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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Du fric pour la recherche publique</title>
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		<dc:date>2020-04-17T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 5 mars, les universit&#233;s vivaient une journ&#233;e de mobilisation nationale. L'id&#233;e ? Intensifier la lutte contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Mais une semaine plus tard, coronavirus : la fermeture des facs met forc&#233;ment un coup d'arr&#234;t au mouvement. Pour autant, le monde universitaire ne baisse pas la garde, car les bouff&#233;es n&#233;olib&#233;rales du gouvernement risquent bien de survivre &#224; la crise sanitaire. Point de situation, avec le Covid-19 comme agent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/projets-1562" rel="tag"&gt;projets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France-Info" rel="tag"&gt;France Info&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Info" rel="tag"&gt;Info&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Decroly" rel="tag"&gt;&#201;tienne Decroly&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche-scientifique" rel="tag"&gt;recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/partie" rel="tag"&gt;partie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mobilisation-generale" rel="tag"&gt;mobilisation g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scientifiques" rel="tag"&gt;scientifiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 mars, les universit&#233;s vivaient une journ&#233;e de mobilisation nationale. L'id&#233;e ? Intensifier la lutte contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Mais une semaine plus tard, coronavirus : la fermeture des facs met forc&#233;ment un coup d'arr&#234;t au mouvement. Pour autant, le monde universitaire ne baisse pas la garde, car les bouff&#233;es n&#233;olib&#233;rales du gouvernement risquent bien de survivre &#224; la crise sanitaire. Point de situation, avec le Covid-19 comme agent r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L318xH400/-1514-a8837.jpg?1768649565' width='318' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; des projets qu'on avait sur ce virus &#233;taient en stand-by, en partie &#224; cause de probl&#232;mes de financement.&lt;/i&gt; &#187; Ce 5 mars, jour de mobilisation g&#233;n&#233;rale pour la recherche publique, l'homme qui s'exprime sur France Info est directeur de recherche au CNRS. Membre d'un laboratoire qui &#233;tudie notamment les coronavirus, &#201;tienne Decroly pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Nous avions &#233;t&#233; oblig&#233;s de&lt;/i&gt; shifter une &lt;i&gt;partie des projets de recherches vers des projets qui &#233;taient financ&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration gla&#231;ante met en lumi&#232;re une r&#233;alit&#233; subie depuis de nombreuses ann&#233;es par les personnels universitaires. La recherche scientifique est de plus en plus d&#233;pendante de financeurs (priv&#233;s ou publics) qui imposent les sujets et les modalit&#233;s de recherche, tout en r&#233;clamant des r&#233;sultats rapides et quantifiables. Et le t&#226;tonnement scientifique alors ? L'exp&#233;rimentation ? Les &#233;checs et les impasses n&#233;cessaires aux d&#233;couvertes qui leur succ&#232;dent ? Plus le temps, ni l'argent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de dysfonctionnements majeurs que la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) ne fera qu'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Soigner le mal par le mal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Personnels mobilis&#233;s et gouvernants sont d'accord sur un point : l'Universit&#233; va mal. Mais l'identification des causes et les rem&#232;des pr&#233;conis&#233;s sont aux antipodes... C&#244;t&#233; gouvernemental, la th&#233;rapie choisie est donc un projet de loi, dont la mise en application est pr&#233;vue pour l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de cette LPPR d&#233;bute le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2019, quand le Premier ministre, &#201;douard Philippe, annonce la constitution de trois commissions cens&#233;es se pencher sur l'&#233;tat de la recherche fran&#231;aise. Form&#233;s de parlementaires, de scientifiques, de cadres des institutions de recherche et d' &#187; acteurs industriels &#187;, ces groupes de travail rendent leurs rapports fin 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion ? L'heure est grave : la France conna&#238;t un &#171; &lt;i&gt;d&#233;crochage rapide depuis quinze ans &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;en tant que puissance industrielle et &#233;conomique de premier plan&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit ainsi la commission charg&#233;e de plancher sur les questions de financement. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les diff&#233;rents rapports soulignent bien la pr&#233;carit&#233; d'une grande partie du personnel des universit&#233;s : r&#233;mun&#233;ration faible&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les calculs de la Conf&#233;d&#233;ration des jeunes chercheurs, les vacataires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, instabilit&#233; des postes et statuts. Mais ils s'inqui&#232;tent surtout de la place de la France dans la grande comp&#233;tition &#233;conomique et scientifique mondiale : chute au classement des publications, des innovations, peu de prix Nobel et pas assez de leaders priv&#233;s dans les secteurs dits innovants (le champ des nouvelles technologies, peupl&#233; de &#171; licornes &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les plus grosses start-up du monde, valoris&#233;es chacune &#224; plus d'un milliard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; disruptives).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour les constats. Quid des solutions ? &#201;douard Philippe a beau afficher le noble objectif de &#171; &lt;i&gt;redonner &#224; la recherche de la visibilit&#233;, de la libert&#233; et des moyens&lt;/i&gt; &#187;, on se dirige en v&#233;rit&#233; vers une d&#233;r&#233;gulation massive de ce service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e g&#233;n&#233;rale est de soumettre encore davantage la recherche &#224; des exigences &#233;conomiques et d'innovation de court terme. D'o&#249; l'&#233;valuation drastique du travail des scientifiques ; d'o&#249; les financements de projets par appels d'offres ponctuels : ce sont les financeurs (&#201;tat, laboratoires, R&#233;gions, entreprises...) qui d&#233;cident de l'orientation des recherches en proposant des financements sur les sujets qu'ils d&#233;finissent comme prioritaires. Ce qui &#233;clipse le caract&#232;re profond&#233;ment al&#233;atoire et cr&#233;atif de la recherche, qui ne peut se planifier ou se pr&#233;voir en termes de productivit&#233; et d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces logiques budg&#233;taires qui expliquent les difficult&#233;s rencontr&#233;es par l'&#233;quipe d'&#201;tienne Decroly, incapable de trouver des financements pour &#233;tudier les coronavirus, consid&#233;r&#233;s comme secondaires avant la crise.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;carit&#233; un jour&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le personnel enseignant, lui, ne se voit proposer qu'une g&#233;n&#233;ralisation de la pr&#233;carit&#233; et de l'incertitude. Pour compenser les salaires bas ? Explosion des primes ! Mais primes &#224; la performance et &#224; la publication, donc non r&#233;guli&#232;res et in&#233;gales. Face &#224; la multiplication des contrats pr&#233;caires et la difficult&#233; d'acc&#233;der au statut de professeur titulaire ? Introduction des CDI de projet ! D'une dur&#233;e d'une &#224; six ann&#233;es, ils sont cens&#233;s faire la liaison entre le doctorat et un statut d'enseignant-chercheur. En r&#233;alit&#233;, avec la multiplication des contrats de ce type, les jeunes chercheurs seront trimball&#233;s de contrats courts en missions ponctuelles, avec la pression constante de devoir produire des r&#233;sultats dans une temporalit&#233; br&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre de chercheurs, la course aux fonds est, et restera, le seul horizon. Or, le temps pass&#233; &#224; monter des dossiers de financement empi&#232;te sur des activit&#233;s de recherche d&#233;j&#224; rogn&#233;es par les t&#226;ches administratives et les activit&#233;s p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lise&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;nom modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, attach&#233;e temporaire d'enseignement et de recherche&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le statut d'ATER est une forme de contrat court &#224; destination des doctorants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; mobilis&#233;e &#224; Aix-Marseille Universit&#233;, nous r&#233;sume le probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;On donnera les moyens aux &#8220;bons&#8221; chercheurs de faire de la recherche et les autres devront faire de l'enseignement. C'est une hi&#233;rarchisation scandaleuse, comme si l'enseignement &#233;tait une punition. Alors que c'est extr&#234;mement important de lier les deux car c'est comme &#231;a qu'on a cr&#233;&#233; l'universit&#233;, en en faisant un endroit de diffusion de la recherche.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2019, le pr&#233;sident du CNRS, Antoine Petit, a eu le m&#233;rite d'annoncer clairement la couleur : dans une tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, il appelait de ses v&#339;ux &#171; &lt;i&gt;une loi ambitieuse, in&#233;galitaire &#8211; oui, in&#233;galitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, &#233;quipes, laboratoires, &#233;tablissements les plus performants &#224; l'&#233;chelle internationale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambiance s&#233;lection naturelle et jungle impitoyable pour le monde universitaire, avec des &#233;tablissements d'excellence qui b&#233;n&#233;ficieront du gros des moyens et pourront proposer des contrats all&#233;chants aux chercheurs les plus en vue, tandis que ceux de seconde zone devront supprimer des formations faute de moyens ou d'enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;sister ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; tout cela, comment se mobiliser dans un monde universitaire plus habitu&#233; aux s&#233;minaires feutr&#233;s qu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ? Et surtout, comment faire pression sur des institutions qui embauchent pour quelques mois seulement, payent au lance-pierre et entretiennent une grande concurrence au sein de leur personnel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s d&#233;cembre 2019, des tribunes de m&#233;contentement ont &#233;t&#233; publi&#233;es. Des revues scientifiques ont stopp&#233; leurs publications. Puis certains personnels (souvent les plus pr&#233;caires) se sont mis en gr&#232;ve. Le d&#233;but de l'ann&#233;e 2020 a &#233;t&#233; rythm&#233; par diverses actions : assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, travail d'information, r&#233;tention des notes, cours et conf&#233;rences libres, d&#233;mission des fonctions administratives. Le 5 mars, des dizaines de milliers de personnes ont manifest&#233; contre la LPPR, tandis que des dizaines d'&#233;tablissements &#233;taient occup&#233;s par des actions diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons qu'imaginer ce qu'aurait donn&#233; la suite de ce mouvement sans la fermeture des facs. Mais pour &#201;lise, la situation actuelle pose d'autres questions inqui&#233;tantes : &#171; &lt;i&gt;Avec cette fermeture, ce qui est pernicieux ce sont les cours &#224; distance. L'enjeu derri&#232;re, c'est le&lt;/i&gt; e-learning &lt;i&gt;et le d&#233;veloppement de tout ce&lt;/i&gt; bullshit&lt;i&gt; d'universit&#233; nouvelle g&#233;n&#233;ration o&#249; on d&#233;valorise la relation entre l'enseignant et l'&#233;tudiant en disant que demain on pourra obtenir un dipl&#244;me en regardant une cha&#238;ne YouTube. Il faut faire attention &#224; ne pas donner l'illusion qu'il y a une r&#233;elle continuit&#233; p&#233;dagogique. L'enseignement &#224; distance fige les in&#233;galit&#233;s sociales, entre ceux qui ont un ordinateur ou pas, qui ont une bonne connexion ou non...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus efficace qu'une pand&#233;mie, cette nouvelle &#233;tape dans la minutieuse entreprise de d&#233;mant&#232;lement du service public men&#233;e par les gouvernements successifs aura-t-elle la peau de l'Universit&#233; publique ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les calculs de la Conf&#233;d&#233;ration des jeunes chercheurs, les vacataires sont pay&#233;s en dessous du Smic horaire, en &#233;quivalence de travail effectif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les plus grosses start-up du monde, valoris&#233;es chacune &#224; plus d'un milliard de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le statut d'ATER est une forme de contrat court &#224; destination des doctorants en fin de th&#232;se et des docteurs fra&#238;chement dipl&#244;m&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Facs en gr&#232;ve : &#171; Cette loi ne va faire qu'amplifier la pr&#233;carit&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Facs-en-greve-Cette-loi-ne-va</link>
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		<dc:date>2020-03-04T17:16:27Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Ce jeudi 5 mars, &#171; l'universit&#233; et la recherche s'arr&#234;tent &#187;. Une journ&#233;e &#171; fac morte &#187; qui marque un jalon important dans la lutte que m&#232;ne depuis trois mois le monde universitaire contre une &#233;ni&#232;me r&#233;forme gouvernementale d'inspiration n&#233;olib&#233;rale. Le projet contest&#233; accentuera la mainmise du politique (et des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s) sur le scientifique, tout en aggravant la pr&#233;carit&#233; d&#233;j&#224; massive du personnel. Comment faire plier la Macronie ? Entretien avec une jeune enseignante-chercheuse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sciences" rel="tag"&gt;Sciences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-enseignement-superieur" rel="tag"&gt;l'enseignement sup&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mobilisation" rel="tag"&gt;mobilisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce jeudi 5 mars, &#171; &lt;i&gt;l'universit&#233; et la recherche s'arr&#234;tent&lt;/i&gt; &#187;. Une journ&#233;e &#171; fac morte &#187; qui marque un jalon important dans la lutte que m&#232;ne depuis trois mois le monde universitaire contre une &#233;ni&#232;me r&#233;forme gouvernementale d'inspiration n&#233;olib&#233;rale. Le projet contest&#233; accentuera la mainmise du politique (et des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s) sur le scientifique, tout en aggravant la pr&#233;carit&#233; d&#233;j&#224; massive du personnel. Comment faire plier la Macronie ? Entretien avec une jeune enseignante-chercheuse mobilis&#233;e dans un Institut d'&#233;tudes politiques de province.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH248/-798-20d33.jpg?1768649505' width='400' height='248' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;B&lt;/span&gt;ranle-bas de combat dans les universit&#233;s fran&#231;aises. Au programme ce jeudi 5 mars : une journ&#233;e nationale de mobilisation, avec comme mot d'ordre &#171; &lt;i&gt;L'universit&#233; et la recherche s'arr&#234;tent&lt;/i&gt; &#187;. L'objet de la col&#232;re ? Le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), cens&#233; r&#233;pondre &#224; la situation pr&#233;occupante dans laquelle l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de financements, manque de postes d'enseignants titulaires et comp&#233;tition accrue : sur le constat, les personnels mobilis&#233;s rejoignent globalement les &#171; experts &#187; mandat&#233;s par le gouvernement pour proposer des solutions. Probl&#232;me : pour r&#233;sorber l'incendie, ces derniers proposent d'alimenter le feu. Dans leurs rapports rendus publics fin 2019, ils pr&#233;conisent ainsi de g&#233;n&#233;raliser les contrats courts et pr&#233;caires, de placer le monde universitaire sous le joug d'&#233;valuations manag&#233;riales et de financer la recherche selon des logiques de rentabilit&#233; ou de politiques publiques prioritaires. La libert&#233; scientifique l&#224;-dedans ? &#201;vanouie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette attaque en r&#232;gle, des chercheurs et enseignants se mobilisent. C'est particuli&#232;rement le cas des personnels pr&#233;caires, dont la situation ne pourra &#234;tre qu'aggrav&#233;e par la r&#233;forme gouvernementale. Entretien, donc, avec une jeune enseignante-chercheuse particuli&#232;rement remont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand a d&#233;but&#233; la mobilisation contre le projet de loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le projet avait d&#233;j&#224; fait un peu parler de lui en cours d'ann&#233;e, mais la mobilisation a surtout commenc&#233; en d&#233;cembre 2019, apr&#232;s la publication des trois rapports des groupes d'experts. &#199;a s'est lanc&#233; essentiellement &#224; Paris, avec notamment le collectif Rogue ESR &lt;i&gt;[regroupant des professionnels de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche en d&#233;saccord avec la ligne n&#233;olib&#233;rale du gouvernement]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des premi&#232;res actions fut de r&#233;pondre collectivement &#224; une candidature pour pr&#233;sider le HCERES [&lt;i&gt;Haut conseil de l'&#233;valuation de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur, charg&#233; d'&#233;valuer les organes de recherche publique et les &#233;tablissements de l'enseignement sup&#233;rieur]&lt;/i&gt;, pour &#233;viter qu'une personne de l'administration ou un technocrate ne prenne ce r&#244;le-l&#224;. 5 000 personnes issues de la recherche ont d&#233;j&#224; sign&#233; la p&#233;tition pour une candidature collective, et sur ce nombre, 1 300 personnes ont envoy&#233; leur candidature pour chambouler le dispositif de s&#233;lection et pour symboliquement montrer que le personnel de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche (ESR) valorise l'&#233;valuation par les pairs et non par des personnes ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des s&#233;minaires ont aussi &#233;t&#233; annul&#233;s fin d&#233;cembre, des labos ont &#233;crit des motions... Dans mon IEP &lt;i&gt;[Institut d'&#233;tudes politiques]&lt;/i&gt;, c'est ainsi que &#231;a s'est lanc&#233;, par une motion r&#233;dig&#233;e en janvier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que Sciences Po est un lieu familier des mobilisations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De ce que j'ai entendu, historiquement la mobilisation a toujours &#233;t&#233; compliqu&#233;e dans mon IEP. C'est un espace s&#233;lectif, qui se consid&#232;re un peu privil&#233;gi&#233; et pas forc&#233;ment touch&#233; par les diff&#233;rentes r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part on &#233;tait une petite dizaine de contractuels et de doctorants d&#233;j&#224; politis&#233;s &#224; essayer de se bouger et de rassembler des gens. On a commenc&#233; par une premi&#232;re r&#233;union d'information et discussion sur la mobilisation. L'id&#233;e &#233;tait de se rencontrer et de parler de ce projet de loi et de potentielles revendications ou modalit&#233;s de mobilisations au sein de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ainsi &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; d'organiser un &lt;i&gt;die-in&lt;/i&gt; pour les journ&#233;es portes ouvertes de l'IEP, d&#233;but f&#233;vrier, avec une procession o&#249; on &#233;tait tous habill&#233;s en noir. &#199;a a &#233;t&#233; un moment de tension un peu forte avec l'administration. Les organisateurs &#233;taient assez flipp&#233;s qu'on g&#226;che leur &#233;v&#232;nement, que &#231;a donne une mauvaise image de Sciences Po, et ils ont essay&#233; de n&#233;gocier pour qu'on ne le fasse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; &#231;a, deux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont eu lieu. La premi&#232;re, d&#233;but f&#233;vrier, a r&#233;uni plusieurs centaines de personnes. Ce fut le premier large espace de mobilisation, avec des &#233;tudiants et &#233;tudiantes motiv&#233;s pour mobiliser leurs camarades et montrer que la LPPR allait impacter leurs conditions d'&#233;tude. Ils se sont saisis de cet espace pour alerter sur la pr&#233;carit&#233; &#233;tudiante, qui existe m&#234;me si on est &#224; Sciences Po. &#192; la deuxi&#232;me AG, on a discut&#233; de ce qu'on allait faire pour le 5 mars. L'appel &#224; mobilisation vient de la coordination nationale des facs et labos en lutte, avec le slogan &#8220;On arr&#234;te tout&#8221;. L'id&#233;e est d'occuper les lieux, avec des affichages sur les conditions de travail et d'&#233;tude, des ateliers banderole, des moments de discussion sur la LPPR et sur des sujets plus sp&#233;cifiques &#224; la condition &#233;tudiante. Il y a aussi la volont&#233; d'avoir un espace pour parler des violences sexuelles et sexistes dans l'ESR, puisqu'il y a eu plusieurs affaires, notamment dans cet IEP-l&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que les mobilisations des avocats ou des cheminots r&#233;ussissent &#224; capter l'attention, celle du monde universitaire n'attire pas les projecteurs...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que c'est li&#233; &#224; diff&#233;rentes choses. Il y a un fort entre-soi dans ce milieu professionnel, et c'est tr&#232;s dur d'en sortir. Il y a une difficult&#233; &#224; rendre accessibles nos univers de travail, &#224; la fois sur le fond &#8211; ce sur quoi on travaille &#8211; et sur nos conditions de travail. Souvent on peut &#234;tre per&#231;us comme le st&#233;r&#233;otype du fonctionnaire ; une copine me disait : &lt;i&gt;&#8220;C'est bien que tu m'expliques un peu ces questions-l&#224; parce que pour moi 192 heures d'enseignement par an c'est rien, on a l'impression que vous faites rien.&#8221;
&lt;/i&gt;
C'est &#233;galement li&#233; au fait que m&#234;me si on travaille sur des questions politiques, il y a un manque de politisation tr&#232;s fort. On parle aussi de convergence des luttes, mais &#231;a pose vraiment question. En un peu plus de dix ans, j'ai tr&#232;s rarement vu le personnel universitaire se joindre &#224; d'autres luttes. Apr&#232;s, sur ce mouvement c'est int&#233;ressant de voir que ceux qui se sont mobilis&#233;s l'ont fait en se positionnant aussi contre la r&#233;forme des retraites, qui va nous toucher &#233;galement. Il y a donc un d&#233;but de rapprochement avec d'autres professions et secteurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s ce 5 mars, est-ce qu'il y a des perspectives, est-ce qu'on peut envisager que des personnels se mettent en gr&#232;ve, comme c'est d&#233;j&#224; le cas dans quelques &#233;tablissements ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a en tout cas un appel &#224; la gr&#232;ve &#224; partir du 5 mars, et une nouvelle coordination nationale se r&#233;unira &#224; Paris les 6 et 7 mars. Personnellement je pense qu'il faudrait aussi passer &#224; des choses plus s&#233;rieuses, des actions plus d&#233;rangeantes. Par exemple la r&#233;tention de notes (qui est appliqu&#233;e dans certains d&#233;partements de quelques universit&#233;s), parce que l&#224; j'ai l'impression qu'on ne d&#233;range pas grand monde. Apr&#232;s mon point de vue n'est pas du tout partag&#233; par tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait &#233;galement discut&#233; avec quelques coll&#232;gues de mettre 15 &#224; tout le monde sur le contr&#244;le continu, ou de le supprimer, ou ne pas aller aux jurys des m&#233;moires, ou d&#233;missionner des t&#226;ches administratives. Mais le probl&#232;me dans nos m&#233;tiers, c'est qu'on a peu de moyens d'action pour mettre la pression, on ne va pas bloquer le pays, quoi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, des revues se d&#233;clarent en gr&#232;ve, mais pour autant elles continuent de faire leur travail &#233;ditorial. La majorit&#233; se dit que si on se met en gr&#232;ve, c'est contre-productif, parce qu'on ne participe plus &#224; notre r&#244;le de diffusion des savoirs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que &#231;a repr&#233;sente d'&#234;tre enseignant pr&#233;caire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Moi je suis passionn&#233;e par ce que je fais, j'adore enseigner. &#199;a donne du sens &#224; nos recherches aussi, et l'un ne va pas sans l'autre. Pour autant, dans ce boulot, on nous r&#233;p&#232;te depuis des ann&#233;es, et on l'observe aussi, qu'il y a de moins en moins de postes. On se professionnalise vers un m&#233;tier o&#249; on n'est vraiment pas s&#251;rs d'avoir un poste. &#199;a joue sur le moral, parce que du coup il y a une comp&#233;tition de dingue dans ce milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis on ne t'a pas form&#233; &#224; ce m&#233;tier. Tu enseignes, tu fais ta recherche et c'est en faisant que tu apprends. &#199;a te met dans des situations de fragilit&#233; ou de vuln&#233;rabilit&#233; parfois un peu inconfortables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi une forme de pression : la comp&#233;tition est tellement forte qu'on se dit qu'il faut qu'on mette le plus de chances de notre c&#244;t&#233;. Qu'il faut qu'on publie pendant notre th&#232;se des articles sur nos recherches, qu'on communique dans un maximum de conf&#233;rences et de colloques internationaux, qu'on publie en anglais. Il faut faire partie de collectifs de recherche, int&#233;grer des comit&#233;s de r&#233;daction de revues, diriger des num&#233;ros de revue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus on commence tr&#232;s souvent par enseigner en faisant des vacations, donc dans des conditions de travail ultra-pr&#233;caires. On est tr&#232;s mal pay&#233;s &#8211; et avec des mois de retard &#8211;, on ne cotise ni au ch&#244;mage ni &#224; la retraite , et on paie des frais d'inscription dans l'institution o&#249; on travaille ! Des trucs compl&#232;tement dingues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cela le fait qu'en sciences humaines, on nous pousse &#224; faire des th&#232;ses en trois ou quatre ans&#8230; Cette dur&#233;e est calcul&#233;e par mim&#233;tisme avec le mod&#232;le des sciences dures (non sociales), mais c'est infaisable si on veut faire un travail abouti. &#199;a ne se fait jamais en trois ans, ce que j'observe c'est plus cinq, six voire sept ans. Tout &#231;a participe &#224; ce que ce soit &#224; la fois un m&#233;tier passionnant, mais aussi extr&#234;mement sous pression sans aucune assurance d'un boulot derri&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au final, pendant cette p&#233;riode d'attente d'un poste de titulaire, tu restes tout le temps dans l'incertitude...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, l'issue de la th&#232;se, c'est une autre aventure qui commence. La th&#232;se c'est la fin de rien, c'est plus le d&#233;but de la gal&#232;re pour trouver un poste. Un des challenges c'est aussi d'essayer de rendre visible ce que sont nos m&#233;tiers pour casser cette image de &#8220;On se branle la nouille &#224; longueur de temps.&#8221; Je ne connais aucun doctorant ou doctorante qui se branle la nouille, &#231;a n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration des cours prend beaucoup de temps, le suivi avec les &#233;tudiants et &#233;tudiantes, les corrections. Il y a aussi toutes les r&#233;unions de travail avec l'&#233;quipe p&#233;dagogique. Ceux qui ont un poste &#224; mi-temps parviennent quand m&#234;me &#224; travailler sur leur th&#232;se, mais ceux qui enseignent &#224; plein-temps n'ont quasiment pas le temps. Ce projet de loi ne va faire qu'amplifier toute cette pr&#233;carit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et ce temps de transition avant la titularisation va &#234;tre institutionnalis&#233; par les dits &#171; contrats de projet &#187;, qui permettent aux institutions de recruter des personnes qualifi&#233;es en CDD (d'un &#224; six ans), pour des missions sp&#233;cifiques&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Totalement. Tout &#231;a consiste &#224; normaliser la pr&#233;carit&#233; et r&#233;duire l'autonomie de la recherche par rapport au priv&#233;, sur le contenu des recherches et sur son &#233;valuation. La recherche a toujours &#233;t&#233; &#233;valu&#233;e, c'est le principe de l'&#233;valuation par les pairs et personne n'est contre ce fonctionnement. Mais quels crit&#232;res d'&#233;valuation seraient utilis&#233;s ? L&#224; ce qu'ils veulent mettre en avant c'est tout le syst&#232;me de la bibliom&#233;trie : une &#233;valuation quantitative et pas du tout qualitative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; du retrait du projet de loi, quelles sont les revendications des personnels mobilis&#233;s ? Quelles mesures pourrait-on imaginer pour am&#233;liorer vraiment la situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faudrait une d&#233;cision politique de financement massif des universit&#233;s fran&#231;aises par le gouvernement, pour recruter du personnel enseignant et administratif. On a peu parl&#233; du personnel administratif, mais le taux de contractualisation est aussi tr&#232;s fort chez eux. Il y a un &lt;i&gt;turnover&lt;/i&gt; dingue et donc pas de m&#233;moire de l'institution. &#199;a les emp&#234;che aussi de se mobiliser. Il faudrait ouvrir des postes de ma&#238;tre de conf&#233;rences, titulariser les personnels pr&#233;caires, qui pour certains font le m&#234;me nombre d'heures que les titulaires. Leur donner des conditions d'enseignement et de recherche qui leur permettent de travailler correctement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#233;galement favoriser l'autonomie de la recherche et prendre en compte le temps long. Le syst&#232;me de la recherche par projets via l'ANR &lt;i&gt;[Agence nationale de la recherche, qui finance la recherche publique et partenariale]&lt;/i&gt;, ce sont des financements de cinq ans, par des grosses &#233;quipes, sur des sujets parfois fl&#233;ch&#233;s qui int&#233;ressent les politiques publiques. Il faut faire des rapports &#224; mi-parcours qui viennent pr&#233;senter des r&#233;sultats que des fois tu n'as pas, et que tu inventes parce que c'est juste pas la bonne temporalit&#233; pour produire des r&#233;sultats concrets. Sur ton projet de recherche commenc&#233; il y a deux ans, quand tu fais des sciences sociales qualitatives, t'es encore dans la production de donn&#233;es empiriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ce sont les deux grosses revendications. Elles sont assez basiques, mais &#224; l'heure actuelle... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle place pour les sciences sociales dans une recherche planifi&#233;e de mani&#232;re productiviste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Clairement, cette r&#233;forme pose la question de l'autonomie de la recherche et de la production du savoir. Est-ce que les sciences sociales ont pour vis&#233;e de devenir des sciences de gouvernement ? Ou est-ce que produire du savoir scientifique c'est prendre le temps de se planter, d'aller dans une direction puis de changer ? C'est comme &#231;a que se produit un vrai savoir scientifique, qui prend le temps de se poser des questions et qui n'est pas influenc&#233; par une commande d'une institution, publique ou priv&#233;e d'ailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'universit&#233;, un lieu d'exp&#233;rimentation de la pr&#233;carit&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-universite-un-lieu-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-universite-un-lieu-d</guid>
		<dc:date>2019-08-19T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
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		<dc:subject>l'Universit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;caires</dc:subject>
		<dc:subject>frais d'inscription</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le collectif national des pr&#233;caires de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche a &#233;t&#233; fond&#233; en 2016. Regroupant plus de vingt collectifs locaux autonomes dans toute la France, il d&#233;nonce la pr&#233;carisation en cours dans les universit&#233;s, l'obsession de la rentabilit&#233; et les jeux de pouvoir syst&#233;miques. Discussion collective avec des doctorants en lutte de Paris 1, Paris 8 et Aix-Marseille.Et attention, ils sont chauds comme des baraques &#224; frites. R&#233;sistance doctorale ! Universit&#233; Paris 1 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicats" rel="tag"&gt;syndicats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Universite" rel="tag"&gt;l'Universit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/precaires" rel="tag"&gt;pr&#233;caires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/frais-d-inscription" rel="tag"&gt;frais d'inscription&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif national des pr&#233;caires de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche a &#233;t&#233; fond&#233; en 2016. Regroupant plus de vingt collectifs locaux autonomes dans toute la France, il d&#233;nonce la pr&#233;carisation en cours dans les universit&#233;s, l'obsession de la rentabilit&#233; et les jeux de pouvoir syst&#233;miques. Discussion collective avec des doctorants en lutte de Paris 1, Paris 8 et Aix-Marseille.Et attention, ils sont chauds comme des baraques &#224; frites. R&#233;sistance doctorale !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH555/-1232-49283.jpg?1768649711' width='400' height='555' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Universit&#233; Paris 1 Sorbonne. Caf&#233; Le Duc, rue de la Sorbonne, Paris 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Tout a commenc&#233; en mai 2015, par une r&#233;union des repr&#233;sentant.e.s des &#233;coles doctorales, en Histoire, G&#233;ographie, Philosophie, etc., concernant les dates de rendu des th&#232;ses que l'administration venait d'avancer au mois d'octobre. Jusqu'ici, si on rendait sa th&#232;se avant d&#233;cembre, on ne devait pas se r&#233;inscrire. D&#233;sormais, il allait falloir payer de nouveaux frais d'inscription. Parall&#232;lement, les doctorant.e.s affili&#233;. e.s &#224; la section Sud &#201;ducation de Paris 1 ont commenc&#233; &#224; r&#233;agir. D'autant que dans la foul&#233;e, une autre mesure est tomb&#233;e, &#224; savoir la suppression des frais d'exon&#233;ration pour les doctorant.e.s financ&#233;.e.s de l'Universit&#233; : jusque-l&#224;, &#224; Paris 1, les doctorant. e.s qui obtenaient un financement de la fac &#233;taient exon&#233;r&#233;.e.s de leurs frais d'inscription, car consid&#233;r&#233;.e.s comme des salari&#233;.e.s de l'Universit&#233;. Or, cette exon&#233;ration a &#233;t&#233; supprim&#233;e en catimini par le Conseil d'administration en juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; En utilisant le fait que nous ayons encore un statut d'&#233;tudiant.e, ils nous faisaient payer pour travailler pour eux en tant que chercheur.e.s et profs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Les r&#233;unions et AG organis&#233;es par les repr&#233;sentant.e.s des doctorant.e.s ont r&#233;uni d&#232;s le d&#233;but des syndiqu&#233;.e.s &#224; Sud &#201;ducation (personnel et enseignant.e.s) et &#224; l'Unef (&#233;tudiant.e.s) &#8211; les doctorant.e.s ayant le double statut de personnel et d'&#233;tudiant.e.s &#8211;, mais surtout des non syndiqu&#233;.e.s. En &#233;changeant sur nos exp&#233;riences, on s'est rendu compte que les doctorant. e.s &#233;taient trait&#233;.e.s de diff&#233;rentes mani&#232;res selon les disciplines, mais que les abus &#233;taient assez r&#233;pandus. Nous avons d&#233;couvert une banalisation des pratiques ill&#233;gales au sein des &#233;coles doctorales : heures suppl&#233;mentaires non pay&#233;es, personnes travaillant sans contrat, corrections de copies hors service, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; On nous fait corriger gratuitement des copies suppl&#233;mentaires qui ne correspondent pas aux mati&#232;res qu'on enseigne. On s'est donc rendu compte que la question des frais d'inscription n'&#233;tait qu'une petite partie du probl&#232;me et qu'elle ne concernait qu'une minorit&#233; de doctorant.e.s : les contractuel.le.s et les Attach&#233;.e.s temporaires d'enseignement et de recherche (Ater). Nous sommes pour la plupart vacataires, sans financement, ou travaillons &#224; c&#244;t&#233; pour payer nos &#233;tudes. Une de nos difficult&#233;s tenait pr&#233;cis&#233;ment &#224; notre &#233;clatement : nous avions des parcours diff&#233;rents et appartenions &#224; des disciplines distinctes ; nos degr&#233;s d'engagement et nos orientations politiques &#233;taient parfois divergents. En droit, par exemple, l'id&#233;e d'un mouvement collectif, d'une lutte sociale ou d'un rapport de force &#233;tait loin d'&#234;tre acquise ! Cela a jou&#233; dans le r&#244;le assign&#233; aux syndicats, car on ne voulait pas que leur pr&#233;sence soit un frein &#224; la participation d'un certain nombre de personnes. Les syndicats &#233;taient aussi per&#231;us tr&#232;s diff&#233;remment selon les personnes mobilis&#233;es : m&#234;me s'ils ont jou&#233; un r&#244;le dans le mouvement, expliciter ou afficher ce r&#244;le a toujours suscit&#233; des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; On pr&#233;sente alors une liste de revendications communes &#224; la pr&#233;sidence de Paris 1, qui rejette tout en bloc. Ces revendications ont aussi fait l'objet d'une p&#233;tition qui a recueilli plus de 850 signatures, et d'une motion de soutien sign&#233;e par pr&#232;s d'une centaine de titulaires. C'&#233;tait juste avant les &#233;lections pour renouveler la pr&#233;sidence et les conseils centraux. Nous avons donc choisi d'y pr&#233;senter des listes (Doctorant. e.s mobilis&#233;.e.s pour l'Universit&#233;) en tant qu'enseignant.e.s et &#233;tudiant.e.s, ce qui a abouti &#224; l'&#233;lection d'une de nos candidates au conseil d'administration et &#224; la pr&#233;sence d'&#233;lu.e.s dans tous les conseils centraux. Cela a bouscul&#233; les habitudes des titulaires qui voient rarement des non titulaires si&#233;ger avec eux &#8211; et les n&#244;tres, car il fallait jouer le jeu institutionnel et continuer la lutte de terrain en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Les profs pouvaient nous soutenir sur des revendications sp&#233;cifiques, notamment pour les contractuel.le.s consid&#233;r&#233;.e.s par eux comme les meilleurs &#233;l&#233;ments, mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; &#8230; il y a beaucoup d'hypocrisie de la part des profs titulaires qui se disent engag&#233;. e.s pour des sujets politiques hors de l'universit&#233;, mais qu'on n'entend plus quand &#231;a concerne leur lieu de travail. Ils nous mettent m&#234;me souvent des b&#226;tons dans les roues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Par ailleurs, le syst&#232;me universitaire est tr&#232;s d&#233;favorable &#224; la mobilisation et &#224; la lutte, car l'essentiel de la titularisation fonctionne sur la base de la cooptation. Puisqu'on est recrut&#233;.e.s par nos pair.e.s, aucun.e doctorant.e n'a int&#233;r&#234;t &#224; se mettre en porte &#224; faux vis-&#224;-vis des profs qui ont le pouvoir de le recruter et d'assurer sa carri&#232;re d'enseignant.e. D'o&#249; le chantage qui ne dit pas son nom : accepte de bosser gratuitement si tu veux continuer &#224; travailler &#224; l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; On est dans un univers extr&#234;mement concurrentiel &#224; cause de la baisse des budgets de la recherche depuis des ann&#233;es. Il n'y a pas assez de postes ouverts &#224; l'Universit&#233;, donc chacun.e essaie de remplir son CV au maximum, quitte &#224; bosser gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Le processus d'&#233;lection du nouveau pr&#233;sident a r&#233;v&#233;l&#233; un syst&#232;me de tractations de couloirs qui nous a conduit &#224; nous abstenir pour l'&#233;lection de la pr&#233;sidence. Par ailleurs, les promesses qui nous avaient &#233;t&#233; faites avant les &#233;lections n'ont pas &#233;t&#233; imm&#233;diatement tenues. Afin de faire bouger les choses, une action collective est lanc&#233;e en mai 2016 : la r&#233;tention des notes tant que nos revendications ne seront pas satisfaites. Tou.te.s celles et ceux qui parmi nous enseignent ne rendent pas les notes des copies corrig&#233;es pour l'examen final du second semestre. Cela met l'administration dans une situation tr&#232;s compliqu&#233;e, car ils ont des d&#233;lais l&#233;gaux de traitement pr&#233;cis pour que les rattrapages se fassent dans les temps. Tr&#232;s vite, la plupart des enseignant.e.s titulaires qui avaient entam&#233; l'action avec nous l&#226;chent l'affaire. On se retrouve &#224; une soixantaine de pr&#233;caires et une poign&#233;e de titulaires pour tenir bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Lors du conseil d'administration, nous pr&#233;sentons plusieurs motions : le retour &#224; l'exon&#233;ration des frais d'inscription pour les contractuel.le.s et les Ater, l'extension de cette exon&#233;ration aux vacataires, et la mensualisation des salaires des doctorant.e.s vacataires, qui sont pour l'instant pay&#233;s en une fois, six mois apr&#232;s le premier jour de travail. Enfin, la fin du travail gratuit, pour les cours ou les copies suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; Et la cr&#233;ation d'un Observatoire de la pr&#233;carit&#233; &#224; l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; La seule motion qui a fait consensus, c'est celle de l'exon&#233;ration pour les contractuel.le.s, car les profs les consid&#232;rent davantage comme des pair.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Du coup, la lutte continue, on tient une semaine de plus sur la r&#233;tention des notes. Le CA finit par c&#233;der sur la mensualisation des vacations, pour la rentr&#233;e 2017, et l'Observatoire de la pr&#233;carit&#233;. Sur l'exon&#233;ration des vacataires, elle est repouss&#233;e &#224; 2017, et en attendant, ils peuvent &#234;tre exon&#233;r&#233;s des frais d'inscription sur crit&#232;res sociaux. La victoire n'est pas totale, mais quand m&#234;me de taille ; on finit par rendre les notes et par aider les personnels administratifs &#224; les enregistrer, pour ne pas les p&#233;naliser davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233;, &#231;a a aussi &#233;t&#233; la rentr&#233;e de la mobilisation. On n'&#233;tait pas s&#251;r.e.s que les promesses seraient tenues, et on s'est demand&#233;.e.s si on devait constituer un collectif de pr&#233;caires plus large, qui pourrait accueillir aussi les revendications du personnel administratif, des docteurs, des biblioth&#233;caires, etc. Aujourd'hui, No&#235;l approche, la mensualisation des salaires n'est pas du tout en route, et on nous redemande de corriger des copies non pay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Depuis le d&#233;part, la question de la place des syndicats dans notre lutte pose probl&#232;me. Pour certain.e.s, on ne fait pas s&#233;rieux sans syndicat derri&#232;re nous. Pour d'autres, les mettre en avant, c'est se couper de tou.te.s celles et ceux qui s'en m&#233;fient. On a finalement opt&#233; pour ne pas s'affilier explicitement aux syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; Ce qui fait peur &#224; certain.e.s, c'est qu'il pourrait y avoir une r&#233;cup&#233;ration politique par des syndicats d&#233;j&#224; constitu&#233;s, qui ont des positions politiques plus englobantes que celle du collectif pour le moment. Nous sommes n&#233;anmoins nombreux &#224; les partager, et il faut admettre que la mobilisation aurait &#233;t&#233; difficile sans eux. Il y a toutefois diff&#233;rents points de vue qui s'affrontent &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Certain.e.s doctorant.e.s de Paris 1, clairement hostiles &#224; toute mention de la lutte des classes, ne voulaient pas se rapprocher de celles et ceux qui manifestaient dans les rues contre la loi Travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; Le collectif national des pr&#233;caires de l'ESR est n&#233; pendant la loi Travail, mais il n'a pas de pouvoir d&#233;cisionnaire : ce n'est qu'une coordination des luttes men&#233;es au sein de chaque universit&#233;. Chaque groupe local d&#233;cide de quoi faire dans sa fac, selon le contexte et les r&#233;glementations auxquelles il est confront&#233;. Cela donne des situations &#233;tonnantes : par exemple, c'est &#224; Paris 1 qu'on a pour l'instant obtenu le plus d'avanc&#233;es, avec les actions les plus radicales, alors que parall&#232;lement, seule une petite partie du collectif &#233;tait vraiment active pendant le mouvement de la loi Travail, ou &#224; Nuit Debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; L'enjeu des collectifs locaux maintenant, c'est d'arriver &#224; articuler la mobilisation au niveau local et la coordination nationale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris 8 Saint-Denis et Universit&#233; Aix-Marseille. Bar de la Passerelle, rue des Trois Mages, Marseille 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; Le collectif des pr&#233;caires de l'enseignement et de la recherche de Paris 8 s'est cr&#233;&#233; pendant le mouvement contre la loi Travail, qui mettait en avant la question de la pr&#233;carit&#233;, une probl&#233;matique que les syndicats ont du mal &#224; appr&#233;hender, car ils syndiquent peu de pr&#233;caires, notamment chez les enseignant.e.s et chercheur.e.s. L'envie premi&#232;re &#233;tait de nous organiser entre coll&#232;gues vivant la m&#234;me r&#233;alit&#233;. L'Universit&#233;, et la fonction publique en g&#233;n&#233;ral, est pourtant depuis longtemps un lieu d'exp&#233;rimentation de la pr&#233;carit&#233;. Depuis la rentr&#233;e, on s'est concentr&#233; sur l'exon&#233;ration de frais d'inscription pour les doctorant.e.s. On s'est mis en lien avec l'intersyndicale &#8211; je suis pour ma part &#224; la CGT &#8211;, qui organise relativement bien les personnels non-enseignants (Biatoss) pour pouvoir recenser les probl&#232;mes de pr&#233;carit&#233; dans les d&#233;partements, les laboratoires, les services de l'Universit&#233;. On essaie enfin de faire de la formation autour de la question des droits du ch&#244;mage. Les administrations ne donnent que trop tardivement les papiers n&#233;cessaires attestant la fin du contrat et permettant de s'inscrire &#224; P&#244;le Emploi, ce qui pose des gros probl&#232;mes de d&#233;lai de carence, et certains coll&#232;gues se font r&#233;guli&#232;rement sucrer deux ou trois mois de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; Pour ma part, je ne suis pas syndiqu&#233;e. L'universit&#233; Aix-Marseille est &#233;clat&#233;e entre plusieurs sites, et notre premi&#232;re difficult&#233; est de faire en sorte que tout le monde se rencontre. Plusieurs doctorant.e.s se sont r&#233;uni.e.s et nous avons constitu&#233; un cort&#232;ge de pr&#233;caires de l'ESR dans les manifs contre la loi Travail. Puis, apr&#232;s une discussion avec Toulouse, Paris 1 et Paris 8, on a organis&#233; la premi&#232;re journ&#233;e nationale contre la pr&#233;carisation de l'Universit&#233; le 13 avril, et de nombreux collectifs ont r&#233;pondu &#224; l'appel, venus de toute la France. C'&#233;tait une victoire de rassembler tous ces gens et de faire un &#233;change d'exp&#233;riences sur ce qui se pratiquait, pour prendre le meilleur. Lors des rencontres, on s'est aper&#231;u.e.s par exemple, que, dans quelques facs, les doctorant.e.s &#233;taient exon&#233;r&#233;s de frais d'inscription, ce dont on n'avait jamais entendu parler. Il y a environ 25 collectifs en France, avec une vingtaine de personnes dans chacun. Ce qui est &#233;norme par rapport &#224; notre tradition d'isolement. Un collectif &#224; Toulouse avait produit une brochure sur la question de la pr&#233;carit&#233; &#224; l'universit&#233; qui nous a beaucoup servi. La notion de pr&#233;carit&#233;, ce n'est pas qu'une question de salaire. Elle articule deux dimensions : la premi&#232;re c'est l'incertitude, tu ne sais pas ce qu'il y aura apr&#232;s. En ce moment, tu as ton contrat de th&#232;se pay&#233; 1600 euros, mais dans trois ans, c'est termin&#233;, et tu ne sais pas ce qui va arriver. Cette dimension implique une seconde notion : les rapports de domination exacerb&#233;s avec les titulaires et directeurs de recherche. Tu ne sais pas ce qui viendra apr&#232;s, donc tu acceptes tout et n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; Lors de notre premi&#232;re AG, une coll&#232;gue a racont&#233; neuf ans de lutte en tant que pr&#233;caire &#224; l'universit&#233;. Dans la salle, il y avait des gens, des n&#233;o-doctorant.e.s, avec des histoires tr&#232;s diff&#233;rentes. Finalement, en d&#233;cortiquant nos cas personnels, on a r&#233;ussi &#224; d&#233;monter ces impasses d'individualisation et &#224; mettre en avant des logiques de surpr&#233;carisation communes. Avec la r&#233;forme qui vient de passer, on nous explique que nos doctorats ne valent que dalle et qu'il faut s'adapter aux besoins du march&#233;. D&#233;velopper notre &#171; portefeuille de comp&#233;tences &#187;. On nous dit, entre les lignes, qu'il n'y aura pas de boulot dans la recherche et qu'il faut &#234;tre capable d'expliquer clairement au patronat ce qu'on sait faire plut&#244;t que ce que l'on sait tout court. C'est un non-sens, les docteur.e.s sont bien ins&#233;r&#233;.e.s sur le march&#233; du travail, tout simplement parce qu'on a d&#233;j&#224; un m&#233;tier : chercheur.e.s. Comme &#224; chaque fois, le probl&#232;me n'est pas la formation, mais les emplois disponibles. Sur ce point, l'&#201;tat-employeur est le premier responsable de la pr&#233;carit&#233; lorsqu'il diminue les budgets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; La logique de rentabilit&#233; implique une pression permanente, si bien qu'on a l'impression de ne plus avoir le droit de se tromper. Quand tu fais de la recherche, il est normal de se planter en permanence pour faire avancer les choses. Nous revendiquons et d&#233;fendons une recherche publique de qualit&#233; qui s'&#233;loigne le plus possible des logiques &#171; rentabilistes &#187;. Pour faire de la recherche, on a besoin de temps. L'intrusion des financeurs priv&#233;s implique qu'il y a recherche du profit dans un temps le plus court possible pour le compte du priv&#233; &#8211; et cette logique va &#224; l'encontre de notre conception d'une recherche collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; La fonction publique emploie de moins en moins de fonctionnaires titulaires : on estime aujourd'hui (selon le minist&#232;re) qu'il y a pr&#232;s de 40% de personnels pr&#233;caires, Biatoss ou enseignant.e.s-chercheur.e.s &#224; l'Universit&#233;. Et ce chiffre ne prend m&#234;me pas en compte les vacataires, totalement invisibilis&#233;. e.s, qu'on estime &#224; 7 000 &#233;quivalents temps plein. Autant de personnes qui ne savent pas d'une ann&#233;e &#224; l'autre, voire d'un semestre &#224; l'autre, de quoi elles vivront, ni o&#249;. Les vacataires ne sont pas pay&#233;.e.s tous les mois, mais tous les six mois, voire plus. Comment payer son loyer dans ces conditions ? &#192; Paris 8, une coll&#232;gue s'est m&#234;me vue propos&#233; de faire un pr&#234;t &#233;tudiant aupr&#232;s de la fac en attendant qu'on lui paie son salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; Par ailleurs, avec les d&#233;lais de plus en plus longs avant d'&#234;tre titularis&#233;, tu peux &#234;tre vacataire et contractuel pendant dix ans, sans cotiser pour la retraite par exemple. La loi Sauvadet de 2012 &#233;tait cens&#233;e lutter contre la multiplication des CDD et ouvrir l'acc&#232;s au CDI ou au fonctionnariat pour les contractuels. Pour contourner cela, Aix-Marseille-Universit&#233; s'est appuy&#233; sur une filiale priv&#233;e, Protisvalor, qui sert de portage salarial : quand tu es sur le point de passer en CDI, hop, on te r&#233;engage via Protisvalor, et on remet les compteurs &#224; z&#233;ro. Du coup, tu continues le m&#234;me boulot, mais avec un employeur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; Les syndicats ont mis du temps &#224; prendre en compte les probl&#232;mes des pr&#233;caires. Dans toute l'histoire des revendications de cat&#233;gories sp&#233;cifiques, il a toujours fallu que les premier.e.s concern&#233;.e.s se mettent en avant et visibilisent leur situation pour que le reste du champ militant le prenne en compte. C'est valable pour les femmes, les travailleurs &#233;trangers, les pr&#233;caires. Les inerties, les lenteurs sp&#233;cifiques &#224; l'universit&#233;, ont fait que &#231;a a pris plus de temps qu'ailleurs. Par ailleurs, il est difficile de se syndiquer en &#233;tant pr&#233;caire. Le propre de la pr&#233;carit&#233;, c'est que tu passes beaucoup de temps &#224; essayer d'en sortir. En tout cas, la relation aux syndicats n'est pas un d&#233;bat clivant &#224; l'int&#233;rieur du mouvement des pr&#233;caires. Tu peux y appartenir en &#233;tant syndiqu&#233;.e ou pas, tant que tu restes ind&#233;pendant.e.s. On a r&#233;ussi &#224; construire une relation d'&#233;change avec les syndicats. Une reconnaissance nationale o&#249; le collectif a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; &#224; l'inter-syndicale nationale de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche par exemple. Les syndicats ont conscience qu'ils ont besoin de ce type de collectifs, car ils sont en difficult&#233; pour toucher les pr&#233;caires, parfois m&#233;fiant.e.s et souvent insaisissables, car on change d'institution- employeur sans arr&#234;t. De notre c&#244;t&#233;, on a conscience que nos revendications ne peuvent pas avancer si on ne cr&#233;e pas des alliances avec l'ensemble des travailleurs, quelles que soient leurs cat&#233;gories, pr&#233;caires ou non. Dans tous les cas, il n'y a pas de contradiction entre les deux. Un collectif unitaire a vocation &#224; s'orienter vers la mobilisation imm&#233;diate, avec les syndicats et au-del&#224; des syndicats. Ces derniers ont toute leur place l&#224;-dedans, mais projettent leur action sur long terme, acqu&#233;rant ainsi une expertise utile. Les deux se compl&#232;tent tr&#232;s bien. Je pense que certain.e.s r&#234;vent du moment o&#249; les syndicats seront adapt&#233;s &#224; recevoir des pr&#233;caires et o&#249; les pr&#233;caires seront pr&#234;ts &#224; se syndiquer aussi. Mais cette jonction l&#224; n'est pas encore faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; Jusqu'alors, on &#233;tait en r&#233;seau peu formalis&#233; de collectifs locaux, qui &#233;taient anciens ou en train de se cr&#233;er, puis on a cr&#233;&#233; ces rencontres nationales pour nous rencontrer, et tenter de coordonner nos actions et revendications &#8211; en partant du constat qu'il y avait d&#233;j&#224; eu des mobilisations locales qui butaient toujours sur le fait qu'&#224; un moment donn&#233;, il fallait passer aux questions nationales, aux questions de budget, aux questions de droit du travail, avoir des circulaires contraignantes de la part des minist&#232;res pour obliger les universit&#233;s &#224; ne pas faire n'importe quoi. On a donc d&#233;cid&#233; au consensus d'une plateforme de revendications. Les copains syndicalistes nous ont dit alors : mais c'est hallucinant, vous avez mis une demi-heure pour vous mettre d'accord ! Ils &#233;taient impressionn&#233;s qu'on d&#233;cide aussi vite, au consensus, parce qu'on parlait de nos exp&#233;riences imm&#233;diates, de notre quotidien. Aussi, le syndicalisme, et c'est normal, est charg&#233; d'histoire, de d&#233;bats, qui ne se r&#233;solvent pas si rapidement. Par exemple, revendiquer des CDI pour les contractuels, &#231;a peut &#234;tre per&#231;u comme une fa&#231;on de participer &#224; la fin du statut de fonctionnaire, et les coll&#232;gues qui ont int&#233;gr&#233; la fonction publique avant qu'explose la pr&#233;carit&#233; y sont &#224; juste titre attach&#233;s. Mais pour nous c'est diff&#233;rent, on tient au statut de fonctionnaire, mais on se dit aussi que, dans l'imm&#233;diat, des CDI, c'est pas si mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; &#192; partir de ces rencontres nationales, on a essay&#233; de cr&#233;er une structure nationale qui nous permette de constituer le collectif national autour de commissions th&#233;matiques sur des questions de revendication, de relation avec la presse, ou juridiques&#8230; Il y a aussi une commission d'animation nationale qui essaie de coordonner le tout, et d'organiser l'&#233;change d'exp&#233;riences, d'informations, de r&#233;pondre aux sollicitations des r&#233;seaux syndicaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; &#192; Toulouse, &#231;a fait un peu plus de trois ans qu'ils tiennent une permanence toutes les semaines. Il y a un bureau avec une porte ouverte, o&#249; tu peux aller dire : moi, ils ne m'ont pas pay&#233;, &#231;a fait tant de temps, qu'est-ce qu'on fait ? Du coup, ils ont r&#233;ussi &#224; monter des petites actions, faire des mini-occupations de l'administration pour mettre la pression. L'id&#233;e est de garder ce lien avec le local, parce qu'on est pris dans le syst&#232;me de l'autonomie des universit&#233;s, qui implique des contextes et des r&#233;glementations multiples. Le patron principal reste le minist&#232;re de l'Enseignement et de la Recherche, mais on doit garder l'articulation avec le local.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; Nanterre, &#171; notre gr&#232;ve de pr&#233;caires &#187;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Cinquante ans apr&#232;s, dans la fac o&#249; d&#233;buta Mai-68, des pr&#233;caires de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche ont repris la lutte. En bloquant les notes de leurs &#233;tudiants, ils et elles ont d&#233;nonc&#233; l'introduction de la s&#233;lection &#224; l'universit&#233;, d&#233;j&#224; mise &#224; mal par une d&#233;cennie de r&#233;formes lib&#233;rales. Ils prennent la plume ici, pour expliquer leur combat. Tribune. Devant la maison des examens d'Arcueil (Val-de-Marne), ce 11 mai au matin, une foule h&#233;t&#233;rog&#232;ne se pr&#233;pare &#224; livrer bataille : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Carte-blanche" rel="tag"&gt;Carte blanche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Universite" rel="tag"&gt;l'Universit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/examens-d-Arcueil" rel="tag"&gt;examens d'Arcueil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton2309-10feb.jpg?1768686929' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinquante ans apr&#232;s, dans la fac o&#249; d&#233;buta Mai-68, des pr&#233;caires de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche ont repris la lutte. En bloquant les notes de leurs &#233;tudiants, ils et elles ont d&#233;nonc&#233; l'introduction de la s&#233;lection &#224; l'universit&#233;, d&#233;j&#224; mise &#224; mal par une d&#233;cennie de r&#233;formes lib&#233;rales. Ils prennent la plume ici, pour expliquer leur combat. Tribune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devant la maison des examens d'Arcueil (Val-de-Marne), ce 11 mai au matin, une foule h&#233;t&#233;rog&#232;ne se pr&#233;pare &#224; livrer bataille : &#224; grands frais, la fac de droit de Nanterre (Hauts-de-Seine) a d&#233;cid&#233; d'y d&#233;placer les partiels, ne pouvant les organiser sur son campus habituel. Celui-ci est enti&#232;rement bloqu&#233;, b&#226;timent de droit compris, fait historique autant que symbolique. Dans la confrontation, avec leurs matraques et leur gaz au poivre, les CRS, eux, ne font pas le tri entre &#233;tudiant.e.s partisans du blocage et candidat.e.s aux examens, personnel universitaire mobilis&#233;, employ&#233;.e.s de La Poste et cheminot.e.s de la gare Saint-Lazare venus soutenir le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nanterre bouillonne depuis plusieurs semaines, malgr&#233; (ou gr&#226;ce) &#224; l'empressement du pr&#233;sident de l'universit&#233; &#224; faire intervenir les CRS le 9 avril pour disperser les contestataires de la loi Orientation et r&#233;ussite des &#233;tudiants (ORE). Mais le temps presse : alors que certains d&#233;partements ont refus&#233; de former des comit&#233;s de s&#233;lection, alors qu'on ne sait pas avec quels moyens seront mont&#233;s les dispositifs voulus par le minist&#232;re dans une universit&#233; cruellement sous-dot&#233;e, il est pr&#233;vu que la machine Parcoursup livre ses premiers r&#233;sultats le 22 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeunes chercheur.e.s en droit, sciences politiques, histoire ou encore philosophie, nous nous retrouvons dans une volont&#233; commune de passer &#224; une autre &#233;tape dans la construction du rapport de force. Non titulaires, c'est-&#224;-dire sans poste fixe, nous assurons pourtant une mission d'enseignement tout en menant une recherche scientifique. Une partie d'entre nous s'est retrouv&#233;e exclue des rares votes &#224; propos de Parcoursup, d'autres se mobilisaient d&#233;j&#224; contre des charges de surveillances et de corrections de copies, non pay&#233;es mais devenues monnaie courante dans le contexte des r&#233;ductions budg&#233;taires. Ensemble, fort.e.s de 68 signatures initiales de jeunes chercheur.e.s, doctorant.e.s, Ater&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Attach&#233;s temporaires d'enseignement et de recherche (enseignant.e.s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, vacataires, au ch&#244;mage ou sans poste, nous d&#233;cidons de nous mettre en gr&#232;ve &#171; pour de vrai &#187; et de retenir les notes de nos &#233;tudiant.e.s. Nous rentrons ainsi dans la confrontation, pour montrer notre d&#233;termination &#224; lutter contre la loi ORE et son dispositif de s&#233;lection sociale, Parcoursup, alors m&#234;me que les actions men&#233;es jusqu'ici au niveau national comme &#224; Nanterre se heurtent &#224; la surdit&#233; de la pr&#233;sidence de l'universit&#233; et du minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'universit&#233; vaut de l'ORE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers r&#233;sultats de Parcoursup confirment nos pr&#233;tendues &#171; &lt;i&gt;sp&#233;culations id&#233;ologiques&lt;/i&gt; &#187; : un &#233;l&#232;ve sur deux en attente, des lyc&#233;es de banlieue sans un seul &#171; oui &#187;. Patience, tout le monde aura une place &#224; la rentr&#233;e, promet le minist&#232;re : c'est un &#171; &lt;i&gt;processus dynamique&lt;/i&gt; &#187;. Chaque jour, les &#233;l&#232;ves, renvoy&#233;.e.s violemment &#224; un statut de seconde zone, attendent anxieusement que les &#171; meilleur.e.s &#187; fassent leur choix et lib&#232;rent des places, qui ne correspondent pas forc&#233;ment &#224; leurs d&#233;sirs. &#192; Nanterre, les responsables des comit&#233;s de s&#233;lection se f&#233;licitent na&#239;vement de la diversit&#233; des crit&#232;res de classement : on pourrait ainsi panacher la liste en usant de discrimination positive, afin d'obtenir une s&#233;lection &#171; la moins injuste &#187; et la plus sociale possible, respectant &#171; l'esprit de Nanterre &#187;. Mais les crit&#232;res de classement, notes et appr&#233;ciations, quotas de boursiers ou d'autres acad&#233;mies, choisis par les formations &#224; travers des comit&#233;s de s&#233;lection volontaires ou nomm&#233;s de force, sont in&#233;vitablement vecteurs des discriminations sociales contre lesquelles la loi joliment nomm&#233;e Orientation et r&#233;ussite des &#233;tudiants pr&#233;tend lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au probl&#232;me qui gr&#232;ve l'universit&#233;, celui du manque de places et de moyens, le gouvernement n'a bien &#233;videmment pas fait le choix de bon sens de r&#233;pondre au besoin d'&#233;ducation de la population &#8211; il faudrait construire cinq universit&#233;s ! Il pr&#233;tend cyniquement que le probl&#232;me, c'est surtout tous ces pauvres qui veulent aller &#224; la fac, et il y r&#233;pond par la s&#233;lection. L'universit&#233; a toujours &#233;t&#233; une machine de reproduction sociale, mais cette fois on ne s'embarrasse m&#234;me plus du droit qu'avait chacun et chacune d'y tenter sa chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Management autoritaire VS pr&#233;caires en gal&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ORE ne s'arr&#234;te pas l&#224; : si l'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures devient un march&#233;, la r&#233;volution manag&#233;riale d&#233;j&#224; en cours &#224; l'universit&#233; s'approfondit. La loi de 2007 (LRU) a impos&#233; aux universit&#233;s l'autonomie dans la gestion de leur budget et de leur masse salariale. Et le plan Campus de 2008 a index&#233; le financement des universit&#233;s &#224; leur &#171; excellence &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; leur capacit&#233; &#224; attirer les fonds priv&#233;s et &#224; produire des profils correspondant &#224; ce que recherche le march&#233; du travail. Le personnel enseignant sacrifie sa recherche scientifique au montage chronophage de projets &#171; innovants &#187; et &#224; la recherche de fonds, et ne peut que faire l'amer constat du sous-encadrement et de la sous-dotation : aucun nouveau poste n'est cr&#233;&#233;, tandis que ceux qui existent sont transform&#233;s en contrats pr&#233;caires, voire en absence de contrats, alors que la masse estudiantine augmente. Pour la seule universit&#233; de Nanterre, en 2016-2017, 97 000 heures d'enseignement, soit l'&#233;quivalent de 500 postes d'enseignement et de recherche &#224; temps plein, &#233;taient assur&#233;es par des vacataires !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH248/-798-20d33.jpg?1768649505' width='400' height='248' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jeunes pr&#233;caires de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, nous sommes donc concern&#233;.e.s &#224; plus d'un titre par la loi ORE. D'abord, parce que c'est nous qui accueillerons et accompagnerons les futur.e.s s&#233;lectionn&#233;.e.s, puisqu'&#224; Nanterre plus de la moiti&#233; des cours de licence sont assur&#233;s par des non-titulaires aux statuts divers &#8211; en contrat doctoral de trois ans, en poste d'Ater d'un an ou en vacation pay&#233;e six mois plus tard. Ensuite, parce qu'en l'absence de cr&#233;ations de postes et donc de d&#233;bouch&#233;s dans la recherche, notre nombre augmente et nous confronte &#224; une situation de concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Nous faisons fonctionner l'universit&#233; avec la certitude de ne pouvoir y trouver un poste, peut-&#234;tre, qu'au terme d'un long parcours de gal&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;branler l'apathie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ne rendant pas les notes de nos &#233;tudiantes et &#233;tudiants, nous avons voulu peser sur les instances dirigeantes de notre universit&#233; pour les obliger, d'une part, &#224; prendre en compte la masse des pr&#233;caires qui font fonctionner la fac, et d'autre part &#224; ouvrir enfin le d&#233;bat sur cette loi appliqu&#233;e &#224; marche forc&#233;e. Nous demandions la neutralisation de Parcoursup, et la cr&#233;ation des places manquantes par un plan d'urgence, comme cela s'&#233;tait d&#233;j&#224; fait en 1969 et 1991. Mais aussi la publication des &#171; algorithmes locaux &#187;, c'est-&#224;-dire de l'ensemble des m&#233;thodes de tri, souvent automatis&#233;es, qui affectent un candidat &#224; un rang dans la liste &#8211; exigence de transparence appel&#233;e m&#234;me par le pr&#233;sident de l'universit&#233;, mais en pratique refus&#233;e tant elle s'apparente &#224; ouvrir &#171; la bo&#238;te de Pandore &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien timide des titulaires, somm&#233;.e.s de g&#233;rer la p&#233;nurie, l'aveu d'impuissance des instances dirigeantes, ainsi que les discours culpabilisants qui nous accusent de sacrifier le dipl&#244;me de nos &#233;tudiant.e.s alors que l'administration &#233;tait pr&#234;te &#224; contourner notre droit de gr&#232;ve en neutralisant nos mati&#232;res, quitte &#224; d&#233;livrer des dipl&#244;mes &#171; en chocolat &#187;, tout cela nous r&#233;v&#232;le une chose : la d&#233;mocratie universitaire n'est qu'une fa&#231;ade. Elle ne cache plus que l'amoncellement des t&#226;ches abrutissantes qui maintiennent chacun et chacune &#224; son poste d'ex&#233;cutant, dans un &#233;tat d'apathie que cette mobilisation nationale aura eu pour m&#233;rite d'&#233;branler. &#192; l'issue de trois semaines de gr&#232;ve, de rencontres st&#233;riles avec des directions d'UFR&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Unit&#233;s de formation et de recherche constituent les diff&#233;rentes branches (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et de multiples pressions, nous avons fini par rendre nos notes. Le combat n'est cependant pas termin&#233;, et en nous appuyant sur les solidarit&#233;s qui en sont n&#233;es, on sera toujours aussi d&#233;ter' &#224; la rentr&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par les 68+ de Nanterre, collectif de pr&#233;caires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Attach&#233;s temporaires d'enseignement et de recherche (enseignant.e.s contractuel.le.s).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Unit&#233;s de formation et de recherche constituent les diff&#233;rentes branches d'une universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Grothendieck : hommage au d&#233;funt ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Grothendieck-hommage-au-defunt</link>
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		<dc:date>2015-03-03T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;line Pessis</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique du monde-laboratoire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Grothendieck</dc:subject>
		<dc:subject>Alexandre Grothendieck</dc:subject>
		<dc:subject>Serge Moscovici</dc:subject>
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		<dc:subject>Jaulin</dc:subject>
		<dc:subject>Moscovici</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Beaucoup ont d&#233;couvert Alexandre Grothendieck &#224; l'occasion de l'hommage m&#233;diatique, &#233;cologiste et pr&#233;sidentiel qui vient de lui &#234;tre rendu suite &#224; son d&#233;c&#232;s le 13&#8200;novembre dernier. La France s'enorgueillit de la disparition de ce &#171; g&#233;nie national &#187;&#8200;&#8211;&#8200;omettant de mentionner que celui-ci resta longtemps, et d&#233;lib&#233;r&#233;ment, apatride. La &#171; communaut&#233; math&#233;matique &#187; salue l'un de ses plus &#233;minents repr&#233;sentants&#8200;&#8211;&#8200;se gardant bien d'&#233;voquer les raisons de son retrait de la recherche au d&#233;but des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-du-monde-laboratoire" rel="tag"&gt;Chronique du monde-laboratoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-ecologie" rel="tag"&gt;l'&#233;cologie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jaulin" rel="tag"&gt;Jaulin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Moscovici" rel="tag"&gt;Moscovici&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH172/image-perma-chronique-du-monde-labo-3-c170b.jpg?1768648918' width='400' height='172' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup ont d&#233;couvert Alexandre &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Hommage-au-Maitre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grothendieck&lt;/a&gt; &#224; l'occasion de l'hommage m&#233;diatique, &#233;cologiste et pr&#233;sidentiel qui vient de lui &#234;tre rendu suite &#224; son d&#233;c&#232;s le 13&#8200;novembre dernier. La France s'enorgueillit de la disparition de ce &#171; g&#233;nie national &#187;&#8200;&#8211;&#8200;omettant de mentionner que celui-ci resta longtemps, et d&#233;lib&#233;r&#233;ment, apatride. La &#171; communaut&#233; math&#233;matique &#187; salue l'un de ses plus &#233;minents repr&#233;sentants&#8200;&#8211;&#8200;se gardant bien d'&#233;voquer les raisons de son retrait de la recherche au d&#233;but des ann&#233;es 1970. C'est que la situation n'a gu&#232;re chang&#233; et qu'il serait de mauvais ton de rappeler que notre g&#233;nie d&#233;missionna avec fracas de son institut de recherche pour cause de financements militaires ! Inutile que les chercheurs &#173;s'inqui&#232;tent de la profonde collusion entre l'entreprise scientifique et les pouvoirs militaires et industriels. Mieux vaut semer l'oubli que de petits Grothendieck&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fort tentant de tisser un parall&#232;le entre la c&#233;l&#233;bration de cette disparition et les analyses de Robert Jaulin, grand ami du math&#233;maticien. Pour ce m&#233;chant sauvage parmi les anthropologues, l'&#233;dification du monumental Crazy Horse Memorial, c&#233;l&#233;brant le grand chef sioux, visait &#224; &#233;touffer la renaissance de l'American Indian movement et venait parachever l'ethnocide des peuples indiens. Et Jaulin d'enfoncer le clou dans la revue de son ami en 1973 : &#171; &lt;i&gt;La civilisation occidentale &#233;tant partout, et ici d'abord, destructrice des civilisations, elle est par construction une d&#233;civilisation : elle engendre une &#8220;soci&#233;t&#233; cimeti&#232;re&#8221;, une soci&#233;t&#233; du silence, f&#251;t-il bruyant.&lt;/i&gt; &#187; Si ce n'est pas une civilisation qui dispara&#238;t avec Grothendieck que l'on qualifie pudiquement de &#171; &lt;i&gt;personnalit&#233; hors norme&lt;/i&gt; &#187;, c'est bien toute une culture critique et un des mouvements contestataires parmi les plus subversifs qu'il s'agit d'enterrer. Mais enfin, me dira-t-on, la presse de cimeti&#232;re n'a-t-elle pas pr&#233;sent&#233; Grothendieck comme un pionnier de l'&#233;cologie ? Oh, si, pour s&#251;r, l'&#233;cologie c'est &#224; la mode ! Yves Cochet, symbole s'il en est de l'&#233;cologisme &#233;lectoral et technocratique, parle m&#234;me &#224; propos du d&#233;funt d'&#171; &lt;i&gt;une &#233;cologie fondamentaliste extr&#234;mement radicale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Politis n&#176;1328, 20-26 novembre 2014.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Mais quant &#224; savoir de quoi rel&#232;ve cette radicalit&#233;, chacun &#233;vite de s'&#233;tendre sur ce qui fut le c&#339;ur de l'&#233;cologie de Grothendieck : la critique de la science et de la recherche en tant que causes essentielles de la crise &#233;cologique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'inviter &#224; relire &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/AlexandreGrothendieck-UneVieDigneDtreVcue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les textes&lt;/a&gt; ou r&#233;&#233;couter les conf&#233;rences&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Survivre et Vivre. Critique de la science, naissance de l'&#233;cologie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui firent de Grothendieck le plus c&#233;l&#232;bre repr&#233;sentant du salutaire mouvement d'autocritique des sciences durant les ann&#233;es 1970, on pr&#233;f&#232;re individualiser son engagement, en s'attardant sur l'ermitage dans lequel il se retira progressivement ou en lui opposant l'&#233;cologisme associatif de Serge Moscovici, d&#233;c&#233;d&#233; deux jours apr&#232;s lui. C'est pourtant c&#244;te &#224; c&#244;te que Moscovici, Grothendieck et Jaulin forg&#232;rent une analyse critique du d&#233;ploiement imp&#233;rialiste des sciences &#171; modernes &#187;, de leur pr&#233;tention &#224; l'universalit&#233;, de leur expropriation du sujet, de leur colonisation et destruction de la sph&#232;re politique comme des autres civilisations, de leur disqualification et rel&#233;gation au pass&#233; et &#224; la nature des sauvages, des femmes ou des paysans et paysannes&#8230;Voir par exemple l'ouvrage collectif&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pourquoi la math&#233;matique ?, Le Seuil, 1974.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Moscovici &#233;voquait comme &#171; &lt;i&gt; premi&#232;re filiation intellectuelle&lt;/i&gt; &#187; du mouvement &#233;cologiste la critique de la science port&#233;e par des scientifiques comme Grothendieck. Loin de la d&#233;croissance de la recherche pr&#244;n&#233;e par ce dernier, de sa critique de l'expertise et sa d&#233;nonciation du mythe d'une r&#233;gulation citoyenne des technosciences, les hommages qui entourent sa mort sont tristement repr&#233;sentatifs de ce que l'&#233;cologie veut bien retenir de ses origines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; n&#176;1328, 20-26 novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Survivre-au-XXe-siecle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Survivre et Vivre&lt;/a&gt;. Critique de la science, naissance de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Pourquoi la math&#233;matique ?&lt;/i&gt;, Le Seuil, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Sauver la recherche, ou la subvertir ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sauver-la-recherche-ou-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Sauver-la-recherche-ou-la</guid>
		<dc:date>2015-01-15T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Matthieu Amiech</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique du monde-laboratoire</dc:subject>
		<dc:subject>social</dc:subject>
		<dc:subject>soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>recherche</dc:subject>
		<dc:subject>fois</dc:subject>
		<dc:subject>for</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>
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		<dc:subject>One-Dimensional Man</dc:subject>
		<dc:subject>soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>technologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 50 ans paraissait aux &#201;tats-Unis un des grands livres politiques du XXe si&#232;cle, One-Dimensional Man de Herbert Marcuse. 116 ans apr&#232;s le Manifeste du Parti communiste, ce philosophe allemand s'essayait &#224; une mise &#224; jour du marxisme que lui inspirait la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, la plus avanc&#233;e des soci&#233;t&#233;s industrielles. Marcuse constatait l'&#233;chec des deux grandes proph&#233;ties d'Engels et Marx : le capitalisme se montrait en fait capable de surmonter ses crises successives et les acteurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-du-monde-laboratoire" rel="tag"&gt;Chronique du monde-laboratoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/social" rel="tag"&gt;social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/for" rel="tag"&gt;for&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marcuse" rel="tag"&gt;Marcuse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/One-Dimensional-Man" rel="tag"&gt;One-Dimensional Man&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe-americaine" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/technologie" rel="tag"&gt;technologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH172/image-perma-chronique-du-monde-labo-2-dae82.jpg?1768654365' width='400' height='172' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a 50 ans paraissait aux &#201;tats-Unis un des grands livres politiques du XXe si&#232;cle, &lt;i&gt;One-Dimensional Man&lt;/i&gt; de Herbert Marcuse&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La traduction fran&#231;aise parut quatre ans plus tard (pendant les &#233;v&#233;nements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. 116 ans apr&#232;s le &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt;, ce philosophe allemand s'essayait &#224; une mise &#224; jour du marxisme que lui inspirait la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, la plus avanc&#233;e des soci&#233;t&#233;s industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcuse constatait l'&#233;chec des deux grandes proph&#233;ties d'Engels et Marx : le capitalisme se montrait en fait capable de surmonter ses crises successives et les acteurs sociaux qui devaient en &#234;tre les fossoyeurs, les ouvriers d'usine, se trouvaient de mieux en mieux int&#233;gr&#233;s au syst&#232;me&#8200;&#8211;&#8200;int&#233;gr&#233;s par l'abondance mat&#233;rielle et la consommation, par un syndicalisme de compromis(sion) social(e), par l'&#201;tat-providence keyn&#233;sien. Si Marx voyait dans la science et la grande industrie &#224; la fois des facteurs d'exploitation des travailleurs mais aussi les gages d'une lib&#233;ration future, Marcuse, lui, s'interrogeait : comment se fait-il que la science et la technologie permettent en th&#233;orie de pacifier l'existence, de vaincre la raret&#233;, d'&#233;liminer le travail p&#233;nible&#8230; mais qu'en pratique, elles contribuent &#224; un &#233;tat de guerre permanente, de mobilisation productive totale, de comp&#233;tition toujours reconduite pour l'acc&#232;s aux nouveaut&#233;s et au statut social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcuse accordait une grande importance aux guerres et au complexe militaro-industriel dans la prosp&#233;rit&#233; de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, et il attribuait un r&#244;le essentiel &#224; la technologie dans l'adh&#233;sion des individus au capitalisme : &#171; &lt;i&gt;La technologie permet d'instituer des formes de contr&#244;le et de coh&#233;sion sociale, &#224; la fois nouvelles, plus efficaces et plus agr&#233;ables.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les techniques d'industrialisation sont des techniques politiques, et comme telles, elles condamnent d'avance les objectifs de la Raison et de la Libert&#233;. Un changement qualitatif exige aussi que les bases techniques sur lesquelles cette soci&#233;t&#233; repose doivent changer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la puissance de ces facteurs, Marcuse n'excluait pas au milieu des ann&#233;es 1960 que la soci&#233;t&#233; industrielle soit devenue capable de neutraliser toute tentative de transformation &#233;mancipatrice. Pourtant, il gardait des motifs d'espoir et admettait que la classe ouvri&#232;re n'&#233;tait pas enti&#232;rement domestiqu&#233;e, notamment en France et en Italie ; il s'int&#233;ressait beaucoup au mouvement des Noirs am&#233;ricains et s'enthousiasmait pour les mouvements &#233;tudiants. Il voulait m&#234;me croire que la r&#233;bellion sur les campus pourrait gagner les laboratoires de recherche, lieu central de la domination &#224; ses yeux : &#171; &lt;i&gt;Dans l'opposition de la jeunesse, r&#233;bellion &#224; la fois instinctuelle et politique, la possibilit&#233; de la lib&#233;ration est saisie ; mais il lui manque la puissance mat&#233;rielle. Celle-ci n'appartient pas non plus &#224; la classe ouvri&#232;re qui, dans la soci&#233;t&#233; d'abondance, est li&#233;e au syst&#232;me des besoins.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ses h&#233;ritiers historiques seraient plut&#244;t ces couches qui, d'une mani&#232;re croissante, occupent des positions de contr&#244;le dans le processus social de production et qui peuvent l'arr&#234;ter le plus facilement, &#224; savoir les savants, les techniciens, les sp&#233;cialistes, les ing&#233;nieurs, etc. Mais ce ne sont que des h&#233;ritiers tr&#232;s potentiels et tr&#232;s th&#233;oriques, car ils sont en m&#234;me temps les b&#233;n&#233;ficiaires bien r&#233;mun&#233;r&#233;s et satisfaits du syst&#232;me ; la modification de leur mentalit&#233; constituerait un miracle de discernement et de lucidit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;
Comme beaucoup d'autres pendant ces ann&#233;es-l&#224;, le miracle eut lieu&#8230; jusqu'&#224; un certain point. Dans son introduction &#224; l'anthologie de la revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Survivre-au-XXe-siecle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Survivre et vivre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, C&#233;line Pessis signale ainsi une multitude de groupes de scientifiques am&#233;ricains ou canadiens engag&#233;s dans une contestation assez frontale du capitalisme, impliquant la critique de leur propre activit&#233;, de leur r&#244;le social et politique : le Committee for Environmental Information (biologistes analysant les effets des pollutions chimiques sur la nature et la soci&#233;t&#233;), les Scientists and Engineers for Social and Political Action (aussi appel&#233;s &#171; Science for the People &#187;), le Mathematicians Action Group (r&#233;uni autour de l'engagement &#224; refuser toute offre d'emploi par l'arm&#233;e)&#8230; Alexandre Grothendieck et ses coll&#232;gues du groupe Survivre furent largement influenc&#233;s par ces grandes mobilisations nord-am&#233;ricaines : &#171; &lt;i&gt;Suite &#224; la &#8220;gr&#232;ve de la recherche&#8221; du 4 mars 1969 qui voit se constituer l'Union of Concerned Scientists, les actions directes se multiplient aux &#201;tats-Unis, prenant explicitement pour cible la collusion de l'establishment scientifique avec l'arm&#233;e et les industries militaires : marches de protestation, perturbation de conf&#233;rences, boycott des laboratoires fabriquant des armes biologiques ou nucl&#233;aires, prise d'assaut de l'Institute for Defense Analysis, du Lincoln Laboratory, du laboratoire d'&#233;lectronique appliqu&#233;e de Stanford, &#233;viction des campus de compagnies comme Dow Chemical, fabricant de napalm, etc.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;line Pessis, Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'aune de cette coh&#233;rence et de cette audace qu'on peut mesurer le caract&#232;re sc&#233;l&#233;rat du mouvement pro-capitaliste Sauvons la Recherche, en France au d&#233;but des ann&#233;es 2000, comme de son hoquet r&#233;cent, &#171; Sciences en marche&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une critique circonstanci&#233;e du mouvement Sauvons la Recherche, on peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La traduction fran&#231;aise parut quatre ans plus tard (pendant les &#233;v&#233;nements de mai 68 !) sous le titre &lt;i&gt;L'Homme unidimensionnel. Essai sur l'id&#233;ologie de la soci&#233;t&#233; industrielle avanc&#233;e&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C&#233;line Pessis, &lt;i&gt;Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, L'&#201;chapp&#233;e, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour une critique circonstanci&#233;e du mouvement Sauvons la Recherche, on peut consulter le recueil de textes du groupe Oblomoff : &lt;i&gt;Un Futur sans avenir. Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Survivre au XXe si&#232;cle</title>
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		<dc:creator>TomJo</dc:creator>


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		<dc:subject>C&#233;line Pessis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; la baisse chronique des budgets de recherche, le conseil scientifique du CNRS attend &#171; un signe clair de soutien &#224; la vocation scientifique &#187;. La cause est nationale car notre syst&#232;me de recherche contribue &#171; &#224; la fois au d&#233;veloppement culturel, au dynamisme &#233;conomique et &#224; la puissance de notre pays &#187;. Pareille tribune aurait fait bondir les membres du groupe Survivre et Vivre, dont C&#233;line Pessis vient de rassembler les principaux articles dans un ouvrage publi&#233; &#224; L'&#233;chapp&#233;e. Entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/face" rel="tag"&gt;face&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CNRS" rel="tag"&gt;CNRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CNRS-attend" rel="tag"&gt;CNRS attend&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/conseil-scientifique" rel="tag"&gt;conseil scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/groupe-Survivre" rel="tag"&gt;groupe Survivre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Celine-Pessis-11127" rel="tag"&gt;C&#233;line Pessis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1083 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L220xH312/survivre_et_vivre-4587a.jpg?1768651797' width='220' height='312' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Face &#224; la baisse chronique des budgets de recherche, le conseil scientifique du CNRS attend &#171; &lt;i&gt;un signe clair de soutien &#224; la vocation scientifique&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 19 mars 2014.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. La cause est nationale car notre syst&#232;me de recherche contribue &#171; &lt;i&gt;&#224; la fois au d&#233;veloppement culturel, au dynamisme &#233;conomique et &#224; la puissance de notre pays&lt;/i&gt; &#187;. Pareille tribune aurait fait bondir les membres du groupe Survivre et Vivre, dont C&#233;line Pessis vient de rassembler les principaux articles dans un ouvrage publi&#233; &#224; L'&#233;chapp&#233;e&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l'&#233;cologie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Entre 1970 et 1975, ce groupe de chercheurs pose les bases de l'&#233;cologie en critiquant financeurs et objets d'&#233;tude de la science. Inspir&#233; de ces scientifiques nord-am&#233;ricains qui, en pleine guerre du Vietnam, ferraillent contre l'emprise des militaires sur leurs labos, le groupe fran&#231;ais se rassemble autour du math&#233;maticien g&#233;nial Alexandre &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Hommage-au-Maitre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grothendieck&lt;/a&gt; (six th&#232;ses &#224; 21 ans !) : au sortir des &#171; Trente Ravageuses &#187;, et soufflant sur les braises du mai situationniste, ils s'en prennent &#224; ces laboratoires &#171; &lt;i&gt;devenus des quasi-empires industriels&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Port&#233;s par un &#201;tat n&#233;ocolbertiste, de grands programmes technologiques (nucl&#233;aire, a&#233;ronautique et spatial, informatique) soutiennent l'industrialisation et la sourde militarisation de la recherche.&lt;/i&gt; &#187; En tant que mati&#232;re grise des pollutions, de l'imp&#233;rialisme occidental, de l'apocalypse nucl&#233;aire et des violences arm&#233;es, les chercheurs de Survivre rappellent la communaut&#233; scientifique &#224; ses responsabilit&#233;s. Leur attitude est radicale : quand Grothendieck d&#233;couvre que son laboratoire est financ&#233; par le minist&#232;re de la D&#233;fense, il d&#233;missionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant vieilles de quarante ans, les id&#233;es de Survivre sont d'une fra&#238;cheur dont on peine aujourd'hui &#224; en retrouver le souffle. Quel scientifique pour s'&#233;mouvoir du fait que les 16 milliards d'euros de budget de Recherche et D&#233;veloppement de l'arm&#233;e en font le premier investisseur public ? Que &#171; &lt;i&gt; les d&#233;penses de d&#233;fense irriguent la partie de notre tissu industriel la plus riche en entreprises innovantes dans la recherche et d&#233;veloppement, la plus comp&#233;titive &#224; l'exportation et la plus performante en termes de cr&#233;ations d'emplois&lt;/i&gt; &#187;, ainsi que se f&#233;licitaient deux membres de la commission en charge du dernier Livre blanc sur la d&#233;fense et la s&#233;curit&#233; nationale&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Gauthier et Daniel Reiner, Le Monde, 21 mars 2013.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ? Cette fra&#238;cheur libertaire de Survivre manque aussi pour d&#233;samorcer les pi&#232;ges de l'expertise et des tendances autoritaires d'une &#233;cologie de technocrates. Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, les deux rapports du Club de Rome et celui du commissaire europ&#233;en Mansholt planifient la &#171; croissance z&#233;ro &#187;. Survivre ne s'en laisse point compter, tra&#231;ant &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s nettement une double ligne de d&#233;marcation : contre ceux qui noient le probl&#232;me &#233;cologique, les partisans de la croissance &#224; tout prix ; contre les z&#233;ro&#239;stes bourgeois, les ap&#244;tres du super contr&#244;le pour la survie, les flics &#233;cologiques.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'heure des &#233;cotaxes, de la plan&#232;te &#171; intelligente &#187; et autres march&#233;s carbone, la vigueur de Survivre devrait nourrir les contradictions du mouvement &#233;cologiste actuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 19 mars 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jacques Gauthier et Daniel Reiner, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 21 mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230; Ray Kurzweil</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-936</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-936</guid>
		<dc:date>2013-05-24T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
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		<dc:subject>Ray Kurzweil</dc:subject>
		<dc:subject>Kurzweil</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le moteur de recherche ultime serait de comprendre exactement ce que vous vouliez apr&#232;s avoir tap&#233; votre requ&#234;te. En informatique, nous appelons cela l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle serait l'ultime version de Google &#187;, fanfaronnait au d&#233;but des ann&#233;es 2000, Larry Page, un des fondateurs du moteur de recherche en question. En d&#233;cembre dernier, Google pense avoir trouv&#233; la perle rare en la personne de Ray Kurzweil, qualifi&#233; de &#171; machine &#224; penser ultime &#187; par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Google" rel="tag"&gt;Google&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-intelligence-artificielle" rel="tag"&gt;l'intelligence artificielle&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le moteur de recherche ultime serait de comprendre exactement ce que vous vouliez apr&#232;s avoir tap&#233; votre requ&#234;te. En informatique, nous appelons cela l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle serait l'ultime version de Google&lt;/i&gt; &#187;, fanfaronnait au d&#233;but des ann&#233;es 2000, Larry Page, un des fondateurs du moteur de recherche en question&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview de Larry Page, Academy of Achievement, octobre 2000.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En d&#233;cembre dernier, Google pense avoir trouv&#233; la perle rare en la personne de Ray Kurzweil, qualifi&#233; de &#171; &lt;i&gt;machine &#224; penser ultime&lt;/i&gt; &#187; par le magazine &lt;i&gt;Forbes&lt;/i&gt;. A 65 ans, le nouveau directeur de l'ing&#233;nierie googuelesque, qui travaille d&#233;sormais sur des projets autour de &#171; &lt;i&gt;l'apprentissage automatis&#233; et le traitement du langage&lt;/i&gt; &#187;, est membre du conseil d'administration du Massachusetts Institute of Technology et a re&#231;u, en 1999, la National Medal of Technology, la plus grande distinction am&#233;ricaine en mati&#232;re de technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Ray Kurzweil &#8211; en plus d'&#234;tre conseiller de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en technologie &#8211; est surtout l'ap&#244;tre du transhumanisme et de la singularit&#233; technologique. Selon sa th&#233;orie, l'intelligence des ordinateurs d&#233;passera d'ici peu celle des humains et en 2045, l'homme entrera dans une nouvelle &#232;re o&#249; l'humanit&#233; sera augment&#233;e par les machines. &#171; &lt;i&gt;En 2029, les ordinateurs auront l'intelligence humaine, avec ses &#233;motions, son humour, la capacit&#233; d'aimer, le tout associ&#233; &#224; leur fabuleuse capacit&#233; de calcul. Nous fusionnerons avec cette technologie. Mon ordinateur de poche fait d&#233;j&#224; partie de moi, c'est une extension de moi-m&#234;me. Les ordinateurs seront en nous, au sens propre, ils seront int&#233;gr&#233;s dans nos corps car ils auront la taille d'une cellule sanguine, ils nous pr&#233;serveront en bonne sant&#233;, nous rendront plus intelligents, nous connecteront &#224; Internet, &#224; des mondes virtuels&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;c'est un tel bouleversement pour l'humanit&#233; qu'on appelle cela la singularit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;dit en toute simplicit&#233; l'informaticien&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'est-ce que la singularit&#233; ? Ray Kurzweil, Arte, septembre 2011.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Si les transhumanistes voient le corps humain comme un ensemble de fonctionnalit&#233;s biologiques imparfaites que l'on pourrait am&#233;liorer gr&#226;ce aux nouvelles technologies, Ray Kurzweil, dans un de ses livres&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serons-nous immortels ? : Om&#233;ga 3, nanotechnologies, clonage&#8230; Ray Kurzweil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, - fatras de conseils de r&#233;gime new age, de lutte contre le cholest&#233;rol et de biotechnologies &#8211; gagne le royaume des cieux en proph&#233;tisant : &#171; &lt;i&gt;On pourra r&#233;cup&#233;rer les informations de nos cerveaux, sur notre mentalit&#233;, notre personnalit&#233; et d&#233;passer les limites de la long&#233;vit&#233; humaine. Je vis dans un corps biologique qui n'est pas parfait mais je suis plus jeune que mon &#226;ge biologique, j'attends la prochaine phase de r&#233;volution nanotechnologique pour inverser le vieillissement de mon corps.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre fusion homme-machine et immortalit&#233; nanotechnologique, ce fan du corps-marchandise high-tech a aussi fond&#233;, dans la Silicon Valley, la Singularity University, sponsoris&#233;e, entre autres, par Google. &#171; &lt;i&gt;J'ai la vision que, dans quelques ann&#233;es, la majorit&#233; des requ&#234;tes de recherche auront une r&#233;ponse sans m&#234;me que vous posiez la question&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il, tout en r&#233;v&#233;lant, suite &#224; son embauche au sein du moteur de recherche, quelques secrets autour du &lt;i&gt;Artificial Intelligence Google Project&lt;/i&gt; sur lequel il travaille. &#171; &lt;i&gt;Nous voulons donner aux ordinateurs la capacit&#233; de comprendre notre langage abstrait&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Google comprendra non seulement votre requ&#234;te demand&#233;e &#224; travers des mots-cl&#233;s mais aussi les questions et pr&#233;occupations sp&#233;cifiques que vous avez&lt;/i&gt;. &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview de Ray Kurzweil, 10 janvier 2013, singularityhub.com&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Ray Kurzweil, cr&#233;ateur avec Google d'une supra-intelligence &#224; laquelle nous pourrons &#234;tre constamment connect&#233;s gr&#226;ce aux nanotechnologies implant&#233;es dans notre corps ? &#171; &lt;i&gt;Ceux qui d&#233;cideront de rester humains et refuseront de s'am&#233;liorer auront un s&#233;rieux handicap&lt;/i&gt;, annon&#231;ait le cybern&#233;ticien Kevin Warwick, i&lt;i&gt;ls constitueront une sous-esp&#232;ce et formeront les chimpanz&#233;s du futur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 11 mai 2002.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; Tout un programme &#224; d&#233;sinstaller au plus vite pour mettre un frein, comme &#233;crivait Boris Vian, &#224; cette &#171; &lt;i&gt;&#233;volution in&#233;luctable qui, parall&#232;lement &#224; ce grand courant partant du singe pour aboutir &#224; l'homme, part de l'homme pour aboutir &#224; l'imb&#233;cile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Interview de Larry Page, &lt;i&gt;Academy of Achievement&lt;/i&gt;, octobre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce que la singularit&#233; ?&lt;/i&gt; Ray Kurzweil, Arte, septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Serons-nous immortels ? : Om&#233;ga 3, nanotechnologies, clonage&#8230;&lt;/i&gt; Ray Kurzweil et Terry Grosman, Dunod, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Interview de Ray Kurzweil, 10 janvier 2013, singularityhub.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 11 mai 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Flagrante entourloupe</title>
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&lt;p&gt;Le dossier du gaz de schiste est-il clos, comme tente de le faire croire le gouvernement ? Loin de l&#224; ! Pr&#232;s de cent soixante permis d'exploration quadrillent toujours le territoire, et au nord d'Al&#232;s, les travaux commencent. La distance qui s&#233;pare les d&#233;clarations politiciennes de la r&#233;alit&#233; peut &#234;tre assez &#233;tendue. Avec le gaz de schiste, elle semble devenue infiniment extensible. Ainsi, le 14 septembre, le Pr&#233;sident annonce que le gouvernement tourne le dos &#224; ces explosives recherches (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lindingre" rel="tag"&gt;Lindingre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dossier du gaz de schiste est-il clos, comme tente de le faire croire le gouvernement ? Loin de l&#224; ! Pr&#232;s de cent soixante permis d'exploration quadrillent toujours le territoire, et au nord d'Al&#232;s, les travaux commencent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_473 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH589/104lindingre-2d591.jpg?1768660169' width='400' height='589' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La distance qui s&#233;pare les d&#233;clarations politiciennes de la r&#233;alit&#233; peut &#234;tre assez &#233;tendue. Avec le gaz de schiste, elle semble devenue infiniment extensible. Ainsi, le 14 septembre, le Pr&#233;sident annonce que le gouvernement tourne le dos &#224; ces explosives recherches d'hydrocarbures et demande &#224; la ministre de l'&#201;cologie de prononcer &lt;i&gt;&#171; le rejet des sept demandes de permis qui ont l&#233;gitimement suscit&#233; l'inqui&#233;tude des populations. &#187;&lt;/i&gt; Pour ceux n'ont pas suivi l'affaire, c'est limpide : il n'y avait que sept demandes de permis, il n'y en a plus. C&#233;cile Duflot trouve le discours &lt;i&gt;&#171; &#233;mouvant &#187;&lt;/i&gt; et Jos&#233; Bov&#233; se r&#233;jouit : dispersion g&#233;n&#233;rale. Sauf que des permis de recherche, la France en est couverte ! Sur le site du minist&#232;re de l'&#201;cologie, on en d&#233;nombre encore quatre-vingt-dix-sept en cours d'instruction. Sans oublier les soixante permis attribu&#233;s par le gouvernement pr&#233;c&#233;dent qui d&#233;bouchent d&#233;j&#224; sur la construction de plates-formes de forage dans le bassin parisien. En r&#233;sum&#233; : si Hollande avait annonc&#233; &lt;i&gt;&#171; le rejet de sept permis &#187;&lt;/i&gt;, &#231;a aurait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;magogique. Mais annoncer le rejet des sept permis, c'est un flagrant d&#233;lit d'entourloupe, puisqu'il a essay&#233; de nous faire oublier les quelque cent soixante autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les C&#233;venols, eux, ne risquent pas d'oublier leur existence car, quelques jours apr&#232;s cette conf&#233;rence, les maires de treize communes du Gard et de l'Ard&#232;che sont convoqu&#233;s par les pr&#233;fectures de N&#238;mes et de Privas. Motif : informer les &#233;lus que des camions vibreurs s'appr&#234;tent &#224; sillonner la r&#233;gion pour sonder le sous-sol, en pr&#233;vision de forages li&#233;s au permis du &#171; bassin d'Al&#232;s &#187;, attribu&#233; en mars 2010. &lt;i&gt;&#171; Tout le gratin nous attendait &#187;&lt;/i&gt;, raconte &#201;douard Chaulet, maire de Barjac, &lt;i&gt;&#171; le pr&#233;fet, la suppl&#233;ante du d&#233;put&#233; PS, la DREAL&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Directions r&#233;gionales de l'environnement, de l'am&#233;nagement et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et les repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; MouvOil, titulaire du permis. Comme nous avions refus&#233; de rencontrer la soci&#233;t&#233;, ils ont utilis&#233; le pr&#233;fet comme entremetteur. &#199;a fait partie de leur strat&#233;gie du consentement : utiliser l'autorit&#233; pour nous faire plier. Le pr&#233;fet nous a fait la le&#231;on, expliquant que si les hommes des cavernes avaient fait comme nous, s'ils avaient refus&#233; de sortir de leurs grottes, rien n'aurait jamais boug&#233;. Je lui ai r&#233;pondu que le r&#233;trograde, c'est lui, parce qu'il croit que le d&#233;veloppement des forces productives peut continuer &#224; l'infini ! &#187;&lt;/i&gt; Et le pr&#233;fet d'insister : il ne s'agit pas de forages mais seulement de recherche scientifique pour conna&#238;tre le sous-sol. &lt;i&gt;&#171; C'est leur strat&#233;gie &#187;&lt;/i&gt;, commente le maire de Barjac, &lt;i&gt;&#171; fractionner une id&#233;e pour la faire accepter : les camions vibreurs, puis les forages, en fait c'est le m&#234;me processus. On nous accuse de refuser le progr&#232;s et l'emploi. Mais dites-moi quelle offense &#224; l'environnement n'a pas &#233;t&#233; faite au nom du progr&#232;s et de l'emploi ? &#187;&lt;/i&gt; &#192; N&#238;mes comme &#224; Privas, o&#249; plus de cinq cents personnes escortaient les &#233;lus convoqu&#233;s, les maires ont pr&#233;venu les pr&#233;fets que le passage des camions vibreurs susciterait &lt;i&gt;&#171; de graves troubles &#224; l'ordre public &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le permis du bassin d'Al&#232;s, d&#233;tenu par la soci&#233;t&#233; suisse MouvOil, couvre deux cent quinze km2 &#224; la fronti&#232;re du Gard et de l'Ard&#232;che. Comme toutes les entreprises d&#233;tentrices ou candidates &#224; l'obtention de permis de recherche d'hydrocarbures en France, MouvOil assure chercher du p&#233;trole conventionnel et jure qu'elle n'utilisera pas la fracturation hydraulique, interdite par la loi de juillet 2011. Cette technique consiste &#224; cr&#233;er des fissures artificielles en grande profondeur (deux mille quatre cents &#224; quatre mille m&#232;tres sous terre) pour y r&#233;cup&#233;rer p&#233;trole ou gaz de roche-m&#232;re, en injectant plusieurs dizaines de milliers de m&#232;tres cubes d'eau sous pression. Mais comme le confiait &#224; Mediapart Jo&#235;l Jolivet, hydrog&#233;ologue et maire de Tharaux, &lt;i&gt;&#171; compte tenu de la nature de la roche du bassin d'Al&#232;s [&#8230;], on peut y trouver des gisements non conventionnels d'hydrocarbures &#187;&lt;/i&gt;, d'autant plus que la soci&#233;t&#233; compte r&#233;aliser un &#233;chantillonnage de roche-m&#232;re et un forage &#224; deux mille quatre cents m&#232;tres. &lt;i&gt;&#171; Peu importe ce que dit MouvOil &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Christian Buisson, maire de Vagnas, &lt;i&gt;&#171; ce qui les int&#233;resse avant tout, c'est de s'installer. Apr&#232;s, tout est possible. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la loi interdisant la fracturation hydraulique est fragile. Parce que la technique n'est pas d&#233;finie, ce qui permet aux p&#233;troliers d'envisager des m&#233;thodes d'extraction proches. Mais aussi parce que cette loi charge une commission d'encadrer &lt;i&gt;&#171; des exp&#233;rimentations r&#233;alis&#233;es &#224; des seules fins de recherche scientifique &#187;&lt;/i&gt;. Un cadre juridique si &#233;quivoque que des d&#233;put&#233;s socialistes, alors dans l'opposition, avaient pr&#233;par&#233; un projet de loi moins sp&#233;cieux destin&#233; &#224; interdire pour de bon l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures de roche-m&#232;re... Or parmi eux figuraient Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg qui, aujourd'hui ministres, ne cachent pas leur int&#233;r&#234;t pour la manne p&#233;troli&#232;re ! Ces contradictions, Michel Mariton, militant associatif ard&#233;chois, esp&#233;rait les porter &#224; la conf&#233;rence environnementale o&#249; il &#233;tait officiellement convi&#233;. &lt;i&gt;&#171; Mais les d&#233;clarations de Hollande sur le rejet des sept permis et la fermeture de Fessenheim avaient un but pr&#233;cis : elles ont servi &#224; exclure ces deux sujets, que le gouvernement promettait d'examiner depuis des mois. Le gaz de schiste et le nucl&#233;aire ont &#233;t&#233; ray&#233;s du programme de la conf&#233;rence ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Seulement, &#224; force de semer la confusion, les dirigeants finissent par s'emm&#234;ler les pinceaux. En r&#233;ponse &#224; une missive des opposants gardois au pr&#233;sident de la R&#233;publique, le 20 septembre, un courrier officiel du cabinet pr&#233;sidentiel leur apprend que leur permis est... supprim&#233; : le pr&#233;sident a demand&#233; le &lt;i&gt;&#171; rejet des sept demandes de permis d&#233;pos&#233;es aupr&#232;s de l'&#201;tat &#187;&lt;/i&gt;, leur &#233;crit-on, &lt;i&gt;&#171; y compris celle (sic) de la plaine d'Al&#232;s et du bassin d'Al&#232;s &#187;&lt;/i&gt; ! &lt;i&gt;&#171; Une phrase malheureuse &#187;&lt;/i&gt;, s'excuse un conseiller de Hollande r&#233;pondant au &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; : le r&#233;dacteur de la lettre a fait une bourde ! &lt;i&gt;&#171; Ils sont compl&#232;tement paum&#233;s dans leur propre cirque &#187;&lt;/i&gt;, commente Michel Mariton, exc&#233;d&#233;. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas un cadre juridique normal, c'est une esp&#232;ce de jungle bizarre. On ne cherche plus &#224; comprendre. Ici, les gens vont les foutre dehors, c'est tout ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant mieux, la compagnie MouvOil s'est mise hors de port&#233;e de la vindicte c&#233;venole en envoyant un h&#233;licopt&#232;re faire ses premiers relev&#233;s de terrain. Mais il faudra bien un jour qu'elle remette les pieds sur terre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les habitants de l'Ard&#232;che et du Gard peuvent signaler toute circulation de v&#233;hicules suspects et annonces en mairie au Comit&#233; de Veille du Collectif 07 (06 23 66 15 51). Les personnes souhaitant &#234;tre pr&#233;venues en cas d'alerte sont invit&#233;es &#224; faire passer leur n&#176; de t&#233;l&#233;phone portable par courriel &#224; contact@stopaugazdeschiste07.org.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Directions r&#233;gionales de l'environnement, de l'am&#233;nagement et du logement sont les services d&#233;concentr&#233;s du minist&#232;re de l'&#201;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sidaction</title>
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		<dc:date>2011-11-22T06:02:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;R&#233;colter des fonds et les r&#233;partir entre les multiples programmes de recherche sur le Sida, sensibiliser le public &#224; cette maladie, prendre en charge les patients, pr&#233;venir l'&#233;pid&#233;mie en France et dans le monde : telles sont les t&#226;ches auxquelles s'attelle, depuis 1994, l'association Sidaction. Une grande &#339;uvre, en quelque sorte, qui vient compenser le d&#233;sengagement de l'&#201;tat en mati&#232;re de sant&#233; publique, au profit, notamment, du budget militaire qui repr&#233;sente 65,74 milliards d'euros&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Faux-amis" rel="tag"&gt;Faux amis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pierre-Berge" rel="tag"&gt;Pierre Berg&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sidaction-15072" rel="tag"&gt;Sidaction&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Milko-Paris" rel="tag"&gt;Milko Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sidaction-veut" rel="tag"&gt;Sidaction veut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/multiples-programmes" rel="tag"&gt;multiples programmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;colter des fonds et les r&#233;partir entre les multiples programmes de recherche sur le Sida, sensibiliser le public &#224; cette maladie, prendre en charge les patients, pr&#233;venir l'&#233;pid&#233;mie en France et dans le monde : telles sont les t&#226;ches auxquelles s'attelle, depuis 1994, l'association Sidaction&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2010, Sidaction a r&#233;colt&#233; 20 523 873 euros.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Une grande &#339;uvre, en quelque sorte, qui vient compenser le d&#233;sengagement de l'&#201;tat en mati&#232;re de sant&#233; publique, au profit, notamment, du budget militaire qui repr&#233;sente 65,74 milliards d'euros&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question rigueur, l'association s'affirme tr&#232;s pointilleuse sur le terrain de l'&#233;thique &lt;i&gt;&#171; qui est au c&#339;ur de la d&#233;marche de Sidaction : respect des personnes, des droits humains, des r&#232;gles morales de recherche, lutte contre les discriminations [&#8230;], autant de valeurs que Sidaction veut d&#233;fendre dans toutes ses actions &#187;&lt;/i&gt;, selon son site. Si l'association d&#233;ploie d'importants efforts en direction de la recherche scientifique et de l'aide internationale, l'une de ses pr&#233;occupations majeures est d'assister &lt;i&gt;&#171; [les] personnes qui vivent avec le VIH en France et qui ont besoin d'un soutien social, &#233;conomique, psychologique&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, ainsi que le pr&#233;cise, dans le rapport d'activit&#233; 2010 de Sidaction, son pr&#233;sident Pierre Berg&#233;, homme de gauche, de mode, de presse, de collection et patron de la soixantaine de salari&#233;s travaillant au si&#232;ge de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement. Dans les caves de cette quasi-institution de bienfaisance, respect et empathie vis-&#224;-vis du &#171; petit personnel &#187; semblent battre m&#233;chamment de l'aile : derri&#232;re, le rimmel des campagnes triomphantes de communication, l'ambiance y est plus que morose. Milko Paris, responsable des moyens g&#233;n&#233;raux &#224; Sidaction depuis 2002, raconte &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; La plus totale d&#233;sorganisation r&#232;gne entre les services g&#233;r&#233;s par des petits chefs qui n'ont de cesse de d&#233;velopper un climat de concurrence virant &#224; l'hostilit&#233;. Lorsque j'ai mis le doigt sur des dysfonctionnements, on a cherch&#233; &#224; me licencier. Faute d'avoir r&#233;ussi, s'est r&#233;pandue une rumeur sur mon pass&#233; judiciaire, affaire qui ne concerne que ma vie priv&#233;e, destin&#233;e &#224; m'&#233;loigner de mes coll&#232;gues. &#201;tonnant paradoxe, dans une association qui pr&#244;ne la lutte contre la discrimination ! &#187;&lt;/i&gt; En mai 2010, Sidaction d&#233;cide de licencier Milko Paris, mais la sentence est annul&#233;e par l'inspection du travail. En juillet 2010, la direction de Sidaction tente &#224; nouveau de le mettre dehors : la demande est de nouveau rejet&#233;e au pr&#233;texte qu'aucun des reproches qui lui sont faits n'appara&#238;t fond&#233;. Milko poursuit : &lt;i&gt;&#171; J'ai saisi les prud'hommes pour le harc&#232;lement que je subis. De plus, j'ai d&#233;pos&#233; une plainte au p&#233;nal pour d&#233;nonciation calomnieuse. &#187;&lt;/i&gt; Conflit personnel ? Incompatibilit&#233; d'humeur ? Le 21 mai 2011, un rapport du Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail (CHSCT) publie un &#171; Rapport d'expertise sur l'analyse des risques psychosociaux &#224; Sidaction &#187;. &lt;i&gt;&#171; Plusieurs salari&#233;s nous ont fait part de leur intention de partir si leurs conditions de travail ne s'am&#233;lioraient pas. [&#8230;] Ces d&#233;parts sont la marque d'un malaise persistant et durable au sein de Sidaction. Les raisons du malaise exprim&#233; sont multiples : sentiment d'isolement, impression d'&#234;tre attaqu&#233; personnellement, ph&#233;nom&#232;nes de placardisation, absence de directives, injonctions paradoxales, violences verbales entre salari&#233;s, ordres ou demandes formul&#233;s sur un mode &#8220;col&#233;rique&#8221;, est-il pr&#233;cis&#233; &#224; la page 22 du document. Ce qui primerait &#224; Sidaction, ce serait les crit&#232;res d'efficacit&#233; et non pas la prise en compte des besoins des salari&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Bonjour l'ambiance ! Sidaction d&#233;plorerait-elle un d&#233;ficit de personnes vuln&#233;rables et fragilis&#233;es au point d'en cr&#233;er parmi ses propres salari&#233;s ? Mais ne nous y trompons pas. Si cette association pr&#233;sente quelques frappants d&#233;calages avec les belles intentions affich&#233;es, elle est loin d'&#234;tre la seule dans cette situation. Petits chefs et gourous sont l&#233;gions dans les marais humanitaires qu'ils m&#232;nent &#224; la baguette de leur m&#233;galomanie et de leur autoritarisme, bien loin de &#171; l'humanisme &#187; dont ils ne cessent de se r&#233;clamer. Ne s'agit-il pas l&#224; d'assaisonner leur carri&#232;re d'une lichette de prestige social extorqu&#233;e sur le dos des sans-pouvoirs ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2010, Sidaction a r&#233;colt&#233; 20 523 873 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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