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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En mer &#201;g&#233;e : &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;</title>
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&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit. Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone propose une assistance t&#233;l&#233;phonique aux personnes en d&#233;tresse en M&#233;diterran&#233;e, gr&#226;ce &#224; un num&#233;ro joignable 24 h/24. Dans une douzaine de pays, des b&#233;n&#233;voles se relaient pour r&#233;pondre aux appels et tenter de mobiliser les services de secours en mer. Dans les r&#233;cits qui suivent, deux &#233;quipes de militantes racontent leurs permanences des 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt;, 2 et 3 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant, le 28 f&#233;vrier, la Turquie avait annonc&#233; l'ouverture de ses fronti&#232;res aux r&#233;fugi&#233;s cantonn&#233;s sur son territoire, cherchant ainsi &#224; faire pression sur l'Europe pour qu'elle intervienne &#224; ses c&#244;t&#233;s en Syrie. &#192; terre, la situation a tr&#232;s vite explos&#233; : des milliers de personnes mass&#233;es &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque se sont retrouv&#233;es prises en tenaille dans un &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;, emp&#234;ch&#233;es d'avancer par les Grecs, interdites de rebrousser chemin par les Turcs. Et en mer ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelque part en Europe, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars, 15 h-23 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, on s'est retrouv&#233;es plus t&#244;t pour se pr&#233;parer, regarder la m&#233;t&#233;o, prendre le pouls du moment. Aujourd'hui, vu la situation &#224; la fronti&#232;re turque, on s'attend &#224; des travers&#233;es nombreuses en mer &#201;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 h 20.&lt;/strong&gt; On allume les ordinateurs, on branche les t&#233;l&#233;phones. On lit la synth&#232;se de l'&#233;quipe pr&#233;c&#233;dente, tentant de d&#233;blayer les infos pour comprendre ce qui se joue pour chaque&lt;i&gt; cas&lt;/i&gt; ouvert, c'est-&#224;-dire chaque embarcation en d&#233;tresse qui a contact&#233; Alarm Phone (AP). Elles sont cinq en tout depuis ce matin, parties des c&#244;tes turques &#224; destination des &#238;les grecques de Chios et Lesbos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 00.&lt;/strong&gt; On prend le relais de L., de permanence depuis la veille. &#201;puis&#233;, il trouve encore la force de nous faire un point d&#233;taill&#233; pour chaque bateau, de nous transmettre conseils et recommandations. De notre c&#244;t&#233;, on se r&#233;partit les t&#226;ches, souvent &#224; la vol&#233;e. L'ambiance est tendue, concentr&#233;e. Aujourd'hui, la m&#233;t&#233;o est bonne, la mer calme. A priori, de bonnes conditions de navigation. Sauf que les travers&#233;es se font sur des bateaux gonflables surcharg&#233;s, avec de mauvais moteurs, sans gilet de sauvetage pour tout le monde. &#192; bord, les passagers ont peu d'eau, de nourriture, de v&#234;tements chauds. Les distances ont beau &#234;tre r&#233;duites en mer &#201;g&#233;e (quelques kilom&#232;tres seulement parfois), les travers&#233;es sont loin d'&#234;tre sans risques : en 2019, 71 personnes y ont perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis aujourd'hui, il se passe autre chose. Sur les cinq embarcations avec lesquelles AP est en contact, trois ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es par des hommes masqu&#233;s. Leurs moteurs ont &#233;t&#233; d&#233;truits ou vol&#233;s, l'essence confisqu&#233;e. &#192; Lesbos, des fascistes ont emp&#234;ch&#233; un bateau de d&#233;barquer ; les passagers ont fini par &#234;tre exfiltr&#233;s par les autorit&#233;s grecques. Impossible de les joindre depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 36.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne. Premier contact avec le bateau n&#176; 5, sur lequel on d&#233;cide de concentrer nos forces. 35 personnes, dont 11 enfants, qui sont en mer depuis des heures. Elles n'ont plus de moteur, il a &#233;t&#233; vol&#233; par un bateau non identifi&#233;. Elles disent avoir &#233;t&#233; ensuite approch&#233;es par des gardes-c&#244;tes grecs, dont la mission n'&#233;tait visiblement pas de les secourir mais de les affoler un peu plus : &#171; &lt;i&gt;Ils ne font que des vagues, ils ne nous aident pas. Nous avons tr&#232;s peur. Maintenant, ils s'&#233;loignent. S'il vous pla&#238;t, nous avons besoin d'aide.&lt;/i&gt; &#187; Nous n'aurons jamais de conversation directe avec les personnes &#224; bord, les &#233;changes se font par messages vocaux, toujours la m&#234;me voix de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 h 24.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous allons bien mais nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. Nous sommes pr&#232;s de l'&#238;le. Le bateau des gardes-c&#244;tes est derri&#232;re nous mais ils ne nous aident pas. Il y a de l'eau dans notre bateau. Le bateau a un trou. S'il vous pla&#238;t, aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes &#224; bord voient la terre, de gros bateaux pr&#232;s d'elles, et ne comprennent pas pourquoi personne ne vient les secourir. Nous non plus on ne comprend pas. O&#249; plut&#244;t, on commence &#224; saisir qu'aujourd'hui les r&#232;gles sont diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le matin, les gardes-c&#244;tes grecs refusent de nous donner la moindre information. L&#224; o&#249; d'habitude une coop&#233;ration minimum et polie se met en place, se dresse d&#233;sormais un mur. Ils sont agressifs, sur les dents. Ils nient les situations de d&#233;tresse et s'&#233;nervent quand on exige qu'ils remplissent leur mission : secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 00.&lt;/strong&gt; Par une autre source, on a la confirmation que Frontex (l'agence europ&#233;enne charg&#233;e de contr&#244;ler les fronti&#232;res) et les gardes-c&#244;tes grecs sont sur place. Ils sont donc bien en train de regarder ce bateau surcharg&#233; prendre l'eau sans intervenir. Sont-ils assez pr&#232;s pour entendre les passagers crier ? Parce que nous, oui, et &#231;a nous glace le sang. Toutes les 30 minutes, ils nous envoient des vid&#233;os et des messages vocaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons une nouvelle position&lt;/i&gt; [GPS]&lt;i&gt;. Les gardes-c&#244;tes ne nous ont pas pris. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. On met les mains dans l'eau et on avance.&lt;/i&gt; &#187; Ils sont &#224; moins de 6 km de Lesbos. Des heures que leur bateau est dans les eaux grecques. Des heures que les gardes-c&#244;tes sont inform&#233;s. Mais il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 h 58.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous avons besoin d'aide. Notre bateau a un trou. Nous sommes si fatigu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 3 km de Lesbos, frigorifi&#233;es, &#233;puis&#233;es, les personnes &#224; bord n'en peuvent plus. Elles ont us&#233; leurs derni&#232;res forces pour faire avancer le bateau trou&#233;. Derri&#232;re, les enfants pleurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 18.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Aidez-nous, s'il vous pla&#238;t. Les enfants ont faim et soif. Nous n'avons rien. L'eau entre de plus en plus dans le bateau. Les enfants sont gel&#233;s. Nos v&#234;tements sont tr&#232;s mouill&#233;s. Il fait tellement froid. Nous sommes en train de mourir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voudrait que le monde entier entende leurs voix, alors on fait des tweets. Des tweets pour m&#233;diatiser, pour faire pression, mais aussi parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre. On envoie des mails officiels avec l'UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s) en copie, on s'engueule avec les gardes-c&#244;tes et on tweete. Surtout, on ne sait plus quoi dire aux personnes &#224; bord, &#224; part de tenir bon, qu'on ne peut pas faire plus, mais qu'on est avec elles et qu'on ne les l&#226;chera pas. Aujourd'hui, les r&#232;gles ont chang&#233; et on se demande comment trouver une issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 51.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Maintenant, nous ne pouvons plus continuer. Nous sommes fatigu&#233;s. Il fait trop froid. Il fait tr&#232;s sombre. On ne voit rien. Nous ne pouvons pas continuer.&lt;/i&gt; &#187; Ils crient &#171; &lt;i&gt;Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; tous ensemble. La nuit est tomb&#233;e. Ils ne savent m&#234;me plus dans quelle direction avancer. Ils se d&#233;couragent, perdent espoir, on le sent. De notre c&#244;t&#233;, il faut combattre le sentiment d'impuissance, contenir la rage, et continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 h 38.&lt;/strong&gt; &#201;ni&#232;me appel aux gardes-c&#244;tes grecs et soudain changement de ton. Une op&#233;ration de secours a &#233;t&#233; lanc&#233;e, disent-ils. M&#233;fiantes, on n'ose pas tout &#224; fait y croire. Une heure plus tard, le sauvetage est confirm&#233; par ces m&#234;mes gardes-c&#244;tes, et on pousse un gros soupir de soulagement. M&#234;me si les personnes &#224; bord ne sont plus joignables, et qu'on aimerait entendre de leur bouche qu'elles vont bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 h 00.&lt;/strong&gt; On passe le relais &#224; l'&#233;quipe de nuit, quatre cas toujours ouverts et trois nouveaux appels dans les quinze derni&#232;res minutes. &lt;i&gt;Force et courage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les jours suivants, les t&#233;moignages gla&#231;ants affluent : agressions et tentatives d'intimidation semblent devenir syst&#233;matiques. Les gardes-c&#244;tes grecs agissent &#224; visage d&#233;couvert : vols et destructions de moteurs, tirs &#224; balles r&#233;elles ; les refoulements violents et ill&#233;gaux s'encha&#238;nent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Bien s&#251;r de telles pratiques existaient avant ce basculement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aegean Regional Analysis, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais pas de mani&#232;re aussi d&#233;complex&#233;e. Le maintien de l'Europe-forteresse repose sur les &#233;paules de la Gr&#232;ce, qui re&#231;oit le soutien de tous les dirigeants europ&#233;ens. La fronti&#232;re ne doit pas c&#233;der, quoi qu'il en co&#251;te.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ailleurs en Europe, 2 &amp; 3 mars, 23 h-11 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, nous sommes deux &#224; faire la permanence de nuit. Souvent, on les fait &#224; distance, mais cette fois-ci, on a d&#233;cid&#233; de se retrouver physiquement. Pas toujours facile d'&#234;tre seule devant son ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 11.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne : une position GPS &#224; la limite de la fronti&#232;re gr&#233;co-turque. 50 &#224; 55 personnes &#224; bord dont une vingtaine d'enfants. Leur moteur est cass&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il y a de l'eau dans le bateau, on va couler d'ici une demi-heure&lt;/i&gt; &#187;, nous annonce une voix fataliste, assez calme vu les circonstances. Le monsieur nous explique que des Grecs (gardes-c&#244;tes ? fachos ?) les ont intercept&#233;es, frapp&#233;es, ont d&#233;truit leur moteur et vol&#233; leur essence. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes sur l'eau depuis 4... non 7 heures, le bateau est plein d'eau, on va mourir.&lt;/i&gt; &#187; On propose d'appeler les gardes-c&#244;tes turcs. &#171; &lt;i&gt;Ils ne viendront pas, &#231;a fait une heure qu'on les appelle, mais ils ne viennent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 18.&lt;/strong&gt; On appelle quand m&#234;me les gardes-c&#244;tes turcs. L'op&#233;rateur nous remercie poliment, mais n'a aucune information &#224; nous donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 53.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Il y a des soldats grecs, ils vont nous tuer. Ils ont attach&#233; une corde &#224; notre bateau et ils nous tirent avec leur bateau. Ils vont nous frapper et nous tuer. Ils crient. On a des enfants &#224; bord. Aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187; En fond, bruit de vagues et hurlements, l'horreur. On esp&#232;re que les Grecs les tirent juste vers les eaux turques et que &#231;a n'ira pas plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 59.&lt;/strong&gt; Les personnes &#224; bord nous disent que les Grecs sont partis. Les gardes-c&#244;tes turcs arrivent pour les secourir. Tout le monde est sain et sauf. On respire. On prend le temps de se regarder, de se sourire, soulag&#233;es. Un comble de se r&#233;jouir que des personnes n'aient pas pu atteindre leur but, l'Europe. Mais elles sont sauves et c'est le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07 h 10. U&lt;/strong&gt;n bateau nous contacte, 38 personnes dont 20 enfants en route pour Samos. Leur position GPS est clairement dans les eaux grecques. On appelle les gardes-c&#244;tes grecs, le ventre nou&#233; au vu des exactions des jours pr&#233;c&#233;dents. On nous r&#233;pond que ce bateau est en Turquie. S'ensuit une nouvelle histoire kafka&#239;enne de fronti&#232;res maritimes, Grecs et Turcs se renvoyant la balle. Les 38 passagers seront finalement secourus par les Turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;09 h 39.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne &#224; nouveau. Deux bateaux en route pour Kastell&#243;rizo : les gardes-c&#244;tes grecs ont tir&#233; sur le premier. Une personne &#224; bord, peut-&#234;tre deux, ont &#233;t&#233; bless&#233;es et saignent. Les informations ne sont pas claires, elles viennent du second bateau, qui a assist&#233; &#224; la sc&#232;ne avant de faire demi-tour. On appelle la centrale des gardes-c&#244;tes &#224; Ath&#232;nes, au courant de rien. Ils nient tout acte de violence de leurs coll&#232;gues, disent qu'ils ne sont inform&#233;s d'aucun bateau dans la zone. Nous avons du mal &#224; garder notre calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 h 00.&lt;/strong&gt; La permanence se termine. Malgr&#233; une confiance absolue dans les camarades qui prennent la rel&#232;ve, il est difficile de l&#226;cher. Plus tard, nous apprendrons que les gardes-c&#244;tes grecs ont refus&#233; l'acc&#232;s au port aux personnes bless&#233;es, et que le contact a &#233;t&#233; perdu avec l'embarcation. Vers 23 h, apr&#232;s des heures d'angoisse, l'&#233;quipe de nuit arrivera finalement &#224; la joindre de nouveau. Les passagers sont revenus sur la rive turque. Deux hommes sont bless&#233;s aux jambes et &#224; l'&#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des militantes d'Alarm Phone&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH545/alarm-phone-logo-1-31b19.jpg?1768815860' width='500' height='545' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by European Coastguards &#187;, communiqu&#233; d'Alarm Phone (04/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Aegean Regional Analysis&lt;/i&gt;, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au temps b&#233;ni des colonies</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-temps-beni-des-colonies</link>
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		<dc:date>2018-10-30T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Parce</dc:subject>
		<dc:subject>sommes</dc:subject>
		<dc:subject>Cara&#239;bes parce</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Marcel Bigeard</dc:subject>
		<dc:subject>JLM</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:subject>
		<dc:subject>latine parce</dc:subject>
		<dc:subject>d'Afrique parce</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane fran&#231;aise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au mois d'avril 2017, Jean-Luc M&#233;lenchon (JLM), candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, d&#233;clamait, dans le cours d'un meeting de campagne : &#171; La France est une nation universaliste, elle est pr&#233;sente aux portes et sur les cinq continents de l'univers. &#187; Puis de pr&#233;ciser pour son auditoire de secoueurs de drapeaux bleus, blancs, rouges : &#171; Nous sommes un pays d'Afrique parce que nous sommes &#224; Mayotte et &#224; La R&#233;union, nous sommes un pays d'Am&#233;rique latine parce que la Guyane fran&#231;aise est en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caraibes-parce" rel="tag"&gt;Cara&#239;bes parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Amerique-latine" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marcel-Bigeard" rel="tag"&gt;Marcel Bigeard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/JLM" rel="tag"&gt;JLM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Luc-Melenchon" rel="tag"&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/latine-parce" rel="tag"&gt;latine parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Afrique-parce" rel="tag"&gt;d'Afrique parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guyane-francaise" rel="tag"&gt;Guyane fran&#231;aise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH398/-873-6c6b2.jpg?1768650291' width='280' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;155 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au mois d'avril 2017, Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt; (JLM), candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, d&#233;clamait, dans le cours d'un meeting de campagne : &#171; &lt;i&gt;La France est une nation universaliste, elle est pr&#233;sente aux portes et sur les cinq continents de l'univers.&lt;/i&gt; &#187; Puis de pr&#233;ciser pour son auditoire de secoueurs de drapeaux bleus, blancs, rouges : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes un pays d'Afrique parce que nous sommes &#224; Mayotte et &#224; La R&#233;union, nous sommes un pays d'Am&#233;rique latine parce que la Guyane fran&#231;aise est en Am&#233;rique latine, nous sommes un peuple des Cara&#239;bes parce que la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin sont dans les Cara&#239;bes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'on fut pris, en oyant cela, du regret&lt;/strong&gt; &#8211; car il devait, supposa-t-on, en concevoir bien de la peine, et un tr&#232;s lourd chagrin &#8211; que JLM n'ait pas eu la chance de pouvoir briguer plus t&#244;t la magistrature supr&#234;me : dans le tout d&#233;but des ann&#233;es 1950, par exemple &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Message personnel : merci, Eva.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; il aurait pu, m&#234;mement, narrer que nous &#233;tions non seulement un tr&#232;s grand pays (TGP) d'Afrique &#8211; puisqu'alors nous &#233;tions l&#224;-bas, de l'Alg&#233;rie &#224; la Haute-Volta, dans bien plus d'endroits que ne nous en a finalement laiss&#233; (nonobstant le long effort d'insoumission de Marcel Bigeard) la sauvagerie ind&#233;pendantiste des natifs -, mais itou un TGP d'Asie, avec notre Annam ! Notre Cochinchine ! Notre Tonkin ! Notre Cambodge ! Notre Laos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puis l'on se consola de la tristesse&lt;/strong&gt; qu'on &#233;prouvait &#224; la si poignante id&#233;e du d&#233;sarroi de JLM - en se rem&#233;morant qu'il avait du moins la ressource, pour s'apaiser le tourment, d'&#233;couter la classique chanson universaliste dans laquelle Michel Sardou rappelle pour la post&#233;rit&#233; que nous &#233;tions &#224; &#171; &lt;i&gt;Dakar, Conakry, Bamako,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;au temps b&#233;ni des colonies&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Message personnel : merci, Eva.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La politique se fabrique en dehors de l'institution &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-politique-se-fabrique-en-dehors</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-politique-se-fabrique-en-dehors</guid>
		<dc:date>2018-05-02T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Alej</dc:subject>
		<dc:subject>pouvoir</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>social</dc:subject>
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		<dc:subject>soci&#233;t&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>institutions</dc:subject>
		<dc:subject>l'opportunit&#233; d'investir</dc:subject>
		<dc:subject>l'institution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alej" rel="tag"&gt;Alej&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pouvoir" rel="tag"&gt;pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/social" rel="tag"&gt;social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sociale" rel="tag"&gt;sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/institutions" rel="tag"&gt;institutions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-opportunite-d-investir" rel="tag"&gt;l'opportunit&#233; d'investir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-institution" rel="tag"&gt;l'institution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et Moratalaz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH481/-646-f69bb.jpg?1768653047' width='400' height='481' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Alej.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement du 15-M a ouvert des discussions sur l'opportunit&#233; d'investir les institutions depuis la rue. Les d&#233;bats partaient du probl&#232;me suivant : si on ne change pas la structure du r&#233;gime espagnol, qui date de 1978 et de la Transition d&#233;mocratique, il y aura toujours un toit &#224; d&#233;foncer au-dessus de nos t&#234;tes. Pour que fructifie l'action politique et sociale venue de la rue, nous avons besoin d'une rupture dans les institutions. &#192; partir de ces r&#233;flexions, beaucoup de gens ont commenc&#233; &#224; travailler sur la fabrication d'outils pour agir sur l'institution, d'o&#249; l'envie de g&#233;n&#233;rer des candidatures pour les &#233;lections municipales. Le 15-M est parti d'une convocation &#224; manifester de l'organisation Democracia Real Ya, sous le mot d'ordre &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers&lt;/i&gt; &#187;. Ce discours radical a &#233;t&#233; re&#231;u par une foule inattendue de gens, avec l'envie commune d'enlever le politique des mains des professionnels qui, &#224; travers la forme du parti, ont mis l'&#233;conomie et le social au service du capitalisme financier, des banques et des multinationales. Aujourd'hui, nous sommes toujours dans le m&#234;me mouvement, mais au c&#339;ur des institutions : rendre la politique &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le 15-M, on n'imaginait pas cette strat&#233;gie possible. D'autant plus que nous venons d'une tradition libertaire allergique au principe d'&#201;tat. Depuis, on a tent&#233; de repenser cette posture de puret&#233; critique, en nous fondant sur des analyses historiques des moments o&#249; les mouvements libertaires ont pu participer &#224; des &#233;lections, par exemple avec les &#233;pisodes de municipalisme libertaire. Le point de vue r&#233;volutionnaire classique, qui pense l'insurrection violente et g&#233;n&#233;rale comme premier pas de la transformation sociale, ne fonctionne plus dans le contexte actuel espagnol. La d&#233;sob&#233;issance de masse non plus ne permet pas de changer radicalement les institutions. Nous nous sommes donc dit que s'il existait une majorit&#233; de gens favorables au changement social, mais que ces gens ne souhaitaient pas passer par l'action violente et qu'aucune institution n'&#233;tait pr&#234;te &#224; les &#233;couter, c'&#233;tait &#224; la soci&#233;t&#233; de prendre le contr&#244;le les institutions pour que ses v&#339;ux soient respect&#233;s &#8211; m&#234;me si c'est un terrain et un langage qu'on n'appr&#233;cie gu&#232;re. L'id&#233;e &#233;tant de conserver nos racines et nos principes d'autonomie, tout en nous immis&#231;ant dans les rouages de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir comme entit&#233; totale ne se loge pas dans les institutions, qui ne sont que des m&#233;diations entre plusieurs puissances en pr&#233;sence. Nous ne sommes pas dans la logique l&#233;niniste d'une prise du pouvoir, selon laquelle en prenant d'assaut les appareils d'&#201;tat, on peut prendre le contr&#244;le des moyens d'action. Nous pensons plut&#244;t que l'institution est toute enti&#232;re model&#233;e selon les int&#233;r&#234;ts bourgeois, qu'il n'y a pas grand-chose &#224; y jouer. Surtout que, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, je ne crois pas &#224; l'existence d'un &#171; centre &#187; du pouvoir. Les institutions politiques sont au m&#234;me niveau que les lobbies, les grandes entreprises, le syst&#232;me financier international. Donc, participer &#224; l'institution n'est pas une fin en soi, susceptible de tout r&#233;soudre. Notre puissance est dans la coordination des autres secteurs de la soci&#233;t&#233; qui cherchent &#224; transformer leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de la politique, ce n'est donc pas s'accaparer un centre de pouvoir, mais agir sur les rapports de force des diff&#233;rents milieux sociaux, rapports de force dont les institutions ne sont toujours, au final, qu'une cons&#233;quence et non la cause agissante. La position privil&#233;gi&#233;e pour l'action politique est toujours en dehors de l'institution, dans le champ de la cr&#233;ativit&#233; sociale et de la conflictualit&#233;. Notre mission est donc de faire en sorte que ces espaces prolif&#232;rent. C'est l&#224; que se situe le processus inverse &#224; la r&#233;volution, laquelle voudrait que les syndicats victorieux g&#233;n&#232;rent un parti politique qui acc&#232;de au pouvoir. Le 15-M, en quelque sorte, a g&#233;n&#233;r&#233; un syndicat social dont la t&#226;che n'est pas de se terminer sous la forme d'un parti central au pouvoir, mais d'&#233;laborer une organisation en soviets. Notre t&#226;che depuis l'institution est donc de faire en sorte que la politique se fabrique en dehors de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'une bonne partie de ceux qui sont &#224; la mairie, comme la maire Carmena, est plut&#244;t &#171; gouvernementiste &#187; : ils sont pour la paix sociale et pour la tranquillit&#233; civile, ce qui est une position l&#233;gitime, mais je crois qu'on ne peut pas penser la ville comme une communaut&#233;, d'autant plus dans les m&#233;gapoles comme Madrid. La ville est le lieu privil&#233;gi&#233; du conflit, un perp&#233;tuel conflit social larv&#233;. D'o&#249; l'id&#233;e de penser le probl&#232;me social comme un probl&#232;me syndical. La question est : comment d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; ? Comment l'armer, comment l'aider pour s'autod&#233;fendre ? Contre les crises &#224; venir, contre les r&#233;actions n&#233;oconservatrices, ou contre l'extr&#234;me droite, nous avons besoin d'un tissu social capable de se d&#233;fendre sur les th&#232;mes classiques des droits, de l'&#233;galit&#233;, du logement, des revenus, de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'entraide sociale, etc. Tu peux l&#233;gif&#233;rer sur ces points, mais ils ne sont effectifs que si la soci&#233;t&#233; s'organise en vue de ces objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette asym&#233;trie des forces entre les institutions et les mouvements sociaux est le principal probl&#232;me. Concr&#232;tement, depuis la mairie, on peut aider les organisations et les initiatives existantes &#224; obtenir des espaces d'o&#249; ils peuvent p&#233;renniser leurs activit&#233;s. On peut favoriser une autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e des espaces municipaux, inscrits dans une dynamique de production culturelle, politique ou sociale. On peut aussi changer les types de contrats de la mairie, et r&#233;duire les liens avec les grandes entreprises au profit d'une &#233;conomie locale, associative ou coop&#233;rativiste. Bref, ce qu'on peut faire, c'est favoriser la construction d'espaces de libert&#233; et de structures critiques qui perdurent &#8211; m&#234;me si nous ne sommes pas r&#233;&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pouvoir reste aux mains de ces centres sociaux, de ces petites entreprises, de ces coop&#233;ratives, pour cr&#233;er un autre imaginaire de l'organisation du travail et de la vie quotidienne qui se d&#233;tache de l'image g&#233;n&#233;r&#233;e par l'&#201;tat classique, lequel monopolise par d&#233;finition le pouvoir politique et nie les initiatives originales et critiques. Sur ce point, on a beaucoup de d&#233;bats, car les lib&#233;raux et les libertariens pourraient se sentir proches de tels discours. D'o&#249; notre besoin d'insister sur nos positions libertaires classiques, avec le mutualisme, l'autogestion collective ou la distribution &#233;quitable des richesses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour du gros canard</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-retour-du-gros-canard</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-retour-du-gros-canard</guid>
		<dc:date>2018-04-13T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>animaux</dc:subject>
		<dc:subject>num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Jef Klak</dc:subject>
		<dc:subject>revue</dc:subject>
		<dc:subject>sommes</dc:subject>
		<dc:subject>Salut</dc:subject>
		<dc:subject>Jef</dc:subject>
		<dc:subject>Klak</dc:subject>
		<dc:subject>Klak rassemble</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En octobre 2014 sortait en librairies le premier num&#233;ro de Jef Klak. Un an et demi plus tard, le troisi&#232;me num&#233;ro &#171; Selle de Ch'val &#187; sort du box. Interview de complaisance sans concession. Jef, salut ! Bon, le nouveau tome&#8230; pardon&#8230; num&#233;ro est sorti le 14 avril. Je ne l'ai pas (encore) lu, mais je suis s&#251;r que c'est bien. Para&#238;t que &#231;a parle surtout des animaux. Tu veux concurrencer 30 millions d'amis, avoue ! Ouaf, ouaf ! Ce num&#233;ro explore en effet les relations entre les hommes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/animaux" rel="tag"&gt;animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jef-Klak-1440" rel="tag"&gt;Jef Klak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/revue" rel="tag"&gt;revue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Salut" rel="tag"&gt;Salut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jef" rel="tag"&gt;Jef&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Klak" rel="tag"&gt;Klak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Klak-rassemble" rel="tag"&gt;Klak rassemble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2014 sortait en librairies le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://jefklak.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jef Klak&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Il-est-ne-le-divin-Marabout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Marabout &#187;&lt;/a&gt;. Un an et demi plus tard, le troisi&#232;me num&#233;ro &#171; Selle de Ch'val &#187; sort du box. Interview de complaisance sans concession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH594/-590-6ba82.jpg?1768671723' width='400' height='594' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jef, salut ! Bon, le nouveau tome&#8230; pardon&#8230; num&#233;ro est sorti le 14 avril. Je ne l'ai pas (encore) lu, mais je suis s&#251;r que c'est bien. Para&#238;t que &#231;a parle surtout des animaux. Tu veux concurrencer 30 millions d'amis, avoue !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouaf, ouaf ! Ce num&#233;ro explore en effet les relations entre les hommes et les autres animaux. Le collectif d'une trentaine de personnes qui participe &#224; &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; est parti d'un constat : notre cohabitation avec les animaux est devenue si banale qu'on ne perc&#807;oit parfois plus la singularit&#233; de ces relations. Or elles peuvent &#234;tre &#233;tonnamment &#233;mancipatrices et farouchement subversives. Nous nous sommes pench&#233;s sur ces compagnons de vie, coll&#232;gues de travail, simple marchandises ou mati&#232;res &#224; penser... En plus de 300 pages multicolores, &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; rassemble des entretiens (avec la sociologue Jocelyne Porcher, la philosophe Vinciane Despret, l'activiste abolitionniste Josh Harper...), des traductions, de l'enqu&#234;te, de la fiction litt&#233;raire, de la po&#233;sie norv&#233;gienne ou portugaise, de la b&#233;d&#233; collective serbe... La revue est aussi accompagn&#233;e d'un CD avec une cr&#233;ation unique et collective : un western sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fond a l'air fort bon. Mais en ce qui concerne la forme, que r&#233;ponds-tu &#224; ceux qui disent (avec un fort accent marseillais) &#171; &lt;i&gt;Jef Klak ? Une revue post-moderne esth&#233;tisante !&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grroaaar ! Si &#171; &lt;i&gt;post-moderne&lt;/i&gt; &#187; veut dire remettre en question la dualit&#233; homme/animal ou nature/culture propre &#224; notre soci&#233;t&#233; occidentale, ou d&#233;caler les termes de la critique, alors oui, on peut assumer le quolibet. Quant &#224; la dimension esth&#233;tique de notre revue, il est vrai que nous portons une attention toute particuli&#232;re &#224; la maquette : mais pourquoi critique sociale et graphisme soign&#233; ne seraient-il pas compatibles ? Une grande place est donn&#233;e &#224; la photographie et au dessin, mais nous ne versons pas dans &#171; l'art pour l'art &#187; : chaque image est discut&#233;e sur sa consistance politique, et choisie non pas comme illustrant un article, mais comme un &#233;l&#233;ment &#224; part enti&#232;re du sommaire, au m&#234;me titre que les textes et les sons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je verrais bien un @JPGrenier twitter : &#171; La moiti&#233; d'&lt;i&gt;Article 11&lt;/i&gt; est pass&#233;e &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; dont la moiti&#233; &#233;crit dans &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;. Qui tire les ficelles ? #marigot &#187; Peut-on parler d'une oligarchie de la presse ind&#233;pendante visant &#224; r&#233;gner sur le monde des m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meuh ? Nous sommes avant tout un collectif ouvert qui rassemble effectivement des personnes qui &#233;crivent &#224; &lt;i&gt;CQFD, Article 11&lt;/i&gt; ou ailleurs, mais aussi et surtout des individus de tous horizons : pr&#233;caires, ch&#244;meurs, &#233;tudiants, libraire, avocat, travailleurs associatifs... Nous fonctionnons sans publicit&#233;, sans patron et de fa&#231;on horizontale, car nous accordons autant d'importance &#224; ce que nous produisons qu'&#224; la mani&#232;re de le produire. Nous avons une personne salari&#233;e en contrat aid&#233; pour &#234;tre plus s&#233;rieux dans toutes les r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles (les abonnements, la thune, la diffusion...). Mais nous sommes loin de r&#233;gner sur le monde des m&#233;dias ind&#233;pendants ! D'autres titres existent (&lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt;, la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;, les sites mutu, etc.). L'important est de ch&#233;rir cette diversit&#233; pour que chaque canard puisse proposer aux lecteurs et lectrices des points de vue et des mani&#232;res d'&#233;crire ou de dessiner singuli&#232;res. Pour &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;, produire un num&#233;ro co&#251;te deux fois plus cher que ce qu'il nous rapporte et seule la passion nous anime. Mais rien ne vaut les lecteurs pour continuer &#224; avoir du mordant, alors courez en librairie, envoyez-nous des lettres d'amour, et surtout, abonnez-vous ! Miaou !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH598/-591-ee2ec.jpg?1768678969' width='400' height='598' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note du webmaster :&lt;/strong&gt; Depuis cette remarquable interview de notre talentueux confr&#232;re et n&#233;anmoins d&#233;vou&#233; camarade Julien Tewfiq ci-devant &#034;webmaster&#034;, un nouveau num&#233;ro de &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; est sorti en librairie : &lt;a href=&#034;http://jefklak.org/chval-de-course-numero-4/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Ch'val de course&#034;&lt;/a&gt;. Une autre fort belle b&#234;te ! A dada !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me dit que &#034;Course &#224; pied&#034; s'&#233;chaufferait en ce printemps 2018 pour prendre le d&#233;part... prochainement !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : Toutes des reines </title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Theatre-Toutes-des-reines</link>
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		<dc:date>2018-03-08T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix ! &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; On va faire un dernier &#233;chauffement. &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voir" rel="tag"&gt;voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Carole" rel="tag"&gt;Carole&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loges-etroites" rel="tag"&gt;loges &#233;troites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; &lt;i&gt;B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix !&lt;/i&gt; &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; &lt;i&gt;On va faire un dernier &#233;chauffement.&lt;/i&gt; &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir les unes avec les autres, il n'y a que le th&#233;&#226;tre qui les unit, et un parler savoureux, m&#233;lange d'accent du midi, d'argot et d'espi&#232;glerie. Carole : &#171; &lt;i&gt;M&#226;che du chewing-gum. Mets du son. Petit petit. Grand.&lt;/i&gt; &#187; Hurlements lib&#233;rateurs. &#171; &lt;i&gt;Tire le fil.&lt;/i&gt; &#187; Toutes se tiennent droites. On ne peut s'emp&#234;cher de penser aux m&#233;tiers qu'elles exercent dans la vraie vie. Rel&#226;chement. On &#233;carte les jambes, genoux fl&#233;chis, un dernier cri, mains &#224; plat sur les aines, comme un haka de rugbymen. Les femmes sont pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-509-1f70e.jpg?1768659095' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est Lydia qui entre la premi&#232;re dans la lumi&#232;re. Son personnage, une sorte de madame loyale maquerelle, nous pr&#233;sente ses filles. &#171; &lt;i&gt;BONSOIR ! Pour toi, ce soir, public ch&#233;ri, vont se produire ici des cr&#233;atures de r&#234;ve&#8230; La Femme Foutaise, Pam&#233;la Caverne, Olympe de Bourges, Violetta Magica et bien d'autres. Tu peux chausser ton bavoir, public ador&#233;, caler ton cul et frotter tes mirettes, c'est parti pour le show !&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit une ode &#224; la lib&#233;ration de la femme, incarn&#233;e par une Jos&#233;phine Baker de la Busserine &#8211; elle y flagelle la r&#233;plique colonialiste : &#171; &lt;i&gt;Croyez-vous &#224; la magie ? Pensez-vous possible de faire dispara&#238;tre une banane sans la toucher ? Voici une banane enti&#232;re. Tenez, vous pouvez v&#233;rifier. Touchez. Je vous en prie. Touchez la banane.&lt;/i&gt; &#187; C'est mordant, sexu&#233;, radical. Ensuite, une petite page de publicit&#233; collective : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes toutes des : dingues. Nous sommes toutes des : libertines. Nous sommes toutes des : sorci&#232;res. Nous sommes toutes des : hommes. Nous sommes toutes des : guerri&#232;res. Nous sommes toutes des : esclaves. Nous sommes toutes des : reines&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Puis vient Ana, juste accompagn&#233;e d'un micro sur pied. &#171; &lt;i&gt;J'entre en sc&#232;ne. Je marche sur le rythme lent et cadenc&#233; de la musique. Je m'avance. Gauche la hanche. Droite la jambe. J'ondule, je glisse, j'entre d&#233;licatement dans la lumi&#232;re. Ma robe paillet&#233;e scintille, mes &#233;paules luisent, les plumes de mon boa fr&#233;missent. Tout doucement, sensuelle, je danse. J'avance une jambe. Ma robe longue s'&#233;carte et la fente qui monte le long de ma cuisse s'ouvre. Je ne cache rien. Je me d&#233;voile.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je m'offre &#224; vos regards. La pointe de mes cheveux vient se poser sur la cambrure de mes reins, tandis que doucement mes doigts caressent une fermeture &#201;clair. 7, 8, je lib&#232;re soudain mes hanches et le tissu tombe &#224; terre.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; La bouche entrouverte sur le rideau blanc de mes dents. Mon souffle m'accompagne. Je suis &#224; demi-nue, juch&#233;e sur de hauts escarpins rouges. Je glisse un doigt entre la bretelle et ma peau. Tu me d&#233;sires et souhaites me voir encore davantage. 3, 4, je me retourne&#8230; Oui, c'est ce que je fais tous les samedis. Je t'en bouche un coin, n'est-ce pas ? Comment tu me trouves ? Ce spectacle, je l'ai fait pour toi, pour moi, pour nous. Je me donne, tu me prends ? En vrai, en faux, au naturel, en sophistiqu&#233;. C'est si bon d'&#234;tre une autre avec ce regard que tu portes sur moi. J'en profite. Dans peu de temps, je redeviendrai moi. La simple, pas trop compliqu&#233;e, dans un contexte normal. Celle que tu crois conna&#238;tre. Regarde bien ce sourire, ces yeux, cette &#226;me, la vois-tu ? Tu te poses des questions ? C'est fait pour &#231;a. La routine, &#231;a tue. Regarde-moi, c'est bien ta femme, ici sur sc&#232;ne.&lt;/i&gt; &#187; Ana vit dans le 15&#8202;e arrondissement de Marseille, elle a &#233;t&#233; aide-m&#233;nag&#232;re, puis ling&#232;re dans un centre pour handicap&#233;s. Son mari est venu trois fois voir le spectacle. Il a pleur&#233; &#224; tous les coups, mais il ne faut pas trop le dire. Un de ses fils est venu aujourd'hui, &#224; Aix, pour la premi&#232;re fois. Jusque-l&#224;, il ne voulait pas voir sa m&#232;re entonner son &#171; strip-tease oral &#187;. Ana dit qu'elle ne s'est r&#233;alis&#233;e qu'&#224; cinquante ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; mon permis de conduire, j'ai fait de l'hypnose pour perdre vingt kilos, et j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatma, une Biyouna aussi gouailleuse que l'originale, prend le relais sur sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Oh l&#224; l&#224; ! Que de chaleur, que d'&#233;motion. Tout va bien ? On n'en a pas perdu en route ? Les &#226;mes sensibles, les grincheux ? Oui oui, j'en ai vu dans le public !&lt;/i&gt; &#187; Et elle roucoule sur l'air du Tourbillon de Jeanne Moreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dames, qui ont &#233;crit l'int&#233;gralit&#233; de leurs textes, ont concoct&#233; un petit questionnaire : &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre votre femme ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre entretenu par une femme ? a) par son h&#233;ritage, b) par son travail professionnel ? Et pourquoi pas ? Une lesbienne intelligente vous d&#233;concerte-t-elle ? Quel espoir avez-vous abandonn&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&#8230; La Reine-Clown, t&#234;te voil&#233;e sous son chapeau &#224; paillettes, nous interroge encore : &#171; &lt;i&gt; Ai-je le droit d'&#234;tre triste, m&#234;me si je suis une m&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; Sabbah, poings ferm&#233;s, prof&#232;re un slam contre la femme-objet. Taouraty reprend Dalida, perruque blonde sur le foulard noir. &#171; &lt;i&gt;Ya tayba&lt;/i&gt; &#187;, poignant chant religieux, est psalmodi&#233; par une partie de la troupe. Car on parle de sexe, mais surtout de lib&#233;ration, face &#224; toutes sortes de liens &#8211; religieux, familial, marital, culturel. Ces femmes nous interrogent sur la transmission des codes f&#233;minins, aujourd'hui, dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-510-f22ed.jpg?1768727957' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les pendrillons, Carole est l&#224;. Elle a r&#233;uni ces deux groupes de femmes du 14e (centre Social des Flamands) et du 15e arrondissements (association Femmes du Sud), avec le d&#233;sir de faire cohabiter la femme r&#233;elle et la cr&#233;ature de music-hall. Danseuse, com&#233;dienne et maintenant metteuse en sc&#232;ne, elle conna&#238;t bien le Nord de la ville. Apr&#232;s avoir donn&#233; des cours de zumba et de flamenco &#224; des gosses de plusieurs quartiers, elle a voulu toucher les m&#232;res. En 2013, elle lance un laboratoire de cr&#233;ation sur ce th&#232;me. Les femmes accrochent vite, mais les fonds manquent. Carole s'ent&#234;te et finit par trouver les moyens mat&#233;riels pour cr&#233;er le spectacle.&lt;i&gt; Nous sommes toutes des reines&lt;/i&gt; voit le jour en 2015. En parall&#232;le, la troupe collabore avec les com&#233;diens professionnels de la compagnie La Criatura, qui travaille sur une cr&#233;ation d'apr&#232;s un texte d'Howard Barker, &lt;i&gt;Le cas Blanche-Neige.&lt;/i&gt; Malgr&#233; l'&#226;pret&#233; des propos, les apprenties com&#233;diennes tiennent bon et jouent le jeu, m&#234;me s'il y a parfois des d&#233;saccords. La derni&#232;re id&#233;e de Carole, monter un nouveau spectacle avec des hommes, pour parler aussi des st&#233;r&#233;otypes masculins. &#171; &lt;i&gt;Une majorit&#233; de maris consid&#232;rent que le th&#233;&#226;tre est un truc de bonnes femmes, certains se moquent, d'autres encouragent, mais ils sont peu &#224; comprendre vraiment, alors il va falloir se relever les manches, mais on peut y arriver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ZAD du Testet : &#171; Les arbres volaient au-dessus de nos t&#234;tes &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/ZAD-du-Testet-Les-arbres-volaient</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/ZAD-du-Testet-Les-arbres-volaient</guid>
		<dc:date>2014-10-26T15:26:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yasmine Berdoulat</dc:creator>


		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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		<dc:subject>cordes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au Testet, le Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn a d&#233;cid&#233; de raser toute une for&#234;t pour offrir une r&#233;serve de flotte aux agriculteurs locaux. CQFD a envoy&#233; sur place une de ses jeunes recrues afin de rendre compte de la lutte des opposants au projet. Faisant fi de toute neutralit&#233; journalistique, cette derni&#232;re est mont&#233;e dans un arbre pour tenter de lui sauver l'&#233;corce. T&#233;moignage depuis les cimes. A environ 15 m&#232;tres de haut, le ch&#234;ne qui m'accueille, ce jeudi 4 septembre, offre une vue imprenable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cordes" rel="tag"&gt;cordes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Testet, le Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn a d&#233;cid&#233; de raser toute une for&#234;t pour offrir une r&#233;serve de flotte aux agriculteurs locaux. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a envoy&#233; sur place une de ses jeunes recrues afin de rendre compte de la lutte des opposants au projet. Faisant fi de toute neutralit&#233; journalistique, cette derni&#232;re est mont&#233;e dans un arbre pour tenter de lui sauver l'&#233;corce. T&#233;moignage depuis les cimes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A environ 15 m&#232;tres de haut, le ch&#234;ne qui m'accueille, ce jeudi 4 septembre, offre une vue imprenable sur le carnage. En bas, forces de l'ordre et b&#251;cherons s'activent pour transformer la for&#234;t en d&#233;sert. Leur objectif : ratiboiser tout &#231;a pour permettre la construction d'un barrage&#8200;&#8211;&#8200;un plan d'eau en d&#233;coulera, permettant d'irriguer les cultures intensives de quelques agriculteurs locaux. Le but des militants de cette nouvelle Zone &#224; d&#233;fendre (Zad) : sauvegarder cette for&#234;t et la zone humide qu'elle prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH403/p04--testet-00381.jpg?1768651075' width='500' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Samson.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La veille, le 5 septembre, nous sommes arriv&#233;s au Testet, &#224; quelques kilom&#232;tres de Gaillac (Tarn), remplis d'&#233;nergie et le sourire aux l&#232;vres. &#224; pied, nous devons d'abord franchir huit grosses barricades construites par les Zadistes pour fermer cet acc&#232;s aux v&#233;hicules et aux gendarmes. Ce travail colossal sera d&#233;truit en un rien de temps par une flop&#233;e de gendarmes mobiles&#8200;&#8211;&#8200;huit camions, s'il vous pla&#238;t&#8200;&#8211;&#8200;le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades que nous croisons ont l'air fatigu&#233;, triste, et, contrairement &#224; la derni&#232;re fois o&#249; nous sommes pass&#233;s, disent &#224; peine bonjour. La pr&#233;sence polici&#232;re quotidienne oblige ces militants&#8200;&#8211;&#8200;qui, pour certains, habitent la zone depuis fin 2013 &#8211; &#224; s'activer aussi la nuit ! Et tous sont un peu las d'assister &#224; la destruction du lieu malgr&#233; tous leurs efforts. Rapidement, nous entendons les machines, alors que nous sommes encore bien loin du chantier de d&#233;boisement. Ambiance. Le soir m&#234;me, chacun se pr&#233;pare un sac de survie : de l'eau et de la nourriture, mais aussi de quoi r&#233;sister aux &#233;ventuelles attaques des forces de l'ordre&#8200;&#8211;&#8200;de l'argile pour prot&#233;ger la peau des lacrymos, une bouteille de Maalox, des bandages, des citrons&#8230; D&#232;s 6&#8200;heures du matin, apr&#232;s avoir pass&#233; la nuit sur place, tous les &#171; grimpeurs &#187; se regroupent pour se distribuer baudriers, cordes et s'attribuer les essences &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 7&#8200;heures, nous nous dispersons dans la for&#234;t par petits groupes, pour ne pas rester trop isol&#233;s. Il va falloir tenir jusqu'&#224; la &#171; d&#233;bauche &#187;, le d&#233;part des machines et de la flicaille. Chacun choisit son arbre. Avec Luc et Camille, nous d&#233;cidons de tendre des cordes entre les arbres pour en sauver plusieurs ! Il faut se d&#233;p&#234;cher car, vers 8&#8200;heures, les cond&#233;s arrivent pour s&#233;curiser la zone d'abattage. Ils pr&#233;c&#232;dent les machines qui arrivent plus ou moins rapidement selon l'efficacit&#233; des camarades qui, au sol, tentent de les freiner &#224; grands coups d'op&#233;rations escargots &#8211;&#8200;des v&#233;lorutions ou des clowns formant un cercle circassien. G&#233;n&#233;ralement, elles se finissent dans des nuages de gaz lacrymog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Luc commence son ascension vers le sommet de l'arbre qui l'accueillera pour la journ&#233;e, les flics arrivent en catimini. J'ai &#224; peine le temps de lui crier de se d&#233;p&#234;cher que nous nous faisons gazer aussi sec. &#171; &lt;i&gt;Attrapez et gazez la fille, gazez, gazez, gazez !&lt;/i&gt; &#187;, couinent les bleus. Mais nous sommes d&#233;j&#224; trop haut pour qu'ils puissent nous atteindre, et ils ne montent pas nous chercher. D&#233;&#231;us de n'avoir pu nous d&#233;crocher, ils partent voir o&#249; sont perch&#233;s les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 9 heures, nous entendons les premiers b&#251;cherons. Dans notre zone, ils ratiboisent &#224; l'aide de machines, les arbres ne valent s&#251;rement pas le coup d'&#234;tre abattus un par un&#8230; J'ai peur de cet &#233;norme engin, cette broyeuse qui r&#233;duit tout en copeaux, et qui fonce sur Camille. Impossible de savoir si le machiniste va voir le petit marquage rose que les gendarmes ont mis sur les arbres que nous occupons. Nous crions pour lui signaler notre pr&#233;sence, mais comment pourrait-il nous entendre ? La broyeuse semble avancer &#224; l'aveuglette. Elle passe entre Luc et moi, fr&#244;le nos deux arbres et les fait bouger. Plus inqui&#233;tant encore : les arbres auxquels nous nous sommes arrim&#233;s avec des cordes n'ont pas &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;s, ils ne sont pas marqu&#233;s. Il est donc tout &#224; fait possible que l'un de ceux auxquels Luc est reli&#233; soit abattu. Ce ne sera pas le cas. Mais une des machines touchera le c&#226;ble &#233;lectrique passant &#224; quelques m&#232;tres de moi, et celui-ci prendra feu. Les flics partent en courant et sont remplac&#233;s par les pompiers ! Mais ce n'est pas suffisant pour nous faire descendre. Ni pour arr&#234;ter les machinistes. Mettre nos vies en danger ne semble pas les d&#233;ranger&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la for&#234;t, on entend des cris, des militants qui hurlent &#171; &lt;i&gt;Assassins !&lt;/i&gt; &#187;, qui intiment l'ordre aux b&#251;cherons d'arr&#234;ter leur travail, quand d'autres essayent de discuter pour expliquer ce qu'on fait l&#224;, perch&#233;s. Beaucoup ne savent pas qu'ils travaillent pour le barrage, et encore moins pourquoi nous nous y opposons. Un des b&#251;cherons se plante en bas de l'arbre de Luc. Il est emb&#234;t&#233;, parce que dans son plan, il doit tomber cet arbre&#8230; Alors il demande &#224; Luc de descendre. Face &#224; son refus, il lui explique qu'il va devoir couper l'arbre quand m&#234;me, mais tout doucement, pas d'inqui&#233;tude. Et il est s&#233;rieux&#8230; Ce sont les gendarmes qui viendront lui dire que, peut-&#234;tre, c'est un peu trop dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zadistes ont aussi r&#233;ussi &#224; rep&#233;rer le nom d'un des grad&#233;s&#8200;&#8211;&#8200;les non-grad&#233;s se font appeler par leur matricule. Cela suffit pour qu'une trentaine de grimpeurs, de tous les coins du bois l'appellent, lui donnent ordres et contrordres, provoquant un beau foutoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi arrive un nouveau type de machine, plus puissant que les autres. Elle fait des bouquets de fr&#234;nes de 30&#8200;m&#232;tres de haut comme on cueille des marguerites. La vision des arbres qui volent au-dessus de nos t&#234;tes est surr&#233;aliste. Du haut de mon perchoir, le spectacle est difficile &#224; supporter : toute la v&#233;g&#233;tation, aussi riche et dense soit-elle, se retrouve broy&#233;e dans les gueules de m&#233;tal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la journ&#233;e, une &#233;quipe du GIGN vient discuter avec nous et tente de nous convaincre de descendre. S'ils posent trop de questions, ils ont l'avantage d'avertir correctement les machinistes de la pr&#233;sence des cordes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cherche un moment de relative intimit&#233; pour pouvoir faire pipi, accroch&#233;e dans mon baudrier ; il n'y a plus d'arbres autour de moi pour me cacher&#8230; Et, si un camarade a le courage de descendre pour courir &#224; toute vitesse vers un autre arbre, moi je m'en garde bien, nous sommes un peu trop surveill&#233;s et la nuit au poste ne me dit pas trop. Je vois des copains partir, menott&#233;s&#8230; Pour s'&#234;tre accroch&#233;s dans un aulne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commence aussi &#224; avoir des fourmis dans les jambes, et trouver une position pour dormir cinq minutes est mission impossible. Et les machines semblent ne jamais vouloir s'arr&#234;ter. Du coup, la jalousie monte : Camille a pu s'installer &#224; 15&#8200;m&#232;tres de hauteur&#8230; dans son hamac !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc n'a plus d'eau mais nous arrivons, par un syst&#232;me de cordes, &#224; lui faire passer ma gourde au-dessus des gendarmes mobiles, un peu &#233;bahis. On restera 14&#8200;heures dans nos feuillus : les machinistes ne finiront leur travail qu'&#224; 19 h 30. Ils veulent finir les travaux le plus vite possible. On doit les fatiguer un peu, quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, notre mission de sauvetage d'arbres aura bien fonctionn&#233;. Mais seuls ceux o&#249; nous &#233;tions sont encore debout, isol&#233;s au milieu d'un d&#233;sert qui s'agrandit jour apr&#232;s jour. Si nous ne remontons pas demain, il n'y aura bient&#244;t plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mise &#224; jour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous venons &lt;a href=&#034;http://www.reporterre.net/spip.php?article6494&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'apprendre&lt;/a&gt; qu'un opposant au barrage &#224; trouv&#233; la mort dans la nuit du 25 au 26 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons dans le prochain num&#233;ro, en kiosque le 7 novembre, sur la lutte du Testet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inflation s&#233;ditieuse au pays de la crise</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Inflation-seditieuse-au-pays-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Inflation-seditieuse-au-pays-de-la</guid>
		<dc:date>2013-12-15T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Vassilis Papageorgiou, Vladimir Moustaki&#231;</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>pays</dc:subject>
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		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
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		<dc:subject>continuent d'aggraver</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce semblent</dc:subject>
		<dc:subject>continuent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cinq apr&#232;s le d&#233;but de cet effondrement que subissent les Grecs, les &#171; fabricants de l'opinion &#187; ne cessent de livrer des informations terribles et anxiog&#232;nes sur l'&#233;tat de ce pays. Loin de la fausse compassion et des coups de flash, d'importantes questions concernant l'organisation de la soci&#233;t&#233; y agitent pourtant les esprits et les bras. Assur&#233;ment, les avalanches de mesures qui continuent d'aggraver les conditions de vie en Gr&#232;ce semblent sans fin. Des dizaines de milliers de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sociale" rel="tag"&gt;sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Grece" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aujourd-hui" rel="tag"&gt;Aujourd'hui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/continuent-d-aggraver" rel="tag"&gt;continuent d'aggraver&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/continuent" rel="tag"&gt;continuent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinq apr&#232;s le d&#233;but de cet effondrement que subissent les Grecs, les &#171; fabricants de l'opinion &#187; ne cessent de livrer des informations terribles et anxiog&#232;nes sur l'&#233;tat de ce pays. Loin de la fausse compassion et des coups de flash, d'importantes questions concernant l'organisation de la soci&#233;t&#233; y agitent pourtant les esprits et les bras.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assur&#233;ment, les avalanches de mesures qui continuent d'aggraver les conditions de vie en Gr&#232;ce semblent sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes vivent dans la rue. Les licenciements &#8211; &#171; &lt;i&gt;mises en disponibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; dans la novlangue des m&#233;morandums pondus par la Tro&#239;ka &#8211; continuent &#224; faire accepter des salaires tournant fr&#233;quemment autour d'un ou deux euros l'heure. Des centaines d'usines et d'ateliers ferment. Les revenus ont chut&#233; de plus de 40 %. Les suicides sont l&#233;gion. Plus de trois millions de personnes ont perdu toute protection sociale. Cette Tro&#239;ka, rassemblant le Fonds mon&#233;taire international, la Commission et la Banque centrale europ&#233;ennes promet au pays, par l'interm&#233;diaire du ministre des Finances grec, de vivre &#171; &lt;i&gt;l'enfer jusqu'en juin 2014&lt;/i&gt; &#187;, jouant ainsi au chaud et froid avec les financiers internationaux qui, eux, para&#238;t-il, recommenceraient &#224; tourner leurs crocs vers ce pays &#171; &lt;i&gt;plein de promesses&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et de parier sur sa docilit&#233;, &#224; l'instar de John Paulson, ce bankster am&#233;ricain qui a engrang&#233; une fortune ph&#233;nom&#233;nale gr&#226;ce &#224; la crise des subprimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kostas n'est pas un bon client pour illustrer la diffusion en flux tendu d'angoisses faussement compassionnelles. Tenancier d'une taverne &#224; Ath&#232;nes depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, il a d&#251; l&#226;cher son appartement, retourner vivre chez ses parents et, confront&#233; aux difficult&#233;s grandissantes pour payer les trois employ&#233;s qui continuent &#224; travailler avec lui, il envisage de vendre son &#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Si nous utilisons toute notre &#233;nergie pour conserver le peu que nous avons ou bien continuons &#224; esp&#233;rer que les choses vont revenir comme avant, on s'enferme, on manque de forces pour se battre contre ce qui se passe et participer aux divers mouvements. Ce qui est important, c'est que m&#234;me si, tous, nous devons survivre &#8211; et souvent m&#234;me moins que survivre &#8211; l'essentiel est qu'on ne change pas nos id&#233;es, nos comportements et nos pratiques &#224; cause de ce basculement, de ce bousculement : c'est-&#224;-dire changer, non pas &#224; cause de leur principe, mais gr&#226;ce &#224; nos principes.&lt;/i&gt; &#187; Ces propos-l&#224; ne sont pas exceptionnels dans ce pays o&#249;, partout, les discussions s'agitent autour de la question sociale, mettant souvent au rancart celles ne concernant que la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH530/p03-116_grecs-2d4b1.jpg?1768648969' width='400' height='530' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que les m&#233;dias se repaissent du feuilleton de &#171; l'Ange blond &#187;, cette fillette remarqu&#233;e pour la blondeur de sa chevelure d&#233;notant d'avec celle brune de ses suppos&#233;s parents vivant dans un camp de Roms au centre de la Gr&#232;ce, ou bien encore se r&#233;pandent sur les d&#233;boires judiciaires et surtout tardifs des n&#233;o-nazis d'Aube dor&#233;e, c'est un silence b&#233;tonn&#233; qui couvre la multitude de tentatives de transformations des rapports sociaux qui s'activent dans le pays&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Impossible d'ignorer dans les m&#233;dias les distributions de nourritures (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Comme par exemple, &#224; propos de l'existence d'une quarantaine de centres sociaux autog&#233;r&#233;s qui &#224; travers le pays apportent soins et m&#233;dicaments &#224; des dizaines de milliers de personnes sans couverture sociale. Joint par mail, Christos, participant aux activit&#233;s de la clinique sociale d'Elleniko, install&#233;e dans le sud de la capitale, raconte : &#171; &lt;i&gt; Nous accueillons des gens du quartier et d'autres venus de plus loin. Nous sommes plus de deux cent trente personnes, toutes b&#233;n&#233;voles. Il y a des m&#233;decins, des dentistes, des kin&#233;sith&#233;rapeutes, des psychoth&#233;rapeutes et beaucoup d'autres gens qui offrent leurs services. Les m&#233;dicaments proviennent de dons. Quand quelqu'un a besoin d'aller &#224; l'h&#244;pital, nous faisons pression sur la direction pour qu'il soit soign&#233; sans avoir rien &#224; d&#233;bourser. La gratuit&#233; est absolue.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt; Il n'y a ni leader ni pr&#233;sident. Nous d&#233;cidons tous ensemble des activit&#233;s de ce centre, hormis &#233;videmment pour les questions m&#233;dicales.&lt;/i&gt; &#187; La descente de police, accompagn&#233;e d'un magistrat pr&#233;tendument &#224; la recherche d'un trafic de drogues, qui a eu lieu le 24 octobre, n'a pas retard&#233; la livraison pr&#233;vue pour le 27 octobre : elle a permis au camp de r&#233;fugi&#233;s de Lavrio &#8211; dans l'est de l'Attique &#8211; de recevoir trois tonnes de m&#233;dicaments, d'aliments pour b&#233;b&#233; et de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giorgos, journaliste dans le &lt;i&gt;Journal des r&#233;dacteurs&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233; en novembre 2012 &#224; Ath&#232;nes par une centaine d'ex-salari&#233;s licenci&#233;s du quotidien &lt;i&gt;Eleftheriotypia&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit : &#171; &lt;i&gt;Nous allons f&#234;ter notre premier anniversaire.&lt;/i&gt; &#187; Il explique : &#171; &lt;i&gt;Nous avions alors tous mis mille euros sur la table. Aujourd'hui, nous sommes le quatri&#232;me quotidien en Gr&#232;ce avec plus de dix mille exemplaires vendus chaque jour et vingt mille pour l'&#233;dition du samedi.&lt;/i&gt; &#187; Soit un dixi&#232;me de la masse des quotidiens grecs.
Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, nous sommes bien plus libres que nous ne l'&#233;tions &#224; l'&#233;poque d'&lt;/i&gt;Eleftheriotypia. &lt;i&gt;Notre ligne &#233;ditoriale est anti-m&#233;morandum, critique du gouvernement, antiraciste et contre l'aust&#233;rit&#233;. On peut dire que nous sommes d'une certaine mani&#232;re la voix des gr&#233;vistes, des manifestants et des opposants, comme ceux qui se battent contre le projet de mine d'or de Skouri&#232;s, dans le nord du pays.&lt;/i&gt; &#187; C&#244;t&#233; organisation ? &#171; &lt;i&gt;Toutes les d&#233;cisions sont prises en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; laquelle participent les cent vingt personnes qui travaillent pour le journal, depuis les femmes de m&#233;nage jusqu'aux r&#233;dacteurs. Nous sommes tous &#233;gaux y compris au niveau du salaire. C'est l'AG qui &#233;lit chaque personne &#224; un poste. Et nous sommes tous &#233;videmment r&#233;vocables. Pour qu'une AG soit constitu&#233;e, il faut qu'au moins douze personnes en fassent la demande.&lt;/i&gt; &#187; Et financi&#232;rement parlant ? &#171; &lt;i&gt;Nous avons fait le choix de prendre de la publicit&#233; dans les cinquante-six pages de l'&#233;dition quotidienne. Cette d&#233;cision est sujette &#224; d'importantes controverses. On essaie d'&#234;tre tr&#232;s s&#233;lectifs et cela aussi est du ressort de l'AG&#8230; Il est hors de question que nos annonceurs influencent notre ligne &#233;ditoriale&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord du pays, &#224; Thessalonique, plus de la moiti&#233; des ouvriers de l'entreprise Vio-Me&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. plus g&#233;n&#233;ralement l'excellent num&#233;ro 7 de la revue Z, mars 2013.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a, depuis f&#233;vrier 2013, pris le contr&#244;le de la production. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, cela fait sept mois que nous avons repris l'usine, apr&#232;s de longues proc&#233;dures juridiques. Tous les matins, on se r&#233;unit tous en AG pour convenir des diverses t&#226;ches de la journ&#233;e et r&#233;soudre les probl&#232;mes quotidiens. Pour les d&#233;cisions plus g&#233;n&#233;rales, on se r&#233;unit &#224; peu pr&#232;s une fois par mois,&lt;/i&gt; explique Alekos, au t&#233;l&#233;phone, un des ouvriers. &lt;i&gt;Autrefois, on faisait ici des mat&#233;riaux de construction. Mais nous n'avions pas l'argent n&#233;cessaire pour poursuivre cette production : les mati&#232;res premi&#232;res sont tr&#232;s ch&#232;res. Dans l'urgence, on fabrique maintenant des d&#233;tergents qui sont distribu&#233;s dans les multiples r&#233;seaux du mouvement social. Actuellement, on discute avec les minist&#232;res pour pouvoir exporter l&#233;galement nos produits.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 2 novembre, les ouvriers de Vio-Me ont gagn&#233; le proc&#232;s qu'ils avaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Ici aussi, chaque personne re&#231;oit le m&#234;me salaire : &#171; &lt;i&gt;Dix euros par jour,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Alekos. &lt;i&gt;C'est tr&#232;s peu mais il ne faut pas oublier que nous partions du z&#233;ro absolu &#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ils sont donc trente-huit ouvriers &#224; travailler l&#224; et &#224; souhaiter que, en plus des questions de survie qu'ils cherchent &#224; r&#233;soudre, leur initiative se r&#233;pande &#224; travers le pays, en s'adaptant &#224; chaque situation. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait g&#233;nial. Cela permettrait d'&#233;changer des exp&#233;riences. Si nous arrivons &#224; tenir, &#231;a serait alors une immense victoire qui cr&#233;erait des liens puissants entre tous. Mais pour l'instant, l'important est de rester dans le concret et d'avancer petit &#224; petit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autogestion dans le capitalisme ou pas ? Philanthropie ? Horizontalit&#233; ? D&#233;l&#233;gation r&#233;vocable ? Assembl&#233;e de quartiers ? R&#233;seau de distribution de nourriture ? Troc et &#233;changes ? Coordination des pratiques ? &#171; &lt;i&gt;Les questions se posent d'une mani&#232;re neuve. Devant un d&#233;sastre, il faut se r&#233;orienter. Ce sont des discussions qui ne sont pas seulement philosophiques ou intellectuelles. Elles se posent dans le cours br&#251;lant des choses&lt;/i&gt; &#187;, affirme Kostas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce, &#171; Un pays &#224; genoux &#187;, ainsi que l'affirmait encore une fois dans son titre un reportage de France 24 le 26 octobre ? Les organes de propagande ne parlent que de la souffrance et du d&#233;sespoir, occultant les d&#233;bats et les exp&#233;rimentations en cours dans ce pays. Il est vrai que le fatalisme dominant y aurait s&#251;rement beaucoup &#224; perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Impossible d'ignorer dans les m&#233;dias les distributions de nourritures organis&#233;es par les n&#233;o-nazis &#224; l'intention exclusive de citoyens grecs. En revanche, les cantines collectives et autres march&#233;s de troc mis en place dans tout le pays par une multitude d'assembl&#233;es de quartiers sont manifestement beaucoup moins photog&#233;niques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. plus g&#233;n&#233;ralement l'excellent num&#233;ro 7 de la &lt;a href=&#034;http://www.zite.fr/Sommaire-Z-no7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 2 novembre, les ouvriers de Vio-Me ont gagn&#233; le proc&#232;s qu'ils avaient engag&#233; contre les patrons de l'usine &#224; propos de leurs salaires impay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Se tuer au travail ou vivre d'air pur ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Se-tuer-au-travail-ou-vivre-d-air</link>
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		<dc:date>2012-11-09T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Andrea Bottalico</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 17 ao&#251;t, un Comit&#233; de citoyens et de travailleurs libres et conscients se rassemblait &#224; proximit&#233; du centre-ville de Tarente, bloqu&#233; par les carabinieri. Andrea Bottalico, r&#233;dacteur au Napoli Monitor, &#233;tait sur place. Au milieu des chants, Francesca fait entendre la voix du comit&#233; : &#171; Apr&#232;s l'ordonnance de Todisco, il y a eu des troubles &#224; Tarente. Il a &#233;t&#233; dit que les travailleurs avaient bloqu&#233; le pont et la ville pour demander le maintien de l'activit&#233; de l'usine. Le but &#233;tait de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travailleurs" rel="tag"&gt;travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tarente" rel="tag"&gt;Tarente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Francesca" rel="tag"&gt;Francesca&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chants-13630" rel="tag"&gt;chants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 ao&#251;t, un Comit&#233; de citoyens et de travailleurs libres et conscients se rassemblait &#224; proximit&#233; du centre-ville de Tarente, bloqu&#233; par les carabinieri. Andrea Bottalico, r&#233;dacteur au &lt;a href=&#034;https://www.napolimonitor.it&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Napoli Monitor&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;tait sur place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu des chants, Francesca fait entendre la voix du comit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s l'ordonnance de Todisco, il y a eu des troubles &#224; Tarente. Il a &#233;t&#233; dit que les travailleurs avaient bloqu&#233; le pont et la ville pour demander le maintien de l'activit&#233; de l'usine. Le but &#233;tait de cr&#233;er une fracture entre ceux qui d&#233;fendent le travail et ceux qui d&#233;fendent la sant&#233;. Sur le pont, les travailleurs nous ont dit qu'ils s'&#233;taient mis en gr&#232;ve sur les conseils de l'entreprise. C'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'ils nous voyaient et une solidarit&#233; est n&#233;e. &#199;a ne s'&#233;tait jamais vu. Les travailleurs ont dit publiquement que dedans on meurt. Les agriculteurs du coin ont d&#251; abattre six cents t&#234;tes de b&#233;tail. Autour de Ilva, un rayon de cinq cents m&#232;tres est interdit au p&#226;turage et il s'&#233;tend jusqu'&#224; une vingtaine de kilom&#232;tres en direction de la c&#244;te. [&#8230;] On nous fait du chantage : &#8220;Vous voulez la sant&#233; ou l'emploi ?&#8221; Ce n'est pas la bonne question. C'est pour diviser les gens. Le probl&#232;me &#224; Tarente est &#233;vident. Si vous allez &#224; Tamburi un jour de vent, &#231;a vous br&#251;le le nez, vous avez un go&#251;t de m&#233;tal dans la bouche. Notre objectif est de faire comprendre aux ouvriers que nous ne sommes pas contre eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cataldo travaille sur les installations maritimes de Ilva : &lt;i&gt;&#171; Cette usine casse tes droits et ta dignit&#233;. Si tu refuses d'ex&#233;cuter un travail dangereux ou si tu fais gr&#232;ve, tu n'auras pas de promotion. Si tu acceptes de risquer ta vie, tu iras loin. &#199;a marche comme &#231;a. [&#8230;] &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il continue : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes en col&#232;re. Ils nous tuent au travail et on s'entend r&#233;pondre &#8220;c'est comme &#231;a ou vous serez tous mis &#224; la rue&#8221;. Aujourd'hui, un coll&#232;gue a t&#233;moign&#233; : il a trente-huit ans, cinq enfants, malade d'un cancer, et il a &#233;t&#233; licenci&#233;. Neuf mois de chimio. Que faire pour ce gars-l&#224; ? Et que faire de ceux qui ne pensent qu'&#224; s'enrichir ? [&#8230;] Tarente n'&#233;tait pas destin&#233;e &#224; produire du poison. Il y a d'autres ressources.
Quelqu'un a d&#233;cid&#233; que Tarente serait la poubelle de l'Italie et on meurt de ce poison. Quelqu'un a pris la d&#233;cision strat&#233;gique qu'il y ait ici quarante pour cent de ch&#244;mage, afin de nous obliger &#224; d&#233;fendre ce travail qui nous tue. Il n'y a plus de n&#233;gociation possible. [&#8230;] Les drapeaux et les partis qui nous s&#233;parent, on les leur laisse ! Nous, les travailleurs de ce comit&#233;, nous ne sommes pas contre les travailleurs de Ilva. [&#8230;] Nos coll&#232;gues morts, nous les avons pleur&#233;s ensemble. [&#8230;] Nous ne sommes plus syndiqu&#233;s, nous avions honte. Si vous demandez aux ouvriers de Tarente ce qu'ils pensent des syndicats, ils vous diront qu'ils sont tous corrompus. Complices et vendus. Ils ont montr&#233; ce qu'ils sont. Ils sont soumis &#224; l'entreprise. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits de l'article publi&#233; le 19 ao&#251;t sur &lt;a href=&#034;https://www.napolimonitor.it&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.napolimonitor.it&lt;/a&gt;. Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Avoir-le-cancer-plutot-crever'&gt;&#171; Avoir le cancer, plut&#244;t crever ! &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le volcan n'est pas &#233;teint</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-volcan-n-est-pas-eteint</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-volcan-n-est-pas-eteint</guid>
		<dc:date>2011-02-14T06:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
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		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>avons</dc:subject>
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		<dc:subject>Guadeloupe</dc:subject>
		<dc:subject>LKP</dc:subject>
		<dc:subject>Eli Domota</dc:subject>
		<dc:subject>Guadeloup&#233;ens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; une reprise des manifestations appel&#233;es par le [Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP)-&gt;http://www.lkp-gwa.org, CQFD a voulu faire le point avec son porte-parole, Eli Domota. La situation sociale en Guadeloupe a-t-elle chang&#233; depuis la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 2009 ? Et surtout, les autorit&#233;s, nationales et locales, ont-elles tenu les engagements sign&#233;s lors du r&#232;glement de la crise ? Interview. CQFD : Les appels &#224; des manifestations et &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 14 d&#233;cembre dernier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avons" rel="tag"&gt;avons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guadeloupe" rel="tag"&gt;Guadeloupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/LKP" rel="tag"&gt;LKP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Eli-Domota" rel="tag"&gt;Eli Domota&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Guadeloupeens" rel="tag"&gt;Guadeloup&#233;ens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; une reprise des manifestations appel&#233;es par le &lt;a href=&#034;http://www.lkp-gwa.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP)&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a voulu faire le point avec son porte-parole, Eli Domota. La situation sociale en Guadeloupe a-t-elle chang&#233; depuis la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 2009 ? Et surtout, les autorit&#233;s, nationales et locales, ont-elles tenu les engagements sign&#233;s lors du r&#232;glement de la crise ? Interview.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_69 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH240/LLmars85-55719.png?1768649467' width='400' height='240' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Les appels &#224; des manifestations et &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 14 d&#233;cembre dernier semblent avoir &#233;t&#233; un &#233;chec : il y a eu peu de manifestants, et les autorit&#233;s ont refus&#233; de rencontrer le LKP&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eli Domota :&lt;/strong&gt; Pour nous, &#231;a &#233;t&#233; une r&#233;ussite. Je n'ai entendu aucun m&#233;dia en Guadeloupe dire que ce n'&#233;tait pas une r&#233;ussite. Il faut savoir que les m&#233;dias en France se basent sur les d&#233;p&#234;ches de l'AFP. Et l'AFP en Guadeloupe est repr&#233;sent&#233;e par un gars qui est tr&#232;s certainement proche de l'ex-DST. Alors&#8230; Plus de 20 000 personnes dans les rues. C'&#233;tait une tr&#232;s bonne mobilisation. Effectivement, le lendemain, nous &#233;tions moins nombreux mais, encore une fois, beaucoup plus que lorsque nous avions d&#233;marr&#233; le 20 janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous la suite des op&#233;rations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce que cherche l'&#201;tat, c'est &#224; nous affaiblir ou &#224; nous faire basculer dans la col&#232;re et la violence. On veut nous r&#233;primer. Depuis pratiquement deux ans, des h&#244;tels sont remplis d'escadrons de gendarmes. La Guadeloupe est v&#233;ritablement un pays sous surveillance militaire. Nous sommes plus de 20 000 militants dans le LKP, ce qui correspond &#224; une capacit&#233; de mobilisation d'environ 100 000 personnes. Nous allons continuer &#224; faire le tour de la Guadeloupe, &#224; discuter avec les Guadeloup&#233;ens pour amplifier la mobilisation dans les jours, les semaines et les mois qui viennent. Nous avons choisi l'option du d&#233;bat et de la discussion. Nous sommes toujours ouverts au dialogue. Mais, malheureusement, en face de nous, les &#233;lus du conseil g&#233;n&#233;ral, du conseil r&#233;gional et l'&#201;tat refusent de nous rencontrer, de r&#233;pondre &#224; nos diff&#233;rents courriers. Nous n'allons pas nous arr&#234;ter : nous savons que nous avons le soutien de travailleurs en France et dans d'autres pays. Nous allons continuer &#224; nous battre car nous savons que nous avons raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat ne serait-il pas en train de mener des repr&#233;sailles face &#224; l'humiliation que lui aurait fait subir le LKP ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que, depuis huit mois, nous demandons la r&#233;union de la commission de suivi pr&#233;vue dans les accords du 4 mars. L'article 165 en pr&#233;voit la mise en place&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article 165 du protocole du 4 mars 2009 pr&#233;voit la poursuite des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; avec la r&#233;gion, le d&#233;partement, l'&#201;tat et le LKP pour faire le point sur les diff&#233;rents chantiers et poursuivre les n&#233;gociations sur les autres th&#232;mes qui restent &#224; aborder. Aujourd'hui, l'&#201;tat, le conseil g&#233;n&#233;ral et le conseil r&#233;gional se sont mis d'accord pour ne plus reconna&#238;tre le LKP et pour ne plus appliquer les accords du 4 mars. Et l'on comprend pourquoi : le LKP est la plus grosse force organis&#233;e de Guadeloupe. Il n'y a aucune&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_70 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH657/LLmarsguad85-53b66.png?1768659618' width='400' height='657' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;association, aucun parti politique, aucun mouvement religieux qui est plus fort et plus puissant en nombre. Nous avons mis &#224; bas les masques des institutions et de tous les &#171; pwofitants &#187;, et avons clairement identifi&#233; les complicit&#233;s qui existent entre l'&#201;tat et les &#233;lus. Pour eux, il faut &#233;liminer le LKP par tous les moyens. Aucune presse en Guadeloupe, sauf la radio ind&#233;pendantiste Radio-Tambour et la t&#233;l&#233; priv&#233;e Canal 10, et surtout pas la t&#233;l&#233; publique ou celles dirig&#233;es par les grandes entreprises de b&#233;k&#233;s, ne nous donne la parole. Les &#233;v&#232;nements concernant le LKP sont pass&#233;s sous silence. Ils ont re&#231;u l'ordre de ne pas nous rencontrer et de revenir &#224; une situation d'avant le 20 janvier.
On peut dire que l'&#201;tat est en train de r&#233;gler des comptes. Nous avons une vingtaine de camarades qui sont convoqu&#233;s devant les tribunaux dans les jours et les semaines qui viennent. D'autres ont &#233;t&#233; convoqu&#233;s depuis le mois de septembre. Les accords ne sont pas respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les motifs des poursuites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour entrave &#224; la libert&#233; de circulation, pour refus de test ADN&#8230; Il y a une volont&#233; de nous criminaliser. Des m&#233;dias subissent une r&#233;pression : des journalistes qui avaient pris position dans certaines affaires sont inqui&#233;t&#233;s. Mais, nous pouvons leur dire que nous sommes toujours debout et que nous allons continuer &#224; nous battre par la mobilisation de masse, en conscience et pour changer la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat compte-t-il sur l'affrontement pour r&#233;gler d&#233;finitivement le probl&#232;me ?
Nous l'avons d&#233;j&#224; vu dans le pass&#233;. &#192; chaque fois qu'il y a eu des mouvements de r&#233;volte &#224; la Guadeloupe, en 1910, en 1925, en 1931, en 1952, en 1967, &#231;a s'est toujours termin&#233; comme &#231;a : l'&#201;tat a tir&#233; sur les manifestants. En 1967, cent personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es lors d'une manifestation des ouvriers du b&#226;timent. L'&#201;tat cherche &#224; refaire ce m&#234;me sc&#233;nario, et nous avons pr&#233;venu le pr&#233;fet et les renseignements g&#233;n&#233;raux que nous n'allions pas tomber dans ce pi&#232;ge. S'ils ont fait venir tant de militaires arm&#233;s en Guadeloupe depuis le mois de septembre dernier, c'est parce qu'ils comptent &#233;radiquer physiquement le LKP et terroriser les Guadeloup&#233;ens. Nous, nous allons continuer notre chemin, comme nous l'avons d&#233;cid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militants du LKP vont donc actuellement &#224; la rencontre des salari&#233;s dans les entreprises ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons la tourn&#233;e de la Guadeloupe. Et pas seulement des entreprises, mais aussi des administrations, des communes et des &#238;les qui sont autour de la Guadeloupe, comme Marie-Galante, les Saintes, la D&#233;sirade, pour discuter avec tout le monde. Nous avons aussi des relations avec un certain nombre d'organisations patronales, des petits patrons qui, eux aussi, souffrent de la &#171; pwofitasyon &#187;. Le syst&#232;me &#233;conomique en Guadeloupe d&#233;coule d'une transposition de la soci&#233;t&#233; de plantation qui g&#233;n&#232;re domination et exploitation sur les salari&#233;s mais &#233;galement sur les petits entrepreneurs qui souffrent de n'avoir pas acc&#232;s aux march&#233;s publics, &#224; l'ing&#233;nierie financi&#232;re, aux pr&#234;ts bancaires. Nous sommes tous dans la m&#234;me gal&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontrer, informer, discuter, c'est ce que vous aviez d&#233;j&#224; fait en 2008, bien avant le mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 2009. Pensez-vous que cette d&#233;marche peut &#224; nouveau porter ses fruits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guadeloupe est un petit pays, mais il y a des endroits o&#249; nous n'avons pas encore mis les pieds. Nous devons continuer &#224; discuter pour que, lors des manifestations, tout le monde sache en conscience pourquoi il descend dans la rue. Notre objectif est de r&#233;unir plus de 100 000 manifestants pour dire aux autorit&#233;s : voil&#224; ce que nous voulons pour notre pays, vous avez sign&#233; des engagements, respectez-les ! Ils ont sign&#233; un engagement concernant l'insertion professionnelle et la formation des jeunes, et rien n'a &#233;t&#233; fait. Dans le d&#233;partement, le taux de ch&#244;mage des moins de 25 ans atteint 60 %, le plus &#233;lev&#233; d'Europe. Nous avons &#233;galement sign&#233; un accord visant &#224; favoriser l'acc&#232;s des cadres guadeloup&#233;ens aux postes de responsabilit&#233;s dans le public et le priv&#233;. Rien n'a &#233;t&#233; fait. M&#234;me chose au niveau du chlord&#233;cone, &#224; propos de la sant&#233;, du transport, etc&#8230; Nous avons le devoir de continuer &#224; rester debout. Sans lutte, il n'y a pas de progr&#232;s. Il faut tourner le dos &#224; tous les charlatans, les &#171; pwofitants &#187; qui nous escroquent depuis si longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il eu quelques dissensions entre vous, notamment &#224; propos de la question des &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de camarades, membres de partis politiques, sont toujours all&#233;s aux &#233;lections. Aujourd'hui, le parti communiste s'est retir&#233; de la direction du LKP, mais en est toujours membre. Cela n'a en rien entam&#233; notre solidit&#233; et la fiert&#233; que nous t&#233;moignent les Guadeloup&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le LKP pense-t-il se m&#234;ler des &#233;lections cantonales et s&#233;natoriales &#224; venir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a aucune vocation &#233;lectorale. Lors des derni&#232;res &#233;lections r&#233;gionales, le LKP a clairement dit qu'il n'allait pas aux &#233;lections, qu'il ne pr&#233;sentait pas de candidat et qu'il n'autorisait aucun candidat &#224; parler en son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant le mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, les march&#233;s de petits producteurs s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;s. Par la suite le LKP avait appel&#233; au boycott des grandes surfaces. Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important, ce sont les petits march&#233;s agricoles qui fonctionnent tr&#232;s bien. Il y a une grande envie de produits frais qui viennent de la terre de Guadeloupe. Il y a toujours, bien s&#251;r, des gens qui vont dans les supermarch&#233;s mais, dans beaucoup de cas, d'apr&#232;s ce que nous voyons, la client&#232;le est en baisse. Il y a v&#233;ritablement une modification dans la consommation quotidienne des Guadeloup&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le joue le Medef dans la non-application de l'accord Bino de mars 2009 ?&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Augmentation de 200 euros net par mois pour les salaires compris entre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord Bino, c'est l'accord sur les salaires. La CGPME et le Medef ne l'ont pas sign&#233;. Mais des entreprises qui sont affili&#233;es au Medef l'ont fait. Par exemple, les supermarch&#233;s de Monsieur Hayot, de Monsieur Despres, les entreprises du secteur de l'automobile ont sign&#233; cet accord parce que les travailleurs &#233;taient en gr&#232;ve dans leurs entreprises. &#192; propos de l'application de l'accord g&#233;n&#233;ral du 4 mars, si l'&#201;tat, les conseils g&#233;n&#233;ral et r&#233;gional et le patronat ne veulent pas nous rencontrer, c'est parce qu'ils savent que le LKP est un rassemblement d'expertise, de comp&#233;tence et de fiert&#233;. Depuis toujours, ils ont voulu surfer sur nos divisions. Aujourd'hui que nous sommes tous ensemble, nous les avons d&#233;masqu&#233;s et aucun d'eux ne peut venir nous raconter des bobards. Nous avons demand&#233; &#224; maintes reprises aux t&#233;l&#233;s publiques et priv&#233;es d'organiser des d&#233;bats avec le LKP, les &#233;lus, les autorit&#233;s, le pr&#233;fet et m&#234;me la ministre de l'Outre-Mer, et nous n'avons trouv&#233; personne. Nous pouvons d&#233;montrer qu'il y a des escroqueries qui sont organis&#233;es dans la grande distribution, dans la fixation des prix des carburants, dans l'organisation du syst&#232;me scolaire, avec la complicit&#233; des &#233;lus locaux et de l'&#201;tat pour maintenir la Guadeloupe dans un &#233;tat d'assistanat et de mendicit&#233;. Devant ces v&#233;rit&#233;s criantes, ils sont oblig&#233;s de nous discr&#233;diter. On fait croire que tous les maux sont engendr&#233;s par le LKP : si le ch&#244;mage augmente, s'il y a des accidents sur la route, si des couples se s&#233;parent, c'est &#224; cause du LKP&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_72 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH339/85LLmarsguad03-40d11.png?1768659618' width='400' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, les derni&#232;res statistiques produites par l'IEDOM disent qu'il y a une reprise &#233;conomique en Guadeloupe&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#233;ditorial de une de CQFD n&#176;65, mars 2009.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est extraordinaire que l'IEDOM dise qu'il y a une sortie de crise au moment o&#249; est publi&#233; le taux d'augmentation des prix. En France, il est de 1,6 %, de 2,3 %, dans tous les DOM confondus, et de 4,2% en Guadeloupe &#192; propos d'un pr&#233;tendu sursaut dans l'h&#244;tellerie, les dirigeants de ce secteur ont envoy&#233; un courrier aux minist&#232;res des DOM et du tourisme pour dire qu'ils &#233;taient au bord de la faillite. Ils pleurent pour que, une fois de plus, l'&#201;tat mette la main &#224; la poche. L'h&#244;tellerie est le secteur le plus subventionn&#233; en application des lois Perben sur l'exon&#233;ration de charges et la d&#233;fiscalisation. 90 % des richesses g&#233;n&#233;r&#233;es par l'h&#244;tellerie repartent &#224; l'&#233;tranger et ne profitent pas aux Guadeloup&#233;ens. &#192; la t&#234;te de la plupart des h&#244;tels, vous avez des escrocs de la finance, de la d&#233;fiscalisation, qui ne font que d&#233;tourner de l'argent public et qui ne concourent nullement au d&#233;veloppement de la Guadeloupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que les 165 points des revendications du LKP, qui impliquent un v&#233;ritable changement de soci&#233;t&#233;, sont applicables ? &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut d'&#233;mission des d&#233;partements d'Outre-Mer, exerce les activit&#233;s de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 octobre dernier, Mme Penchard, secr&#233;taire d'&#201;tat aupr&#232;s du ministre des DOM, nous a dit que l'&#201;tat n'accepterait jamais ce protocole, qu'il fallait r&#233;&#233;crire les articles car les accepter remettrait en cause les liens entre la Guadeloupe et la France, et le syst&#232;me politique et &#233;conomique. Il est clair que c'est la &#171; pwofitasyon &#187; qui fait que nous sommes dans cette situation. Il faut qu'ils comprennent que nous ne sommes pas faits uniquement pour jouer au football ou pour courir sur les pistes d'athl&#233;tisme. Nos enfants ont droit &#224; un meilleur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a &#233;t&#233; vu chez vous le mouvement contre les retraites en France ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un certain moment, on a pens&#233; que la France allait entrer dans un processus de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour faire reculer Nicolas Sarkozy. Il y avait, et il y a toujours, beaucoup de m&#233;contentement en France. Ici comme ailleurs, il faut faire reculer la &#171; pwofitasyon &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un agenda ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons voir la traduction concr&#232;te des revendications. Nous sommes un peuple de combattants, de r&#233;sistants. On va continuer &#224; renforcer les discussions, l'unit&#233; et la solidarit&#233;. On n'a pas le choix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'article 165 du protocole du 4 mars 2009 pr&#233;voit la poursuite des n&#233;gociations sur des th&#232;mes restants, et la constitution d'une commission de suivi dudit accord compos&#233;e de douze membres : quatre pour le LKP, quatre pour l'&#201;tat et quatre pour les collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Augmentation de 200 euros net par mois pour les salaires compris entre le Smic et 1,4 Smic. Pour les salaires sup&#233;rieurs &#224; 1,4 Smic, n&#233;gociations par branche sur la base d'une augmentation minimale de 6 %. Pour les salaires sup&#233;rieurs &#224; 1,6 Smic augmentation minimale de 3 %. Les salari&#233;s &#224; temps partiel devaient &#234;tre augment&#233;s au prorata du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &#233;ditorial de une de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;65, mars 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Institut d'&#233;mission des d&#233;partements d'Outre-Mer, exerce les activit&#233;s de banque centrale par d&#233;l&#233;gation de la Banque de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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