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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le variant asiatique du fado portugais</title>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape d'un retour* r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on constate que les immigrants asiatiques, par leurs salaires extr&#234;mement bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal, alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re. Il est aussi question de corruption et de cuisine chic &#224; succ&#232;s. I. Un village sur la route qui va de la c&#244;te atlantique vers Beja, traverse la grande plaine s&#232;che de l'Alentejo (sud du Portugal), &#233;cras&#233;e de chaleur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plaine-seche" rel="tag"&gt;plaine s&#232;che&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape d'un retour* r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on constate que les immigrants asiatiques, par leurs salaires extr&#234;mement bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal, alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re. Il est aussi question de corruption et de cuisine chic &#224; succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L404xH400/400px_portugal-92cee.jpg?1782652073' width='404' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L.L. de Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;I.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un village sur la route qui va de la c&#244;te atlantique vers Beja, traverse la grande plaine s&#232;che de l'Alentejo (sud du Portugal), &#233;cras&#233;e de chaleur d&#232;s le mois de mai, l'horizon &#224; perte de vue qui se confond avec un ciel sans nuages, le fin fond du pays profond au sud du Tage, vide de gens, d'arbres, comme une steppe &#8211; &#171; &lt;i&gt;notre Sahara&lt;/i&gt; &#187;, dit une amie &#8211; jalonn&#233;e de petits bourgs, perch&#233;s sur des collines. Le village s'appelle &lt;i&gt;Entradas&lt;/i&gt;, &#171; Les Entr&#233;es &#187;. Entr&#233;e vers quoi ? Vers o&#249; ? Tout semble vide, sans vie, ou avec une vie qui s'est arr&#234;t&#233;e dans un pass&#233; lointain. Un pr&#233;sent immobile o&#249; seul un retour au pass&#233; semble plausible. Des maisons basses align&#233;es bordent la rue principale ; au fond, l'&#233;glise. Dans le jardin public, entre quelques arbres qui d&#233;tonnent dans la s&#233;cheresse, deux ou trois m&#226;ts avec des drapeaux frapp&#233;s de la faucille et du marteau signalent la pr&#233;sence municipale toujours incontournable du Parti communiste portugais dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le rouge br&#251;l&#233; par le soleil a vir&#233; au rose, signe de la mutation id&#233;ologique en cours de la vie politique locale&#8230; Derri&#232;re les vitres des fen&#234;tres ferm&#233;es, des visages rid&#233;s &#233;pient les &#233;trangers de passage. Les rues sont vides, les deux caf&#233;s ferm&#233;s, Covid-19 oblige ; on croise un travailleur de la voirie occup&#233; &#224; balayer les trottoirs du jardin. Le &#171; bonjour &#187; est rapide et sans empathie. Au voisinage de l'&#233;glise, un panneau indique le mus&#233;e local o&#249; sont rassembl&#233;s, pr&#233;sent&#233;s aux rares visiteurs de passage, les derniers vestiges de l'agriculture traditionnelle ou ce qu'on a catalogu&#233; comme tel. Ledit mus&#233;e est ferm&#233; ! Il fait d&#233;j&#224; 33&#176;C au soleil de midi en cette journ&#233;e aux temp&#233;ratures extr&#234;mes, mais nous sommes pris par un sentiment gla&#231;ant, celui d'une soci&#233;t&#233; paralys&#233;e par son d&#233;clin. &#192; l'exception de quelques &#238;lots comme la ville de Castro Verde, toute proche qui vit de l'activit&#233; mini&#232;re, toute la r&#233;gion de l'Alentejo profond, nagu&#232;re un grenier &#224; bl&#233; des latifundiaires et le territoire de quelques-unes des pages les plus radicales de l'histoire sociale du Portugal avec les luttes des salari&#233;s agricoles, vit aujourd'hui la transition vers le monde de la catastrophe annonc&#233;e, celui de la grande agro-industrie. Dans un des pays les plus vieillissants du Vieux Continent et o&#249; la natalit&#233; est la plus faible, la r&#233;gion du bas Alentejo est class&#233;e parmi les plus pauvres de l'Europe communautaire ; et la sociologie de sa population est en train d'&#234;tre boulevers&#233;e par des mouvements contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ces prol&#233;taires sont exploit&#233;s &#224; l'extr&#234;me, vivent de fa&#231;on concentrationnaire dans des taudis et des ruines, travaillent 10 heures par jour &#224; un taux horaire de 3 euros et les interm&#233;diaires exploiteurs retiennent souvent 50 % de leurs payes, pr&#233;textant remboursements divers et al&#233;atoires.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, une nouvelle soci&#233;t&#233; s'y installe. C'est le nouveau prol&#233;tariat associ&#233; &#224; la nouvelle agriculture industrielle, aux cultures en serres de fruits rouges pouss&#233;es chimiquement hors sol pour &#234;tre vendues tout au long de l'ann&#233;e dans les rayons des supermarch&#233;s europ&#233;ens ; celle des &#233;tendues d'oliviers et d'amandiers trait&#233;s, plant&#233;s et exploit&#233;s par les multinationales &#224; capitaux financiers sans loi ni patrie. Une population asiatique, des Bengalis, des N&#233;palais, des Vietnamiens, des Tha&#239;landais, des Pakistanais, amen&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; de la plan&#232;te par des marchands de chair fra&#238;che, des r&#233;seaux puissants et intouchables. Dans certains villages, ils repr&#233;sentent d&#233;sormais jusqu'&#224; 60 % de la population. Comme si, par un renversement ironique de l'histoire, le projet lusitanien du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle de la d&#233;couverte du chemin maritime vers l'Asie s'&#233;tait finalement concr&#233;tis&#233; par ce peuplement asiatique dans la p&#233;ninsule, effet de la globalisation moderne du march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces prol&#233;taires sont exploit&#233;s &#224; l'extr&#234;me, vivent de fa&#231;on concentrationnaire dans des taudis et des ruines, travaillent 10 heures par jour &#224; un taux horaire de 3 euros et les interm&#233;diaires exploiteurs retiennent souvent 50 % de leurs payes, pr&#233;textant remboursements divers et al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;lange est d&#233;j&#224; assez &#233;tonnant, mais la globalisation est &#224; l'&#339;uvre et ne s'arr&#234;te pas. On s'attarde devant la vitrine d'une des agences immobili&#232;res locales &#8211; eh oui, cela existe ici aussi &#8211; et l'on est surpris par le prix des ruines &#224; vendre. Explication : une immigration d'un autre type s'installe aussi dans la r&#233;gion ; des alternatifs de toutes sortes et toutes origines, allant des &#171; auto-entrepreneurs de start-ups &#187; europ&#233;ens aux jeunes couples ais&#233;s &#224; la recherche d'une vie tranquille et d'air pur. Bizarrerie pour bizarrerie, aux Anglais, Hollandais et Allemands du d&#233;but viennent s'ajouter depuis quelques ann&#233;es de nombreuses jeunes familles isra&#233;liennes qui, sans doute, cherchent un apaisement &#224; la folie de l'endroit du monde o&#249; elles sont n&#233;es et o&#249; elles ne veulent plus vivre. On les comprend ! Dans cette petite bande de terre du sud-ouest de la p&#233;ninsule ib&#233;rique, se croisent aujourd'hui diff&#233;rentes mis&#232;res du monde capitaliste globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une &#171; r&#233;v&#233;lation &#187; &#224; mettre sur le compte du Covid-19 : la d&#233;couverte de la condition terrible dans laquelle travaillent et vivent des dizaines de milliers d'immigr&#233;s asiatiques dans la soci&#233;t&#233; portugaise. Le nombre important des contaminations parmi ces travailleurs exploit&#233;s, d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs documents et de leurs droits, a fini par menacer les r&#233;gions o&#249; ils vivent. Une contradiction de plus au sein de la classe capitaliste : le choc entre les int&#233;r&#234;ts de l'agro-industrie et ceux du tourisme. M&#234;me si la contamination des immigr&#233;s asiatiques est rest&#233;e localis&#233;e, elle est venue s'ajouter &#224; la contamination g&#233;n&#233;rale, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; dans les r&#233;gions touristiques du sud o&#249; l'agro-industrie s'&#233;tend &#8211; le d&#233;veloppement de l'&#233;pid&#233;mie ayant forc&#233; le gouvernement &#224; prendre des mesures de confinement qui ont touch&#233; durement l'industrie touristique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les immigrants asiatiques, par leurs salaires encore plus bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De fait, ce n'est pas une v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation, car la situation de cette immigration surexploit&#233;e &#233;tait connue depuis le d&#233;but par tous ceux qui voulaient la conna&#238;tre. L'excellent journal de contre-information &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; en parlait depuis au moins six ans&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire en particulier l'article &#171; Os olhares de Catarina &#187;, Mapa n&#176; 23 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mais le d&#233;ni et le silence servaient des int&#233;r&#234;ts capitalistes importants et le gouvernement socialiste portugais venait d'ailleurs, en 2018, d'autoriser l'&#233;largissement de la zone d'implantation des serres sur la c&#244;te ouest de l'Alentejo, avec une augmentation cons&#233;quente de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e. L'&#233;pid&#233;mie a d&#233;clench&#233; un cort&#232;ge de j&#233;r&#233;miades et de larmes de crocodile, des cris d'indignation hypocrite. Les m&#233;dias se sont pench&#233;s sur le sujet pendant des semaines, on a convoqu&#233; des &#171; sp&#233;cialistes &#187; de toute sorte : &#233;conomistes, sociologues, ethnologues, etc. &#192; telle enseigne que le citoyen lambda finit par &#234;tre d&#233;gout&#233; de cet exercice de masochisme des &#233;lites &#8211; exercice charg&#233; d'hypocrisie, car, au-del&#224; des constatations r&#233;p&#233;t&#233;es, des t&#233;moignages, des descriptions glauques, il faut bien constater qu'il y a un terrain qui n'est jamais abord&#233; : celui des responsabilit&#233;s en amont. Avant, &#171; personne n'&#233;tait au courant &#187;, nous dit-on ; aujourd'hui, &#171; personne n'est cens&#233; l'ignorer &#187;, mais, dans le concret, rien ne change. Encore un principe de fonctionnement d&#233;mocratique. On apprend tout de m&#234;me que c'est toute l'agro-industrie, du porto aux fruits rouges des multinationales Driscoll's et cie, qui a recours &#224; cette main d'&#339;uvre exploit&#233;e dans des conditions quasi esclavagistes, du nord au sud du pays. Le cas portugais ne diff&#232;re en rien de la tendance &#224; l'&#339;uvre partout en Europe. Particulier ici est le fait que cette restructuration du march&#233; du travail s'applique dans un des pays les plus pauvres d'Europe, avec les salaires parmi les plus bas. Un pays qui continue &#224; exporter de la main d'&#339;uvre partout ailleurs, du personnel de sant&#233; et des services en Grande-Bretagne, des travailleurs du b&#226;timent et de l'agriculture (tiens, tiens !) en Suisse et en France, des p&#234;cheurs en Allemagne du nord et en Norv&#232;ge. Les immigrants asiatiques, par leurs salaires encore plus bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;II.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;cent rapport de la Commission europ&#233;enne, qui n'est pas &#224; proprement parler une institution au-dessus de tout soup&#231;on, consid&#232;re le Portugal comme l'un des pays les plus gangr&#233;n&#233;s par la corruption en Europe. D'apr&#232;s l'&#233;tude, la population portugaise estime que la corruption est g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans le pays et qu'elle affecte sa vie quotidienne. Sentiment qui serait deux fois plus fort au Portugal que la moyenne europ&#233;enne&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Um pa&#237;s corrupto &#187;, Publico (16/04/2021).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les affaires de corruption s'&#233;talent jour apr&#232;s jour dans les m&#233;dias, m&#234;lant le syst&#232;me bancaire, les hommes politiques, les puissances du foot, les agences immobili&#232;res, sp&#233;culatives et mafieuses. Pour ceux qui croient en la vieille rengaine de la s&#233;paration des pouvoirs, pilier de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, le rapport d&#233;nonce aussi le fait qu'au Portugal, seule une petite minorit&#233; des proc&#232;s pour corruption (autour de 10 %) sont men&#233;s jusqu'&#224; leur terme. L'appareil judiciaire est aussi compromis dans ce processus et subit le discr&#233;dit g&#233;n&#233;ralis&#233; des institutions. L'&#233;tat des &#233;lites, de la classe politique dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233; &#8211; avec quelques rares et honorables exceptions &#8211; prouve que le champ du politique est plus qu'en crise : il est d&#233;cadent et irr&#233;cup&#233;rable. La machine du Parti socialiste portugais, accroch&#233;e telle une sangsue au pouvoir central et surtout local, verrouille d'une main de fer cette &#233;volution d&#233;cadente, en distillant peurs et chantages. Pour reprendre la formule d'un ami qui se d&#233;bat localement pour &#233;veiller les esprits, c'est comme le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me Poutine, mais men&#233; avec le sourire b&#233;at du Premier ministre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se met &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ce qui a bien pu se passer dans cette soci&#233;t&#233; depuis cinquante ans, depuis que la chute de l'ancien r&#233;gime autoritaire de nature fasciste a c&#233;d&#233; la place &#224; une d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Le Portugal est devenu aujourd'hui en Europe une vitrine &#233;clair&#233;e de la fausset&#233; de cette d&#233;mocratie, un exemple concret de sa nature. Un cas exemplaire de l'&#233;volution de ce syst&#232;me, qui cherche &#224; masquer par un discours mensonger l'in&#233;galit&#233; et l'injustice croissante du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;g&#226;t collat&#233;ral de la corruption des &#233;lites politiques et &#233;conomiques qui gangr&#232;ne toute la soci&#233;t&#233; portugaise, le discours anticorruption constitue d&#233;sormais un des socles de la nouvelle extr&#234;me droite en plein essor. Mais celles et ceux qui colportent ce discours adoptent ces m&#234;mes comportements. La d&#233;cadence s'&#233;tend du haut vers le bas, contamine aussi de larges pans du peuple qui, par exemple, participent directement et retirent de maigres b&#233;n&#233;fices de cette restructuration du march&#233; du travail, louant des taudis aux travailleurs asiatiques, exploitant leurs faiblesses et leurs fragilit&#233;s &#8211; autre signal de la d&#233;composition des solidarit&#233;s de classe, du sens du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus est particuli&#232;rement criant dans les r&#233;gions du sud, lieux o&#249; des traditions de luttes radicales ont marqu&#233; les g&#233;n&#233;rations, et o&#249; sont aujourd'hui exploit&#233;s les nouveaux immigr&#233;s. Il y a, bien entendu, et il ne faut surtout pas l'oublier, des attitudes minoritaires de solidarit&#233; et d'entraide parmi quelques noyaux de jeunes, liant les immigr&#233;s et la population ancienne. Ces noyaux voient dans la situation actuelle une richesse, une &#233;nergie et une vitalit&#233; n&#233;cessaires &#224; faire survivre une soci&#233;t&#233; vieillissante. Mais le mouvement du capitalisme moderne efface le pass&#233; de r&#233;volte. &#171; &lt;i&gt;Si 150 ans de batailles pour la propri&#233;t&#233; collective de la terre et pour la dignit&#233; du travail rural ont conduit [&#8230;] &#224; la r&#233;forme agraire de 1976, son d&#233;mant&#232;lement accompagn&#233; par la globalisation n&#233;olib&#233;rale a permis au capitalisme le plus obsc&#232;ne de retourner dans les champs du sud&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Agrocapitalismo de estufa &#187;, Publico (11/05/2021).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Les d&#233;faites de classe sont toujours ch&#232;rement pay&#233;es. Et les paroles des chansons de Jos&#233; Afonso, devenues le symbole du mouvement r&#233;volutionnaire du 25 avril 1974, ont aujourd'hui un go&#251;t amer, et cherchent &#224; prendre une forme concr&#232;te dans des forces nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, c'est l'av&#232;nement d'un autre monde, celui du capitalisme victorieux et en d&#233;clin. En Alentejo comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;III.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Madame a trouv&#233; un bon plan : une entr&#233;e avec sortie. La flamboyante bourgeoise br&#233;silienne, mari&#233;e &#224; un grand bourgeois fran&#231;ais avec nom &#224; particule, vit d&#233;sormais &#224; Lisbonne dans un beau palace avec leurs deux filles et le chien ; l'heureux toutou s'appelle &#171; Bonaparte &#187; ! C'est aussi bien que l'avenue Henri-Martin et beaucoup moins cher. Encore une autre immigration. On croise (de loin) aujourd'hui au Portugal, outre les retrait&#233;s s&#233;duits par le soleil bon march&#233; et la quasi-absence d'imp&#244;ts, des riches, des tr&#232;s riches, des gangsters modernes (pl&#233;onasme ?!), des notables, des joueurs de foot, des artistes et des &#233;crivains de renom et au prix Goncourt encore frais. C'est dire que le monde m&#233;diocre, arrogant et m&#233;prisant de Madame et de Bonaparte fait main basse sur les riches demeures restaur&#233;es de la vieille Lisbonne et du vieux Porto, pendant qu'on pousse vers les p&#233;riph&#233;ries, gueux, mis&#233;reux, pauvres et &#233;clop&#233;s qui font d&#233;sordre dans le paysage recherch&#233; par Madame et ses semblables. Le capitalisme &#233;tant un syst&#232;me aux &#233;volutions improbables et inattendues, la pand&#233;mie, le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;travail pour des milliers de cadres branch&#233;s et d&#233;branch&#233;s, a relanc&#233; l'immobilier qui, malgr&#233; l'&#233;pid&#233;mie, se porte mieux que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Depuis la chute du pr&#233;c&#233;dent r&#233;gime autoritaire et l'av&#232;nement du r&#233;gime d&#233;mocratique parlementaire, la productivit&#233; par travailleur a &#233;t&#233; multipli&#233;e par cinq alors que le salaire r&#233;el continue de baisser, que les in&#233;galit&#233;s sociales ne cessent de se creuser.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#199;a flambe aussi dans le secteur sp&#233;culatif du luxe. Les ventes de Porsche &#224; 230 000 euros explosent, le niveau de ventes le plus &#233;lev&#233; depuis toujours dans le petit pays se retrouve aussi dans les bijoux et les v&#234;tements de marques, dans les cosm&#233;tiques, le commerce &#233;lectronique ; tout va pour le mieux dans un des pays les plus pauvres d'Europe. Normal, nous le savons, la tendance est g&#233;n&#233;rale : plus il y a de pauvres et plus les riches sont riches. C'est le &#171; d&#233;veloppement &#187; ou la &#171; reprise &#187;, expliquent certains &#233;conomistes. Seulement, ici aussi, les contrastes sont vertigineux. Alors que de larges secteurs de la population, y compris des petites classes moyennes employ&#233;es dans l'enseignement, la sant&#233;, les services, ne trouvent pas &#224; se loger, tout ce beau monde se partage en coupes r&#233;gl&#233;es des immeubles et des palais d&#233;labr&#233;s bient&#244;t r&#233;nov&#233;s. Madame et son Bonaparte d&#233;pensent dans le &#171; take-away &#187; quotidien de chefs &#233;toil&#233;s autant que ce que touche par mois un immigr&#233; vietnamien ou n&#233;palais travaillant dix heures par jour dans les serres de fruits rouges empoisonn&#233;s de la c&#244;te alentejana. Enfin, &#171; take-away &#187;, c'est une expression r&#233;fut&#233;e par ce beau monde : &#171; &lt;i&gt;Nous ne vendons pas de la nourriture, nous vendons une exp&#233;rience de socialisation&lt;/i&gt; &#187;, explique un comique patron d'une de ces start-up de cuisine chic &#224; succ&#232;s&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Luxo, o virus n&#227;o passa por aqui &#187;, Expresso (28/05/2021).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;tat des lieux qui enrage. Qui est aussi un rappel du fait que nous ne devons pas prendre pour le r&#233;el ce qui n'est que l'apparence, la surface des choses, et non l'essence de son mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle d'un des pays les plus pauvres d'Europe, on se r&#233;f&#232;re bien &#233;videmment au pays des pauvres, laissant de c&#244;t&#233; le pays des riches. Une voix avertie soulignait r&#233;cemment des aspects significatifs de cette in&#233;galit&#233; sociale criante et violente qui, au Portugal comme partout ailleurs, ne cesse d'augmenter&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Somos um pa&#237;s pobre ? &#187;, Publico (22/05/2021).&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Depuis deux d&#233;cennies, le nombre de travailleurs qui per&#231;oivent le salaire minimum (environ 740 euros brut par mois contre 1 050 euros en Espagne) a &#233;t&#233; multipli&#233; par trois alors que le taux d'imposition d'un travailleur portugais est de 27,4 % au-dessus de la moyenne europ&#233;enne. Ceci, alors que la part sociale du salaire, re&#231;ue sous la forme de services publics, diminue continuellement. L'effondrement des services publics de sant&#233; lors de l'&#233;pid&#233;mie de Covid &#8211; effondrement dont les pires cons&#233;quences sont encore &#224; venir au vu de la d&#233;programmation des interventions chirurgicales, du report des rendez-vous m&#233;dicaux et de l'interruption des traitements &#8211; est l'exemple le plus r&#233;cent et le plus tragique de cette tendance. Dans son bref et r&#233;cent parcours de construction d&#233;mocratique, le Portugal se pose comme un cas exemplaire de plus dans la nature in&#233;galitaire de l'&#233;galit&#233; formelle. Depuis la chute du pr&#233;c&#233;dent r&#233;gime autoritaire et l'av&#232;nement du r&#233;gime d&#233;mocratique parlementaire, la productivit&#233; par travailleur a &#233;t&#233; multipli&#233;e par cinq alors que le salaire r&#233;el continue de baisser, que les in&#233;galit&#233;s sociales ne cessent de se creuser. Les esprits critiques ne manqueront pas de conclure que ce passage entre deux syst&#232;mes de pouvoir a surtout profit&#233; &#224; ceux qui ont gard&#233; le pouvoir, c'est-&#224;-dire &#224; la classe capitaliste. Certes, tout cela, on peut le dire et l'&#233;crire aujourd'hui, alors que toute remarque semblable &#233;tait autrefois passable de poursuites, voire d'emprisonnement. Une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique se caract&#233;rise-t-elle simplement par le &#171; droit &#187; &#224; reconna&#238;tre ouvertement que l'in&#233;galit&#233; sociale est immuable ? C'est avoir bien peu d'exigences, il faut le reconna&#238;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[&#192; suivre&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Reeve *&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* Charles Reeve, pseudonyme de Jorge Valadas, a &#233;crit plusieurs ouvrages sur la soci&#233;t&#233; portugaise, dont &lt;i&gt;La M&#233;moire et le Feu - Portugal, l'envers du d&#233;cor de l'Euroland&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions L'Insomniaque en 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire en particulier l'article &lt;a href=&#034;https://www.jornalmapa.pt/2020/01/20/os-olhares-de-catarina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Os olhares de Catarina &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; n&#176; 23 (avril-juin 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/04/16/opiniao/noticia/pais-corrupto-socrates-ivo-rosa-1958761&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Um pa&#237;s corrupto &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Publico&lt;/i&gt; (16/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/05/11/opiniao/opiniao/agrocapitalismo-estufa-1961983&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Agrocapitalismo de estufa &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Publico &lt;/i&gt;(11/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://expresso.pt/sociedade/lifestyle/2021-05-29-Luxo.-O-virus-nao-passa-por-aqui-fa473405&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Luxo, o virus n&#227;o passa por aqui &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Expresso&lt;/i&gt; (28/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/05/22/opiniao/opiniao/pais-pobre-resposta-jose-miguel-judice-susana-peralta-1963480&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Somos um pa&#237;s pobre ? &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Publico &lt;/i&gt;(22/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Personne-n-est-dupe-de-l</link>
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		<dc:date>2020-04-03T20:52:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>&#233;conomies budg&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus. &#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/patients" rel="tag"&gt;patients&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/soignants" rel="tag"&gt;soignants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/disaient-comprendre" rel="tag"&gt;disaient comprendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aujourd-hui" rel="tag"&gt;Aujourd'hui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/economies-budgetaires" rel="tag"&gt;&#233;conomies budg&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) sur la n&#233;cessit&#233; des &#233;conomies budg&#233;taires ne veulent plus repartir comme avant. Sur le plan sanitaire, tout &#233;volue trop vite et aucun d&#233;compte pr&#233;cis n'est disponible. Seuls quelques m&#233;decins qui assurent un suivi au plus pr&#232;s en savent peut-&#234;tre davantage, mais il n'y a aucune remont&#233;e en temps r&#233;el. Je peux quand m&#234;me dire qu'&#224; Marseille, on a la chance d'&#234;tre en d&#233;cal&#233; par rapport &#224; l'&#339;il du cyclone qui est en train de frapper Paris et l'&#206;le-de-France. On s'attend n&#233;anmoins &#224; une grosse pression dans le courant de la semaine prochaine avec aucune id&#233;e de l'ampleur que &#231;a prendra. Tout le monde esp&#232;re que Marseille sera relativement pr&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1503.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1503-9d001.jpg?1782688527' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et contrairement &#224; ce qui s'est produit &#224; Mulhouse et dans le Grand Est, on a pu anticiper, s'organiser, se pr&#233;parer. Deux b&#226;timents ont &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;s aux patients touch&#233;s par le Covid-19 : 300 lits en plus des places en r&#233;animation sont pr&#233;vus pour les cas les plus graves. Les services y sont correctement &#233;quip&#233;s et le personnel d&#233;pist&#233;, dot&#233; de masques et de gants en nombre suffisant. Tout a &#233;t&#233; fait pour que ces b&#226;timents soient plac&#233;s en proc&#233;dure &#233;tanche par rapport aux autres parties o&#249; ont &#233;t&#233; regroup&#233;s les malades non atteints par le Covid-19, mais pour certains dans un &#233;tat d&#233;j&#224; tr&#232;s fragile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Panique &#224; bord !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien &#224; voir avec ce qu'on a pu observer du c&#244;t&#233; de l'administration. L&#224; c'est l'impr&#233;paration la plus scandaleuse qui r&#232;gne depuis deux semaines. En complet d&#233;calage avec leur discours de communication externe, c'est la panique &#224; bord ! Elle nous a abreuv&#233;s au quotidien d'un d&#233;luge d'informations, de notes, de mails tous plus contradictoires les uns que les autres. Comme s'ils avaient voulu ajouter encore plus de stress alors que les soignants vivent d&#233;j&#224; dans la crainte de contracter le virus et de le transmettre aux coll&#232;gues ou aux patients ! Il y a aussi beaucoup de col&#232;re face au manque de mat&#233;riel comme partout en France. Par exemple, les masques ont une date de p&#233;remption variable en fonction de l'&#233;tat des stocks. Un matin, ils doivent durer huit ou dix heures. Le lendemain, apr&#232;s une providentielle livraison, il ne faut plus les utiliser que pendant deux ou trois heures maxi. Le d&#233;pistage est pratiqu&#233; avec parcimonie et le risque est grand d'une contamination transmise par les soignants aux patients des unit&#233;s conventionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comp&#233;tence et motivation ne sont pas en cause, mais les soignants ressentent une intense frustration face au manque de moyens. Face au choix &#224; faire entre ceux qu'on pourra sauver et ceux qu'on devra laisser mourir seulement parce qu'il n'y pas assez de place ou d'&#233;quipements. On n'en veut plus de cette transformation de l'h&#244;pital en usine rentable et tout le monde s'est retrouv&#233; dans la tribune &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2020/03/24/j-ai-la-rage_1782912&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;J'ai la rage&#8221;&lt;/a&gt;. Il y a trois mois de cela, lors d'une r&#233;union entre les gestionnaires de l'AP-HM et les technocrates de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; autour de la d&#233;finition de nouveaux objectifs d'&#233;conomies budg&#233;taires, une phrase m'a particuli&#232;rement frapp&#233; : &#8220;On n'a plus forc&#233;ment besoin de lits pour bien soigner &#224; l'h&#244;pital.&#8221; Traduction : il faut encore davantage tailler dans les effectifs et les capacit&#233;s d'accueil pour d&#233;velopper les soins en ambulatoire, hors de l'h&#244;pital, renvoyer les patients au plus vite chez eux m&#234;me au prix de la maltraitance, de l'animosit&#233; grandissante entre les soignants et les malades ainsi que leurs familles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; On demandera des comptes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et personne n'est dupe de la soudaine sollicitude de l'administration apr&#232;s des ann&#233;es de m&#233;pris. Le soutien actuel ne peut pas nous faire oublier l'&#233;poque o&#249; la moindre critique &#233;tait suivie d'une sanction. Les discours vantant une unit&#233; de fa&#231;ade &#8211; tous unis contre la maladie &#8211; ne peuvent dissimuler qu'en premi&#232;re ligne on trouve les soignants tandis que les cadres gestionnaires continuent leur sale besogne en t&#233;l&#233;travail. Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession : ils peuvent se les garder leurs m&#233;dailles ! Nous voulons des moyens pour travailler et des salaires d&#233;cents pour tous et toutes ! M&#234;me sentiment m&#233;lang&#233; par rapport aux applaudissements tous les soirs &#224; 20 heures. C'est un soutien appr&#233;ci&#233;, mais on ne s'en contentera pas. On demandera des comptes au gouvernement, massivement, pas seulement les syndicats car pour beaucoup le temps de la r&#233;signation est r&#233;volu. Cela nous fait chaud au c&#339;ur, mais c'est tellement d&#233;risoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;bauche de moyens technologiques &#8211; TGV, avions, h&#233;licopt&#232;res m&#233;dicalis&#233;s parcourant la France pour &#233;vacuer les malades - mise en sc&#232;ne par le gouvernement avec la complicit&#233; des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, elle n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e suppl&#233;mentaire pour minimiser la gravit&#233; de la situation et contre-attaquer face aux critiques de plus en plus fortes sur la gestion calamiteuse de la crise. Ce barnum va concerner une partie infime de malades, vingt personnes par-ci, trente par-l&#224;, alors qu'&#224; Mulhouse il y a d&#233;j&#224; bien longtemps que les &#233;quipes m&#233;dicales sont oblig&#233;s de faire le tri parmi ceux qu'ils pourront sauver. De plus, les &#233;tablissements dans les r&#233;gions moins touch&#233;es par l'&#233;pid&#233;mie doivent aussi se pr&#233;parer au pic. C'est la m&#234;me chose avec le path&#233;tique appel au secours lanc&#233; dans les m&#233;dias par Martin Hirsch. Le m&#234;me patron de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Paris qui appliquait hier consciencieusement les directives gouvernementales de d&#233;mant&#232;lement de l'h&#244;pital public. Pire encore, le recours &#224; la charit&#233;, cagnottes, Fondation de France, etc., est la preuve ultime de l'abandon de la sant&#233; publique en France. Qui peut croire que cela suffira &#224; combler l'&#233;norme manque de moyens ? C'est se donner bonne conscience &#224; peu de frais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Dieu, ni sauveur, ni Raoult ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et notre sauveur supr&#234;me, le professeur Didier Raoult ? La communaut&#233; des soignants &#224; Marseille a pu ressentir un profond respect voire une certaine fiert&#233; par rapport &#224; une personne et ses &#233;quipes &#224; la pointe des recherches mondiales en infectiologie. On lui doit cet Institut hospitalo-universitaire (IHU) qui est un outil de premi&#232;re classe. On ne peut qu'approuver ce qu'il a dit sur l'organisation d'une prise en charge efficace notamment en pratiquant un d&#233;pistage massif. Concernant son traitement, il est difficile pour nous, humbles soldats du soin, de juger sur le fond. C'est plut&#244;t un d&#233;bat entre experts de la question. En revanche, sur la forme, on n'a pas compris son message convoquant &#224; l'IHU la population pour test coronavirus et administration de chloroquine. R&#233;sultat : rassemblement d'une foule de personnes devant le b&#226;timent au risque d'une contamination g&#233;n&#233;rale. Quand on est soignant, on ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur les cons&#233;quences de nos actes. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; M&#234;me le p&#232;re No&#235;l d&#233;teste le capital &#187;</title>
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		<dc:date>2020-01-05T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simone Fum&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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&lt;p&gt;Renouant avec la vieille pratique collective de l'autor&#233;duction, qui consiste &#224; sortir le maximum de marchandises impay&#233;es d'une grande surface (ou du moins bloquer les caisses le temps d'une n&#233;gociation avec le g&#233;rant), une &#233;quipe de Gilets jaunes a tent&#233; d'exfiltrer une trentaine de caddies pour organiser une grande redistribution de No&#235;l. R&#233;cit d'une participante &#224; ce beau bordel au Carrefour de la Pioline, &#224; Aix-en-Provence. &#171; Aujourd'hui, c'est gratuit, lib&#233;rez les caddies ! &#187; Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yves-Pages" rel="tag"&gt;Yves Pag&#232;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jaunes-chantent" rel="tag"&gt;jaunes chantent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Renouant avec la vieille pratique collective de l'autor&#233;duction, qui consiste &#224; sortir le maximum de marchandises impay&#233;es d'une grande surface (ou du moins bloquer les caisses le temps d'une n&#233;gociation avec le g&#233;rant), une &#233;quipe de Gilets jaunes a tent&#233; d'exfiltrer une trentaine de caddies pour organiser une grande redistribution de No&#235;l. R&#233;cit d'une participante &#224; ce beau bordel au Carrefour de la Pioline, &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1407-51f7c.jpg?1782688527' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yves Pag&#232;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, c'est gratuit, lib&#233;rez les caddies ! &#187;&lt;/i&gt; Ce samedi 21 d&#233;cembre, une bonne centaine de Gilets jaunes chantent au milieu du plus grand Carrefour des Bouches-du-Rh&#244;ne, &#224; Aix-en-Provence. Dans la foul&#233;e d'un appel national &#224; rendre No&#235;l gratuit dans toutes les grandes surfaces (et une semaine apr&#232;s une joyeuse tentative de redistribution au Carrefour du Merlan, &#224; Marseille), le rencard est pr&#233;vu &#224; 11 h, au rayon fruits et l&#233;gumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant &#231;a, il faut remplir les caddies. Au milieu du chaos des courses de No&#235;l, on croise dans les rayons les regards amus&#233;s et complices des copains. Les chariots d&#233;bordent vite : des victuailles qu'on ne pourra jamais se payer et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, destin&#233;s &#224; divers collectifs de soutien aux migrants ou aux personnes d&#233;munies.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bonjour, c'est pour une r&#233;quisition !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s aux caisses, on balance des gilets jaunes en l'air, on d&#233;ploie une banderole, on chante &#171; &lt;i&gt;M&#234;me le p&#232;re No&#235;l d&#233;teste le capital &#187;&lt;/i&gt; ou encore &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous des victimes de Carrefour &#187;&lt;/i&gt; sur un air de supporters. Le magasin a beau &#234;tre immense, on par vient &#224; bloquer la plupart des caisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clients comprennent que leurs courses de No&#235;l ne vont pas se passer comme pr&#233;vu, surtout que le directeur a pr&#233;venu : &#171; &lt;i&gt;Je ne n&#233;gocierai pas avec vous. &#187;&lt;/i&gt; En r&#233;ponse, on s'installe sur les tapis roulants, on sort la charcut', les sushis, les Schoko-Bons : puisqu'on est l&#224; pour un petit moment, autant se mettre bien. Des licornes en peluche rev&#234;tues d'un gilet jaune paradent fi&#232;rement &#224; l'avant des caddies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tracte, on discute avec les clients pour expliquer ce qu'on est en train de faire. Selon une source interne au magasin, un samedi pr&#233;c&#233;dant No&#235;l, le Carrefour de la Pioline peut se faire tranquillement 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires dans la journ&#233;e &#8211; sans parler des 750 millions que le groupe a palp&#233;s gr&#226;ce au CICE (Cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi). Un chou&#239;a jaloux, on a donc envie de lui faire perdre un peu d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la caisse, les employ&#233;s sont d'abord un peu paniqu&#233;s, comme cette caissi&#232;re qui craint de perdre sa prime de No&#235;l &#224; cause du manque &#224; gagner. Quelques minutes plus tard, elle ferme sa caisse, s'installe tranquillement sur son si&#232;ge et d&#233;guste des Ferrero Rocher avec le sourire. Un de ses coll&#232;gues se dit plus que content du bordel : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait cens&#233; &#234;tre le pire jour de l'ann&#233;e pour nous, merci d'&#234;tre l&#224;, restez le plus longtemps possible ! &#187;&lt;/i&gt; un vigile confie m&#234;me qu'il nous laisserait bien sortir avec les caddies, mais que &#231;a n'est pas possible : &#171; &lt;i&gt;Si on vous laisse faire, &#231;a risque de se passer partout en France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et si on allait bloquer le rond-point ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La bonne humeur ne dure malheureusement pas. Tr&#232;s vite, la tension monte et les &#233;changes se tendent. Les clients sont peu solidaires et certains employ&#233;s et vigiles tentent de nous arracher des caddies. Au bout d'une demi-heure, les flics se radinent, l&#233;g&#232;rement paum&#233;s dans ce dawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on abdique apr&#232;s une heure et demie de blocage. Quelques copains avaient peur de se faire cueillir &#224; la sortie par les flics et des clients devenaient violents &#8211; les courses de No&#235;l, &#231;a les rend dingues. On abandonne tristement nos caddies, tout en criant &#224; la foule &#171; &lt;i&gt;On vous fait un cadeau, vous &#234;tes pas rigolos &#187;&lt;/i&gt;, puis un plus &#233;nerv&#233; &#171; &lt;i&gt;Travaille, consomme et ferme ta gueule &#187;&lt;/i&gt;. Une fois dehors, un pote lance : &#171; &lt;i&gt;Et si on allait bloquer le rond-point qui am&#232;ne au Carrouf ? &#187;&lt;/i&gt; Finalement, une bonne partie de la bande se retrouve sur le Vieux-Port de Marseille pour la manif des Gilets jaunes &#8211; &lt;i&gt;dresscode &lt;/i&gt;p&#232;re No&#235;l. On apprend que le Carrefour de Vitrolles a ferm&#233; quelques instants apr&#232;s notre d&#233;part d'Aix-en-Provence, par crainte de nous voir d&#233;barquer. Carrefour et ses copains sont pr&#233;venus : &#171; &lt;i&gt;On reviendra. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Simone Fum&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le rap, c'&#233;tait pas mieux avant</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-rap-c-etait-pas-mieux-avant</link>
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		<dc:date>2019-07-12T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, Mathieu Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Arthur Plateau</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>discours</dc:subject>
		<dc:subject>Aujourd'hui</dc:subject>
		<dc:subject>sens</dc:subject>
		<dc:subject>rap</dc:subject>
		<dc:subject>rappeurs</dc:subject>
		<dc:subject>discours politique</dc:subject>
		<dc:subject>succ&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>parfois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le magasine en ligne L'Abcdr du son, v&#233;ritable bible du monde du rap, avec ses entretiens, ses playlists, ses chroniques et ses &#233;missions radios est un t&#233;moin majeur des &#233;volutions de la sc&#232;ne rap depuis plus de vingt ans. Entretien avec l'un de ses r&#233;dacteurs. Que pensez-vous de l'apparente d&#233;politisation des rappeurs mainstream par rapport aux succ&#232;s pass&#233;s de groupes qui se positionnaient davantage politiquement ? &#171; Avant de parler &#8220;d'apparente d&#233;politisation&#8221;, il faudrait d&#233;j&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Arthur-Plateau" rel="tag"&gt;Arthur Plateau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aujourd-hui" rel="tag"&gt;Aujourd'hui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sens" rel="tag"&gt;sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rap" rel="tag"&gt;rap&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rappeurs" rel="tag"&gt;rappeurs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/succes" rel="tag"&gt;succ&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/parfois" rel="tag"&gt;parfois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le magasine en ligne &lt;a href=&#034;http://www.abcdrduson.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Abcdr du son&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, v&#233;ritable bible du monde du rap, avec ses entretiens, ses playlists, ses chroniques et ses &#233;missions radios est un t&#233;moin majeur des &#233;volutions de la sc&#232;ne rap depuis plus de vingt ans. Entretien avec l'un de ses r&#233;dacteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L410xH400/-1218-1ec51.jpg?1782647962' width='410' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Arthur Plateau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de l'apparente d&#233;politisation des rappeurs mainstream par rapport aux succ&#232;s pass&#233;s de groupes qui se positionnaient davantage politiquement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant de parler &#8220;d'apparente d&#233;politisation&#8221;, il faudrait d&#233;j&#224; r&#233;pondre &#224; cette question : &#8220;Qu'est-ce qui est politique ?&#8221; Et l&#224; on s'aventure plut&#244;t vers la philosophie. Certains pensent que tout est politique, y compris simplement t&#233;moigner publiquement d'une r&#233;alit&#233;. D'autres pensent que la prise de parole politique doit respecter certaines th&#233;matiques, certains codes et surtout toujours servir une finalit&#233;, une action, voire une conqu&#234;te, qu'il faut d&#233;passer la description et le t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique est souvent le reflet d'une &#233;poque et le rap n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. L'action politique aujourd'hui, qu'elle soit port&#233;e au pouvoir ou alternative, s'&#233;chappe de plus en plus des partis, des structures politiques et des corps interm&#233;diaires. C'est une &#233;volution de la sph&#232;re politique au XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, et le rap &#233;tant tout sauf d&#233;connect&#233; de la soci&#233;t&#233;, il est &#224; mettre en parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, appeler au vote ou &#224; l'antiracisme universaliste &#233;tait la norme chez les rappeurs des ann&#233;es 1990. Leur discours sonnait &#8220;conscient&#8221;, adjectif qui en est finalement venu &#224; caract&#233;riser tout un pan de la sc&#232;ne rap hexagonale. Les codes &#233;taient ceux d'une lutte politique contre la mont&#233;e du Front national mais aussi contre les lois Debr&#233; ou Pasqua &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lois anti-immigration vot&#233;es entre 1986 et 1997.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Si on veut sch&#233;matiser, aujourd'hui encore plus qu'hier, le rap est abstentionniste, dans le sens o&#249; il ne croit plus &#224; la politique &#8220;structurelle&#8221;. La d&#233;sillusion s'est accentu&#233;e ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. Les personnes qui prennent la parole &#224; travers le rap ne comptent plus que sur elles-m&#234;mes et leur entourage. Mais est-ce qu'&#234;tre abstentionniste et d&#233;sabus&#233; tout en &#233;tant proche des siens revient &#224; &#234;tre d&#233;politis&#233; ? S&#251;rement pas. Est-ce que chanter une r&#233;alit&#233; froide, clinique, en voulant parfois faire danser les gens, emp&#234;che de lire un constat social entre les lignes, sous pr&#233;texte que les a&#238;n&#233;s ont eu des mots et des th&#232;mes tr&#232;s formalis&#233;s, parfois digne de la culture &#8220;tract&#8221; de la politique fa&#231;on ann&#233;es 1980 et 1990 ? Je ne crois pas. C'est simplement &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; : se recentrer autour des siens et contourner les barri&#232;res de plus en plus nombreuses en refusant les chemins &#233;tablis, en renvoyant la d&#233;sillusion sociale et politique dans la figure de ceux qui tiennent de grands discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a aussi toute une sc&#232;ne ind&#233;pendante, et pas forc&#233;ment &#226;g&#233;e, qui est tout autant la parole des sans-voix que les rappeurs &lt;i&gt;mainstream &lt;/i&gt;d'aujourd'hui. Voil&#224; pourquoi je suis g&#234;n&#233; par cette question : parce qu'elle semble partir du postulat que pour &#234;tre politique en 2019, il faudrait r&#233;p&#233;ter les codes du discours politique de 1997. On n'est plus en 1997, le monde a chang&#233; et la fa&#231;on d'exprimer sa politisation a chang&#233; avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un petit rappel historique : n'id&#233;alisez pas trop le rap d'il y a vingt ou trente ans. Qu'est-ce qui &#233;tait &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; en 1995 ou 1998 ? Les v&#233;ritables hits des deux derniers albums de NTM sont respectivement &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/kp1QxuX1nPI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Fi&#232;vre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/0sqNqbfCGIo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ma Benz&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui ne parlent pas de grand-chose. Le titre &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/0N1kpukwybg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Voix du Mellow&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Mellowman &#233;tait tabass&#233; &#224; la radio pour faire danser. Le seul tube d'IAM, au sens multi-diffus&#233;, est &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/7ceNf9qJjgc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Je danse le MIA&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, le seul succ&#232;s public de Fabe est &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/6TTmVnm-HJ4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#199;a fait partie de mon pass&#233;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Certes, ces morceaux ne parlent pas de&lt;i&gt; success stories&lt;/i&gt;, mais il ne faut pas faire croire que le rap qui a un jour march&#233; de fa&#231;on massive &#233;tait politis&#233;. M&#234;me si Fabe, NTM ou IAM ont d&#233;fendu une v&#233;ritable conscience politique dans leur &#339;uvre, il n'a jamais &#233;t&#233; question d'avoir un rap politis&#233;, revendicatif et vindicatif qui soit diffus&#233; par les m&#233;dias de masse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a pourtant l'impression que le culte de sa propre &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; s'inscrit en plein dans une certaine vanit&#233; de l'&#233;poque et acte des impasses politiques profondes li&#233;es &#224; l'abandon des quartiers...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ego trip &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exercice de style o&#249; le rappeur d&#233;clame ses propres louanges.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a toujours fait partie de cette musique. C'est juste sa forme qui a chang&#233;, et avec elle son objectif. De l'&#233;mulation entre rappeurs, on est pass&#233; en partie &#224; une comp&#233;tition contre la soci&#233;t&#233;, une envie de revanche sociale, &#224; mon sens bien l&#233;gitime. Pour beaucoup de gens, on na&#238;t dans une classe sociale et on y reste assign&#233; &#224; vie. D&#233;construire cela &#224; travers son propre succ&#232;s me semble tout &#224; fait normal, m&#234;me si esth&#233;tiquement, &#231;a manque parfois un peu d'exigence. Apr&#232;s, ce qui peut sembler vain est ce d&#233;sir d'argent, de mat&#233;rialit&#233;, peut-&#234;tre plus pr&#233;sent aujourd'hui qu'il y a quinze ans ou vingt-cinq ans. Mais on ne peut pas d&#233;cr&#233;ter qu'&#234;tre politique revient &#224; &#234;tre altermondialiste et faire du rap &#224; la Keny Arkana, aussi appr&#233;ciable soit-il. Enfin, les rappeurs ne sont pas tous dupes quant au succ&#232;s. Aujourd'hui, la plupart de ceux qui ont connu la gloire ces derni&#232;res ann&#233;es en rappent aussi les mauvais c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je regrette la perte de la culture du &lt;i&gt;freestyle &lt;/i&gt;et de la joute verbale, il faut reconna&#238;tre aux rappeurs la facult&#233; &#224; en dire plus en quelques mots que certains longs tracts politiques ou discours militants. On est aujourd'hui simplement dans quelque chose de plus &#8220;sensible&#8221;, au sens de l'&#233;motion directe, du regard froid et clinique sur certaines r&#233;alit&#233;s, un peu comme une photo sans commentaire. Tr&#232;s peu de rappeurs ressentent aujourd'hui le besoin de th&#233;oriser formellement leur discours politique. &#192; leur sens, leur r&#233;alit&#233; en dit d&#233;j&#224; assez. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tandis que sur les plateaux t&#233;l&#233; on continue &#224; globalement m&#233;priser les rappeurs, leur musique s'impose comme le courant musical le plus actif, rentable et novateur aujourd'hui en France...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une culture qui appartient &#224; ceux qui la vivent et la font vivre, pas &#224; des gens qui la commentent juste parce qu'elle marche et qui y voient en plus un moyen d'illustrer des th&#233;ories souvent naus&#233;abondes. Beaucoup de confr&#232;res ont refus&#233; les invitations m&#233;dias lors de la bagarre entre Kaaris et Booba &#224; Orly et, &#224; mon sens, c'est une r&#233;action tr&#232;s saine. Le rap, d'o&#249; qu'il vienne, n'a jamais attendu personne pour exister et produire, ni institution, ni radio, ni plateau t&#233;l&#233;. Il en a profit&#233; &#224; certains moments et tant mieux pour lui. Il les a subis plus souvent et c'est malheureux. Mais le &lt;i&gt;by us and for us&lt;/i&gt; ainsi que le&lt;i&gt; do it yourself&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement &#171; Par nous et pour nous &#187; et &#171; Fais le toi-m&#234;me &#187;.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; restent totalement dans son ADN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, les gens qui ont grandi avec le rap arrivent dans la population active. Pour eux, c'est un genre musical comme un autre. Le jour o&#249; la t&#233;l&#233;vision apprendra &#224; ne plus inviter les quinze m&#234;me analystes sur tous les plateaux, qu'elle int&#233;grera dans ses r&#233;dactions des gens qui ont grandi sans fantasmes autour de ce genre musical, ce sera un grand pas. Aujourd'hui, le rap attire car il est extr&#234;mement visible et que des rappeurs cassant les codes propres aux genres suscitent la curiosit&#233;, souvent malsaine ou d&#233;plac&#233;e quand il s'agit de la t&#233;l&#233;vision ou de m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes. Cette musique fait encore partie des &#233;pouvantails dans une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise qui a des comptes &#224; r&#233;gler avec elle-m&#234;me. Et encore, je n'&#233;voque m&#234;me pas son exotisation. Mais le jour o&#249; des rappeurs seront interrog&#233;s sur leur musique avant d'&#234;tre interrog&#233;s sur les fantasmes sociaux qu'ils sont suppos&#233;s incarner, on aura avanc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il des r&#233;seaux ind&#233;pendants et autres productions moins visibles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les ind&#233;pendants savent se rencontrer entre eux, &#233;changer, monter des choses, m&#234;me si c'est parfois un peu rock'n'roll et artisanal. Ils n'en vivent pas dans leur immense majorit&#233;. C'est un public de niche, une sc&#232;ne vivante et plurielle avec de l'audace et de l'innovation. Il y a de super initiatives, notamment &lt;i&gt;live&lt;/i&gt;, comme le Scred Festival ou Le Demi Festival, qui connaissent un r&#233;el succ&#232;s. Quant &#224; la politisation, elle est parfois plus formelle que chez les t&#234;tes d'affiches actuelles, mais il y a aussi tout un pan de ce rap ind&#233;pendant qui fait des chansons pour se sentir bien ou simplement raconter des gal&#232;res ou des fa&#231;ons de faire la f&#234;te. Je retiens de ces productions moins visibles une v&#233;ritable envie de rester fid&#232;le &#224; des lignes de conduite, m&#234;me si pour certains, le peu d'&#233;cho est parfois tr&#232;s d&#233;courageant. Enfin, on assiste aussi &#224; des succ&#232;s ind&#233;pendants d'une ampleur &#233;norme. Jul ou PNL le sont, sans major, sans label. Que &#231;a plaise ou non, c'est une r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par C&#233;cile et Mathieu Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lois anti-immigration vot&#233;es entre 1986 et 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Exercice de style o&#249; le rappeur d&#233;clame ses propres louanges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement &#171; Par nous et pour nous &#187; et &#171; Fais le toi-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le kaki au presse-pur&#233;e</title>
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		<dc:date>2018-12-19T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Cyop &amp; Kaf</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est un petit bouquin qui p&#232;se pas lourd mais en envoie. Tristan L&#233;oni est l'auteur de Manu militari ? &#8211; Radiographie critique de l'arm&#233;e . Il se demande entre autres pourquoi la Grande Muette a disparu des &#233;crans radars de la critique sociale. &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse. *** Qu'est-ce qui t'a amen&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; l'arm&#233;e ? &#171; Tout d'abord, je ne suis pas issu d'une famille d'officiers, si &#231;a peut en rassurer certains. Depuis gamin, la question militaire m'int&#233;resse. J'ai toujours lu des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no169-octobre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;169 (octobre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cyop-Kaf" rel="tag"&gt;Cyop &amp; Kaf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/francaise" rel="tag"&gt;fran&#231;aise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un petit bouquin qui p&#232;se pas lourd mais en envoie. Tristan L&#233;oni est l'auteur de&lt;i&gt; Manu militari ? &#8211; Radiographie critique de l'arm&#233;e &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Le Monde &#224; l'envers, 2018.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il se demande entre autres pourquoi la Grande Muette a disparu des &#233;crans radars de la critique sociale. &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH259/-962-d1837.jpg?1782688527' width='500' height='259' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui t'a amen&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; l'arm&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout d'abord, je ne suis pas issu d'une famille d'officiers, si &#231;a peut en rassurer certains. Depuis gamin, la question militaire m'int&#233;resse. J'ai toujours lu des bouquins sur le sujet, notamment ces affreuses revues militaires qu'on trouve en kiosque. Avec le temps, j'ai acquis une certaine familiarit&#233; avec la question... Mais pas pour autant de sympathie, puisque adulte je ne me suis pas engag&#233; dans l'arm&#233;e mais dans l'anarchisme ! Donc forc&#233;ment dans l'antimilitarisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant les motivations de ton bouquin, tu fais le constat d'un d&#233;sint&#233;r&#234;t et d'une profonde m&#233;connaissance de l'arm&#233;e au sein des &#171; milieux radicaux &#187;. Comment expliques-tu cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis la fin de la conscription, l'arm&#233;e ne fait plus partie de notre quotidien. J'ai grandi dans une ville de province o&#249; &#233;tait casern&#233; en plein centre un r&#233;giment d'infanterie d'un millier d'hommes avec plusieurs parcs d'&#233;quipement en p&#233;riph&#233;rie, ainsi qu'un bureau de recrutement. Aujourd'hui, tout a disparu. Quand j'&#233;tais gamin, au commencement des ann&#233;es 1980, on croisait des uniformes partout. Si tu prenais le train, il n'&#233;tait pas rare de voyager avec des militaires, et m&#234;me les auto-stoppeurs &#233;taient fr&#233;quemment des bidasses. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1990, des centaines de milliers de jeunes hommes &#233;taient oblig&#233;s de passer un an dans une caserne en treillis et avec un fusil. Les militants d'extr&#234;me gauche ou les anarchistes essayaient, comme beaucoup d'autres, de se faire r&#233;former. Certains devenaient objecteurs de conscience ou insoumis ; les plus malchanceux partaient sous les drapeaux. Si tu parvenais &#224; &#233;viter la conscription, c'&#233;taient tes copains de lyc&#233;e ou ton fr&#232;re qui te racontaient le quotidien du troufion. La critique de l'arm&#233;e, du moins chez les anars, faisait partie du militantisme de base et les antimilitaristes avaient de fait une certaine connaissance du sujet. Un activisme qui avait son petit &#233;cho, en particulier aupr&#232;s de lyc&#233;ens et d'&#233;tudiants qui avaient la boule au ventre &#224; l'id&#233;e&#8200;de partir faire leur service, et aupr&#232;s de ceux qui en ressortaient d&#233;go&#251;t&#233;s. Tout &#231;a est termin&#233;. L'institution militaire est d&#233;sormais quelque chose d'ext&#233;rieur qu'on conna&#238;t mal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En caricaturant ton propos, on a l'impression que l'arm&#233;e ne sert plus &#224; grand-chose &#224; part d'outil de com' pour rassurer le populo en p&#233;riode d'attentats, ou sur le plan des Opex &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opex : Op&#233;rations ext&#233;rieures.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; quand il s'agit de traquer quelques bandes isol&#233;es dans le d&#233;sert malien...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord. J'ai consacr&#233; un chapitre &#224; l'utilisation qui peut &#234;tre faite aujourd'hui de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#224; travers la plan&#232;te : il ne s'agit &#233;videmment pas de d&#233;fendre la paix ou d'instaurer la d&#233;mocratie mais, bien plus prosa&#239;quement, de pr&#233;server des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques : s&#233;curiser le domaine maritime fran&#231;ais (le deuxi&#232;me au monde), ses ressources, les routes commerciales et d'approvisionnements &#233;nerg&#233;tiques ou bien aider &#8220; nos &#8221; entreprises &#224; conqu&#233;rir de nouveaux march&#233;s. En Afrique, par exemple, signer des accords de coop&#233;ration militaire peut favoriser ou accompagner des ententes commerciales &#8211; c'est un petit plus que la Chine ne propose pas encore. Si la France fait encore partie des grandes puissances, c'est notamment parce qu'elle peut s'appuyer sur un outil militaire encore assez performant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Hexagone, c'est diff&#233;rent. Mais il faut ici pr&#233;ciser que ce livre, s'il ne traite que de l'arm&#233;e fran&#231;aise, n'est pas une grande monographie exhaustive. C'est un petit format et, dans ces quelques pages, je m'int&#233;resse &#224; la vision qu'on a des militaires en milieu militant. C'est davantage une invitation &#224; &#8220;d&#233;faire ses id&#233;es toutes faites&#8221; sur le sujet ; je ne cherche pas &#224; noyer le lecteur sous des flots de chiffres, mais plut&#244;t &#224; lancer des pistes de r&#233;flexion pour aller au-del&#224; des caricatures. Du coup, j'&#233;voque sans doute beaucoup ce &#224; quoi elle ne sert pas ; et il est vrai qu'&lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt;, en m&#233;tropole, elle ne sert pas &#224; grand-chose (gendarmerie mise &#224; part). Les militaires sont toujours l&#224;, &#8220; au cas o&#249; &#8221; une insurrection g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#233;claterait et mettrait en p&#233;ril l'&#201;tat, mais un &#233;v&#233;nement de ce type para&#238;t peu probable &#224; court terme. J'&#233;voque donc beaucoup les fantasmes autour de l'uniforme, par exemple avec Sentinelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration Sentinelle est lanc&#233;e apr&#232;s les attentats de janvier 2015. Une dizaine de milliers de bidasses sont d&#233;ploy&#233;s sur le territoire. Une r&#233;ponse s&#233;curitaire &#224; &#171; usage anxiolytique &#187; selon toi...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, car le fait de faire patrouiller des soldats dans les gares n'a aucun int&#233;r&#234;t op&#233;rationnel dans la pr&#233;tendue &#8220; lutte contre le terrorisme &#8221;. Cela fait tout au plus baisser le niveau de la petite d&#233;linquance dans ces zones, car si on est pickpocket, on pr&#233;f&#232;re aller bosser plus loin... Et ceci bien que ces militaires aient les pouvoirs de police d'un citoyen lambda. Ce que j'explique, et dont se plaignent les officiers, c'est que Sentinelle co&#251;te cher, ne sert &#224; rien et se r&#233;v&#232;le m&#234;me contre-productive. Son seul int&#233;r&#234;t est &#8220; anxiolytique &#8221; : c'est triste &#224; dire mais beaucoup de personnes sont rassur&#233;es et satisfaites d'un tel dispositif. Au moins l'&#201;tat montre qu'il fait quelque chose ! Un tel d&#233;ploiement de kaki est peut-&#234;tre moins efficace que des vigiles, mais il a nettement plus de gueule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un des effets secondaires de la professionnalisation de l'arm&#233;e a &#233;t&#233; la fonte drastique de ses effectifs. Tu &#233;cris : &#171; Si l'arm&#233;e fran&#231;aise de 2017 affrontait celle de 1987, elle serait battue. &#187; Quelles cons&#233;quences sur ses capacit&#233;s &#224; intervenir &#224; l'&#233;tranger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arm&#233;e de conscription &#233;tait organis&#233;e et &#233;quip&#233;e pour contenir l'assaut des troupes du pacte de Varsovie qui, apr&#232;s avoir travers&#233; l'Allemagne, auraient d&#233;ferl&#233; sur la France. Il s'agissait alors d'avoir le maximum d'hommes et de mat&#233;riel pour &#233;craser l'autre en un duel titanesque. Jusqu'aux ann&#233;es 1980, la doctrine de l'arm&#233;e fran&#231;aise se base sur ce sch&#233;ma, et tout le reste &#8211; notamment les th&#233;ories contre-insurrectionnelles &#8211; est per&#231;u comme secondaire. Aujourd'hui, il n'y a plus de menace militaire directe sur la m&#233;tropole, les forces arm&#233;es sont avant tout organis&#233;es pour des guerres lointaines. Et on ne d&#233;truit pas un convoi de pick-up de &#8220; djihadistes &#8221; dans le nord du Mali comme on aurait arr&#234;t&#233; une division blind&#233;e tch&#232;que dans la trou&#233;e de Belfort. Si la France alignait en 1989 plus de 1 200 chars d'assauts, elle n'en a plus aujourd'hui que 400 &#8211; Abou Dhabi en a autant &#8211; et ce nombre doit &#234;tre ramen&#233; &#224; 200 d'ici &#224; 2025. Mais le volume n'est pas tout. Les soldats fran&#231;ais sont malgr&#233; tout pr&#233;sents sur de nombreux th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration : Sahel, Jordanie, Irak ou m&#234;me Rojava ! Cela dit, sur les 270 000 personnels de l'arm&#233;e fran&#231;aise, seuls 20 000 se trouvent hors de m&#233;tropole, dont environ 7 000 en Opex. Pourtant, comme je l'explique, les limites humaines, mat&#233;rielles et budg&#233;taires de l'arm&#233;e sont presque atteintes, elle est &#224; deux doigts du &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt;. Un tableau qui devrait r&#233;jouir les antimilitaristes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On dit que les opinions publiques occidentales ne supportent plus la mort de leurs soldats. D'o&#249; une rar&#233;faction des interventions au sol. Mourir, pour un soldat, ne fait plus partie des &#171; risques du m&#233;tier &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Occidentaux ne sont plus habitu&#233;s &#224; la guerre, la mort, la violence et les bombardements. Des choses tr&#232;s lointaines, au propre comme au figur&#233;. Lorsque la radio annonce que &#8220; nous &#8221; avons lib&#233;r&#233; Mossoul ou Raqqa de l'&#201;tat islamique, je me demande combien d'auditeurs comprennent que &#8220; nous &#8221; avons aussi ras&#233; les trois quarts de ces villes par des bombardements et tu&#233; une partie des habitants... Quand un militaire occidental meurt, &#231;a nous revient &#224; la figure, il y a comme un bug. En 2008, en Afghanistan, une embuscade co&#251;te la vie &#224; dix soldats fran&#231;ais : c'est un drame national et les familles portent plainte pour &#8220; mise en danger de la vie d'autrui &#8221;... Les autorit&#233;s doivent donc prendre en compte l'opinion publique. Mais il faut se rappeler que durant la guerre d'Alg&#233;rie, dix militaires &#233;taient tu&#233;s &lt;i&gt;chaque jour&lt;/i&gt;, souvent des conscrits. Et on comptait 900 tu&#233;s &lt;i&gt;chaque jour&lt;/i&gt; entre 1914 et 1918 ! Aujourd'hui, ces consid&#233;rations rel&#232;vent surtout de gouvernements et d'habitants de pays riches dont les arm&#233;es, par choix, m&#232;nent des guerres &#224; l'ext&#233;rieur de leurs fronti&#232;res. Les populations des pays o&#249; se d&#233;roulent les conflits n'ont pas exactement les m&#234;mes pr&#233;occupations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par deux fois (en 2012 et 2017), la s&#233;natrice PS de Marseille Samia Ghali a r&#233;clam&#233; l'intervention de l'arm&#233;e dans les quartiers populaires. En 2006, c'&#233;tait S&#233;gol&#232;ne Royal qui proposait un encadrement militaire des jeunes d&#233;linquants. Ces saillies ne sont-elles qu'un moyen de surfer sur la crispation s&#233;curitaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce genre de d&#233;clarations massues donne une image de fermet&#233; qui pla&#238;t &#224; certains &#233;lecteurs. Je passe sur l'id&#233;e que l'on pourrait remplacer &#233;ducateurs et enseignants de coll&#232;ge en manque d'autorit&#233; par des personnes form&#233;es pour faire la guerre... Ce n'est pas tr&#232;s s&#233;rieux. On l'a encore vu avec le projet de Macron de restaurer un service national universel : cela n'a pas manqu&#233; de r&#233;veiller adversaires et partisans de la conscription, alors que d&#232;s le d&#233;part cette proposition avait tout d'une baudruche m&#233;diatique qui n'a pas manqu&#233; de se d&#233;gonfler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la question d'une intervention de l'arm&#233;e dans les dits &#8220; quartiers populaires &#8221;, o&#249; vivent notamment des prol&#233;taires issus de diverses vagues d'immigration, elle rel&#232;ve de beaucoup de fantasmes. Et en r&#233;v&#232;le autant. Notamment cette id&#233;e assez r&#233;pandue qui voudrait que d&#232;s aujourd'hui, et demain davantage, ce soit la guerre d'Alg&#233;rie qui se poursuive dans ces quartiers. Cette vision, que je critique sous plusieurs angles dans mon livre, me para&#238;t assez dangereuse et, de plus, ne repose sur rien de bien solide. Il faut, d&#232;s lors, se demander &#224; quoi pourrait bien servir un d&#233;ploiement militaire dans ces quartiers. &#192; r&#233;duire le commerce de shit ? &#192; faire baisser l'absent&#233;isme scolaire ? Si c'est pour stopper des &#233;meutes, l'&#201;tat n'a besoin que de CRS entra&#238;n&#233;es et bien &#233;quip&#233;es ; les policiers qui se plaignent r&#233;guli&#232;rement, pas seulement de manque d'effectifs mais aussi du manque de moyens et de soutien de leur hi&#233;rarchie ou de la justice, ne demandent pas &#224; &#234;tre &#233;paul&#233;s par l'arm&#233;e. Des patrouilles de soldats seraient &lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt; aussi &#8220; utiles &#8221; en banlieue que dans les gares... Et puis il ne faudrait pas croire que l'&#201;tat ne dispose que d'un volet s&#233;curitaire ; d'autres dispositifs existent pour assurer et acheter la paix sociale dans ces quartiers : client&#233;lisme, subventions, associations, drogue ou religion. Tout est bon pour que n'&#233;clate pas une nouvelle r&#233;volte de jeunes prol&#233;taires similaire &#224; celle de 2005, et surtout qu'elle ne s'&#233;tende pas &#224; d'autres secteurs g&#233;ographiques et &#224; d'autres couches de la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Le Monde &#224; l'envers, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Opex : Op&#233;rations ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Retour offensif &#224; la terre</title>
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&lt;p&gt;Dans &#202;tre for&#234;ts &#8211; Habiter des territoires en lutte (Zones, 2017), Jean-Baptiste Vidalou livre une vision revigorante de toutes ces luttes qui ont la &#171; d&#233;termination de sortir du monde mortif&#232;re de l'&#233;conomie &#187;. Pour tenter d'habiter cette Terre meurtrie, pour l'habiter vraiment, avec ses tripes et sa sensibilit&#233;. Entretien. Face &#224; la gestion globale et technologique des espaces et des hommes, comment continuer &#224; habiter un monde de plus en plus inhospitalier pour l'immense majorit&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;&#202;tre for&#234;ts &#8211; Habiter des territoires en lutte&lt;/i&gt; (Zones, 2017), Jean-Baptiste Vidalou livre une vision revigorante de toutes ces luttes qui ont la &#171; d&#233;termination de sortir du monde mortif&#232;re de l'&#233;conomie &#187;. Pour tenter d'habiter cette Terre meurtrie, pour l'habiter vraiment, avec ses tripes et sa sensibilit&#233;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-923-9ce2f.jpg?1782637903' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la gestion globale et technologique des espaces et des hommes, comment continuer &#224; habiter un monde de plus en plus inhospitalier pour l'immense majorit&#233; des &#234;tres humains ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'&#233;vidence, ce monde conna&#238;t un tournant historique. Nous allons vers un r&#233;chauffement de trois &#224; quatre degr&#233;s par rapport &#224; 1880, et cela d'ici la fin du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Un chaos climatique s'annonce. Et si rien n'est fait, il pourrait rendre inhabitables de grandes parties de cette plan&#232;te &#8211; &#224; l'or&#233;e 2300, c'est carr&#233;ment un r&#233;chauffement de 8 &#224; 13 degr&#233;s qui est envisag&#233;&#8230; Dans ce contexte, les n&#233;gociations pour le climat que m&#232;ne la petite caste des gouvernants, &#224; l'abri dans des bureaux climatis&#233;s, para&#238;t bien risible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, la situation est catastrophique, non seulement au vu des cons&#233;quences tr&#232;s r&#233;elles et physiques de ce &#8220;crime&#8221; climatique, mais aussi en regard de l'h&#233;g&#233;monie de ces gouvernants qui pr&#233;tendent apporter les solutions aux probl&#232;mes qu'ils ont eux-m&#234;mes initi&#233;s. Il est aussi de plus en plus clair que ce n'est pas la pr&#233;tendue &#8220;transition &#233;nerg&#233;tique&#8221; qui apportera le salut de l'humanit&#233;, puisque celle-ci consiste en r&#233;alit&#233; en une addition des &#233;nergies fossiles, nucl&#233;aires et renouvelables. Les historiens de l'&#233;nergie et de l'extractivisme, par exemple Christophe Bonneuil, Philippe Bihouix ou encore Anna Bednik, l'ont bien montr&#233; : cette transition est d'abord et avant tout une transition de l'&#233;conomie en recherche de nouveaux gisements. La fusion entre les technologies de l'information et le &lt;i&gt;high tech&lt;/i&gt; &#233;nerg&#233;tique incarne cette troisi&#232;me r&#233;volution industrielle lou&#233;e par les ap&#244;tres de l'&#233;conomie verte. Une fusion qui n'est possible qu'avec l'extraction pharaonique de m&#233;taux et terres rares, n&#233;cessairement accompagn&#233;e d'immenses ravages environnementaux et humains. Voyez le dernier livre de Guillaume Pitron, &lt;i&gt;La Guerre des m&#233;taux rares&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Liens qui lib&#232;rent, 2018.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, c'est &#233;difiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fable de l'&#233;conomie verte est ainsi en train de tomber. Seulement voil&#224;, malgr&#233; l'urgence de la situation, nous allons perdre 50 ans en nous lan&#231;ant dans cette nouvelle religion verte de l'hyper-industriel. Un demi-si&#232;cle d'extractivisme fou, jusqu'&#224; l'&#233;puisement de ces nouvelles mines&#8230; Non d&#233;cid&#233;ment, la solution ne viendra pas de ces g&#233;o-ing&#233;nieurs et autres intendants de la plan&#232;te. Comment croire des &#234;tres qui pr&#233;tendent gouverner le monde depuis un point de vue si manifestement &#233;tranger &#224; celui-ci ? Comme s'ils pilotaient le globe depuis une cabine spatiale &#8211; rien de ce qui arrive ne semble les toucher sensiblement. Si nous devons prendre &#224; bras-le-corps les probl&#232;mes de notre temps, ce sera sans eux. Comme le montrent bien les camarades de l'Amassada &#224; travers leur lutte contre le m&#233;ga-transformateur RTE et les m&#233;ga-centrales &#233;oliennes du Sud-Aveyron. Ce n'est pas &#224; une politique de gestion technocratique, de management &#233;cologique, quel qu'il soit, ou de gouvernance climatique qu'il faut en appeler, mais bien &#224; un radical retour sur Terre. En finir avec cette vue surplombante sur les &#234;tres, qui les r&#233;duit &#224; des lignes d'algorithmes et &#224; des plans comptables, serait d&#233;j&#224; un bon d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'habiter ce monde, au plein sens du terme. C'est-&#224;-dire partir de l&#224; o&#249; on vit, de l&#224; o&#249; on lutte, partir de nos situations singuli&#232;res, &#233;laborer des liens entre les &#234;tres qui sont l&#224;, humains et non-humains, commencer &#224; regarder les sols non comme une mati&#232;re premi&#232;re mais comme une architecture vivante, comprendre une for&#234;t non comme un stock sur pied mais comme une communaut&#233; de vie. Tout est &#224; r&#233;apprendre &#224; ce niveau sensible des connaissances. Cela s'annonce passionnant. Et augure de bien des alliances in&#233;dites. L'objectif est d'en finir avec la posture universelle d'un Homme ma&#238;tre et possesseur de la nature. Nous en avons assez soup&#233; de cette pathologie toute occidentale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours sur l'&#233;cologie a souvent &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des confusions &#224; propos de &#171; la terre qui ne ment pas &#187;, du retour aux racines... Comment les pratiques de lutte dans les for&#234;ts ou dans d'autres espaces naturels peuvent-elles aujourd'hui aller dans le sens de l'&#233;mancipation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est l'&#233;cueil dans lequel il ne faut pas tomber. Fuir l'&#233;co-modernisme des managers pour en revenir au fascisme des ann&#233;es 1930, ce serait ballot. Dans un monde qui gagne quatre degr&#233;s, il n'y a pas que les thermom&#232;tres qui disjonctent, les boussoles politiques semblent elles aussi tourner folles. Qui pourrait encore aujourd'hui raisonnablement d&#233;finir ce qu'est la gauche, la droite&#8230; Tout &#231;a n'a plus aucun sens, et c'est sans doute notre chance. Car &#224; l'heure o&#249; l'Homme, ou plus certainement une certaine classe d'hommes devenue h&#233;g&#233;monique, en arrive &#224; transformer la plan&#232;te en une gigantesque plate-forme logistique, ce n'est pas avec les vieux r&#233;flexes politiques qu'on s'en sortira. Il faut penser quelque chose d'assez nouveau. On doit partir de l&#224; o&#249; on vit et de ce &#224; quoi nous tenons. Trop longtemps l'homme occidental a pens&#233; la libert&#233; comme un arrachement syst&#233;matique &#224; tout ce qui le liait au monde. Il en a tir&#233; une forme atrophi&#233;e de l'&#233;mancipation, qui signifiait avant tout la coupure violente d'avec les &#234;tres et les choses peuplant le monde. Ce qui a produit le standard du &#8220;sujet libre&#8221; et toutes les &#8220;applis&#8221; qui vont maintenant avec. Aujourd'hui, on doit donc penser et agir contre cette atrophie elle-m&#234;me. Il s'agit d'apprendre &#224; se lier, &#224; s'ancrer. Comme le disait un camarade de Bure, &#8220;&lt;i&gt;nous ne sommes pas des occupants de ce bois Lejuc que nous d&#233;fendons contre l'Andra et Cig&#233;o, mais nous sommes ses habitants&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc ni se fier aux conceptions rances et nostalgiques d'une campagne qui &#224; l'&#233;vidence n'existe plus qu'&#224; titre de mus&#233;e, ni s'en remettre aux sir&#232;nes des clusters m&#233;tropolitains. Ni l'une ni l'autre de ces options si r&#233;duites de la vie ne peut nous conduire ailleurs qu'au d&#233;sastre. Imaginez un monde partag&#233; entre des ghettos s&#233;curis&#233;s de l'entre-soi et des r&#233;serves &lt;i&gt;high tech&lt;/i&gt; multi-nodales&#8230; voil&#224; une image de l'enfer. Nous ne pouvons laisser cette hypoth&#232;se d'un fascisme &#233;cologico-compatible se r&#233;aliser. C'est pourquoi les luttes d'aujourd'hui, qui prennent la for&#234;t ou des espaces dits &#8220;naturels&#8221; comme enjeu politique, tapent juste : elles se situent d&#233;j&#224; au-del&#224; de cette alternative infernale, elles refusent de choisir entre les ghettos de l'entre-soi et les ghettos smart. Comme le dit Bruno Latour, il ne s'agit pas de retourner &#224; la terre, mais de retourner sur Terre. Ce qui n'a rien &#224; voir. D'un c&#244;t&#233; le monde clos des identit&#233;s, de l'autre une singuli&#232;re prolif&#233;ration de mondes. D'un c&#244;t&#233; l'universel, de l'autre les singularit&#233;s. Si l'&#233;mancipation a un sens politique aujourd'hui, c'est dans la mesure o&#249; elle r&#233;ussit &#224; &#233;laborer des attachements sensibles. &#192; d&#233;fendre les territoires qu'elle se sera donn&#233;s. &#192; se rencontrer, organiser des f&#234;tes m&#233;morables, penser les techniques : agro-&#233;cologie, d&#233;bardage animal, for&#234;t jardin&#233;e, auto-construction, etc&#8230; mais les pieds sur Terre, comme le sugg&#232;re le film &#233;ponyme de Batiste Combret sur Notre-Dame-des-Landes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont pour vous les points communs et les diff&#233;rences entre les pratiques de d&#233;sertion du syst&#232;me vers les territoires ruraux de l'apr&#232;s-1968 et celles actuelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que nous vivons quelque chose de totalement diff&#233;rent aujourd'hui. La fuite vers les campagnes dans les ann&#233;es 1970 partait de l'id&#233;e qu'il existait encore des oasis en dehors de ce monde, des oasis qui seraient comme des lieux prot&#233;g&#233;s de toutes les atteintes de &#8220;l'ext&#233;rieur&#8221;. Elles en tiraient ainsi, pour un moment, une accalmie existentielle au sein d'un monde v&#233;cu &#224; juste titre comme invivable. Mais on conna&#238;t l'avenir des oasis qui ne combattent pas le d&#233;sert : elles se font ensevelir &#224; leur tour. La plupart des &#8220;n&#233;oruraux&#8221; qui voulaient fuir &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; politique, soit par sinc&#233;rit&#233; &#233;thique, soit par d&#233;go&#251;t des querelles de chapelles, se sont ainsi vus rattrap&#233;s par &lt;i&gt;le &lt;/i&gt;politique. Les infrastructures ou les dispositifs administratifs s'&#233;tendent maintenant partout, jusque dans les lieux les plus recul&#233;s. Qu'on pense seulement aux parcs naturels, aux zones de l'&#233;olien industriel, &#224; la pollution de l'air, ou tout simplement au changement climatique qui ne conna&#238;t pas les fronti&#232;res g&#233;ographiques. On ne peut fuir longtemps ce monde sans devoir un jour ou l'autre s'y battre pour quelque chose qui nous tient aux tripes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, beaucoup d'initiatives d'installation, de retour &#224; la terre dans les ann&#233;es 1970 ont &#233;t&#233; neutralis&#233;es par leur int&#233;gration dans les circuits de l'&#233;conomie locale, &#224; travers les labels et le tourisme. L'exemple des C&#233;vennes est ici parlant : le mode de vie qui se voulait un exemple concret d'alternative au capitalisme s'est fait imperceptiblement phagocyter par ce m&#234;me capitalisme. Pensons &#224; la transformation des paysans en agents d'entretien du paysage ou simplement en figurants pittoresques pour les touristes d'un &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes du pr&#233;sent, qui naissent ici ou l&#224; sur les restes de cette campagne productiviste ou mus&#233;ale, partent, elles, d'un tout autre point de vue. Elles s'appuient sur le constat que les oasis n'existent plus, ou alors en tant que mensonges. Que partout le &#8220;dedans&#8221; du syst&#232;me a lanc&#233; ses tentacules &#224; l'assaut du monde. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de &#8220;dehors&#8221;, mais que ce &#8220;dehors&#8221; se manifeste par autant de br&#232;ches &#233;clatant les murs et les &#233;crans de ce syst&#232;me. Ce qui signifie que les luttes pour la vie, une vie digne d'&#234;tre v&#233;cue, peuvent na&#238;tre partout, et n'importe quand, &#224; l'occasion par exemple du blocage d'un chantier d'am&#233;nagement, d'une &#233;meute, d'une place occup&#233;e, de tout &#233;v&#233;nement qui vient briser le cours normal de l'&#233;conomie-monde. L'exigence que ces luttes vitales ne doivent pas trahir, c'est de ne pas s'enfermer &#224; nouveau dans l'entre-soi. Elles doivent se propager ailleurs, tisser des liens avec d'autres luttes, se rendre joignables par tout un chacun. C'est ce que fait assez bien le mouvement des luttes territoriales en France aujourd'hui. Un &#233;lan de d&#233;sertion, mais aussi d'ancrage. Et ce n'est pas un hasard si l'imaginaire du marronnage, soit la fuite collective des esclaves vers les for&#234;ts ou les montagnes &#224; l'&#233;poque coloniale, ressurgit aujourd'hui. Parce que la question des attachements et celle des territoires qu'on est pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre sont cruciales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre pseudonyme est un hommage au personnage central de la guerre des Demoiselles en Ari&#232;ge au d&#233;but du XIXe si&#232;cle. En quoi cette r&#233;volte est-elle embl&#233;matique de la lutte contre un certain ordre du monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jean Baptiste Vidalou &#233;tait l'un des personnages que l'histoire a retenus de cet &#233;pisode insurrectionnel de la guerre des Demoiselles. Mais c'est un personnage parmi d'autres, plus berger anonyme que chef de guerre. Cette r&#233;volte populaire, qui d&#233;bute dans les ann&#233;es 1830 en Ari&#232;ge, est originale &#224; plus d'un titre. C'est une r&#233;volte de montagnards contre un nouveau code forestier, qui leur interdit d'user librement des sous-bois pour le p&#226;turage de leurs troupeaux. Ce qui brise &#233;videmment la tradition des communaux. On le sait historiquement, cette &#8220;rationalisation&#8221; des for&#234;ts est une tendance qui court depuis les ordonnances de 1669 sur les Eaux et For&#234;ts, promulgu&#233;es par Colbert. Cette r&#233;glementation r&#233;pondait aux besoins grandissants de la Marine en bois d'&#339;uvre puis, plus tard, &#224; ceux des ma&#238;tres de forge et des charbonniers. Colbert s'&#233;tait lanc&#233; dans une v&#233;ritable guerre contre ce qu'il appelait le &#8220;jardinage forestier&#8221;, c'est-&#224;-dire l'usage diversifi&#233; qu'en faisaient les communaut&#233;s paysannes, et qui semblait trop ''chaotique'' aux yeux du Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des finances de Louis XIV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux si&#232;cles plus tard donc, la guerre des Demoiselles est la r&#233;ponse imm&#233;diate et carnavalesque des peuples montagnards &#224; cette logique d'arraisonnement de leurs for&#234;ts. Les jeunes gens se d&#233;guisent en femmes, en animaux, se noircissent le visage, se cachent en for&#234;t, harc&#232;lent les gardes forestiers, font fuir les charbonniers, poursuivent les gendarmes. Les r&#233;volt&#233;s profitent de leur connaissance du terrain pour dresser des embuscades. C'est une r&#233;volte qui s'est propag&#233;e dans toute la r&#233;gion et qui a perdur&#233; de mani&#232;re moins intense jusqu'en 1870. Mais ce qu'il faut en retenir, &#224; mon avis, c'est cet alliage in&#233;dit des usages communaux, d'une culture populaire et des formes de gu&#233;rilla qui prennent les carnavals ou les charivaris pour terrain de jeu et de lutte. Cela en fait une histoire qui nous parle encore aujourd'hui, qui trame un imaginaire commun, quelque chose que l'on peut se r&#233;approprier. Il n'est alors nullement &#233;tonnant que les camarades de Notre-Dame-des-Landes invitent le 10 f&#233;vrier &#224; f&#234;ter l'abandon du projet d'a&#233;roport lors d'un carnaval o&#249; les symboles de ces &#8220;grands projets inutiles&#8221; seront, comme de bon droit, br&#251;l&#233;s dans la joie et la d&#233;termination... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Contre une civilisation qui m&#232;ne cette plan&#232;te &#224; la catastrophe, faisons le pari que c'est ce retour du terrien que c&#233;l&#232;brent les mouvements de r&#233;appropriation de terres ou ce qui voit le jour dans les ZAD. &#187; L'abandon du projet d'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes est-il une &#233;tape importante dans une reprise de l'offensive pour le mouvement social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une grande victoire pour le mouvement, c'est ind&#233;niable. Mais une grande bataille reste &#224; mener sur le &#8220;foncier&#8221;, les terres agricoles g&#233;r&#233;es collectivement, ainsi que les lieux de vie sur place&#8230; Et il n'est pas dit que cela se passe sans conflits avec le gouvernement ou la chambre d'agriculture. En tout cas, l'avenir de la Zad est ouvert. Et ce qui importe dans cette victoire tient en effet &#224; ce retour du &#8220;terrien&#8221;, ce fait massif et partag&#233; par de plus en plus de monde que c'est depuis notre quotidien, notre sensibilit&#233;, nos attachements, nos corps, nos affects, nos territoires que la politique doit &#234;tre repens&#233;e. Une fois de plus, je crois que face aux gouvernants qui semblent si &#8220;d&#233;-terrestr&#233;s&#8221; dans leur vision manag&#233;riale et h&#233;g&#233;monique de la plan&#232;te, nous devons partir de notre situation commune d'habitants. Non pas de &#8220;r&#233;sidents&#8221;, mais bien d'habitants. C'est-&#224;-dire de cette mani&#232;re, toujours situ&#233;e et singuli&#232;re, de se lier aux lieux qui eux aussi nous habitent. J'ai pris dans &lt;i&gt;&#202;tre for&#234;ts &lt;/i&gt;l'exemple de ces espaces de refuge et de vie que sont les for&#234;ts, mais cela vaut ailleurs. Partout o&#249; des liens naissent entre des &#234;tres qui s'organisent pour briser le &lt;i&gt;continuum &lt;/i&gt;mortif&#232;re de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se passe partout, et ne fera que cro&#238;tre. Car c'est la seule voie d&#233;sirable pour sortir du ravage que nous h&#233;ritons de trois si&#232;cles d'usinage des corps et des esprits. Cela ne pouvait plus durer sans que ces corps, justement, &#233;coutent enfin la rage enfouie dans leurs muscles. Mais ce mouvement ne sera puissant, je crois, que s'il arrive &#224; cr&#233;er des alliances. Pas seulement des &#8220;alliances sylvestres&#8221;, mais entre tous les refuzniks &#224; ce syst&#232;me, tous les subalternes du &lt;i&gt;management&lt;/i&gt; global. Pour que s'annonce un marronnage massif et diffus... &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Liens qui lib&#232;rent, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Homo sapiens : ce batard de nomade</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Arch&#233;ologue et pr&#233;historien, Vincenzo Celiberti &#233;tudie le mode de vie de nos pr&#233;d&#233;cesseurs hominid&#233;s sur une p&#233;riode qui s'&#233;tale entre -3,3 millions d'ann&#233;es et le N&#233;olithique. Mais le scientifique a &#224; c&#339;ur de ne pas dissocier sa discipline de son engagement politique. Le 29 octobre, il intervenait &#224; Toulouges (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), lors d'une soir&#233;e de soutien aux sans-papiers, avec une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; Migrations d'hier et d'aujourd'hui &#187;. L'occasion de battre en br&#232;che ce mythe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Arch&#233;ologue et pr&#233;historien&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est notamment membre du Centre europ&#233;en de recherches pr&#233;historiques de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Vincenzo Celiberti &#233;tudie le mode de vie de nos pr&#233;d&#233;cesseurs hominid&#233;s sur une p&#233;riode qui s'&#233;tale entre -3,3 millions d'ann&#233;es et le N&#233;olithique. Mais le scientifique a &#224; c&#339;ur de ne pas dissocier sa discipline de son engagement politique. Le 29 octobre, il intervenait &#224; Toulouges (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), lors d'une soir&#233;e de soutien aux sans-papiers, avec une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; Migrations d'hier et d'aujourd'hui &#187;. L'occasion de battre en br&#232;che ce mythe d'une humanit&#233; qui se serait &#171; &#233;lev&#233;e &#187; contre la menace de hordes primitives. Et si c'&#233;tait nous, les sauvages ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH326/-4-a36b1.png?1782688528' width='500' height='326' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Qu'est-ce qui pousse un pr&#233;historien &#224; intervenir dans une soir&#233;e de soutien aux sans-papiers ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vincenzo Celiberti :&lt;/strong&gt; Il y a bien s&#251;r plusieurs raisons. En tant qu'enseignant, j'ai un public jeune et vari&#233;, et sur lequel il faut parier pour que le futur soit moins pire que le pr&#233;sent. J'ai pris l'habitude de jeter des ponts entre mes recherches et l' &#171; actualisme&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon cette doctrine issue de la g&#233;ologie, c'est en observant les causes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Notamment pour souligner ceci : loin de la vision de Hobbes qui pr&#233;sente l'homme primitif comme un loup pour l'homme, plusieurs cas d'entraide entre hominid&#233;s ont &#233;t&#233; document&#233;s. Le site de Demanisi en G&#233;orgie, un carrefour entre Asie, Afrique et Europe, en donne un exemple. Parmi les 500 ossements humains datant de deux millions d'ann&#233;es, on a retrouv&#233; le cr&#226;ne d'un &#233;dent&#233; de 40 ans. Ce qui est tr&#232;s &#226;g&#233; : l'horloge biologique de l'&#233;poque limitait l'esp&#233;rance de vie &#224; 18-20 ans. Ce vieux monsieur avait donc perdu toutes ses dents, sauf deux moignons au niveau des incisives. Ses dents &#233;taient tomb&#233;es depuis longtemps, car les alv&#233;oles racinaires s'&#233;taient ressoud&#233;es. Aujourd'hui, si on perd une dent, le comblement de l'os de la mandibule se fait &#224; peu pr&#232;s en trois ans. &#192; l'&#233;poque, vu les conditions d'hygi&#232;ne, cela a d&#251; prendre un peu plus de temps. Cela signifie que ce Mathusalem a pu survivre quatre ou cinq ans en mangeant ce que les autres avaient pr&#233;m&#226;ch&#233; pour lui. Une preuve d'humanit&#233; absolue, qui bat en br&#232;che les clich&#233;s sur les hominid&#233;s pr&#233;sent&#233;s comme des brutes agressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tudier le mode de vie des hominid&#233;s, nous disposons de trois approches. Le volet arch&#233;ologique, o&#249; on &#233;tudie les outils lithiques ; mais la discipline est limit&#233;e car l'outillage des hominid&#233;s &#233;tait aussi constitu&#233; de v&#233;g&#233;taux ou de mati&#232;re animale disparus. Les techniques issues de l'&#171; actualisme &#187;, qui permet de faire des parall&#232;les avec les soci&#233;t&#233;s de chasseurs-cueilleurs d'aujourd'hui. Et enfin, un troisi&#232;me volet bas&#233; sur l'&#233;thologie : observer les groupes de grands singes pour en tirer des suggestions sur le mode de vie des hominid&#233;s. C'est ce volet que je privil&#233;gie. Il s'agit de se pencher sur ces situations o&#249; les animaux font preuve d'empathie, d'entraide et de solidarit&#233;. Avec cette conclusion : si l'individualisme n'existe pas chez les animaux, il ne devait pas non plus exister chez les hominid&#233;s. Il faut rappeler que les comportements agressifs des animaux ne sont pas violents, mais dict&#233;s par des instincts ou des besoins de survie. Ce qu'Einstein soulignait &#224; sa mani&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Les souris ne sont peut-&#234;tre pas aussi intelligentes que les hommes, mais on n'a jamais vu une souris construire une tapette &#224; souris, alors que l'Homme a construit la bombe atomique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que nous apprend le parcours du migrant sapiens sur nous-m&#234;mes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons d'Afrique, tout comme les gens qui se noient aujourd'hui dans la M&#233;diterran&#233;e. Le plus ancien repr&#233;sentant du Sapiens archa&#239;que na&#238;t vers -300 000 ans. Sapiens est noir et migre &#224; cause d'une p&#233;riode de s&#233;cheresse ; aujourd'hui, on dirait &#171; &lt;i&gt;pour des raisons &#233;conomiques&lt;/i&gt; &#187;. Quand l'&#201;tat fait aujourd'hui le tri entre r&#233;fugi&#233;s de guerre et migrants &#233;conomiques, il oublie que nos anc&#234;tres ont migr&#233; parce qu'ils cherchaient de meilleures conditions de vie. La migration est le moteur de l'&#233;volution humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La migration et l'hybridation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est l'autre face de la m&#234;me m&#233;daille. Il n'y a pas hybridation ou m&#233;tissage sans migration. Pour survivre, une esp&#232;ce doit m&#233;langer ses g&#232;nes. Si elle se cantonne &#224; un r&#233;gime d'autarcie g&#233;n&#233;tique, elle s'&#233;teint en quatre ou cinq g&#233;n&#233;rations. Il y a 300 000 ans na&#238;t le plus vieux Sapiens archa&#239;que dont les restes ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s au Maroc sur le site de Jebel Irhoud. Mais dans le reste de l'Eurasie, vivaient d'autres esp&#232;ces qui venaient aussi d'Afrique. Toutes ont continu&#233; leurs hybridations : Homo antecessor s'est ainsi m&#233;lang&#233; avec Homo heidelbergensis et Homo denisova. Puis, quand Sapiens est arriv&#233; en Europe, il rencontre N&#233;andertal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on sait que 4 % de nos g&#232;nes viennent de N&#233;andertal. Ce n'est pas beaucoup, par rapport aux 60 % en commun avec le moucheron ou aux 99,1% avec les bonobos&#8230; Mais ce 4 % prouve qu'il y a eu des hybridations bien avant l'apparition de Sapiens et de N&#233;andertal. M&#234;me entre esp&#232;ces diff&#233;rentes, on se rencontrait, on faisait l'amour et on se reproduisait. Aujourd'hui on fait des distinctions de peau, de langue ou de provenance alors qu'&#224; l'&#233;poque les Australopithecus afarensis ou africanus se m&#233;langeaient sans probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers -10 000 ans, le N&#233;olithique fait de nous des s&#233;dentaires et des petits propri&#233;taires. Le d&#233;but de la catastrophe ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis souvent que le N&#233;olithique est le d&#233;but de la fin. On se met &#224; cultiver des plantes et &#224; domestiquer du gibier. Du coup, si un homme va au champ, il a besoin de quelqu'un pour surveiller son cochon. Ainsi na&#238;t la proto-police. Tout s'encha&#238;ne alors. Quand il y a trop de proto-policiers, il faut un chef de la police ; quand il y a trop de chefs de la police, il faut cr&#233;er une autorit&#233; pour &#233;quilibrer ces pouvoirs, quelqu'un qui interc&#232;de entre les hommes et les divinit&#233;s. Pendant le Pal&#233;olithique, ces derni&#232;res sont f&#233;minines ou li&#233;es &#224; la nature. &#192; partir du N&#233;olithique, changement complet : les divinit&#233;s deviennent masculines. Le pouvoir aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, certaines soci&#233;t&#233;s ont v&#233;cu un N&#233;olithique diff&#233;rent, exp&#233;rimentant un &#171; proto-socialisme &#187;. Je pense par exemple &#224; Mohenjo Daro, une ville indienne tr&#232;s moderne avec ses canaux. Elle disposait alors de grandes maisons, des habitats communs o&#249; tout le monde pouvait s'abriter. Plus tard, les civilisations incas ont aussi mis en place une structure d'entraide. Chacun avait sa propri&#233;t&#233;, mais un pourcentage de la production allait dans un entrep&#244;t commun destin&#233; &#224; des gens qui avaient connu des probl&#232;mes avec leurs r&#233;coltes ou leurs troupeaux. Lier le N&#233;olithique &#224; la seule propri&#233;t&#233; priv&#233;e permet de produire un r&#233;cit historique qui justifie notre mode de vie actuel. Cela revient &#224; taire que cette p&#233;riode a aussi vu na&#238;tre des organisations bas&#233;es sur des id&#233;es de partage et de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si on conserve 4 % de N&#233;andertal en nous, qu'est devenue la b&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, on a dit que les hommes de N&#233;andertal avaient &#233;t&#233; massacr&#233;s par Sapiens. Un r&#233;cit justifiant l'id&#233;e que les plus forts, techniquement ou intellectuellement, puissent exterminer les plus faibles. Mais en fait, si l'esp&#232;ce s'&#233;teint, c'est &#224; cause de plusieurs raisons, dont l'hybridation. Au final, N&#233;andertal a &#233;t&#233; accultur&#233; par Sapiens. On nomme d'ailleurs culture ch&#226;telperronienne cette derni&#232;re phase de transition durant laquelle N&#233;andertal taille des pierres en forme de lames allong&#233;es, comme le faisait Sapiens. Et probablement a-t-il aussi commenc&#233; &#224; faire de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part quelques accrochages, il n'y a pas eu de rencontre violente entre Sapiens et N&#233;andertal. Il s'est plut&#244;t produit une hybridation culturelle et g&#233;n&#233;tique entre les deux esp&#232;ces. Autre param&#232;tre : N&#233;andertal s'est aussi &#233;teint parce que ses groupes se r&#233;duisaient en nombre et que les conditions climatiques &#233;voluaient. Une esp&#232;ce qui change d'habitat et d'environnement est destin&#233;e &#224; dispara&#238;tre. Comme cela arrivera &#224; Homo sapiens sans que la plan&#232;te s'en porte plus mal. L'humanit&#233; n'aligne que 300 000 ans au compteur alors que les fourmis sont l&#224; depuis plusieurs centaines de millions d'ann&#233;es. Et encore bien plus pour les reptiles et les amphibiens. Toutes ces esp&#232;ces seront l&#224; apr&#232;s nous. Finalement, on s'en fout de l'Homme. Nous sommes la seule esp&#232;ce qui d&#233;truit la Terre et qui finira par dispara&#238;tre par sa propre responsabilit&#233;. La nature s'en sortira en cr&#233;ant de nouvelles esp&#232;ces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est notamment membre du Centre europ&#233;en de recherches pr&#233;historiques de Tautavel (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon cette doctrine issue de la g&#233;ologie, c'est en observant les causes de ph&#233;nom&#232;nes actuels que l'on en d&#233;duit les faits pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Violences polici&#232;res : Un homme est mort</title>
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		<dc:date>2018-08-27T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Brier</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui on est rest&#233;s tranquilles, par respect pour les proches d'Adama. Mais &#231;a ne doit pas nous emp&#234;cher de dire que nous ne pourrons pas, nous ne devrons pas rester calmes bien longtemps ! &#187; Devant une ligne de CRS, l'orateur tente de se faire entendre &#224; l'aide de deux petits m&#233;gaphones gr&#233;sillant dans la chaleur de l'&#233;t&#233; parisien. Depuis deux heures maintenant, ce samedi 30&#8239;juillet 2016, pr&#232;s de deux mille personnes sont bloqu&#233;es rue St-Quentin, en face de la gare du Nord. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Adama-Traore" rel="tag"&gt;Adama Traor&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/procureur" rel="tag"&gt;procureur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/restes-tranquilles" rel="tag"&gt;rest&#233;s tranquilles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bagui-Traore" rel="tag"&gt;Bagui Traor&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Adama" rel="tag"&gt;d'Adama&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui on est rest&#233;s tranquilles, par respect pour les proches d'Adama. Mais &#231;a ne doit pas nous emp&#234;cher de dire que nous ne pourrons pas, nous ne devrons pas rester calmes bien longtemps ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant une ligne de CRS, l'orateur tente de se faire entendre &#224; l'aide de deux petits m&#233;gaphones gr&#233;sillant dans la chaleur de l'&#233;t&#233; parisien. Depuis deux heures maintenant, ce samedi 30&#8239;juillet 2016, pr&#232;s de deux mille personnes sont bloqu&#233;es rue St-Quentin, en face de la gare du Nord. La manifestation est appel&#233;e par la famille d'Adama Traor&#233;, mort entre les mains de la police quelques jours plus t&#244;t. Au d&#233;part du cort&#232;ge, des policiers se sont approch&#233;s des organisateurs, et leur ont gliss&#233; ce conseil : prenez donc cette rue-ci, le parcours sera plus ais&#233;. 50&#8239;m&#232;tres plus loin, trois lourds camions s&#233;rigraphi&#233;s se sont plac&#233;s en travers de la route : le pi&#232;ge s'est referm&#233;. Quelqu'un a alors pris alors la parole : &#171; &lt;i&gt;C'est un malentendu, nous avons re&#231;u l'autorisation de la pr&#233;fecture. Restez calmes, on va repartir dans quelques minutes.&lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;fecture avait en fait interdit le trajet juste avant l'horaire du rendez-vous. &#201;ni&#232;me pied de nez de l'&#201;tat qui semble tout se permettre face &#224; une famille aussi endeuill&#233;e qu'en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 19 juillet, en grande banlieue parisienne, des gendarmes recherchent puis interpellent Bagui Traor&#233; avec son fr&#232;re Adama dans la rue. Ce dernier s'enfuit avant d'&#234;tre retrouv&#233; non loin dans un appartement. &#171; &lt;i&gt;Il a pris le poids de nos corps &#224; tous les trois au moment de son interpellation&lt;/i&gt; &#187;, racontent les gendarmes&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le &#171; mar&#233;chal des logis-chef &#187; (un gendarme grad&#233;), dans le PV (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. L'interpell&#233; se plaint de difficult&#233;s respiratoires, est emmen&#233; &#224; la brigade de gendarmerie o&#249; il arrive inconscient. Les gendarmes appellent le Samu. Adama Traor&#233; est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur de Pontoise, Yves Jannier, va &#234;tre le premier acteur d'un sombre spectacle visant &#224; masquer l'&#233;vidence : une fois de plus, la police a tu&#233; un Noir, en France. Premier acte : jeter l'opprobre sur la victime. Le procureur d&#233;clare &#224; l'AFP qu'Adama Traor&#233; &#233;tait recherch&#233; dans une affaire d'extorsion de fonds. Son nom n'appara&#238;t pourtant &#224; aucun moment dans la proc&#233;dure qui concerne son fr&#232;re. Deuxi&#232;me acte : semer le doute sur son &#233;tat de sant&#233;. Le surlendemain de la mort, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; titrent sur &#171; l'infection tr&#232;s grave &#187; dont la victime souffrait. Ils s'appuient sur les d&#233;clarations du procureur, qui pr&#233;tend citer le rapport d'autopsie, alors que celui-ci ne mentionne pas d'infection mais une mort par asphyxie. Dernier acte : faire mine de s'interroger face &#224; une mort &#171; inexplicable &#187;. La technique d'interpellation utilis&#233;e dans le cas d'Adama Traor&#233; (plaquage ventral) a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mise en cause dans plusieurs cas de d&#233;c&#232;s entre les mains de la police&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire les travaux de l'Association des Chr&#233;tiens pour l'abolition de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ce qui n'emp&#234;che pas l'AFP, au cours de l'&#233;t&#233;, de publier des d&#233;p&#234;ches qui s'en tiennent au &#171; &lt;i&gt;d&#233;c&#232;s inexpliqu&#233;&lt;/i&gt; &#187; sans m&#234;me faire mention de l'asphyxie. Le r&#244;le du procureur ou du gendarme-menteur n'est pas nouveau. La consommation d'&#171; &lt;i&gt;alcool et de haschich&lt;/i&gt; &#187; par Tina Sebaa en 2007&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 13/02/2007, cit&#233; dans la Revue Z, n&#176;8, &#233;ditions Agone, 2014.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ? Faux. L'&#171; &lt;i&gt;explosif maison&lt;/i&gt; &#187; dans le sac &#224; dos de R&#233;mi Fraisse en 2014&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 29/10/2014.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ? Faux. On pourrait multiplier les exemples et pourtant les journalistes semblent frapp&#233;s d'amn&#233;sie. Inlassablement, ils relayent les d&#233;clarations des autorit&#233;s sans jamais rappeler leurs mensonges pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Comment respecter des institutions qui nous m&#233;prisent tant&lt;/i&gt;, demandait l'orateur dans la nasse de la rue de St-Quentin. &lt;i&gt;On peut faire des proc&#232;s, tout tenter, mais on doit se souvenir qu'on ne doit rien &#224; ces gens qui nous mentent, nous isolent, nous emp&#234;chent de nous exprimer. Et nous tuent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon le &#171; mar&#233;chal des logis-chef &#187; (un gendarme grad&#233;), dans le PV d'interpellation qu'il a r&#233;dig&#233;, dont de larges extraits furent publi&#233;s dans la presse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire les travaux de l'Association des Chr&#233;tiens pour l'abolition de la torture sur &lt;a href=&#034;http://acatfrance.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;acatfrance.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 13/02/2007, cit&#233; dans la &lt;i&gt;Revue Z&lt;/i&gt;, n&#176;8, &#233;ditions Agone, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 29/10/2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>David Dufresne : &#171; Quelque chose a merd&#233; quelque part &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le rendez-vous a lieu au bistrot Le Sans Souci, rue Pigalle. C'est l&#224; que David Dufresne a &#233;tabli son QG depuis qu'il s'est lanc&#233; dans le montage pour Arte d'un documentaire sur le quartier de Pigalle. L'homme s'est fait un nom dans le journalisme ind&#233;pendant, avec des livres tr&#232;s inform&#233;s et sortant des sentiers battus. Pour derniers ouvrages : Maintien de l'ordre &#8211; Enqu&#234;te, Tarnac, Magasin g&#233;n&#233;ral et le tr&#232;s r&#233;cent New Moon. Caf&#233; de nuit joyeux. Multi-usages, David Dufresne commet aussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton1965-2486e.jpg?1782688528' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le rendez-vous a lieu au bistrot Le Sans Souci, rue Pigalle. C'est l&#224; que David Dufresne a &#233;tabli son QG depuis qu'il s'est lanc&#233; dans le montage pour Arte d'un documentaire sur le quartier de Pigalle. L'homme s'est fait un nom dans le journalisme ind&#233;pendant, avec des livres tr&#232;s inform&#233;s et sortant des sentiers battus. Pour derniers ouvrages : &lt;i&gt;Maintien de l'ordre &#8211; Enqu&#234;te&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hachette, 2007.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Tarnac, Magasin g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Calmann-Levy, 2012.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et le tr&#232;s r&#233;cent &lt;i&gt;New Moon. Caf&#233; de nuit joyeux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Seuil, 2017.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Multi-usages, David Dufresne commet aussi des webdocumentaires, dont les remarqu&#233;s&lt;i&gt; Prison Valley&lt;/i&gt; en 2010 et &lt;i&gt;Fort McMoney&lt;/i&gt; en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais David et moi, c'est aussi une histoire personnelle. Je l'ai rencontr&#233; bien avant qu'il ne sorte son premier livre, au milieu des ann&#233;es 1980, alors que le rock alternatif explosait en France, avec Bondage Records, B&#233;rurier Noir, Les Thugs, Mano Negra, etc. Je m'occupais alors du fanzine et du label &lt;i&gt;On a Faim !&lt;/i&gt;. Et lui nageait dans les m&#234;mes eaux, publiant le fanzine&lt;i&gt; Tant qu'il y aura du rock&lt;/i&gt; et lan&#231;ant le label Stop it Baby. Une belle histoire partag&#233;e. On s'&#233;tait depuis perdu de vue, mais on avait grande envie de se revoir. La parution de &lt;i&gt;New Moon&lt;/i&gt; en a fourni une parfaite occasion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi &#233;crire sur cette salle de concert, le New Moon ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout part d'une suggestion de mon &#233;ditrice, qui voulait lancer une collection sur les lieux disparus. J'ai tout de suite pens&#233; &#224; ce minuscule club rock o&#249; j'ai pass&#233; beaucoup de temps alors que je d&#233;barquais &#224; Paris, &#224; 18 ans. Le projet de collection est finalement tomb&#233; &#224; l'eau, mais j'ai continu&#233;. Parce que je m'&#233;tais rendu compte qu'il s'&#233;tait pass&#233; beaucoup de choses &#224; cet endroit, le 66 rue Pigalle. &#199;a ne se r&#233;duisait pas &#224; mes souvenirs des ann&#233;es 1980. L'adresse avait en effet accueilli le caf&#233; La Nouvelle Ath&#232;nes en 1870, QG des impressionnistes. Puis Le Bricktop, haut-lieu du jazz fr&#233;quent&#233; par le Duke. Puis le Monico Bar, rendez-vous des gestapistes. Puis le Sphynx, cabaret de voyous. Et enfin le New Moon, rendez-vous lesbien transform&#233; en salle rock. Avant d'&#234;tre d&#233;moli et de devenir une &#233;picerie... bio. Ce lieu permettait ainsi d'&#233;voquer plus de cent ans de vie parisienne. Des barricades de la Commune jusqu'&#224; aujourd'hui, avec la destruction du quartier. Sa gentrification totale. Comble du ridicule, et du marketing, certains l'appellent d&#233;sormais &#8216;&#8216; South Pigalle '' ou &#8216;&#8216; SoPi ''...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce livre, j'avais aussi en t&#234;te l'id&#233;e de transmission. L'envie de laisser une trace intime de cette p&#233;riode agit&#233;e. Avec d'autant plus d'entrain que la captation d'h&#233;ritage du rock'n'roll, au sens large, est d&#233;sormais accomplie. Rends-toi compte, trois pr&#233;sidents de la R&#233;publique assistaient &#224; l'enterrement de Johnny Hallyday ! Une r&#233;cup&#233;ration similaire &#224; celle qui s'op&#232;re quand on d&#233;signe Matthieu Pigasse sous le terme de &#8216;&#8216; banquier punk ''. Le genre de choses qui me donne envie de dire &#8216;&#8216; Stop, arr&#234;tez la mascarade ! ''&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il s'agit d'un sujet qui d&#233;passe largement cette seule salle. &#192; l'&#233;poque, d'ailleurs, je n'&#233;tais pas fan de tous les groupes qui y passaient. Peu importe. Ce qui compte, c'est de comprendre ce que la musique peut faire de toi. Comment elle peut te forger, te cr&#233;er une identit&#233;. Voil&#224; pourquoi je parle de moi dans ce livre : il s'agit de retracer une qu&#234;te personnelle qui transcende l'anecdotique. Enfin, je l'esp&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L470xH312/-329-ad9a0.jpg?1782646821' width='470' height='312' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es &#224; la fois t&#233;moin et acteur de cette histoire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est quelque chose que j'ai appris du journalisme, notamment &#224; travers mes recherches sur l'affaire dite de Tarnac. &#192; un moment, il faut expliquer d'o&#249; l'on parle. Situer sa petite histoire dans la grande. C'est tr&#232;s parlant dans le cas du New Moon, parce qu'il y avait un c&#244;t&#233; collectif. Souvent, les gens qui baignaient dans le milieu du rock alternatif disaient plut&#244;t &#171; nous &#187; que &#171; je &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a rejoint le combat anti-FN. &#192; l'&#233;poque, ces deux cadres &#233;taient li&#233;s : l'antifascisme &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sent dans cette sc&#232;ne, et pas seulement avec les B&#233;rus et leur &#8216;&#8216; &lt;i&gt;La jeunesse emmerde le FN&lt;/i&gt; ''. Mais ce combat, tout montre qu'on l'a perdu. Aujourd'hui, la jeunesse vote largement FN &#8211; quelque chose a merd&#233; quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, ce livre est une forme d'introspection, ni g&#233;missante ni nostalgique. Pas question de creuser le c&#244;t&#233; &#8216;&#8216; c'&#233;tait mieux avant '' ou de la jouer en mode soir&#233;e diapos pour anciens. D'o&#249; l'id&#233;e de remonter dans le temps. De montrer que bien avant les ann&#233;es 1980, des gens grimpaient cet escalier, dansaient sur ce parquet, y faisaient les cons. C'est m&#234;me ici que Degas, Manet et les autres ont r&#233;volutionn&#233; la peinture, refaisant le monde tous les soirs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;poque lointaine : Pigalle ne brille plus aujourd'hui par son effervescence cr&#233;atrice&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH563/-328-c94aa.jpg?1782646821' width='400' height='563' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est termin&#233;. Ce qui nous faisait vomir s'est impos&#233;. Place Pigalle, tout a chang&#233;. Le Cr&#233;dit Lyonnais a pris la place du Cupidon, Monoprix celle des Naturistes et McDo du Tonneau&#8230; Les marques ont gagn&#233; la bataille. Entre la gentrification, l'airbnbsation, le tourisme du sexe, il ne reste plus grand-chose de ce qui a &#233;t&#233; pendant des d&#233;cennies un lieu de brassages de cultures et d'immigration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as enqu&#234;t&#233; sur des sujets tr&#232;s diff&#233;rents, de Tarnac &#224; l'exploitation des sables bitumineux en passant par le New Moon. Qu'est-ce qui les relie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans mon travail, je crois que deux constantes se croisent. La premi&#232;re, c'est la ville comme personnage (Fort McMoney sur le p&#233;trole, Prison Valley sur les prisons du Colorado, etc.). Et la seconde, les menaces pesant sur les libert&#233;s collectives et individuelles, trait&#233;es dans mon livre sur Tarnac ou dans mon enqu&#234;te sur le maintien de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, mon travail se base sur un amour de la rencontre : j'accorde beaucoup d'importance aux t&#233;moignages humains. Ce qui est &#224; la fois facile et complexe, parce que le pire des salauds peut &#234;tre sympa &#224; l'occasion. Et parce mon approche n'est pas neutre : j'ai gard&#233; une certaine fid&#233;lit&#233; &#224; mes id&#233;aux. Je fais partie de ces gens qui se sont construits en autodidacte et &#224; coups de riffs de guitares &#8211; qu'il s'agisse de sociologie, de politique ou d'anthropologie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le proc&#232;s du groupe dit de Tarnac se tiendra du 18 au 30 mars prochains. Quel regard portes-tu aujourd'hui sur l'affaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les faits mis en cause datent de plus de neuf ans &#8211; et ce n'est toujours pas fini. Tout &#231;a pour des crochets dont la SNCF reconna&#238;t qu'ils ne pouvaient causer aucun mal, encore moins faire d&#233;railler un train... Un acharnement ridicule. Et dur &#224; vivre pour les pr&#233;venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, il y a eu Charlie, le Bataclan, Nice... Autant de d&#233;monstrations indirectes que l'affaire dite de Tarnac n'avait rien &#224; voir avec le terrorisme. Mais plut&#244;t avec l'anti-terrorisme. C'est de ce dernier dont il faudrait faire le proc&#232;s. La pr&#233;sidente de la Chambre correctionnelle s'ing&#233;niera sans doute &#224; ce que &#231;a ne se produise pas, mais ce sera aux pr&#233;venus et &#224; leurs avocats de mettre l'accent sur ce point. Quelles sont les m&#233;thodes de l'anti-terrorisme ? Sa propagande ? Sa fa&#231;on de pr&#233;parer les esprits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme par hasard, depuis quelques mois, la presse fran&#231;aise (re)d&#233;couvre le &#8216;&#8216; p&#233;ril de l'ultra-gauche '', en agitant les m&#234;mes expressions, tournures et peurs qu'en 2008. Les articles d'aujourd'hui ressemblent comme deux gouttes d'eau &#224; ceux d'hier. Dans mon livre, j'ai d&#233;montr&#233; que ces reportages &#233;taient en 2008 une fa&#231;on de pr&#233;parer les esprits ; aujourd'hui, je me demande dans quelle mesure il ne s'agit pas de dresser un d&#233;cor avant le proc&#232;s. &#199;a m'a vraiment frapp&#233; dans l'affaire dite de Tarnac, cette orchestration au plus haut niveau. Ces r&#233;unions o&#249; la ministre de l'Int&#233;rieur Alliot-Marie recevait place Beauvau le patron des RG, Bouchit&#233;, et celui de la DCRI, Squarcini, attendant d'eux des &#8216;&#8216; biscuits ''. L'un comme l'autre m'ont avou&#233; que tout &#231;a n'avait pas grand sens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est tragique, c'est qu'il y a trente ans, jamais les Fran&#231;ais n'auraient aval&#233; l'&#233;tat d'urgence aussi facilement, accept&#233; les arrestations pr&#233;ventives avant les manifestations, etc. Contrairement aux ann&#233;es 1980 &#8211; lorsqu'on s'est connu, qui &#233;taient malgr&#233; tout des ann&#233;es horribles de fric et de d&#233;faitisme &#8211;, j'ai l'impression qu'aujourd'hui seule la r&#233;action est en marche. Il n'y a plus de d&#233;bat, sinon entre la droite et l'extr&#234;me-droite. Les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes dits de gauche avaient d&#233;j&#224; vir&#233; leur cuti &#233;conomique et sociale dans les ann&#233;es 1980, passant pour la plupart au centre ou &#224; droite, mais ils revendiquaient encore, au moins, la d&#233;fense des libert&#233;s individuelles et collectives. D&#233;sormais, m&#234;me cet ultime rempart semble avoir saut&#233;. Nous voil&#224; oblig&#233;s de faire le dos rond en attendant le retour des beaux jours... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2050 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-330-ad988.jpg?1782646821' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hachette, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Calmann-Levy, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Seuil, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chroniques portuaires</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Chroniques-portuaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Chroniques-portuaires</guid>
		<dc:date>2017-03-03T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>police</dc:subject>
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		<dc:subject>m&#233;caniciens qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Possible qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>machine flottante</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Un cargo, de nos jours, ce n'est plus un bateau, c'est une machine flottante. Or, une machine n'a que faire des matelots, vous le savez aussi bien que moi, m&#234;me si vous n'y entendez rien ; ce sont des ouvriers et des m&#233;caniciens qu'il lui faut ; le capitaine se transforme en ing&#233;nieur, le timonier (m&#234;me lui !) tourne au m&#233;canicien et fait bouger des manettes. Adieu la romantique vie en mer ! Romantique, d'ailleurs, notre vie ne l'a jamais &#233;t&#233;, selon moi, sinon dans l'imagination des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Possible-qu-il" rel="tag"&gt;Possible qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/machine-flottante" rel="tag"&gt;machine flottante&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1830 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH358/-132-aa7f4.jpg?1782688528' width='500' height='358' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Barban&#232;gre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un cargo, de nos jours, ce n'est plus un bateau, c'est une machine flottante. Or, une machine n'a que faire des matelots, vous le savez aussi bien que moi, m&#234;me si vous n'y entendez rien ; ce sont des ouvriers et des m&#233;caniciens qu'il lui faut ; le capitaine se transforme en ing&#233;nieur, le timonier (m&#234;me lui !) tourne au m&#233;canicien et fait bouger des manettes. Adieu la romantique vie en mer ! Romantique, d'ailleurs, notre vie ne l'a jamais &#233;t&#233;, selon moi, sinon dans l'imagination des litt&#233;rateurs ; [&#8230;] Possible qu'il y ait eu jadis, quelque romantisme dans la vie de capitaine ou de pilote ; mais dans celle du matelot, jamais. Son romantisme, &#224; lui, c'est de travailler comme un n&#232;gre et d'&#234;tre trait&#233; comme un chien.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Traven, Le Vaisseau des morts, 10/18, 1987 (1926).&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces phrases de Traven ont &#233;t&#233; publi&#233;es en 1926, mais r&#233;sonnent toujours avec acuit&#233;. Loin des oripeaux de la libert&#233; dont on a pu les parer, les navires marchands ont d'abord pour gueule celle de l'usine. Les machines flottantes, qui transportaient &#224; l'&#233;poque quelques milliers de tonnes de marchandises, ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par des monstres pouvant mesurer pr&#232;s de 400 m&#232;tres et transporter jusqu'&#224; 19 000 EVP &lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EVP pour &#233;quivalent vingt pieds. C'est la mesure approximative d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, soit plus de 700 000 m&#232;tres cubes de marchandises &#8211; &#224; l'exemple d'un des plus gros porte-conteneurs actuel, le &lt;i&gt;MSC Zoe&lt;/i&gt;. Sur ces cargos d&#233;mesur&#233;s, les &#233;quipages se r&#233;duisent aussi vite que le tonnage explose. Mais contrairement aux usines terriennes, on observe une certaine constance dans le traitement inhumain r&#233;serv&#233; au prol&#233;tariat maritime. 63 % de la flotte mondiale navigue sous pavillon de complaisance. Imaginez une usine qui pourrait choisir la l&#233;gislation s'appliquant sur son site industriel. Ses dirigeants, heureux, se tourneraient naturellement vers celle pr&#233;sentant le plus de souplesse en mati&#232;re fiscale, environnementale, sociale, r&#233;glementaire. Voici la logique du pavillon de &#171; libre &#187; exploitation. Pardon, immatriculation. Ma langue a fourch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les ports, alors ? Des lieux o&#249; transitent 80 % des marchandises ne peuvent pas &#234;tre des espaces tr&#232;s romantiques. D'accord. Mais &#224; la diff&#233;rence des bateaux, il y avait une vie sur les quais &#8211; &#224; la fois lieu de travail, donc politique, mais aussi de so&#251;lerie et de d&#233;bauche. &#192; une certaine &#233;poque, pas si lointaine, on pouvait y retrouver tous les damn&#233;s de la mer, migrants en fuite, charclos des oc&#233;ans, marins en rupture de ban se refaisant une vie de mis&#232;re sur les docks. Les quais pl&#233;b&#233;iens ont vu passer musiciens, conspirateurs communistes et anarchistes, et toutes sortes de truands, sympathiques ou bien d&#233;testables. &#171; &lt;i&gt;C'est seulement dans ces ports l&#224;, dit-elle, que les pas, les gestes, ne laissent pas ces sinistres empreintes dont la police est si friande.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Dans les ports, continua-t-elle, tu comprends, la police est plus d&#233;pass&#233;e qu'ailleurs, m&#234;me si elle y est plus nombreuse et plus f&#233;roce qu'ailleurs. Elle se borne &#224; n'en surveiller que les issues, le reste, elle le regarde vivre de loin, elle a la flemme.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marguerite Duras, Le Marin de Gibraltar, Gallimard, 1952.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Litt&#233;rature ? Peut-&#234;tre. La police, en revanche, n'a jamais oubli&#233; de surveiller les prostitu&#233;es. Le port est un monde d'hommes, Moune le raconte tr&#232;s bien. &#171; &lt;i&gt;Je n'&#233;tais pas un homme. Les hommes qui sont comme j'&#233;tais peuvent aller au port. On n'y prend pas les femmes. L'&#233;quivalent, pour la femme, c'est le trottoir.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Londres, Le Chemin de Buenos Aires (La Traite des Blanches), Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Maxime portuaire : la police surveille les femmes dans les ports afin de contr&#244;ler le porc dans la femme &#8211; expliquait un ivrogne crois&#233; dans un bar de Saint-Nazaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les ports se bunk&#233;risent. Les tapis de bombes et les ruines de la guerre ont permis de les repenser et de les imposer face &#224; la ville. Premi&#232;re &#233;tape. La s&#233;curisation de l'&#233;difice en est une autre&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Ports de l'angoisse &#187; sur le code ISPS qui les transforment en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. La m&#233;canisation du m&#233;tier, sa conteneurisation, tient aussi une place de premi&#232;re importance dans la disparition de la vie sur les quais. Un docker se souvient de ses premi&#232;res armes dans les sixties : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai commenc&#233; mon m&#233;tier, le bateau arrivait et restait une semaine ou deux. Les marins, on les retrouvait au bistrot, on jouait au foot, on allait bouffer au resto. On avait des d&#233;bats extraordinaires sur leur vie et tout &#231;a&lt;/i&gt;. &#187; Aujourd'hui, les portiques chargent ou d&#233;chargent un cargo en moins de temps qu'il n'en faut pour l'&#233;crire. Le bateau repart dans la journ&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Les marins qui naviguent sur des bateaux comme &#231;a&lt;/i&gt;, nous dit-il, &lt;i&gt;ils ne connaissent pas les ports&lt;/i&gt;. &#187; Triste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, aujourd'hui, ceux et celles qui descendent &#224; terre, ce sont les croisi&#233;ristes. Descendre, c'est aussi vite dit que vite fait. Et dans notre Vieux-Port, si vivant et grouillant autrefois, les machines flottantes et les p&#234;cheurs ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par les bateaux-ventouses de l'industrie des loisirs. Nous avons droit &#224; des plaisanciers qui polluent les lieux, la vue, les eaux et qui n'osent sortir en mer d&#232;s que le mistral se l&#232;ve. Des parasites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ports qui nous faisaient tant r&#234;ver par le pass&#233;, ali&#233;n&#233;s que nous &#233;tions par les litt&#233;rateurs, nous rendent aujourd'hui m&#233;lancoliques. Voil&#224; pourquoi nous avons voulu en parler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;B. Traven, &lt;i&gt;Le Vaisseau des morts&lt;/i&gt;, 10/18, 1987 (1926).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;EVP pour &#233;quivalent vingt pieds. C'est la mesure approximative d'un conteneur. &#192; ce sujet, lire &#171; Un monde rectangulaire aux ar&#234;tes bien tranchantes &#187;, p. IV de notre dossier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marguerite Duras, &lt;i&gt;Le Marin de Gibraltar&lt;/i&gt;, Gallimard, 1952.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Albert Londres, &lt;i&gt;Le Chemin de Buenos Aires (La Traite des Blanches)&lt;/i&gt;, Le Serpent &#224; Plumes, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Ports de l'angoisse &#187; sur le code ISPS qui les transforment en v&#233;ritable forteresses (p. IV du dossier)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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