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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Un rac&#243; llibertari a Barcelona</title>
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		<dc:creator>Cosa Rara, Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;Au mois de mai, une large invitation a &#233;t&#233; lanc&#233;e pour commencer &#224; c&#233;l&#233;brer le trenti&#232;me anniversaire d'El Lokal, un espace de luttes mythique dans la capitale catalane. I&#241;aki nous raconte le reste. CQFD : El Lokal, c'&#233;tait comment au d&#233;but ? &#171; &#192; la fin des ann&#233;es 1980, nous faisions une revue libertaire qui s'appelait Lletra A &#224; Barcelone, Sabotaje &#224; Madrid et Resiste au Pays basque. Nous tra&#238;nions &#224; l'ath&#233;n&#233;e libertaire du quartier de Poble Sec la journ&#233;e et nous nous retrouvions le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au mois de mai, une large invitation a &#233;t&#233; lanc&#233;e pour commencer &#224; c&#233;l&#233;brer le trenti&#232;me anniversaire d'El Lokal, un espace de luttes mythique dans la capitale catalane. I&#241;aki nous raconte le reste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH376/-1429-0d8f2.jpg?1768695251' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Ferdinand Cazalis
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : El Lokal, c'&#233;tait comment au d&#233;but ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la fin des ann&#233;es 1980, nous faisions une revue libertaire qui s'appelait &lt;i&gt;Lletra A&lt;/i&gt; &#224; Barcelone, &lt;i&gt;Sabotaje&lt;/i&gt; &#224; Madrid et &lt;i&gt;Resiste&lt;/i&gt; au Pays basque. Nous tra&#238;nions &#224; l'ath&#233;n&#233;e libertaire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les ath&#233;n&#233;es libertaires sont des espaces de culture et d'&#233;ducation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; du quartier de Poble Sec la journ&#233;e et nous nous retrouvions le soir &#224; la pizzeria Rivolta, &#233;galement fr&#233;quent&#233;e par le milieu anarchiste. On animait des &#233;missions sur les radios libres, on &#233;crivait dans des fanzines et on allait dans des bars associatifs qui poussaient comme des champignons dans le centre de Barcelone (4 Pasos al Norte, El Pirata). Mais il nous fallait un lieu o&#249; diffuser un matos alternatif &#233;clectique, avec des horaires nocturnes et une ouverture au-del&#224; du cercle militant, pour que les gens n'aient pas peur de rentrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous nous sommes install&#233;s, en mai 1987, dans le local du no 1 de la rue de la Cera, nous partions sur du temporaire. On a mont&#233; un bar, qui accueillait des punks pour des concerts improvis&#233;s malgr&#233; l'&#233;troitesse du rez-de-chauss&#233;e. Mais on subissait en permanence des descentes de flics, surtout pour la drogue. Autre probl&#232;me, le fait de tenir un bar nous a tr&#232;s vite transform&#233;s en serveurs. On a alors d&#233;cid&#233; de le fermer, sous les insultes des habitu&#233;s, pour mieux continuer l'activit&#233; de disquaire-librairie-vente de fringues-infokiosque. &#192; partir de cette exp&#233;rience de distribution de matos alternatif, principalement des bouquins, sont n&#233;es les &#233;ditions Virus. Au fil des ann&#233;es, elles sont devenues une structure ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Lokal a &#233;merg&#233; comme un espace d'autogestion utile aux luttes dans la ville et au niveau international. Et diff&#233;rents collectifs sont venus l'agrandir : los Okupas, les antifascistes, les gays, les sans-papiers, le mouvement contre le cinqui&#232;me centenaire de la d&#233;couverte des Am&#233;riques et l'Expo universelle de 1992... Pendant 15 ans, le Comit&#233; de solidarit&#233; avec la r&#233;bellion zapatiste a aussi eu son QG ici. En d&#233;pit des conflits inh&#233;rents &#224; ce genre d'exp&#233;rience collective, nous avons continu&#233; &#224; fonctionner sans adh&#233;sions ni subventions, en autoproduisant toutes sortes de choses &#8211; par exemple, une compil de rock antimilitariste. L'argent r&#233;colt&#233; nous a permis de soutenir les luttes, notamment en participant aux frais de justice. Depuis le 15-M&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou &#171; Mouvement des Indign&#233;s &#187;, n&#233; sur la Puerta del Sol &#224; Madrid le 15 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, nos activit&#233;s se sont surtout concentr&#233;es sur la d&#233;fense du quartier contre la gentrification. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir choisi le quartier du Raval, ex-Barrio Chino ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1992, la &lt;i&gt;Rambla&lt;/i&gt; du Raval a commenc&#233; &#224; sortir de terre sans rencontrer beaucoup d'opposition. Quand nous d&#233;noncions les destructions de rues enti&#232;res et les expulsions d'habitants accompagnant cette grande op&#233;ration d'am&#233;nagement urbain, on nous prenait pour des fous. C'&#233;tait une &#233;poque tendue, difficile, entre l'h&#233;ro&#239;ne, les attaques n&#233;onazies et sexistes, la peur des habitants. On nous voyait comme des &#171; bizarres &#187;. Mais avec le temps, nous avons &#233;t&#233; accept&#233;s dans la &#171; normalit&#233; bizarre &#187; du Raval, un quartier stigmatis&#233; que les gens comparaient volontiers au Bronx &#224; New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amplitude de nos horaires d'ouverture, en particulier les samedis, a jou&#233; un r&#244;le essentiel : des gens venaient de partout avec leurs listes de courses politiques, dans le spirituel (livres, revues, brochures...), l'humain (un coup de main pour r&#233;sister &#224; une expulsion) ou le mat&#233;riel (m&#233;gaphone et autres outils). Bref, ce n'&#233;tait pas une simple boutique, mais un lieu qui sert pour tout, toute la journ&#233;e, m&#234;me si c'est &#233;puisant parfois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est ton opinion sur le tourisme qui s&#233;vit actuellement dans El Raval, et &#224; Barcelone en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On nous a souvent qualifi&#233;s de &#171; tourismo-phobiques &#187;, mais aujourd'hui, Barcelone est vendue comme un produit touristique mondial. Et cela s'accompagne d'une sp&#233;culation sauvage : Airbnb, les h&#244;tels, les croisi&#232;res et trente mille touristes par jour qui arrivent, ach&#232;tent et s'en vont sans vraiment voir la ville. En d&#233;coulent des emplois pr&#233;caires, des salaires tellement bas que certains travailleurs sont oblig&#233;s de dormir dans la rue, des investissements touristiques sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous et nos voisins du centre-ville, la menace d'expulsion est imminente, car la loi imposant des loyers fixes a &#233;t&#233; abrog&#233;e, et les propri&#233;taires les augmentent d&#232;s qu'ils le peuvent. Derni&#232;rement, on a emp&#234;ch&#233; l'expulsion d'une famille de notre immeuble avec les voisins et voisines de tout le quartier. Tout devient plus cher, et les petits commerces (boucheries, cybercaf&#233;s&#8230;), souvent tenus par des immigr&#233;s d&#233;barqu&#233;s depuis plus ou moins longtemps et qui faisaient le dynamisme du Raval, ferment et sont remplac&#233;s par des grandes enseignes destin&#233;es aux touristes. Le Raval, quartier traditionnel des putes, des pauvres, des homos, des migrants et des anarchistes, doit &#234;tre r&#233;nov&#233; pour que les promoteurs du tourisme de masse aient un produit encore plus attractif &#224; vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gentrification d'El Raval tarde plus que pr&#233;vu, c'est gr&#226;ce aux immigr&#233;s : ce sont les enfants de l'immigration qui d&#233;fendent l'identit&#233; rebelle du quartier. La gentrification implique un changement de population pour que les touristes soient assur&#233;s de d&#233;ambuler dans une sorte de parc &#224; th&#232;mes bien normalis&#233;. Par exemple, dans les rues c&#233;l&#233;br&#233;es par Manu Chao, on ne peut plus chanter en dehors de zones balis&#233;es sous peine d'amende. Et les chanteurs de rue doivent avoir une assurance et un permis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arriv&#233;e d'Ada Colau &#224; la t&#234;te de la ville a-t-elle chang&#233; la situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nouvelle mairie est oppos&#233;e au tout-touristique, mais est minoritaire et ne peut emp&#234;cher les investisseurs mondiaux de continuer le saccage. Marina Garc&#233;s, une philosophe barcelonaise, compare le tourisme aux ravages de l'industrie mini&#232;re en Am&#233;rique latine : ils arrivent dans un territoire, expulsent les habitants, exploitent &#224; fond et partent quand le filon est &#233;puis&#233;. Imaginez la ville bient&#244;t remplie d'h&#244;tels vides !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection d'Ada Colau a suscit&#233; beaucoup d'espoir. Elle est la premi&#232;re femme &#224; devenir maire de Barcelone et elle n'appartient pas &#224; l'oligarchie, qui n'a que m&#233;pris pour ses origines modestes. Cependant les activistes d'hier sont fonctionnaires aujourd'hui. Les nouveaux &#233;lus inspirent encore une certaine confiance, mais ils ont face &#224; eux la droite dure du Parti populaire au pouvoir &#224; Madrid, les syndicats r&#233;formistes largement compromis, le lobby de l'industrie touristique. C'est pourquoi les mesures positives qu'ils peuvent prendre ont souvent des effets limit&#233;s. Il faut que le mouvement de base, issu du 15-M, reste fort pour les obliger &#224; combattre les int&#233;r&#234;ts de cette clique. Mais nous ne sommes pas si nombreux et tout se focalise sur la question de l'ind&#233;pendance de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retour en arri&#232;re semble n&#233;anmoins improbable. La plupart des gens ressentent d&#233;sormais une grande d&#233;fiance vis-&#224;-vis des banques, et des luttes nouvelles &#233;mergent face aux in&#233;galit&#233;s, aux expulsions. Nous ne sommes plus consid&#233;r&#233;s comme bizarres, mais lucides. Et on vient m&#234;me nous demander notre avis sur les probl&#232;mes partag&#233;s par tout le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme y est malheureusement pr&#233;sent. Mais il existe un foss&#233; entre la propagande d'extr&#234;me droite, qui instrumentalise la peur de la mondialisation, et ce que les gens vivent au quotidien avec leurs voisins de toutes origines. Quand la police catalane a assassin&#233; Juan Andres Benitez&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 6 octobre 2013, par les sinistres Mossos d'Esquadra qu'Ada Colau avait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, une grande manifestation a d'ailleurs r&#233;uni les prostitu&#233;es organis&#233;es, les immigr&#233;s pakistanais musulmans, les gays. Tout le monde avait compris, m&#234;me si on ne se m&#233;lange pas trop, qu'il fallait r&#233;agir collectivement face aux flics traitant n'importe qui en suspect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons continuer &#224; d&#233;fendre le quartier. Et nous vous invitons du 13 au 16 juillet &#224; la 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition d'&lt;i&gt;El Raval Resiste&lt;/i&gt;. Ainsi qu'&#224; revenir en octobre, au centre social Can Batll&#242;, pour f&#234;ter officiellement nos 30 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Cosa Rara &amp; Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-tourisme-est-une-industrie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le tourisme est une industrie extractiviste&lt;/a&gt; &#187; : entretien avec le militant anti-tourisme barcelonais Daniel Pardo, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;176 (mai 2019).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les ath&#233;n&#233;es libertaires sont des espaces de culture et d'&#233;ducation populaire qui se d&#233;veloppent en Espagne &#224; partir de la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ou &#171; Mouvement des Indign&#233;s &#187;, n&#233; sur la Puerta del Sol &#224; Madrid le 15 mai 2011. Il s'est poursuivi dans les nombreuses assembl&#233;es de quartier qui se r&#233;unissent toujours dans les villes espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 6 octobre 2013, par les sinistres Mossos d'Esquadra qu'Ada Colau avait promis, un temps, de dissoudre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Le tourisme est une industrie extractiviste &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-tourisme-est-une-industrie</link>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Barcelone, la surfr&#233;quentation touristique d&#233;truit chaque ann&#233;e davantage les &#233;quilibres socio-urbains. Un rouleau compresseur &#233;conomique contre lequel s'&#233;l&#232;ve l'ABTS (Assemblea de barris per un turisme sostenible), un regroupement de diverses associations et assembl&#233;es de quartiers. Dans un petit bar de la vieille ville, entretien avec le militant Daniel Pardo. Ton organisation s'appelle &#171; Assembl&#233;e de quartiers pour un tourisme soutenable &#187;. C'est possible, un &#171; tourisme soutenable &#187; ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Patrick-Cockpit-295" rel="tag"&gt;Patrick Cockpit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/public" rel="tag"&gt;public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-autres" rel="tag"&gt;d'autres&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Barcelone, la surfr&#233;quentation touristique d&#233;truit chaque ann&#233;e davantage les &#233;quilibres socio-urbains. Un rouleau compresseur &#233;conomique contre lequel s'&#233;l&#232;ve l'ABTS (&lt;i&gt;Assemblea de barris per un turisme sostenible&lt;/i&gt;), un regroupement de diverses associations et assembl&#233;es de quartiers. Dans un petit bar de la vieille ville, entretien avec le militant Daniel Pardo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2955 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH418/-1195-c601c.jpg?1768652738' width='280' height='418' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton organisation s'appelle &#171; Assembl&#233;e de quartiers pour un tourisme soutenable &#187;. C'est possible, un &#171; tourisme soutenable &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non. (&lt;i&gt;Rires&lt;/i&gt;) Personne n'&#233;tait vraiment convaincu, mais il fallait bien trouver un nom. Certains se sont f&#226;ch&#233;s en disant qu'on n'&#233;tait pas assez radicaux. Toutefois cette appellation nous permet aussi de toucher un public qui se m&#233;fierait si on avait un nom plus frontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, on ne croit pas vraiment &#224; la possibilit&#233; d'un tourisme soutenable &#224; Barcelone. L'id&#233;e est plut&#244;t de commencer &#224; le faire d&#233;cro&#238;tre avant de voir quel niveau de tourisme serait soutenable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'organise l'ABTS ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un groupe informel, sans porte-parole ni pr&#233;sident. Un espace de coordination : des &#8220;d&#233;l&#233;gu&#233;s&#8221; repr&#233;sentent chaque assembl&#233;e de quartier et on se retrouve une fois par mois. On traite de beaucoup de sujets : &#231;a va d'une lutte dans un quartier sp&#233;cifique au r&#233;seau anti-tourisme du sud de l'Europe (&lt;i&gt;lire plus loin&lt;/i&gt;). Voil&#224; pourquoi on s'organise en groupes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, en 2015, on &#233;tait une quinzaine de collectifs du centre-ville. Le degr&#233; de nuisances caus&#233;es par le tourisme est tel qu'il &#233;tait naturel pour les gens de se rassembler. Tr&#232;s vite, des quartiers plus p&#233;riph&#233;riques nous ont rejoints, conscients qu'ils &#233;taient les prochains sur la liste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quoi se fonde votre critique du tourisme, concr&#232;tement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme d'autres, l'industrie touristique est extractive, dans le sens o&#249; elle se fixe dans un lieu et en extrait d'&#233;normes profits qu'elle ne redistribue pas. Sachant que le tourisme de masse a un besoin syst&#233;matique de cro&#238;tre et maltraite le territoire ainsi que sa population. Il faut casser cette logique de croissance &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier impact se ressent sur le logement. Sans oublier les ouvertures d'h&#244;tels &#8211; qui elles aussi r&#233;duisent le parc immobilier disponible &#8211;, le plus visible, ce sont les appartements touristiques, type AirBnB. &#192; Barcelone, il y a environ 10 000 locations l&#233;gales (avec licence) pour pr&#232;s de 15 000 ill&#233;gales. Pour beaucoup de gens, il faudrait simplement fermer les locations ill&#233;gales. Mais qu'elles soient l&#233;gales ou ill&#233;gales, le probl&#232;me reste le m&#234;me. L'attractivit&#233; touristique entra&#238;ne une attractivit&#233; immobili&#232;re. Alors m&#234;me si le probl&#232;me de la sp&#233;culation immobili&#232;re en Espagne d&#233;passe largement le facteur touristique, la &#8220;touristification&#8221; fonctionne comme un catalyseur de cette machine immobili&#232;re &#224; expulser &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Barcelone, quelle ville en commun ? &#187;, CQFD n&#176; 174, mars 2019.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate aussi une transformation du tissu commercial : les commerces de proximit&#233; sont remplac&#233;s par des magasins touristiques qui ne sont d'aucune utilit&#233; aux habitants. Et dans les magasins mixtes, &#224; destination des locaux comme des touristes, les prix sont exorbitants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tourisme a aussi un impact sur les transports publics&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, &#224; plusieurs niveaux. D'une part, l'espace public est totalement satur&#233; dans certains quartiers par la masse de touristes et les v&#233;hicules de location type trottinettes &#233;lectriques ou &lt;i&gt;Segway&lt;/i&gt; qui rendent les d&#233;placements tr&#232;s compliqu&#233;s. Les vieux nous disent qu'ils sortent moins, que l'espace public leur para&#238;t plus hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le r&#233;seau public de transport est lui aussi satur&#233;. &#192; certaines p&#233;riodes de l'ann&#233;e, le m&#233;tro et le bus ne s'arr&#234;tent plus &#224; certaines stations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, il y a aussi un impact &#233;cologique dramatique avec les vols &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;, les croisi&#232;res, les bus et les voitures dans une ville qui avait d&#233;j&#224; de gros probl&#232;mes de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et c'est fondamental, l'industrie touristique est le pire secteur &#233;conomique quant aux conditions de travail. Dans l'h&#244;tellerie et la restauration, le salaire moyen n'est que la moiti&#233; du salaire moyen g&#233;n&#233;ral. L'argument principal du secteur touristique est qu'il apporte des richesses et du travail. C'est mensonger : les salaires sont merdiques, souvent pay&#233;s au noir, les conditions de travail p&#233;nibles avec des journ&#233;es de douze heures. Ce qui nous am&#232;ne aussi &#224; penser le tourisme comme un probl&#232;me de sant&#233; publique : des riverains ne dorment plus la nuit et les travailleurs subissent une pression dingue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment lutter concr&#232;tement contre cette touristification ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme pour toute lutte sociale, il faut une base. Il s'agit de convaincre du monde et c'est loin d'&#234;tre facile. Ce qu'on a le mieux r&#233;ussi, c'est &#224; d&#233;velopper une autre narration du tourisme dans la ville. Le discours officiel &#8211; dans le secteur priv&#233; comme dans le public &#8211; consiste &#224; dire que le tourisme profite &#224; tout le monde. Alors que personne ne remettait &#231;a en question, des voix se sont progressivement fait entendre. Il y avait beaucoup de rage chez les gens, mais il fallait mettre un discours argument&#233; sur tout &#231;a. C'est pour &#231;a qu'on organise des conf&#233;rences, des rencontres. On n'a pas r&#233;ussi &#224; mobiliser tant de monde que &#231;a dans la rue, mais l'impact m&#233;diatique a &#233;t&#233; assez fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2016, on s'est mis en r&#233;seau avec d'autres villes, pour constituer le r&#233;seau SET (Sud de l'Europe contre la touristification), avec des gens de Majorque, de Malaga, de Venise, qui &#233;taient impact&#233;s par les m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes et qui avaient des modes de lutte assez similaires. Puis en 2018, des gens de Lisbonne, Porto, Malte et d'autres villes d'Espagne et d'Italie nous ont rejoints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion de &lt;i&gt;sud de l'Europe &lt;/i&gt;est tr&#232;s importante. On relie &#231;a aux politiques d'aust&#233;rit&#233;, avec la sensation que le &lt;i&gt;sud de l'Europe&lt;/i&gt; repr&#233;sente le jardin de vacances du Premier monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Venise, des militants anti-tourisme se sont jet&#233;s &#224; l'eau pour forcer les bateaux de croisi&#232;re &#224; faire demi-tour. Quelles actions concr&#232;tes avez-vous men&#233;es ici ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Venise, c'est particulier, tout le monde circule en bateau. Ici, la Guardia Civil arrive en dix minutes si tu t'approches du port. Il est plus envisageable de bloquer les bus de croisi&#233;ristes. En 2017, on a bloqu&#233; de fa&#231;on coordonn&#233;e sept bus dans sept points de la ville avec comme message &#8220;&lt;i&gt;Stop aux abus touristiques&lt;/i&gt;&#8221;. On a foutu un beau bordel sur fond de batucadas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de nos actions qui a fait le plus de bruit avait pour but de d&#233;noncer la sp&#233;culation d'AirBnB. &#199;a consistait &#224; r&#233;server un appartement qu'on savait ill&#233;gal, car g&#233;r&#233; par quelqu'un qui en louait quinze autres et qui, pour ses affaires, vidait des b&#226;timents en expulsant les habitants. Une fois &#224; l'int&#233;rieur, on a appel&#233; l'inspection en disant : &#8220;&lt;i&gt;&#201;coutez, on est dedans, y a aucune licence ici.&lt;/i&gt;&#8221; On l'a fait &#224; deux reprises, en accompagnant l'action d'un dossier complet avec toutes les informations sur les propri&#233;t&#233;s et les g&#233;rants des appartements. &#199;a nous a aussi permis de d&#233;monter le discours d'AirBnB qui pr&#233;tend que la plateforme permet aux gens modestes d'am&#233;liorer leurs fins de mois, alors que les profits vont surtout aux gros propri&#233;taires. &#192; Barcelone, 80 % des h&#244;tes ont une seule propri&#233;t&#233; sur la plateforme, mais les 20 % restants g&#232;rent 70 % des propri&#233;t&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2015, Ada Colau, issue du mouvement social contre les expulsions immobili&#232;res, a &#233;t&#233; &#233;lue maire de Barcelone. Elle se repr&#233;sente aux &#233;lections du 26 mai. Que penses-tu de son action contre AirBnB ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la premi&#232;re fois, la mairie a &#233;labor&#233; un plan pour organiser le logement touristique. C'est positif, mais pour nous il faudrait compl&#232;tement arr&#234;ter d'accorder des licences &#224; ce type de logements &#8211; h&#244;tels ou appartements. La municipalit&#233; a engag&#233; des poursuites, men&#233; des inspections. Mais le syst&#232;me administratif met beaucoup plus de temps &#224; sanctionner les appartements touristiques qu'&#224; expulser des gens de chez eux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie dit aussi vouloir aller vers une &#8220;d&#233;concentration&#8221; du tourisme : &#8220;&lt;i&gt;On a beaucoup de touristes sur certains lieux, du coup on va les amener dans d'autres quartiers p&#233;riph&#233;riques&lt;/i&gt;.&#8221; Super ! Sauf que les touristes continueront &#224; aller &#224; la Sagrada Fam&#237;lia ; ils iront simplement envahir aussi d'autres quartiers. La saturation de l'espace public s'&#233;tendra. Autre principe fallacieux : la &#8220;d&#233;saisonnalisation&#8221;. En gros, il faudrait d&#233;sengorger la p&#233;riode printani&#232;re et estivale en faisant venir davantage de touristes &#224; l'automne. Mais &#231;a ne marchera pas. Ces concepts sont des fa&#231;ons de d&#233;guiser l'accroissement &#233;ternel du tourisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re &amp; C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Un-raco-llibertari-a-Barcelona' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un rac&#243; llibertari a Barcelona&lt;/a&gt; &#187; : entretien avec I&#241;aki, militant du centre social autog&#233;r&#233; barcelonais El Lokal, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Barcelone-quelle-ville-en-commun' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Barcelone, quelle ville en commun ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 174, mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>La croisi&#232;re n'amuse plus...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pollution de l'air et des mers, sp&#233;culation et saturation urbaine, b&#233;tonnage et culture marchandis&#233;e&#8230; de Barcelone &#224; Venise et de Palma de Majorque &#224; (bient&#244;t) Marseille, de plus en plus d'autochtones affichent leur opposition aux nuisances g&#233;n&#233;r&#233;es par la croisi&#232;re industrielle. Vers un r&#233;seau de villes m&#233;diterran&#233;ennes en r&#233;sistance ? Quand, pour rejoindre son chantier, Seb descend de la Viste &#224; l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille, l'envie lui prend parfois de faire demi-tour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Renaud-Perrin" rel="tag"&gt;Renaud Perrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cap-Janet" rel="tag"&gt;Cap Janet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pollution de l'air et des mers, sp&#233;culation et saturation urbaine, b&#233;tonnage et culture marchandis&#233;e&#8230; de Barcelone &#224; Venise et de Palma de Majorque &#224; (bient&#244;t) Marseille, de plus en plus d'autochtones affichent leur opposition aux nuisances g&#233;n&#233;r&#233;es par la croisi&#232;re industrielle. Vers un r&#233;seau de villes m&#233;diterran&#233;ennes en r&#233;sistance ?&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note du webmaster &#8211; Un tel r&#233;seau s'est effectivement constitu&#233;, non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH281/-1194-2bf1a.jpg?1768651669' width='400' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Renaud Perrin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uand, pour rejoindre son chantier, Seb descend de la Viste &#224; l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille, l'envie lui prend parfois de faire demi-tour et de s'enfuir vers les collines. Devant lui, un voile jaun&#226;tre trouble l'atmosph&#232;re de la rade. Comme une ombre au tableau de ce paysage poignant, la cause principale de ce brouillard saute aux yeux : une masse m&#233;tallique hors de proportion est amarr&#233;e le long du quai de Cap Janet. Imposante comme quatre barres d'immeubles, une sorte de cit&#233;-forteresse flottante se dresse entre la mer et la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ancrage, le navire de croisi&#232;re ne dort jamais. Une &#233;paisse fum&#233;e noire s'&#233;chappe sans discontinuer de sa chemin&#233;e rouge. De plus en plus de Marseillais souffrent de toux chronique, de maux de cr&#226;ne et de gouttes au nez persistantes. Des allergies au pollen, dira-t-on&#8230; Des r&#233;actions aveugles du corps, surpris par l'instabilit&#233; de la m&#233;t&#233;o, sans doute&#8230; Mais pas que. La contamination de l'air, quand le mistral fait d&#233;faut, devient alarmante. M&#234;me s'il est suppos&#233; utiliser &#224; quai des carburants moins polluants, la bestiasse marine br&#251;le goul&#251;ment du fioul lourd, qui produit 3 500 fois plus de particules fines que le diesel des voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, un paquebot de 4 000 passagers et 1 000 membres d'&#233;quipage g&#233;n&#232;re en une semaine 210 000 gallons de d&#233;chets. De quoi remplir cinq piscines olympiques. Sans compter le million de gallons d'eaux grises et les 25 000 gallons d'eaux huileuses&#8230; &#192; Palma de Majorque, ville d&#233;j&#224; satur&#233;e de pr&#233;sence touristique &#224; terre, cinq ou six m&#233;ga-paquebots de croisi&#232;re jettent l'ancre chaque jour. Ce qui, selon Pedro, militant &#233;colo, &#171; &lt;i&gt;produit autant de dioxyde de carbone que 200 autoroutes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas les bienvenus ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gation radicale de la mer, que ses passagers ne touchent jamais, le mastodonte est &#233;galement une non-ville. Ses entrailles s'apparentent &#224; un vaste &lt;i&gt;shopping mall&lt;/i&gt;, agr&#233;ment&#233; de parcs &#224; th&#232;me et d'attractions inspir&#233;es du kitsch de Las Vegas. Cette prison dor&#233;e promeut un style de vie s&#233;dentaire, livr&#233; &#224; la seule consommation, que ce soit de paysages ou de bouffe pr&#233;fabriqu&#233;e. Dans votre cabine cage &#224; lapin imitant ce qui fut autrefois une vill&#233;giature raffin&#233;e pour aristos oisifs, on vous pose une petite friandise chocolat&#233;e sur l'oreiller pour vous faire croire que vous &#234;tes unique &#8211; alors qu'avec des milliers d'autres gogos, vous &#234;tes entass&#233;s les uns sur les autres comme dans un HLM. Mi-client mi-marchandise, vous &#234;tes rang&#233;s comme dans un porte-conteneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symboliquement, l'image la plus violente reste celle de ces navires &#233;crasant de toute leur masse la d&#233;licate cit&#233; v&#233;nitienne. Ils s'approchent au plus pr&#232;s, jusque dans le bassin de San Marco, face &#224; la c&#233;l&#232;bre place du m&#234;me nom. C'est ici que l'opposition aux &lt;i&gt;grandi navi&lt;/i&gt; a v&#233;cu sa sc&#232;ne la plus embl&#233;matique : mont&#233;s sur de fr&#234;les embarcations, les activistes de Venise se sont courageusement avanc&#233;s vers ces monstres si peu marins en criant dans des m&#233;gaphones &#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas les bienvenus !&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les compagnies maritimes, la d&#233;mesure ne doit en aucun cas faire obstacle &#224; la bonne marche des affaires. Le niveau des eaux est trop instable ? On construit une jet&#233;e de plusieurs kilom&#232;tres pour r&#233;guler les mouvements de la mer. Tant pis si ce chantier pharaonique chamboule l'&#233;cosyst&#232;me de la lagune. &lt;i&gt;Business must go on&lt;/i&gt;. Les autorit&#233;s portuaires imaginaient m&#234;me creuser deux nouveaux canaux pour faciliter les man&#339;uvres. Projet heureusement abandonn&#233;. Mais il y en aura d'autres. Alors, les 23 et 24 septembre, une rencontre internationale &#171; &lt;i&gt; pour la d&#233;fense des territoires, la justice environnementale et la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187; est organis&#233;e &#224; Venise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Barcelone, le 7 avril dernier, lors de la venue du&lt;i&gt; Symphony of the Seas&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;le plus grand bateau du monde&lt;/i&gt; &#187;, propri&#233;t&#233; de la Royal Caribbean International, une manifestation a &#233;t&#233; convoqu&#233;e par des collectifs &#233;colos et une Assembl&#233;e de quartiers pour un tourisme soutenable. &#171; &lt;i&gt;C'est comme si un incin&#233;rateur g&#233;ant fourrait son nez jusque dans ta chambre&lt;/i&gt; &#187;, fulmine Daniel Pardo, activiste tr&#232;s remont&#233; contre la complicit&#233;, ou l'impuissance, des autorit&#233;s locales. &#192; la pollution s'ajoutent des cons&#233;quences sociales : la vieille ville, d&#233;j&#224; colonis&#233;e par l'activit&#233; touristique, se voit &#233;touff&#233;e par les troupes de croisi&#233;ristes qui provoquent de v&#233;ritables bouchons dans les rues &#233;troites du &lt;i&gt;barrio g&#243;tico&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;&#192; tel point que l'attentat au fourgon-b&#233;lier d'ao&#251;t 2017 a suscit&#233; moins d'&#233;motion que ce qu'escomptait le terroriste,&lt;/i&gt; remarque Arnau, un riverain. &lt;i&gt;Les Ramblas, autrefois haut lieu de la convivialit&#233; locale, ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;es depuis longtemps par les Barcelonais &#224; cause du flot incessant des touristes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Course &#224; l'&#233;chalote&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, alors m&#234;me que les effets pervers de la croisi&#232;re de masse sont largement document&#233;s &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CQFD les &#233;voquait d'ailleurs d&#233;j&#224; dans &#171; Marseille : la croisi&#232;re abuse &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on n'a rien trouv&#233; de mieux que se lancer dans la comp&#233;tition des ports. &#171; &lt;i&gt;La guerre des navires toujours plus beaux, plus hauts et plus grands est loin d'&#234;tre termin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouissait le site TourMaG en d&#233;cembre 2017, alors qu'on venait d'inaugurer la Forme 10, plus grande cale s&#232;che de M&#233;diterran&#233;e. Pour Ferdinando Garr&#233;, propri&#233;taire des chantiers navals de Marseille, il s'agit de &#171; &lt;i&gt;devenir l'un des principaux&lt;/i&gt; hubs &lt;i&gt;de r&#233;paration des bateaux de croisi&#232;re au monde&lt;/i&gt; &#187;. L'actionnaire majoritaire n'est autre que Costa Croisi&#232;res, qui veut asseoir sa domination sur le march&#233; fran&#231;ais, menac&#233; par les app&#233;tits de la concurrence. On fait donc du lobbying pour que les autorit&#233;s ouvrent des lignes directes entre l'a&#233;roport de Marignane et l'Asie, le Moyen-Orient ou Miami. La chambre de commerce met la pression sur l'&#201;tat pour que &#171; les barri&#232;res tombent &#187;. &#171; &lt;i&gt;Marseille&lt;/i&gt; [doit]&lt;i&gt; s'&#233;manciper de son statut de simple escale&lt;/i&gt; &#187; pour devenir &#171; &lt;i&gt;t&#234;te de ligne&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mairie, on vise les deux millions de croisi&#233;ristes pour 2020. Histoire de d&#233;passer, pourquoi pas, Barcelone, Rome et les Bal&#233;ares, qui caracolent en t&#234;te de cette sinistre course &#224; l'&#233;chalote. On fait miroiter 180 millions d'euros de retomb&#233;es &#233;conomiques. Mais dans quelles poches ? Quand un &#233;lu d'opposition a propos&#233; que chaque croisi&#233;riste paie un euro de taxe, la majorit&#233; municipale a refus&#233;. L'adjoint aux finances a alors expliqu&#233; que les compagnies payaient d&#233;j&#224; cinq euros par passager. En oubliant de pr&#233;ciser que cette taxe est vers&#233;e au port et&#8230; au Club de la croisi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On l'a bien m&#233;rit&#233;, va ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les retomb&#233;es pour la ville sont en fait ridicules : la plupart des passagers ne descendent pas &#224; terre, puisque tout est fait pour les garder &#224; bord. Et s'ils descendent, c'est pour d&#233;penser moins de 50 &#8364; (en moyenne) dans les grandes enseignes install&#233;es en embuscade dans le centre commercial des Terrasses du Port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristement, ce sont les classes populaires (et les retrait&#233;s) qui trustent ces non-lieux. Comme les vols &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;, la croisi&#232;re s'est largement d&#233;mocratis&#233;e. Le patron d'un petit bar de prolos estaqu&#233;ens avoue avoir succomb&#233; &#224; ses sir&#232;nes : &#171; &lt;i&gt;Toute l'ann&#233;e, je sers les gens derri&#232;re ce comptoir. Mes journ&#233;es sont longues et ma femme se languit &#224; la maison. Alors une fois l'an, on se paye une croisi&#232;re et on se fait servir, les orteils en &#233;ventail. On l'a bien m&#233;rit&#233;, va ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe m&#234;me des blogs (g&#233;r&#233;s par les compagnies) pour traiter d'une &#233;ventuelle d&#233;pression post-croisi&#232;re (DPC). Apr&#232;s ce paradis artificiel, le blues du retour aux embouteillages, au boulot, aux servitudes de la vie quotidienne, &#231;a se soigne &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, jetez un &#339;il sur aviscroisieres.com, &#171; la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Vous savez comment ? En r&#233;servant d&#232;s aujourd'hui votre prochaine croisi&#232;re ! Le prix de cet opium, c'est le vampirisme des foules anonymes d&#233;vorant sans le savoir les cultures locales et les &#233;cosyst&#232;mes. &#192; Barcelone, les opposants parlent de &#171; monoculture touristique &#187; ou de &#171; tourisme extractif &#187;, pour souligner les dangers de ce &lt;i&gt;fracking&lt;/i&gt; du loisir Kleenex sur un territoire devenu label et produit d'appel plus que cit&#233; habit&#233;e. On parle aussi de &#171; touristification &#187;, barbarisme lucide. Et des banderoles fleurissent aux fen&#234;tres : &#171; &lt;i&gt;Le tourisme tue les quartiers&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;La ville &#224; ceux qui y habitent, pas &#224; ceux qui la visitent&lt;/i&gt; &#187;. Il fallait le dire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1768669123' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Note du webmaster &#8211;&lt;/i&gt; Un tel r&#233;seau s'est effectivement constitu&#233;, non sp&#233;cifiquement contre les navires de croisi&#232;re, mais contre le &#171; surtourisme &#187; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. Il s'appelle SET (Sud de l'Europe contre la touristification) : &#224; ce sujet, lire &#171; Le tourisme est une industrie extractiviste &#187;, entretien avec le militant Daniel Pardo, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;176, mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; les &#233;voquait d'ailleurs d&#233;j&#224; dans &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-croisiere-abuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille : la croisi&#232;re abuse&lt;/a&gt; &#187;, article paru dans le n&#176; 152 et mis en ligne le 03/04/2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, jetez un &#339;il sur aviscroisieres.com, &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re communaut&#233; de confiance croisi&#232;res&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La valise &#224; roulettes, c'est le mal</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-valise-a-roulettes-c-est-le-mal</link>
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		<dc:date>2019-02-24T02:47:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;*** L'avenir de l'humanit&#233; se joue parfois sur pas grand-chose. Un petit rien. Le destin de la valise &#224; roulettes, lui, se noue en 1970, lors de l'escale a&#233;roportuaire d'un salari&#233; du secteur, Bernard Sadow. La vision d'un employ&#233; poussant un gros chariot lui donne l'id&#233;e d'une invention r&#233;volutionnaire : la premi&#232;re valise &#224; roulettes ! Deux ans plus tard, l'immonde chose est commercialis&#233;e &#8211; le monde du tourisme ne sera plus jamais le m&#234;me. Ou presque. Si Bernard est le premier &#224; avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1768669123' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir de l'humanit&#233;&lt;/strong&gt; se joue parfois sur pas grand-chose. Un petit rien. Le destin de la valise &#224; roulettes, lui, se noue en 1970, lors de l'escale a&#233;roportuaire d'un salari&#233; du secteur, Bernard Sadow. La vision d'un employ&#233; poussant un gros chariot lui donne l'id&#233;e d'une invention r&#233;volutionnaire : la premi&#232;re valise &#224; roulettes ! Deux ans plus tard, l'immonde chose est commercialis&#233;e &#8211; le monde du tourisme ne sera plus jamais le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou presque&lt;/strong&gt;. Si Bernard est le premier &#224; avoir l'id&#233;e d'ajouter des roues et une lani&#232;re &#224; une valise, le c&#244;t&#233; pratique de son invention ne convainc pas. Elle se r&#233;v&#232;le instable et fait un flop. Pause jusqu'en 1987, raconte un professeur de management &#224; l'Essec &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une vid&#233;o mise en ligne sur le site de Capital le 26/11/15, &#171; Pourquoi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : apr&#232;s l'&#233;chec de Sadow, &#171; &lt;i&gt; il faudra encore quinze ans avant que quelqu'un pense &#224; basculer&lt;/i&gt; [la valise]&lt;i&gt; sur le c&#244;t&#233; et &#224; lui ajouter un manche t&#233;lescopique&lt;/i&gt; &#187;. Le fautif ? Un pilote de ligne &#8211; il n'y a pas de hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette fois, le bagage roulant&lt;/strong&gt; est plus stable et facile &#224; tracter. Et l'invention se r&#233;pand dans le monde entier tout au long des ann&#233;es 1990. Jusqu'&#224; devenir l'un des marqueurs les plus symboliques de l'acc&#233;l&#233;ration des transports (a&#233;rien et ferroviaire), de la civilisation des loisirs et de l'envol&#233;e du tourisme de masse. Rien d'un produit anodin &#8211; la valise &#224; roulettes, c'est le diable qui se faufile &#224; la tra&#238;ne de voyageurs toujours press&#233;s, passant d'a&#233;roport en a&#233;roport le temps d'un week-end &#171; d&#233;couverte &#187; dans une capitale europ&#233;enne ou de vacances sous les Tropiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourisme de chemin balis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des gens qui aiment le lyrisme&lt;/strong&gt;. Ainsi de Christian Gambotti, auteur d'un &#171; &#201;loge de la valise &#224; roulettes &#187; &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chronique publi&#233;e le 30/09/13 sur le site du Nouvel &#201;conomiste.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui fait de l'invention de ce bagage l'un des symboles &#233;mancipateurs du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#171; &lt;i&gt;L'humanit&#233;, courb&#233;e sous le poids des bagages, s'est soudain redress&#233;e. Gr&#226;ce &#224; la valise &#224; roulettes, le voyageur s'est transform&#233; en un nouvel Icare. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Lib&#233;rant les cohortes de voyageurs du poids et de l'enlisement, [elle] a transform&#233; les halls des gares et des a&#233;rogares en une vaste piste de danse sur laquelle des femmes et des hommes ail&#233;s glissent avec gr&#226;ce vers des destinations vacanci&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; sa mani&#232;re surjou&#233;e&lt;/strong&gt;, Christian met le doigt sur quelque chose &#8211; c'est son interpr&#233;tation qui p&#234;che. Oui, il y a eu une &#233;poque pas si lointaine, o&#249; les gens portaient encore leur bagage &#224; la main, sur l'&#233;paule ou le dos, au lieu de tra&#238;ner une petite charrette bruyante et encombrante. Ils faisaient corps avec leurs affaires, en portaient le poids. Une pesanteur gage de libert&#233;. Avec un sac &#224; dos, le voyageur peut emprunter &#224; tout moment des sentiers de traverse ; avec une valise &#224; roulettes, il suit les chemins balis&#233;s, lisses, s'inscrivant dans le flux des transports et du tourisme de masse. L'objet accompagne ainsi la transformation du voyageur en touriste&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; No more Rollkoffer &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bagage est d&#233;sormais partout&lt;/strong&gt;. Vendu aux quatre coins du globe, il alimente un march&#233; en perp&#233;tuelle croissance, accompagnant celle du trafic a&#233;rien (+ 4 % d'ici &#224; 2020). En France, la bagagerie enregistre ainsi en 2017 un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. Dans le monde, &#171; &lt;i&gt;le nombre de voyageurs devrait m&#234;me atteindre les sept milliards d'ici 2034 : le secteur du bagage est donc en plein essor&lt;/i&gt; &#187;, se f&#233;licite la responsable du secteur au Bon March&#233; &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#199;a roule pour les bagages haut de gamme &#187;, article mis en ligne sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il y en a qui ne voient pas d'un aussi bon &#339;il&lt;/strong&gt; le succ&#232;s de la valise &#224; roulettes : les habitants des principales destinations touristiques. Pour eux, le bagage est synonyme de nuisances sonores autant que symbole d'un tourisme low cost massif et d&#233;vastateur, celui des &#171; easyjeteurs &#187; d&#233;barquant pour un week-end de f&#234;te et de visites. Le mouvement de fronde se lance en 2014 &#224; Berlin (troisi&#232;me destination touristique en Europe) &#224; l'initiative d'habitants d&#233;non&#231;ant des nuisances croissantes et une gentrification galopante. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent plus dormir &#224; cause du bruit des valises &#224; roulettes la nuit &lt;/i&gt; &#187; et des touristes qui &#171; &lt;i&gt; rentrent ivres et vomissent &lt;/i&gt; &#187;, fulmine alors la maire de l'arrondissement de Kreutzberg. Sur les murs fleurissent m&#234;me des tags &#171; No more rollkoffer &#187; (stop aux valises &#224; roulettes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les villes les plus touristiques&lt;/strong&gt;, le bagage devient ainsi sympt&#244;me d'un mal, celui du tourisme de masse. Apr&#232;s Berlin, c'est Venise (25 millions de touristes par an) qui annonce des mesures d'interdiction pour pr&#233;server la tranquillit&#233; des habitants, qui se plaignent de vivre avec en fond sonore le tacatacatac continu des roulettes en plastiques sur les pav&#233;s. La municipalit&#233; fait finalement demi-tour devant la bronca des professionnels du secteur. Mais la question ne devrait manquer de se reposer. Parce que la valise &#224; roulettes, c'est le mal.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une vid&#233;o mise en ligne sur le site de &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; le 26/11/15, &#171; Pourquoi des innovations &#233;videntes sont-elles tardives ? L'exemple de la valise &#224; roulettes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chronique publi&#233;e le 30/09/13 sur le site du &lt;i&gt;Nouvel &#201;conomiste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#199;a roule pour les bagages haut de gamme &#187;, article mis en ligne sur le site de &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt; le 19/05/17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le probl&#232;me n'est pas le touriste, mais le capitalisme &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-probleme-n-est-pas-le-touriste</link>
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		<dc:date>2019-02-23T18:49:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>montagne</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;fugie au-dessus</dc:subject>
		<dc:subject>Nunatak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;*** &#171; Nunatak &#187;, en langue inuit, d&#233;signe une montagne o&#249; la vie se r&#233;fugie au-dessus des glaces pour perdurer pendant l'&#232;re glaciaire. Mais c'est aussi le nom d'une jeune revue &#171; d'histoires, cultures et luttes des montagnes &#187; qui sort deux fois par an &#8211; son dernier num&#233;ro traitait en partie de l'industrie touristique. Le collectif qui la r&#233;alise pr&#233;pare d&#233;j&#224; le prochain, mais il a quand m&#234;me pris le temps de revenir sur les sp&#233;cificit&#233;s de cette belle et intelligente publication. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/montagne" rel="tag"&gt;montagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/revue" rel="tag"&gt;revue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tourisme" rel="tag"&gt;tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/critique" rel="tag"&gt;critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/langue-inuit" rel="tag"&gt;langue inuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-ere-glaciaire" rel="tag"&gt;l'&#232;re glaciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/refugie-au-dessus" rel="tag"&gt;r&#233;fugie au-dessus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nunatak" rel="tag"&gt;Nunatak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2787 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH363/-1042-0d7a4.jpg?1768649654' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Nunatak&lt;/i&gt; &#187;, en langue inuit&lt;/strong&gt;, d&#233;signe une montagne o&#249; la vie se r&#233;fugie au-dessus des glaces pour perdurer pendant l'&#232;re glaciaire. Mais c'est aussi le nom d'une jeune revue &#171; &lt;i&gt;d'histoires, cultures et luttes des montagnes&lt;/i&gt; &#187; qui sort deux fois par an &#8211; son dernier num&#233;ro traitait en partie de l'industrie touristique. Le collectif qui la r&#233;alise pr&#233;pare d&#233;j&#224; le prochain, mais il a quand m&#234;me pris le temps de revenir sur les sp&#233;cificit&#233;s de cette belle et intelligente publication. Questions et r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*****&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Nunatak,&lt;/i&gt; qu'est-ce que c'est ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'origine, &lt;i&gt;Nunatak&lt;/i&gt; est une revue italienne, qui existe depuis 2006 et compte 50 num&#233;ros. Elle est n&#233;e autour de la lutte No-Tav du Val de Suse et de la contestation des Jeux olympiques de Turin. En 2015, lors d'une tourn&#233;e de pr&#233;sentation en France, les Italiens ont propos&#233; de faire traduire leur revue en fran&#231;ais. On a adh&#233;r&#233;, mais avec l'id&#233;e de faire une revue &#224; part enti&#232;re plut&#244;t qu'une simple traduction. Le premier num&#233;ro est ainsi sorti &#224; l'automne 2016. On garde des liens avec la r&#233;daction italienne, mais les deux revues sont autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;part, notre collectif rassemble des personnes d'horizons divers &#8211; des C&#233;vennes, des Hautes-Alpes, des Pyr&#233;n&#233;es et des Vosges. Nous ne sommes ni journalistes, ni historiens : on veut seulement se donner les moyens d'analyser nous-m&#234;mes ce qu'on vit. La montagne nous rassemble, mais nos parcours sont diff&#233;rents : certains d'entre nous vivaient il y a peu en ville quand d'autres habitent depuis toujours la montagne. Et parmi nous, il y a des saisonniers, des paysans, des ch&#244;meurs, des int&#233;rimaires, des universitaires... La revue n'entend nullement porter une homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique, mais nous nous retrouvons sur une base politique anticapitaliste et anti-autoritaire. Par contre, nous nous refusons &#224; ne diffuser que dans les r&#233;seaux militants. On souhaite parler au plus de monde possible, en diffusant de la main &#224; la main, lors de pr&#233;sentations, et dans les librairies, caf&#233;s, &#233;piceries et m&#234;me &#233;tals de march&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi centrer la revue sur la montagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour une premi&#232;re raison &#233;vidente : il s'agit de partir de r&#233;alit&#233;s partag&#233;es, l&#224; o&#249; on vit &#8211; c'est cela qui permet la rencontre et la discussion. Essentiel. S'il existe d&#233;j&#224; des revues sp&#233;cialis&#233;es sur la montagne, elles abordent le sujet par l'angle sportif, de terroir ou universitaire. Rien &#224; voir avec notre envie de porter un discours critique, politique, sur les r&#233;alit&#233;s des habitants de la montagne. Et d'y trouver le pr&#233;texte &#224; parler de plein d'autres choses. De ce qui nous relie, des mouvements de lutte aux histoires de bandits, des usages aux savoir-faire, de la faune et de la flore... &#199;a nous int&#233;resse de parler d'histoire : &#231;a nous nourrit et c'est une source d'inspiration. Mais on ne veut pas id&#233;aliser le pass&#233; montagnard. Commun&#233;ment, on a tendance &#224; voir les montagnes comme des milieux pr&#233;serv&#233;s, des lieux de passages, de refuges. Mais en r&#233;alit&#233;, ces espaces n'&#233;chappent pas &#224; l'uniformisation : il n'y a pas d'oasis &#233;pargn&#233; par la logique marchande. L'id&#233;e, c'est d'aller fouiller derri&#232;re les apparences, de comprendre les choses plus en profondeur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre dernier num&#233;ro aborde largement la question du tourisme &#8211; quels sont
les sujets trait&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trois papiers se penchent en effet sur le sujet. Le premier est une r&#233;flexion autour du &lt;i&gt;Fou d'Edenberg&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albin Michel, 1967.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un roman de Samivel qui raconte l'arriv&#233;e des sports d'hiver dans un village des Alpes. Un second, &#8220;Le tourisme ou la mort'', aborde les transformations du Queyras &lt;i&gt;[Hautes-Alpes]&lt;/i&gt;, et plus particuli&#232;rement de Saint-V&#233;ran, avec le d&#233;veloppement du tourisme dans cette zone r&#233;put&#233;e &#8220;authentique''. Et dans le troisi&#232;me, &#8220;Activit&#233;s de pleine nature'', un accompagnateur en moyenne montagne analyse la fa&#231;on dont ces activit&#233;s impactent son rapport &#224; l'environnement et au travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des constats communs qui sous-tendent ces trois papiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r ! La premi&#232;re chose qu'on souhaitait poser, c'est que le tourisme fait syst&#232;me. Il s'agit d'un ensemble de rapports sociaux qui place les visiteurs dans une position de &#8220;touristes'', de consommateurs, et suscite &#224; la fois une d&#233;possession des habitants et une restructuration de l'&#233;conomie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du tourisme de masse &#8211; sur la c&#244;te ou dans les stations &#8211; est d&#233;sormais assez r&#233;pandue. Un point positif ? Pas tellement, parce qu'il s'accompagne, en r&#233;action, de la cr&#233;ation d'une nouvelle forme de tourisme &#8220; &#233;coresponsable '', de proximit&#233;. Pour nous, ce sont l&#224; deux faces d'une m&#234;me industrie. L'&#233;cotourisme n'est rien d'autre qu'une nouvelle mani&#232;re d'&#233;tendre l'emprise touristique sur l'ensemble du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation individuelle &#224; ces nouvelles formes de tourisme pr&#233;sente un c&#244;t&#233; lib&#233;ral, en fa&#231;ade. Qui tend justement &#224; faire oublier le c&#244;t&#233; syst&#233;mique du tourisme et la planification &#233;tatique qui l'accompagne &#8211; celle-ci se manifeste par des outils d'am&#233;nagement ou de gestion, comme les Parcs naturels r&#233;gionaux. Il s'agit d'un levier &#233;conomique cons&#233;quent, qui pousse chacun &#224; y participer : dans certaines zones, 90 % des habitants vivent du tourisme. En r&#233;alit&#233;, les rapports de classes se reproduisent, entre gal&#233;riens qui veulent s'en sortir et d'autres qui ont du capital, saisonniers et propri&#233;taires, etc. Un ensemble d'&#233;l&#233;ments, comme les labels, les parcs, les offices du tourisme font le lien entre l'individu et les institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, ce ph&#233;nom&#232;ne existe&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : le d&#233;veloppement du tourisme apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale a entra&#238;n&#233; dans les zones en d&#233;peuplement l'essor de la double activit&#233; pour les paysans. Le tourisme n'est ainsi pas une activit&#233; qui serait s&#233;par&#233;e des autres, mais quelque chose de transversal, qui s'inscrit dans l'ensemble du territoire. C'est une manifestation du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;possessions provoqu&#233;es sont multiples. Mat&#233;rielles, d'abord, avec la multiplication des r&#233;sidences secondaires et le cas de villages qui voient leur population quintupler pendant l'&#233;t&#233;. Et symboliques, ensuite. Ainsi des appellations d'origine, par exemple, qui mettent en avant une image d'authenticit&#233; sans lien avec les pratiques et les usages locaux &#8211; et jusqu'&#224; des fromages purement invent&#233;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt; ! Le ph&#233;nom&#232;ne de mus&#233;ification des zones touristiques a tendance &#224; figer une image pass&#233;e, et emp&#234;che donc la r&#233;appropriation des usages, des savoirs, de l'habitat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste aussi au d&#233;veloppement d'une forme d'illusion partag&#233;e&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : pour que le tourisme fonctionne, il faut que tout le monde, dans les vall&#233;es, entonne un discours positif. D'o&#249; un foss&#233; entre la r&#233;alit&#233; v&#233;cue localement et le discours port&#233;, relevant de cette illusion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette critique pose des bases pour r&#233;sister au syst&#232;me touristique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour l'instant, il y a peu de pratiques concr&#232;tes de luttes. Et elles sont souvent concentr&#233;es sur de gros projets touristiques. Les protestations &#224; Barcelone ou &#224; Venise contre les nuisances du tourisme de masse sont certes int&#233;ressantes, mais on veut aller un peu plus loin. Critiquer les rapports marchands. Et ne pas dissocier la critique du tourisme de celle du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi de comprendre le r&#244;le de soupape de d&#233;compression jou&#233; par le tourisme pour les classes subalternes &#8211; rien d'autre que la reproduction de la force de travail. On ne veut pas porter un discours de m&#233;pris de classe sur le sujet. Ni jeter la pierre aux personnes qui partent &#224; la montagne pour &#233;viter le &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt;. D'autant qu'on peut tr&#232;s bien subir le tourisme en &#233;tant exploit&#233; dans un camping hyper fr&#233;quent&#233;, puis devenir touriste &#224; notre tour. Encore une fois, le probl&#232;me n'est pas le touriste, mais le capitalisme.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et comment se pr&#233;sente votre prochain num&#233;ro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette fois, pas de th&#232;me principal : on fait avec les textes qu'on produit et qu'on nous propose. Dans ce quatri&#232;me num&#233;ro, on &#233;voquera notamment ce qui se passe dans les Alpes autour de la solidarit&#233; avec les migrant.es, la contrebande dans les Pyr&#233;n&#233;es ou la lutte des agriculteurs et agricultrices contre les normes... C'est d'ailleurs l'occasion d'inviter les gens &#224; participer &#224; la diffusion et &#224; nous contacter pour toute proposition, critique ou participation &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact : revuenunatak@riseup.net ou Nunatak / c/o Caf&#233; du si&#232;cle &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour chacun de nos deux num&#233;ros annuels, on organise un week-end de r&#233;flexion ouvert &#224; chacun et chacune. Le prochain se tient &#224; la fin de cet &#233;t&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;t&#233; 2018 [Note du webmaster... &#224; la bourre !].&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; n'h&#233;sitez pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Alexandre Hyacinthe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1768669123' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Albin Michel, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact : revuenunatak@riseup.net ou Nunatak / c/o Caf&#233; du si&#232;cle &#8211; Biblioth&#232;que / 1 rue Biron / 34190 Ganges. Les num&#233;ros peuvent &#234;tre t&#233;l&#233;charg&#233;s sur &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/revuenunatak.noblogs.org'&gt;revuenunatak.noblogs.org&lt;/a&gt; ou command&#233;s en version papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#233;t&#233; 2018 &lt;i&gt;[Note du webmaster... &#224; la bourre !]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Voyager dans la zone du confort</title>
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		<dc:date>2019-02-17T01:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


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&lt;p&gt;Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant &#171; volontouriste &#187;, pigiste, &#233;tudiante &#224; Langues O' ou prof de fran&#231;ais en tongs. Et se pose la question : comment cesser d'&#234;tre touriste ? Est-ce seulement possible ? *** Comme tout le monde, je m&#233;prise les touristes. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l'air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers &#224; coups d'Airbnb ou de r&#233;sidences secondaires. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Patrick-Cockpit-295" rel="tag"&gt;Patrick Cockpit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde-s-epuise" rel="tag"&gt;monde s'&#233;puise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant &#171; volontouriste &#187;, pigiste, &#233;tudiante &#224; Langues O' ou prof de fran&#231;ais en tongs. Et se pose la question : comment cesser d'&#234;tre touriste ? Est-ce seulement possible ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-995-11e1d.jpg?1768651595' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme tout le monde, je m&#233;prise les touristes&lt;/strong&gt;. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l'air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers &#224; coups d'Airbnb ou de r&#233;sidences secondaires. Les touristes comme moi quand je voyage. Nous sommes nombreuses et nombreux sur la piste Sud-Est asiatique, une des r&#233;gions les plus &#171; faciles &#224; voyager &#187; au monde : prix bas, &#233;quipements corrects, splendeurs naturelles (la baie de Krabi) ou historiques (Angkor, Bagan), criminalit&#233; contenue, populations souriantes, climat tropical, plages et cocotiers. Remontant la p&#233;ninsule Malaise depuis Singapour, en route pour l'ancien royaume Lan Na ou glissant sur le M&#233;kong, beaucoup de jeunes (ou jeunes dans leur t&#234;te) d&#233;brouillard.e.s h&#233;sitent entre joie de vivre et mesquinerie petite bourgeoise d&#232;s que le service n'est pas irr&#233;prochable. Nous avons choisi un voyage ind&#233;pendant, sac au dos, sans pr&#233;parer plus d'une &#233;tape &#224; la fois. Nous avons l'impression de vivre une grande aventure humaine et parlons souvent de &#171; &lt;i&gt;sortir de notre zone de confort&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais le fait est que nous nous inscrivons dans une &#233;conomie bien r&#233;elle&lt;/strong&gt;, le premier secteur productif au monde &lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; [L'activit&#233; touristique] emploie 200 millions de personnes dans le monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et dans des rapports &#233;conomiques marqu&#233;s par l'iniquit&#233; et un pass&#233; colonial. Mais de cela, il n'est jamais question quand nous nous engageons dans des relations avec les locaux. Une infirmi&#232;re fran&#231;aise &#224; un jeune Hmong au Laos : &#171; &lt;i&gt;Toi aussi, tu veux voyager ? Et pourquoi pas ?&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'il vient de nous dire que sa famille vit avec 100 &#8364; par mois... Un ami me racontait aussi avoir commenc&#233; son tour du monde en marchandant aupr&#232;s d'un pousse-pousse indien, faisant valoir sa &#171; pauvret&#233; &#187; relative d'&#233;tudiant-ing&#233;nieur : la t&#234;te du gars devant cet argument lui avait fait honte pour le restant du voyage. R&#233;trospectivement, il avait trouv&#233; cette exp&#233;rience plus instructive que toutes celles qui sont cens&#233;es faire de ce geste de consommation une activit&#233; enrichissante humainement &lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos d'une activit&#233; bien plus enrichissante humainement, ces quelques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N'effleurer que la surface&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plupart d'entre nous ne voyage que sur des circuits pr&#233;alablement balis&#233;s&lt;/strong&gt;, sur lesquels lignes de transports en commun efficaces et infrastructures h&#244;teli&#232;res confortables n'ont pas fleuri au hasard. Les attractions non plus : elles ont fait l'objet de ce que Rodolphe Christin appelle &#171; &lt;i&gt;une ing&#233;nierie sociale d&#233;di&#233;e &#224; l'am&#233;nagement de l'espace et &#224; l'organisation d'offres commerciales adapt&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. C'est tout de suite moins magique. Experte en tourisme, c&#244;t&#233; consommatrice, j'ai &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour aider &#224; d&#233;terminer ce qui pouvait faire l'objet d'une attraction touristique dans la r&#233;gion de Bondowoso (Java Est). Ce point de vue sur les rizi&#232;res en terrasse ? Mouais, pas assez de relief pour faire un paysage inoubliable, mais joli. Cette fabrique artisanale de manioc ferment&#233; ? Non, &#231;a ne va pas le faire, &#231;a sent trop mauvais. La caldeira du volcan Ijen, ses porteurs de soufre et leur petites figurines jaunes ? Oui, mais cette attraction existe d&#233;j&#224; : il y a des parkings am&#233;nag&#233;s et des vendeurs de tout sur les pentes du volcan, qui accueillent chaque nuit des milliers de touristes (la plupart locaux) &#8211; puisque l'offre touristique s'est structur&#233;e autour d'une d&#233;couverte matinale du sommet. Et de r&#233;diger des notices sur Wikitravel pour transformer un geste quotidien (prendre le caf&#233; au march&#233;) en une attraction en soi, charge aux entrepreneurs locaux d'en faire une marchandise. Mais les touristes sont difficiles et ne mordent pas &#224; tous les hame&#231;ons. Nous jugeons que telle ville se &#171; fait &#187; en deux heures, pas plus, l&#224; o&#249; d'autres passent toute une vie. N'effleurant que la surface, nous devons alors multiplier les villes et paysages travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plus difficile reste ce paradoxe&lt;/strong&gt; : l'espace doit &#234;tre balis&#233;, mais ce serait bien si nous pouvions y &#234;tre les premier.e.s &#8211; ou au moins les seul.e.s &#8211; touristes et ne pas nous noyer dans la foule. C'est un peu comme r&#233;clamer un hypermarch&#233; aux rayons lourdement charg&#233;s, mais dans lequel les all&#233;es seraient d&#233;sertes et o&#249; personne n'attendrait aux caisses. Il n'y a pourtant pas de myst&#232;re, c'est &#233;quip&#233; parce que nous l'avons d&#233;j&#224; colonis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-996-d9607.jpg?1768687150' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde s'&#233;puise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re activit&#233; &#233;conomique au monde&lt;/strong&gt;, donc, &#171; &lt;i&gt;le tourisme est l'expression d'une mobilit&#233; humaine et sociale fond&#233;e sur un exc&#233;dent budg&#233;taire susceptible d'&#234;tre consacr&#233; au temps libre pass&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la r&#233;sidence principale&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de l'Encyclop&#233;die Universalis.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le tourisme est une activit&#233; en pleine croissance, de 6 % par an en moyenne, mais les Fran&#231;ais.e.s partent de moins en moins en vacances. Ce qui explose avec le tourisme, ce sont les in&#233;galit&#233;s. Les &#171; &lt;i&gt;exc&#233;dents budg&#233;taires&lt;/i&gt; &#187; des un.e.s augmentent, ainsi que le nombre de ceux et celles qui en ont, tandis que les autres pourront d&#233;couvrir le monde en accueillant des touristes sur leur lieu de vie devenu terrain de jeux, c'est-&#224;-dire en allant vivre en banlieue parce que les loyers en centre-ville ont perdu la raison. M&#234;me r&#233;cit &#224; Marseille, Lisbonne &lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Lisbonne tremble encore &#187;, article publi&#233; dans le n&#176;147 de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, Georgetown ou Macao. Les autorit&#233;s parlent de patrimoine, les esprits chagrins de &lt;i&gt;disneylandisation&lt;/i&gt;. Partout dans le monde, les m&#234;mes &lt;i&gt;latte&lt;/i&gt;, wifi inclus, pour le prix de cinq ou dix caf&#233;s. Les m&#234;mes logiques de sp&#233;culation, les m&#234;mes restaurations &#224; la truelle qui, mieux que le temps, savent d&#233;truire un h&#233;ritage architectural qui avait tenu, bon gr&#233; mal gr&#233;, par les mobilisations des habitant.e.s contre chaque nouveau projet d'&#233;quipement monstrueux. Au classement Unesco, &#224; la mus&#233;ification de la ville, comment dire non sans avoir l'air de ne repr&#233;senter que ses int&#233;r&#234;ts particuliers ? C'est la culture qu'on attaque ! M&#234;me bilan globalement n&#233;gatif dans les espaces naturels : pour les abords d'une rivi&#232;re Kinatabatangan pr&#233;serv&#233;s en vue de safaris-photos en bateau, combien d'hectares bouff&#233;s par les infrastructures ? Et surtout, combien de m&#232;tres cubes d'eau d&#233;pens&#233;s dans des piscines et golfs (et pour un mode de vie occidental en g&#233;n&#233;ral) tandis que des paysan.ne.s peuvent en manquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous, les touristes, sommes trop nombreux et nombreuses sur Terre&lt;/strong&gt;. Mais qu'&#224; cela ne tienne, nous entretenons le d&#233;ni. D&#233;ni sur ce qui est au c&#339;ur de nos voyages : notre carte Visa. D&#233;ni sur nos d&#233;ceptions : il y a trop de monde, trop d'imb&#233;ciles, trop d'Australien.ne.s, etc. Nous faisons la queue pour poser seul.e.s sur un rocher au-dessus d'un fjord, recadrons nos photos pour qu'on n'y d&#233;c&#232;le pas la pr&#233;sence des autres, les touristes surnum&#233;raires. Nous nous r&#233;jouissons de voir de nouvelles destinations surgir et des pays &#171; s'ouvrir &#187; (comme la Birmanie), mais &#224; vrai dire le monde s'&#233;puise et sa finitude nous &#233;clate au visage. Arpent&#233;, &#233;quip&#233;, il se ferme au voyage, &#224; l'aventure, et s'offre au tourisme, charge &#224; nous d'en trouver les formes les moins b&#234;tes. Prendre le temps (Bondowoso se &#171; fait &#187; en deux heures ou en deux semaines), trouver les pr&#233;textes d'une rencontre avec les gens du cru &#8211; ne serait-ce que pour s'occuper pendant les deux semaines en question. Il y a encore beaucoup &#224; d&#233;couvrir, m&#234;me quand le grand frisson ne tient plus qu'&#224; un retard de car, &#224; une literie infect&#233;e de punaises ou &#224; un wifi qui rame.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Aude Vidal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1768669123' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; [L'activit&#233; touristique] &lt;i&gt;emploie 200 millions de personnes dans le monde, &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; ce qui para&#238;t bien peu relativement aux recettes engendr&#233;es : 733 milliards de dollars US en 2006, soit 2 milliards de dollars US par jour selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT)&lt;/i&gt; &#187;, souligne Rodolphe Christin dans son Manuel de l'anti-tourisme (&#201;cosoci&#233;t&#233;, 2018 &#8211; r&#233;&#233;dition d'un texte de 2010, h&#233;las sans mise &#224; jour des chiffres).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos d'une activit&#233; bien plus enrichissante humainement, ces quelques lignes tir&#233;es du texte &#171; Le voyage, un droit humain ? &#187;, mis en ligne le 17/05/13 sur &#171; Mon blog sur l'&#233;cologie politique &#187; : &#171; &lt;i&gt;On apprend beaucoup en voyageant. On apprend beaucoup aussi &#224; la biblioth&#232;que, alors pourquoi les deux exp&#233;riences sont-elles dot&#233;es d'un prestige si diff&#233;rent ? Pourquoi la recherche du savoir, qui n'est pas une activit&#233; si prestigieuse quand elle a pour moyen l'&#233;crit, se transforme-t-elle d'un coup quand elle s'inscrit dans l'espace ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de l'Encyclop&#233;die Universalis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Lisbonne-tremble-encore' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lisbonne tremble encore&lt;/a&gt; &#187;, article publi&#233; dans le n&#176;147 de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; en octobre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Sur les traces d'homo touristicus : Ah, les jolies vacances aux colonies&#8230;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sur-les-traces-d-homo-touristicus</link>
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		<dc:date>2018-10-01T13:49:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'explosion du tourisme de masse, le &#171; voyage d'agr&#233;ment &#187; &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; une petite &#233;lite aristocratique et bourgeoise. Cette jet set avant l'heure a pos&#233; les bases d'une industrie cannibale et imprim&#233; durablement un &#233;tat d'esprit colonialiste &#171; pacifique en apparence, destructeur en r&#233;alit&#233; &#187;. Rapide vue panoramique sur la naissance d'une esp&#232;ce pr&#233;datrice Cat&#233;gorie nouvelle apparue &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, le touriste, tout en marchant sur les pas des uns ou des autres, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'explosion du tourisme de masse, le &#171; voyage d'agr&#233;ment &#187; &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; une petite &#233;lite aristocratique et bourgeoise. Cette jet set avant l'heure a pos&#233; les bases d'une industrie cannibale et imprim&#233; durablement un &#233;tat d'esprit colonialiste &#171; &lt;i&gt;pacifique en apparence, destructeur en r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formule de la romanci&#232;re Chantal Thomas.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Rapide vue panoramique sur la naissance d'une esp&#232;ce pr&#233;datrice&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-836.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1063/-836-325a3.jpg?1768657731' width='500' height='1063' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cat&#233;gorie nouvelle apparue &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, le touriste, tout en marchant sur les pas des uns ou des autres, se distingue de l'explorateur, du colonisateur, du curiste ou du p&#232;lerin par la vacuit&#233; sociale de son loisir. &#192; la fin des guerres napol&#233;oniennes, la mode du voyage non utilitaire, r&#233;serv&#233; aux classes oisives, conna&#238;t un v&#233;ritable essor en Europe. Le d&#233;veloppement du chemin de fer, du bateau &#224; vapeur et des &#233;changes internationaux, ainsi que l'expansion coloniale et les voyages scientifiques qui les accompagnent, &#233;largissent l'horizon du touriste au cours du XIXe. En 1841, le puritain Thomas Cook flaire le bon filon et ouvre, en Angleterre, la premi&#232;re agence de voyages. Le premier circuit organis&#233; de l'histoire r&#233;unit ainsi 500 membres de ligues contre l'alcoolisme pour un d&#233;placement en train de Leicester &#224; Loughborough.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, le path&#233;tique de l'&lt;i&gt;homo touristicus&lt;/i&gt;, ersatz d'aventurier qui entend jouir du spectacle du monde sans rien c&#233;der de son confort, suscite la curiosit&#233; et la caricature. D&#232;s le deuxi&#232;me quart du XIXe si&#232;cle, l'illustrateur suisse Rodolphe T&#246;pffer dresse, dans &lt;i&gt;Voyages en zigzag&lt;/i&gt;, une typologie sarcastique de cette engeance observ&#233;e dans les Alpes. Il cible particuli&#232;rement, le &#171; &lt;i&gt;no-no&lt;/i&gt; &#187;, touriste anglais hautain, &#171; &lt;i&gt; un itin&#233;raire &#224; la main, un lorgnon sur la belle nature&lt;/i&gt; &#187;, qui reste dans un rapport livresque &#224; ce qui l'entoure et cultive l'entre-soi : &#171; &lt;i&gt;Haut comme une grue, muet comme un poisson, il se salue lui-m&#234;me et ceux de son esp&#232;ce&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;et il m&#233;prise beaucoup les pays &#8220; o&#249; tute le monde paarl&#233; &#224; tute le monde &#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite &#233;galement, l'impact de ces nouveaux arrivants p&#232;se sur les paysages et l'activit&#233; des autochtones : &#171; &lt;i&gt;On voit les touristes s'acheminer en longues files vers les Alpes ou les Pyr&#233;n&#233;es ; chaque ann&#233;e leur nombre va croissant, si bien m&#234;me qu'ils ont fini par transformer l'aspect de leurs rendez-vous habituels... Des populations enti&#232;res n'ont qu'une occupation : donner &#224; boire et &#224; manger aux touristes&lt;/i&gt; &#187;, constate (d&#233;j&#224;) le &lt;i&gt;Grand dictionnaire Larousse universel du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;. D&#233;sormais, c'est au monde, r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de spectacle, et aux locaux, devenus figurants, de s'adapter et de r&#233;pondre aux besoins de ces dr&#244;les d'oiseaux de passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'exotisme n'est pas qu'une histoire de paysage lointain. &#192; la faveur d'une guerre ou d'une catastrophe se fait jour un tourisme &#233;v&#233;nementiel. L'historien &#201;ric Fournier &#233;voque ainsi ce &#171; &lt;i&gt;tourisme de champ de bataille&lt;/i&gt; &#187; qui fleurit durant l'&#233;t&#233; suivant la r&#233;pression de la Commune. &#171; &lt;i&gt;Ces Anglais visitant les ruines encore fumantes &#224; des fins exclusivement r&#233;cr&#233;atives semblent incongrus et ind&#233;cents aux yeux des Parisiens. Les discours &#224; leur encontre sont cependant marqu&#233;s par le d&#233;dain et la moquerie, plus que par l'agressivit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Fournier, Paris en ruines &#8211; Du Paris haussmannien au Paris communard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; La pr&#233;sence de ces flegmatiques touristes atteste de la fin de la guerre et participe &#224; la renaissance culturelle de la capitale... et aux affaires des cochers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tourisme colonial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode de colonisation, ce n'est pas par hasard si la curiosit&#233; touristique s'&#233;tend aussi &#224; de nouveaux territoires &#224; peine pacifi&#233;s. Selon l'historienne Colette Zytnicki, qui s'est pench&#233;e sur le cas de l'Alg&#233;rie, &#171; &lt;i&gt;le tourisme constitue un outil de domination coloniale&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s les ann&#233;es 1880, des circuits sont d'ailleurs mis en place &#224; travers tout le Maghreb. &#171; &lt;i&gt;Le tourisme, loin d'&#234;tre un &#233;l&#233;ment superficiel, est donc inscrit au c&#339;ur de la situation coloniale. Il permet de justifier la pr&#233;sence imp&#233;riale, il contribue &#224; remodeler paysages urbains et ruraux, il peut m&#234;me accro&#238;tre les tensions. Par ailleurs, le tourisme conna&#238;t en Alg&#233;rie les m&#234;mes &#233;tapes de d&#233;veloppement qu'en Europe. Plus encore, dans le syst&#232;me imp&#233;rial o&#249; s'inclut le tourisme, les id&#233;es circulent d'un point &#224; l'autre, des r&#233;seaux s'&#233;tablissent, r&#233;seaux politiques de fonctionnaires fran&#231;ais qui vont d'un endroit de l'Empire &#224; l'autre ou les syndicats d'initiative organis&#233;s au niveau du Maghreb, r&#233;seaux &#233;conomiques constitu&#233;s par ces grandes soci&#233;t&#233;s de transport.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Zytnicki, Alg&#233;rie, terre de tourisme &#8211; Histoire d'un loisir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains de ces premiers touristes se r&#233;v&#232;lent parfois des observateurs de qualit&#233; &#8211; qui &#171; &lt;i&gt;par leur &#233;ducation savent peindre ou dessiner, se servir d'instruments de mesure g&#233;ographique&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Pierre, &#171; Le tourisme, stade ultime du colonialisme &#187;, L'Histoire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ou des premiers appareils photo &#8211;, la plupart des r&#233;cits se contentent de propager tout un imaginaire imp&#233;rial. Publi&#233; quatre ans apr&#232;s l'insurrection de Kabylie de 1871, le roman &lt;i&gt;En Kabylie &#8211; Voyage d'une Parisienne au Djurdjura&lt;/i&gt; se pr&#233;sente ainsi comme le r&#233;cit de voyage, sous escorte de l'arm&#233;e, d'une &#233;l&#233;gante en terres amazigh. Les cat&#233;gorisations racistes que l'auteur, l'&#233;crivain franco-belge Joseph Vilbort, pr&#234;te &#224; son h&#233;ro&#239;ne au sujet des indig&#232;nes alg&#233;riens alimentent &#224; longueur de pages les st&#233;r&#233;otypes coloniaux : &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; leur peau de suie, madame Elvire pr&#233;f&#233;rait de beaucoup&lt;/i&gt; [les n&#232;gres d'Alger] &lt;i&gt;aux Arabes d'Alger, paresseux, sordides et filous, aux Maures &#224; la face blafarde, aux Koulourlis, fils &#233;tiol&#233;s des Turcs et des Mauresques, et m&#234;me aux Juifs industrieux, qui ont l'art de s'enrichir o&#249; tant d'autres s'appauvrissent et poss&#232;dent aujourd'hui la moiti&#233; de la ville&lt;/i&gt;. [...] &lt;i&gt;Mais ceux qui avaient su gagner toute sa sympathie, c'&#233;taient les Biskris et surtout les Kabyles, que la mis&#232;re chasse, les premiers, des oasis du Ziban, les seconds des roches djurjuriennes : presque tous ces hommes-l&#224; ont un bon visage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je hais les voyages et les explorateurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, une nouvelle r&#233;volution des transports a&#233;riens et automobiles, conjugu&#233;e &#224; l'acc&#232;s aux cong&#233;s pay&#233;s, ouvre dans les soci&#233;t&#233;s occidentales la voie au tourisme de masse. Parall&#232;lement, avec la mise en cause du colonialisme et l'av&#232;nement d'une industrie des loisirs, s'op&#232;re une critique esth&#233;tique de l'exotisme, dont l'incipit de &lt;i&gt;Tristes Tropiques&lt;/i&gt; (1955) de Claude L&#233;vi-Strauss constitue le parfait postulat : &#171; &lt;i&gt;Je hais les voyages et les explorateurs&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un flux incessant, de nouvelles cat&#233;gories de touristes apparaissent : depuis le croisi&#233;riste &lt;i&gt;all inclusive&lt;/i&gt; jusqu'au routard en qu&#234;te d'authenticit&#233;, aspir&#233; &#224; son tour dans le nouveau march&#233; d'un tourisme dit durable. D&#232;s lors, le touriste, c'est toujours l'autre. Mais il exacerbe &#224; chaque fois la profonde in&#233;galit&#233; des rapports Nord-Sud, dont les drames migratoires offrent chaque jour la plus brutale des illustrations. Ce que rappellent Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le Dantec dans leur livre &lt;i&gt;Dem ak xabaar, partir et raconter&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Lignes, 2012 (N.B. : Bruno Le Dantec est l'un des piliers de CQFD).&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; : il a fallu trois ans &#224; Mahmoud pour atteindre l'Europe au p&#233;ril de sa vie depuis sa Casamance natale, alors qu'un touriste europ&#233;en n'a besoin que de trois heures d'avion pour aller bronzer sur les plages du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Marrakech &#224; Barcelone, l'industrie du tourisme annexe des territoires entiers pour les transformer en parcs d'attractions. Apog&#233;e du village vacances hors sol &#8211; &#171; &lt;i&gt;sorte de camp scout m&#226;tin&#233; de faux air de kibboutz m&#234;l&#233; de phalanst&#232;re intellectuel&lt;/i&gt; &#187;, dixit Wikipedia (sic) &#8211;, le Club M&#233;diterran&#233;e, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1950, pr&#233;tend ainsi casser les codes sociaux en &#171; d&#233;mocratisant &#187; l'acc&#232;s du plus grand nombre &#224; des activit&#233;s sportives et &#171; culturelles &#187; encore confidentielles. La promesse d'un monde de loisirs sans fin pr&#233;cipite la fin des derni&#232;res utopies sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tourisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, forme de divertissement permanent, emp&#234;che alors de questionner son rapport au monde et aux autres. Mais aussi &#224; soi-m&#234;me. D&#233;plorant la standardisation des aliments par la normalisation marchande, Guy Debord voyait dans le touriste de la fin du XXe si&#232;cle l'incarnation d'un stade achev&#233; de d&#233;possession : &#171; &lt;i&gt;Le touriste est celui qui est trait&#233; partout aussi mal que chez lui : c'est l'&#233;lecteur en d&#233;placement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article &#171; Abat-faim &#187;, Encyclop&#233;die des Nuisances, tome I, fascicule 5, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Formule de la romanci&#232;re Chantal Thomas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ric Fournier, &lt;i&gt;Paris en ruines &#8211; Du Paris haussmannien au Paris communard&lt;/i&gt;, Imago, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Colette Zytnicki, &lt;i&gt;Alg&#233;rie, terre de tourisme &#8211; Histoire d'un loisir colonial&lt;/i&gt;, Vend&#233;miaire, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Pierre, &#171; Le tourisme, stade ultime du colonialisme &#187;, &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt;, juillet-ao&#251;t 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Lignes, 2012 (N.B. : Bruno Le Dantec est l'un des piliers de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article &#171; Abat-faim &#187;, &lt;i&gt;Encyclop&#233;die des Nuisances&lt;/i&gt;, tome I, fascicule 5, novembre 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#171; Le tourisme est une industrie de la compensation &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-tourisme-est-une-industrie-de</link>
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		<dc:date>2018-09-23T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>l'industrie touristique</dc:subject>
		<dc:subject>es-tu venu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De &#171; l'usage &#187; &#224; &#171; l'usure &#187; du monde... Le sociologue Rodolphe Christin a produit un corpus critique d&#233;zinguant l'industrie touristique. Apr&#232;s L'Usure du monde (&#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e), son pamphlet Manuel de l'antitourisme (&#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;) s'offre une peau neuve avec une r&#233;&#233;dition revue et augment&#233;e. Entretien. Comment en es-tu venu &#224; une r&#233;flexion critique sur le tourisme ? &#171; Au d&#233;part, il y a des r&#234;ves d'adolescence, un attrait pour les voyages et l'aventure. Un imaginaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De &#171; l'usage &#187; &#224; &#171; l'usure &#187; du monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Rodolphe Christin a produit un corpus critique d&#233;zinguant l'industrie touristique. Apr&#232;s &lt;i&gt;L'Usure du monde&lt;/i&gt; (&#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e), son pamphlet &lt;i&gt;Manuel de l'antitourisme&lt;/i&gt; (&#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;) s'offre une peau neuve avec une r&#233;&#233;dition revue et augment&#233;e. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment en es-tu venu &#224; une r&#233;flexion critique sur le tourisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;part, il y a des r&#234;ves d'adolescence, un attrait pour les voyages et l'aventure. Un imaginaire assez fort chez moi, auquel s'est combin&#233; un int&#233;r&#234;t pour les sciences humaines : sociologie, ethnologie et anthropologie. Au fil de mes voyages, j'ai constat&#233; qu'il &#233;tait de plus en plus difficile d'&#233;chapper aux organisations touristiques. Cette pr&#233;occupation a donn&#233; lieu &#224; une th&#232;se de sociologie sur l'imaginaire du voyage, qui m'a renvoy&#233; &#224; l'analyse critique de ce ph&#233;nom&#232;ne relativement r&#233;cent dans l'histoire de l'humanit&#233;. Pour qu'il y ait tourisme, il faut une mise en ordre touristique du monde, l'instauration d'un mod&#232;le &#233;conomique et culturel qui, contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, contribue &#224; d&#233;truire la diversit&#233; humaine et territoriale. Tourisme et soci&#233;t&#233; de consommation sont indissociables. Cette d&#233;nonciation ne va pas forc&#233;ment de soi &#8211; l'industrie touristique a longtemps b&#233;n&#233;fici&#233; d'un large consensus sur ses bienfaits. Comme si elle portait en elle une &#233;thique rendant toute critique difficile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2570 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH299/-835-f139f.jpg?1768654937' width='500' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'origine, il s'agit quand m&#234;me d'une conqu&#234;te sociale, celle de 1936 et des cong&#233;s pay&#233;s. Comment la machine se grippe-t-elle par la suite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Effectivement, il y a &#224; partir de 1936 cette vis&#233;e suppos&#233;ment &#233;mancipatrice consistant &#224; lib&#233;rer &#8211; provisoirement &#8211; le travailleur gr&#226;ce &#224; l'acquisition du droit aux cong&#233;s pay&#233;s. Bien entendu, c'est un&#8197;leurre : ces cong&#233;s pay&#233;s restent d&#233;pendants du travail et du salariat. Plus qu'une lib&#233;ration, il s'agit d'un am&#233;nagement de peine. Une question s'est cependant pos&#233;e : comment occuper ce temps lib&#233;r&#233; de mani&#232;re &#224; ne pas laisser s'installer le vice et la d&#233;bauche qui, comme chacun le sait, se nourrissent de l'oisivet&#233; ? Associations, syndicats et diverses organisations ont propos&#233; des activit&#233;s et des s&#233;jours pour meubler un temps, au final, de moins en moins '' libre ''. Dans la foul&#233;e des cong&#233;s pay&#233;s na&#238;t ainsi le tourisme social. Une d&#233;marche d'&#233;ducation populaire guid&#233;e par l'id&#233;e de d&#233;couvrir l'autre et le monde. Mais, avec l'efficacit&#233; qu'on lui conna&#238;t, le capitalisme a pris en main cette tendance qui s'est rapidement av&#233;r&#233;e rentable. Depuis, la demande touristique n'a cess&#233; de cro&#238;tre dans un assentiment g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : nous avons bascul&#233; dans l'industrie '' d&#233;complex&#233;e '' du tourisme de masse. Celle-ci a largement organis&#233; les territoires &#224; des fins mercantiles. Le tourisme n'a plus comme finalit&#233; la recherche de la diversit&#233; mais celle du divertissement. Il tend &#224; transformer des r&#233;gions enti&#232;res en zones commerciales &#224; ciel ouvert. Pour les territoires non dot&#233;s de capital touristique, on implante des espaces cr&#233;&#233;s de toutes pi&#232;ces &#8211; centres de vacances, parcs &#224; th&#232;mes ou zones de loisirs. Autant d'univers artificiels d&#233;di&#233;s &#224; l'accueil des vacanciers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;L'Usure du monde&lt;/i&gt;, tu ressuscites un vieux terme de la psychiatrie, &#171; dromomanie &#187;, pour signifier cette injonction &#224; la mobilit&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dromomanie signifie la manie du d&#233;placement. Or la mobilit&#233; &#8211; pas simplement le fait d'&#234;tre en vacances, mais de partir en vacances &#8211; a &#233;t&#233; survaloris&#233;e. Comme si rester chez soi &#233;tait une affaire de ringard. Pour &#234;tre moderne, voire postmoderne, il faut forc&#233;ment partir, se sentir &#8220; nomade ''. Pour &#234;tre heureux, intelligent et serein, il faut quitter son chez-soi. Il y a une connotation positive attach&#233;e au fait de se d&#233;placer. L'id&#233;e admise qu'on revient forc&#233;ment l'esprit plus ouvert d'un voyage ou d'un s&#233;jour touristique. Comme si un monde o&#249; les gens se d&#233;placent facilement devait &#234;tre plus harmonieux. Rien ne prouve cette id&#233;e. L'actualit&#233; en M&#233;diterran&#233;e montre que le tourisme effr&#233;n&#233; peut cohabiter avec la r&#233;pression des migrants la plus f&#233;roce. Le monde n'est pas devenu meilleur depuis que les gens se d&#233;placent sans r&#233;fl&#233;chir, de mani&#232;re quasi compulsive, &#224; des fins touristiques. Avant l'invention de la machine &#224; vapeur et du moteur &#224; explosion, et l'am&#233;nagement de voies fluides de circulation, se d&#233;placer &#233;tait une &#233;preuve. Une aventure. On ne savait pas ce qu'on allait rencontrer sur la route, tout pouvait arriver. Il a fallu motoriser le d&#233;placement, le rendre physiquement indolore, pour qu'on puisse se d&#233;placer aussi facilement et gommer un maximum de risques inh&#233;rents au voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs publics et les op&#233;rateurs priv&#233;s ont am&#233;nag&#233; l'espace de mani&#232;re &#224; le rendre accessible sans trop d'effort, en s&#233;curit&#233;. Ce maillage du territoire en axes de circulations, zones touristiques et commerciales, canalise et oriente les d&#233;placements. On n'est plus dans l'imaginaire du routard, mais dans celui du circuit organis&#233; et balis&#233;. Chez Jack Kerouac ou Nicolas Bouvier&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;crivain et grand voyageur suisse. Il est l'auteur de L'Usage du monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; le voyage est indissociable de l'id&#233;e subversive de l'&#233;vasion. Quand il partait, Bouvier pouvait rester des ann&#233;es sur les routes, la gueule au vent. Cette philosophie a c&#233;d&#233; le pas face &#224; la mise en &#339;uvre d'itin&#233;raires structur&#233;s autour d'&#233;tapes oblig&#233;es, vendues sous forme de clich&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parles aussi du d&#233;racinement, propre &#224; la fois au touriste et au migrant...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;racinement est en r&#233;alit&#233; le propre de l'homme moderne. Dans les textes de Jack London, on retrouve cet imaginaire de l'aventure li&#233;e au voyage. London vit dans la mis&#232;re &#224; San Francisco. Il d&#233;cide de partir chercher de l'or en Alaska &#8211; il n'en trouvera pas, mais &#233;crira un livre qui fera sa r&#233;putation. Ce Jack London-l&#224; est beaucoup plus proche du migrant d'aujourd'hui qui fuit son pays pour une vie meilleure que du touriste. Aujourd'hui, les v&#233;ritables h&#233;ros du voyage sont les migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une autre lecture liant touristes et migrants. Le capitalisme a besoin de consommateurs et de producteurs. Le touriste est la version d&#233;localis&#233;e du consommateur, tandis que le migrant est un producteur &#8211; au moins potentiel &#8211; d&#233;racin&#233;. La mondialisation &#233;conomique n&#233;cessite une main-d'&#339;uvre mobile qu'elle pourra employer en fonction de ses besoins. Des individus pr&#234;ts &#224; rompre avec leur territoire, leur famille, pr&#234;ts pour l'exil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En refa&#231;onnant le monde, l'industrie touristique a produit des &#171; non-lieux &#187;. Des espaces clon&#233;s, indiff&#233;renci&#233;s qu'on retrouve &#224; n'importe quel point du globe...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une expression que j'emprunte &#224; l'anthropologue Marc Aug&#233;, auteur de &lt;i&gt;Non-lieux &#8211; Introduction &#224; une anthropologie de la surmodernit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; au Seuil en 1992.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Alors que le tourisme a longtemps &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une recherche de l'authenticit&#233; et de la diversit&#233;, il produit des lieux similaires o&#249; qu'on soit dans le monde. Des lieux qui ob&#233;issent &#224; des mod&#232;les et des crit&#232;res de qualit&#233; et d'accessibilit&#233; identiques. Rien ne ressemble autant &#224; un village baln&#233;aire de la M&#233;diterran&#233;e fran&#231;aise qu'un village baln&#233;aire de la M&#233;diterran&#233;e tunisienne ou espagnole. En outre, ces non-lieux ob&#233;issent souvent &#224; des logiques d'enfermement. Ils deviennent de plus en plus des espaces clos, d&#233;di&#233;s aux loisirs et &#224; la consommation, fr&#233;quent&#233;s par des gens qui se reconnaissent et n'ont plus de contact avec le monde ext&#233;rieur. Sinon des relations commerciales de prestataire &#224; client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe des temps : cette logique de l'enfermement est &#233;rig&#233;e en mod&#232;le par les professionnels du tourisme. Elle serait un moyen de lutter contre les nuisances du tourisme &#8220; sauvage '' ou de type Airbnb. Des touristes qui arrivent dans une ville et se diss&#233;minent de mani&#232;re anarchique seraient plus nocifs pour le territoire que des voyageurs regroup&#233;s dans des lieux d&#233;di&#233;s. Un certain discours de la contention se pare aujourd'hui des vertus du tourisme durable. R&#233;cemment un article du Quotidien du tourisme relatait des propos de dirigeants de soci&#233;t&#233;s expliquant que pour que le tourisme soit moins nuisible, il faut l'organiser de mani&#232;re plus pr&#233;cise. Avec des lieux et des circuits desquels les gens ne s'&#233;chappent pas. L'hyper-organisation comme solution pour lutter contre les nuisances du tourisme non organis&#233;. C'est aussi une fa&#231;on pour les industriels du tourisme de produire une contre-id&#233;ologie face &#224; la mode Airbnb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant que dans ce dernier domaine, on voit pointer de nouvelles tendances avec la vente d' &#8220; exp&#233;riences ''. Non seulement le particulier loue une chambre, mais il peut proposer dor&#233;navant &#224; son client une partie de p&#234;che en montagne ou une soir&#233;e flamenco dans un bar de Paris. Ce qui &#233;tait de l'ordre de la gratuit&#233; entre amis, ou bien de la rencontre de hasard, devient, avec l'ub&#233;risation, source de profit. Tout le monde se mue en agent touristique potentiel et tout devient &#8220; touristiquement '' exploitable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Barcelone, des voix s'&#233;l&#232;vent contre une peste touristique invasive et faisant flamber l'immobilier. Penses-tu qu'on assiste l&#224; &#224; l'&#233;mergence d'une pens&#233;e critique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, je pense m&#234;me qu'on a franchi un palier cette ann&#233;e avec des concepts &#233;mergents comme le &#8220; surtourisme '' pour d&#233;signer des lieux gagn&#233;s par une saturation touristique. Les termes &#8220; tourismophobie'' ou &#8220; touristophobie '' sont de plus en plus utilis&#233;s. Les op&#233;rateurs touristiques s'inqui&#232;tent de ces contestations qui agitent des villes comme Barcelone, Dubrovnik ou Venise face &#224; ces perp&#233;tuels flots touristiques. En 2016, la mairie de Barcelone a inflig&#233; de fortes amendes &#224; six plate formes de location de logements en ligne. En novembre dernier, elle a sanctionn&#233; &#224; hauteur de 600 000 &#8364; Airbnb et HomeAway pour locations ill&#233;gales. La pression immobili&#232;re est telle que la mairie intervient pour que les Barcelonais ne se fassent pas &#233;reinter en cherchant &#224; se loger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste dans ces &#8220; &lt;i&gt;hot spot&lt;/i&gt; '' &#224; une intensification de l'emprise touristique qui chasse la vie locale en la rendant impossible. Les travailleurs ne peuvent plus bosser &#224; cause des embouteillages, la moindre action banale de la vie quotidienne, comme acheter une baguette de pain, implique de faire une demi-heure de queue. Le tourisme ne permet plus que la vie touristique. Il proc&#232;de par une privatisation de l'espace commun, mais la gestion de ses nuisances reste &#224; la charge des pouvoirs publics. Une externalisation des co&#251;ts assez forte au demeurant. Sans compter l'aspect environnemental et sanitaire. En M&#233;diterran&#233;e, il y a une grosse activit&#233; croisi&#233;riste. On sait qu'un bateau de croisi&#232;re &#233;met en moyenne en une journ&#233;e autant de particules fines qu'un million de voitures. 8 % des gaz &#224; effet de serre sont produits par l'industrie touristique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; ce proc&#232;s &#224; charge, la critique de l'industrie touristique n'est pas toujours facile...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a certains freins psychologiques. Une esp&#232;ce d'enchantement qui fait que les gens n'ont pas conscience des dessous de l'industrie touristique. La d&#233;couverte et le voyage sont plac&#233;s en premi&#232;re ligne du plaisir touristique, mais toute l'infrastructure qui permet au syst&#232;me d'&#234;tre ce qu'il est n'est pas per&#231;ue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pourrait ressortir ce vieux concept d'ali&#233;nation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, mais l'ali&#233;nation contient l'id&#233;e de souffrance alors que le tourisme prend les formes d'un certain h&#233;donisme. L'addiction touristique en est d'autant plus forte. Tout le monde a envie de partir en vacances et de profiter du soleil, des cocktails, des balades. On entend souvent les gens dire : &#8220; Il faut que je parte en vacances sinon je vais p&#233;ter un c&#226;ble. J'ai besoin de me ressourcer. '' Ces r&#233;flexes nous renvoient &#224; nos conditions de vie devenues invivables. &#192; tel point qu'on part oublier son quotidien dans des espaces produits &#224; cet effet. Le tourisme est une industrie de la compensation : je souffre, je travaille toute l'ann&#233;e, donc je m'octroie ces quelques semaines de r&#233;pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition du tourisme est devenue tellement extensive que tout peut devenir &#8220; tourisme ''. Cons&#233;quence : tu ne peux plus critiquer le ph&#233;nom&#232;ne. Tu vas voir ta m&#232;re en Bretagne ? Tu fais du tourisme. Tu es en d&#233;placement professionnel et le soir, avant de rejoindre ta chambre d'h&#244;tel, tu vas voir une expo ? Tu fais du tourisme. Il y a une esp&#232;ce de naturalisation de l'activit&#233; touristique qui rend tout potentiellement touristique. Critiquer le tourisme, c'est alors comme critiquer le fait de respirer, boire et manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il faut revenir aux racines du probl&#232;me. Historiquement, le d&#233;veloppement du tourisme est li&#233; au d&#233;veloppement du capitalisme. Il se r&#233;pand avec la soci&#233;t&#233; industrielle. Sortir du capitalisme et de la soci&#233;t&#233; de consommation, c'est sortir du tourisme. C'est aller vers une soci&#233;t&#233; du bien-vivre, respectueuse des vies humaines et non humaines. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;crivain et grand voyageur suisse. Il est l'auteur de &lt;i&gt;L'Usage du monde&lt;/i&gt;, livre mythique publi&#233; en 1963 et auquel fait directement r&#233;f&#233;rence Rodolphe Christin dans le titre de son ouvrage&lt;i&gt; L'Usure du monde&lt;/i&gt; (2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; au Seuil en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du n&#176;167</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167</link>
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		<dc:date>2018-07-06T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Iffik Le Guen, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
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		<dc:subject>Pana&#239;t Istrati</dc:subject>
		<dc:subject>seraient mieux</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Mistler</dc:subject>
		<dc:subject>jusqu'&#224;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque ! Num&#233;ro sp&#233;cial d'&#233;t&#233; : 32 pages ! En une : &#034;Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien&#034; de Jean-Michel Bertoyas promettaient aussi de rester ferm&#233;s, pour ne pas &#234;tre la cible de possibles d&#233;bordements de manifestants &#187;, le journaliste du quotidien r&#233;gional insiste sur la crispation identitaire et nationaliste qu'il croit d&#233;celer chez les protestataires. Ne manquerait qu'un relent x&#233;nophobe pour en faire des salauds de fascistes ? En tout cas, de fameux hypocrites, ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tourisme" rel="tag"&gt;tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/The-Americans" rel="tag"&gt;The Americans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Panait-Istrati" rel="tag"&gt;Pana&#239;t Istrati&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/seraient-mieux" rel="tag"&gt;seraient mieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Mistler" rel="tag"&gt;Jean Mistler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jusqu-a" rel="tag"&gt;jusqu'&#224;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton2267-96df7.jpg?1768849175' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque ! Num&#233;ro sp&#233;cial d'&#233;t&#233; : 32 pages !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien&#034; de &lt;a href=&#034;http://kobeblog-bertoyas.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Michel Bertoyas&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Non, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ne s'est pas propos&#233; de g&#226;cher vos vacances. Mais de questionner un pervers saucissonnage du temps et des espaces au nom du droit aux loisirs qui, contrairement &#224; ce que font miroiter les guides touristiques, ne nous fait vraiment pas la vie belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean Mistler, &#171; l&lt;i&gt;e tourisme est l'industrie qui consiste &#224; transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux&lt;/i&gt; &#187;. En &#233;cho &#224; ce bon mot, et alors que la dimension bronz&#233;e et en tongs de la mondialisation bat son plein, la &#171; tourismophobie &#187; prend de l'ampleur partout en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; dernier, la presse quasi unanime s'est &#233;mue des manifestations - portant des slogans comme &#171; Mort au tourisme ! &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Tourist go home !&lt;/i&gt; &#187; - qui ont troubl&#233; la qui&#233;tude des visiteurs en Espagne, en Italie, au Portugal et m&#234;me en Croatie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;dition du 17 ao&#251;t 2017, &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; publie le t&#233;moignage d'un couple de Bretons, habitu&#233; des festivit&#233;s traditionnelles de Donostia (San Sebasti&#225;n) et tr&#232;s chagrin&#233; par cette incompr&#233;hensible vague de rejet. &#171; &lt;i&gt;Nous devions rester jusqu'&#224; samedi, mais avec la manifestation anti-touristes qui a lieu ce jeudi, en ouverture des f&#234;tes de la ville, on pr&#233;f&#232;re s'en aller, pour ne pas risquer d'&#234;tre agress&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de conclure sur ces &#171; &lt;i&gt;caf&#233;s et restaurants du quartier antique&lt;/i&gt; [qui] &lt;i&gt;promettaient aussi de rester ferm&#233;s, pour ne pas &#234;tre la cible de possibles d&#233;bordements de manifestants&lt;/i&gt; &#187;, le journaliste du quotidien r&#233;gional insiste sur la crispation identitaire et nationaliste qu'il croit d&#233;celer chez les protestataires. Ne manquerait qu'un relent x&#233;nophobe pour en faire des salauds de fascistes ? En tout cas, de fameux hypocrites, ces &#233;nergum&#232;nes, tant la manne touristique semble incontournable aujourd'hui ! Au niveau local d'abord, notre plumitif de &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, encore lui, tient &#224; ramener tout le monde &#224; la raison &#233;conomique. Avec deux millions de visiteurs annuels, les retomb&#233;es du tourisme &#171; &lt;i&gt;profiteraient directement&lt;/i&gt; &#187; &#224; 35 % de la population de la ville basque. On n'est donc plus tr&#232;s loin de la mono-activit&#233; (ou de la &#171; &lt;i&gt;monoculture&lt;/i&gt; &#187;, comme disent les assembl&#233;es de quartier de Barcelone en lutte contre la &#171; &lt;i&gt;touristificatio&lt;/i&gt;n &#187; de leur ville)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau global ensuite, d'apr&#232;s l'Organisation mondiale du tourisme et diverses institutions repr&#233;sentant les professionnels du secteur, la contribution totale de l'industrie touristique au PIB plan&#233;taire s'&#233;l&#232;verait &#224; 10 %. Davantage encore que les industries automobile, p&#233;troli&#232;re, agro-alimentaire, de la drogue ou des armes ! Mais tellement plus inoffensive, diront certains... C'est &#224; voir. Les d&#233;g&#226;ts environnementaux et culturels cr&#232;vent les yeux de qui veut bien regarder. Et ce sont loin d'&#234;tre les seuls.
&#201;num&#233;rer les pseudo-bienfaits de ce m&#233;ga-business revient d&#233;j&#224; &#224; lister ses n&#233;fastes cons&#233;quences. Dire que pr&#232;s de 300 millions d'emplois &#224; travers le monde d&#233;pendent des all&#233;es et venues de pr&#232;s d'un milliard et demi de touristes (dont la moiti&#233; en Europe, m&#234;me si le Vieux Continent perd chaque ann&#233;e des parts de march&#233; au profit de l'Am&#233;rique du Nord et de l'Asie), c'est parler de pollution, de massification et d'exploitation. Et d'un lobby surpuissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il ne faudrait pas que les anti-touristes viennent perturber trop longtemps la bonne marche d'affaires aussi juteuses. De la m&#234;me mani&#232;re que des pays comme la Tha&#239;lande, le Guatemala ou le Maroc ont sanctuaris&#233; leurs zones touristiques pour les prot&#233;ger de la petite d&#233;linquance ou du p&#233;ril terroriste, verra-t-on les pays riches criminaliser ces mouvements de protestation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, saluons cette prise de conscience qui gagne partout du terrain : le tourisme est l'ennemi radical du voyage, de l'hospitalit&#233;, des territoires et de toute id&#233;e d'&#233;mancipation. Mort au tourisme, donc. Qu'il soit en nous ou hors de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec et Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-737-3ac15.jpg?1768663290' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu de par ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extension du domaine de la r&#233;pression : Gare aux Bure-pifs ! &gt;&lt;/strong&gt; Une manif' un brin offensive. Et bim, quelques jours plus tard, voil&#224; que les interpellations et comparutions tombent comme &#224; Gravelotte. D&#233;j&#224; soumis &#224; une surveillance constante des pandores, les opposants &#224; la poubelle nucl&#233;aire de Bure ont eu droit &#224; un traitement &#171; sp&#233;cial &#187; apr&#232;s le rendez-vous du 16 juin. Point de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre France et Italie : Chronique printani&#232;re d'une fronti&#232;re meurtri&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Dans les montagnes du Brian&#231;onnais, plusieurs exil&#233;s ont perdu la vie en tentant de rejoindre l'Hexagone. Traqu&#233;s par la police et l'extr&#234;me droite, ils sont secourus par des militants solidaires, que l'&#201;tat cherche &#224; intimider. Trois d'entre eux ont m&#234;me pass&#233; neuf jours en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une lutte victorieuse : Mon HP a craqu&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Avec ses 500 lits, l'h&#244;pital psychiatrique du Rouvray, en Seine-Maritime, est le troisi&#232;me de France en nombre de patients soign&#233;s. Face au manque de moyens, le personnel a fini par recourir &#224; la gr&#232;ve de la faim pour se faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brest : Saint-Martin face &#224; la gentrification : L'Avenir d'une erreur &gt;&lt;/strong&gt; Pour c&#233;l&#233;brer ses 15 ans d'exp&#233;rimentations sociales, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a d&#233;riv&#233; le 9 juin dernier jusqu'&#224; Brest, dans le quartier Saint-Martin, autour de la place Gu&#233;rin. Au menu : concerts, d&#233;bats et &#233;changes sur les r&#233;sistances locales &#224; la gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Casse du service public universitaire : &#192; Nanterre, &#171; notre gr&#232;ve de pr&#233;caires &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Cinquante ans apr&#232;s, dans la fac o&#249; d&#233;buta Mai 68, des pr&#233;caires de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche ont repris la lutte. En bloquant les notes de leurs &#233;tudiants, ils et elles ont d&#233;nonc&#233; l'introduction de la s&#233;lection &#224; l'universit&#233;, d&#233;j&#224; mise &#224; mal par une d&#233;cennie de r&#233;formes lib&#233;rales. Ils prennent la plume ici, pour expliquer leur combat. Tribune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; zones sacrifi&#233;es &#187; par Engie : Chili con carbon &gt;&lt;/strong&gt; Le Chili, cette bande de terre aux climats extr&#234;mes qui s'&#233;tire sur 4 300 kilom&#232;tres, est un pays isol&#233; par des fronti&#232;res naturelles. &#171; &lt;i&gt;Une &#238;le sur le continent sud-am&#233;ricain&lt;/i&gt; &#187;, comme s'amusent &#224; dire les Chiliens. Au Nord, c'est le d&#233;sert d'Atacama, qui s&#233;pare le pays du P&#233;rou et de la Bolivie. C'est dans cette zone la plus aride du monde que les habitants de Mejillones et Tocopilla ont vu s'installer au pied de leurs maisons des zones industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-736-3e66c.jpg?1768663291' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Marion Esnault.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eau rage, eau d&#233;sespoir : Euphrate, la Turquie coupe le robinet &gt;&lt;/strong&gt; Depuis d&#233;cembre 2015, la Turquie, qui a la haute main sur le cours de l'Euphrate, a rompu l'accord qui la liait &#224; la Syrie voisine. En r&#233;duisant le d&#233;bit du fleuve, elle y provoque s&#233;cheresse et p&#233;nurie d'&#233;lectricit&#233;. Dans le viseur ? Le projet d'&#233;mancipation port&#233; par la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de Syrie du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures et cultures de partout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;rie TV - S03E01 &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; : Travail, famille, KGB &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Previously&lt;/i&gt; dans Ciquiou&#233;fdi : &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; est rest&#233;e longtemps assez confidentielle des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique. Elle se conseillait entre amis partageant le go&#251;t des s&#233;ries innovantes et palpitantes. Jusqu'&#224; la tr&#232;s r&#233;cente diffusion du tout dernier &#233;pisode, que la presse a d'un seul coup couvert d'&#233;loges&#8230; Apr&#232;s une longue absence dans nos pages, cette histoire d'agents du KGB infiltr&#233;s aux USA a r&#233;veill&#233; notre chroniqueur t&#233;l&#233; ciquiou&#233;fdien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bouquin des copains : Une deuxi&#232;me salve contre les &#233;ditocrates &gt;&lt;/strong&gt; Ils squattent les m&#233;dias avec leurs discours &#171; incorrects &#187; - dans les faits, lib&#233;raux et racistes. Dans &lt;i&gt;Les &#201;ditocrates 2&lt;/i&gt;, ils sont pris pour cible. Bim ! En plein dans le mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Pana&#239;t Istrati : Vie et mots d'un &#233;crivain-vagabond &gt;&lt;/strong&gt; Ces derniers temps, un regain &#233;ditorial remet Pana&#239;t Istrati &#224; l'honneur. Ce conteur venu de Roumanie devint &#233;crivain francophone &#224; succ&#232;s, sans cesser de rouler sa bosse avec gourmandise. Jusqu'&#224; ce que, de retour d'URSS, il trempe sa plume dans un esprit critique que les &#226;mes damn&#233;es du stalinisme ne lui pardonneront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une vie, une &#339;uvre &#187; : L'autre John Kennedy &gt;&lt;/strong&gt; &#192; l'inverse de son homonyme, il n'est pas mort &#224; Dallas en 1963. Dans le sud du Portugal, le &#171; pr&#233;sident &#187; Kennedy est toujours l&#224;. Barbu, alcoolique, menteur et fac&#233;tieux, il est l'un des derniers survivants d'une colonie de hippies install&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lisbonne tremble encore</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Lisbonne-tremble-encore</link>
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		<dc:date>2016-10-31T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis, Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;En cinq ans, Lisbonne est devenue une des destinations les plus pris&#233;es d'Europe, avec chaque ann&#233;e de nouveaux records dans le secteur du tourisme. La fr&#233;n&#233;sie immobili&#232;re et la gentrification encourag&#233;es par le gouvernement et le FMI entra&#238;nent la mort des derniers quartiers populaires du centre-ville. Reportage le long des rues inclin&#233;es d'Alfama. &#171; Stow your cash and conquer Lisbon . &#187; Inscription sur un coffre s&#233;curis&#233; d'une chambre d'h&#244;tel, Lisbonne, 2016. &#171; Et, tandis qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En cinq ans, Lisbonne est devenue une des destinations les plus pris&#233;es d'Europe,
avec chaque ann&#233;e de nouveaux records dans le secteur du tourisme. La fr&#233;n&#233;sie immobili&#232;re et la gentrification encourag&#233;es par le gouvernement et le FMI entra&#238;nent la mort des derniers quartiers populaires du centre-ville. Reportage le long des rues inclin&#233;es d'Alfama.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Stow your cash and conquer Lisbon&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;posez votre liquide et partez &#224; la conqu&#234;te de Lisbonne. &#187;&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Inscription sur un coffre s&#233;curis&#233; d'une chambre d'h&#244;tel, Lisbonne, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Et, tandis qu'on raisonne, Des foudres souterrains engloutissent Lisbonne&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Po&#232;me sur le d&#233;sastre de Lisbonne&lt;br class='manualbr' /&gt;ou Examen de cet axiome : &#171; Tout est bien &#187;. Voltaire, 1756.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 000 morts et 85% des habitations d&#233;truites. Le tremblement de terre, l'incendie et le tsunami de Lisbonne dans la nuit du 1er novembre 1755 chang&#232;rent la face de la chr&#233;tient&#233; et de la ville. On ne louerait plus la bont&#233; divine avec la m&#234;me abn&#233;gation, on commencerait m&#234;me &#224; douter d'un Seigneur capable de tels d&#233;cha&#238;nements de col&#232;re envers ses fid&#232;les. Alors que le roi Joseph 1er s'installait sur les hauteurs des collines d'Ajuda dans un palais de tentes, le marquis de Pombal prit les r&#234;nes du royaume et se donna pour charge de ramener l'ordre dans la ville. Il cr&#233;a une police sp&#233;ciale dans une ambiance d'&#233;tat d'urgence et fit revenir de force les habitants tent&#233;s par l'exil. Lisbonne rena&#238;trait de ses cendres. Pombal repensa l'urbanisme de la ville basse (Baixa) en confiant les nouveaux plans &#224; des architectes militaires. Adieu les ruelles &#233;triqu&#233;es et les escaliers sombres abritant le peuple lisbo&#232;te : on dessina une ville rationnelle en grille, o&#249; la chauss&#233;e et les trottoirs des rues furent fix&#233;s &#224; douze m&#232;tres de large. On donna &#224; chaque rue une attribution selon son activit&#233; &#233;conomique, et on limita la taille des immeubles &#224; trois &#233;tages. Une technique antisismique, dite &#171; &lt;i&gt;a gaiola&lt;/i&gt; &#187;, fa&#231;onnerait la future Lisbonne, avec des structures en bois pour s&#233;parer les appartements. On favoriserait, tout en les standardisant en formes g&#233;om&#233;triques, les azulejos (carreaux de fa&#239;ence d&#233;cor&#233;s) sur les fa&#231;ades des maisons pour ralentir les incendies&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour aller plus loin, voir &#171; Espaces et commodit&#233;s dans la Lisbonne de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH562/-72-4307d.jpg?1768651173' width='400' height='562' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Splendeurs et mis&#232;res d'Alfama&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Parmi les quartiers miracul&#233;s de la ville, celui d'Alfama, sur les rives du Tage. Ce petit &#238;lot populaire de p&#234;cheurs et d'ouvriers &#224; l'abri de la modernit&#233; continuera &#224; caresser la vie dans le mauvais sens du temps, et devra attendre les ann&#233;es 2010 pour &#234;tre &#224; son tour ras&#233; par un autre s&#233;isme, celui de la crise &#233;conomique &#8211; et de l'invasion de touristes pour tenter d'y rem&#233;dier. Le collectif Left Hand Rotation a fait sienne cette image du tremblement de terre des touristes (voir affiche ci-dessus) pour documenter le sort du quartier : &#171; &lt;i&gt;Avec la d&#233;sindustrialisation, les ouvriers ont quitt&#233; la ville pour la campagne ou l'&#233;tranger&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lisbonne comptait 800 000 &#226;mes en 1960 contre 500 000 aujourd'hui.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Les entrepreneurs ont alors d&#233;cid&#233; de r&#233;accumuler du capital autour de l'industrie de la culture. Comme en 1755, la ville est en train vivre un changement de paradigme urbain&lt;/i&gt; &#187;, nous expliquent-ils sur les marches de l'&#233;glise S&#227;o Miguel, apr&#232;s qu'une &#233;quipe de cin&#233;ma nous ait d&#233;log&#233;s de la placette adjacente. Sp&#233;cialis&#233;s dans la critique de la gentrification, ph&#233;nom&#232;ne international qui transforme les quartiers populaires des centres-ville en bastions de la classe cr&#233;ative et petite-bourgeoise, le collectif explique qu'&#224; Lisbonne, un peu comme &#224; Barcelone, c'est le tourisme qui sert de cheval de Troie &#224; l'expulsion des Lisbo&#232;tes vers la p&#233;riph&#233;rie de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils nous ont vol&#233; nos docks !&lt;/i&gt;, confirme Vasco Duarte, cordonnier et vendeur de chaussures dans l'Alfama depuis plus de 60 ans. &lt;i&gt;Les rives du Tage ont &#233;t&#233; b&#233;tonn&#233;es alors que le fleuve coulait au pied du quartier. Depuis ces quais, tous les gamins du coin ont appris &#224; nager et on y d&#233;chargeait &#224; dos d'homme le charbon et autres marchandises des fr&#233;gates n&#233;cessaires au quartier.&lt;/i&gt; &#187; En ce matin de septembre, il n'y a pas seulement les 54 000 passagers quotidiens de l'a&#233;roport qui vont inonder la ville. Depuis un an, les anciens docks de l'Alfama ont &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233;s en un ensemble ultra-s&#233;curis&#233;, le Lisbon Cruise Terminal. Derri&#232;re des murs de grillages et de barbel&#233;s impeccablement align&#233;es, les fr&#233;gates marchandes ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par les paquebots de luxe. Deux monstres marins de plus de 300 m&#232;tres de long, le &lt;i&gt;Celebrity Equinox&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Celebrity Eclipse&lt;/i&gt; sont arrim&#233;s, encombrant la vue sur l'estuaire et laissant une am&#232;re sensation de si&#232;ge militaire. Chacune de ces villes flottantes d&#233;chargent 3 000 touristes au pied d'un des quartiers les plus populaires de la capitale, le temps d'une journ&#233;e, sous les yeux m&#233;dus&#233;s des habitants. Comme si les marchandises d&#233;charg&#233;es d'antan avaient &#233;t&#233; remplac&#233;es par des humains en qu&#234;te de souvenirs payants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH314/-71-a6e8d.jpg?1768687152' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Territoire recul&#233; de la p&#233;ninsule ib&#233;rique, auparavant &#224; l'&#233;cart des affres du tourisme de masse, Lisbonne a d&#233;sormais le vent en poupe. Charme surann&#233; des ruelles pav&#233;es, fa&#231;ades d&#233;cr&#233;pites et faible co&#251;t de la vie, le &lt;i&gt;lifestyle&lt;/i&gt; lisbo&#232;te attire un nombre croissant &#8211; 10% de plus en moyenne par an &#8211; de touristes. L'an dernier, le Portugal a encore battu son record, avec 19 millions de visiteurs, soit deux fois plus que le nombre d'habitants du pays. Selon la Banque du Portugal, les touristes &#233;trangers auraient d&#233;pens&#233; pr&#232;s de 12 milliards d'euros en 2015, et l'&#201;tat portugais s'accroche avec avidit&#233; &#224; cette bou&#233;e de sauvetage, dans un pays noy&#233; par la crise &#233;conomique depuis 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la devanture du vendeur de chaussures &lt;i&gt;made in Portugal&lt;/i&gt;, Vasco Duarte, une affichette &#171; EMEL tue le quartier &#187;, incrimine l'agence publique en charge du r&#233;am&#233;nagement urbain. &#171; &lt;i&gt;Ils ont refait toute la voirie de la rue Dos Rem&#233;dios, avec des poteaux, des lampadaires, et en aplanissant la voie, explique l'opini&#226;tre cordonnier. C'est plus propret pour les touristes, et il y a moins de voitures qui circulent. Mais la cal&#231;ada, la fa&#231;on locale d'organiser les rues, avec de gros pav&#233;s de basalte, une rigole pour &#233;vacuer les eaux sales, etc., a disparu. Ils pr&#233;f&#232;rent massacrer un quartier vieux de 2 000 ans que risquer de voir les touristes se casser la gueule.&lt;/i&gt; &#187; Dans la m&#234;me rue, l'ancien Palacio Dona Rosa, palais du XVIIIe qui logeait une dizaine de familles en difficult&#233; sociale, est en plein chantier de r&#233;novation. Apr&#232;s que ses habitants ont &#233;t&#233; expuls&#233;s avec une indemnisation de 20 000 euros &lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#250;blico, 14 avril 2012.&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, une partie de l'&#233;difice a &#233;t&#233; transform&#233;e en une maison de fado hupp&#233;e, tandis que le reste abritera prochainement des locations de luxe avec piscine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouvements immobiliers&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme dans nombre d'autres quartiers (Mouraria ou le Barrio Alto par exemple), la r&#233;novation urbaine et patrimoniale s'ench&#226;sse avec la r&#233;habilitation des logements. De nombreuses petites habitations sombres avec leurs salles de bains collectives d'Alfama ont mut&#233; en grands appartements et lofts que seuls les classes moyennes et les r&#233;sidents &#233;trangers peuvent dor&#233;navant s'offrir. De m&#234;me, depuis quatre ans, la loi sur les locations de logements &#8211; &lt;i&gt;Lei das rendas&lt;/i&gt; &#8211; a &#233;t&#233; modifi&#233;e en profondeur par le gouvernement portugais en faveur des propri&#233;taires. En 1948, sous la dictature Salazar, les prix de location avaient &#233;t&#233; gel&#233;s, avec des baux &#233;ternels et h&#233;r&#233;ditaires, ce qui avait permis des loyers populaires &#224; moins de 100 euros pour 100 m2 jusqu'en 1990. Puis l'&#201;tat a fini par autoriser les propri&#233;taires &#224; signer des baux &#224; &#233;ch&#233;ance fixe, &#224; leur faciliter l'expulsion des habitants dans le cadre de la restauration des lieux, et &#224; augmenter librement le loyer &#224; la fin d'un bail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la minuscule terrasse du caf&#233;-restaurant Alfacinha en plein c&#339;ur du quartier, un jeune enseignant de litt&#233;rature, en train de pr&#233;parer son cours sur &lt;i&gt;Orgueil et pr&#233;jug&#233;s&lt;/i&gt; de Jane Austen, ajoute : &#171; &lt;i&gt;Le quartier s'est transform&#233; &#224; une vitesse folle. Trois ou quatre ans &#224; peine. Quand j'ai emm&#233;nag&#233; ici, il y a sept ans, il y avait une dame de 80 ans au deuxi&#232;me et un artisan au rez-de-chauss&#233;e. Aujourd'hui, je suis le seul habitant permanent de l'immeuble. Les vieux propri&#233;taires meurent, et les h&#233;ritiers louent pour une ou deux semaines &#224; des touristes.&lt;/i&gt; &#187; &#192; travers le statut particulier d'&lt;i&gt;Alojamento local&lt;/i&gt; (AL), l'&#201;tat portugais incite en effet les propri&#233;taires &#224; louer leurs biens pour des p&#233;riodes temporaires, ces derniers &#233;tant alors tax&#233;s &#224; 15% contre 28% pour un bail &#224; long terme. R&#233;sultat : 200 nouveaux AL par mois surgissent &#224; Lisbonne. Et les prix de l'immobilier &#224; la vente ne cessent d'augmenter (+33% en trois ans), ainsi que celui des locations permanentes (+8% en moyenne par an, contre 0,8 dans le reste du pays). Pour Miguel Coelho, maire d'arrondissement d'Alfama, &#171; &lt;i&gt;L'AL acc&#233;l&#232;re l'expulsion des gens qui vivent ici depuis des dizaines d'ann&#233;es et leur descendants. Ce ph&#233;nom&#232;ne de gentrification, conjugu&#233; &#224; la Lei das rendas&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;est une mani&#232;re immorale de se d&#233;barrasser de gens qui devraient avoir le droit de continuer &#224; vivre l&#224; o&#249; ils ont toujours habit&#233;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#250;blico, 13 septembre 2016.&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux pressions de l'AL, il faut bien entendu ajouter celles des nouvelles plateformes du tourisme via Internet. Cet &#233;t&#233;, la demande Airbnb au Portugal a augment&#233; de 76% : 700 000 locataires &#233;ph&#233;m&#232;res, avec les Fran&#231;ais au premier rang et une dur&#233;e moyenne de s&#233;jour de 4,6 nuits. Sur le site, la capitale portugaise est la quatri&#232;me ville la plus demand&#233;e en Europe apr&#232;s Barcelone, Paris et Londres &lt;a href=&#034;#nb9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; L'invasion des terrasses volantes : Airbnb contre Barcelone &#187;, CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Au-del&#224; des cons&#233;quences sur les prix du logement, c'est toute la vie quotidienne de ces quartiers qui se trouve boulevers&#233;e. Les policiers saturent l'espace pour assurer la s&#233;curit&#233; des portefeuilles de passage. Pendant ce temps, le tourisme a bon dos pour limiter, voire retirer, les services publics inutiles aux r&#233;sidents &#233;ph&#233;m&#232;res (&#233;cole, sant&#233;, antennes municipales, etc.) de ces quartiers, comblant d'aise les exigences d'aust&#233;rit&#233; europ&#233;ennes. Cons&#233;quence : les gens les plus pauvres sont contraints de s'exiler &#224; Barreiro ou Cacilhas, de l'autre c&#244;t&#233; du fleuve, voire &#224; Chelas, en banlieue lointaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Comme les maisons &#233;taient petites &#224; Alfama, les gens vivaient dans la rue. Aujourd'hui, il n'est plus possible de s'y asseoir sans &#234;tre photographi&#233; comme un animal au zoo. Alors les gens restent confin&#233;s chez eux et ne pensent qu'&#224; d&#233;m&#233;nager&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Lana, qui habite au pied de la cath&#233;drale de l'Alfama. &#171; &lt;i&gt;Je me sens de plus en plus seule dans mon quartier et la semaine prochaine, mon dernier voisin s'en va. Son loyer &#233;tait de 700 euros, mais comme son bail prenait fin, le propri&#233;taire l'a remont&#233; &#224; 1600 euros mensuels.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier, autrefois connu pour sa vie de village, ses habitants hauts en couleur et ses caf&#233;s populaires, aligne d&#233;sormais des &#233;choppes de souvenir, des boutiques vintage et autres restaurants boh&#232;mes-chics. &#171; &lt;i&gt;Chaque semaine, il y a un nouveau caf&#233;&lt;/i&gt; lounge &lt;i&gt;ou une boutique de magnets imitant les&lt;/i&gt; azulejos &lt;i&gt;qui ouvre dans ma rue&lt;/i&gt; &#187;, continue Lana. En se penchant par la fen&#234;tre de son appartement, rang&#233;s derri&#232;re leurs fanions, on voit errer les bancs de touristes dans les rues en ruisseaux d'Alfama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'arri&#232;re-salle du Alfacinha, trois octog&#233;naires du coin devisent autour de photographies de famille en sirotant un caf&#233;. La cheffe du trio d&#233;gaine : &#171; &lt;i&gt;Toutes les &#233;piceries, les boucheries et autres petits commerces ont disparu. Quant &#224; l'emploi cr&#233;&#233;, ce ne sont que des boulots de petits employ&#233;s de maison pour nettoyer les appartements lou&#233;s &#224; la journ&#233;e aux touristes...&lt;/i&gt; &#187; Une deuxi&#232;me appuie : &#171; &lt;i&gt;Le quartier est devenu beaucoup moins agr&#233;able, on vivait tous ensemble dehors, les femmes se peignaient m&#234;me les cheveux entre elles, dans la rue. Aujourd'hui, on ne peut plus prendre notre tramway, car il est plein de touristes : la municipalit&#233; a d&#251; nous mettre &#224; disposition un minibus qui fait du porte-&#224;-porte.&lt;/i&gt; &#187; L'antique tramway n&#176;28 s'&#233;chinait en effet &#224; grimper les rudes pentes de l'Alfama, d&#233;posant ses habitants au gr&#233; des altitudes. D&#233;peints dans tous les guides comme &#171; &lt;i&gt;une v&#233;ritable machine &#224; remonter le temps&lt;/i&gt; &#187;, l'&lt;i&gt;El&#233;ctrico&lt;/i&gt; est d&#233;sormais pris d'assaut par les touristes qui attendent par centaines plus d'une heure leur &#171; authentique &#187; petit tour de train. Une d&#233;possession &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; d'un transport public d&#233;di&#233; aux habitants du quartier. Et une absurdit&#233; soulign&#233;e avec malice par le cordonnier de la rue Dos Rem&#233;dios : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me les touristes se plaignent qu'il y a trop de touristes ! &#199;a ne parle pas assez portugais dans les rues selon eux !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rer la catastrophe&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais la croissance du secteur du tourisme ne tient pas tant aux sir&#232;nes du fado et aux charmes des trams d'avant-guerre qu'&#224; une strat&#233;gie de gestion de la crise. Le ch&#244;mage est revenu autour des 10-11% (moyenne europ&#233;enne) apr&#232;s des pics &#224; 17% au d&#233;but des ann&#233;es 2010, mais la dette publique a culmin&#233; en 2014 &#224; 130,2% du PIB. Et de nouvelles aides publiques aux banques approfondissent encore le trou sans fin qu'elles ont elles-m&#234;mes creus&#233; &lt;a href=&#034;#nb9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;tat a inject&#233; cette ann&#233;e 2,2 milliards d'euros dans la banque Banif et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. D&#232;s 2011, en plus d'un plan d'aust&#233;rit&#233; frappant le secteur public, le FMI avait pos&#233; le d&#233;veloppement de l'offre touristique et la r&#233;novation des lois sur l'immobilier comme conditions &#224; l'octroi de son aide de 78 milliards. Message re&#231;u, comme s'en f&#233;licitait Adolfo Mesquita, secr&#233;taire d'&#201;tat au tourisme en 2014 : &#171; &lt;i&gt;La contribution du tourisme au PIB pour les exportations, l'investissement et la cr&#233;ation d'emploi est si importante que je n'h&#233;site pas &#224; dire que c'est un des principaux &#8211; voire le principal &#8211; secteurs de notre &#233;conomie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#250;blico, 23 mars 2014, cit&#233; par Le Courrier international, 20 juin 2014.&#034; id=&#034;nh9-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour acc&#233;l&#233;rer la valorisation du patrimoine culturel, l'&#201;tat a mis les bouch&#233;es doubles. Cr&#233;&#233;s en 2012, les &#171; golden visas &#187; sont aujourd'hui en pleine expansion. Entra&#238;nant la d&#233;mission du ministre de l'Int&#233;rieur Miguel Macedo en 2014 pour corruption, ces titres de s&#233;jour sont accord&#233;s &#224; des &#233;trangers qui investissent au moins un million d'euros dans le pays, cr&#233;ent au moins dix postes de travail ou ach&#232;tent des biens immobiliers d'une valeur minimale de 500 000 euros&lt;a href=&#034;#nb9-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les 3 609 visas d&#233;livr&#233;s depuis 2012, 3 405 l'ont &#233;t&#233; pour des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. L'investissement d'une dur&#233;e de 5 ans minimum permet d'obtenir un permis de s&#233;jour, pris&#233; par de nombreux investisseurs chinois ou russes pour faire ensuite librement des affaires dans l'espace Schengen &#8211; &#224; la seule condition de r&#233;sider sept jours au Portugal par an. &#192; cela s'ajoute l'appel du pied lanc&#233; aux retrait&#233;s &#233;trangers nantis : depuis 2013, ils b&#233;n&#233;ficient ainsi de dix ans d'exon&#233;ration fiscale s'ils habitent la moiti&#233; de l'ann&#233;e au Portugal, cr&#233;ant de toutes pi&#232;ces un eldorado immobilier. &#192; Lisbonne, le prix au m&#232;tre carr&#233; est presque quatre fois inf&#233;rieur &#224; celui de Paris et le co&#251;t de la vie inf&#233;rieur de 35%. Le Salon de l'immobilier et du tourisme portugais en France est devenu un des plus grands salons europ&#233;ens du genre et des stars, tels Monica Bellucci ou &#201;ric Cantona, poss&#232;dent depuis cette ann&#233;e une r&#233;sidence secondaire sur les hauteurs de l'Alfama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister &#224; la d&#233;possession&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour beaucoup d'habitants, leurs quartiers se transforment en parcs &#224; th&#232;mes via des partenariats public-priv&#233;. &#171; &lt;i&gt;En fait, cela revient &#224; conc&#233;der &#224; terme la ville aux entrepreneurs priv&#233;s en puisant au d&#233;part dans l'argent public, analysent les membres du collectif&lt;/i&gt; Left Hand Rotation. &lt;i&gt;C'est vrai que cela permet &#224; certains de trouver des petits jobs et de sortir la t&#234;te de l'eau. Mais c'est une bombe &#233;conomique &#224; retardement, car &#224; force de virer les gens qui habitent ici, la ville aura bient&#244;t moins d'attrait. Elle ressemblera &#224; toutes les autres, et cette &#233;conomie va chuter en fl&#232;che.&lt;/i&gt; &#187; Il est vrai que l'industrie du tourisme &#224; Lisbonne semble vouloir &#171; privatiser &#187; jusqu'&#224; l'&#226;me de la ville. Plus que l'architecture ou les mus&#233;es, les visiteurs paraissent attir&#233;s par la red&#233;couverte d'une authenticit&#233; et d'une forme de communaut&#233; urbaine qu'ils auraient perdues chez eux. Et Lana d'ajouter dans une triste ironie : &#171; &lt;i&gt;Au bout d'un moment, les touristes ne prendront plus en photo que des touristes. Que fera le gouvernement ? Payer les Portugais pour qu'ils restent vivre dans le quartier et pr&#233;server ainsi un quota de pittoresque ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sister &#224; l'invasion, les rencontres entre habitants sur le sujet se multiplient, quasiment chaque semaine. Il y a deux mois, un d&#233;bat organis&#233; par l'association &lt;i&gt;Trienal de Arquitectura de Lisboa&lt;/i&gt;, intitul&#233; &#171; Qui pourra habiter &#224; Lisbonne ? &#187;, a r&#233;uni plus de 500 habitants. Dans le compte rendu, personne ne souhaite tirer &#224; boulets rouges sur les touristes en tant qu'individus ; certaines prises de parole valorisant m&#234;me la d&#233;mocratisation du voyage. C'est bien la gestion du ph&#233;nom&#232;ne, de concert entre gouvernants et entreprises, qui enrage les Lisbo&#232;tes. Il s'agirait plus selon eux de d&#233;centraliser le tourisme, de ne pas concentrer toute l'offre dans de si petits quartiers. D'accompagner les aides fournies au secteur touristique par des aides aux habitants locaux. Enfin, de trouver d'autres mani&#232;res de vivre collectivement, de d&#233;passer la crise au-del&#224; des logiques de l'&#233;conomie lib&#233;rale et du tourisme. Et Lana de conclure : &#171; &lt;i&gt;Ma fa&#231;on de r&#233;sister en tant qu'habitante, c'est d'abord de parler au quotidien avec les gens du quartier, d'essayer de sortir de cette vision &#224; court terme qui fait qu'on part de son appartement avec un gros ch&#232;que offert par le propri&#233;taire. Cela peut permettre de survivre un temps, d'autant plus que c'est la crise, mais &#224; quel prix ? Quelles solidarit&#233;s de quartier, quelle vie sociale perd-on dans le m&#234;me geste ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;posez votre liquide et partez &#224; la conqu&#234;te de Lisbonne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour aller plus loin, voir &#171; Espaces et commodit&#233;s dans la Lisbonne de Pombal &#187;, Jos&#233;-Augusto Fran&#231;a, &lt;i&gt;Dix-huiti&#232;me Si&#232;cle&lt;/i&gt;, Vol. 9, No1, 1977. Et &#171; Catastrophe et police : Le tremblement de terre de Lisbonne, vers une r&#233;forme polici&#232;re ? &#187;, Fl&#225;vio Borda D'&#225;gua, Agence nationale de la Recherche, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; Lisbonne comptait 800 000 &#226;mes en 1960 contre 500 000 aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;, 14 avril 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;, 13 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-invasion-des-terrasses-volentes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; L'invasion des terrasses volantes : Airbnb contre Barcelone&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#201;tat a inject&#233; cette ann&#233;e 2,2 milliards d'euros dans la banque Banif et 4,9 milliards dans Novo Banco, en vain : la premi&#232;re a &#233;t&#233; rachet&#233;e par l'espagnole Santander et la seconde est toujours menac&#233;e de faillite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;, 23 mars 2014, cit&#233; par &lt;i&gt;Le Courrier international&lt;/i&gt;, 20 juin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les 3 609 visas d&#233;livr&#233;s depuis 2012, 3 405 l'ont &#233;t&#233; pour des transactions immobili&#232;res, 199 pour des transferts de capitaux, et seulement 5 pour la cr&#233;ation d'emplois. En tout, cela repr&#233;sente 2,2 milliards d'investissements &#233;trangers, dont 86% dans l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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