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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le port du Pir&#233;e rachet&#233; par le g&#233;ant chinois du fret maritime : &#171; Que diable allaient-ils faire dans cette tri&#232;re ? &#187;</title>
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		<dc:creator>Ki Du</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Tsipras et l'oligarchie grecque ont tout fait pour que la compagnie para-&#233;tatique chinoise Cosco prenne possession du Pir&#233;e, l'un des principaux ports de commerce de la M&#233;diterran&#233;e. Pas vraiment une aubaine pour les travailleurs grecs. C'est en tout cas ce que disent les premiers concern&#233;s, lesquels &#233;voquent un v&#233;ritable bordel organis&#233;. Enqu&#234;te aux portes d'Ath&#232;nes. *** Cosco est un g&#233;ant mondial du fret maritime, dont les fonds sont approvisionn&#233;s par des banques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Tsipras et l'oligarchie grecque ont tout fait pour que la compagnie para-&#233;tatique chinoise Cosco prenne possession du Pir&#233;e, l'un des principaux ports de commerce de la M&#233;diterran&#233;e. Pas vraiment une aubaine pour les travailleurs grecs. C'est en tout cas ce que disent les premiers concern&#233;s, lesquels &#233;voquent un v&#233;ritable bordel organis&#233;. Enqu&#234;te aux portes d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L457xH400/-1018-296f8.jpg?1779603210' width='457' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector de la Vall&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cosco est un g&#233;ant mondial du fret maritime&lt;/strong&gt;, dont les fonds sont approvisionn&#233;s par des banques d'&#201;tat chinoises. Tout sauf un hasard. L'acquisition du port du Pir&#233;e est en effet une op&#233;ration &#233;minemment strat&#233;gique pour la Chine, qui ambitionne d'ouvrir une nouvelle &#171; route de la soie &#187; et ainsi s'offrir un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; au march&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En face&lt;/strong&gt;, le TAIPED, fonds grec de privatisation tenu par la Tro&#239;ka. Selon cette derni&#232;re, la vente du port du Pir&#233;e participerait largement du programme de recouvrement de la dette grecque. Ce n'est pas gagn&#233;, les estimations les plus optimistes chiffrant &#224; 1,5 milliard d'euros les gains g&#233;n&#233;r&#233;s par la privatisation. Un montant insignifiant compar&#233; &#224; une dette nationale avoisinant les 310 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s 2009&lt;/strong&gt;, les terminaux II et III sont vendus &#224; la Piraeus Company Terminal (PCT), filiale de Cosco. Ce n'est qu'un d&#233;but. Le 26 juin 2016, le gouvernement Tsipras fait un pas suppl&#233;mentaire en c&#233;dant 51% des parts au mastodonte du transport maritime. L'accord pr&#233;voit qu'&#224; terme COSCO d&#233;tiendra 67 % du Pir&#233;e, pour un montant total de 368,5 millions d'euros. M&#234;me en ajoutant les 300 millions d'euros d'investissements pr&#233;vus par Cosco, ainsi que 410 millions d'euros de revenus li&#233;s &#224; la concession, on arrive difficilement aux 1,5 milliard annonc&#233;s. Magie des soldes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien inform&#233;, un employ&#233; de Cosco&lt;/strong&gt; fait part de son ressentiment vis-&#224;-vis d'une op&#233;ration qu'il consid&#232;re comme un cadeau du gouvernement grec : &#171; &lt;i&gt;Tsipras avait promis qu'il ne vendrait pas le port. Il a fini par le brader ! Le pire, c'est qu'il restait 65 millions d'euros dans les caisses, qui sont all&#233;s directement dans les poches de Cosco !&lt;/i&gt; &#187;. Il s'&#233;tonne aussi d'une apparente co&#239;ncidence : le montant de la transaction est &#233;quivalent &#224; celui que PCT aurait d&#251; verser au port du Pir&#233;e pour les 10 prochaines ann&#233;es de concession, soit 400 millions d'euros. Maintenant que Cosco est le nouveau propri&#233;taire du port, sa propre filiale lui paiera tous les ans les droits de concession. C'est ce qu'on appelle un cercle vertueux du capital. Et un investissement &#224; risques minimes pour Cosco, qui profite all&#232;grement des largesses du TAIPED et du gouvernement grec.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; 60 000 entrepreneurs... ou 60 000 rameurs ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En juin 2016, le premier ministre Tsipras livre dans un discours enflamm&#233;&lt;/strong&gt; ses r&#234;ves les plus fous concernant l'op&#233;ration. Selon lui, la vente brad&#233;e du Pir&#233;e attirera les faveurs des investisseurs internationaux, qui redonneront du travail aux ouvriers grecs en voie de paup&#233;risation. Il n'est pas seul &#224; penser ainsi. C'est &#233;galement le cas de Petros Kokkalis, fils d'oligarque grec et adjoint au d&#233;veloppement &#233;conomique de la mairie du Pir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec sa chemise&lt;/strong&gt; l&#233;g&#232;rement ouverte et son air d&#233;contract&#233;, Kokkalis est un requin aux allures de dandy. Il voit dans l'arriv&#233;e de Cosco l'occasion d'un d&#233;veloppement entrepreneurial &#224; base d'incubateurs de start-ups. Il a de qui tenir, &#233;tant le fils de Socrates Kokkalis, bien connu en Gr&#232;ce pour son parcours h&#233;t&#233;roclite : ancien agent de la Stasi, propri&#233;taire du club de football l'Olympiakos, businessman dans la t&#233;l&#233;communication et le jeu d'argent, cit&#233; dans les Panama Papers... Un vrai touche-&#224;-tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petros&lt;/strong&gt; a pour sa part exerc&#233; la fonction de vice-pr&#233;sident des entreprises cr&#233;&#233;es par son p&#232;re. Il s'inscrit pleinement dans la lign&#233;e dynastique avec, comme touche personnelle, l'activit&#233; de conseil dans le secteur des start-ups. Lui aussi multiplie les casquettes, puisqu'il participe en temps qu'expert de &#171; l'&#233;conomie bleue &#187; &#224; des journ&#233;es d'&#233;tudes de la Commission europ&#233;enne. D&#233;sireux d'en savoir plus sur ses activit&#233;s, nous le retrouvons dans un b&#226;timent de la mairie. Son bureau est lumineux, spacieux, moderne et accueillant. Aux murs sont accroch&#233;s des plans du Pir&#233;e, ainsi qu'un calendrier avec comme illustration un bateau traditionnel : une tri&#232;re. Un symbole qui appara&#238;t &#233;galement sur le plan de travail du bureau de Petros. Une mani&#232;re d'afficher sa conviction : l'avenir du Pir&#233;e passera par son identit&#233; maritime ! D'o&#249; la m&#233;taphore de la tri&#232;re. Il explique en effet que Le Pir&#233;e serait &#224; l'origine de la d&#233;mocratie europ&#233;enne, puisque 60 000 rameurs s'y seraient constitu&#233;s en assembl&#233;e au V&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ath&#233;nien. Il faudrait selon lui renouveler cet exploit fondateur et pionnier, en constituant une assembl&#233;e de 60 000&#8230; entrepreneurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perdu derri&#232;re les volutes&lt;/strong&gt; de l'&#233;cran de fum&#233;e qui se d&#233;gage de son cigare, Petros continue son d&#233;lire. Il pr&#233;tend que le rameur &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; l'image de l'entrepreneur contemporain : tourn&#233; vers les autres pays, au c&#339;ur de dynamiques d'&#233;changes et donc de recherches de march&#233;s. Avec ce que cela comporte de flexibilit&#233;&#8230; &#171; &lt;i&gt; Le rameur est un &lt;/i&gt;self made man&lt;i&gt; en puissance : il n'a rien dans les poches ! &lt;/i&gt; &#187; C'est vrai que les employ&#233;s de Cosco gal&#232;rent en fin de mois. Doit-on pour autant en d&#233;duire que les travailleurs du Pir&#233;e sont dor&#233;navant condamn&#233;s &#224; &#171; ramer &#187; au quotidien ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Diviser pour mieux r&#233;gner&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la partie du port contr&#244;l&#233;e par PCT, la filiale de la maison-m&#232;re&lt;/strong&gt;, les ouvriers-fonctionnaires ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des travailleurs flexibles, r&#233;partis entre diff&#233;rents prestataires de services. PCT a cr&#233;&#233; une grosse centaine d'emplois directs pour assurer la direction des affaires et la r&#233;alisation des t&#226;ches administratives. Concernant le &#171; gros &#339;uvre &#187; (manutention, entretien des machines, etc.), c'est un grand nom de la logistique grecque, Elgeka, qui a d&#233;croch&#233; le jackpot. L'entreprise s'est empress&#233;e de fonder Diakinis Port Ltd, qui emploie aujourd'hui entre 120 et 150 personnes. Les mille travailleurs restants sont embauch&#233;s par 5 autres prestataires de services grecs, contractualis&#233;s &#224; leur tour par Diakinis. Au total, ce sont environ 1 300 contrats qui passent par l'entreprise ou ses prestataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un imbroglio organisationnel&lt;/strong&gt; qui fait partie int&#233;grante de la strat&#233;gie de management. &#171; &lt;i&gt;L'organisation du travail est un aper&#231;u de ce qui se fait ailleurs en Gr&#232;ce&lt;/i&gt; &#187;, explique un repr&#233;sentant du personnel des travailleurs du port du Pir&#233;e employ&#233;s par Diakinisis (ENEDEP). &#171; &lt;i&gt;Cela permet &#224; Cosco de se prot&#233;ger : on ne peut pas l'affronter directement. La direction peut toujours dire que ce n'est pas de sa responsabilit&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 14 juillet 2014, une gr&#232;ve &#233;clate sur les terminaux II et III&lt;/strong&gt;, g&#233;r&#233;s par PCT. Le port tourne au ralenti pendant trente heures. Les revendications des travailleurs ? Le droit de s'organiser... et de se reposer ! Il faut dire que leurs journ&#233;es de boulot durent parfois seize heures, avec interdiction de s'arr&#234;ter pour aller aux toilettes. L'action est un succ&#232;s. Pour la premi&#232;re fois depuis 2009, une organisation syndicale voit le jour. Elle r&#233;unit &#224; pr&#233;sent 500 personnes, employ&#233;es directement et indirectement par Diakinisis. Tr&#232;s vite, l'initiative porte ses fruits : les journ&#233;es sont r&#233;duites &#224; huit heures et les pauses autoris&#233;es. ENEDEP parvient &#233;galement &#224; limiter les licenciements abusifs et &#224; faire respecter un programme de travail. &#171; &lt;i&gt; Fini les SMS re&#231;us au dernier moment pour nous dire d'aller bosser. Maintenant, les bo&#238;tes respectent 70% du programme. C'est d&#233;j&#224; &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;, explique le m&#234;me repr&#233;sentant. &#192; ce jour, ENEDEP n&#233;gocie une convention collective. Le syndicat esp&#232;re obtenir le droit &#224; une retraite anticip&#233;e identique &#224; celle dont b&#233;n&#233;ficient les autres travailleurs du port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'autre c&#244;t&#233; des quais&lt;/strong&gt;, sur le terminal I, OMYLE, le syndicat historique des travailleurs du port du Pir&#233;e, continue de repr&#233;senter les 800 employ&#233;s face &#224; Cosco, le nouveau propri&#233;taire. R&#233;cemment, des r&#233;unions avec la direction se sont d&#233;roul&#233;es dans une ambiance tendue. Le syndicat demandait des garanties sur les salaires et sur le maintien des postes. La direction a pr&#233;f&#233;r&#233; orienter les discussions vers un nouveau r&#232;glement int&#233;rieur qui se surimposerait &#224; la convention collective historique du port. Conseill&#233;e par l'ancien pr&#233;sident du port, M. Kouvaris, Cosco cherche &#224; nouveau &#224; diviser les rangs des travailleurs, agitant la menace du recours &#224; Diakinis Port Ltd. Insidieusement, la direction laisse entendre qu'elle ferait bient&#244;t appel &#224; son partenaire grec pour combler les futurs besoins de main - d'&#339;uvre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous couvert de l'int&#233;r&#234;t commun&lt;/strong&gt; (la lutte contre le ch&#244;mage pour Alexis Tsipras, le d&#233;veloppement entrepreneurial pour Petros Kokkalis), la d&#233;mocratie grecque se bafoue elle-m&#234;me. Il s'agit d'attirer les investisseurs, quelles que soient les conditions. L'essentiel ? Que l'argent rentre, que &#231;a circule. C'est une &#171; strat&#233;gie &lt;i&gt;win-win&lt;/i&gt; &#187;, comme le dit Cosco dans une lettre envoy&#233;e &#224; ses nouveaux employ&#233;s : tout le monde gagne, &#171; en parfaite harmonie &#187;. Enfin... Tout le monde... T'as qu'&#224; ramer, d'abord ! Tu verras ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ki Du&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Linky : du lien avec qui ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<dc:subject>Enedis</dc:subject>

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&lt;p&gt;Paranos et hypocondriaques, les opposants au compteur &#171; intelligent &#187; qu'Enedis (ex-ErDF) pr&#233;tend imposer &#224; 35 millions de foyers ? Plut&#244;t de lucides usagers, &#233;chaud&#233;s par une &#233;ni&#232;me promesse de progr&#232;s s'av&#233;rant nuisible &#224; la sant&#233; autant qu'aux libert&#233;s. *** &#171; Il s'agit de compteurs communicants, capables de recevoir et d'envoyer des donn&#233;es sans intervention humaine, pour la mesure et la gestion des flux. De tels compteurs permettent de suivre en temps r&#233;el la consommation &#233;nerg&#233;tique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/donnees" rel="tag"&gt;donn&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartiers-Nord" rel="tag"&gt;quartiers Nord&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paranos et hypocondriaques, les opposants au compteur &#171; intelligent &#187; qu'Enedis (ex-ErDF) pr&#233;tend imposer &#224; 35 millions de foyers ? Plut&#244;t de lucides usagers, &#233;chaud&#233;s par une &#233;ni&#232;me promesse de progr&#232;s s'av&#233;rant nuisible &#224; la sant&#233; autant qu'aux libert&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH796/-930-98514.jpg?1779637806' width='400' height='796' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector de la Vall&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Il s'agit&lt;/strong&gt; de compteurs communicants, capables de recevoir et d'envoyer des donn&#233;es sans intervention humaine, pour la mesure et la gestion des flux. De tels compteurs permettent de suivre en temps r&#233;el la consommation &#233;nerg&#233;tique d'un b&#226;timent, foyer ou entreprise.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi parlait le rapport &#171; Technologies-cl&#233;s 2015 &#187;, remis au gouvernement Fillon en mars 2011. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;En termes d'acceptabilit&#233;, le probl&#232;me de l'atteinte &#224; la vie priv&#233;e est soulev&#233; par plusieurs associations de consommateurs. La question de la r&#233;tention des donn&#233;es doit donc &#234;tre trait&#233;e de mani&#232;re attentive.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Pi&#232;ces et main d'&#339;uvre, &#171; Linky, l'enfer vert et le techno-totalitarisme &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Palacin&lt;/strong&gt; nous re&#231;oit chez lui, dans une cit&#233; des quartiers Nord de Marseille. Pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration des Comit&#233;s d'int&#233;r&#234;t de quartier du 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, il est l'un des pourfendeurs les mieux &#233;quip&#233;s des Linky, Gazpar&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quivalent du Linky pour GrDF.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et autres &lt;i&gt;smart meters&lt;/i&gt;. Technicien-t&#233;l&#233; &#224; la retraite, arm&#233; d'appareils de mesure, il traque les ondes et les surco&#251;ts qu'impliquent ces compteurs dits intelligents. &#171; &lt;i&gt;La surabondance d'ondes &#233;lectromagn&#233;tiques provoqu&#233;e par l'usage permanent du courant porteur en ligne (CPL), additionn&#233;e &#224; celles des antennes-relais de la t&#233;l&#233;phonie portable ou de la Wifi, est une des principales raisons de refuser Linky. &lt;/i&gt; &#187; Le canc&#233;rologue Dominique Belpomme a exprim&#233; sa pr&#233;occupation face &#224; une telle surcharge. &#171; &lt;i&gt;Et pour transmettre les millions de donn&#233;es collect&#233;es par Linky, il faudra multiplier les bornes et les antennes-relais, augmentant ainsi le brouillard d'hyper-fr&#233;quences dans lequel nous baignons d&#233;j&#224;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cosinus phi &#224; l'appui&lt;/strong&gt;, Palacin d&#233;nonce l'arnaque &#224; venir : &#171; &lt;i&gt;&#201;conomique, Linky ? Le changement d'unit&#233; de mesure du kilowatt au kilovoltamp&#232;re (1 Kwh = 1,25 Kva) ne peut que rench&#233;rir les tarifs, alors qu'il est suppos&#233; aider &#224; mieux g&#233;rer les d&#233;penses d'&#233;nergie. &lt;/i&gt; &#187; &#192; la fois compteur et disjoncteur, Linky sera, selon l'UFC-Que choisir, moins tol&#233;rant aux d&#233;passements de puissance que les anciens disjoncteurs. Autrement dit, il &#171; p&#233;tera un plomb &#187; plus vite. Ce qui va impliquer, pour beaucoup de foyers, de passer &#224; un abonnement d'une puissance sup&#233;rieure. &#171; &lt;i&gt;C'est absurde : sept milliards d'euros vont &#234;tre d&#233;pens&#233;s pour remplacer 80 millions de compteurs d'eau, de gaz et d'&#233;lectricit&#233; ayant une esp&#233;rance de vie de 60 ans par de nouveaux compteurs d'une dur&#233;e de vie de 15 ans ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ondes &#233;lectro-magn&#233;tiques d&#233;cupl&#233;es&lt;/strong&gt;, contr&#244;le &#224; distance et en d&#233;tail de la consommation, donn&#233;es commercialisables, co&#251;t d'installation faramineux qui se r&#233;percutera t&#244;t ou tard sur les factures&#8230; Les motifs pour dire non &#224; Linky sont multiples. &#171; &lt;i&gt;La technocratie s'invite chez moi et ce passage en force m'est insupportable, &lt;/i&gt;lance Isabelle Taitt, du collectif Marseille-centre&lt;i&gt;. Nous allons servir de cobayes, au m&#233;pris de notre sant&#233; et de notre vie priv&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Philippe Monloubou, patron d'Enedis, d&#233;clarait d&#233;but 2016 : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes d&#233;j&#224;, &#224; l'heure o&#249; je vous parle, un op&#233;rateur du Big Data. &lt;/i&gt; &#187; Il s'enflammait : &#171; &lt;i&gt;Linky ouvre tout un &#233;cosyst&#232;me qui, lui, &#233;largit un champ presque infini. Apr&#232;s, c'est le march&#233; lui-m&#234;me qui va d&#233;cider des possibilit&#233;s. &lt;/i&gt; &#187; Jolie formule pour dire qu'Enedis ne se privera pas de monnayer les infos que Linky va amasser &#224; propos de ses clients. Sans se soucier outre mesure des risques de piratage de ces donn&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;&#201;quip&#233; d'une puce &#233;lectronique&lt;/strong&gt; &#224; radio-fr&#233;quences (RFID), Linky transmet &#224; distance nos donn&#233;es personnelles de consommation &#233;lectrique. Soit, dans un monde o&#249; tout fonctionne &#224; l'&#233;lectricit&#233;, le d&#233;tail de votre vie domestique. Vous prenez votre douche le matin. Vous avez des invit&#233;s &#224; la maison. Vous regardez trop la t&#233;l&#233;vision. Vous avez chang&#233; de rythme de vie, etc.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid cit&#233;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; Tout cela, le mini-big brother qu'est Linky le saura. En temps r&#233;el. Et dire que le Big Data (macro-gestion de micro-donn&#233;es) repr&#233;sente d&#233;j&#224; 10 % de la consommation &#233;lectrique actuelle !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH591/-931-e361f.jpg?1779603028' width='400' height='591' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector de la Vall&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les quartiers Nord de Marseille&lt;/strong&gt;, certains se sont oppos&#233;s physiquement, comme &#224; la cit&#233; Saint-Louis, &#224; la venue des techniciens de Phinelec, sous-traitant d'Enedis. Marc Morel, pr&#233;sident du collectif d'int&#233;r&#234;ts citoyens de l'Estaque, s'en r&#233;jouit : &#171; &lt;i&gt;Notre bapt&#234;me du feu, &#231;'a &#233;t&#233; contre l'implantation d'une antenne-relais SFR au c&#339;ur du noyau villageois de l'Estaque. Avec le soutien de l'association Caponord et apr&#232;s trois ans de bagarre, nous avons gagn&#233; ! Aujourd'hui, nous sommes mobilis&#233;s contre Linky.&lt;/i&gt; &#187; Attabl&#233;s en terrasse, Evelyne, Marc et Isabelle &#233;voquent de nombreux dysfonctionnements signal&#233;s apr&#232;s connexion. &#171; &lt;i&gt; Sans blindage des c&#226;bles &#233;lectriques, le CPL &#233;mis va rayonner et risque de provoquer des interf&#233;rences avec les appareils &#233;lectriques pr&#233;sents dans l'appartement.&lt;/i&gt; &#187; Mais Enedis s'en lave les mains : une fois install&#233;s les compteurs, les &#233;ventuelles avanies du domicile ou du commerce ne regardent plus le fournisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isabelle insiste sur la strat&#233;gie&lt;/strong&gt; qui sous-tend ce projet : &#171; &lt;i&gt;L'industrie nucl&#233;aire fran&#231;aise est appel&#233;e &#224; fournir l'&#233;nergie constante sur le march&#233; europ&#233;en, voil&#224; pourquoi ils veulent calculer les fluctuations de la demande au plus pr&#232;s. &lt;/i&gt; &#187; En euro-langue de bois, il s'agit de &#171; &lt;i&gt;transition &#233;nerg&#233;tique vers une croissance verte&lt;/i&gt; &#187;, mais Enedis oublie que l'application de cette directive n'a pas caract&#232;re obligatoire pour les particuliers. D'apr&#232;s les opposants marseillais, le prestataire Phinelec exercerait des pressions par t&#233;l&#233;phone. Touchant une prime pour chaque compteur pos&#233;, les techniciens n'h&#233;sitent pas &#224; rouler des m&#233;caniques pour impressionner les vieilles dames ou &#224; s'introduire dans un jardin en sautant par-dessus la haie. Evelyne, habitante du Panier, raconte qu'elle a &#233;t&#233; alert&#233;e de leur intrusion par une coupure de courant intempestive, sans pr&#233;avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ce jour, plus de 320 communes&lt;/strong&gt; ont d&#233;cr&#233;t&#233; Linky ind&#233;sirable. &#171; &lt;i&gt;Presque la moiti&#233; des 700 collectivit&#233;s locales concern&#233;es par la premi&#232;re tranche d'installation &lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Marc. Les 800 collectifs anti-Linky recens&#233;s pourraient &#234;tre le fr&#233;missement d'un refus majeur. Maryse Joissains, maire Les R&#233;p' d'Aix-en-Provence, a repouss&#233; &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt; la mutation vers Linky dans les &#233;difices municipaux. Le 9 mai 2016, lors d'une r&#233;union publique &#224; la mairie des 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 16&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements de Marseille en pr&#233;sence de Bernard Lassus, directeur du programme Linky chez Enedis, la maire de secteur Samia Ghali et le d&#233;put&#233; Henri Gibrayel, prenant la mesure de la fronde, ont fini par admettre que rien ne devrait se faire contre la volont&#233; des habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirme la propagande&lt;/strong&gt;, les particuliers peuvent refuser Linky. Pour cela, ils doivent prendre les devants en signifiant leur refus par lettres recommand&#233;es avec accus&#233; de r&#233;ception adress&#233;es &#224; Enedis et &#224; la mairie, puis en placarder une copie sur leur porte ou sur l'ancien compteur. &#171; &lt;i&gt;Aucun objet connect&#233; ne peut &#234;tre impos&#233; &#224; un particulier&lt;/i&gt; &#187;, assure la directive europ&#233;enne de 2009. C'est &#224; ce titre que la Ligue des droits de l'Homme a demand&#233; un moratoire. L'Allemagne, avec six autres pays europ&#233;ens, a choisi de n'imposer ces compteurs qu'aux entreprises. En Australie, au Qu&#233;bec et en Californie, les &lt;i&gt;smart meters&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; d&#233;mont&#233;s sous la pression d'un mouvement de protestation nomm&#233; &#171; &lt;i&gt; Take back your power&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des lettres-type bien argument&#233;es&lt;/strong&gt; circulent pour inspirer les millions de d&#233;serteurs potentiels. Le signataire y d&#233;clare pr&#233;f&#233;rer le contact humain &#224; l'inhumaine mise &#224; distance num&#233;rique qui se g&#233;n&#233;ralise. 6 000 releveurs de compteurs sont menac&#233;s de licenciement &#224; cause de Linky.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;In&lt;/i&gt; Pi&#232;ces et main d'&#339;uvre, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=423&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Linky, l'enfer vert et le techno-totalitarisme&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quivalent du Linky pour GrDF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ibid cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Saint-Denis : Les dessous de la brochette !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Saint-Denis-Les-dessous-de-la</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Saint-Denis, sortie de la gare RER D. Des odeurs de viande grill&#233;e aguichent mes narines. Devant moi : un barbecue g&#233;ant comme il en existe peu. Des dizaines de gars occupent la place devant la station, dispatch&#233;s autour de Caddie fumants de b&#339;uf marin&#233;. R&#233;nov&#233; en 2005, le parvis de la station a &#233;t&#233; amput&#233; de ses arbres. Cela aurait pu devenir un lieu vide, espace norm&#233;, repoussant les flux vers le centre-ville, &#224; l'image de toutes les gares. Mais depuis ces travaux, les vendeurs de rues, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no166-juin-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;166 (juin 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hector-de-la-Vallee" rel="tag"&gt;Hector de la Vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/brochette" rel="tag"&gt;brochette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Saint-Denis, sortie de la gare RER D. Des odeurs de viande grill&#233;e aguichent mes narines. Devant moi : un barbecue g&#233;ant comme il en existe peu. Des dizaines de gars occupent la place devant la station, dispatch&#233;s autour de Caddie fumants de b&#339;uf marin&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;nov&#233; en 2005, le parvis de la station a &#233;t&#233; amput&#233; de ses arbres. Cela aurait pu devenir un lieu vide, espace norm&#233;, repoussant les flux vers le centre-ville, &#224; l'image de toutes les gares. Mais depuis ces travaux, les vendeurs de rues, d&#233;j&#224; pr&#233;sents auparavant, se sont multipli&#233;s, d&#233;veloppant leur business. En ce moment, la mode est &#224; la brochette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passionn&#233;e de cuisine, Fatou s'installe tout les jours sur la place depuis 1996. D'abord sp&#233;cialis&#233;e dans le ma&#239;s et le jus de bissap ou de gingembre, elle se colle d&#233;sormais elle aussi aux brochettes de b&#339;uf marin&#233;. La viande est achet&#233;e tr&#232;s t&#244;t chaque matin chez un boucher, qui refourgue &#224; un prix imbattable des morceaux mal calibr&#233;s. Elle en pr&#233;pare une centaine dans son appartement, &#224; l'autre bout de Saint-Denis, dans le quartier de Franc-Moisin. Puis elle charge son commerce &#224; roulettes, marche quinze minutes, prend le tramway et s'installe juste apr&#232;s la passerelle qui m&#232;ne de l'arr&#234;t de tramway &#224; la gare. Tous les jours au m&#234;me endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont une dizaine &#224; avoir le m&#234;me rituel et le m&#234;me attirail : viande, sacs d'oignons, bidons d'huile et quelques cageots de menthe. Chacun &#224; son poste. Tarif : 1 &#8364; la brochette.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH345/-746-1c96a.jpg?1779603533' width='400' height='345' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector De La Vall&#233;e.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Confiscations de Caddie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le parvis, les flics se pointent quasiment tous les jours. Municipaux et nationaux m&#232;nent des contr&#244;les conjoints, multipliant les contraventions. &#171; &lt;i&gt;On doit se r&#233;approprier l'espace public pour le pacifier et stopper les nuisances pour les gens, comme la fum&#233;e, le fait d'&#234;tre alpagu&#233; par les vendeurs, etc. Il y a 70 000 usagers qui passent chaque jour par la gare&lt;/i&gt; &#187;, s'est insurg&#233;e en juin 2017 Slimane Rabahallah, adjointe en charge de la tranquillit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les CRS d&#233;barquent, les vendeurs de brochettes se lancent dans une folle course de Caddie. &#171; &lt;i&gt;Il y a d&#233;j&#224; eu des confiscations de chariots&lt;/i&gt;, explique Medhi, l'un des r&#233;guliers de la place. &lt;i&gt;Alors quand ils arrivent, on court tr&#232;s vite se cacher quelque part. Et on revient plus tard... C'est notre seule fa&#231;on de travailler&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on trouve aussi des cartes t&#233;l&#233;phoniques, des cacahu&#232;tes grill&#233;es, du pop-corn, des cigarettes s&#233;n&#233;galaises ou ukrainiennes, des chargeurs de t&#233;l&#233;phone et plein d'autres entreprises spontan&#233;es pour se faire trois sous. Parmi les vendeurs, des transfuges de la rue de la R&#233;publique, sp&#233;cialis&#233;s dans les fringues, sacs &#224; mains, lunettes ou montres, et habituellement install&#233;s au c&#339;ur de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les protecteurs de la place &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de ce march&#233; autonome s'est faite naturellement, l&#224; ou rien n'avait &#233;t&#233; pr&#233;vue par l'organisation g&#233;n&#233;rale. C'est de plus en plus rare : les municipalit&#233;s r&#233;quisitionnent d&#233;sormais souvent ces espaces pour y organiser des &#233;v&#233;nements culturels ou y mener des transformations urbaines. Ici, des passants s'arr&#234;tent pour une brochette et restent discuter quelques minutes. Quelques-uns jouent aux &#233;checs et les gamins font du v&#233;lo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains habitants du quartier assurent que la pr&#233;sence des vendeurs donne une atmosph&#232;re plus rassurante &#224; cet endroit auparavant &#171; &lt;i&gt;froid et glauque&lt;/i&gt; &#187;. Une voisine pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Je peux rentrer &#224; l'heure que je veux depuis qu'il y a les vendeurs.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ce n'est plus une zone o&#249; tu as l'impression d'&#234;tre une proie isol&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, confirme une activiste locale, qui estime que &#171; &lt;i&gt;les vendeurs sont les protecteurs de la place&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde n'est pas de cet avis. Cet hiver, une petite guerre de voisinage a anim&#233; le quartier. D&#233;rang&#233;s par le d&#233;ploiement de vie et par les odeurs de barbaque atteignant leurs fen&#234;tres, certains habitants affirmaient que la qualit&#233; de l'air &#233;tait menac&#233;e par la fum&#233;e du charbon. Ils ont mont&#233; un collectif, &#233;dit&#233; des tracts repr&#233;sentant des masques &#224; gaz et les ont coll&#233;s dans le p&#233;rim&#232;tre de la gare. Autre fait de gloire, la diffusion d'une p&#233;tition intitul&#233;e &#171; Mal vivre ensemble &#187;. Ainsi que la r&#233;daction d'une lettre publique titr&#233;e &#171; Rue des bidonvilles, quartier des brochettes, place du ras-le-bol &#187;, adress&#233;e &#224; Didier Paillard, maire de la ville en 2016, et d&#233;non&#231;ant &#171; &lt;i&gt; un abandon total de la gare par les politiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Carrefour incontournable du quartier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe d'&#233;tudiants de l'universit&#233; de Paris VIII et quelques habitants ont ripost&#233; sur le champ. Apr&#232;s &#234;tre all&#233; &#224; la rencontre des vendeurs, ils ont &#224; leur tour fabriqu&#233; leurs affiches &#171; Des brochettes, mais pas des camionnettes ! &#187; et &#171; Stop aux rafles de la police &#224; la gare de Saint-Denis ! &#187;, initiant des rassemblements sur le parvis et diffusant de tracts informant sur la situation des vendeurs, pour beaucoup sans-papiers. Leur exigence : qu'on leur fiche la paix !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le froid, les r&#233;unions se sont d&#233;plac&#233;es &#224; cent m&#232;tres de la gare, sous le chapiteau Rajganawak, lieu autonome construit il y a deux ans. Coinc&#233; entre deux immeubles d'habitation, ce chapiteau en bois est prot&#233;g&#233; de la route par une palissade en taule, qui masque sa pr&#233;sence. Il s'inscrit dans la continuit&#233; d'une exp&#233;rience commenc&#233;e dans les ann&#233;es 1990 &#8211; &#224; l'initiative de C&#233;dric Simoneau, l'ancien garage est devenu lieu de th&#233;&#226;tre. En 2002, l'homme l&#232;gue l'espace &#224; sa ni&#232;ce Camo. Elle y installe alors un chapiteau proposant des moments de cirque et de f&#234;tes, lequel tire finalement le rideau en 2010. Mais revient en 2016, notamment gr&#226;ce au soutien du collectif de La Briche&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien site industriel de Saint-Denis reconverti en ateliers de cr&#233;ateurs et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : un chapiteau en dur est alors construit, sans autorisation ni accord avec la municipalit&#233;. Petit &#224; petit, le lieu devient un carrefour incontournable du quartier, proposant des activit&#233;s de cirque et des cours de fran&#231;ais, un espace de r&#233;union et des ateliers. La municipalit&#233; a bien manifest&#233; des vell&#233;it&#233;s d'expulsion, mais pour l'instant &#231;a tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On est l&#224; pour parler fort ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondatrice du Rajganawak, Camo se souvient des premi&#232;res r&#233;unions sous le chapiteau : &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on n'entendait que les militants. L'atmosph&#232;re &#233;tait pesante, et les vendeurs restaient tr&#232;s discrets. Jusqu'&#224; ce que Fatou se mette &#224; gueuler : &#8216;&#8216; On est l&#224; pour parler fort ! '' Alors ils se sont lev&#233;s et ont pris la parole pour raconter leurs probl&#232;mes. Tous ont expliqu&#233; vendre des brochettes parce qu'ils n'avaient pas le choix. Pour survivre. Certains sont &#224; la rue, c'est leur seul moyen de se faire un peu d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand ils viennent chez nous en Afrique, les gens veulent bien manger dans des baraques. &#199;a fait exotique pour les vacances, mais ici ils trouvent &#231;a d&#233;gueulasse&lt;/i&gt; &#187;, s'enflamme Fatou, bien d&#233;cid&#233;e &#224; ne pas plier bagages. Elle est accompagn&#233;e de son neveu Moussa, arriv&#233; du Mali il y a quatre ans et qui vit dans un foyer pr&#232;s d'Aubervilliers. Elle a dix enfants &#224; faire manger, alors elle carbure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions des m&#233;contents n'y ont rien chang&#233; : les vendeurs sont toujours l&#224; et tiennent bon malgr&#233; les rafles hebdomadaires. Certains se rendent aux permanences d'aide juridique mis en place &#224; l'universit&#233; Paris VIII, avec la Coordination de lutte pour les sans-papiers, ou bien aux cours de fran&#231;ais du chapiteau. Et le quartier continue d'&#234;tre impr&#233;gn&#233; de cette vie faite de d&#233;merde et de d&#233;brouille. Avec en &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s, la menace des pratiques d'am&#233;nagement de la ville&#8230; et la venue des Jeux olympiques de 2024.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ancien site industriel de Saint-Denis reconverti en ateliers de cr&#233;ateurs et constructeurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fronti&#232;res et honoraires</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Frontieres-et-honoraires</link>
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		<dc:date>2018-04-18T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lambert Lamberto</dc:creator>


		<dc:subject>Hector de la Vall&#233;e</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pour contr&#244;ler et r&#233;primer l'immigration, l'&#201;tat fait parfois appel au priv&#233;. Sa politique x&#233;nophobe devient ainsi source de tourments pour les uns, et de profits pour les autres. Dans ce secteur d'activit&#233; en pleine expansion, des cabinets d'avocats s'offrent une part du g&#226;teau. La politique de traque, de d&#233;tention et de refoulement des personnes sans-papiers ne contribue pas seulement &#224; maintenir les in&#233;galit&#233;s racistes et x&#233;nophobes. Elle offre aussi des perspectives de business &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hector-de-la-Vallee" rel="tag"&gt;Hector de la Vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prefecture" rel="tag"&gt;pr&#233;fecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cabinet" rel="tag"&gt;cabinet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/inegalites-racistes" rel="tag"&gt;in&#233;galit&#233;s racistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yves-Claisse" rel="tag"&gt;Yves Claisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Claisse" rel="tag"&gt;Claisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/marches-publics" rel="tag"&gt;march&#233;s publics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gerard-Sadik" rel="tag"&gt;G&#233;rard Sadik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour contr&#244;ler et r&#233;primer l'immigration, l'&#201;tat fait parfois appel au priv&#233;.
Sa politique x&#233;nophobe devient ainsi source de tourments pour les uns,
et de profits pour les autres. Dans ce secteur d'activit&#233; en pleine expansion,
des cabinets d'avocats s'offrent une part du g&#226;teau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La politique de traque, de d&#233;tention et de refoulement des personnes sans-papiers ne contribue pas seulement &#224; maintenir les in&#233;galit&#233;s racistes et x&#233;nophobes. Elle offre aussi des perspectives de business &#224; certaines entreprises. &#171; &lt;i&gt;De leur construction &#224; leur administration en passant par les activit&#233;s li&#233;es &#224; leur intendance (restauration, blanchisserie, m&#233;nage, etc.), les camps d'&#233;trangers repr&#233;sentent une source de profits pour de nombreuses entreprises&lt;/i&gt; &#187;, rappelait ainsi Migreurop dans un r&#233;cent rapport&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Migreurop, La d&#233;tention des migrants dans l'Union europ&#233;enne : un business (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Autres b&#233;n&#233;ficiaires : les soci&#233;t&#233;s contribuant au fichage des &#233;trangers, &#224; leur expulsion ou au renforcement des fronti&#232;res&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces activit&#233;s, voir Claire Rodier, X&#233;nophobie business. &#192; quoi servent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH444/-595-bed76.jpg?1779604890' width='400' height='444' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector de La Vall&#233;e.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais dans cette cha&#238;ne lucrative, un maillon passe souvent inaper&#231;u. Celui des proc&#233;dures judiciaires. Une politique d'enfermement et d'expulsion massive entra&#238;ne en effet d'innombrables audiences, notamment devant les tribunaux administratifs et les juges des libert&#233;s et de la d&#233;tention (JLD), o&#249; les personnes sans-papiers peuvent contester les d&#233;cisions des pr&#233;fets. &#192; ces audiences, des fonctionnaires du service &#171; &#233;trangers &#187; de la pr&#233;fecture ou de la Police aux fronti&#232;res (PAF) sont charg&#233;s de justifier les d&#233;cisions de l'administration : reconduite &#224; la fronti&#232;re, enfermement dans un centre de r&#233;tention administrative (CRA), refus d'un titre de s&#233;jour, assignation &#224; r&#233;sidence, etc. Mais ce r&#244;le peut aussi &#234;tre confi&#233;, suite &#224; des appels d'offres, &#224; des cabinets d'avocats. Une aubaine : pr&#232;s de 48 000 personnes plac&#233;es en r&#233;tention en 2015, &#231;a repr&#233;sente quelques honoraires en perspective...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrez les fronti&#232;res... entre public et priv&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de neuf sous le (triste) soleil, pointe G&#233;rard Sadik, en charge des questions d'asile &#224; la Cimade : &#171; &lt;i&gt;Cela fait par exemple une quinzaine d'ann&#233;es que des avocats repr&#233;sentent l'&#201;tat face aux personnes maintenues en zone d'attente &#224; Roissy.&lt;/i&gt; &#187; Sauf qu'aujourd'hui, ce ph&#233;nom&#232;ne a pris de l'ampleur. Rien d'&#233;tonnant, explique-t-il : &#171; &lt;i&gt;Un tiers des contentieux devant les tribunaux administratifs concernent le droit des &#233;trangers. Et &#224; la cour administrative d'appel, c'est pr&#232;s de la moiti&#233;. &#192; cause de l'augmentation du volume de contentieux, l'&#201;tat doit mobiliser de plus en plus d'agents devant les tribunaux, au d&#233;triment du traitement des dossiers en amont. Et ce alors qu'il tente de r&#233;duire le nombre de fonctionnaires dans le cadre de la RGPP&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques : initi&#233;e en 2007, elle vise &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#187; D&#233;bord&#233;e par sa propre industrie r&#233;pressive, l'administration fait ainsi appel au priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les tribunaux parisiens, les militants du Bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants confirment l'ampleur de la pratique. &#171; &lt;i&gt;&#192; chaque fois que j'assiste &#224; une audience devant le JLD, c'est toujours un avocat qui plaide pour l'&#201;tat&lt;/i&gt;, t&#233;moigne H&#233;lo&#239;se Mary. &lt;i&gt;Certains sont m&#234;me devenus des d&#233;fenseurs rituels de la pr&#233;fecture.&lt;/i&gt; &#187; Leur intervention modifie-t-elle le rapport de force judiciaire ? Pas forc&#233;ment, selon G&#233;rard Sadik, qui rappelle cependant que &#171; &lt;i&gt;d&#233;l&#233;guer le contentieux &#224; des avocats permet &#224; l'administration de r&#233;affecter des fonctionnaires &#224; la r&#233;daction des proc&#233;dures&lt;/i&gt; &#187; et ainsi &#171; &lt;i&gt;am&#233;liorer leur qualit&#233; juridique&lt;/i&gt; &#187;. Autrement dit : les d&#233;cisions pr&#233;fectorales comportent moins de failles permettant de les faire annuler par un juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avocats ayant rep&#233;r&#233; le filon se contentent de guetter les appels d'offres des pr&#233;fectures ou du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Selon le Journal officiel des march&#233;s publics, un avocat lillois a ainsi &#233;t&#233; engag&#233; en 2009 pour d&#233;fendre les pr&#233;fets contre les personnes enferm&#233;es au CRA de Lille. Un cabinet lorrain a d&#233;croch&#233; la m&#234;me mission en 2014 pour le CRA de Metz, avec 715 000 &#8364; &#224; la cl&#233;. Plus serviables encore, leurs confr&#232;res de Bourg-en-Bresse, qui repr&#233;sentent la pr&#233;f&#232;te du Rh&#244;ne, vont jusqu'&#224; participer &#171; &lt;i&gt;aux r&#233;unions organis&#233;es en pr&#233;fecture ayant trait &#224; la lutte contre l'immigration irr&#233;guli&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Preuve qu'on peut exercer une profession lib&#233;rale et avoir le sens du service public... Mais c'est en r&#233;gion parisienne que l'activit&#233; est la plus intense. En 2008, la pr&#233;fecture de Seine-Saint-Denis mandatait ainsi trois cabinets pour plaider contre les personnes plac&#233;es en r&#233;tention ou en zone d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un cabinet de r&#233;f&#233;rence &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce petit jeu, un champion se d&#233;marque : Claisse &amp; Associ&#233;s. Un gros cabinet bas&#233; &#224; Paris, Lyon et Saint-Ouen, qui revendique neuf associ&#233;s officiant dans &#224; peu pr&#232;s tous les domaines du droit, une trentaine de collaborateurs, et un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros (HT) en 2016. Un succ&#232;s en partie li&#233; &#224; ses relations idylliques avec l'&#201;tat expulseur. De 2008 &#224; 2010, il a remport&#233; trois appels d'offres du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, pour le repr&#233;senter contre les personnes bloqu&#233;es en zone d'attente. En 2009 et 2011, la pr&#233;fecture du Nord l'a choisi pour faire face aux personnes en r&#233;tention &#224; Lille. Et la liste des pr&#233;fectures se poursuit : Paris et Seine-Saint-Denis en 2011, Rh&#244;ne en 2012 et 2015, Val-d'Oise en 2016... Jackpot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondateur du cabinet ? Yves Claisse, un ponte dipl&#244;m&#233; de l'universit&#233; Panth&#233;on-Assas &#8211; o&#249; il enseigne &#8211; et de Sciences-Po, membre du jury d'entr&#233;e &#224; l'&#233;cole du Barreau de Paris. En mai 2009, il se f&#233;licitait&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site internet du cabinet.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; des march&#233;s fra&#238;chement d&#233;croch&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Il s'agit de la reconnaissance du travail fourni depuis plusieurs ann&#233;es au service de l'&#201;tat&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;dans cette mati&#232;re complexe et toujours sensible qu'est la police administrative.&lt;/i&gt; &#187; Un travail que ce lieutenant-colonel de r&#233;serve de la gendarmerie accomplit avec abn&#233;gation : en 2013, il a plaid&#233; en personne pour le pr&#233;fet du Doubs contre Leonarda, coll&#233;gienne rom arr&#234;t&#233;e lors d'une sortie scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Yves Claisse sait aussi d&#233;l&#233;guer. En 2009, un de ses associ&#233;s est promu &#171; responsable du p&#244;le contentieux administratif du cabinet &#187;. L'heureux &#233;lu ? Un expert en droit des &#233;trangers, intervenant &#224; l'occasion comme formateur pour la police aux fronti&#232;res et l'&#201;cole nationale sup&#233;rieure de la police. Autre atout pour l'&#233;quipe, l'arriv&#233;e en 2012 d'Olivier Magnaval, qui fut conseiller technique du Premier ministre Fillon, pr&#233;fet d&#233;l&#233;gu&#233; pour la d&#233;fense et la S&#233;curit&#233; &#224; Lyon, et directeur de cabinet de la ministre de l'Outre-mer. Une jolie prise pour Yves Claisse, lequel salue &#171; &lt;i&gt;un v&#233;ritable tournant pour notre cabinet. Sa connaissance de l'&#201;tat et son exp&#233;rience de l'administration territoriale nous permettent de renforcer notre positionnement comme l'un des cabinets de r&#233;f&#233;rence dans le domaine des affaires publiques et r&#233;glementaires&lt;/i&gt; &#187;. De quoi poursuivre la moisson de march&#233;s publics&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une expulsion peut en cacher une autre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier succ&#232;s de Claisse &amp; Associ&#233;s : la pr&#233;fecture de Nantes l'a choisi en d&#233;cembre, le chargeant notamment des &#171; expulsions pour occupation illicite de terrains &#187;. Suspense : la ZAD subira-t-elle ses plaidoyers d&#233;sint&#233;ress&#233;s ? Mais le plus gros morceau de l'appel d'offres concerne, l&#224; encore, l'immigration et l'asile. Il y est notamment question des &#171; refus de prise en charge au titre des conditions mat&#233;rielles d'accueil des demandeurs d'asile &#187;. En clair, il s'agit de d&#233;fendre le pr&#233;fet contre des demandeurs d'asile qu'il a laiss&#233;s &#224; la rue. &#199;a tombe plut&#244;t bien : en octobre, le cabinet Claisse se vantait d'avoir obtenu l'expulsion des migrants campant dans le jardin des Olieux &#224; Lille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien rapporte cette noble t&#226;che ? Ce n'est pas le patron, moins bavard au t&#233;l&#233;phone que dans les pr&#233;toires, qui nous le dira &#8211; il a laiss&#233; sans r&#233;ponse le mail envoy&#233; &#224; sa demande. Un oubli, sans doute... Il faudra se contenter de quelques indices dans les avis de march&#233;s publics, comme ce &#171; montant pr&#233;visionnel &#187; annonc&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur en 2008 : jusqu'&#224; 153 600 &#8364; pour 600 dossiers. Ou ces trois march&#233;s pass&#233;s par la pr&#233;fecture de police de Paris en 2011, pour un co&#251;t total de 473 000 &#8364; par an. Bref, beaucoup d'argent, m&#234;me si ce n'est peut-&#234;tre pas la plus lucrative des activit&#233;s du cabinet &#8211; juste la plus nocive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Migreurop, &lt;i&gt;La d&#233;tention des migrants dans l'Union europ&#233;enne : un business florissant&lt;/i&gt;, novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur ces activit&#233;s, voir Claire Rodier, &lt;i&gt;X&#233;nophobie business. &#192; quoi servent les contr&#244;les migratoires ?&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques : initi&#233;e en 2007, elle vise &#224; r&#233;duire les d&#233;penses publiques en d&#233;veloppant une gestion manag&#233;riale des administrations et en supprimant des postes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le site internet du cabinet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Papy chez les geeks</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas un h&#233;ros &#187;, chantait Balavoine, avant que Stars Wars, les s&#233;ries am&#233;ricaines et les jeux vid&#233;os n'infestent l'imaginaire de milliards de spectateurs. Au salon HeroFestival, qui se tenait il y a peu &#224; Marseille, on vend les supports de cet imaginaire pas toujours adolescent. Que c&#233;l&#232;bre-t-on ici ? &#171; Tout ce qui est nippon &#187;, me lance le r&#233;parateur d'ampoules du salon, visiblement blas&#233;. Pas convaincu, je zigzague entre sorci&#232;res &#224; l'am&#233;ricaine et rejetons de Mario Bros (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hector-de-la-Vallee" rel="tag"&gt;Hector de la Vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un h&#233;ros&lt;/i&gt; &#187;, chantait Balavoine, avant que &lt;i&gt;Stars Wars&lt;/i&gt;, les s&#233;ries am&#233;ricaines et les jeux vid&#233;os n'infestent l'imaginaire de milliards de spectateurs. Au salon HeroFestival, qui se tenait il y a peu &#224; Marseille, on vend les supports de cet imaginaire pas toujours adolescent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH756/-354-b6bd1.jpg?1779602881' width='400' height='756' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector De La Vall&#233;e.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que c&#233;l&#232;bre-t-on ici ? &#171; &lt;i&gt;Tout ce qui est nippon&lt;/i&gt; &#187;, me lance le r&#233;parateur d'ampoules du salon, visiblement blas&#233;. Pas convaincu, je zigzague entre sorci&#232;res &#224; l'am&#233;ricaine et rejetons de &lt;i&gt;Mario Bros&lt;/i&gt; pour me faire une id&#233;e. Nombre de d&#233;guisements me sont inconnus. Mes r&#233;f&#233;rences seraient-elles poussi&#233;reuses ? Je ne vois nulle trace de &lt;i&gt;Goldorak&lt;/i&gt;. Et pas le moindre PC Atari 520 (avec &lt;i&gt;Space Invaders&lt;/i&gt;) &#224; l'horizon. Je n'ai pas encore la cinquantaine, mais je me sens d&#233;j&#224; largu&#233;. &lt;i&gt;Star Trek&lt;/i&gt;, au secours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me voyant paum&#233;, deux jeunes me tuyautent : &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est pour les amateurs d'univers fa&#231;on Game of Thrones ou Justice League&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ces deux grands lardons sont n&#233;s le joystick entre les pognes, le doigt sur le bouton rouge et la 3D dans l'&#339;il. Pr&#233;sentement cach&#233; sous une robe de bure de moine franciscain, leur paternel tient un magasin de costumes : &#171; &lt;i&gt; Je regardais des dessins anim&#233;s comme Albator ou Candy. Tandis que mon beau-fils, lui, est plut&#244;t fan de s&#233;ries, du genre Breaking Bad&lt;/i&gt; &#187;, m'explique le moinillon. All&#244;, Freud ? Tu re&#231;ois les familles sur ton divan ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Content d'&#234;tre l&#224;, le moine, mais un peu critique : &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est cher : la moindre figurine en r&#233;sine vaut 15 &#8364; ! Et puis, il a fallu payer pour entrer &#8211; on en a eu pour 38 &#8364;, avec le tarif sp&#233;cial &#8216;&#8216; Famille Pierrafeu '' &lt;/i&gt; . &#187; Notez n&#233;anmoins que les &#171; Pikachu &#187; (les moins de 7 ans) rentrent gratos. &#171; Pique &#224; chou &#187; (si on prononce &#224; la bretonne), c'est cette bestiole jaune &#233;chapp&#233;e du monde des &lt;i&gt;Pok&#233;mon&lt;/i&gt;. Une cr&#233;ature de fiction devenue produit d&#233;riv&#233; et vendue dans le monde entier en peluche ou en cendrier. Je le sais, j'ai eu un sac Pikachu, et c'est devenu un cendrier &#224; force d'avoir mes clopes &#233;cras&#233;es sur la truffe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous affranchir, tas de dinosaures abonn&#233;s &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et dont les seuls h&#233;ros sont la colonne Durruti ou la CGT d'avant 1914 : ici, au salon, les stars font partie d'un monde autrement ringard que le v&#244;tre. Par exemple, les plombiers r&#233;habilit&#233;s par le jeu &lt;i&gt;Mario &amp; Luigi&lt;/i&gt; ne se sont jamais syndiqu&#233;s. La honte. Dans cette franchise, on trouve aussi Wario, l'anti-h&#233;ros, vulgaire, peureux. C'est un prince corrompu, expliquent trois barbus, sp&#233;cialistes de jeux vid&#233;o convoqu&#233;s pour une conf&#233;rence. Apparu sous le r&#232;gne de B&#233;r&#233;govoy, il ne veut que du bl&#233;, de la maille, tel un vulgaire Booba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple, la star du tr&#232;s violent jeu vid&#233;o &lt;i&gt;GTA&lt;/i&gt; &#8211; Niko Bellic. Une parfaite petite frappe. Sans scrupules et pr&#234;t &#224; tout. &#171; &lt;i&gt;En permettant toutes les exactions au joueur, il tient lieu de d&#233;fouloir&lt;/i&gt; &#187;, explique un sp&#233;cialiste sur un stand. Avant d'ass&#233;ner : &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, il est stupide...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; politique, il y aussi de quoi faire. Tenez, par exemple&#8230; Prenez le jeu &lt;i&gt;Guerilla War&lt;/i&gt; avec Che Guevara et Fidel Castro en guest-stars. Eh bien, c'est juste un pitoyable &lt;i&gt;Run and gun&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeu vid&#233;o d'action dans lequel le joueur dirige un personnage devant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Comprendre : cours et bute-les. Ou comment r&#233;duire la grande histoire &#224; sa portion testost&#233;ron&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songeant &#224; ce nouveau monde qui s'ouvre &#224; moi tout en progressant dans les trav&#233;es, j'&#233;vite par miracle un coup d'&#233;p&#233;e en mousse. A&#239;e, mes pas m'ont port&#233; vers un stand consacr&#233; aux armes dans les s&#233;ries. Je file &#224; l'anglaise : pas question de perdre des points de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors cela, je n'ai qu'une crainte : croiser R2D2, le robot bo&#238;te de ferraille de &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;. J'ai toujours eu un faible pour lui. Et je sais que je ne r&#233;sisterais pas &#224; la tentation de le ramener avec moi. &#199;a ferait d&#233;sordre au local de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, rep&#232;re de luddites forcen&#233;s. Je serais oblig&#233; de le d&#233;brancher illico. Ou de le recycler en grille-pain pour&#8230; oups, d&#233;sol&#233;, je m'&#233;gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu &#224; moi, j'observe les alentours. Je constate que le r&#233;parateur d'ampoules n'avait pas tort : les mangas sont partout. Inutile de chercher &lt;i&gt;Spirou&lt;/i&gt; &#8211; le petit groom a &#233;t&#233; diss&#233;qu&#233; par des Japonaises aux seins gonfl&#233;s &#224; l'h&#233;lium et arm&#233;es de sabres translucides...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, je tombe sur deux youtubeurs, 'achement connus d'apr&#232;s les fans qui chantent avec eux, mass&#233;s en bas du podium. Il s'agit d'un duo, &#233;tonnamment sorti de la chambre qui lui tient habituellement lieu de salle de spectacle. Il d&#233;borde d'&#233;nergie, saute sur le podium en bramant de niaises paroles. Il me semble qu'il parle de mangas, de bouffe quand t'es anorexique et de gr&#232;ves de train, mais je peux me tromper. En tout cas, la communaut&#233; des geeks et autres passionn&#233;s de mangas opine du chef &#224; intervalles r&#233;guliers. Je me sens seul. &#199;a m'a ab&#238;m&#233; de lire Marx &#224; 17 ans&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Chien rouge a pens&#233; aux feignasses qui ne veulent pas faire comme moi, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, les chalands du salon n'ont pas l'air plus allum&#233;s que ceux qui croient au travail ou &#224; la patrie. Bloqu&#233;s quelques heures par jour devant un &#233;cran qui projette des poncifs sociaux, ils se contentent de les reproduire. Le probl&#232;me : on les incite au r&#233;gressif. &#192; l'image de Kirby, personnage du jeu vid&#233;o du m&#234;me nom ressemblant &#224; un testicule volant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ici est fait pour infantiliser. Comme une cr&#232;che pour adultes, o&#249; il serait impossible de se blesser. Un univers prot&#233;g&#233;, o&#249; la nature est en plastique. O&#249; les arbres et les plantes sont bien rang&#233;s. O&#249; les animaux sont repr&#233;sent&#233;s en personnages souriants, quand les vrais passent aux abattoirs. Et o&#249; un synth&#233; r&#233;p&#233;titif tournant en boucle tient lieu de musique.Tout est rose ou jaune, comme chez Google. En clair : &#231;a pue la guimauve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dis, un brin d&#233;senchant&#233;, que les membres de ce jeune public feront sans doute de charmants employ&#233;s. S'ils quittent leur travail plus t&#244;t, ce sera pour squatter devant une console usag&#233;e ou une s&#233;rie r&#233;&#233;dit&#233;e en Blu-ray. Histoire de sucer leur pouce en repoussant des neurones le monde r&#233;el...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gentille geek m'explique qu'en effet, ce monde imaginaire est une copie pleine de paillettes du n&#244;tre. &#171; &lt;i&gt;Dans la s&#233;rie de jeux &#224; succ&#232;s Zelda, la princesse attend toujours que son prince, Link, vienne la d&#233;livrer.&lt;/i&gt; &#187; Le poncif habituel. La princesse devrait monter une cellule f&#233;ministe chez Nintendo. Las, il para&#238;t que &#231;a ne se fait pas des masses, dans le macho milieu du jeu vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, il y a un grand oubli&#233; dans ce salon : le monde du travail. Nul stand pour r&#233;v&#233;ler l'am&#232;re r&#233;alit&#233; de ces ateliers chinois o&#249; on se cr&#232;ve &#224; la t&#226;che pour fabriquer des consoles &#224; nos h&#233;ros occidentaux&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Machine est ton seigneur et ton ma&#238;tre, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. D'ailleurs, impossible de syndiquer ma vieille console &#224; Sud ou &#224; la CNT &#8211; j'ai essay&#233;, elle a fait &lt;i&gt;Game over&lt;/i&gt; quand j'ai cliqu&#233; sur &#171; Gr&#232;ve &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jeu vid&#233;o d'action dans lequel le joueur dirige un personnage devant d&#233;truire un grand nombre d'ennemis &#224; l'aide d'armes de plus en plus puissantes, au fur et &#224; mesure de sa progression.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Chien rouge a pens&#233; aux feignasses qui ne veulent pas faire comme moi, en publiant l'&lt;i&gt;Abr&#233;g&#233; du Capital&lt;/i&gt; de Carlo Cafiero &#8211; voir le&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Editions-le-Chien-rouge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bon de commande&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Machine est ton seigneur et ton ma&#238;tre&lt;/i&gt;, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, Agone, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La philanthropie selon Google</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-philanthropie-selon-Google</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-philanthropie-selon-Google</guid>
		<dc:date>2018-01-10T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby, &#201;milien Bernard, Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Hector de la Vall&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Google</dc:subject>
		<dc:subject>visiteurs</dc:subject>
		<dc:subject>plafonds vertigineux</dc:subject>
		<dc:subject>petites mains</dc:subject>
		<dc:subject>mains embauch&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>fille post&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>jeune fille</dc:subject>
		<dc:subject>Google France</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Missoffe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant deux jours, le Palais de la Bourse de Marseille s'est habill&#233; aux couleurs de Google &#8211; bleu, rouge, jaune, vert. Joie et cotillons ! Une op&#233;ration commerciale ? Pas vraiment : le fleuron de la Silicon Valley &#8211; gracieusement invit&#233; par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) &#8211;- n'est pas l&#224; pour faire du chiffre. Mais pour mener une op&#233;ration de propagande &#224; peine maquill&#233;e. Dans ce temple du commerce aux plafonds vertigineux, les petites mains embauch&#233;es pour accueillir les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no158-octobre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;158 (octobre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hector-de-la-Vallee" rel="tag"&gt;Hector de la Vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Google" rel="tag"&gt;Google&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/visiteurs" rel="tag"&gt;visiteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plafonds-vertigineux" rel="tag"&gt;plafonds vertigineux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/petites-mains" rel="tag"&gt;petites mains&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mains-embauchees" rel="tag"&gt;mains embauch&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fille-postee" rel="tag"&gt;fille post&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeune-fille" rel="tag"&gt;jeune fille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Google-France" rel="tag"&gt;Google France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sebastien-Missoffe" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Missoffe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant deux jours, le Palais de la Bourse de Marseille s'est habill&#233; aux couleurs de Google &#8211; bleu, rouge, jaune, vert. Joie et cotillons ! Une op&#233;ration commerciale ? Pas vraiment : le fleuron de la Silicon Valley &#8211; gracieusement invit&#233; par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) &#8211;- n'est pas l&#224; pour faire du chiffre. Mais pour mener une op&#233;ration de propagande &#224; peine maquill&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce temple du commerce aux plafonds vertigineux, les petites mains embauch&#233;es pour accueillir les visiteurs sont cat&#233;goriques : &#171; &lt;i&gt;Google n'est pas ici par int&#233;r&#234;t&lt;/i&gt;, &#226;nonne une jeune fille post&#233;e &#224; l'entr&#233;e. L&lt;i&gt;'entreprise veut simplement former les gens &#224; ses technologies.&lt;/i&gt; &#187; Merveilleux. Ses petits camarades &#224; t-shirts blanc, rouge ou bleu, tous jeunes et&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cons.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; joyeux, sont sur la m&#234;me longueur d'ondes : ils sont l&#224; pour guider les visiteurs dans les labyrinthes des myst&#232;res high-tech, voil&#224; tout. Jusqu'au &lt;i&gt;big boss&lt;/i&gt; de Google France, S&#233;bastien Missoffe, qui s'enflamme dans &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nous allons nous rendre dans 100 villes de France pour former 70 000 personnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le g&#233;ant Google cultive le terreau proven&#231;al &#187;, article mis en ligne le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Pur d&#233;vouement, bien &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'avoue qu'au d&#233;but j'avais une image mitig&#233;e de la marque&lt;/i&gt;, confesse un autre employ&#233;. &lt;i&gt;Je la voyais comme un peu trop envahissante, peut&#8209;&#234;tre dangereuse. Mais maintenant, je suis conquis, tout le monde est sympa dans cette bo&#238;te. Quand le patron est pass&#233; nous saluer, il nous a demand&#233; de le tutoyer et de l'appeler Seb. C'est g&#233;nial.&lt;/i&gt; &#187; G&#233;nial, peut-&#234;tre. Mais surtout typique des nouvelles formes de management de la Silicon Valley, o&#249; l'autoritarisme se d&#233;guise en fun, la toute puissance en d&#233;vouement plan&#233;taire et la servilit&#233; en chance de ta vie. Au fond, personne n'est dupe, mais puisque le d&#233;cor est sympa, les salaires &#233;lev&#233;s et l'ambiance chaleureuse, on va pas cracher dans la soupe. Un employ&#233; va m&#234;me jusqu'&#224; citer Skynet, la machine qui asservit la plan&#232;te dans &lt;i&gt;Terminator&lt;/i&gt;, pour expliquer que Google n'en est pas l&#224;. Rires jaunes. T'as qu'&#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1960 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH650/-250-07323.jpg?1779602870' width='400' height='650' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector De La Vall&#233;e.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luxe, high&#8209;tech &amp; volupt&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur, tout est sympa. Les h&#244;tes et h&#244;tesses se plient en quatre pour guider le chaland &#8211; sourire &lt;i&gt;bright&lt;/i&gt;, approche d&#233;contract&#233;e. Il y a un coin enfant d&#233;bordant de Lego, o&#249; les m&#244;mes dessinent sur des feuilles orn&#233;es du logo de l'entreprise. Des &lt;i&gt;goodies&lt;/i&gt; sont distribu&#233;s &#224; tous les visiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le samedi matin, joie supr&#234;me, une initiation au yoga est offerte. De quoi harmoniser ses chakras sous l'&#233;gide de la haute technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, au coin caf&#233; &#171; bio &#187; offert, les employ&#233;s s'emmerdent un peu : les Marseillais ne se sont pas d&#233;plac&#233;s en masse pour la grand&#8209;messe. &#171; &lt;i&gt; Faut comprendre : ici, les gens se l&#232;vent plus tard&lt;/i&gt; &#187;, se rassure un employ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste &#224; c&#244;t&#233;, une h&#244;tesse tente de nous vendre un Google Home, ignoble pot de plastique diffusant &#224; cet instant du Coldplay. Son interface vocale a deux vocations : pile, contr&#244;ler nos maisons ; face, r&#233;pondre &#224; toutes nos questions. &#171; &lt;i&gt; Ok, Google, quelle est la hauteur de la tour Eiffel ? &lt;/i&gt; &#187;, demande la d&#233;marcheuse. &#171; &lt;i&gt;300 m&#232;tres&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond la machine. &#171; &lt;i&gt;C'est plus convivial qu'avec un smartphone, vous ne trouvez pas ?&lt;/i&gt; &#187; Comment lui dire qu'on angoisse un chou&#239;a &#224; l'id&#233;e d'&#234;tre toujours &#233;cout&#233;, analys&#233; et transform&#233; en m&#233;ta&#8209;donn&#233;es par Google ? Voyant qu'on reste dubitatif, un &#171; manager &#187; arrive pour la seconder, tutoiement d'office et regard complice : &#171; &lt;i&gt;Tu peux lui demander de jouer Coldplay ou la taille de la tour Eiffel, par exemple...&lt;/i&gt; &#187; Mais laissez-moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, un stand met en avant les r&#233;ussites high-tech locales. Il y a l&#224; un fabricant de mini&#8209;drones. La d&#233;monstration lanc&#233;e, le petit insecte technologique se balade entre les gens en les filmant. &#171; &lt;i&gt;C'est tout l'inverse d'un produit d&#233;di&#233; au contr&#244;le&lt;/i&gt; &#187;, explique le bateleur alors que les visages crois&#233;s par l'engin s'affichent sur l'&#233;cran. &#171; &lt;i&gt;Nous on fait dans le ludique, c'est tout.&lt;/i&gt; &#187; D'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art d'impacter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le c&#339;ur de l'&#233;v&#233;nement, ce sont les conf&#233;rences et ateliers. Pour les premi&#232;res, elles consistent en un d&#233;fil&#233; de &lt;i&gt;slides&lt;/i&gt; sur un &#233;cran g&#233;ant entrecoup&#233; de commentaires abscons. Lors du symposium &#171; D&#233;velopper sa notori&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; YouTube&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui appartient &#224; Google.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, on apprend ainsi qu'il est possible d'utiliser des &#171; &lt;i&gt;bumper ads&lt;/i&gt; &#187;, publicit&#233;s faisant moins de six secondes, pour lesquelles il s'agit d'&#234;tre &#171; impactant &#187; au maximum. Devant nous, un type &#233;trange &#224; pull jaune glousse &#224; intervalles r&#233;guliers. Il s'agite sur sa chaise, remue, crispant. Vers la fin, il se l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;Comment se passe le ciblage multi-langues ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Bonne question&lt;/i&gt; &#187;, lui r&#233;pond l'animateur. On fuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Direction un atelier o&#249; est dispens&#233; un cours de commerce en ligne. Un employ&#233; nous rencarde : avant, tu fl&#226;nais b&#234;tement et tu rentrais dans un magasin par hasard. L&#224; c'est fini, &lt;i&gt;has been&lt;/i&gt;, tu crois que tu choisis en mettant tes mots-cl&#233;s mais en fait le net t'oriente. Derri&#232;re l'&#233;cran, des montagnes de statistiques te guettent. Et c'est pire qu'un rabatteur pour un resto d&#233;gueu sur la C&#244;te. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui vous &#234;tes tout le temps connect&#233; : 50 % des achats dans le monde se font sur un mobile.&lt;/i&gt; &#187; Rassurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de fuir, une derni&#232;re t&#226;che. Celle qui pourrait sauver &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; de la perdition, l'ancrer dans une nouvelle dimension : l'atelier &#171; Diagnostic personnalis&#233; pour am&#233;liorer sa visibilit&#233; en ligne &#187;. Accompagn&#233;s de notre attach&#233;e de presse d'&#233;lite, on tente le tout pour le tout. Notre &#171; coach personnalis&#233; &#187; s'appelle Ousseynou. Sympa comme tout. On lui dit qu'on est dans la mouise, qu'on veut cartonner en ligne. Il nous pr&#233;sente pl&#233;thore de produits Google adapt&#233;s, de solutions pour am&#233;liorer notre r&#233;f&#233;rencement naturel (gratuit) ou am&#233;lior&#233; (payant). La formule magique : R (Rank) = C (Cost) x QS (Quality Score). P&#233;pouze. Ousseynou nous explique que &#171; &lt;i&gt;l'argent ne fait pas tout&lt;/i&gt; &#187;, mais pas loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie, on interroge une &#233;ni&#232;me employ&#233;e sur la pr&#233;sence de Google en ces lieux. Cette fois&#8209;ci, elle ne botte pas en touche : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas parce qu'une entreprise est d&#233;j&#224; &#224; la t&#234;te de son secteur qu'elle ne veut pas grossir davantage. Pour &#231;a, il faut trouver toujours plus d'utilisateurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Le g&#233;ant Google cultive le terreau proven&#231;al &#187;, article mis en ligne le 23/09/17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui appartient &#224; Google.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du n&#176;152</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no152</link>
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		<dc:date>2017-03-03T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
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		<dc:subject>Michelle Zancarini-Fournel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;Chroniques portuaires&#034; de Baptiste Alchourroun. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... Au temps b&#233;ni des colonies La France est un beau pays, mais son ind&#233;crottable nostalgie peut devenir, &#224; la longue, tuante. Pendant combien de g&#233;n&#233;rations faudra-t-il encore attendre, patiemment assis au bord de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hector-de-la-Vallee" rel="tag"&gt;Hector de la Vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/port" rel="tag"&gt;port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/histoire" rel="tag"&gt;histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ports" rel="tag"&gt;ports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Havre" rel="tag"&gt;Havre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/temps-beni" rel="tag"&gt;temps b&#233;ni&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/colonies" rel="tag"&gt;colonies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Michelle-Zancarini-Fournel" rel="tag"&gt;Michelle Zancarini-Fournel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L105xH150/arton1797-0c07f.jpg?1780142835' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Chroniques portuaires&#034; de Baptiste Alchourroun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au temps b&#233;ni des colonies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La France est un beau pays, mais son ind&#233;crottable nostalgie peut devenir, &#224; la longue, tuante. Pendant combien de g&#233;n&#233;rations faudra-t-il encore attendre, patiemment assis au bord de la rivi&#232;re (&lt;i&gt;oued&lt;/i&gt;, en arabe), &#224; regarder voguer les cadavres, avant qu'elle ne renonce aux oripeaux de son glorieux pass&#233; colonial ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Voil&#224; qu'un banquier photog&#233;nique, qui jusque-l&#224; chevauchait fi&#232;rement la cr&#234;te haute des sondages, souffre soudain un brusque trou d'air dans les intentions de vote apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233;, histoire de se donner une stature internationale, que &#171; &lt;i&gt; la colonisation est un crime contre l'humanit&#233;, une vraie barbarie&lt;/i&gt; &#187;. Patatras ! Impardonnable manquement &#224; la chansonnette de Sardou. Au doux songe du &#171; r&#244;le positif &#187; des arm&#233;es civilisatrices et &#171; &lt;i&gt;des colons &#224; cigare et cravache&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dixit Albert Camus.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; ! &lt;i&gt;Remember&lt;/i&gt; le d&#233;bat en 2005 autour du vote d'une loi m&#233;morielle&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dite &#171; Loi portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Il y a eu des instituteurs qui ont alphab&#233;tis&#233;, il y a eu des m&#233;decins qui ont soign&#233;&lt;/i&gt; &#187;, clamait l'alors ministre de la police Sarkozy. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ils seraient presque attendrissants ces notables de la droite rance, toujours virils bien que spirituellement cacochymes, quand ils caressent dans le sens du poil de la b&#234;te leur &#233;lectorat pied-noir, harki, militaire &#224; la retraite ou franchement facho&#8230; Ils nous feraient presque sourire si leurs simagr&#233;es ethnocentriques et autres frimes patriocardes n'avaient de graves cons&#233;quences sur l'imaginaire national et les doctrines du maintien de l'ordre dans les quartiers populaires.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les socialistes, quant &#224; eux, n'ont jamais &#233;t&#233; en reste pour s'enliser dans les sables des exp&#233;ditions de pacification, de Jules Ferry &#224; Fran&#231;ois Mitterrand. C'est bien SOS-Racisme qui a pris en tenaille, juste en face du FN, les marcheurs pour l'&#201;galit&#233; et contre le racisme de 1983, les rel&#233;guant d'abord au statut de victimes (la main jaune semblait dire : &#171; &lt;i&gt;Bouge pas, mon pote, on s'occupe de tout !&lt;/i&gt; &#187;), pour mieux ensuite les assigner &#224; une race, &#224; une religion, puis &#224; un r&#244;le d'&#233;pouvantail &#233;meutier / terroriste. C'est cette injonction &#224; rester sur le pas de la porte qui s'est craquel&#233; ces jours-ci, quand les lyc&#233;es parisiens ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s en solidarit&#233; avec les banlieusards contre les violences polici&#232;res. Bienvenu(e) s chez vous ! Il &#233;tait temps. Parce que Th&#233;o et Adama, comme l'&#233;l&#232;ve (noir) du lyc&#233;e Bergson pendant le mouvement contre la loi El Khomri, ils l'ont senti passer, cette putain de nostalgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pr&#233;pare pour avril un dossier &#171; racisme et violences polici&#232;res &#187;concoct&#233; au plus pr&#232;s de la rue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : Chroniques portuaires&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH350/-130-1e0f0.jpg?1779602937' width='400' height='350' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector de la Vall&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire place portuaire &gt;&lt;/strong&gt; S'il se dit que la g&#233;ographie sert d'abord &#224; faire la guerre, l'inverse est aussi vrai. En t&#233;moigne la politique industrialo-portuaire qui profite de la &#171; table rase &#187; pour r&#233;am&#233;nager Le Havre. Ou du moins, pour s'y essayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Havre. Le dernier bar de docker &gt;&lt;/strong&gt; Jean-Pierre Levaray, qui nous a cont&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es ses aventures &#224; l'usine, est normand. C'est donc en r&#233;gional de l'&#233;tape qu'il va nous parler du port du Havre et de ses dockers rebelles. Choses vues et entendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rendez-vous manqu&#233;s des quais &gt;&lt;/strong&gt; Bastion communiste depuis la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle, les dockers ont vu leur m&#233;tier d&#233;truit par la conteneurisation et attaqu&#233; par les politiques n&#233;o-lib&#233;rales europ&#233;ennes. Retour sur la r&#233;forme de leur statut et sur la question syndicale &#224; travers l'exemple du port de Saint-Nazaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La croisi&#232;re abuse &gt;&lt;/strong&gt; D&#233;sormais premier port de croisi&#232;re fran&#231;ais, Marseille se frotte les mains &#8211; les immenses navires se bousculent au portillon. Champagne ! Mais si la municipalit&#233; se f&#233;licite des (pr&#233;tendues) retomb&#233;es financi&#232;res, elle ne dit mot des lourdes nuisances qui accompagnent ce tourisme caricatural. Histoire d'un naufrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Que diable allaient-ils faire dans cette tri&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le gouvernement Tsipras et l'oligarchie grecque ont tout fait pour que la compagnie para-&#233;tatique chinoise COSCO prenne possession du Pir&#233;e, l'un des principaux ports de commerce de la M&#233;diterran&#233;e. Pas vraiment une aubaine pour les travailleurs grecs. C'est en tout cas ce que disent les premiers concern&#233;s, lesquels &#233;voquent un v&#233;ritable bordel organis&#233;. Enqu&#234;te aux portes d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de mac, pas d'amarres &gt;&lt;/strong&gt; Les ports, elle conna&#238;t. Depuis ses 17 ans, Delphine y vit. C'est une &#171; &lt;i&gt;fille qui travaille&lt;/i&gt; &#187; comme elle dit. Elle est prostitu&#233;e. Dans sa bouche o&#249; le fran&#231;ais et l'espagnol sont indissociables, elle nous a racont&#233; son histoire. Aussi une histoire de la place des femmes dans les ports. Dans les ann&#233;es 1970, cette femme colombienne circule du Panama &#224; la Guyane fran&#231;aise, autour de la mer des Cara&#239;bes. Toujours, elle est rest&#233;e la m&#234;me - une femme forte, qui sait ne pouvoir compter que sur elle-m&#234;me. Jamais de maquereau ni d'amoureux ni d'amarres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouadhibou. La ville des r&#234;ves &#233;chou&#233;s &gt;&lt;/strong&gt; Respiration photographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les damn&#233;s de la mer &gt;&lt;/strong&gt; Les ports &#233;tant superfliqu&#233;s depuis le 11-Septembre, les passagers clandestins seraient-ils en voie d'extinction ? Rien n'est moins s&#251;r. Mais la mer est parfois charg&#233;e de leur disparition. Le profit des armateurs ne supporte pas les d&#233;perditions, m&#234;me passag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parking-sur-mer ou l'&#233;loge du mouvement &gt;&lt;/strong&gt; S'abriter ou se r&#233;fugier, se reposer, r&#233;parer, ass&#233;cher les fonds et faire s&#233;cher les cir&#233;s. Se ravitailler en produits frais et en eau. Pour un voyageur &#224; la voile, l'abri portuaire appara&#238;t souvent comme une halte bienfaitrice, mais reste un lieu o&#249; l'on ne souhaite pas s'&#233;terniser. L'obsession ? Vite larguer les amarres pour &#233;chapper &#224; ces espaces chics et surveill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1828 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH339/-131-d239a.jpg?1779602937' width='400' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En finir avec la &lt;i&gt;hoggra&lt;/i&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Cette humiliation v&#233;cue au quotidien par les habitants et habitantes des quartiers populaires face &#224; la police a trouv&#233; une m&#233;diatisation inattendue avec l' &#171; affaire Th&#233;o &#187;. Retour sur un mois de col&#232;re et de luttes dans tout l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trilogie hivernale en pays gavot &gt;&lt;/strong&gt; En 268 avant Jic&#233;, les troupes d'Hannibal remontaient la vall&#233;e de la Durance pour tenter de mettre une roustasse &#224; la Rome antique. Deux mill&#233;naires de chaos plus tard, ce sont &#224; d'autres arm&#233;es que les habitants de ce bout des Hautes-Alpes se trouvent funestement confront&#233;s. Les &#233;lectriciens &#224; tr&#232;s haute tension, parangons assum&#233;s de la surconsommation &#233;nerg&#233;tique, ont fini par s'int&#233;resser au corridor durancien &#8211; pour le foutre en l'air. Les &#233;l&#233;phants ont fait place aux bulldozers. Mais, tandis que les travaux de construction de ces nouvelles lignes THT continuent d'&#233;ventrer nos montagnes, de sympathiques et sportives formes d'intervention ont vu le jour sur les pyl&#244;nes d&#233;figurant la vall&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non-candidature indig&#232;ne contre projets de mort &gt;&lt;/strong&gt; La proposition zapatiste d'une candidature indig&#232;ne aux pr&#233;sidentielles mexicaines de 2018 aura surpris tout le monde. &#192; commencer par les membres du Congr&#232;s national indig&#232;ne (CNI). Mais la force de l'arm&#233;e zapatiste (EZLN) n'est-elle pas d'&#234;tre toujours l&#224; o&#249; on ne l'attend pas ? Et d'ailleurs, sera-t-elle vraiment de la partie &#233;lectorale ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a envoy&#233; deux reporters dans les montagnes du Sud-Est mexicain pour tirer cette histoire au clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Linky : du lien avec qui ? &gt;&lt;/strong&gt; Paranos et hypocondriaques, les opposants au compteur &#171; intelligent &#187; qu'Enedis (ex-ErDF) pr&#233;tend imposer &#224; 35 millions de foyers ? Plut&#244;t de lucides usagers, &#233;chaud&#233;s par une &#233;ni&#232;me promesse de progr&#232;s s'av&#233;rant nuisible &#224; la sant&#233; autant qu'aux libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On a raison de se r&#233;volter &#187;. Rencontre avec Michelle Zancarini-Fournel &gt;&lt;/strong&gt; Il est des livres rares qui vous saisissent par la richesse de leur propos, la puissance du verbe, le souffle &#233;mancipateur. &lt;i&gt;Les Luttes et les R&#234;ves. Une histoire populaire de la France, de 1685 &#224; 2005&lt;/i&gt;, de Michelle Zancarini-Fournel, est un ouvrage &#233;rudit et accessible, fourmillant d'anecdotes. On peut le lire d'un trait. Ou y revenir et le consulter &#224; la mani&#232;re d'une encyclop&#233;die du peuple d'en bas. Incontournable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taxe d'habitation &#224; Marseille. Ignoble avec les faibles... &gt;&lt;/strong&gt; Le processus de gentrification, qui, dans les r&#234;ves les plus fous de la mairie, doit aboutir &#224; rel&#233;guer en p&#233;riph&#233;rie une bonne moiti&#233; de la population marseillaise, passe aussi par un alourdissement continuel de la fiscalit&#233; locale. Face &#224; ce nouvel &#233;pisode de la guerre aux pauvres, un seul mot d'ordre : faut pas payer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dixit&lt;/i&gt; Albert Camus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dite &#171; Loi portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Fran&#231;ais rapatri&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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