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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Le syst&#232;me p&#233;nal pr&#233;vient mal les violences faites aux femmes &#187;</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pour beaucoup de f&#233;ministes, le combat contre les violences sexistes passe par l'incarc&#233;ration des agresseurs. Autrice de Pour elles toutes : femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau en appelle au contraire &#224; une lutte qui prendrait ses distances avec le syst&#232;me p&#233;nal. Une gageure ? &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse avec l'essayiste, dont les propos trouvent un &#233;cho particulier dans le contexte du confinement : depuis le 17 mars, les violences conjugales sont en forte hausse. &#171; Mon c&#339;ur se serre avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwenola-Ricordeau-2076" rel="tag"&gt;Gwenola Ricordeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes-incarcerees" rel="tag"&gt;femmes incarc&#233;r&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ricordeau" rel="tag"&gt;Ricordeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwenola" rel="tag"&gt;Gwenola&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour beaucoup de f&#233;ministes, le combat contre les violences sexistes passe par l'incarc&#233;ration des agresseurs. Autrice de &lt;i&gt;Pour elles toutes : femmes contre la prison&lt;/i&gt;, Gwenola Ricordeau en appelle au contraire &#224; une lutte qui prendrait ses distances avec le syst&#232;me p&#233;nal. Une gageure ? &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse avec l'essayiste, dont les propos trouvent un &#233;cho particulier dans le contexte du confinement : depuis le 17 mars, les violences conjugales sont en forte hausse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3336 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/-1528-0f0c0.jpg?1768652366' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon c&#339;ur se serre avec elles toutes qui ne disent rien. Celles qui ne disent rien parce que la police n'a rien fait la derni&#232;re fois, parce qu'on ne les a pas crues lorsqu'elles &#233;taient enfants, parce que ce n'est pas si grave et qu'il avait peut-&#234;tre le droit.&lt;/i&gt; &#187; Elles, ce sont toutes ces femmes qui ont fait les frais de la violence d'un homme. Et puis il y a les incarc&#233;r&#233;es, &#171; &lt;i&gt;celles pour qui c'&#233;tait &#233;crit, depuis la rue, depuis la came, depuis le trottoir, depuis les fugues. Celles pour qui c'&#233;tait &#233;crit parce qu'elles ne sont pas n&#233;es avec les bons papiers, le bon pr&#233;nom, la bonne couleur de peau.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi toutes celles qui attendent patiemment, &#171; &lt;i&gt;devant les prisons et dans les parloirs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;num&#233;ration par laquelle s'ouvre &lt;i&gt;Pour elles toutes : femmes contre la prison&lt;/i&gt; (Lux &#233;diteur, 2019), un essai de Gwenola Ricordeau, r&#233;sume dans un frisson la port&#233;e du propos. Alors que luttes f&#233;ministes et luttes abolitionnistes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gwenola Ricordeau d&#233;fend l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal dans son ensemble.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont trop souvent pens&#233;es comme deux combats irr&#233;conciliables, l'autrice, professeure assistante en justice criminelle &#224; la California State University de Chico, livre 200 pages d'analyses rigoureuses qui invitent &#224; construire un f&#233;minisme autonome vis-&#224;-vis du syst&#232;me p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Battant en br&#232;che les arguments de celles et ceux qui attendent une plus grande s&#233;v&#233;rit&#233; de la &#171; justice &#187; face aux d&#233;lits et aux crimes &#224; caract&#232;re sexiste, Gwenola Ricordeau fustige, chiffres et &#233;tudes &#224; l'appui, les r&#233;ponses inadapt&#233;es apport&#233;es par l'institution, en France comme aux &#201;tats-Unis, aux violences faites aux femmes. Des violences commises par des hommes qui, rappelle-t-elle, ne risquent pas les m&#234;mes peines &#171; &lt;i&gt;selon leur origine ethnique, leur classe ou leur profession &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, l'autrice tacle &#233;galement un certain &#171; &lt;i&gt;paternalisme p&#233;nal &#187;&lt;/i&gt; qui, s'il a tendance &#224; moins punir les femmes, ne manque pas de sanctionner celles qui d&#233;rogent &#224; la &#171; norme &#187; : &#171; mauvaises &#187; m&#232;res ou &#171; &lt;i&gt;lesbiennes agressives&lt;/i&gt; &#187;. Gwenola Ricordeau s'attarde aussi sur ces femmes qui, hors les murs, nourrissent les rangs des abonn&#233;s au parloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de situations qui entrent en r&#233;sonance avec le contexte actuel : depuis la mise en place du confinement, les faits de violences conjugales ont augment&#233;, les conditions de d&#233;tention se sont d&#233;grad&#233;es et, faute de parloirs, le lien entre les d&#233;tenu&#183;es et leurs proches s'est disloqu&#233;. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre d&#233;fend l'id&#233;e que luttes f&#233;ministes et luttes abolitionnistes peuvent &#8211; et doivent &#8211; &#234;tre men&#233;es de front...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis les ann&#233;es 1980, les courants dominants du f&#233;minisme appellent &#224; une plus grande criminalisation des violences masculines, au prononc&#233; de sanctions plus s&#233;v&#232;res. Or la cible de l'abolitionnisme p&#233;nal, c'est le syst&#232;me p&#233;nal (la police, la justice, etc.). Donc, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, on a deux luttes oppos&#233;es. Mais il existe aussi, en r&#233;ponse &#224; l'&#233;chec des politiques men&#233;es contre les violences masculines, des approches f&#233;ministes et abolitionnistes qui proposent d'abandonner la logique punitive, r&#233;tributive, du syst&#232;me p&#233;nal, en partant notamment du constat que l'&#233;tendue de ces violences est bien la preuve que ces politiques ne fonctionnent pas. D'une part le syst&#232;me p&#233;nal pr&#233;vient mal ou peu la commission des violences faites aux femmes, mais en plus, la proc&#233;dure p&#233;nale est extr&#234;mement p&#233;nible pour les victimes. Certes, avec les peines de prison, certains des auteurs de violences sont mis &#224; l'&#233;cart, mais c'est une r&#233;ponse temporaire et il n'est pas s&#251;r que ces auteurs ne r&#233;cidiveront pas ensuite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, face &#224; l'amplification des faits de violences conjugales pendant les premi&#232;res semaines du confinement, des dispositifs ont &#233;t&#233; mis en place pour permettre aux femmes d'alerter plus facilement la police. De m&#234;me, bien que les tribunaux tournent au ralenti, les audiences pour violences conjugales continuent de se tenir. Beaucoup d'agresseurs passent d'ailleurs directement du tribunal &#224; la case prison. Dans cette p&#233;riode particuli&#232;re, existe-t-il selon toi des alternatives au recours &#224; la &#171; justice &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Construire des alternatives au recours &#224; la police et &#224; la justice prend du temps : il faut se former &#224; des approches communautaires et non-violentes de r&#233;solution des probl&#232;mes, mettre en place des r&#233;seaux de solidarit&#233;s, etc. Une situation d'urgence comme celle d'aujourd'hui n'est pas propice &#224; tout cela. D'ailleurs, les initiatives d'entraide qui fleurissent depuis le d&#233;but du confinement ne pensent pas toujours &#224; ce qui peut &#234;tre apport&#233; sp&#233;cifiquement aux femmes victimes de violences, comme des h&#233;bergements, de la m&#233;diation ou encore un soutien psychologique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu expliques que si la possibilit&#233; de recourir au syst&#232;me p&#233;nal est un privil&#232;ge, paradoxalement, c'est &#233;galement le cas du fait de pouvoir s'en passer...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le monde ne peut pas faire appel au syst&#232;me p&#233;nal, par exemple en portant plainte ou en se constituant partie civile : cela d&#233;pend de ses ressources, au sens large ; de sa situation &#8211; se met-on en danger en parlant &#224; des policiers ? &#8211; ou de celle de ses proches. Cela implique aussi de pouvoir &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#8220;cr&#233;dible&#8221;. En m&#234;me temps, pour certaines victimes, le recours au p&#233;nal est aujourd'hui leur seule solution, en raison de leur isolement social ou d'un danger imm&#233;diat. L'abolitionnisme n'est donc pas un simple appel &#224; renoncer au privil&#232;ge qu'est le recours au p&#233;nal, mais &#224; penser comment prendre en charge toutes les victimes et les pr&#233;judices qu'elles ont subis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi, pour certaines personnes, appeler la police revient-il &#224; se mettre en danger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le risque d'&#234;tre victime de la police elle-m&#234;me : je pense &#224; des situations de violences polici&#232;res contre des personnes racis&#233;es, aux violences sexuelles commises par des policiers contre des femmes, en particulier des travailleuses du sexe. Et puis il y a les personnes sans titre de s&#233;jour qui, si elles ont bien le droit de porter plainte, peuvent craindre d'&#234;tre expuls&#233;es par exemple. Cela peut aussi &#234;tre compliqu&#233; pour les personnes engag&#233;es dans des activit&#233;s criminalis&#233;es comme le trafic de stup&#233;fiants : la protection qu'elles peuvent esp&#233;rer de la police peut &#234;tre d&#233;risoire par rapport au risque d'&#234;tre poursuivies pour leurs activit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu consacres d'ailleurs un chapitre aux femmes &#171; judiciaris&#233;es &#187; qui, si elles sont moins nombreuses que les hommes, ne sont pas toutes &#233;gales face au risque de se retrouver derri&#232;re les barreaux...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le risque d'&#234;tre arr&#234;t&#233;, poursuivi, condamn&#233; &#8211; et donc de se retrouver en prison &#8211; est diff&#233;rent selon les classes sociales, les origines ethniques, mais aussi selon qu'on est une femme ou un homme. Pour l'essentiel, les femmes incarc&#233;r&#233;es sont issues des milieux populaires et/ou de l'histoire de la colonisation et de l'immigration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuellement, le risque d'&#234;tre verbalis&#233; pour non-respect du confinement ne semble pas non plus &#234;tre le m&#234;me pour tout le monde...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les cat&#233;gories p&#233;nales, c'est-&#224;-dire les faits qu'on d&#233;cide de criminaliser, ne sont pas neutres. Aujourd'hui, en criminalisant le non-respect des mesures de confinement, on criminalise les classes populaires : des personnes qui ne se conforment pas &#224; ces r&#232;gles parce qu'elles n'ont pas toujours acc&#232;s aux formulaires ou &#224; la compr&#233;hension de mesures peu claires, ou encore pour des raisons de survie mat&#233;rielle ou sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que la presse parle de la col&#232;re des d&#233;tenus face &#224; la gestion de la crise sanitaire, rien ou presque sur les prisonni&#232;res. Pourtant &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, journal anti-carc&#233;ral et abolitionniste, vient de signaler que trois femmes incarc&#233;r&#233;es &#224; la prison des Baumettes, &#224; Marseille, ont tent&#233; de se suicider ces derni&#232;res semaines... Comment expliquer ce silence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les prisons pour femmes int&#233;ressent souvent moins que les prisons pour hommes, notamment parce que les modes de protestation des femmes, qui recourent moins que les hommes aux violences collectives, sont moins spectaculaires. De plus, les r&#233;seaux de solidarit&#233; dont les femmes incarc&#233;r&#233;es b&#233;n&#233;ficient sont plus faibles encore que ceux des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre s'int&#233;resse aussi aux ravages caus&#233;s par le syst&#232;me p&#233;nal sur les femmes proches de d&#233;tenus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes qui ont des proches incarc&#233;r&#233;s doivent souvent les soutenir mat&#233;riellement et financi&#232;rement, notamment en s'occupant de leur linge, en leur envoyant des mandats&#8230; Mais aussi &#233;motionnellement, &#224; travers les visites, les courriers, les appels t&#233;l&#233;phoniques... Car le travail domestique et le souci de l'autre, le&lt;i&gt; care&lt;/i&gt;, sont attendus des femmes et non des hommes dans une soci&#233;t&#233; patriarcale. Dans le contexte actuel, avec la suspension des visites, la difficult&#233; de communiquer avec les prisonniers, le manque d'information sur l'&#233;pid&#233;mie et les probl&#232;mes d'acc&#232;s aux soins en d&#233;tention, les inqui&#233;tudes que les proches de personnes incarc&#233;r&#233;es ont habituellement sont d&#233;cupl&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels outils seraient &#224; notre port&#233;e pour s'extraire de ce syst&#232;me p&#233;nal si peu profitable aux femmes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire porter les luttes sur les conditions mat&#233;rielles et financi&#232;res de l'&#233;mancipation et de l'autonomie des femmes et d&#233;velopper des approches non punitives des &#8220;crimes&#8221;. Des approches que nous adoptons assez naturellement pour r&#233;soudre les conflits avec les personnes qui nous sont ch&#232;res. La forme la plus connue est celle de la justice r&#233;paratrice, mais il y a aussi la justice transformative &lt;i&gt;[lire ci-dessous]&lt;/i&gt;, qui repose sur des processus communautaires de r&#233;solution des situations probl&#233;matiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des formes de justice alternative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1970, d'innovantes fa&#231;ons de penser et de g&#233;rer les conflits sont th&#233;oris&#233;es et exp&#233;riment&#233;es par des groupes f&#233;ministes et des mouvements de lib&#233;ration de minorit&#233;s ethniques en Am&#233;rique du Nord. S'inspirant notamment de pratiques traditionnelles autochtones, elles tablent sur la r&#233;solution des conflits par la communaut&#233; elle-m&#234;me. En r&#233;sum&#233;, il s'agit de privil&#233;gier ce que Gwenola Ricordeau nomme &#171; &lt;i&gt;la m&#233;diation, la r&#233;conciliation et la gu&#233;rison &#187; &lt;/i&gt;plut&#244;t que le recours au syst&#232;me punitif &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces mod&#232;les alternatifs, on retrouve la &#171; &lt;i&gt;justice r&#233;paratrice &#187;&lt;/i&gt;, qui refuse l'exclusion des agresseurs et invite &#224; l'invention de formes de d&#233;dommagements pour les victimes. Autre concept proche : la &#171; &lt;i&gt;justice transformative &#187;&lt;/i&gt;, qui met en avant la responsabilit&#233; collective face aux actes des individus. La communaut&#233; doit d&#232;s lors s'impliquer dans le soutien &#224; la victime d'une agression, &#224; &#171; &lt;i&gt;sa s&#233;curit&#233; et son autod&#233;termination &#187;&lt;/i&gt;. Le concept repose &#233;galement sur la reconnaissance par l'agresseur de sa responsabilit&#233; et son &#171; &lt;i&gt;changement de comportement &#187;&lt;/i&gt;. Il s'agit aussi de se diriger collectivement vers &#171; &lt;i&gt;des changements politiques et structurels des conditions qui permettent au pr&#233;judice de se reproduire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans son livre, Gwenola Ricordeau reconna&#238;t que &#171; &lt;i&gt;le d&#233;veloppement de la justice transformative ne garantit pas une future abolition du syst&#232;me p&#233;nal &#187;&lt;/i&gt;, elle revendique le n&#233;cessaire d&#233;veloppement d'alternatives de ce genre pour &#171; &lt;i&gt;les communaut&#233;s les plus impact&#233;es &#187;&lt;/i&gt; par le syst&#232;me punitif d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gwenola Ricordeau d&#233;fend l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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