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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans le train pour Oran</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel... Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis la voiture de premi&#232;re classe&lt;/strong&gt;, une voix s'&#233;levait, plus forte que celle des autres passagers. C'&#233;tait celle d'un retrait&#233; au front d&#233;garni, aux longues jambes et &#224; l'&#233;l&#233;gance d&#233;su&#232;te dans son costume gris. Dans un fran&#231;ais ch&#226;ti&#233;, il prit &#224; t&#233;moin l'assistance pour d&#233;plorer le manque de confort du Coradia (fabriqu&#233; par Alstom) pourtant mis en service l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Selon lui, il &#233;tait impossible que l'on r&#233;serve un tel sort aux voyageurs de France. Ce qui t&#233;moignait de l'incurie des pouvoirs publics alg&#233;riens, de leur m&#233;pris pour les simples citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es&lt;/strong&gt;, &#224; la calvitie pr&#233;coce et v&#234;tu d'un polo de couleur vive se sentit oblig&#233; de contredire son a&#238;n&#233; dans un fran&#231;ais tout aussi correct, en roulant les &lt;i&gt;r&lt;/i&gt; de fa&#231;on plus perceptible. Habitu&#233; des d&#233;placements en Suisse, il tint &#224; souligner que les rames en circulation en Alg&#233;rie &#233;taient d'une qualit&#233; bien sup&#233;rieure. Or, le vieux ne connaissait pas la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique et dut m&#234;me conc&#233;der n'avoir jamais pris le train dans l'ancienne m&#233;tropole. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas d'avoir des id&#233;es bien arr&#234;t&#233;es sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat n'en restait pas moins cordial&lt;/strong&gt; et d&#233;borda sur le terrain politique. L'ancien prit l'initiative d'&#233;voquer le &lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt; (mouvement de contestation actuel) en faisant part de sa compr&#233;hension pour les protestataires, tant qu'ils ne d&#233;passent pas les limites du raisonnable. Pour lui, il ne fallait surtout pas que le bon peuple alg&#233;rien &#233;coute les mots d'ordre de l'extr&#234;me gauche ou suive l'exemple des Gilets jaunes. Recyclant les &#233;l&#233;ments de langage des tenants du pouvoir, il affirma doctement qu'ils ne devaient pas tous d&#233;gager, par opposition aux slogans lanc&#233;s chaque vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exc&#233;d&#233;&lt;/strong&gt;, pr&#234;t &#224; bondir de son si&#232;ge, le benjamin se lan&#231;a dans un vibrant plaidoyer en faveur des revendications du mouvement populaire. Oui, il fallait qu'ils d&#233;gagent tous et ensuite les Alg&#233;riens participeraient &#224; des &#233;lections transparentes, &#233;difieraient un &#201;tat de droit, consacreraient la citoyennet&#233;, etc. L'ancien ne parut pas insensible &#224; ces arguments mais il insista toutefois sur la n&#233;cessit&#233; d'un retour rapide &#224; l'ordre pour sortir du chaos. Avec l'aide de Dieu, l'arm&#233;e veillerait &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts supr&#234;mes de la patrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuant sur sa lanc&#233;e&lt;/strong&gt;, le sexag&#233;naire estimait d'ailleurs que les r&#233;els ennemis de l'Alg&#233;rie &#233;taient les Juifs et les francs-ma&#231;ons qui cherchaient &#224; la d&#233;stabiliser, de jour comme de nuit. L'homme au polo crut bon de pr&#233;ciser qu'il ne fallait pas mettre tous les Juifs dans le m&#234;me sac. C'&#233;taient d'abord les sionistes qui posaient probl&#232;me &#224; ses yeux. Avec cette pirouette de bon aloi, il se r&#233;concilia avec le vieux singe, tout sourire, comme satisfait d'avoir amus&#233; la galerie avec ses man&#339;uvres de propagandiste sur le retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;trangement&lt;/strong&gt;, aucun des autres passagers ne chercha &#224; s'immiscer dans cette conversation men&#233;e &#224; voix haute. Fallait-il attribuer cette r&#233;serve &#224; la m&#233;fiance d&#233;sabus&#233;e dont faisaient preuve les Alg&#233;riens jadis prompts &#224; donner leur avis au premier venu ? &#192; moins que les voyageurs ne pr&#233;f&#233;rassent admirer la beaut&#233; des h&#244;tes ou h&#244;tesses de la Soci&#233;t&#233; nationale des transports ferroviaires qui, par&#233;s de leurs uniformes impeccables, t&#234;tes nues, distribuaient un journal islamo-conservateur en arabe et un quotidien sportif en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s plus de quatre heures&lt;/strong&gt;, une voix f&#233;minine annon&#231;ait dans les deux langues l'arriv&#233;e &#224; Oran, mettant fin aux r&#234;veries des passagers solitaires et aux messes basses des couples l&#233;gitimes. Chacun avait alors une bonne raison de fl&#226;ner sur le front de mer, de s'enrhumer sur les hauteurs de Santa Cruz, d'engloutir une pizza au march&#233; de la Bastille, d'&#233;changer avec une psychologue au restaurant ou de vilipender le pouvoir sur la rue Ben M'Hidi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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