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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; L'espoir, c'est de d&#233;manteler l'infrastructure de vid&#233;osurveillance &#187;</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Au nom de 15 248 personnes, La Quadrature du Net vient de d&#233;poser trois plaintes contre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur aupr&#232;s de la Cnil. L'audacieux objectif ? Obtenir le d&#233;montage des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance qui prosp&#232;rent aux quatre coins de la France et interdire &#224; la police de recourir &#224; la reconnaissance faciale. Entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer, membre de l'association. Le mail est parti samedi 24 septembre dans la soir&#233;e, de Marseille, en conclusion d'un festival de lutte contre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no213-octobre-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;213 (octobre 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye-737" rel="tag"&gt;Etienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reconnaissance-faciale" rel="tag"&gt;reconnaissance faciale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/parti-samedi" rel="tag"&gt;parti samedi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au nom de 15 248 personnes, La Quadrature du Net vient de d&#233;poser trois plaintes contre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur aupr&#232;s de la Cnil. L'audacieux objectif ? Obtenir le d&#233;montage des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance qui prosp&#232;rent aux quatre coins de la France et interdire &#224; la police de recourir &#224; la reconnaissance faciale. Entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer, membre de l'association.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/213_savoye.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH490/213_savoye-0c929.jpg?1768816230' width='500' height='490' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par &#201;tienne Savoye
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e mail est parti samedi 24 septembre dans la soir&#233;e, de Marseille, en conclusion d'un festival de lutte contre la &#171; technopolice &#187;. La destinataire : la Commission nationale de l'informatique et des libert&#233;s (Cnil)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autorit&#233; administrative ind&#233;pendante cens&#233;e jouer les garde-fous en termes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. L'exp&#233;ditrice ? La principale association de d&#233;fense des libert&#233;s num&#233;riques, La Quadrature du Net&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est elle qui, il y a trois ans, a lanc&#233; la campagne intitul&#233;e &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En pi&#232;ce jointe : les mandats de 15 248 personnes, missionnant ladite association pour agir en leur nom. L'objet du mail : trois plaintes visant le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambition ? Obtenir de la Cnil qu'elle ordonne &#224; la place Beauvau de mettre un grand stop au d&#233;ploiement sans limite des technologies de surveillance num&#233;rique. Parmi les dispositifs vis&#233;s, on retrouve la reconnaissance faciale (d&#233;j&#224; largement utilis&#233;e au quotidien par les forces de l'ordre) et la vid&#233;osurveillance, qu'il s'agit tout bonnement de faire dispara&#238;tre &#8211; ou presque &#8211; des rues de l'Hexagone !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quinze ans qu'elle ferraille contre l'&#201;tat sur le plan juridique, La Quadrature du Net a connu trop de cuisantes d&#233;faites pour attendre de purs miracles du droit. Mais l'association a aussi remport&#233; plusieurs retentissantes victoires. Alors qui sait ? &#171; &lt;i&gt;Si on continue de jouer ce jeu-l&#224;, c'est parce qu'on pense qu'articul&#233; &#224; d'autres modes d'action, cet outil peut encore avoir son efficacit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, juge en tout cas F&#233;lix Tr&#233;guer, l'un des piliers de l'association. On en parle plus en d&#233;tail avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Quadrature du Net vient de d&#233;poser une s&#233;rie de plaintes collectives contre la &#171; technopolice &#187; aupr&#232;s de la Cnil, en ciblant en particulier la vid&#233;osurveillance. Politiquement, quel est votre objectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; Ces derni&#232;res ann&#233;es, on a remport&#233; quelques combats sur le plan juridique. Il y a eu, par exemple, l'affaire de la reconnaissance faciale dans les lyc&#233;es &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2018, la r&#233;gion Paca a voulu lancer une exp&#233;rimentation de portiques &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, qu'on peut consid&#233;rer comme une r&#233;ussite de long terme. Mais le plus souvent, ce sont des victoires temporaires. &#199;a a &#233;t&#233; le cas, typiquement, pour l'usage des drones par la police. On a obtenu, &#224; l'arrach&#233;, plusieurs d&#233;cisions tr&#232;s favorables devant le Conseil d'&#201;tat, ce qui a fortement d&#233;rang&#233; le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#8211; la police venait de commander des centaines de drones et de former des pilotes. Mais finalement, &#231;a n'a retard&#233; le processus que d'une douzaine de mois, le temps que le gouvernement fasse adopter par sa majorit&#233; parlementaire aux ordres une loi qui l&#233;galise cet usage technopolicier (bien que l'utilisation des drones par les polices municipales reste pour l'heure interdite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le meilleur des cas, on r&#233;ussit &#224; cr&#233;er un rapport de forces politique qui fait peur au gouvernement et il d&#233;cide en cons&#233;quence de ne pas tenter de faire adopter telle ou telle disposition, du moins pas dans l'imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette plainte collective, il s'agit d'adopter une approche un peu plus offensive : l'espoir, c'est de d&#233;manteler l'infrastructure de vid&#233;osurveillance qui s'est d&#233;velopp&#233;e depuis quinze ans &#224; coups de centaines de millions d'euros d'argent public, si ce n'est de milliards (il n'existe pas de chiffrage global).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Aucune &#233;valuation officielle du rapport co&#251;t/efficacit&#233; de la vid&#233;osurveillance n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en France, ce qui est en soi scandaleux quand on voit le prix que &#231;a co&#251;te &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une sc&#232;ne m'a marqu&#233; lors de ma visite au salon Milipol &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Salon professionnel de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, organis&#233; tous les deux ans &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; l'an dernier : l'un des commerciaux de Genetec, une entreprise canadienne qui vend des syst&#232;mes de visionnage des flux de vid&#233;osurveillance, a expliqu&#233; que la cam&#233;ra est le capteur n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;1 de la &#171; &lt;i&gt;smart city&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mod&#232;le cauchemardesque de la ville &#171; intelligente &#187; de demain, o&#249; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et il est vrai qu'il y a plein d'applications qui se greffent &#224; la vid&#233;osurveillance. On le voit bien aujourd'hui avec le d&#233;veloppement de la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e, et on le pressent pour demain avec la reconnaissance faciale en direct, coupl&#233;e &#224; des syst&#232;mes de gestion des foules. Tous ces dispositifs s'appuient sur les capteurs vid&#233;o. S'attaquer &#224; ces capteurs-l&#224;, c'est s'attaquer &#224; l'ensemble, ou presque, de la technopolice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; se porterait mieux sans les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, parce qu'elles monopolisent beaucoup d'argent public qui pourrait aller &#224; la recherche de solutions alternatives pour g&#233;rer les probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; et les conflits qui traversent la soci&#233;t&#233; &#8211; on pourrait peut-&#234;tre commencer par se poser la question de comment les r&#233;gler sans la police ? Cet argent pourrait aussi &#234;tre consacr&#233; aux &#233;coles et &#224; plein d'autres choses importantes sous-financ&#233;es dans cette &#233;poque de n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire d&#233;brid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, la soci&#233;t&#233; n'irait pas plus mal : si on en croit les quelques rares &#233;tudes ind&#233;pendantes sur la question, la vid&#233;osurveillance ne joue un r&#244;le significatif que dans la r&#233;solution d'un tr&#232;s petit nombre d'affaires (1,2 % &#224; 3 % des affaires selon les &#233;tudes). Quant &#224; son r&#244;le pr&#233;ventif, il est &#224; peu pr&#232;s nul. Pourtant, comme l'a rappel&#233; la Cour des comptes en 2020, aucune &#233;valuation officielle du rapport co&#251;t/efficacit&#233; de la vid&#233;osurveillance n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en France, ce qui est en soi scandaleux quand on voit le prix que &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe, c'est que les policiers et les responsables politiques continuent de proclamer l'importance de cet outil dans la lutte contre la d&#233;linquance et la criminalit&#233;. Il y a un attachement visc&#233;ral &#224; cette technologie. Et ils trouvent plein d'anecdotes pour la justifier, des cas o&#249; elle a sauv&#233; des gens, o&#249; elle a permis d'&#233;lucider des crimes affreux, etc. Et ce, alors m&#234;me que les quelques rares donn&#233;es impartiales, ind&#233;pendantes, objectives qui ont &#233;t&#233; r&#233;unies sur le sujet am&#232;nent au plus grand scepticisme quant &#224; ces all&#233;gations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/zzz213_elias.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/zzz213_elias-647bb.jpg?1768816231' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par &#201;lias
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la premi&#232;re des trois plaintes d&#233;pos&#233;es le 24 septembre, La Quadrature du Net demande, en substance, le d&#233;mant&#232;lement de toutes les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance install&#233;es par les communes de France. Par quel truchement juridique comptez-vous obtenir gain de cause aupr&#232;s de la Cnil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; En droit, toute mesure de surveillance mise en place par les autorit&#233;s publiques doit &#234;tre proportionn&#233;e &#224; l'objectif qui lui est assign&#233; ; c'est-&#224;-dire qu'il ne doit pas exister une autre mesure qui permette d'atteindre le m&#234;me objectif tout en &#233;tant moins attentatoire aux libert&#233;s. Chaque mesure de surveillance doit donc &#234;tre clairement justifi&#233;e. Or, les autorisations pr&#233;fectorales d'installation de cam&#233;ras ne font jamais &#233;tat du lien pr&#233;cis entre les futures cam&#233;ras et la finalit&#233; qui justifie leur autorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce titre qu'en 2018, la cour administrative d'appel de Nantes a jug&#233; disproportionn&#233; le dispositif de vid&#233;osurveillance mis en place &#224; Plo&#235;rmel (Morbihan) : la commune n'avait pas d&#233;montr&#233; en quoi les lieux o&#249; les cam&#233;ras &#233;taient implant&#233;es seraient &#8220;&lt;i&gt;particuli&#232;rement expos&#233;s &#224; des risques d'agression, de vol ou de trafic de stup&#233;fiants&lt;/i&gt;&#8221;, dixit la cour. Par extension, il y a dans cette jurisprudence le rappel fondamental qu'il revient &#224; l'&#201;tat de d&#233;montrer la pertinence et l'efficacit&#233; de la vid&#233;osurveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un raisonnement parfaitement logique sur le plan juridique, mais assez subversif du point de vue politique. Notre id&#233;e &#224; travers cette plainte, c'est donc d'essayer de g&#233;n&#233;raliser cette jurisprudence &#224; l'ensemble du territoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vos deux autres plaintes concernent, plus ou moins directement, la reconnaissance faciale. Vous y contestez en particulier la l&#233;galit&#233; du fichier TAJ (Traitement d'ant&#233;c&#233;dents judiciaires) et du fichier TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s). En quoi sont-ils probl&#233;matiques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le TAJ, c'est un fichier dont la police se sert pour tout et n'importe quoi. On y trouve non seulement des personnes suspect&#233;es puis condamn&#233;es, mais aussi des personnes innocent&#233;es, de simples t&#233;moins et des victimes. Ce qu'on attaque &#224; travers cette plainte, c'est &#224; la fois le caract&#232;re fourre-tout du fichier et le fait que la police s'en serve pour faire de la reconnaissance faciale de mani&#232;re massive, hors de tout cadre l&#233;gislatif. Il contient plus de 8 millions de photographies. La police peut donc y faire mouliner ses algorithmes, par exemple pour identifier des fiches en lien avec des personnes suspect&#233;es ou dont le visage est apparu sur des images de vid&#233;osurveillance.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il n'y avait aucun besoin de cr&#233;er une telle base de donn&#233;es centralis&#233;e avec les empreintes faciales, si ce n'&#233;tait pour faire, &#224; terme, de la reconnaissance faciale d'&#201;tat &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quant au fichier TES, cr&#233;&#233; en 2016, il consigne toutes les donn&#233;es, notamment biom&#233;triques, des demandeurs de cartes d'identit&#233; et de passeports. &#192; terme, il va donc contenir les empreintes faciales et digitales de l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plainte, on l'attaque en arguant qu'il n'y a plus besoin de centraliser toutes ces donn&#233;es parce qu'il y a maintenant des puces biom&#233;triques sur les cartes d'identit&#233;. Comme nous le disions d&#233;j&#224; au moment de la cr&#233;ation du TES, il n'y avait aucun besoin de cr&#233;er une telle base de donn&#233;es centralis&#233;e avec les empreintes faciales, si ce n'&#233;tait pour faire, &#224; terme, de la reconnaissance faciale d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; La Quadrature, nous ne sommes pas pour autant favorables &#224; la carte d'identit&#233; biom&#233;trique, loin de l&#224;. On voit aussi tous les dangers qui d&#233;coulent du fait d'avoir notre empreinte faciale sur une carte d'identit&#233; pouvant &#234;tre utilis&#233;e pour nous identifier par authentification faciale &#8211; raison pour laquelle on a par exemple attaqu&#233; l'exp&#233;rimentation Alicem (le Conseil d'&#201;tat a rejet&#233; notre recours) &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alicem, acronyme de &#171; Authentification en ligne certifi&#233;e sur mobile &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Mais au moins, d'un point de vue juridique, l'existence de la carte d'identit&#233; biom&#233;trique nous permet de contester le fichier TES en pointant sa disproportion. En l'occurrence, il existe bien une mesure alternative au fichier TES &#8211; un syst&#232;me d&#233;centralis&#233; est moins attentatoire aux libert&#233;s qu'un fichier centralis&#233; &#8211; qui permet de remplir l'objectif de lutte contre la fraude &#224; l'identit&#233;, ce qui &#233;tait le grand argument ayant pr&#233;sid&#233; &#224; la cr&#233;ation du fichier TES en 2016. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il y a des technologies de surveillance si dangereuses qu'une d&#233;mocratie qui se respecte doit simplement y renoncer, et se refuser &#224; les d&#233;ployer &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis un rapport s&#233;natorial publi&#233; en mai dernier, on sait qu'au cours de l'ann&#233;e 2021, la police et la gendarmerie ont utilis&#233; la reconnaissance faciale plus de 1 680 fois par jour en moyenne. &#192; La Quadrature du Net, vous demandez l'interdiction de cette technique&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, de fait. La reconnaissance faciale fait partie d'une myriade de technologies extr&#234;mement dangereuses et nous savons d'exp&#233;rience que le syst&#232;me juridique sera incapable d'en r&#233;guler v&#233;ritablement les usages. Ce qu'on dit depuis le d&#233;but avec cette campagne &#8220;Technopolice&#8221;, c'est qu'il y a des technologies de surveillance &#8211; et des technologies de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#8211; qui sont tellement dangereuses qu'une d&#233;mocratie qui se respecte doit simplement y renoncer, et se refuser &#224; les d&#233;ployer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Autorit&#233; administrative ind&#233;pendante cens&#233;e jouer les garde-fous en termes de respect de la vie priv&#233;e et d'atteinte aux libert&#233;s dans le domaine num&#233;rique, elle fait g&#233;n&#233;ralement preuve d'attentisme quand il s'agit de s'opposer aux vell&#233;it&#233;s de surveillance de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est elle qui, il y a trois ans, a lanc&#233; la campagne intitul&#233;e &#171; Technopolice &#187; (dans laquelle s'inscrivait le festival marseillais), qui vise &#224; alerter sur le d&#233;veloppement tous azimuts des outils de surveillance technologique, notamment dans la gestion de l'environnement urbain. &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, nous avions interview&#233; F&#233;lix Tr&#233;guer &#224; ce sujet : &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La technopolice progresse partout&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;183 (janvier 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2018, la r&#233;gion Paca a voulu lancer une exp&#233;rimentation de portiques &#224; reconnaissance faciale &#224; l'entr&#233;e de deux lyc&#233;es. La Cnil et le tribunal administratif de Marseille (saisi par La Quadrature du Net et plusieurs autres organisations) s'y sont finalement oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Salon professionnel de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, organis&#233; tous les deux ans &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mod&#232;le cauchemardesque de la ville &#171; intelligente &#187; de demain, o&#249; la multiplication de capteurs et autres outils technologiques est cens&#233;e faciliter la vie quotidienne (l'automobiliste sera inform&#233; &#224; l'avance de la localisation des places de stationnement libre)&#8230; mais aussi la surveillance et le contr&#244;le des foules.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alicem, acronyme de &#171; Authentification en ligne certifi&#233;e sur mobile &#187;, &#233;tait une application pour smartphone permettant &#224; l'utilisateur de prouver son identit&#233; en ligne par reconnaissance faciale. Apr&#232;s une phase d'exp&#233;rimentation, sa g&#233;n&#233;ralisation, annonc&#233;e pour fin 2020, a finalement &#233;t&#233; abandonn&#233;e. En mati&#232;re d'authentification de l'identit&#233; en ligne, les plans du gouvernement et des industriels se concentrent d&#233;sormais sur la carte d'identit&#233; &#233;lectronique, lanc&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2021, en lien avec des initiatives en cours au niveau de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Vid&#233;osurveillance automatis&#233;e : on ne pourra plus faire un pet de travers</title>
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		<dc:date>2020-02-14T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Vincent Croguennec</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La Ville de Marseille est en train de mettre en place un syst&#232;me permettant d'alerter automatiquement la police du moindre &#171; comportement anormal &#187; d&#233;tect&#233; par ses cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. Alors que la phase de test a d&#233;j&#224; commenc&#233;, deux associations de d&#233;fense des libert&#233;s tentent de faire interdire ce projet cauchemardesque. Une audience est pr&#233;vue le 2 mars au tribunal administratif. &#192; l'heure qu'il est, plus de 1 500 cam&#233;ras &#233;pient d&#233;j&#224; les Marseillais. Derri&#232;re leurs &#233;crans, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reconnaissance-faciale" rel="tag"&gt;reconnaissance faciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Felix-Treguer" rel="tag"&gt;F&#233;lix Tr&#233;guer&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Treguer" rel="tag"&gt;Tr&#233;guer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Ville de Marseille est en train de mettre en place un syst&#232;me permettant d'alerter automatiquement la police du moindre &#171; comportement anormal &#187; d&#233;tect&#233; par ses cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. Alors que la phase de test a d&#233;j&#224; commenc&#233;, deux associations de d&#233;fense des libert&#233;s tentent de faire interdire ce projet cauchemardesque. Une audience est pr&#233;vue le 2 mars au tribunal administratif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH409/-1454-fbe7d.jpg?1768651248' width='400' height='409' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; l'heure qu'il est, plus de 1 500 cam&#233;ras &#233;pient d&#233;j&#224; les Marseillais. Derri&#232;re leurs &#233;crans, une cinquantaine de policiers municipaux se relayent jour et nuit pour scruter les images&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; On nous tient &#224; l'&#339;il &#187;, T&#233;l&#233;rama (14/12/2019).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Las, ils ne peuvent pas tout voir. Et &#231;a chiffonne tellement la mairie (LR) qu'elle a lanc&#233; d&#232;s 2015 un appel d'offres pour acqu&#233;rir un syst&#232;me de &#171; vid&#233;oprotection intelligente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est de b&#226;tir un dispositif informatique capable de d&#233;tecter automatiquement tout &#233;v&#233;nement &#171; &lt;i&gt;anormal&lt;/i&gt; &#187; afin d'alerter les guetteurs en temps r&#233;el. Interrog&#233;e par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, la Ville liste quelques-unes de ses cibles : &#171; &lt;i&gt;une personne qui s'introduit dans un espace interdit, un v&#233;hicule qui circule dans une zone pi&#233;tonne, un attroupement sur une place&lt;/i&gt; &#187;. Pour en savoir plus, il faut consulter les documents municipaux divulgu&#233;s par &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Quadrature du Net&lt;/a&gt; (association de d&#233;fense des libert&#233;s num&#233;riques qui a lanc&#233; cet automne la campagne &lt;a href=&#034;https://technopolice.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Technopolice &#187;&lt;/a&gt;, visant &#224; mobiliser contre ce type de dispositifs s&#233;curitaires en d&#233;veloppement aux quatre coins de la France&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle d&#233;nonce en particulier le concept de Safe City (&#171; ville s&#251;re &#187;) au c&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;). &#192; la lecture, on d&#233;couvre d'autres &#171; situations anormales &#187; vis&#233;es par la mairie : l'&#233;criture de tags, la pr&#233;sence d'un individu au sol, la &#171; d&#233;pose sauvage &#187; d'ordures, mais aussi le vol ou la destruction de mobilier urbain. Autre fonctionnalit&#233; : le d&#233;compte des personnes composant une foule, avec alerte au garde-chiourme si une certaine densit&#233; est d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est de permettre &#224; la police de r&#233;agir en direct &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; apr&#232;s coup, en facilitant l'exploitation des images enregistr&#233;es. Il s'agit de &#171; &lt;i&gt;raccourcir consid&#233;rablement le temps de recherche&lt;/i&gt; &#187;, gr&#226;ce &#224; l'application de filtres associ&#233;s aux v&#234;tements, aux objets, &#224; la vitesse, &#224; la taille, etc. Autrement dit : plut&#244;t que de passer des heures &#224; visionner les archives de centaines de cam&#233;ras en t&#226;tonnant, les k&#233;pis ne mettraient que quelques clics &#224; retrouver les images qui les int&#233;ressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bond technologique radical des plus inqui&#233;tants : &#171; &lt;i&gt;La garantie des libert&#233;s publiques est aussi une question &#233;conomique,&lt;/i&gt; analyse F&#233;lix Tr&#233;guer, membre de La Quadrature du Net. &lt;i&gt;Combien &#231;a co&#251;te de surveiller une personne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Combien de temps &#231;a prend&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Le fait que la surveillance soit compliqu&#233;e est une garantie en tant que tel. Donc quand arrivent des syst&#232;mes qui d'un claquement de doigts permettent de surveiller potentiellement toute la population d'une ville en temps r&#233;el, et de retrouver dans les archives vid&#233;os des traces de chacun en trois clics, la surveillance co&#251;te beaucoup moins cher. Elle devient beaucoup plus facile &#224; mettre en &#339;uvre&#8230; et plus dangereuse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Surveiller les &#187; comportements de masse &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin 2018, le march&#233; marseillais de la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e a &#233;t&#233; attribu&#233; au groupe Snef, un mastodonte phoc&#233;en du g&#233;nie &#233;lectrique (1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires). Courant 2019, le projet s'est peu &#224; peu concr&#233;tis&#233;. Et en cette fin janvier 2020, la mairie nous explique que l'&#233;tude d'impact sur la protection des donn&#233;es est encore &#171; &lt;i&gt;en cours d'instruction&lt;/i&gt; &#187;, mais que la premi&#232;re partie de l'outil est d&#233;j&#224; &#171; &lt;i&gt;en phase de test&lt;/i&gt; &#187;. Sa mise en exploitation devrait se faire dans les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos braves &#233;lus ne comptent pas s'arr&#234;ter l&#224;. Le march&#233; comprend une seconde phase, qui semble pour le moment en stand-by. Comme le pr&#233;cise la mairie : &#171; &lt;i&gt;Un outil d'analyse de comportements pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme anormaux dans l'espace public (foule se mettant &#224; courir, attroupement li&#233; &#224; un &#233;v&#233;nement &#8211; accident, bagarre &#8211;, individu d&#233;ambulant de mani&#232;re r&#233;p&#233;titive dans un espace donn&#233; &#8211; maraudage &#8211;, etc.) pourrait &#234;tre envisag&#233; parmi ces options sur des comportements de masse.&lt;/i&gt; &#187; Dans une &lt;a href=&#034;https://data.technopolice.fr/fr/document/77rqd2d8qn4?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;note interne&lt;/a&gt; dat&#233;e du 29 octobre, la Ville explique n&#233;anmoins que cet outil n'est pas &#171; &lt;i&gt;fonctionnel &#224; ce jour&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le m&#234;me document, deux autres fonctionnalit&#233;s seraient &#171; &lt;i&gt;en attente de cadre r&#233;glementaire&lt;/i&gt; &#187; : un outil permettant de reconstituer a posteriori &#171; &lt;i&gt;le parcours d'un individu &#224; partir des archives de plusieurs cam&#233;ras&lt;/i&gt; &#187; et un module de d&#233;tection sonore. &#192; l'automne, la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libert&#233;s) avait effectivement retoqu&#233; un projet d'espionnage sonore lanc&#233; par la mairie de Saint-&#201;tienne, au motif qu'il &#233;tait trop intrusif pour la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute un simple retard &#224; l'allumage : d&#232;s le milieu de cette ann&#233;e, plusieurs garde-fous l&#233;gislatifs risquent fort de sauter, &#224; l'occasion du vote de la future loi Renseignement.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bient&#244;t la reconnaissance faciale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces syst&#232;mes de surveillance automatis&#233;e ne sont pas encore tout &#224; fait au point,&lt;/i&gt; observe F&#233;lix Tr&#233;guer.&lt;i&gt; Mais quand ils le seront, la moindre infraction, la moindre incivilit&#233; pourra &#234;tre sanctionn&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'image du flash des radars, le simple fait de ne pas s'&#234;tre compl&#232;tement arr&#234;t&#233; &#224; un stop pourra &#234;tre synonyme d'amende. Idem pour le moindre stationnement g&#234;nant, un pipi dans la rue ou un collage d'affiche. &#171; &lt;i&gt;Ces choses-l&#224; toucheront tr&#232;s vite les automobilistes, parce qu'il est facile de scanner une plaque min&#233;ralogique. Ce sera plus compliqu&#233; pour les pi&#233;tons. Si l'on veut sanctionner une personne, il faut l'identifier, ce qui suppose de la reconnaissance faciale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le cadre l&#233;gal autour de cette technologie reste assez strict. Mais cela pourrait changer rapidement, les Jeux olympiques de Paris 2024 offrant un pr&#233;texte et une manne financi&#232;re propices &#224; un d&#233;veloppement de ce genre de dispositifs. Le 14 octobre dernier, C&#233;dric O, le secr&#233;taire d'&#201;tat au num&#233;rique, expliquait d'ailleurs &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/14/cedric-o-experimenter-la-reconnaissance-faciale-est-necessaire-pour-que-nos-industriels-progressent_6015395_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qu' &#187; &lt;i&gt;exp&#233;rimenter est n&#233;cessaire, pour que nos industriels progressent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La reconnaissance faciale devient une possibilit&#233; technologique, puisqu'on est en train de constituer des bases de donn&#233;es biom&#233;triques d'empreintes faciales,&lt;/i&gt; observe F&#233;lix Tr&#233;guer. &lt;i&gt;Il y a d&#233;j&#224; beaucoup de choses dans le fichier TAJ (Traitement des ant&#233;c&#233;dents judiciaires), ce qui permet &#224; la police de faire de la comparaison faciale quand elle a une photo d'un suspect. Mais &#231;a ne concerne pas toute la population. Par contre, depuis 2016, le fichier TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s) accumule peu &#224; peu les donn&#233;es biom&#233;triques des demandeurs de cartes d'identit&#233;s et de passeport... Je pense que c'est l'objectif &#224; terme : coupler ce type de bases de donn&#233;es &#224; des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance pour identifier les gens en masse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 septembre dernier, La Quadrature du Net &#233;tait invit&#233;e &#224; la 24&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition de la &#171; journ&#233;e technico-op&#233;rationnelle de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure &#187; pour parler de &#171; &lt;i&gt;l'acceptabilit&#233; sociale&lt;/i&gt; &#187; de la reconnaissance faciale. Dans les locaux de la Direction g&#233;n&#233;rale de la gendarmerie nationale, devant un parterre de pandores et d'industriels, les militants ont sorti un point Godwin assez pertinent en ces temps d'affirmation d'un certain n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire : &#171; &lt;i&gt;Nous pensons &#224; nos grands-m&#232;res et &#224; nos grands-p&#232;res qui, s'ils avaient d&#251; vivre au d&#233;but des ann&#233;es 1940 dans un monde satur&#233; des technologies que vous fabriquez, n'auraient pas surv&#233;cu plus de trois semaines dans la clandestinit&#233;, et n'auraient pas pu organiser des r&#233;seaux de solidarit&#233; dissidents pour r&#233;sister au r&#233;gime nazi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ce que nous avions &#224; dire &#224; ceux qui b&#226;tissent la technopolice &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment riposter ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'on n'en est pas encore l&#224;, La Quadrature du Net joue la carte de la gu&#233;rilla judiciaire. Avec la Ligue des droits de l'homme, l'association vient de d&#233;poser un recours en r&#233;f&#233;r&#233; pour stopper le projet marseillais de vid&#233;osurveillance automatis&#233;e. Entre autres arguments, elle insiste sur le fait que &#171; &lt;i&gt;la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e n'est encadr&#233;e par aucun texte juridique alors qu'il s'agit d'un type d'ing&#233;rence dans la vie priv&#233;e tout &#224; fait nouveau, et bien diff&#233;rent de la vid&#233;osurveillance &#8220;classique&#8221;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Safe City &#224; Marseille : premier recours contre la vid&#233;osurveillance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; Une audience est pr&#233;vue le 2 mars au tribunal administratif de Marseille&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fait, une juge des r&#233;f&#233;r&#233;s a rejet&#233; le premier recours le 7 f&#233;vrier pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais F&#233;lix Tr&#233;guer ne se fait pas d'illusions : m&#234;me victorieuses, ce qui n'est pas gagn&#233;, des d&#233;marches de ce type ne pourront que retarder l'&#233;ch&#233;ance. Seule une mobilisation militante massive au niveau national et dans les nombreuses villes concern&#233;es par les &#171; exp&#233;rimentations &#187; de ce genre (Nice, Toulouse, Valenciennes, Istres&#8230;) pourra faire reculer les promoteurs de la technopolice.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise &#224; jour du 14 f&#233;vrier :&lt;/strong&gt; ajout du rejet du premier recours par la juge des r&#233;f&#233;r&#233;s et de la date de l'audience au tribunal administratif du deuxi&#232;me recours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.telerama.fr/medias/reconnaissance-faciale-en-france-pourra-t-on-y-echapper,n6566018.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;On nous tient &#224; l'&#339;il&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; (14/12/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle d&#233;nonce en particulier le concept de Safe City (&#171; ville s&#251;re &#187;) au c&#339;ur de notre dossier de janvier : &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Nique-la-technopolice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nique la technopolice&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 183).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2019/09/27/ce-que-nous-avions-a-dire-a-ceux-qui-batissent-la-technopolice/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que nous avions &#224; dire &#224; ceux qui b&#226;tissent la technopolice&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;LaQuadrature.net&lt;/i&gt; (27/09/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2020/01/20/safe-city-a-marseille-premier-recours-contre-la-videosurveillance-automatisee-de-lespace-public/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Safe City &#224; Marseille : premier recours contre la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;LaQuadrature.net&lt;/i&gt; (20/01/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En fait, une juge des r&#233;f&#233;r&#233;s a rejet&#233; le premier recours le 7 f&#233;vrier pour des raisons expliqu&#233;es &lt;a href=&#034;https://www.nextinpact.com/news/108678-nouvelle-procedure-refere-contre-videoprotection-intelligente-marseillaise.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt; par le site &lt;i&gt;Next Impact&lt;/i&gt;. La Quadrature du Net et la LDH se sont empress&#233;es d'en d&#233;poser un deuxi&#232;me. Selon La Quadrature, ce second recours sera donc examin&#233; par la justice le 2 mars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;lix Tr&#233;guer : &#171; La technopolice progresse partout &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice</guid>
		<dc:date>2020-01-16T22:16:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>reconnaissance faciale</dc:subject>
		<dc:subject>faciale</dc:subject>
		<dc:subject>reconnaissance</dc:subject>
		<dc:subject>Quadrature</dc:subject>
		<dc:subject>Net</dc:subject>
		<dc:subject>Smart City</dc:subject>
		<dc:subject>Big</dc:subject>
		<dc:subject>Big Data</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La &#171; Smart City &#187;, nouvelle coqueluche des municipalit&#233;s avides de gestion d&#233;shumanis&#233;e de l'espace public, n'est en rien intelligente. C'est avant tout un terrain id&#233;al de surveillance et de gestion des populations par des &#233;diles obs&#233;d&#233;s par le tout-s&#233;curitaire. Alors que ce mod&#232;le se d&#233;veloppe un peu partout dans l'Hexagone, &#233;tat des lieux avec F&#233;lix Tr&#233;guer, l'un des soutiers de la campagne Technopolice, qui vise &#224; alerter et mobiliser sur la question. En mati&#232;re de luttes concr&#232;tes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reconnaissance-faciale" rel="tag"&gt;reconnaissance faciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faciale" rel="tag"&gt;faciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reconnaissance" rel="tag"&gt;reconnaissance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Quadrature" rel="tag"&gt;Quadrature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Net" rel="tag"&gt;Net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Smart-City" rel="tag"&gt;Smart City&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Big" rel="tag"&gt;Big&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Big-Data" rel="tag"&gt;Big Data&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La &#171; Smart City &#187;, nouvelle coqueluche des municipalit&#233;s avides de gestion d&#233;shumanis&#233;e de l'espace public, n'est en rien intelligente. C'est avant tout un terrain id&#233;al de surveillance et de gestion des populations par des &#233;diles obs&#233;d&#233;s par le tout-s&#233;curitaire. Alors que ce mod&#232;le se d&#233;veloppe un peu partout dans l'Hexagone, &#233;tat des lieux avec F&#233;lix Tr&#233;guer, l'un des soutiers de la campagne Technopolice, qui vise &#224; alerter et mobiliser sur la question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1411-2b239.jpg?1768907610' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n mati&#232;re de luttes concr&#232;tes pour un Internet libre, La Quadrature du Net a &#233;t&#233; et reste un acteur essentiel. Fond&#233;e en 2008, cette association a bataill&#233; sur les terrains l&#233;gislatifs et m&#233;diatiques pour que la Toile ne devienne pas le terrain de jeu d'int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques ou commerciaux. Ni surveillance ni r&#233;cup&#233;ration, clamaient ses animateurs, place au libre, &#224; l'utopie d'un espace virtuel &#233;mancipateur. C'est toujours leur position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les membres du collectif estiment d&#233;sormais que d'autres terrains que la Toile sont menac&#233;s par la surveillance version Big Data&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement : m&#233;gadonn&#233;es. Terme d&#233;signant l'inflation d&#233;mente des donn&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et algorithmes, notamment l'espace public. C'est pourquoi ils ont lanc&#233; la campagne Technopolice, qui vise &#224; provoquer le d&#233;bat et passe notamment par un site (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://technopolice.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technopolice.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) qui recense et documente les projets les plus avanc&#233;s en mati&#232;re de Smart City et de gestion automatis&#233;e des villes. Parmi les concern&#233;es : Toulouse, Nice, Marseille, mais aussi Valenciennes ou Istres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en parle avec F&#233;lix Tr&#233;guer, cofondateur de la Quadrature du Net tr&#232;s impliqu&#233; dans cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Quadrature du Net&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; sa fondation en 2008, La Quadrature du Net portait la vision d'un Internet &#233;mancipateur. C'&#233;tait &#224; nos yeux une v&#233;ritable utopie &#224; d&#233;fendre, un terrain id&#233;al &#224; prospecter pour faire avancer nos id&#233;aux. On se voulait garde-fous en la mati&#232;re, d&#233;non&#231;ant les d&#233;rives et r&#233;cup&#233;rations, mais avec l'id&#233;e d'une avanc&#233;e globalement positive. C'est quelque chose dont on est plusieurs &#224; &#234;tre largement revenus, m&#234;me si chacun &#224; la Quadrature a sa trajectoire, sa vision des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je pense que ces utopies fondatrices &#8211; par exemple celle du logiciel libre, et plus largement d'Internet comme technologie d'essence d&#233;mocratique &#8211; ont perdu la bataille. On a assist&#233; &#224; une reprise en main d'Internet par les &#201;tats et le capitalisme. C'est ce que je raconte dans mon livre, &lt;i&gt;L'utopie d&#233;chue, une contre-histoire d'Internet, XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;- XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fayard, 2019.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, en revenant sur les politiques de contr&#244;le de l'information depuis l'imprimerie. Cette reprise en main, c'est une &#233;volution qu'on a clairement v&#233;cue &#224; la Quadrature : un d&#233;senchantement face &#224; la mani&#232;re dont &#233;voluait le champ num&#233;rique, le triomphe des GAFAM, le r&#232;gne du Big Data et de la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la censure automatis&#233;e qui se d&#233;veloppe aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, j'ai l'impression qu'&#224; certains moments on a pu contribuer &#224; vendre une soupe technophile. Mais &#224; partir du &lt;i&gt;Cablegate &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Divulgation en 2010 par Wikileaks et ses partenaires m&#233;diatiques d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et des d&#233;boires de Julian Assange, puis lors de l'affaire Snowden en 2013, on a commenc&#233; &#224; se d&#233;faire de certaines &#339;ill&#232;res. Notre discours et nos modes d'action refl&#232;tent en partie ce processus. On pense toujours qu'il est important d'occuper les terrains l&#233;gislatif et m&#233;diatique pour entraver les projets s&#233;curitaires et les strat&#233;gies &#233;conomiques des multinationales du num&#233;rique, parce que c'est notre r&#244;le d'&#234;tre au contact des institutions. Mais on mesure aussi que &#231;a ne suffit plus face au d&#233;ferlement num&#233;rique. Au point que d&#233;sormais, on souhaite aussi s'investir dans des luttes de terrain, sur le local, parce que c'est l&#224; qu'on retrouve un peu du sens et de la joie, essentiels &#224; tout projet militant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Technopolice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La campagne Technopolice, lanc&#233;e en septembre dernier, est un peu le fruit de cette &#233;volution, de cette envie d'aller au plus pr&#232;s du terrain. C'est aussi quelque chose que nous impose l'&#233;tape de l'informatisation &#224; laquelle nous sommes rendus. Le projet est n&#233; quand on a d&#233;couvert le programme &#8220;Big Data de la tranquillit&#233; publique&#8221;, un outil de police pr&#233;dictive lanc&#233; &#224; Marseille, il y a pr&#232;s de deux ans &lt;i&gt;(lire aussi p. IV)&lt;/i&gt;. En &#233;tudiant les documents administratifs li&#233;s au projet, on est tomb&#233;s des nues. Plus on les &#233;pluchait, plus on comprenait qu'il y avait en cours une ambition d&#233;lirante. En clair : appliquer des m&#233;thodes d'analyse Big Data &#224; un maximum de donn&#233;es, issues aussi bien de la police que des h&#244;pitaux, des r&#233;seaux sociaux ou des r&#233;gies de transports. C'est l'id&#233;e de base de la &#8220;Smart City&#8221; : mobiliser toutes les informations disponibles pour g&#233;rer le quotidien de la ville, des manifestations &#224; la voirie. En la mati&#232;re, Marseille et Nice sont clairement des pr&#233;curseurs : m&#234;me si la Commission nationale de l'informatique et des libert&#233;s (Cnil) vient de retoquer le projet d'installer des portiques de reconnaissance faciale &#224; l'entr&#233;e de deux lyc&#233;es de ces villes, elles n'en restent pas moins des laboratoires revendiqu&#233;s en mati&#232;re de police pr&#233;dictive et de vid&#233;osurveillance automatis&#233;e. D'ailleurs, la premi&#232;re v&#233;ritable exp&#233;rimentation fran&#231;aise de la reconnaissance faciale en temps r&#233;el, dans l'espace public, pour retrouver un cobaye volontaire noy&#233; dans la foule, s'est d&#233;roul&#233;e &#224; Nice &#224; l'occasion du dernier carnaval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle prend des formes parfois diff&#233;rentes, la technopolice progresse partout sur le territoire : &#224; Toulouse, Paris, Marseille, mais aussi &#224; Istres, Valenciennes ou Lannion, il s'agit de mettre la ville sous contr&#244;le num&#233;rique en collectant les donn&#233;es disponibles afin de contr&#244;ler les foules, g&#233;rer les flux, s'appuyer sur le Big Data pour l&#233;gitimer des politiques de segmentation spatiale. Apr&#232;s les discours marketing sur la &#8220;Smart City&#8221;, ce sont les applications s&#233;curitaires qui sont les plus avanc&#233;es. D'o&#249; le terme de &#8220;Safe City&#8221; vant&#233; par les industriels, qui constatent que c'est pour les politiques de s&#233;curit&#233; que les mairies sont les plus enclines &#224; d&#233;bloquer des budgets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Reconnaissance faciale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour l'instant, en dehors d'exp&#233;rimentations, il n'y a pas &#224; proprement parler de reconnaissance faciale en &#8220;live&#8221;. Mais on s'en approche de plus en plus. D&#232;s 2014, la pr&#233;fecture de Paris a lanc&#233; des projets de recherche en lien avec des industriels. Il s'agissait alors d'&#234;tre dans la comparaison faciale : &#224; partir d'une image, tir&#233;e d'un film ou d'une simple photo, on cherche &#224; savoir si la personne est fich&#233;e. Aujourd'hui, la comparaison faciale est l&#233;gale, et les agents ayant acc&#232;s au fichier TAJ (Traitement d'ant&#233;c&#233;dents judiciaires) disposent d'une fonctionnalit&#233; d&#233;di&#233;e pour faire remonter des fiches &#224; partir de la photo d'un suspect qu'on pr&#233;sente &#224; l'algorithme. Or, le fichier TAJ est une esp&#232;ce de tout-venant, o&#249; l'on met tout le monde et n'importe qui. Les proc&#233;dures et les garde-fous, par exemple ceux pr&#233;vus pour faire effacer les donn&#233;es des personnes qui n'ont rien &#224; y faire, ne sont pas respect&#233;s. Et lorsqu'on a cherch&#233; &#224; mieux comprendre la mani&#232;re dont les images vid&#233;os des manifestations de Gilets jaunes pouvaient &#234;tre utilis&#233;es pour armer la r&#233;pression contre ce mouvement, on a compris qu'un autre fichier pouvait &#234;tre mobilis&#233;, le TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s), dans lequel seront &#224; terme fich&#233;s tous les demandeurs de carte d'identit&#233; et de passeports. Bref, toute personne film&#233;e sur le lieu d'une manifestation peut &#234;tre identifi&#233;e par la comparaison faciale, fich&#233;e, voire poursuivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'usage s'est impos&#233; dans les pratiques polici&#232;res, sans qu'aucune transparence ne soit faite, sans qu'aucun d&#233;bat n'ait eu lieu. La reconnaissance faciale en direct dans l'espace public semble &#234;tre la prochaine &#233;tape. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Outils de r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour enrayer la donne, on essaye de sortir de notre milieu, de parler au plus de gens possible. &#199;a passe notamment par notre site &lt;i&gt;Technopolice.fr&lt;/i&gt;, lanc&#233; en septembre &#224; Nice, avec des partenaires comme la Ligue des droits de l'Homme. Il s'agit de documenter, d'informer, d'offrir des outils de diffusion et d'organisation des luttes. Par ailleurs, on essaye de mobiliser d'autres acteurs, de faire des recours juridiques, de mettre la pression sur des organismes comme la Cnil. Sachant qu'il n'y a que cinq salari&#233;s &#224; La Quadrature du Net, c'est un boulot de fou. On souhaite donc aider des groupes locaux &#224; s'organiser et &#224; travailler avec nous dans le cadre de cette campagne. Parfois, on a de bonnes surprises : quand on est all&#233;s tracter devant le lyc&#233;e Amp&#232;re &#224; Marseille, alors sous la menace du portique de reconnaissance faciale pour g&#233;rer les entr&#233;es et sorties des &#233;l&#232;ves, on s'est rendus compte que beaucoup de gamins se sentaient concern&#233;s, qu'ils n'&#233;taient pas apathiques face &#224; la situation et faisaient le lien avec d'autres formes de contr&#244;le dont ils font l'objet au sein du syst&#232;me &#233;ducatif. Les jeunes g&#233;n&#233;rations ne sont pas forc&#233;ment aussi intoxiqu&#233;es qu'on l'imagine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on s'aper&#231;oit qu'il y a certains sujets o&#249; les &#233;volutions technologiques ne passent pas. On peut prendre le cas des compteurs Linky, par exemple, contre lesquels il y a une forte mobilisation populaire. Et on esp&#232;re que ce sera le cas aussi non seulement contre la reconnaissance faciale, mais aussi contre les autres formes de vid&#233;osurveillance automatis&#233;e ou encore les solutions de police pr&#233;dictive qui commencent &#224; se mettre en place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Horizons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a une forme de retour &#224; une critique de la technologie qui avait disparu &#224; un moment. &#201;videmment, cela reste limit&#233;. Quand on pense au large front contestataire qui s'&#233;tait constitu&#233; contre les d&#233;buts de l'informatisation, dans les ann&#233;es 1970 et 1980, avec par exemple le collectif Clodo&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; pour la liquidation ou la destruction des ordinateurs, groupe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en France, on se dit qu'il y a pas mal de travail. On a perdu beaucoup de temps avec cette focalisation sur l'utopie Internet, cette id&#233;e que &#231;a allait r&#233;soudre tous les probl&#232;mes. L&#224;, on est pass&#233;s &#224; autre chose. Il faut dire que l'informatique change de visage : le Big Data, l'intelligence artificielle, ce sont des machines aux mains des grandes bureaucraties qui s'en servent pour s'automatiser, et donc se d&#233;shumaniser encore plus. Cette informatique-l&#224;, on ne va pas pouvoir la distribuer &#224; travers la soci&#233;t&#233; comme on a pu le faire dans les ann&#233;es 1980 et 1990 avec l'ordinateur personnel et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette phase de retour en force de l'informatique de contr&#244;le, qui va se d&#233;ployer sur des ann&#233;es, il faut r&#233;agir vite tout en sachant tenir la distance. Cette lutte est un marathon. Si on prend le sujet de la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e, on les voit avancer leurs pions, mais il est encore temps de r&#233;agir, au niveau local comme national : les technologies ne sont pas encore tout &#224; fait m&#251;res, les march&#233;s non plus, l'acquiescement de la population n'est en rien garanti. D'o&#249; des discours comme celui que le secr&#233;taire d'&#201;tat au num&#233;rique C&#233;dric O a tenu en octobre, quand il d&#233;clare &#224; ce sujet : &#8220;&lt;i&gt;Il faut exp&#233;rimenter pour que nos industries progressent.&lt;/i&gt;&#8221; Les technocrates mettent en avant les gains de rapidit&#233;, d'efficacit&#233;, les enjeux &#233;conomiques et industriels, un surcro&#238;t de s&#233;curit&#233;, et pensent que de cette mani&#232;re, ils pourront assurer &#8220;l'acceptabilit&#233; sociale&#8221; de leurs machines et les banaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si leurs discours grandiloquents sur les &#8220;promesses&#8221; de la technologie rel&#232;vent encore en grande partie du marketing, je pense qu'il faut aussi garder &#224; l'esprit que tout cela n'est pas juste du fantasme. Vu les &#8220;progr&#232;s&#8221; rapides de l'intelligence artificielle, il serait irresponsable de s'en tenir &#224; une d&#233;nonciation sur le manque d'efficacit&#233; de ces technologies, en pensant que c'est juste de la soupe technophile vendue en bo&#238;tes aux &#233;lus et que rien de concret n'en sortira. Ce n'est parce qu'on n'en est pas encore &#224; &lt;i&gt;Black Mirror &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;rie d&#233;non&#231;ant avec brio certaines d&#233;rives liberticides li&#233;es aux avanc&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; qu'on doit rester les bras crois&#233;s. Les m&#233;dias aiment souvent faire le parall&#232;le avec la Chine et la notation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la population, en disant &#8220;&lt;i&gt;On n'en est pas encore l&#224;&lt;/i&gt;&#8221;. C'est &#224; la fois irresponsable et aussi un peu raciste, car on postule que l&#224;-bas, la population accepterait tout comme des moutons. Eh bien non : il y a des formes de r&#233;sistance qui s'y d&#233;ploient, malgr&#233; les risques de r&#233;pression. Et la Chine, ce n'est pas un &#233;pouvantail. C'est juste qu'ils ont dix ans d'avance. Leur exemple montre ce qui nous attend si on ne r&#233;agit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit d'ailleurs que de Hong-Kong au Chili en passant par la France des Gilets jaunes, l'inventivit&#233; en mati&#232;re de r&#233;sistance &#224; la surveillance ne manque pas. Qu'il s'agisse d'aveugler les cam&#233;ras, d'&#233;blouir les drones avec des lasers, de se masquer pour &#233;chapper &#224; la surveillance, quelque chose se d&#233;ploie. Et c'est fondamental. Face &#224; la fuite en avant actuelle, il est temps d'ouvrir nos imaginaires, nos discours et nos modes d'action. Non seulement pour refuser l'informatique s&#233;curitaire et l'automatisation bureaucratique, mais aussi plus largement pour rendre possible et d&#233;sirable une vie avec moins de technologie. C'est la condition de l'autonomie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet entretien est issu du dossier &#171; R&#233;sister &#224; la surveillance &#187;, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 183 de CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement : m&#233;gadonn&#233;es. Terme d&#233;signant l'inflation d&#233;mente des donn&#233;es personnelles collect&#233;es par les acteurs &#233;conomiques ou institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fayard, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Divulgation en 2010 par Wikileaks et ses partenaires m&#233;diatiques d'une multitude de documents relatifs &#224; des &#233;changes diplomatiques vari&#233;s et pour certains tr&#232;s sensibles. L'&#233;v&#233;nement fut un pr&#233;lude aux ennuis judiciaires de Julian Assange (fondateur de Wikileaks) et d'Edward Snowden (qui a divulgu&#233; de nombreux documents li&#233;s &#224; des projets de surveillance de masse am&#233;ricains et britanniques).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comit&#233; pour la liquidation ou la destruction des ordinateurs, groupe de sabotage actif dans la r&#233;gion toulousaine pendant les ann&#233;es 1980. Lire &#171; La balade incendiaire du Clodo &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 157 (septembre 2017), disponible sur notre site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;S&#233;rie d&#233;non&#231;ant avec brio certaines d&#233;rives liberticides li&#233;es aux avanc&#233;es technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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