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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Un rac&#243; llibertari a Barcelona</title>
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		<dc:creator>Cosa Rara, Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;Au mois de mai, une large invitation a &#233;t&#233; lanc&#233;e pour commencer &#224; c&#233;l&#233;brer le trenti&#232;me anniversaire d'El Lokal, un espace de luttes mythique dans la capitale catalane. I&#241;aki nous raconte le reste. CQFD : El Lokal, c'&#233;tait comment au d&#233;but ? &#171; &#192; la fin des ann&#233;es 1980, nous faisions une revue libertaire qui s'appelait Lletra A &#224; Barcelone, Sabotaje &#224; Madrid et Resiste au Pays basque. Nous tra&#238;nions &#224; l'ath&#233;n&#233;e libertaire du quartier de Poble Sec la journ&#233;e et nous nous retrouvions le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au mois de mai, une large invitation a &#233;t&#233; lanc&#233;e pour commencer &#224; c&#233;l&#233;brer le trenti&#232;me anniversaire d'El Lokal, un espace de luttes mythique dans la capitale catalane. I&#241;aki nous raconte le reste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH376/-1429-0d8f2.jpg?1768695251' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Ferdinand Cazalis
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : El Lokal, c'&#233;tait comment au d&#233;but ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la fin des ann&#233;es 1980, nous faisions une revue libertaire qui s'appelait &lt;i&gt;Lletra A&lt;/i&gt; &#224; Barcelone, &lt;i&gt;Sabotaje&lt;/i&gt; &#224; Madrid et &lt;i&gt;Resiste&lt;/i&gt; au Pays basque. Nous tra&#238;nions &#224; l'ath&#233;n&#233;e libertaire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les ath&#233;n&#233;es libertaires sont des espaces de culture et d'&#233;ducation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; du quartier de Poble Sec la journ&#233;e et nous nous retrouvions le soir &#224; la pizzeria Rivolta, &#233;galement fr&#233;quent&#233;e par le milieu anarchiste. On animait des &#233;missions sur les radios libres, on &#233;crivait dans des fanzines et on allait dans des bars associatifs qui poussaient comme des champignons dans le centre de Barcelone (4 Pasos al Norte, El Pirata). Mais il nous fallait un lieu o&#249; diffuser un matos alternatif &#233;clectique, avec des horaires nocturnes et une ouverture au-del&#224; du cercle militant, pour que les gens n'aient pas peur de rentrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous nous sommes install&#233;s, en mai 1987, dans le local du no 1 de la rue de la Cera, nous partions sur du temporaire. On a mont&#233; un bar, qui accueillait des punks pour des concerts improvis&#233;s malgr&#233; l'&#233;troitesse du rez-de-chauss&#233;e. Mais on subissait en permanence des descentes de flics, surtout pour la drogue. Autre probl&#232;me, le fait de tenir un bar nous a tr&#232;s vite transform&#233;s en serveurs. On a alors d&#233;cid&#233; de le fermer, sous les insultes des habitu&#233;s, pour mieux continuer l'activit&#233; de disquaire-librairie-vente de fringues-infokiosque. &#192; partir de cette exp&#233;rience de distribution de matos alternatif, principalement des bouquins, sont n&#233;es les &#233;ditions Virus. Au fil des ann&#233;es, elles sont devenues une structure ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Lokal a &#233;merg&#233; comme un espace d'autogestion utile aux luttes dans la ville et au niveau international. Et diff&#233;rents collectifs sont venus l'agrandir : los Okupas, les antifascistes, les gays, les sans-papiers, le mouvement contre le cinqui&#232;me centenaire de la d&#233;couverte des Am&#233;riques et l'Expo universelle de 1992... Pendant 15 ans, le Comit&#233; de solidarit&#233; avec la r&#233;bellion zapatiste a aussi eu son QG ici. En d&#233;pit des conflits inh&#233;rents &#224; ce genre d'exp&#233;rience collective, nous avons continu&#233; &#224; fonctionner sans adh&#233;sions ni subventions, en autoproduisant toutes sortes de choses &#8211; par exemple, une compil de rock antimilitariste. L'argent r&#233;colt&#233; nous a permis de soutenir les luttes, notamment en participant aux frais de justice. Depuis le 15-M&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou &#171; Mouvement des Indign&#233;s &#187;, n&#233; sur la Puerta del Sol &#224; Madrid le 15 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, nos activit&#233;s se sont surtout concentr&#233;es sur la d&#233;fense du quartier contre la gentrification. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir choisi le quartier du Raval, ex-Barrio Chino ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1992, la &lt;i&gt;Rambla&lt;/i&gt; du Raval a commenc&#233; &#224; sortir de terre sans rencontrer beaucoup d'opposition. Quand nous d&#233;noncions les destructions de rues enti&#232;res et les expulsions d'habitants accompagnant cette grande op&#233;ration d'am&#233;nagement urbain, on nous prenait pour des fous. C'&#233;tait une &#233;poque tendue, difficile, entre l'h&#233;ro&#239;ne, les attaques n&#233;onazies et sexistes, la peur des habitants. On nous voyait comme des &#171; bizarres &#187;. Mais avec le temps, nous avons &#233;t&#233; accept&#233;s dans la &#171; normalit&#233; bizarre &#187; du Raval, un quartier stigmatis&#233; que les gens comparaient volontiers au Bronx &#224; New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amplitude de nos horaires d'ouverture, en particulier les samedis, a jou&#233; un r&#244;le essentiel : des gens venaient de partout avec leurs listes de courses politiques, dans le spirituel (livres, revues, brochures...), l'humain (un coup de main pour r&#233;sister &#224; une expulsion) ou le mat&#233;riel (m&#233;gaphone et autres outils). Bref, ce n'&#233;tait pas une simple boutique, mais un lieu qui sert pour tout, toute la journ&#233;e, m&#234;me si c'est &#233;puisant parfois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est ton opinion sur le tourisme qui s&#233;vit actuellement dans El Raval, et &#224; Barcelone en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On nous a souvent qualifi&#233;s de &#171; tourismo-phobiques &#187;, mais aujourd'hui, Barcelone est vendue comme un produit touristique mondial. Et cela s'accompagne d'une sp&#233;culation sauvage : Airbnb, les h&#244;tels, les croisi&#232;res et trente mille touristes par jour qui arrivent, ach&#232;tent et s'en vont sans vraiment voir la ville. En d&#233;coulent des emplois pr&#233;caires, des salaires tellement bas que certains travailleurs sont oblig&#233;s de dormir dans la rue, des investissements touristiques sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous et nos voisins du centre-ville, la menace d'expulsion est imminente, car la loi imposant des loyers fixes a &#233;t&#233; abrog&#233;e, et les propri&#233;taires les augmentent d&#232;s qu'ils le peuvent. Derni&#232;rement, on a emp&#234;ch&#233; l'expulsion d'une famille de notre immeuble avec les voisins et voisines de tout le quartier. Tout devient plus cher, et les petits commerces (boucheries, cybercaf&#233;s&#8230;), souvent tenus par des immigr&#233;s d&#233;barqu&#233;s depuis plus ou moins longtemps et qui faisaient le dynamisme du Raval, ferment et sont remplac&#233;s par des grandes enseignes destin&#233;es aux touristes. Le Raval, quartier traditionnel des putes, des pauvres, des homos, des migrants et des anarchistes, doit &#234;tre r&#233;nov&#233; pour que les promoteurs du tourisme de masse aient un produit encore plus attractif &#224; vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gentrification d'El Raval tarde plus que pr&#233;vu, c'est gr&#226;ce aux immigr&#233;s : ce sont les enfants de l'immigration qui d&#233;fendent l'identit&#233; rebelle du quartier. La gentrification implique un changement de population pour que les touristes soient assur&#233;s de d&#233;ambuler dans une sorte de parc &#224; th&#232;mes bien normalis&#233;. Par exemple, dans les rues c&#233;l&#233;br&#233;es par Manu Chao, on ne peut plus chanter en dehors de zones balis&#233;es sous peine d'amende. Et les chanteurs de rue doivent avoir une assurance et un permis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arriv&#233;e d'Ada Colau &#224; la t&#234;te de la ville a-t-elle chang&#233; la situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nouvelle mairie est oppos&#233;e au tout-touristique, mais est minoritaire et ne peut emp&#234;cher les investisseurs mondiaux de continuer le saccage. Marina Garc&#233;s, une philosophe barcelonaise, compare le tourisme aux ravages de l'industrie mini&#232;re en Am&#233;rique latine : ils arrivent dans un territoire, expulsent les habitants, exploitent &#224; fond et partent quand le filon est &#233;puis&#233;. Imaginez la ville bient&#244;t remplie d'h&#244;tels vides !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection d'Ada Colau a suscit&#233; beaucoup d'espoir. Elle est la premi&#232;re femme &#224; devenir maire de Barcelone et elle n'appartient pas &#224; l'oligarchie, qui n'a que m&#233;pris pour ses origines modestes. Cependant les activistes d'hier sont fonctionnaires aujourd'hui. Les nouveaux &#233;lus inspirent encore une certaine confiance, mais ils ont face &#224; eux la droite dure du Parti populaire au pouvoir &#224; Madrid, les syndicats r&#233;formistes largement compromis, le lobby de l'industrie touristique. C'est pourquoi les mesures positives qu'ils peuvent prendre ont souvent des effets limit&#233;s. Il faut que le mouvement de base, issu du 15-M, reste fort pour les obliger &#224; combattre les int&#233;r&#234;ts de cette clique. Mais nous ne sommes pas si nombreux et tout se focalise sur la question de l'ind&#233;pendance de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retour en arri&#232;re semble n&#233;anmoins improbable. La plupart des gens ressentent d&#233;sormais une grande d&#233;fiance vis-&#224;-vis des banques, et des luttes nouvelles &#233;mergent face aux in&#233;galit&#233;s, aux expulsions. Nous ne sommes plus consid&#233;r&#233;s comme bizarres, mais lucides. Et on vient m&#234;me nous demander notre avis sur les probl&#232;mes partag&#233;s par tout le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme y est malheureusement pr&#233;sent. Mais il existe un foss&#233; entre la propagande d'extr&#234;me droite, qui instrumentalise la peur de la mondialisation, et ce que les gens vivent au quotidien avec leurs voisins de toutes origines. Quand la police catalane a assassin&#233; Juan Andres Benitez&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 6 octobre 2013, par les sinistres Mossos d'Esquadra qu'Ada Colau avait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, une grande manifestation a d'ailleurs r&#233;uni les prostitu&#233;es organis&#233;es, les immigr&#233;s pakistanais musulmans, les gays. Tout le monde avait compris, m&#234;me si on ne se m&#233;lange pas trop, qu'il fallait r&#233;agir collectivement face aux flics traitant n'importe qui en suspect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons continuer &#224; d&#233;fendre le quartier. Et nous vous invitons du 13 au 16 juillet &#224; la 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition d'&lt;i&gt;El Raval Resiste&lt;/i&gt;. Ainsi qu'&#224; revenir en octobre, au centre social Can Batll&#242;, pour f&#234;ter officiellement nos 30 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Cosa Rara &amp; Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-tourisme-est-une-industrie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le tourisme est une industrie extractiviste&lt;/a&gt; &#187; : entretien avec le militant anti-tourisme barcelonais Daniel Pardo, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;176 (mai 2019).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les ath&#233;n&#233;es libertaires sont des espaces de culture et d'&#233;ducation populaire qui se d&#233;veloppent en Espagne &#224; partir de la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ou &#171; Mouvement des Indign&#233;s &#187;, n&#233; sur la Puerta del Sol &#224; Madrid le 15 mai 2011. Il s'est poursuivi dans les nombreuses assembl&#233;es de quartier qui se r&#233;unissent toujours dans les villes espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 6 octobre 2013, par les sinistres Mossos d'Esquadra qu'Ada Colau avait promis, un temps, de dissoudre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Prolonger la col&#232;re de la rue &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Prolonger-la-colere-de-la-rue</link>
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		<dc:date>2018-05-03T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone. Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions. &#171; Le BTP &#233;tait devenu le mod&#232;le &#233;conomique de l'Espagne, mais avec la crise la fin du &#171; r&#234;ve espagnol &#187; a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banques" rel="tag"&gt;banques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logement" rel="tag"&gt;logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avons" rel="tag"&gt;avons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logements" rel="tag"&gt;logements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/expulsions" rel="tag"&gt;expulsions&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logements-vides" rel="tag"&gt;logements vides&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/PAH" rel="tag"&gt;PAH&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/modele-economique" rel="tag"&gt;mod&#232;le &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vides" rel="tag"&gt;vides&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH553/-635-4d5f8.jpg?1768660576' width='400' height='553' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le BTP &#233;tait devenu le mod&#232;le &#233;conomique de l'Espagne, mais avec la crise la fin du &#171; r&#234;ve espagnol &#187; a sonn&#233;. Jusqu'en 2007, l'&#201;tat et les banques poussaient les gens &#224; s'endetter, exer&#231;ant ainsi une forme de contr&#244;le social : un peuple endett&#233; n'a plus le temps de s'organiser, de penser &#224; faire la r&#233;volution ou de d&#233;fendre ses droits. Avant que la bulle immobili&#232;re n'explose en 2008, des gens qui venaient des mouvements sociaux sur le logement ou luttant pour les droits &#233;l&#233;mentaires se sont regroup&#233;s et ont anticip&#233; la crise &#224; venir. Ils ont pens&#233; que les luttes sur le logement pouvaient constituer un sujet politique pour les ann&#233;es &#224; venir. De l&#224; est n&#233;e la PAH, ici &#224; Barcelone en 2009, avec la volont&#233; de d&#233;noncer le syst&#232;me en cours et de regrouper les gens qui en &#233;taient victimes en vue d'actions collectives, sur des bases autogestionnaires et d'entraide, avec une organisation en assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'est vite propag&#233;. Aujourd'hui, il y a 70 groupes en Catalogne et 240 dans l'ensemble de l'&#201;tat espagnol. Nous faisons une assembl&#233;e r&#233;gionale chaque mois pour nous coordonner et mener des campagnes communes, et nous organisons des rencontres tous les trois mois au niveau national. Chaque entit&#233; est autonome localement, avec des d&#233;cisions prises au consensus et des groupes de m&#233;diation en cas de conflit. Le 15-M a beaucoup renforc&#233; les PAH : c'est le moment o&#249; je m'y suis engag&#233;, cherchant une mani&#232;re de concr&#233;tiser et de prolonger la col&#232;re partag&#233;e dans la rue. Une autre force de la PAH, c'est de rassembler des gens diff&#233;rents : ceux qui sont issus du mouvement squat avec leur savoir-faire pour l'ouverture de b&#226;timents, des anarchistes de toujours et d'autres issus de mouvements plus citoyennistes. Sans compter toutes les personnes pour qui c'est la premi&#232;re forme d'engagement de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays qui conna&#238;t le plus grand nombre d'expulsions en Europe mais aussi de logements vides, il a &#233;t&#233; facile de d&#233;montrer l'implication des gouvernants, des banques et des entreprises de construction. Nous avons ensuite men&#233; des actions directes de d&#233;sob&#233;issance civile non violentes pour nous opposer aux expulsions et nous avons fait pression sur les banques pour qu'elles d&#233;bloquent les situations. Nous avons aussi men&#233; des campagnes pour que la l&#233;gislation permette d'annuler la dette en cas d'expulsion. Nous avons &#171; r&#233;cup&#233;r&#233; &#187; collectivement des logements vides appartenant aux banques ou au gouvernement, et milit&#233; pour l'acc&#232;s &#224; un loyer social. L'imaginaire a beaucoup chang&#233; : la population comprend ces occupations, ce qui nous prot&#232;ge un peu de la r&#233;pression. Et gr&#226;ce &#224; ce soutien populaire, les gens qui participent &#224; la PAH gagnent en puissance, car ils oublient leurs peurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;nonciation et l'action directe, nous avons fait des propositions l&#233;gislatives, comme l'ILP en 2012, qui a mis le th&#232;me du logement dans l'agenda politique. Tous les partis ont eu &#224; se positionner sur un changement de l&#233;gislation. Seul le Partido popular (PP), qui a la majorit&#233; absolue au Parlement, a jusqu'ici refus&#233; de changer la loi selon notre proposition. Cette ann&#233;e, nous avons donc opt&#233; pour une forme d'action inspir&#233;e des luttes argentines, les &lt;i&gt;escraches&lt;/i&gt;, destin&#233;es l&#224;-bas aux anciens tortionnaires de la dictature b&#233;n&#233;ficiant d'une impunit&#233; l&#233;gale. Nous sommes all&#233;s devant les domiciles des &#233;lus PP munis de panneaux verts &#171; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &#187; [&#171; Oui, on peut &#187;] avec nos revendications et des pancartes rouges disant &#171; &lt;i&gt;&#161; No !&lt;/i&gt; &#187;, avec ce qui devait cesser. Bien entendu, cela ne leur a pas plu, ils ont tent&#233; de nous criminaliser en nous traitant publiquement de terroristes, de nazis &#224; la solde de l'ETA. Bref.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a alors saisi les administrations et les municipalit&#233;s pour non-assistance &#224; personnes en danger et violation des droits humains, et on leur a demand&#233; de soutenir ces r&#233;quisitions de logements vides, ce qui a eu au d&#233;but un peu de succ&#232;s. Mais les administrations locales ont peu de comp&#233;tences, aussi nous avons saisi les instances r&#233;gionales, avec par exemple une proposition l&#233;gislative populaire au parlement de Catalogne, pour demander une aide destin&#233;e aux victimes du syst&#232;me de cr&#233;dit et aux occupations. M&#234;me s'il n'y pas de statistiques officielles, des milliers de familles vivent aujourd'hui dans des logements occup&#233;s &#224; Barcelone, et apr&#232;s la vague des expulsions dues aux hypoth&#232;ques, 65% d'entre elles sont motiv&#233;es par des impay&#233;s de loyer. Tout cela s'accompagne de revendications pour un logement digne, avec l'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; l'&#233;lectricit&#233; et au gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir de la nouvelle mairie, les changements, comme l'arr&#234;t des expulsions d'&#233;difices publics, demeurent plut&#244;t symboliques, vu qu'il y en avait peu. Mais &#231;a ne fait que 100 jours qu'elle est au pouvoir. Elle a impos&#233; une table de n&#233;gociation avec les banques et toutes les associations de lutte, dont la PAH, ce qui n'est pas rien, car cela faisait un an que le dialogue &#233;tait rompu. Notre premi&#232;re revendication a &#233;t&#233; de pouvoir participer pleinement aux d&#233;cisions concernant le logement, non pas dans un cadre formel mais dans une optique de travail en commun. Trois groupes de travail ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, pour les trois points les plus urgents : 1. les expulsions &#8211; comment changer les politiques locales li&#233;es aux expulsions ? 2. les services sociaux &#8211; comment aider les personnes touch&#233;es par les expulsions ? 3. les logements vides &#8211; comment mobiliser ces espaces au service des personnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre attendons-nous plus de Barcelona en Com&#250; ou de Podemos que du PP ou du PSOE, mais nous ne sommes li&#233;s &#224; personne. Par exemple, nous faisons pression sur la nouvelle mairie pour r&#233;aliser un recensement pr&#233;cis des logements vides dans la ville. &#192; qui appartiennent ces logements ? Sont-ils squatt&#233;s ? Quels sont ceux en situation d'insalubrit&#233; ? R&#233;alis&#233; par les services de l'&#201;tat en 2011, le seul recensement en notre possession d&#233;nombre 80 000 logements vides : un chiffre indubitablement en dessous de la r&#233;alit&#233;. &#192; partir de nouvelles donn&#233;es, on pourra pousser la mairie &#224; lancer des r&#233;quisitions : si un logement est vide depuis trois ans, le propri&#233;taire peut soit recevoir une amende de 500 000 &#8364;, soit &#234;tre expropri&#233;, et son bien transform&#233; en logement social. Si l'appartement est insalubre, le propri&#233;taire est &#233;galement oblig&#233; de le r&#233;habiliter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est comme un engrenage, et le seul acteur-cl&#233;, c'est la soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e. Si la rue n'exerce ni pression ni contr&#244;le, la mairie ne pourra rien faire, m&#234;me avec la meilleure volont&#233;. On est pr&#234;ts &#224; mettre la mis&#232;re &#224; Ada Colau et son &#233;quipe s'ils oublient la rue. Mais il est vrai que la population est moins mobilis&#233;e, nous vivons un moment d'accalmie dans les cycles de lutte. Par ailleurs, les expulsions li&#233;es au cr&#233;dit ont &#233;t&#233; tr&#232;s rapides et tr&#232;s brutales. Face cach&#233;e de l'iceberg, les expulsions li&#233;es aux loyers sont inscrites dans un dispositif plus g&#233;n&#233;ral de pr&#233;carisation et de crise, ce qui fait que les gens ont du mal &#224; tenir dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui ont fond&#233; la PAH venaient du mouvement squat et connaissaient bien l'histoire zapatiste au Mexique. Il y avait des liens forts avec ceux qui ont lutt&#233; lors de la crise en Argentine, ce qui nous a donn&#233; des bases puissantes en termes d'horizontalit&#233; et de partage des savoir-faire, dans une perspective r&#233;volutionnaire. Que veut dire &#171; faire la r&#233;volution &#187; ? Si cela signifie tout changer du jour au lendemain, ce n'est pas ce que nous sommes en train de faire. Mais il y a des prolos qui c&#244;toient des gens de la classe moyenne ou des immigr&#233;s, r&#233;unis autour des m&#234;mes enjeux. Des gens qui sans la PAH ne se seraient jamais parl&#233; et qui s'entraident dans des situations concr&#232;tes d'expulsions ou de d&#233;marches administratives &#8211; le tout avec beaucoup de femmes tr&#232;s actives. Ce dialogue transforme l'imaginaire et les a priori de chacun. Or justement, transformer l'imaginaire collectif, c'est d&#233;j&#224; un processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'agora des 100 jours</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de Semana santa &#8211; et o&#249; entre ami.e.s on aime &#224; s'appeler &#171; ma foufounette &#187; ou &#171; petite bite folle &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%. Le levante, vent qui, selon une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH388/-642-35401.jpg?1768695251' width='400' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de &lt;i&gt;Semana santa&lt;/i&gt; &#8211; et o&#249; entre ami.e.s on aime &#224; s'appeler &#171; &lt;i&gt;ma foufounette&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;petite bite folle&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%. Le &lt;i&gt;levante&lt;/i&gt;, vent qui, selon une rumeur locale, souffle la folie douce, semble avoir soulev&#233; la terre o&#249; repose en lutte Ferm&#237;n Salvochea, maire anarcho-cantonaliste de la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce vendredi 16 octobre 2015, on a align&#233; des chaises sur la place du Palillero et les vieux et les vieilles du quartier s'y sont assis face &#224; un pupitre et une sono sur une estrade basse. Les plus jeunes sont debout tout autour, et &#224; 19h la place est bond&#233;e. Du jamais vu : trois mois apr&#232;s avoir pris la mairie, l'&#233;quipe municipale de Cadix vient rendre des comptes sur son action. Jos&#233; Mar&#237;a &#171; El Kichi &#187; Gonz&#225;lez, prof d'histoire de 39 ans bombard&#233; maire, met tout le monde &#224; l'aise : chacun de ses adjoints aura cinq minutes pour expliquer ce qu'il a fait et pr&#233;voit de faire, et apr&#232;s, micro ouvert pour les critiques et les propositions. Dont acte. Les styles sont tr&#232;s diff&#233;rents chez ces n&#233;o-conseillers sans exp&#233;rience de gestion. Une trentenaire timide au Logement et &#224; la Participation citoyenne ; un Varoufakis tr&#232;s technicien aux Finances ; un ancien syndicaliste aux accents de tribun charg&#233; des employ&#233;s municipaux ; aux Droits des femmes, une f&#233;ministe aux cheveux mauves qui se vante d'avoir fait d&#233;boulonner une statue &#224; la gloire d'une &#233;g&#233;rie phalangiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe courageuse de convoquer cette r&#233;union publique sur la place du 15-M, expos&#233;e &#224; toutes les critiques et altercations, sans portique ni service de s&#233;curit&#233;. Quelques opposants sont l&#224;, mais rares, des applaudissements plut&#244;t, et des &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; Quand il est invectiv&#233; par un gars du port remont&#233; contre le bla-bla, et qui demande ce qu'on a pr&#233;vu pour les ch&#244;meurs longue dur&#233;e, le jeune maire l'encourage &#224; le rejoindre &#224; la tribune. Sur cette agora de fortune, tout le monde est l&#224; pour s'exprimer sur la chose publique. On parle expulsions, boulot, police de quartier, tourisme, et les gens font des propositions concr&#232;tes. Un homme chenu prend le micro : &#171; &lt;i&gt;Le plus beau jour de ma vie, &#231;a a &#233;t&#233; &#224; la mort de Franco, mais dans cette ville, je ne pensais pas qu'on viendrait &#224; bout de la droite. Je suis heureux d'avoir v&#233;cu assez longtemps pour voir &#231;a. Maintenant, il faut se retrousser les manches.&lt;/i&gt; &#187; Puis, c'est au tour de la repr&#233;sentante d'une organisation de ch&#244;meurs de la m&#233;tallurgie : &#171; &lt;i&gt;Ici, la mort de l'industrie a &#233;t&#233; planifi&#233;e. Ils misent tout sur le soleil et le tourisme.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la tribune, apr&#232;s avoir rappel&#233; que l'ancienne maire avait vot&#233; &#224; Madrid le transfert de la r&#233;paration navale en Galice, un adjoint annonce qu'une coordination des mairies de la baie d&#233;fendra bient&#244;t l'activit&#233; portuaire. Cadix devra aussi r&#233;sister aux menaces de l'&#201;tat qui, apr&#232;s avoir laiss&#233; la dette se creuser pendant deux d&#233;cennies, est soudain press&#233; de la mettre sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH427/-643-9c76c.jpg?1768653047' width='400' height='427' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un exalt&#233; &#224; l'allure &lt;i&gt;flamenca&lt;/i&gt; s'empare du micro : &#171; &lt;i&gt;Le frigo est vide, y a pas de boulot, juste la d&#233;merde pour survivre, je chie sur la guardia civil, je chie sur les flics !&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi El Kichi r&#233;pond, sourire aux l&#232;vres : &#171; &lt;i&gt;J'engage la presse &#224; noter que la mairie n'est pas responsable de tous les propos tenus ici.&lt;/i&gt; &#187; Une vieille dame s'indigne : &#171; &lt;i&gt;J'ai travaill&#233; trente ans en France et j'ai mon fils, sa femme et leurs enfants chez moi depuis qu'on les a expuls&#233;s de leur appartement ; et le gouvernement taxe ma retraite !&lt;/i&gt; &#187; Un &#233;tudiant propose : &#171; &lt;i&gt;Le vent et le soleil aussi, ils veulent les taxer, mais plut&#244;t que des champs de panneaux solaires appartenant aux entreprises de toujours, on devrait d&#233;velopper des recherches pour l'autonomie &#233;nerg&#233;tique, non ?&lt;/i&gt; &#187; Alors que la tribune est envahie par celles et ceux venus encourager l'&#233;quipe d'une accolade, El Kichi est tout &#233;mu : &#171; &lt;i&gt; Merci &#224; toutes et tous d'&#234;tre autour de nous, nous avons besoin de la chaleur de la rue !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Maison du peuple</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-Maison-du-peuple</link>
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		<dc:date>2018-05-02T16:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>syndicats</dc:subject>
		<dc:subject>Cadix</dc:subject>
		<dc:subject>General Motors</dc:subject>
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		<dc:subject>Delphi fabriquait</dc:subject>
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		<dc:subject>protocole Delphi</dc:subject>
		<dc:subject>gouvernement r&#233;gional</dc:subject>
		<dc:subject>syndicat UGT</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers, se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles. &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicats" rel="tag"&gt;syndicats&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Delphi" rel="tag"&gt;Delphi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Delphi-fabriquait" rel="tag"&gt;Delphi fabriquait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jose-Maria" rel="tag"&gt;Jos&#233; Mar&#237;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Junta" rel="tag"&gt;Junta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/protocole-Delphi" rel="tag"&gt;protocole Delphi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gouvernement-regional" rel="tag"&gt;gouvernement r&#233;gional&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicat-UGT" rel="tag"&gt;syndicat UGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH276/-645-15b1f.jpg?1768653047' width='400' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers,&lt;/i&gt; se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. &lt;i&gt;Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles.&lt;/i&gt; &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement et abreuv&#233;s de promesses par leurs syndicats et le gouvernement r&#233;gional, qui ont fait de leur malheur un business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tous les politiciens de Cadix sont des incapables&lt;/i&gt; &#187;, proclame une banderole noire pendue en travers de la porte de la bourse du travail de Cadix. &#192; l'int&#233;rieur, dans la salle de cin&#233; en rez-de-chauss&#233;e o&#249; les ex-Delphi sont retranch&#233;s, l'invective se pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Ils ont fait de la trahison un mode de vie&lt;/i&gt; &#187;, accuse une pancarte manuscrite. &#171; Ils &#187; ? Les permanents des syndicats majoritaires, UGT et CCOO, qui aimeraient bien voir dispara&#238;tre de leur vue ces emp&#234;cheurs de cog&#233;rer en rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ceux de Delphi&lt;/i&gt; &#187; ont r&#233;quisitionn&#233; le rez-de-chauss&#233;e de l'immense building regroupant les diverses unions syndicales de la ville. &#171; &lt;i&gt;Tu crois qu'ils sont contents de nous voir l&#224; tous les jours ? On est ici pour leur mettre la pression, c'est un camarade de la CGT, Agust&#237;n, qui nous a fil&#233; les cl&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Depuis un an, pour monter aux &#233;tages, on doit passer devant le barrage symbolique de ces oubli&#233;s de la lutte qui, eux, ont la m&#233;moire dure. Sur la sc&#232;ne de cet amphith&#233;&#226;tre syndical, ils ont install&#233; une longue table o&#249; partager les repas, recevoir les visites ou consulter un des ordinateurs que des sympathisants leur ont offerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La d&#233;localisation de la production au Maroc et en Inde nous a &#233;t&#233; annonc&#233;e par vid&#233;oconf&#233;rence en f&#233;vrier 2007. Une n&#233;gociation a eu lieu entre l'entreprise, nos syndicats et la Junta&lt;/i&gt; [gouvernement r&#233;gional], &lt;i&gt;qui nous ont forc&#233; la main pour signer un protocole o&#249; nous renoncions &#224; notre indemnit&#233; de licenciement en &#233;change d'une reconversion de la totalit&#233; des camarades dans de nouvelles industries que la Junta promettait d'attirer ici.&lt;/i&gt; &#187; L'usine a ferm&#233; d&#233;finitivement le 7 juillet 2007. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous ignorions, c'est que la Junta et les syndicats, en n&#233;gociant en notre nom, touchaient un pactole. L'Union europ&#233;enne subventionne les plans sociaux dans le but d'en att&#233;nuer l'impact. Nous avons appris r&#233;cemment que le seul syndicat UGT avait palp&#233; 80 millions !&lt;/i&gt; &#187; La plupart des signataires du protocole Delphi sont aujourd'hui inculp&#233;s dans le scandale des plans sociaux bidonn&#233;s (ERE), qui a vu la chefferie socialiste andalouse mouill&#233;e jusqu'au cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept entreprises sont venues, mais elles ont encaiss&#233; les aides publiques, puis se sont fait la malle. &#171; &lt;i&gt;Nous devrions &#234;tre les ch&#244;meurs les plus intelligents de la baie de Cadix, avec tous leurs stages ! Parmi d'autres, on en a fait un de monteurs en fibre optique, un secteur en plein essor, qu'ils disaient. Mais leurs dipl&#244;mes n'&#233;taient pas homologu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Rage et lassitude se m&#234;lent dans la voix rauque de Paco : &#171; &lt;i&gt;Y en a qui se sont enrichis gr&#226;ce &#224; notre malheur. Les locaux o&#249; &#233;taient organis&#233;s les cours bidons appartenaient &#224; la femme d'un conseiller r&#233;gional, le mat&#233;riel &#233;tait achet&#233; &#224; son beau-fr&#232;re&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2012, 800 gars ont pu partir en pr&#233;retraite. Bizarrement, la limite d'&#226;ge a &#233;t&#233; fix&#233;e &#224; 50 ans, pile-poil l'&#226;ge du capitaine CCOO au CE &#8211; la figure la plus visible du combat des Delphi, qui affirmait &#224; qui voulait l'entendre qu'il serait le dernier &#224; abandonner le navire. Le protocole a &#233;t&#233; rompu juste apr&#232;s que ce leader rentre chez lui avec 2 400 euros par mois de retraite. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, on n'a plus confiance en personne. Si on doit n&#233;gocier, comme demain au Parlement, on envoie un gars de la base, parce que les bureaucrates, on se m&#233;fie. C'est pas rien, ce qu'on a en face : le g&#233;ant socialiste, au pouvoir en Andalousie depuis quarante ans, capable de corrompre jusqu'au plus sinc&#232;re. La justice ? Vendue aussi. Il y a beaucoup de mafia, ici.&lt;/i&gt; &#187; Seul le groupe Podemos et ses douze d&#233;put&#233;s les soutient au Parlement andalou. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me Izquierda unida nous a tourn&#233; le dos apr&#232;s avoir pactis&#233; pour entrer au gouvernement r&#233;gional.&lt;/i&gt; &#187; Un gars au visage marqu&#233; par les veilles plaisante : &#171; &lt;i&gt;On pourrait relancer la production en fabriquant des guillotines, &#231;a se vendrait bien !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous voulons un emploi ou la pr&#233;-retraite. On est venus ici pour qu'on nous voie. Sinon, on allait crever chacun dans son coin.&lt;/i&gt; &#187; Les syndicats &#224; l'&#233;tage du b&#226;timent ont le cul sale, dans cette affaire. &#171; &lt;i&gt;Le 1er mai 2014, la police a d&#251; s'interposer entre eux et nous. Avant, dans cette salle, il y avait peu d'assembl&#233;es de travailleurs, juste les r&#233;p&#233;titions d'un ch&#339;ur du carnaval. Avec nous, ce lieu est redevenu la maison du peuple.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mairie des sans-terre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>refl&#232;te l'histoire</dc:subject>
		<dc:subject>PSOE</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Entre la plaine du Guadalquivir et la sierra de Cadix, les collines sont labour&#233;es &#224; perte de vue. Pas un arbre &#224; l'horizon. De-ci de-l&#224;, un cortijo de se&#241;oritos, avec sa longue all&#233;e bord&#233;e de palmiers et ses armoiries au-dessus du portail. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH422/-641-196b7.jpg?1768660546' width='400' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Entre la plaine du Guadalquivir et la sierra de Cadix, les collines sont labour&#233;es &#224; perte de vue. Pas un arbre &#224; l'horizon. De-ci de-l&#224;, un &lt;i&gt;cortijo de se&#241;oritos&lt;/i&gt;, avec sa longue all&#233;e bord&#233;e de palmiers et ses armoiries au-dessus du portail. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, pour les si&#232;cles des si&#232;cles. Et ce ne sont pas les quarante ans de pouvoir sans partage du PSOE en Andalousie qui y auront chang&#233; grand-chose. De loin en loin, un bourg appara&#238;t, comme un mirage surgi de nulle part. C'est l&#224; o&#249; se concentre le peuple sans terre, l&#224; o&#249; le &lt;i&gt;latifundio&lt;/i&gt; vient puiser la main-d'&#339;uvre dont il a &#8211; de moins en moins &#8211; besoin. L'histoire d'El Coronil, gros village de 5 000 habitants, ne peut se comprendre sans ce coup d'&#339;il panoramique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps de r&#233;colte. Devant le Centre ouvrier Diamantino Garc&#237;a, une &#233;quipe de volontaires revient de la coop&#233;rative El Indiano, fond&#233;e par le Syndicat andalou des travailleurs (SAT) dans une ferme occup&#233;e depuis vingt ans. &#171; &lt;i&gt;Artichaut pour tout le monde ! C'est bon pour le foie, mais mauvais pour mes reins&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, grince Vinagre, le bien nomm&#233;. En habit de travail, Diego Ca&#241;amero nous re&#231;oit chez lui, dans le modeste salon d'une des maisons autoconstruites sur le mode Castor, en coop&#233;rative. Apr&#232;s l'embrassade, un clin d'&#339;il vers Mari, notre h&#244;te ce soir : &#171; &lt;i&gt;Vous allez &#234;tre h&#233;berg&#233;s par la premi&#232;re ouvri&#232;re agricole &#233;lue d&#233;put&#233;e dans ce pays&lt;/i&gt; &#187;, sourit Diego, figure du SAT, syndicat de journaliers agricoles croulant sous les proc&#232;s et les amendes pour occupation illicite de terres ou entrave &#224; la circulation et &#224; la libert&#233; du travail&#8230; Il a &#233;t&#233; maire d'El Coronil pendant des ann&#233;es. Aujourd'hui, ayant c&#233;d&#233; le secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral du syndicat, il est redevenu militant de base. Occupations de grandes propri&#233;t&#233;s sous-exploit&#233;es, coop&#233;ratives, exp&#233;riences municipales&#8230; : les gens du SAT ne tombent pas de la derni&#232;re pluie. &#171; &lt;i&gt;Cette vague r&#233;cente pour la transformation sociale n'est le patrimoine de personne. Les primaires de Podemos ont &#233;t&#233; trop pyramidales, contr&#244;l&#233;es depuis Madrid. Nous nous y sommes pr&#233;sent&#233;s, mais loin de nos terres, qui peut juger de notre l&#233;gitimit&#233; ? Le discours s'est d&#233;caf&#233;in&#233;, pour s&#233;duire le &#8220;centre&#8221;. Pablo Iglesias parle de transversalit&#233;, mais nous, nous avons une histoire qui nous ancre &#224; gauche, avec nos revendications de r&#233;forme agraire, de revenu minimum garanti, de d&#233;fense de l'eau et des services publics. Il faut parler clair. Si tu te caches, tu finis par en payer le prix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH410/-640-a66d2.jpg?1768660574' width='400' height='410' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En route vers la mairie, la d&#233;put&#233;e paysanne Mari Garc&#237;a nous montre un immeuble neuf : &#171; &lt;i&gt;Le promoteur a fait faillite et les banques qui l'avaient financ&#233; se disputent les appartements. En attendant, des jeunes du village les occupent&lt;/i&gt;. &#187; Vers le centre de la bourgade, les s&#233;quelles de la gestion municipale du PSOE, &#171; le parti des notables &#187;, sautent aux yeux : des abribus monumentaux, rendus inutiles par une remod&#233;lation de la rue principale pour le moins maladroite : les autocars ne peuvent plus man&#339;uvrer et s'arr&#234;tent &#224; l'entr&#233;e du village. La faute &#224; un terre-plein central recouvert d'une minable imitation de Gaud&#237; en mosa&#239;que et agr&#233;ment&#233; d'arbres m&#233;talliques d'un go&#251;t douteux&#8230; &#171; &lt;i&gt;Lorsque le PSOE a pris la mairie il y a huit ans gr&#226;ce au vote d'un transfuge, il a trouv&#233; un exc&#233;dent de 80 000 euros. Aujourd'hui, nous h&#233;ritons d'un d&#233;couvert de plus de 5 millions. Quand un b&#233;b&#233; na&#238;t ici, il a d&#233;j&#224; 1 000 euros de dette !&lt;/i&gt; &#187;, bout Maribel G&#243;mez, maire &#233;lue sur la liste Ganemos El Coronil, soutenue par le SAT. Le constat est terrible : que va-t-on pouvoir faire &#224; part g&#233;rer la mis&#232;re ? Miguel, adjoint d&#233;l&#233;gu&#233; aux Finances, est amer : &#171; &lt;i&gt;Nous avions des projets, comme l'acquisition de terres pour les cultiver en coop&#233;rative, ou promouvoir le tourisme rural, mais nous voil&#224; pris &#224; la gorge.&lt;/i&gt; &#187; Les employ&#233;s municipaux n'ont pas touch&#233; leur salaire depuis trois mois, une banderole pendue en fa&#231;ade de l'h&#244;tel de ville le rappelle aux passants. &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que non content d'avoir hypoth&#233;qu&#233; l'avenir du village, l'ex-maire socialiste a cass&#233; la dynamique participative en subventionnant des associations fant&#244;mes, qui fonctionnent en vase clos, entre amis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie : &#224; peine battu, cet ancien maire s'est vu offrir par ses copains de la r&#233;gion une sin&#233;cure dans l'administration des Finances&#8230; &#171; &lt;i&gt;Une de nos promesses &#233;tait la transparence : nous avons publi&#233; les comptes en plan fixe sur l'&#233;cran du canal municipal de t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, temp&#234;te Maribel. &lt;i&gt;Je suis la seule &#224; m'&#234;tre mise en cong&#233;s, mes adjoints sont toujours journaliers ou ch&#244;meurs. J'ai propos&#233; que les conseillers municipaux ne touchent leurs &#233;moluments qu'une fois que les employ&#233;s de la mairie auront encaiss&#233; les arri&#233;r&#233;s de salaire : l'opposition socialiste a menac&#233; de porter plainte !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gageons que les habitants de la petite ville sauront se d&#233;fendre. Comme le rappelle Diego, rebelle sans pause, &#171; &lt;i&gt;Ici, le 15-M, &#231;a fait trente ans qu'on le vit !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Corrala la bah&#237;a</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Corrala-la-bahia</link>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
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		<dc:subject>ans</dc:subject>
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		<dc:subject>venions d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Stefania</dc:subject>
		<dc:subject>Corrala</dc:subject>
		<dc:subject>lance Stefania</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a ! &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer. En Andalousie, les immeubles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/venions-d-etre" rel="tag"&gt;venions d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Stefania" rel="tag"&gt;Stefania&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Corrala" rel="tag"&gt;Corrala&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lance-Stefania" rel="tag"&gt;lance Stefania&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-644-547bb.jpg?1768650204' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Andalousie, les immeubles vides occup&#233;s par des sans-toit sont rebaptis&#233;s &#171; &lt;i&gt;Corrala&lt;/i&gt; &#187;, en m&#233;moire des anciens &lt;i&gt;patios de vecinos&lt;/i&gt; o&#249; le petit peuple partageait les joies et les peines d'une vie souvent frugale. &#171; &lt;i&gt;Cet &#233;difice neuf, propri&#233;t&#233; d'une banque, &#233;tait &#224; l'abandon depuis sept ans. Nous avons forc&#233; la serrure avec l'intention d'y vivre tout en luttant pour obtenir un logement social. Aujourd'hui, nous sommes 28 familles, une centaine de personnes en comptant les enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; l'origine, les appartements &#233;taient pr&#234;ts &#224; la vente, tout &#233;quip&#233;s, mais apr&#232;s sept ans d'abandon tout avait &#233;t&#233; vol&#233; ou d&#233;truit, il manquait m&#234;me des portes. L'installation &#233;lectrique avait &#233;t&#233; arrach&#233;e et c'&#233;tait le royaume des pigeons : on avait de la fiente jusqu'aux chevilles. Nous avons tout nettoy&#233;, assaini, puis repeint.&lt;/i&gt; &#187; Un client entre dans la boutique pour acheter des croquettes au d&#233;tail et Stefania s'interrompt pour le servir. &#171; &lt;i&gt;La situation est difficile, on vit sans rien. Sans &#233;lectricit&#233;, les enfants doivent faire les devoirs avant le coucher du soleil, on lave &#224; la main, c'est compliqu&#233; de conserver les aliments.&lt;/i&gt; &#187; Le loyer moyen &#224; Cadix tourne autour de 500 euros, et ici, l'aide sociale est rachitique&#8230; &#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; d'entre nous &#233;taient locataires, trop dans la d&#232;che pour &#8220;profiter&#8221; du boum de l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;&#8230; Parfois, on chambre ceux d'entre nous qui se prenaient pour des bourgeois avec leurs hypoth&#232;ques. Mais nous devons rester unis, malgr&#233; nos origines diff&#233;rentes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la crise, Stefania avait un CDI, mais &#224; partir de 2008, elle et les siens se sont tous retrouv&#233;s au ch&#244;mage les uns apr&#232;s les autres. &#171; &lt;i&gt;Je vis avec ma famille &#8211; mes parents, ma compagne et ses enfants. Pour nos a&#238;n&#233;s, c'est dur de d&#233;pendre des enfants pour survivre. Nous avions un an et demi de loyer impay&#233;. La propri&#233;taire n'avait plus d'autre option que nous expulser, mais avec l'aide d'un avocat d'office, la dette a &#233;t&#233; annul&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Arrive la compagne de Stefania. Elles louent ce local commercial, mais la client&#232;le est si fauch&#233;e que souvent elles gagnent &#224; peine de quoi payer le terme. &#171; &lt;i&gt;On vit au jour le jour. La mairie ant&#233;rieure avait refus&#233; de nous recenser, bloquant toute n&#233;gociation. La nouvelle mairie interc&#232;de aupr&#232;s de la banque, mais cette derni&#232;re nous ignore. Elle ne s'est m&#234;me pas pr&#233;sent&#233;e &#224; la convocation du juge. Alors on joue la montre.&lt;/i&gt; &#187; Une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour occupation ill&#233;gale, malgr&#233; les preuves d'abandon de propri&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est aussi un d&#233;lit de laisser des propri&#233;t&#233;s vides, car elles peuvent s'&#233;crouler, causer des d&#233;g&#226;ts, mais nous vivons une p&#233;riode o&#249; l'argent est roi !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Corrala, c'est aussi une &#233;cole de socialisation. &#171; &lt;i&gt;Nous vivons pratiquement en communaut&#233;. Nous fonctionnons en assembl&#233;es pour r&#233;soudre les probl&#232;mes du quotidien et nous participons aux actions contre d'autres expulsions.&lt;/i&gt; &#187; Stefania est heureuse du changement de mairie, car &#171; &lt;i&gt;c'est ma ville, et pendant vingt ans, j'ai vu beaucoup de corruption, et pas de travail. Les gens demandent des miracles, mais il faut du temps et un soutien fort de la population en faveur de notre mairie pour rendre possible des changements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence lui a forg&#233; le caract&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Mes parents me soutiennent. Je suis devenue tr&#232;s guerrillera, j'ai envie de me battre. Je tiens &#231;a de ma grand-m&#232;re, qui militait dans une association de lutte contre la toxicomanie &#8211; mon oncle &#233;tait junkie. Elle, elle s'est battue contre la drogue et tout ce monde-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans La Corrala de la Bah&#237;a post&#233; sur YouTube, les occupants, r&#233;unis autour d'un sofa sur le toit-terrasse, chantent leur cause entre scansion rap et chanson &lt;i&gt;flamenca&lt;/i&gt;. On y d&#233;couvre un collectif soud&#233;, tendre, d&#233;termin&#233;, qui rend hommage, en images entrecoup&#233;es, &#224; la grande gr&#232;ve des chantiers navals des ann&#233;es 1990, quand les gr&#233;vistes avaient affront&#233; la police et bloqu&#233; le pont Carranza pendant plusieurs jours, isolant Cadix du reste du monde. &#171; &lt;i&gt;Si tu ne te rebelles pas contre l'&#201;tat et les normes, tu seras soumise toute ta vie, comme une marionnette. Je pense que les gens devraient se r&#233;volter, nous vivons une dictature camoufl&#233;e o&#249; tous les acquis de nos a&#238;n&#233;s sont rogn&#233;s. Ce qu'on nous refuse, c'est la base : un loyer social en rapport avec nos ressources, car si on n'a pas un toit, tout manque. Nous voulons juste vivre dignement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Tout espace de lutte est aussi un espace de d&#233;bat &#187;</title>
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		<dc:date>2018-05-02T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Entretien avec Mayte S&#225;nchez, premi&#232;re adjointe au maire de Puerto Real. &#192; 31 ans, Mayte est d&#233;l&#233;gu&#233;e au logement social et &#224; la participation citoyenne &#224; la mairie de Puerto Real, ville ouvri&#232;re de 40 000 &#226;mes dans la baie de Cadix. Elle raconte comment un ancien fief du Parti communiste vou&#233; &#224; la construction navale et a&#233;ronautique a bascul&#233; vers l'hypoth&#232;se Podemos. Quel a &#233;t&#233; ton parcours politique ? Mon engagement a r&#233;ellement commenc&#233; &#224; partir du 15-M. Apr&#232;s, j'ai rejoint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pouvoir" rel="tag"&gt;pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Puerto-Real" rel="tag"&gt;Puerto Real&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-7062" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/assemblees" rel="tag"&gt;assembl&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Mayte S&#225;nchez, premi&#232;re adjointe au maire de Puerto Real.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 31 ans, Mayte est d&#233;l&#233;gu&#233;e au logement social et &#224; la participation citoyenne &#224; la mairie de Puerto Real, ville ouvri&#232;re de 40 000 &#226;mes dans la baie de Cadix. Elle raconte comment un ancien fief du Parti communiste vou&#233; &#224; la construction navale et a&#233;ronautique a bascul&#233; vers l'hypoth&#232;se Podemos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH310/-636-99bf0.jpg?1768650204' width='400' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel a &#233;t&#233; ton parcours politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon engagement a r&#233;ellement commenc&#233; &#224; partir du 15-M. Apr&#232;s, j'ai rejoint Izquierda anticapitalista [IA, parti trotskiste fond&#233; en 2009], et j'ai particip&#233; aux mouvements f&#233;ministe et &#233;tudiant, ainsi qu'aux assembl&#233;es de quartier. Ici, le 15-M est arriv&#233; avec deux mois de retard, ce qui est &#233;norme dans un moment o&#249; tout allait tr&#232;s vite, mais les occupations de places ont eu un franc succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment un bastion historique du PC passe-t-il aux mains de Podemos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens d'ici n'ont pas gard&#233; un bon souvenir de tant d'ann&#233;es de municipalit&#233; d'Izquierda Unida (IU). Sous ses mandats successifs, la dette n'&#233;tait pas encore abyssale, mais il n'y a pas eu de politique d'avenir, rien n'a &#233;t&#233; fait pour prot&#233;ger l'environnement, ni les services publics. Il y avait bien des actions sociales, mais IU n'a jamais tent&#233; de sortir du cadre capitaliste, et &#231;a, les gens s'en souviennent. L'ancien maire, Antonio Barroso, avait &#233;t&#233; leader syndical des chantiers navals, et il s'appuyait beaucoup sur des r&#233;seaux client&#233;listes, ce qui a fragilis&#233; le tissu associatif et d&#233;mobilis&#233; les gens. De telles pratiques peuvent permettre de durer, mais pas de cr&#233;er une autre dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est pass&#233; le 15-M ici ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens venaient avec une telle d&#233;sillusion par rapport &#224; la politique qu'ils rembarraient toute personne se revendiquant d'un parti ou d'un syndicat. Peu importait que ce soit un type sinc&#232;re, combatif, militant de base, les gens ne voulaient rien savoir : pas de sigles, pas de drapeau &#8211; pas m&#234;me ceux pour lesquels la classe laborieuse avait lutt&#233; ! Et puis les gens venaient aussi de longues ann&#233;es de d&#233;mobilisation, du cadre &#233;troit des d&#233;bats impos&#233;s par les &#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es et les journaux traditionnels&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart des gens, c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'ils descendaient dans la rue et exp&#233;rimentaient des formes de politique directe et de prises de d&#233;cisions communes. Un vrai apprentissage &#224; partir de z&#233;ro : il y avait beaucoup de contradictions, et il fallait respecter les rythmes, se montrer humble et prouver qu'on ne voulait rien imposer &#8211; juste participer. Apr&#232;s, avec le mouvement des &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt;, les gens ayant fait leur propre exp&#233;rience ont mieux accept&#233; la pr&#233;sence de militants. Pour moi, tout espace de lutte est aussi un espace de d&#233;bat. Sinon, il cesse d'&#234;tre utile pour avancer collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH394/-637-698c8.jpg?1768658443' width='400' height='394' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliques-tu la rapidit&#233; avec laquelle vous &#234;tes pass&#233;s des assembl&#233;es de rue &#224; la prise de la mairie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15-M, avec ses pratiques de communication directe, a renvers&#233; l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique impos&#233;e jusque-l&#224;. Les gens ont commenc&#233; &#224; ne plus croire au discours martel&#233; par les m&#233;dias selon lequel la crise &#233;tait de notre faute, parce que nous avions v&#233;cu au-dessus de nos moyens. De ce &#171; capital &#187; de m&#233;contentement est n&#233; aussi Podemos, dont le nouveau discours s'est gliss&#233; par une fissure dans le dispositif m&#233;diatique, sans que le pouvoir n'ait le temps de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le plus int&#233;ressant, c'est la dynamique de base, les assembl&#233;es qui se sont cr&#233;&#233;es dans les quartiers gr&#226;ce &#224; l'enthousiasme des gens. Ici, notre cercle a commenc&#233; avec dix personnes, puis vingt... Nous avons su cr&#233;er une dynamique de participation avec les habitants de la ville, et rapidement, nous &#233;tions cent, puis deux cents&#8230; En plus d'un fort suivi sur les r&#233;seaux sociaux, il y a eu des assembl&#233;es assez larges pour d&#233;cider si nous nous pr&#233;sentions ou non aux municipales. Nous avons soupes&#233; le pour et le contre, ce n'&#233;tait pas &#233;vident. Nous ne voulions pas le pouvoir pour le pouvoir, mais transformer la soci&#233;t&#233;... Et nous ne pensions pas gagner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se sont pass&#233;es la campagne, puis l'arriv&#233;e au pouvoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Podemos ne s'est pas investi dans les municipales en tant que parti, nous avons cr&#233;&#233; la liste &#171; Puerto Real s&#237; se puede &#187;. Nous avions conscience d'arriver dans une institution qui n'est pas pens&#233;e pour servir les int&#233;r&#234;ts de la population. Notre id&#233;e, c'&#233;tait d'ouvrir les portes et les fen&#234;tres pour que les gens voient de l'int&#233;rieur ce qu'est l'institution. Quand on lutte depuis la rue, le probl&#232;me de la communication est vital ; maintenant que nous sommes &#224; la mairie, nous pouvons mieux communiquer sur les probl&#232;mes qui concernent les gens et non pas pour servir notre propre carri&#232;re. On n'a pas de budget pour payer des experts en com' cens&#233;s faire la publicit&#233; de nos actions. Notre discours est en prise directe avec la rue, et &#231;a nous suffit. On est arriv&#233;s ici avec une certaine ing&#233;nuit&#233;, mais on s'est dit qu'on pourrait utiliser les outils des gouvernants &#224; de meilleures fins. Ces choix font que nous rencontrons des difficult&#233;s et que nous allons s&#251;rement commettre des erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre salaire a &#233;t&#233; calcul&#233; sur le salaire moyen dans la baie de Cadix : 900 &#8364;. Par ailleurs, nous avons pour principe d'action la rotation des t&#226;ches et la r&#233;vocabilit&#233; des mandats. L'assembl&#233;e du cercle local de Podemos, qui est &#224; la base de notre &#233;lection, continue d'exister et nous lui rendons des comptes quant &#224; nos propositions et &#224; nos actions. Voil&#224; quelques-uns de nos vaccins contre les tentations du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH404/-638-1d9e0.jpg?1768658443' width='400' height='404' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la composition sociale de l'&#233;quipe municipale ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonio Romero, le maire, est un &#233;ducateur de rue de 39 ans. Moi, je suis prof vacataire au ch&#244;mage. Le copain charg&#233; des employ&#233;s municipaux &#233;tait syndicaliste et membre du CE d'une bo&#238;te de sous-traitance d'Airbus. Encarna est aide-soignante. Jos&#233; Antonio, instit'. Il y a aussi un retrait&#233; de la Marine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le probl&#232;me du logement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'office HLM de Puerto Real a un &#171; trou &#187; de 28 millions d'euros, en plus des 148 millions de dette de la ville. Nous sommes mis sous tutelle par l'&#201;tat. Le parc de logements sociaux est en mauvais &#233;tat et demande une r&#233;novation que nous aurons du mal &#224; financer. Nous r&#233;fl&#233;chissons avec les gens pour inventer des solutions. Nous allons encourager la cr&#233;ation de coop&#233;ratives d'habitants qui pourraient r&#233;habiliter les logements v&#233;tustes appartenant &#224; la mairie en &#233;change de loyers tr&#232;s mod&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les actions les plus prometteuses que vous pensez mener ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre programme contient peu de promesses, &#224; part la transparence et l'ouverture de nos actions &#224; la participation citoyenne. Nous allons convoquer des assembl&#233;es pour rendre compte de nos cent premiers jours et recueillir les propositions. Le th&#232;me des potagers urbains, collectifs et autog&#233;r&#233;s, est d&#233;j&#224; en bonne voie : nous avons de nombreux terrains municipaux &#224; disposition et c'est une demande qui &#233;mane directement des habitants de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'en sommes qu'aux premiers mois de notre mandat et tout est all&#233; tr&#232;s vite. Pour gagner en exp&#233;rience, partager nos id&#233;es et nos difficult&#233;s, nous avons particip&#233; &#224; une coordination des mairies du changement &#224; Barcelone, puis &#224; une autre &#224; Malaga, o&#249; le th&#232;me de l'appui mutuel &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sent. Nous avons aussi parl&#233; du probl&#232;me de la dette, qui ne pourra pas &#234;tre r&#233;solu chacun dans son coin. Les dettes municipales sont si importantes que l'on doit penser collectivement &#224; la fa&#231;on de nous en affranchir en refusant de payer. Cela ne pourra se faire qu'apr&#232;s un audit public et si de nombreuses mairies m&#232;nent un mouvement commun de d&#233;sob&#233;issance pour dire : &#171; Nous ne paierons pas, car cette dette est ill&#233;gitime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH419/-639-5b220.jpg?1768658443' width='400' height='419' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nuit Debout : &#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Nuit-Debout-La-greve-c-est-relever</link>
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		<dc:date>2018-04-11T18:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
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		<dc:subject>RATP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Printemps 2016. Nuit Debout. Place de la R&#233;publique, Paris. Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re. Je suis venu &#224; R&#233;publique avec quelques potes chauffeurs, par curiosit&#233; pour le mouvement Nuit Debout, en plein climat de mobilisations. Tout le monde ne peut pas venir, les gens qui bossent habitent loin du centre de Paris, et m&#234;me quand ils sont en gr&#232;ve, ils restent souvent chez eux. La loi Travail, &#231;a d&#233;go&#251;te pas mal de monde, mais la col&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/potes-chauffeurs" rel="tag"&gt;potes chauffeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/RATP" rel="tag"&gt;RATP&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Printemps 2016. Nuit Debout. Place de la R&#233;publique, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis venu &#224; R&#233;publique avec quelques potes chauffeurs, par curiosit&#233; pour le mouvement Nuit Debout, en plein climat de mobilisations. Tout le monde ne peut pas venir, les gens qui bossent habitent loin du centre de Paris, et m&#234;me quand ils sont en gr&#232;ve, ils restent souvent chez eux. La loi Travail, &#231;a d&#233;go&#251;te pas mal de monde, mais la col&#232;re g&#233;n&#233;rale n'est pas encore l&#224;. Beaucoup de travailleurs ne voient pas tr&#232;s bien comment cette loi va se traduire concr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-532-8668d.jpg?1768657591' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la RATP, il y a 7 syndicats pr&#233;sents, des appareils tr&#232;s bureaucratiques qui passent beaucoup de temps &#224; se critiquer les uns les autres. Pendant ce temps, il n'y a eu presque aucune information sur la loi Travail. Seule la CGT a fait un le job, et aussi Solidaires (qui s'est s&#233;par&#233; de Sud &#224; la RATP). On est 30% de gr&#233;vistes, c'est peu, mais s'il y en avait autant dans tous les secteurs, on montrerait notre d&#233;termination. C'est un choix des directions syndicales de ne pas se mobiliser, l'id&#233;e est de ne pas affronter directement le gouvernement et de se cantonner aux probl&#233;matiques localis&#233;es de chaque entreprise. Or beaucoup de gens attendent que leur syndicat leur dise si ce qui est en train de se passer est grave, et comme ce n'est pas le cas, rien ne se passe. Quelques non-syndiqu&#233;s viennent aux manifs, c'est des moments motivants, &#231;a gueule, c'est festif, on y voit la d&#233;termination des autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la RATP, quand on veut faire gr&#232;ve, il faut lancer une &#171; alarme sociale &#187;, c'est-&#224;-dire envoyer un message &#224; la direction pour dire qu'il y a un sujet de conflit, et il y a alors un d&#233;lai d'une semaine pour constater le d&#233;saccord. Ensuite, il faut poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve cinq jours avant, puis individuellement, on doit confirmer par serveur vocal ou informatique 48 heures avant le jour de gr&#232;ve. Du coup, il est devenu plus difficile de d&#233;brayer les autres salari&#233;s ou de faire des piquets de gr&#232;ve pour embarquer les copains non syndiqu&#233;s, car ils risquent des repr&#233;sailles pour ne pas avoir respect&#233; la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est bien &#224; Nuit Debout, c'est que jeunes et moins jeunes partagent leurs id&#233;es, leurs exp&#233;riences et leurs critiques. Quand je vois que les probl&#233;matiques du travail sont abord&#233;es et que la question de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale y est discut&#233;e, je me dis que tout ce qui se passe ici sert &#224; quelque chose. C'est aussi l'occasion de renouveler les formes de la politique, de repenser la parole en AG ou les formes que prennent les manifs. Mais je ne pense pas qu'il faille opposer Nuit Debout aux syndicats : ils ont leurs d&#233;fauts, mais les gr&#232;ves restent une arme indispensable pour faire plier l'&#201;tat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale difficult&#233;, c'est le d&#233;faitisme. La gr&#232;ve, c'est se voir, s'organiser, relever la t&#234;te. Dans les bo&#238;tes, &#231;a ne cause pas tant que &#231;a entre les gens, qui ne sont pas forc&#233;ment d'accord politiquement et qui ont leurs embrouilles interpersonnelles. Du coup, on parle de foot ou de m&#233;t&#233;o, &#231;a permet de ne pas aborder les sujets qui f&#226;chent. On a donc grandement besoin de ces moments de mouvement social, car &#231;a lib&#232;re la parole et &#231;a redonne espoir, que ce soit dans un d&#233;p&#244;t de m&#233;tros ou sur la place de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important, ce n'est pas d'avoir la solution, elle n'est ni du c&#244;t&#233; des syndicats, ni des partis, ni de Nuit Debout. Le plus important, c'est de se triturer les m&#233;ninges ensemble pour changer les choses et trouver les mani&#232;res d'agir. Les gens de Nuit Debout peuvent participer &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me quand ils ne sont pas salari&#233;s : chacun ici a des amis avec qui il peut discuter et qu'il peut embringuer dans la lutte. Et puis, m&#234;me si c'est compliqu&#233; pour les gens de venir &#224; Nuit Debout, il y a d'autres endroits o&#249; se retrouver : dans les quartiers populaires, dans les entreprises...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la</link>
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		<dc:date>2018-04-11T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Duccio Scotini, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>politiques</dc:subject>
		<dc:subject>Refus</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur de Gouvernement par la dette et de Marcel Duchamp et le refus du travail, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation&#8232;du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s. En quoi la question des intermittents permet-elle de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Refus" rel="tag"&gt;Refus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur de &lt;i&gt;Gouvernement par la dette&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Marcel Duchamp et le refus du travail&lt;/i&gt;, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation&#8232;du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-580-aa1d4.jpg?1768695253' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la question des intermittents permet-elle de penser l'organisation du travail en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1992, la Coordination des intermittents de Lyon avait dit deux choses importantes : 1. l'intermittence allait se g&#233;n&#233;raliser pour devenir un mode de travail adopt&#233; par tous et toutes, 2. leur r&#233;gime propre de protection sociale devrait alors &#234;tre la r&#232;gle pour tout le monde. Ces intuitions se v&#233;rifient aujourd'hui : l'emploi discontinu, les r&#233;mun&#233;rations variables et la d&#233;pendance &#224; plusieurs employeurs deviennent la norme. L'intermittence ou la pr&#233;carit&#233; &#8211; d&#233;sormais quasiment &#233;quivalents &#8211; qualifient l'ensemble de l'emploi. Nous sommes pass&#233;s du &#171; plein emploi &#187; de l'apr&#232;s-guerre au &#171; plein emploi pr&#233;caire &#187;. Et m&#234;me les gens qui ne sont pas pr&#233;caires sont affect&#233;s, car ils partagent la m&#234;me peur : &#234;tre pr&#233;caris&#233;s &#224; leur tour, licenci&#233;s ou requalifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on red&#233;finir un sujet politique et r&#233;volutionnaire fond&#233; sur le pr&#233;cariat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des pr&#233;caires n'a pas vocation &#224; remplir le vide laiss&#233; par le mouvement ouvrier. On assiste &#224; un processus mobilisation beaucoup plus large, qui s'est mis en &#339;uvre depuis les sommets de Seattle et G&#234;nes. Dans nombre de pays, de nouvelles formes de lutte ont &#233;merg&#233;, avec une communaut&#233; des modes d'organisation : 1. la capacit&#233; d'occuper un espace &#171; public &#187; (en r&#233;alit&#233; privatis&#233;, la ville n'est d&#233;sormais qu'un lieu de circulation pour se d&#233;placer d'un emploi &#224; un autre, d'un achat &#224; un autre) qui devient un lieu d'organisation, 2. la r&#233;appropriation de la politique &#224; travers la parole et l'action 3. la non-s&#233;paration de l'activit&#233; politique et de la vie quotidienne, 4. une organisation horizontale et le refus de la personnalisation de la lutte politique. C'est de l&#224; que peuvent surgir des nouvelles subjectivit&#233;s politiques, avec toutes ses modalit&#233;s &#8211; luttes des races, des sexes, des classes, des pr&#233;caires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on ainsi en finir avec l'individualisation construite par le patronat en r&#233;action au mouvement ouvrier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1999 et du contre-sommet de Seattle (faisant suite aux soul&#232;vements zapatistes au Mexique), on a assist&#233; &#224; une resubjectivation de la r&#233;sistance et &#224; une r&#233;appropriation de la parole politique. C'est ce qu'on retrouve aujourd'hui en France avec le mouvement contre la loi Travail et Nuit Debout : un renversement total de la logique de l'&#233;tat d'urgence, en reprenant la rue, qui avait &#233;t&#233; vol&#233;e par le pouvoir, notamment quand les quarante chefs d'&#201;tat y avaient d&#233;fil&#233; &#8211; ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont directement responsables des attentats et des conflits mondiaux. La chape de peur et d'angoisse qui pesait sur la France est repouss&#233;e : il s'agit de rouvrir l'espace politique, d'occuper l'espace public. Peu importent les frictions &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la place : de nouvelles possibilit&#233;s apparaissent. Si l'on prend la France d'il y a un mois et celle d'aujourd'hui, on commence d&#233;j&#224; &#224; respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enjeu de taille demeure n&#233;anmoins : le rapport avec les banlieues, donc avec l'histoire du colonialisme et du capitalisme &#8211; c'est au fond la m&#234;me chose, puisque depuis la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique, le capitalisme est fond&#233; sur le colonialisme. Il s'agit d&#233;sormais de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont on peut r&#233;agencer cette question, compl&#232;tement neutralis&#233;e et mystifi&#233;e par le d&#233;bat fran&#231;ais sur la la&#239;cit&#233;. L'organisation de la division du travail est travers&#233;e par les divisions sexuelles (le travail de reproduction assum&#233; par les femmes) et raciales. Les habitants des banlieues appartiennent au niveau le plus bas du prol&#233;tariat, mais &#231;a va &#234;tre tr&#232;s difficile de les impliquer avec le seul discours &#171; &#233;conomique &#187;. Ils sont bien entendu directement touch&#233;s par la loi Travail, mais ce qu'il importe aussi de penser, c'est qu'ils se voient domin&#233;s (et de longue date) par les Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mouvements d'occupation des places comme Nuit Debout peuvent-ils inqui&#233;ter le pouvoir ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une radicalisation des r&#233;ponses du pouvoir, car il sent que quelque chose lui &#233;chappe. Il n'est absolument pas dispos&#233; &#224; changer sa ligne politique ; il ne consid&#232;re aucune alternative et ne souhaite pas mettre en &#339;uvre de politique r&#233;formiste sur le mod&#232;le du New Deal. &#192; l'&#233;poque, l'existence de l'Union sovi&#233;tique, la puissance des luttes sociales, la guerre d'Espagne, etc. les ont contraints &#224; l&#226;cher du lest. Mais aujourd'hui, cela n'est plus possible : on va vers des formes de gestion autoritaires de la situation sociale et &#233;conomique, vers une g&#233;n&#233;ralisation de l'&#233;tat d'urgence comme forme de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-581-08d74.jpg?1768649170' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu crois &#224; des sc&#233;narios de guerre civile ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t &#224; diff&#233;rentes formes de guerre civile. La dynamique de la guerre au niveau mondial est en train de ressurgir. Il y a un continuum de guerres qui se d&#233;veloppent entre l'Europe et le Moyen-Orient, passant par la Gr&#232;ce qui couple la crise de la dette et celle des r&#233;fugi&#233;s. Le terrain de la lutte des classes s'est d&#233;plac&#233; avec les politiques de la dette (finance) qui agissent &#224; un niveau d'abstraction beaucoup plus &#233;lev&#233; que celui de l'organisation du travail. Quand on demande la s&#233;paration du Medef et de l'&#201;tat comme dans les manifs de ces jours-ci, on oublie que la France doit emprunter, rien que cette ann&#233;e, 200 milliards de dollars pour pouvoir faire fonctionner l'&#201;tat. Les cr&#233;anciers qui ach&#232;tent la dette sont ceux qui d&#233;cident et posent les conditions (dont la loi Travail fait s&#251;rement partie). Gattaz et l'&#201;tat ne sont pas seuls aux commandes. En r&#233;alit&#233; ils ne sont que des articulations de la machine de financiarisation transnationale qui d&#233;cide les niveaux de salaire, d'emploi, ou de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, tout le monde apprend avec la crise. Elle permet au mouvement de s'attaquer davantage &#224; la racine des probl&#232;mes. En Gr&#232;ce, par exemple, personne n'ignore plus que ce ne sont ni le gouvernement ni le patronat grec qui d&#233;cident, mais des agents de la machine financi&#232;re. Aussi, de nouvelles pistes de lutte se dessinent, on exp&#233;rimente, notamment depuis 2008, des modalit&#233;s d'organisation, mais les &#171; gouvern&#233;s &#187; n'ont pas encore invent&#233; de machine de guerre capable de renverser le rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu d&#233;fends par ailleurs que m&#234;me les droits sociaux ont &#233;t&#233; transform&#233;s en dette... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un travail id&#233;ologique de culpabilisation a &#233;t&#233; conduit pour que les allocations ne soient plus vues comme quelque chose que l'on te doit parce que tu as cotis&#233; ou parce que c'est un droit social, mais comme quelque chose qu'on te &#171; pr&#234;te &#187; dans le cadre d'une dette. En &#233;change, tu dois fournir de la loyaut&#233;, des responsabilit&#233;s et surtout de la disponibilit&#233; &#224; chaque &#233;tape du circuit de production. C'est toi qui es coupable d'&#234;tre au ch&#244;mage, et tu dois &#234;tre &#171; disponible &#187; pour racheter ta faute. Au fond, cela revient &#224; contr&#244;ler ton temps. Les exemples sont nombreux : du contrat de travail &#171; z&#233;ro heure &#187; en Grande-Bretagne jusqu'au job &#224; un euro en Allemagne en passant par les contr&#244;les RSA en France : &#234;tre disponible tout le temps. Pour un travail et un salaire de merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le lien entre refus du travail et mouvement social ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus d'&#234;tre soumis &#224; la logique du travail salari&#233; traverse toute l'histoire des r&#233;sistances politiques, car il exprime le refus de la subordination : il faut cette capacit&#233; &#224; dire &#171; non &#187;, cette rupture subjective, pour interrompre la domination et ouvrir &#224; d'autres possibilit&#233;s politiques. L'interruption des flux de la production dans une usine, ou des flux de la vie normalis&#233;e (comme avec l'occupation des places) font sauter les cha&#238;nes de commandement dans le travail et la vie sociale. De quoi favoriser le d&#233;ploiement de logiques &#233;galitaires. C'est seulement dans cet espace-temps ouvert par le refus, qu'on peut s'organiser et op&#233;rer une &#171; reconversion &#187; de la subjectivit&#233;. Le refus, l'interruption, l'arr&#234;t de flux de production, de consommation et de communication est un pr&#233;alable au changement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nuit Debout : le mois le plus long</title>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs. &#171; Au contraire de l'ordre cosmique, il y a en histoire des jours qui ne se l&#232;vent pas. Pour se montrer, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/commission" rel="tag"&gt;commission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la mani&#232;re du calendrier r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; en 1793, les dates ont &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au contraire de l'ordre cosmique, il y a en histoire
des jours qui ne se l&#232;vent pas. Pour se montrer,
des nouveaut&#233;s se d&#233;guisent, qu'&#233;touffera peut-&#234;tre
leur habit d'emprunt, celui d'hier. Ce moment fragile
est &#233;galement celui de la d&#233;cision humaine,
qui va trier entre les destins possibles. &#192; cet instant
qui laisse entrevoir une mutation, correspond la trace
de quelques mots qui, dans l'entreb&#226;illement
d'un syst&#232;me, annoncent la couleur d'une autre culture, avec une prise de parole d'un type diff&#233;rent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Michel de Certeau, &#171; Le pouvoir de parler &#187;, 1968.&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-13-bf757.jpg?1768649888' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann L&#233;vy.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit sans r&#234;ve &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est d'abord sid&#233;r&#233;. Parce qu'on a d'autres marmites sur le feu, parce qu'on se souvient des pr&#233;c&#233;dents et qu'on ne sait jamais si &#231;a va prendre, avant que &#231;a prenne. On ne plonge pas tout de suite, donc, on go&#251;te l'eau du bout des orteils. Faut dire qu'on a l'&#233;trange sensation de nager en mer ennemie, place de la R&#233;publique. Dans ce mod&#232;le de non-lieu haussmannien o&#249; fume encore l'&#233;cume des chefs d'&#201;tat d&#233;filant apr&#232;s les attentats. On regarde ceux qui viennent se recueillir pour les victimes, par exemple cette dame en manteau chic balayant autour des bougies comm&#233;moratives. Au-dessus d'elle, la statue stratifi&#233;e d'histoire, entre envol&#233;es &#233;thyliques et cris de r&#233;volte. &#192; c&#244;t&#233; des inscriptions en hommage &#224; &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; ou aux morts du Bataclan, on peut lire : &#171; &lt;i&gt;Mangeons du riche&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#192; bas l'&#201;tat, les flics et l'Unef&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Solidarit&#233; avec les r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Ces strates l'annoncent mieux qu'un long discours : la s&#233;quence a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, on ne sait par quel fil tirer cette Nuit Debout dont tout le monde parle. On pense Occupy, la Place Tahrir, le 15-M et la Puerta del Sol. Ce qui semblait inimaginable il y a encore un mois serait-il en train d'arriver ? En plein &#233;tat d'urgence, alors que la droite r&#233;ac avait trust&#233; les derni&#232;res grandes manifestations via la Manif pour tous, alors que les ann&#233;es d'hiver ronflaient l'unique climat de nos aspirations politiques, alors qu'on y croyait moins que jamais, il y aurait des gens dans cette irrespirable capitale pr&#234;ts &#224; occuper une place et &#224; rouvrir les fen&#234;tres du printemps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit tombe et les stands s'installent : une librairie libertaire, une cantine de soutien, des &#233;conomistes de gauche, une table pour les &#233;cologistes, une autre pour les sans-papiers et la tente du Droit au logement (DAL) qui a d&#233;pos&#233; en pr&#233;fecture l'autorisation d'occupation de la place. On entend les merguez cr&#233;piter autour des canettes de bi&#232;re d&#233;capsul&#233;es. C'est sympa, mais... &#224; la sid&#233;ration succ&#232;de la m&#233;fiance : la Nuit Debout serait-elle une F&#234;te de l'Huma rejou&#233;e ? Un exutoire &#224; vide ? Sur une moiti&#233; de l'immense dalle, &#231;a danse, titube, festoie. Punks &#224; chiens, teufeurs, clodos du coin, zonards &#224; 8.6, lyc&#233;en.ne.s, foutus joueurs de djemb&#233; et &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt;. Une petite charrette abrite le DJ. En sous-titre, griffonn&#233; au marqueur : &#171; &lt;i&gt;Rien n'arr&#234;te un peuple qui danse.&lt;/i&gt; &#187; Ok pour la danse, Emma, mais o&#249; est la r&#233;volution&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'anarchiste russe Emma Goldman (1869-1940) eut un jour cette grande phrase (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre sur l'autre moiti&#233; de la place. On se fraie un chemin &#224; travers la foule. Un demi-cercle debout cache une mar&#233;e assise. Face &#224; l'estrade et aux haut-parleurs, les mains lev&#233;es roulent des vagues cod&#233;es : on reconna&#238;t les m&#233;thodes de d&#233;bat d&#233;j&#224; aper&#231;ues dans les assembl&#233;es espagnoles d'apr&#232;s 2011 ou les sommets altermondialistes post-Seattle &#8211; une main agit&#233;e en approbation, les bras crois&#233;s en l'air pour une opposition radicale, le pouce et l'index en va-et-vient pour une r&#233;ponse directe, etc. Autant de mani&#232;res de s'exprimer sans hu&#233;es, bravos ni interruptions de la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit d'&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fait frisquet ce soir-l&#224;, on est soudain r&#233;chauff&#233;, assis au milieu d'inconnu.e.s, &#233;coutant les &#233;nergiques prises de parole qui s'encha&#238;nent. &#199;a h&#233;site, mais &#231;a proclame. Des gens d&#233;ballent en tremblant des petits papiers, d'autres se font lyriques, &#233;clatent, rient. Pas un pareil. Mais tous &#233;cout&#233;s. Parfois absurdes, souvent marquantes, toujours risqu&#233;es, une succession de premi&#232;res fois entrecoup&#233;es de discours plus professionnels. Collectifs de migrants, tranches de vie, l'ex-ministre grec Varoufakis, slameurs au rabais, anciens &#224; la p&#233;roraison d&#233;su&#232;te, jeunes des cit&#233;s ou membres de ces commissions qui se sont cr&#233;&#233;es &#224; mesure des nuits. C'est au tour de la commission &#171; F&#233;minisme &#187; : &#171; &lt;i&gt;On n'arr&#234;te pas de se faire tripoter. Comment faire pour que les filles se sentent &#224; l'aise ici ? Pour qu'il y ait de l'attention pass&#233; 22h, de ce c&#244;t&#233; de la place comme de l'autre ? On doit toutes et tous s'organiser pour que Nuit Debout reste accueillante ! Celles qui veulent en parler peuvent me rejoindre derri&#232;re l'estrade, et on ira se poser quelque part.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de femmes traversent les flots de l'assembl&#233;e pour la rejoindre. Une annonce des mod&#233;rateurs interrompt la sc&#232;ne : &#171; &lt;i&gt; Des musiciens sont bloqu&#233;s par la police de l'autre c&#244;t&#233; de la place.&lt;/i&gt; &#187; L'AG se vide en un rien de temps pour aller mettre la pression aux flics. Dix minutes plus tard : tout le monde est de retour. &#192; m&#234;me le sol, on entend le ressac de celles et ceux qui &#233;coutent l'AG reprendre : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait du bien de se parler &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; On attendait quoi, jusqu'ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 13h le lendemain, les nuages laissent enfin passer quelques rayons. Diss&#233;min&#233;s entre les barnums et autres tentes en cours de montage, de petits cercles se forment lentement. Au centre de chacun, un carton annon&#231;ant le th&#232;me abord&#233;. Il y a les commissions : &#171; Libert&#233; d'expression &#187;, &#171; LGBT &#187; ou &#171; Infirmerie &#187;. Et les discussions &#171; officieuses &#187; : &#171; Antisp&#233;cisme &#187;, &#171; Prenons le maquis &#187; ou &#171; Comment ne pas devenir un parti &#187;. On s'assied autour de &#171; Violences polici&#232;res et contr&#244;les au faci&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un moment d'&#233;ducation populaire sur l'&#233;tat du droit, vient le d&#233;bat. Abdallah, vieil homme &#224; fine barbe blanche, a du mal &#224; attendre son tour de parole tant il tr&#233;pigne. &#171; &lt;i&gt; J'appelle les personnes &#226;g&#233;es comme moi &#224; s'interposer entre les policiers et nos enfants ou petits-enfants pour leur &#233;viter les contr&#244;les. Arr&#234;tons d'avoir peur ! &lt;/i&gt; &#187; Vient le tour d'un trentenaire remont&#233; : &#171; &lt;i&gt; &#202;tre contr&#244;l&#233; quatre fois par jour, bras et jambes &#233;cart&#233;s contre le mur, on ne peut pas dire que &#231;a renforce le sentiment d'appartenance &#224; la soci&#233;t&#233;. Et quand on refuse de sortir ses papiers, on se fait embarquer ! Comment s'en sortir si on finit humili&#233; quoi qu'il arrive ? Et prenez un peu mon point de vue, hein, pas le v&#244;tre&lt;/i&gt; &#187;, lance-t-il &#224; une juge, membre du Syndicat de la magistrature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre cercle, un sans-papiers interpelle &#8211; &#231;a tombe bien &#8211; la commission &#171; Sans-papiers &#187;, compos&#233;e ce jour d'une dizaine de personnes. Brouillon, il postillonne, tout col&#232;re. Non loin, deux punks l'apostrophent : &#171; &lt;i&gt;Du calme, faut parler normalement ! &lt;/i&gt; &#187; L'autre s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Mais vous comprenez rien, vous !&lt;/i&gt; &#187; Et de partir en seigneur. Rencontre loup&#233;e. Parfois, &#231;a ne prend pas. Parfois, si. &#192; l'&#233;cart du tumulte, une femme porte une pancarte indiquant qu'elle est sp&#233;cialiste de &#171; Zorro et la Californie du d&#233;but du XXe si&#232;cle &#187;, sujet auquel elle a consacr&#233; sa th&#232;se. Un geek p&#226;lichon la rejoint et le dialogue s'instaure, bancal et absurde. Lui &#233;voque les jeux vid&#233;os, elle lui r&#233;pond en parlant de Bernardo. Ces deux-l&#224; ont besoin de parler. Aussi simple que &#231;a. Tr&#232;s vite, il raconte sa d&#233;scolarisation, la bouff&#233;e d'air frais qu'est ce mouvement. Pour un peu, il en pleurerait. Juste derri&#232;re, un micro se met &#224; cracher : &#171; &lt;i&gt;Rapha&#235;l va nous parler de son exp&#233;rience au Rojava.&lt;/i&gt; &#187; Un grand blond s'avance, blafard, queue de cheval en bandouli&#232;re. Il raconte les h&#244;pitaux de Koban&#233;, la lutte l&#224;-bas contre Daech, le bordel inf&#226;me de la g&#233;opolitique, les combattants kurdes et leur bravoure. Ils sont des dizaines &#224; l'&#233;couter, passionn&#233;s. Et cela continue ainsi toute la journ&#233;e, petites et grandes causes se m&#234;lant, entre le message personnel et le revigorant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une dizaine de nuits et de jours &#224; fouler la dalle, une chose est s&#251;re : n'en d&#233;plaise aux grincheux, ce qui se passe ici n'est pas un rassemblement de &#171; bobos &#187;. Rien n'est idyllique, mais tout ou presque se tente et s'exp&#233;rimente, avec la maladresse et parfois la chance des d&#233;butant.e.s, pr&#233;caires pour la plupart. Bref, &#231;a s'active. Sur le contour de la place, des ateliers sont en cours : &#171; Jardinage &#187;, avec un &#233;change d'exp&#233;riences sur les semis ; &#171; Genre et Sexualit&#233; &#187; &#8211; qui passe plus de temps &#224; expliquer le concept de non-mixit&#233; aux mecs agglutin&#233;s qu'&#224; discuter des sujets pr&#233;vus &#8211; ; ou bien encore &#171; Mobilier mobile &#187; qui fabrique bancs et tables &#224; roulettes avec des palettes d&#233;coup&#233;es et polies, puis repeintes. Des d&#233;buts debout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-14-a5cd7.jpg?1768680323' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdiand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit blanche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre soir, autre AG. &#192; l'ordre du jour, un sujet clivant : les &#171; violences &#187; lors des manifestations contre la loi Travail. M&#233;dias et politiques ont somm&#233; Nuit Debout de se positionner sur le sujet, si bien que la commission &#171; Communication &#187; a &#233;t&#233; charg&#233;e de r&#233;diger un texte. Apr&#232;s d&#233;bats et vote, la deuxi&#232;me mouture est une nouvelle fois refus&#233;e par l'AG : trop ambigu&#235;. La majorit&#233; des assembl&#233;.e.s du soir refusent que Nuit Debout condamne publiquement les bris de vitrines de banques ou les strat&#233;gies de d&#233;fense des manifestant.e.s face aux violences polici&#232;res. Le rapporteur de la commission s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Cela fait 48h qu'on bosse sur ce texte&lt;/i&gt;, explique-t-il, &lt;i&gt;on est claqu&#233;.e.s !&lt;/i&gt; &#187; Il invite celles et ceux qui critiquent &#224; se r&#233;unir pour replancher sur la question. Rebelote : plus d'une cinquantaine argumentent et contre-argumentent pendant trois intenses heures. Bilan : Nuit Debout n'a pas &#224; condamner quoi que ce soit, et, plus important encore, Nuit Debout n'a pas &#224; prendre de position officielle sur de tels sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de repr&#233;sentant.e.s, pas de communiqu&#233;s, pas de soumission aux logiques des m&#233;dias, voil&#224; qui donne de l'air au mouvement. La place reste un espace de rencontres, d'avis divergents, d'exp&#233;riences in&#233;gales ou de strat&#233;gies compl&#233;mentaires. Le rejet de l'ancien monde passe par ce refus de s'aligner sur ses logiques, et les actions autant que les discours s'&#233;laborent au fil des discussions contradictoires. Le mouvement n'oublie pourtant jamais d'o&#249; il vient, ni ses pr&#233;requis politiques &#8211; en AG, en commissions ou... &#224; l'occasion d'une rencontre inopin&#233;e avec des taxis venus soutenir l'occupation de la place apr&#232;s leur service. &#171; &lt;i&gt;La pr&#233;carisation touche tout le monde, on le voit bien avec l'ub&#233;risation de notre m&#233;tier. On doit tous se battre contre la loi Travail. On vous aidera, nous les anciens : elle ne passera pas&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Milan, chauffeur artisan, ancien l&#233;gionnaire aujourd'hui s&#233;duit par d'autres combats. Si les quelques personnes encore pr&#233;sentes &#224; cette heure tardive sont ravies d'une telle base commune, la nuit sera longue pour s'accorder sur des questions &#233;pineuses. Les ch&#244;meurs se voient ainsi qualifier d'&#171; &lt;i&gt;assist&#233;s&lt;/i&gt; &#187; par certains, et les engueulades reprennent. Une &#233;tape n&#233;cessaire : se confrontent ici ceux qui s'ignorent ou se m&#233;prisent d'ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit de pleine lune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, apr&#232;s la sid&#233;ration, la m&#233;fiance, la curiosit&#233; et l'entrain, aux confins de la nuit, les yeux pliss&#233;s par les nuages des lacrymos et le manque de sommeil, qu'on a envie d'y voir plus clair. O&#249; la nuit a-t-elle commenc&#233; et comment tient-elle debout ? Qui d&#233;cide de mener telle ou telle action, de mettre tel ou tel d&#233;bat &#224; l'ordre du jour ? On sait bien que les figures de Fran&#231;ois Ruffin et Fr&#233;d&#233;ric Lordon ont men&#233; l'initiative d'occuper la place, un 31 mars, mais on ne les voit pas dans les parages. Et &#231;a bouillonne trop pour qu'on puisse croire qu'ils tirent les ficelles dans l'ombre des platanes. Alors on se demande : comment s'organisent les AG du soir, pivots de chaque Nuit Debout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers jours, on y votait les actions &#224; mener collectivement, les solidarit&#233;s &#224; organiser apr&#232;s un t&#233;moignage, les am&#233;nagements de la place, les questionnements &#224; mener ensemble. Puis il a &#233;t&#233; vot&#233; de ne plus voter. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait trop &#224; l'emporte-pi&#232;ce, sur l'instant, avec les gens qui viennent le soir pour assister au spectacle,&lt;/i&gt; explique G&#233;rard, quinqua anar au bonnet noir investi dans la commission &#8220;Action&#8221;. &lt;i&gt;Il faut du temps de r&#233;flexion et suivre un peu ce qu'il se passe pour voter, sinon, c'est la d&#233;mocratie des touristes, des grandes gueules et des militants professionnels. &lt;/i&gt; &#187; On demande toujours aux pr&#233;sents de lever la main, mais la consultation a remplac&#233; la d&#233;cision. Ce qui n'a rien r&#233;solu, puisqu'un vote massif continue de servir &#224; celles et ceux qui le souhaitent pour justifier l'approbation populaire. Dans le m&#234;me temps, les &#233;nergies se sont concentr&#233;es dans les commissions, o&#249; les votes continuent &#224; d&#233;boucher sur des d&#233;cisions : textes, actions ou constructions. Si bien que les commissions ont d&#233;sert&#233; l'AG, qui s'est peu &#224; peu vid&#233;e de contenu politique pour devenir un open mic' au &lt;i&gt;beat&lt;/i&gt; certes social, mais rapidement lassant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un mois d'occupation, de pluies, de tensions et de violences polici&#232;res, c'est devenu le th&#232;me central de la commission &#171; D&#233;mocratie et Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#187; : comment faire vivre et relancer l'AG en perte de vitesse ? Parmi les participant.e.s, beaucoup suivent les &#233;v&#233;nements depuis le d&#233;part. On entre ici au royaume du Protocole, o&#249; chaque point est pes&#233; et repes&#233;, soumis au vote et &#224; l'expression de chacun. Apr&#232;s avoir palabr&#233; des heures sur la pertinence de cr&#233;er des sous-commissions cens&#233;es acc&#233;l&#233;rer les d&#233;bats, ou de rebaptiser la commission&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;mocratie sur la place &#187; l'emportera au vote.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, une habitu&#233;e s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Je commence &#224; avoir peur de cette surench&#232;re de proc&#233;dures, qui cr&#233;e des sous-commissions de sous-commissions pour oublier et noyer les probl&#232;mes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de partie, une fiche circule pour qui souhaite prendre en charge la soir&#233;e. Le temps de l'AG se r&#233;partit en salves de trois tours de parole libre, puis trois tours de commission. Deux sessions : 18-21h et 21-23h. Plusieurs r&#244;les : mod&#233;rateur, facilitateur, preneur de parole, chronom&#232;tre (v&#233;rifier que les intervenant.e.s ne d&#233;passent pas les deux minutes de parole). Celles et ceux qui s'inscrivent ce soir le font pour la premi&#232;re fois, preuve que les d&#233;bats en AG ne sont pas verrouill&#233;s par une poign&#233;e d'aspirants politicards, comme le voudraient certaines rumeurs ou&#239;es sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit noire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-15-b0449.jpg?1768680323' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdiand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;On avance. De nouvelles grandes manifs approchent et la lutte contre la loi Travail &#171; et son monde &#187; doit continuer. Outre la commission &#171; Logistique &#187;, indispensable &#224; la r&#233;p&#233;tition des installations sur la place, les autres commissions particuli&#232;rement actives sont &#171; Action &#187;, &#171; Convergence des luttes &#187; et &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces trois commissions ont depuis fusionn&#233; sous le nom de &#171; Lutte Debout &#187;.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. C'est dans cette derni&#232;re qu'on finira nos nuits. Lors de la soir&#233;e intitul&#233;e &#171; L'&#233;tape d'apr&#232;s &#187;, &#224; la Bourse du Travail, l'&#233;quipe de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; avait &#233;mis la proposition d'une jonction entre le mouvement Nuit Debout et les organisations syndicales le 1er mai, sous la forme d'une soir&#233;e de meeting et de f&#234;te. Un texte, suivant les grandes lignes de la proposition de Fran&#231;ois Ruffin, a &#233;t&#233; rapidement adopt&#233; par la com' &#171; Convergences des luttes &#187;, et approuv&#233; en AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, n&#233;anmoins, tout cela va trop vite : sous pr&#233;texte d'efficacit&#233; et d'urgence, le plan de Ruffin a saut&#233; quelques &#233;tapes d&#233;mocratiques : on n'a pas discut&#233; des modalit&#233;s d'intervention des syndicats sur la place, jusqu'ici farouche aux &#233;tiquettes traditionnelles. La com' &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; prend alors en main une d&#233;marche de concertation avec travailleur.ses syndiqu&#233;.e.s ou non, partisan.e.s, militant.e.s, libertaires, simples passant.e.s, membres des commissions, etc. Premi&#232;re d&#233;cision collective : d&#233;placer la date de convergence au 28 avril/59 mars, jour annonc&#233; par certains secteurs en lutte pour une gr&#232;ve reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis viennent les d&#233;bats contradictoires. &#171; &lt;i&gt;Faut qu'on leur dicte nos r&#232;gles&lt;/i&gt;, dit un intervenant, &lt;i&gt;on ne va pas abandonner nos principes pour des leaders syndicaux.&lt;/i&gt; &#187; C'est au tour d'un fid&#232;le de la place : &#171; &lt;i&gt;Vous imaginez les syndicats d&#233;bouler avec leurs ballons et leurs drapeaux ? On a r&#233;ussi &#224; pr&#233;server Nuit Debout des couleurs partisanes, et vous allez tout foutre en l'air en voulant s&#233;duire les chefs de la CGT ou de FO ! C'est le d&#233;but de la fin ! &lt;/i&gt; &#187; Un vieux briscard reprend : &#171; &lt;i&gt;Sans syndicats, pas de manifs massives, pas de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Ils ont besoin d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s par la population, par nous, mais nous avons aussi besoin d'eux pour imposer le rapport de forces. Laissons-les venir sans leur imposer un dressing-code, et quand ils seront l&#224;, on leur dira ce qu'on en pense, de leurs montgolfi&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; Un postier ajoute son grain de sel : &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez de faire vos antisyndicalistes primaires ! Le syndicalisme, c'est d'abord du soutien et de l'entraide entre travailleurs exploit&#233;s. Et moi, par exemple, je me sens autant syndiqu&#233; que nuitdeboutiste ! &lt;/i&gt; &#187; Les tours de parole sautent, &#231;a s'&#233;chauffe. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait trois jours qu'on dit qu'on ne veut pas de meeting&lt;/i&gt;, s'enflamme une institutrice en passe de perdre son sourire. &lt;i&gt;Oui pour inviter les syndicalistes, m&#234;me leurs leaders. Non pour casser tout ce qui se r&#233;invente ici. Vous ne nous volerez pas la place !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois jours d'exp&#233;rimentation de d&#233;mocratie directe, un compromis est trouv&#233; : dans l'optique d'une solidarit&#233; entre &#233;tudiant.e.s, lyc&#233;en.ne.s, pr&#233;caires et travailleur.se.s en lutte, Nuit Debout invite les syndicats et leurs repr&#233;sentants &#224; discuter avec l'assembl&#233;e populaire &#8211; en fixant les m&#234;mes r&#232;gles pour tout le monde. Le 28, apr&#232;s la manif, les paroles se succ&#232;dent. D'abord la coordination lyc&#233;enne, ravie d'avoir son mouvement anti-CPE &#171; &lt;i&gt;en mieux&lt;/i&gt; &#187;, puis les &#233;tudiant.e.s : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;pression n'atteindra pas notre d&#233;termination ! Ce n'est pas la col&#232;re qui manque, mais une action commune ! &lt;/i&gt; &#187; Suivent des syndiqu&#233;.e.s de base comme l'Infocom CGT, clamant &#171; N&lt;i&gt;ous ne nous contenterons pas du retrait de cette loi ! Nous irons au-del&#224; &lt;/i&gt; &#187;, et des collectifs de pr&#233;caires venus de Montreuil, qui mettent les points sur les &#171; i &#187; : &#171; &lt;i&gt; Arr&#234;tons de d&#233;fendre le plein emploi pr&#233;caire ! Et d'assimiler le ch&#244;mage au mal. Ne pas travailler, c'est aussi avoir le temps de penser et de lutter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#232;ne marquante : le &lt;i&gt;leader&lt;/i&gt; Philippe Martinez prend la parole apr&#232;s une d&#233;l&#233;gu&#233;e CNT, avec le m&#234;me temps de parole. Du jamais-vu. Il commence par un v&#339;u pieux : que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cesse d'&#234;tre un simple slogan. Puis recule : elle ne pourra se d&#233;cider que dans chaque assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'entreprise en lutte. Une foule d'un millier de personnes scande alors &#171; &lt;i&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! &lt;/i&gt; &#187; &#224; ses oreilles. Et Fatima, ancienne de la CGT, de donner des le&#231;ons d'organisation &#224; un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral timide : &#171; &lt;i&gt;Non, monsieur Martinez, ce n'est pas juste en disant que chaque entreprise a le droit de d&#233;cider qu'on va y arriver. Si vous voulez que &#231;a bouge, il faudra &#233;couter ce qui vient de la base, encourager les assembl&#233;es quotidiennes, organiser des caisses de gr&#232;ve, et des moments comme celui-ci, o&#249; nous sommes toutes et tous au m&#234;me niveau.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nuit Debout, noire de monde, r&#233;ussit ce soir-l&#224; un pari inesp&#233;r&#233; : casser les murs des bourses du travail et des entreprises, agrandir la place de la R&#233;publique. Une lib&#233;ration de la parole qui appelle des actes. Ils existent : apr&#232;s le blocage de l'acc&#232;s au port de Gennevilliers par des &#233;tudiant.e.s et des syndiqu&#233;.e.s de base le matin m&#234;me, une grande partie de l'assembl&#233;e partait ce soir-l&#224; rejoindre les intermittents expuls&#233;s du th&#233;&#226;tre de l'Od&#233;on, tandis que des constructions en dur se fabriquaient au milieu de la place. Puis les matraques tomb&#232;rent avec une brutalit&#233; aveugle. Le lendemain, la solidarit&#233; avec les McDo, les postiers, les femmes de m&#233;nage, les migrant.e.s reprenait de plus belle. Quelle que soit l'issue de ce mouvement, il ne finira pas. Le mal est fait. Le mois de mars 2016 restera le plus long. Celui o&#249; l'on forgea un outil suppl&#233;mentaire, capable de casser plus durement, et de reb&#226;tir plus joyeusement. Mars ou cr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ferdinand Cazalis, avec le concours d'&#201;milien Bernard et d'une foule de nuits qui se reconna&#238;tront.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la mani&#232;re du calendrier r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; en 1793, les dates ont &#233;t&#233; chang&#233;es &#224; partir du 31 mars et de l'occupation de la place pour qu'il n'y ait plus de mois d'avril. Le 28 avril est par exemple devenu le 59 mars, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'anarchiste russe Emma Goldman (1869-1940) eut un jour cette grande phrase : &#171; &lt;i&gt;Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part &#224; votre r&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;mocratie sur la place &#187; l'emportera au vote.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces trois commissions ont depuis fusionn&#233; sous le nom de &#171; Lutte Debout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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