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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le potager, un truc de bobo ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Niel Kadereit</dc:creator>


		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si depuis le Coronavirus les jardins potagers ont le vent en poupe, leur contribution r&#233;elle &#224; l'alimentation des m&#233;nages continue &#224; d&#233;cro&#238;tre. Souvent associ&#233;e aux urbains surdipl&#244;m&#233;s, faire pousser ses l&#233;gumes pour se nourrir reste pourtant une pratique fortement ancr&#233;e au sein des classes populaires. &#171; Il faut cultiver notre jardin &#187;, disait Candide, un moyen s&#251;r &#171; d'&#233;loigner de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin &#187;. Trois si&#232;cles et demi plus tard, son adage continue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no243-juillet-aout-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;243 (juillet-ao&#251;t 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robin-Szczygiel" rel="tag"&gt;Robin Szczygiel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si depuis le Coronavirus les jardins potagers ont le vent en poupe, leur contribution r&#233;elle &#224; l'alimentation des m&#233;nages continue &#224; d&#233;cro&#238;tre. Souvent associ&#233;e aux urbains surdipl&#244;m&#233;s, faire pousser ses l&#233;gumes pour se nourrir reste pourtant une pratique fortement ancr&#233;e au sein des classes populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/243_d15_robin_s_potager_01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH436/243_d15_robin_s_potager_01-c2f96.jpg?1779633704' width='500' height='436' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; I&lt;/span&gt;&lt;i&gt;l faut cultiver notre jardin&lt;/i&gt; &#187;, disait Candide, un moyen s&#251;r &#171; &lt;i&gt;d'&#233;loigner de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin&lt;/i&gt; &#187;. Trois si&#232;cles et demi plus tard, son adage continue de faire des &#233;mules. Associatifs, ouvriers ou individuels, les jardins potagers sont pl&#233;biscit&#233;s par les institutions publiques, la presse, les militants et toute personne vaguement de gauche &#8211; dans un alignement de plan&#232;tes assez rare. Ils louent volontiers les vertus de l'agriculture urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Au sein des cat&#233;gories plus populaires, cultiver son potager est une pratique de subsistance&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause, de vertus, ce type de besogne n'en manque pas : court-circuiter les r&#233;seaux de distribution et de production de l'industrie agroalimentaire, avoir acc&#232;s &#224; des produits frais et de bonne qualit&#233; &#224; moindre co&#251;t, se r&#233;approprier la terre et l'alimentation, survivre &#224; des p&#233;riodes de disette, tisser des liens, toucher de l'herbe&#8230; Avec la crise du Covid, l'engouement pour l'autoproduction de l&#233;gumes s'est accentu&#233;. Maxime Marie, enseignant-chercheur en g&#233;ographie sociale au CNRS et &#224; l'universit&#233; de Caen a men&#233; des &#233;tudes de terrain dans trois villes du nord-ouest de la France. En cartographiant minutieusement les jardins individuels &#224; l'aide d'images satellites et en menant pr&#232;s de 700 entretiens, il a constat&#233; que si depuis 2015 de plus en plus de m&#233;nages font du potager, la surface totale de ces cultures et leurs contributions &#224; l'alimentation ont fortement diminu&#233;, traduisant ainsi une transformation des pratiques. Alors qui mange v&#233;ritablement les l&#233;gumes du jardin ? Qui tire des cordeaux, trace des sillons, s&#232;me et r&#233;colte les l&#233;gumes de son labeur ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des usages du potager socialement situ&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les communes de Rennes, Caen et Alen&#231;on, terrain d'enqu&#234;te du g&#233;ographe Maxime Marie, la production des jardins individuels repr&#233;sente entre 5 et 18 % de l'alimentation des m&#233;nages, en fonction des villes. Des disparit&#233;s g&#233;ographiques qui s'expliquent par les caract&#233;ristiques fonci&#232;res et sociod&#233;mographiques de ces zones urbaines : la quantit&#233; de maisons avec jardin et la facilit&#233; d'y avoir acc&#232;s d'une part, la pr&#233;sence de classes populaires d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Je ne suis pas certain que la majorit&#233; de la population ait envie de faire du jardinage &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les cat&#233;gories jeunes, dipl&#244;m&#233;es et relativement ais&#233;es de la population s'adonnent de plus en plus aux joies du mara&#238;chage amateur, c'est avant tout dans une d&#233;marche esth&#233;tique, r&#233;cr&#233;ative et p&#233;dagogique. Des l&#233;gumes d'&#233;t&#233; surtout : quelques tomates, deux courgettes et un peu de basilic. Pas de quoi passer l'hiver. En revanche, au sein des cat&#233;gories plus populaires, ouvriers et ouvri&#232;res en activit&#233; ou &#224; la retraite, cultiver son potager est une pratique de subsistance. Les surfaces productives sont nettement plus grandes et contribuent fortement &#224; l'alimentation de ces m&#233;nages. Ils font pousser des navets, des poireaux et des choux durant les saisons froides et font des conserves durant les p&#233;riodes fastes, s'assurant une certaine autonomie alimentaire tout au long de l'ann&#233;e.
&#171; &lt;i&gt;Plus les r&#233;pondants sont issus de cat&#233;gories populaires, plus ils expliquent qu'en cas de difficult&#233; &#233;conomique, comme une perte de revenus, leur potager pourra leur permettre de survivre &#224; cette p&#233;riode&lt;/i&gt; &#187;, explique Maxime Marie. Mais au sein du monde ouvrier qui dispose d'un bout de jardin et conserve un lien, souvent familial, avec le secteur agricole, entretenir un potager d&#233;passe aussi la fonction nutritive et fait partie d'un style de vie populaire source de fiert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Glorification des pratiques populaires&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, les jardins ouvriers sortent de terre au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle sous l'impulsion de l'&#201;tat et du patronat qui y voient un moyen de soutenir la reproduction de la force de travail n&#233;cessaire au capitalisme industriel et un outil de contr&#244;le des comportements du prol&#233;tariat, souvent jug&#233;s immoraux ou pire, subversifs. Un hygi&#233;nisme social int&#233;gr&#233; par les classes populaires elles-m&#234;mes et qui impr&#232;gne les discours tr&#232;s positifs des classes dominantes sur le potager, mettant en avant son potentiel de r&#233;silience et glorifiant le surtravail domestique qu'il implique.
&#171; &lt;i&gt;Dans les discours, le potager est valoris&#233; comme une activit&#233; saine et souhaitable. En r&#233;alit&#233;, je ne suis pas certain que la majorit&#233; de la population ait envie de faire du jardinage. La preuve, ceux qui ont les meilleures dispositions pour le faire, c'est-&#224;-dire les cat&#233;gories sup&#233;rieures, sont ceux qui ont les potagers les plus petits. Si c'&#233;tait vraiment si bien, ils en feraient plus, mais ils pr&#233;f&#232;rent aller au march&#233; ou au magasin bio&lt;/i&gt; &#187;, analyse Maxime Marie.
Car ce n'est pas un hasard si ce sont les couches populaires de la soci&#233;t&#233; qui contribuent, en volume, le plus &#224; l'autoproduction alimentaire. Produire suffisamment pour assurer son alimentation reste un travail &#233;puisant et peu r&#233;mun&#233;rateur. On peut l&#233;gitimement &#233;mettre l'hypoth&#232;se que si leurs salaires &#233;taient plus &#233;lev&#233;s, &#224; la hauteur de la valeur r&#233;ellement produite par leur force de travail, les classes populaires passeraient s&#251;rement un peu moins de leur &#171; temps libre &#187; &#224; s'&#233;chiner pour sortir du sol des aliments nutritifs et go&#251;tus. S&#251;rement qu'elles aussi iraient au petit march&#233; de producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niel Kadereit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Conf' sauve l'honneur</title>
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		<dc:date>2025-04-17T21:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gautier F&#233;lix</dc:creator>


		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que les partis et syndicats de travailleurs ont d&#233;sert&#233; les campagnes et que la droite s'y engouffre, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne pers&#233;v&#232;re. Levier antifasciste ? La lutte du Larzac et les bouillonnantes ann&#233;es 1970 &#8211; avec la naissance de l'&#233;cologie politique &#8211; ont historiquement donn&#233; aux &#171; Paysans-Travailleurs &#187;, puis &#224; la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, un double ancrage dans les luttes sociales et &#233;colos. Mais avec la concentration de l'activit&#233; &#233;conomique dans les grands p&#244;les urbains, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no240-avril-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;240 (avril 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les partis et syndicats de travailleurs ont d&#233;sert&#233; les campagnes et que la droite s'y engouffre, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne pers&#233;v&#232;re. Levier antifasciste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5584 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_32_robin_ssa_1200px_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/web_229_32_robin_ssa_1200px_1_-29212.jpg?1779633332' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Robin Szczygiel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a lutte du Larzac et les bouillonnantes ann&#233;es 1970 &#8211; avec la naissance de l'&#233;cologie politique &#8211; ont historiquement donn&#233; aux &#171; Paysans-Travailleurs &#187;, puis &#224; la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, un double ancrage dans les luttes sociales et &#233;colos. Mais avec la concentration de l'activit&#233; &#233;conomique dans les grands p&#244;les urbains, la gauche a peu &#224; peu oubli&#233; la campagne. La Conf' se retrouve souvent bien seule &#224; porter ses combats pour un changement de mod&#232;le agricole. L'une de ses revendications : l'installation d'un million de paysan&#183;nes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On en comptait 1,6 millions en 1982 contre 500 000 aujourd'hui. 200 fermes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; suppl&#233;mentaires r&#233;parti&#183;es en petites fermes, les plus autonomes possibles, ancr&#233;es sur le territoire, plut&#244;t qu'une agriculture industrielle. Mais sans r&#233;el soutien, ces alternatives restent fragiles. &lt;i&gt;&#171; Il y avait beaucoup d'espoir avec l'obligation de 20 % d'agriculture bio dans les cantines inscrites dans la loi Egalim&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les trois lois, dites Egalim I, Egalim II et Egalim III, vot&#233;es entre 2018 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais ce point n'a jamais &#233;t&#233; honor&#233;.&lt;/i&gt; &#187; nous rappelle Romain Balandier, &#233;leveur dans les Vosges et conf&#233;d&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Des gros r&#233;acs des agris ? La r&#233;alit&#233; est parfois plus complexe sur le terrain.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'extr&#234;me droite toute, la Coordination rurale (CR) a r&#233;alis&#233; une perc&#233;e inqui&#233;tante aux &#233;lections professionnelles agricoles du 15 au 31 janvier dernier. Elle rafle 29,85 % des suffrages, &#233;branlant au passage l'h&#233;g&#233;monie de la FNSEA (46,70 %). La Conf&#233;d&#233;ration paysanne, quant &#224; elle, est rest&#233;e stable &#224; 20,49 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gros r&#233;acs des agris ? La r&#233;alit&#233; est parfois plus complexe sur le terrain. &#171; &lt;i&gt;Derri&#232;re les grandes gueules m&#233;diatiques, tous les militants de la CR ne se revendiquent pas fachos.&lt;/i&gt; &#187; explique &#201;lise Guellier, &#233;leveuse de ch&#232;vres et nouvellement &#233;lue repr&#233;sentante de la Conf' &#224; la Chambre d'agriculture du Loir-et-Cher o&#249; la CR a remport&#233; les &#233;lections. &#171; &lt;i&gt;Leur victoire chez nous a bris&#233; l'h&#233;g&#233;monie de la FNSEA. &#199;a a ouvert un d&#233;bat sur la d&#233;mocratie et le partage du pouvoir au sein d'institutions agricoles qui n'en ont pas vraiment la culture. Or m&#234;me minoritaire, la Conf' a une voix &#224; faire entendre !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se battre pour de nouveaux mod&#232;les pourrait &#233;galement permettre de rassembler plus de force. &#171; &lt;i&gt;Le projet de S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation, qui permettrait de s&#233;curiser un budget alimentaire pour chacune gr&#226;ce &#224; une cotisation sociale pr&#233;lev&#233;e &#224; tous, est une des propositions politiques les plus fortes depuis longtemps.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Du bio pour les pr&#233;caires ! &#187;, CQFD n&#176;229 (avril 2024).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; s'enthousiasme Romain Balandier. Des exp&#233;rimentations ont lieu dans diff&#233;rents d&#233;partements, unifiant les probl&#233;matiques de production agricole et d'acc&#232;s &#224; une alimentation de qualit&#233;. Une perspective mobilisatrice qui pourrait peser dans le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gautier F&#233;lix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On en comptait 1,6 millions en 1982 contre 500 000 aujourd'hui. 200 fermes disparaissent chaque semaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les trois lois, dites Egalim I, Egalim II et Egalim III, vot&#233;es entre 2018 et 2023 &#233;taient cens&#233;es garantir le revenu du monde agricole. En 2024, suite &#224; un audit flash, la Cour des comptes pointe des irr&#233;gularit&#233;s dans le respect de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Du-bio-pour-les-precaires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du bio pour les pr&#233;caires !&lt;/a&gt; &#187;, CQFD n&#176;229 (avril 2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exil&#233;s exploit&#233;s en Calabre : les habits neufs de l'esclavage</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Exiles-exploites-en-Calabre-les-4202</link>
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		<dc:date>2024-05-21T15:21:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien Almar, &#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans leur article intitul&#233; &#171; Rosarno et la plaine de Gioia Tauro, entre luttes sociales, violence et exploitation &#187;, les chercheurs William Bonapace et Maria Perino retracent la construction historique d'un v&#233;ritable syst&#232;me d'esclavagisme moderne, m&#234;lant n&#233;olib&#233;ralisme, mafia, racisme, &#201;tat d&#233;missionnaire et exploitation des opprim&#233;s. Apr&#232;s la publication d'extraits dans notre n&#176; 230, on vous en propose ci-dessous la traduction int&#233;grale. Rosarno. Un bled anonyme de Calabre, au sud de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no230-en-kiosque" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;230 (mai 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robin-Szczygiel" rel="tag"&gt;Robin Szczygiel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans leur article intitul&#233; &#171; Rosarno et la plaine de Gioia Tauro, entre luttes sociales, violence et exploitation &#187;, les chercheurs William Bonapace et Maria Perino retracent la construction historique d'un v&#233;ritable syst&#232;me d'esclavagisme moderne, m&#234;lant n&#233;olib&#233;ralisme, mafia, racisme, &#201;tat d&#233;missionnaire et exploitation des opprim&#233;s. Apr&#232;s la publication d'extraits dans notre n&#176; 230, on vous en propose ci-dessous la traduction int&#233;grale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_230_robins_orange_1200px_2_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH510/web_230_robins_orange_1200px_2_-80d1a.jpg?1779669533' width='500' height='510' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Robin Szczygiel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;osarno. Un bled anonyme de Calabre, au sud de l'Italie. 14 000 habitants officiels, mais dans les environs des milliers de personnes, en grande majorit&#233; exil&#233;es, se tuent &#224; la t&#226;che pour des salaires de mis&#232;re pendant les quelques mois (de novembre &#224; mars) se pr&#234;tant &#224; la cueillette dans les plantations d'orangers. L'anthropologue luxembourgeois Gilles Reckinger a consacr&#233; plusieurs ann&#233;es d'enqu&#234;te &#224; la situation de ces travailleurs, condens&#233;es dans&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Oranges am&#232;res &#8211; un nouveau visage de l'esclavage en Europe &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raisons d'agir, 2023.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les situations et parcours varient, beaucoup de personnes en exil atterrissent dans ces culs-de-sac que constituent les exploitations agricoles du sud de l'Italie. &#171; &lt;i&gt;Les demandeurs d'asile d&#233;bout&#233;s en Italie du Sud connaissent un sort particuli&#232;rement difficile&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il, d&#233;crivant par le d&#233;tail les bidonvilles ou villages de tentes o&#249; ils se retrouvent, le racisme des autochtones, la lutte pour d&#233;crocher un salaire tout juste suffisant pour survivre&#8230; Embauch&#233;s en dehors de tout cadre l&#233;gal, ils sont &#224; la merci de patrons pour lesquels ils constituent un formidable effet d'aubaine. Et ceci dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale : &#171; &lt;i&gt;Qu'il&lt;/i&gt;&lt;i&gt; s'agisse de la police, des autochtones ou des patrons, personne ne semble s'int&#233;resser aux infractions &#233;videntes &#224; la loi et aux droits de l'homme&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;, explique Gilles Reckinger. Il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Dans le fonctionnement actuel de la gouvernance n&#233;olib&#233;rale de la migration, la fermeture des fronti&#232;res va paradoxalement de pair avec la mise &#224; disposition d'une main-d'&#339;uvre migrante abondante et soumise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anthropologue donne la parole &#224; de multiples exil&#233;s, issus du Burkina Faso, du Ghana ou du S&#233;n&#233;gal, qui tous se retrouvent pi&#233;g&#233;s par un syst&#232;me o&#249; la simple survie est d&#233;j&#224; une gageure. On retrouve dans l'article de William Bonapace et Maria Perino traduit ci-dessous dans son int&#233;gralit&#233;, les dispositifs d'asservissement que rencontrent ces travailleurs surexploit&#233;s, coinc&#233;s entre un &#201;tat toujours plus r&#233;pressif, des int&#233;r&#234;ts industriels et l'ombre de la mafia locale, la 'Ndrangheta.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'article original a &#233;t&#233; publi&#233; sur le site du m&#233;dia italien &lt;/i&gt;&lt;i&gt;On Borders&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Arance amare. Rosarno e la Piana di Gioia Tauro tra lotte sociali, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriver de nuit &#224; Rosarno est une exp&#233;rience particuli&#232;re1. Lorsque tu sors de l'autoroute Salerne-Reggio, la premi&#232;re chose qui t'attend est une route d&#233;partementale caboss&#233;e pleine de nids-de-poule &#224; &#233;viter. Un peu par hasard, apr&#232;s quelques kilom&#232;tres de voie d&#233;fonc&#233;e, on retrouve quelques habitations : des cabanes construites de mani&#232;re anarchique, puis des maisons sans fioritures, d&#233;cr&#233;pies, de formes diverses, petites et grandes, souvent avec les reliquats de b&#233;ton arm&#233; pointant sur un toit non achev&#233; ou sur les c&#244;t&#233;s. Beaucoup sont d&#233;labr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Un paysage post-atomique &#224; ne pas confondre avec l'arri&#233;ration. Ici, local et global se rencontrent, ensemble aux d&#233;combres du mythe du d&#233;veloppement &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rosarno. Le tende, le fabbriche, le macerie &#187;, Terre Libere, 18/01/2017.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; C'est comme &#231;a qu'Antonello Mangano, &#233;crivain et chercheur sicilien, a d&#233;crit le paysage de ce petit bourg dans ses livres, et c'est &#224; &#231;a qu'il ressemble encore aujourd'hui, le 16 mars 2024.
La route est priv&#233;e de signal&#233;tique. Par endroits, la chauss&#233;e se voit adjoindre un bout de trottoir caboss&#233; qui dispara&#238;t petit &#224; petit entre les ronces, les herbes et les cartons. Notons aussi l'absence de mobilier urbain : pas de bancs, de plantes ou de fleurs. Le long de la route se dressent quelques boutiques de v&#234;tements, un supermarch&#233; chinois, une &#233;choppe de produits alimentaires, beaucoup de salles o&#249; parier de l'argent et&#8230; pas grand-chose d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/rosarno_enrico_carpegna_c_014.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/rosarno_enrico_carpegna_c_014-eda56.png?1779669534' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Rosarno, foto di enrico_carpegna&#169;
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&lt;p&gt;Apr&#232;s un virage, la route s'&#233;largit et sur la droite appara&#238;t un h&#244;tel : quatre &#233;tages illumin&#233;s, avec un parking et une entr&#233;e d&#233;cente. Pas moins de 50 chambres. En face, une boucherie et une boutique pour les mariages, puis de nouveau des maisons d&#233;cr&#233;pies, de la poussi&#232;re. La forte sensation de d&#233;solation est amplifi&#233;e par la lumi&#232;re des r&#233;verb&#232;res. On s'interroge spontan&#233;ment sur qui peut bien venir dans cet h&#244;tel, et pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le matin, peu apr&#232;s cinq heures, attabl&#233;s au bar de l'h&#244;tel, il n'y a que les militaires assis &#224; prendre leur petit d&#233;jeuner, leurs armes d'assaut pos&#233;es contre leurs sacs &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, on d&#233;couvre que les principaux h&#244;tes sont militaires. Ils sont pl&#233;thore. Leurs v&#233;hicules sont gar&#233;s en ordre dans la cour. Il y a six jeeps, dont une couleur camouflage. Le matin, peu apr&#232;s cinq heures, attabl&#233;s au bar de l'h&#244;tel, il n'y a que les militaires assis &#224; prendre leur petit d&#233;jeuner, leurs armes d'assaut pos&#233;es contre leurs sacs. Ils se pr&#233;parent &#224; la surveillance de lieux sensibles. Rosarno et son territoire sont consid&#233;r&#233;s comme une des zones, puisqu'elle a le plus haut taux d'infiltration de la 'Ndrangheta en Calabre et la plus importante pr&#233;sence criminelle d'Italie. Un cancer depuis toujours pr&#233;sent dans le monde agricole, qui a ensuite gangren&#233; les secteurs du commerce et du b&#226;timent, avant de devenir enfin un ph&#233;nom&#232;ne global, empoisonnant la vie et l'&#233;conomie. En traversant la ville, on est cependant touch&#233;s par la fr&#233;quence des noms de rues d&#233;di&#233;s &#224; des figures historiques du mouvement ouvrier : via Gramsci, via Togliatti, via Nenni&#8230; Signes d'une histoire de luttes et de revendications qui a laiss&#233; un souvenir visible, mais un impact bien faible dans les faits. On ne voit par contre presque rien en ville des conditions des journaliers agricoles&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Braccianti en italien [ndt].&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; , ces &#233;trangers pr&#233;sents par milliers dans les terres qui entourent le centre urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, dans les rues qui portent ces noms, et renvoient &#224; des luttes pour la justice, entre une maison d&#233;labr&#233;e et une autre inachev&#233;e, appara&#238;t un restaurant chic. En face, gar&#233;es, des voitures luxueuses. Dans les restaurants, des gens bien habill&#233;s sirotent des coupes de vin. Un contraste difficile &#224; accepter. Un peu plus loin, une vieille caravane bancale, comme les maisons tout autour, gar&#233;e sur un emplacement poussi&#233;reux, flanqu&#233;e du sigle de l'UE et du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, qui sert probablement de bureau pour les migrants, lesquels, s&#251;rement, ne la fr&#233;quentent jamais. Mais proc&#233;dons dans l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite ville compte environ 14 000 habitants et se trouve sur la pointe septentrionale de la plaine de Gioia Tauro, une ample zone alluviale qui rejoint la mer Tyrrh&#233;nienne avec un golfe majestueux et de longues plages, desquelles s'&#233;l&#232;vent les montagnes de l'Aspromonte. Deux types d'activit&#233;s sont d&#233;velopp&#233;es dans la zone : sur la c&#244;te, le port, premier pour le trafic de marchandises en Italie et neuvi&#232;me en Europe, et dans la plaine, la r&#233;colte des agrumes et des olives, parmi les plus importantes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, il est tr&#232;s difficile de parler de d&#233;veloppement. Cette situation est la cons&#233;quence d'un ensemble de facteurs de longue dur&#233;e qui se sont entrelac&#233;s au cours des ann&#233;es ayant suivi la Seconde Guerre mondiale : la forte et constante pr&#233;sence mafieuse, une politique de d&#233;veloppement impos&#233;e d'en haut, g&#233;r&#233;e par les grandes entreprises li&#233;es aux march&#233;s publics en collusion avec la criminalit&#233; organis&#233;e, et enfin la d&#233;faite et l'&#233;puisement des perspectives d'&#233;mancipation sociale des deux derni&#232;res d&#233;cennies du si&#232;cle dernier, puis leur affaiblissement accru &#224; l'aube du nouveau mill&#233;naire suivant les tendances historiques nationales et internationales.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le port de Gioia Tauro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du port de Gioia Tauro est repr&#233;sentative de ces &#233;volutions. &#192; l'origine de cette impressionnante infrastructure qui s'&#233;tend sur une superficie de 620 hectares, il y avait le &#171; Pacchetto Colombo &#187;, un ensemble d'investissements publics baptis&#233;s d'apr&#232;s le Premier ministre de l'&#233;poque. Ceux-ci entendaient r&#233;pondre &#224; la r&#233;volte de Reggio Calabria de 1970, lorsqu'a explos&#233; la protestation de l'extr&#234;me droite contre la d&#233;cision de d&#233;placer le chef-lieu r&#233;gional de Reggio &#224; Catanzaro. L'id&#233;e &#233;tait de cr&#233;er le cinqui&#232;me p&#244;le sid&#233;rurgique italien et de le connecter &#224; un port. Si 700 000 arbres fruitiers ont &#233;t&#233; abattus, rien n'a &#233;t&#233; construit, pas le moindre pyl&#244;ne ou hangar. Malgr&#233; les mirobolantes promesses du gouvernement de garantir la cr&#233;ation de milliers d'emplois, la crise de l'acier qui d&#233;j&#224; s'annon&#231;ait au moment des diff&#233;rents projets &#233;limina l'ambition de construire une autre &#171; cath&#233;drale dans le d&#233;sert &#187;, laissant seulement sur le territoire un immense d&#233;sert. Mais ce fut en compensation une grande affaire pour la &lt;i&gt;malavita &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conduire une vie contraire &#224; la loi (ndt).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; , en grande partie pour les propri&#233;taires de terrains de la plaine, que l'&#201;tat expropria avec des sommes astronomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction du port commence en 1975, quand il est d&#233;cid&#233; de donner vie &#224; une structure portuaire multifonctionnelle, pour lequel les travaux dureront jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1990 avec le premier accostage d'un navire en 1995. En 2023, l'activit&#233; portuaire atteint un trafic de pr&#232;s de 3 548 000 containers, sans cependant jamais garantir un nombre d'emplois &#233;lev&#233;.
D&#232;s le d&#233;but, les familles puissantes de la 'Ndrangheta se sont infiltr&#233;es dans les chantiers de construction contr&#244;lant les march&#233;s publics et les fournitures, augmentant ainsi leur puissance et leur richesse. De la m&#234;me fa&#231;on, depuis le d&#233;but des activit&#233;s portuaires, le site est tenu en permanence sous le contr&#244;le des bandes Piromalli et Mol&#232;, &#224; tel point qu'aujourd'hui Gioia Tauro est le carrefour principal du trafic de drogue en Europe. Pour la seule ann&#233;e 2021, 13 tonnes de coca&#239;ne ont &#233;t&#233; saisies. Et on admet commun&#233;ment que les forces de l'ordre arrivent &#224; peine &#224; intercepter 10 % de tout le trafic de stup&#233;fiants transitant par ce port. Par ailleurs, la plaine est devenue le lieu dans lequel op&#232;rent d'autres organisations criminelles, les mafieux calabrais se voyant concurrenc&#233;s par des bandes albanaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les territoires concern&#233;s sont habit&#233;s par la d&#233;solation. Les villages de Gioia Tauro et de San Ferdinando, sur les terres desquels s'&#233;tend le port, restent d&#233;sol&#233;s, pauvres et d&#233;grad&#233;s. La richesse voyage rapidement par d'autres voies, vers le nord et dans de nombreux paradis fiscaux. En Calabre restent la peur et la d&#233;solation, avec pour beaucoup une unique perspective : l'&#233;migration. Le port est substantiellement d&#233;connect&#233; des dynamiques territoriales r&#233;gionales, servant autant le monde globalis&#233; que la criminalit&#233; organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/rosarno_enrico_carpegna_c_022.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/rosarno_enrico_carpegna_c_022-a3da1.png?1779669535' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Il porto di Gioia Tauro, foto di enrico_carpegna&#169;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lutte et d&#233;faite du mouvement paysan&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Venons-en maintenant &#224; l'autre aspect qui a des cons&#233;quences sur le territoire de la plaine et qui embrasse le pr&#233;c&#233;dent : la d&#233;faite du projet de r&#233;g&#233;n&#233;ration sociale du monde paysan port&#233; par les luttes des journaliers agricoles pour la distribution des terres, et l'affirmation d'une &#233;conomie client&#233;liste bas&#233;e sur de nouvelles formes d'exploitation.
En Calabre, le mouvement paysan des journaliers fut tr&#232;s fort d&#232;s l'unit&#233; italienne, avec des moments particuli&#232;rement significatifs, tant dans l'entre-deux-guerres que dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-Seconde Guerre mondiale, &#224; partir d&#233;j&#224; de 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif &#224; ce moment-l&#224; &#233;tait l'occupation des terres domaniales non cultiv&#233;es. Les journaliers, qui vivaient dans des conditions de pauvret&#233; extr&#234;me, d&#233;cid&#232;rent en 1947 d'agir en occupant les terres du Bosco Grande o Selvaggio (850 hectares non cultiv&#233;s), qui furent labour&#233;es et transform&#233;es en grandes agrumeraies. Au cours des m&#234;mes ann&#233;es, d'autres mouvements ont d&#233;fi&#233; les grands propri&#233;taires terriens, se confrontant souvent violemment &#224; la police. L'&#233;v&#233;nement le plus significatif et dramatique de cette &#233;poque fut le massacre de Melissa en 1949, dans l'actuelle r&#233;gion de Crotone, o&#249; les paysans march&#232;rent sur les terres des latifundistes pour demander le respect des mesures prises dans l'apr&#232;s-guerre par le ministre de l'Agriculture Gullo. La police ouvrit le feu sur les manifestants, en tuant trois et en blessant quinze. De nombreux animaux appartenant aux paysans furent aussi abattus par les forces de l'ordre.
Le massacre poussa tout de m&#234;me le gouvernement &#224; promulguer la loi Sila qui anticipa la r&#233;forme fonci&#232;re nationale sanctionn&#233;e par la loi n&#176; 841 du 21 octobre 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plaine, gr&#226;ce au soutien des forces de gauche et en particulier du parti communiste, durant cette d&#233;cennie, afin de soustraire les paysans &#224; l'h&#233;g&#233;monie des agrariens et du contr&#244;le de la 'Ndrangheta qui nidifiait alors dans le monde des petits propri&#233;taires agricoles, une action de promotion de l'activit&#233; coop&#233;rative est soutenue, sans grand succ&#232;s. En fait, beaucoup de journaliers agricoles cherchaient &#224; poss&#233;der leur petit lopin de terre, convaincus que cela leur serait profitable. &#192; la m&#234;me p&#233;riode, le ph&#233;nom&#232;ne migratoire avait pris son envol, poussant de nombreuses personnes &#224; laisser leurs propres terres et &#224; chercher fortune ailleurs.
Les ann&#233;es 1970 constitu&#232;rent un tournant en Calabre : comme nous l'avons d&#233;j&#224; racont&#233;, le projet de centre sid&#233;rurgique est lanc&#233;, puis le port de Gioia Tauro, une grande occasion de d&#233;veloppement industriel soutenu aussi par le parti communiste qui permit au contraire &#224; la mafia calabraise de faire un vrai saut qualitatif, passant d'une &lt;i&gt;'&lt;/i&gt;Ndrangheta rurale &#224; une 'Ndrangheta globale bas&#233;e sur le trafic de drogue et l'infiltration du monde politique, augmentant consid&#233;rablement son propre pouvoir sur la soci&#233;t&#233;. La rencontre entre Giulio Andreotti et le boss de la famille Piromalli &#224; Gioia Tauro fut embl&#233;matique : elle garantit un torrent d'argent aux mafieux (23 milliards de lires seulement pour la construction du port, soit environ 11,5 millions d'euros). &#171; &lt;i&gt;Ce jour-l&#224;, l'&#201;tat c&#233;da le territoire &#224; la 'Ndrangheta&lt;/i&gt; &#187;, a &#233;crit &#224; ce propos Antonello Mangano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les forces saines du territoire continu&#232;rent leurs batailles pour une autre &#233;conomie en tentant de donner vie &#224; une soci&#233;t&#233; civile et d&#233;mocratique ; soit en s'opposant au cours des ann&#233;es 1980 aux projets d'installation dans la plaine d'une m&#233;ga-centrale &#224; charbon de 2 640 m&#233;gawatts (qui impliquait un recours au port comme grand terminal charbonnier), dont l'impact &#233;cologique aurait &#233;t&#233; d&#233;vastateur, soit de donner vie &#224; un consortium agricole de coop&#233;ratives saines en combattant la mainmise des affaires mafieuses. En fait, comme l'affirme Cinzia Costa dans l'article &#171; Rosarno et la centralit&#233; de la p&#233;riph&#233;rie&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rosarno e la centralit&#224; della periferia &#187;, Instituto Euroarabo, 01/07/2016.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;c'est en concomitance avec la croissance des coop&#233;ratives que commencent &#224; s'enregistrer les premiers cas d'escroqueries &#224; la Communaut&#233; europ&#233;enne, devenant, au cours des ann&#233;es, une pratique tr&#232;s diffuse parmi les citoyens de la plaine&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;S&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ont en fait enregistr&#233;s&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &#8211; &lt;/i&gt;continue Costa &#8211;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;des contrats de travail au nom de certains citoyens italiens, alors que les travailleurs sont les migrants (ces ann&#233;es-l&#224; ils viennent souvent d'Europe de l'Est). Apr&#232;s le minimum d'activit&#233; de travail pr&#233;vue par la loi (52 jours dans le secteur agricole), les titulaires des contrats pourront recevoir une indemnit&#233; de ch&#244;mage pour les six mois suivant l'&#233;ch&#233;ance du contrat, auxquels ils devront soustraire la quote-part relative aux contributions qu'ils versent &#224; l'employeur. Les journaliers, vrais travailleurs, re&#231;oivent eux une indemnit&#233; quotidienne bien inf&#233;rieure au minimum syndical. Cette pluie de financements et subsides se poursuivra de nombreuses ann&#233;es et se transformera en vrai business, dissuadant de r&#233;colter, au point de diminuer la qualit&#233; des produits et de d&#233;truire les fondements du secteur quand les escroqueries d&#233;couvertes sont devenues publiques. Ces derni&#232;res ann&#233;es, les piliers du syst&#232;me ont c&#233;d&#233;. [&#8230;] Outre les &#8220;oranges de papier&#8221;, les coop&#233;ratives, associations de producteurs, magasins et entreprises de transformation ont disparu&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. &#192; la m&#234;me p&#233;riode, comme le d&#233;non&#231;ait le journal &lt;i&gt;Paese Sera&lt;/i&gt; en 1980, les deux milliards de lires de soutien &#224; l'agriculture de la plaine, conc&#233;d&#233;s par l'&#201;tat tous les deux ans, ont fini par b&#233;n&#233;ficier seulement &#224; trois cents personnes, dont une bonne partie membres des familles mafieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille politique de la gauche et du PCI [Parti communiste italien (ndt).] contre cet &#233;tat de fait entre les ann&#233;es 1970 et 1980 fut suivie d'une r&#233;action des mafieux particuli&#232;rement violente et f&#233;roce. Les si&#232;ges du parti communiste furent vandalis&#233;s, les autos de ses dirigeants br&#251;l&#233;es et le candidat-maire de Rosarno, Peppino Valarioti, f&#251;t assassin&#233; &#224; peine &#233;lu. En 1994, avec l'&#233;lection de Peppino Lavorato, dirigeant communiste historique de Rosarno, la violence r&#233;-explose : une nuit de d&#233;cembre, des groupes de d&#233;linquants entrent dans certaines &#233;coles pour les d&#233;vaster, laissant des menaces &#233;crites contre la nouvelle administration communale. La nuit du jour de l'An, des bandes arm&#233;es avec fusils et pistolets d&#233;vastent la petite ville. Ils br&#251;lent des automobiles, d&#233;truisent des vitrines de magasins et saccagent la mairie et les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, quand Lavorato est r&#233;&#233;lu, et suite &#224; la confiscation de biens pour 6 milliards de lires (environ 3 millions d'euros) de dommages au clan Pesce, la violence r&#233;-explose. La mairie est cribl&#233;e de coups tir&#233;s par une kalachnikov point&#233;e sur les fen&#234;tres du bureau du maire. Ces &#233;pisodes n'intimideront pas le premier citoyen qui, au cours des ann&#233;es de son administration, r&#233;alise des travaux importants dans le domaine du logement social, des services sociaux et de la culture, r&#233;cup&#233;rant des zones d&#233;grad&#233;es, faisant de Rosarno la premi&#232;re commune italienne &#224; se constituer partie civile dans un proc&#232;s anti-mafia, &#233;tant aussi un des premiers &#224; utiliser pour la collectivit&#233; les biens confisqu&#233;s &#224; la &#8216;Ndrangheta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des m&#234;mes d&#233;cennies, &#224; cheval entre les deux si&#232;cles, le march&#233; global des oranges marginalise toujours plus la production de la plaine. Selon le sociologue Fabio Mostaccio&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabio Mostaccio, La guerra delle arance, Rubbettino, 2013.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, deux &#233;l&#233;ments ont produit cette situation : l'apparition sur le march&#233; de petits et tr&#232;s petits producteurs ne disposant pas d'un bon niveau technique de production (ce qui a favoris&#233; une fragmentation importante du secteur des agrumes en Calabre) et la totale d&#233;pendance de l'appareil &#233;conomique local &#224; l'ext&#233;rieur. Les agrumes produits sur le territoire sont, outre les cl&#233;mentines, principalement des oranges &#224; jus qui, apr&#232;s la r&#233;colte, sont revendues &#224; des grandes entreprises, parfois multinationales, qui imposent des prix d'achat extr&#234;mement bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre historique et social probl&#233;matique, p&#233;tri de violence, que s'int&#232;gre l'histoire, parfois tragique, des migrants saisonniers. Une d&#233;gradation synonyme d'exploitation du travail et de vie en bidonvilles&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Baraccopoli (ndt).&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; , &#233;loign&#233;e des lieux habit&#233;s. Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas sp&#233;cifiquement calabrais, comme le montre une cartographie&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Condizioni abitative dei migranti che lavorano nel settore agroalimentare, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;conduite en 2022 par le minist&#232;re du Travail et des Politiques sociales en collaboration avec l'ANCI&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Associazione Nazionale Comuni Italiani (ndt).&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; sur tout le territoire national des situations d'&#171; inconfort et pr&#233;carit&#233; &#187; de logement des travailleurs &#233;trangers, r&#233;guliers et non employ&#233;s, dans le secteur agro-alimentaire. Des situations qui dans la plaine de Gioia Tauro atteignent des conditions particuli&#232;rement dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;gradation et habitations vides, les &#171; projets &#187; suffisent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se confronter &#224; Rosarno aujourd'hui signifie porter la complexit&#233; d'un contexte qui r&#233;clame d'aller au-del&#224; de l'urgence, de l'alarme. Le paysage social des villages de la plaine de Gioia Tauro souligne l'intersection entre des politiques migratoires dysfonctionnelles et des m&#233;canismes &#233;conomiques et sociaux caract&#233;ris&#233;s par l'ill&#233;galit&#233;. Les installations des journaliers agricoles &#8211; souvent r&#233;ticents &#224; d&#233;voiler leur quotidien &#8211; se couplent aux marges de contextes urbains caract&#233;ris&#233;s pas un ch&#244;mage &#233;lev&#233;, une &#233;migration interne de travail et de sant&#233; massive (qui, dans la d&#233;cennie 2010-2019, a provoqu&#233; pour la r&#233;gion Calabre une dette envers les autres r&#233;gions de 2,71 milliards d'euros), une p&#233;nurie de services publics, des abus et le d&#233;veloppement du travail au noir, et la pr&#233;sence capillaire des organisations criminelles, dans le cadre des processus de &#171; &lt;i&gt;globalisation des campagnes &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La globalizzazione delle campagne : migranti e societ&#224; rurali nel Sud (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la vente d'agrumes &#224; la grande distribution &#8211; qui en fixe les prix et la quantit&#233; &#8211; a cal&#233;, provoquant l'arr&#234;t des r&#233;coltes et l'abandon de la plaine par de nombreux journaliers agricoles. Ceux qui sont rest&#233;s ont obtenu une am&#233;lioration des r&#233;tributions, mais non des conditions de logement, m&#234;me pour les pr&#233;sences consolid&#233;es et stables. En fait, selon le rapport de Medici per i Diritti Umani (MEDU) de juillet 2023, la population &#224; laquelle a &#233;t&#233; fournie une assistance m&#233;dicale et/ou des conseils juridiques (94 personnes) &#233;tait constitu&#233;e de jeunes hommes d'un &#226;ge moyen de 35 ans, provenant des pays d'Afrique de l'Ouest subsaharienne pr&#233;sents en Italie depuis plus de 3 ans (88 %). Ce sont des travailleurs qui &#171; &lt;i&gt;se d&#233;placent sur le territoire national pour suivre les saisons de r&#233;colte des fruits et de l&#233;gumes dans diff&#233;rentes r&#233;gions italiennes, tant au Sud qu'au Nord. &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Quant &#224; la permanence sur le territoire de la plaine, parmi les 88 personnes qui ont r&#233;pondu &#224; la demande, 53 ont d&#233;clar&#233; une pr&#233;sence stable (environ 60 %) et 35 une pr&#233;sence saisonni&#232;re &#187;. &#171; Des 85 personnes qui ont fourni des informations sur leur propre situation juridique, 92 % avaient un titre de s&#233;jour r&#233;gulier (78 personnes) et 8 % &#233;taient irr&#233;guliers. Dans la majeure partie des cas, l'irr&#233;gularit&#233; du s&#233;jour est la cons&#233;quence de la succession de politiques inad&#233;quates, de conditions de vuln&#233;rabilit&#233;s trop longtemps ignor&#233;es et d'obstacles bureaucratiques et administratifs. Les 15 % de personnes assist&#233;es avait un permis de s&#233;jour pour travail subordonn&#233; ou saisonnier, une grande part des travailleurs disposait au contraire d'un permis de s&#233;jour pour demande d'asile (39 %), la protection subsidiaire (22 %) et la protection sp&#233;ciale (22 %). 1 % &#233;tait titulaire du statut de r&#233;fugi&#233; et un autre 1 % d'un permis de s&#233;jour en attente d'emploi &#187;. Les personnes soutenues par MEDU ne sont pas n&#233;cessairement repr&#233;sentatives de l'ensemble des pr&#233;sences (estimation &#224; 1 500 personnes dans la plaine de Gioia Tauro en 2021), mais leur situation rel&#232;ve une violence structurelle enracin&#233;e et pr&#233;sente dans toute l'Italie. Violence dans laquelle le travail de MEDU d'&#171; ajuster les corps &#187; est tol&#233;r&#233;e et fonctionnelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt; &#192; Rosarno en 2010, des coups de feu ont bless&#233; trois journaliers. Les manifestations de protestation qui ont suivi furent attaqu&#233;es tant par les forces de l'ordre que par une partie de la population locale&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rosarno en 2010, des coups de feu ont bless&#233; trois journaliers. Les manifestations de protestation qui ont suivi furent attaqu&#233;es tant par les forces de l'ordre que par une partie de la population locale, jusqu'&#224; ce qu'une partie des immigr&#233;s soit &#233;loign&#233;e de la Calabre ou enferm&#233;e dans les CPR&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centro di Permanenza per i Rimpatri, le centre de r&#233;tention administrative (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt; Ces &#233;v&#233;nements auront cependant le m&#233;rite de porter l'attention de la communaut&#233; scientifique et des milieux activistes sur le monde de l'exploitation agricole italienne et &#224; &#171; &lt;i&gt;ne pas seulement aplatir l'affrontement politique sur l'immigration &#224; son seul versant s&#233;curitaire &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(le &#171; paquet s&#233;curit&#233; &#187; a &#233;t&#233; approuv&#233; en 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le toll&#233; suscit&#233; par l'&#233;v&#233;nement, les conditions sociales du territoire n'ont pas beaucoup &#233;volu&#233; et les lieux habit&#233;s se sont progressivement d&#233;labr&#233;s. Aujourd'hui, le bidonville de San Ferdinando, le Campo Container de Testa dell'Acqua, le Casolare de Contrada Russo &#224; Taurianova sont dans des &#233;tats de d&#233;gradations extr&#234;mes. Des situations qui apparaissent paradoxales si l'on juxtapose les images de la vie dans les quartiers informels &#224; celle du stade de football de conteneurs achev&#233; dans le cadre du projet Su.Pri.Me&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus d'informations sur le site du Minist&#232;re du Travail : integrazionemigranti.g&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;et jamais ouvert, ou des six &#233;difices&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La beffa di rosarno : Condizioni di vita disastrose per i braccianti a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;&#8211; pour un total de 42 appartements &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Rosarno &#8211; construits avec des fonds de l'Union europ&#233;enne. Dans le premier cas les institutions locales d&#233;noncent le manque de ressources pour maintenir la structure afin de la mettre en service ; et dans le second cas l'installation des travailleurs &#233;trangers a &#233;t&#233; bloqu&#233;e en 2019 lorsque le maire du moment a demand&#233; &#224; la r&#233;gion d'&#233;liminer la contrainte d'attribution pour assigner les appartements &#224; des Rosarnesi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/rosarno_enrico_carpegna_c_026.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/rosarno_enrico_carpegna_c_026-855f9.png?1779669535' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Le nouveau camp de conteneurs construit dans le cadre du projet Su.Pri.Me. Foto di enrico_carpegna&#169;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;124&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/rosarno_enrico_carpegna_c_000.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/rosarno_enrico_carpegna_c_000-91267.png?1779669536' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Les immeubles vides de la p&#233;riph&#233;rie de Rosarno construits avec des fonds de l'Union europ&#233;enne Photo par enrico_carpegna&#169;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les installations dans lesquelles les journaliers sont contraints de vivre favorisent l'alcoolisme, les consommations narcotiques pour fuir la fatigue, les d&#233;sillusions et l'anxi&#233;t&#233;, le dopage pour tenir le coup au travail (un ph&#233;nom&#232;ne document&#233;, qui a &#233;merg&#233; il y a d&#233;j&#224; de nombreuses ann&#233;es dans les enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es aupr&#232;s des journaliers sikhs des Marais pontins&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; I braccianti sikh dell'agro pontino : sfruttati per lavorare come schiavi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;). Et dans ces environnements, les personnes prostitu&#233;es roms assises au milieu des ordures repr&#233;sentent le dernier maillon de la cha&#238;ne de la d&#233;gradation. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la fatigue et la d&#233;fiance des journaliers ne sont pas surprenantes. D'autant que l'application des droits de base que sont l'inscription &#224; l'&#233;tat civil, le renouvellement des documents de s&#233;jour, l'acc&#232;s au ch&#244;mage agricole ou au cong&#233; maladie restent encore aujourd'hui ferm&#233;s &#224; beaucoup en raison des irr&#233;gularit&#233;s contractuelles et salariales. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/rosarno_enrico_carpegna_c_006.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/rosarno_enrico_carpegna_c_006-7f297.png?1779669537' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;La ville de tentes de San Ferdinando, photo de enrico_carpegna&#169;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'isolement social se sont d&#233;velopp&#233;s des micro-&#233;conomies et des formes d'&#171; autogestion&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aid or autonomy ? A showdown in Italy's agricultural heartland &#187;, The New (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt; &#187; souvent invisibles &#224; la pr&#233;sence des observateurs et travailleurs sociaux. Une pr&#233;sence qui se succ&#232;de sans continuit&#233; sur le territoire, fragment&#233;e (&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui c'est &#224; nous d'aller au bidonville ! &lt;/i&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;), souvent avec exigence &#171; d'extraction &#187; d'informations et images pour la r&#233;alisation de &#171; projets &#187; &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance qui ne deviennent pas des services et qui sous-&#233;valuent ou carr&#233;ment ignorent les exigences de la population locale et les caract&#233;ristiques du contexte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/rosarno_enrico_carpegna_c_009.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/rosarno_enrico_carpegna_c_009-a1267.png?1779669537' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;La ville de tentes de San Ferdinando, photo de enrico_carpegna&#169;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; San Ferdinando, depuis 2022, l'auberge pour journaliers Dambe so&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A Gioia Tauro nasce 'Dambe So', l'ostello per i braccianti &#187;, Ansait, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt; [&#171; maison de la dignit&#233; &#187; en bambara] &#8211; issue du programme Mediterranean Hope de la F&#233;d&#233;ration des &#201;glises &#233;vang&#233;liques en Italie (FCEI) &#8211; est une &#233;tincelle de dignit&#233; qui offre une solution de logement &#171; &lt;i&gt; l&#233;g&#232;re &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;bas&#233;e sur le principe de la durabilit&#233; et de l'&#233;conomie circulaire&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Les travailleurs journaliers contribuent pour partie aux frais de la structure, laquelle s'ins&#232;re dans un ample travail de construction d'un r&#233;seau et de fili&#232;res courtes en collaboration avec SOS Rosarno, qui garantit un prix &#233;quitable pour qui travaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inspiration, a expliqu&#233; le responsable de Mediterranean Hope Rosarno, vient &#171; &lt;i&gt;des premi&#232;res formes des soci&#233;t&#233;s de secours mutuels : dimension mutualiste, droits du travail et socle de protection social de base, ensemble. Durant ces ann&#233;es, nous avons travaill&#233; pour construire un exemple concret et donner &#224; la politique un signal : il est possible de &#8220;d&#233;monter&#8221; les ghettos et sortir de la logique de l'urgence. L'auberge est un exemple qui va dans cette direction. La responsabilit&#233; sociale des entreprises permet en outre la durabilit&#233; &#233;conomique : le projet ne p&#232;se plus sur la fiscalit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'&#201;tat mais redistribue les profits &#224; l'int&#233;rieur de la fili&#232;re. Mais ce qui compte le plus est de redonner la dignit&#233; aux travailleurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alliances sociales activ&#233;es au travers de ces actions pourraient-elles d&#233;fier la fili&#232;re alimentaire dominante ? Les r&#233;flexions et pratiques sur le terrain de l'autogestion de la fili&#232;re et de la relocalisation de l'&#233;conomie sont certainement extr&#234;mement int&#233;ressantes &#171; &lt;i&gt;pour tous ceux qui luttent contre les causes structurelles de l'exploitation des travailleurs migrants, l'appauvrissement des petits paysans, l'expulsion des territoires et, plus g&#233;n&#233;ralement, qui sont engag&#233;s &#224; construire des voies de sortie &#224; la crise du syst&#232;me capitaliste n&#233;olib&#233;ral&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sovranit&#224; alimentare e autogestione contro lo sfruttamento di braccianti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;William Bonapace &amp; Maria Perino&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Traduction par Damien Almar&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; Vittorio Battistin, Lorenzo Leonardi, Martina Marcellino (MEDU) ; Francesco Piobbichi (Mediterranean Hope) ; Giuseppe Pugliese (SOS Rosarno) ; Gianantonio Ricci (Chico Mendes ETS) ; Alessandro Sette (Adl a Zavidovi&#263;i) qui nous ont accompagn&#233; dans la plaine de Gioia Tauro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Raisons d'agir, 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &#171; Arance amare. Rosarno e la Piana di Gioia Tauro tra lotte sociali, violenza, sfruttamento &#187;, On Borders, 10/04/2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Rosarno. Le tende, le fabbriche, le macerie &#187;, Terre Libere, 18/01/2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Braccianti&lt;/i&gt; en italien [ndt].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Conduire une vie contraire &#224; la loi (ndt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Rosarno e la centralit&#224; della periferia &#187;, Instituto Euroarabo, 01/07/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fabio Mostaccio, &lt;i&gt;La guerra delle arance&lt;/i&gt;, Rubbettino, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Baraccopoli&lt;/i&gt; (ndt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Condizioni abitative dei migranti che lavorano nel settore agroalimentare&lt;/i&gt;, Ministero del Lavoro e delle Politiche Sociali, juillet 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Associazione Nazionale Comuni Italiani&lt;/i&gt; (ndt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; La globalizzazione delle campagne : migranti e societ&#224; rurali nel Sud Italia &#187;, Research Gate, janvier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Centro di Permanenza per i Rimpatri&lt;/i&gt;, le centre de r&#233;tention administrative italien [ndt].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus d'informations sur le site du Minist&#232;re du Travail : integrazionemigranti.gov.it.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; La beffa di rosarno : Condizioni di vita disastrose per i braccianti a fronte di strutture abitative milionarie ancora inutilizzate &#187;, MEDU, 09/01/2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; I braccianti sikh dell'agro pontino : sfruttati per lavorare come schiavi &#187;, &lt;i&gt;Reset&lt;/i&gt;, 31/08/2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Aid or autonomy ? A showdown in Italy's agricultural heartland &#187;, &lt;i&gt;The New Humanitarian,&lt;/i&gt; 08/09/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; A Gioia Tauro nasce 'Dambe So', l'ostello per i braccianti &#187;, &lt;i&gt;Ansait&lt;/i&gt;, 11/04/2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Sovranit&#224; alimentare e autogestione contro lo sfruttamento di braccianti immigrati e piccoli agricoltori. Uno studio socio-politico di &#8220;SOS Rosarno&#8221; &#187;, Scienza e Pace, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du bio pour les pr&#233;caires !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Du-bio-pour-les-precaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Du-bio-pour-les-precaires</guid>
		<dc:date>2024-04-19T10:36:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant que l'agro-industrie &#233;puise les sols et laisse producteurs et consommateurs sur le carreau, &#224; Montpellier, on exp&#233;rimente la caisse alimentaire commune. Objectif : ne plus sacrifier l'alimentation sur l'autel d'un budget trop serr&#233; et promouvoir un mod&#232;le agricole plus solidaire et durable. Nich&#233; dans une ruelle tranquille &#224; un jet de pierre de la gare Saint-Roch, le bureau de change de La Graine s'anime. Vers la fin de l'apr&#232;s-midi, l'association, qui &#233;dite et fait circuler la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robin-Szczygiel" rel="tag"&gt;Robin Szczygiel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que l'agro-industrie &#233;puise les sols et laisse producteurs et consommateurs sur le carreau, &#224; Montpellier, on exp&#233;rimente la caisse alimentaire commune. Objectif : ne plus sacrifier l'alimentation sur l'autel d'un budget trop serr&#233; et promouvoir un mod&#232;le agricole plus solidaire et durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5584 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_32_robin_ssa_1200px_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/web_229_32_robin_ssa_1200px_1_-29212.jpg?1779633332' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Robin Szczygiel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;ich&#233; dans une ruelle tranquille &#224; un jet de pierre de la gare Saint-Roch, le bureau de change de La Graine s'anime. Vers la fin de l'apr&#232;s-midi, l'association, qui &#233;dite et fait circuler la monnaie locale de Montpellier, re&#231;oit ses adh&#233;rents d&#233;sireux d'&#233;changer leurs euros contre quelques billets color&#233;s. Engag&#233;e dans la promotion d'une &#233;conomie alternative ax&#233;e sur les circuits courts et la solidarit&#233;, La Graine est depuis quelques ann&#233;es aux avant-postes d'une nouvelle fa&#231;on de commercer localement. Il y a peu, elle est devenue l'une des chevilles ouvri&#232;res d'une exp&#233;rimentation locale pionni&#232;re en son genre : la caisse alimentaire commune. L'initiative, officiellement lanc&#233;e le 28 janvier 2023, vise &#224; lutter contre la pr&#233;carit&#233; alimentaire en rendant l'alimentation durable accessible &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du pain sur la planche sociale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est d'abord l'&#201;tat qui a voulu lancer une r&#233;flexion autour de l'aide &#224; l'alimentaire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2020, face &#224; une pr&#233;carit&#233; alimentaire exacerb&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, raconte G&#233;rard, &#233;conomiste et copr&#233;sident de La Graine.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La plupart des denr&#233;es viennent en r&#233;alit&#233; des exc&#233;dents de l'industrie qui, au passage, se taille un bonus fiscal sur ces donations&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lui et son association, ainsi qu'une bonne vingtaine de structures locales et nationales, prennent la proposition gouvernementale au pied de la lettre. Rapidement, une r&#233;flexion collective s'engage dans le but de concevoir une exp&#233;rimentation r&#233;ellement capable d'am&#233;liorer la lutte contre la pr&#233;carit&#233; alimentaire. &lt;i&gt;&#171; On a tr&#232;s vite identifi&#233; les limites du dispositif d'aide alimentaire actuel &#187;&lt;/i&gt;, se souvient-il. Reposant sur des associations telles que les Restos du C&#339;ur ou la Banque alimentaire, l'aide alimentaire peine &#224; offrir des produits de qualit&#233; aux b&#233;n&#233;ficiaires. La plupart des denr&#233;es viennent en r&#233;alit&#233; des exc&#233;dents de l'industrie qui, au passage, se taille un bonus fiscal sur ces donations.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;On a donc d&#233;cid&#233; d'exp&#233;rimenter quelque chose de tr&#232;s diff&#233;rent&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume le copr&#233;sident de La Graine. &#201;merge alors l'id&#233;e d'une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation &#224; &#233;chelle locale ; un projet nomm&#233; Caisse alimentaire commune (CAC), et dont la port&#233;e s'av&#232;re bien plus politique que le simple fait de redistribuer les miettes de l'industrie agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Faim de changement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, la CAC se mat&#233;rialise par des cotisations mensuelles adapt&#233;es aux revenus de chacun de ses membres. En retour, ils re&#231;oivent 100 &#171; &#233;quivalents euros &#187; &#224; utiliser dans des points de vente tri&#233;s sur le volet &#8211; &#233;piceries solidaires, magasins bio, supermarch&#233;s coop&#233;ratifs ou march&#233;s. Sur place, les achats sont r&#233;gl&#233;s en MonA, la monnaie alimentaire sp&#233;cifique&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le terme de &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187; semble ainsi trouver son plein &#233;choment cr&#233;&#233;e pour le projet, avec la complicit&#233; aguerrie du partenaire La Graine.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aux manettes de l'exp&#233;rimentation, un comit&#233; citoyen de 60 membres-b&#233;n&#233;ficiaires, con&#231;u comme un espace d'&#233;ducation populaire. Celui-ci se r&#233;unit chaque mois pour, entre autres, statuer sur les commerces &#224; &#171; conventionner &#187;. Accessibilit&#233;, qualit&#233; des produits, relations avec les producteurs et gouvernance sont autant de crit&#232;res fix&#233;s collectivement pour se d&#233;cider. Le terme de &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187; semble ainsi trouver son plein &#233;cho. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;part, on avait pens&#233; &#224; instaurer un quorum pour &#234;tre s&#251;rs qu'un minimum de personnes viennent aux r&#233;unions de comit&#233; chaque mois, mais c'&#233;tait compl&#232;tement inutile : tous les membres venaient spontan&#233;ment. Il y a un fort engagement !&lt;/i&gt; &#187; s'enthousiasme H&#233;l&#232;ne, membre du comit&#233; citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le s'inspire largement de la r&#233;flexion men&#233;e par le collectif S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir leur site : securite-sociale-alimentation.org.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;(SSA), qui propose d'int&#233;grer l'alimentation au r&#233;gime g&#233;n&#233;ral &#233;ponyme. &#171; &lt;i&gt;Dans notre syst&#232;me de sant&#233;, lorsqu'une personne est malade, son acc&#232;s aux soins ne d&#233;pend pas de ses moyens financiers&lt;/i&gt;, explique G&#233;rard. &lt;i&gt;La caisse alimentaire s'inspire de ces valeurs universalistes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; chacun selon ses moyens&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Certaines personnes sont tellement d&#233;pann&#233;es par ce syst&#232;me&#8230; quand on les &#233;coute, on se dit que &#231;a vaut vraiment le coup&lt;/i&gt; &#187;, raconte Henri. Ce retrait&#233; au long pass&#233; militant fait partie des quelque 350 participants &#224; la CAC. Avec Claude, sa femme, ils cotisent plus qu'ils ne re&#231;oivent, alors que le montant de la cotisation moyenne s'&#233;l&#232;ve &#224; 61 &#8364;. &#171; &lt;i&gt;Il faut avoir l'esprit de solidarit&#233;. Quand on voit ce qui se passe actuellement, on ne peut pas rester indiff&#233;rent. On a une bonne retraite, on peut aider !&lt;/i&gt; &#187; poursuit-il. &#192; Montpellier, le taux de pauvret&#233; est sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale, ce qui pousse 6 &#224; 8 000 personnes, dont 10 % d'&#233;tudiants, &#224; solliciter l'aide alimentaire. Pour beaucoup, la caisse alimentaire est une v&#233;ritable bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je suis all&#233; &#224; une ou deux r&#233;unions, et ce qui m'avait plu, c'est qu'il y avait tout type de personnes&lt;/i&gt; &#187;, rapporte Martin. L'attrait de ce producteur de l&#233;gumes bio pour la CAC se dessine clairement sur une toile de convictions politiques bien ancr&#233;es : &#171; &lt;i&gt;En tant que producteur, on est lucide, on voit bien qui ach&#232;te nos produits. Je fais de la bonne bouffe et je ne peux pas la vendre moins cher&#8230; Mais je trouve d&#233;rangeant qu'elle ne soit accessible qu'aux riches.&lt;/i&gt; &#187; L'ennui c'est qu'apr&#232;s quelques r&#233;unions, personne ne le recontacte pour assurer le suivi : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai rappel&#233; une amie qui travaille avec la caisse, elle m'a fait comprendre que le projet patinait un peu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mod&#232;le &#224; affiner&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'exp&#233;rimentation a du succ&#232;s, la m&#233;canique ne semble pas encore tout &#224; fait bien huil&#233;e et certains points restent en suspens, en particulier le mod&#232;le &#233;conomique. Pour le moment, la CAC tient en partie sur des subventions, avec une mise de d&#233;part de l'&#201;tat, des apports venant des collectivit&#233;s et des financements de fondations priv&#233;es. Mais tous n'ont pas vocation &#224; en assumer les frais op&#233;rationnels sur le long terme. &#192; La Graine, on pousse pour trouver un moyen de limiter le recours aux subventions. &#171; &lt;i&gt;Comme le financement de la S&#233;cu, qui repose en grande partie sur les cotisations patronales et salari&#233;es, on pourrait envisager d'introduire un m&#233;canisme similaire &#224; la caisse, avec des cotisations venant des points de vente agr&#233;&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se positionne G&#233;rard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que gr&#226;ce &#224; la CAC, ces commerces b&#233;n&#233;ficient d'une nouvelle client&#232;le qui, touch&#233;e par la pr&#233;carit&#233; alimentaire, ne franchissait habituellement pas les portes des magasins bio. Claude t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; C'est vrai que depuis qu'on est &#224; la caisse, on va plus souvent &#224; la Biocoop !&lt;/i&gt; &#187; Reste qu'au sein de l'exp&#233;rimentation,&lt;i&gt; &#171; deux tendances commencent &#224; se dessiner&lt;/i&gt;, confie G&#233;rard.&lt;i&gt; Certains ne voient pas les choses de la m&#234;me fa&#231;on et plaident pour une plus grande prise en charge de l'&#201;tat et des collectivit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Mais pas s&#251;r, selon lui, que l'&#201;tat, et son &#233;ternelle qu&#234;te d'&#233;conomies visant &#224; boucher &#171; le trou de la S&#233;cu &#187;, ou les collectivit&#233;s, confront&#233;es &#224; une baisse de leur budget, soient en mesure de r&#233;pondre &#224; cette demande. D'autant que les financements publics charrient bien souvent avec eux un risque d'interventionnisme susceptible de compromettre l'autogestion populaire d'un tel projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, l'exp&#233;rimentation, qui ne devait durer initialement qu'un an, est prolong&#233;e jusqu'&#224; 2025, avec toutes les subventions initiales. Reste &#224; savoir si le germe r&#233;volutionnaire de cette s&#233;curit&#233; sociale alimentaire r&#233;ussira &#224; ne pas finir broy&#233; par une conception plus macroniste de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; : matraque et r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2020, face &#224; une pr&#233;carit&#233; alimentaire exacerb&#233;e touchant 9,2 millions de personnes en France, le gouvernement lance une aide exceptionnelle aux associations de lutte contre la pauvret&#233; via le plan France Relance. L'id&#233;e est de d&#233;velopper des exp&#233;rimentations locales centr&#233;es sur les enjeux alimentaires dans quatre grandes villes de France, dont Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir leur site : &lt;a href=&#034;https://securite-sociale-alimentation.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;securite-sociale-alimentation.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un inter&#173;nationalisme nord-sud contre ces criminels climatiques &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-inter-nationalisme-nord-sud</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Un-inter-nationalisme-nord-sud</guid>
		<dc:date>2024-03-01T08:54:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er mars sort le dernier ouvrage du journaliste Micka&#235;l Correia sur le g&#233;ant p&#233;trolier TotalEnergies. Dans Le Mensonge Total, il d&#233;nonce des d&#233;cennies de strat&#233;gies de communication tordues (fabrication du doute, greenwashing&#8230;), mais donne aussi des pistes de lutte. D&#233;j&#224; auteur d'un ouvrage majeur sur le sujet, Micka&#235;l Correia, journaliste &#224; Mediapart, publie le 1er mars une compilation de ses enqu&#234;tes sur le g&#233;ant p&#233;trolier TotalEnergies : Le Mensonge Total &#8211; Enqu&#234;te sur un criminel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no228-mars-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;228 (mars 2024) &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robin-Szczygiel" rel="tag"&gt;Robin Szczygiel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er mars sort le dernier ouvrage du journaliste Micka&#235;l Correia sur le g&#233;ant p&#233;trolier TotalEnergies. Dans &lt;i&gt;Le Mensonge Total&lt;/i&gt;, il d&#233;nonce des d&#233;cennies de strat&#233;gies de communication tordues (fabrication du doute, &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt;&#8230;), mais donne aussi des pistes de lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_228_03_robins_total_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/web_228_03_robins_total_1200px-2-a740c.jpg?1779669538' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Une illustration de Robin Szczygiel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;j&#224; auteur d'un ouvrage majeur sur le sujet&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Criminels climatiques &#8211; Enqu&#234;te sur les multinationales qui br&#251;lent notre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Micka&#235;l Correia, journaliste &#224; &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, publie le 1er mars une compilation de ses enqu&#234;tes sur le g&#233;ant p&#233;trolier TotalEnergies : &lt;i&gt;Le Mensonge Total &#8211; Enqu&#234;te sur un criminel climatique&lt;/i&gt; (Seuil, mars 2023). Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu peux nous rappeler ce qu'est TotalEnergies ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fleuron de l'industrie fran&#231;aise qui f&#234;te ses cent ans au mois de mars et que tout le monde conna&#238;t en France. C'est surtout une des 20 multinationales les plus e&#769;mettrices du globe, qui rejette &#224; elle seule autant de gaz &#224; effet de serre (GES) que tous les Fran&#231;ais r&#233;unis. Depuis l'an dernier, c'est le plus grand d&#233;veloppeur de projets p&#233;troliers et gaziers sur le continent africain. Et c'est aussi le num&#233;ro 2 mondial du gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL), un secteur qui est en plein boom, notamment depuis la guerre en Ukraine. Enfin, c'est un poids lourd du CAC40 dont les profits explosent : la firme a engrang&#233; 19,8 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices en 2023. C'&#233;tait 10 milliards en 2019. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a aper&#231;u certains actionnaires de l'entreprise lors du dernier blocage de son assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale par des militants en mai 2023. Quel poids ont-ils sur les choix de la multinationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'actionnariat de Total est extr&#234;mement diversifi&#233; et inclut les salari&#233;s de Total. Un des principaux actionnaires, tr&#232;s peu connu dans l'espace public, est Amundi, filiale du Cr&#233;dit Agricole et plus gros gestionnaire d'&#233;pargne retraite et salariale en France&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amundi, ce premier actionnaire de Total qui menace le climat &#187;, Mediapart, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il y a de grosses banques fran&#231;aises, mais aussi des petits fonds d'investissement qui pr&#233;tendent avoir une &#8220;&#233;thique climatique&#8221; et disent vouloir faire bouger les lignes &#224; l'int&#233;rieur. Total cajole ses actionnaires et leur promet de tr&#232;s bons dividendes, qui ont encore augment&#233; de cette ann&#233;e de 7 %. Ces actionnaires servent de chambre de validation des orientations pr&#233;sent&#233;es par une direction qui vise &#224; faire le plus de profits possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu commences ton livre en racontant que Total sait depuis 1971 que ses activit&#233;s ont des cons&#233;quences catastrophiques sur l'environnement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des chercheurs comme Christophe Bonneuil ont travaill&#233; sur les archives de Total et d&#233;couvert qu'en 1971 un expert en climatologie de l'&#233;poque alertait sur les dangers de l'exploitation du p&#233;trole, du charbon et du gaz dans le journal interne de l'entreprise&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Total face au r&#233;chauffement climatique (1968&#8209;2021) &#187;, Terrestres, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Dix-sept ans avant la cr&#233;ation du Giec, les multinationales savaient d&#233;j&#224; que leurs activit&#233;s &#233;taient nocives pour la plan&#232;te : qu'ont-elles fait en cons&#233;quence ? Rien du tout. Et &#224; partir des ann&#233;es 1980, quand la question climatique monte dans le d&#233;bat public, Total commence &#224; organiser un lobbying f&#233;roce pour saboter les politiques climatiques de l'&#233;poque, en particulier un projet de taxe carbone. La supercherie est l&#224; : Total dit r&#233;pondre &#224; une demande en p&#233;trole, mais casse toutes les politiques de r&#233;gulation de cette demande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans leur travail de sabotage des avanc&#233;es scientifiques, tu parles aussi de leur strat&#233;gie de fabrication du doute&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est au c&#339;ur de leur strat&#233;gie d&#232;s les ann&#233;es 1980. Dans leurs brochures, ils parlaient au conditionnel des cons&#233;quences climatiques, mettaient en doute les &#233;tudes scientifiques. Et quand il n'&#233;tait plus possible de plaider le doute, au tournant des ann&#233;es 2000, ils ont commenc&#233; &#224; faire du &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt;. Une m&#233;thode qui ne passe plus par la remise en question des r&#233;sultats scientifiques, mais par un discours qui pose les entreprises comme les acteurs incontournables de la transition &#233;cologique. Quoiqu'ils en disent, on a vu dans la publication de leurs b&#233;n&#233;fices annuels en f&#233;vrier qu'en 2023, deux tiers des investissements ont &#233;t&#233; orient&#233;s vers les &#233;nergies fossiles, et 90 % de leurs b&#233;n&#233;fices sont issus de la vente de p&#233;trole et de gaz. Ce qui va &#224; rebours de deux faits scientifiques. D'une part, le Giec nous dit qu'avec toutes les infrastructures fossiles d&#233;j&#224; existantes, on va d&#233;passer le seuil de 1,5 degr&#233; fix&#233; par les accords de Paris de 2015. Qu'en somme, on devrait &#234;tre dans une dynamique de fermeture de ces sites climaticides ! D'autre part, l'Agence internationale de l'&#233;nergie (AIE) &#8211; qui n'est vraiment pas un rep&#232;re d'&#233;colos &#8211; dit depuis 2021 que pour contenir le changement climatique, on doit d&#232;s aujourd'hui ne plus mettre un seul dollar dans tout nouveau projet fossile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et tout cela se fait avec la b&#233;n&#233;diction et l'aide de l'&#201;tat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La porosit&#233; entre Total et l'&#201;tat est tr&#232;s importante. Il y a beaucoup d'allers-retours entre le Quai d'Orsay et Total gr&#226;ce &#224; un programme de mobilit&#233; vers les grandes entreprises pour que les hauts fonctionnaires et cadres puissent passer de l'un &#224; l'autre. &#192; c&#244;t&#233; de &#231;a, on voit de plus en plus de parlementaires et de ministres qui sont actionnaires de Total : Ndiaye, Oud&#233;a-Cast&#233;ra, Braun-Pivet&#8230; C'est l&#233;gal, mais &#231;a pose question : pour qui travaillent ces personnes-l&#224; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu mets en avant la dimension colonialiste des activit&#233;s de Total. En quoi &#231;a consiste ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le premier d&#233;veloppeur de projet p&#233;trogazier en Afrique, profitant des restes de l'empire colonial fran&#231;ais pour s'&#233;tendre. Ils disent : &#8220;Ces pays-l&#224; ont le droit d'exploiter leur propre p&#233;trole&#8221;, et trouvent normal de d&#233;barquer sur ce continent pour mettre en place des projets, souvent avec l'aval de r&#233;gimes autoritaires, n&#233;cessitant d'expulser les habitants de certains territoires pour s'approprier le p&#233;trole. Il y a une dimension coloniale et raciste parce qu'ils ne feraient jamais &#231;a en Europe, mais comme c'est en Afrique ils n'ont aucun scrupule. Je pense en particulier au projet Eacop : le forage de 400 puits de p&#233;trole en Ouganda, dont une partie dans des r&#233;serves naturelles, qui n&#233;cessite un pipeline de 1500 kilom&#232;tres de long pour l'exporter jusqu'aux c&#244;tes. Et les projets de &#8220;compensation carbone&#8221; qu'ils annoncent pour d&#233;tourner l'attention ne sont pas plus d&#233;sirables. En R&#233;publique du Congo, Total commence &#224; planter une for&#234;t en monoculture sur 40 000 hectares de terrain &#8211; quatre fois la surface de Paris &#8211; ce qui a impliqu&#233; d'expulser de leurs terres des centaines de paysans, avec des compensations financi&#232;res ridicules. Selon les chiffres de Total, dans 20 ans, cette for&#234;t aura absorb&#233; 2 % de ce qu'&#233;met Total en une seule ann&#233;e. C'est un pur projet de &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; qui se fait sur le dos des paysans et paysannes congolaises ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dernier &#233;v&#232;nement international sur le climat, c'&#233;tait la COP28 &#224; Duba&#239;. Qu'en as-tu pens&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis 30 ans que les COP existent, c'est &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; un &#233;chec : on n'a pas r&#233;ussi &#224; infl&#233;chir l'augmentation de la courbe des GES. Pire, la COP28 a &#233;t&#233; une victoire pour les p&#233;troliers et leurs lobbyistes (pr&#232;s de 2500). On n'a m&#234;me pas r&#233;ussi &#224; avoir un accord minimal sur la sortie des &#233;nergies fossiles, ce qui est vraiment la base. Quand on regarde bien la d&#233;claration finale de l'&#233;v&#232;nement, elle est truff&#233;e d'&#233;l&#233;ments de langage de l'industrie fossile, en particulier sur les chim&#232;res technologiques comme la capture du carbone&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; un tel tableau, comment poser un rapport de force ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plusieurs fronts sont en lutte contre Total. Ces derniers mois, des plaintes ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es en France contre TotalEnergies par les victimes issues de pays du Sud : une d&#233;non&#231;ant leurs pollutions p&#233;troli&#232;res au Y&#233;men, et une contre le m&#233;gaprojet Eacop en Ouganda. C'est une bataille juridique qui incarne un internationalisme Nord-Sud contre ces criminels climatiques.
Il y a aussi une enqu&#234;te pr&#233;liminaire du parquet de Nanterre qui pourrait donner lieu au premier grand proc&#232;s en France pour &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt;. On peut aussi agir sur l'ass&#232;chement des finances n&#233;cessaires aux m&#233;gaprojets de Total, en obligeant nos banques &#8211; sp&#233;cialement la BNP Paribas, Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale et le Cr&#233;dit Agricole &#8211; &#224; mettre en place de vrais &#8220;plans climat&#8221; leur interdisant ce genre d'investissement. Il y a aussi une bataille men&#233;e par des activistes qui, entre les actions directes et les blocages, font de Total un objet politique visible et sujet &#224; d&#233;bat : faut-il nationaliser Total ? Vu qu'on a un &#201;tat qui n'est l&#224; que pour acc&#233;der aux demandes du patronat, c'est peut-&#234;tre se tirer une balle dans le pied&#8230; Peut-&#234;tre vaudrait-il mieux &#8220;socialiser&#8221; cette entreprise ? On pourrait d&#233;cider collectivement avec les travailleurs de TotalEnergies quelles infrastructures doivent fermer ou comment les bifurquer vers d'autres productions qui r&#233;pondent &#224; nos besoins sociaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Criminels climatiques &#8211; Enqu&#234;te sur les multinationales qui br&#251;lent notre plan&#232;te&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; Amundi, ce premier actionnaire de Total qui menace le climat &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 10/02/2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.terrestres.org/2021/10/26/total-face-au-rechauffement-climatique-1968-2021/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Total face au r&#233;chauffement climatique (1968&#8209;2021) &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Terrestres&lt;/i&gt;, 26/10/2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;228</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no228-en-kiosque</link>
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		<dc:date>2024-03-01T08:54:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lias</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;o Bedard</dc:subject>
		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro 228 de mars, on expose les mensonges de TotalEnergies et on donne un &#233;cho aux col&#232;res agricoles. Mais aussi : un r&#233;cit de lutte contre une m&#233;ga-usine de production de puces &#233;lectroniques &#224; Grenoble, une opposition au service national universel qui se structure, des choses vues et entendues au S&#233;n&#233;gal apr&#232;s le &#171; sale coup d'&#233;tat institutionnel &#187; de Macky Sall, des fant&#244;mes r&#233;volutionnaires et des piscines ass&#233;ch&#233;es. Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no228-mars-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;228 (mars 2024) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Elias-18275" rel="tag"&gt;&#201;lias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Theo-Bedard" rel="tag"&gt;Th&#233;o Bedard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robin-Szczygiel" rel="tag"&gt;Robin Szczygiel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/web_cqfd_228_une_1200px-3-cca5a.jpg?1779669539' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro 228 de mars, on expose les mensonges de TotalEnergies et on donne un &#233;cho aux col&#232;res agricoles. Mais aussi : un r&#233;cit de lutte contre une m&#233;ga-usine de production de puces &#233;lectroniques &#224; Grenoble, une opposition au service national universel qui se structure, des choses vues et entendues au S&#233;n&#233;gal apr&#232;s le &#171; sale coup d'&#233;tat institutionnel &#187; de Macky Sall, des fant&#244;mes r&#233;volutionnaires et des piscines ass&#233;ch&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no223-octobre-2023' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_cqfd_228_une_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/web_cqfd_228_une_1200px-2-20265.jpg?1779669540' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En couverture : &lt;/strong&gt; &#171; Qui aurait pu pr&#233;dire &#187;, par Elias&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Un-inter-nationalisme-nord-sud' class=&#034;spip_in&#034;&gt;TotalEnergies : &#171; Un inter&#173;nationalisme nord-sud contre ces criminels climatiques &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Le 1er mars sort le dernier ouvrage du journaliste Micka&#235;l Correia sur le g&#233;ant p&#233;trolier TotalEnergies. Dans &lt;i&gt;Le Mensonge Total&lt;/i&gt;, il d&#233;nonce des d&#233;cennies de strat&#233;gies de communication tordues (fabrication du doute, &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt;&#8230;), mais donne aussi des pistes de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Col&#232;res agricoles : &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Tordre-le-bras-a-la-grande' class=&#034;spip_in&#034;&gt; Tordre le bras &#224; la grande distribution &lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; M&#234;me si le premier round de la col&#232;re des agriculteurs a d&#233;bouch&#233; d&#233;but f&#233;vrier sur une ahurissante victoire des int&#233;r&#234;ts productivistes, l'espoir d'une r&#233;volution agricole est toujours de mise, et la lutte continue. C'est l'avis du camarade Thomas Gibert, mara&#238;cher dans une ferme collective du Limousin et l'un des secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne. &#171; &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-systeme-productiviste-n-a-plus' class=&#034;spip_in&#034;&gt; Le syst&#232;me productiviste n'a plus besoin d'agriculteurs ind&#233;pendants&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187; affirme pour sa part Gautier F&#233;lix, agronome et travailleur agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-l-ecole-l-inclusivite-a-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; l'&#233;cole, l'inclusivit&#233; &#224; la ramasse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; L'inclusion des &#233;l&#232;ves porteur&#183;ses de handicap au sein de l'&#233;cole ordinaire a beau &#234;tre obligatoire depuis 2005, les enfants concern&#233;&#183;es et leur famille, tout comme les enseignant&#183;es et professionnel&#183;les de l'&#201;ducation nationale, font &#233;tat d'un manque de moyens qui les mine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_228_03_robins_total_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/web_228_03_robins_total_1200px-df1b1.jpg?1779669541' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Une illustration de Robin Szczygiel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Grenoble-Quand-la-Tech-accapare-l' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quand la Tech accapare l'eau&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; En septembre dernier, la m&#233;ga-usine STMicroelectronics f&#234;tait 50 ans de production de puces &#233;lectroniques &#224; Grenoble. L'occasion pour le collectif STopMicro de rappeler en quoi ces technologies servent un monde mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Des-journalistes-incapables-d' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Des journalistes incapables d'identifier des propos racistes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis bient&#244;t une ann&#233;e, l'Association des journalistes antiracistes et racis&#233;&#183;es alerte sur le manque de diversit&#233; dans les m&#233;dias fran&#231;ais. Retours sur les logiques d'entre-soi qui nourrissent des biais racistes dans la production de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-Senegal-on-va-continuer-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Au S&#233;n&#233;gal, &#171; on va continuer &#224; lutter &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; La veille de l'ouverture de la campagne &#233;lectorale, le pr&#233;sident Macky Sall a report&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 25 f&#233;vrier. Un &#171; coup d'&#201;tat institutionnel &#187; copieusement d&#233;nonc&#233; par l'opposition et la soci&#233;t&#233; civile. Choses vues et entendues &#224; Dakar et Ziguinchor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Debout-les-zombies-de-la-Sociale' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Debout les zombies de la Sociale ! &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Avec &lt;i&gt;Nous reviendrons ! Une histoire des spectres r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt;, &#201;ric Fournier questionne la place des fant&#244;mes dans les imaginaires r&#233;volutionnaires du xixe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Parfois-en-garde-a-vue-jamais-au' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Parfois en garde &#224; vue, jamais au garde-&#224;-vous &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; La promesse de Gabriel Attal de g&#233;n&#233;raliser le Service national universel (SNU) &#224; l'horizon 2026 a donn&#233; un nouveau souffle &#224; ceux et celles qui s'organisent contre la militarisation de la jeunesse. Tour d'horizon d'un renouveau des luttes antimilitaristes men&#233; &#224; Marseille par le collectif Non au SNU 13.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5499 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_228_16_theobedard_snu_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH598/web_228_16_theobedard_snu_1200px-2b5f5.jpg?1779669542' width='500' height='598' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Une illustration de Th&#233;o B&#233;dard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; chroniques &amp; culture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A&#239;e tech # 16 : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Techno-bouffons-techno-tyrans' class=&#034;spip_in&#034;&gt; Techno-bouffons &amp; techno-tyrans&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Seizi&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; &#224; la compl&#233;mentarit&#233; entre nouveaux ma&#238;tres du monde num&#233;riques et autocrates &#171; &#224; l'ancienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-violence-amusee-de-Tarantino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mes h&#233;ros toxiques #6 : La violence amus&#233;e de Tarantino)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; V'l&#224; que soudain tu r&#233;fl&#233;chis. Et que tu fais ce bilan : parmi tous les artistes que tu &#233;coutes, que tu regardes et que tu lis, une grosse partie sont &#8211; malgr&#233; tout &#8211; des mecs. Pire : beaucoup ont des facettes toxiques. Ce mois-ci, on se questionne sur la violence amus&#233;e de Quentin Tarantino.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Toucher-le-fond' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dans mon salon : Toucher le fond&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, plongeon dans les bassins ass&#233;ch&#233;s du Salon piscine et jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lu dans &lt;i&gt;Public Eye&lt;/i&gt; : Journalistes, veuillez &#233;crire ce que l'on vous dit &lt;/strong&gt; &#8211; Dans un article publi&#233; le 15 d&#233;cembre 2023 sur le site de l'ONG Public Eye, le journaliste Adri&#224; Budry Carb&#243; nous raconte comment la presse en Suisse est soumise &#224; des lois liberticides qui menacent la possibilit&#233; m&#234;me d'investigation journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Cordistes-en-lutte-des-classes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Cordistes en lutte des classes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;Un jour j'irai l&#224;-haut&lt;/i&gt;, l'ancien cordiste Eric Louis raconte les drames et luttes d'un m&#233;tier &#224; la pr&#233;carit&#233; organis&#233;e par des entreprises bien peu soucieuses de leurs employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Une-classe-de-survivants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Monde paysan : Une classe de survivants&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans sa trilogie &lt;i&gt;Dans leur travail&lt;/i&gt;, l'&#233;crivain marxiste anglais John Berger raconte le d&#233;clin du monde paysan qu'il a connu, dans la Savoie des ann&#233;es 1970 et 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; &#8211; &#171; Pas d'ut&#233;rus, pas d'opinion &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; &#8211; &#171; Chaleur humaine &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'animal du mois : le fennec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; - (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La une en pdf&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5500 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/web_cqfd_228_une_1200px.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779602969' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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