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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La prison sans attestation</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Martot</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent Croguennec</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Violation habituelle des r&#232;gles de confinement &#187; : les tribunaux sont devenus familiers de ce nouveau d&#233;lit passible de six mois de prison. Tour de France de ces incarc&#233;rations contest&#233;es. &#171; Les faits sont simples mais extr&#234;mement r&#233;p&#233;titifs. &#187; D&#233;but avril dans un tribunal du Pas-de-Calais, une juge souffle ces mots au pr&#233;venu post&#233; devant elle. Cet habitant de Lens a &#233;t&#233; contr&#244;l&#233; quatre fois sans attestation de d&#233;placement. Pass&#233; trois fois en trente jours, la contravention devient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avril" rel="tag"&gt;avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Debut-avril" rel="tag"&gt;D&#233;but avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violation" rel="tag"&gt;violation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/delit" rel="tag"&gt;d&#233;lit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prison-ferme" rel="tag"&gt;prison ferme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Violation habituelle des r&#232;gles de confinement &#187; : les tribunaux sont devenus familiers de ce nouveau d&#233;lit passible de six mois de prison. Tour de France de ces incarc&#233;rations contest&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH387/-1526-832e0.jpg?1779919085' width='500' height='387' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les faits sont simples mais extr&#234;mement r&#233;p&#233;titifs.&lt;/i&gt; &#187; D&#233;but avril dans un tribunal du Pas-de-Calais, une juge souffle ces mots au pr&#233;venu post&#233; devant elle. Cet habitant de Lens a &#233;t&#233; contr&#244;l&#233; quatre fois sans attestation de d&#233;placement. Pass&#233; trois fois en trente jours, la contravention devient d&#233;lit. Ceux qui le commettent peuvent &#234;tre condamn&#233;s &#224; six mois de prison pour &#171; violation habituelle des r&#232;gles de confinement &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi n&#176; 2020-290 du 23 mars 2020.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et &#224; en croire les statistiques, la disposition n'est pas simplement dissuasive mais bien r&#233;elle puisqu'&#224; la mi-avril, au moins 138 mois de prison ferme avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; distribu&#233;s en France sur ce motif&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Recensement effectu&#233; par la newsletter d'actualit&#233; police-justice &#171; Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nombre n'est qu'une estimation basse, puisqu'il inclut uniquement les affaires rapport&#233;es dans la presse. Et la somme de tous les articles sur le sujet peine &#224; r&#233;pondre &#224; une question centrale : quelles sont les motivations des magistrats qui prononcent des peines de prison ferme, alors m&#234;me que le gouvernement a donn&#233; pour consigne de limiter les incarc&#233;rations pendant la crise sanitaire ? Apr&#232;s un petit tour de France de ces centaines de faits divers, noircissant les colonnes des journaux de Lens &#224; Ajaccio et de Nantes &#224; Grenoble, on peut conclure une chose : &lt;i&gt;les faits sont simples et extr&#234;mement r&#233;p&#233;titifs&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le mur des jugements&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En l'espace d'un mois, une quarantaine de personnes ont &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;es avec mandat de d&#233;p&#244;t, donc sans am&#233;nagement possible. Ce chiffre ne concerne que les personnes condamn&#233;es. Pour d&#233;terminer combien de personnes dorment en prison suite &#224; des violations du confinement, il faudrait disposer d'une autre donn&#233;e, bien plus d&#233;licate &#224; obtenir au niveau national : le nombre de d&#233;tentions provisoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle de Marseille, il est possible d'aller v&#233;rifier ce qu'il en est par soi-m&#234;me. Crise sanitaire oblige, nul ne peut acc&#233;der au tribunal sans autorisation ; mais pour garantir la publicit&#233; des jugements (&#224; d&#233;faut de celle des audiences), un dispositif in&#233;dit a &#233;t&#233; mis en place. Dans l'entr&#233;e, juste avant les portiques de s&#233;curit&#233;, les d&#233;cisions de justice sont placard&#233;es au mur. Entre les affaires de trafic de stup&#233;fiants, les violences conjugales et les vols aggrav&#233;s, il faudrait une bonne heure pour tout lire. En traquant uniquement les violations du confinement, on peut dresser rapidement un premier bilan local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 23 avril, quinze Marseillais avaient &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;s pour ce d&#233;lit. Parmi eux, une personne avait &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; deux mois ferme et cinq autres &#233;taient en d&#233;tention provisoire. Ces derni&#232;res seront jug&#233;es en mai ou en juin, le temps de trouver un avocat pour les repr&#233;senter. En attendant, elles sont incarc&#233;r&#233;es &#224; la maison d'arr&#234;t des Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des ant&#233;c&#233;dents et du soleil&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains tribunaux se montrent plus s&#233;v&#232;res que d'autres. B&#233;ziers (H&#233;rault) se situe dans le haut du palmar&#232;s. Sur la seule audience du 9 avril, trois hommes y ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour violation du confinement. M&#234;me peine pour tous : trois mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t. M&#234;mes profils aussi. &#192; chaque fois, &#171; &lt;i&gt;de nombreux ant&#233;c&#233;dents judiciaires&lt;/i&gt; &#187;, note &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;. Nous n'en saurons pas plus. D'ailleurs, la d&#233;fense des pr&#233;venus n'est que rarement rapport&#233;e par la presse. Le confinement ne facilite pas le travail des journalistes judiciaires, puisque la plupart des tribunaux ont d&#233;cr&#233;t&#233; le huis clos des audiences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc bien souvent se contenter d'explications lacunaires. &#171; &lt;i&gt;Il fait beau, il y a du soleil&lt;/i&gt; &#187;, aurait expliqu&#233; un homme interpell&#233; sans attestation pr&#232;s de Montb&#233;liard (Doubs), selon &lt;i&gt;L'Est r&#233;publicain&lt;/i&gt;. Autre justification, dans le Var : &#171; &lt;i&gt;Il a affirm&#233; ne pas pouvoir se passer de sa copine&lt;/i&gt; &#187;, explique bri&#232;vement le quotidien &lt;i&gt;Var Matin&lt;/i&gt; apr&#232;s l'arrestation d'un premier suspect dans le d&#233;partement. Cela ne date pas d'hier, la l&#233;g&#232;ret&#233; s'invite r&#233;guli&#232;rement &#224; la rubrique &#171; Faits divers &#187; des journaux. Mais la mis&#232;re humaine n'est jamais tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Errer sur la voie publique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme le rapporte le site de France 3 C&#244;te d'Azur : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe pas de profil type de contrevenant. Parmi eux, un mineur de 16 ans pr&#233;sentait des probl&#232;mes d'&#233;quilibre psychique et ne semblait pas conscient de ses actes. Il y avait &#233;galement une personne a priori sous tutelle qui errait sur la voie publique sans se rendre compte de la situation dans laquelle elle se trouvait.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 avril, un homme est rep&#233;r&#233; en train de nager au large de Nice. Apr&#232;s quatre verbalisations pour violation du confinement, il est condamn&#233; &#224; deux mois de prison am&#233;nageables. &#171; &lt;i&gt;Vous avez remarqu&#233; que les r&#232;gles de vie ont chang&#233; depuis quelque temps&lt;/i&gt; &#187;, lance le juge, cit&#233; dans &lt;i&gt;Nice Matin&lt;/i&gt;. R&#233;ponse du pr&#233;venu : &#171; &lt;i&gt;J'ai des crises d'angoisse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; d'Annecy (Haute-Savoie), un habitant est jug&#233; le 15 avril apr&#232;s huit verbalisations. Il s'en explique &#224; l'audience : &#171; &lt;i&gt;Je suis d&#233;connect&#233;, j'ai des probl&#232;mes d'alcool et de bipolarit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, retranscrit l'hebdomadaire &lt;i&gt;Le Messager&lt;/i&gt;. Le pr&#233;venu est chauffeur poids lourd au ch&#244;mage et a d&#233;j&#224; connu la prison six fois. Son avocat d&#233;crit &#171; &lt;i&gt;un homme malade, dans son monde, d&#233;connect&#233; de la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Il est condamn&#233; &#224; un mois avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril, le drame survient au tribunal correctionnel de Nantes. Isma&#235;l, Palestinien en fauteuil roulant, sans domicile et sans argent, est jug&#233; pour violation du confinement et vol de chaussures. Il est condamn&#233; &#224; deux mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t. &#192; l'annonce du jugement, Isma&#235;l tente de s'ouvrir les veines avec une lame de rasoir. L'histoire est rapport&#233;e par &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; et l'article s'ouvre ainsi : &#171; &lt;i&gt;La Justice p&#233;nale ne serait-elle pas, elle aussi, d&#233;stabilis&#233;e par la crise sanitaire&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Une journaliste &#233;tait pr&#233;sente &#224; l'audience ce jour-l&#224; : la sinistre sc&#232;ne a pu nous parvenir. Mais rien n'indique que d'autres drames ne se sont pas jou&#233;s dans l'ombre, ailleurs, dissimul&#233;s par le huis clos qui maintient la justice au secret.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clara Martot&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il y a une vraie hypocrisie de la part des procureurs et des juges &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois questions &#224; Ari&#233; Alimi, avocat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convaincus que le d&#233;lit de violation de confinement n'est pas conforme &#224; la Constitution, des avocats de diff&#233;rents barreaux ont d&#233;pos&#233; des QPC (questions prioritaires de constitutionnalit&#233;). Apr&#232;s examen le 12 mai, la Cour de cassation d&#233;cidera si elle saisit (ou non) le Conseil constitutionnel. Le cas &#233;ch&#233;ant, ce dernier tranchera la question. De nombreux avocats sont solidaires de la d&#233;marche : c'est le cas d'Ari&#233; Alimi, qui exerce au barreau de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi estimez-vous que le d&#233;lit de violation du confinement (plus de trois contraventions en trente jours) est ill&#233;gal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La loi pr&#233;voit qu'une contravention peut &#234;tre contest&#233;e dans un d&#233;lai de 45 jours. Donc je ne vois pas comment on peut poursuivre quelqu'un pour plusieurs contraventions, alors m&#234;me qu'elles ne sont pas d&#233;finitives puisque le d&#233;lai de contestation court toujours ! Ensuite, un d&#233;lit doit &#234;tre clair. Il doit exprimer des limites pr&#233;cises, pour que les citoyens sachent exactement quel comportement est sanctionn&#233;. L&#224;, on a un probl&#232;me de d&#233;finition : le d&#233;cret&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;cret n&#176;2020-293 du 23 mars 2020.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; indique simplement qu'il faut &#234;tre muni d'un &#8220;&lt;i&gt;document&lt;/i&gt;&#8221; pour justifier sa sortie&#8230; Mais rien n'indique clairement ce qu'il doit comporter ou si on peut le remplir au crayon, par exemple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a donc un souci d&#232;s la premi&#232;re contravention ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Selon moi, c'est m&#234;me le probl&#232;me le plus important. Il faut bien comprendre que &#8220;&lt;i&gt;l'attestation&lt;/i&gt;&#8221; dont tout le monde parle n'existe pas dans la loi. Pourtant, des gens ont &#233;t&#233; verbalis&#233;s sur la base de cette attestation, parce que le policier a estim&#233; qu'elle &#233;tait mal remplie. Surtout, ce document entra&#238;ne des contr&#244;les d'identit&#233; ill&#233;gaux, car les contr&#244;les d'identit&#233; sont encadr&#233;s par une loi, au sein du code de proc&#233;dure p&#233;nale. Or, dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence sanitaire, le gouvernement a cr&#233;&#233; une nouvelle forme de contr&#244;le d'identit&#233; sans voter de loi, mais par le biais d'un simple d&#233;cret. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se comportent les juridictions face &#224; ce d&#233;lit tr&#232;s contest&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a une vraie hypocrisie de la part des procureurs et des juges. Plusieurs avocats ont r&#233;ussi &#224; obtenir la relaxe de leurs clients. Certains tribunaux en France partagent notre avis et n'incarc&#232;rent pas sur ce motif, mais ils condamnent &#224; des peines alternatives comme le travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#8230; C'est un comportement l&#226;che car selon moi, tout le monde le sait : ce d&#233;lit ne tiendra pas deux secondes devant le Conseil constitutionnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041746313&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Loi n&#176; 2020-290 du 23 mars 2020&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Recensement effectu&#233; par la newsletter d'actualit&#233; police-justice &#171; &lt;a href=&#034;http://lepanierasalade.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Panier &#224; salade &lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041746694&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;cret n&#176;2020-293 du 23 mars 2020.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Proc&#232;s d'intentions</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Proces-d-intentions</link>
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		<dc:date>2017-04-10T13:32:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
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		<dc:subject>violences</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;lit</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;lit d'embuscade</dc:subject>
		<dc:subject>Liu Shaoyo</dc:subject>
		<dc:subject>d'embuscade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On l'oublie parfois, mais le marteau du juge est du m&#234;me m&#233;tal que la matraque du policier. Les inconscients qui manifestent contre l'impunit&#233; des forces de l'ordre ont tout &#224; craindre de la justice, surtout quand celle-ci a le pouvoir de voyager dans le temps et de vous condamner pour des faits que vous n'avez pas encore commis. C'est r&#233;gl&#233; comme une partition de marche militaire. &#192; quatre temps, la marche : un homme meurt sous les balles ou les coups de la police ; une version officielle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On l'oublie parfois, mais le marteau du juge est du m&#234;me m&#233;tal que la matraque du policier. Les inconscients qui manifestent contre l'impunit&#233; des forces de l'ordre ont tout &#224; craindre de la justice, surtout quand celle-ci a le pouvoir de voyager dans le temps et de vous condamner pour des faits que vous n'avez pas encore commis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L323xH400/-148-29a68.jpg?1779602693' width='323' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#201;milie Seto
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est r&#233;gl&#233; comme une partition de marche militaire. &#192; quatre temps, la marche : un homme meurt sous les balles ou les coups de la police ; une version officielle est b&#226;tie &#224; la h&#226;te pour blanchir les agents homicides, criminaliser la victime et b&#233;tonner la couverture m&#233;diatique ; les proches du d&#233;funt tentent de r&#233;tablir la v&#233;rit&#233; des faits et se rassemblent avec leurs soutiens pour exprimer leur col&#232;re ; les policiers r&#233;pliquent en tapant dans le tas et en raflant des dizaines de manifestants. L'affaire Liu Shaoyo, du nom de ce Parisien chinois de 56 ans abattu le 26 mars sur le pas de sa porte par un tireur de la BAC, n'a pas failli &#224; la r&#232;gle. D&#232;s le lendemain, quelque deux cents personnes se regroupent devant le commissariat du 19e arrondissement pour dire ce qu'ils pensent de l'op&#233;ration d'enfumage qui, en moins de temps qu'il n'en faut pour recharger un Sig-Sauer calibre 9, a m&#233;tamorphos&#233; un p&#232;re de famille tu&#233; alors qu'il pr&#233;parait le poisson du soir en un kamikaze psychopathe ne recevant que ce qu'il m&#233;rite. Slogans rageux et jets de projectiles contre coups de matraques et pluie de lacrymos, suivis d'une flop&#233;e d'interpellations : un classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario para&#238;t &#224; ce point us&#233; qu'on en oublierait presque ce d&#233;tail : sur les trente-cinq personnes arr&#234;t&#233;es ce soir-l&#224;, vingt-six, indique la pr&#233;fecture, l'ont &#233;t&#233; pour &#171; participation &#224; un groupement en vue de commettre des violences &#187;. En vue de ? Voil&#224; la petite innovation apport&#233;e &#224; la broyeuse judiciaire des &#171; &#233;meutiers &#187; : le d&#233;lit d'intention. On ne se fait plus coffrer pour avoir commis un acte r&#233;pr&#233;hensible, mais parce qu'on est soup&#231;onn&#233; d'avoir song&#233; &#224; le commettre. Cette extravagance l&#233;gale, vot&#233;e en 2009 sur proposition de Christian Estrosi au nom de la lutte contre les &#171; violences en bande &#187;, fut utilis&#233;e pour la premi&#232;re fois en mars 2010 pour justifier l'arrestation de cent dix personnes qui participaient &#224; une manif anticarc&#233;rale devant la prison de la Sant&#233; &#224; Paris. Toutes furent rel&#226;ch&#233;es, non sans avoir &#233;t&#233; d&#251;ment fich&#233;es et intimid&#233;es. La loi estrosiste s'&#233;tait un peu fait oublier depuis, la voici qui fait son retour &#224; la faveur de l'inflation des violences polici&#232;res et des r&#233;actions qu'elles d&#233;clenchent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus t&#244;t, une autre disposition du m&#234;me acabit s'&#233;tait abattue comme la foudre sur plusieurs manifestants cueillis &#224; Aulnay-sous-Bois au cours des r&#233;voltes qui ont suivi le viol de Th&#233;o : le d&#233;lit d'embuscade. Fa&#231;onn&#233;e en mars 2007, quand Nicolas Sarkozy tr&#244;nait au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, cette loi &#171; Minority Report &#187; &#8211; du nom de ce film dans lequel Tom Cruise d&#233;gomme les &lt;i&gt;bad guys&lt;/i&gt; avant m&#234;me qu'ils aient commis des m&#233;chancet&#233;s &#8211; punit lourdement (jusqu'&#224; sept ans de taule) le &#171; &lt;i&gt;fait d'attendre un certain temps et dans un lieu d&#233;termin&#233; un fonctionnaire de la police nationale&lt;/i&gt; &#187; ou tout autre repr&#233;sentant de la force publique &#171; &lt;i&gt;dans le but de commettre &#224; son encontre des violences&lt;/i&gt; &#187;. Traduction : on te chope &#224; c&#244;t&#233; de deux ou trois cailloux consid&#233;r&#233;s comme autant de projectiles anti-keufs potentiels et te voil&#224; gratifi&#233; d'un aller simple pour le TGI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application de cette mesure frappadingue est indissociable du r&#233;gime des comparutions imm&#233;diates et de sa fonction m&#233;canique produisant de la d&#233;tention en cha&#238;ne. &#171; &lt;i&gt;Des avocats commis d'office hallucinaient compl&#232;tement, en mode : le d&#233;lit d'embuscade, c'est quoi &#231;a, jamais entendu parler&lt;/i&gt; &#187;, raconte Kasko, militante d'un comit&#233; de soutien qui apporte une aide juridique et mat&#233;rielle aux justiciables de banlieue et &#224; leurs proches. &#171; &lt;i&gt;La r&#233;alit&#233; quotidienne de ces comparutions&lt;/i&gt;, poursuit-elle, &lt;i&gt;c'est que les trois quarts de ceux qui passent par le box sont des jeunots qui se font attraper parce qu'ils n'ont pas couru assez vite ou qu'ils passaient au mauvais endroit au mauvais moment. Lors des r&#233;voltes pour Th&#233;o, la police raflait n'importe qui n'importe comment, du coup on s'est retrouv&#233;s au TGI de Bobigny &#224; recevoir plein de familles qui arrivaient paniqu&#233;es parce qu'elles &#233;taient sans nouvelles de leurs gamins depuis deux ou trois jours. Parce que, quand tu te fais choper en manif, tu te retrouves quarante-huit heures en garde &#224; vue, puis trente heures encore au d&#233;p&#244;t avant de passer en comparution imm&#233;diate, et tout ce temps souvent sans que tu puisses passer le moindre coup de fil. Certaines mamans, en larmes, esp&#233;raient voir passer leur gosse &#224; la barre juste pour s'assurer qu'il allait bien&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de ratissage tous azimuts, l'aubaine de l'infraction par anticipation permet de resserrer un peu plus les mailles du filet. &#171; &lt;i&gt;Le d&#233;lit d'embuscade, c'est un peu l'association de malfaiteurs du pauvre&lt;/i&gt;, explique l'avocat Rapha&#235;l Kempf, tr&#232;s impliqu&#233; dans la d&#233;fense de la chair &#224; justice de Bobigny. &lt;i&gt;C'est un h&#233;ritage lointain des &#8220;lois sc&#233;l&#233;rates&#8221; de 1893 dirig&#233;es contre les anarchistes et qui d&#233;j&#224; r&#233;primaient l'intentionnalit&#233;. L&#233;on Blum s'en &#233;tait &#233;mu &#224; l'&#233;poque en fustigeant leur monstruosit&#233; juridique&lt;/i&gt;. &#187; Le 9 f&#233;vrier, pendant que les auteurs du calvaire de Th&#233;o coulent des jours paisibles, deux manifestants d'Aulnay-sous-Bois &#233;taient condamn&#233;s &#224; six mois de prison ferme pour d&#233;lit d'embuscade. L&#224;, pas de L&#233;on Blum &#224; l'horizon pour s'en &#233;mouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contacts utiles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comit&#233; anti r&#233;pression / D&#233;fense collective :&lt;/strong&gt; stoprepression@riseup.net&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/fr-fr.facebook.com/collectif.viesvolees'&gt;Collectif Vies vol&#233;es&lt;/a&gt; :&lt;/strong&gt; viesvolees.france@gmail.com&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Collectif Urgence notre police assassine :&lt;/strong&gt; &lt;span class='ressource'&gt;&lt;[urgence-notre-police-assassine.fr-&gt;&lt;/span&gt;
urgence-notre-police-assassine.fr]&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;ONVP :&lt;/strong&gt; &lt;span class='ressource'&gt;&lt;[observatoire-national-des-violences-policieres.f-&gt;&lt;/span&gt;
observatoire-national-des-violences-policieres.fr]r&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Molard sur le Fnaeg</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Molard-sur-le-Fnaeg</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Molard-sur-le-Fnaeg</guid>
		<dc:date>2010-05-07T10:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
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		<dc:subject>GARD</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin Deceuninck</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;AL&#200;S (GARD), vendredi 5 mars. Benjamin Deceuninck &#233;tait convoqu&#233; en appel devant le tribunal pour &#171; d&#233;lit continu &#187; suite &#224; son refus de pr&#233;l&#232;vement ADN. Quatre ans ont pass&#233; depuis ce mois de juin 2006 o&#249; ce faucheur de champs de betteraves transg&#233;niques n'avait pas r&#233;pondu aux injonctions de la loi le contraignant &#224; d&#233;livrer quelques gouttes de salive. Cela en vue de l'int&#233;grer au Fichier national automatis&#233; des empreintes g&#233;n&#233;tiques (Fnaeg), initialement destin&#233; aux d&#233;lits d'ordre sexuel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no76-mars-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;76 (mars 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/delit" rel="tag"&gt;d&#233;lit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Benjamin" rel="tag"&gt;Benjamin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ADN" rel="tag"&gt;ADN&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/appel" rel="tag"&gt;appel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ALES" rel="tag"&gt;AL&#200;S&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/GARD" rel="tag"&gt;GARD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Benjamin-Deceuninck" rel="tag"&gt;Benjamin Deceuninck&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/delit-continu" rel="tag"&gt;d&#233;lit continu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AL&#200;S (GARD)&lt;/strong&gt;, vendredi 5 mars. Benjamin Deceuninck &#233;tait convoqu&#233; en appel devant le tribunal pour &#171; d&#233;lit continu &#187; suite &#224; son refus de pr&#233;l&#232;vement ADN. Quatre ans ont pass&#233; depuis ce mois de juin 2006 o&#249; ce faucheur de champs de betteraves transg&#233;niques n'avait pas r&#233;pondu aux injonctions de la loi le contraignant &#224; d&#233;livrer quelques gouttes de salive. Cela en vue de l'int&#233;grer au Fichier national automatis&#233; des empreintes g&#233;n&#233;tiques (Fnaeg), initialement destin&#233; aux d&#233;lits d'ordre sexuel. Stupeur dans la salle donc, en ce vendredi, pour le &#171; d&#233;linquant &#187; et la soixantaine de personnes venues le soutenir, lorsque, le proc&#232;s venant &#224; peine de commencer, le procureur prend la parole pour demander la relaxe. S'appuyant sur l'article R53-21 du Code de proc&#233;dure p&#233;nale et l'arr&#234;t de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 10 juin 2009, le magistrat rel&#232;ve que plus d'un an s'est &#233;coul&#233; depuis octobre 2006, lorsque Benjamin avait &#233;t&#233; condamn&#233;, en premi&#232;re instance, &#224; 500 euros d'amende. Une d&#233;cision contre laquelle il avait fait appel. Le d&#233;lit n'est donc plus constitu&#233;. La convocation et la garde &#224; vue subies par Benjamin dans la gendarmerie d'Al&#232;s, en f&#233;vrier 2010, &#233;taient de fait ill&#233;gales. &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; qui devrait mettre fin &#224; ces menaces de &#8220;d&#233;lit continu&#8221; qui inqui&#232;tent tant tous ceux qui refusent le pr&#233;l&#232;vement ADN et qui souvent finissent par c&#233;der&lt;/i&gt;, explique l'ex-pr&#233;venu &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Cette d&#233;cision va &#233;videmment faire jurisprudence. D'autant que l'on peut &#234;tre quasiment s&#251;rs que le parquet ne fera pas appel puisqu'elle &#233;mane du procureur. &#187;&lt;/i&gt; Lequel n'a pas gaspill&#233; sa salive dans l'affaire : d&#233;sormais, plus question de cracher n'importe quand, c'est d&#233;j&#224; &#231;a !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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