &#8211; leurs membres sont licenci&#233;s en masse. Sans salaire, ces derniers peuvent heureusement s'appuyer sur la solidarit&#233; syndicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1334-6f312.jpg?1779603224' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n Turquie, le mouvement syndical est divis&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les syndicats nationaux, directement inf&#233;od&#233;s au r&#233;gime turc, ou au moins complices par leur silence. De l'autre, les conf&#233;d&#233;rations syndicales de gauche, comme KESK (fonction publique) et DISK (priv&#233;). Celles-ci soutiennent les revendications des Kurdes et se sont oppos&#233;es au r&#233;f&#233;rendum d'avril par lequel Erdogan a renforc&#233; son hyper-pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des purges qui ont suivi le coup d'&#201;tat avort&#233; de juillet 2016, pr&#232;s de 130 000 fonctionnaires ont &#233;t&#233; licenci&#233;s. Parmi eux, 3 130 membres de KESK (dont 1 600 enseignants adh&#233;rents du syndicat Egitim-Sen). La plupart ont &#233;t&#233; mis &#224; pied au pr&#233;texte d'avoir particip&#233; aux gr&#232;ves et manifestations de soutien &#224; la population kurde pendant la &#171; guerre des villes &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De l'&#233;t&#233; &#224; d&#233;cembre 2015, l'&#201;tat turc a men&#233; de meurtri&#232;res op&#233;rations dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Chez DISK, environ 1 300 syndiqu&#233;s ont aussi perdu leur emploi. Les r&#233;gions kurdes, o&#249; la syndicalisation est importante, ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement touch&#233;es par cette r&#233;pression. Pour premi&#232;res victimes : les enseignants et les travailleurs des mairies sous l'&#233;tiquette de la coalition de gauche HDP, qui d&#233;fend l'autonomie r&#233;gionale. Dans la seule ville de Diyarbakir, 132 enseignants syndicalistes ont ainsi perdu leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; et gr&#232;ve de la faim&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais face &#224; cette r&#233;pression, les organisations syndicales ne restent pas inactives. Elles fournissent notamment une aide financi&#232;re &#224; leurs membres mis &#224; pied. Chez Egitim-Sen, chaque adh&#233;rent doit ainsi verser une cotisation mensuelle de solidarit&#233; d'au moins 30 livres turques (environ 8 &#8364;). Cet effort collectif permet &#224; la caisse du syndicat de verser une compensation aux personnes licenci&#233;es &#8211; &#224; l'origine, celle-ci &#233;tait de 2 000 livres par mois, mais elle est descendue &#224; 1 700 livres puis 1 200 livres &#224; cause de l'ampleur des licenciements&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le salaire moyen d'un enseignant oscille en g&#233;n&#233;ral entre 2 700 et 3 600 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Elle va sans doute encore baisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pas moyen d'en appeler &#224; la justice. Les cours d'appel sont engorg&#233;es (de nombreux juges ont aussi &#233;t&#233; licenci&#233;s). R&#233;sultat : les demandes de r&#233;int&#233;gration restent en suspens &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt;. Une commission sp&#233;ciale a bien &#233;t&#233; mise en place par le gouvernement pour acc&#233;l&#233;rer l'examen des 130 000 cas de licenciement, mais elle n'a d&#233;but&#233; ses travaux qu'en mai, au lieu de janvier. Elle prend depuis tout son temps pour statuer. Et aucun autre recours, y compris devant la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme, n'est possible avant que cette commission n'ait rendu son verdict. Autant dire que le processus peut encore durer des ann&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi d&#233;courager les syndiqu&#233;s, pourtant. Au contraire, m&#234;me : ils ont d&#233;cid&#233; de se battre. &#192; l'image de Nuriye G&#252;lmen et Semih &#214;zak&#231;a, &#224; Ankara, qui ont d&#233;but&#233; en mars une gr&#232;ve de la faim pour r&#233;clamer leur r&#233;int&#233;gration. La r&#233;ponse de l'&#201;tat a &#233;t&#233; brutale : les rassemblements de soutien ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s, les participants gaz&#233;s et arr&#234;t&#233;s. Le 23 mai, au 75&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; jour de leur gr&#232;ve de la faim, le procureur a demand&#233; la condamnation des deux gr&#233;vistes &#224; vingt ans de prison pour une pr&#233;tendue appartenance &#224; une organisation terroriste. &#192; cette heure, ils sont toujours embastill&#233;s &#8211; chaque jour qui passe augmente le risque d'une issue fatale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Papeterie en coop&#233;rative&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'autres syndiqu&#233;s licenci&#233;s choisissent de construire des alternatives. &#192; DiyarbakIr, une trentaine d'enseignants victimes des purges ont ainsi ouvert ensemble une librairie-papeterie, &#171; Emek kirtasiye &#187;. L'enseigne vend des fournitures de papeterie, des manuels scolaires, des livres en turc et en kurde, et propose un service de photocopies. &#171; &lt;i&gt;Nous avons d'abord appel&#233; toutes les personnes licenci&#233;es &#224; se r&#233;unir pour r&#233;fl&#233;chir &#224; des projets,&lt;/i&gt; explique Sadrettin, l'un des salari&#233;s. &lt;i&gt;Puis nous avons cr&#233;&#233; plusieurs groupes de travail ; la librairie-papeterie est le premier &#224; aboutir, son ouverture a eu lieu le 13 mai. Nos ressources &#233;tant limit&#233;es, nous avons utilis&#233; nos contacts pour trouver des fournisseurs sympathisants acceptant de livrer &#224; cr&#233;dit.&lt;/i&gt; &#187; Et Sadrettin d'ajouter en riant : &#171; &lt;i&gt;Une grosse partie de ce que nous vendons aujourd'hui n'a pas encore &#233;t&#233; pay&#233;e&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe compte sur ses contacts dans le monde de l'&#233;ducation pour &#233;couler ses produits. Des d&#233;buts encourageants confortent sa motivation. &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas des vendeurs, c'est tr&#232;s nouveau pour nous. Nous en sommes encore &#224; essayer de comprendre comment fonctionne le capitalisme&lt;/i&gt; &#187;, plaisante Sadrettin. Avant d'encha&#238;ner, beaucoup plus s&#233;rieusement : &#171; &lt;i&gt;Nous devons garder nos valeurs. C'est indispensable pour accepter de travailler sans savoir combien nous allons gagner.&lt;/i&gt; &#187; L&#224; aussi, l'argent est nerf de la guerre. Chaque participant s'est ainsi engag&#233; &#224; investir 5 000 livres turques dans la coop&#233;rative. Et des groupes ont &#233;t&#233; constitu&#233;s pour d&#233;terminer l'&#233;chelle de r&#233;mun&#233;ration de chaque membre selon ses besoins. Cinq personnes seulement sont devenues employ&#233;es &#224; temps plein ; les autres participent sur leur temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister a l'intimidation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout le fonctionnement de la structure repose sur le collectif. Afin d'&#233;viter les conflits, il a &#233;t&#233; clairement pos&#233; que la participation au projet devait se faire sur des bases &#233;thiques, et pas simplement pour la recherche d'une source de revenus. Les principales orientations sont discut&#233;es lors d'une r&#233;union trimestrielle. Et si un responsable est mandat&#233; dans chacun des secteurs d'activit&#233; de l'enseigne, les d&#233;cisions sont prises coll&#233;gialement. Enfin, les participants se sont donn&#233; pour objectif d'investir les b&#233;n&#233;fices dans quatre autres projets : une &#233;cole priv&#233;e, un service de restauration, une soci&#233;t&#233; de nettoyage et une entreprise de construction. &#171; &lt;i&gt;Quitte &#224; devenir capitalistes, nous ferons de l'immobilier, mais &#233;thique&lt;/i&gt; &#187;, ironise Sadrettin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a &#233;chou&#233; dans sa politique d'intimidation&lt;/i&gt; &#187;, constate de son c&#244;t&#233; Hatice, co-dirigeante d'Egitim-Sen &#224; DiyarbakIr. Sur les 9 500 membres de cette province, seuls 1 000 ont quitt&#233; le syndicat par peur de la r&#233;pression. Les autres restent fid&#232;les au poste. Mais ils ont, par contre, imp&#233;rativement besoin de soutien. Financier&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le syndicat Solidaires a lanc&#233; une campagne de soutien : Solidaires.org.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, pour que les organisations syndicales puissent continuer &#224; leur verser une compensation. Et politique : il importe de faire conna&#238;tre leur situation, de d&#233;noncer les partenariats universitaires avec des universit&#233;s turques ayant particip&#233; &#224; la r&#233;pression, et d'interpeller la communaut&#233; internationale pour qu'elle fasse pression sur la Turquie. Au boulot !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-1335-6405a.jpg?1779608208' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le site Kedistan.net appelle &#224; se mobiliser pour le soutien international en faveur de Nuriye G&#252;lmen et Semih &#214;zak&#231;a, en gr&#232;ve de la faim depuis mars et emprisonn&#233;s depuis le 22 mai : c'est &lt;a href=&#034;http://kedistan.net/2017/06/30/moi-aussi-je-signe-pour-nuriye-et-semih&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De l'&#233;t&#233; &#224; d&#233;cembre 2015, l'&#201;tat turc a men&#233; de meurtri&#232;res op&#233;rations dans les principales villes du Kurdistan, transform&#233;es en v&#233;ritables zones de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le salaire moyen d'un enseignant oscille en g&#233;n&#233;ral entre 2 700 et 3 600 livres turques (soit de 687 &#224; 916 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le syndicat Solidaires a lanc&#233; une campagne de soutien : Solidaires.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les habits (presque) neufs du pr&#233;sident Erdo&#287;an</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-habits-presque-neufs-du</link>
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		<dc:date>2019-11-13T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Copeaux</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; D&#233;mocrature &#187; ? Dictature ? Nous avons demand&#233; &#224; &#201;tienne Copeaux, historien du nationalisme turc, de nous livrer son analyse sur les r&#233;sultats contest&#233;s du r&#233;f&#233;rendum du 16 avril, qui accroissent les pouvoirs du pr&#233;sident Erdo&#287;an. Ce fut donc une victoire du &#171; oui &#187; au r&#233;f&#233;rendum constitutionnel le 16 avril en Turquie, m&#234;me si cette victoire est contestable et contest&#233;e, car la campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; inique. Les partisans du &#171; non &#187; risquaient d'&#234;tre inculp&#233;s de soutien &#224; un mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pouvoir" rel="tag"&gt;pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Turquie" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-assemblee" rel="tag"&gt;l'assembl&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Erdogan" rel="tag"&gt;Erdogan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pourra" rel="tag"&gt;pourra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scrutin" rel="tag"&gt;scrutin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Erdogan-pourra" rel="tag"&gt;Erdogan pourra&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;mocrature &#187; ? Dictature ? Nous avons demand&#233; &#224; &#201;tienne Copeaux, historien du nationalisme turc, de nous livrer son analyse sur les r&#233;sultats contest&#233;s du r&#233;f&#233;rendum du 16 avril, qui accroissent les pouvoirs du pr&#233;sident Erdo&#287;an.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1342-f09dc.jpg?1779895855' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e fut donc une victoire du &#171; oui &#187; au r&#233;f&#233;rendum constitutionnel le 16 avril en Turquie, m&#234;me si cette victoire est contestable et contest&#233;e, car la campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; inique. Les partisans du &#171; non &#187; risquaient d'&#234;tre inculp&#233;s de soutien &#224; un mouvement terroriste. Les dirigeants du parti d'opposition HDP, favorable &#224; une solution pacifique de la question kurde, &#233;taient en prison, comme treize de ses d&#233;put&#233;s. Les affiches et calicots pour le &#171; non &#187; &#233;taient souvent enlev&#233;s par les municipalit&#233;s, ou par la police qui dispersait sans m&#233;nagement les rassemblements de rue, m&#234;me modestes, et arr&#234;tait les orateurs et distributeurs de tracts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jour du scrutin, &lt;/strong&gt;les irr&#233;gularit&#233;s ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;rales et probablement organis&#233;es par le parti d'Erdogan, l'AKP. Au cours de la journ&#233;e, le Haut conseil &#233;lectoral (YSK) a valid&#233; l'emploi de bulletins non conformes, en contradiction avec la loi qu'il est suppos&#233; faire respecter. Toutes sortes de tricheries ont &#233;t&#233; constat&#233;es, souvent film&#233;es : bourrages d'urnes, votes multiples d'une m&#234;me personne, pr&#233;sence de policiers lourdement arm&#233;s dans les bureaux de vote, de blind&#233;s &#224; proximit&#233;, manoeuvres d'intimidation, obligation de voter &#224; d&#233;couvert sous la menace, modifications inopin&#233;es des lieux de vote, etc. Les observateurs &#233;trangers d&#233;l&#233;gu&#233;s par des ONG, et m&#234;me ceux de l'Organisation pour la s&#233;curit&#233; et la coop&#233;ration en Europe (OSCE), n'ont eu acc&#232;s ni au d&#233;roulement du scrutin, ni au d&#233;pouillement. L'OSCE est formelle : le r&#233;f&#233;rendum s'est d&#233;roul&#233; tr&#232;s en de&#231;&#224; des crit&#232;res de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Or, malgr&#233; &lt;/strong&gt;toutes ces irr&#233;gularit&#233;s, 51,4% seulement des &#233;lecteurs ont vot&#233; &#171; oui &#187;. Le nombre de bulletins non conformes &#224; la loi, mais valid&#233;s, se monte &#224; un million et demi, et si l'on tient compte des autres fraudes, on peut estimer que le &#171; non &#187; l'aurait emport&#233; si le scrutin s'&#233;tait d&#233;roul&#233; r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Formellement, &lt;/strong&gt;Erdogan est vainqueur. La moiti&#233; des Turcs n'a donc pas peur d'un pouvoir personnel ; ils ressentent le besoin d'une nouvelle figure paternelle et protectrice, mais autre que celle d'Atat&#252;rk, qui les lib&#232;re du poids des d&#233;sastres du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et de la culpabilit&#233; engendr&#233;e par le g&#233;nocide de 1915. Pour r&#233;ussir, Erdogan a su, magistralement, se montrer en phase avec le &#171; tr&#233;sor de repr&#233;sentations&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression est de Sigmund Freud dans L'Avenir d'une illusion, 1931.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; de son &#233;lectorat, distill&#233; par l'&#233;cole depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici en quoi &lt;/strong&gt;consistent les r&#233;formes. Le Premier ministre et le Conseil des ministres sont supprim&#233;s. Les ministres seront nomm&#233;s par le pr&#233;sident &#224; sa guise. Celui-ci pourra nommer un ou plusieurs vice-pr&#233;sidents de son choix, sans aucun contr&#244;le. Disposant de la totalit&#233; du pouvoir ex&#233;cutif, il pourra librement dissoudre l'Assembl&#233;e tandis que celle-ci ne pourra plus opposer de motion de censure au gouvernement. Le pr&#233;sident aura un droit de veto face aux d&#233;cisions de l'Assembl&#233;e. Lui seul proposera le budget. Il pourra &#234;tre chef de son parti, et ainsi d&#233;cider lui-m&#234;me des candidatures &#224; la d&#233;putation. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles et g&#233;n&#233;rales devront avoir lieu le m&#234;me jour, et l'Assembl&#233;e ne pourra jamais &#234;tre renouvel&#233;e au cours d'un mandat pr&#233;sidentiel. L'&#233;tat d'exception pourra &#234;tre instaur&#233; plus facilement, instituant un &#201;tat policier sur lequel l'Assembl&#233;e n'aura aucune prise. La mise en accusation du pr&#233;sident deviendra presque impossible, ce dernier &#233;tant ma&#238;tre des nominations au Conseil des Juges et des Procureurs&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur Susam-sokak.fr mon analyse de la loi constitutionnelle.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En bref, l'Assembl&#233;e ne sera plus qu'une chambre d'enregistrement. En principe, Erdogan ira au bout de son mandat actuel (2014-1019). Puis, le 3 novembre 2019, on &#233;lira l'Assembl&#233;e et le pr&#233;sident, pour un mandat de cinq ans renouvelable. Erdogan pourra, en th&#233;orie, exercer un pouvoir personnel jusqu'en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On discute beaucoup &lt;/strong&gt;de la nature du pouvoir en Turquie. Pour comprendre, il n'est pas inutile de prendre du recul. La Turquie n'a jamais &#233;t&#233; une d&#233;mocratie, sauf si l'on confond ce concept avec celui de parlementarisme. D'une part parce que le r&#233;gime a toujours fonctionn&#233; avec ce qu'Achille Mbembe appelle &#171; le corps nocturne&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Achille Mbembe, Politiques de l'inimiti&#233;, La D&#233;couverte, 2016.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; de la d&#233;mocratie : une face inavouable, violente, qui non seulement coexiste avec le syst&#232;me, mais lui permet de fonctionner. En Turquie, c'est la succession de violences de masse (g&#233;nocide des Arm&#233;niens, expulsions des orthodoxes, massacres d'Al&#233;vis, massacres et d&#233;portation de Kurdes et guerre quasi permanente contre cette population depuis 1925, discriminations, expropriations, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certes, depuis 1950, &lt;/strong&gt;le syst&#232;me parlementaire pluripartite fonctionne. Mais seulement de fa&#231;on segmentaire. Il a &#233;t&#233; interrompu r&#233;guli&#232;rement par des coups d'&#201;tat violents (1960, 1971, 1980) ou sous la menace d'intervention de l'arm&#233;e (1997). En temps &#171; normal &#187;, ce r&#233;gime est alt&#233;r&#233; par des mesures qui limitent la d&#233;mocratie : le &#171; barrage &#187; &#233;lectoral de 10% qui a emp&#234;ch&#233; toute repr&#233;sentation kurde jusqu'en 2015 ; des articles de la Constitution et du code p&#233;nal qui instituent des d&#233;lits d'opinion tr&#232;s vagues pouvant &#234;tre mis en oeuvre en permanence ; des institutions de contr&#244;le et de r&#233;pression des m&#233;dias, de l'enseignement, de la justice ; une loi antiterroriste en vigueur depuis 1991, qui permet d'inculper facilement tout opposant ou suppos&#233; tel ; l'&#233;tat d'exception, en vigueur de 1987 &#224; 2002 dans le Sud-Est, reconduit sous forme de &#171; zones de s&#233;curit&#233; &#187;, et r&#233;instaur&#233; dans tout le pays en juillet dernier ; enfin des d&#233;crets de couvre-feu interdisant &#224; la population de sortir dans la rue, parfois pour des semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces mesures, &lt;/strong&gt;conformes &#224; la Constitution de 1982, frappaient principalement la population kurde. Depuis 2011 et surtout 2016, elles sont le quotidien de l'ensemble des citoyens de Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, &lt;/strong&gt;les premi&#232;res ann&#233;es de la gouvernance d'Erdogan avaient ouvert beaucoup d'esp&#233;rances, m&#234;me sur les sujets tabous comme la reconnaissance du g&#233;nocide, les questions kurde et chypriote. La guerre dans le sud-est avait connu une pause. Mais cette esp&#233;rance a pris fin d&#232;s 2011, avec une vague de r&#233;pression touchant particuli&#232;rement les partisans d'une solution pacifique au Kurdistan. Le r&#233;gime s'est emball&#233; apr&#232;s la tentative de putsch de juillet 2016 : arrestations de journalistes, de juges, d'avocats, de d&#233;put&#233;s et des dirigeants du parti HDP ; licenciement de plus de 60 000 fonctionnaires ; destitution et mise sous tutelle de l'&#201;tat des municipalit&#233;s tenues par le HDP dans le Sud-Est ; renvoi de plus de 11 000 enseignants de tous niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En somme, &lt;/strong&gt;Erdogan n'avait gu&#232;re besoin d'une telle modification constitutionnelle : le r&#233;gime autoritaire existait d&#233;j&#224;. Simplement, la nouvelle version de la Constitution ent&#233;rine et consolide le caract&#232;re personnel du pouvoir. Lorsqu'il proclame, au soir du r&#233;f&#233;rendum, que c'est la premi&#232;re fois qu'un changement de r&#233;gime a lieu sans coup d'&#201;tat, il masque la r&#233;alit&#233;, car la r&#233;pression de l'automne 2016 a tous les caract&#232;res d'un coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;mocrature &#187;, &lt;/strong&gt;dictature, en tout cas &#201;tat policier : m&#234;me si le d&#233;roulement et le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum avaient &#233;t&#233; r&#233;guliers, m&#234;me en consid&#233;rant qu'Erdogan et l'assembl&#233;e ont &#233;t&#233; &#233;lus &#171; d&#233;mocratiquement &#187; par la majorit&#233; des &#233;lecteurs, cela ne fait pas du pays une &#171; d&#233;mocratie &#187;, dont la condition d'existence selon Achille Mbembe est la libert&#233; pour les citoyens &#171; &lt;i&gt;de chercher et de faire valoir, sans cesse et chaque fois qu'il le faut la v&#233;rit&#233;, la raison, la justice et le bien commun &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, pp. 25-26.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a deux &#233;l&#233;ments &lt;/strong&gt;nouveaux d&#233;sormais. D'abord, Erdogan a &#233;t&#233; en situation de perdre, en partie parce qu'une partie de la base du parti fasciste MHP refusait de le soutenir. Il en avait peur sans doute, puisque son parti a organis&#233; la fraude. Ensuite, en raison des tricheries, l' &#187; Occident &#187; maintenant se m&#233;fie et se d&#233;fie plus ouvertement de lui. Au soir du scrutin et les jours suivants, de nombreux manifestants descendaient dans les rues &#224; Istanbul, Izmir, Ankara, apr&#232;s r&#233;v&#233;lation des fraudes. C'est la premi&#232;re fois qu'un scrutin est &#224; ce point contest&#233; en Turquie. Erdogan est au pouvoir l&#233;galement, mais il a perdu au moins une part de sa l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Copeaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'expression est de Sigmund Freud dans &lt;i&gt;L'Avenir d'une illusion&lt;/i&gt;, 1931.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir sur &lt;a href=&#034;http://www.susam-sokak.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Susam-sokak.fr&lt;/a&gt; mon analyse de la loi constitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Achille Mbembe, &lt;i&gt;Politiques de l'inimiti&#233;&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, pp. 25-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;silience kurde</title>
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&lt;p&gt;Rompu depuis deux ans &#224; un &#233;tat d'urgence permanent, le mouvement kurde n'a pas v&#233;cu le r&#233;f&#233;rendum pour les pleins pouvoirs d'Erdo&#287;an comme une &#233;ch&#233;ance capitale. En d&#233;pit d'une repr&#233;sentation politique l&#233;gale durement r&#233;prim&#233;e, la r&#233;sistance civile cherche &#224; remettre en marche des dynamiques nouvelles sans jamais baisser la t&#234;te. Reportage &#224; Diyarbakir, principale ville kurde du Sud-Est anatolien. Quelques jours avant le r&#233;f&#233;rendum, Helim d&#233;clarait : &#171; La campagne pour le non, c'est bien, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/villes" rel="tag"&gt;villes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kurdistan" rel="tag"&gt;Kurdistan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gultan-Kisanak" rel="tag"&gt;G&#252;ltan Kisanak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Firat-Anli" rel="tag"&gt;Firat Anli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rompu depuis deux ans &#224; un &#233;tat d'urgence permanent, le mouvement kurde n'a pas v&#233;cu le r&#233;f&#233;rendum pour les pleins pouvoirs d'Erdo&#287;an comme une &#233;ch&#233;ance capitale. En d&#233;pit d'une repr&#233;sentation politique l&#233;gale durement r&#233;prim&#233;e, la r&#233;sistance civile cherche &#224; remettre en marche des dynamiques nouvelles sans jamais baisser la t&#234;te. Reportage &#224; Diyarbakir, principale ville kurde du Sud-Est anatolien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1343-2cb17.jpg?1780009462' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uelques jours avant le r&#233;f&#233;rendum, Helim d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;La campagne pour le non, c'est bien, mais on y consacre trop d'&#233;nergie. On ferait mieux de se concentrer sur les choses importantes, les coop&#233;ratives, le syst&#232;me communal, et de reconstruire ce qui a &#233;t&#233; d&#233;truit. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'instar de milliers d'autres, le jeune homme a perdu son emploi dans le secteur culturel de l'ancienne municipalit&#233; de Diyarbakir quand les deux co-maires &#233;lus en 2014, G&#252;ltan Kisanak et Firat Anli, ont &#233;t&#233; destitu&#233;s puis remplac&#233;s par un administrateur nomm&#233; par l'&#201;tat. Ce dernier a ensuite ordonn&#233; la fermeture d'une cinquantaine de structures, en vertu du d&#233;cret KHK&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kanun H&#252;km&#252;nde Kararname : adopt&#233; dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence, ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce sont aussi des milliers d'enseignants et de fonctionnaires qui ont &#233;t&#233; suspendus lors des purges ayant suivi la tentative de coup d'&#201;tat du 15 juillet. Sous pr&#233;texte d'en punir les responsables, elles ont servi &#224; museler l'opposition, en particulier dans les zones kurdes. Le sc&#233;nario de Diyarbakir s'est rejou&#233; dans toutes les grandes villes dirig&#233;es par le HDP&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HDP : parti d&#233;mocratique des peuples, coalition de la gauche kurde et non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. L'&#233;tat a voulu en profiter pour liquider le mouvement kurde, emprisonnant en masse ses militants dans une v&#233;ritable strat&#233;gie de conqu&#234;te par la force du Kurdistan. Si le HDP est mis en avant, ce sont en r&#233;alit&#233; toutes les organisations f&#233;d&#233;r&#233;es par la structure du DTK&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Demokratik Toplum Kongresi, Congr&#232;s pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui sont vis&#233;es. Fond&#233;e en 2011, elle a pour objectif la mise en place du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique au Kurdistan, en cr&#233;ant &#171; &lt;i&gt;des structures autonomes &#187;&lt;/i&gt; dans &#171; &lt;i&gt;tous les segments de la soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bance, Un autre futur pour le Kurdistan ?, p.253.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. Les conseils de quartiers, embl&#233;matiques de cette d&#233;marche, ont &#233;t&#233; interdits, de m&#234;me que les associations travaillant &#224; promouvoir la culture kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les routes &lt;/strong&gt;du Kurdistan et aux entr&#233;es des villes, l'arm&#233;e installe des &lt;i&gt;checkpoints &lt;/i&gt;qui, de temporaires, sont devenus permanents. Parfois, ce sont des forces en civil, arm&#233;es jusqu'aux dents, qui se chargent des contr&#244;les. Les longues barbes, les bagues frapp&#233;es de la Tougra&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Tougra, signature des sultans ottomans, est un symbole des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;ne laissent gu&#232;re de doutes quant &#224; leur affiliation id&#233;ologique. Pendant les op&#233;rations de r&#233;pression men&#233;es dans les villes kurdes &#224; partir de l'&#233;t&#233; 2015, des images avaient filtr&#233;, montrant ces suppl&#233;tifs posant &#224; c&#244;t&#233; de cadavres dans les quartiers d&#233;truits, index point&#233; vers le ciel ou faisant le signe des Loups gris. Des p&#226;turages de montagne aux quartiers d&#233;truits de Sur, certaines zones restent interdites d'acc&#232;s. Dans les villes, les v&#233;hicules blind&#233;s de la police sont pr&#233;sents partout dans les rues. Les mairies ont &#233;t&#233; transform&#233;es en bastions fortifi&#233;s et des drapeaux turcs flottent sur les b&#226;timents et les rues, l'&#201;tat affichant virilement les marques de sa conqu&#234;te. En profondeur, il essaie aussi d'acheter un &#233;lectorat &#224; l'aide d'hommes d'affaires peu scrupuleux pr&#234;ts &#224; sp&#233;culer sur l'immobilier dans les quartiers ras&#233;s par l'&#201;tat&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allan Kaval, Le Monde, 14/04/2017, &#171; Diyarbakir, terre de mission kurde de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que la r&#233;gion &lt;/strong&gt;du Kurdistan connaissait d&#233;j&#224; un ch&#244;mage end&#233;mique, les licenciements ont pr&#233;caris&#233; davantage la population. S'ajoute aussi le traumatisme d&#251; au massacre de centaines de jeunes ayant d&#233;clar&#233; l'autonomie au sein des villes kurdes et d'un demi-million de personnes d&#233;plac&#233;es apr&#232;s la destruction de leurs quartiers. Enfin, les milliers d'arrestations depuis septembre 2016 visent &#224; dissuader toutes voix dissidentes de s'&#233;lever. On pourrait donc croire que l'heure n'est gu&#232;re &#224; la r&#233;sistance. Mais c'est sans compter sur la r&#233;silience du peuple kurde, notamment d'une jeunesse urbaine n&#233;e aux environs des ann&#233;es 1990, qui refuse de se soumettre aux politiques coloniales de l'&#201;tat turc. Celle-ci a int&#233;gr&#233; la m&#233;moire des villages d&#233;truits et la r&#233;pression subie par ses a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Diyarbakir &#224; Van, &lt;/strong&gt;le nombre de caf&#233;s ouverts par les victimes des purges a explos&#233;. Ces lieux contribuent &#224; r&#233;organiser une vie culturelle kurde et des liens sociaux que l'&#201;tat tente de briser par l'intimidation et la r&#233;pression. Ainsi, les &#233;coles enseignant le kurde ayant &#233;t&#233; ferm&#233;es, leurs profs continuent les cours dans ces caf&#233;s, ou dans des maisons priv&#233;es. &#220;mit &#233;tait travailleur social pour la mairie de Diyarbakir avant d'&#234;tre licenci&#233;. Fin mars, avec deux amis, ils ont ouvert le caf&#233; Libert&#233; dans lequel se retrouvent leurs anciens coll&#232;gues. Avec une quarantaine d'entre eux ayant perdu leur emploi, ils ont lanc&#233; un projet &#224; destination des enfants de Sur, traumatis&#233;s par les combats, dans la continuit&#233; de l'aide aux familles men&#233;e au sein de la mairie, mais d&#233;sormais en dehors de tout cadre institutionnel. Pareillement, les centres culturels kurdes, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; ferm&#233;s par la municipalit&#233;, sont r&#233;ouverts par les &#233;quipes qui y travaillaient, mais avec le statut l&#233;gal de soci&#233;t&#233; priv&#233;e. Les acteurs licenci&#233;s de l'ancien th&#233;&#226;tre municipal ont cr&#233;&#233; un nouveau th&#233;&#226;tre, Amed Shehir Tiyatro&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sanoyabajeryaamede.com.&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, afin de pouvoir continuer &#224; jouer des pi&#232;ces en kurde. &#171; &lt;i&gt;Le th&#233;&#226;tre, en faisant rire les gens, est une r&#233;sistance contre la peur impos&#233;e par les m&#233;dias de l'&#233;tat et le climat d'&#233;tat d'urgence &#187;&lt;/i&gt;, explique Helim, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;Pour nous l'&#233;ducation est primordiale. M&#234;me si le travail politique est contraint de s'arr&#234;ter, l'&#233;ducation doit continuer. L'&#233;ducation dispens&#233;e par l'&#201;tat vise &#224; nous faire oublier qui nous sommes, notre culture, notre langue, notre esprit critique. &#187;&lt;/i&gt; Et ce n'est pas Ada, 14 ans, qui le contredira. Pour remplacer de nombreux enseignants licenci&#233;s, le gouvernement a nomm&#233; des personnes inexp&#233;riment&#233;es. &#171; &lt;i&gt;On ne comprend rien &#224; ce qu'ils nous expliquent, et quand on pose des questions, ils nous disent de relire la le&#231;on. Ils nous donnent des cours pr&#233;fabriqu&#233;s, comme de la nourriture en bo&#238;te, sans contenu ni explications. &#187;&lt;/i&gt; Les cours de ces derniers se sont vu amputer de certains enseignements durant trois mois, avant que les enseignants ne soient r&#233;int&#233;gr&#233;s ou remplac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les coop&#233;ratives de femmes &lt;/strong&gt;soutenues par le DTK ont miraculeusement &#233;chapp&#233; &#224; la r&#233;pression, bien que leur activit&#233; se soit fortement ralentie. Ekojin est un projet d&#233;velopp&#233; par le mouvement des femmes kurdes, visant &#224; f&#233;d&#233;rer plusieurs coop&#233;ratives de femmes pour aider &#224; leur &#233;mancipation &#233;conomique. L'activit&#233; textile continue avec un nombre r&#233;duit de travailleuses, mais la fermeture de leur point de distribution a limit&#233; les rentr&#233;es d'argent. Ekojin a quand m&#234;me r&#233;ussi &#224; monter une nouvelle coop&#233;rative de culture de champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En revanche, &lt;/strong&gt;les fermetures des associations, comme Sarmasik et Rojava, qui venaient en aide aux familles les plus pr&#233;caires ont eu des cons&#233;quences d&#233;sastreuses. Rojava s'occupait des r&#233;fugi&#233;s syriens et des familles d&#233;plac&#233;es par les combats dans les villes, en leur fournissant nourriture, h&#233;bergement, aide &#224; la reconstruction... Ferm&#233;e sans explication, ses responsables sont dans le collimateur de la police. L'association tente de poursuivre son activit&#233; de mani&#232;re informelle avec ses r&#233;seaux de b&#233;n&#233;voles, sans locaux, mais sa capacit&#233; d'action a chut&#233; de pr&#232;s de 80%, laissant du jour au lendemain des milliers de familles d&#233;munies et sans ressources. Comme l'explique Mustafa, un des membres de l'asso Rojava : &#171; &lt;i&gt;Ils veulent nous faire fermer parce qu'ils ont vu que nous &#233;tions capables d'agir en dehors de l'&#201;tat. Nous saurons trouver une mani&#232;re diff&#233;rente de fonctionner. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Kanun H&#252;km&#252;nde Kararname : adopt&#233; dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence, ce d&#233;cret permet de licencier les personnes et de fermer les structures sans processus juridique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;HDP : parti d&#233;mocratique des peuples, coalition de la gauche kurde et non kurde fond&#233;e en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Demokratik Toplum Kongresi, Congr&#232;s pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Bance, &lt;i&gt;Un autre futur pour le Kurdistan ?&lt;/i&gt;, p.253.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Tougra, signature des sultans ottomans, est un symbole des ultranationalistes comme les Loups gris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Allan Kaval, &lt;i&gt;Le Monde, &lt;/i&gt;14/04/2017, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/14/diyarbakir-terre-de-mission-kurde-de-l-akp_5111182_3214.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diyarbakir, terre de mission kurde de l'AKP&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sanoyabajeryaamede.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;181</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; Bons baisers de Marseille &#187; (illustr&#233; par &#201;tienne Savoye). Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... Actualit&#233;s d'ici et d'ailleurs Rouen : &#171; Toxique mais pas trop &#187; &#8211; R&#233;cit de la catastophe Lubrizol (et de ses cons&#233;quences) par Jean-Pierre Levaray, qui a pass&#233; sa vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mutiles" rel="tag"&gt;Mutil&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/site-progressivement" rel="tag"&gt;site progressivement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2922-0d799.jpg?1780144492' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Bons baisers de Marseille &#187; (illustr&#233; par &lt;a href=&#034;http://savoye-gravures.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019'&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre kiosquier&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Rouen-Toxique-mais-pas-trop' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rouen : &#171; Toxique mais pas trop &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; R&#233;cit de la catastophe Lubrizol (et de ses cons&#233;quences) par Jean-Pierre Levaray, qui a pass&#233; sa vie d'ouvrier &#224; turbiner dans une usine Seveso rouennaise, tout pr&#232;s du site parti en fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-la-marche-des-Mutiles-pour-l' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gilets jaunes et chairs &#224; vif : &#224; la marche des &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Victimes de violences polici&#232;res, les &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187; ont &#233;t&#233; &#233;borgn&#233;s, amput&#233;s, traumatis&#233;s. Ils doivent d&#233;sormais s'adapter &#224; la nouvelle vie qu'on leur a impos&#233;e. Le 22 septembre, ils manifestaient &#224; Bordeaux, demandant la fin de l'impunit&#233; et du carnage policier. Reportage et t&#233;moignages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Dans-l-education-nationale-silence' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dans l'&#233;ducation nationale, silence on meurt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; La suicide de la directrice d'&#233;cole Christine Renon a &#233;t&#233; un triste r&#233;v&#233;lateur des conditions de travail difficiles des enseignants. Mais leur hi&#233;rarchie botte en touche et le ministre d&#233;tourne l'attention m&#233;diatique vers les femmes voil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Morts de la rue : la liste infinie&lt;/strong&gt; &#8211; Chaque ann&#233;e, &#224; l'arriv&#233;e du froid, les pouvoirs publics vantent leurs dispositifs d'h&#233;bergement d'urgence pour les sans-logis. Chaque ann&#233;e pourtant, les victimes mortelles de l'exclusion sociale se comptent par centaines, voire par milliers. Le collectif Les Morts de la rue se bat pour leur dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Balance-ton-port' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Une Zad en Vend&#233;e : balance ton port&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Ce que 17 ann&#233;es d'opposition l&#233;gale n'avaient pas r&#233;ussi, la &#171; Zad de la Dune &#187; l'a obtenu en quelques jours : emballement m&#233;diatique, large soutien de la population et bulldozers arr&#234;t&#233;s. Le projet de port de plaisance de Br&#233;tignolles-sur-Mer, cens&#233; ravager une dune class&#233;e, a du plomb dans les voiles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1354-abbf3.jpg?1780009882' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Qamishlo, mars 2014. Pour les Kurdes, la f&#234;te de Newroz est un symbole de r&#233;sistance aux oppresseurs / Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Autour-de-la-defaite-du-Rojava' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autour de la d&#233;faite du Rojava&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Tentative de r&#233;ponse &#224; d'&#233;pineuses questions qui se posent apr&#232;s l'agression turque des Kurdes de Syrie du Nord-Est. Quelles &#233;taient les relations entre les Kurdes et le r&#233;gime d'Al-Assad ? Qui soutient l'offensive d'Ergodan ? Qui compose les milices qui lui sont alli&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ils-nous-bombardent-au-napalm' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Reportage au Rojava, aupr&#232;s de l'organisation des familles des martyrs de la ville d'Amouda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Miguel-Peralta-est-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Prisonnier politique au Mexique : Miguel Peralta est libre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Accus&#233; d'un meurtre qu'il n'a pas commis, Miguel Peralta vient de passer plus de quatre ans en prison. Anarchiste indig&#232;ne, il a pay&#233; son soutien &#224; l'assembl&#233;e communautaire de son village, face au syst&#232;me d&#233;vorant des partis politiques. R&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Et-Barcelone-s-embrasa' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Et Barcelone s'embrasa&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Reportage en Catalogne, o&#249; la condamnation de leaders ind&#233;pendantistes &#224; de lourdes peines de prison a provoqu&#233; des &#233;meutes &#171; &lt;i&gt;flamboyantes&lt;/i&gt; &#187; et des actions de d&#233;sob&#233;issance civile in&#233;dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Chroniques alg&#233;riennes : dans le train pour Oran&lt;/strong&gt; &#8211; Dans les trains alg&#233;riens, &#231;a cause politique...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#171; Bons baisers de Marseille &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1355-85c1c.jpg?1779602778' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Marseille-derriere-la-carte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille, derri&#232;re la carte postale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Cela fait un bail que la mairie de Marseille cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole &lt;i&gt;business friendly&lt;/i&gt;, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. Quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses, &#224; verser dans l'&#233;puration sociale et &#224; refuser de traiter les vrais probl&#232;mes, comme celui de l'habitat indigne. Il y a un an, huit personnes l'ont pay&#233; de leur vie dans l'effondrement de leur immeuble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Noailles-sans-toit-ni-loi' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Noailles, sans toit ni loi&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Le 5 novembre 2018, rue d'Aubagne, deux immeubles s'effondrent, emportant huit vies. La suite : des mois de faillite politique et d'&#233;vacuations un peu partout en ville. Et pour les milliers de d&#233;log&#233;s, le d&#233;but d'une gal&#232;re sans nom. Aper&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sp&#233;culateurs sur la ville&lt;/strong&gt; &#8211; Entretien avec Michel Peraldi. Loin des clich&#233;s et du marketing territorial, le sociologue aligne faits et analyses qui remettent Marseille &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Leur-cite-va-craquer' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Leur cit&#233; va craquer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Si vous allez &#224; Air Bel, on vous racontera l'eau contamin&#233;e, l'habitat plus qu'indigne, les bailleurs sociaux qui camouflent les probl&#232;mes et la mairie qui s'en fout. 6 900 habitants, 1 200 logements sociaux, une pauvret&#233; structurelle mais une furieuse envie de prendre les choses en main. Reportage dans les quartiers Est de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sur la Plaine : des vigiles et des coups&lt;/strong&gt; &#8211; Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la place Jean-Jaur&#232;s, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Euromed 2 : la ville est morte, vive la ville !&lt;/strong&gt; &#8211; Pr&#233;emptions, d&#233;logements, expulsions de sans-papiers, requalification du port et du march&#233; aux Puces... Les Crottes, quartier immigr&#233; et ouvrier du nord du Marseille, subissent depuis vingt ans les offensives d'Euromed 2, un m&#233;gaprojet urbain au pilotage brutal, qui b&#226;tit &#171; Smartseille &#187;. La ville de demain, mais pas pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Les Mcdo &#187; de Saint-Barth' : une lutte de quartier(s)&lt;/strong&gt; &#8211; Au-del&#224; de la d&#233;fense de 77 emplois dans l'univers impitoyable de la malbouffe, ce qui se joue autour du McDonald's de Saint-Barth&#233;lemy, dans les quartiers Nord de Marseille, concerne une zone urbaine souffrant de s&#233;v&#232;re s&#233;gr&#233;gation territoriale. Une &#233;quipe solidaire, en lien avec les cit&#233;s environnantes, y fait vivre une culture ouvri&#232;re bien ancr&#233;e dans le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Algerie-l-autopsie-du-trauma' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Alg&#233;rie : l'autopsie du trauma colonial&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Quelles sont aujourd'hui encore les cons&#233;quences de la colonisation fran&#231;aise sur la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne ? Psychanalyste exer&#231;ant entre Paris et Alger, Karima Lazali a d&#233;cel&#233; chez de nombreux patients des troubles li&#233;s &#224; ce pass&#233; tourment&#233;. Convoquant l'histoire et la litt&#233;rature, elle a publi&#233; &lt;i&gt;Le trauma colonial&lt;/i&gt;, enqu&#234;te sur les effets psychiques et politiques de l'offense coloniale en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les vieux dossiers : Wild Wild Capitalism&lt;/strong&gt; &#8211; Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les &#201;tats-Unis connaissent une fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique. Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ce qu'habiter veut dire : Marx des villes, Robinson des champs&lt;/strong&gt; &#8211; Entre &#238;lots sauvages et m&#233;tropole marxiste, trois ouvrages parus r&#233;cemment questionnent le rapport entre habitat et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : &#224; nous le paradis terrestre !&lt;/strong&gt; &#8211; Une excitante nouvelle : gr&#226;ce aux indomptables &#233;ditions L'Insomniaque, une des meilleures histoires anglo-saxonnes de la subversion piment&#233;e est enfin traduite en fran&#231;ais sous le titre &lt;i&gt;Le Communalisme&lt;/i&gt; et l'&#233;loquent sous-titre &#171; &lt;i&gt;Les Communaut&#233;s affinitaires et dissidentes, des origines jusqu'au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Concerto-pour-insurges' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Concerto pour insurg&#233;s&lt;/a&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Soir-de-match' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Soir de match&lt;/a&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;) / &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L225xH319/-1356-1de89.jpg?1779603725' width='225' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;181 de CQFD, illustr&#233;e par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 181 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en kiosque&lt;/a&gt; du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre au 5 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3126 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/-13.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779602969' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;181 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux jambes sous terre</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Deux-jambes-sous-terre</link>
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		<dc:date>2019-09-22T06:37:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdistan</dc:subject>
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		<dc:subject>l'appellent affectueusement</dc:subject>
		<dc:subject>J'ai retir&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>mines</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdistan Mine</dc:subject>
		<dc:subject>Hoshyar Ali</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis trente ans, Hoshyar Ali d&#233;mine inlassablement les montagnes kurdes. L'ancien combattant a beau avoir perdu ses deux jambes &#224; l'ouvrage, il pers&#233;v&#232;re. Portrait. &#171; J'ai retir&#233; plus de deux millions de mines du sol &#187;, fanfaronne &#171; kak &#187; Hoshyar Ali, comme l'appellent affectueusement les habitant.es de la r&#233;gion de Halabja. Ici, au sud-est du Kurdistan irakien, pr&#232;s de la fronti&#232;re iranienne, il est devenu une c&#233;l&#233;brit&#233;. &#194;g&#233; de 56 ans, l'homme est trapu, costaud. &#192; c&#244;t&#233; du canap&#233; o&#249; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kurdistan" rel="tag"&gt;Kurdistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hoshyar" rel="tag"&gt;Hoshyar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Saddam-Hussein" rel="tag"&gt;Saddam Hussein&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-appellent-affectueusement" rel="tag"&gt;l'appellent affectueusement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/J-ai-retire" rel="tag"&gt;J'ai retir&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mines" rel="tag"&gt;mines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kurdistan-Mine" rel="tag"&gt;Kurdistan Mine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hoshyar-Ali" rel="tag"&gt;Hoshyar Ali&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis trente ans, Hoshyar Ali d&#233;mine inlassablement les montagnes kurdes. L'ancien combattant a beau avoir perdu ses deux jambes &#224; l'ouvrage, il pers&#233;v&#232;re. Portrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1283-d59f8.jpg?1780144434' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;&lt;i&gt;'ai retir&#233; plus de deux&lt;/i&gt; &lt;i&gt;millions de mines du sol&lt;/i&gt; &#187;, fanfaronne &#171; kak &#187; &lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monsieur.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Hoshyar Ali, comme l'appellent affectueusement les habitant.es de la r&#233;gion de Halabja. Ici, au sud-est du Kurdistan irakien, pr&#232;s de la fronti&#232;re iranienne, il est devenu une c&#233;l&#233;brit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233; de 56 ans, l'homme est trapu, costaud. &#192; c&#244;t&#233; du canap&#233; o&#249; il est assis, un tas d'explosifs d&#233;samorc&#233;s t&#233;moigne de son travail. Dans le lot, des mines antipersonnel et antichars am&#233;ricaines, russes, italiennes ou encore iraniennes ; des roquettes, des obus... Les marchands de mort du monde entier sont d&#251;ment repr&#233;sent&#233;s. Le gaillard se penche, saisit une mine en plastique beige, de la taille d'un gros beignet : &#171; &lt;i&gt;Elle a &#233;t&#233; fabriqu&#233;e en Italie. C'est une comme &#231;a qui m'a pris ma premi&#232;re jambe en 1989.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Contre Saddam Hussein&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trois ans plus t&#244;t, en 1986, Hoshyar s'&#233;tait engag&#233; avec les &lt;i&gt;peshmergas&lt;/i&gt; de l'Union patriotique du Kurdistan, qui luttaient contre le r&#233;gime de Saddam Hussein, sous le commandement de Jalal Talabani et Nechirvan Mustafa. Ses parents mourront en 1988 durant l'attaque chimique de Halabja, dans le cadre de l'op&#233;ration Anfal, lanc&#233;e par Saddam Hussein et son triste acolyte Ali Hassan al-Majid &#171; le chimique &#187; pour exterminer la population kurde dans les zones de r&#233;bellion &lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Human Rights Watch, cette attaque chimique causa au moins 3 200 morts. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, on demande des volontaires pour &#234;tre d&#233;mineurs. Une poign&#233;e d'hommes se pr&#233;sentent, dont Hoshyar. Ils sont form&#233;s rapidement en Iran avant d'entrer en action. De nuit, rampant &#224; flanc de montagne, &#233;quip&#233;s de petites pelles pour creuser, ils ouvrent la voie au reste des combattants en retirant les mines du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours d'un d&#233;placement qu'une mine emporte la premi&#232;re jambe de Hoshyar. Au m&#234;me moment, il est touch&#233; par une balle d'un soldat de l'arm&#233;e irakienne. Les &lt;i&gt;peshmergas&lt;/i&gt; l'&#233;vacuent &#224; Kermanshah, en Iran, o&#249; il est soign&#233; pendant quatre mois. Quand il revient, il demande ce qu'il peut faire pour aider : on lui dit de reprendre son activit&#233; de d&#233;minage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1991, le Kurdistan irakien obtient son autonomie. Les deux grands clans, Barzani et Talabani, se partagent le pouvoir et ne tardent pas &#224; s'affronter dans une sanglante guerre civile. Pendant ce temps-l&#224;, Hoshyar continue de d&#233;miner. &#192; cause de la guerre Iran-Irak (1980-1988), les montagnes &#224; la fronti&#232;re des deux &#201;tats sont infest&#233;es de mines. Il y a aussi, plus loin dans les terres, toutes les zones pi&#233;g&#233;es par l'arm&#233;e irakienne pour lutter contre la r&#233;bellion kurde. Les mutil&#233;s sont nombreux : bergers, paysans, enfants... De 1991 &#224; 2018, l'Iraqi Kurdistan Mine Action Agency (IKMAA), organisme officiel charg&#233; du d&#233;minage, a recens&#233; plus de 13 000 victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hoshyar perd sa deuxi&#232;me jambe en 1994, alors qu'il d&#233;mine dans la r&#233;gion frontali&#232;re de Penjwin. La veille, raconte-t-il, il avait perdu un de ses enfants &#226;g&#233; de trois ans ; mais il voulut tenir sa promesse de d&#233;miner. Les habitants du coin, voyant bien qu'il n'&#233;tait pas dans son assiette, lui dirent de ne pas y aller, mais il insista...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Proth&#232;ses japonaises&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis une ONG nippone,&lt;i&gt; Peace winds&lt;/i&gt;, entend parler de son cas et le fait venir au Japon, dans le but de r&#233;aliser une collecte de fonds qui lui permettra de faire fabriquer sur mesure deux proth&#232;ses articul&#233;es au genou. Il reste une dizaine d'ann&#233;es au pays du Soleil-Levant, et gardera un attachement sinc&#232;re &#224; cette lointaine contr&#233;e. Sur les murs de la pi&#232;ce o&#249; il re&#231;oit, des photos lui rappellent les souvenirs de l&#224;-bas. Au-dessus du petit mus&#233;e qu'il a ouvert un peu &#224; l'&#233;cart de la ville, et dans lequel il entrepose une partie des engins d&#233;samorc&#233;s qu'il a retir&#233;s du sol afin de t&#233;moigner de la violence exerc&#233;e contre la population kurde, flotte un immense drapeau japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste en face, sur le flanc d'une colline, deux petites tombes marquent la s&#233;pulture de ses deux jambes, &#224; c&#244;t&#233; de celle de son fils a&#238;n&#233;, mort dans un accident de voiture alors qu'il &#233;tait en route pour aider son p&#232;re. Le portrait du fiston est aussi accroch&#233; dans le 4x4 d'Hoshyar, un mod&#232;le fait sp&#233;cialement pour lui et qui lui permet d'aller partout. Sur la porti&#232;re et le coffre, il a fait &#233;crire sous des photos de mines : &#171; &lt;i&gt;I'm ready to exterminate you where ever you are.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je suis pr&#234;t &#224; vous exterminer o&#249; que vous soyez. &#187;&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu au Kurdistan, Hoshyar reprend son activit&#233; de d&#233;minage et se fait tr&#232;s vite conna&#238;tre &#8211; &#233;galement parce qu'il aime mettre son travail en avant aupr&#232;s des m&#233;dias. Aux nombreux visiteurs, il montre des photos, articles et vid&#233;os sur lui. &#192; Halabja, certains magasins affichent son portrait. Des rues de petits villages o&#249; il est intervenu ont &#233;t&#233; rebaptis&#233;es de son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, on l'appelle de partout. La d&#233;marche un peu claudiquante sur ses deux proth&#232;ses, il se d&#233;place sans besoin d'aide, s'appuyant sur une canne en bois, et continue &#224; gravir les montagnes. Arriv&#233; dans une zone min&#233;e, il retire ses proth&#232;ses et rampe &#224; m&#234;me le sol pour le nettoyer. Seul. Deux de ses fr&#232;res ont &#233;t&#233; victimes des mines en l'aidant. Hoshyar ne travaille pas avec l'IKMAA, qui lui reproche son &#171; amateurisme &#187; et son individualisme. Mais pas une semaine ne passe sans qu'il &#339;uvre quelque part, d&#232;s que la m&#233;t&#233;o le permet. Il ne demande aucune r&#233;mun&#233;ration : sa pension d'ancien &lt;i&gt;peshmerga&lt;/i&gt; au grade de g&#233;n&#233;ral lui suffit. Il intervient aussi dans les &#233;coles, pour faire de la pr&#233;vention et de la formation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; Daech, retour au front&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand Daesh lance ses attaques contre le Kurdistan en ao&#251;t 2014, Hoshyar reprend du service : il se porte volontaire pour d&#233;miner les maisons pi&#233;g&#233;es par les djihadistes. Un travail ardu, les explosifs &#233;tant maintenant bien plus complexes que par le pass&#233;. Hoshyar manque encore d'y rester. Dans une vid&#233;o hallucinante, film&#233;e sur le t&#233;l&#233;phone d'un &lt;i&gt;peshmerga&lt;/i&gt;, on le voit au loin fuir au volant de son 4x4 un village o&#249; il travaillait seul, poursuivi par une voiture-suicide qui finit par &#234;tre d&#233;truite &#224; quelques dizaines de m&#232;tres de lui par les &lt;i&gt;peshmergas&lt;/i&gt; qui assistaient &#224; la sc&#232;ne depuis leur ligne de front. Le d&#233;mineur s'en sort simplement un peu secou&#233;, avec quelques &#233;gratignures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de Hoshyar est devenu son obsession ; il a fait sienne la mission de nettoyer les montagnes du Kurdistan de la mort &#224; retardement qui les infeste. Le d&#233;bit de ses paroles est f&#233;brile, rapide, sa voix ab&#238;m&#233;e. Ses yeux passent rapidement d'un point &#224; un autre. Outre la perte de ses deux jambes, son corps est marqu&#233; par les cicatrices de multiples blessures. Plusieurs fois, il r&#233;p&#232;te les m&#234;mes phrases, que l'ami qui traduit peine &#224; comprendre. Curieux de son hyperactivit&#233;, on lui demande quel est son secret : &#171; &lt;i&gt;&#199;a n&#233;cessite beaucoup de concentration et je suis bon pour &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Songe-t-il &#224; prendre sa retraite ? &#171; &lt;i&gt;Tant que le sang coule dans mes veines, je continuerai &#224; travailler. Je suis d&#233;termin&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon Human Rights Watch, cette attaque chimique causa au moins 3 200 morts. D'apr&#232;s diverses sources, l'op&#233;ration Anfal dans son ensemble a co&#251;t&#233; la vie &#224; pr&#232;s de 180 000 personnes et 90 % des villages kurdes de la zone vis&#233;e ont &#233;t&#233; ray&#233;s de la carte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Je suis pr&#234;t &#224; vous exterminer o&#249; que vous soyez. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#171; komun &#187; du Rojava entre deux feux</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Th&#233;oris&#233; par le leader kurde Abdullah &#214;calan, emprisonn&#233; depuis 1999, le projet politique de conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique qui se met en place au nord de la Syrie a &#233;t&#233; nourri par l'influence du libertaire am&#233;ricain Murray Bookchin . &#192; partir de juillet 2012, profitant de la d&#233;sh&#233;rence du r&#233;gime de Bachar al-Assad, une administration autonome y a &#233;t&#233; constitu&#233;e par des cadres du Parti de l'union d&#233;mocratique (PYD) , formation kurde syrienne. De 2013 &#224; 2019, son contr&#244;le territorial s'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no174-mars-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;174 (mars 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manbij" rel="tag"&gt;Manbij&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Th&#233;oris&#233; par le leader kurde Abdullah &#214;calan, emprisonn&#233; depuis 1999, le projet politique de conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique qui se met en place au nord de la Syrie a &#233;t&#233; nourri par l'influence du libertaire am&#233;ricain Murray Bookchin&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire aussi &#171; Les deux come-backs de Murray Bookchin &#187;, page IV de ce m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#192; partir de juillet 2012, profitant de la d&#233;sh&#233;rence du r&#233;gime de Bachar al-Assad, une administration autonome y a &#233;t&#233; constitu&#233;e par des cadres du Parti de l'union d&#233;mocratique (PYD)&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le PYD se r&#233;clame du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. Une partie de ses cadres a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, formation kurde syrienne. De 2013 &#224; 2019, son contr&#244;le territorial s'est &#233;tendu, incluant de plus en plus de populations arabes, mais aussi syriaques, arm&#233;niennes, turkm&#232;nes, y&#233;zidies. Dans le m&#234;me temps, les milices kurdes ont d&#251; lutter contre l'&#201;tat islamique, rejoignant la coalition internationale sous l'&#233;gide des &#201;tats-Unis. Depuis que Donald Trump a annonc&#233; le retrait des troupes am&#233;ricaines, la menace d'une intervention turque fragilise ce mod&#232;le d&#233;mocratique in&#233;dit et risque de replonger la r&#233;gion dans les bras du r&#233;gime syrien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;118&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH319/-1199-5bc0f.jpg?1780143061' width='500' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Derik, Syrie du Nord, avril 2018. Maison du peuple, ouverte pour accueillir les diff&#233;rentes assembl&#233;es (Photo Loez).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Reportage r&#233;alis&#233; au printemps 2018.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;in avril 2018, &#224; la fronti&#232;re turque, voici Koban&#234;, premi&#232;re ville lib&#233;r&#233;e du r&#233;gime syrien en 2012. Daech a &#233;t&#233; chass&#233; de la r&#233;gion en janvier 2015. Les murs de la pi&#232;ce sont nus, la lumi&#232;re crue d'une ampoule pendue au plafond &#233;claire les visages de l'assembl&#233;e du quartier, qui r&#233;unit ce jour-l&#224; les d&#233;l&#233;gu&#233;. es de chaque &lt;i&gt;komun &lt;/i&gt;(ou &#171; commune &#187;) du secteur. Femmes et hommes y sont en proportions &#224; peu pr&#232;s &#233;gales. &#171; &lt;i&gt;Il y a 91 communes &#224; Koban&#234;&lt;/i&gt;, explique Ayse Efendi, co-pr&#233;sidente du Tev-Dem (Mouvement pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique) de Koban&#234;, la structure de coalition qui regroupe et chapeaute au Rojava tous les partis politiques, groupes de la soci&#233;t&#233; civile, associations... &lt;i&gt;Chacune des communes comprend de 100 &#224; 150 familles. On y retrouve deux co-pr&#233;sident.es et six comit&#233;s : services, sant&#233;, paix (justice), autod&#233;fense, &#233;conomie, organisation politique. Il y a des r&#233;unions hebdomadaires. Des comptes-rendus mensuels sont effectu&#233;s &#224; chaque r&#233;union et transmis au Tev-Dem. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres des comit&#233;s de la commune sont charg&#233;.es de r&#233;gler les demandes et les besoins de la population. Ou, quand ce n'est pas possible, de faire remonter l'affaire &#224; l'&#233;chelon sup&#233;rieur (quartier, ville, canton...). Ainsi par exemple, lors de cette assembl&#233;e de quartier qui rassemblait les co-pr&#233;sident.es de douze communes, a &#233;t&#233; discut&#233; le soutien mat&#233;riel &#224; apporter aux familles r&#233;fugi&#233;es venues d'Afrin &#8211; ville kurde de l'ouest de la Syrie, pass&#233;e sous contr&#244;le de l'arm&#233;e turque et de ses suppl&#233;tifs en janvier 2018, ce qui occasionna le d&#233;placement de 200 000 habitants du canton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est la premi&#232;re fois que les Kurdes s'organisent de cette mani&#232;re, &lt;/i&gt;commente Ayse Efendi. &lt;i&gt;Pourtant, cette auto-organisation a des racines historiques : avant, c'&#233;taient des conseils de famille, de tribus. Les communes que nous construisons ne sont pas bas&#233;es sur les liens tribaux ni sur ceux du sang. Tout le monde peut y participer, et cela permet de lutter contre le conservatisme. &#187;&lt;/i&gt; Il est toutefois difficile de d&#233;m&#234;ler les fils du maillage complexe du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique qui repose sur de multiples assembl&#233;es de base et se structure ensuite jusqu'&#224; l'administration r&#233;gionale : &lt;i&gt;Komun &lt;/i&gt;(Commune) / &lt;i&gt;Mecl&#238;sa Taxa &lt;/i&gt;(Assembl&#233;e de quartier) / &lt;i&gt;Mecl&#238;sa Bajar&#234; &lt;/i&gt;(Assembl&#233;e de ville) / &lt;i&gt;Mecl&#238;sa Kanton&#234; &lt;/i&gt;(Assembl&#233;e du canton) / &lt;i&gt;Mecl&#238;sa Suriya Demokratik &lt;/i&gt;(Conseil d&#233;mocratique syrien)&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mon exp&#233;rience avec les communes et les comit&#233;s au Rojava &#187;, Philip Arge&#537; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi de l'inclusion&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, nous voil&#224; dans les locaux d'une assembl&#233;e de Manbij, ville la plus &#224; l'ouest de la zone contr&#244;l&#233;e par l'administration autonome depuis ao&#251;t 2016 par les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS), coalition de milices kurdo-arabes. Assis dans un coin de la pi&#232;ce, Hussein Muhammad fume cigarette sur cigarette en sirotant son caf&#233;. La journ&#233;e est calme pour ce co-pr&#233;sident du comit&#233; de paix d'une assembl&#233;e de quartier. Membre influent d'une tribu arabe locale, il a int&#233;gr&#233; le projet politique de la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de Syrie du nord (FDNS). Cette f&#233;d&#233;ration, proclam&#233;e en mars 2016 mais non reconnue, ni nationalement ni internationalement, repose sur un &#171; contrat social &#187; : une constitution qui garantit les droits &#224; la libre organisation de tous les groupes de la population, ethniques, religieux ou de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inclusion est un d&#233;fi &#224; relever pour le conseil civil (municipalit&#233;) de Manbij, mosa&#239;que ethnique et linguistique d'environ 100 000 habitant.es, compos&#233;e de 70 % d'Arabes, de 20 % de Kurdes, de 5 % de Turkm&#232;nes et de Circassiens, d'Arm&#233;niens et de Tch&#233;tch&#232;nes. L'arriv&#233;e des forces kurdes a soulev&#233; quelques craintes parmi la population arabe de la ville, inqui&#232;te de tomber sous un nouveau joug apr&#232;s celui du r&#233;gime et des djihadistes. Mais &#171; &lt;i&gt;quand les Kurdes ont commenc&#233; &#224; mettre en place le syst&#232;me actuel, nous avons vu qu'ils ne faisaient pas de discriminations, &lt;/i&gt;d&#233;clare M. Muhammad. &lt;i&gt;Ils nous ont inclus dans ce nouveau syst&#232;me, et donc nous l'acceptons. Les tribus ont une place importante ici, mais en m&#234;me temps les gens acceptent la fraternit&#233; entre les peuples. C'&#233;tait une strat&#233;gie des Assad de monter les diff&#233;rents groupes ethniques les uns contre les autres. Maintenant, c'est l'inverse. Nous devons surmonter nos anciennes divisions. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le vieux monde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La mise en place des structures d&#233;mocratiques se heurte toutefois &#224; des difficult&#233;s qui ralentissent sa mise en &#339;uvre. La population, qui bataille au quotidien pour trouver de quoi se nourrir et se loger, peine &#224; trouver le temps d'assister aux diverses assembl&#233;es. Les mentalit&#233;s sont longues &#224; changer, aussi. On ne passe pas en un clin d'&#339;il de dizaines d'ann&#233;es sous un r&#233;gime brutal et autoritaire, qui dissuadait la population de s'investir dans le champ politique, &#224; un syst&#232;me o&#249; les habitant.es sont encourag&#233;.es &#224; s'auto-organiser localement. Le manque de formation peut aussi d&#233;courager &#224; prendre des responsabilit&#233;s. L'administration autonome ouvre des formations pour les adultes, mais cela est parfois per&#231;u comme une volont&#233; de mise au pas, tant l'id&#233;ologie &#246;calaniste y est pr&#233;gnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, comme le r&#233;gime s'appuyait fortement sur les dynamiques tribales, certaines tribus de la r&#233;gion de Manbij et de Raqqa r&#233;clament son retour dans l'espoir de retrouver les privil&#232;ges dont ils b&#233;n&#233;ficiaient. Enfin, celles et ceux qui travaillent concr&#232;tement &#224; la mise en place du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique, notamment les femmes, sont l'objet de menaces des clans traditionnels, mais aussi de groupes &#224; la solde de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution par les femmes, un combat&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2960 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-1200-b4818.jpg?1780143061' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Koban&#234;, avril 2018. Ayse Effendi, co-pr&#233;sidente de TEV-Dem &#224; Koban&#234; (Photo Loez).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au Rojava, le conservatisme reste tr&#232;s fort. Malek est co-pr&#233;sidente d'une commune pr&#232;s de Manbij : &#171; &lt;i&gt;Je viens d'un village tr&#232;s conservateur, c'est une r&#233;volution pour moi d'&#234;tre ici, mais c'est tr&#232;s dur. Mon mari me bat tous les jours et me frappe au visage parce que je participe &#224; la r&#233;volution. Je veux que vous le sachiez. &#187;&lt;/i&gt; L'administration autonome du nord de la Syrie travaille tout particuli&#232;rement en direction des femmes. &#171; &lt;i&gt;Les communes sont en train de se mettre en place, il y a besoin de femmes qui prennent les postes de co-pr&#233;sidentes. Il faut &#224; la fois r&#233;pondre aux besoins des femmes, mais aussi travailler sur l'organisation &#187;&lt;/i&gt;, explique Hev&#238;, de l'assembl&#233;e des femmes de Manbij.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acad&#233;mies des femmes, g&#233;r&#233;es en non-mixit&#233;, se chargent de la formation politique mais aussi d'aspects tr&#232;s concrets : permis de conduire, autod&#233;fense, apprentissage de la langue kurde, planning familial... Fatma, 17 ans, est co-pr&#233;sidente de la commune de son village. Elle travaille sur la question des violences sexistes. Quoique intimid&#233;e, elle t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Quand je suis venue &#224; l'acad&#233;mie et que j'ai vu toutes ces femmes de diff&#233;rents horizons ensemble, j'ai &#233;t&#233; agr&#233;ablement surprise. Mais &#231;a reste tr&#232;s difficile de participer &#224; ces classes. Moi j'avais un avantage, c'est que mon p&#232;re connaissait le mouvement. En venant, j'ai ramen&#233; quatre autres femmes avec moi. Depuis, le village me consid&#232;re comme une sorci&#232;re. Quand je suis devenue co-pr&#233;sidente de la commune, j'ai pens&#233; &#224; me suicider &#224; cause de la pression sociale. J'ai m&#234;me re&#231;u des menaces de mort de la part des mercenaires qui travaillent avec l'arm&#233;e turque. Mais je veux montrer aux filles de mon &#226;ge que c'est possible d'y arriver. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadia a une cinquantaine d'ann&#233;es, elle est turkm&#232;ne : &#171; &lt;i&gt;Quand il y avait Daech, la femme n'existait pas. Elle &#233;tait &#233;cras&#233;e, soumise, vue comme un outil de reproduction. Mais apr&#232;s l'arriv&#233;e de la d&#233;mocratie, toutes les femmes ont montr&#233; leur existence. Ici nous sommes toutes pareilles. Il n'y a pas de Kurdes ou de Turkm&#232;nes, ou d'Arabes. Nous travaillons ensemble, d&#233;battons ensemble, nous faisons toutes face aux m&#234;mes probl&#232;mes. Avant moi aussi j'&#233;tais &#224; la maison, je m'occupais de mes enfants, de mon mari, je cuisinais. Avec l'arriv&#233;e de la d&#233;mocratie &#231;a a chang&#233;. Maintenant je sais que j'ai un objectif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire aussi &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-deux-come-backs-de-Murray' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les deux come-backs de Murray Bookchin&lt;/a&gt; &#187;, page IV de ce m&#234;me num&#233;ro 174 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le PYD se r&#233;clame du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. Une partie de ses cadres a &#233;t&#233; form&#233;e au sein du PKK d'Abdullah &#214;calan (Parti des travailleurs du Kurdistan, principal acteur historique de la lutte arm&#233;e contre la Turquie pour les droits des Kurdes).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.kedistan.net/2018/08/09/experience-communes-et-comites-rojava/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mon exp&#233;rience avec les communes et les comit&#233;s au Rojava&lt;/a&gt; &#187;, Philip Arge&#537; O'Keeffe, ao&#251;t 2018, Kedistan.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Maxmur, les semences de l'autonomie</title>
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&lt;p&gt;Chass&#233;s dans les ann&#233;es 1990 de leurs villages de Turquie par la r&#233;pression militaire, des dizaines de milliers de Kurdes s'exil&#232;rent au nord de l'Irak. Sous la pression des Nations unies, Saddam Hussein leur octroya le camp de Maxmur dans un environnement hostile, pensant sans doute que les r&#233;fugi&#233;s n'y feraient pas de vieux os. Mais c'&#233;tait sans compter sur leur t&#233;nacit&#233;. Reportage dans ce laboratoire politique et social sous l'&#233;gide du PKK. Un vent br&#251;lant soul&#232;ve des nuages de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Daech" rel="tag"&gt;Daech&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/problemes" rel="tag"&gt;probl&#232;mes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chass&#233;s dans les ann&#233;es 1990 de leurs villages de Turquie par la r&#233;pression militaire, des dizaines de milliers de Kurdes s'exil&#232;rent au nord de l'Irak. Sous la pression des Nations unies, Saddam Hussein leur octroya le camp de Maxmur dans un environnement hostile, pensant sans doute que les r&#233;fugi&#233;s n'y feraient pas de vieux os. Mais c'&#233;tait sans compter sur leur t&#233;nacit&#233;. Reportage dans ce laboratoire politique et social sous l'&#233;gide du PKK.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2908 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH311/-1152-86a62.jpg?1780094364' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maxmur, Irak. Hussein dans la serre o&#249; les plantes souffrent du manque d'eau. Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n vent br&#251;lant soul&#232;ve des nuages de poussi&#232;re en cette fin de juillet 2016. En pleine journ&#233;e, le thermom&#232;tre grimpe jusqu'&#224; 50&#176;. En voyant les collines rocailleuses, arides et nues entourant le camp, on pourrait ajouter &#171; soleil &#187; et &#171; sable &#187; aux trois S, &lt;i&gt;&#171; stones, snakes and scorpions &#187; &lt;/i&gt;[&#171; pierres, serpents et scorpions &#187;], qui servent &#224; Nihat, jeune enseignant de 26 ans, pour d&#233;crire l'environnement dans lequel les r&#233;fugi&#233;s de Maxmur s'&#233;tablirent au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous voulons revenir dans notre village, m&#234;me si nous devons souffrir pour &#231;a. Ici, ce n'est pas chez nous &#187;, &lt;/i&gt;soupire Asiya, originaire des alentours de Cizre, en r&#233;ajustant son fichu blanc qui encadre un visage marqu&#233; par les ann&#233;es et les &#233;preuves. un souhait que partagent tous les habitants de Maxmur, pour qui le camp constitue toujours un lieu de s&#233;jour temporaire malgr&#233; les ann&#233;es &#233;coul&#233;es. C'est aussi un souhait lointain pour les plus jeunes, n&#233;s ici ou partis trop t&#244;t pour avoir un passeport turc. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Nous ne voulons rien &lt;/strong&gt;de l'&#201;tat &lt;/i&gt;[turc], &lt;i&gt;juste pouvoir vivre notre culture et parler notre langue &#187;, &lt;/i&gt;reprend-elle. Pour ces revendications, Asiya aura pay&#233; cher. Sur les murs ou l'&#233;tag&#232;re de la petite pi&#232;ce &#224; vivre, plusieurs photographies, certaines aux couleurs fan&#233;es, sont accroch&#233;es. Son mari et un de ses fils, qui ont rejoint la gu&#233;rilla du &lt;a href=&#034;#reperes&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;PKK&lt;/a&gt;, sont morts. Deux de ses filles se battent au Rojava. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui comme hier, l'&#201;tat turc br&#251;le nos villes &#187;, &lt;/i&gt;ajoute-t-elle, faisant allusion aux r&#233;cents affrontements dans les villes du Kurdistan turc. Dans le camp, les murs de la maison d&#233;di&#233;e aux martyrs sont recouverts de portraits. Asiya et d'autres m&#232;res entretiennent la m&#233;moire de ceux qui sont tomb&#233;s, proches ou enfants du camp. Les portraits les plus r&#233;cents sont ceux de YPS (Unit&#233;s d'autod&#233;fense). Au moins une trentaine de jeunes de Maxmur ont rejoint ces jeunes militants kurdes qui ont d&#233;clar&#233; l'autonomie dans les villes kurdes de Turquie avant d'&#234;tre &#233;cras&#233;s par l'arm&#233;e turque.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2909 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;232&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH317/-1153-9a205.jpg?1780094364' width='500' height='317' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maxmur, Irak. L'&#233;levage de moutons est courant dans le camp, &#224; la fois comme activit&#233; &#233;conomique et pour la consommation personnelle. Comme pour les serres, certains troupeaux sont collectivis&#233;s et les revenus partag&#233;s. Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En d&#233;pit de l'hostilit&#233; &lt;/strong&gt;des gouvernements irakiens, turcs, du &lt;a href=&#034;#reperes&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;KRG&lt;/a&gt; &#8211; gouvernement autonome affili&#233; au clan Barzani qui dirige le Kurdistan irakien et rival du PKK &#8211; et la menace de Daech, les habitants de Maxmur ont r&#233;ussi &#224; survivre et &#224; s'auto-organiser. Inspir&#233; par les id&#233;es du leader emprisonn&#233; du PKK, Abdullah &#214;calan &#8211; lui-m&#234;me influenc&#233; par la lecture du th&#233;oricien am&#233;ricain Murray Bookchin &#8211; ce syst&#232;me politique innovant porte le nom de conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-organisation &lt;/strong&gt;s'est mise en place progressivement. Elle s'affiche au grand jour depuis que les Nations unies ont quitt&#233; le camp attaqu&#233; par Daech en &lt;a href=&#034;#reperes&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;ao&#251;t 2014&lt;/a&gt;, et que celui-ci a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; par les combattants du PKK &#224; la fin de l'&#233;t&#233; 2014. Le camp, o&#249; habitent environ 15 000 personnes, est d&#233;coup&#233; en cinq districts (&lt;i&gt;semt&lt;/i&gt;), eux-m&#234;mes partag&#233;s en communes, c'est-&#224;-dire en groupe allant de quinze &#224; cinquante familles vivant dans un espace commun. Dans le conseil de chaque commune, auquel peut participer toute personne de plus de seize ans, on discute des probl&#232;mes de la vie quotidienne, qu'on essaie de r&#233;soudre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion du camp se discute au sein du Parlement (&lt;i&gt;Mecl&#238;s&lt;/i&gt;). &lt;i&gt;&#171; Le Parlement existe depuis 1995, et l'organisation actuelle a d&#233;but&#233; en 2008 &#187;, &lt;/i&gt;nous explique Leyla qui en est la co-pr&#233;sidente. Dans cette assembl&#233;e, co-pr&#233;sid&#233;e par un homme et une femme, si&#232;gent actuellement 91 personnes. Tous les deux ans, les membres des communes &#233;lisent les &#171; parlementaires &#187;, pour deux mandats cons&#233;cutifs maximum, ainsi que 29 repr&#233;sentants, lors d'une grande conf&#233;rence qui permet &#233;galement d'&#233;tablir les r&#232;gles de fonctionnement au sein du camp. Les soixante autres repr&#233;sentants sont issus des diff&#233;rents comit&#233;s et associations du camp.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2910 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH309/-1154-845bc.jpg?1780094365' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maxmur, Irak. Atelier de confection pour les femmes. Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les comit&#233;s et associations &lt;/strong&gt;sont l'autre aspect de la vie d&#233;mocratique du camp. Il y a neuf comit&#233;s charg&#233;s de discuter et de d&#233;cider des projets dans leurs domaines respectifs (social, &#171; diplomatie &#187;, &#233;conomie, &#233;ducation, femmes, etc.). Les probl&#232;mes de la vie courante (&#233;lectricit&#233;, voirie) sont du ressort de la municipalit&#233;, &#233;galement dirig&#233;e paritairement par un homme et une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations sont cr&#233;&#233;es selon les besoins. Par exemple, la recrudescence de voitures dans le camp depuis deux ans a conduit &#224; la cr&#233;ation d'une association des conducteurs, qui s'occupe de la r&#233;gulation du trafic et des prix du transport dans le camp. La question des transports s'&#233;tait pos&#233;e de fa&#231;on dramatique suite &#224; l'attaque de Daech en ao&#251;t 2014, durant laquelle beaucoup avaient &#233;t&#233; ralentis dans leur fuite faute de v&#233;hicules. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont une assembl&#233;e &#224; part&lt;/strong&gt;, non mixte. Asiya, jeune femme d'une trentaine d'ann&#233;es, en est une des responsables. Elle nous explique que leur r&#244;le est d'animer des projets &#224; destination des femmes. Elles traitent les probl&#232;mes de violence conjugale, ou ceux li&#233;s au mariage. Dans le camp, la polygamie est interdite, et les mariages pr&#233;coces ont progressivement disparu. L'assembl&#233;e des femmes g&#232;re aussi une maison o&#249; peuvent se r&#233;fugier les femmes en conflit avec leur famille le temps que le probl&#232;me soit r&#233;gl&#233;. Dans un souci d'&#233;mancipation &#233;conomique, elles ont lanc&#233; une activit&#233; de fabrication de v&#234;tements et une caf&#233;t&#233;ria dont les b&#233;n&#233;fices permettent de financer leurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Asiya est &#233;galement membre du comit&#233; de sant&#233;, car elle travaille comme infirmi&#232;re dans le dispensaire du camp construit par les Nations unies. Les docteurs qui y travaillent sont en partie issus du camp, les autres viennent d'Erbil, capitale de la r&#233;gion autonome du Kurdistan irakien o&#249; si&#232;ge le KRG. &lt;i&gt;&#171; Depuis l'attaque de Daech, nous manquons de m&#233;dicaments. Nous recevons environ 120 patients chaque jour. Pour les op&#233;rations et les soins plus compliqu&#233;s, il faut aller &#224; Erbil. &#187; &lt;/i&gt;La plupart des malades sont des femmes ou des enfants, qui viennent pour des probl&#232;mes de ventre ou de reins, &#224; cause de la mauvaise qualit&#233; de l'eau du camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est d'ailleurs un des probl&#232;mes&lt;/strong&gt;, avec l'&#233;lectricit&#233;, qui pr&#233;occupent Bermal et Kendan, les deux co-pr&#233;sidents de la municipalit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous avons du mal &#224; trouver de nouvelles sources d'eau. Nous d&#233;pendons d'Erbil et du KRG, mais nous n'avons que peu de contacts avec eux. M&#234;me s'il n'y a pas d'embargo officiel, depuis deux ans, nous recevons peu d'aides de leur part et ils bloquent parfois les marchandises. Par exemple, nous avons du mal &#224; r&#233;parer les installations &#233;lectriques. &#187; &lt;/i&gt;Il y a aussi un probl&#232;me avec le ramassage des ordures ou l'entretien des canalisations pour les eaux us&#233;es, t&#226;ches que le village voisin est cens&#233; assurer. Mais, en raison de la crise politique du gouvernement autonome sur fond de corruption li&#233;e &#224; la rente p&#233;troli&#232;re, les employ&#233;s ne re&#231;oivent plus leur salaire. une partie de l'eau potable doit &#234;tre achet&#233;e en dehors, les sources &#233;tant rares.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2912 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1156-ba3c3.jpg?1780094365' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maxmur, Irak. F&#234;te organis&#233;e pour c&#233;l&#233;brer l'anniversaire de la lib&#233;ration de Koban&#233;. Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;anmoins, &#224; Maxmur&lt;/strong&gt;, les rues principales sont relativement bien goudronn&#233;es, et les b&#226;timents entretenus. Ce sont principalement des maisons de plain-pied, m&#234;me si quelques b&#226;timents &#224; &#233;tages commencent &#224; appara&#238;tre. Nombre d'entre elles poss&#232;dent un petit jardin, ce qui permet aux familles de cultiver des l&#233;gumes et &#233;lever quelques volailles pour leur subsistance. Pour subvenir aux besoins vivriers du camp, deux projets collectifs ont &#233;t&#233; mis en place : la mise en commun de troupeaux de moutons et l'agriculture sous serre. Le projet de serres, soutenu par les Nations unies, remonte &#224; 2011. De deux tentes, elles sont pass&#233;es &#224; douze. Sept d'entre elles sont exploit&#233;es de mani&#232;re collective, chacune n&#233;cessitant la main-d'&#339;uvre de deux familles. Les revenus sont alors partag&#233;s. Dans chacune des cinq autres, une famille se charge de son exploitation. une partie de la production permet l'approvisionnement de boutiques du camp en concombres, tomates, piments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hussein est originaire de la r&#233;gion d'Hakkari, &#224; l'extr&#234;me sud-est anatolien. Issu d'une famille de paysans, il a d&#251; apprendre &#224; cultiver sous serre. Mais il peste contre le fait de devoir acheter cher des semences st&#233;riles qui ne se r&#233;g&#233;n&#232;rent pas. Donn&#233;es dans un premier temps par les Nations unies, elles sont aujourd'hui &#224; leur charge. Il essaie tant bien que mal d'utiliser du fumier pour fertiliser le sol, plut&#244;t que des engrais qui &lt;i&gt;&#171; salissent la terre &#187; &lt;/i&gt;et qui &lt;i&gt;&#171; donnent un mauvais go&#251;t aux l&#233;gumes, m&#234;me si de l'ext&#233;rieur ils semblent app&#233;tissants &#187;. &lt;/i&gt;La crise &#233;conomique en Irak n'a pas &#233;pargn&#233; le camp. Nombre d'adultes sont sans travail, d'autres travaillent &#224; l'ext&#233;rieur, souvent &#224; Erbil, dans la restauration, l'h&#244;tellerie ou sur les chantiers. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population du camp est jeune&lt;/strong&gt; et ne cesse d'augmenter. L'instruction est assur&#233;e par des enseignants issus du camp. Les enfants apprennent le kurmanc&#238;, dialecte kurde majoritaire en Turquie, dont l'enseignement l&#224;-bas a longtemps &#233;t&#233; interdit. Ce qui n'est pas sans poser des probl&#232;mes de communication avec les Kurdes d'Irak, o&#249; c'est le sorani, &#233;crit avec l'alphabet persan, qui est pratiqu&#233;. De fait, &lt;i&gt;&#171; l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur reste rare, m&#234;me si les choses s'am&#233;liorent &#187;, &lt;/i&gt;explique Nihat. Outre le probl&#232;me de la langue, &lt;i&gt;&#171; les familles du camp &#233;taient souvent des familles pauvres, rurales, peu habitu&#233;es aux &#233;tudes, au d&#233;part ils ne voyaient pas l'int&#233;r&#234;t pour leurs enfants de faire des &#233;tudes &#187;&lt;/i&gt;. Les adolescents qui sortiront des &#233;coles de Maxmur auront connu le conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique d&#232;s le plus jeune &#226;ge. Il sera int&#233;ressant de voir comment &#224; l'avenir ils s'empareront des id&#233;es de ce syst&#232;me politique, poursuivront son application et le feront &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2911 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH316/-1155-d73a1.jpg?1780094365' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maxmur, Irak. Evidar et Mezgin r&#233;p&#232;tent sous l'oeil attentif de Medya. Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les cadres du PKK&lt;/strong&gt;, l'&#233;ducation est un objectif prioritaire : il faut d'abord &#233;duquer et faire &#233;voluer peu &#224; peu les mentalit&#233;s. Medya est une &lt;i&gt;&#171; guerilla &#187; &lt;/i&gt;du PKK, originaire de Syrie. Elle enseigne la musique au sein du camp depuis quatre ans : violon, guitare et saz. Cheveux teints au henn&#233; et large sourire aux l&#232;vres, elle explique que &lt;i&gt;&#171; l'art fait partie int&#233;grante de la r&#233;volution &#187;. &lt;/i&gt;Des ateliers de peinture, de danse sont &#233;galement propos&#233;s. Le soir, jeunes et moins jeunes peuvent prendre le frais et se d&#233;tendre dans les deux parcs construits par la municipalit&#233;. Seuls les bruits de bombardement et le passage d'avion de guerre rappellent que le front est &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;curit&#233; du camp &lt;/strong&gt;par rapport &#224; l'ext&#233;rieur est assur&#233;e, elle par les combattants du PKK depuis qu'ils l'ont repris &#224; Daech. Ils logent en p&#233;riph&#233;rie du camp, dans des b&#226;timents rudimentaires. Leurs interactions avec la population du camp restent limit&#233;es, mais ils sont assur&#233;s du soutien inconditionnel de celle-ci, y compris logistiquement. Depuis leur arriv&#233;e, les HPG [Force de d&#233;fense du peuple, nom donn&#233; &#224; la branche arm&#233;e du PKK] ont &#233;rig&#233; des tours de surveillance autour du camp, et pris le contr&#244;le des montagnes environnantes. Car il n'y a pas que les djihadistes qui repr&#233;sentent une menace pour les habitants du camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;guli&#232;rement, les tensions politiques entre le KRG et le PKK font que les peshmergas [soldats du Kurdistan autonome irakien] bloquent l'acc&#232;s au camp, interdisant toute entr&#233;e et sortie, y compris en approvisionnement. La situation dans le nord de la Syrie, o&#249; le &lt;a href=&#034;#reperes&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;PYD&lt;/a&gt;, &#233;manation syrienne du PKK, a commenc&#233; &#224; &#171; impl&#233;menter &#187; le conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique exacerbe le litige avec les barzanistes qui ne se reconnaissent pas dans ce mod&#232;le et se sont rang&#233;s du c&#244;t&#233; de la Turquie contre le projet du Rojava.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La relative tranquillit&#233; dont b&#233;n&#233;ficie Maxmur&lt;/strong&gt; de par son statut de camp sous protection des Nations unies a permis &#224; cette exp&#233;rience de s'assurer de quelques assises. Mais les d&#233;fis &#224; relever sont nombreux, &#224; Maxmur comme au Rojava, alors que les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et imp&#233;rialistes, les recompositions d'alliances, les cohabitations sociales et politiques, les tentations nationalistes ou les offensives sectaires menacent &#224; tout moment les fragiles bases de l'autonomie d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte &amp; photos Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;reperes&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PKK : &lt;/strong&gt;Parti des travailleurs du Kurdistan. Fond&#233; en 1978 en Turquie, sur des bases marxistes-l&#233;ninistes et ind&#233;pendantistes, le PKK a connu une mutation id&#233;ologique dans les ann&#233;es 2000. Sous l'influence des th&#233;ories de Murray Bookchin que son leader, Abdullah &#214;calan, lit en prison, le PKK se revendique du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#8211; th&#233;orie m&#234;lant la d&#233;mocratie directe, l'&#233;cologie sociale et la lutte pour l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes, ainsi que la critique de l'&#201;tat-nation. Depuis l'&#233;t&#233; 2015, l'&#201;tat turc a enterr&#233; les n&#233;gociations de paix avec le mouvement kurde, ce qui a r&#233;activ&#233; la violence dans le sud-est du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;KRG : &lt;/strong&gt;Gouvernement r&#233;gional du Kurdistan d'Irak. Entit&#233; politique du nord de l'Irak reconnue par l'&#201;tat irakien depuis 2005. Ce gouvernement est sous le contr&#244;le patrimonial du pr&#233;sident Massoud Barzani, alli&#233; des Occidentaux et des Turcs, en conflit avec le PKK, et dont le pouvoir l&#233;gal est contest&#233; depuis 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PYD : &lt;/strong&gt;Parti kurde syrien, consid&#233;r&#233; comme le parti fr&#232;re du PKK, qui contr&#244;le le Kurdistan syrien (Rojava).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ao&#251;t 2014 : &lt;/strong&gt;Apr&#232;s la prise de la ville de Sinjar et du nord de l'Irak par l'organisation &#201;tat islamique et face &#224; l'inaction des forces du KRG (peshmergas), les combattants kurdes des YPG (li&#233;s au PYD) et du PKK ouvrent un corridor pour permettre &#224; la minorit&#233; y&#233;zidie, pers&#233;cut&#233;e par Daech, d'&#233;vacuer vers la fronti&#232;re syrienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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