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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La politique se fabrique en dehors de l'institution &#187;</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et Moratalaz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH481/-646-f69bb.jpg?1779603422' width='400' height='481' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Alej.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement du 15-M a ouvert des discussions sur l'opportunit&#233; d'investir les institutions depuis la rue. Les d&#233;bats partaient du probl&#232;me suivant : si on ne change pas la structure du r&#233;gime espagnol, qui date de 1978 et de la Transition d&#233;mocratique, il y aura toujours un toit &#224; d&#233;foncer au-dessus de nos t&#234;tes. Pour que fructifie l'action politique et sociale venue de la rue, nous avons besoin d'une rupture dans les institutions. &#192; partir de ces r&#233;flexions, beaucoup de gens ont commenc&#233; &#224; travailler sur la fabrication d'outils pour agir sur l'institution, d'o&#249; l'envie de g&#233;n&#233;rer des candidatures pour les &#233;lections municipales. Le 15-M est parti d'une convocation &#224; manifester de l'organisation Democracia Real Ya, sous le mot d'ordre &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers&lt;/i&gt; &#187;. Ce discours radical a &#233;t&#233; re&#231;u par une foule inattendue de gens, avec l'envie commune d'enlever le politique des mains des professionnels qui, &#224; travers la forme du parti, ont mis l'&#233;conomie et le social au service du capitalisme financier, des banques et des multinationales. Aujourd'hui, nous sommes toujours dans le m&#234;me mouvement, mais au c&#339;ur des institutions : rendre la politique &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le 15-M, on n'imaginait pas cette strat&#233;gie possible. D'autant plus que nous venons d'une tradition libertaire allergique au principe d'&#201;tat. Depuis, on a tent&#233; de repenser cette posture de puret&#233; critique, en nous fondant sur des analyses historiques des moments o&#249; les mouvements libertaires ont pu participer &#224; des &#233;lections, par exemple avec les &#233;pisodes de municipalisme libertaire. Le point de vue r&#233;volutionnaire classique, qui pense l'insurrection violente et g&#233;n&#233;rale comme premier pas de la transformation sociale, ne fonctionne plus dans le contexte actuel espagnol. La d&#233;sob&#233;issance de masse non plus ne permet pas de changer radicalement les institutions. Nous nous sommes donc dit que s'il existait une majorit&#233; de gens favorables au changement social, mais que ces gens ne souhaitaient pas passer par l'action violente et qu'aucune institution n'&#233;tait pr&#234;te &#224; les &#233;couter, c'&#233;tait &#224; la soci&#233;t&#233; de prendre le contr&#244;le les institutions pour que ses v&#339;ux soient respect&#233;s &#8211; m&#234;me si c'est un terrain et un langage qu'on n'appr&#233;cie gu&#232;re. L'id&#233;e &#233;tant de conserver nos racines et nos principes d'autonomie, tout en nous immis&#231;ant dans les rouages de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir comme entit&#233; totale ne se loge pas dans les institutions, qui ne sont que des m&#233;diations entre plusieurs puissances en pr&#233;sence. Nous ne sommes pas dans la logique l&#233;niniste d'une prise du pouvoir, selon laquelle en prenant d'assaut les appareils d'&#201;tat, on peut prendre le contr&#244;le des moyens d'action. Nous pensons plut&#244;t que l'institution est toute enti&#232;re model&#233;e selon les int&#233;r&#234;ts bourgeois, qu'il n'y a pas grand-chose &#224; y jouer. Surtout que, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, je ne crois pas &#224; l'existence d'un &#171; centre &#187; du pouvoir. Les institutions politiques sont au m&#234;me niveau que les lobbies, les grandes entreprises, le syst&#232;me financier international. Donc, participer &#224; l'institution n'est pas une fin en soi, susceptible de tout r&#233;soudre. Notre puissance est dans la coordination des autres secteurs de la soci&#233;t&#233; qui cherchent &#224; transformer leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de la politique, ce n'est donc pas s'accaparer un centre de pouvoir, mais agir sur les rapports de force des diff&#233;rents milieux sociaux, rapports de force dont les institutions ne sont toujours, au final, qu'une cons&#233;quence et non la cause agissante. La position privil&#233;gi&#233;e pour l'action politique est toujours en dehors de l'institution, dans le champ de la cr&#233;ativit&#233; sociale et de la conflictualit&#233;. Notre mission est donc de faire en sorte que ces espaces prolif&#232;rent. C'est l&#224; que se situe le processus inverse &#224; la r&#233;volution, laquelle voudrait que les syndicats victorieux g&#233;n&#232;rent un parti politique qui acc&#232;de au pouvoir. Le 15-M, en quelque sorte, a g&#233;n&#233;r&#233; un syndicat social dont la t&#226;che n'est pas de se terminer sous la forme d'un parti central au pouvoir, mais d'&#233;laborer une organisation en soviets. Notre t&#226;che depuis l'institution est donc de faire en sorte que la politique se fabrique en dehors de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'une bonne partie de ceux qui sont &#224; la mairie, comme la maire Carmena, est plut&#244;t &#171; gouvernementiste &#187; : ils sont pour la paix sociale et pour la tranquillit&#233; civile, ce qui est une position l&#233;gitime, mais je crois qu'on ne peut pas penser la ville comme une communaut&#233;, d'autant plus dans les m&#233;gapoles comme Madrid. La ville est le lieu privil&#233;gi&#233; du conflit, un perp&#233;tuel conflit social larv&#233;. D'o&#249; l'id&#233;e de penser le probl&#232;me social comme un probl&#232;me syndical. La question est : comment d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; ? Comment l'armer, comment l'aider pour s'autod&#233;fendre ? Contre les crises &#224; venir, contre les r&#233;actions n&#233;oconservatrices, ou contre l'extr&#234;me droite, nous avons besoin d'un tissu social capable de se d&#233;fendre sur les th&#232;mes classiques des droits, de l'&#233;galit&#233;, du logement, des revenus, de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'entraide sociale, etc. Tu peux l&#233;gif&#233;rer sur ces points, mais ils ne sont effectifs que si la soci&#233;t&#233; s'organise en vue de ces objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette asym&#233;trie des forces entre les institutions et les mouvements sociaux est le principal probl&#232;me. Concr&#232;tement, depuis la mairie, on peut aider les organisations et les initiatives existantes &#224; obtenir des espaces d'o&#249; ils peuvent p&#233;renniser leurs activit&#233;s. On peut favoriser une autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e des espaces municipaux, inscrits dans une dynamique de production culturelle, politique ou sociale. On peut aussi changer les types de contrats de la mairie, et r&#233;duire les liens avec les grandes entreprises au profit d'une &#233;conomie locale, associative ou coop&#233;rativiste. Bref, ce qu'on peut faire, c'est favoriser la construction d'espaces de libert&#233; et de structures critiques qui perdurent &#8211; m&#234;me si nous ne sommes pas r&#233;&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pouvoir reste aux mains de ces centres sociaux, de ces petites entreprises, de ces coop&#233;ratives, pour cr&#233;er un autre imaginaire de l'organisation du travail et de la vie quotidienne qui se d&#233;tache de l'image g&#233;n&#233;r&#233;e par l'&#201;tat classique, lequel monopolise par d&#233;finition le pouvoir politique et nie les initiatives originales et critiques. Sur ce point, on a beaucoup de d&#233;bats, car les lib&#233;raux et les libertariens pourraient se sentir proches de tels discours. D'o&#249; notre besoin d'insister sur nos positions libertaires classiques, avec le mutualisme, l'autogestion collective ou la distribution &#233;quitable des richesses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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