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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans l'enfer de la psychiatrie covidienne</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tout autant que les autres services m&#233;dicaux, l'h&#244;pital psychiatrique est &#224; l'agonie depuis des ann&#233;es. Il n'a pas non plus &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le Covid-19. Pourtant, tout au long de la crise sanitaire, il est rest&#233; cantonn&#233; au silence. Pire, les murs de l'asile n'attendaient que cet &#233;pisode pour se redresser, condamnant les patients &#224; encore plus d'enfermement dans l'enfermement. Ce dimanche 14 mars aurait pu avoir un avant-go&#251;t de printemps. Pourtant, l'ambiance est &#233;lectrique. Limite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout autant que les autres services m&#233;dicaux, l'h&#244;pital psychiatrique est &#224; l'agonie depuis des ann&#233;es. Il n'a pas non plus &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le Covid-19. Pourtant, tout au long de la crise sanitaire, il est rest&#233; cantonn&#233; au silence. Pire, les murs de l'asile n'attendaient que cet &#233;pisode pour se redresser, condamnant les patients &#224; encore plus d'enfermement dans l'enfermement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH654/-1555-abd77.jpg?1768662255' width='400' height='654' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce dimanche 14 mars aurait pu avoir un avant-go&#251;t de printemps. Pourtant, l'ambiance est &#233;lectrique. Limite anxiog&#232;ne. En v&#233;rit&#233;, il a un sale go&#251;t, ce dimanche. La veille, les bars et les restaurants ont appris qu'ils allaient fermer le lendemain, pr&#233;cipitant les Marseillais dans la rue pour &lt;i&gt;profiter&lt;/i&gt; de leur derni&#232;re soir&#233;e en terrasse. Et ce jour, &#224; la clinique psychiatrique des Quatre Saisons, les patients en r&#233;gime ouvert ont eu le droit &#224; une derni&#232;re sortie pour aller voter. Mathieu, les &#233;lections, il s'en balance. C'est surtout l'occasion pour nous deux d'une papote en bord de mer, o&#249; l'on se demande bien &#224; quelle sauce on va &#234;tre mang&#233;s dans les prochaines semaines. Les deux heures de sortie arrivent vite &#224; leur terme. On se serre fort, on se lance un na&#239;f &#171; &lt;i&gt;&#192; bient&#244;t&lt;/i&gt; &#187; sans savoir que ce confinement aux allures de gros d&#233;lire collectif va durer deux mois. Je regarde Mathieu s'&#233;loigner. Il part se confiner &#224; la clinique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les grands oubli&#233;s de la crise sanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le sait, la psychiatrie a toujours &#233;t&#233; le parent pauvre du syst&#232;me de sant&#233;. Et la crise sanitaire n'a fait qu'accentuer ce constat. Tr&#232;s vite, le secteur a d&#251; s'adapter au confinement g&#233;n&#233;ral. Les CMP (centres m&#233;dico-psychologiques)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centres de consultation regroupant psychiatres, psychologues, infirmi&#232;res, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de quartier ont drastiquement r&#233;duit la voilure, privil&#233;giant les t&#233;l&#233;consultations, tandis que les h&#244;pitaux psychiatriques se sont partiellement vid&#233;s, laissant des milliers de personnes sur le carreau ou &#224; la rue, en rupture de soin et parfois sans traitement. Mathieu m'a confi&#233; que dans son &#233;tablissement, &#171; &lt;i&gt;une bonne moiti&#233; des patients a quitt&#233; la clinique au d&#233;but du confinement, par peur de choper le virus ou d'&#234;tre confin&#233;s &#224; l'int&#233;rieur. Mais il y a aussi ceux, parfois en grande fragilit&#233;, qu'on a pouss&#233;s vers la sortie pour qu'il y ait le moins possible de chambres doubles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres structures, les services ont &#233;t&#233; r&#233;organis&#233;s pour cr&#233;er des &#171; unit&#233;s Covid &#187;, ce qui a parfois provoqu&#233; une surpopulation et une absence d'intimit&#233; terribles pour les patients, comme le confiait &#224; &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; une infirmi&#232;re d'un h&#244;pital psychiatrique du Sud-Ouest : &#171; &lt;i&gt;Des chambres de deux sont pass&#233;es &#224; quatre ou cinq occupants, avec les WC &#224; partager et 1,5 m&#232;tre d'espace entre chaque lit. Le tout sans salle commune d'activit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En psychiatrie, &#8220;avec le confinement, on revient &#224; quelque chose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; La chambre d' &#187; isolement th&#233;rapeutique &#187;, sa froideur et son mat&#233;riel de contention, devenait alors le seul espace d'intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;nurie de masques et de mat&#233;riel n'a pas &#233;pargn&#233; la psychiatrie. Fin mars, la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation des libert&#233;s, Adeline Hazan, alertait le minist&#232;re de la Sant&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pour les Agences r&#233;gionales de sant&#233;, la psychiatrie n'est pas prioritaire dans la distribution du mat&#233;riel de protection : dans plusieurs r&#233;gions, la r&#233;partition des masques, solutions hydroalcooliques et kits de d&#233;pistage ne pr&#233;voit d&#233;lib&#233;r&#233;ment aucune attribution &#224; la psychiatrie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Quatre Saisons, les patients n'ont donc pas de masque et les infirmi&#232;res n'en portent qu'&#224; la distribution des m&#233;dicaments. Personne n'est test&#233;. Quelques semaines apr&#232;s le d&#233;but du confinement, plusieurs patients, ainsi que des membres du personnel m&#233;dical, seront infect&#233;s par le coronavirus. Pour faire face &#224; la p&#233;nurie de mat&#233;riel de protection, certains soignants s'organisent alors en mode &#171; syst&#232;me D &#187;, comme &#224; l'h&#244;pital psychiatrique marseillais de Valvert o&#249; des infirmi&#232;res r&#233;cup&#232;rent des blouses donn&#233;es par un fabricant de marrons glac&#233;s et un lot de masques Ikea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise sanitaire, la peur de la contamination change de camp : les soignants n'ont plus peur d'&#234;tre contamin&#233;s par la &#171; maladie mentale &#187; et la folie, ils craignent de contaminer les patients, dont certains sont tr&#232;s fragiles&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'a expliqu&#233; un article de Vice.com (&#171; Dans l'unit&#233; psychiatrique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Autre appr&#233;hension : si les places en r&#233;animation venaient &#224; manquer, la vie d'une personne en psychiatrie vaudrait moins que celle d'une personne consid&#233;r&#233;e comme saine d'esprit, rentable, r&#233;habilitable.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les pratiques alternatives mises &#224; mal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les pratiques du quotidien, la crise sanitaire a un double effet sur les &#233;tablissements psychiatriques : elle enferme toujours plus les patients qui y sont hospitalis&#233;s tout en condamnant la minorit&#233; de soignants qui essayent de travailler &lt;i&gt;diff&#233;remment&lt;/i&gt; &#224; bafouer leurs convictions. En une semaine, ces structures deviennent un v&#233;ritable&lt;i&gt; enfer&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le psychiatre Mathieu Bellahsen en a t&#233;moign&#233; dans un post de blog : &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; pour ceux et celles qui y sont confin&#233;.es : salles communes ferm&#233;es, temps collectifs et activit&#233;s suspendus, permissions pour des retours &#224; domicile annul&#233;es, promenades et visites interdites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;tablissements b&#233;n&#233;ficiant de parcs privatifs accorderont aux patients quelques sorties surveill&#233;es pour leur permettre de &#171; prendre l'air &#187;. Mais &#224; la clinique des Quatre Saisons, il n'y a que le bitume du parking qui entoure le b&#226;timent. Les promenades sont donc r&#233;duites et pas franchement agr&#233;ables, comme en t&#233;moigne Mathieu : &#171; &lt;i&gt;Je suis quelqu'un qui aime &#233;norm&#233;ment marcher. L&#224;, je p&#232;te les plombs un jour sur deux et j'ai extr&#234;mement mal au dos &#224; cause du manque d'exercice.&lt;/i&gt; &#187; En dehors des promenades, les sorties &#224; l'ext&#233;rieur et les retours &#224; domicile sont un rep&#232;re pour de nombreux patients admis en r&#233;gime ouvert et permettent &#224; certains de mieux supporter l'hospitalisation. Le confinement les a priv&#233;s de cette pr&#233;cieuse b&#233;quille : &#171; &lt;i&gt;J'ai envie de rentrer chez moi,&lt;/i&gt; m'explique avec r&#233;signation Mathieu au cours d'un de nos coups de fil r&#233;guliers. &lt;i&gt;Mais comme je suis en d&#233;pression, je me dis que je vais p&#233;ter les plombs tout seul chez moi, donc je reste ici.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, tout ce qui concourt &#224; cr&#233;er un peu de lien avec l'ext&#233;rieur est an&#233;anti en quelques jours. &#171; &lt;i&gt;Ce sont les infirmi&#232;res qui allaient r&#233;cup&#233;rer les colis de nos proches au portail d'en bas,&lt;/i&gt; me racontera Mathieu quelques semaines plus tard. &lt;i&gt;On n'avait m&#234;me pas le droit de les voir alors qu'ils se tenaient &#224; 200 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;m&#232;tres, derri&#232;re un portail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le grand renfermement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par temps de confinement, les &#233;tablissements psychiatriques d&#233;cr&#232;tent donc le grand renfermement : l'isolement psychiatrique se confond avec le confinement sanitaire. Le psychiatre Mathieu Bellahsen va m&#234;me plus loin pour d&#233;crire ce nouvel ordre psychiatrique covidien : &#171; &lt;i&gt;Nous ne parlons plus de barri&#232;res, nous parlons au mieux de prison, au pire d'un camp : le registre de l'exception se d&#233;ploie sans vergogne sous pr&#233;texte sanitaire.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Prot&#233;ger, ce n'est pas s'arroger tous les pouvoirs&lt;/i&gt; &#187;, met en garde une infirmi&#232;re de l'h&#244;pital de Valvert&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans un h&#244;pital psychiatrique de Marseille, la crainte de &#8220;l'effet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Pourtant, lors de ces longues semaines de confinement, les actes de maltraitance se sont multipli&#233;s derri&#232;re les murs opaques de la psychiatrie. Un protocole de quarantaine y a &#233;t&#233; mis en place pour isoler toute personne admise pendant le confinement. Le patient, qui arrive en souffrance, sera donc enferm&#233; pendant plusieurs jours &#224; son arriv&#233;e. &#171; &lt;i&gt;J'ai crois&#233; un type que je ne connaissais pas dans les couloirs,&lt;/i&gt; me raconte Mathieu. &lt;i&gt;Il m'a expliqu&#233; que &#231;a faisait deux semaines qu'il &#233;tait hospitalis&#233; &#224; la clinique. Pendant tout ce temps il &#233;tait seul, dans sa chambre, attendant d'&#234;tre parmi les autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les patients contamin&#233;s par le coronavirus &#224; l'int&#233;rieur, la panique pousse certains soignants &#224; prendre des d&#233;cisions arbitraires, parfois inhumaines. Mathieu explique qu'un patient un peu fi&#233;vreux a &lt;i&gt;illico&lt;/i&gt; &#233;t&#233; envoy&#233; dans l'unit&#233; Covid. La solitude y est terrible, tout comme le d&#233;cor, pour un public d&#233;j&#224; en grande fragilit&#233;. Mathieu s'indigne : &#171; &lt;i&gt;Les infirmi&#232;res n'adressaient m&#234;me pas la parole &#224; une patiente enferm&#233;e dans cette unit&#233; lorsqu'elles lui apportaient son repas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbitraire psychiatrique se joue aussi en dehors des &#171; unit&#233;s Covid &#187;. Certains &#233;tablissements r&#233;tablissent des serrures aux portes des chambres des patients. Dans un texte r&#233;voltant&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Covid met &#224; mal notre &#233;thique professionnelle &#187;, Blogs.mediapart.fr (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, M&#233;lina, psychiatre, questionne l'&#233;thique et le sens de son travail et se d&#233;crit comme &#171; &lt;i&gt;maltrait&#233;e et maltraitante&lt;/i&gt; &#187;. Elle raconte qu'un administrateur de garde de son h&#244;pital psychiatrique a chang&#233; d&#233;but mai toutes les serrures des portes pour pouvoir enfermer les personnes hospitalis&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de leur unit&#233;, sans consulter personne, sous pr&#233;texte qu'il y avait un risque de contamination. Le 11 mai, une patiente, transf&#233;r&#233;e dans une unit&#233; ouverte &#224; la h&#226;te par l'administration, s'est d&#233;fenestr&#233;e. Selon M&#233;lina : &#171; &lt;i&gt;Cette patiente &#233;tait enferm&#233;e &#224; cl&#233;, pour une cause sanitaire et donc de mani&#232;re ill&#233;gale, dans une chambre non adapt&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inhumanit&#233; ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Dans certains &#233;tablissements, les personnes qui ne respectent pas les gestes barri&#232;res sont sanctionn&#233;es par un placement en chambre d'isolement, parfois m&#234;me avec usage de moyens de contention. Certains soignants refusant de cautionner ce grand renfermement et ces mesures humiliantes seront eux-m&#234;mes menac&#233;s, voire sanctionn&#233;s pour &#171; non-respect du confinement &#187;. Des mesures disciplinaires qui conduiront &#233;galement &#224; l'exclusion d'une patiente des Quatre Saisons qui avait fait le mur pour retirer de l'argent &#224; un distributeur en face de l'h&#244;pital. Un climat d&#233;l&#233;t&#232;re qui provoque d'&#233;normes tensions &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Psychiatrie sans contact&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour que les soins psychiatriques deviennent r&#233;ellement th&#233;rapeutiques, il faut que les masques du pouvoir tombent et que disparaissent les hi&#233;rarchies ali&#233;nantes, le d&#233;ni du partage d'une m&#234;me humanit&#233;, afin de favoriser l'&#233;change, le contact, le temps&lt;/i&gt; &#187; rappelle le psychiatre Mathieu Bellahsen. Mais comment prendre soin, &#233;couter, partager un quotidien lorsque la psychiatrie covidienne dicte des r&#232;gles diam&#233;tralement oppos&#233;es &#224; ces valeurs ? Quand la distanciation sociale est de mise, quand tout contact humain est proscrit, quand les regards sont fuyants et m&#233;fiants, quand le pouvoir psychiatrique remet sa blouse, sa charlotte, ses gants, son masque, quand &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; psychiatre se d&#233;sinfecte apr&#232;s avoir serr&#233; la main de &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; patient ? Les principes de la psychoth&#233;rapie institutionnelle&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement critique de la psychiatrie n&#233; au cours de la Seconde Guerre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, qui vise &#224; donner un r&#244;le plus collectif et moins dominant &#224; l'&#233;quipe soignante vis-&#224;-vis des patients, en consid&#233;rant comme pure folie le fait de &#171; &lt;i&gt;soigner les malades sans soigner l'h&#244;pital&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dixit Jean Oury, fondateur avec d'autres psychiatres de la psychoth&#233;rapie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;, semblent d&#233;finitivement s'effacer au profit d'une psychiatrie purement clinique, froide, distanci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde et une psychiatrie sans contact : voil&#224; ce qu'encourage le minist&#232;re de la Sant&#233;, qui appelle les professionnels du secteur &#224; renforcer et &#224; p&#233;renniser la d&#233;mat&#233;rialisation des prises en charge et les plateformes d'&#233;coute &#224; distance. Un effet d'aubaine pour la psychiatrie n&#233;olib&#233;rale et gestionnaire. Un cauchemar pour les patients priv&#233;s du lien et du &lt;i&gt;temps qu'il faut&lt;/i&gt; pour se soigner. &#171; &lt;i&gt;Voir la personne physiquement, serrer une main est extr&#234;mement important, &lt;/i&gt;note F&#233;lix, interne en g&#233;ronto-psychiatrie contraint de pratiquer des t&#233;l&#233;consultations depuis la fermeture de son CMP. &lt;i&gt;Parfois, le contact avec nos patients, c'est le seul qu'ils ont avec des &#234;tres humain&lt;/i&gt;s&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Journal de bord des internes : &#8220;Nos patients ne seront pas pris en r&#233;a&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neutralit&#233; et la confidentialit&#233; d'un cabinet jouent un r&#244;le essentiel dans la relation th&#233;rapeutique, comme le note Yannick, en suivi psy depuis une dizaine d'ann&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Il y a le rituel, penser &#224; mon rendez-vous, &#224; ce que je vais exprimer. Quelques heures avant ma t&#233;l&#233;consultation, je me suis aper&#231;ue que je ne pensais qu'&#224; l'aspect technique et je me demandais si &#231;a allait fonctionner.&lt;/i&gt; &#187; En l'absence des expressions corporelles et de toutes les manifestations non verbales qu'emp&#234;che une t&#233;l&#233;consultation, comment parler de soin ? Yannick d&#233;crit le malaise : &#171; &lt;i&gt;Lorsque je vois ma psychiatre au cabinet, il y a un accueil, une voix, une pr&#233;sence, des choses qui se passent sans la parole. La visioconsultation, c'est une voix qui se d&#233;forme, un visage qui se fige parce qu'il y a un bug. Surtout, il y a ta gueule, ton propre visage sur lequel tu vois arriver la vague d'&#233;motion qui va t'emporter, ta cuisine en arri&#232;re-plan&#8230; Cette pi&#232;ce va-t-elle rester associ&#233;e &#224; ce qui est une consultation m&#233;dicale ?&lt;/i&gt; &#187; Yannick conclut : &#171; &lt;i&gt;Pour la premi&#232;re fois je suis rest&#233;e pratiquement muette.&lt;/i&gt; &#187; Pire : sa psychiatre a consacr&#233; plus de la moiti&#233; de la s&#233;ance &#224; la convaincre de l'efficacit&#233; du proc&#233;d&#233; : &#171; &lt;i&gt;Elle m'expliquait qu'on &#233;tait en train d'inventer d'autres fa&#231;ons de faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce glissement de la psychiatrie covidienne se marie parfaitement &#224; l'ambition des &#171; sant&#233;-mentalistes &#187;&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sant&#233; mentale &#8211; Vers un bonheur sous contr&#244;le, Mathieu Bellahsen, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt; qui entendent r&#233;duire l'&#234;tre humain &#224; un cerveau et d&#233;veloppent la &#171; sant&#233; connect&#233;e &#187;. La puissante fondation-lobby Fondamental &#8211; qui avait d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233; une application smartphone &#171; d'&#233;valuation, de pr&#233;diction et de pr&#233;vention du risque suicidaire &#187; &#8211; a su profiter de la crise pour d&#233;velopper d'autres applications, notamment Covid&#201;coute : &#171; &lt;i&gt;un service gratuit propos&#233; &#224; toute personne en proie &#224; une d&#233;tresse psychologique li&#233;e &#224; l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19 et au confinement.&lt;/i&gt; &#187; L'application pr&#233;tend &#233;valuer sur une &#233;chelle de 1 &#224; 10 le niveau de stress, de col&#232;re, de mal-&#234;tre, d'&#233;puisement et d'id&#233;es suicidaires de la personne, avant de la diriger vers une t&#233;l&#233;consultation via l'application Qare. Elle propose &#233;galement &#171; &lt;i&gt;un guide personnel vers le mieux-&#234;tre&lt;/i&gt; &#187; ridiculement nomm&#233; MonSherpa. Gratuite ces derni&#232;res semaines, l'application MonSherpa co&#251;tera 6 &#8364; par mois une fois la crise sanitaire pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Infantilisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois, les m&#233;dias ont relay&#233; en boucle les angoisses des personnes confin&#233;es. Dans cet oc&#233;an de &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; o&#249; ceux qui prennent la parole vivent souvent dans des conditions mat&#233;rielles confortables, la voix des personnes enferm&#233;es en psychiatrie est rest&#233;e confisqu&#233;e par le pouvoir m&#233;dical. Les rares informations qui filtraient n'&#233;taient incarn&#233;es que par des soignants &#8211; des psychiatres, plus exactement. Certains parlaient de &#171; &lt;i&gt;calme avant la temp&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, d'autres affirmaient que &#171; &lt;i&gt;les patients qui souffrent de troubles schizophr&#233;niques se sont souvent bien adapt&#233;s &#224; l'isolement&lt;/i&gt; &#187;. Lesdits patients ? Jamais interrog&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;confinement auquel le reste de la population a enfin pu go&#251;ter reste un beau mirage pour les personnes intern&#233;es en psychiatrie. Aux Quatre Saisons, seules deux sorties hebdomadaires de deux heures sont &#224; ce jour (fin mai) autoris&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Comme les personnes psychiatris&#233;es ne sont pas rentables, n'ont pas de boulot et sont souvent sous tutelle, ils ne sont pas press&#233;s de nous laisser sortir, &lt;/i&gt;analyse Mathieu. &lt;i&gt;Ils nous consid&#232;rent comme incapables de respecter les gestes barri&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; De plus, les sorties sont limit&#233;es et ultra-encadr&#233;es : il s'agit de se rendre au supermarch&#233; ou &#224; la banque, par groupe de six, accompagn&#233;s par des infirmi&#232;res parfois rev&#234;tues d'une blouse blanche. &#171; &lt;i&gt;Une humiliation,&lt;/i&gt; proteste Mathieu. &lt;i&gt;Les patients n'ont jamais &#233;t&#233; consult&#233;s pour savoir de quoi ils avaient envie durant ces deux heures de sorties.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un faux d&#233;confinement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi 12 mai aurait pu avoir un go&#251;t de grandes retrouvailles : Mathieu pouvait enfin recevoir de la visite. En v&#233;rit&#233;, elles ont un sale go&#251;t, ces retrouvailles. Depuis la veille, les Fran&#231;ais ont de nouveau le droit de sortir. Mais en arrivant &#224; la clinique des Quatre Saisons, je comprends vite que le d&#233;confinement n'est pas le m&#234;me pour tous. Des infirmi&#232;res en blouse nous mettent illico du gel sur les mains, nous distribuent des masques, nous font signer une d&#233;charge, et nous laissent une heure pour se revoir. &#192; peine le temps de prendre quelques nouvelles du dedans et de commenter un peu l'&#233;tat du dehors que les infirmi&#232;res nous signalent d&#233;j&#224; que l'heure est pass&#233;e. Cette fois-ci, on ne peut pas se serrer fort dans les bras ; on se lance un na&#239;f : &#171; &lt;i&gt;La prochaine sortie, c'est dehors.&lt;/i&gt; &#187; Mathieu me regarde partir. Et le grand portail des Quatre Saisons se referme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Centres de consultation regroupant psychiatres, psychologues, infirmi&#232;res, assistantes sociales...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/060420/en-psychiatrie-avec-le-confinement-revient-quelque-chose-d-asilaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En psychiatrie, &#8220;avec le confinement, on revient &#224; quelque chose d'asilaire&#8221;&lt;/a&gt; &#187; (06/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme l'a expliqu&#233; un article de &lt;i&gt;Vice.com&lt;/i&gt; (&#171; &lt;a href=&#034;https://www.vice.com/fr/article/qj4dgb/dans-lunite-psychiatrique-destinee-aux-patients-atteints-du-covid-19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans l'unit&#233; psychiatrique destin&#233;e aux patients atteints du Covid-19&lt;/a&gt; &#187;, 12/05/2020), les personnes psychiatris&#233;es pr&#233;sentent souvent des comorbidit&#233;s 1,5 &#224; 2 fois sup&#233;rieures au reste de la population. Au final, l'h&#233;catombe n'a pas eu lieu et elles ont &#233;t&#233; jusqu'ici 5 &#224; 6 fois moins touch&#233;es par le Covid, contrairement aux soignants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le psychiatre Mathieu Bellahsen en a t&#233;moign&#233; dans un post de blog : &#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/mathieu-bellahsen/blog/160520/de-la-psychiatrie-confinee-la-psychiatrie-renfermee-bas-les-masques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la psychiatrie confin&#233;e &#224; la psychiatrie renferm&#233;e. Bas les masques !&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs.mediapart.fr&lt;/i&gt; (18/05/2020). &#192; noter qu'il est coauteur, avec la journaliste Rachel Knaebel, du livre &lt;i&gt;La r&#233;volte de la psychiatrie&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.sciencesetavenir.fr/sante/dans-un-hopital-psychiatrique-de-marseille-la-crainte-de-l-effet-cocotte-minute_143667&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans un h&#244;pital psychiatrique de Marseille, la crainte de &#8220;l'effet cocotte-minute&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, AFP (21/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/violencedutravailcom/blog/160520/le-covid-met-mal-notre-ethique-professionnelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Covid met &#224; mal notre &#233;thique professionnelle&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs.mediapart.fr&lt;/i&gt; (16/05/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement critique de la psychiatrie n&#233; au cours de la Seconde Guerre mondiale, au sein de l'asile de Saint-Alban-sur-Limagnole (Loz&#232;re), haut-lieu de la R&#233;sistance. Il s'agissait de modifier l'institution soignante selon des principes m&#234;lant psychanalyse et marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dixit&lt;/i&gt; Jean Oury, fondateur avec d'autres psychiatres de la psychoth&#233;rapie institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/270320/journal-de-bord-des-internes-nos-patients-ne-seront-pas-pris-en-rea&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journal de bord des internes : &#8220;Nos patients ne seront pas pris en r&#233;a&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart &lt;/i&gt;(27/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La sant&#233; mentale &#8211; Vers un bonheur sous contr&#244;le&lt;/i&gt;, Mathieu Bellahsen, La Fabrique (2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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