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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>(Im)posture r&#233;publicaine</title>
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		<dc:date>2024-06-21T11:54:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ettore Fontana</dc:creator>


		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Lille comme &#224; Rouen, la loi s&#233;paratisme et son contrat d'engagement r&#233;publicain continuent de faire des d&#233;g&#226;ts dans le monde associatif. &#201;ni&#232;me &#233;pisode de r&#233;pression des libert&#233;s associatives. Depuis la loi s&#233;paratisme de 2021, le contrat d'engagement r&#233;publicain (CER) est la nouvelle arme de l'&#201;tat pour couper les subventions des associations g&#234;nantes. On se souvient en 2022 du planning familial de Chalon-sur-Sa&#244;ne attaqu&#233; par le maire pour avoir repr&#233;sent&#233; une femme voil&#233;e sur sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-231-en-kiosque" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 231 (juin 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Lille comme &#224; Rouen, la loi s&#233;paratisme et son contrat d'engagement r&#233;publicain continuent de faire des d&#233;g&#226;ts dans le monde associatif. &#201;ni&#232;me &#233;pisode de r&#233;pression des libert&#233;s associatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1731.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH657/-1731-767f4.jpg?1779678142' width='500' height='657' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;epuis la loi s&#233;paratisme de 2021, le contrat d'engagement r&#233;publicain (CER) est la nouvelle arme de l'&#201;tat pour couper les subventions des associations g&#234;nantes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Chantage &#224; l'id&#233;ologie r&#233;publicaine &#187;, CQFD n&#176;221 (juin 2023).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. On se souvient en 2022 du planning familial de Chalon-sur-Sa&#244;ne attaqu&#233; par le maire pour avoir repr&#233;sent&#233; une femme voil&#233;e sur sa communication. La m&#234;me ann&#233;e, Alternatiba Poitiers avait &#233;t&#233; mis sous pression par la pr&#233;fecture pour avoir organis&#233; un d&#233;bat sur la d&#233;sob&#233;issance civile tandis que des assos d'&#233;duc pop de Brest &#233;taient attaqu&#233;es toujours par la pref pour leur soutien au squat l'Avenir&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; &#192; Brest, pr&#233;fet r&#233;pressif contre milieu associatif &#187;, CQFD n&#176;229 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Deux nouvelles affaires viennent de sortir. Elles permettent de mieux cerner certains effets n&#233;fastes du CER : l'absence de contradictoire, et des cons&#233;quences en cascade.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des accusations ridicules&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 30 avril dernier, on apprenait que la M&#233;tropole europ&#233;enne de Lille (MEL) coupait 38 000 &#8364; de subventions &#224; l'Atelier populaire d'urbanisme (APU) du Vieux-Lille, une association de d&#233;fense des locataires et de soutien aux luttes d'habitants. Son tort ? Avoir &#233;t&#233; pr&#233;sente lors d'une expulsion de plusieurs familles de gens du voyage mi-f&#233;vrier. La MEL, qui diligentait l'expulsion, accuse l'association d'avoir enfreint le CER en ayant g&#233;n&#233;r&#233;&#171; &lt;i&gt;un climat de violence et de haine&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; Lille, une association d'aide aux mal-log&#233;s, nouvelle victime de la loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; &#224; l'encontre de ses agents pr&#233;sents sur les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que pour &#233;tayer ses accusations, l'institution s'emm&#234;le les pinceaux : lors d'un premier rendez-vous le 19 avril, elle accuse une des salari&#233;es de l'APU &#171; &lt;i&gt;d'avoir prononc&#233; deux phrases envers des agents de la MEL pr&#233;sents lors de l'expulsion. La premi&#232;re : &#8220;Vous n'avez pas honte ?&#8221; Et la seconde, une question du type : &#8220;Est-ce que vous dormirez sur vos deux oreilles apr&#232;s avoir r&#233;alis&#233; cette expulsion ?&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Face au ridicule des accusations, l'institution r&#233;trop&#233;dale quelques jours plus tard. Dans une interview &#224; France 3 R&#233;gion, la directrice &#171; habitat &#187; de l'institution explique que &#171; &lt;i&gt;la question des phrases est anecdotique, ce n'est pas le fond du probl&#232;me&lt;/i&gt; &#187;. Mais quel est-il alors ? Plus de trois mois apr&#232;s les faits, on ne sait toujours pas. De son c&#244;t&#233;, l'association nie formellement ces accusations depuis le premier jour et assume son intervention sur le terrain : &#171; &lt;i&gt;Non seulement [notre intervention] n'&#233;tait pas entach&#233;e d'erreurs mais [elle] montre en r&#233;alit&#233; une implication enti&#232;re dans la mission qui est la n&#244;tre : soutien moral aux familles expuls&#233;es, prise d'informations aupr&#232;s de l'huissier, contacts t&#233;l&#233;phoniques avec le vice-pr&#233;sident et d'autres &#233;lus de la MEL, n&#233;gociation du relogement avec les agents, etc.&lt;/i&gt; &#187; Et de s'interroger : &#171; &lt;i&gt;En pleine crise du logement, alors que les impay&#233;s et les expulsions explosent et que l'acc&#232;s aux droits des mal-log&#233;s est toujours plus fragilis&#233;, pourquoi vouloir la mort de l'APU du Vieux-Lille ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cascade d'emmerdes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, le 16 mai, c'est l'Association de soutien &#224; tous les immigr&#233;s&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus d'infos sur : astipetitquevilly.fr.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; (ASTI) de Petit-Quevilly, pr&#232;s de Rouen, qui se faisait couper l'ensemble de ses subventions &#171; &lt;i&gt;politique de la ville&lt;/i&gt; &#187; tandis que deux postes d'adulte-relais n'&#233;taient pas renouvel&#233;s par la pr&#233;fecture de Seine-Maritime. Cette association de quartier populaire, qui d&#233;veloppe une multitude d'actions &#224; destination des jeunes et de leurs parents, est attaqu&#233;e pour sa d&#233;nonciation des violences polici&#232;res. Plus pr&#233;cis&#233;ment elle est accus&#233;e d'avoir relay&#233; un appel &#224; manifestation devant la mairie de Rouen suite &#224; l'assassinat de Nahel Merzouk, &#224; Nanterre, en juin dernier&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En Seine-Maritime, l'&#201;tat sanctionne une association de solidarit&#233; qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Un rassemblement interdit quelques heures avant par la pr&#233;fecture et appel&#233; par un grand nombre d'organisations locales (LFI, Soul&#232;vements de la terre, NPA, Solidaires&#8230;) qui s'est finalement d&#233;roul&#233; dans le calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que huit mois plus tard, suite &#224; un premier rendez-vous avec un sous-pr&#233;fet, et en voyant toutes ses demandes de subvention rest&#233;es sans r&#233;ponse, que l'association commence &#224; s'inqui&#233;ter. Elle sollicite &#224; plusieurs reprises la pr&#233;fecture, qui reste &#233;vasive. Le 26 mars, un courrier du pr&#233;fet vient en partie lever le flou. Il pr&#233;vient l'ASTI qu'&#171; &lt;i&gt;il est attendu d'une association qui sollicite des subventions publiques de conserver une posture r&#233;publicaine et de s'abstenir de toute action portant atteinte &#224; l'ordre public conform&#233;ment aux engagements pris &#187;.&lt;/i&gt; Et se fait plus pr&#233;cis en reprochant ensuite &#171; &lt;i&gt;les positions exprim&#233;es par [l'] association suite aux &#233;meutes de l'&#233;t&#233; 2023 et notamment les jugements que l'association porte pr&#233;cis&#233;ment sur les services de police&lt;/i&gt; &#187;. Les deux assos ont fait appel &#224; l'Observatoire des libert&#233;s associatives pour les aider juridiquement, et ont pr&#233;vu des &#233;v&#232;nements publics pour organiser la riposte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Ettore Fontana&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Chantage &#224; l'id&#233;ologie r&#233;publicaine &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;221 (juin 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &#192; Brest, pr&#233;fet r&#233;pressif contre milieu associatif &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;229 (avril 2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#192; Lille, une association d'aide aux mal-log&#233;s, nouvelle victime de la loi s&#233;paratisme &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 30/04/2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus d'infos sur : astipetitquevilly.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; En Seine-Maritime, l'&#201;tat sanctionne une association de solidarit&#233; qui a appel&#233; &#224; se mobiliser contre les violences polici&#232;res &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 16/05/2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'amour au temps des rotatives</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-amour-au-temps-des-rotatives</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-amour-au-temps-des-rotatives</guid>
		<dc:date>2023-05-09T15:54:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anachroniques et d&#233;pass&#233;s, les journaux imprim&#233;s ? L'opinion est r&#233;pandue. N'emp&#234;che qu'&#224; CQFD on ne s'est jamais pos&#233; la question d'abandonner la version papier. Pire : on compte bien continuer &#224; batifoler en kiosques dans les ann&#233;es &#224; venir. Et tant pis pour les chiffres : quand on aime, on ne compte pas. Si le bien-fond&#233; de notre pr&#233;sence en kiosque devait se plaider dans un proc&#232;s, on irait droit au casse-pipe. J'imagine d&#233;j&#224; la charge f&#233;roce du procureur : &#171; Comment ? Vous voulez (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no220-mai-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;220 (mai 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Anachroniques et d&#233;pass&#233;s, les journaux imprim&#233;s ? L'opinion est r&#233;pandue. N'emp&#234;che qu'&#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; on ne s'est jamais pos&#233; la question d'abandonner la version papier. Pire : on compte bien continuer &#224; batifoler en kiosques dans les ann&#233;es &#224; venir. Et tant pis pour les chiffres : quand on aime, on ne compte pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3080 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1314.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH475/-1314-2963b.jpg?1779664435' width='500' height='475' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;i le bien-fond&#233; de notre pr&#233;sence en kiosque devait se plaider dans un proc&#232;s, on irait droit au casse-pipe. J'imagine d&#233;j&#224; la charge f&#233;roce du procureur : &#171; &lt;i&gt;Comment ? Vous voulez toucher un maximum de gens et vous mettez la majeure partie de votre &#233;nergie dans une parution papier ? En 2023 ? Avec vos moyens financiers &#233;clat&#233;s au sol ? Vous cherchez la faillite ?&lt;/i&gt; &#187; Gueule atterr&#233;e du juge nous matant comme des d&#233;traqu&#233;s, avant d'ass&#233;ner son verdict : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes des pitres ! Au pilori !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur retors nichant dans mon cerveau n'a pas tort : il y a pl&#233;thore d'arguments valables &#224; opposer &#224; notre sacerdoce papier. Apr&#232;s 20 ans d'existence pr&#233;caire, on est bien plac&#233;s pour le savoir. Parmi les arguments nomin&#233;s : co&#251;t croissant du papier et de la diffusion, ma&#238;trise al&#233;atoire des placements en kiosque, points de vente globalement en perdition, lectorat basculant progressivement dans l'&#232;re d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, temps pass&#233; &#224; bichonner la maquette&#8230; Une liste qui pourrait s'allonger sur des pages, les raisons &lt;i&gt;objectives&lt;/i&gt; de passer au tout num&#233;rique grouillant comme des puces au grand Salon du cl&#233;bard de rue. D'autant que les exemples de m&#233;dias n&#233;s sans attribut papier et remplissant vaillamment leur r&#244;le sont l&#233;gion, du mainstream &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; au boutefeu &lt;i&gt;LundiMatin&lt;/i&gt; en passant par &lt;i&gt;Basta&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Street Press&lt;/i&gt; ou tous les sites Mutu&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le r&#233;seau Mutu f&#233;d&#232;re plusieurs sites d'infos alternatifs locaux &#224; travers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de France et de Navarre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, personne &#224; la r&#233;dac' ne s'est jamais hasard&#233; &#224; formuler s&#233;rieusement cette simple question : pourquoi continuer &#224; imprimer notre journal ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'encre est contagieuse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, le papier est un virus. D&#233;vastateur. Perso, je me le suis d&#233;finitivement inocul&#233; avec la parution du premier num&#233;ro du bimestriel &lt;i&gt;Article11&lt;/i&gt;, en novembre 2010. Quelques mois plus t&#244;t, on avait d&#233;cid&#233; avec quelques doux dingues que le site internet qu'on avait cr&#233;&#233; en 2008 avec mon fr&#232;re &#233;tait certes tr&#232;s lu (&#224; notre &#233;chelle), mais qu'on allait tout miser sur une version papier, ta&#239;aut ! Le d&#233;but d'une servitude de quelques ann&#233;es, &#224; la fois pure gal&#232;re (les bouclages de la mort) et joie renouvel&#233;e d'arpenter les chemins de fer. Depuis, j'en ai rencontr&#233; des accros, &#244; combien, facilement reconnaissables &#224; leurs regards habit&#233;s d&#232;s lors qu'il s'agit d'&#233;voquer le parfum des rotatives.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Avant toute chose, le papier est un virus&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Parmi les a&#238;n&#233;s, il y avait notamment Michel Butel. Dans les ann&#233;es 1980, ce r&#234;veur f&#233;d&#233;rateur avait lanc&#233; &lt;i&gt;L'Autre journal&lt;/i&gt;, mensuel qui d&#233;tonnait dans la torpeur des ann&#233;es fric et se piquait de publier Deleuze ou de faire dialoguer Duras et Mitterrand, rien que &#231;a. Trente ans plus tard, au d&#233;but des ann&#233;es 2010, alors qu'il avait entre-temps lanc&#233; et crash&#233; deux autres publications, &lt;i&gt;Encore&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Azur&lt;/i&gt;, il voulait &#224; tout prix lancer un nouveau titre, dont il parlait en roulant des yeux de merlan frit. Il n'avait pas une thune ? Et alors ? Dont acte. Ce fut &lt;i&gt;L'Impossible&lt;/i&gt;, pur ovni po&#233;tique et fureteur qui ne galopa pas longtemps dans les kiosques. Son programme : &#171; &lt;i&gt;Nous avons invent&#233; ce petit objet pour les nuits blanches et les jours sans f&#234;te. Lisez-le, dispersez-le, donnez-le : faites de la politique.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Impossible, n&#176; 1 (mars 2012).&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Pas de regret, cependant, pour ce combattant de l'encre, qui depuis sa disparition en 2018 sort sans doute un journal quelque part par-del&#224; les nuages&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Triste monde : Joffrin est vivant, Butel est mort &#187;, site de CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#199;a n'avait pas march&#233; ? Tant pis, il avait tent&#233; le coup, avec panache, loin des &#233;crans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Butel et sa g&#233;n&#233;ration d'amoureux de l'encre r&#233;volt&#233;e ont fait des petits. On peut citer son h&#233;ritier feu &lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt;, qui, de mensuel en hebdomadaire, n'a jamais d&#233;laiss&#233; le papier. Mais aussi des myriades de publications toujours debout, allant des revues &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; aux glorieux grenoblois du &lt;i&gt;Postillon&lt;/i&gt; en passant par les incendiaires occitans de &lt;i&gt;L'Empaill&#233;&lt;/i&gt;, les anars ant&#233;diluviens du &lt;i&gt;Monde Libertaire&lt;/i&gt;, les &#233;colos &lt;i&gt;do it yourself&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;L'&#194;ge de faire&lt;/i&gt; ou les f&#233;ministes rugissantes de &lt;i&gt;Panth&#232;re premi&#232;re&lt;/i&gt;. Une profusion de titres, parfois locaux, parfois nationaux, aux formats allant de la revue coup de poing ultra l&#233;ch&#233;e (&lt;i&gt;Ballast&lt;/i&gt;) &#224; la longue missive envoy&#233;e par La Poste (&lt;i&gt;La Disparition&lt;/i&gt;)&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut aussi mentionner Fakir qui, avant de devenir l'&#233;tendard d'un homme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En qu&#234;te d'une vision d'ensemble, on pourrait m&#234;me s'&#233;tendre loin des kiosques et librairies, pour mentionner les myriades de fanzines bricol&#233;s et diffus&#233;s dans leur coin par des acharn&#233;s. &#192; l'image de l'a&#239;eul ricain Cometbus, dont le fondateur aime &#224; dire que &#171; &lt;i&gt;les fanzines voyagent comme les brindilles des nids des oiseaux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les fanzines ont des ailes (les punks et les bouquinistes aussi) &#187;, CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;. Piou piou c'est nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;sert des &#233;crans&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps, le fringant canard qui caquette entre tes mains s'est dot&#233; d'un nouveau site internet&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un site r&#233;alis&#233; par le lumineux Pierre Tandille, que nous remercions encore.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. L'id&#233;e &#233;tait simple : attirer du monde en ligne pour faire d&#233;couvrir les articles de notre version papier et provoquer une ru&#233;e vers les abonnements. Scoop : malgr&#233; son &lt;i&gt;swag&lt;/i&gt; graphique et beaucoup de temps pass&#233; dessus, &#231;a n'a pas &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; march&#233;. De m&#234;me que le fait d'avoir plus de 15 000 abonn&#233;s sur Twitter n'a pas &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; l'air de booster nos ventes. Non que ce soit inutile, hein, mais la port&#233;e de toute cette activit&#233; num&#233;rique semble r&#233;duite, perdue dans le vaste oc&#233;an des clics. Dans le m&#234;me temps, l'arriv&#233;e &#224; la r&#233;dac' de camarades davantage port&#233;s sur la vente &#224; la cri&#233;e en manif et les pr&#233;sentations dans des lieux amis a eu pour le coup des effets imm&#233;diats : des abonnements, des centaines d'exemplaires vendus, des rencontres&#8230; Au final : un bout d'&#233;lan vers l'ext&#233;rieur du local de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pour les ours que nous avons trop souvent tendance &#224; &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Un m&#233;dia num&#233;rique ne peut jamais avoir cette respiration, ce contact avec le r&#233;el &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquant les diff&#233;rentes &#233;tapes de la construction et de la diffusion d'un journal papier tel que le n&#244;tre, l'ami et historique du Chien Rouge Mathieu L&#233;onard r&#233;sume sa vision des choses ainsi : &#171; &lt;i&gt;Un m&#233;dia num&#233;rique ne peut jamais avoir cette respiration, ce contact avec le r&#233;el. C'est ce qui est pr&#233;cieux avec le papier : la possibilit&#233; du passage de la main &#224; la main.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, l'&#233;poque n'est pas exactement reluisante pour les tenants de l'encre et du &#171; &lt;i&gt;passage main &#224; la main&lt;/i&gt; &#187;. Mais on est certains que les partisans de la rotative, fa&#231;onneurs comme lecteurs, vont continuer &#224; y trouver du sens. Car ce n'est pas seulement une sorte de bataille des anciens et des modernes qui se rejouerait, avec au final une victoire in&#233;luctable de la galaxie des &#233;crans et de son &#233;toile de la mort algorithmique. Non, le combat men&#233; tient d'abord &#224; une conception de l'information, au sens large, de tout ce qu'il faut polir et fa&#231;onner pour lui donner l'&#233;crin qu'elle m&#233;rite et permettre au lecteur de se l'approprier. Une alchimie sans recette absolue, m&#234;lant soin maniaque apport&#233; aux textes, qu&#234;te graphique et outils journalistiques. C'est faisable en ligne, bien s&#251;r, mais &#224; mes yeux il manquera toujours quelque chose, comme un plat sans &#233;pices.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Presse : ne pas consommer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#8220;La consommation de l'information&#8221; : j'ai vu, de mes yeux vu, un journaliste laisser un de ceux qui organisent (financent) les flux d'aujourd'hui prononcer cette expression sans r&#233;agir.&lt;/i&gt; &#187; C'est dans le chant du cygne de l'ultime fourn&#233;e du &lt;i&gt;Tigre&lt;/i&gt; que le journaliste et camarade Rapha&#235;l Meltz livrait cette anecdote. Pour titre de ce dernier num&#233;ro, constitu&#233; d'un unique article : &#171; Pourquoi faire un journal ? &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Tigre n&#176; 13 (11/09/2010).&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; Malgr&#233; le constat d'&#233;chec (&lt;i&gt;adios&lt;/i&gt; grand &lt;i&gt;Tigre&lt;/i&gt;), il y faisait preuve d'une verve contagieuse, estimant &#224; l'instar de son &lt;i&gt;compadre&lt;/i&gt; Michel Butel qu'un &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; journal &#233;tait avant tout une &#339;uvre collective, une rencontre agissante ne pouvant se r&#233;sumer &#224; des calculs comptables. Quelque chose que l'on ne saurait b&#234;tement commander et consommer en quelques clics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point de vue que l'on endosse hardiment. &#192; tel point qu'on le proclame haut et fort : si tu aimes nous lire ou nous utiliser pour emballer tes m&#233;rous, sache qu'on va continuer &#224; hanter les kiosques, les bo&#238;tes aux lettres et les manifs. Et si tu viens nous serrer la paluche &#224; l'occasion, on en sera ravis. Faudra juste pas se formaliser pour les taches d'encre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le r&#233;seau Mutu f&#233;d&#232;re plusieurs sites d'infos alternatifs locaux &#224; travers la France (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://reseaumutu.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reseaumutu.info&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Impossible&lt;/i&gt;, n&#176; 1 (mars 2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Triste-monde-Joffrin-est-vivant' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Triste monde : Joffrin est vivant, Butel est mort&lt;/a&gt; &#187;, site de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (30/07/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut aussi mentionner &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; qui, avant de devenir l'&#233;tendard d'un homme politique (quoi qu'on pense de son fondateur, le d&#233;put&#233; LFI Fran&#231;ois Ruffin), &#233;tait l'un des fers de lance d'une presse de gauche se revendiquant alternative et imprim&#233;e &#224; l'huile de coude. Ou encore &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; avant son virage r&#233;ac.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-fanzines-ont-des-ailes-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt; Les fanzines ont des ailes (les punks et les bouquinistes aussi)&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 205 (janvier 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un site r&#233;alis&#233; par le lumineux Pierre Tandille, que nous remercions encore.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt; n&#176; 13 (11/09/2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Calais, des militants britanniques chass&#233;s de France</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-Calais-des-militants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/A-Calais-des-militants</guid>
		<dc:date>2022-06-17T11:58:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Lapaffe</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ils avaient particip&#233; &#224; des ouvertures de squats pour loger des personnes exil&#233;es &#224; Calais : deux militants britanniques se sont vu retirer leurs titres de s&#233;jour sous des pr&#233;textes fallacieux. L'un d'eux a m&#234;me &#233;cop&#233; d'une interdiction de retour sur le territoire fran&#231;ais pour une dur&#233;e d'un an. Il se bat pour faire annuler la d&#233;cision. En f&#233;vrier dernier, dans un mouvement de solidarit&#233; avec les personnes exil&#233;es, des r&#233;quisitions de b&#226;timents vides ont eu lieu &#224; Calais. Le projet &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no210-juin-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;210 (juin 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils avaient particip&#233; &#224; des ouvertures de squats pour loger des personnes exil&#233;es &#224; Calais : deux militants britanniques se sont vu retirer leurs titres de s&#233;jour sous des pr&#233;textes fallacieux. L'un d'eux a m&#234;me &#233;cop&#233; d'une interdiction de retour sur le territoire fran&#231;ais pour une dur&#233;e d'un an. Il se bat pour faire annuler la d&#233;cision.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4607 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200calais_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH367/1200calais_resultat-2-7fc92.jpg?1780136588' width='500' height='367' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Ruoyi Jin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier dernier, dans un mouvement de solidarit&#233; avec les personnes exil&#233;es, des r&#233;quisitions de b&#226;timents vides ont eu lieu &#224; Calais. Le projet &#233;tait de &#171; &lt;i&gt;cr&#233;er des espaces ouverts, prot&#233;g&#233;s de la violence de l'&#201;tat et des discriminations, o&#249; le statut administratif d'une personne n'a pas d'impact sur sa capacit&#233; &#224; satisfaire ses besoins&lt;/i&gt; &#187;, expliquait le collectif Calais Logement pour toustes dans un communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un immeuble de quinze &#233;tages et un manoir sont alors r&#233;quisitionn&#233;s. Si la tour est rapidement expuls&#233;e &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; par le Raid (unit&#233; dont la fonction premi&#232;re est de lutter contre le crime organis&#233;, le grand banditisme et le terrorisme), le manoir situ&#233; rue Fr&#233;d&#233;ric-Sauvage est toujours habit&#233; &#224; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites. Surnomm&#233; la &lt;i&gt;Ghost House&lt;/i&gt;, ce squat est devenu le foyer d'une vingtaine de personnes exil&#233;es et de trois militant&#183;es, dont deux Britanniques. La vie quotidienne y est organis&#233;e sans hi&#233;rarchie, les t&#226;ches sont r&#233;parties entre les habitant&#183;es et les d&#233;cisions sont prises collectivement. Cette initiative semble avoir fortement d&#233;plu &#224; la pr&#233;fecture du Pas-de-Calais, &#224; en juger par les mesures administratives prises &#224; l'encontre des deux militants britanniques habitant le squat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une proc&#233;dure instrumentalis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 29 avril, lors d'un contr&#244;le routier, Atlas*&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms suivis d'une ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, 22 ans, est interpell&#233; et conduit au poste de la police aux fronti&#232;res de Coquelles, en p&#233;riph&#233;rie de Calais. Au bout de quinze heures sur place, on lui apprend que son titre de s&#233;jour de cinq ans lui a &#233;t&#233; retir&#233;. Pire, il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire fran&#231;ais (OQTF) et va &#234;tre plac&#233; au centre de r&#233;tention administrative de Lille-Lesquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de cet emballement pr&#233;fectoral ? Un soi-disant &#171; &lt;i&gt;d&#233;faut&lt;/i&gt; &#187; d'adresse. C'est-&#224;-dire ? Le 3 mars, la pr&#233;fecture adresse &#224; Atlas une convocation &#224; laquelle il ne r&#233;pond pas, pour la bonne raison qu'il ne l'a pas re&#231;ue, affirme-t-il. Cinq jours plus tard, le 8 mars, explique-t-il toujours, la pr&#233;fecture, consid&#233;rant qu'il appartient &#224; la personne &#233;trang&#232;re de prendre les pr&#233;cautions n&#233;cessaires pour r&#233;ceptionner ses convocations, lui adresse par courrier une OQTF. Ce deuxi&#232;me courrier non plus, Atlas ne l'a jamais re&#231;u. &#171; &lt;i&gt;Cette histoire de d&#233;faut d'adresse est tellement ridicule&#8230;,&lt;/i&gt; commente-t-il. &lt;i&gt;Il suffit de jeter un &#339;il &#224; mon dossier pour comprendre que ce n'est rien d'autre qu'un pr&#233;texte, une tr&#232;s faible excuse, fabriqu&#233;e par les autorit&#233;s administratives pour punir un militant qui a lutt&#233; pour les droits des personnes exil&#233;es &#224; Calais.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai rien fait d'ill&#233;gal, donc ils instrumentalisent une proc&#233;dure administrative &#224; des fins p&#233;nales.&lt;/i&gt; &#187; Atlas &#233;voque &#233;galement le fait que, pendant un an et demi, il a toujours re&#231;u ses courriers &#224; l'adresse pour laquelle la pr&#233;fecture pr&#233;tend avoir constat&#233; un d&#233;faut d'adresse. Parmi les courriers arriv&#233;s &#224; bon port, certains &#233;manaient d'ailleurs d'un &#233;tablissement public rattach&#233; au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, l'Antai (Agence nationale de traitement automatis&#233; des infractions).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un dernier doigt d'honneur de la pr&#233;fecture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce week-end du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; mai, Atlas le passe donc enferm&#233; au centre de r&#233;tention administrative de Lille-Lesquin. Un lieu d'enfermement dont il ne tardera pas &#224; d&#233;noncer les conditions de vie dans un communiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les autorit&#233;s nous traitent comme des animaux [&#8230;]. Ils nous laissent dormir par terre, et personne ne nous informe de l'avanc&#233;e de nos d&#233;marches juridiques &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/i&gt; &#187; Atlas d&#233;crit le contraste entre le comportement brutal des policiers qui &#171; &lt;i&gt;n'ont rien &#224; faire de notre bien-&#234;tre et de nos besoins fondamentaux&lt;/i&gt; &#187; et la forte solidarit&#233; entre les personnes retenues&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, Atlas s'est lanc&#233; dans la pr&#233;paration d'une saisine de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 2 mai, Atlas est finalement lib&#233;r&#233; par la cour d'appel de Douai pour vice de proc&#233;dure. Un soulagement &#233;ph&#233;m&#232;re : une demi-heure apr&#232;s la d&#233;cision, il apprend que la pr&#233;fecture a pris la d&#233;cision, en attendant son expulsion vers le Royaume-Uni, de l'assigner &#224; r&#233;sidence dans un centre d'accueil et d'examen des situations (CAES). L'&#233;tablissement se trouve dans la commune d'Arques, &#224; 45 minutes en voiture de Calais, la ville o&#249; il vit. Le jeune homme disposait pourtant de preuves d'habitation au squat de la rue Fr&#233;d&#233;ric-Sauvage, et de deux promesses d'h&#233;bergements &#224; Calais. &#171; &lt;i&gt;Un dernier doigt d'honneur de la pr&#233;fecture avant que je parte&lt;/i&gt; &#187;, commente Atlas, qui a finalement d&#233;cid&#233; d'anticiper son expulsion en rentrant de lui-m&#234;me en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le militant n'a pour l'instant pas le droit de revenir en France : lors de son placement en r&#233;tention, la pr&#233;fecture lui a notifi&#233; une interdiction de retour sur le territoire fran&#231;ais (IRTF) d'un an, punition pour n'avoir pas quitt&#233; l'Hexagone par lui-m&#234;me dans un d&#233;lai de 30 jours apr&#232;s l'&#233;mission de son OQTF du 8 mars &#8211; dont il n'avait pas connaissance, puisqu'il n'a jamais re&#231;u le courrier la contenant et qu'aucun autre effort (t&#233;l&#233;phone, mail) n'a &#233;t&#233; tent&#233; pour le mettre au courant.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Compl&#232;tement absurde &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire d'Atlas a beaucoup inqui&#233;t&#233; un de ses camarades, Nick*, lui aussi britannique, lui aussi impliqu&#233; dans les ouvertures de squats &#224; Calais en f&#233;vrier et lui aussi nomm&#233; dans la proc&#233;dure d'expulsion de la &lt;i&gt;Ghost House&lt;/i&gt;. Afin de clarifier sa propre situation, Nick d&#233;cide d'envoyer un courriel &#224; la pr&#233;fecture du Pas-de-Calais pour demander si son dossier administratif pose probl&#232;me. R&#233;ponse de l'employ&#233;&#183;e de la pr&#233;fecture : &#187; &lt;i&gt;Je ne vois rien sur notre applicatif.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Je n'aurais jamais d&#251; croire la pr&#233;fecture : ils sont pr&#234;ts &#224; mentir pour rendre la vie impossible aux personnes exil&#233;es et &#224; leurs soutiens&lt;/i&gt; &#187;, soupire le militant... Car samedi 14 mai, en tentant de rejoindre l'Angleterre pour des vacances, Nick est inform&#233; qu'une OQTF datant du 8 avril a &#233;galement &#233;t&#233; prise &#224; son encontre. Les policiers refusent de lui en donner une copie ni aucune autre information si ce n'est que son titre de s&#233;jour lui a &#233;t&#233; retir&#233;. &#171; &lt;i&gt;La police aux fronti&#232;res m'a dit que je pouvais revenir en France quand je voulais, que la pr&#233;fecture n'avait pas pris d'IRTF contre moi, mais bon, on ne peut vraiment pas croire ce qu'ils disent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux militants d&#233;noncent l'opacit&#233; du processus : &#171; &lt;i&gt;On ne nous a inform&#233;s de nos OQTF qu'apr&#232;s la fin du d&#233;lai de d&#233;part volontaire de 30 jours. Ils ont fait &#231;a expr&#232;s pour qu'on ne puisse pas contester ces mesures injustes et pour justifier le placement d'Atlas en CRA et son IRTF&lt;/i&gt; &#187;, estime Nick. &#171; &lt;i&gt;C'est compl&#232;tement absurde que j'aie &#233;t&#233; notifi&#233; de mon OQTF au moment de mon d&#233;part de la France. Imagine si je m'&#233;tais fait contr&#244;ler avant &#231;a dans la rue &#224; Calais, comme Atlas&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ne pas l&#226;cher l'affaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tous les deux sont actuellement en Angleterre et pr&#233;parent leur d&#233;fense, avec une &#233;quipe de juristes et avocat&#183;es. &#171; &lt;i&gt;Nous irons jusqu'au bout, jusqu'au Conseil d'&#201;tat ou la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme s'il le faut. Pas seulement parce que ce qui nous est arriv&#233; est emb&#234;tant pour nos vies, mais surtout pour &#233;viter que &#231;a arrive aux autres militant&#183;es &#233;tranger&#183;es &#224; Calais et ailleurs en France&lt;/i&gt; &#187;, explique Nick. Il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Calais a toujours &#233;t&#233; un terrain de jeux pour les autorit&#233;s, un lieu o&#249; tester de nouvelles mesures r&#233;pressives, avant de les &#233;tendre &#224; tout le territoire national. On ne peut pas l&#226;cher l'affaire, il faut d&#233;noncer ce qu'ils font.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me son de cloche d&#233;termin&#233; du c&#244;t&#233; d'Atlas : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s qu'on aura gagn&#233;, on va rentrer &#224; Calais et continuer les ouvertures de squats jusqu'&#224; ce que toutes les personnes qui se trouvent &#224; la rue aient un toit. On va continuer de lutter. Ils n'ont pas compris que tout &#231;a ne change rien si ce n'est que cela donne de l'&#233;nergie, de la motivation, et la rage aux militant&#183;es.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Atlas et Nick d&#233;noncent de concert la gravit&#233; de ce qui leur est arriv&#233;, ils savent aussi et tiennent &#224; rappeler que &#171; &lt;i&gt;ce n'est rien par rapport &#224; ce que subissent les personnes exil&#233;es &#224; Calais tous les jours&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Dominique Lapaffe&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms suivis d'une ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis, Atlas s'est lanc&#233; dans la pr&#233;paration d'une saisine de la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233; au sujet du CRA de Lille-Lesquin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le flow de Moria</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-flow-de-Moria</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-flow-de-Moria</guid>
		<dc:date>2021-12-14T12:23:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robin Bouctot</dc:creator>


		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Coinc&#233; sur l'&#238;le grecque de Lesbos depuis deux ans, Mohamed Hussein, jeune rappeur afghan, a connu les &#233;pouvantables conditions de vie du camp de Moria. Ses morceaux sont la chronique des destin&#233;es bris&#233;es par la forteresse Europe. Une dizaine de jours apr&#232;s le grand incendie des 8 et 9 septembre 2020, Mohamed et quelques potes se faufilent entre les barrages et les patrouilles pour parcourir les ruines du camp de Moria, sur l'&#238;le grecque de Lesbos. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; plus de 20 000 &#8211; au plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no204-decembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;204 (d&#233;cembre 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Coinc&#233; sur l'&#238;le grecque de Lesbos depuis deux ans, Mohamed Hussein, jeune rappeur afghan, a connu les &#233;pouvantables conditions de vie du camp de Moria. Ses morceaux sont la chronique des destin&#233;es bris&#233;es par la forteresse Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200rapmoria_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH766/1200rapmoria_resultat-79066.jpg?1780239487' width='500' height='766' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Ruoyi Jin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne dizaine de jours apr&#232;s le grand incendie des 8 et 9 septembre 2020, Mohamed et quelques potes se faufilent entre les barrages et les patrouilles pour parcourir les ruines du camp de Moria, sur l'&#238;le grecque de Lesbos. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; plus de 20 000 &#8211; au plus fort de la crise &#8211;, 13 000 exil&#233;s y survivaient encore au moment du sinistre, contraints &#224; l'isolement par la flamb&#233;e du Covid et entass&#233;s dans des conditions d&#233;plorables&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet : &#171; &#192; Lesbos, contre les barbel&#233;s de la mer &#201;g&#233;e &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En septembre 2020, la &#171; honte de l'Europe &#187; &#233;tait ray&#233;e de la carte par les flammes. Les exil&#233;s, eux, ont aussit&#244;t &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s vers d'autres camps, gu&#232;re diff&#233;rents, voire encore plus ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pieds dans la cendre et le verre pil&#233;, au milieu des containers cram&#233;s, des t&#244;les &#224; moiti&#233; fondues et des restes de ce qui fut, un temps, le plus grand camp de r&#233;fugi&#233;s d'Europe, le jeune afghan commence &#224; rapper &#171; &lt;i&gt;au nom de la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#199;a donne &lt;i&gt;Dead Rabbits&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Produit par Heartboy et &#224; &#233;couter sur YouTube.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Un texte brut, scand&#233; en farsi. Un cri de rage d&#233;clam&#233; avec ses tripes et l'indescriptible col&#232;re accumul&#233;e pendant ses longs mois de descente aux enfers. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes aussi des humains, quelle est notre diff&#233;rence&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/ nous ne sommes pas des criminels ou des animaux&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;o&#249; est cette culture occidentale&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;o&#249; sont les droits de l'homme&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;bite Mohamed, face cam&#233;ra, au milieu des d&#233;combres.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/QNCxVVT2FK8&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Ce que j'&#233;cris, ce que je dis, c'est ce que j'ai devant moi. C'est ce que je vois, dans notre cage. Je ne cherche pas &#224; faire des rimes, c'est juste l'horreur de notre vie&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-il des mois plus tard &#224; la terrasse d'un petit caf&#233; de Mytil&#232;ne, la grande ville de l'&#238;le de Lesbos. &#192; deux rues de l&#224;, le port et les embarcations de Frontex&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'agence europ&#233;enne de garde-fronti&#232;res et de garde-c&#244;tes, cr&#233;&#233;e en 2004, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; le font rire jaune : &#171; &lt;i&gt;Ces gros navires de guerre, l&#224;, &#231;a ressemble &#224; des bateaux pour venir en aide &#224; des gens en mer&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Le jeune homme au regard noir porte une queue de cheval et une fine barbe. Une veste camouflage cache des avant-bras tatou&#233;s et des ongles vernis. Il fume lentement une des quelques cigarettes qu'il s'offre chaque jour. Il a 26 ans, et plus vraiment de r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un chaos nomm&#233; Moria&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis venu en Europe avec des projets. &#201;tudier l'astrophysique &#224; l'universit&#233;, faire de la musique, construire une vie, ce genre de trucs. J'ai tout perdu &#224; Moria. Tout. L&#224;-bas, la seule chose qui comptait, c'&#233;tait : comment survivre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Il y est rest&#233; coinc&#233; pendant neuf mois, en 2019. &#171; &lt;i&gt;Dans cet enfer&lt;/i&gt; &#187;, au milieu des tentes et des abris de fortune, des gosses &#224; la d&#233;rive et des m&#232;res en d&#233;tresse, rong&#233; par la peur et bouff&#233; par la haine. &#171; &lt;i&gt;Tous mes espoirs se sont effondr&#233;s l&#224;. J'avais des id&#233;es suicidaires.&lt;/i&gt; &#187; Et de s'interroger : &#171; &lt;i&gt;Comment je pourrais avoir un enfant un jour et lui dire que les hommes sont capables de &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Comment y croire apr&#232;s tout ce que j'ai vu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ado, en Afghanistan, Mohamed est un jeune ath&#233;e r&#233;volt&#233;, bien seul dans une famille croyante, menac&#233; par le pire et r&#234;vant du meilleur. Il &#233;crit d&#233;j&#224; un peu. Se remplit les oreilles de hip-hop, galvanis&#233; par ceux qui rappent leur douleur et la noirceur de leur monde ; blas&#233; par ceux qui s'inventent un style mi-gangsta, mi-bling-bling. Dans son coin il bidouille des sons et essaye d'y poser sa voix. &#171; &lt;i&gt;Je devais faire &#231;a en cachette : mes paroles &#233;taient contre les talibans, contre les fascistes, contre l'islam qu'on nous imposait...&lt;/i&gt; &#187; Devenu adulte, son pays change, le ton de ses proches aussi. Mohamed est de plus en plus critiqu&#233; et rejet&#233;. Menac&#233; de mort par un de ses oncles proche des talibans, il prend la fuite en 2016, aid&#233; par sa m&#232;re. Il rejoint l'Iran o&#249; il bosse comme un furieux dans des usines et met de c&#244;t&#233; le petit p&#233;cule indispensable pour prendre la route de l'Europe. Puis c'est la Turquie, apr&#232;s avoir travers&#233; la fronti&#232;re et s'&#234;tre retrouv&#233; &#171; &lt;i&gt;poursuivi par les policiers et leurs chiens pendant des heures, de nuit. On ne comprend pas vraiment ce qu'est une fronti&#232;re tant qu'on n'a pas &#233;t&#233; frapp&#233; en essayant de la traverser&lt;/i&gt; &#187;. &#192; Istanbul, tout se passe mal. On le vole, il passe quelques jours en taule, ressort sans rien, gal&#232;re et flippe d'&#234;tre expuls&#233; &#224; tout instant. Il y restera deux ans avec &#171; &lt;i&gt;d'autres Afghans&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit, &#224; l'automne 2019, il embarque finalement dans un canot plein &#224; craquer. L'&#238;le de Lesbos, porte de l'Europe, est &#224; seulement quelques kilom&#232;tres de la Turquie. En journ&#233;e, on devine ses c&#244;tes depuis la plage. L'embarcation passe six heures terrifiantes en mer mais finit par toucher terre. &#171; &lt;i&gt;On nous a tout de suite emmen&#233;s au camp de Moria.&lt;/i&gt; &#187; Le chaos r&#232;gne derri&#232;re les barbel&#233;s du bidonville, qui n'a plus du &#171; &lt;i&gt;centre de r&#233;ception des demandeurs d'asile&lt;/i&gt; &#187; que le nom. En neuf mois, son Europe id&#233;alis&#233;e s'effondre. Pour tenir le coup, le jeune homme apprend l'anglais &#171; &lt;i&gt;&#224; fond&lt;/i&gt; &#187;, fait un peu de traduction et se donne corps et &#226;me &#224; tous ceux qui l'entourent, jusqu'&#224; l'&#233;puisement. La matrice d'une grande col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Tous ces gens n'ont pas choisi de na&#238;tre dans une zone de guerre. Ce n'&#233;tait pas notre choix de fuir&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! J'ai fui pour survivre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! On vient de la guerre, vous entendez &#231;a, bordel&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? On vient de &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Est-ce qu'on n'est pas humains&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ou est-ce qu'ils ne le sont pas, eux&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, fulmine-t-il, ciblant autant les responsables europ&#233;ens, &#171; &lt;i&gt;les fascistes&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les racistes&lt;/i&gt; &#187; que &#171; &lt;i&gt;les jeunes Europ&#233;ens qui pr&#233;f&#232;rent se battre pour les animaux&lt;/i&gt; &#187;. Avant de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;Et pourtant je suis v&#233;g&#233;tarien...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des mots sur les plaies&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La nuit, l'horreur et la col&#232;re accumul&#233;es se transforment en mots, qu'il l&#226;che d'un seul jet sur le papier. Des r&#233;cits d'exil, de vies vol&#233;es, de combat, de sang, de gamins coinc&#233;s dans des barbel&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est sous mes yeux, je n'invente rien.&lt;/i&gt; &#187; Mohamed parle, &#233;coute, se fait des potes. Plus tard, il pose ses mots sur des instrus, envoy&#233;es par des copains militants ou piqu&#233;es sur internet. &#171; &lt;i&gt;Ce qui compte l&#224;-dedans, ce n'est pas la musique, mais que les gens entendent ce que je dis&lt;/i&gt; &#187;, insiste le jeune rappeur, tout pr&#232;s de sortir son premier album, bricol&#233; dans un petit appartement de Mytil&#232;ne. &#199;a s'appellera &lt;i&gt;Interview&lt;/i&gt;, l'Europe et les r&#233;fugi&#233;s seront dans tous les morceaux. C'est en farsi, mais Mohamed &#8211; nom de sc&#232;ne MO ou Mohamad ou encore Mohamed, selon les jours &#8211; bosse sur les traductions en anglais. &#171; &lt;i&gt;Les gens doivent entendre nos histoires, c'est le plus important&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#232;te-t-il encore et encore. &#171; &lt;i&gt;Le rap est politique, il doit servir &#224; &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, il a attrap&#233; un micro sur une sc&#232;ne pour la premi&#232;re fois de sa vie. C'&#233;tait &#224; Bineio, un grand squat de Mytil&#232;ne, &#224; l'occasion d'une soir&#233;e &#171; Rap against borders &#187;. Un concert de soutien aux six jeunes r&#233;fugi&#233;s d&#233;clar&#233;s responsables de l'incendie du camp de Moria et condamn&#233;s &#224; des peines astronomiques&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mars et juin 2021 ont eu lieu deux proc&#232;s ayant abouti &#224; la condamnation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Plus de 200 personnes &#233;taient l&#224;. &#171; &lt;i&gt;L'union avec les gens, voir ce que la musique peut faire&#8230; C'&#233;tait &#233;norme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, dit-il. L'&#233;cho de la foule, reprenant &lt;i&gt;Dead Rabbits&lt;/i&gt; avec lui. Une flamme commune. Un cri du c&#339;ur contre cette Europe et ces &#171; &lt;i&gt;politiques qui jouent avec la vie des gens, en prennent quelques-uns ou en enferment d'autres selon leurs besoins&lt;/i&gt; &#187;. Quelques Afghans sont venus le voir &#224; la fin, pour le remercier. Pour lui dire qu'il avait mis des mots sur leurs plaies. Et Mohamed de conclure : &#171; &lt;i&gt;Cette musique n'est pas la mienne, c'est juste nos putains de vies.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Robin Bouctot&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet : &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-Lesbos-contre-les-barbeles-de-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Lesbos, contre les barbel&#233;s de la mer &#201;g&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 185 (mars 2020) et &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Lesbos-une-trainee-de-poudre-qui-n' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lesbos : une tra&#238;n&#233;e de poudre qui n'en finit pas&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 186 (avril 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Produit par Heartboy et &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=QNCxVVT2FK8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;couter&lt;/a&gt; sur YouTube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'agence europ&#233;enne de garde-fronti&#232;res et de garde-c&#244;tes, cr&#233;&#233;e en 2004, pour prot&#233;ger les fronti&#232;res ext&#233;rieures de l'espace de libre circulation de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mars et juin 2021 ont eu lieu deux proc&#232;s ayant abouti &#224; la condamnation respectivement de deux mineurs afghans &#224; cinq ans de prison ferme et de quatre autres jeunes Afghans &#224; dix ans, ferme &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loi &#171; S&#233;paratisme &#187; : les associations dans le viseur</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Loi-Separatisme-les-associations</link>
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		<dc:date>2021-03-06T08:38:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ettore Fontana</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;V&#233;ritable fourre-tout r&#233;pressif, la loi &#171; confortant les principes de la R&#233;publique &#187; s'en prend particuli&#232;rement au secteur associatif. Entre chantage aux subventions et possibilit&#233; accrue de dissolution des associations frondeuses, ce texte est une arme de musellement massif. D&#233;cryptage. Mise au pas des r&#233;seaux sociaux, r&#233;forme de la r&#233;glementation encadrant les cultes, interdiction des certificats de virginit&#233; et de l'instruction &#224; domicile&#8230; Derri&#232;re son racolage islamophobe de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no196-mars-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;196 (mars 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/texte" rel="tag"&gt;texte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Republique" rel="tag"&gt;R&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Amnesty-International" rel="tag"&gt;Amnesty International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-association" rel="tag"&gt;l'association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Separatisme" rel="tag"&gt;S&#233;paratisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/droits" rel="tag"&gt;droits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/associations-dites" rel="tag"&gt;associations dites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ritable fourre-tout r&#233;pressif, la loi &#171; confortant les principes de la R&#233;publique &#187; s'en prend particuli&#232;rement au secteur associatif. Entre chantage aux subventions et possibilit&#233; accrue de dissolution des associations frondeuses, ce texte est une arme de musellement massif. D&#233;cryptage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1731.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH657/-1731-767f4.jpg?1779678142' width='500' height='657' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;ise au pas des r&#233;seaux sociaux, r&#233;forme de la r&#233;glementation encadrant les cultes, interdiction des certificats de virginit&#233; et de l'instruction &#224; domicile&#8230; Derri&#232;re son racolage islamophobe de l'&#233;lectorat RN, la loi &#171; &lt;i&gt;confortant le respect des principes de la R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187;, dite loi &#171; S&#233;paratisme &#187;, modifie en profondeur des piliers l&#233;gislatifs plus que centenaires : loi de 1882 sur l'instruction, loi 1901 sur les associations, loi 1905 sur la s&#233;paration des &#201;glises et de l'&#201;tat. Du Conseil d'&#201;tat &#224; la D&#233;fenseure des droits, de la Commission nationale consultative des droits de l'homme &#224; Amnesty International : le texte inqui&#232;te bien au-del&#224; des militants les plus &#233;nerv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause, le d&#233;calage entre le discours gouvernemental et la loi est orwellien : pr&#233;sent&#233;e comme un texte de libert&#233;s et de protections, la loi &#171; S&#233;paratisme &#187; ne parle que d'encadrement, de contr&#244;le et de sanction. Elle a &#233;t&#233; adopt&#233;e en premi&#232;re lecture par l'Assembl&#233;e nationale le 16 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;publique des ma&#238;tres chanteurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pas un euro d'argent public aux ennemis de la R&#233;publique !&lt;/i&gt; &#187;, proclament Marl&#232;ne Schiappa et Sarah El Ha&#239;ry&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement ministre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la Citoyennet&#233; et secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dans une tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le contrat d'engagement r&#233;publicain nous prot&#232;ge &#187; (25/01/2021).&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le slogan des deux membres du gouvernement en charge du volet associatif du projet de loi doit s'entendre comme un v&#233;ritable chantage &#224; la subvention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'article 6 du texte conditionne tous les financements des associations &#224; la signature d'un &#233;ni&#232;me &#171; contrat d'engagement r&#233;publicain &#187; aussi inutile que dangereux. Comme le dit Benjamin Sourice, animateur de la Coalition pour les libert&#233;s associatives, &#171; &lt;i&gt;ce contrat n'est pas n&#233;cessaire. Sa seule fonction est de conforter le pouvoir discr&#233;tionnaire des financeurs publics sur la base de prin&#8202;cipes apparemment consensuels mais en fait tr&#232;s flous et disput&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, en effet, interpr&#233;ter l'expression &#171; &lt;i&gt;pros&#233;lytisme abusif&lt;/i&gt; &#187; dont les associations subventionn&#233;es seront tenues de &#171; &lt;i&gt;s'abstenir&lt;/i&gt; &#187; ? Comment ne pas imaginer les d&#233;rives possibles derri&#232;re l'obligation &#224; &#171; &lt;i&gt;ne pas causer de trouble &#224; l'ordre public&lt;/i&gt; &#187; ? Comment comprendre l'injonction faite aux associations de &#171; &lt;i&gt;respecter l'embl&#232;me national, l'hymne national et la devise de la R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;B&#226;illonner les associations&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur. D&#233;but juin 2018, la direction de la CAF (Caisse d'allocations familiales) de la Dordogne suspend l'&#233;quivalent de 300 000 &#8364; de subventions &#224; deux maisons de quartier de Bergerac pour avoir ouvert leurs portes tardi&#8202;vement en p&#233;riode de ramadan : une atteinte &#224; la la&#239;cit&#233; selon l'institution. Il a fallu l'intervention du maire &#8211; et des justifications d'ordre purement logistiques &#8211; pour que la CAF revienne sur sa d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore en 2018, la F&#233;d&#233;ration des associations de solidarit&#233; avec tou&#183;tes les immigr&#233;&#183;es (Fasti) voit le vote de sa subvention au conseil municipal de Paris suspendu. Pierre Liscia, &#233;lu (de droite) du 18e, reproche &#224; l'association de d&#233;noncer un &#171; &lt;i&gt;racisme d'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;une politique coloniale&lt;/i&gt; &#187; dans les DOM-TOM. Un an plus tard, en 2019, c'est un d&#233;put&#233; LR de l'Essonne, Robin Reda, qui accuse la Fasti de &#171; &lt;i&gt;justifi[er] les attentats de 2015&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment encore, l'association Action droits des musulmans (ADM), qui &#171; &lt;i&gt;d&#233;fend les victimes de discriminations en leur apportant un soutien juridique et pratique&lt;/i&gt; &#187;, se fait fermer son compte par la BNP et se trouve emp&#234;ch&#233;e d'en rouvrir un dans plusieurs autres banques sans aucun motif. Soutenue par sept organisations &#8211; dont la Ligue des droits de l'homme et Amnesty International &#8211; la fondatrice d'ADM soup&#231;onne une intervention de &#171; &lt;i&gt;services de l'administration hostiles&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une association de d&#233;fense des droits des musulmans d&#233;nonce la fermeture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; &#224; son association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin de r&#233;fl&#233;chir longtemps pour deviner le sort de toutes ces organisations une fois la nouvelle loi en vigueur : le 2 f&#233;vrier dernier, apr&#232;s avoir d&#233;nigr&#233; &#171; &lt;i&gt;des associations de d&#233;fense des droits de l'homme [qui] s'inqui&#232;tent [...] sans aucune raison&lt;/i&gt; &#187;, Gilles Clavreul, haut fonctionnaire et membre du Printemps r&#233;publicain, renfor&#231;ait la l&#233;gitimit&#233; de leurs craintes. &#192; la question d'un journaliste de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;Une association qui d&#233;fend l'id&#233;e qu'il y a un racisme d'&#201;tat ne devrait pas b&#233;n&#233;ficier de subventions ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le titre de l'entretien (02/02/2021), que l'on peut lire ici.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;, il r&#233;pondait sans h&#233;siter : &#171; &lt;i&gt;Oui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bercy sur le dos des assos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'ils l'aient probablement &#233;crite avec le seul &#171; &lt;i&gt;s&#233;paratisme islamiste&lt;/i&gt; &#187; en t&#234;te, les r&#233;dacteurs de la loi ne pouvaient pas cibler ostensiblement les musulmans, au risque de se faire retoquer une loi d&#233;j&#224; largement contest&#233;e. R&#233;sultat : les termes sont larges, englobants, et concernent, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, toutes les associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : en plus de conditionner les subventions, le &#171; &lt;i&gt;contrat d'engagement r&#233;publicain&lt;/i&gt; &#187; s'applique &#233;galement aux associations qui demandent un agr&#233;ment pour agir en justice. Sur cette question, la situation actuelle est d&#233;j&#224; tr&#232;s tendue. On se rappelle les m&#233;saventures de l'association Sherpa, l'une des rares &#224; &#234;tre habilit&#233;e &#224; se porter partie civile dans des affaires de corruption. En 2018, Nicole Belloubet, alors garde des Sceaux, bloquait sans justification son renouvellement d'agr&#233;ment, emp&#234;chant l'association de faire son travail. Il fallut attendre plusieurs mois et une mobilisation&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui veut emp&#234;cher Sherpa d'agir contre la corruption ? &#187;, Blogs.mediapart.fr&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; pour que sans aucune justification, l'association r&#233;cup&#232;re son agr&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : dans un &#233;change entre le Premier ministre et la Cour des comptes&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 10 f&#233;vrier, accessible ici.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; au sujet de l'article 10, Jean Castex annonce clairement qu'il s'agit de permettre &#224; Bercy (le fisc) de contr&#244;ler plus &#233;troitement les associations dites &#171; &lt;i&gt;d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; &#187; qui permettent &#224; leurs donateurs de b&#233;n&#233;ficier de remises d'imp&#244;t. Comment, dans ce cas, ne pas faire le lien avec les r&#233;centes pressions contre l'association Anticor qui se fait, elle aussi, une sp&#233;cialit&#233; de signaler des faits au parquet et de relancer des affaires de corruption enterr&#233;es ? Depuis ao&#251;t 2020, elle se voit bloquer son renouvellement d'agr&#233;ment et est somm&#233;e par le Premier ministre de r&#233;v&#233;ler l'identit&#233; de son plus gros donateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bazooka l&#233;gislatif&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais le projet de loi ne se contente pas de fragiliser les assos en les frappant au portefeuille ou en les emp&#234;chant de faire leur travail. Il vient jouer dangereusement avec la mesure la plus liberticide en mati&#232;re de contr&#244;le du secteur associatif par l'&#201;tat : l'arme lourde de la dissolution. L'article 8 du texte &#233;largit les possibilit&#233;s de recours &#224; cette mesure administrative, utilis&#233;e r&#233;cemment contre le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Le motif d'organisation de &#171; &lt;i&gt;manifestations arm&#233;es dans la rue&lt;/i&gt; &#187; se retrouve ainsi compl&#233;t&#233; par un beaucoup plus mall&#233;able &#171; &lt;i&gt;agissements violents contre les personnes et les biens&lt;/i&gt; &#187;. Qu'en sera-&#8202;t-il des associations qui m&#232;nent des actions coup-de-poing pour faire entendre leurs revendications ? On pense aux activistes &#233;cologistes de Youth for Climate qui, en f&#233;vrier 2020, avaient red&#233;cor&#233; les locaux du gestionnaire d'actifs BlackRock. On pense aussi &#224; Act Up qui ciblait les entreprises pharmaceutiques ou encore aux actions de d&#233;sob&#233;issance civile de Greenpeace...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre modification majeure : d&#233;sormais, pourront &#234;tre imputables aux associations des actes &#171; &lt;i&gt;commis par un ou plusieurs de leurs membres agissant en cette qualit&#233;, ou directement li&#233;s [&#224; leurs] activit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La violence de l'attaque envers le monde associatif est du m&#234;me niveau que celle qu'on a connue au moment de la suppression des emplois aid&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, jauge Jean-Baptiste Jobard, du Collectif des associations citoyennes (CAC). Restreindre et encadrer les financements publics, contr&#244;ler et surveiller les financements priv&#233;s, faire peser une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s au-dessus de la t&#234;te de chaque asso qui l'ouvrirait un peu trop. Mises bout &#224; bout, ces diff&#233;rentes mesures dressent un tableau g&#233;n&#233;ral coh&#233;rent : l'accroissement du musellement des associations.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ettore Fontana&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Respectivement ministre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la Citoyennet&#233; et secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la Jeunesse et &#224; l'Engagement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2021/01/25/marlene-schiappa-et-sarah-el-hairy-le-contrat-d-engagement-republicain-nous-protege_1818405/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le contrat d'engagement r&#233;publicain nous prot&#232;ge&lt;/a&gt; &#187; (25/01/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/02/une-association-de-defense-des-droits-des-musulmans-denonce-la-fermeture-de-son-compte_5505448_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une association de d&#233;fense des droits des musulmans d&#233;nonce la fermeture de son compte chez BNP Paribas&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (02/09/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est le titre de l'entretien (02/02/2021), que l'on peut lire &lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/une-association-qui-defend-lidee-quil-y-a-un-racisme-detat-ne-devrait-pas-beneficier-de-subventions&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.asso-sherpa.org/veut-empecher-sherpa-dagir-contre-corruption&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui veut emp&#234;cher Sherpa d'agir contre la corruption ?&lt;/a&gt; &#187;, Blogs.mediapart.fr (21/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lettre du 10 f&#233;vrier, accessible &lt;a href=&#034;http://Tinyurl.com/CourrierCastexCDC&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; 1984 doit rester un roman populaire &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/1984-doit-rester-un-roman</link>
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		<dc:date>2020-12-28T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Orwell</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Covid-1984 &#187;, lit-on sur les murs des villes ces temps-ci. &#171; Big Brother &#187;, &#171; police de la pens&#233;e &#187;, &#171; novlangue &#187; : c'est peu dire que l'&#339;uvre la plus connue de George Orwell, publi&#233;e en 1949, fait r&#233;guli&#232;rement parler d'elle, tant l'imaginaire terrifiant qu'elle d&#233;crit est d'une troublante actualit&#233; &#8211; &#224; base de surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, de post-v&#233;rit&#233; et de saccage des libert&#233;s. Alors qu'une nouvelle &#233;dition sortira chez Agone en janvier prochain, on s'est entretenus avec sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no193-decembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;193 (d&#233;cembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Orwell" rel="tag"&gt;Orwell&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Comite-Orwell" rel="tag"&gt;Comit&#233; Orwell&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nouvelle-traduction" rel="tag"&gt;nouvelle traduction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Winston-Smith" rel="tag"&gt;Winston Smith&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/traduction" rel="tag"&gt;traduction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Celia-Izoard-1280" rel="tag"&gt;Celia Izoard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nouvelle" rel="tag"&gt;nouvelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gallimard" rel="tag"&gt;Gallimard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Covid-1984 &#187;, lit-on sur les murs des villes ces temps-ci. &#171; Big Brother &#187;, &#171; police de la pens&#233;e &#187;, &#171; novlangue &#187; : c'est peu dire que l'&#339;uvre la plus connue de George Orwell, publi&#233;e en 1949, fait r&#233;guli&#232;rement parler d'elle, tant l'imaginaire terrifiant qu'elle d&#233;crit est d'une troublante actualit&#233; &#8211; &#224; base de surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, de post-v&#233;rit&#233; et de saccage des libert&#233;s. Alors qu'une nouvelle &#233;dition sortira chez Agone en janvier prochain, on s'est entretenus avec sa traductrice, Celia Izoard. Elle nous parle de la vivacit&#233; d'une pens&#233;e, des imaginaires qu'elle ouvre et de sa r&#233;cup&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1672.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH257/-1672-0ae55.jpg?1779996510' width='500' height='257' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Ruoyi Jin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233; comme le roman dystopique par excellence, &lt;i&gt;1984 &lt;/i&gt;est &#233;tudi&#233; d&#232;s le coll&#232;ge. Mais l'histoire du fonctionnaire Winston Smith, confront&#233; &#224; un r&#233;gime policier et totalitaire, n'avait jamais fait l'objet d'une nouvelle traduction en fran&#231;ais depuis sa parution initiale en 1950. Cette premi&#232;re, chez Gallimard, &#233;tait pourtant r&#233;put&#233;e pour ses manques et impr&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date d'entr&#233;e de l'&#339;uvre dans le domaine public se rapprochant, la canonique maison d'&#233;dition finit par commander une deuxi&#232;me traduction, qui para&#238;t en 2018. Mais en parall&#232;le, les &#233;ditions ind&#233;pendantes Agone ont confi&#233; une autre nouvelle traduction du roman &#224; Celia Izoard. D&#233;j&#224; publi&#233;e au Qu&#233;bec en 2019 aux &#233;ditions de la Rue Dorion, cette troisi&#232;me version francophone para&#238;tra dans l'Hexagone en janvier 2021. Journaliste, autrice, et traductrice donc, Celia Izoard nous expose les enjeux, parfois politiques, d'une traduction ; et les opinions, parfois m&#233;connues, de l'auteur anglais, socialiste et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Retraduire un classique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme la plupart des gens qui retraduisent un texte je pense, je me suis interdit d'ouvrir la traduction d'Am&#233;lie Audiberti (Gallimard, 1950) que j'avais d&#233;couverte &#224; 20 ans. Apr&#232;s avoir pos&#233; une premi&#232;re version, je l'ai lue &#224; haute voix &#224; ma m&#232;re, qui est anglaise (et qui a grandi &#224; Henley-on-Thames, comme Orwell). L'essentiel de mon travail a consist&#233; &#224; rendre en fran&#231;ais la limpidit&#233; du style d'Orwell &#8211; pas de mani&#233;rismes, vocabulaire simple, tournures directes &#8211; pour suivre l'id&#233;al de style qu'il avait lui-m&#234;me identifi&#233; : &#8220;&lt;i&gt;La bonne prose est comme une vitre transparente.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1984 &lt;/i&gt;est un texte intellectuellement ambitieux, empreint d'une pens&#233;e complexe et originale, mais il se voulait un roman populaire. Mon parti pris a donc &#233;t&#233; de suivre la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; s'est appropri&#233;e ce roman depuis soixante-dix ans. Par exemple, je n'ai pas cherch&#233; &#224; retraduire les principaux concepts qui sont pass&#233;s dans le langage ordinaire comme &#8220;Big Brother&#8221; ou &#8220;crime de pens&#233;e&#8221;, contrairement &#224; ce qu'a choisi Jos&#233;e Kamoun (Gallimard, 2018) qui parle de &#8220;mentocrime&#8221;. Bien que l'intention ait probable ment &#233;t&#233; de rafra&#238;chir et de moderniser le texte, ce choix aboutit &#224; une mise en abyme par laquelle la retraduction para&#238;t refl&#233;ter les aspirations du minist&#232;re de la V&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Gallimard semble d'ailleurs avoir implicitement reconnu, en commandant une autre nouvelle traduction pour son &#233;dition en Pl&#233;iade (2020), coordonn&#233;e par Philippe Jaworski. Et pourtant, c'est stup&#233;fiant, cette derni&#232;re traduction fait elle aussi dispara&#238;tre la novlangue (devenue &#8220;n&#233;oparler&#8221;) ainsi que, cette fois, &#8220;Big Brother&#8221; (devenu &#8220;Grand Fr&#232;re&#8221;). L&#224; encore, de mani&#232;re vraisemblablement involontaire, c'est l'assimilation du roman par la culture populaire qui semble d&#233;ni&#233;e, comme si ces choix traduisaient un d&#233;sir inconscient de r&#233;appropriation de &lt;i&gt;1984 &lt;/i&gt;par les &#233;lites litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant un contresens de traiter &lt;i&gt;1984 &lt;/i&gt;en pure litt&#233;rature, au regard de l'ensemble de l'&#339;uvre d'Orwell, qui affirmait en 1946 : &#8220;&lt;i&gt;Ce que j'ai voulu plus que tout, c'est faire de l'&#233;criture politique un art.&lt;/i&gt;&#8221; L'art litt&#233;raire d'Orwell est indissociable de son engagement politique. C'est ce qui lui donne son &#233;lan, sa saveur, sa sinc&#233;rit&#233; et son exigence de clart&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas quitter terre&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout en dissertant sur le totalitarisme, le socialisme ou les classes dirigeantes, Orwell a une intelligence profond&#233;ment concr&#232;te et pleine d'humour. Ce qui en fait &#224; mes yeux un type d'intellectuel tr&#232;s singulier, c'est sa mani&#232;re de ne pas quitter terre : il nous parle de chaussettes crasseuses et de pieds froids, de boules de cheveux agglutin&#233;s dans un siphon d'&#233;vier, de besoin pressant d'aller aux toilettes, de ces d&#233;tails du quotidien qui nous remettent &#224; notre place, quand nous essayons de tendre vers l'id&#233;alisme et l'h&#233;ro&#239;sme ou que nous nous piquons de th&#233;orie politique. Ce n'est pas si courant chez un intellectuel, plus encore &#224; son &#233;poque &#8211; et surtout pour un homme &#8211;, de ne jamais perdre de vue le corps et les t&#226;ches &#233;l&#233;mentaires de la vie mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orwell s'interroge sur la libert&#233; en coupant son bois, en cultivant un potager, en essayant de r&#233;parer une vieille mobylette, en vivant dans des foyers d'h&#233;bergement ou en allant r&#233;colter du houblon avec des semi-clochards de la banlieue londonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il r&#233;dige &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, Orwell vit sur une &#238;le &#233;cossaise &#224; plus de 24 heures de voyage de Londres, sans eau ni &#233;lectricit&#233; ; il p&#234;che, cultive et coupe les foins avec ses voisins. Cet ancrage assum&#233; dans la vie ordinaire, qui est aux antipodes de la tradition intellectuelle classique, joue un r&#244;le d&#233;terminant dans &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;. Au sein de ce monde tellement conditionn&#233; que plus personne ne semble savoir ce qu'est la libert&#233;, ni &#224; quoi elle pourrait servir, Winston Smith part de ses sensations physiques pour explorer l'asservissement : &#8220;&lt;i&gt;Toujours, dans l'estomac ou sur la peau, vous ressentiez une sorte de r&#233;volte, le sentiment d'avoir &#233;t&#233; flou&#233; de quelque chose auquel vous aviez droit.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Produire une nouvelle race d'humains n'aspirant pas &#224; la libert&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;&#192; l'image de la drogue&lt;/i&gt;, &#233;crit Orwell dans &lt;i&gt;Le Quai de Wigan&lt;/i&gt; (1937), la machine est subtile, dangereuse et addictive. Plus on s'y adonne, plus son usage devient tyrannique.&#8221; Pour lui, &#8220;&lt;i&gt;l'homme est un animal travaillant&lt;/i&gt;&#8221; : les humains ont besoin de travail cr&#233;atif, et Orwell r&#233;cuse l'id&#233;e qu'une soci&#233;t&#233; de loisirs, dans laquelle toutes les t&#226;ches seraient accomplies par des machines, puisse satisfaire ce besoin. Elle tend plut&#244;t, dit-il, &#224; nous rendre incapables du moindre effort et &#224; nous pousser &#224; concevoir de nouvelles machines pour, bient&#244;t, faire &#224; notre place cela m&#234;me que nous consid&#233;rions auparavant comme des loisirs. De fait, aujourd'hui, on utilise des algorithmes pour faire des choses qui semblent relever &#224; l'&#233;vidence du plaisir, comme choisir la musique que l'on aime (avec Deezer) ou avoir des nouvelles de ses amis (avec Facebook). &#8220;&lt;i&gt;Qu'est-ce qui est du travail, et qu'est-ce qui n'en est pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, se demande Orwell. &lt;i&gt;Est-ce travailler que remuer la terre, scier du bois&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;, prendre des photographies, faire la cuisine&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Le paysan qu'on aura dispens&#233; de travailler la terre voudra peut-&#234;tre employer tout ou partie de ses loisirs &#224; jouer du piano, tandis que le concertiste international sautera sur l'occasion qui lui est offerte d'aller biner un carr&#233; de pommes de terre.&lt;/i&gt;&#8221; La question de la libert&#233; se pose aussi dans la mesure o&#249; des milieux de vie aussi pleinement conditionn&#233;s que ceux auxquels nous sommes arriv&#233;s donnent aux &#201;tats ou aux entreprises toute latitude pour modeler les comportements et les aspirations, jusqu'&#224;, peut-&#234;tre, arriver &#8220;&lt;i&gt;&#224; produire une nouvelle race d'humains n'aspirant pas &#224; la libert&#233;, comme on pourrait cr&#233;er une race de vaches sans cornes.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orwell maintient qu'une vie plus proche de &#8220;&lt;i&gt;tout ce qu'on appelle la nature&lt;/i&gt;&#8221; est un garde-fou contre les d&#233;sirs de toute-puissance des dirigeants. D'une part parce qu'elle offre des plaisirs gratuits, d'autre part parce qu'elle limite les capacit&#233;s de remodelage des humains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La droite en embuscade&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'une certaine fa&#231;on, la r&#233;cup&#233;ration d'Orwell par la droite s'est faite par le vide : une large partie de la gauche ne s'est pas int&#233;ress&#233;e &#224; Orwell, si bien qu'elle s'est &#8220;&lt;i&gt;scandaleusement laiss&#233; confisquer le plus puissant de ses &#233;crivains&lt;/i&gt;&#8221;, comme l'&#233;crit &lt;i&gt;[l'auteur]&lt;/i&gt; Simon Leys. Pourquoi ? Parce que la gauche ne voulait pas d'un moraliste, parce qu'une partie des communistes ne voulait pas d'&lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livre t&#233;moignage publi&#233; par Orwell en 1938, o&#249; il critique notamment les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mais aussi &#224; cause de la critique que fait Orwell de l'asservissement produit par le monde industriel : il n'est pas anodin que ce soit l'Encyclop&#233;die des Nuisances, donc une frange tr&#232;s minoritaire de la gauche dans les ann&#233;es 1990, issue de la critique anti-capitaliste libertaire et anti-industrielle, qui en ait &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;Essais, articles et lettres&lt;/i&gt; (quatre volumes), avant que les &#233;ditions Agone ne compl&#232;tent ce travail dans les ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette r&#233;cup&#233;ration par la droite existe bel et bien. Par exemple au travers du &#8220;Comit&#233; Orwell&#8221; pr&#233;sid&#233; par Natacha Polony, qui regroupe des auteurs de &lt;i&gt;Causeur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&#8230; Le Comit&#233; Orwell veut lutter contre le &#8220;politiquement correct&#8221; et d&#233;nonce le &#8220;soft totalitarisme&#8221; caus&#233; par les multinationales toutes-puissantes, les nouvelles technologies de surveillance, la finance, mais aussi par la &#8220;tyrannie des minorit&#233;s&#8221; port&#233;e par les courants f&#233;ministes, homosexuels, antiracistes. Son rapport &#224; l'&#339;uvre d'Orwell me para&#238;t superficiel et contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'une des revendications port&#233;es par le Comit&#233; Orwell est que &#8220;&lt;i&gt;le budget de la D&#233;fense soit sensiblement augment&#233;. Tout comme celui de la s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;&#8221;. Une autre est qu' &#8220;&lt;i&gt;il faut absolument d&#233;gonfler les vagues migratoires. M&#234;me si cela passe par des mesures et des actions douloureuses, qui susciteront l'opprobre de la bien-pensance.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bienvenue dans le pire des mondes : le triomphe du soft totalitarisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; En lisant cette phrase, j'ai pens&#233; au tout premier chapitre de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, o&#249; Winston Smith, le personnage principal, commence son journal intime en racontant le film qu'il vient de voir : le bombardement par h&#233;licopt&#232;re d'une embarcation de r&#233;fugi&#233;s juifs en M&#233;diterran&#233;e, dans laquelle une m&#232;re tente de sauver son petit gar&#231;on des balles en le recouvrant de son corps. Dans la salle de cin&#233;ma, seule une femme prol&#233;taire proteste contre l'abominable cruaut&#233; du film, avant d'&#234;tre imm&#233;diatement &#233;vacu&#233;e par la police du Parti. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Livre t&#233;moignage publi&#233; par Orwell en 1938, o&#249; il critique notamment les sections communistes ayant trahi les anarchistes pendant la guerre d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Bienvenue dans le pire des mondes : le triomphe du soft totalitarisme&lt;/i&gt;, Natacha Polony et le Comit&#233; Orwell, Plon, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bern&#233;s par Bernays</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Neveu de Freud, Edward Bernays (1891-1995) fut l'un des p&#232;res fondateurs de la propagande moderne. Depuis ses bureaux new-yorkais, il th&#233;orisa la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; gouvernement invisible &#187; qui dicterait leur conduite aux masses sans m&#234;me qu'elles s'en rendent compte. En d&#233;veloppant des techniques inspir&#233;es des recherches de son oncle, il fit fumer les femmes et augmenter les ventes de bacon. Il offrit aussi ses services &#224; des politiciens et contribua au renversement d'un gouvernement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no192-novembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;192 (novembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Neveu de Freud, Edward Bernays (1891-1995) fut l'un des p&#232;res fondateurs de la propagande moderne. Depuis ses bureaux new-yorkais, il th&#233;orisa la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; &lt;i&gt;gouvernement invisible&lt;/i&gt; &#187; qui dicterait leur conduite aux masses sans m&#234;me qu'elles s'en rendent compte. En d&#233;veloppant des techniques inspir&#233;es des recherches de son oncle, il fit fumer les femmes et augmenter les ventes de bacon. Il offrit aussi ses services &#224; des politiciens et contribua au renversement d'un gouvernement de gauche au Guatemala. Profil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/-1653-14f77.jpg?1780239488' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1928, le patron de Lucky Strike a un souci : les femmes ne fument quasiment pas. Pour r&#233;soudre ce probl&#232;me, il embauche un des pionniers du m&#233;tier de &#171; conseiller en relation publique &#187; : Edward Bernays. Dans un premier temps, ce fringant trentenaire tente de jouer sur la mode des femmes sveltes : halte aux sucreries, vive la clope ! Pour faire passer le message, il sollicite des m&#233;decins, puis transmet leur t&#233;moignage aux journaux. Ainsi du D&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; George Buchan, ancien dirigeant d'une association m&#233;dicale britannique, qui met en garde : les sucreries ab&#238;ment les dents. &#171; &lt;i&gt;La fa&#231;on correcte de terminer un repas, &lt;/i&gt;assure-t-il,&lt;i&gt; c'est un fruit, du caf&#233; et une cigarette. Le fruit renforce les gencives et nettoie les dents, le caf&#233; stimule le flux de salive et agit comme un bain de bouche, tandis que la cigarette d&#233;sinfecte la bouche et apaise les nerfs.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans une biographie d'Edward Bernays &#233;crite par le journaliste Larry (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; En moins de cinq semaines, les espaces fumeurs des th&#233;&#226;tres new-yorkais ont &#233;t&#233; ouverts aux femmes. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 1929, le patron de Lucky Strike a un autre probl&#232;me : pour les femmes, fumer en public reste un tabou social. &#171; &lt;i&gt;Elles fument &#224; l'int&#233;rieur, &lt;/i&gt;dit-il &#224; Bernays. &lt;i&gt;Mais bordel, si elles passent la moiti&#233; du temps dehors et qu'on peut les y faire fumer, on doublera quasiment notre march&#233; f&#233;minin. Fais quelque chose. Agis !&lt;/i&gt; &#187; Bernays agit. Conscient que les mouvements f&#233;ministes ont le vent en poupe, il va tenter de faire de la cigarette un symbole d'&#233;mancipation. Le 31 mars, il profite de la parade de P&#226;ques pour organiser un &lt;i&gt;happening&lt;/i&gt; &#224; New York. Les journaux sont pr&#233;venus : il va se passer quelque chose. Et l&#224;, sous l'objectif des photographes, quelques femmes se mettent &#224; fumer en pleine rue ! Leurs cigarettes, expliquent-elles, sont des &#171; &lt;i&gt;flambeaux de la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;torches of freedom&lt;/i&gt;). Interview&#233;e par le &lt;i&gt;New York's Evening World&lt;/i&gt;, une des activistes dit qu'elle a eu l'id&#233;e d'organiser cette campagne quand un homme dans la rue lui a demand&#233; d'&#233;teindre sa cigarette parce que &#231;a le d&#233;rangeait : &#171; &lt;i&gt;J'en ai parl&#233; avec mes amies et on a d&#233;cid&#233; qu'il &#233;tait grand temps que quelque chose soit fait face &#224; cette situation.&lt;/i&gt; &#187; C'est &#233;videmment faux. La jeune femme est la secr&#233;taire de Bernays, qui avait tout orchestr&#233;. Le propagandiste pourra savourer son succ&#232;s : les ventes augmentent et &#171; &lt;i&gt;en moins de cinq semaines,&lt;/i&gt; se vantera-t-il plus tard, &lt;i&gt;les espaces fumeurs des th&#233;&#226;tres new-yorkais ont &#233;t&#233; ouverts aux femmes, ce qui n'&#233;tait pas le cas auparavant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'inventeur du &#171; bacon &amp; eggs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus t&#244;t, c'&#233;tait la Beech-Nut Packing Company qui avait un probl&#232;me : ses ventes de bacon &#233;taient en berne. Au lieu d'expliquer aux consommateurs &#224; quel point ce bacon-l&#224; est meilleur que les autres, Bernays d&#233;cide de faire grossir le march&#233; pour toutes les marques. Il va (encore) voir un m&#233;decin et lui demande s'il pense qu'un petit-d&#233;jeuner qui tient au corps est meilleur pour la sant&#233; qu'une collation l&#233;g&#232;re. Le m&#233;decin penche pour le petit-d&#233;jeuner consistant. &#171; &lt;i&gt;On lui a demand&#233; s'il accepterait, gratuitement, d'&#233;crire &#224; 5 000 de ses confr&#232;res pour leur demander s'ils &#233;taient d'accord avec lui. Il a dit qu'il serait ravi de le faire, &lt;/i&gt;expliquera Bernays des ann&#233;es plus tard.&lt;i&gt; Alors on a adress&#233; cette lettre &#224; 5 000 m&#233;decins et on a obtenu environ 4 500 r&#233;ponses. Toutes concordaient pour dire qu'un petit-d&#233;jeuner consistant &#233;tait meilleur pour la sant&#233; des Am&#233;ricains. Et &#231;a a &#233;t&#233; publi&#233; dans les journaux. Beaucoup ont &#233;crit que le bacon et les &#339;ufs devraient faire partie du petit-d&#233;jeuner.&lt;/i&gt; &#187; Une tradition culinaire &#233;tait n&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Et les ventes de bacon ont augment&#233;...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la biographie qu'il a consacr&#233;e &#224; Bernays&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note pr&#233;c&#233;dente.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, le journaliste Larry Tye fait ce vertigineux constat : &#171; &lt;i&gt;Bien que la plupart des Am&#233;ricains n'aient jamais entendu parler de lui, Edward Bernays a eu un profond impact&lt;/i&gt; [sur leur quotidien]&lt;i&gt;, des produits qu'ils achetaient aux lieux qu'ils visitaient en passant par la nourriture qu'ils mangeaient le matin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le double neveu de Freud&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en Autriche en 1891, Edward Bernays d&#233;barque aux &#201;tats-Unis l'ann&#233;e suivante. Son p&#232;re, n&#233;gociant en grains, le pousse vers des &#233;tudes d'agronomie. Mais &#231;a n'est pas son truc : Eddie devient journaliste puis, rapidement, attach&#233; de presse dans le monde du spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose curieuse : Bernays est le double neveu de Freud. Sa m&#232;re est la s&#339;ur du psychanalyste viennois, qui est mari&#233; &#224; la s&#339;ur du p&#232;re de Bernays. Et le petit s'inspirera beaucoup des travaux de son oncle : &#171; &lt;i&gt;Le concept que Bernays a repris de Freud,&lt;/i&gt; explique Shelley Spector&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview&#233;e dans l'excellent documentaire de Jimmy Leipold, Propaganda, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, cofondatrice du Mus&#233;e des relations publiques (New York)&lt;i&gt;, c'est que les gens pensent &#234;tre gouvern&#233;s par leur propre opinion et leur pens&#233;e rationnelle, alors que non, ils sont soumis &#224; leur inconscient et leur subconscient sans m&#234;me le savoir. Donc il faut contourner leur logique.&lt;/i&gt; &#187; Autrement dit, jouer sur des symboles, d&#233;tourner l'attention, passer par la porte de derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : en 1915, Bernays doit promouvoir une tourn&#233;e des Ballets russes aux &#201;tats-Unis. Pas &#233;vident, les Am&#233;ricains n'&#233;tant pas franchement friands de ce genre de spectacle. Alors, plut&#244;t que d'at&#8202;taquer le probl&#232;me frontalement, il &#171; &lt;i&gt;va s'efforcer de relier cet art &#224; des choses que les gens aiment et comprennent&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;D&#232;s lors,&lt;/i&gt; relate l'universitaire qu&#233;b&#233;cois Normand Baillargeon&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la pr&#233;face &#224; l'&#233;dition francophone du livre d'Edward Bernays Propaganda (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;l'&#233;norme campagne de publicit&#233; qu'il met en &#339;uvre ne se contente pas de transmettre aux journalistes des communiqu&#233;s de presse, des images ou des dossiers sur les artistes : elle vante dans les pages des magazines f&#233;minins les styles, les couleurs et les tissus des costumes qu'ils portent ; elle sugg&#232;re aux manufacturiers de v&#234;tements de s'en inspirer ; elle veille &#224; la publication d'articles o&#249; est pos&#233;e la question de savoir si l'homme am&#233;ricain aurait honte d'&#234;tre gracieux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre technique utilis&#233;e avec succ&#232;s : cr&#233;er des &#233;v&#233;nements de toutes pi&#232;ces. Quand on souhaite vendre le savon Ivory, quoi de mieux qu'organiser un monumental concours de sculpture sur savon ? Ledit concours sera reconduit chaque ann&#233;e pendant trente-sept ans, et des milliers d'&#233;coliers et autres &#233;tudiants en art y participeront...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me proc&#233;d&#233; appliqu&#233; &#224; la poli&#8202;tique : en 1924, pour aider Calvin Coolidge &#224; rester &#224; la Maison-Blanche en d&#233;pit de son manque de charisme, Bernays met en sc&#232;ne une rencontre entre le pr&#233;sident et des artistes saltimbanques. L'aigre et impassible pr&#233;sident se d&#233;ride un peu et le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;titre : &#171; Des acteurs mangent des g&#226;teaux avec le couple Coolidge... le Pr&#233;sident n'est pas loin de rire &#187;. Bernays : &#171; &lt;i&gt;Partout dans le pays, les titres et les articles refl&#233;taient la surprise et, indubitablement, ont modifi&#233; l'image de Coolidge dans le sens voulu.&lt;/i&gt; &#187; D&#233;terminant ? Trois semaines plus tard, Coolidge gagne l'&#233;lection haut la main.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le guerrier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour en 1917, ann&#233;e o&#249; Edward Bernays f&#234;te ses 26 ans. Quand le pr&#233;sident Woodrow Wilson entre en guerre contre l'Allemagne apr&#232;s avoir promis de rester neutre, il lui faut convaincre son peuple, plut&#244;t isolationniste, du bien-fond&#233; de ce retournement radical. Un organe de propagande in&#233;dit est alors fond&#233; : le &lt;i&gt;Committee on Public Information&lt;/i&gt; (CPI). Tous les m&#233;dias de l'&#233;poque sont utilis&#233;s ; les vedettes du moment sont embrigad&#233;es dans l'op&#233;ration et de nouvelles techniques de persuasion de masse sont exp&#233;riment&#233;es. La plus embl&#233;matique peut-&#234;tre est celle des &lt;i&gt;four minutes men&lt;/i&gt; : des dizaines de milliers de figures d'autorit&#233;, des personnalit&#233;s respect&#233;es sur le plan local (hommes d'affaires, religieux&#8230;) qui, soudain, dans une salle de cin&#233;ma comme dans une &#233;glise, prennent la parole pour discourir sur la n&#233;cessit&#233; de la guerre et pr&#234;cher la mobilisation. Le succ&#232;s est extraordinaire : sans contrainte, l'opinion publique am&#233;ricaine est retourn&#233;e en quelques mois, l'hostilit&#233; envers l'ennemi se g&#233;n&#233;ralise et l'arm&#233;e ne manque pas de volontaires. Comme beaucoup d'autres journalistes et publicistes, Bernays a travaill&#233; pour le CPI. S'il n'y a jou&#233; qu'un second r&#244;le, il y a beaucoup appris. Trois d&#233;cennies plus tard, il sera en premi&#232;re ligne dans une autre guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin des ann&#233;es 1940 en effet, le New-Yorkais commence &#224; travailler pour la United Fruit Company, une soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne qui produit des bananes au Guatemala. Surpuissante, elle est le premier propri&#233;taire terrien et le premier employeur du pays. Probl&#232;me : les Guat&#233;malt&#232;ques &#233;lisent un gouvernement de gauche qui commence &#224; menacer les int&#233;r&#234;ts de la firme. Entre autres mesures, il exproprie &#8211; contre indemnisation &#8211; la United Fruit Company d'une partie de ses terres laiss&#233;es en friche pour les distribuer &#224; des paysans pauvres. Bernays lance une contre-offensive : il faut convaincre l'opinion publique et le gouvernement &#233;tatsuniens de la n&#233;cessit&#233; d'intervenir. Jouant de sa proximit&#233; avec de nombreux journalistes, Bernays m&#232;ne une intense campagne de d&#233;sinformation pour accr&#233;diter l'id&#233;e que derri&#232;re le gouvernement guat&#233;malt&#232;que se cache le p&#233;ril communiste. Les articles alarmistes se multiplient dans la presse &#233;tatsunienne. En 1954, &#224; la suite d'un coup d'&#201;tat militaire soutenu par la CIA, le gouvernement de gauche est renvers&#233;. C'est l'amorce d'une longue et sanglante guerre civile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Douteuse morale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bernays, pourtant, s'est toujours targu&#233; d'avoir une morale, de suivre un code &#233;thique. Il racontera avoir refus&#233; de travailler pour Franco et se d&#233;clara choqu&#233; quand il apprit que Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d'Hitler, avait un de ses livres dans sa biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neveu de Freud n'en &#233;tait pas moins convaincu des bienfaits de son art, qu'il jugeait tout &#224; fait compatible avec la &#171; &lt;i&gt;d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'en cachait pas. Son livre &lt;i&gt;Propaganda&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1928, commence par ces phrases : &#171; &lt;i&gt;La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organis&#233;es des masses joue un r&#244;le important dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. Ceux qui manipulent ce m&#233;canisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige v&#233;ritablement le pays.&lt;/i&gt; &#187; Le projet politique sous-jacent est &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt; le suivant : seule une oligarchie est &#224; m&#234;me de diriger la nation, et le propagandiste est l&#224; pour &#171; &lt;i&gt;modeler l'opinion des masses pour les convaincre d'engager leur force&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; dans la direction voulue&lt;/i&gt; &#187; par cette oligarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernays, explique son biographe Larry Tye&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette fois-ci interview&#233; dans le documentaire pr&#233;cit&#233;. Les trois citations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, a &#171; &lt;i&gt;toujours estim&#233; qu'avoir du pouvoir pour influencer l'opinion publique n'&#233;tait pas une chose n&#233;gative. Il se voilait beaucoup la face. Il pensait le plus souvent agir pour le bien commun.&lt;/i&gt; &#187; Et quand on questionnait les finalit&#233;s de ses actions, il bottait en touche : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis qu'un technicien de la propagande, ce n'est pas &#224; moi de vous dire quelle id&#233;ologie adopter.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons d'ailleurs que selon son biographe, en plus de travailler pour de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187; Bernays d&#233;fendait l'id&#233;e d'une &#171; &lt;i&gt;libre concurrence ouverte&lt;/i&gt; &#187; entre diff&#233;rentes propagandes : en quelque sorte, qu'il s'agisse de savon, de cigarettes ou d'id&#233;ologies, que le meilleur gagne ! Probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;Il ne s'agit pas d'une concurrence libre parce qu'elle co&#251;te cher, &lt;/i&gt;r&#233;torque le sociologue britannique David Miller. &lt;i&gt;Dans ce type de situation, ceux qui ont le plus de ressources, comme les grandes entreprises et parfois les gouvernements, gagnent &#224; tous les coups.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans une biographie d'Edward Bernays &#233;crite par le journaliste Larry Tye, &lt;i&gt;The Father of Spin : Edward L. Bernays &amp; the Birth of Public Relations&lt;/i&gt;, Crown Publications, 1998. De nombreuses citations et anecdotes expos&#233;es ici sont issues de cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir note pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Interview&#233;e dans l'excellent documentaire de Jimmy Leipold, &lt;i&gt;Propaganda, la fabrique du consentement&lt;/i&gt;, produit par Arte en 2018. Cet article en est largement inspir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans la pr&#233;face &#224; l'&#233;dition francophone du livre d'Edward Bernays &lt;i&gt;Propaganda &#8211; Comment manipuler l'opinion en d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, Zones, 2007. Plusieurs des informations de cet article en sont tir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette fois-ci interview&#233; dans le documentaire pr&#233;cit&#233;. Les trois citations qui concluent cet article en sont &#233;galement tir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Notons d'ailleurs que selon son biographe, en plus de travailler pour de grandes entreprises et des politiciens, Bernays proposa aussi ses services &#224; des syndicats de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Picasso &#224; Perpignan</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique. Place Rigaud &#224; Perpignan. 40&#176; &#224; l'ombre, le b&#233;ton pr&#234;t &#224; bouillir. La terrasse de la Brasserie Rigaud d&#233;serte ; tout autour, les derniers bars ont baiss&#233; le rideau depuis des lustres. Place Rigaud, zone grise. D'un c&#244;t&#233;, les rues de l'Argenterie et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/musee-Rigaud" rel="tag"&gt;mus&#233;e Rigaud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH517/-1430-381d9.jpg?1779603130' width='400' height='517' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;lace Rigaud &#224; Perpignan. 40&#176; &#224; l'ombre, le b&#233;ton pr&#234;t &#224; bouillir. La terrasse de la Brasserie Rigaud d&#233;serte ; tout autour, les derniers bars ont baiss&#233; le rideau depuis des lustres. Place Rigaud, zone grise. D'un c&#244;t&#233;, les rues de l'Argenterie et du Th&#233;&#226;tre, qui descendent vers les quartiers bourgeois o&#249; touristes et chalands font chauffer la carte bleue. De l'autre, les rues Petite la Real, de la Fusterie et &#201;mile-Zola, qui s'enfoncent dans les quartiers populaires o&#249; une pl&#232;be bigarr&#233;e bricole sa d&#232;che au jour le jour. Pour comprendre Perpignan, il faut se repr&#233;senter un territoire o&#249; la s&#233;gr&#233;gation spatiale a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e par chacun. Gitans, Arabes, blancos, zonards, rupins, bobos. Chacun sait o&#249; est son quartier, sa zone de vie. Nul besoin de p&#233;riph' ou de mur pour d&#233;limiter les fronti&#232;res : la cartographie sociale s'exp&#233;rimente d'elle-m&#234;me en parcourant la ville. Il suffit d'une rue, d'un carrefour pour passer d'une zone ais&#233;e &#224; une friche aux vitrines condamn&#233;es et aux fades odeurs de pisse. Bien s&#251;r, le processus de ghetto&#239;sation n'a rien d'&#233;tanche : des vell&#233;it&#233;s de mixit&#233; sociale bourgeonnent &#231;&#224; et l&#224;. Mais les fondations d'un violent parcage humain demeurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la mairie, le d&#233;fi est l&#224; : virer cette masse de pauvres qui squattent une partie de la vieille ville. On sait combien les touristes sont friands de ruelles moyen&#226;geuses et d'immeubles trapus. La patrimonialisation des centres historiques est ce nouveau su-sucre dans laquelle les villes investissent pour attirer les devises &#233;trang&#232;res : le moindre bout de rempart, la moindre vieille pierre est mise en valeur pour r&#233;-ancrer la ville dans un pass&#233; prestigieux o&#249; se r&#233;invente quelque gloriole locale. Une &#171; mise en art &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, lire Enrichissement. Une critique de la marchandise de Luc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; assur&#233;e par am&#233;nageurs et d&#233;cideurs politiques.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gitans vs &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Place Rigaud, on y revient. Le collectif &#171; Citoyennes et citoyens solidaires &#187; a bard&#233; les lieux de calicots o&#249; se lisent des dol&#233;ances. Exemple : &#171; Le centre-ville est en train de mourir car il n'y a pas assez de lieux sociaux &#187;. Un restaurateur agripp&#233; &#224; son micro met en garde : &#171; &lt;i&gt;Si &#231;a continue, on va tous crever !&lt;/i&gt; &#187; Depuis des ann&#233;es, l'&#233;pid&#233;mie continue : boutiques et enseignes ferment les unes apr&#232;s les autres dans le c&#339;ur de ville. En cause, la paup&#233;risation de la population et la densit&#233; des grandes surfaces en p&#233;riph&#233;rie urbaine. Infatigable militante, St&#233;phanie parle du dernier hochet en date de la municipalit&#233; pour ressusciter le cadavre perpignanais : &#171; &lt;i&gt;La mairie a le projet de faire venir 1 500 &#233;tudiants en centre-ville. Plut&#244;t que de r&#233;habiliter le vieux centre pour que les gens y vivent dans des conditions d&#233;centes avec des commerces &#224; taille humaine et des infrastructures sociales, on pousse les classes populaires vers la sortie.&lt;/i&gt; &#187; Le quartier Saint-Jacques, o&#249; r&#233;side la communaut&#233; gitane, voit d'un &#339;il assez inquiet la future arriv&#233;e d'&#233;tudiants aux portes de son &lt;i&gt;home sweet home&lt;/i&gt; d&#233;labr&#233;. &#171; &lt;i&gt;Les Gitans sont conscients du risque d'embourgeoisement de leur quartier. Ils sont chez eux et pr&#233;viennent que &#231;a risque de mal se passer. On sait qu'au nom d'une pr&#233;tendue mixit&#233; sociale, on chasse les pauvres hors de la ville&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Josiane, enseignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la manne &#233;tudiante est un atout non n&#233;gligeable dans la reconqu&#234;te des quartiers populaires, l'autre m&#226;choire de l'&#233;tau &#171; gentrificateur &#187; est plus sournoise. Depuis quelques mois, des panneaux munis de pictogrammes &#224; forme de pi&#233;ton farcissent la ville, indiquant en minutes les temps de trajet pour rejoindre tel site digne d'int&#233;r&#234;t touristique : la Casa Xanxo, la cath&#233;drale, le Castillet, etc. Un processus de mus&#233;ification se dessine sous nos yeux : des grappes de touristes, le nez coll&#233; &#224; leur plan, arpentent des venelles typiques (et authentiquement mis&#233;reuses !) sous l'&#339;il apaisant de presque 200 cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. La ville offerte aux sucs gastriques des tour-op&#233;rateurs. Un ph&#233;nom&#232;ne qui n'a rien de nouveau, mais qui conna&#238;t ces derni&#232;res ann&#233;es un inqui&#233;tant processus d'acc&#233;l&#233;ration. Le 24 juin, le mus&#233;e Rigaud rouvrait ses portes apr&#232;s un lifting &#224; plus de 9 millions d'euros. En guise de &lt;i&gt;guest-star&lt;/i&gt; : une cinquantaine de tableaux de Picasso &lt;i&gt;himself&lt;/i&gt;. Avant d'&#234;tre recycl&#233; en monospace Citro&#235;n, le peintre a s&#233;journ&#233; dans la cit&#233; catalane au d&#233;tour des ann&#233;es 1950. Voil&#224; pour l'alibi. Il n'en fallait pas plus pour r&#233;cup&#233;rer l'aura du peintre andalou et saturer l'espace public d'affiches annon&#231;ant cet incontournable ramdam artistico-publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant un &#233;ni&#232;me caoua, le journaliste Nicolas Caudeville&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Animateur du site l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; prend un air d&#233;licieusement narquois : &#171; &lt;i&gt;Tout &#231;a n'est qu'une grossi&#232;re affaire de &lt;/i&gt;merchandising. &lt;i&gt;La mairie a ferm&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re l'&#233;cole des Beaux-Arts, qui aurait eu 200 ans cette ann&#233;e, car elle ne rapportait rien. Perpignan est une ville pauvre &#233;conomiquement, parce qu'il n'y a pas d'industrie et de commerce. Donc la seule solution, comme pour tout pays du tiers-monde, c'est le tourisme. Pourquoi le patrimoine ? Ben d&#233;j&#224;, parce qu'il y en a un ! Et puis le patrimoine, c'est contr&#244;lable : c'est pas une vieille pierre qui va manifester ou prendre position. Au contraire, &#231;a fait tourner le BTP. &#192; Perpignan, quand on leur parle de culture, ils ne sortent pas leur revolver mais leur b&#233;tonni&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une vaccine de culture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2011 sortait de terre le th&#233;&#226;tre de l'Archipel. Ensemble architectural imagin&#233; par Jean Nouvel &#8211; vu de loin, le machin ressemble &#224; une grosse couille de mammouth et d&#233;lire m&#233;galomaniaque du maire pr&#233;c&#233;dent, Jean-Paul Alduy. &#171; &lt;i&gt;C'est un investissement pour les g&#233;n&#233;rations futures. Pour r&#233;ussir, il faut &#234;tre ambitieux. Ce th&#233;&#226;tre sera &#224; Perpignan ce que le Guggenheim est &#224; Bilbao &#187;&lt;/i&gt;, s'enflammait l'&#233;dile de centre droit&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Le Point du 10/10/2011.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Parlons-en, des g&#233;n&#233;rations futures : un partenariat public-priv&#233; sur trente ans, chiffr&#233; &#224; quelque 44 millions d'euros, avec un montage financier tellement limpide que la Cour des comptes est venue tirer la sonnette d'alarme en 2013... Mais pour la baronnie perpignanaise, la captation touristique impliquait de &lt;i&gt;booster&lt;/i&gt; l'image de l'indolente pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Chez la voisine Barcelone, la manne touristique p&#232;serait dans les 2 milliards d'euros. On pourrait pas s'offrir le luxe de quelques miettes ? &#171; &lt;i&gt;Ici, la culture, c'est du folklore,&lt;/i&gt; poursuit un Caudeville en grande forme caustique. &lt;i&gt;Le folklore, c'est la culture sans le danger de la culture. C'est une vaccine de culture. C'est pas Picasso qui va leur cracher &#224; la gueule. Y a aucun risque. Picasso, on sait que &#231;a rapporte, on fait comme toutes les grandes villes. Et on organise &#231;a au mus&#233;e Rigaud alors qu'on aurait pu faire une expo Rigaud ! Ce n'&#233;tait pas n'importe qui, Rigaud. D&#233;but XVIIIe si&#232;cle, le portraitiste a mis en majest&#233; l'absolutisme royal. Rigaud nous a fait le portrait en pied de Louis XIV alors qu'il &#233;tait Roi-Soleil. C'&#233;tait un propagandiste, c'&#233;tait le Goeb-bels catalan !&lt;/i&gt; &#187; Rires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place Rigaud, derni&#232;re. Fich&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'une agence immobili&#232;re, la galerie d'art Artrial. Local discret et &#233;troit qui a inaugur&#233; le 20 juin l'accrochage de &#171; deux artistes exceptionnels et internationaux : Philippe Dequesne, peintre, est pr&#233;sent en permanence &#224; New York City, &#224; Paris et Bruxelles, tandis que le sculpteur Philippe Gauberti arpente les tapis rouges de Cannes et Meg&#232;ve &#187;. La galerie Artrial ne s'adresse pas aux bourses plates du coin. Au sein d'un environnement de mis&#232;re, elle est un abc&#232;s bourgeois qui fait le pari d'une future mont&#233;e en gamme du quartier. Pas du go&#251;t de Pierre Guyot. Chapeau noir et voix ravaud&#233;e &#224; la Gauldo, l'artiste-peintre tra&#238;ne sa mauvaise humeur. Mais se marre quand m&#234;me : il d&#233;tient une lettre o&#249; Picasso avoue s'&#234;tre foutu de la gueule du monde avec le cubisme. Guyot vit de ses &#339;uvres. Difficilement. Pendant des ann&#233;es, il a &#233;t&#233; &#224; la man&#339;uvre pour faire vivre des galeries ind&#233;pendantes avec des artistes locaux. Il l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;La peinture est maqu&#233;e par le syst&#232;me bancaire. Je me bats dans mon coin et les emmerde superbement. Je leur dois rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Tentative-de-putsch-a-la-place-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tentative de putsch &#224; la place du Puig&lt;/a&gt; &#187; : comment la mairie de Perpignan tente de faire main basse sur le quartier gitan, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, lire &lt;i&gt;Enrichissement. Une critique de la marchandise&lt;/i&gt; de Luc Boltanski et Arnaud Esquerre (Gallimard, f&#233;vrier 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Animateur du site &lt;a href=&#034;http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; du 10/10/2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; l'ombre du livret num&#233;rique</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-l-ombre-du-livret-numerique</link>
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		<dc:date>2019-11-13T17:15:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Florent Gouget, Nathalie Caton</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>livret scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;l&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les administrateurs de l'&#201;ducation nationale font miroiter un nouveau gadget cens&#233; r&#233;soudre les sempiternels &#171; probl&#232;mes &#187; scolaires. Le Livret scolaire unique num&#233;rique (LSUN, prononcer el-SUN, &#224; l'anglaise), est un des nouveaux m&#233;diums du miracle p&#233;dagogique. &#192; y regarder de plus pr&#232;s, le soleil num&#233;rique &#171; el-SUN &#187; s'av&#232;re &#234;tre la preuve qu'il est illusoire de s&#233;parer la r&#233;forme de l'enseignement des questions du fichage des enfants, de la gestion administrative et de l'&#233;valuation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scolaire" rel="tag"&gt;scolaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-evaluation" rel="tag"&gt;l'&#233;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/connaissances" rel="tag"&gt;connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/livret-scolaire" rel="tag"&gt;livret scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-eleve" rel="tag"&gt;l'&#233;l&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les administrateurs de l'&#201;ducation nationale font miroiter un nouveau gadget cens&#233; r&#233;soudre les sempiternels &#171; probl&#232;mes &#187; scolaires. Le Livret scolaire unique num&#233;rique (LSUN, prononcer el-SUN, &#224; l'anglaise), est un des nouveaux m&#233;diums du miracle p&#233;dagogique. &#192; y regarder de plus pr&#232;s, le soleil num&#233;rique &#171; el-SUN &#187; s'av&#232;re &#234;tre la preuve qu'il est illusoire de s&#233;parer la r&#233;forme de l'enseignement des questions du fichage des enfants, de la gestion administrative et de l'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3080 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1314.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH475/-1314-2963b.jpg?1779664435' width='500' height='475' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e LSUN est une version num&#233;rique du livret scolaire, mais, &#224; l'instar du cahier de textes num&#233;rique, il est &#171; augment&#233; &#187;. Il regroupera &#224; peu pr&#232;s toutes les informations touchant la scolarit&#233;, notamment les bilans de fin de p&#233;riode (les anciens livrets des &#233;coles et bulletins trimestriels des coll&#232;ges) et de cycle (CE2, 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;), mais aussi les &#171; &lt;i&gt;&#233;l&#233;ments d'appr&#233;ciation portant sur la vie scolaire : assiduit&#233;, ponctualit&#233; ; participation &#224; la vie de l'&#233;tablissement&lt;/i&gt; &#187;, notamment le nombre d'absences justifi&#233;es et injustifi&#233;es ; pour la 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, v&#339;ux et d&#233;cisions d'orientation ; attestations : secourisme, s&#233;curit&#233; routi&#232;re, &#171; &lt;i&gt;savoir-nager&lt;/i&gt; &#187; ; sans oublier les &#171; &lt;i&gt;modalit&#233;s d'accompagnement en cours mises en place&lt;/i&gt; &#187;, qui concernent les &#233;l&#232;ves en difficult&#233;, &#233;trangers, asthmatiques, dyslexiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons qu'il y a une d&#233;cennie, le Collectif national de r&#233;sistance &#224; base &#233;l&#232;ves (CNRBE) avait d&#233;nonc&#233; &#171; base-&#233;l&#232;ves &#187;. Il mettait alors en garde contre le fichage programm&#233; de tous les aspects de la vie. Une kyrielle de sanctions disciplinaires plus tard, ce &#171; casier scolaire &#187;, pr&#233;figurant la mise en r&#233;seau des fichiers scolaires et personnels, est entr&#233; dans les m&#339;urs. On voit qu'entre temps, le fichage g&#233;n&#233;ralis&#233; a accompli des progr&#232;s foudroyants. Il ne cesse d'&#234;tre perfectionn&#233;, comme en t&#233;moigne le foisonnement d'appareils de gestion, dont, entre autres, la cr&#233;ation du CPA, le Compte personnel d'activit&#233;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce compte dont on nous rebat les oreilles est int&#233;gr&#233; &#224; la loi Travail d'El (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'encadrement graduel des enfants, de leurs familles et des professeurs, un insidieux travail de sape de l'&#233;ducation est men&#233; conjointement, avec l'introduction de l'&#233;valuation par comp&#233;tences. C'est ce que r&#233;v&#232;le la derni&#232;re r&#233;forme du coll&#232;ge (2016-2017), men&#233;e au pas de charge et au son du clairon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, les programmes d&#233;finissaient niveau par niveau les connaissances que les &#233;l&#232;ves devaient acqu&#233;rir. D&#233;sormais, un socle commun de comp&#233;tences, de connaissances et de culture SCCCC (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;) conditionne des paquets de comp&#233;tences &#224; d&#233;composer en le&#231;ons et exercices. Tout cela porte le nom de savoirs et savoir-faire &#224; encoder dans des grilles de comp&#233;tences&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce socle est constitu&#233; d'une liste d'items regroup&#233;s en &#171; domaines &#187; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Exemple de comp&#233;tence : &#171; &lt;i&gt;est capable d'arriver en classe avec tout son mat&#233;riel&lt;/i&gt; &#187; ! L'&#233;valuation de cette comp&#233;tence (comportementale) est indistinctement m&#234;l&#233;e aux traditionnels contr&#244;les des connaissances (survivances r&#233;actionnaires appel&#233;es &#224; dispara&#238;tre). Pr&#233;cisons que pour rendre compte du niveau d'un &#233;l&#232;ve, on utilise actuellement trois couleurs. C'est du moins ce qu'on voit dans certains coll&#232;ges. Rouge, t'es nul. Orange, c'est pas fameux. Vert, t'es un cador. Admettons que tu ne sois ni nul, ni un cador. Tu peux avoir 2/3 de vert (pour ton comportement ou ton talent de dessinateur), 1/3 de rouge (pour ta compr&#233;hension de textes ou de notions math&#233;matiques, ou tes connaissances en histoire, etc.). Donc, ni vu, ni connu, j't'embrouille : un enfant m&#233;ticuleux et de bonne volont&#233; peut &#171; b&#233;n&#233;ficier &#187; d'un livret exemplaire&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le livret scolaire est compos&#233; de l'ensemble des grilles de comp&#233;tences et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce m&#233;li-m&#233;lo de comp&#233;tences impos&#233;es, il ne s'agit plus de v&#233;rifier ponctuellement les connaissances des &#233;l&#232;ves &#8211; on l'aura compris. Outre que cela masque les difficult&#233;s d'apprentissage, cela permet de piloter les pratiques des enseignants sur le terrain. Toute activit&#233; doit en effet &#234;tre &#233;labor&#233;e &#224; partir d'un &#171; r&#233;f&#233;rentiel d'&#233;valuation &#187;. Chacun est cens&#233; &#233;valuer au fur et &#224; mesure ce que l'&#233;l&#232;ve est en train de faire &#8211; et non ce qu'il a appris. Le temps de l'&#233;valuation n'&#233;tant plus s&#233;par&#233; du temps de l'apprentissage, l'activit&#233; elle-m&#234;me devient &#233;valuation. Autrement dit, on &#233;value l'&#233;l&#232;ve en tant que mod&#232;le d'&#233;l&#232;ve, un individu apte &#224; d&#233;montrer par lui-m&#234;me et constamment sa capacit&#233; &#224; se d&#233;brouiller, c'est-&#224;-dire un &#233;l&#232;ve auquel on n'a rien besoin d'apprendre. Au bout du compte, l'&#233;valuation devient le but de la besogne nationale et remplace l'enseignement. Plut&#244;t que la r&#233;duction &#224; un enseignement pavlovien que certains d&#233;noncent, c'est la sanction permanente de connaissances (inn&#233;es ?) et de savoir-faire (naturels ?) qui pose v&#233;ritablement probl&#232;me. Du point de vue de l'acte d'enseigner de r&#233;els contenus, c'est un habillage du vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#232;ve a obligation d'&#234;tre en cours, et son &#233;valuation doit &#234;tre ex&#233;cut&#233;e, certes. Mais ce sera sous anesth&#233;sie num&#233;rique. D'o&#249; la panoplie chatoyante de gadgets hautement technologiques et forc&#233;ment ludiques introduits en classe (tablettes avec t&#233;l&#233;chargement de jeux gratuits, ordinateurs portables avec acc&#232;s Internet, tableaux interactifs, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;valuation par comp&#233;tences, qui n'avait pas pu se g&#233;n&#233;raliser dans les coll&#232;ges malgr&#233; diverses tentatives, du fait que la notation chiffr&#233;e est encore massivement pratiqu&#233;e, s'impose d&#233;sormais d'elle-m&#234;me. D&#232;s cette ann&#233;e, les grilles servent &#224; noter le contr&#244;le continu mis en place pour le nouveau brevet. Les &#233;preuves de fin d'ann&#233;e n'en sont pas pour autant obsol&#232;tes. Tant &#224; cause du bachotage permanent d&#251; &#224; l'obligation de r&#233;sultat au brevet, que du respect pour l'examen, il semble improbable que les enseignants prennent le risque d'en perturber le bon d&#233;roulement, en se mettant en gr&#232;ve pour protester contre leur mise au pas p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finissons notre d&#233;claration d'amour &#224; l'&#233;valuation par comp&#233;tences en signalant qu'avec elle, la valeur &#171; &lt;i&gt;chiffr&#233;e&lt;/i&gt; &#187; du travail de l'&#233;l&#232;ve dispara&#238;t. Or ce qui effraie les parents et les adolescents dans la note, mais les int&#233;resse aussi, c'est l'attribution d'un prix aux productions scolaires et la position qu'il conf&#232;re au classement dans la &#171; course &#224; l'&#233;chalote &#187;. La note est-elle escamot&#233;e, la place attribu&#233;e &#224; chaque individu est renvoy&#233;e &#224; plus tard. C'est aussi ce que manifeste la suppression des redoublements. Or, comme il faut bien faire le tri pour ventiler chaque individu dans la hi&#233;rarchie sociale (du moins tant qu'on ne s'en d&#233;barrasse pas), le tri social est confi&#233;, en fin de scolarit&#233; obligatoire ou &#224; la fin du secondaire, au soin d'un logiciel d'orientation. Tout est dans la machine, et le syst&#232;me n'est responsable de rien. L'analyse des donn&#233;es scolaires, statistiques &#224; l'appui, &#171; &lt;i&gt;d&#233;montrera&lt;/i&gt; &#187; que tout a en fait commenc&#233; il y a longtemps, avec une &#171; &lt;i&gt;ma&#238;trise de la langue insuffisante&lt;/i&gt; &#187; en maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livret scolaire, recueil individuel des r&#233;sultats de l'&#233;l&#232;ve et d'appr&#233;ciations sur son travail, dont les parents &#233;taient &#171; &lt;i&gt;propri&#233;taires&lt;/i&gt; &#187; (il devait leur &#234;tre remis en main propre &#224; la fin de chaque cycle scolaire), devient dans sa forme num&#233;ris&#233;e, non seulement un moyen d'imposer l'&#233;valuation par comp&#233;tences comme un pilotage &#224; distance des cours, mais aussi un instrument de gestion qui organise la d&#233;termination automatique de &#171; &lt;i&gt;parcours&lt;/i&gt; &#187;, autrement dit la programmation machinique de la vie de nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nathalie Caton &amp; Florent Gouget&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce compte dont on nous rebat les oreilles est int&#233;gr&#233; &#224; la loi Travail d'El Khomri &amp; co. Il devrait permettre d'accumuler un cr&#233;dit d'heures de formation sur toute la vie, de valider des trimestres de retraite ou de financer un passage &#224; temps partiel. Il promet aussi de &#171; &lt;i&gt;r&#233;compenser &#187;&lt;/i&gt; un engagement associatif via &#171; &lt;i&gt;le compte d'engagement citoyen&lt;/i&gt; &#187;. Elle est pas sonnante et tr&#233;buchante, la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce socle est constitu&#233; d'une liste d'items regroup&#233;s en &#171; &lt;i&gt;domaines &#187;&lt;/i&gt; et appara&#238;t dans les bulletins sous la forme d'une grille de comp&#233;tences. &#192; la fin de chaque cycle, les &#233;chelons de &#171; &lt;i&gt;positionnement &#187;&lt;/i&gt; sont : 1. Ma&#238;trise insuffisante, 2. Ma&#238;trise fragile, 3. Ma&#238;trise satisfaisante, 4. Tr&#232;s bonne ma&#238;trise. C'est du chinois ? Normal, la chose est pondue par des cr&#226;nes d'&#339;uf qui ne causent fran&#231;ais qu'&#224; M&#233;dor.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le livret scolaire est compos&#233; de l'ensemble des grilles de comp&#233;tences et des appr&#233;ciations des professeurs. Il faut aux parents une bonne dose de pugnacit&#233; pour s'apercevoir que ce qu'ils prenaient pour le reflet du travail de leur enfant est essentiellement un jeu de feux de signalisation. Mais ce qu'ils peuvent comprendre, c'est que si la majeure partie des feux est au rouge, leur gamin aura bien du mal &#224; traverser sa vie d'&#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Passe d'armes avec le coll&#232;ge connect&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Caton</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une rencontre publique initi&#233;e par les signataires de l'Appel de Beauchastel, nous faisons connaissance avec C&#233;line. Sa fille, entr&#233;e au coll&#232;ge en septembre 2015, go&#251;te cette ann&#233;e les &#171; bienfaits &#187; de la mise en place du &#171; coll&#232;ge connect&#233; &#187;. C&#233;line, qui a voulu s'investir dans le fonctionnement du coll&#232;ge, fait depuis deux ans partie du conseil d'administration et des d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'association des parents d'&#233;l&#232;ves. Comment se passe l'arriv&#233;e de la tablette au coll&#232;ge ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/professeur" rel="tag"&gt;professeur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une rencontre publique initi&#233;e par les signataires de l'Appel de Beauchastel, nous faisons connaissance avec C&#233;line. Sa fille, entr&#233;e au coll&#232;ge en septembre 2015, go&#251;te cette ann&#233;e les &#171; bienfaits &#187; de la mise en place du &#171; coll&#232;ge connect&#233; &#187;. C&#233;line, qui a voulu s'investir dans le fonctionnement du coll&#232;ge, fait depuis deux ans partie du conseil d'administration et des d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'association des parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3081 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH569/-1315-a2d27.jpg?1779626581' width='500' height='569' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se passe l'arriv&#233;e de la tablette au coll&#232;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2015, je suis convoqu&#233;e &#224; mon premier CA. Le repr&#233;sentant du conseil d&#233;partemental s'est d&#233;plac&#233; pour l'occasion. Il se f&#233;licite qu'un nouveau coll&#232;ge fasse partie du projet pilote du tout num&#233;rique et se r&#233;jouit de l'arriv&#233;e des tablettes pour les &#233;l&#232;ves de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. &#192; cette &#233;poque-l&#224;, ma fille est en 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Elle ne va donc pas recevoir de tablette dans l'imm&#233;diat, mais je comprends qu'elle fera partie du lot en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de Monsieur-le-conseiller me choque tout de suite : j'apprends que la tablette est impos&#233;e &#224; nos familles, et que d'ici trois ans, il n'y aura plus de livres. Le renouvellement des manuels co&#251;te cher, le projet permet, entre autres, de les remplacer par des manuels num&#233;riques. C'est l'un des &#8220;avantages&#8221; de la distribution gratuite des tablettes aux &#233;l&#232;ves. Je r&#233;alise le danger que ce projet pilote pourrait repr&#233;senter pour mes enfants. Je lui demande de quel droit il impose la tablette dans nos maisons. Monsieur-le-conseiller ne se laisse pas d&#233;monter ; l'arriv&#233;e des tablettes chez nous, c'est pour notre bien. Cela va de soi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a partout des idiots et des mal-comprenants. Je dois en faire partie, mais je ne suis pas s&#251;re d'&#234;tre la seule. Alors je d&#233;cide de mener ma petite enqu&#234;te pour savoir si les autres parents savent que leur enfant va recevoir une tablette et que celle-ci sera amen&#233;e le soir &#224; la maison. Je constate que beaucoup ne sont pas au courant. Il y a eu tr&#232;s peu de communication entre le coll&#232;ge et les parents et entre parents concern&#233;s. Je le signale au professeur r&#233;f&#233;rent en informatique, qui propose une r&#233;union d'information. Ce professeur a re&#231;u une formation sp&#233;cifique, c'est un &lt;i&gt;geek&lt;/i&gt; de la premi&#232;re heure. Cette r&#233;union va lui permettre de nous pr&#233;senter la tablette et son fonctionnement, mais surtout, de nous servir la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fier de lui, il nous raconte tout ce que le num&#233;rique va apporter de positif &#224; nos enfants : un jour, &#233;tant en cours dans une classe de 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, il se rend compte, gr&#226;ce &#224; son ordinateur portable reli&#233; &#224; la salle d'&#233;tude, qu'un &#233;l&#232;ve de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, en train de faire ses devoirs, fait fausse route dans son travail. &#8220;Gr&#226;ce&#8221; &#224; son ordinateur portable interconnect&#233;, il peut lui envoyer un &#8220;tchat&#8221; pour lui signaler la bonne voie &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e scolaire 2016, on prend les petits nouveaux et on recommence : les veinards qui arrivent en classe de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; vont &#224; leur tour recevoir leur tablette. Et ma fille, entre-temps pass&#233;e en 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, re&#231;oit naturellement la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que &#231;a me r&#233;vulse, je signe la convention. (Si une maman tente de refuser, on lui fait du chantage &#8220;Votre enfant n'aura pas acc&#232;s aux cours&#8221; ; &#8220;Vous ne pourrez pas recevoir ses notes&#8221; ; etc., elle finit par signer.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la convention, il est &#233;crit que les parents s'engagent &#224; prendre une assurance sp&#233;ciale et qu'ils fournissent le casque et le stylet. La tablette donne droit &#224; cinq jeux t&#233;l&#233;chargeables gratuitement. Cela lui donne l'air d'un cadeau &#8220;fun&#8221;. Un cadeau empoisonn&#233;, en fait : il va de soi que certains enfants trouvent vite le moyen de t&#233;l&#233;charger tous azimuts. Pour nous, les parents, c'est un vrai casse-t&#234;te. Ajoutons que la tablette doit &#234;tre rendue en fin d'ann&#233;e, et qu'&#224; partir de deux unit&#233;s d&#233;t&#233;rior&#233;es, les parents remboursent. &#201;tant donn&#233; que c'est un objet fragile, cela fait peser une lourde responsabilit&#233; sur les &#233;paules des enfants. Parfois trop lourde : plusieurs familles ont d&#233;j&#224; de gros probl&#232;mes. &#192; cause de la casse, ils ont d&#251; faire face &#224; de p&#233;nibles convocations &#224; r&#233;p&#233;tition. Certains enfants, en particulier ceux qui sont en difficult&#233;, comprennent vite que la tablette n'est pas un jouet mais un instrument de travail ; face &#224; l'&#233;chec, ou dans un moment d'&#233;nervement, on a vu certains &#233;l&#232;ves pris d'une crise de rage briser leur tablette. Cette &#8220;innovation&#8221; technique serait une aide pour les plus faibles, nous dit-on. Au bout du compte, ce sont encore ceux-l&#224; qui trinquent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu nous as dit que tu as pu voir comment &#231;a se passe, concr&#232;tement, au coll&#232;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devant mes r&#233;ticences, et histoire de me calmer, on me propose d'assister en tant qu'observatrice &#224; des heures de cours num&#233;ris&#233;s. On m'octroie deux matin&#233;es pour me rendre compte de ce qu'apporte la fameuse tablette. Ce sont des professeurs pro-num&#233;riques qui me re&#231;oivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me surprend d'abord, c'est de voir comment la classe est organis&#233;e : les &#233;l&#232;ves sont r&#233;partis en &#8220;&#238;lots&#8221;, (en groupes, quoi !), et chacun joue un r&#244;le : il y a un secr&#233;taire (scribe), deux &#233;l&#232;ves &#8220;actifs&#8221; (ils font des recherches, r&#233;pondent &#224; des questions), et un &#233;l&#232;ve charg&#233; de surveiller que tout le monde travaille. Les r&#244;les tournent quand le travail est termin&#233;. Je constate que certains &#233;l&#232;ves sont avachis sur leur chaise, d'autres s'agitent. Quelques-uns sont assis dans un coin, leur casque sur les oreilles, les yeux riv&#233;s sur leur tablette. J'ai appris qu'ils r&#233;visaient leur le&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cours d'histoire, la tablette est utilis&#233;e comme support documentaire. Par exemple, un tableau de Louis XIV &#224; commenter &#224; partir d'une batterie de questions. Or, si toute la classe est sur Internet, il arrive souvent que le r&#233;seau sature. Pendant un quart d'heure, rien ne marche et les &#233;l&#232;ves regardent voler les mouches. &#192; la fin, le professeur est bien oblig&#233; de revenir au papier ! Ce qui m'inqui&#232;te, c'est que nos enfants n'&#233;crivent quasiment plus. Les jours o&#249; la connexion ne marche pas, avec le stylet, on fait comment ? Il y a plus grave : les &#233;l&#232;ves d&#233;sapprennent &#224; organiser leur travail. Les rares cahiers qu'ils ont encore sont de vrais torchons et on peine &#224; s'y retrouver. Quant &#224; d&#233;chiffrer leurs hi&#233;roglyphes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre des innovations, il y a la &#8220;classe invers&#233;e&#8221; : quand un professeur veut que les &#233;l&#232;ves apprennent une nouvelle le&#231;on, il se filme et il met la vid&#233;o sur Internet. Le cours est ainsi &#8220;encapsul&#233;&#8221; (et pr&#234;t &#224; &#234;tre ingurgit&#233;). Ensuite, le professeur v&#233;rifie en faisant un QCM que chacun a bien appris sa le&#231;on. Malgr&#233; cette nouvelle fa&#231;on de faire, certains d'entre eux n'arrivent pas &#224; retenir leur le&#231;on ; ce sont justement ceux qu'on voit isol&#233;s dans un coin de la classe, le casque sur les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une anecdote : un jour, un professeur fait irruption dans la classe d'un coll&#232;gue. Gr&#226;ce &#224; la connexion totale au sein de l'&#233;tablissement, il a pu s'apercevoir qu'un m&#244;me regardait une vid&#233;o pendant le cours. C'est pas le r&#234;ve, &#231;a ?! Mouchards, d&#233;lateurs, collabos, les ordinateurs n'ont pas d'&#233;tats d'&#226;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la tablette a chang&#233; dans ta vie et celle de tes enfants, que ce soit au coll&#232;ge ou ailleurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au quotidien c'est exasp&#233;rant. Il m'arrive de recevoir plus de dix mails par jour du coll&#232;ge : on m'informe de ceci, de cela, des devoirs qui ont &#233;t&#233; faits, et que dans telle mati&#232;re, ma fille a obtenu telle note... Eh oui, je re&#231;ois ses notes en temps r&#233;el ! D'ailleurs cela commence &#224; d&#233;plaire &#224; ma fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les devoirs doivent &#234;tre r&#233;dig&#233;s sur la tablette, mais imprim&#233;s &#224; la maison. Car les profs demandent toujours une version papier. Il est clair que les co&#251;ts d'impression sont d&#233;plac&#233;s vers les familles. Le probl&#232;me, c'est que premi&#232;rement, tous les parents n'ont pas une imprimante ; deuxi&#232;mement, tout imprimer, c'est exorbitant, tout le monde n'a pas les moyens de le faire. Pour moi, il est hors de question d'imprimer les devoirs : ma fille les &#233;crit sur papier, un point c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce coll&#232;ge, il y a r&#233;guli&#232;rement des r&#233;unions &#8220;informelles&#8221; avec le proviseur. Un jour, il nous informe qu'il a re&#231;u un coup de fil du conseil d&#233;partemental : des tablettes allum&#233;es ont &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;es &#224; Paris. Il est malvenu de les faire sortir du d&#233;partement. Cela se passe de commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'impact sanitaire du WiFi, la question a &#233;t&#233; pos&#233;e mais aucune r&#233;ponse r&#233;elle n'a &#233;t&#233; donn&#233;e, je dirais m&#234;me qu'elle a &#233;t&#233; ignor&#233;e. J'ai bien l'intention d'aller dans les classes avec un appareil pour mesurer la puissance des ondes &#233;lectromagn&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a ce &#224; quoi on ne pense pas : la tablette, il faut la vider pour mieux pouvoir la remplir. Tout comme les t&#234;tes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Nathalie Caton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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