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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Ceci n'est pas une baguette : c'est un sac Moschino</title>
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		<dc:date>2025-07-15T11:49:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julie Boone</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Supermarch&#233; Chanel, burgers g&#233;ants sign&#233;s Moschino, orgies n&#233;o-baroques chez Gucci&#8230; Le luxe s'empare de la nourriture pour en faire une d&#233;monstration d'abondance, une esth&#233;tique de la sati&#233;t&#233; qui oublie volontiers la faim des autres. &#171; En dehors de son talent de couturier, Christian Dior fut un gourmet passionn&#233;, &#224; la recherche des recettes les plus subtiles et les plus raffin&#233;es. Ce grand artiste mettait autant de soin &#224; composer ses menus qu'&#224; cr&#233;er ses mod&#232;les &#187;. Tir&#233;e du livre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no243-juillet-aout-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;243 (juillet-ao&#251;t 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Supermarch&#233; Chanel, burgers g&#233;ants sign&#233;s Moschino, orgies n&#233;o-baroques chez Gucci&#8230; Le luxe s'empare de la nourriture pour en faire une d&#233;monstration d'abondance, une esth&#233;tique de la sati&#233;t&#233; qui oublie volontiers la faim des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/243_d07_polek.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH368/243_d07_polek-20be7.jpg?1779619930' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; E&lt;i&gt;n dehors de son talent de couturier, Christian Dior fut un gourmet passionn&#233;, &#224; la recherche des recettes les plus subtiles et les plus raffin&#233;es. Ce grand artiste mettait autant de soin &#224; composer ses menus qu'&#224; cr&#233;er ses mod&#232;les&lt;/i&gt; &#187;. Tir&#233;e du livre de recettes de Christian Dior, &lt;i&gt;La Cuisine Cousu-Main&lt;/i&gt;, cette citation dit bien plus qu'un simple go&#251;t pour la gastronomie : elle r&#233;v&#232;le &#224; quel point mode et nourriture partagent un imaginaire commun, une m&#234;me attention &#224; la composition, un m&#234;me attrait pour la mise en sc&#232;ne. Dans cet ouvrage, les recettes ne sont d'ailleurs accompagn&#233;es d'aucune photo, uniquement des croquis de mode, comme si les plats se devaient d'&#234;tre envisag&#233;s avec les m&#234;mes codes esth&#233;tiques qu'une silhouette de d&#233;fil&#233;. Quand un cr&#233;ateur aime la cuisine, il &#233;vacue son iconographie pour mieux int&#233;grer la mode. Et quand la mode veut vendre, elle vide son caddie de course.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le gras c'est chic&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La pub de D&amp;G a ouvert la voie &#224; une nouvelle grammaire visuelle du luxe : celle du gras chic&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; les natures mortes, les bouquets d&#233;licats ou les desserts dress&#233;s &#224; la pince. Aujourd'hui, on jette tout sur la table, sauce comprise. On en fout partout. Le bon go&#251;t ? Trop ringard. L'&#233;l&#233;gance ? Avant tout une question de surdosage. Si aucune image de recette ne figurait dans &lt;i&gt;La Cuisine Cousu-Main&lt;/i&gt; de Christian Dior, les campagnes publicitaires de la mode d'apr&#232;s les ann&#233;es 2000, elles, sont satur&#233;es de nourriture. Exemple clinique : la campagne Dolce &amp; Gabbana Time de 2009, o&#249; deux montres brillantes, bien sages sur des poignets distingu&#233;s, s'&#233;chouent dans une mer de frites, ketchup en &#233;ruption, mayonnaise en coul&#233;e. C'est la rencontre entre le luxe horloger et le &lt;i&gt;happy meal&lt;/i&gt; du dimanche soir, version &lt;i&gt;trash&lt;/i&gt;-chic.
Ici, il n'est pas question de gastronomie. Ce qu'on nous sert, c'est un festin de trop. Une assiette qui d&#233;borde et une image qui claque. La pub de D&amp;G a ouvert la voie &#224; une nouvelle grammaire visuelle du luxe : celle du gras chic. Une premi&#232;re bouch&#233;e de mauvais go&#251;t assum&#233;. Et la mode, jamais rassasi&#233;e, en redemande. Car une d&#233;cennie plus tard, c'est au tour de Gucci, griffe italienne elle aussi, sous l'&#232;re Alessandro Michele, de remettre le couvert. Cette fois-ci avec des perruques poudr&#233;es et des robes &#224; crinoline en guise de serviettes. La campagne est mise en images par Glen Luchford, photographe friand des mises en sc&#232;ne de ce genre. On y voit des mannequins mettre &lt;i&gt;litt&#233;ralement &lt;/i&gt;les pieds dans le plat. Une performance d'exc&#232;s, de d&#233;bordement, savamment orchestr&#233;e qui rappelle &lt;i&gt;La Grande Bouffe &lt;/i&gt;de Marco Ferreri, cette farce rabelaisienne o&#249; la nourriture n'est pas tant consomm&#233;e qu'&#233;tal&#233;e, engloutie, puis expuls&#233;e. Mais si le film de Ferreri est &#233;videmment critique, le monde de la mode, lui, reste en ad&#233;quation totale avec ce qu'attend la soci&#233;t&#233; du spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mets d'exception comme le caviar ou le champagne, pourtant embl&#233;matiques dans ce milieu, semblent avoir disparu des campagnes. Place aux fruits frais, aux fast-foods et aux g&#226;teaux industriels&#8230; Un paradoxe plus que r&#233;v&#233;lateur : alors que les sacs, robes, et autres souliers de luxe restent inaccessibles &#224; la majorit&#233;, ils sont trait&#233;s comme des symboles de consommation ordinaire. Une mani&#232;re fine de cultiver une proximit&#233; avec le public, en jouant sur des r&#233;f&#233;rences famili&#232;res et un imaginaire de simplicit&#233;. En injectant des ic&#244;nes de la culture de masse dans des sph&#232;res &#233;litistes, les marques utilisent ce que le sociologue Manuel Calvo d&#233;signe comme des &#171; plats totems &#187; : ces mets qui, au-del&#224; de leur valeur nutritive, concentrent des r&#233;cits collectifs et des appartenances culturelles. La nourriture &#8211; vid&#233;e de sa fonction premi&#232;re &#8211; devient un accessoire de narration, un support de fantasmes et/ou un outil de distinction. Paradoxalement, cet &#233;talage alimentaire s'adresse &#224; des corps qui, dans les codes visuels du luxe, restent majoritairement maigres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'eau &#224; la bouche, la main au porte-monnaie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand la nourriture s'invite &#224; la table des publicit&#233;s des grandes maisons, elle devient un simple &#233;cho visuel, un motif, une couleur, un d&#233;cor. Et l'usage de l'intelligence artificielle dans les campagnes les plus r&#233;centes ach&#232;ve de rompre tout lien avec la mat&#233;rialit&#233;. La campagne de Jacquemus et ses cerises g&#233;antes est l'une des plus repr&#233;sentatives de cette tendance. Afin de promouvoir sa collection &#8220;Le Chouchou&#8221;, le plus proven&#231;al des cr&#233;ateurs a diffus&#233; sur ses r&#233;seaux une vid&#233;o g&#233;n&#233;r&#233;e par IA dans laquelle on voit sa boutique de l'avenue Montaigne envahie de cerises g&#233;antes. Un amoncellement de gros fruits ronds et lisses qui provoquent le fr&#233;tillement des papilles, imm&#233;diatement transmu&#233; en d&#233;sir d'achat. Ce glissement du r&#233;el vers le simulacre est &#224; l'image d'un marketing sensoriel qui ne cherche pas &#224; nourrir, mais &#224; stimuler &#8211; une pulsion &#233;ph&#233;m&#232;re, instagrammable, d&#233;tach&#233;e de toute corporalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La nourriture &#8211; vid&#233;e de sa fonction premi&#232;re &#8211; devient un accessoire de narration, un support de fantasmes et/ou un outil de distinction&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jacquemus n'en est pas &#224; son coup d'essai, la marque aime jouer avec la nourriture, et particuli&#232;rement avec les &#233;chelles. Un grille-pain, bien r&#233;el cette fois, mais en taille XXL, tr&#244;ne en devanture de l'une de ses boutiques. Et de d&#233;cor en vitrine, la nourriture devient alors un accessoire de mode &#224; part enti&#232;re. Loewe, sous la direction de Jonathan Anderson, proposait, pour sa collection Automne/Hiver 2024, un sac en forme de botte d'asperges &#224; associer avec un ensemble aux motifs carotte-navet. De son c&#244;t&#233;, la marque de luxe italienne Moschino sortait en 2020 un sac en forme de baguette de pain, &#224; glisser sous le bras. Une r&#233;appropriation des aliments du quotidien qui transforme le primeur du coin en &lt;i&gt;corner&lt;/i&gt; de luxe, et qui figure la capacit&#233; des &#233;lites &#224; recycler des &#233;l&#233;ments de la culture fran&#231;aise pour en faire des signes de distinction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manger la marque&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Soir&#233;e de lancement, collaboration&#8230; Dans la mode, tout est pr&#233;texte &#224; festoyer. On ne parle pas ici de vrais d&#238;ners ni de f&#234;tes spontan&#233;es, mais de rituels bien huil&#233;s du marketing contemporain. G&#226;teaux estampill&#233;s d'un logo, glaces aux couleurs de la derni&#232;re collection, cocktails rebaptis&#233;s pour l'occasion&#8230; La nourriture ne se contente pas d'&#234;tre affich&#233;e dans les campagnes : elle s'invite aussi dans les &#233;v&#233;nements des marques. Le temps d'une soir&#233;e, tout peut &#234;tre &lt;i&gt;brand&#233;&lt;/i&gt;, jusqu'au contenu des assiettes. Et cette strat&#233;gie va au-del&#224; de la coh&#233;rence esth&#233;tique : c'est aussi une fa&#231;on d'offrir du contenu &#224; repartager sur les r&#233;seaux sociaux. Chaque mets devient un support visuel, un &#233;l&#233;ment destin&#233; &#224; nourrir les imaginaires et surtout les &lt;i&gt;stories &lt;/i&gt;Instagram. Dans ces &#233;v&#233;nements, on ne se restaure pas : on affirme son appartenance &#224; un petit cercle de privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines marques poussent la d&#233;marche encore plus loin en investissant dans le secteur de la restauration, avec l'ouverture de caf&#233;s et de restaurants. Ces espaces deviennent de v&#233;ritables fa&#231;ades pour les marques, conscientes qu'on ne s'y rend pas seulement pour boire un caf&#233;, mais pour consommer un univers &#8211; et s'acquitter de 18 euros pour une mignardise monogramm&#233;e Louis Vuitton. Frayer dans ces lieux, c'est montrer, une fois de plus, que l'on peut s'offrir une part symbolique du luxe. Ici ce qui prime c'est d'afficher qu'on est en mesure de fr&#233;quenter ces adresses o&#249; le geste de manger devient secondaire mais o&#249; la consommation elle, est statutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de jouer avec la nourriture, la mode oublie que, pour beaucoup, elle manque. En c&#233;l&#233;brant une abondance inaccessible, elle transforme le contenu de nos assiettes en vitrine. Et malgr&#233; l'apparente accessibilit&#233; des aliments mis en sc&#232;ne, seules les &#233;lites semblent convi&#233;es au festin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julie Boone&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La for&#234;t limousine n'est pas une marchandise</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-foret-limousine-n-est-pas-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-foret-limousine-n-est-pas-une</guid>
		<dc:date>2024-04-26T07:00:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;lie Marek</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait plusieurs d&#233;cennies que la scierie industrielle Farge Bois ne cesse d'&#233;tendre son emprise sur la for&#234;t limousine, au d&#233;triment des riverains et de l'environnement. Et dans la lutte contre son agrandissement, s'entrechoquent deux visions radicalement diff&#233;rentes de ce qu'est une for&#234;t. En Corr&#232;ze, au sud du plateau de Millevaches, le train r&#233;gional qui relie Eymoutiers &#224; Ussel s'aventure sur le viaduc des Farges. Depuis la vitre du wagon, on peut apercevoir la cime d'une quinzaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH106/poleka_arbres-limousin-vignette-a66c7.png?1779633932' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait plusieurs d&#233;cennies que la scierie industrielle Farge Bois ne cesse d'&#233;tendre son emprise sur la for&#234;t limousine, au d&#233;triment des riverains et de l'environnement. Et dans la lutte contre son agrandissement, s'entrechoquent deux visions radicalement diff&#233;rentes de ce qu'est une for&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_25_poleka_scierie_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/web_229_25_poleka_scierie_1200px-0026d.jpg?1779633932' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n Corr&#232;ze, au sud du plateau de Millevaches, le train r&#233;gional qui relie Eymoutiers &#224; Ussel s'aventure sur le viaduc des Farges. Depuis la vitre du wagon, on peut apercevoir la cime d'une quinzaine de sapins de Douglas. Ils ont pouss&#233; de part et d'autre des ruisseaux qu'enjambe l'ouvrage. &#192; premi&#232;re vue, rien d'original dans une r&#233;gion qui vit en partie de son exploitation. Sauf que ces douglas-l&#224; plant&#233;s en 1895, culminent &#224; 60 m&#232;tres de hauteur et sont les plus vieux du Limousin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 25 kilom&#232;tres au sud du viaduc se trouve une scierie du m&#234;me nom, Farges Bois, qui appartient depuis 2004 au groupe Piveteau Bois, le leader fran&#231;ais du granul&#233;. Au moment de son rachat, la scierie comptait une vingtaine de salari&#233;s, quelques int&#233;rimaires, et produisait 32 000 m3 de bois sci&#233; chaque ann&#233;e. Aujourd'hui, plus de 200 employ&#233;s participent &#224; la transformation de 150 000 m3 de bois sci&#233; par an. Mais l'industriel ne compte pas s'arr&#234;ter l&#224;, et vise &#224; devenir une des plus grandes scieries de France en doublant sa production actuelle. Ce &#224; quoi les riverains s'opposent, soutenus par des associations environnementales, des &#233;lus et des syndicats, tout en d&#233;fendant une autre conception de la for&#234;t, de son exploitation et du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre la croissance durable&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le pas de sa porte, sur la commune de Moustier-Ventadour, Jacqueline Monjanel a de quoi enrager. Install&#233;e ici en 1974, l'octog&#233;naire a pu observer l'insatiable croissance de la scierie Farges Bois. Mais le prochain projet d'agrandissement du site est d'une autre ampleur. La communaut&#233; de communes, apr&#232;s avoir expropri&#233; les terres de la riveraine ainsi qu'une partie de celles d'un &#233;leveur et d'une &#233;leveuse sous couvert d'utilit&#233; publique, entend bien les vendre &#224; l'industriel. Au menu : l'agrandissement du parc &#224; grume (les arbres abattus et pr&#234;ts au sciage), l'installation d'un scanner &#224; rayons X pour maximiser l'utilisation du bois et la cr&#233;ation d'une unit&#233; de fabrication de lamell&#233;-crois&#233;, ces grands panneaux de bois cens&#233;s concurrencer le b&#233;ton et verdir le milieu de la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'extension, c'est pour internaliser la production de valeur ajout&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, raconte le responsable du projet lors d'une visite des installations. Ce jour de septembre 2023, des centaines de badauds viennent d&#233;couvrir la scierie &#224; l'occasion des journ&#233;es du patrimoine. L'immense cha&#238;ne de sciage, le nouveau syst&#232;me automatis&#233; de triage des produits : l'usine est taill&#233;e pour utiliser jusqu'aux derniers copeaux qui entrent sur le site. Notre guide ne cesse de le r&#233;p&#233;ter : l'usine r&#233;pondrait &#224; une &#171; &lt;i&gt;demande croissante&lt;/i&gt; &#187; tout en adoptant un fonctionnement &#171; &lt;i&gt; durable &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#8230; &#224; coups de propagande&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tous les employ&#233;s rencontr&#233;s ce jour-l&#224; insistent : leur production est en phase avec une for&#234;t respect&#233;e. Une petite exposition accueille les visiteurs apr&#232;s leur parcours dans l'usine. Un panneau r&#233;sume les &#233;tapes du cycle du carbone dans deux types de for&#234;ts. Pour la premi&#232;re, &#171; &lt;i&gt; naturelle &lt;/i&gt; &#187;, les arbres &#171; &lt;i&gt;arrivent &#224; maturit&#233; et commencent &#224; rejeter du carbone&lt;/i&gt; &#187; apr&#232;s 100 ans. Un petit nuage rouge le montre : c'est mal. La seconde, &#171; &lt;i&gt;g&#233;r&#233;e durablement&lt;/i&gt; &#187;, stocke du carbone sans jamais en rejeter, malgr&#233; les coupes et les plantations r&#233;guli&#232;res. Un petit nuage vert le montre : c'est bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un visiteur regarde le sch&#233;ma, sceptique. Un responsable s'empresse de confirmer les informations qu'il contient. La p&#233;dagogie industrielle sait user du martelage, et qu'importe que des &#233;tudes prouvent le contraire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tree growth never slows &#187;, Nature (15/01/2014).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;C'est faux&lt;/i&gt; &#187;, me dira plus tard Olivier, &#233;cologue et opposant au projet. &#171; &lt;i&gt;Une plantation c'est des plans en p&#233;pini&#232;re qu'il a fallu faire pousser, donc du carbone. Le transport jusqu'&#224; la parcelle et la plantation : carbone. L'exploitation &#8211; tron&#231;onneuses, abatteuses, d&#233;bardeuses, transport : carbone. La transformation et la vente : carbone.&lt;/i&gt; &#187; Pour convaincre, l'industriel met les moyens : quelques cadeaux dans un sac en toile sont distribu&#233;s avant de repartir &#8211; un jeu en bois, un gobelet &#224; l'insigne de l'entreprise et, surprise, un jeune douglas &#224; planter chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le groupe Piveteau communique de la sorte, c'est autant pour reprendre la main sur le r&#233;cit qui accompagne son projet d'extension que pour devancer les nombreuses critiques. Apr&#232;s plusieurs reportages consacr&#233;s aux expropriations occasionn&#233;es par l'agrandissement de la zone de stockage&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'extension d'une m&#233;ga-scierie fait craquer la Corr&#232;ze &#187;, Mediapart (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, une manifestation a r&#233;uni 200 personnes dans les rues d'&#201;gletons en d&#233;cembre 2022. Depuis, le collectif M&#233;ga-Scierie Non Merci s'est constitu&#233; pour accompagner l'association AssoCitra dans son combat juridique et y ajouter une r&#233;flexion sur l'avenir de ces for&#234;ts d&#233;j&#224; largement exploit&#233;es&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les for&#234;ts au charbon &#187;, CQFD, n&#176; 166 (juin 2018).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Il r&#233;unit des habitants de la communaut&#233; de communes Ventadour-&#201;gletons-Mon&#233;di&#232;res, mais aussi des massifs forestiers concern&#233;s par l'augmentation de la production, quelques professionnels de la fili&#232;re et des naturalistes soucieux de la Goutte molle, le cours d'eau sur lequel la scierie s'est implant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est la lutte d'ici !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 2024, Rosier-d'&#201;gletons, &#224; quelques kilom&#232;tres de l'usine. La salle polyvalente est pleine. Environ 200 personnes ont fait le d&#233;placement ce samedi apr&#232;s-midi pour assister &#224; la premi&#232;re r&#233;union publique &#224; propos de l'extension de la scierie Farges Bois &#8211; mais pas les porteurs de projet. &#171; &lt;i&gt;C'est la lutte d'ici&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;explique une militante. Dehors, il pleut. Des enfants en chasuble jouent au foot devant leurs entra&#238;neurs et leurs parents tremp&#233;s. Dans le public, on reconna&#238;t la d&#233;put&#233;e de la Creuse, des repr&#233;sentants de syndicats, d'associations environnementales et des membres du groupe for&#234;t du Syndicat de la montagne limousine, qui f&#233;d&#232;re diverses initiatives collectives &#224; l'&#233;chelle du plateau de Millevaches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs par le biais de cette organisation que Catherine, trop souvent &#171; &lt;i&gt;ravitaill&#233;e par les corbeaux &lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; mise au courant de la r&#233;union. Elle vient d'un village situ&#233; &#224; une trentaine de kilom&#232;tres, pr&#232;s d'Ussel. &#171; &lt;i&gt;Je n'en peux plus&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle tandis que les participants prennent place, avant de s'excuser pour les quelques larmes qui se frayent un chemin sur ses joues. Autour de chez elle, les coupes rases se multiplient. Pour contrer l'impuissance, elle s'est mise en qu&#234;te de parcelles qu'elle a fini par r&#233;ussir &#224; acheter. Une poign&#233;e d'hectares. Trop peu pour rompre avec un sentiment d'isolement g&#233;ographique et politique. Le temps d'&#233;changer un num&#233;ro ainsi que la promesse d'une visite des feuillus pr&#233;serv&#233;s et la salle se fait silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union d&#233;bute sur une bonne nouvelle : le tribunal administratif de Limoges a retoqu&#233; le Plan local d'urbanisme (PLU) devant modifier l'affectation des terrains sur lesquels la scierie veut s'&#233;tendre. Une victoire qui devra toutefois attendre confirmation apr&#232;s l'appel demand&#233; par la communaut&#233; de communes. Les prises de parole s'encha&#238;nent pour faire le bilan des impacts n&#233;gatifs du projet. Le public approuve. Quelques questions invitent &#224; la nuance, d'autres, au contraire, critiquent la fili&#232;re for&#234;t-bois en g&#233;n&#233;ral et l'imposition d'une exploitation industrielle de la for&#234;t. M&#234;me la structure de la salle, faite en pi&#232;ces de lamell&#233;-coll&#233;, est prise &#224; partie. Un participant questionne : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'on veut produire du bois ou de la colle ?&lt;/i&gt; &#187; Au terme de deux heures d'&#233;changes, une &#233;lue d'opposition conclut : &#171; &lt;i&gt;J'ai appris plus de choses aujourd'hui qu'au conseil communautaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chaises ont &#233;t&#233; empil&#233;es. Sur une table en plastique, des chips, quelques bouteilles. L'heure est au bilan informel. Antoine, scieur &#224; &#171; &lt;i&gt;80 % b&#233;n&#233;vole&lt;/i&gt; &#187; dans une structure associative, trouve que la r&#233;union a fait son office, c'est-&#224;-dire diffuser de l'information et regrouper les opposants, mais que la bataille se gagnera sur le terrain juridique. Plus loin, Jacqueline, la doyenne de la mobilisation, et Brigitte, particuli&#232;rement active au sein de l'association AssoCitra, savourent un apr&#232;s-midi r&#233;ussi. Ce que le collectif M&#233;ga-scierie Non Merci confirmera quelques jours plus tard : &#171; &lt;i&gt;Le succ&#232;s de cette r&#233;union t&#233;moigne encore une fois de la volont&#233; des habitant&#183;es de ne pas &#234;tre exclus des d&#233;cisions politiques qui risquent de transformer durablement leurs activit&#233;s, leur environnement et leur cadre de vie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Retour sur la r&#233;union publique du 10 f&#233;vrier &#187;, sur le site du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par &#201;lie Marek &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Tree growth never slows &#187;, &lt;i&gt;Nature&lt;/i&gt; (15/01/2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/061122/l-extension-d-une-mega-scierie-fait-craquer-la-correze&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'extension d'une m&#233;ga-scierie fait craquer la Corr&#232;ze &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (06/11/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-forets-au-charbon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Les for&#234;ts au charbon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, n&#176; 166 (juin 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;https://megascierienonmerci.org/2024/02/13/retour-sur-la-reunion-publique-du-10-fevrier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Retour sur la r&#233;union publique du 10 f&#233;vrier &#187;&lt;/a&gt;, sur le site du collectif : megascierienonmerci.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux avort&#233;es inconnues</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Aux-avortees-inconnues</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Aux-avortees-inconnues</guid>
		<dc:date>2023-06-16T08:07:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avant la l&#233;galisation de la contraception et de l'avortement, de nombreuses femmes vivaient dans la peur de tomber enceinte, de mourir des suites d'un avortement clandestin, d'&#234;tre tortur&#233;e par les m&#233;decins, d'&#234;tre d&#233;nonc&#233;e. Tel &#233;tait en effet le sort de celles qui ne voulaient pas ou plus &#234;tre m&#232;res. Une vieille dame raconte. &#171; J'esp&#232;re qu'aujourd'hui au moins, les filles ne se font plus mettre enceinte pour pouvoir partir de chez elle, avait-elle dit &#224; la fin d'une conversation qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no221-juin-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;221 (juin 2023)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant la l&#233;galisation de la contraception et de l'avortement, de nombreuses femmes vivaient dans la peur de tomber enceinte, de mourir des suites d'un avortement clandestin, d'&#234;tre tortur&#233;e par les m&#233;decins, d'&#234;tre d&#233;nonc&#233;e. Tel &#233;tait en effet le sort de celles qui ne voulaient pas ou plus &#234;tre m&#232;res. Une vieille dame raconte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_221_polek_avortement_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/web_221_polek_avortement_1200px-2-7ebae.jpg?1779640925' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'esp&#232;re qu'aujourd'hui au moins, les filles ne se font plus mettre enceinte pour pouvoir partir de chez elle, avait-elle dit &#224; la fin d'une conversation qui n'appelait pas vraiment cette conclusion. Car &#231;a a g&#226;ch&#233; toute ma vie&lt;/i&gt;. &#187; En d&#233;cembre dernier, Madeleine&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; m'a racont&#233; une derni&#232;re fois sa vie de jeune mauvaise m&#232;re, de m&#232;re qui a refus&#233; plusieurs fois de l'&#234;tre &#224; nouveau, &#224; une &#233;poque &#8211; la fin des ann&#233;es 1950, le d&#233;but des ann&#233;es 1960 &#8211; o&#249; la loi interdisait la contraception et l'avortement&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le vote en 1967 de la loi Neuwirth, qui autorise la contraception, son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Sa parole se m&#234;le ici &#224; des r&#233;cits ant&#233;rieurs et &#224; celle d'autres femmes de son temps. &#171; &lt;i&gt;Mon corps, mon choix&lt;/i&gt; &#187;, diront les f&#233;ministes de la g&#233;n&#233;ration suivante &#8211; trop tard pour Madeleine : quand tu n'as pas le choix, ton corps ne t'appartient pas vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas de chance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit de Madeleine met en jeu son syst&#232;me reproducteur, mais il n'a rien de sexuel. Madeleine n'est pas, comme le veulent les repr&#233;sentations de l'&#233;poque, une &#233;tourdie qui fait l'amour sans r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences. Elle a &#233;t&#233; agress&#233;e sexuellement dans son enfance puis &#224; nouveau pendant son adolescence ; elle aime sortir, danser, flirter, embrasser, mais le sexe, ce n'est pas son truc. &#192; en croire les t&#233;moignages rassembl&#233;s par l'essayiste f&#233;ministe Xavi&#232;re Gauthier dans &lt;i&gt;Paroles d'avort&#233;es&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paroles d'avort&#233;es &#8211; Quand l'avortement &#233;tait clandestin, La Martini&#232;re, 2004.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, c'est alors souvent le cas : comment le d&#233;sir ne serait-il pas parasit&#233; par la peur des cons&#233;quences possibles ? L'une d'elles raconte : &#171; &lt;i&gt;Je m'&#233;tais interdit de ressentir quoi que ce soit, par crainte du plaisir, dont je croyais qu'il lib&#233;rait l'ovule, comme le plaisir masculin lib&#232;re les spermatozo&#239;des. [&#8230;] Nous &#233;tions nombreuses, les filles de mon &#226;ge, &#224; n'avoir que des connaissances approximatives.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de contraception, le seul espoir d'&#233;chapper &#224; des grossesses r&#233;p&#233;t&#233;es, c'est d'avoir un partenaire assez coop&#233;ratif pour s'int&#233;resser au calendrier menstruel (la &#171; m&#233;thode Ogino &#187;) ou &#171; &lt;i&gt;faire attention&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire se retirer avant d'&#233;jaculer. Ce n'est pas le cas de Madeleine. Sa deuxi&#232;me enfant na&#238;t d'un viol perp&#233;tr&#233; par son premier mari. Quant au second mari, ce n'est &#171; &lt;i&gt;pas de chance&lt;/i&gt; &#187;, lui dit un jour son m&#233;decin : &#171; &lt;i&gt;Votre homme n'a pas fini de plier son pantalon que vous &#234;tes d&#233;j&#224; enceinte !&lt;/i&gt; &#187; Pas de chance, en effet : en France, ce n'est que depuis 2006 que la pr&#233;somption de consentement n'est plus syst&#233;matique entre &#233;poux. Un jour, exc&#233;d&#233;e qu'il essaie de la serrer dans la cuisine, elle prend une poign&#233;e de billets dans un tiroir : &#171; &lt;i&gt;Tu veux pas me ficher la paix ? Va te payer une pute !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; La sage-femme qui avorte Madeleine est celle qui l'a mise au monde &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Entre ses 18 et ses 28 ans, Madeleine tombe enceinte sept &#224; onze fois, dont quatre aboutissent &#224; une naissance. Le chiffre varie d'un r&#233;cit &#224; l'autre. Cette impr&#233;cision dans le souvenir, Xavi&#232;re Gauthier l'observe souvent &#8211; et il l'interroge : &#171; &lt;i&gt;Comment ces femmes ont-elles pu oublier des &#233;v&#233;nements aussi graves pour elles, aussi lourds de cons&#233;quences ? Mais elles ont un souvenir pr&#233;cis de situations concr&#232;tes, dans une vision parcellaire, un gros plan sur les hommes et les instruments de torture.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;thode&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Madeleine se fait avorter pour la premi&#232;re fois (&#224; 23 ans, apr&#232;s la naissance de son troisi&#232;me enfant), elle s'en tire moins mal que d'autres. Dans&lt;i&gt; L'&#201;v&#233;nement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gallimard, 2000.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, Annie Ernaux d&#233;crit la solitude qui fut la sienne face &#224; une grossesse non d&#233;sir&#233;e. Fille de petits commer&#231;ants pudiques, mont&#233;e &#224; la ville pour ses &#233;tudes, elle n'a pas de proches avec qui parler, pas de contacts utiles. La distance peut aussi &#234;tre un avantage : &#171; &lt;i&gt;S'&#233;loigner de chez soi,&lt;/i&gt; &#233;crit Gauthier, &lt;i&gt;c'est &#233;viter d'&#234;tre d&#233;couverte par les parents, par le mari, par les voisins et, quelquefois, d'&#234;tre d&#233;nonc&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Ouvri&#232;re, rest&#233;e proche du quartier de son enfance, Madeleine peut au contraire compter sur la solidarit&#233; des femmes qui l'entourent &#8211; &#224; commencer par sa m&#232;re, femme ind&#233;pendante et aimante. La sage-femme qui avorte Madeleine est celle qui l'a mise au monde. Je ne sais pas si elle a demand&#233; de l'argent. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#8211; et c'est encore une chance &#8211;, le co&#251;t des avortements ne semble pas avoir trop fait question : &#224; l'usine, Madeleine a &#171; &lt;i&gt;un tr&#232;s bon salaire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres fois, Madeleine a recours &#224; &#171; &lt;i&gt;une dame&lt;/i&gt; &#187;. Son r&#233;cit verse alors dans l'imaginaire qu'on a conserv&#233; de cette p&#233;riode : un nom chuchot&#233; par une coll&#232;gue, une interaction impersonnelle sinon brutale, et au revoir &#8211; &#171; &lt;i&gt;s'il vous arrive quelque chose, je ne vous connais pas&lt;/i&gt; &#187;. Ou bien elle se d&#233;brouille toute seule. Dans un cas comme dans l'autre, la m&#233;thode consiste &#224; introduire un objet pointu dans le col de l'ut&#233;rus ; la plupart du temps, explique une gyn&#233;cologue dans Paroles d'avort&#233;es, c'est l'infection qui cause l'arr&#234;t de la grossesse. Afin de permettre l'&#233;vacuation des fluides, on a aussi recours &#224; une sonde urinaire, plac&#233;e dans l'ut&#233;rus jusqu'&#224; ce que &#171; &lt;i&gt;&#231;a se d&#233;croche&lt;/i&gt; &#187;. La sonde, Annie Ernaux la trimballe pendant cinq jours. Mais leur circulation &#8211; comme celle des sp&#233;culums &#8211; est r&#233;glement&#233;e ; la condition de &#171; faiseuse d'anges &#187; semble en partie li&#233;e &#224; l'acc&#232;s &#224; ces ustensiles.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La torture et la mort&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne marche pas toujours &#8211; quand ce ne sont pas les m&#233;decins qui &#171; &lt;i&gt;raccrochent&lt;/i&gt; &#187; l'embryon ou le f&#339;tus : la derni&#232;re fille de Madeleine na&#238;t &#224; la suite d'un avortement manqu&#233;. Et puis, il y a les complications : l'h&#233;morragie, la septic&#233;mie. Deux fois, Madeleine manque d'y rester. Elle s'&#233;vanouit dans la rue, se r&#233;veille aux urgences. &#192; l'h&#244;pital, elle tombe, comme disait le po&#232;te Ossip Mandelstam, &#171; &lt;i&gt;dans les griffes des humanistes&lt;/i&gt; &#187;. Les m&#233;decins, les infirmi&#232;res la rudoient. &#192; peine revenue &#224; elle, on presse Madeleine d'&#171; avouer &#187;, de d&#233;noncer ses complices. Elle refuse. Elle a peur. Au d&#233;but des ann&#233;es 1960, les poursuites judiciaires ont tendance &#224; se rar&#233;fier, mais Madeleine ne le sait pas forc&#233;ment. On la menace aussi de torture : pour punir les femmes, les dissuader de recommencer, les m&#233;decins pratiquent le curetage de l'ut&#233;rus sans anesth&#233;sie, &#171; &lt;i&gt;&#224; vif&lt;/i&gt; &#187;. Elle sait que c'est vrai &#8211; sa m&#232;re l'a subi &#8211; et que la douleur est atroce. Dans &lt;i&gt;Paroles d'avort&#233;es&lt;/i&gt;, ces mauvais traitements sont la norme ; les rares &#233;gards traduisent les rapports de classe, m&#234;me pour celles qui n'ont pas la possibilit&#233; d'avorter en Angleterre ou en Suisse : quand le m&#233;decin apprend qu'Annie Ernaux n'est pas prol&#233;taire mais &#233;tudiante, son attitude change imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Tirer son coup, c'est une affaire d'hommes ; g&#233;rer une grossesse d&#233;sir&#233;e ou non, c'est une p&#233;nible contingence &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le dernier avortement de Madeleine, un m&#233;decin lui propose de lui ligaturer les trompes. L'accord du mari est n&#233;cessaire, mais il s'en passera. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le mari n'appara&#238;t gu&#232;re dans ces r&#233;cits : tirer son coup, c'est une affaire d'hommes ; g&#233;rer une grossesse d&#233;sir&#233;e ou non, c'est une p&#233;nible contingence, un peu comme les courses ou le m&#233;nage. En l'occurrence, quand Madeleine lui annonce qu'elle est d&#233;sormais st&#233;rile, son mari est ravi. Sur son lit d'h&#244;pital, il lui susurre &#224; l'oreille : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'on va pouvoir s'envoyer en l'air !&lt;/i&gt; &#187; Madeleine r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s ce que tu viens de dire, tu ne me toucheras plus jamais.&lt;/i&gt; &#187; Lib&#233;r&#233;e d'une servitude, elle rejette la seconde. Peu apr&#232;s, elle prend un amant, avec qui elle d&#233;couvre le plaisir &#224; deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de conna&#238;tre le nombre de femmes victimes d'un avortement clandestin : ce sont des morts secr&#232;tes, honteuses. En France, sur quelque 800 000 avortements pratiqu&#233;s chaque ann&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1950, les estimations vont de quelques centaines &#224; plusieurs milliers de victimes par an. Cette histoire de peur et de mort, de suj&#233;tion et de douleur, est celle de beaucoup de nos m&#232;res, de leurs m&#232;res et leurs grand-m&#232;res, de leurs s&#339;urs, leurs voisines, leurs coll&#232;gues et leurs copines. En 2003, l'autrice Nancy Huston a propos&#233; la construction d'un monument &#224; l'Avort&#233;e inconnue, qui rendrait hommage &#224; ces femmes &#171; &lt;i&gt;qui aimaient la vie mais ne voulaient pas la donner n'importe quand, n'importe comment, et ont &#233;t&#233; sacrifi&#233;es sur l'autel d'une maternit&#233; refus&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Commen&#231;ons par nous souvenir d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Laurent Perez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le vote en 1967 de la loi Neuwirth, qui autorise la contraception, son application est progressive et soumise au bon vouloir des m&#233;decins et des pharmaciens. En l&#233;galisant l'avortement, la loi Veil de 1975 frappera d'obsolescence les derni&#232;res r&#233;sistances envers la contraception.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Paroles d'avort&#233;es &#8211; Quand l'avortement &#233;tait clandestin&lt;/i&gt;, La Martini&#232;re, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gallimard, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la dissuasion &#224; la terreur</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/De-la-dissuasion-a-la-terreur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/De-la-dissuasion-a-la-terreur</guid>
		<dc:date>2023-04-06T21:29:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Insultes et humiliations, arrestations arbitraires, violences gratuites, agressions sexuelles, tabassages de personnes maintenues au sol&#8230; Depuis le passage en force de la r&#233;forme des retraites, la r&#233;pression polici&#232;re est en roue libre. D&#233;cryptage et analyse juridique avec l'Observatoire parisien des libert&#233;s publiques. Collectif ind&#233;pendant cr&#233;&#233; en 2019 par les sections locales de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et du Syndicat des avocats de France (SAF) pour documenter les pratiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no219-avril-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;219 (avril 2023)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Insultes et humiliations, arrestations arbitraires, violences gratuites, agressions sexuelles, tabassages de personnes maintenues au sol&#8230; Depuis le passage en force de la r&#233;forme des retraites, la r&#233;pression polici&#232;re est en roue libre. D&#233;cryptage et analyse juridique avec l'Observatoire parisien des libert&#233;s publiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_219_polek_oplp_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH690/web_219_polek_oplp_1200px-52acc.jpg?1779640926' width='500' height='690' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;ollectif ind&#233;pendant cr&#233;&#233; en 2019 par les sections locales de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et du Syndicat des avocats de France (SAF) pour documenter les pratiques de maintien de l'ordre en manifestation, l'Observatoire parisien des libert&#233;s publiques (OPLP) est pr&#233;sent sur le terrain depuis le d&#233;but du mouvement. Il dresse sans surprise un bilan alarmant. On en parle avec l'une de ses observatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis des semaines, la r&#233;pression contre des mobilisations pourtant peu offensives semble toujours plus violente. Qu'en est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant le 16 mars, la strat&#233;gie des forces de l'ordre (FDO), c'&#233;tait d&#233;j&#224; : tol&#233;rance z&#233;ro et dissuasion. Le dispositif de maintien de l'ordre &#233;tait toujours extr&#234;mement cons&#233;quent, mais restait en g&#233;n&#233;ral &#224; distance des cort&#232;ges, intervenant principalement lors de d&#233;gradations, pour scinder le cort&#232;ge en deux et s&#233;parer la &#8220;t&#234;te&#8221; de &#8220;l'intersyndicale&#8221;, ou en fin de manifestation. Les agents de la Brav-M &#233;taient d&#233;j&#224; pr&#233;sents en mode offensif, tout comme la BAC, pour interpeller &#224; tout moment et canaliser le cort&#232;ge en matant tout parcours hors cadre, puis disperser violemment la manifestation &#224; son point d'arriv&#233;e. L'id&#233;e g&#233;n&#233;rale &#233;tait d'avoir la mainmise sur le d&#233;roulement de la manifestation et de faire planer un risque permanent lors du cort&#232;ge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les choses ont-elles chang&#233; depuis le passage en force du gouvernement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mobilisation s'est renouvel&#233;e, en rupture avec le mod&#232;le de l'intersyndicale. Les manifestations non d&#233;clar&#233;es et les changements d'itin&#233;raires au gr&#233; des &#233;v&#233;nements emp&#234;chent les FDO d'avoir une strat&#233;gie totalement fix&#233;e en amont. De plus, la fr&#233;quence quasi quotidienne des mobilisations am&#232;ne &#224; recourir de plus en plus &#224; des unit&#233;s non sp&#233;cialis&#233;es dans le maintien de l'ordre, dont la BAC et la Brav-M, &#233;norm&#233;ment utilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sont graves : d&#233;sorganisation renfor&#231;ant les violences, usage &#224; de multiples reprises de techniques contradictoires&#8230; et l'on a surtout vu la Brav-M en roue libre&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La prochaine fois, tu montes en ambulance &#187; : l'enregistrement qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ! &#192; plusieurs reprises, ils se sont servis de leurs motos pour casser les cort&#232;ges, poursuivre les manifestant&#183;es et les brutaliser&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 21 mars, un agent de la Brav-M poursuit un manifestant, lui percute le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Contrairement aux manifestations plus classiques, on a vu &#233;norm&#233;ment de FDO intervenir en petits groupes qui souvent ne font qu'intimider, en chargeant et gazant, puis se retirent sans qu'on ne comprenne trop le but de l'intervention. Tout est fait non plus pour dissuader, mais pour faire peur, briser les manifestant&#183;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 21 mars, le ministre de l'Int&#233;rieur G&#233;rald Darmanin a affirm&#233; que toute participation &#224; une manifestation non d&#233;clar&#233;e est un d&#233;lit et m&#233;rite une interpellation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette affirmation est totalement inexacte d'un point de vue juridique ! Mais il utilise cette &#8220;erreur de droit&#8221; pour fonder une politique r&#233;pressive dissuasive par l'usage extensif des contraventions et multiplier les interpellations arbitraires. Et m&#234;me illicites puisqu'une garde &#224; vue (GAV) ne peut &#234;tre prononc&#233;e pour un acte punissable d'une simple contravention. Pour r&#233;sumer, aucune interpellation ne peut &#234;tre effectu&#233;e au motif que la manifestation n'est pas d&#233;clar&#233;e et, dans le cas o&#249; la manifestation serait interdite (ce qui n'est pas la m&#234;me chose), les participant&#183;es risquent une contravention, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas &#234;tre interpell&#233;&#183;es pour ce motif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Ce qui fonde le placement en garde &#224; vue laisse une trop grande place &#224; l'arbitraire policier &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Nu&#241;ez, pr&#233;fet de police de Paris, a d&#233;clar&#233; que les arrestations pr&#233;ventives n'existent pas, alors m&#234;me que l'&#233;crasante majorit&#233; des interpellations et les GAV ne d&#233;bouchent sur aucune poursuite&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons constat&#233; &#224; de multiples reprises des interpellations massives et sans discernement de beaucoup de personnes, souvent tr&#232;s jeunes, dont l'absence de poursuite p&#233;nale &#233;tablit bien en effet le caract&#232;re arbitraire. Le probl&#232;me, c'est que ce qui fonde le placement en GAV laisse une trop grande place &#224; l'arbitraire policier. Le &#8220;groupement en vue de commettre&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet instrument juridique ouvrant la possibilit&#233; d'arrestations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&#8221; est par exemple une infraction totalement laiss&#233;e &#224; l'appr&#233;ciation des FDO puisqu'elle est pr&#233;ventive, ne suppose aucun r&#233;sultat et repose juste sur de l'intentionnalit&#233; pr&#233;sum&#233;e. C'est la m&#234;me chose pour les &#8220;attroupements&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 431-4 du Code p&#233;nal.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&#8221;, d'autant que les ordres de dispersion ne sont pas faits syst&#233;matiquement ou ne sont pas forc&#233;ment audibles par l'ensemble des manifestants&#183;es. Le r&#233;sultat, ce sont des interpellations occasionnant de tr&#232;s nombreuses atteintes aux libert&#233;s publiques et au droit des personnes : violences physiques et morales lors des GAV, fichage, prises des empreintes et de l'ADN, fouille des t&#233;l&#233;phones, etc. &#187;
&lt;strong&gt;
Ces derniers semaines, on a aussi assist&#233; au retour des nasses&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pratique de la nasse a fait l'objet d'un long travail de l'Observatoire, puisque nous consid&#233;rons qu'elle est une atteinte grave au droit de manifester&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Contr&#244;ler, r&#233;primer, intimider &#8211; Nasses et autres dispositifs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Cette technique, qui se d&#233;finit comme l'encerclement herm&#233;tique d'une manifestation, a d'abord &#233;t&#233; pratiqu&#233;e en dehors de tout cadre l&#233;gal, avant d'&#234;tre int&#233;gr&#233;e au premier Sch&#233;ma national du maintien de l'ordre (SNMO). En 2021, le Conseil d'&#201;tat en annule plusieurs dispositions, dont la nasse, consid&#233;rant que son cadre de recours est trop impr&#233;cis alors m&#234;me qu'il est tr&#232;s attentatoire aux libert&#233;s. La m&#234;me ann&#233;e, une deuxi&#232;me version du SNMO est publi&#233;e, assortissant la nasse de (faibles) garanties tout en la l&#233;galisant largement. Consid&#233;rant que, dans tous les cas, cette pratique est contraire &#224; la libert&#233; qu'appelle le droit de manifester, un recours a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par la LDH devant le m&#234;me Conseil d'&#201;tat pour demander l'interdiction de cette pratique lors des manifestations de rue. Nous n'avons toujours pas obtenu de d&#233;cision pour l'heure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Au fil de la mobilisation, les intimidations, menaces, insultes ont &#233;t&#233; crescendo &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel bilan tirez-vous de ces derniers jours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alarmant. Au fil de la mobilisation, les intimidations, menaces, insultes ont &#233;t&#233; crescendo, jusqu'&#224; atteindre des sommets paroxystiques. En t&#233;moigne la pr&#233;sence quasi syst&#233;matique de deux commissaires bien connus pour leurs violences : le &#8220;commissaire P.&#8221;, que nous avons pu identifier&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Journalistes matraqu&#233;s : une nouvelle vid&#233;o confirme la responsabilit&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, et Paul-Antoine Tomi&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Manif &#224; Paris : le commissaire Tomi et les &#8220;connards&#8221; &#187;, Arr&#234;t sur images (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. &#192; cela s'ajoutent les difficult&#233;s d'identification des FDO : le r&#233;f&#233;rentiel des identit&#233;s et de l'organisation (RIO)&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Num&#233;ro d'identification individuel que les agents en mission doivent en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; reste majoritairement non port&#233;, ou non visible, et le port de la cagoule dissimulant le visage est une pratique courante. Tout cela montre que la strat&#233;gie de maintien de l'ordre semble aller toujours plus loin dans sa dominante r&#233;pressive, pour passer d'une politique de dissuasion &#224; une politique de terreur. En oubliant commod&#233;ment que celui ou celle qui manifeste ne cherche pas le conflit, mais &#224; imposer dans le d&#233;bat public une revendication politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; La prochaine fois, tu montes en ambulance &#187; : l'enregistrement qui prouve la violence et le racisme des Brav &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (24/03/2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 21 mars, un agent de la Brav-M poursuit un manifestant, lui percute le dos pour le faire tomber et lui roule sur la jambe. La victime dit avoir &#233;t&#233; insult&#233;e et avoir entendu des policiers crier : &#171; D&#233;foncez-le ! &#187; (source : Twitter).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cet instrument juridique ouvrant la possibilit&#233; d'arrestations discr&#233;tionnaires a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 2009 sous la pr&#233;sidence de Nicolas Sarkozy. Il constitue l'article 222-14-2 du Code p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article 431-4 du Code p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Contr&#244;ler, r&#233;primer, intimider &#8211; Nasses et autres dispositifs d'encerclement policier lors des manifestations parisiennes &#8211; Printemps 2019 - Automne 2020 &#187;, rapport de la LDH, octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Journalistes matraqu&#233;s : une nouvelle vid&#233;o confirme la responsabilit&#233; du commissaire P. &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (07/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Manif &#224; Paris : le commissaire Tomi et les &#8220;connards&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt; (17/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Num&#233;ro d'identification individuel que les agents en mission doivent en principe porter visiblement sur leur uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La boutanche au f&#233;minin</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-boutanche-au-feminin</link>
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		<dc:date>2022-07-08T09:58:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'ont-elles &#224; dire, les femmes qui boivent ? En s'interrogeant sur sa propre consommation et en partant &#224; la rencontre de celles qui arr&#234;tent comme de celles qui savourent encore, la r&#233;alisatrice sonore Juliette Boutillier a auscult&#233; pour France Culture ces pratiques et leurs stigmates. &#171; Ce qui est s&#251;r c'est que quand on boit, on n'est pas en train de s'occuper des autres : c'est de soi-m&#234;me qu'on s'occupe, c'est soi-m&#234;me qu'on soigne, qu'on soutient ou qu'on d&#233;truit. Mais en tout cas on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'ont-elles &#224; dire, &lt;i&gt;les femmes qui boivent &lt;/i&gt; ? En s'interrogeant sur sa propre consommation et en partant &#224; la rencontre de celles qui arr&#234;tent comme de celles qui savourent encore, la r&#233;alisatrice sonore Juliette Boutillier a auscult&#233; pour France Culture ces pratiques et leurs stigmates.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200femmes_alcoolhd_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH725/1200femmes_alcoolhd_resultat-2-0622c.jpg?1779640927' width='500' height='725' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui est s&#251;r c'est que quand on boit, on n'est pas en train de s'occuper des autres : c'est de soi-m&#234;me qu'on s'occupe, c'est soi-m&#234;me qu'on soigne, qu'on soutient ou qu'on d&#233;truit. Mais en tout cas on n'est pas tourn&#233; vers les autres [&#8230;]. Donc d&#233;j&#224;, pour une femme, &#231;a, c'est toujours probl&#233;matique. &#187;&lt;/i&gt; Virginie Despentes envoie, comme &#224; son habitude, du lourd. Elle diss&#232;que les injustices et les reproches subis par les femmes qui picolent, forc&#233;ment plus jug&#233;es, forc&#233;ment plus honteuses, et raconte sa propre consommation, qu'elle a stopp&#233; net &#224; trente berges, &#226;ge o&#249; elle apprend &#224; vivre avec une nouvelle personne : elle sans l'alcool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des femmes qui boivent &#187;. Quatre &#233;pisodes radiophoniques d'une heure &#8211; diffus&#233;s sur France Culture &#8211; au cours desquels Juliette Boutillier tient en filigrane son journal de bord, m&#234;lant sorties au bar et r&#233;flexions sur la bouteille. Le d&#233;clic ? Sa fille lui a reproch&#233; de forcer un peu trop sur l'ap&#233;ro. La documentariste part donc interroger, avec toujours beaucoup de finesse, Virginie Despentes et des dizaines d'autres &lt;i&gt;aficionadas &lt;/i&gt;de la bibine. Certaines racontent l'alcool qui prend le pas sur tout &#8211; la dignit&#233;, la sant&#233;, les amours. D'autres, et parfois les m&#234;mes, disent aussi la joie, trouvant dans l'ivresse, l'une des rares &#233;chappatoires aux normes sociales, qui p&#232;sent particuli&#232;rement sur les femmes. &#171; &lt;i&gt;&#199;a apporte une forme d'insouciance, distiller le r&#233;el mais sans le fixer, c'est peut-&#234;tre &#231;a la d&#233;finition de la l&#233;g&#232;ret&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans morale lourdingue ni conclusions h&#226;tives, on &#233;coute des femmes de tout &#226;ge : des nouvelles abstinentes, les membres d'un groupe de parole du Nord, des couples, une psychologue, une anthropologue, des archives de Marguerite Duras aussi &#8211; forc&#233;ment &#8211;, qui relate ses six litrons de vin quotidiens. En miroir, Roxanne, une des femmes interview&#233;es, raconte les secondes d&#233;filant sur son application qui comptabilise son temps sans &#171; &lt;i&gt;le produit &#187;&lt;/i&gt; &#8211; seconde apr&#232;s seconde, &#231;a aide &#224; tenir : ne pas l&#226;cher maintenant. Elle va passer, cette envie de vin blanc. Du corps qui p&#226;tit &#224; la sexualit&#233;, de la misogynie paternaliste au temps retrouv&#233; quand on arr&#234;te, de la honte de soi au d&#233;sarroi d'&#234;tre celle qui aime une personne d&#233;pendante, la s&#233;rie d&#233;mystifie, nuance et prend le temps de la complexit&#233;. Despentes, encore, pour finir comme on a commenc&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de grand risque &#224; aller mieux. &#187;&lt;/i&gt; Et c'est &#224; nous de voir comment.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Margaux Wartelle&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-des-femmes-qui-boivent?at_medium=Adwords&amp;at_campaign=france_culture_search_thematiques&amp;gclid=CjwKCAjwiJqWBhBdEiwAtESPaBxh8pXxCqz1Rl91AWq6nL7qc1oyMHEAfM-pMyTOqCdoQsJkbi7eORoCgrgQAvD_BwE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Des femmes qui boivent &#187;&lt;/a&gt; (novembre 2021), s&#233;rie radiophonique en quatre &#233;pisodes, de Juliette Boutillier. &#171; LSD, La S&#233;rie Documentaire &#187;, sur France Culture.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Au sommaire du n&#176; 211</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no-211</link>
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		<dc:date>2022-07-01T09:58:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro d'&#233;t&#233; &#224; visage psychotrop&#233;, un long et pimpant dossier &#171; Schnouf qui peut &#187; qui se plonge dans nos addictions, leurs &#233;lans et leurs impasses. Mais aussi : un reportage sur la Bretagne sous le joug d'une gentrification retorse, une analyse du quotidien de sans-papiers vivant &#171; sous la menace &#187;, le r&#233;cit d'une belle occupation d'usine &#224; Florence, des jeux d'&#233;t&#233; bien achaland&#233;s, des cuites d'enfer, la derni&#232;re chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'Ehpad &#187;, des champignons magiques gob&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/une-cqfd211-2-69a35.jpg?1779640928' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro d'&#233;t&#233; &#224; visage psychotrop&#233;, un long et pimpant dossier &#171; Schnouf qui peut &#187; qui se plonge dans nos addictions, leurs &#233;lans et leurs impasses. Mais aussi : un reportage sur la Bretagne sous le joug d'une gentrification retorse, une analyse du quotidien de sans-papiers vivant &#171; sous la menace &#187;, le r&#233;cit d'une belle occupation d'usine &#224; Florence, des jeux d'&#233;t&#233; bien achaland&#233;s, des cuites d'enfer, la derni&#232;re chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'Ehpad &#187;, des champignons magiques gob&#233;s avec des &#233;crivains...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En couverture :&lt;/i&gt; &#171; Vive la d&#233;fonce ! (Mais demain j'arr&#234;te) &#187;, de &lt;a href=&#034;https://jeremyboulardlefur.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#233;my Boulard le Fur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-proces-du-viol-du-36-misogynie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Au proc&#232;s du &#171; viol du 36 &#187;, misogynie fait loi&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Condamn&#233;s en 2019 pour viol en r&#233;union, deux policiers du 36, quai des Orf&#232;vres viennent d'&#234;tre acquitt&#233;s en appel. De nombreuses f&#233;ministes d&#233;noncent le sexisme crasse qui a motiv&#233; la d&#233;cision et s'alarment que les le&#231;ons du mouvement MeToo n'aient pas &#233;t&#233; assimil&#233;es par l'institution judiciaire. Le d&#233;but d'un retour en arri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4622 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200backlash_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH680/1200backlash_resultat-5f9e6.jpg?1779640928' width='500' height='680' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Des-Bretons-vent-debout-face-a-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Des Bretons vent debout face &#224; la crise du logement &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Confront&#233;s &#224; la flamb&#233;e des prix de l'immobilier, aux r&#233;sidences secondaires qui pullulent et &#224; un parc locatif gangren&#233; par Airbnb, de nombreux Bretons gal&#232;rent &#224; se loger. Une tendance qui, &#224; moins d'&#234;tre enray&#233;e par une politique volontariste, n'est pas pr&#232;s de s'inverser. Mais collectifs et organisations politiques pr&#233;parent la riposte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-irregularite-enferme-les-sans' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; L'irr&#233;gularit&#233; enferme les sans-papiers dans une position de fragilit&#233; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Ces derni&#232;res ann&#233;es, nombre de travaux sur l'exil se sont concentr&#233;s sur les parcours migratoires. Cette pr&#233;occupation n&#233;cessaire en a &#233;clips&#233; une autre, qui fut longtemps un important cheval de bataille de la gauche : la question des personnes arriv&#233;es &#224; bon port, qui attendent souvent pendant plusieurs ann&#233;es leur r&#233;gularisation. Entretien avec le chercheur Stefan Le Courant, qui vient de publier &lt;i&gt;Vivre sous la menace &#8211; Les Sans-papiers et l'&#201;tat&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ces-arrestations-spectaculaires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Ces arrestations spectaculaires sont vou&#233;es &#224; semer la peur &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Arr&#234;t&#233;e il y a un an et demi, avec huit autres personnes, pour une fumeuse histoire d' &#187; association de malfaiteurs terroristes &#187;, Camille a pass&#233; plusieurs mois en d&#233;tention provisoire. Elle raconte les m&#233;andres du combat qu'elle m&#232;ne contre l'arbitraire d'un pouvoir autoritaire &#8211; du point de vue d'une femme, &#233;videmment invisibilis&#233;e. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/C-est-bien-c-est-chouette-chez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;C'est bien, c'est chouette, chez Josette&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans l'imaginaire collectif, la pr&#233;fecture des Ardennes, Charleville-M&#233;zi&#232;res, ne transpire pas exactement la joie et l'enthousiasme. Ce sont pourtant ces mots-l&#224; qui nous viennent en t&#234;te en sortant de Chez Josette. Lanc&#233; il y a quelques ann&#233;es par une &#233;quipe de joyeux pirates, ce caf&#233;-librairie associatif est un concentr&#233; d' &#187; utopies r&#233;alistes &#187; &#8211; comme dirait un Jeune avec Macron.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4624 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200chezjosette_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH145/1200chezjosette_resultat-952f0.jpg?1779640929' width='500' height='145' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-patiente-se-lamente-J-ai-faim-j' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dans les asiles de la Seconde Guerre mondiale : &#171; La patiente se lamente : &#8220;J'ai faim, j'ai faim&#8221; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Les personnes en souffrance psychique n'ont pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;es par la Seconde Guerre mondiale. En France, entre 1940 et 1944, le gouvernement de Vichy a litt&#233;ralement laiss&#233; crever de faim 45 000 &#171; ali&#233;n&#233;&#183;es &#187;, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. Le documentaire &lt;i&gt;La Faim des fous&lt;/i&gt; (2018) l&#232;ve le voile sur cet &#233;pisode honteux de l'histoire. Un seul lieu &#233;chappe &#224; cette h&#233;catombe : &#224; l'asile de Saint-Alban, en Loz&#232;re, on ne meurt pas de faim. On y invente m&#234;me une autre fa&#231;on de faire de la psychiatrie, que documente&lt;i&gt; Les Heures heureuses&lt;/i&gt; (2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Une-usine-tres-occupee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quand les machines se taisent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Le 9 juillet, il y aura un an que dans la banlieue de Florence (Italie), les ouvriers de GKN occupent leur usine automobile menac&#233;e de fermeture suite &#224; son rachat par un fonds d'investissement. Bas&#233; sur l'auto-organisation, le mouvement s'est f&#233;d&#233;r&#233; autour d'un collectif ayant &#224; c&#339;ur de jeter des ponts entre diff&#233;rentes luttes. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#171; Vive la d&#233;fonce ! (Mais demain j'arr&#234;te) &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Schnouf-qui-peut' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Schnouf qui peut !&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Introduction de ce dossier consacr&#233; aux diff&#233;rents visages du monstre r&#233;pressif hexagonal, qui a beau faire : il ne coupe pourtant pas les &#233;lans des militant.es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Drogues-de-tous-les-pays-unissez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Drogu&#233;s de tous les pays, unissez-vous !&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'agir face &#224; l'&#233;pid&#233;mie de sida des ann&#233;es 1980, les militants de la r&#233;duction des risques ont fait preuve d'un pragmatisme vital pour d&#233;pister et accompagner les usagers de drogue injectable. Il aura fallu la mort de nombre d'entre eux et un combat de longue haleine pour revoir le mod&#232;le de soin en addictologie et faire &#233;voluer les repr&#233;sentations des usagers de drogues, quelles qu'elles soient.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200sangd_encre9_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH702/1200sangd_encre9_resultat-ec7e4.jpg?1779640929' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration d'Andro Malis
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Techno-rien-n-arrete-un-peuple-qui' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Techno + : rien n'arr&#234;te un peuple qui panse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Entre r&#233;pression effr&#233;n&#233;e et Covid sabreur de teufs, le monde de la &lt;i&gt;free party &lt;/i&gt;et de l'utopie techno, anim&#233; par l'imparable slogan &#171; &lt;i&gt;Rien n'arr&#234;te un peuple qui danse&lt;/i&gt; &#187;, sort d'une p&#233;riode plut&#244;t sombre. Touch&#233;, mais pas coul&#233; : dans le sillage de l'association Techno+, fond&#233;e en 1995, une nouvelle g&#233;n&#233;ration porte haut le flambeau de la r&#233;duction des risques en mati&#232;re de drogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Boire-sans-deboires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Boire sans d&#233;boires&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Hexagone, terre de picole ? Oh que oui. Mais souvent sous le masque plus pr&#233;sentable d'un certain &#171; art de vivre &#187;. Il faut savoir boire dans les glous clous. Ceux dont la consommation est moins ma&#238;tris&#233;e se voient stigmatis&#233;s et somm&#233;s de rompre avec l'alcool sous peine d'exclusion. Depuis quelques ann&#233;es se d&#233;veloppe heureusement une approche centr&#233;e sur la r&#233;duction des risques, plus humaine et prenant en compte les parcours des usag&#232;res et usagers. &#192; Marseille, c'est l'association Sant&#233; ! qui porte ce combat depuis 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Consommer-a-l-abri' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Consommer &#224; l'abri&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Une salle de consommation &#224; moindre risque, en plein Paris. Le genre de lieu tellement utilis&#233; comme &#233;pouvantail par la classe politique qu'on en oublierait presque son r&#244;le r&#233;el. &#192; savoir soigner des usagers de drogues, les accompagner et &lt;i&gt;a minima &lt;/i&gt;ne pas les abandonner. Ce que donne &#224; voir le documentaire &lt;i&gt;Ici je vais pas mourir&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200femmes_alcoolhd_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH725/1200femmes_alcoolhd_resultat-1a4de.jpg?1779640929' width='500' height='725' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-boutanche-au-feminin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La boutanche au f&#233;minin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Qu'ont-elles &#224; dire, &lt;i&gt;les femmes qui boivent &lt;/i&gt; ? En s'interrogeant sur sa propre consommation et en partant &#224; la rencontre de celles qui arr&#234;tent comme de celles qui savourent encore, la r&#233;alisatrice sonore Juliette Boutillier a auscult&#233; pour France Culture ces pratiques et leurs stigmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-parole-est-a-la-defonce' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La parole est &#224; la d&#233;fonce&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; En mati&#232;re de drogues, toute exp&#233;rience est singuli&#232;re. Quel que soit le produit, chacun, chacune y vient et le consomme &#224; sa mani&#232;re. Voil&#224; ce que racontent les r&#233;cits intimes qui suivent, r&#233;colt&#233;s aupr&#232;s de personnes de notre entourage : des histoires de conso &#8211; pass&#233;e ou pr&#233;sente &#8211; et les raisons qui y ont pouss&#233; les unes et les autres. Si on a choisi de faire figurer ici alcool et antid&#233;presseurs, c'est qu'&#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, l'id&#233;e selon laquelle il y aurait des drogues plus propres que d'autres nous para&#238;t bien hypocrite. Place aux mots des premi&#232;res et premiers concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Petit-abecedaire-hallucine-de-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Petit ab&#233;c&#233;daire hallucin&#233; de la guerre contre la drogue&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; O&#249; il est question, p&#234;le-m&#234;le, d'empoisonnement au LSD par la CIA, de soldats du III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich d&#233;fonc&#233;s &#224; la pervitine, de banques qui blanchissent, de plantes interdites&#8230; Et de la vaste hypocrisie de la politique r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Pyrenees-l-ascension-cannabique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pyr&#233;n&#233;es : l'ascension cannabique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Alors que les &#171; &lt;i&gt;go fast &#187;&lt;/i&gt; &#8211; cette technique consistant &#224; transporter les drogues ill&#233;gales &#224; grande vitesse &#8211; cristallisent l'attention des m&#233;dias, nombre d'usagers ou de petits &#171; contrebandiers &#187; traversent chaque jour la fronti&#232;re franco-espagnole avec de l'herbe. Tout un r&#233;seau de routes et de pratiques qui permet d'enjamber les limites du tout-r&#233;pressif fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/J-ai-mange-des-psilos-avec-Artaud' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J'ai mang&#233; des psilos avec Artaud et Michaux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dr&#244;le d'endroit pour une rencontre. Dans un vallon du Vercors, deux po&#232;tes &#233;changent sur leurs usages des drogues. Nous &#233;tions l&#224;. L'affaire est &#233;tonnante : tous deux sont morts, respectivement en 1948 et 1984. Hallucination, dites-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/GHB-un-regard-calme-sur-vos' class=&#034;spip_in&#034;&gt;GHB : un regard calme sur vos d&#233;fenses qui tombent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; En vacances &#224; New York, l'autrice de ces lignes et une de ses amies ont &#233;t&#233; drogu&#233;es au GHB par un g&#233;rant de bar. Elle raconte ici son exp&#233;rience de la soumission chimique et les tr&#233;sors de ressources qu'il leur a fallu mobiliser pour &#233;chapper &#224; une agression sexuelle pr&#233;m&#233;dit&#233;e. Traversant toute cette histoire : la culture du viol.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; chroniques &amp; culture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Entre-mes-lignes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Putain de chronique #9 : &#171; &lt;i&gt;Entre mes lignes&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Yz&#233; Volupt&#233;e est travailleuse du sexe. Elle est &#224; la fois escort, camgirl, r&#233;alisatrice et performeuse porno-f&#233;ministe. Elle chronique dans ces colonnes son quotidien, ses r&#233;flexions et ses coups de gueule. La r&#233;alit&#233; d'Yz&#233; n'est pas celle des personnes exploit&#233;es par les r&#233;seaux de traite ou contraintes par d'autres &#224; se prostituer. Son activit&#233; est pour elle autant un moyen de subsistance qu'un choix politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Vous-allez-me-manquer' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Je vous &#233;cris de l 'Ehpad / &#201;pisode 20 : &#171; &lt;i&gt;Vous allez me manquer !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dernier &#233;pisode de la chronique de Denis L., qui nous a livr&#233; chaque mois depuis vingt num&#233;ros des fragments de son quotidien d'auxiliaire de vie dans un Ehpad (&#233;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes) public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Fais-ce-que-veulx' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Cap sur l'utopie : Fais ce que veulx !&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Vous vous sentez un peu flapi ? En ni une ni deux, courez chiper dans une quelconque Fnac la r&#233;&#233;dition en Poche, parue &#224; l'&#201;chapp&#233;e en mai dernier, de l'extraordinaire &lt;i&gt;Ringolevio&lt;/i&gt; (1972) : l'autobiographie volcanique du g&#233;nial &lt;i&gt;digger&lt;/i&gt; Emmett Grogan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/fr2u2g_wyae2ne5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/fr2u2g_wyae2ne5-f2ce9.jpg?1779640930' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-voix-d-un-proletaire-colonise' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La voix d'un prol&#233;taire colonis&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; En pleine guerre d'Alg&#233;rie, Ahmed, ouvrier alg&#233;rien rebelle, &#171; &lt;i&gt;raconte sa vie&lt;/i&gt; &#187; dans la revue marxiste &lt;i&gt;Socialisme ou barbarie&lt;/i&gt;. Les &#233;ditions Niet ! r&#233;&#233;ditent son t&#233;moignage, qui remet en perspective la dimension socio-&#233;conomique de la lutte ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Vasectomie-pour-tous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vasectomie pour tous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Chichille-a-jamais-dans-nos-coeurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chichille &#224; jamais dans nos c&#339;urs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; - &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-horoscope-de-l-ete-par-le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le dernier horoscope du Professeur Xanax&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; - (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_4635 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/une211.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779602969' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;La une du n&#176;211 en pdf
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Au sommaire du n&#176; 210</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no-210-en-kiosque</link>
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		<dc:date>2022-06-03T09:15:08Z</dc:date>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Aur&#233;lien Godin</dc:subject>
		<dc:subject>Emilien Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro de juin criant son besoin &#171; d'air &#187;, un dossier sur la machine r&#233;pressive hexagonale et les &#233;lans militants permettant de ne pas s'y noyer et d'envisager d'autres horizons. Mais aussi : un long reportage &#224; La&#226;youne, Sahara Occidental, o&#249; les candidats &#224; la travers&#233;e pour les Canaries sont traqu&#233;s par les flics marocains, une visite dans la Zone &#192; Patates (ZAP) de Pertuis, un dialogue sur les blessures de la guerre d'Alg&#233;rie et des appel&#233;s fran&#231;ais, de la boxe autonome, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no210-juin-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;210 (juin 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aurelien-Godin" rel="tag"&gt;Aur&#233;lien Godin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilien-Bernard-245" rel="tag"&gt;Emilien Bernard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/1200une-cqfd210_resultat-2-a9093.jpg?1779640931' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro de juin criant son besoin &#171; d'air &#187;, un dossier sur la machine r&#233;pressive hexagonale et les &#233;lans militants permettant de ne pas s'y noyer et d'envisager d'autres horizons. Mais aussi : un long reportage &#224; La&#226;youne, Sahara Occidental, o&#249; les candidats &#224; la travers&#233;e pour les Canaries sont traqu&#233;s par les flics marocains, une visite dans la Zone &#192; Patates (ZAP) de Pertuis, un dialogue sur les blessures de la guerre d'Alg&#233;rie et des appel&#233;s fran&#231;ais, de la boxe autonome, une gu&#233;rilla mao&#239;ste indienne, des trous orgasmiques&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no210-juin-2022' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En couverture :&lt;/i&gt; &#171; R&#233;pression : de l'air ! &#187;, de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/[[http:/cecilek.fr/affiches-&gt;https:/www.vincentcrog.com/about/-&gt;http:/www.theobed.org/'&gt;Th&#233;o B&#233;dard&lt;/a&gt;] ]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Agent-es-de-nettoyage-en-greve-Si' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Agent.es de nettoyage en gr&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;Si je me fais licencier, je serai fi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis le 29 mars, &#224; Marseille, les agent&#183;es de nettoyage de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; sont en gr&#232;ve, d&#233;non&#231;ant le management brutal et la surcharge de travail impos&#233;s par leur nouveau patron, le sous-traitant Laser. Une mobilisation de plus dans un secteur abonn&#233; aux d&#233;brayages.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4570 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200zap_pertuis_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/1200zap_pertuis_resultat-87d29.jpg?1779640932' width='500' height='297' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration d'Aur&#233;lien Godin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Pertuis-face-aux-betonneuses-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pertuis : face aux b&#233;tonneuses, des patates frondeuses&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; En bordure de Pertuis, petite ville d'environ 20 000 &#226;mes au sud-est du Vaucluse, un projet d'extension d'une zone d'activit&#233; menace de faire dispara&#238;tre 86 hectares de terres fertiles. Sur le terrain, la lutte s'organise. Aux c&#244;t&#233;s des habitants mobilis&#233;s, des militants ont investi des maisons inoccup&#233;es, ensemenc&#233; plusieurs parcelles et renomm&#233; les lieux la &#171; ZAP &#187; : Zone &#224; patates. Les 14 et 15 mai derniers, deux journ&#233;es de rencontres et de d&#233;ambulation revendicatives et festives y &#233;taient organis&#233;es. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Usine-squattee-a-Montreuil-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Usine squatt&#233;e &#224; Montreuil : des p&#234;ches et du benz&#232;ne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis septembre 2020, des habitant&#183;es de Montreuil ont investi une ancienne usine vou&#233;e &#224; la d&#233;molition. L'enjeu est double : tenir les promoteurs immobiliers &#224; distance et &#233;viter une potentielle catastrophe &#233;cologique et sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Du-Front-populaire-a-la-Nupes-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Entretien avec Charles Jacquier : Du Front populaire &#224; la Nupes, la trahison au fond des urnes ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Postier retrait&#233;, historien du dimanche et camarade de CQFD, Charles Jacquier a r&#233;&#233;dit&#233; et pr&#233;fac&#233; la somme de l'auteur r&#233;volutionnaire Daniel Gu&#233;rin &lt;i&gt;Front populaire, r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt;. Alors que les l&#233;gislatives de juin remettent l'id&#233;e de Front pop' &#224; l'ordre du jour, on &#233;voque avec lui l'ann&#233;e 1936 qui a vu une coalition des gauches acc&#233;der au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200laayoune2_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200laayoune2_resultat-62b6a.jpg?1779640932' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo &#201;milien Bernard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Laayoune-tombeau-des-invisibles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Exils, traques et naufrages au Sahara occidental : La&#226;youne, tombeau des invisibles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Autour de la capitale du Sahara occidental, territoire en pleine crise g&#233;opolitique o&#249; le Maroc r&#233;prime toute vell&#233;it&#233; ind&#233;pendantiste, d'autres drames humains se jouent. En phase avec une Europe forteresse &#233;tendant toujours plus au sud ses barri&#232;res meurtri&#232;res, les autorit&#233;s marocaines traquent les personnes venues d'Afrique subsaharienne. Au c&#339;ur d'une ville sous tension, des milliers de candidat&#183;es au passage se terrent avant d'entreprendre leur p&#233;rilleuse travers&#233;e vers les &#238;les Canaries. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Nos-peres-des-tortionnaires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;moire de la guerre d'Al&#233;grie : Nos p&#232;res, des tortionnaires ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son documentaire &lt;i&gt;Ce qu'ont fait nos p&#232;res&lt;/i&gt;, Emmanuel Vigier confronte son paternel &#224; ses souvenirs d'appel&#233; du contingent pendant la guerre d'Alg&#233;rie. Enfouis sous des d&#233;cennies de silence, quelques lambeaux de v&#233;rit&#233; sortent en grin&#231;ant. Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, le documentariste a convers&#233; avec l'&#233;crivain et journaliste Bruno Le Dantec, lui aussi fils d'appel&#233;. Dialogue m&#233;moriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-design-sonore-rend-desirable-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le design sonore rend d&#233;sirable la malbouffe auditive &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Des sons, partout, tout le temps, pour tout : des annonces dans les transports en commun aux m&#233;lodies sirupeuses des habitacles des voitures dernier cri en passant par l'&#233;lectrom&#233;nager. Dans son livre L'Orchestration du quotidien, la chercheuse ind&#233;pendante Juliette Volcler diss&#232;que le champ large du design sonore, ses pratiques mercantiles, mais aussi les exp&#233;rimentations &#233;mancipatrices qu'il sous-tend parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Boxe-autonome-jouer-des-poings' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Boxe autonome : jouer des poings hors des cadres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis quelques ann&#233;es, des collectifs de boxe autonome essaiment aux quatre coins de la France. Comme dans n'importe quelle salle, on y pratique la boxe anglaise, la tha&#239;, ou encore une &#171; sale boxe &#187;, m&#233;lange de plusieurs disciplines. Pour autant, parce qu'ils se veulent &#171; inclusifs &#187; et politiques, ces clubs autog&#233;r&#233;s se distinguent des structures classiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#171; Luttes et r&#233;sistances : ils r&#233;priment, on rempile &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Repression-touches-mais-pas-coules' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#233;pression : touch&#233;s mais pas coul&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Introduction de ce dossier consacr&#233; aux diff&#233;rents visages du monstre r&#233;pressif hexagonal, qui a beau faire : il ne coupe pourtant pas les &#233;lans des militant.es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4575 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200intro_resultat-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH702/1200intro_resultat-6-829d7.jpg?1779640932' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ce-sont-mes-opinions-politiques-qu' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lettres de libre flot : &#171; Ce sont mes opinions politiques qu'on essaie de criminaliser &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Arr&#234;t&#233; le 8 d&#233;cembre 2020 avec huit autres personnes, Florian D., aka Libre Flot, est accus&#233; d'avoir constitu&#233; sur le sol fran&#231;ais un &#171; groupe clandestin arm&#233; &#187;, apr&#232;s un s&#233;jour aupr&#232;s des combattant.&#8202;es kurdes du Rojava. Incarc&#233;r&#233;, il passe plus de quinze mois &#224; l'isolement au centre p&#233;nitentiaire de Bois-d'Arcy (Yvelines). Il n'est lib&#233;r&#233; que d&#233;but avril, apr&#232;s 37 jours de gr&#232;ve de la faim. De prison, il a &#233;crit des lettres puissantes. Extraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Affaire-Tarnac-les-blessures-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Affaire Tarnac &#187; : les blessures de Manon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Elle s'appelle Manon Glibert et fait partie des &#171; inculp&#233;s de Tarnac &#187;. En 2018, dix ans apr&#232;s le d&#233;but de l'affaire, elle se pr&#233;pare pour le proc&#232;s. Captur&#233;s par la cam&#233;ra d'Audrey Ginestet, ces instants ont nourri un film : &lt;i&gt;Relaxe&lt;/i&gt; (2022). Pens&#233; &#171; &lt;i&gt;comme une arme pour tous ceux qui, dans le futur, auront besoin de se d&#233;fendre&lt;/i&gt; &#187;, le documentaire d&#233;peint aussi une existence marqu&#233;e au fer rouge par dix ann&#233;es d'acharnement judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-Calais-des-militants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Calais, des militants britanniques chass&#233;es de France&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Ils avaient particip&#233; &#224; des ouvertures de squats pour loger des personnes exil&#233;es &#224; Calais : deux militants britanniques se sont vu retirer leurs titres de s&#233;jour sous des pr&#233;textes fallacieux. L'un d'eux a m&#234;me &#233;cop&#233; d'une interdiction de retour sur le territoire fran&#231;ais pour une dur&#233;e d'un an. Il se bat pour faire annuler la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Carrefour-on-a-pas-tous-droit-au' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autor&#233;duction : Carrefour, on a (pas) tous droit au meilleur&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; D&#233;but janvier 2021, des militants organisent une op&#233;ration d'autor&#233;duction dans un Carrefour parisien. Le principe : se servir et redistribuer. Une pratique, h&#233;rit&#233;e d'une longue tradition r&#233;volutionnaire, que la cha&#238;ne go&#251;te visiblement peu. Condamn&#233;s &#224; verser 38 000 euros aux gougnafiers, les contrevenants n'ont pas l'intention de payer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; chroniques &amp; culture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Il-faut-voir-ca-avec-notre-cher' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Je vous &#233;cris de l 'Ehpad / &#201;pisode 19 : &#171; &lt;i&gt;Il faut voir &#231;a avec notre cher pr&#233;sident !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Nouvel &#233;pisode de la chronique de Denis L., qui nous livre chaque mois des fragments de son quotidien d'auxiliaire de vie dans un Ehpad (&#233;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes) public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Not-all-men' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Putain de chronique #9 : &#171; &lt;i&gt;Not all men&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Yz&#233; Volupt&#233;e est travailleuse du sexe. Elle est &#224; la fois escort, camgirl, r&#233;alisatrice et performeuse porno-f&#233;ministe. Elle chronique dans ces colonnes son quotidien, ses r&#233;flexions et ses coups de gueule. La r&#233;alit&#233; d'Yz&#233; n'est pas celle des personnes exploit&#233;es par les r&#233;seaux de traite ou contraintes par d'autres &#224; se prostituer. Son activit&#233; est pour elle autant un moyen de subsistance qu'un choix politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200trounoir_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH803/1200trounoir_resultat-7dbc4.jpg?1779640933' width='500' height='803' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-revolution-des-amants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La r&#233;volution des amants&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Apr&#232;s deux ans d'existence et vingt-quatre num&#233;ros en ligne, &lt;i&gt;Trou noir&lt;/i&gt; d&#233;barque en version papier. Pour ses &#233;diteurs, aucun doute : la r&#233;volution sera sexuelle ou ne sera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-anarchie-par-le-casse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'anarchie par le casse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Au tournant du XXe si&#232;cle, l'anarchiste Alexandre Marius Jacob (1879-1954) passe ma&#238;tre dans l'art du cambriolage. &lt;i&gt;Avec Tout homme a droit au banquet de la vie&lt;/i&gt;, les &#233;ditions du Bout de la ville ont ressuscit&#233; en mai dernier cette figure de l'ill&#233;galisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : La p&#233;troleuse des p&#233;troleuses&lt;/strong&gt; &#8211; Trois ans et demi apr&#232;s la parution en fran&#231;ais de la version int&#233;grale de l'autobiographie explosive d'Emma Goldman (1869-1940), &lt;i&gt;Living my Life&lt;/i&gt;, publi&#233;e en deux volumes &#224; New York en 1931 et 1934, les &#233;ditions L'&#201;chapp&#233;e sont reparties &#224; l'attaque en ressortant en avril &lt;i&gt;Vivre ma vie &#8211; Une anarchiste au temps des r&#233;volutions&lt;/i&gt;, dans leur collection poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Dans-la-jungle-rouge-terrible' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dans la jungle rouge, terrible jungle rouge&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Une gu&#233;rilla mao&#239;ste toujours active en Inde ? Cela para&#238;t improbable. Et pourtant, des bataillons de combattants y sont en lutte depuis plus de cinquante ans, malgr&#233; la f&#233;roce r&#233;pression qui les frappe. L'anthropologue Alpa Shah leur a consacr&#233; un ouvrage : &lt;i&gt;Le Livre de la jungle insurg&#233;e&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200jungleinsurga_c_e_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH229/1200jungleinsurga_c_e_resultat-a8024.jpg?1779640934' width='500' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Laura Pandelle
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-invite-de-l-edito-un-candidat-au' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'invit&#233; de l'&#233;dito : un candidat au bac prometteur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-lumiere-au-bout-du-local' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La lumi&#232;re au bout du local&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; - &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-horoscope-de-juin-du-Professeur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Juin sera &lt;i&gt;caliente&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; - (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Qu'y a-t-il de faux dans une fausse couche ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Qu-y-a-t-il-de-faux-dans-une</link>
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		<dc:date>2021-12-04T12:15:13Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olive &amp; Rita</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;15 % des grossesses se soldent par une fausse couche. Si l'&#233;v&#233;nement est souvent banal du point de vue physiologique, il l'est parfois moins pour le moral des premi&#232;res concern&#233;es. Tout pr&#232;s de nous, des femmes le vivent ou l'ont v&#233;cu. Une amie, une m&#232;re, une coll&#232;gue. Certaines font face &#224; la douleur de la perte, au deuil &#224; entamer. Parce que ces souffrances sont encore trop souvent pass&#233;es sous silence, les femmes qui t&#233;moignent ici ont pris la parole pour briser le tabou. Parmi les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no203-novembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;203 (novembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;15 % des grossesses se soldent par une fausse couche. Si l'&#233;v&#233;nement est souvent banal du point de vue physiologique, il l'est parfois moins pour le moral des premi&#232;res concern&#233;es. Tout pr&#232;s de nous, des femmes le vivent ou l'ont v&#233;cu. Une amie, une m&#232;re, une coll&#232;gue. Certaines font face &#224; la douleur de la perte, au deuil &#224; entamer. Parce que ces souffrances sont encore trop souvent pass&#233;es sous silence, les femmes qui t&#233;moignent ici ont pris la parole pour briser le tabou.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200px86pc_faussecouche.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH487/1200px86pc_faussecouche-d0726.jpg?1779640934' width='500' height='487' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi les injonctions patriarcales qui p&#232;sent sur les femmes, il y a celle de la maternit&#233;. Pens&#233;s comme des machines &#224; reproduire, leurs ut&#233;rus ne leur appartiennent toujours pas enti&#232;rement. Tout du moins, l'&#201;tat et le corps m&#233;dical s'arrogent le droit de d&#233;finir &#224; leur place si l'embryon ou le f&#339;tus qu'elles portent est ou non un enfant en devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, apr&#232;s 12 semaines de grossesse, l'IVG n'est plus l&#233;gale&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux Pays-Bas, ce d&#233;lai est fix&#233; &#224; 22 semaines ; au Royaume-Uni, la loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pass&#233; ce d&#233;lai, on attend des femmes qu'elles consid&#232;rent le f&#339;tus comme un futur b&#233;b&#233;. Qu'importe si elles n'ont rien projet&#233; dans cette grossesse dont elles ne veulent pas. &#192; l'inverse, avant ce d&#233;lai, le corps m&#233;dical a tendance &#224; estimer qu'une fausse couche n'a pas d'impact sur celle qui la vit. L'embryon ne serait qu'un amas de cellules, rempla&#231;able par un autre &#224; l'occasion d'une prochaine grossesse. Pour certaines femmes, la fausse couche n'est ni un drame, ni m&#234;me un &#233;chec. Pour d'autres, elle est v&#233;cue de mani&#232;re violente. Parce que la grossesse qui prend fin &#233;tait d&#233;sir&#233;e, parfois attendue depuis longtemps. Parce qu'elle avait &#233;t&#233; pleinement investie. Parce que ces femmes consid&#233;raient l'embryon comme une amorce de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on la nomme &#171; grossesse arr&#234;t&#233;e &#187; ou &#171; interruption spontan&#233;e &#187;, la fausse couche reste un &#233;v&#233;nement tabou&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En avril 2021, la revue m&#233;dicale The Lancet publiait trois &#233;tudes sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans le regard de la soci&#233;t&#233; n'existe que la grossesse comme moment merveilleux. Quand la mort se glisse dans l'ut&#233;rus, cela devient plus compliqu&#233; &#224; penser. La douleur de la perte, que peuvent ressentir une partie des femmes, peine souvent &#224; &#234;tre prise en compte. Pourtant, certaines parlent de deuil &#224; faire, face &#224; ces interruptions spontan&#233;es de grossesse. Ce sont ces v&#233;cus que racontent Isaure, A&#239;cha, Brigitte, Gabrielle et Julie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; *** &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A&#239;cha a essay&#233; pendant des ann&#233;es de tomber enceinte avant qu'une grossesse ne survienne, puis s'arr&#234;te. Son parcours n'a pas &#233;t&#233; pris en compte par le corps m&#233;dical.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai eu un long parcours de f&#233;condation &lt;i&gt;in vitro [FIV] &lt;/i&gt;qui n'a pas march&#233;. On m'a dit : &lt;i&gt;&#8220;On ne peut plus rien pour vous.&#8221;&lt;/i&gt; C'est l&#224; que j'ai fait ce travail : accepter de ne pas avoir d'enfant. Il y a deux ans, je suis finalement tomb&#233;e enceinte naturellement. J'y ai cru, puis &#231;a s'est arr&#234;t&#233;. En mars dernier, j'apprends que je suis enceinte de sept semaines. Dix jours plus tard, c'&#233;tait fini. &#199;a a &#233;t&#233; les montagnes russes : l'espoir puis le d&#233;sespoir. &#192; la clinique, j'ai eu l'impression d'&#234;tre un num&#233;ro. Comme si ce que je vivais &#233;tait anodin. Ce n'est pas parce qu'on ne t&#233;moigne pas qu'on ne souffre pas. La vraie descente a eu lieu apr&#232;s, quand mon gyn&#233;co m'a dit que j'&#233;tais en pr&#233;-m&#233;nopause. J'ai 42 ans. Et l&#224;, c'&#233;tait vraiment fini. Il y avait un deuil &#224; faire. En plus, on m'a renvoy&#233; que j'avais trop attendu, que j'avais commenc&#233; les FIV trop tard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; *** &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hospitalis&#233;e pour une grossesse qui venait de s'arr&#234;ter, Isaure n'a pas eu le choix du service dans lequel elle allait &#234;tre prise en charge. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En une ann&#233;e, j'ai v&#233;cu quatre grossesses, dont trois fausses couches. Les deux premi&#232;res se sont arr&#234;t&#233;es &#224; quelques semaines. La troisi&#232;me se d&#233;roulait bien jusqu'&#224; trois mois. J'ai &#233;t&#233; soulag&#233;e de d&#233;passer les semaines fatidiques des grossesses d'avant. J'avais imagin&#233; comment je l'annoncerais &#224; ma famille. Et puis, la veille de partager &#231;a, l'&#233;chographie a montr&#233; une absence de battement du c&#339;ur de l'embryon. Je me suis effondr&#233;e. &#199;a recommen&#231;ait encore. J'ai &#233;t&#233; prise en charge dans le m&#234;me service que des femmes qui accouchaient. &#199;a a &#233;t&#233; difficile d'entendre les b&#233;b&#233;s pleurer. Des soignants m'ont dit plusieurs fois que j'&#233;tais tr&#232;s fertile. Comme si c'&#233;tait bien. Mais &#224; quoi bon si &#231;a ne prend pas ? Et puis, la 4e a &#233;t&#233; la bonne. J'arrivais pas &#224; me projeter, je lui disais parfois : &lt;i&gt;&#8220;C'est toi qui choisis, tu restes ou tu pars.&#8221;&lt;/i&gt; Ce que j'avais compris avec tout &#231;a, c'est que je n'avais aucune prise sur ce qui m'arrivait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; *** &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de cinq mois, quand une grossesse s'interrompt, un cong&#233; maternit&#233; est accord&#233; et le f&#339;tus peut &#234;tre inscrit &#224; l'&#233;tat civil. Mais la reconnaissance l&#233;gale de cet &#233;v&#233;nement peut parfois se transformer en &#233;ni&#232;me injonction. C'est ce qu'a ressenti Gabrielle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le f&#339;tus avait cinq mois et demi quand il est mort. J'ai &#233;t&#233; hospitalis&#233;e &#224; la maternit&#233;. J'ai eu un accouchement tr&#232;s difficile. Cinq heures de douleurs ininterrompues. Et puis il y a eu des complications, il a fallu me faire une anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale. Le lendemain, on a pu voir le f&#339;tus. On nous l'a emmen&#233;, enroul&#233; dans une couverture. Des empreintes des mains et des pieds ont ensuite &#233;t&#233; faites. J'avais des preuves que tout &#231;a &#233;tait vrai, qu'il avait vraiment exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a dit qu'il fallait lui donner un pr&#233;nom. &#199;a a &#233;t&#233; un choc. On ne pouvait pas. On a fait des recherches et on a vu qu'on n'&#233;tait pas oblig&#233;s, on en a inform&#233; l'&#233;quipe m&#233;dicale : il n'aurait pas de pr&#233;nom. On a eu l'impression de devoir batailler alors qu'on n'en avait pas la force. On n'a pas eu la possibilit&#233; de r&#233;cup&#233;rer le corps : sans inscription &#224; l'&#233;tat civil, c'est l'h&#244;pital qui se charge de l'inhumation au cimeti&#232;re le plus proche. Ce que j'aurais voulu, c'est emporter le f&#339;tus, l'enterrer dans le jardin et planter un arbre dessus. L&#224;, on l'a laiss&#233; l&#224;-bas. C'&#233;tait une forme de d&#233;possession pour moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; *** &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est rare qu'un soutien soit propos&#233; aux femmes dont la grossesse s'est interrompue. Certaines, comme Brigitte, tra&#238;nent leur peine pendant des ann&#233;es.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais enceinte de trois mois et demi quand j'ai perdu un peu de sang. Je suis all&#233;e chez mon m&#233;decin qui m'a dit que tout allait bien. Pour me rassurer, je me suis rendue &#224; l'h&#244;pital le lendemain. L&#224;, l'&#233;chographiste me dit : &lt;i&gt;&#8220;Il est mort.&#8221;&lt;/i&gt; C'est tout. Et : &lt;i&gt;&#8220;Faut attendre, maintenant.&#8221;&lt;/i&gt; J'ai pleur&#233;. C'&#233;tait trop brutal. Je suis rest&#233;e quelques jours comme &#231;a. Et puis, un matin, alors que j'&#233;tais seule &#224; la maison, j'ai commenc&#233; &#224; perdre du sang, beaucoup de sang. De gros morceaux tombaient dans les toilettes. J'&#233;tais en train de faire une h&#233;morragie. Je suis retourn&#233;e &#224; l'h&#244;pital, on m'a emmen&#233;e directement au bloc pour un curetage. M&#234;me trente ans apr&#232;s, c'est pas facile d'en parler. La sc&#232;ne est encore tr&#232;s claire dans ma t&#234;te. J'ai cru que j'allais mourir. Au-del&#224; de &#231;a, je me doutais pas du tout que &#231;a pouvait m'arriver parce que, m&#234;me si c'&#233;tait pas encore un b&#233;b&#233;, j'&#233;tais pr&#233;par&#233;e &#224; ce qu'il vive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; *** &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des soignantes estiment que l'accompagnement propos&#233; actuellement n'est pas satisfaisant. Dans leur pratique, elles &#233;coutent la souffrance, elles interrogent le parcours, elles se soucient de leurs patientes. Comme le fait Julie, sage-femme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour des fausses couches de moins de trois mois, l'accompagnement est quasi inexistant. Comme elles sont plus fr&#233;quentes que les interruptions spontan&#233;es tardives, elles sont tr&#232;s souvent banalis&#233;es. &#192; trois mois, il y a moins de risques que la grossesse s'arr&#234;te. Aux yeux de la m&#233;decine, la grossesse prend un tournant, alors sa valeur symbolique change. &#199;a se manifeste par la r&#233;alisation de la premi&#232;re &#233;chographie, le suivi qui se d&#233;roule d&#233;sormais en service obst&#233;trique et plus en gyn&#233;cologie. Il y a aussi la d&#233;claration administrative de la grossesse. Et le vocabulaire &#233;volue : on passe du terme d'embryon &#224; celui de f&#339;tus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours largement r&#233;pandu est encore celui qu'une fausse couche sera r&#233;par&#233;e par une nouvelle grossesse. Sans qu'on se pr&#233;occupe du parcours de la personne alors que parfois, cette grossesse qui s'arr&#234;te &#233;tait la derni&#232;re tentative. Une aide psychologique peut alors &#234;tre propos&#233;e, mais seulement &#224; des femmes montrant de grands signes de d&#233;tresse. Dans le fond, une interruption spontan&#233;e de grossesse, c'est faire face au tabou qui entoure la mort, mais aussi &#224; celui qui persiste au sein m&#234;me de la m&#233;decine : celle-ci aime comprendre et, quand elle ne comprend pas, le silence s'installe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Olive &amp; Rita&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aux Pays-Bas, ce d&#233;lai est fix&#233; &#224; 22 semaines ; au Royaume-Uni, la loi autorise l'IVG jusqu'&#224; 24 semaines. Une femme ayant d&#233;pass&#233; le d&#233;lai fran&#231;ais peut se rendre dans l'un de ces pays pour avorter.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En avril 2021, la revue m&#233;dicale &lt;i&gt;The Lancet &lt;/i&gt;publiait trois &#233;tudes sur le sujet. Elle alertait notamment sur le fait que &#171; &lt;i&gt;le silence autour des fausses couches persiste non seulement chez les femmes qui les vivent, mais aussi parmi les soignants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sucre amer</title>
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		<dc:date>2021-11-12T22:15:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Louis</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>Union</dc:subject>
		<dc:subject>cristal</dc:subject>
		<dc:subject>services</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Mangion</dc:subject>
		<dc:subject>Cristal Union</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent</dc:subject>
		<dc:subject>Carrard Services</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Lombard</dc:subject>
		<dc:subject>Arthur Bertelli</dc:subject>
		<dc:subject>Carrard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2012, deux cordistes perdaient la vie dans un silo de sucre. Condamn&#233;s en premi&#232;re instance il y a deux ans, leur employeur et son donneur d'ordre, le groupe Cristal Union, ont &#233;t&#233; rejug&#233;s en appel le 21 septembre. Lui-m&#234;me ancien cordiste, &#201;ric Louis* nous raconte ce proc&#232;s charg&#233; de violence sociale. Le 13 mars 2012, Arthur Bertelli, 23 ans, et Vincent Dequin, 33 ans, tous deux cordistes, descendent en rappel les 53 m&#232;tres du silo n&#176; 4 de la sucrerie Cristal Union de Bazancourt (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no202-octobre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;202 (octobre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Carrard" rel="tag"&gt;Carrard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2012, deux cordistes perdaient la vie dans un silo de sucre. Condamn&#233;s en premi&#232;re instance il y a deux ans, leur employeur et son donneur d'ordre, le groupe Cristal Union, ont &#233;t&#233; rejug&#233;s en appel le 21 septembre. Lui-m&#234;me ancien cordiste, &#201;ric Louis* nous raconte ce proc&#232;s charg&#233; de violence sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/600px_cordistes.jpg' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mars 2012, Arthur Bertelli, 23 ans, et Vincent Dequin, 33 ans, tous deux cordistes, descendent en rappel les 53 m&#232;tres du silo n&#176; 4 de la sucrerie Cristal Union de Bazancourt (Marne). Arriv&#233;s sur le sucre, ils s'emploient &#224; d&#233;gager une porte lat&#233;rale, situ&#233;e &#224; 7 m&#232;tres au-dessus du niveau du sol. Mais au bout de dix minutes, la mati&#232;re se d&#233;robe sous leurs pieds. Deux trappes de vidage ont &#233;t&#233; ouvertes juste en dessous de l'endroit o&#249; ils travaillent. Erreur fatale : aspir&#233;s, les deux cordistes meurent ensevelis sous le sucre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propri&#233;taire du silo, Cristal Union est un mastodonte de l'agroalimentaire, poss&#233;dant les marques Daddy ou encore Erstein. Arthur et Vincent avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s par un de ses prestataires, Carrard Services. En 2019, les deux entreprises sont condamn&#233;es &#224; 100 000 &#8364; d'amende et deux ans de mise sous surveillance judiciaire. Les chefs d'&#233;tablissement au moment du drame, Michel Mangion pour Cristal Union et David Duval pour Carrard Services, &#233;copent de six mois de prison avec sursis et 15 000 &#8364; d'amende. Les pr&#233;venus font appel de ce jugement. Une nouvelle audience s'est donc tenue le 21 septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Devant la cour d'appel de Reims, ce 21 septembre, il y a du monde. Il est 11 heures. M&#234;me si l'audience ne commence qu'&#224; 14 heures, c'est l'effervescence. Une large banderole se d&#233;ploie sur les grilles attenantes au b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;Pour Arthur, Vincent et Quentin&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quentin Zaraoui-Bruat est mort en juin 2017, enselevi sous 370 tonnes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, tu&#233;s au travail chez Cristal Union. Pour tous les coll&#232;gues aux vies d&#233;truites par leurs profits. Plus jamais&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux tables de camping charg&#233;es de tracts, d'affiches, de bouquins. Mais aussi de victuailles. Il faut prendre des forces, l'apr&#232;s-midi va &#234;tre longue. Tr&#232;s longue. Et &#233;prouvante. Mais ceux qui sont l&#224; ne sont pas &#224; &#231;a pr&#232;s. Ces femmes et ces hommes ont attendu sept longues ann&#233;es avant que la justice leur accorde une premi&#232;re audience. Elle avait dur&#233; douze heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, &#224; l'entr&#233;e du tribunal, la responsable de la s&#233;curit&#233; s'arrache les cheveux. Fait l'appel des nombreuses parties civiles. Pas une ne manque. La jauge impos&#233;e par les mesures sanitaires risque de ne pas suffire. D'autant que de nombreux cordistes sont l&#224;, en soutien. Il faut &#233;galement caser les journalistes. La reporter de France Bleu confie : &#171; &lt;i&gt;C'est rare de voir autant de proches pr&#233;sents en appel. D'habitude, m&#234;me s'ils sont nombreux en premi&#232;re instance, ils se d&#233;couragent.&lt;/i&gt; &#187; Pour Arthur et Vincent, la mobilisation est intacte. Elle a m&#234;me grandi au fil des ann&#233;es. Comme une r&#233;ponse &#224; la lenteur de la justice. Comme un d&#233;fi au m&#233;pris des pr&#233;venus.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;Enlis&#233;s dans le d&#233;ni&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Il serait tentant de faire un copi&#233;-coll&#233; du compte-rendu de l'audience de premi&#232;re instance&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un silo de sucre et de d&#233;dain &#187;, CQFD n&#176; 175 (avril 2019).&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; pour relater celle du 21 septembre. Tant l'ent&#234;tement dans le d&#233;ni, le rejet de la faute des uns sur les autres, le rab&#226;chage d'arguments techniquement faux se sont r&#233;p&#233;t&#233;s. Dans les m&#234;mes termes. Sur le m&#234;me ton. Leitmotiv d&#233;sesp&#233;rant. La m&#233;thode Cou&#233; en guise de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la barre, Maurice Lombard. Le repr&#233;sentant l&#233;gal de Cristal Union. L'entreprise compara&#238;t en tant que personne morale. Pour un directeur industriel &#8211; d'un groupe qui comporte une dizaine d'usines employant au total pr&#232;s de 2 000 salari&#233;s, Maurice Lombard est balbutiant, confus, h&#233;sitant. Mais il campe sur ses positions. &#192; son sens, Cristal Union est un parangon de s&#233;curit&#233; &#8211; six ouvriers sont pourtant morts dans ses usines entre 2010 et 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de pr&#233;vention ne mentionne pas le terme &#171; &lt;i&gt;ensevelissement&lt;/i&gt; &#187;, cause de la mort de Vincent et Arthur ? Tout le monde sait qu'un silo encore empli de plus de 5 000 tonnes de sucre pr&#233;sente des risques d'ensevelissement, voyons. Pourquoi faire redondance et &#233;crire cette &#233;vidence ? En revanche, le tout premier risque mentionn&#233; sur ledit plan de pr&#233;vention est &#171; &lt;i&gt;la pollution du produit&lt;/i&gt; &#187;. La priorit&#233; est clairement &#233;tablie. Le sucre fait l'objet de beaucoup plus d'attention que les travailleurs qui viennent y piocher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cordistes n'ont pas pu entrer par la porte des 7 m&#232;tres, en bas du silo, parce que le niveau de sucre &#233;tait anormalement haut ? Ce n'est pas un probl&#232;me. R&#233;pondant &#224; la pr&#233;sidente de la cour, Maurice Lombard en est s&#251;r, l'accident serait arriv&#233; m&#234;me si les cordistes avaient pu acc&#233;der au fond du silo par cette porte des 7 m&#232;tres et donc travailler sur une masse r&#233;duite de mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Jean N&#233;ret, avocat de Cristal Union, la hauteur de sucre n'influe aucunement sur le travail &#224; fournir, ni sur les risques pr&#233;sents : &#171; &lt;i&gt;Il suffisait de d&#233;siler&lt;/i&gt; [vider le silo] &lt;i&gt;comme d'habitude selon la m&#233;thode des portions de camembert, sauf que l&#224;, les portions &#233;taient plus hautes. Et apr&#232;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Et apr&#232;s ? Faut-il rappeler &#224; M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; N&#233;ret que le sucre culminait &#224; 15 m&#232;tres ? C'est la taille d'un immeuble de six &#233;tages ! Effectivement, pas de quoi s'inqui&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#171; Les cris en guise d'alerte &#187;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Michel Mangion, le directeur de la sucrerie au moment des faits (il compara&#238;t en tant que personne physique), vient &#224; son tour &#224; la barre. Cristal Union a refus&#233; que son prestataire Carrard Services fournisse des talkies-walkies aux cordistes descendant au fond du silo ? Pas grave. Ceux-ci n'avaient qu'&#224; hurler &#224; l'attention de la vigie, 40 m&#232;tres plus haut. &#192; elle de courir au t&#233;l&#233;phone du monte-charge (&#224; condition qu'il soit bloqu&#233; au dernier &#233;tage du silo) et d'appeler la responsable des installations qui se trouve dans la cave. Si elle entend la sonnerie &#224; travers le fracas de la machinerie, il lui faudra alors tenter de comprendre le message au milieu du bruit ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233; au cours de l'audience que le jour de l'accident, entre le moment o&#249; les cordistes informent du danger et la fermeture des trappes de vidage, 16 longues minutes se sont &#233;coul&#233;es. Ce d&#233;lai semble satisfaire Michel Mangion. Lui qui pr&#233;conise &#171; &lt;i&gt;les cris en guise d'alerte&lt;/i&gt; &#187;.
La question de ces talkies-walkies devait &#234;tre abord&#233;e lors de l'accueil s&#233;curit&#233; des ouvriers, pr&#233;vu &#224; 13 h 30. Arthur et Vincent sont morts aux alentours de 11 h 30...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; par les avocats, Michel Mangion est mis en difficult&#233;. &#192; ce moment, survient un &#233;pisode surr&#233;aliste. Maurice Lombard se l&#232;ve sans g&#234;ne du banc des pr&#233;venus et vient &#224; la barre au secours de son subordonn&#233;. Prend la parole, explique. La cour laisse faire. Les choses mises au point, Maurice Lombard retourne s'asseoir. Cette libert&#233; est r&#233;v&#233;latrice. Les gens de Cristal Union, pachyderme de l'agro-industrie dans la r&#233;gion, s'affranchissent des r&#232;gles en vigueur pour le commun des mortels dans l'enceinte du palais de justice. Pourquoi d&#232;s lors se soumettraient-ils aux lois applicables &#224; tout un chacun ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de nouveau sous le soleil r&#233;mois. Cristal Union, imbue de ses milliards, &#233;tale sa suffisance. Rejette la faute sur son prestataire Carrard Services. Qui lui rend la pareille. Le d&#233;ni de responsabilit&#233; est total.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#171; Pr&#233;judice commercial &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;
&lt;/strong&gt;M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maria-Claudette Aulon-Ponton, qui repr&#233;sente le SFETH, le Syndicat fran&#231;ais des entreprises de travaux en hauteur, est pr&#233;sente. Mais ne participe pas aux d&#233;bats. Ne pose pas une seule question aux pr&#233;venus, ni aux t&#233;moins. Le syndicat regroupe 43 des 600 entreprises de travaux sur cordes en France. Les plus importantes. En termes de chiffre d'affaires, s'entend. C'est un peu le Medef de la corde. D'ailleurs, il y est affili&#233;. Pas de hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SFETH cherche &#224; se constituer partie civile. Comme en premi&#232;re instance, o&#249; sa demande avait &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e irrecevable &#224; l'&#233;nonc&#233; du jugement. Heureusement. Quel est le pr&#233;judice subi par un groupement d'entreprises millionnaires &#224; l'occasion de la mort de deux travailleurs pay&#233;s &#224; peine au-dessus du Smic ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plaidoirie de l'avocate, seul moment o&#249; elle s'animera, donne la pleine mesure des revendications de son client : &#171; &lt;i&gt;La concurrence d&#233;loyale des entreprises comme Carrard Services nuit &#224; la r&#233;putation et &#224; la confiance tant des donneurs d'ordres que de l'Inspection du travail qui est devenue extr&#234;mement m&#233;fiante sur ce type de travaux, du fait des actions et des pratiques qui sont aujourd'hui tr&#232;s clairement expos&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; Ah, le bon vieux temps de l'opacit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a eu beaucoup d'articles de presse lors de l'audience en premi&#232;re instance. On a beaucoup parl&#233; des travaux sur cordes.&lt;/i&gt; &#187; Sous-entendu : des articles pas &#224; la gloire de ce m&#233;tier-passion, hors-norme (hors l&#233;gislation ?), qui fait r&#234;ver tout &#234;tre normalement constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur d'un proc&#232;s traitant de la mort atroce de deux jeunes hommes, devant les souffrances endur&#233;es par leurs proches pendant pr&#232;s de dix ans en l'absence de r&#233;ponse de la justice, l'avocate des patrons de la corde vient parler r&#233;putation, concurrence, &#171; &lt;i&gt;pr&#233;judice commercial&lt;/i&gt; &#187;. Business, en un mot. M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Aulon-Ponton ne tiendra aucun propos sur le fond de l'affaire. N'aura aucune parole &#224; l'adresse des victimes et de leur famille. Elle r&#233;clame, au nom des pr&#233;judices subis par son client, 105 000 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#171; Corde tendue ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;La seule diff&#233;rence notable avec l'audience de premi&#232;re instance, c'est la pr&#233;sence de Julien Rivollet, cit&#233; en tant que t&#233;moin par les parties civiles. Il est cordiste, formateur, membre et pr&#233;sident de jurys d'examen. C'est l'un des professionnels les plus certifi&#233;s de France. Il a apport&#233; son expertise au groupe de travail sur les interventions en milieu confin&#233;, initi&#233; par le minist&#232;re du Travail, la MSA (la S&#233;curit&#233; sociale agricole) et l'Inspection du travail, &#224; la suite du d&#233;c&#232;s de Quentin, enseveli en 2017 dans un silo appartenant, l&#224; encore, &#224; Cristal Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s d'une heure, il explique. Il pr&#233;cise. Fait la lumi&#232;re sur des zones d'ombre. R&#233;pond aux avocats. &#192; la cour. Ce point de vue technique est pr&#233;cieux. Cependant, il ne semble pas &#233;branler la conviction des avocats des pr&#233;venus. Surtout pas celle des conseils des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; N&#233;ret, en petite forme, ne plaidera qu'une heure, contre 1 h 45 en premi&#232;re instance. Ce qui ne l'emp&#234;chera pas de psalmodier son antienne favorite : &#171; &lt;i&gt;corde tendue&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; L'avocat de Cristal Union a utilis&#233; l'expression dix-huit fois en soixante minutes. Soit une fois toutes les trois minutes environ, restant imperm&#233;able aux explications de Julien. Ce dernier a pourtant longuement pr&#233;cis&#233; que piocher et pelleter le sucre en suspension, au bout d'une corde de 40 m&#232;tres, est mat&#233;riellement impossible. L'&#233;lasticit&#233; fait monter et descendre le cordiste comme un yoyo, et le fait accessoirement tourner sur lui-m&#234;me comme une toupie, puisqu'il n'a aucun point d'appui. Arthur et Vincent n'avaient donc d'autre choix que de travailler camp&#233;s sur la montagne de sucre. Qu'importe : M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; N&#233;ret reproche aux travailleurs de n'avoir pas appliqu&#233; une consigne inapplicable. Rejetant ainsi la faute sur les victimes apr&#232;s l'avoir rejet&#233;e sur Carrard Services. La boucle est boucl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Olivier Bernheim, avocat de Carrard Services, sera fid&#232;le au m&#234;me sch&#233;ma. Il interroge Julien : &#171; &lt;i&gt;Selon vous, la mentalit&#233; du cordiste est d'&#234;tre plut&#244;t ob&#233;issant aux consignes, ou au contraire il a une certaine id&#233;e de son ind&#233;pendance&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Sous-entendu, l'ouvrier serait un irresponsable ing&#233;rable bafouant les ordres et consignes de ses encadrants pour se mettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment en danger. La r&#233;ponse de Julien fuse, sans &#233;quivoque : &#171; &lt;i&gt;Le cordiste demande des consignes claires.&lt;/i&gt; &#187; Mieux que tout autre, lui sait que le m&#233;tier souffre d'un manque de supervision et d'encadrement. Trop souvent, l'ouvrier cordiste est livr&#233; &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la mati&#232;re, Carrard Services est loin d'&#234;tre exemplaire. Le document unique d'&#233;valuation des risques (DUER) pr&#233;sent&#233; aux enqu&#234;teurs n'avait pas &#233;t&#233; mis &#224; jour depuis 2006, soit six ans avant le drame. Ce document n'&#233;voquait &#224; aucun endroit les risques d'enlisement et d'ensevelissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cynisme de l'entreprise envers les victimes, et donc envers leurs proches assistant &#224; l'audience, atteindra ensuite un sommet d'ind&#233;cence. Rescap&#233; de l'accident, Fr&#233;d&#233;ric Soulier est dans la salle. Il d&#233;crira comment il a vu mourir ses deux coll&#232;gues. Ces longues minutes d'horreur, de peur, de cris inentendus. Le sentiment d'isolement au fond de ce pi&#232;ge. Il expliquera &#224; son tour l'impossibilit&#233; de travailler en suspension. Il affirmera fermement &#224; la cour qu'il n'&#233;tait pas au courant que des trappes pr&#233;vues pour permettre au sucre de s'&#233;couler &#233;taient ouvertes sous ses pieds. Avocat de Carrard Services, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bernheim pr&#233;tendra sans ciller, reprenant la fixette de son confr&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Comme dans tout accident du travail, les victimes ont oubli&#233; les consignes. Elles ont oubli&#233; de travailler sur corde tendue.&lt;/i&gt; &#187; Puis, d&#233;signant Fr&#233;d&#233;ric dans la salle : &#171; &lt;i&gt;Tout comme Monsieur Soulier a oubli&#233; qu'on l'avait inform&#233; que des trappes &#233;taient ouvertes.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s cette affirmation lumineuse d'humanit&#233;, tout commentaire serait vain. Toute insulte inutile.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;Pour 1 200 &#8364; par mois&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Comme en premi&#232;re instance, les pr&#233;venus se d&#233;faussent les uns sur les autres. Petite nouveaut&#233; tout de m&#234;me, les avocats des assurances des deux soci&#233;t&#233;s sont pr&#233;sents. Il faut savoir que les dommages et int&#233;r&#234;ts &#233;ventuels accord&#233;s aux parties civiles seront r&#233;gl&#233;s par les assurances. Il ne faudrait pas que ces sommes dues au titre de la r&#233;paration des pr&#233;judices subis par toutes ces personnes &#233;plor&#233;es viennent &#233;corner les bilans financiers des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cristal Union, 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, accable Carrard Services, 60 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui le lui rend bien. Puis les deux bo&#238;tes fondent comme un seul vautour sur les d&#233;pouilles d'Arthur et Vincent, les pr&#233;tendant fautifs de leur propre mort. Michel Mangion, directeur de la sucrerie de Bazancourt &#224; l'&#233;poque, 7 000 &#8364; net par mois, se joint &#224; la cur&#233;e. David Duval, chef d'&#233;tablissement du sous-traitant, 5 000 &#8364; net par mois, charge son subalterne, responsable du chantier sur site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthur et Vincent sont descendus sans sourciller au fond de ce silo pour environ 10 &#8364; brut de l'heure. Soit approximativement 1 200 &#8364; net par mois. Sans la moindre prime de risque, de p&#233;nibilit&#233; ou de confinement. Maurice Lombard, Michel Mangion et David Duval n'auront aucun mot &#224; l'attention des victimes. Ni &#224; l'attention des familles pr&#233;sentes dans la salle. Si la valeur d'un homme se mesure davantage &#224; sa probit&#233; et &#224; son courage qu'&#224; son compte en banque, ceux-l&#224; ne sont assur&#233;ment pas dignes d'estime.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt; &#171; Une peine de tristesse &#224; perp&#233;tuit&#233; &#187;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;L'estime est &#224; porter au cr&#233;dit de la maman de Vincent. Grave et droite, elle s'exprime &#224; la barre en quelques mots clairs et lourds de sens : &#171; &lt;i&gt;Je m'appelle Chantal Dequin, je suis toujours la maman de Vincent. Cette histoire, c'est celle du pot de terre contre le pot de fer. Mais ces messieurs doivent l'entendre, tant que je serais vivante, je ne les l&#226;cherai pas. Ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de sursis. Moi j'ai pris une peine &#224; perp&#233;tuit&#233; de tristesse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate g&#233;n&#233;rale requiert les m&#234;mes peines qu'en premi&#232;re instance. Les avocats des pr&#233;venus plaident tous sans honte la relaxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est presque 23 heures. Apr&#232;s quasi neuf heures d'audience, la pr&#233;sidente de la cour met son arr&#234;t en d&#233;lib&#233;r&#233;. R&#233;ponse de la justice le 24 novembre. Deux mois de pression suppl&#233;mentaires pour les proches. Quelle va &#234;tre la d&#233;cision de la cour d'appel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, plane la menace du pourvoi en cassation des pr&#233;venus. Au lendemain de l'audience, je re&#231;ois ce message d'une personne bien renseign&#233;e sur les pratiques locales : &#171; &lt;i&gt;On me dit que Cristal Union ira jusqu'au bout pour ne pas cr&#233;er de pr&#233;c&#233;dent sur son site et qu'elle essaie d'actionner de nombreux leviers&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&#201;ric Louis *&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;Membre fondateur de l'association Cordistes en col&#232;re, cordistes solidaires, l'auteur a travaill&#233; dans les m&#234;mes silos que Vincent et Arthur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Quentin Zaraoui-Bruat est mort en juin 2017, enselevi sous 370 tonnes de grain, sur ce m&#234;me site de Bazancourt, o&#249; Arthur et Vincent ont perdu la vie. Il avait 21 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Un-silo-de-sucre-et-de-dedain' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Un silo de sucre et de d&#233;dain &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 175 (avril 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Le corps n'existe pas seul en dehors des d&#233;terminations sociales &#187;</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;De la colonisation de l&#700;Am&#233;rique latine &#224; la r&#233;volution industrielle anglaise en passant par la chasse aux sorci&#232;res, les corps des &#171; domin&#233;s &#187; n&#700;ont cess&#233; d&#700;&#234;tre accapar&#233;s par les puissants. Que subissent aujourd&#700;hui ces m&#234;mes corps dont les deux pieds pataugent dans le capitalisme ? La parole est &#224; la sociologue Jules Falquet. S'il existe des sujets in&#233;puisables, le corps en fait partie. Bross&#233; dans tous les sens du poil, tant dans ses dimensions sociales que culturelles, il vient &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no197-avril-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;197 (avril 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/XIXe-siecle" rel="tag"&gt;XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De la colonisation de l&#700;Am&#233;rique latine &#224; la r&#233;volution industrielle anglaise en passant par la chasse aux sorci&#232;res, les corps des &#171; domin&#233;s &#187; n&#700;ont cess&#233; d&#700;&#234;tre accapar&#233;s par les puissants. Que subissent aujourd&#700;hui ces m&#234;mes corps dont les deux pieds pataugent dans le capitalisme ? La parole est &#224; la sociologue Jules Falquet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3609 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende img' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1751.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH788/-1751-5cf0e.jpg?1779640937' width='500' height='788' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il existe des sujets in&#233;puisables, le corps en fait partie. Bross&#233; dans tous les sens du poil, tant dans ses dimensions sociales que culturelles, il vient &#224; nouveau d'&#234;tre questionn&#233; par l'universitaire am&#233;ricaine Silvia Federici dans son livre &lt;i&gt;Par-del&#224; les fronti&#232;res du corps &lt;/i&gt;(Divergences, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce dont on parle au fond dans cet ouvrage, &#224; savoir du &#8220;corps&#8221; [...], n'a rien de naturel ni d'intemporel : le corps d'apr&#232;s Federici est un sujet/objet marqu&#233; au plus profond par le capitalisme et ses dynamiques historiques &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit la sociologue Jules Falquet dans la pr&#233;face du livre. Elle r&#233;pond ici &#224; nos questions qui, tout en prenant leurs distances avec celles soulev&#233;es par Silvia Federici, traitent en partie du m&#234;me sujet : le corps des domin&#233;s dans la machine &#224; broyer capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire du capitalisme est ponctu&#233;e d'entreprises de domination des corps. Ceux des ouvriers, des femmes, des personnes racis&#233;es... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour comprendre ceci est le concept de &#8220;corps-comme- machine-&#224;-force de travail&#8221; d&#233;velopp&#233; par la sociologue fran&#231;aise Colette Guillaumin. Dans la th&#233;orie &#233;conomique classique, on dit que les prol&#233;taires vendent leur force de travail. Mais pour Guillaumin, bien avant cela, certaines personnes ne sont m&#234;me pas propri&#233;taires de leur force de travail : elles ne s'appartiennent pas et sont uniquement (vues comme) des corps-machines-&#224;-force de travail. Ce n'est pas leur force de travail qui est exploit&#233;e, c'est leur corps qui est appropri&#233;, tout entier et sans limites. Ces personnes, ce sont historiquement les personnes esclavagis&#233;es dans les plantations latino-am&#233;ricaines du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et les femmes dans leur ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de revenir sur la substitution progressive du mode de production esclavagiste par le mode de production capitaliste au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. En 1840, Flora Tristan publie &lt;i&gt;Promenade dans Londres&lt;/i&gt;, un ouvrage dans lequel elle explique notamment comment dans l'Angleterre de la r&#233;volution industrielle, dans le premier tiers du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les capitalistes exploitant des prol&#233;taires sont en train de prendre le dessus sur les propri&#233;taires d'esclaves. En d&#233;crivant le quartier juif et le quartier des Irlandais ainsi que la mis&#232;re terrifiante dans laquelle y vivent les prol&#233;taires, elle explique qu'&#224; la diff&#233;rence des propri&#233;taires d'esclaves, qui ont int&#233;r&#234;t &#224; conserver en vie leurs &#8220;biens&#8221; (dont ils ont achet&#233; les corps), les capitalistes peuvent se permettre d'acheter le travail des prol&#233;taires, pour une heure, un jour, et les laisser mourir de faim et de froid en dehors de ce temps-l&#224;. Engels donnera quelques ann&#233;es apr&#232;s, dans son important ouvrage &lt;i&gt;La Situation de la classe ouvri&#232;re en Angleterre en 1844&lt;/i&gt;, des chiffres terrifiants : la moiti&#233; des enfants de cette classe prol&#233;taire en formation mouraient avant 5 ans, les femmes n'avaient plus leurs r&#232;gles ou ne parvenaient pas &#224; mener leurs grossesses &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet des corps racis&#233;s, on peut s'int&#233;resser aux travaux de la philosophe f&#233;ministe argentine Maria Lugones. Pour elle, comme pour An&#237;bal Quijano, auteur phare de la pens&#233;e d&#233;coloniale (qui est issue d'Am&#233;rique latine), le capitalisme ne remonte pas &#224; l'Angle terre du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle mais &#224; l'invasion europ&#233;enne de l'Am&#233;rique latine &#224; partir de 1492. Selon Quijano, le processus colonial homog&#233;n&#233;ise les personnes envahies et les transforme radicalement en &#8220;Autres&#8221;. Consid&#233;r&#233;es comme &#8220;sans culture&#8221; et pratiquement comme des animaux, elles ont &#233;t&#233; mises au travail jusqu'&#224; la mort. Lugones ajoute &#224; cette analyse que du coup, les envahisseurs ne reconnaissaient pas de genre, mais seulement un sexe, aux colonis&#233;&#183;es. Ils et elles n'&#233;taient que des corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; celui des femmes europ&#233;ennes, Silvia Federici estime qu'il a surtout &#233;t&#233; progressivement enferm&#233; dans un nouvel espace qui se cr&#233;e &#224; partir de la fin du Moyen &#194;ge, celui de la &#8220;sph&#232;re domestique&#8221;. La chasse aux sorci&#232;res a &#233;t&#233; le moyen, extr&#234;mement violent, de cet enfermement. Enfermer les femmes dans cet espace priv&#233; a permis de s'approprier leur travail en le rendant invisible, en le faisant sortir de l'&#233;change marchand, en le rendant gratuit, en faisant oublier qu'il s'agit v&#233;ritablement d'un travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre si&#232;cles apr&#232;s l'apog&#233;e de la chasse aux sorci&#232;res, dans les ann&#233;es 1970, les femmes ont lutt&#233; pour se r&#233;approprier leur corps dans son versant procr&#233;atif... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les femmes, se r&#233;approprier leur corps en tant que potentiellement procr&#233;ateur (bien qu'il y ait d'autres dimensions &#224; r&#233;cup&#233;rer de nos corps) a pu (et peut toujours) signifier deux choses en m&#234;me temps. Pour certaines, la lutte a consist&#233; &#224; revendiquer la libert&#233; d'interrompre leur grossesse et, en amont, d'avoir le droit d'utiliser des m&#233;thodes contraceptives et d'&#234;tre inform&#233;es &#224; leur propos. En France, l'&#201;tat avait renforc&#233; l'interdiction de tout cela en 1920, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, dans le but explicite d'obliger les femmes &#224; repeupler le pays. D'o&#249; le fait qu'une bonne partie du mouvement en France m&#233;tropolitaine, dans les ann&#233;es 1970 et apr&#232;s cinquante ans d'imposition procr&#233;ative, se soit orient&#233; vers la revendication de la contraception et de l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres femmes &#233;taient &#224; cette &#233;poque avant tout vis&#233;es par des politiques de st&#233;rilisation. Aux &#201;tats-Unis, en 1968, la f&#233;ministe afro-&#233;tatsunienne Frances Beal critiquait dans un texte important, &lt;i&gt;Double Jeopardy : To Be Black and Female&lt;/i&gt;, d'abord les politiques imp&#233;rialistes appuy&#233;es par les &#201;tats-Unis de vasectomies massives en Inde, ensuite les campagnes de st&#233;rilisation forc&#233;es de femmes noires men&#233;es dans la colonie &#233;tats-unienne de Porto Rico, et enfin l'importation de ces poli tiques racistes et sexistes sur le sol m&#234;me des &#201;tats-Unis, o&#249; des femmes afro-&#233;tatsuniennes &#233;taient contraintes d'accepter d'&#234;tre st&#233;rilis&#233;es sous peine de se voir couper leurs allocations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reste-t-il aujourd'hui de cette longue histoire d'appropriation des corps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut dire, en s'appuyant sur les travaux de Colette Guillaumin, que le corps n'existe pas &#8220;tout seul&#8221;, dans l'abstrait, en dehors des d&#233;terminations sociales. Le corps des personnes qui subissent le racisme, le sexisme, l'h&#233;t&#233;rosexisme, ne leur appartient toujours pas. On le voit bien avec la justice, quand elle ne sanctionne pas le viol conjugal ou encore lorsqu'elle permet &#224; la police de brutaliser ou d'assassiner certains corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur un tout autre plan, l'ouvrage de Silvia Federici que vous avez pr&#233;fac&#233; s'int&#233;resse aux liens que nos corps entretiennent avec la nature. Aujourd'hui, il semble pourtant qu'ils n'aient jamais &#233;t&#233; autant malmen&#233;s par l'industrie...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos corps sont soumis par l'industrie &#224; une absorption permanente d'hormones de synth&#232;se, de nourriture et d'eau empoisonn&#233;e, d'&#233;l&#233;ments polluants, de radioactivit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, sans surprise, p&#232;se particuli&#232;rement sur les corps des personnes racis&#233;es et des prol&#233;taires. Aux &#201;tats-Unis, il existe par exemple une tr&#232;s forte pr&#233;valence de l'ob&#233;sit&#233; et du diab&#232;te chez les enfants noirs et latinos. Depuis que le Mexique a sign&#233; le trait&#233; de libre-&#233;change avec les &#201;tats- Unis et le Canada, il subit &#233;galement une v&#233;ritable &#233;pid&#233;mie d'ob&#233;sit&#233; et de diab&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parler d'une autre source d'empoisonnement, en France, depuis soixante-dix ans, les gouvernements successifs d&#233;cident sans aucune consultation d&#233;mocratique des lieux d'implantation des centrales nucl&#233;aires civiles et militaires, ainsi que o&#249; et quand r&#233;aliser des essais nucl&#233;aires &#224; l'air libre, ou encore o&#249; enfouir les d&#233;chets radioactifs dont personne ne sait comment se d&#233;barrasser. Si je suis polyn&#233;sienne, les explosions devant mon atoll ne me laissent pas le choix d'&#234;tre ou non irradi&#233;e. De la m&#234;me mani&#232;re que si je vis &#224; Bure (Meuse) ou dans toute sa r&#233;gion, mon corps n'aura &#224; l'avenir d'autre alternative que de subir les radiations des poubelles radioactives enter r&#233;es sous mes pieds. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; toutes ces contraintes, comment peut-on esp&#233;rer reprendre le pouvoir sur nos corps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &lt;i&gt;reprendra corps &lt;/i&gt;en s'informant, en partageant nos analyses et surtout en luttant collectivement. Les groupes de parole f&#233;ministes, historiquement, ont permis (entre autres) de parler du corps, de choses que chacune pensait tr&#232;s intimes et tr&#232;s personnelles, et de se rendre compte qu'il s'agissait de probl&#232;mes communs &#224; beaucoup, et qui &#233;taient en fait politiques. C'est une m&#233;thode qui reste compl&#232;tement d'actualit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet entretien fait partie du dossier sur &#034;Les corps dans la guerre sociale&#034;, publi&#233; dans le num&#233;ro 197 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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