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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Deux ans apr&#232;s #MeToo : un bilan intime et politique</title>
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		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


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&lt;p&gt;Finalement, #MeToo, c'est un peu comme la mort de Diana ou le 11 Septembre : nous savons tous o&#249; nous &#233;tions et ce que nous faisions, quand bien m&#234;me le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas consist&#233; en une d&#233;flagration r&#233;unissant le monde entier devant des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Nous sommes tous et toutes marqu&#233;&#8226;es par un moment de bascule, une prise de conscience, un &#233;v&#233;nement qui dessine un avant et un apr&#232;s. Pour moi, ce moment est arriv&#233; en octobre 2017, alors que j'&#233;coutais L'Hymne des femmes, que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;inalement, #MeToo, c'est un peu comme la mort de Diana ou le 11 Septembre : nous savons tous o&#249; nous &#233;tions et ce que nous faisions, quand bien m&#234;me le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas consist&#233; en une d&#233;flagration r&#233;unissant le monde entier devant des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Nous sommes tous et toutes marqu&#233;&#8226;es par un moment de bascule, une prise de conscience, un &#233;v&#233;nement qui dessine un avant et un apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour moi, ce moment est arriv&#233; en octobre 2017,&lt;/strong&gt; alors que j'&#233;coutais&lt;i&gt; L'Hymne des femmes&lt;/i&gt;, que la journaliste Johanna Luyssen avait plac&#233; &#224; la fin d'un article sur la vague f&#233;ministe qui commen&#231;ait &#224; enfler. J'&#233;tais dans le salon vide de l'appartement que j'&#233;tais en train de quitter apr&#232;s m'&#234;tre s&#233;par&#233;e d'un compagnon violent. J'ai pleur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai pleur&#233; d'avoir enfin r&#233;ussi &#224; m'&#233;chapper&lt;/strong&gt; de ce couple et de pouvoir commencer une vie plus libre. J'ai pleur&#233; sur la beaut&#233; de ce chant, qui m'a toujours donn&#233; la chair de poule, sur les milliards de mots qui d&#233;ferlaient alors partout dans le monde pour dire la haine et les attaques que nous subissons toutes tous les jours. J'ai pleur&#233; d'&#233;puisement, de lassitude qu'on en soit encore l&#224;. J'ai pleur&#233; en pensant &#224; notre condition commune, &#224; tout ce qui nous rassemble, nous, les femmes, quelle que soit la d&#233;finition qu'on donne &#224; ce mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'est pass&#233; tant de choses depuis. &lt;/strong&gt;Comme pour beaucoup d'entre nous, et &#224; cause d'une s&#233;rie de hasards plus ou moins li&#233;s &#224; #MeToo, mon f&#233;minisme s'est intensifi&#233;. Je me suis radicalis&#233;e. J'ai lu, &#233;crit, parl&#233;, pris conscience, manifest&#233;. J'ai fait de la p&#233;dagogie et ouvertement refus&#233; d'en faire, j'ai d&#233;cr&#233;t&#233; des journ&#233;es &#171; pauses de f&#233;minisme &#187; o&#249; je restais dans un d&#233;ni qui me reposait, j'ai engueul&#233; des hommes partout o&#249; j'en croisais, j'ai rompu avec des amis et des amants. J'ai cherch&#233; &#224; &#233;radiquer mes fantasmes de domination sans parvenir &#224; les remplacer. J'ai questionn&#233; mon h&#233;t&#233;rosexualit&#233;. J'ai fait de la boxe. J'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; des strat&#233;gies pour ne pas les d&#233;tester tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon rapport aux hommes a chang&#233;.&lt;/strong&gt; Plus que jamais, j'ai envie d'y arriver avec eux et pas sans eux. Ceux &#224; qui je ne fais pas peur me racontent avec franchise et lucidit&#233; ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233; de la domination : l'angoisse qu'une compagne dont ils ne sont pas vraiment amoureux d&#233;pende d'eux financi&#232;rement, la conscience qu'ils n'ont pas toujours &#233;t&#233; irr&#233;prochables sur la question du consentement, la peur qu'un geste ou un mot mal interpr&#233;t&#233; d&#233;truise leur carri&#232;re. Le fait qu'ils ne sont plus toujours les bienvenus pour aborder certains sujets en public, le sentiment qu'il y a dans les rapports amoureux bien d'autres rapports de force que la domination masculine. La g&#234;ne de fantasmer des violences sans parvenir &#224; autre chose pour le moment, et tout cet infini bordel concernant la p&#233;n&#233;tration, dont personne ne sait si c'est en soi un geste humiliant et s'il serait pr&#233;f&#233;rable que plus personne ne p&#233;n&#232;tre personne ou, au contraire, que tout le monde soit p&#233;n&#233;tr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon rapport aux femmes a chang&#233; aussi :&lt;/strong&gt; je suis revenue de certaines illusions sur ce qu'on appelle d&#233;sormais la sororit&#233;, j'ai pris conscience que je savais bien moins r&#233;pondre &#224; la violence des femmes qu'&#224; celle des hommes. J'ai commenc&#233; &#224; cr&#233;er des choses entre femmes et observ&#233; l'incroyable &#233;nergie qui pouvait se d&#233;gager de ces instants gagn&#233;s sur le patriarcat. J'ai v&#233;cu des moments magnifiques de solidarit&#233; dans la rue, les trains, le travail, les bars et l'amiti&#233; qui sont venus plus simplement, plus puissamment qu'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ans apr&#232;s cette immense d&#233;flagration&lt;/strong&gt; qui a boulevers&#233; la vie intime et politique de beaucoup d'entre nous, face &#224; tout ce qui reste &#224; faire et qui est aussi immense que d&#233;sesp&#233;rant, le danger que je redoute le plus est celui que pointent Carla Bergman et Nick Montgomery dans &#171; D&#233;faire le radicalisme rigide &#187; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site Expansive.info, ce texte est la traduction d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils y racontent comment, dans une f&#234;te, un militant a interrompu Emma Goldman (1869-1940) alors qu'elle &#233;tait en train de danser, pour lui dire d'un ton lugubre qu'un tel comportement n'&#233;tait pas digne d'une militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des temps qui exigent,&lt;/strong&gt; permettent, appellent de la radicalit&#233;, m&#233;fions-nous de nos tendances &#224; traquer les erreurs en nous et chez les autres. De nos cat&#233;gories toutes faites, du plaisir de se sentir radical et de la peur de ne pas l'&#234;tre assez. De nos tendances &#224; ne juger que les actes dits et affich&#233;s et d'omettre ceux qui sont plus discrets. De notre facilit&#233; &#224; perdre notre confiance en nous et dans les autres. Dans nos radicalisations respectives, dans nos d&#233;sespoirs intimes et politiques, surtout, surtout, n'oublions pas de danser.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site Expansive.info, &lt;a href=&#034;https://expansive.info/Defaire-le-radicalisme-rigide-1364&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce texte&lt;/a&gt; est la traduction d'un extrait du livre &lt;i&gt;Joyful Militancy &#8211; Building Thriving Resistance in Toxic Times&lt;/i&gt;, paru en anglais chez AK Press en 2017. Merci &#224; Maya Mihindou pour cet &#233;ni&#232;me pr&#233;cieux conseil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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