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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La transformation sociale par le d&#233;pistage</title>
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		<dc:date>2025-03-28T01:58:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bas&#233; &#224; Marseille et port&#233; par l'association Aides, le Spot Longchamp est un centre de sant&#233; sexuelle qui a la particularit&#233; de s'adresser aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es. Ici, personnes exil&#233;es, travailleuses du sexe ou trans peuvent rapidement trouver informations et soins adapt&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s. Reportage. Au num&#233;ro 3 du boulevard Longchamp, &#224; quelques pas des bureaux de CQFD, se trouve un lieu peu connu du grand public. M&#234;me s'il se fait plut&#244;t discret, le ton est donn&#233; d&#232;s le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bas&#233; &#224; Marseille et port&#233; par l'association Aides, le Spot Longchamp est un centre de sant&#233; sexuelle qui a la particularit&#233; de s'adresser aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es. Ici, personnes exil&#233;es, travailleuses du sexe ou trans peuvent rapidement trouver informations et soins adapt&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u num&#233;ro 3 du boulevard Longchamp, &#224; quelques pas des bureaux de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, se trouve un lieu peu connu du grand public. M&#234;me s'il se fait plut&#244;t discret, le ton est donn&#233; d&#232;s le pas de porte franchi. Quelqu'un&#183;e vient &#224; notre rencontre pour nous accueillir et l'ambiance se fait chaleureuse. Les nombreux flyers &#224; l'entr&#233;e attirent le regard, tout comme les posters et photos d'exposition &#233;pingl&#233;es au mur&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de l'exposition &#171; Nous sommes ici. Les femmes br&#233;siliennes &#224; Aides (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En fond sonore Cabrel chante qu'il n'y a pas d'amour sans histoires, et l'odeur du caf&#233; guide naturellement vers la &#171; salle d'attente &#187;, un salon cosy o&#249; patienter avant son tour. Bienvenue au Spot Longchamp, un centre de sant&#233; sexuelle unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sens de l'accueil et r&#233;sultats rapides&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Inaugur&#233; en 2016 en tant que Centre gratuit d'information, de d&#233;pistage et de diagnostic (Cegidd) port&#233; par l'association Aides, le Spot est un des quatre lieux en France &#224; exp&#233;rimenter depuis 2021 la fonction de Centre de sant&#233; sexuelle d'approche communautaire (CSSAC)&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le statut du Cegidd garantit l'anonymat, permet de prendre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Une hybridation pens&#233;e pour r&#233;pondre &#224; de grandes ambitions, alors que Marseille se situe dans la 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;gion m&#233;tropolitaine la plus touch&#233;e par l'&#233;pid&#233;mie de VIH apr&#232;s Paris. Le Spot propose ainsi des services de sant&#233; sexuelle adapt&#233;s et rapides aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es et les plus expos&#233;es. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on ne refuse personne, on s'adresse avant tout aux personnes vuln&#233;rables au VIH, c'est-&#224;-dire les personnes vivant avec le virus, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH), les personnes migrantes, les personnes trans, surtout d'Am&#233;rique latine, les consommateur&#183;rices de produits psychoactifs, et les travailleur&#183;ses du sexe&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fatima Zahra Bernissi, coordinatrice du centre. &lt;i&gt;Leur point commun ? La discrimination et la pr&#233;carit&#233; qui les &#233;loignent des syst&#232;mes de soin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; D&#232;s que les personnes passent la porte, la premi&#232;re interaction n'est pas de leur demander leur carte Vitale mais d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ce d&#233;fi, le Spot mise sur un accueil &#8211; inconditionnel, sans rendez-vous, anonyme ou non &#8211; qui prend le temps de s'adapter aux r&#233;alit&#233;s des personnes concern&#233;es. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que les personnes passent la porte, on essaie de les mettre en confiance. La premi&#232;re interaction n'est pas de leur demander leur carte Vitale mais bien d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de leurs besoins tout en leur pr&#233;sentant notre offre de soins dans un cadre humanisant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Spot propose notamment des accompagnements individuels en sant&#233; sexuelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;, raconte Ludovic, infirmier. On ne remarque pas tout de suite l'absence de blouses blanches, le parquet en bois clair &#224; la place de l'habituel lino immacul&#233;, ou les bureaux des salles de consultation coll&#233;s face au mur. &#171; &lt;i&gt;Personne ne travaille derri&#232;re un &#233;cran ou un bureau, et l'&#233;change se fait c&#244;te &#224; c&#244;te. Il y a une vraie volont&#233; de transparence sur les informations collect&#233;es et sur notre mani&#232;re de travailler&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats et traitements sont quant &#224; eux disponibles dans les heures qui suivent afin de ne pas risquer de perdre de vue les personnes venues en consultations. &#171; &lt;i&gt;Le 2&lt;/i&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;i&gt; public du Spot apr&#232;s les HSH, ce sont les personnes migrantes, souvent arriv&#233;es en France apr&#232;s un parcours chaotique et violent. Ils et elles sont dans une situation o&#249;, entre la barri&#232;re de la langue, la pr&#233;carit&#233; et les difficult&#233;s d'acc&#232;s au soin, vivre leur sexualit&#233; est compliqu&#233; &#8211; sans parler de leur vie quotidienne,&lt;/i&gt; confie un intervenant. &lt;i&gt;Alors quand ils et elles viennent nous voir, on doit pouvoir en un seul rendez-vous r&#233;pondre &#224; leurs attentes, leur transmettre les r&#233;sultats, leur fournir un traitement et un parcours de soins adapt&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La sant&#233; sexuelle communautaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la qualit&#233; de l'accueil et de la rapidit&#233; des r&#233;sultats, tout l'int&#233;r&#234;t de la dimension &#171; communautaire &#187; du Spot se trouve dans ce que permettent ces temps d'&#233;changes : faire &#233;merger d'autres besoins. &#171; &lt;i&gt;On a remarqu&#233; que peu de femmes fr&#233;quentaient le lieu, et &#224; partir des besoins des femmes migrantes &#224; Marseille, on a mis en place une consultation gyn&#233;cologique&lt;/i&gt;, poursuit la coordinatrice du centre. &lt;i&gt;Une r&#233;ponse aux besoins de nos publics, et une porte d'entr&#233;e vers un parcours de soins plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187; Plus encore, cela donne parfois vie &#224; d'autres projets. &#171; &lt;i&gt;On a mis en place un accompagnement sur l'hormonoth&#233;rapie pour r&#233;pondre aux besoins des personnes trans qui venaient nous voir et, au fil des discussions, elles ont exprim&#233; le besoin de faire les injections elles-m&#234;mes. R&#233;sultat : on propose des s&#233;ances d'aide &#224; l'injection, tout en visant &#224; favoriser leur autonomie, pour qu'elles n'aient plus besoin de nous &lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te Ludovic.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'accompagnement qu'on propose doit permettre aux personnes de monter en comp&#233;tence et de devenir autonomes dans leur parcours de soins &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une capacit&#233; d'&#233;coute qui permet de constamment adapter et &#233;largir l'offre de soins &#224; partir des r&#233;alit&#233;s du terrain. &#171; &lt;i&gt;On part du d&#233;pistage pour faire du soin, mais on a un objectif de transformation sociale. &#192; partir de ces exp&#233;riences de terrain, l'association va pouvoir porter la parole des personnes concern&#233;es aupr&#232;s des autorit&#233;s, et l'accompagnement qu'on propose doit permettre aux personnes de monter en comp&#233;tence et de devenir autonomes dans leur parcours de soins&lt;/i&gt; &#187;, conclut Fatima Zahra Bernissi. Et, bonne nouvelle pour Marseille, &#224; la fin de l'exp&#233;rimentation, l'efficacit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e et les efforts des &#233;quipes du Spot ont pay&#233; : d&#232;s avril 2025, le projet va rentrer dans le droit commun, pour que vive la sant&#233; sexuelle inclusive et accessible &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Les horaires du Spot Longchamp sont disponibles sur leur page Facebook. Et pour plus d'informations en sant&#233; sexuelle, voir les sites des association Aides et Sida Info Service, ou appeler leur num&#233;ro vert : 0800 840 800.&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit de l'exposition &#171; Nous sommes ici. Les femmes br&#233;siliennes &#224; Aides &#187;, inaugur&#233;e pour la Journ&#233;e internationale des droits des femmes en 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors que le statut du Cegidd garantit l'anonymat, permet de prendre en charge les personnes sans droits et de d&#233;livrer certains traitements sp&#233;cifiques, celui de CSSAC propose notamment des r&#233;sultats plus rapides gr&#226;ce &#224; la biologie d&#233;localis&#233;e (les tests en labo sont faits sur place gr&#226;ce &#224; une machine sp&#233;ciale) et une offre de soins plus large.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Spot propose notamment des accompagnements individuels en sant&#233; sexuelle (informations, soutien et strat&#233;gie de r&#233;duction des risques), une offre de d&#233;pistage (VIH, h&#233;patites et IST), traitements et vaccinations, consultations sp&#233;cialis&#233;es (psychologie, sexologie, gyn&#233;cologie, addictologie, hormonoth&#233;rapie, assistance sociale) et des accompagnements collectifs (groupes d'auto-supports, ateliers collectifs et mobilisations).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'autisme n'est pas un crime</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-autisme-n-est-pas-un-crime</link>
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		<dc:date>2024-02-09T13:44:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me F</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce texte intime et r&#233;volt&#233;, J&#233;r&#244;me F. nous raconte le quotidien de sa fille autiste face &#224; un monde hostile et violent envers les personnes mises en situation de handicap. Ma col&#232;re est devenue quelqu'un. Quelqu'un qui prend de plus en plus de place. Quelqu'un qui ne me quitte plus. On &#233;voque souvent les bienfaits de l'&#233;criture comme exutoire ou th&#233;rapie. Raconter notre parcours n'est que souffrance et col&#232;re. Raconter notre parcours, c'est revivre toutes ces injustices qui &#233;maillent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-227-fevrier-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 227 (f&#233;vrier 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce texte intime et r&#233;volt&#233;, J&#233;r&#244;me F. nous raconte le quotidien de sa fille autiste face &#224; un monde hostile et violent envers les personnes mises en situation de handicap.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5468 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;152&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_227_25_nberz_autisme_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH664/web_227_25_nberz_autisme_1200px-0b18d.jpg?1782679154' width='500' height='664' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Des fleurs rouges, toutes ensemble, et &#224; c&#244;t&#233; une petite fleur bleue solitaire et pourtant si proche des autres fleurs.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Une illustration de Nadia Berz
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;a col&#232;re est devenue quelqu'un. Quelqu'un qui prend de plus en plus de place. Quelqu'un qui ne me quitte plus. On &#233;voque souvent les bienfaits de l'&#233;criture comme exutoire ou th&#233;rapie. Raconter notre parcours n'est que souffrance et col&#232;re. Raconter notre parcours, c'est revivre toutes ces injustices qui &#233;maillent la vie de notre fille. C'est affronter le cynisme, la brutalit&#233; et l'inhumanit&#233; de ce monde. C'est regarder dans le r&#233;tro et constater ses erreurs, se dire qu'on n'a pas fait les choses comme il faut. C'est vivre avec cette putain de culpabilit&#233; ancr&#233;e en moi &#224; jamais. Alors pourquoi &#233;crire ? J'&#233;cris pour t&#233;moigner de mon amour pour ma fille, lui dire toute mon admiration devant le courage dont elle fait preuve pour affronter tous les obstacles qui se dressent devant elle. Quand je la regarde, ma col&#232;re se dissipe et l&#226;che son &#233;treinte qui me broie de plus en plus. Elle me donne des le&#231;ons d'humanit&#233; et, souvent, &#231;a fait mal de r&#233;aliser &#224; quel point on peut &#234;tre con&#183;ne. Ma fille ne cr&#233;e aucune barri&#232;re entre les gens, elle ne fait que les enlever. Enlever toutes celles qui lui barrent le chemin et que chacun&#183;e empile avec force et conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis papa d'une enfant autiste. Une enfant qui n'a pas les m&#234;mes droits que les autres. Une enfant confront&#233;e &#224; l'ignorance et &#224; la discrimination. Une enfant qui chaque jour, chaque minute, chaque seconde doit se battre contre la connerie humaine. Notre histoire est celle de milliers d'enfants et de familles qui affrontent seules une discrimination institutionnalis&#233;e. Je suis un papa en col&#232;re qui ne baissera jamais les bras. Je suis aussi un papa qui n'a pas oubli&#233; de faire plein de conneries pour se marrer, parce que c'est comme &#231;a que je r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*
Je ne sais pas pourquoi je pense &#224; ce jour&#8230; Ce jour o&#249; ma fille a enfin pu se rendre &#224; une activit&#233; sportive et collective. Avant ce fameux jour, elle avait &#233;t&#233; vir&#233;e de la danse et de l'&#233;cole de cirque parce qu'autiste.
Nous sommes en septembre 2020. Ma fille, une ado de 15 ans, tr&#233;pigne &#224; l'entr&#233;e de la salle. Je suis partag&#233; entre un immense bonheur et une forme d'inqui&#233;tude. Nous n'avons pas l'habitude de &#171; fr&#233;quenter &#187; d'autres personnes. Un repli sur soi non voulu mais qui s'imprime inconsciemment dans nos esprits. Ma fille s'appr&#234;te &#224; assister &#224; son premier cours de Zumba pour ado/adulte. Elle est motiv&#233;e et nullement impressionn&#233;e par les personnes qui s'agglutinent devant la salle.
La prof se pr&#233;sente rapidement et demande aux quelques accompagnant&#183;es de bien vouloir rester &#224; l'ext&#233;rieur. &#199;a gueule dans la salle. La musique est tr&#232;s forte et je me demande &#224; quoi &#231;a sert de gueuler comme &#231;a&#8230; Je me dis que &#231;a doit faire partie du folklore &lt;i&gt;zumbesque&lt;/i&gt;. Discr&#232;tement je rentre dans la salle. Ma fille est tout devant, elle est &#224; fond. Les larmes me montent rapidement et, en l'espace de quelques secondes, ce sont des torrents de larmes qui inondent mes joues. Des larmes de joie de voir ma fille faire une activit&#233; comme tout le monde et avec tout le monde. Elle s'&#233;clate et le regard des autres n'existe plus. Je suis boulevers&#233; et tellement heureux. &#192; la fin du cours, je cherche &#224; communiquer avec la prof pour r&#233;cup&#233;rer les documents d'inscription. Elle m'&#233;vite et me fuit du regard. Apr&#232;s 20 minutes d'attente, nous ne sommes plus que tous les trois. Elle m'annonce qu'elle ne veut pas de ma fille. Elle ne suit pas bien la chor&#233;graphie. Elle me conseille de l'inscrire chez les tout&#183;es petit&#183;es, les 3-6 ans. Je suis comme paralys&#233;. Moi qui n'ai vraiment pas ma langue dans la poche, je suis comme abasourdi, aucun mot ne sort de ma bouche. Qu'est-ce que &#231;a peut faire qu'elle suive ou pas la chor&#233; ? Elle s'&#233;clate et ne g&#234;ne personne. Et pourquoi avoir attendu que tout le monde soit parti pour nous l'annoncer ? Elle n'assume rien, et encore moins son attitude lamentable. Je regarde ma fille qui a tout compris. Je l'embrasse tr&#232;s fort et lui promets de trouver un lieu o&#249; elle pourra danser la Zumba. Nous quittons la salle, mes jambes flageolent et c'est ma fille qui me remonte le moral. Son sourire m'apaise, mais ma col&#232;re me rend de plus en plus triste. Elle me change, me fa&#231;onne pour devenir quelqu'un qui ne peut plus dissimuler son c&#244;t&#233; sombre.
*
Notre vie se r&#233;sume &#224; un combat pour notre dignit&#233;. Une personne &#224; la boulangerie qui s'impatiente parce que ma fille met trop de temps &#224; demander ce qu'elle veut, un&#183;e professionnel&#183;le de sant&#233; qui va s'&#233;nerver parce qu'elle n'est pas coop&#233;rative imm&#233;diatement (pendant des ann&#233;es nous faisions plus de 200 km aller-retour pour trouver un dentiste qui acceptait de prendre le temps pour lui soigner les dents), un centre de loisirs qui refuse une inscription, des associations sportives qui te font comprendre clairement que ta fille n'est pas la bienvenue, une &#233;cole qui nous demande d'aller voir ailleurs&#8230; Je ne perds plus mon temps &#224; expliquer ou justifier quoi que ce soit. Se justifier de quoi d'ailleurs ? Face &#224; toutes ces situations, ma fille reste toujours calme. Elle subit, en silence.
De mon c&#244;t&#233;, je suis en mode baston 24 heures sur 24. Je ne laisse plus rien passer. Ma vie se r&#233;sume &#224; un conflit permanent. Je n'arrive plus &#224; faire la distinction entre une discussion normale et la bastonnade verbale. Je m'emporte vite. Je consid&#232;re chaque violation de droit comme un nouveau coup de couteau que je ne cherche m&#234;me plus &#224; esquiver. S'il y a bien un truc que j'ai assimil&#233;, c'est de ne pas chercher &#224; esquiver les violences institutionnelles. J'encaisse tout (tr&#232;s mal, faut bien l'avouer) mais je r&#233;ponds syst&#233;matiquement. Nous avons &#224; notre disposition des outils juridiques pour nous d&#233;fendre. Parfois il &#171; suffit &#187; d'utiliser les m&#234;mes &#171; armes &#187; que celles et ceux qui nous m&#233;prisent, comme la presse &#233;crite par exemple. Nous avons obtenu (apr&#232;s 5 ans de combat) le droit d'inscrire notre fille au centre de loisirs gr&#226;ce &#224; un article d'un journaliste que j'avais contact&#233;. Le lendemain de sa parution, je recevais un coup de t&#233;l&#233;phone m'assurant que l'inscription &#233;tait d&#233;sormais possible&#8230; sans un petit mot d'excuse. Ne jamais baisser les bras. Jamais. Je suis foutu si je les baisse ne serait-ce qu'&#224; moiti&#233;. C'est le combat de ma vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; ne laisse pas de place &#224; la diff&#233;rence. Elle stigmatise et met &#224; l'&#233;cart toutes celles et ceux qu'elle consid&#232;re comme des improductif&#183;ves (ce mot est horrible).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La soci&#233;t&#233; ne laisse pas de place &#224; la diff&#233;rence. Elle stigmatise et met &#224; l'&#233;cart toutes celles et ceux qu'elle consid&#232;re comme des improductif&#183;ves&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elle joue au bon samaritain en faisant croire qu'elle prend en charge le handicap (mais qui leur a demand&#233; cette prise en charge ? Et qui fait en sorte qu'aucune autre alternative ne soit vraiment possible ?) &#224; coup d'allocations ridicules mais en r&#233;alit&#233;, elle ne fait qu'isoler encore plus, rendant les personnes d&#233;pendantes et invisibles. Demandez aux personnes mises en situation de handicap si elles sont heureuses comme &#231;a. &#199;a vous donnera l'occasion de vous d&#233;faire de votre paresse intellectuelle. L'acc&#232;s au travail est tr&#232;s compliqu&#233; pour tout le monde, mais pour les personnes mises en situation de handicap c'est encore pire. L'&#201;tat incite m&#234;me les embauches en mena&#231;ant les entreprises de sanctions financi&#232;res. C'est extr&#234;mement humiliant, comme si le fait d'embaucher une personne handicap&#233;e &#233;tait comme se tirer une balle dans le pied. Voil&#224; comment est appr&#233;hend&#233;e la singularit&#233; : stigmatisation, humiliation et destruction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'on n'a pas la gueule dedans, on ne peut pas comprendre tout &#231;a. On ne veut pas le comprendre parce qu'on s'en fout. C'est lorsqu'on est confront&#233;&#183;e &#224; la question du handicap, de la diff&#233;rence via un&#183;e proche ou un&#183;e ami&#183;e qu'on saisit cette r&#233;alit&#233; que nous acceptons toutes et tous. Je ne veux pas que ma fille subisse tout &#231;a&#8230; Elle en subit d&#233;j&#224; de trop. On n'aurait jamais imagin&#233; devoir se battre pour la scolarisation, l'&#233;ducation, l'acc&#232;s au centre de loisirs, le respect, l'acc&#232;s &#224; la sant&#233;, les droits les plus fondamentaux&#8230; Cette soci&#233;t&#233; est violente, intol&#233;rante, injuste et in&#233;galitaire. Je sais que rien ne changera mais je ferai tout pour que cette soci&#233;t&#233; &#8211; que nous n'avons pas choisie &#8211; ne nous bousille pas aussi vite qu'elle ne l'esp&#232;re.
Je n'ai jamais consid&#233;r&#233; l'autisme comme un probl&#232;me ou une maladie. Combien d'assos demandent des tunes pour vaincre cette soi-disant maladie ? Ma fille n'est pas malade, les autistes vont bien merci pour elles et eux. La question est plus du c&#244;t&#233; des neurotypiques, persuad&#233;&#183;es que l'autisme est une maladie, une tare. Leur &#233;troitesse d'esprit n'est-elle pas pour le coup une maladie de l'esprit ?
Un dernier petit truc : Les autistes ne sont pas perch&#233;&#183;es ou dans leur bulle. Ils et elles ne vivent pas dans &#171; leur &#187; monde, mais dans le n&#244;tre. Dans ce monde de merde que nous fa&#231;onnons chaque jour &#224; leur rendre encore plus invivable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par J&#233;r&#244;me F.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez : une m&#233;moire qui se conserve</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mythique, la gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez en 1924 l'est doublement : elle a &#233;t&#233; men&#233;e par des femmes et s'est sold&#233;e par une victoire. La journaliste Anne Crignon raconte leur histoire dans son livre Une belle gr&#232;ve de femmes. Entretien. Il est des luttes dont la m&#233;moire ne flanche pas. La gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez, &#224; l'hiver 1924, est de celles-l&#224;. Articles de presse, livres, documentaires, t&#233;l&#233;film et m&#234;me chanson, cela fera bient&#244;t cent ans que d'une g&#233;n&#233;ration &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no222-juillet-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;222 (juillet-ao&#251;t-septembre 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mythique, la gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez en 1924 l'est doublement : elle a &#233;t&#233; men&#233;e par des femmes et s'est sold&#233;e par une victoire. La journaliste Anne Crignon raconte leur histoire dans son livre &lt;i&gt;Une belle gr&#232;ve de femmes&lt;/i&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5261 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_222_berz_sardine_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH624/web_222_berz_sardine_1200px-2-d1d87.jpg?1782679154' width='500' height='624' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Nadia Berz
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est des luttes dont la m&#233;moire ne flanche pas. La gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez, &#224; l'hiver 1924, est de celles-l&#224;. Articles de presse, livres, documentaires, t&#233;l&#233;film et m&#234;me chanson, cela fera bient&#244;t cent ans que d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre se transmet l'histoire des ouvri&#232;res de ce port du Finist&#232;re qui ont mis au pas les p&#234;cheurs, fait plier les patrons. Anne Crignon apporte aujourd'hui sa pierre &#224; l'&#233;difice m&#233;moriel avec &lt;i&gt;Une belle gr&#232;ve de femmes &#8211; Les Penn sardin. Douarnenez, 1924&lt;/i&gt;, paru ce printemps chez Libertalia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une plume d&#233;li&#233;e et sans rien c&#233;der au folklore, elle y d&#233;crit l'extr&#234;me duret&#233; des conditions de vie des Penn sardin (&#171; &lt;i&gt;t&#234;te de sardine&lt;/i&gt; &#187;, en breton) ; leur combat pour arracher quelques sous aux cols blancs qui les employaient (&#171; &lt;i&gt;Pemp real a vo !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Ce sera 1,25 franc !&lt;/i&gt; &#187; scandaient-elles dans les rues de la ville) ; la solidarit&#233; et les liens tiss&#233;s avec des figures de la gauche de l'&#233;poque ; jusqu'&#224; la victoire, quelque six semaines apr&#232;s avoir d&#233;sert&#233; les usines. On en parle avec l'autrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la situation des sardini&#232;res de Douarnenez &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Douarnenez il y a cent ans, c'est du Zola au fond du Finist&#232;re. Deux mille sardini&#232;res triment dans les vingt conserveries de la ville, appel&#233;es commun&#233;ment les &#8220;fritures&#8221;, qui sont des hangars lugubres, trop froids en hiver, trop chauds en &#233;t&#233;, au sol rendu boueux par le visc&#232;re de sardine &#8211; autant dire pas id&#233;al pour le bois des sabots. Elles sont corv&#233;ables de jour comme de nuit car il n'y a pas d'heure pour l'arriv&#233;e du poisson. D&#232;s que les hommes sont &#224; quai, une contrema&#238;tresse bat le rappel dans la ville, il faut courir au travail, et c'est parti pour dix ou douze heures d'affil&#233;e, parfois plus. M&#234;me les fillettes sont aval&#233;es par l'usine, pour certaines d&#232;s leurs huit ans. C'est l'abjection. Les heures de nuit sont pay&#233;es pareil que les heures de jour, c'est-&#224;-dire une mis&#232;re. Et puis il y a cette odeur qui complexe les femmes : le velours de leur jupe en est tout impr&#233;gn&#233; alors qu'elles sont d'une grande coquetterie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui les pousse &#224; d&#233;brayer &#224; l'hiver 1924 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout commence le 21 novembre &#224; l'usine Carnaud, dite &#8220;la m&#233;ta&#8221;, qui fabrique les boites dans lesquelles est commercialis&#233; le poisson. Un contrema&#238;tre refuse de recevoir des femmes qui demandent &#224; le voir pour lui parler de la paye minuscule et de ces heures en trop qui les &#233;puisent, au point que plusieurs dans leurs rangs en sont mortes. Et le gars, il fait quoi ? Il refuse. La col&#232;re monte depuis quelque temps, et la rancune est palpable envers les &#8220;riches heureux&#8221; qu'elles voient passer dans la cour de l'usine, le cheveu liss&#233; de brillantine, sans un regard pour celles qui font leur fortune. Ce refus, c'est l'offense de trop. Et vite, l'offense se change en v&#233;ritable fureur. Les femmes partent dans les rues (en chantant d&#233;j&#224; L'Internationale) propager la contestation. Du beau travail : deux jours plus tard, toutes les usines de la ville sont en gr&#232;ve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette gr&#232;ve est &#233;rig&#233;e en mod&#232;le de lutte victorieuse. Qu'est-ce qui a rendu cette victoire possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'abord, c'est la solidarit&#233;. Les femmes de toutes les usines ont suivi, ainsi que les marins p&#234;cheurs, qui &#233;taient souvent leurs maris. Et tr&#232;s vite, il s'est pass&#233; cette chose incroyable : du monde a d&#233;barqu&#233; &#224; Douarnenez pour soutenir la gr&#232;ve. &#192; l'&#233;poque, la jeune r&#233;volution russe draine les espoirs de toute une g&#233;n&#233;ration abattue par la guerre. Dans le sillage du congr&#232;s de Tours de d&#233;cembre 1920, en 1921&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;v&#233;nement majeur dans l'histoire de la gauche fran&#231;aise, le congr&#232;s de Tours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est n&#233;e la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail unitaire qui en appelle &#224; un socialisme r&#233;volutionnaire et envoie &#224; Douarnenez ses militants : le jeune Charles Tillon, qui sera vingt ans plus tard le grand r&#233;sistant que l'on conna&#238;t, cofondateur des FTP (Francs-tireurs et partisans) ; et Lucie Colliard, institutrice de Bog&#232;ve (Haute-Savoie) r&#233;voqu&#233;e pour propagande pacifiste et qui a m&#234;me fait de la prison pour &#231;a. Les sardini&#232;res sont aussi soutenues par le maire de la ville, Daniel Le Flanchec, communiste, ancien anar que le ministre de l'Int&#233;rieur Camille Chautemps fait surveiller car il est fich&#233; comme pote de la bande &#224; Bonnot. Bref, le gars bien incontr&#244;lable comme il en faudrait plus et qui fait flipper le gouvernement avec la vitalit&#233; de son laboratoire du bolchevisme en terre armoricaine.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;Toutes les usines de la ville sont en gr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a beaucoup aid&#233; aussi, c'est que la Bretagne a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;reuse. Tout le monde donnait de la nourriture, un coup de main, ou les deux. Je pense &#224; un gar&#231;on de 14 ans de Pouldavid (commune rattach&#233;e &#224; Douarnenez en 1945), Jean Moreau, qui allait d'une ferme &#224; l'autre sur son char &#224; bancs collecter pour le piquet de gr&#232;ve des kilos et des kilos de pommes de terre. Je voudrais que les gens retiennent ce nom : Jean Moreau, de Pouldavid-sur-Mer, ami des Penn sardin &#224; 14 ans, chef des FTP de l'Orne, fusill&#233; par les Allemands &#224; 34. Il y avait aussi des d&#233;put&#233;s communistes comme Arthur Henriet. Il faut voir tous les chics types qui ont fait leurs dix-sept heures de train depuis Paris pour venir s'installer &#224; Douarnenez l'hiver 1924 &#8211; comme Daniel Renoult, journaliste &#224; &lt;i&gt;L'Huma&lt;/i&gt;. Ils &#233;taient tous dans le m&#234;me h&#244;tel, tenu par une femme qu'ils appelaient &#8220;la belle Ang&#232;le&#8221;, ravie d'avoir chez elle les amis de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, ce qui a aid&#233; ces femmes &#224; tenir, je crois, c'est leur qualit&#233; de m&#232;re : elles ne voulaient pas de cette vie pour leurs enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi elles, Jos&#233;phine Pencalet, souvent cit&#233;e quand on &#233;voque la gr&#232;ve des sardini&#232;res. Qui &#233;tait-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jos&#233;phine est ouvri&#232;re d'usine. Quelques ann&#233;es auparavant, elle est &#8220;mont&#233;e&#8221; &#224; Paris pour &#234;tre &#8220;bonne &#224; tout faire&#8221; chez des bourgeois comme beaucoup de Bretonnes au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Elle est revenue &#224; Douarnenez avec ses deux enfants parce que son mari est mort, emport&#233; par la maladie, peu apr&#232;s la guerre. Les gens de Douarnenez disent qu'elle &#233;tait la meneuse du mouvement mais en r&#233;alit&#233; on n'en sait rien. Elle n'est pas membre du comit&#233; de gr&#232;ve, elle ne fait pas partie de la d&#233;l&#233;gation qui rencontre &#224; Paris le ministre du Travail qui leur dit que leurs patrons sont &#8220;&lt;i&gt;des brutes et des sauvages&lt;/i&gt;&#8221;, ni dans le comit&#233; d'accueil qui va &#224; la gare accueillir avec des fleurs le d&#233;put&#233; Marcel Cachin, directeur de &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;. Mais pour les Douarnenistes, Jos&#233;phine Pencalet est l'h&#233;ro&#239;ne de la &#8220;grande gr&#232;ve&#8221;. Alors on peut faire comme John Ford dans son film &lt;i&gt;L'Homme qui tua Liberty Valence&lt;/i&gt; (1962) : la l&#233;gende est belle, imprimons la l&#233;gende. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que f&#233;minine, cette gr&#232;ve n'&#233;tait pas pour autant &#171; consciemment f&#233;ministe &#187;, comme tu l'&#233;cris&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lucie Colliard, qui &#233;tait militante f&#233;ministe, a essay&#233; de convaincre ses &#8220;bonnes camarades de Douarnenez&#8221; en ce sens. Mais elles avaient d&#233;j&#224; tant &#224; faire qu'elle ne fut pas suivie sur ce point. En revanche, une chose est certaine : c'est gr&#226;ce &#224; des f&#233;ministes comme Maria H&#233;lia, avec son splendide film documentaire L'Usine rouge (1989), ou Anne-Denes Martin&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autrice des Ouvri&#232;res de la mer, L'Harmattan, 1994.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui a rassembl&#233; leurs t&#233;moignages dans les ann&#233;es 1990, que la m&#233;moire s'est transmise. On entend aujourd'hui que les Penn sardin &#233;taient f&#233;ministes. Faut-il se d&#233;clarer soi-m&#234;me f&#233;ministe ou peut-on &#234;tre d&#233;sign&#233;e comme telle par autrui ? Je ne sais pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu d&#233;cris cette gr&#232;ve comme un pur exemple de politisation par la lutte. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Daniel Le Flanchec, qui voulait mettre du communisme dans le c&#339;ur de ses administr&#233;s, a beaucoup influenc&#233; les sardini&#232;res. Il &#233;tait tellement aim&#233; que les gr&#233;vistes avaient invent&#233; une chanson pour lui : &#8220;&lt;i&gt;C'est Flanchec, c'est notre roi !&lt;/i&gt;&#8221; Lucie Colliard avait beau leur dire qu'il ne fallait pas applaudir un homme mais ses id&#233;es, rien n'y faisait. Il a pass&#233; les six semaines et demie de gr&#232;ve parmi elles, &#224; d&#233;noncer le capitalisme et les &#8220;patrons buveurs de sang&#8221;. Place de la Croix, &#224; Douarnenez, on se retrouvait pour commenter les affiches placard&#233;es par le Parti communiste, lesquelles &#233;taient de v&#233;ritables cours de science politique. Et puis il y avait une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale tous les jours aux halles apr&#232;s la manif. La lutte a tellement politis&#233; les Douarnenistes que Flanchec a gard&#233; sa mairie communiste jusqu'en 1940, et haut la main. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;v&#233;nement majeur dans l'histoire de la gauche fran&#231;aise, le congr&#232;s de Tours de la Section fran&#231;aise de l'Internationale ouvri&#232;re voit la scission des pro-sovi&#233;tiques, &#224; l'origine du Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Autrice des Ouvri&#232;res de la mer&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176; 222 (en kiosque)</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no-222-en-kiosque</link>
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		<dc:date>2023-07-07T12:02:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent Croguennec</dc:subject>
		<dc:subject>Serge D'Ignazio</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le dossier du mois n'est pas vraiment un dossier, plut&#244;t une respiration estivale dans la grisaille sociale, &#224; base de jeux de bon aloi, type &#171; carte anti-touristique de Marseille &#187; ou grand test &#171; quel type de gentrificateur &#234;tes-vous ? &#187;. Id&#233;al pour frimer sur la plage. Pour le reste, on y cause &#233;tincelles &amp; &#233;meutes, Soul&#232;vements de la terre en Maurienne, r&#233;pression pseudo-anti-terroriste, mysticisme techno-s&#233;curitaire ou chevauch&#233;es de Makhno. Du rire et des larmes de rage, quoi, au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no222-juillet-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;222 (juillet-ao&#251;t-septembre 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Serge-D-Ignazio" rel="tag"&gt;Serge D'Ignazio&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/cqfd_222_une-2-80177.jpg?1782679154' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dossier du mois n'est pas vraiment un dossier, plut&#244;t une respiration estivale dans la grisaille sociale, &#224; base de jeux de bon aloi, type &#171; carte anti-touristique de Marseille &#187; ou grand test &#171; quel type de gentrificateur &#234;tes-vous ? &#187;. Id&#233;al pour frimer sur la plage. Pour le reste, on y cause &#233;tincelles &amp; &#233;meutes, Soul&#232;vements de la terre en Maurienne, r&#233;pression pseudo-anti-terroriste, mysticisme techno-s&#233;curitaire ou chevauch&#233;es de Makhno. Du rire et des larmes de rage, quoi, au dosage millim&#233;tr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no222-juillet-2023' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de vous &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/cqfd_222_une.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/cqfd_222_une-a1ecc.jpg?1782679154' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En couverture : &lt;/strong&gt; &#171; Les soul&#232;vements de l'&#233;t&#233; &#187;, par &lt;a href=&#034;http://www.vincentcrog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Revolte-des-quartiers-Il-y-a-une' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#233;volte des quartiers : &#171; Il y a une rationalit&#233; dans les cibles qui sont choisies &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; - Depuis la mort de Nahel, tu&#233; par la police lors d'un contr&#244;le routier le 27 juin &#224; Nanterre, des r&#233;voltes ont &#233;clat&#233; un peu partout en France. On en parle avec le sociologue Julien Talpin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_222_dignazio_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH210/web_222_dignazio_1200px-2-ee190.jpg?1782679154' width='500' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo de Serge d'Ignazio
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-Besancon-armada-d-uniformes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Besan&#231;on, armada d'uniformes contre feux d'artifice&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; - Apr&#232;s la mort de Nahel, abattu par la police lors d'un contr&#244;le routier, la r&#233;volte explose. R&#233;cit de quatre jours d'&#233;meutes &#224; Besan&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-France-est-l-un-des-pays-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Entretien avec Olivier Tesquet : &#171; La France est l'un des pays les plus envo&#251;t&#233;s par le mysticisme technos&#233;curitaire &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; - Activation des objets connect&#233;s &#224; distance, surveillance des journalistes, exp&#233;rimentation de la reconnaissance faciale&#8230; Depuis quelques mois, les projets de lois liberticides se multiplient. Et m&#234;me si tous n'aboutissent pas, le discours technos&#233;curitaire est de plus en plus h&#233;g&#233;monique. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lafarge, tu nous GAV&lt;/strong&gt; &#8211; Le 5 juin dernier, une quinzaine de militant&#183;es ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;&#183;es dans le cadre de l'instruction judiciaire en cours concernant le sabotage de l'usine Lafarge en d&#233;cembre 2022. Deux d'entre elles et eux racontent leurs interrogatoires orchestr&#233;s par la sous-direction antiterroriste. Rien que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le doigt dans l'&#339;il de l'antiterrorisme&lt;/strong&gt; - Le 20 juin, la sous-direction antiterroriste a men&#233; une deuxi&#232;me vague d'arrestations dans tout le pays, toujours pour la m&#234;me enqu&#234;te concernant le sabotage de l'usine Lafarge en d&#233;cembre 2022. R&#233;cit d'arrestation depuis la Meuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Contre le chantier du Lyon-Turin : en Maurienne, la bataille des rails&lt;/strong&gt; &#8211; La r&#233;pression et un dispositif policier d&#233;mesur&#233; ont douch&#233; les espoirs d'une rencontre entre les Soul&#232;vements de la Terre et le mouvement italien No Tav, tenus &#224; distance des chantiers du Lyon-Turin les 17 et 18 juin derniers. Et pourtant, au creux des montagnes, les graines de l'union des luttes ont &#233;t&#233; plant&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_222_shoma_mc_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/web_222_shoma_mc_1200px-3042e.jpg?1782679154' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Ma&#239;da Chavak
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En Inde, le fascisme du roi Modi&lt;/strong&gt; &#8211; Cela fait cinq ans que la militante indienne Shoma Sen est emprisonn&#233;e sans avoir eu droit &#224; un proc&#232;s. Comme des milliers d'autres, elle fait les frais de la mont&#233;e en puissance d'un gouvernement de plus en plus souvent qualifi&#233; de fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Mineurs, lesbiennes et gay : sous Thatcher, la convergence des fiert&#233;s&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son livre &lt;i&gt;Lesbiennes et gays au charbon &#8211; Solidarit&#233;s avec les mineurs britanniques en gr&#232;ve, 1984-1985&lt;/i&gt;, Marie Cabadi revient sur l'histoire d'une gr&#232;ve m&#233;morable, &#233;pisode historique de convergence des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez : une m&#233;moire qui se conserve&lt;/strong&gt; &#8211; Mythique, la gr&#232;ve des sardini&#232;res de Douarnenez en 1924 l'est doublement : elle a &#233;t&#233; men&#233;e par des femmes et s'est sold&#233;e par une victoire. La journaliste Anne Crignon raconte leur histoire dans son livre &lt;i&gt;Une belle gr&#232;ve de femmes&lt;/i&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_222_berz_sardine_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH624/web_222_berz_sardine_1200px-89421.jpg?1782679154' width='500' height='624' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Nadia Berz
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La Cantine des Pyr&#233;n&#233;es : dix ans de bouffe subversive&lt;/strong&gt; &#8211; Par quel miracle un chanteur d'op&#233;ra, un mec SDF, une chercheuse, une personne sans-papiers et un ouvrier du b&#226;timent peuvent-ils se retrouver ensemble derri&#232;re les fourneaux ? La sc&#232;ne se passe au milieu des grosses gamelles de la Cantine des Pyr&#233;n&#233;es, &#224; Paris, o&#249; une autre fa&#231;on de faire soci&#233;t&#233; se construit depuis une dizaine d'ann&#233;es. &#192; table !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : jeux d'&#233;t&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Qui a dit quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le test de l'&#233;t&#233; : quel gentrificateur&#183;ice es-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'horoscope &lt;/strong&gt; - Le professeur Xanax de la Muerte &#233;tant absent pour cause de comp&#233;tition d'aquaponey en Transnistrie, la Magist&#232;re Charlyne Chambard&#233;e (MCC) a consult&#233; les astres pour vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Carte anti-touristique de Marseille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s, jeu des 7 diff&#233;rences, labyrinthe, trouvez l'intrus &amp; co&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_222_7dif02_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH340/web_222_7dif02_1200px-4e655.jpg?1782679154' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Mickomix
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fiction : le gang des Possums&lt;/strong&gt; &#8211; O&#249; notre camarade Chien Noir, absent depuis un bail, revient pour l'&#233;t&#233;, avec une nouvelle un peu moins d&#233;pressive qu'&#224; son habitude. Place aux opossums d&#233;ter'&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; chroniques &amp; culture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A&#239;e tech # 10 : &#171; Facebook nous a transform&#233;s en connards &#187;&lt;/strong&gt; - Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Dixi&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; &#224; la s&#233;rie de vid&#233;os Infernet de Pac&#244;me Thiellement et aux ravages d'un certain Mark Zuckerberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Viva la muerte : Silvio Berlusconi (1936-2023)&lt;/strong&gt; &#8211; Cat&#233;gorie : multit&#226;ches. Mort : &#224; l'h&#244;pital, le 12 juin 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Putain de chronique #20w : Time to say goodbye&lt;/strong&gt; &#8211; Yz&#233; Volupt&#233;e est travailleur du sexe. Escort, r&#233;alisateur et performeur porno-f&#233;ministe tendance non binaire, il chronique dans ces colonnes son quotidien, ses r&#233;flexions et ses coups de gueule. La r&#233;alit&#233; d'Yz&#233; n'est pas celle des personnes exploit&#233;es par les r&#233;seaux de traite ou contraintes par d'autres &#224; se prostituer. Son activit&#233; est pour lui autant un moyen de subsistance qu'un choix politique. Il nous dit au revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le retour inattendu de Nestor Makhno&lt;/strong&gt; &#8211; En Ukraine comme ailleurs, la guerre est un terreau propice aux mont&#233;es nationalistes les plus violentes. Face aux pulsions de mort qui s'en d&#233;gagent, Charles Reeve a vu surgir la beaut&#233; des valeurs &#233;galitaires de Nestor Makhno l&#224; o&#249; il ne les attendait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; &#8211; &#171; L'ordre r&#232;gne sur la France-&gt;3997] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; &#8211; &#171; &#199;a a br&#251;l&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; - (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5250 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/une.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;La Une en PDF
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Femmes sans enfant : le choix de passer son tour</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Femmes-sans-enfant-le-choix-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Femmes-sans-enfant-le-choix-de</guid>
		<dc:date>2019-12-14T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claire Feasson</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>charge</dc:subject>
		<dc:subject>Sempiternelle question</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un des nombreux aspects du contr&#244;le patriarcal sur le ventre des femmes : leur assignation au travail invisible et gratuit de la reproduction. R&#233;sistant &#224; une pression sociale persistante, certaines disent non. T&#233;moignages. Pass&#233; la trentaine, on n'y &#233;chappe pas : &#171; Et toi tu veux des enfants ? &#187; Sempiternelle question dont le sous-entendu implicite &#8211; &#171; Quand est-ce que tu t'y mets ? &#187; &#8211; ne laisse pas vraiment la possibilit&#233; de r&#233;pondre par la n&#233;gative. En 2019 en France, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un des nombreux aspects du contr&#244;le patriarcal sur le ventre des femmes : leur assignation au travail invisible et gratuit de la reproduction. R&#233;sistant &#224; une pression sociale persistante, certaines disent non. T&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH674/-1382-1fc66.jpg?1782651098' width='400' height='674' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ass&#233; la trentaine, on n'y &#233;chappe pas : &#171; &lt;i&gt;Et toi tu veux des enfants ?&lt;/i&gt; &#187; Sempiternelle question dont le sous-entendu implicite &#8211; &#171; &lt;i&gt;Quand est-ce que tu t'y mets ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ne laisse pas vraiment la possibilit&#233; de r&#233;pondre par la n&#233;gative. En 2019 en France, la maternit&#233; demeure un passage oblig&#233;, et seule une extr&#234;me minorit&#233; de la population hexagonale d&#233;clare ne pas avoir d'enfant par choix&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5 % de la population (hommes et femmes confondus), selon une enqu&#234;te de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment d&#233;m&#234;ler ce qui nous appartient pleinement dans un &#233;ventuel d&#233;sir de maternit&#233; et ce qui rel&#232;ve des injonctions de la soci&#233;t&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons au passage que l'institution familiale est encore aujourd'hui un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ? Afin de questionner le fameux instinct maternel, la soi-disant &#233;vidence de devenir m&#232;re, la r&#233;duction essentialisante de la femme &#224; son appareil reproductif, la pr&#233;tendue horloge biologique... j'ai interview&#233; des femmes de mon entourage assumant et revendiquant leur statut de nullipare&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nullipare : n'ayant jamais accouch&#233;. La retranscription de ces &#233;changes a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. De quoi contrer la doxa selon laquelle &#171; &lt;i&gt;une femme sans enfant est avant tout &#233;go&#239;ste, a forc&#233;ment rat&#233; sa vie et doit &#234;tre compl&#232;tement frustr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Comme si elle ne pouvait pas s'&#233;panouir par ailleurs, et juste pour elle-m&#234;me...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La libert&#233; de l'impr&#233;vu&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'aussi loin qu'elles se souviennent, certaines ont toujours eu le d&#233;sir de ne pas en avoir. Pour d'autres, les enjeux ont &#233;volu&#233; avec le temps. Mais comme la plupart vivent des histoires de couple plut&#244;t longues et stables, l'hypoth&#232;se selon laquelle ce ne serait juste pas &#171; le bon partenaire &#187; se r&#233;v&#232;le peu probable ; la peur de s'engager avec son compagnon sur la dur&#233;e non plus. Quant &#224; celles qui sont c&#233;libataires, peut-&#234;tre subjectivent-elles plus la situation comme un &#233;tat de fait, dont elles ne ma&#238;trisent pas toujours les param&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi ne pas faire d'enfant ? La priorit&#233; donn&#233;e &#224; la libert&#233;, le refus du compromis et l'allergie aux contraintes sont les raisons invoqu&#233;es le plus souvent. &#201;merge aussi ce qu'on pourrait nommer une &#171; revendication de la pr&#233;carit&#233; &#187;, o&#249; instabilit&#233; rime avec mobilit&#233; &#233;mancipatrice. C'est un peu ce que dit Lou : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e d'un CDI m'angoisse, j'aurais l'impression d'&#234;tre encha&#238;n&#233;e. Ce serait s&#251;rement plus rassurant de r&#233;pondre &#224; la norme, mais la libert&#233; ne peut aller sans son lot d'incertitudes.&lt;/i&gt; &#187; Lucile va encore plus loin dans le parall&#232;le : &#171; &lt;i&gt;Je consid&#232;re la maternit&#233; comme un vrai travail, je refuse de porter la responsabilit&#233; de cet investissement &#224; vie.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;fiance envers l'aspect irr&#233;versible de la chose et volont&#233; de privil&#233;gier un autre mode de vie o&#249;, par comparaison, tout est encore possible facilement et &#224; l'improviste : partir quelques jours ou plus sans &#234;tre coinc&#233;e par l'obligation de l'&#233;cole, sortir le soir, avoir du temps pour soi, passer ses week-ends sur des salons du livre engag&#233;, etc. Certaines d&#233;noncent clairement le contr&#244;le social limitant qu'incarnent les liens familiaux. Leila : &#171; &lt;i&gt;Je veux pouvoir &#234;tre disponible pour les rassemblements de derni&#232;re minute, les manifs, les r&#233;unions de militants. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Choisir sa famille&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leurs r&#233;ticences vis-&#224;-vis du huis clos fusionnel de la cellule familiale nucl&#233;aire &#233;tant nombreuses, elles sont plusieurs &#224; &#233;voquer d'autres alternatives plus collectives : l'habitat partag&#233;, la colocation ou, avec un demi-sourire, le fantasme de la garde altern&#233;e &#8211; cette id&#233;e d'&#233;lever &#171; un enfant &#224; quatre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de &#171; famille choisie &#187; fait son chemin, et certaines pensent &#224; des r&#233;seaux de solidarit&#233;s pour leurs vieux jours. Inspir&#233;es par le mod&#232;le des Babayagas de Montreuil, elles imaginent une maison de retraite libertaire et alternative. De toute fa&#231;on, comme le dit tr&#232;s justement Lucia : &#171; &lt;i&gt;Tu ne vas pas faire des gosses pour qu'ils te torchent le cul &#224; 80 ans. &#187;&lt;/i&gt; La question des possibles regrets ult&#233;rieurs ? Idem : &#171; &lt;i&gt;Faire quelque chose dont tu n'as pas envie maintenant afin d'anticiper d'&#233;ventuels regrets plus tard... &#231;a para&#238;t absurde, non ?&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la perspective de laisser ou non des traces de son passage sur Terre, Lou tranche : &#171; &lt;i&gt;Avoir des enfants cr&#233;e une sorte de tampon, de d&#233;rivatif, qui permet de contourner les questionnements m&#233;taphysiques existentiels. C'est rassurant puisque &#231;a l&#233;gitime, &#231;a justifie ton existence, alors que nous, on doit trouver du sens dans nos vies par nous-m&#234;mes. &#187;&lt;/i&gt; Dans cette vision fantasm&#233;e et manich&#233;enne de la psych&#233; des parents, il y a certainement un fond de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On est matraqu&#233;es dans ce but-l&#224;... &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En &#233;coutant ces femmes, on per&#231;oit assez vite le poids de la norme procr&#233;ative. Rosa s'en &#233;nerve : &#171; &lt;i&gt;Si vraiment, pour devenir une femme accomplie, il faut avoir des enfants, alors qu'est-ce qu'on fait de celles qui ne peuvent pas en avoir ? T'es quoi si t'es pas une femme ?&lt;/i&gt; &#187; L'entourage proche met souvent la pression, m&#234;me de mani&#232;re diffuse et t&#233;nue. &#171; &lt;i&gt;T'as l'impression d'&#234;tre la paum&#233;e qui a pas pu faire de choix, &lt;/i&gt;confie Julie. &lt;i&gt;Tu d&#233;ranges, en tant que femme seule et ind&#233;pendante, voire m&#234;me tu apparais comme une rivale mena&#231;ante. Bonjour la sororit&#233;...&lt;/i&gt; &#187; Elle pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Cela dit, l'injonction est surtout int&#233;rioris&#233;e, t'as pas franchement besoin de piq&#251;res de rappels, tu le sais... On est conditionn&#233;es, matraqu&#233;es, programm&#233;es dans ce but-l&#224;. Et puis, le fait de ne pas en avoir &#224; soi ne signifie pas pour autant que tu n'entretiens pas des liens tr&#232;s profonds avec les enfants de tes potes.&lt;/i&gt; &#187; Plusieurs de nos interview&#233;es insistent aussi sur la n&#233;cessit&#233; et l'envie d'incarner un autre mod&#232;le, hors des r&#233;f&#233;rents parentaux, celui d' &#187; &lt;i&gt;une sorte de marraine, avec qui il est possible de transgresser les r&#232;gles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on questionne na&#239;vement l'&#233;ventuelle potentialit&#233; d'ascension sociale ou du moins l'implication plus forte dans un champ d'investissement b&#233;n&#233;vole que permettrait le fait de ne pas avoir d'enfant, certaines s'agacent : &#171; &lt;i&gt;En fait t'es pardonn&#233;e de ne pas avoir d'enfant si tu cr&#233;es. Y a pas d'alternative... tu ponds un livre ou tu ponds un gosse ! Mais j'ai le droit d'exister tout simplement ?&lt;/i&gt; &#187; Quoi qu'elles fassent, leurs faits et gestes seront toujours per&#231;us &#224; travers le prisme de leur non-maternit&#233;, comme une &#171; compensation &#187;. Ou bien l'on consid&#232;re que l'absence d'enfant est la preuve de leur &#171; incapacit&#233; &#187; &#224; assumer la double journ&#233;e&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les femmes, outre leur activit&#233; salari&#233;e, assurent les deux tiers des t&#226;ches (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Cela &#233;tant, si l'id&#233;e qu'une artiste cr&#233;e par n&#233;cessit&#233; et non par besoin de &#171; combler un manque &#187; est commun&#233;ment partag&#233;e, il est aussi &#233;vident que le faible pourcentage de femmes artistes, &#233;crivaines ou scientifiques est une cons&#233;quence directe, entre autres, de l'aspect chronophage de la maternit&#233;. Dans son essai &lt;i&gt;Sorci&#232;res&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titr&#233; La puissance invaincue des femmes, &#233;d. Zones, 2018.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, Mona Chollet illustre bien les in&#233;galit&#233;s de l'assignation genr&#233;e, notamment en termes de charge mentale et domestique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une charge &#233;ducative mal r&#233;partie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour une partie de nos interview&#233;es, l'in&#233;galit&#233; genr&#233;e dans la prise en charge &#233;ducative est un &#233;l&#233;ment dissuasif compl&#233;mentaire, m&#234;me si elles auraient plut&#244;t confiance dans la r&#233;partition des t&#226;ches avec leur partenaire si jamais elles changeaient d'avis. D'autres, au contraire, y voient un vrai obstacle. Leila : &#171; &lt;i&gt;J'ai l'impression qu'on est forc&#233;ment prises au pi&#232;ge en tant que femme, la charge mentale est plus lourde, la maternit&#233; nous assigne &#224; notre r&#244;le genr&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Lucile rejoint cette analyse : &#187; &lt;i&gt;La maternit&#233; ne m'a jamais fait r&#234;ver, peut-&#234;tre parce que j'ai toujours su que le prix &#224; payer &#233;tait hyper &#233;lev&#233; ; j'ai vu des m&#232;res manifester trop de d&#233;sarroi et d'inqui&#233;tude par rapport &#224; l'&#233;ducation de leur enfant.&lt;/i&gt; &#187; Sans parler des cas de s&#233;paration o&#249; les m&#232;res c&#233;libataires se retrouvent souvent seules &#224; g&#233;rer leur m&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de Fran&#231;oise H&#233;ritier, Christine Delphy et Silvia Federici l'ont clairement d&#233;montr&#233; : la domination masculine repose en grande partie sur le contr&#244;le des capacit&#233;s reproductrices des femmes. Si l'on d&#233;sirait vraiment l'&#233;galit&#233; entre les deux sexes, on ferait en sorte que la prise en charge de la maternit&#233; n'incombe plus exclusivement aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Claire Feasson&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;5 % de la population (hommes et femmes confondus), selon une enqu&#234;te de l'Ined et de l'Inserm cit&#233;e dans &#171; Rester sans enfant : un choix de vie &#224; contre-courant &#187;, &lt;i&gt;Population et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Notons au passage que l'institution familiale est encore aujourd'hui un des moyens les plus efficaces de maintenir le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nullipare : n'ayant jamais accouch&#233;. La retranscription de ces &#233;changes a donn&#233; lieu &#224; un premier article paru dans la revue &lt;i&gt;Panth&#232;re Premi&#232;re&lt;/i&gt; (n&#176; 4, &#233;t&#233; 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les femmes, outre leur activit&#233; salari&#233;e, assurent les deux tiers des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res (enqu&#234;te Insee, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-titr&#233; &lt;i&gt;La puissance invaincue des femmes&lt;/i&gt;, &#233;d. Zones, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prison pour femmes : cachez ce d&#233;sir que je ne saurais voir</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Prison-pour-femmes-cachez-ce-desir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Prison-pour-femmes-cachez-ce-desir</guid>
		<dc:date>2019-08-21T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>prison</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Myriam Jo&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Jo&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Myriam</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;tenues</dc:subject>
		<dc:subject>jupe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son livre La sexualit&#233; en prison de femmes, la sociologue Myriam Jo&#235;l l&#232;ve le voile sur un univers carc&#233;ral au f&#233;minin o&#249; le sexisme r&#232;gne en ma&#238;tre. Trois ans. C'est le temps que Myriam Jo&#235;l a pass&#233; aupr&#232;s des d&#233;tenues et des professionnels de sept &#233;tablissements p&#233;nitenciers fran&#231;ais. Dans le cadre de sa th&#232;se, celle qui est aujourd'hui docteure en sociologie s'est pench&#233;e sur l'&#233;pineuse question de la sexualit&#233; des femmes emprisonn&#233;es. Cet objet de recherche, ill&#233;gitime s'il en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Myriam-Joel" rel="tag"&gt;Myriam Jo&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Joel" rel="tag"&gt;Jo&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Myriam" rel="tag"&gt;Myriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/detenues" rel="tag"&gt;d&#233;tenues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jupe" rel="tag"&gt;jupe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;La sexualit&#233; en prison de femmes&lt;/i&gt;, la sociologue Myriam Jo&#235;l l&#232;ve le voile sur un univers carc&#233;ral au f&#233;minin o&#249; le sexisme r&#232;gne en ma&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH616/-1252-5dafb.jpg?1782641148' width='400' height='616' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;rois ans. C'est le temps que Myriam Jo&#235;l a pass&#233; aupr&#232;s des d&#233;tenues et des professionnels de sept &#233;tablissements p&#233;nitenciers fran&#231;ais. Dans le cadre de sa th&#232;se, celle qui est aujourd'hui docteure en sociologie s'est pench&#233;e sur l'&#233;pineuse question de la sexualit&#233; des femmes emprisonn&#233;es. Cet objet de recherche, ill&#233;gitime s'il en est, s'attaque de front &#224; deux tabous majeurs : le d&#233;sir f&#233;minin et les femmes incarc&#233;r&#233;es. De ces rencontres et de ces r&#233;flexions, Myriam Jo&#235;l a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;La Sexualit&#233; en prison de femmes&lt;/i&gt;, paru en 2017 aux Presses de Sciences Po, qui jette un peu de lumi&#232;re sur un syst&#232;me carc&#233;ral agissant comme un &#171; &lt;i&gt;puissant relais des st&#233;r&#233;otypes de genre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une jupe plut&#244;t qu'un jean&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La s&#339;ur d'Alice, je lui ai dit qu'elle pouvait avoir des rapports, je lui ai expliqu&#233;, je lui ai dit les trucs pour pouvoir le faire. La derni&#232;re fois je l'ai vue en jupe et elle avait une montre qui fait chronom&#232;tre.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les t&#233;moignages sont issus des recherches de Myriam Jo&#235;l.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Quand Myriam Jo&#235;l rencontre Lilou, cela fait quatre mois que cette derni&#232;re est incarc&#233;r&#233;e. Assez de temps pour conna&#238;tre les combines et pouvoir rencarder les nouvelles arriv&#233;es. Le but ? D&#233;jouer la vigilance des surveillant.es quand vient l'heure des visites et que le d&#233;sir se fait palpable. Ruser. Porter une jupe plut&#244;t qu'un jean, tenter de se laisser aller au plaisir et d'en donner tout en gardant un &#339;il sur le ou la surveillant.e affair&#233;.e &#224; lire un livre ou r&#233;gler un conflit &#224; quelques m&#232;tres de soi. L'exercice semble ardu et, finalement, peu de femmes bravent l'interdit. Certaines disent botter en touche parce que &#171; &lt;i&gt;les conditions qui leur donnent envie ne sont pas r&#233;unies&lt;/i&gt; &#187;, d'autres ne s'y frottent pas par peur de la sanction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de sexualit&#233; en prison, les r&#232;gles du jeu sont floues. Seule r&#233;f&#233;rence qui vaille, le code de proc&#233;dure p&#233;nale stipule que &#171; &lt;i&gt;le fait, pour une personne d&#233;tenue&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;, d'imposer &#224; la vue d'autrui des actes obsc&#232;nes ou susceptibles d'offenser la pudeur&lt;/i&gt; &#187; constitue une faute disciplinaire. D'apr&#232;s Myriam Jo&#235;l, &#171; &lt;i&gt;la loi est tellement large que chaque surveillant.e s'en saisit un peu &#224; sa mani&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Dans les faits, les sanctions pour atteinte &#224; la pudeur sont rares. Le plus souvent, les maton.nes se contentent de jouer les p&#233;dagogues : &#171; &lt;i&gt;Lors de leurs interventions, &lt;/i&gt;d&#233;crypte la sociologue,&lt;i&gt; les agents incitent non seulement les d&#233;tenues &#224; respecter autrui, mais &#233;galement &#224; se respecter elles-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; De quoi faire perdurer une image aussi vivace qu'&#233;cul&#233;e qui voudrait qu'une &#171; fille bien &#187; ne se vautre pas publiquement dans la luxure.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La femme peut plus m&#233;caniquement se retenir, les hommes non &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les prisons fran&#231;aises, le seul espace d&#233;volu &#224; l'intimit&#233; des d&#233;tenu.&#8202;es et de leur conjoint.e est celui des UVF, les unit&#233;s de vie familiale. Dans ces petits appartements am&#233;nag&#233;s dans l'enceinte p&#233;nitentiaire, les couples et les familles peuvent se retrouver pour quelques heures ou quelques jours &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une visite en UVF peut durer de six &#224; soixante-douze heures.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et tenter de recr&#233;er un ersatz de vie familiale. Inaugur&#233;es pour la premi&#232;re fois &#224; Rennes en 2003, ces infrastructures sont encore loin d'&#233;quiper toutes les prisons : en 2016, seules 28 des 188 ge&#244;les fran&#231;aises en &#233;taient pourvues. L'acc&#232;s &#224; ces espaces ne se fait pas non plus sans restrictions : &#171; &lt;i&gt;Seuls les partenaires pouvant attester de la solidit&#233; de leur union en b&#233;n&#233;ficient&lt;/i&gt; &#187;, indique Myriam Jo&#235;l. L'administration p&#233;nitentiaire (AP) n'h&#233;site d'ailleurs pas &#224; mener l'enqu&#234;te. Des v&#233;rifications qui, pour la sociologue, font en substance &#171; &lt;i&gt;la promotion d'une sexualit&#233; f&#233;minine d&#233;pendante d'une relation conjugale exclusive&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque Myriam Jo&#235;l aborde la question de la mise en place de parloirs intimes qui permettraient aux couples de se retrouver quelques heures dans une chambre comme cela se fait d&#233;j&#224; en Espagne, au Mexique ou au Danemark, les r&#233;actions des professionnel.les comme des d&#233;tenues ne se font pas attendre : &#171; &lt;i&gt;d&#233;gradant&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;humiliant&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;sordide&lt;/i&gt; &#187;, le concept est loin de faire l'unanimit&#233;. Pour la chercheuse, ces r&#233;actions sont elles aussi &#224; comprendre &#224; la lumi&#232;re de &#171; &lt;i&gt;l'injonction sociale pour les femmes &#224; inscrire leur sexualit&#233; dans la vie conjugale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains acteurs et certaines actrices de l'AP s'accordent tout de m&#234;me &#224; dire qu'une vie sexuelle &#233;panouie est un droit pour tout &#234;tre humain &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cens&#233; &#234;tre garanti par la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Mais pas pour autant de quoi faire bouger les lignes. En outre, de l'avis quasi g&#233;n&#233;ral, les femmes souffriraient moins du manque sexuel que les hommes. Une infirmi&#232;re psychologue a d'ailleurs expliqu&#233; &#224; Myriam Jo&#235;l que &#171; &lt;i&gt;la femme peut plus m&#233;caniquement se retenir, les hommes non. On le dit souvent, nous c'est plus intellectuel, on en convient tous que c'est comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Un constat &#224; l'emporte-pi&#232;ce qui n'assure du reste pas aux hommes incarc&#233;r&#233;s de voir leur libido trait&#233;e avec plus de respect.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un tabou &#224; deux vitesses&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Leur sexualit&#233;, c'est presque leur intimit&#233; ultime. Elles n'en ont plus beaucoup, donc je trouve que c'est un peu d&#233;licat de franchir ce dernier seuil.&lt;/i&gt; &#187; Pour Amandine comme pour la majorit&#233; de ses coll&#232;gues surveillant.&#8202;es, pas question de parler v&#233;ritablement de sexualit&#233; avec les d&#233;tenues. Car quand il s'agit d'autre chose que de d&#233;biter des propos lubriques &lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s la sociologue, en prison pour femmes, le sujet du sexe est sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les agent.es p&#233;nitentiaires se parent d'une pudeur toute virginale. Myriam Jo&#235;l se souvient que m&#234;me les psychologues et les gyn&#233;cologues qu'elle a rencontr&#233;.es en prison n'abordaient pas cette question avec leurs patientes incarc&#233;r&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Ils ne leur demandaient jamais si elles &#233;prouvaient un manque ou du d&#233;sir, comment s'&#233;taient d&#233;roul&#233;s leurs rapports sexuels avec leur conjoint.e dans les UVF ou pendant les permissions, ou encore si elles angoissaient &#224; l'id&#233;e de renouer &#224; la sortie avec une activit&#233; sexuelle apr&#232;s une longue p&#233;riode d'abstinence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'AP refuse de parler avec les d&#233;tenues de leur sexualit&#233;, elle se fait bien plus loquace quand il s'agit d'en faire le proc&#232;s. Jusqu'&#224; prendre parfois des allures de police des m&#339;urs. Un directeur adjoint de prison a racont&#233; &#224; la sociologue qu'il lui &#233;tait arriv&#233; de fournir aux magistrats des courriers envoy&#233;s par une d&#233;tenue &#224; son compagnon. Dans ses lettres, la femme laissait libre cours &#224; un imaginaire &#233;rotique d&#233;brid&#233; visiblement peu au go&#251;t de l'AP qui avait jug&#233; bon de transmettre ces &#233;crits &#224; la cour d'assises. Laquelle n'avait pas manqu&#233; de les lire &#224; l'audience. Selon Myriam Jo&#235;l, dans l'ensemble, &#171; &lt;i&gt;les d&#233;tenues savent que leur courrier va &#234;tre lu, donc elles s'autocensurent &#8211; notamment les pr&#233;venues, celles qui n'ont pas encore &#233;t&#233; jug&#233;es et qui savent que leur courrier va passer entre les mains du magistrat&lt;/i&gt; &#187;. Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me quand les infractions n'ont rien &#224; voir avec des crimes sexuels, la sexualit&#233; des femmes est sans cesse mise sur la table lors des jugements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tenue correcte exig&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand l'&#233;t&#233; arrive et que la chaleur se fait &#233;touffante, les jupes raccourcissent, les tee-shirts se font plus l&#233;gers, les d&#233;collet&#233;s plus &#233;chancr&#233;s. L&#224; encore, les surveillant.es sont sur le qui-vive, pr&#234;t.es &#224; rappeler aux femmes que la &#171; tenue correcte &#187; est de rigueur. Pour Myriam Jo&#235;l, ces remontrances n'ont pas vraiment pour but de s'assurer que le r&#232;glement int&#233;rieur &lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la chercheuse, les femmes ne sont pas soumises aux m&#234;mes contraintes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; soit appliqu&#233; mais plut&#244;t de faire int&#233;grer aux femmes &#171; &lt;i&gt;les modalit&#233;s socialement l&#233;gitimes de pr&#233;sentation du corps f&#233;minin&lt;/i&gt; &#187;. Des prescriptions qui valent aussi pour les d&#233;tenues qui &#171; se laissent aller &#187; et ne prennent plus soin de leur apparence physique. Une surveillante a aussi confi&#233; &#224; la sociologue que si ce n'&#233;tait pas elle qui faisait appliquer le r&#232;glement, les autres d&#233;tenues n'h&#233;sitaient pas &#224; s'en charger &#224; sa place : &#171; &lt;i&gt;Une avait une jupe ras-du-cul, elle aimait bien c'est tout, on voyait rien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; les premi&#232;res qui ont commenc&#233; &#224; faire des r&#233;flexions, c'est des d&#233;tenues&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les t&#233;moignages sont issus des recherches de Myriam Jo&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une visite en UVF peut durer de six &#224; soixante-douze heures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cens&#233; &#234;tre garanti par la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s la sociologue, en prison pour femmes, le sujet du sexe est sur toutes les l&#232;vres quand il s'agit d'en rire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la chercheuse, les femmes ne sont pas soumises aux m&#234;mes contraintes vestimentaires d'une prison &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tude de CAF : Avis de gros temps sur les m&#232;res isol&#233;es</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Etude-de-CAF-Avis-de-gros-temps</link>
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		<dc:date>2018-03-02T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233;e Cossette</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>
		<dc:subject>Parce</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage. G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logement" rel="tag"&gt;logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loyer" rel="tag"&gt;loyer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marc" rel="tag"&gt;Marc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Disons-Sophie" rel="tag"&gt;Disons Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/APL" rel="tag"&gt;APL&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, mais en guise de bonheur Sophie perdit son travail, se retrouva au foyer contre son gr&#233; et Marc s'av&#233;ra &#234;tre une crapule capitaliste de la pire esp&#232;ce, du genre qui te fait payer ce que tu lui co&#251;tes, comme il le disait souvent &#224; Sophie, qui demanda finalement le divorce car ce ne serait pas pire, pensait-elle fort na&#239;vement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-440-0e506.jpg?1782659416' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, elle contacta les associations de d&#233;fense des femmes dans l'espoir fou d'obtenir quelque logement d'urgence pour s'&#233;loigner de Marc, devenu plus qu'irritable &#224; l'annonce de son d&#233;sir de le quitter. On lui apprit alors que faute de subventions les foyers &#173;d'accueil d'urgence &#233;taient pleins. Sophie se vit donc pri&#233;e de se diriger vers &#171; [son] &lt;i&gt;entourage&lt;/i&gt; &#187;. L'envie de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;si j'avais &#233;t&#233; entour&#233;e j't'aurais pas t&#233;l&#233;phon&#233; !&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait forte, mais Sophie n'avait pas le temps d'&#233;duquer plus privil&#233;gi&#233; qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Les femmes seules, &#231;a d&#233;grade les logements &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre m&#232;re Courage, comme disent les condescendants, aussi d&#233;termin&#233;e que coinc&#233;e maintenant que Marc avait pris bonne note de ses vell&#233;it&#233;s rebelles, se mit donc en qu&#234;te d'un logement. Les agences immobili&#232;res eurent t&#244;t fait de lui apprendre que chez eux, ce ne serait pas possible. Pas d'emploi, pas de ressources stables, fin des d&#233;bats. Sophie se dirigea donc vers les particuliers et commen&#231;a &#224; passer des coups de fil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois qu'un propri&#233;taire lui raccrocha au nez en entendant le mot divorce, elle se dit qu'elle &#233;tait probablement tomb&#233;e sur un militant de La Manif pour tous (LMPT). &#199;a arrive. La trenti&#232;me fois qu'on lui indiqua par le menu tout ce qu'il fallait penser des &#171; &lt;i&gt; gens comme vous&lt;/i&gt; &#187; et de quelle mani&#232;re &#171; &lt;i&gt;les femmes seules &#231;a d&#233;grade les logements&lt;/i&gt; &#187;, puisque aussi bien &#171; &lt;i&gt;les enfants sans p&#232;re c'est des petits sauvages&lt;/i&gt; &#187;, Sophie raccrocha la premi&#232;re, petite victoire morale sur la vacherie de son prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un trimestre long comme un jour sans pain, une propri&#233;taire bien intentionn&#233;e apprit &#224; Sophie que le probl&#232;me &#233;tait purement technique, son assureur ne couvrant pas le risque d'impay&#233; pour &#171; &lt;i&gt;ces cas-l&#224;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Fiat Lux !&lt;/i&gt; Sophie d&#233;couvrit la loi Boutin. Inutile de contacter les propri&#233;taires de logements r&#233;cents ou simplement d&#233;cents, puisqu'ils avaient tous souscrit une assurance aux loyers impay&#233;s et que, faute de justifier de ressources fixes &#233;quivalent &#224; trois fois le montant du loyer hors charges, Sophie ne pouvait b&#233;n&#233;ficier de cette couverture et donc pr&#233;tendre &#224; un toit. Dress&#233;s &#224; la peur de l'impay&#233; (qui, au moment du vote de la loi en mars 2009, s'&#233;levait &#224; 1 % de l'ensemble des loyers, selon la f&#233;d&#233;ration des requins de l'immobilier FNAIM), les proprios avaient appris &#224; &#171; s&#233;lectionner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique H&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle apprit &#224; reconna&#238;tre les annonces donnant mati&#232;re &#224; esp&#233;rer : taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique G ou H quand cela &#233;tait mentionn&#233;, sans prise terre, avec pour tout chauffage un grille-pain dans un couloir venteux, annonces sans photos. Apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; de justesse &#224; quelques &#171; arrangements &#187; propos&#233;s main sur son &#233;paule ou plus bas par des propri&#233;taires d&#233;sireux d'aider une femme seule, Sophie parvint &#224; d&#233;nicher une petite vieille sans plus aucune libido qui acceptait de lui louer sa ruine, pardon, &#171; &lt;i&gt;la maison de ma m&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le loyer s'&#233;levait &#224; plus de la moiti&#233; des ressources de Sophie, le logement &#233;tait myst&#233;rieusement conventionn&#233; APL, &#224; se demander si quelqu'un &#233;tait venu un jour sentir le courant d'air frais que la porte d'entr&#233;e en bois du si&#232;cle pass&#233; fente-&#224;-lettre incluse diffusait au salon, mais &#231;a faisait un an que Sophie cohabitait avec son futur ex hurlant et vagissant sous le nez des enfants terroris&#233;s, elle avait perdu dix kilos, elle &#233;tait &#233;puis&#233;e et n'avait pas encore eu d'audience devant le juge aux affaires familiales, parce que la justice n'avait plus de budget non plus. Moyennant la fourniture de trois lits et d'une table, ce qui de toute mani&#232;re l'arrangeait, Marc n'ayant aucune envie de partager le mobilier, elle signa un bail meubl&#233; qui rassurait la propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en septembre 2015 et Sophie a d&#233;j&#224; pass&#233; deux hivers dans le cong&#233;lateur qui lui sert de logis, les factures d'&#233;lectricit&#233; ayant parfois &#233;t&#233; suffisamment contondantes pour lui faire penser &#224; &#233;courter ses jours sur cette terre mais elle tient bon, les enfants vont presque mieux, elle a trouv&#233; un accord &#224; l'amiable avec Marc &#8211;&#8200;amiable surtout pour lui &#8211;&#8200;pour gagner du temps de proc&#233;dure, leur maison d'avant est en vente, un jour tout &#231;a prendra fin, on ne va pas l&#226;cher maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvre donc forc&#233;ment tricheuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224;, &#231;a ne va pas se passer comme &#231;a, et pourtant &#171; comme &#231;a &#187; c'&#233;tait d&#233;j&#224; rude. La loi de finances 2016 a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e et elle pr&#233;voit de r&#233;former les aides personnalis&#233;es au logement (APL) parce que les pauvres, tout de m&#234;me, &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure vise &#224; faire les poches aux jeunes actifs de moins de 25 ans. Leur APL ne sera plus calcul&#233;e sur leur premi&#232;re fiche de paie mais sur leur revenu r&#233;el. Ce coup vicieux ne concerne pas trop Sophie, ses 25&#8200;ans sont loin, comme on ne manque pas de le lui rappeler au cours de ses recherches d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me mesure qu'elle va se prendre droit dans la tronche. Il s'agit d'int&#233;grer au calcul des droits aux APL la propri&#233;t&#233; d'un capital, f&#251;t-il mesur&#233; en biens ou en argent sonnant et tr&#233;buchant. L&#224; &#231;a devient moins dr&#244;le pour Sophie, car la baraque de feu son couple id&#233;al constitue un bien qui lui appartient partiellement. Certes, elle n'est pas encore vendue et Sophie n'en tire aucun b&#233;n&#233;fice (Marc ne lui paie aucun loyer), sans compter qu'elle ne peut non plus y vivre (y a un ours dedans, souviens-toi). Mais la loi est la loi et Sophie risque donc de perdre tout ou partie de son aide au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me mesure s'av&#232;re encore plus sc&#233;l&#233;rate pour notre h&#233;ro&#239;ne du combat ordinaire. Elle pr&#233;voit de plafonner l'aide au logement en fonction du prix du loyer. Vois-tu, pour nos gouvernants, si Sophie consacre une trop grande partie de ses ressources &#224; son loyer, ou si ledit loyer est sup&#233;rieur &#224; la moyenne du secteur, ce n'est pas parce que Sophie n'a pas acc&#232;s au march&#233; locatif ordinaire ni parce que des chacals abusent des locataires en situation de faiblesse sociale, non : pour nos gouvernants, si Sophie paie si cher son droit d'exister quelque part, c'est parce qu'elle cache des ressources &#224; l'Administration. Forc&#233;ment. &#171; Tricheuse, on t'a rep&#233;r&#233;e, hahaha ! &#187;, jubilent les chevaliers de l'ordre du m&#233;rite des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie, elle, ne sait juste pas o&#249; elle vivra en 2016. Elle a entrepris de recontacter les agences pour tenter de trouver moins cher. Sans trop de conviction parce qu'elle n'a de toute mani&#232;re pas les moyens de payer un d&#233;m&#233;nagement et ce ne sont pas ses enfants qui vont porter le frigo ou la machine &#224; laver. Un nouvel hiver approche, l'&#233;lectricit&#233; a encore augment&#233;, il faut de nouveaux manteaux aux enfants, la t&#233;l&#233; leur crache d&#233;j&#224; les publicit&#233;s pour les jouets de No&#235;l que Sophie ne pourra pas leur offrir, ils disent que c'est pas grave mais qu'ils ne veulent pas d&#233;m&#233;nager encore, ils se sont fait des copains dans le quartier... Fallait justement qu'ils s'acoquinent avec les gosses d'une autre divorc&#233;e contrainte au ch&#244;mage par l'obligation du &#171; &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; &#187;, dans une autre maison tout aussi co&#251;teuse en charges n'ouvrant pas droit aux aides, avec aussi une ex-maison et un ex-mari, ou bien une petite &#233;pargne r&#233;cup&#233;r&#233;e &#224; la vente du bien, dans laquelle elle pioche tous les mois pour une facture, une cantine ou un appareil dentaire. Tandis que les enfants pleurent &#233;galement qu'ils ne veulent pas encore d&#233;m&#233;nager parce qu'ils se sont fait des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps un type notoire&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a dit que si on coupait l'acc&#232;s aux allocations des femmes, elles divorceraient moins et la famille fran&#231;aise, cette valeur si ch&#232;re &#224; tous sauf &#224; ces garces qui ne font rien qu'&#224; refuser les baffes, serait sauv&#233;e. Sophie et ses voisines ont plut&#244;t l'impression que cette r&#233;forme veut achever les leurs, de familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, vomissait ces propos dans &#171; &#231;a se dispute &#187; sur iT&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#192; la crois&#233;e du f&#233;minisme et de l'antiracisme &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-la-croisee-du-feminisme-et-de-l</link>
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		<dc:date>2017-09-18T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>
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&lt;p&gt;On avait lu avec int&#233;r&#234;t ce texte bien balanc&#233; o&#249; une certaine M&#233;lusine r&#233;pondait, sans tomber dans les pi&#232;ges de la pol&#233;mique attendue, au livre de Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous. S'y exprimait le point de vue d'une jeune f&#233;ministe &#171; racis&#233;e &#187;. CQFD a rencontr&#233; l'auteure rue de La Roquette, au lendemain de la Marche pour la dignit&#233; et contre le racisme, le 19 mars dernier &#224; Paris. CQFD : Comment en es-tu venue &#224; m&#234;ler engagement f&#233;ministe et combat antiraciste ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no157-septembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;157 (septembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/arabe" rel="tag"&gt;arabe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On avait lu avec int&#233;r&#234;t ce texte bien balanc&#233;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Bouteldja, ses &#8220;s&#339;urs&#8221; et nous &#187;, billet publi&#233; le 20 juin 2016 sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; o&#249; une certaine M&#233;lusine r&#233;pondait, sans tomber dans les pi&#232;ges de la pol&#233;mique attendue, au livre de Houria Bouteldja, &lt;i&gt;Les Blancs, les Juifs et nous&lt;/i&gt;. S'y exprimait le point de vue d'une jeune f&#233;ministe &#171; racis&#233;e &#187;. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; l'auteure rue de La Roquette, au lendemain de la Marche pour la dignit&#233; et contre le racisme, le 19 mars dernier &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH681/-192-23494.jpg?1782639629' width='400' height='681' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Comment en es-tu venue &#224; m&#234;ler engagement f&#233;ministe et combat antiraciste ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lusine : &lt;/strong&gt; Les chemins qui m&#232;nent &#224; la crois&#233;e de l'antiracisme et du f&#233;minisme viennent de l'exp&#233;rience personnelle. Ce qui explique les divergences politiques surgissant par la suite. On ne parle pas de la m&#234;me fa&#231;on selon qu'on est Assa Traor&#233;, s&#339;ur d'un jeune homme mort asphyxi&#233; sous quatre gendarmes, ou bien Houria Bouteldja, des Indig&#232;nes de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je suis arriv&#233;e &#224; une vision critique de la soci&#233;t&#233; par le f&#233;minisme. Ce que j'ai d'abord lu sur les discriminations, ce sont notamment les textes de Christine Delphy : sa fa&#231;on de parler de la &#171; production m&#233;nag&#232;re &#187; m'a influenc&#233;e. Dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, on formule plus facilement le fait qu'on est discrimin&#233;e en tant que femme qu'en tant qu'Arabe. Le milieu social joue aussi. Mes parents sont profs, j'ai grandi dans une banlieue tr&#232;s mixte de Paris, pas &#171; en quartier &#187;. M&#234;me si &#231;a ne constituait pas une part &#233;norme de mon identit&#233; d'ado, j'ai rapidement pris conscience de la mont&#233;e du racisme, du FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Via &lt;a href=&#034;https://twitter.com/melusine_2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Twitter&lt;/a&gt;, j'ai rencontr&#233; des femmes arriv&#233;es au militantisme &#171; par l'autre c&#244;t&#233; &#187; : en se d&#233;couvrant d'abord noire ou arabe. Je suis tomb&#233;e sur tout un microcosme de collectifs de femmes en &#233;bullition, et j'ai d&#233;couvert les questions de l'afrof&#233;minisme, de l'intersectionnalit&#233;. J'avais d&#233;j&#224; particip&#233; &#224; des groupes de parole entre femmes, non mixtes (m&#234;me si &#231;a faisait encore pol&#233;mique dans les milieux militants), mais j'ai d&#233;couvert que la non-mixit&#233; racis&#233;e &#233;tait encore moins accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, mon cheminement militant s'est aussi fait par les sciences sociales. J'ai eu l'occasion de travailler pour une enqu&#234;te de l'Insee sur l'immigration. Une des variables de l'enqu&#234;te, c'&#233;tait le pays de naissance des parents. Une approche forc&#233;ment biais&#233;e. Pour prendre mon exemple : mes parents sont n&#233;s en France, ou plut&#244;t en Alg&#233;rie fran&#231;aise. Cette cat&#233;gorie administrative occulte l'exp&#233;rience quotidienne du racisme. De m&#234;me pour les personnes issues des DOM-TOM : on n'a aucun moyen de saisir leur exp&#233;rience sp&#233;cifique, puisque les statistiques ethniques sont interdites. Il y a &#224; peine dix ou quinze ans que des sociologues (blancs pour la plupart) se penchent sur ce hiatus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parall&#232;lement, des politiques et des intellectuels conservateurs se d&#233;couvrent f&#233;ministes pour mieux pointer du doigt les musulmans ou les jeunes de banlieue&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les librairies fran&#231;aises, il y a un rayon avec des t&#233;moignages de femmes arabes qui racontent comment elles se sont lib&#233;r&#233;es de l'emprise familiale, du port du voile, etc. Je ne porte aucun jugement sur ces femmes, ni sur leur r&#233;cit, &#224; n'en pas douter sinc&#232;re. C'est la fascination qu'il suscite qui m'interroge. J'ai notamment &#233;t&#233; choqu&#233;e par les propos caricaturaux de vieilles militantes f&#233;ministes. Dans ses livres, Beno&#238;te Groult, apr&#232;s avoir d&#233;nonc&#233; la condition des femmes ici, d&#233;couvre qu'ailleurs il existe un patriarcat qu'elle trouve cent fois plus brutal, avec l'excision. L'objectif semble alors d'aller sauver des femmes qu'on ne conna&#238;t pas et qu'on imagine aspirer &#224; &#234;tre des femmes comme nous. Pourtant, ce n'est pas un patriarcat d&#233;sincarn&#233; qui mutile les petites filles, mais souvent leurs propres m&#232;res et tantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me avec Beauvoir : j'ai ador&#233; ses m&#233;moires, jusqu'au moment o&#249; elle va en Alg&#233;rie. Elle porte un regard tr&#232;s ac&#233;r&#233; sur la condition des femmes ici, mais d&#232;s qu'elle arrive dans une colonie, tout ce qu'elle voit, c'est une masse d'hommes noirs et arabes qui oppriment leurs femmes en les r&#233;duisant &#224; moins qu'un meuble. Sans jamais s'int&#233;resser &#224; ce qu'elles vivent et disent. Voil&#224; la base du discours actuel sur le voile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que f&#233;ministe, je porte un regard critique sur le voile, comme pratique vestimentaire ayant une symbolique patriarcale. Mais ici, ce v&#234;tement est pr&#233;sent&#233; &#224; la fois comme un signe de soumission absolue et de pros&#233;lytisme politique. Les femmes qui portent le voile seraient &#224; la fois victimes et fer de lance de l'islamisme ! R&#233;sultat, on est pi&#233;g&#233;es. Quand on me demande si je suis pour ou contre le fait qu'une gamine de 12 ans se rende &#224; l'&#233;cole voil&#233;e, je marche sur des &#339;ufs. Tout le monde a le droit de pratiquer une religion, et m&#234;me d'&#234;tre bigot. Mais une fille de 12 ans est d'abord une enfant. On devrait &#224; la fois la prot&#233;ger contre les adultes qui l'enjoignent &#224; se couvrir la t&#234;te et contre ceux qui la d&#233;signent comme bouc &#233;missaire. Le probl&#232;me, c'est que la loi sur le voile nous oblige &#224; prendre position sur une question biais&#233;e d&#232;s le d&#233;part. Il faut refuser d'entrer dans ce qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une manipulation raciste. On a cr&#233;&#233; un probl&#232;me l&#224; o&#249; il n'y en avait pas, puisqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, tr&#232;s peu de gamines portaient le voile &#224; l'&#233;cole. Aujourd'hui, il y en a beaucoup plus qui l'arborent en dehors : y a-t-il a un lien de cause &#224; effet ? Je ne sais pas, mais je comprends qu'on puisse avoir envie d'afficher sa religiosit&#233; quand elle est ni&#233;e, avilie et stigmatis&#233;e. Encore une fois, on est coinc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un champ de r&#233;flexion nous a ainsi &#233;t&#233; confisqu&#233;. C'est ce qui s'est pass&#233; &#224; Cologne&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 31 d&#233;cembre 2015, une stup&#233;fiante affaire d'agressions sexuelles secoue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : on a peut-&#234;tre affaire &#224; un crime sexuel de masse, et en tant que f&#233;ministe &#231;a m'horrifie. J'aimerais tenir un discours politique dessus, mais je ne peux pas, parce que Cologne serait la preuve que l'homme arabe est biologiquement un danger pour la femme blanche ! La question n'est pas de savoir si les agresseurs &#233;taient des r&#233;fugi&#233;s r&#233;cents ou des immigr&#233;s de longue date, il y eut des gens comme Kamel Daoud pour &#233;crire dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; que tout &#231;a &#233;tait la preuve que &#171; l'homme arabe &#187;, du Maroc &#224; l'Irak, a un rapport maladif aux femmes. Ce qui renforce un mythe vieux comme le monde : l'&#233;tranger qui vient voler nos femmes ! Vu la violence du discours raciste, on n'a pas envie d'en rajouter. Mais si on se tait, personne ne parlera, sauf dans une optique raciste. Voil&#224; pourquoi j'ai r&#233;pondu &#224; Bouteldja. Ce n'est pas parce que ces sujets sont manipulables qu'on doit consentir &#224; un effacement des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu r&#233;ponds au livre de Bouteldja que &#171; &lt;i&gt;Ce qui nous rassemble, ce ne sont pas des racines authentiques &#224; reconqu&#233;rir, mais une communaut&#233; d'exp&#233;riences de la domination raciste&lt;/i&gt; &#187;. Ne s'affaiblit-on pas lorsqu'on ne se d&#233;finit qu'en n&#233;gatif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories comme &#171; racis&#233;.e.s &#187; n'existent qu'en n&#233;gatif. C'est dangereux de leur donner un sens positif, m&#234;me si c'est dans le but de faire revivre une fiert&#233;. En France, quand on dit &#171; Lui, il est arabe &#187;, une grille sociale de lecture fait que tu crois savoir ce que &#231;a signifie qu'&#234;tre arabe. Mais &#231;a ne te dit en fait rien des racines r&#233;elles, souvent plus complexes &#8211; berb&#232;res, jud&#233;o-berb&#232;res, maghr&#233;bines, moyen-orientales&#8230; Je sais qu'on me consid&#232;re comme une Arabe, au m&#234;me titre qu'une &#201;gyptienne ou un Irakien. Mais en fait, qu'est-ce que je partage avec eux en termes de langue, d'h&#233;ritage culturel ou de pratiques quotidiennes ? Presque rien. Nos parents sont n&#233;s dans des pays &#233;loign&#233;s les uns des autres, parlent diff&#233;rents d&#233;riv&#233;s de l'arabe, ne pratiquent pas la religion de la m&#234;me mani&#232;re&#8230; On n'a pas tous la m&#234;me religion, on n'a d'ailleurs pas tous une religion&#8230; Bref, je crains qu'on ne fantasme un terreau commun qui n'existe pas, et que, pour le cr&#233;er, on soit oblig&#233;s d'aller puiser dans les repr&#233;sentations dominantes, fondamentalement racistes. &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas le devoir d'&#234;tre ceci, ou cela&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait Fanon : lutter contre le syst&#232;me raciste, c'est simultan&#233;ment reconna&#238;tre sa condition de racis&#233; et refuser de s'y laisser enfermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents sont n&#233;s et ont pass&#233; leur jeunesse en Alg&#233;rie, moi je suis n&#233;e ici. Je comprends l'alg&#233;rien, mais ne le parle pas. J'ai deux passeports, deux pays, mais c'est r&#233;siduel dans mon identit&#233; &#8211; ce qui bien s&#251;r, je le sais, n'est pas le cas de tout le monde. Si on entre dans les d&#233;tails, je ne suis pas arabe. Ma m&#232;re est kabyle, mon p&#232;re a une grand-m&#232;re mauritanienne, et j'accepte cette complexit&#233;. Je me dis arabe parce que c'est comme &#231;a que je suis per&#231;ue. Il ne s'agit pas de renier ses racines ou de s'abandonner &#224; l'acculturation, mais de reconna&#238;tre qu'on est tous diff&#233;rents. L'identit&#233; ne peut pas constituer une base politique, seule l'exp&#233;rience commune du racisme le peut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#234;me chose pour les femmes. Pour que le patriarcat tienne, on a d&#251; injecter plein de positif dans la f&#233;minit&#233;. Les femmes ont plein de qualit&#233;s, qui sont exalt&#233;es &#8211; la douceur, la compr&#233;hension&#8230; &#8211; pour mieux maquiller notre statut inf&#233;rieur en &#171; diff&#233;rence &#187;. Les hommes devraient d'ailleurs aller voir du c&#244;t&#233; de ces qualit&#233;s qu'on a laiss&#233;es en lot de consolation aux femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toujours &#224; propos d'identit&#233;, un ancien du Mouvement immigration banlieue (MIB) me disait que dans les quartiers, on n'est pas que des victimes. Et que les victoires consistent aussi, en positif, &#224; souder les gens, &#224; cr&#233;er des solidarit&#233;s, &#224; partager une ou des cultures communes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, on n'est pas sur le m&#234;me plan. Bien s&#251;r que la culture de mes parents est belle, que la langue arabe qu'ils parlent est belle, m&#234;me si ce n'est pas de l'arabe pur mais un cr&#233;ole arabo-berb&#233;ro-franco-espagnol ! Mais pour moi, fonder un groupe politique uniquement sur ces bases emp&#234;cherait toute possibilit&#233; d'alliance. C'est une impasse. Chacun fait face &#224; des conditions diff&#233;rentes, mais on doit viser &#224; un d&#233;passement, parce que ce sont des cat&#233;gories artificielles, invent&#233;es par l'oppresseur. Notre but, c'est de les d&#233;truire, pas de les enjoliver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel bilan tires-tu de la marche du 19 mars 2017 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; de convergence entre les luttes de quartiers et les mouvements plus traditionnels de la gauche est positive. Le mouvement du printemps 2016 contre la loi Travail a r&#233;veill&#233; une g&#233;n&#233;ration, la mienne, qui &#233;tait un peu endormie. La r&#233;ponse polici&#232;re a &#233;t&#233; tr&#232;s dure. Pour la premi&#232;re fois, j'ai eu peur en manif. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la mobilisation de la gauche contre ces violences ne pouvait se faire qu'autour de la mort d'un R&#233;mi Fraisse. L&#224;, il y a eu les blocages de lyc&#233;es pour Th&#233;o, deux manifs &#224; Belleville et M&#233;nilmontant, avec la volont&#233; de ne pas l&#226;cher l'affaire. Parce que les militants ont d&#233;couvert ce qu'est un traitement policier humiliant au quotidien. Ce n'est plus quelque chose d'abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir si ces mobilisations sont conjoncturelles ou s'il s'agit d'une convergence durable. Hier, &#224; la marche, j'&#233;tais furieuse quand les totos sont mont&#233;s au baston, alors qu'on marchait contre toutes les violences polici&#232;res, pas seulement celles exerc&#233;es contre les militants. Il y avait des familles, des enfants en poussettes, des migrants sans papiers. &#192; se demander s'il y a convergence ou si c'est juste une sorte d'auberge espagnole o&#249; chacun am&#232;ne sa tambouille sans se m&#233;langer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;tat de n&#233;vrose gagne tout le pays d&#232;s qu'on aborde certains th&#232;mes li&#233;s &#224; l'identit&#233;, aux &#171; minorit&#233;s &#187;, &#224; l'islam&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, l'accusation de &#171; racialisme &#187; est lanc&#233;e contre ceux et celles qui osent parler depuis leur r&#233;alit&#233; de personnes racis&#233;es. Mais cette scl&#233;rose de la pens&#233;e est pr&#233;sente des deux c&#244;t&#233;s. J'ai assist&#233; r&#233;cemment &#224; une conf&#233;rence avec Marwan Muhammad, du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), et avec ses &#233;quivalents belge et qu&#233;b&#233;cois. Le Canadien (comme le Belge) a dit qu'ils apprenaient des autres minorit&#233;s, des luttes LGBT, des Am&#233;rindiens, du f&#233;minisme&#8230; J'&#233;tais ravie. Mais, tr&#232;s pragmatique, le gars du CCIF a r&#233;pondu qu'eux ne d&#233;pendent pas de subventions, seulement des cotisations et des dons, et qu'ils &#233;vitent du coup les sujets ne faisant pas consensus parmi les musulmans. &#192; cause de ce manque de courage, je ne pourrais pas militer chez eux, m&#234;me si leur combat est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islamophobie g&#233;n&#233;rale est ind&#233;niable. Dans la r&#233;gion des Grands Lacs, en Afrique, des milices chr&#233;tiennes commettent des attentats contre les musulmans, mais personne ne demande aux chr&#233;tiens de France de faire leur examen de conscience. C'est pourtant ce qu'on fait d&#232;s qu'il y a un attentat islamiste : tous les assimil&#233;s musulmans, m&#234;me les non-pratiquants et non-croyants sont somm&#233;s de condamner. Est-ce qu'il vient &#224; l'id&#233;e de quiconque de dire qu'il faut r&#233;former l'Ancien Testament ? Je me souviens qu'&#224; l'&#233;cole, quand on &#233;tudiait la colonisation, on utilisait encore les cat&#233;gories coloniales : les Fran&#231;ais et les musulmans. En oubliant que parmi les Alg&#233;riens, il y avait des Juifs, des Kabyles convertis au christianisme, des Europ&#233;ens n&#233;s l&#224;-bas&#8230; C'est &#224; cause de ce passif qu'il n'y a pas eu de front commun des f&#233;ministes pour dire &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais : qui &#234;tes-vous pour l&#233;gif&#233;rer sur les modes vestimentaires des femmes ? Au contraire, &#201;lisabeth Badinter a eu cette phrase terrible : &#171; &lt;i&gt;Si elles veulent porter &#231;a, elles n'ont qu'&#224; rester &#224; la maison.&lt;/i&gt; &#187; Une fois dit cela, on ne peut pas se pr&#233;tendre f&#233;ministe. Elle a expuls&#233; ces filles de la communaut&#233; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parle-nous de tes amies du Seum&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seum est n&#233; sur Twitter, avant de d&#233;boucher sur une &#233;criture collective de textes critiques, &#224; la fois f&#233;ministes, anticapitalistes, antiracistes&#8230; Le collectif compte une quinzaine de membres, qui se r&#233;partissent en sous-groupes non mixtes pour &#233;crire. Ils ont des outils communs qu'ils appliquent &#224; la r&#233;alit&#233; de chacun. Sur le f&#233;minisme, ce sont ainsi les meufs qui &#233;crivent, puis elles partagent avec le reste du groupe. La r&#233;flexion s'op&#232;re sur une base mat&#233;rialiste : on examine les cons&#233;quences &#233;conomiques des discriminations. Les membres n'ont pas d'ancrage g&#233;ographique, mais leur r&#233;flexion d&#233;bouche parfois sur des actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les filles du Seum ont par exemple r&#233;pondu &#224; Paris &#224; la campagne anti-avortement des Revenants, de jeunes cathos assez effrayants. L'&#233;t&#233; dernier, ils se sont greff&#233;s sur la mode du Pok&#233;mon-Go, et ont tagu&#233; dans tout Paris un Pikachu avec l'adresse d'un site internet. Tu y d&#233;couvrais un &#339;uf te disant : &#171; &lt;i&gt; Est-ce que tu acceptes qu'on me tue sans savoir si je ne vais pas &#234;tre un super Pok&#233;mon ?&lt;/i&gt; &#187; Un pros&#233;lytisme ignoble, qui manipule un jeu d'enfants pour faire passer un message ultra-r&#233;ac. Les filles du Seum, avec d'autres collectifs, ont recouvert ces tags avec des slogans f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un des rares groupes &#224; se positionner sur la question clivante de l'antis&#233;mitisme. Est-ce qu'on consid&#232;re que les Juifs sont ici en France encore victimes d'un racisme syst&#233;mique, voire d'un racisme d'&#201;tat ? Le Seum a d&#233;cid&#233; de traiter l'antis&#233;mitisme au m&#234;me titre que l'islamophobie, le racisme anti-noir ou le racisme anti-arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, y a-t-il selon vous un racisme syst&#233;mique contre les Juifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on enqu&#234;te sur les discriminations, on constate qu'une juda&#239;t&#233; visible entra&#238;ne des difficult&#233;s suppl&#233;mentaires &#224; trouver un logement ou un boulot. Ce n'est pas simplement un racisme r&#233;siduel qui ne s'exprimerait que dans l'interpersonnel, par des insultes. Quand les hommes politiques traitent les Juifs comme une communaut&#233; ferm&#233;e, &#231;a rel&#232;ve du racisme. Il y a une volont&#233; de les consid&#233;rer comme un groupe &#224; part, comme &#224; l'&#233;poque du d&#233;cret Cr&#233;mieux. Rappelons que ce d&#233;cret, donnant la citoyennet&#233; fran&#231;aise aux Juifs d'Alg&#233;rie, a &#233;t&#233; un cadeau empoisonn&#233;, qui explique qu'ils aient d&#251; partir d'Alg&#233;rie avec les Fran&#231;ais en 1962, alors qu'ils &#233;taient chez eux l&#224;-bas, pour la plupart depuis des si&#232;cles. Et on n'est pas compl&#232;tement sortis de &#231;a. C'est flagrant quand les dirigeants fran&#231;ais acceptent, apr&#232;s chaque attentat, que des dirigeants isra&#233;liens viennent d&#233;clarer ici que les Juifs ne sont pas en s&#233;curit&#233; en France et qu'ils doivent aller se r&#233;fugier &#171; chez eux &#187;, en Isra&#235;l. &#199;a ent&#233;rine une ext&#233;riorit&#233; des Juifs par rapport au reste de la nation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ta r&#233;ponse au livre de Bouteldja, tu n'&#233;voques pas l'antis&#233;mitisme&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;pondu sur le chapitre des femmes indig&#232;nes, pas sur son adresse aux Juifs. Ce qui rend ignoble cette adresse, c'est quand elle parle du rejet instinctif qu'elle ressent en croisant un enfant juif dans la rue, et qu'elle dit : &#171; &lt;i&gt;Ce rejet c'est de votre faute, &#224; cause de votre soutien &#224; Isra&#235;l, de votre complicit&#233; avec les Blancs.&lt;/i&gt; &#187; Elle sait qu'elle va provoquer un toll&#233; et elle y va. Mais j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas parler de &#231;a, parce que tous les autres l'attaquaient exclusivement sur ce point. J'ai donc choisi l'angle du f&#233;minisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai conscience que chaque fois qu'on &#233;crit sur l'antiracisme, on est soup&#231;onn&#233;e d'antis&#233;mitisme. C'est maladif. Certains pensent que lorsque l'antiracisme est port&#233; par des Arabes et des Noirs, on trouve forc&#233;ment un fond antis&#233;mite en grattant un peu. Face &#224; &#231;a, on ne peut pas se contenter de hausser les &#233;paules en disant &#171; c'est parce qu'ils sont racistes, ignorons-les &#187;. Je crois que &#231;a vaut le coup de r&#233;pondre par un discours actif, et de d&#233;cortiquer cette mise en concurrence des victimes de racisme. Il faut renvoyer &#224; la gueule du pouvoir le fait qu'il essentialise les Juifs autant que les autres. La solution, c'est de nouer des alliances politiques. Ces racismes se combattent ensemble, m&#234;me si c'est compliqu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/melusine-2/blog/200616/bouteldja-ses-soeurs-et-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bouteldja, ses &#8220;s&#339;urs&#8221; et nous &lt;/a&gt; &#187;, billet publi&#233; le 20 juin 2016 sur le blog de M&#233;lusine sur mediapart.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 31 d&#233;cembre 2015, une stup&#233;fiante affaire d'agressions sexuelles secoue l'Allemagne, et particuli&#232;rement Cologne. &#192; la date du 20 janvier 2016, 521 femmes avaient d&#233;pos&#233; plainte pour cette seule ville. L'histoire fut pr&#233;sent&#233;e comme une razzia anti-femmes blanches op&#233;r&#233;e par des migrants, et qu'on aurait pu croire planifi&#233;e au vu du nombre de plaintes d&#233;pos&#233;es. Mais on est vite pass&#233; &#224; des d&#233;lits divers, allant du vol de sac &#224; main (60% des plaintes) &#224; l'agression sexuelle, perp&#233;tr&#233;s par des Allemands d'origines diverses, et deux r&#233;fugi&#233;s. Ou comment transformer un vrai probl&#232;me d'oppression masculine en faux probl&#232;me de race.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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