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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La culture free ne th&#233;orise pas une id&#233;ologie libertaire : elle la fait vivre &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-culture-free-ne-theorise-pas</link>
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		<dc:date>2026-06-13T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Triton</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rave party, free party, teknival : dans les m&#233;dias comme chez les politiques, &#231;a cafouille s&#233;v&#232;re. Mais une chose est claire : quel que soit le nom, ils sont contre. Dans Free party : une histoire, des histoires (Le mot et le reste, 2024), le musicologue et ancien teufeur Guillaume Kosmicki, revient sur l'histoire de cette f&#234;te libre, d&#233;but&#233;e dans les ann&#233;es 1990, et toujours pas termin&#233;e. Entretien. Avant d'entrer dans le sujet, est-ce qu'on peut remettre un peu d'ordre dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rave party, free party&lt;/i&gt;, teknival : dans les m&#233;dias comme chez les politiques, &#231;a cafouille s&#233;v&#232;re. Mais une chose est claire : quel que soit le nom, ils sont contre. Dans &lt;i&gt;Free party : une histoire, des histoires&lt;/i&gt; (Le mot et le reste, 2024), le musicologue et ancien teufeur Guillaume Kosmicki, revient sur l'histoire de cette f&#234;te libre, d&#233;but&#233;e dans les ann&#233;es 1990, et toujours pas termin&#233;e. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/triton_techno_tchatcher_jospin_rvb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/triton_techno_tchatcher_jospin_rvb-a3d7d.jpg?1782637831' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant d'entrer dans le sujet, est-ce qu'on peut remettre un peu d'ordre dans les d&#233;finitions : c'est quoi la diff&#233;rence entre &lt;i&gt;rave party, free party&lt;/i&gt; et teknival ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'origine, les &lt;i&gt;raves parties &lt;/i&gt;d&#233;signent des f&#234;tes clandestines organis&#233;es autour des musiques &#233;lectroniques apparues dans l'Angleterre de la fin des ann&#233;es 1980. &#192; l'&#233;poque les clubs fermaient &#224; 2 heures du matin, laissant sur le carreau toute une jeunesse compl&#232;tement &#233;lectris&#233;e. La &lt;i&gt;rave&lt;/i&gt; venait combler une soif de prolonger la nuit. Le mot en lui-m&#234;me signifie &#8220;battre la campagne&#8221;, mais renvoie aussi &#224; l'id&#233;e de d&#233;blat&#233;rer, d&#233;lirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, toujours au Royaume-Uni, &#233;mergent les &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt;. Leur moteur : le nomadisme, l'id&#233;e d'une f&#234;te qui se d&#233;place. Issues de la culture squat, elles portent un id&#233;al plus libertaire o&#249; l'esprit communautaire prime sur la logique marchande. Peu &#224; peu, le mouvement revendique son ancrage &lt;i&gt;underground&lt;/i&gt; et rompt avec les &lt;i&gt;raves&lt;/i&gt;, jug&#233;es trop commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le teknival est, en quelque sorte, un festival de &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt; : il rassemble plusieurs &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; et s'&#233;tire sur plusieurs jours. Le premier &#233;v&#232;nement qui porte ce nom est organis&#233; en juillet 1993 &#224; Beauvais, m&#234;me si &#231;a avait d&#233;j&#224; eu lieu au Royaume-Uni. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En effet, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, le mouvement traverse la Manche et essaime en Europe. C'est en France que &#231;a prend le plus fort. Pourquoi s'exporte-t-il et qu'a-t-il trouv&#233; de si propice en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Angleterre vit sous la chape de plomb des ann&#233;es Thatcher. Une premi&#232;re grande offensive contre les f&#234;tes technos vient avec une loi de 1994 visant les &#8220;&lt;i&gt;rassemblements non autoris&#233;s sur fond de musique r&#233;p&#233;titive&lt;/i&gt;&#8221;. Sous pression, certains collectifs cherchent &#224; s'exiler. La France s'impose alors comme la destination id&#233;ale : elle est proche g&#233;ographiquement, et les premiers &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; du mouvement, comme Spiral Tribe, ont des contacts &#224; Paris. Sur place, ils trouvent des friches industrielles, des grands espaces naturels sans voisins, de nombreuses possibilit&#233;s de squat&#8230; Un paradis. Le contexte fran&#231;ais fait le reste. Politiquement, le mitterrandisme est en fin de course et les choses ont tourn&#233; vinaigre. Musicalement, le rock alternatif s'essouffle. Une partie de la jeunesse est qu&#234;te d'autre chose. Et puis surtout, en France, la police n'a pas encore identifi&#233; le ph&#233;nom&#232;ne : les groupes n'ont qu'&#224; s'installer et brancher le son. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;crivez que &#171; la f&#234;te libre repose sur une musique libre &#187;. En quoi la techno incarne cette id&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une musique pens&#233;e pour &#234;tre mix&#233;e, c'est-&#224;-dire fondue dans un flux sonore continu. Cette logique existait d&#233;j&#224; dans le disco, mais elle devient ici centrale : le morceau n'est plus construit comme une chanson avec son intro, son d&#233;veloppement et son dernier accord qui ferme le r&#233;cit. La techno repose sur des &#233;l&#233;ments qui apparaissent et disparaissent, se superposent, sans qu'aucun ne domine. Dans cette architecture, le &lt;i&gt;beat&lt;/i&gt;, seul &#233;l&#233;ment omnipr&#233;sent, ne se comporte pas non plus en soliste.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il est question de libert&#233;, dans ce qu'elle a de plus concret &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand un producteur grave un morceau sur disque, il l'offre en quelque sorte &#224; la communaut&#233; : il accepte qu'il soit manipul&#233;, m&#233;lang&#233; et combin&#233; &#224; d'autres sons. Un DJ peut venir le sublimer &#8211; ou le massacrer. De toute fa&#231;on, &#224; l'origine m&#234;me du morceau, il y a souvent d&#233;j&#224; un &lt;i&gt;sample&lt;/i&gt;. C'est une autre mani&#232;re de penser la musique : non plus comme une &#339;uvre close, sign&#233;e, prot&#233;g&#233;e, mais comme une mati&#232;re commune et mouvante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous soulignez aussi que le mouvement repose sur &#171; peu de valeurs communes &#187;, qu'il n'a pas de textes fondateurs, si ce n'est quelques flyers qui diffusent des messages succincts. Comment comprendre cette culture sans manifeste ? Que recouvre ce &#171; peu de valeurs communes &#187; qui semble malgr&#233; tout faire tenir la communaut&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le d&#233;part, le mouvement est tr&#232;s disparate. Certains, domin&#233;s par un nihilisme assum&#233;, disaient qu'ils dansaient &#8220;&lt;i&gt;sur les ruines de l'Occident&lt;/i&gt;&#8221;. Pour d'autres, la &lt;i&gt;free&lt;/i&gt; &#233;tait au contraire porteuse d'une promesse : celle d'inventer d'autres formes de sociabilit&#233;s, de construire les fondations d'un nouveau monde. Pour d'autres encore, c'&#233;tait une respiration dans une vie de boulot. Mais m&#234;me dans cette dimension de loisir, faire la f&#234;te dans un espace clandestin, mobile, autog&#233;r&#233; est difficilement neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; l'argent circule bien s&#251;r, mais l'&#233;v&#232;nement n'est pas pens&#233; comme une entreprise lucrative. Il y est surtout question de libert&#233;, dans ce qu'elle a de plus concret. Pas en th&#233;orisant une id&#233;ologie libertaire, mais en la faisant vivre : en occupant temporairement un lieu, en circulant librement, en remettant en cause la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Tout cela se fait dans une grande horizontalit&#233; : chacun peut monter un stand, faire &#224; manger, aider &#224; installer, r&#233;parer, accueillir, transmettre. Un &#8220;&lt;i&gt;do it yourself&lt;/i&gt;&#8221; g&#233;n&#233;ralis&#233; qui s'inscrit dans la fa&#231;on m&#234;me de faire de la musique : dans les ann&#233;es 1990, par exemple, les teufeurs bricolent de vieux Atari, ces ordinateurs embl&#233;matiques de la fin des ann&#233;es 1980, pour piloter des s&#233;quenceurs, des bo&#238;tes &#224; rythmes ou des synth&#233;tiseurs. Et si le rapport &#224; la machine, au &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt;, est &#233;videmment central, le rapport aux espaces travers&#233;s l'est tout autant. Friches, for&#234;ts, champs, carri&#232;res, montagnes, l'id&#233;e est de dispara&#238;tre comme on est apparu, sans laisser de trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a l'exp&#233;rience m&#234;me. Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les rituels d'entr&#233;e dans l'&#226;ge adulte n'existent pratiquement plus (on peut parler du vote ou du permis de conduire, mais ces marqueurs sont trop faibles pour faire basculer une existence), ces f&#234;tes ont invent&#233; leurs propres seuils : partir, se perdre, danser, aider, &#233;prouver la transe, se d&#233;passer, se confronter aux &#233;l&#233;ments et revenir transform&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la &lt;i&gt;free&lt;/i&gt; ne s'est pas d'embl&#233;e pens&#233;e comme &#171; politique &#187;, aujourd'hui les choses semblent changer : banderoles antifas en teknival, &#233;v&#232;nements organis&#233;s en soutien &#224; Gaza...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En France, il y avait d&#233;j&#224; eu un tournant en 2001, avec le premier texte r&#233;pressif visant directement les &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt; adopt&#233; sous le gouvernement Jospin. Le mouvement se retrouve forc&#233; &#224; sortir de l'ombre. Les &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; doivent s'organiser, d&#233;signer des interlocuteurs pour r&#233;pondre aux m&#233;dias, aller discuter avec les minist&#232;res. Bref : faire tout ce qu'ils ne savaient pas faire et qu'ils n'avaient jamais voulu faire. J'&#233;tais &#224; Marseille &#224; ce moment-l&#224;, on a cherch&#233; &#224; se rapprocher d'autres milieux, comme les anarchistes de la Plaine. On a organis&#233; des manifs et on a m&#234;l&#233; nos sonos &#224; celles des autres. On a fait du lien. La r&#233;pression a produit ce paradoxe qu'elle a oblig&#233; une sc&#232;ne qui se pensait largement hors du champ politique &#224; se politiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, &#224; partir des ann&#233;es 2010, la &lt;i&gt;free &lt;/i&gt;a &#233;t&#233; rattrap&#233;e par les questions de genre et de rapports de domination. &#192; l'origine, le milieu &#233;tait tr&#232;s masculin, parfois franchement macho. Les nouvelles g&#233;n&#233;rations ont commenc&#233; &#224; interroger les pratiques, les ambiances, les places assign&#233;es &#224; chacun. Aujourd'hui, la f&#234;te s'est compl&#232;tement empar&#233;e de ces sujets. C'est bon signe : &#231;a veut dire qu'elle n'est pas reste fig&#233;e dans les ann&#233;es 1990 ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous terminez votre livre en disant que t&#244;t ou tard, les acteurs du milieu tombent dans &#171; une sorte de gueule de bois, un sentiment d'&#233;chec, de d&#233;sillusion ou m&#234;me de trahison &#187;. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour aller en &lt;i&gt;free&lt;/i&gt;, il faut donner de sa personne. Rien n'y est simple ni garanti. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette part d'effort, de risque et d'inconfort qui donne &#224; ces f&#234;tes leur intensit&#233;. Mais &#224; l'&#233;chelle individuelle, &#231;a a un co&#251;t. Les &lt;i&gt;sounds system&lt;/i&gt; tiennent rarement plus de cinq ou dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Teknival-les-caissons-de-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;il y a cet univers parall&#232;le, plus libre, plus vivant, qu'on a construit avec l'espoir qu'il d&#233;borde&lt;/a&gt;, au moins un peu, sur le r&#233;el. Alors, quand on comprend que le monde n'a pas vraiment chang&#233;, qu'il a m&#234;me continu&#233; &#224; tourner sans nous, la d&#233;sillusion peut &#234;tre brutale. Mais beaucoup prolongent l'exp&#233;rience autrement, chacun &#224; sa mani&#232;re : en vivant des vies atypiques, en se professionnalisant dans l'&#233;v&#233;nementiel, la technique, le monde de la nuit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a s&#251;rement l&#224; quelque chose de propre &#224; tout id&#233;al. Mais une chose demeure frappante : celui des &lt;i&gt;free&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; assez puissant pour faire tenir le mouvement plus de 30 ans. Pour une culture n&#233;e comme un mouvement de jeunesse, traverser ainsi les g&#233;n&#233;rations, se r&#233;inventer sans dispara&#238;tre, c'est vraiment pas mal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Data centers : plus simple, plus vite</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Data-centers-plus-simple-plus-vite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Data-centers-plus-simple-plus-vite</guid>
		<dc:date>2026-05-30T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La&#235;titia Giraud</dc:creator>


		<dc:subject>Triton</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La loi de simplification de la vie &#233;conomique a &#233;t&#233; d&#233;finitivement adopt&#233;e le 15 avril dernier. Et comme simplifier se conjugue souvent avec d&#233;r&#233;guler, le texte rend la vie bien plus facile aux projets de data centers, d&#233;sormais consacr&#233;s au rang de projets d'int&#233;r&#234;t national majeur. Qui aurait pu croire qu'un projet de loi, port&#233; par la macronie, arriverait &#224; d&#233;clencher l'ire de deux de ses ancien&#183;nes ministres, Agn&#232;s Pannier-Runacher et Christophe B&#233;chu, au point qu'iels en appellent &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ecologie" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La loi de simplification de la vie &#233;conomique a &#233;t&#233; d&#233;finitivement adopt&#233;e le 15 avril dernier. Et comme simplifier se conjugue souvent avec d&#233;r&#233;guler, le texte rend la vie bien plus facile aux projets de data centers, d&#233;sormais consacr&#233;s au rang de projets d'int&#233;r&#234;t national majeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/triton_cqfd_mai2026_elon.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH688/triton_cqfd_mai2026_elon-c49e6.jpg?1782649570' width='500' height='688' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui aurait pu croire qu'un projet de loi, port&#233; par la macronie, arriverait &#224; d&#233;clencher l'ire de deux de ses ancien&#183;nes ministres, Agn&#232;s Pannier-Runacher et Christophe B&#233;chu, au point qu'iels en appellent &#224; censurer l'un de ses articles ? Dans une tribune au vitriol parue dans le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, on lit ainsi que &#171; &lt;i&gt;l'article 15 [&#8230;] promet la France moche, celle du hangar et de la friche &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233;s le 15 avril, la loi de simplification de la vie &#233;conomique et son article 15 d&#233;roulent le tapis rouge aux projets industriels et num&#233;riques, et facilitent l'implantation des centres de donn&#233;es sur le territoire. Le texte pr&#233;voit que les projets qualifi&#233;s d'int&#233;r&#234;t national majeur (PINM), c'est-&#224;-dire qui &#171; &lt;i&gt;rev&#234;tent une importance particuli&#232;re pour la transition num&#233;rique, la transition &#233;cologique ou la souverainet&#233; nationale &lt;/i&gt; &#187;, puissent d&#233;sormais b&#233;n&#233;ficier de proc&#233;dures acc&#233;l&#233;r&#233;es pour s'installer. Un astucieux m&#233;lange de &#171; &lt;i&gt;mesures d&#233;rogatoires au droit commun &lt;/i&gt; &#187;, notamment au code de l'urbanisme et de l'environnement, leur permet de d&#233;bloquer l'obtention de permis de construire, explique un collectif d'associations, de syndicats et de militants&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[. &#171; Contre la &#8220;loi simplification&#8221;, ralentissons et osons faire front (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Consommer les sols&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Appelant &#224; un moratoire sur les data centers, le collectif d&#233;nonce l'article 15, qui constitue &#171; &lt;i&gt;un retour en arri&#232;re sur la loi Z&#233;ro artificialisation nette et sur la protection des esp&#232;ces menac&#233;es &lt;/i&gt; &#187;. L'article indique en effet que les PINM ne sont plus comptabilis&#233;s dans la &#171; &lt;i&gt; consommation&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'espaces naturels, agricoles ou forestiers &lt;/i&gt; &#187; pr&#233;vue par les plans locaux d'urbanisme. Autrement dit, les data centers pourront s'implanter en dehors des limites fix&#233;es &#224; l'urbanisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption de la loi intervient alors que le gouvernement s'agite dans tous les sens, ces derni&#232;res ann&#233;es, pour que les investisseurs de la tech viennent s'installer dans notre beau pays &#224; l'&#233;nergie (presque) d&#233;carbon&#233;e. Le projet de loi entendait donc r&#233;gler une bonne fois pour toutes ce que l'actuel ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Transition &#233;cologique, Mathieu Lef&#232;vre, d&#233;signe comme un &#171; &lt;i&gt;blocage strat&#233;gique &lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i&gt;d&#233;lais&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt; proc&#233;dures excessivement rigides&lt;/i&gt; &#187;. Reste alors &#224; comprendre, &#233;crit le collectif Le Nuage &#233;tait sous nos pieds, jusqu'o&#249; ira ce &#171; &lt;i&gt;d&#233;mant&#232;lement lent mais assur&#233; des maigres l&#233;gislations &#233;cologiques et d&#233;mocratiques qui encadraient encore les &#233;lans du capitalisme technologique &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La&#235;titia Giraud&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;[. &#171; Contre la &#8220;loi simplification&#8221;, ralentissons et osons faire front commun &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 8 avril 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le nuage, les mines</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sous-le-nuage-les-mines</link>
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		<dc:date>2026-05-09T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Bourlet</dc:creator>


		<dc:subject>Triton</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'industrie de la donn&#233;e ne pourrait exister sans les fili&#232;res mondialis&#233;es d'exploitation de m&#233;taux et de travailleurs. Le collectif technocritique Le &#171; Nuage &#233;tait sous nos pieds &#187; le rappelait lors de rencontres contre les data centers organis&#233;es &#224; Marseille au mois d'avril. &#171; Nous devons lutter contre la fable de la d&#233;mat&#233;rialisation et remettre la mat&#233;rialit&#233; au centre du d&#233;bat. &#187; &#192; Marseille, Tom a particip&#233; &#224; l'organisation du festival Le Nuage &#233;tait sous nos pieds, un &#233;v&#233;nement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/triton_cqfd_mai2026_bill-c803b.jpg?1782676949' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'industrie de la donn&#233;e ne pourrait exister sans les fili&#232;res mondialis&#233;es d'exploitation de m&#233;taux et de travailleurs. Le collectif technocritique Le &#171; Nuage &#233;tait sous nos pieds &#187; le rappelait lors de rencontres contre les data centers organis&#233;es &#224; Marseille au mois d'avril.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/triton_cqfd_mai2026_mark.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH700/triton_cqfd_mai2026_mark-87d9c.jpg?1782676950' width='500' height='700' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous devons lutter contre la fable de la d&#233;mat&#233;rialisation et remettre la mat&#233;rialit&#233; au centre du d&#233;bat. &#187;&lt;/i&gt; &#192; Marseille, Tom a particip&#233; &#224; l'organisation du festival Le Nuage &#233;tait sous nos pieds, un &#233;v&#233;nement d&#233;di&#233; aux centres de donn&#233;es, ces infrastructures du num&#233;rique tr&#232;s pr&#233;datrices en eau, en &#233;lectricit&#233; et en foncier. Cette ann&#233;e, le collectif a souhait&#233; &#233;largir les discussions et consacrer une soir&#233;e &#224; un angle souvent absent du d&#233;bat : l'exploitation mini&#232;re et humaine n&#233;cessaire &#224; cette industrie. Car pour construire des serveurs, il faut des infrastructures, de la main-d'&#339;uvre et des minerais, beaucoup de minerais. Selon le sociologue Fabien Lebrun&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barbarie num&#233;rique : Une autre histoire du monde connect&#233;, de Fabien Lebrun, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les 34 milliards d'&#233;quipements num&#233;riques qui circulent aujourd'hui sur Terre p&#232;sent au total plus de 220 millions de tonnes. De la mati&#232;re bien solide, qui ne vient pas de nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/triton_cqfd_mai2026_jensen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH724/triton_cqfd_mai2026_jensen-9991e.jpg?1782676950' width='500' height='724' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sanglant num&#233;rique &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le coltan, l'or, le silicium ou encore le cuivre sont extraits en masse pour fabriquer les cartes m&#232;res qui stockent l'information dans les centres de donn&#233;es et les fibres optiques qui la v&#233;hiculent partout dans le monde. Cette extraction et le d&#233;ploiement de l'industrie du num&#233;rique charrient un lourd co&#251;t humain et environnemental sur toute la cha&#238;ne de production. Au Soudan, l'or est l'un des enjeux majeurs des guerres qui s'encha&#238;nent depuis 1955. En Chine, les &#171; usines &#224; suicide &#187; du fabricant de composants &#233;lectroniques Foxconn ont &#233;t&#233; r&#233;cemment &#233;pingl&#233;es par l'ONG China Labor Watch, notamment pour imposer des horaires de travail pouvant aller jusqu'&#224; 75 heures par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/triton_cqfd_mai2026_jeff.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH819/triton_cqfd_mai2026_jeff-cb4ff.jpg?1782676950' width='500' height='819' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; intelligence artificielle, dont la consommation fait exploser les besoins en data centers et en serveurs, des dizaines de milliers de &#171; travailleurs du clic &#187; annotent des donn&#233;es pour un salaire de mis&#232;re &#224; Madagascar, afin d'entra&#238;ner la b&#234;te. Au Ghana, nos d&#233;chets num&#233;riques sont amoncel&#233;s dans des d&#233;charges &#224; ciel ouvert. Dans le monde, 18 millions d'enfants travaillent dans le recyclage des e-d&#233;chets. Pop, une autre militante du collectif Le Nuage &#233;tait sous nos pieds, rappelle : &#171; &lt;i&gt;On estime que la dur&#233;e de vie des serveurs des data centers va de deux &#224; quatre ans, ce qui fait des millions de d&#233;chets num&#233;riques chaque ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le mythe de l'immat&#233;riel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Congo est &#224; ce titre embl&#233;matique. &#192; l'est du pays, o&#249; gisent les deux tiers des ressources mondiales en coltan, six millions de personnes ont perdu la vie depuis le d&#233;but du conflit qui s&#233;vit dans la r&#233;gion mini&#232;re. Outre les pollutions environnementales et la d&#233;forestation associ&#233;es aux carri&#232;res &#224; ciel ouvert, les conditions de &#171; travail &#187; sont dramatiques&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un quotidien document&#233; dans le film de Jean-Gabriel Leynaud, Le Sang et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Pour un salaire ridicule, pas plus d'une centaine de dollars par mois, les mineurs sont oblig&#233;s de creuser la terre sans protection, &#224; la main. Ils sont punis s'ils ne ram&#232;nent pas assez de coltan &lt;/i&gt; &#187;, raconte D&#233;borah, membre de l'association Survie, invit&#233;e aux rencontres &#224; Marseille mi-avril.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/triton_cqfd_mai2026_bill.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/triton_cqfd_mai2026_bill-9de71.jpg?1782676950' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autant de vies humaines sacrifi&#233;es, au profit de la &#171; d&#233;mat&#233;rialisation &#187; et de la num&#233;risation des pays occidentaux. Tout l'inverse &#171; &lt;i&gt;d'un avenir [&#8230;] abolissant la n&#233;cessit&#233; du travail&lt;/i&gt; &#187;, promis par l'av&#232;nement du num&#233;rique, selon le sociologue S&#233;bastien Broca. Dans son livre &lt;i&gt;Pris dans la toile : de l'utopie d'Internet au capitalisme num&#233;rique &lt;/i&gt;(Seuil, 2025), il explique que ce mythe, cr&#233;&#233; par les milliardaires de la tech, v&#233;hicule l'id&#233;e selon laquelle les avanc&#233;es technologiques de la Silicon Valley pourraient permettre de d&#233;passer les limites plan&#233;taires en &#233;conomisant des ressources ou du temps de travail gr&#226;ce au num&#233;rique, au &#171; cloud &#187;. Une entit&#233; magique cens&#233;e tout r&#233;soudre par l'interm&#233;diaire de l'information, cette ressource infinie et immat&#233;rielle. Cette id&#233;ologie vient l&#233;gitimer un ordre mondial capitaliste bas&#233; sur l'exploitation des ressources et des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un ordre imp&#233;rialiste qui perdure&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les Congolais sont totalement pill&#233;s de leurs ressources mini&#232;res, au profit d'entreprises occidentales ou des pays voisins&lt;/i&gt;, insiste D&#233;borah de Survie.&lt;i&gt; On voit que perdure une organisation sociale coloniale, du caoutchouc d'hier au coltan d'aujourd'hui. &lt;/i&gt; &#187; Une analyse que partage Tom, du collectif Le Nuage &#233;tait sous nos pieds : &#171; &lt;i&gt;Les 1,5 million de kilom&#232;tres de c&#226;bles de fibre optique qui transportent les donn&#233;es suivent les anciennes routes coloniales. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, l'image est flagrante. Les donn&#233;es arrivent par les c&#226;bles directement dans le port, dont les infrastructures qui &#233;taient utilis&#233;es pour la gestion des denr&#233;es issues des colonies sont aujourd'hui r&#233;employ&#233;es par le g&#233;ant texan du data center, Digital Realty. &#171; &lt;i&gt;D&#233;velopper les infrastructures du num&#233;rique, c'est accepter une dynamique n&#233;ocoloniale et un ordre du monde raciste &lt;/i&gt; &#187;, tranche Pop.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sophie Bourlet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Barbarie num&#233;rique : Une autre histoire du monde connect&#233;&lt;/i&gt;, de Fabien Lebrun, L'&#201;chapp&#233;e, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un quotidien document&#233; dans le film de Jean-Gabriel Leynaud, &lt;i&gt;Le Sang et la Boue&lt;/i&gt;, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ces ing&#233;s qui veulent nous sauver</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Ces-inges-qui-veulent-nous-sauver</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Ces-inges-qui-veulent-nous-sauver</guid>
		<dc:date>2026-01-18T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La&#235;titia Giraud</dc:creator>


		<dc:subject>Triton</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 14 juillet dernier, l'association The Shift Project a cl&#244;tur&#233; sa campagne de financement participatif &#171; D&#233;carbonons la France &#187;. Bilan : plus de quatre millions d'euros. L'&#233;piphanie d'une &#233;cologie d&#233;politis&#233;e, uniquement cadr&#233;e par des enjeux techno-scientifiques. &#171; En soutenant le Shift, vous envoyez un message fort. Rigueur scientifique et impartialit&#233; [&#8230;] sont au service de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral : pour guider la soci&#233;t&#233;, il est vital de d&#233;fendre la rationalit&#233;. &#187; Non, ceci n'est pas un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ecologie" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 14 juillet dernier, l'association The Shift Project a cl&#244;tur&#233; sa campagne de financement participatif &#171; D&#233;carbonons la France &#187;. Bilan : plus de quatre millions d'euros. L'&#233;piphanie d'une &#233;cologie d&#233;politis&#233;e, uniquement cadr&#233;e par des enjeux techno-scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_10_shift_project.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH378/248_10_shift_project-eb868.jpg?1782649571' width='500' height='378' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; E&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n soutenant le Shift, vous envoyez un message fort. Rigueur scientifique et impartialit&#233; [&#8230;] sont au service de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral : pour guider la soci&#233;t&#233;, il est vital de d&#233;fendre la rationalit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Non, ceci n'est pas un spot publicitaire pour &#233;lire un fondamentaliste de la raison pure &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. C'est un message de la campagne de dons du Shift Project. L'association fond&#233;e par Jean-Marc Jancovici, ing&#233;nieur pro-nucl&#233;aire et souverain pontife de la lutte contre le r&#233;chauffement climatique, a r&#233;ussi l'exploit de lever 4,6 millions d'euros en deux mois. L'objectif est de financer un programme d'action pour 2027 afin de &#171; &lt;i&gt;construire des propositions en mati&#232;re de d&#233;carbonation et peser sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/i&gt; &#187;. Un but louable, tant les probl&#233;matiques environnementales et climatiques font face &#224; un &lt;i&gt;backlash&lt;/i&gt; politique et m&#233;diatique ces derniers temps. Comment alors expliquer le succ&#232;s ind&#233;cent de la campagne ? Si la notori&#233;t&#233; de monsieur Jancovici, &#171; &lt;i&gt;star du climat qui a l'oreille des puissants comme du grand public&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le nucl&#233;aire &#224; l'agonie&#8230; mais &#224; l'offensive &#187;, CQFD n&#176;212 (septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, n'y est s&#251;rement pas &#233;trang&#232;re, l'explication est peut-&#234;tre plus &#224; chercher du c&#244;t&#233; de la doctrine &#233;cologiste que son association contribue &#224; v&#233;hiculer. Une lecture purement technique et d&#233;politis&#233;e de la crise climatique pour le plus grand bonheur des ing&#233;nieur&#183;es, qui y voient une mani&#232;re de se mobiliser sans mettre le doigt sur le n&#339;ud du probl&#232;me : le syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pour bifurquer : &#234;tre pragmatique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre rationnel, donc. Pour Hadrien Coutant, sociologue qui s'est int&#233;ress&#233; &#224; l'engagement &#233;cologiste des ing&#233;nieur&#183;es, l'adh&#233;sion de ces dernier&#183;es aux enjeux environnementaux a &#233;t&#233; permise par l'&#233;volution du cadrage de ces probl&#233;matiques depuis leur &#233;mergence dans les ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Prononcez le mot &#173;&#8220;capitalisme&#8221; &#224; un ing&#233;nieur, il part en courant &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Alors que les discours &#233;cologistes ont souvent mis en accusation la technique et, &#224; travers elle, les ing&#233;nieur&#183;es comme acteur&#183;ices majeur&#183;es de la d&#233;gradation de l'environnement&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;les ing&#233;nieur&#183;es sont aujourd'hui nombreux et nombreuses &#224; s'approprier la critique &#233;cologiste du monde industriel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hadrien Coutant, &#171; Devenir ing&#233;nieur&#183;e &#233;cologiste : l'engagement &#233;cologiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Pour quelle raison ? Principalement du fait de la cons&#233;cration d'un &#171; &lt;i&gt; militantisme d'expertise&lt;/i&gt; &#187; op&#233;r&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es par &#171; &lt;i&gt;un cadrage techno-scientifique&lt;/i&gt; &#187; de ce sujet. Un glissement qui permet aux ing&#233;nieur&#183;es de trouver leur entr&#233;e dans un engagement &#233;cologique. Plus facile en effet pour cette fraction de classe faiblement politis&#233;e de comprendre le langage de la thermodynamique que celui du &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt;. Pour des ing&#233;s qui ont foi en la science, &#171; &lt;i&gt; c'est comme &#234;tre &#224; la maison&lt;/i&gt; &#187;, nous explique Hadrien Coutant.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Faire dispara&#238;tre la critique anticapitaliste&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, il est bien dangereux de se restreindre &#224; cette vision. On ne peut comprendre l'urgence &#233;cologique sans consid&#233;rer la critique anticapitaliste et antiproductiviste. Hadrien Coutant rapporte ainsi les mots d'une ing&#233;nieure : &#171; &lt;i&gt;Si le d&#233;r&#232;glement climatique &#233;tait un probl&#232;me physique, on l'aurait r&#233;solu, c'est hyper simple.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, iels restent r&#233;ticent&#183;es vis-&#224;-vis des lectures sociopolitiques &#171; &lt;i&gt;vues comme subjectives et id&#233;ologiques&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Prononcez le mot &#8220;capitalisme&#8221; &#224; un ing&#233;nieur, il part en courant&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rit le sociologue. Une simplification qui conduit des collectifs comme le Shift Project &#224; afficher &#8211; sans honte aucune &#8211; des partenariats avec BNP Paribas, premi&#232;re banque fran&#231;aise en termes d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le rapport &#171; Banking on Climate Chaos : Fossil Fuels Finance Report (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Ou encore &#224; se d&#233;clarer &#171; &lt;i&gt;apartisan&lt;/i&gt; &#187; et assumer publiquement d'aller &#171; &lt;i&gt;sensibiliser&lt;/i&gt; &#187; le RN aux enjeux climatiques&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Shift project, Fresque du climat... Ces associations &#233;cologistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Une strat&#233;gie qui permet surtout &#224; un syst&#232;me &#233;cocidaire de se maintenir, en finan&#231;ant &#224; coup de millions des campagnes de dons pour se grimer en vert.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La&#235;titia Giraud&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Le nucl&#233;aire &#224; l'agonie&#8230; mais &#224; l'offensive &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;212 (septembre 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hadrien Coutant, &#171; Devenir ing&#233;nieur&#183;e &#233;cologiste : l'engagement &#233;cologiste par et dans le travail d'ing&#233;nieur&#183;e &#187;, &lt;i&gt;Sociologie du travail&lt;/i&gt;, (Janvier-Mars 2025).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le rapport &#171; Banking on Climate Chaos : Fossil Fuels Finance Report 2025 &#187;, Banking on Climate Chaos Coalition (2025).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Shift project, Fresque du climat... Ces associations &#233;cologistes muettes sur l'extr&#234;me droite &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (02/07/2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exarchia sans les cond&#233;s</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Exarchia-sans-les-condes</link>
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		<dc:date>2025-11-22T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Triton</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Vivre sans police ? [&#8230;] C'est bien beau mais comment ? [&#8230;] Et pourquoi ? Tout le monde trouve-il vraiment la police superflue ? &#187;. Voil&#224; quelques-unes des interrogations qui traversent Vivre sans police (Agone, octobre 2025), de l'ami Victor Collet, consacr&#233; aux lendemains des &#233;meutes de d&#233;cembre 2008 &#224; Ath&#232;nes. Pour focale, le mythique quartier d'Exarchia nich&#233; au c&#339;ur de la capitale, qui a un temps r&#233;sist&#233; &#224; l'invasion polici&#232;re. 6 d&#233;cembre 2008, Ath&#232;nes br&#251;le. Pour &#233;tincelle, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no246-novembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;246 (novembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_9_-2-b1996.png?1782837155' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vivre sans police ? [&#8230;] C'est bien beau mais comment ? [&#8230;] Et pourquoi ? Tout le monde trouve-il vraiment la police superflue ?&lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224; quelques-unes des interrogations qui traversent &lt;i&gt;Vivre sans police &lt;/i&gt;(Agone, octobre 2025), de l'ami Victor Collet, consacr&#233; aux lendemains des &#233;meutes de d&#233;cembre 2008 &#224; Ath&#232;nes. Pour focale, le mythique quartier d'Exarchia nich&#233; au c&#339;ur de la capitale, qui a un temps r&#233;sist&#233; &#224; l'invasion polici&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/246_06_exarchia_triton.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH661/246_06_exarchia_triton-87767.jpg?1782837155' width='500' height='661' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;6&lt;/span&gt; d&#233;cembre 2008, Ath&#232;nes br&#251;le. Pour &#233;tincelle, l'assassinat par un policier d'Alexandros Grigoropoulos, 15 ans. Les jours suivants, l'ardeur &#233;meuti&#232;re ne faiblit pas, avec pour &#233;picentre le quartier ath&#233;nien d'Exarchia, d&#233;j&#224; aur&#233;ol&#233; d'une tradition de r&#233;sistance &#8211; &#224; la dictature puis au n&#233;olib&#233;ralisme vampire. La d&#233;cennie qui suit s'inscrit pleinement dans cet h&#233;ritage, Exarchia exp&#233;rimentant un quotidien quasiment exempt de gent polici&#232;re. Formidable ? Bien s&#251;r. Mais cela ne va pas sans heurts, tant &#171; &lt;i&gt;le mythe n'a rien du long fleuve tranquille&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Victor Collet, qui ausculte l'&#233;volution d'un quartier o&#249; l'auto-organisation devient centrale. Ayant r&#233;sid&#233; sur place &#224; de multiples reprises, de 2014 &#224; 2021, il offre le r&#233;cit vivant d'une exp&#233;rience o&#249; le slogan &#171; &lt;i&gt;Batsi ! Ghourounia ! Dolofoni !&lt;/i&gt; &#187; [&#171; Flics ! Porcs ! Assassins ! &#187;] se double d'une concr&#233;tisation pleine d'enseignements.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;6 d&#233;cembre : l'&#233;tincelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 6 d&#233;cembre et ses suites ont souvent &#233;t&#233; compar&#233;s &#224; la lutte des Gilets jaunes. J'y vois plut&#244;t une ressemblance avec les &#233;meutes de banlieue, comme celles de 2024 apr&#232;s la mort de Nahel. Dans les deux cas, &#231;a part d'un meurtre policier. Et on retrouve ici et l&#224;-bas une conflictualit&#233; tr&#232;s marqu&#233;e d&#232;s le d&#233;part, alors que l'&#233;ruption est totalement inattendue.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Exarchia est un refuge, un &#238;lot de tranquillit&#233;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; Ath&#232;nes, les flics se pensaient tout puissant, d'o&#249; les circonstances de ce meurtre policier : Alexis a &#233;t&#233; tu&#233; de sang-froid dans un quartier tr&#232;s politis&#233;, au beau milieu d'une rue pris&#233;e par la jeunesse radicale. Le mouvement anar est alors beaucoup plus conflictuel qu'ailleurs en Europe. Rappelons que la d&#233;mocratie grecque est tr&#232;s jeune, le r&#233;gime des colonels &#233;tant tomb&#233; en 1973-1974. Le mouvement antiautoritaire se d&#233;veloppe donc tardivement, aupr&#232;s de jeunes qui pour beaucoup ont eu des parents communistes et/ou exil&#233;s par un r&#233;gime soutenu par la police. Il n'a pas eu le temps d'&#234;tre adouci par des compromis avec les institutions ou des vagues de r&#233;pression. De plus, l'explosion se d&#233;roule dans un pays o&#249; l'&#201;tat est alors affaibli et en pleine course en avant n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point important : ce n'est pas un mouvement coup&#233; du reste du pays. Les secousses du 6 d&#233;cembre 2008 se communiquent &#224; toutes les grandes villes. Idem pour Ath&#232;nes : si Exarchia fait office de lieu embl&#233;matique, beaucoup de quartiers sont en lutte. D'autant que l'antagonisme envers l'&#201;tat est d&#233;j&#224; pr&#233;sent partout. En cette p&#233;riode de d&#233;litement &#233;conomique, attis&#233; par la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, beaucoup ont d&#251; faire sans lui. L'auto-organisation est une r&#233;ponse &#224; cette absence. Basiquement : &lt;i&gt;nous contre la police et l'&#201;tat&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Urbanisme favorable&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2008, Ath&#232;nes a un c&#244;t&#233; &lt;i&gt;motor city&lt;/i&gt;, avec une pollution sonore omnipr&#233;sente et des p&#233;riph&#233;ries d&#233;sindustrialis&#233;es. D&#233;laiss&#233; par les plans d'urbanisme, Exarchia est donc un refuge, un &#238;lot de tranquillit&#233; &#224; dix minutes &#224; pied du Parlement. Cela s'accompagne d'une multiplicit&#233; de lieux squatt&#233;s, pour la plupart ouverts sur l'ext&#233;rieur et n'accueillant pas que des militants : beaucoup d'exil&#233;s et de familles y sont install&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'urbanisme du quartier est propice &#224; la lutte urbaine, avec des petites ruelles et des intersections tr&#232;s rapproch&#233;es. Parfait pour se replier quand &#231;a chauffe. En 2017, j'ai assist&#233; &#224; une manifestation m&#234;lant antifas et queers contre Aube dor&#233;e&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aube dor&#233;e est un parti politique grec n&#233;onazi.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Quand les &lt;i&gt;mats&lt;/i&gt; (les CRS locaux) ont charg&#233;, tout le monde s'est repli&#233; sur Exarchia, avec quelques camarades post&#233;s &#224; l'entr&#233;e du quartier des Molotov &#224; la main. Une situation permise notamment par le refus de la logique s&#233;curitaire et des cam&#233;ras de surveillance. Celles install&#233;es dans le quartier &#224; l'occasion des JO d'Ath&#232;nes en 2004 n'ont pas tard&#233; &#224; &#234;tre explos&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Police en retrait&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au fil du temps, Exarchia est globalement d&#233;sert&#233; pas la police. Les flics savent que le niveau d'antagonisme sera &#233;lev&#233; s'ils s'y aventurent en masse. Ils restent donc en retrait, sauf pour quelques incursions cibl&#233;es. D'autant qu'ils redoutent une extension hors d'Exarchia de cette conflictualit&#233; exacerb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Deux militants du parti n&#233;onazi sont abattus en pleine rue. Le message est clair : cela peut tomber sur n'importe qui&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et si beaucoup craignaient le chaos, la vie sans police est tout le contraire d'un bordel permanent. Quand je m'y rends pour la premi&#232;re fois en 2014, je suis d'abord &#233;tonn&#233; par le calme ambiant. En dehors des &#233;v&#233;nements symboliques comme les manifs annuelles du 6 d&#233;cembre, l'atmosph&#232;re est plut&#244;t bon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a par contre divers points de tension, &#224; commencer par la lutte contre Aube dor&#233;e. Alors que les ratonnades racistes ou politiques se multiplient au d&#233;but des ann&#233;es 2010, la contre-attaque ne tarde pas. Elle culmine quand le rappeur antifa P&#225;vlos F&#253;ssas est abattu en 2013. Cela d&#233;clenche des manifestations de plusieurs milliers de personnes. Dans la foul&#233;e, deux militants du parti n&#233;onazi sont abattus en pleine rue. Le message est clair : cela peut tomber sur n'importe qui. Et les militants d'Aube dor&#233;e finissent par raser les murs. Il y a clairement un gouffre avec ce qui s'est pass&#233; quand Cl&#233;ment M&#233;ric a &#233;t&#233; tu&#233; par des fascistes. En France, l'&#201;tat a fait en sorte que la col&#232;re soit tr&#232;s encadr&#233;e. Alors qu'en Gr&#232;ce, le double assassinat a &#233;t&#233; revendiqu&#233; sans qu'il y ait la moindre arrestation. L&#224; aussi, cela se doublait d'une lutte contre la police, qui avait souvent pris le parti d'Aube dor&#233;e dans les affrontements de rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; &#231;a est arriv&#233; un autre &lt;i&gt;ennemi&lt;/i&gt; : la mafia et ses dealers, devenus omnipr&#233;sents &#224; Exarchia &#224; partir de 2016. En r&#233;ponse, des groupes d'autod&#233;fense ont commenc&#233; &#224; patrouiller dans les rues. Face &#224; la d&#233;mission &#233;tatique, l'autogestion s'est impos&#233;e. Cela n'a rien d'anodin, comme je l'&#233;cris dans le livre : &#8220;&lt;i&gt;[C'est] l'une des rares preuves en actes de la possibilit&#233; concr&#232;te de se passer de l'&#201;tat, de la police, et de renverser l'id&#233;e dominante de leur n&#233;cessit&#233;.&#8221; &lt;/i&gt;Par contre, c'est rapidement devenu hors de contr&#244;le, avec la pr&#233;sence accrue de commer&#231;ants, de hooligans ou d'experts en s&#233;curit&#233; autoproclam&#233;s. Une situation complexe, qui a provoqu&#233; l'atomisation de nombreux groupes militants. Certains &#233;taient d&#233;go&#251;t&#233;s par la militarisation affich&#233;e et l'exhibition des armes &#224; feu. Autre reproche adress&#233; aux manifestants anti-dealers : leur tendance &#224; vouloir pacifier le quartier jusque dans les actions politiques des tenants de l'insurrection permanente, avec une forme de lissage du radicalisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le cr&#233;puscule d'Exarchia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est-ce que l'histoire du quartier est celle d'une d&#233;faite ? Oui si l'on se focalise sur la situation actuelle. Il y a par contre eu un cumul d'exp&#233;riences assez bluffant. Si on prend la question de la solidarit&#233; avec les exil&#233;s, &#231;a a pris des proportions impressionnantes, avec l'accueil de milliers de personnes. Idem pour l'occupation de lieux : il y en avait entre 50 et 60 en 2019, avant la vague d'expulsions. &#199;a a &#233;t&#233; une longue d&#233;cennie de luttes instructives. Jusqu'&#224; ce que le capitalisme reprenne la main, notamment via l'explosion du tourisme et d'Airbnb. Dans le m&#234;me temps, la police s'est modernis&#233;e : en 2008, ils &#233;taient compl&#232;tement d&#233;pass&#233;s par la conflictualit&#233; des manifestants, en chemisettes et arm&#233;s de gazeuses. Aujourd'hui, ce sont des Robocops.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier point qui a pr&#233;cipit&#233; le d&#233;litement de l'exp&#233;rience : la folklorisation de la lutte. Il y a tr&#232;s vite eu une forme de &lt;i&gt;riot-porn&lt;/i&gt; qui a attir&#233; des gens de toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Des commer&#231;ants ont commenc&#233; &#224; vendre des t-shirts ACAB et les hipsters fans de street-art ont d&#233;boul&#233; en masse.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que c'&#233;tait plus vendeur qu'une zone humide paum&#233;e o&#249; tu te cailles. Le quartier est devenu aussi bien symbole de r&#233;bellion que d'atmosph&#232;re &lt;i&gt;authentique&lt;/i&gt; en plein centre-ville. &#199;a a eu des effets d&#233;l&#233;t&#232;res, dont l'invasion de touristes. Des commer&#231;ants ont commenc&#233; &#224; vendre des t-shirts ACAB et les hipsters fans de street-art ont d&#233;boul&#233; en masse. La gentrification a logiquement accompagn&#233; ces transformations, avec une hausse du prix du logement. Une &#233;volution similaire en certains points &#224; celle observ&#233;e &#224; Marseille, pass&#233;e de ville qui fait peur &#224; attraction pour touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de mon dernier s&#233;jour en 2021, juste apr&#232;s la crise Covid, je n'ai plus retrouv&#233; le parfum de libert&#233; que j'associais au quartier. Ce qui m'avait tant plu dans ces rues avait disparu, d'autant qu'il y r&#233;gnait d&#233;sormais une omnipr&#233;sence polici&#232;re. Il reste pourtant des lieux occup&#233;s et une solidarit&#233; active, par exemple envers les exil&#233;s. Comme beaucoup le disent l&#224;-bas : la lutte ne meurt jamais. Mais la vie sans police n'est pour l'instant plus d'actualit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aube dor&#233;e est un parti politique grec n&#233;onazi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Biffins : la traque sans fin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Triton</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, dans le quartier de G&#232;ze (15e) en pleine gentrification, la mairie socialo et ses flics harc&#232;lent les vendeurs &#224; la sauvette qui tentent de r&#233;sister, encore et toujours, &#224; l'envahisseur. Ce dimanche d'avril, dans le quartier de G&#232;ze (15e), le march&#233; aux biffins est r&#233;duit comme peau de chagrin. Dans les couloirs &#233;troits dessin&#233;s par les grilles des chantiers qui ceinturent les puces et le march&#233; des forains, de tous petits &#233;tals sont timidement install&#233;s &#224; m&#234;me le sol, pr&#234;ts &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no241-mai-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;241 (mai 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-a7b97.png?1782664297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, dans le quartier de G&#232;ze (15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;) en pleine gentrification, la mairie socialo et ses flics harc&#232;lent les vendeurs &#224; la sauvette qui tentent de r&#233;sister, encore et toujours, &#224; l'envahisseur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/241_06_triton_biffins.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH384/241_06_triton_biffins-86f0a.jpg?1782664297' width='500' height='384' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e dimanche d'avril, dans le quartier de G&#232;ze (15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;), le march&#233; aux biffins est r&#233;duit comme peau de chagrin. Dans les couloirs &#233;troits dessin&#233;s par les grilles des chantiers qui ceinturent les puces et le march&#233; des forains, de tous petits &#233;tals sont timidement install&#233;s &#224; m&#234;me le sol, pr&#234;ts &#224; &#234;tre remball&#233;s au moindre signal. Il y a encore quelques mois pourtant, les biffins de G&#232;ze formaient le plus grand march&#233; informel de France : la semaine, entre 300 et 800 vendeurs s'&#233;talaient sur les boulevards attenants, le week-end, plus de 1 000. H&#233;ritiers des chiffonniers du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ces marchands de &#171; biffes &#187; &#8211; vieilles &#233;toffes sans valeur, en vieux fran&#231;ais &#8211; offrent &#224; une client&#232;le souvent pr&#233;caire tout ce dont elle a besoin &#224; petits prix. Linge, livres, cahiers, chaussures, &#233;couteurs, bijoux, chargeurs, radiateurs d'appoint, v&#234;tements, denr&#233;es alimentaires emball&#233;es&#8230; De la r&#233;cup', du tri, de la restauration, du recyclage. Mais le 17 octobre dernier, la mairie de Marseille a sign&#233; un arr&#234;t&#233; interdisant la vente &#224; la sauvette dans ce quartier o&#249; est en train de pousser un grand projet urbain : Eurom&#233;diterran&#233;e 2.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le march&#233; aux biffins fait partie int&#233;grante d'un &#233;cosyst&#232;me qui va des quartiers Nord au centre-ville&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Depuis, la police harc&#232;le quotidiennement les vendeurs en distribuant amendes, coups et menaces. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;conomie de d&#233;brouille&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; On parle toujours d'&#233;cologie et d'&#233;conomie circulaire, mais&lt;/i&gt; &lt;i&gt;les biffins qu'on r&#233;prime sont les premiers maillons de cette cha&#238;ne ! &lt;/i&gt; &#187; peste St&#233;phanie Fern&#224;ndez-Recatal&#224;, pr&#233;sidente de l'association Indicible qui aide les vendeurs &#224; se structurer. Elle rappelle que les brocanteurs, les fripiers et tous les &#171; &lt;i&gt;Vinted &lt;/i&gt; &#187; de Marseille, viennent chiner &#224; G&#232;ze ce qu'ils revendent &#171; &lt;i&gt;la peau des fesses &lt;/i&gt; &#187; dans leurs boutiques du centre-ville. Hamid*, Kader* et celui qui se fait appeler le Vieux*, tous trois membres du r&#233;cent syndicat des biffins, hochent la t&#234;te et confirment : &#171; &lt;i&gt;La client&#232;le est tr&#232;s diverse, on voit de tout. &lt;/i&gt; &#187; Selon eux, le march&#233; aux biffins fait partie int&#233;grante d'un &#233;cosyst&#232;me qui va des quartiers Nord au centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Historiquement les puces ont toujours &#233;t&#233; refoul&#233;es par les grands projets urbains &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Pour autant, il n'y a pas de concurrence entre les puciers, install&#233;s dans les anciens ateliers Alstom, les forains devant sur le parvis, et les biffins le long de l'avenue du Cap-Pin&#232;de et de la rue de Lyon. D'apr&#232;s St&#233;phanie, &#171; &lt;i&gt;les gens circulent parmi les strates du march&#233; sans faire de diff&#233;rence. Mais pour les plus pr&#233;caires, les biffins offrent la possibilit&#233; de s'&#233;quiper, s'habiller, m&#234;me manger correctement &#224; des prix vraiment accessibles &lt;/i&gt; &#187;. Et la vente &#224; la sauvette est aussi un moyen de vivre, voire de survivre pour ceux qui la pratiquent : &#171; &lt;i&gt;Avant j'&#233;tais boucher, j'ai aussi travaill&#233; dans la s&#233;curit&#233;, mais je me suis bless&#233; au dos &lt;/i&gt; &#187;, raconte Hamid. Avec quatre enfants et une petite pension d'invalidit&#233;, ses ventes lui permettent de boucler les fins de mois. Pour le Vieux et Kader, c'est leur petite retraite de l'arm&#233;e et d'ancien marin qu'ils compl&#232;tent en venant &#224; G&#232;ze.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Euromed le bulldozer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Historiquement les puces ont toujours &#233;t&#233; refoul&#233;es par les grands projets urbains&#8230; &lt;/i&gt; &#187; raconte C&#233;cile, qui fait une th&#232;se d'histoire sur le quartier. Et celles de G&#232;ze ne d&#233;rogent pas : apr&#232;s Eurom&#233;diterran&#233;e dans les ann&#233;es 1990, sorte de quartier des affaires &#233;rig&#233; au nord et &#224; l'ouest du centre-ville, Euromed 2 pousse plus loin ses fa&#231;ades vitr&#233;es et ses tours grises en direction des quartiers Nord. D&#233;marr&#233; dans les ann&#233;es 2000, le projet prend aujourd'hui les puces en &#233;tau : tout autour, des &#233;coquartiers, des si&#232;ges d'entreprises, des bureaux et l'extension du tramway. Sur place, la valse des grues et le rythme soutenu du &lt;i&gt;poc poc poc&lt;/i&gt; des marteaux piqueurs. &#171; &lt;i&gt;La M&#233;tropole pr&#233;voit de b&#226;tir le nouveau quartier des Fabriques pile-poil &#224; l'endroit des puces. Le proprio, Andr&#233; Coudert, a beau dire qu'il ne vendra pas, dans les faits c'est beaucoup plus flou&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site du projet, on peut lire que le march&#233; demeurera &#171; tant dans sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. D'autant qu'il laisse le march&#233; se d&#233;grader &#224; petit feu&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2021, l'association des commer&#231;ants du march&#233; aux puces assignait Andr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; Des puciers et commer&#231;ants mettent d&#233;j&#224; la cl&#233; sous la porte, d&#233;pit&#233;s devant l'impossibilit&#233; de vendre leur fonds de commerce dans un lieu devenu insalubre&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2019, Marsactu comptait d&#233;j&#224; 69 stands ferm&#233;s. Le journal racontait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;J'imagine que &#231;a arrange bien Coudert : en cas de vente, il aura moins d'indemnisations &#224; payer &lt;/i&gt; &#187;, souffle C&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Sur la question des march&#233;s de rue, il y a souvent deux &#233;cueils : soit la criminalisation, qui donne lieu &#224; de la r&#233;pression, soit le mis&#233;rabilisme, qui verse dans l'humanitaire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; &#192; la question de savoir si l'interdiction des biffins a un lien avec ce processus, l'historienne h&#233;site : &#171; &lt;i&gt;C'est un peu tout : Euromed, certains habitants, les &#233;lus avec l'&#233;ch&#233;ance municipale qui arrive&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Elle pointe surtout &#171; &lt;i&gt;une politique de l'attente comme dans la plupart des grands projets de r&#233;novation urbaine&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On fait des annonces en grande pompe, et puis finalement &#231;a prend du retard. Il y a des pressions, des n&#233;gociations opaques. Tout &#231;a se fait sur un temps tr&#232;s long, un temps qui n'est pas celui des gens et qui les emp&#234;che de s'organiser.&lt;/i&gt; &#187; En octobre, St&#233;phanie et elle ont tent&#233; de faire casser l'arr&#234;t&#233; d'interdiction de vente &#224; la sauvette, mais &#171; &lt;i&gt;peine perdue : c'est consid&#233;r&#233; comme un d&#233;lit de toute fa&#231;on&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les cow-boys attisent la tension&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Sur la question des march&#233;s de rue, il y a souvent deux &#233;cueils : soit la criminalisation, qui donne lieu &#224; de la r&#233;pression, soit le mis&#233;rabilisme, qui verse dans l'humanitaire&lt;/i&gt; &#187;, explique C&#233;cile. &#192; G&#232;ze, il semble que la mairie se soit vautr&#233;e dans le premier. Nombreux sont les biffins qui t&#233;moignent du harc&#232;lement de la police, municipale comme nationale. &#171; &lt;i&gt;Elle vient tous les jours, plusieurs fois par jour !&lt;/i&gt; &#187; d&#233;sesp&#232;re le Vieux. &#171; &lt;i&gt;Elle distribue des amendes de 135 euros, 300 pour les v&#233;hicules, voire la fourri&#232;re ! &lt;/i&gt; &#187; rench&#233;rit Hamid. Il raconte qu'un jeune Albanais s'est fait enlever sa voiture avec tous ses papiers administratifs &#224; l'int&#233;rieur, mais qu'insolvable, il n'a rien pu r&#233;cup&#233;rer. Kader ajoute : &#171; &lt;i&gt;Nos marchandises sont confisqu&#233;es et jet&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Pour couronner le tout, les clients, qui ne savent plus sur quel pied danser, viennent de moins en moins. &#171; &lt;i&gt;Dans cette ambiance de r&#233;pression, avec une client&#232;le al&#233;atoire, sans s&#233;curit&#233;, la tension monte entre biffins&lt;/i&gt;, explique C&#233;cile. &lt;i&gt;Avant, il y avait quelques embrouilles, mais le march&#233;, tr&#232;s divers, s'autor&#233;gulait, et les conflits &#233;taient vite absorb&#233;s. Aujourd'hui, ceux qui reviennent sont ceux qui n'ont que &#231;a pour survivre. L'atmosph&#232;re est lourde et les gens sont tendus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Ils sont des travailleurs comme les autres &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C&#233;cile raconte une intervention de la police municipale, un apr&#232;s-midi de mars : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait pendant le ramadan, tout le monde &#233;tait un peu stone. Les flics ont d&#233;barqu&#233; en fanfare et un des biffins, qui rangeait son mat&#233;riel, s'est violemment fait attraper par le col. &lt;/i&gt; &#187; Elle sort son t&#233;l&#233;phone pour filmer la sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;L&#224; ils me tombent dessus et menacent de m'embarquer si je n'efface pas la vid&#233;o. &lt;/i&gt; &#187; Des ouvriers du chantier du tram, &#224; proximit&#233;, s'interposent : &#171; &lt;i&gt;Les flics se mettent &#224; les invectiver et les menacer avec leurs tasers. &lt;/i&gt; &#187; La tension monte et un ouvrier est plaqu&#233;, la gorge contre une barri&#232;re de s&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Le chef de chantier a r&#233;ussi &#224; calmer le jeu. De mon c&#244;t&#233;, j'ai c&#233;d&#233; et effac&#233; la vid&#233;o. &lt;/i&gt; &#187; Plus tard, quand St&#233;phanie et C&#233;cile repasseront devant les agents, ils leur d&#233;cocheront un : &#171; &lt;i&gt;C'est &#224; cause de vous que la France est dans cet &#233;tat ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; cette violence et essayer de trouver une solution, les biffins ont mont&#233; leur propre syndicat. &#171; &lt;i&gt;Fa&#231;on de montrer qu'ils sont des travailleurs comme les autres &lt;/i&gt; &#187;, explique St&#233;phanie. Leur revendication ? Une r&#233;installation un peu plus loin, boulevard Fr&#233;d&#233;ric Sauvage, le week-end, dans un premier temps. &#171; &lt;i&gt;Les biffins se sont mis d'accord sur un prix de cinq euros l'emplacement. Cela servira &#224; payer des placiers, une s&#233;curit&#233; et le nettoyage. &lt;/i&gt; &#187; Dans un second temps : la mise &#224; disposition d'un terrain en plein air avec convention de la mairie, d'un minimum de trois ans renouvelables, et l'obligation d'&#234;tre relog&#233;s si le terrain venait &#224; &#234;tre vendu. Pour g&#233;rer un tel march&#233;, Hamid est confiant : &#171; &lt;i&gt;On saura faire ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;*Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le site du projet, on peut lire que le march&#233; demeurera &#171; &lt;i&gt;tant dans sa localisation que dans son usage&lt;/i&gt; &#187;, mais qu'Euromed et le propri&#233;taire &#171; &lt;i&gt;&#233;tudient actuellement un projet de r&#233;novation&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2021, l'association des commer&#231;ants du march&#233; aux puces assignait Andr&#233; Coudert en justice. L'ordonnance rendue par le tribunal pointait des locaux dans un &#171; &lt;i&gt;&#233;tat &#233;difiant de salet&#233;, le sol &#233;tant d&#233;fonc&#233; et recouvert de d&#233;tritus de toutes origine, alors m&#234;me que les charges sollicit&#233;es par le bailleur englobent des frais d'entretien. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2019, &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; comptait d&#233;j&#224; 69 stands ferm&#233;s. Le journal racontait &#233;galement comment l'historique boucherie Slimani, sp&#233;cialiste de viande halal, avait baiss&#233; son rideau. Lire sur leur site &#171; March&#233; aux puces : radiographie d'une puissance &#233;conomique informelle &#187; (26/04/2019) et &#171; Le march&#233; aux puces perd son boucher et une tranche de son histoire &#187; (01/11/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Irr&#233;ductibles gauchos</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Irreductibles-gauchos</link>
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		<dc:date>2025-04-17T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Triton</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans les campagnes, plus le RN progresse dans les urnes, plus la gauche &#233;touffe. Elle n'a pourtant pas dit son dernier mot. Les militants tentent de reconstruire des espaces de politisation et de briser le mur entre les sociabilit&#233;s parall&#232;les. Le 9 juin 2024, 97 % des communes fran&#231;aises de moins de 2 000 habitants pla&#231;aient le Rassemblement national (RN) en t&#234;te des votes aux Europ&#233;ennes. Ambiance&#8230; Dans les bourgs, le peuple de gauche en sueur : combien de voisins sont all&#233;s glisser le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Triton" rel="tag"&gt;Triton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les campagnes, plus le RN progresse dans les urnes, plus la gauche &#233;touffe. Elle n'a pourtant pas dit son dernier mot. Les militants tentent de reconstruire des espaces de politisation et de briser le mur entre les sociabilit&#233;s parall&#232;les.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 9 juin 2024, 97 % des communes fran&#231;aises de moins de 2 000 habitants pla&#231;aient le Rassemblement national (RN) en t&#234;te des votes aux Europ&#233;ennes. Ambiance&#8230; Dans les bourgs, le peuple de gauche en sueur : combien de voisins sont all&#233;s glisser le bulletin du malheur dans l'urne cette fois-ci ? Si les l&#233;gislatives anticip&#233;es ont quelque peu amorti le choc les semaines qui ont suivi, la gueule de bois persiste et avec elle, la tr&#232;s d&#233;rangeante sensation de vivre parmi les rhinoc&#233;ros. Pourtant, la mont&#233;e du RN, les hommes et les femmes de gauche des zones rurales ne la d&#233;couvrent pas. Ils sont m&#234;me aux premi&#232;res loges et en savent bien davantage que ce que peuvent raconter les lointains m&#233;dias nationaux. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les zozos du village&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans leur commune de 2 000 habitants, &#224; une vingtaine de bornes de Rennes, Yves et Christine ont r&#233;colt&#233; le doux sobriquet de &#171; soixante-huitards &#187;. Un petit surnom pas bien m&#233;chant, mais qui plante le d&#233;cor. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas ce que &#231;a veut dire dans la t&#234;te des gens d'ici, mais c'est vrai qu'on a d&#251; passer pour de sacr&#233;s zozos : des trotskos, un peu anars, prof de philo, syndicalistes, militants politiques et associatifs. Avec &#231;a, on s'est m&#234;me pr&#233;sent&#233;s aux municipales en 2001 ! C'&#233;tait une liste ind&#233;pendante, &#224; quatre, avec nos anciens voisins communistes.&lt;/i&gt; &#187; raconte Yves. Aujourd'hui, dans la petite rue &#224; l'&#233;cart du bourg o&#249; habite le couple, nul doute que peu de voisins partagent leurs opinions politiques. N'emp&#234;che, ils ne sont pas hostiles. Ils passent de temps en temps pour discuter le bout de gras. Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de Christine en 2020, ils sont all&#233;s fleurir sa tombe. Des choses qui se font, entre voisins.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les manifs, les gr&#232;ves, la gauche, pour les gens du coin, c'est devenu un truc folklo &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La politique, elle est assez secondaire en fait.&lt;/i&gt; &#187; explique Jonathan, journaliste et joueur au club de foot de la commune. &#171; &lt;i&gt;&#192; l'ap&#233;ro, aux entra&#238;nements ou aux matchs, tu parles des r&#233;sultats du Stade rennais, tu tapes dans un ballon, tu chambres tes coll&#232;gues, tu parles de la derni&#232;re soir&#233;e et de celle qui vient.&lt;/i&gt; &#187; L'actualit&#233;, les hommes et les femmes politiques, les partis, les programmes, les nouvelles r&#233;formes, c'est loin. &#171; &lt;i&gt;Moi je passe pour un hurluberlu aupr&#232;s des gars du foot. Parce que je vis &#224; Paris et que j'&#233;cris des bouquins. On me vanne souvent, genre &lt;/i&gt;&#8220;&#231;a va toi, tu ne dois pas &#234;tre trop fatigu&#233;&#8221;&lt;i&gt;, sous-entendu : je suis une feignasse. Ou on m'appelle &lt;/i&gt;&#8220;la vedette&#8221; &lt;i&gt;parce que je suis pass&#233; &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Jonathan laisse couler, et leur rend bien. Mais il sait que dans le club, la part du vote &#224; droite, voire &#224; l'extr&#234;me droite, grignote celle des abstentionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Militants : les nouveaux cur&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je pense que des programmes comme ceux de la France insoumise (FI) pourraient faire la transition vers une autre organisation de la soci&#233;t&#233;. Mais est-ce que c'est v&#233;cu comme cr&#233;dible par les gens d'ici ? Je ne crois pas.&lt;/i&gt; &#187; d&#233;plore Yves. Selon lui, le resserrement de l'histoire vers un lib&#233;ralisme toujours plus ultra et les trahisons successives des partis de gauche rendent la t&#226;che difficile sur le terrain. &#171; &lt;i&gt;Je comprends qu'on n'aime pas les militants de ce bord-l&#224;, avec leurs certitudes et leurs pr&#233;tentions &#224; repr&#233;senter l'humanit&#233; tout enti&#232;re. C'est comme si &#224; eux seuls, ils d&#233;tenaient le vrai et le bien. Les gens se disent :&lt;/i&gt; &#8220;ce sont les nouveaux cur&#233;s ou quoi ?&#8221;&lt;i&gt; En plus, leurs organisations trahissent ! Donc &#231;a &#233;nerve tout le monde.&lt;/i&gt; &#187; Dans son livre &lt;i&gt;Ceux qui restent&lt;/i&gt;, le sociologue Beno&#238;t Coquard&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le grand entretien p. II-III de ce dossier : &#171; La campagne est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; tire le m&#234;me constat : &#171; &lt;i&gt;[Au moment des Gilets jaunes] la critique des organisations politiques et plus encore des syndicats a &#233;t&#233; si virulente qu'il aurait &#233;t&#233; vraiment inconscient de se pr&#233;senter comme un militant encart&#233; sur les points de blocage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Faire exister un &#8220;contexte intellectuel et culturel&#8221;, c'est entre autres le r&#244;le des partis ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les manifs, les gr&#232;ves, la gauche, pour les gens du coin, c'est devenu un truc folklo. C'est pour ceux qui ont que &#231;a &#224; faire, qui ont les moyens.&lt;/i&gt; &#187; raconte Jonathan. Parfois, il tente quelques incursions politiques. Comme cette fois o&#249; ses copains du foot se sont mis &#224; parler d'immigration : &#171; &lt;i&gt;Je l'ai jou&#233; provoc' en disant : &lt;/i&gt;&#8220;et ce n'est qu'un d&#233;but&#8221;.&lt;i&gt; J'ai parl&#233; du r&#233;chauffement climatique, du fait que des zones enti&#232;res du monde seraient inhabitables et que les populations se d&#233;placeraient. &lt;/i&gt; &#187; Pour illustrer, il mentionne l'&#233;l&#233;vation du niveau de la mer qui fait peser un risque de submersion sur une ville comme Saint-Malo, &#224; 50 kilom&#232;tres de l&#224;. &#171; &lt;i&gt;Au final, j'ai surtout eu l'impression d'&#233;taler ma science.&lt;/i&gt; &#187; Car ce qui domine chez les gens du coin, c'est le fait &#171; &lt;i&gt;de ne pas y pouvoir grand-chose&lt;/i&gt; &#187;, que ces d&#233;cisions-l&#224; sont prises &#171; &lt;i&gt;&#224; Paris&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Pendant ce temps, le RN rafle la mise. Un de mes amis, salari&#233; dans la boulangerie de ses parents, a vot&#233; RN parce qu'il a entendu Marine Le Pen parler de la hausse du prix de l'&#233;lectricit&#233;. Il a vu passer les factures de ses parents et il s'est dit&lt;/i&gt; &#8220;&#231;a, c'est un truc qui me touche&#8221;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Reconstruire sur les ruines du pass&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Yves analyse : &#171; &lt;i&gt;Ici, je vois les gens bosser comme des fous : ils cumulent parfois plusieurs boulots, font du b&#233;n&#233;volat, se filent des coups de main, construisent ou agrandissent leur baraque. Il y a sans doute cette id&#233;e que si chacun travaillait autant, la soci&#233;t&#233; tournerait. Et qu'au contraire, les politiques de gauche favorisent les &#8220;assist&#233;s&#8221;. Mais cet argument, cher au RN, fait l'impasse sur les licenciements de masse, les d&#233;localisations, etc.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Il cite en exemple la bataille men&#233;e dans une entreprise de granit du coin : face &#224; l'augmentation des importations de granit chinois, la bo&#238;te a fini par couler en 2005, laissant sur le carreau une bonne centaine de salari&#233;s. Selon Yves, comprendre ces m&#233;canismes n&#233;cessite que la classe ouvri&#232;re poss&#232;de une organisation dans laquelle elle fait vivre ses propres id&#233;es. &#171; &lt;i&gt;R&#233;pandre des analyses qui irriguent le corps social, faire exister un &#8220;contexte intellectuel et culturel&#8221;, c'est entre autres le r&#244;le des partis !&lt;/i&gt; &#187; Mais apr&#232;s tant d'ann&#233;es de contraction de nos espaces militants, difficile de faire repartir la machine. &#171; &lt;i&gt;La FI tente de r&#233;unir les d&#233;bris de cette vieille galaxie, mais elle part avec les casseroles du pass&#233;. Et elle est ambigu&#235; : c'est surtout un parti &#233;lectoral qui nous demande de voter pour lui tous les cinq ans. Pour qu'un parti politique soit vivant, il faut qu'il soit implant&#233; localement et que les gens puissent d&#233;cider. Or la d&#233;mocratie interne, &#224; la FI, c'est pas &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d'apr&#232;s Vincent, AESH, habitant de la commune et candidat suppl&#233;ant FI aux l&#233;gislatives de 2022, &#171; &lt;i&gt;les gens ont une soif de d&#233;bat politique&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;En porte-&#224;-porte, une fois &#233;cum&#233;es les &#233;tiquettes politiques, on finit toujours par trouver un terrain commun pour discuter&lt;/i&gt;. &#187; S'il reconna&#238;t qu'il y a plus de tol&#233;rance ce type de d&#233;bats pendant les p&#233;riodes &#233;lectorales, il rappelle que c'est aussi un grand moment de matraquage m&#233;diatique. &#171; &lt;i&gt;Et pourtant, d&#232;s que tu te pr&#233;sentes en chair et en os, le r&#233;cit m&#233;diatique ne tient plus.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;J'ai vu des gens vraiment enferr&#233;s dans leurs id&#233;es, et vraiment bouger apr&#232;s un &#233;change. &lt;/i&gt; &#187; Vincent raconte m&#234;me que beaucoup lui ont exprim&#233; du respect pour &#234;tre &#171; &lt;i&gt;venu jusqu'ici apr&#232;s le boulot&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Yves, une des solutions serait de &#171; &lt;i&gt;cr&#233;er des lieux d'&#233;change qui puissent maintenir une implantation et une puissance de diffusion au niveau local&lt;/i&gt; &#187;. Il cite notamment l'&#233;picerie-bar associatif d'un village proche. &#171; &lt;i&gt;Certes, de loin, &#231;a fait rep&#232;re de gauchos, mais en fait c'est plus divers.&lt;/i&gt; &#187; Vincent confirme : &#171; &lt;i&gt;Il y a m&#234;me des frictions en interne &#224; cause de &#231;a. Certaines personnes, comme moi, &#233;taient accroch&#233;es &#224; l'aspect politique du lieu, quand d'autres s'en tenaient au projet commercial, &#224; l'&#233;picerie qui d&#233;panne le dimanche.&lt;/i&gt; &#187; Comment faire se rencontrer toutes ces vies parall&#232;les ? Yves a quelques id&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Il y a deux biais puissants qui m&#233;riteraient d'&#234;tre investis : c&#244;t&#233; politique, la FI ne peut &#234;tre ignor&#233;e de nos luttes, c&#244;t&#233; syndicat, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne n'a pas dit son dernier mot. Et puis, il y a une organisation &#224; inventer. Par en bas. Et l&#224;, les Gilets jaunes nous ont montr&#233; que les campagnes en avaient encore sous le sabot !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le grand entretien p. II-III de ce dossier : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-campagne-est-parlee-depuis-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La campagne est &#8220;parl&#233;e&#8221; depuis un prisme urbain et bourgeois &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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