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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Maman, j'ai rat&#233; la manif !</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Avec la hausse du niveau de violence subi par les manifestants ces derniers mois, les enfants ont quasiment disparu des cort&#232;ges. De quoi poser un vrai casse-t&#234;te aux parents militants : que faire des m&#244;mes quand on va d&#233;filer dans la rue ? Y aller ou pas ? Un dilemme qui touche surtout les femmes, car aujourd'hui encore, c'est en grande majorit&#233; sur elles que repose la charge de garder les minots. En r&#233;ponse, des garderies autog&#233;r&#233;es ont ouvert dans plusieurs villes. Reportage du c&#244;t&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Adele" rel="tag"&gt;Ad&#232;le&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/creches" rel="tag"&gt;cr&#232;ches&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Garderies-populaires" rel="tag"&gt;Garderies populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Garderies" rel="tag"&gt;Garderies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la hausse du niveau de violence subi par les manifestants ces derniers mois, les enfants ont quasiment disparu des cort&#232;ges. De quoi poser un vrai casse-t&#234;te aux parents militants : que faire des m&#244;mes quand on va d&#233;filer dans la rue ? Y aller ou pas ? Un dilemme qui touche surtout les femmes, car aujourd'hui encore, c'est en grande majorit&#233; sur elles que repose la charge de garder les minots. En r&#233;ponse, des garderies autog&#233;r&#233;es ont ouvert dans plusieurs villes. Reportage du c&#244;t&#233; de Nantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3238 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH596/-1451-cc03a.jpg?1768654205' width='400' height='596' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Collectif Opossum
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vous pouvez avoir peur / Voil&#224; les saccageurs / Malfaiteurs / Vidangeurs&lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'impertinence en h&#233;ritage, il n'aura pas fallu trois minutes &#224; Zo&#233; et Louisa&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, cinq et six ans, pour tomber d'accord sur la playlist de l'apr&#232;s-midi : ce sera l'histoire de Jo le Crapaud&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les paroles cit&#233;es pr&#233;c&#233;demment sont tir&#233;es de la chanson &#171; Les cradosses &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, un amphibien plein de culot. Hiss&#233;es sur la pointe des pieds, les deux gamines jouent les DJettes en pianotant sur un smartphone pos&#233; &#224; hauteur d'adulte. Sit&#244;t la musique lanc&#233;e, l'&#233;cran est laiss&#233; de c&#244;t&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je suis tr&#232;s occup&#233;e, je fabrique un livre, explique Louisa. Moi, je ne sais pas encore &#233;crire donc pour l'instant les pages sont vides, mais je veux quand m&#234;me le finir avant que maman vienne me chercher apr&#232;s la manif'. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenue aux Garderies populaires. Situ&#233;es dans la proche banlieue nantaise, au deuxi&#232;me &#233;tage du si&#232;ge local des Cem&#233;a (une f&#233;d&#233;ration d'&#233;ducation populaire), elles ouvrent leurs portes les jours de mobilisation. L'id&#233;e ? Permettre aux manifestants de se d&#233;lester de leurs marmots avant de rejoindre le cort&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On est pr&#233;sents depuis le d&#233;but du mouvement contre la r&#233;forme des retraites&lt;/i&gt; &#187;, indique Ad&#232;le, animatrice de profession, qui aujourd'hui, tient b&#233;n&#233;volement la permanence avec Quentin. Lui aussi animateur de m&#233;tier, il fait partie des Jeunes R&#233;volutionnaires, une organisation anticapitaliste dont certains membres sont &#224; l'origine de l'initiative. &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re semaine du mouvement, en d&#233;cembre dernier, on est all&#233;s demander aux gens sur les piquets de gr&#232;ve quels &#233;taient leurs besoins concrets, &lt;/i&gt;raconte-t-il. &lt;i&gt;On avait d&#233;j&#224; envie de cr&#233;er une garderie et on s'est rendu compte que &#231;a faisait bien partie des pr&#233;occupations.&lt;/i&gt; &#187; Quelques jours et une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle plus tard, la garderie &#233;tait inaugur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lancement &#233;clair facilit&#233; par les enseignements d'une exp&#233;rience similaire amorc&#233;e en d&#233;cembre 2018. Chaque samedi pendant plusieurs semaines, alors que le mouvement des Gilets jaunes battait son plein, c'est &#224; La D&#233;rive, un bar situ&#233; &#224; quelques encablures du centre-ville de Nantes, que les manifestants pouvaient d&#233;poser leur prog&#233;niture.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a quelques ann&#233;es, tu pouvais encore emmener ton m&#244;me sans crainte... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parents, animateurs, syndicalistes&#8230; Au total, pas moins d'une dizaine de volontaires se relaient depuis pr&#232;s de deux mois pour assurer les tours de garde. C&#244;t&#233; parents, une fois l'enfant inscrit, on peut le d&#233;poser gratuitement &#224; la garderie, muni de son repas de midi et de son carnet de sant&#233;. Pas de paperasse &#224; remplir si ce n'est une simple fiche, sur laquelle doivent appara&#238;tre les allergies de l'enfant ainsi que deux num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, dont celui d'une personne qui ne participe pas &#224; la manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;caution loin d'&#234;tre anodine : &#171; &lt;i&gt;C'est au cas o&#249; le parent se ferait interpeller &#187;&lt;/i&gt;, explique Ad&#232;le, pour qui la violence de la r&#233;pression polici&#232;re a clairement jou&#233; un r&#244;le dans la cr&#233;ation de la garderie. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a quasiment plus de gamins dans les cort&#232;ges. S'il y a quelques ann&#233;es tu pouvais encore emmener ton m&#244;me sans crainte, ce n'est plus le cas. &#187;&lt;/i&gt; Comme dans d'autres villes de France, le climat est particuli&#232;rement tendu &#224; Nantes. Ad&#232;le : &#171; &lt;i&gt;C'est la foire aux canons &#224; eaux, l'h&#233;lico est de sortie, &#231;a gaze pour rien et j'ai vu des arrestations o&#249; vingt flics tra&#238;nent une meuf dans une cour d'immeuble d'o&#249; tu l'entends hurler pendant dix minutes.&lt;/i&gt; &#187; De quoi faire effectivement passer aux parents l'envie d'emmener leur enfant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que comme le rappelle Quentin, trouver une solution de garde n'est parfois pas si simple : &#171; &lt;i&gt;Les cheminots ou les profs sont souvent en gr&#232;ve et savent donc s'organiser. Mais les personnes qui n'en ont pas l'habitude ont parfois besoin d'un soutien logistique pour se d&#233;charger des enfants sur les journ&#233;es de mobilisation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La garderie, &#231;a me permet de renouer avec la lutte &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du bout de la pi&#232;ce, Quentin alpague Ad&#232;le qui jette un &#339;il &#224; son portable : &#187; Il est quelle heure ? &#187; &#8212; &#171; &lt;i&gt;13 h 12.&lt;/i&gt; &#187; Sourires entendus&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nombre 1312 a acquis une certaine popularit&#233; au sein du mouvement social, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Juliette, la maman de Louisa, vient d'arriver pour r&#233;cup&#233;rer sa fille et d&#233;poser au passage un sachet de cl&#233;mentines et une galette des Rois. Pour cette &#233;ducatrice en reconversion, la garderie est une aubaine : &#171; &lt;i&gt;Je suis toute seule avec mon enfant depuis qu'elle est n&#233;e et j'avais presque arr&#234;t&#233; de manifester parce que c'est compliqu&#233; avec un petit. La garderie me permet de renouer avec la lutte.&lt;/i&gt; &#187; Un r&#233;sultat qui ravit Ad&#232;le, l'animatrice : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e &#233;tait de permettre aux m&#232;res et a fortiori aux m&#232;res seules de se mobiliser plus ais&#233;ment. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 700 kilom&#232;tres de l&#224;, &#224; Lyon, c'&#233;tait aussi l'intention premi&#232;re de Nathalie quand elle a cr&#233;&#233; les Nounous jaunes, au printemps 2019. En pleine d&#233;ferlante fluo, avec deux autres personnes, Nathalie a accueilli des enfants chaque samedi pendant quatre mois dans les locaux de l'AlternatiBar, la &#171; maison des alternatives &#187; lyonnaise. Jointe par t&#233;l&#233;phone, elle raconte comment son v&#233;cu de &#171; &lt;i&gt;maman solo&lt;/i&gt; &#187; l'a motiv&#233;e &#224; mettre en place une garderie gratuite et autog&#233;r&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Ma fille n'a pas de p&#232;re, donc j'ai &#233;t&#233; sensibilis&#233;e tr&#232;s t&#244;t &#224; la difficult&#233; de faire garder son enfant. Beaucoup de mamans seules n'ont plus l'espace ne serait-ce que pour r&#233;fl&#233;chir aux probl&#232;mes de soci&#233;t&#233;, &#224; l'actualit&#233;, et donc pour faire le choix de s'engager. C'est cette bulle d'air qu'on voulait leur offrir, afin qu'elles puissent manifester ou prendre simplement un temps pour elles, qui leur permette, peut-&#234;tre, de reconnecter avec ces questions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#232;res en couple, cela ne semble pas franchement plus facile : si &#224; Nantes la garderie profite aussi &#224; des p&#232;res, &#171; &lt;i&gt;ce sont majoritairement des femmes qui viennent nous d&#233;poser leur enfant &#187;&lt;/i&gt;, observe Ad&#232;le. Rien d'&#233;tonnant si on se r&#233;f&#232;re &#224; une &#233;tude men&#233;e en 2017 sur la r&#233;partition du temps de prise en charge des jeunes enfants&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'articulation des temps parental et professionnel au sein des couples : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#192; l'&#233;poque, &#224; travail &#233;gal, les femmes accordaient les trois quarts de leur temps disponible &#224; leur prog&#233;niture contre moins de 60 % pour les p&#232;res. Un constat qui ne surprend pas l'animatrice : &#171; &lt;i&gt;Quand en manif' je distribue des tracts pour la garderie, je rencontre souvent des mecs qui me disent en se marrant : &#8220;J'avoue, c'est ma femme qui est en train de garder les enfants.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une autre mani&#232;re de lutter&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Nantes, la garderie est pens&#233;e comme un maillon &#224; part enti&#232;re de la mobilisation. Ce qu'Ad&#232;le revendique haut et fort : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le banc de touche de la lutte !&lt;/i&gt; &#187; Avant de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e &#233;tait d'ailleurs de ne pas reproduire ce qui existe dans les structures classiques et de faire en sorte que les mecs s'investissent.&lt;/i&gt; &#187; Les permanences &#224; la garderie sont aussi une fa&#231;on de se mobiliser autrement, quand aller manifester devient trop &#233;prouvant : &#171; &lt;i&gt;Il y a des moments o&#249; tu es juste &#233;puis&#233;e quand tu t'es fait gazer, matraquer ou que tu as vu les copains et les copines se faire interpeller sous tes yeux &#187;&lt;/i&gt;, temp&#234;te Ad&#232;le. &#192; Lyon, les Nounous jaunes ont quant &#224; elles permis &#224; des personnes handicap&#233;es de s'investir diff&#233;remment dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de Quentin, la garderie nantaise est &#233;galement un outil pour penser les choses en grand : &#171; &lt;i&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, les autonomes et la gauche extra-parlementaire se sont &#233;chin&#233;s &#224; recr&#233;er de vrais espaces de contre-pouvoir : les Garderies populaires en font partie.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter, gonfl&#233; d'optimisme : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;meutes c'est bien, mais si on veut transformer la soci&#233;t&#233;, il faut aussi influer sur le quotidien en proposant d'autres mani&#232;res de l'organiser. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En 1968 d&#233;j&#224;, des cr&#232;ches sauvages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Nantes comme &#224; Lyon, les ouvertures de garderies autog&#233;r&#233;es ont suscit&#233; la surprise. Ces initiatives s'inscrivent pourtant dans une histoire qui ne date pas d'hier : au printemps 1968 d&#233;j&#224;, une cr&#232;che &#171; sauvage &#187; avait vu le jour &#224; la Sorbonne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, c'est une jeune institutrice de maternelle, Fran&#231;oise Lenoble-Pr&#233;dine, qui prend les r&#234;nes de la structure improvis&#233;e. Contact&#233;e par t&#233;l&#233;phone, elle se rem&#233;more cette &#233;poque : &#171; &lt;i&gt;J'avais lu un article dans France Soir qui racontait que des occupants de la Sorbonne avaient organis&#233; une cr&#232;che dite &#8220;sauvage&#8221;. Quand je me suis rendue sur place, il n'y avait personne. Je l'ai donc cr&#233;&#233;e, convaincue que dans cette p&#233;riode de contestation il fallait que les parents puissent faire garder leurs enfants pendant qu'ils manifestaient.&lt;/i&gt; &#187; Durant sept semaines, la cr&#232;che &#171; sauvage &#187; de la Sorbonne accueillera jusqu'&#224; une soixantaine de bambins, les jours o&#249; dehors &#171; &lt;i&gt;&#231;a cartonnait&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif initial fut rapidement d&#233;pass&#233; et la cr&#232;che devint une sorte de laboratoire des futures cr&#232;ches parentales. Une initiative qui int&#233;ressa jusqu'&#224; &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;oise Dolto&lt;/i&gt; [qui]&lt;i&gt; un jour a d&#233;boul&#233; &#224; la cr&#232;che&lt;/i&gt; &#187;. Plus tard, en 1981, Fran&#231;oise Lenoble-Pr&#233;dine entrera au cabinet de Georgina Dufoix, alors secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la famille (sous Fran&#231;ois Mitterrand). L'ancienne instit' impulsera l'&#233;laboration d'un cadre juridique aux cr&#232;ches parentales en gardant, elle l'assure, &#171; &lt;i&gt;l'esprit autogestionnaire&lt;/i&gt; &#187; des cr&#232;ches sauvages, participant ainsi &#224; un v&#233;ritable changement d'approche dans l'accompagnement de la petite enfance&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise Lenoble-Pr&#233;dine revient longuement sur ces exp&#233;riences dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres garderies autog&#233;r&#233;es furent cr&#233;&#233;es dans les ann&#233;es 1970, comme celle des Beaux-Arts ou de l'universit&#233; Censier, &#224; Paris. &#192; Nanterre, en banlieue, une cr&#232;che sauvage est lanc&#233;e en f&#233;vrier 1970. Cette derni&#232;re n'a pas pour vocation de garder les enfants de manifestants et elle accueillera finalement surtout les m&#244;mes du bidonville jouxtant la fac, mais elle n'en est pas moins l'h&#233;riti&#232;re des exp&#233;rimentations men&#233;es deux ans auparavant. Comme nous l'explique Victor Collet, auteur du livre &lt;i&gt;Nanterre, du bidonville &#224; la cit&#233;&lt;/i&gt; (&#233;d. Agone, 2019), &#171; &lt;i&gt;les premiers tracts qui parlent de la cr&#232;che ont un accent post-soixante-huitard assez &#233;vident puisqu'ils mettent en avant la fa&#231;on dont elle pourrait permettre de repenser le rapport &#224; la parentalit&#233;, d&#233;construire le principe ab&#234;tissant&lt;/i&gt; [non r&#233;fl&#233;chi, non &#233;ducatif, ne favorisant pas l'autonomisation des enfants, NDLR] &lt;i&gt;des cr&#232;ches ordinaires et, &#233;videmment, comment elle permettra de d&#233;gager du temps pour les femmes&lt;/i&gt; &#187;. Toutes proportions gard&#233;es, &#171; &lt;i&gt;il est clair qu'il existe une continuit&#233; entre les initiatives actuelles en la mati&#232;re et les luttes men&#233;es autour des cr&#232;ches sauvages &#224; l'&#233;poque&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les paroles cit&#233;es pr&#233;c&#233;demment sont tir&#233;es de la chanson &#171; Les cradosses &#187;, issue du r&#233;cit musical &lt;i&gt;Jo le crapaud ou l'incroyable voyage d'un crapaud et d'une goutte d'eau &lt;/i&gt;(Jean-Jacques Commien, 1997).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le nombre 1312 a acquis une certaine popularit&#233; au sein du mouvement social, puisqu'il renvoie aux lettres ACAB (All Cops Are Bastards).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'articulation des temps parental et professionnel au sein des couples : quelle place occup&#233;e par les p&#232;res ? &#187;, Dares (Direction de l'animation de la recherche, des &#233;tudes et des statistiques, minist&#232;re du Travail).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;oise Lenoble-Pr&#233;dine revient longuement sur ces exp&#233;riences dans un entretien disponible sous forme de brochure (&lt;i&gt;Chantier &#8211; De mai 68 &#224;... &#171; la cr&#232;che sauvage&lt;/i&gt; &#187;) sur le site du centre culturel militant La Parole Errante (Montreuil).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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