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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Ovaire ta m&#232;re</title>
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		<dc:date>2026-04-11T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;25 ans apr&#232;s l'adoption de la loi autorisant l'acc&#232;s &#224; la contraception d&#233;finitive, celle-ci continue d'&#234;tre un vrai parcours de la combattante (pour ne pas d&#233;plaire au r&#233;armement d&#233;mographique). L'histoire de la st&#233;rilisation volontaire est intimement li&#233;e au contr&#244;le des corps des femmes, comme des minorit&#233;s. &#171; Vous &#234;tes juste d&#233;go&#251;t&#233;es des hommes &#187;, &#171; Et si vos enfants mouraient&#8230; &#187;, &#171; On n'enl&#232;ve pas un organe sain &#187; : floril&#232;ge de phrases qu'ont pu entendre des femmes et des minorit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/ste_rilisation_manonraupp-1fbce.jpg?1782663189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;25 ans apr&#232;s l'adoption de la loi autorisant l'acc&#232;s &#224; la contraception d&#233;finitive, celle-ci continue d'&#234;tre un vrai parcours de la combattante (pour ne pas d&#233;plaire au r&#233;armement d&#233;mographique). L'histoire de la st&#233;rilisation volontaire est intimement li&#233;e au contr&#244;le des corps des femmes, comme des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/ste_rilisation_manonraupp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/ste_rilisation_manonraupp-065b4.jpg?1782663189' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes juste d&#233;go&#251;t&#233;es des hommes &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Et si vos enfants mouraient&#8230; &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;On n'enl&#232;ve pas un organe sain &lt;/i&gt; &#187; : floril&#232;ge de phrases qu'ont pu entendre des femmes et des minorit&#233;s au moment de demander une st&#233;rilisation &#224; leurs m&#233;decins&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignages anonymes trouv&#233;s sur un groupe Facebook.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le genre de truc qui donne envie de tout p&#233;ter quand t'as aucune envie d'enfanter. En France, selon l'Inserm, la st&#233;rilisation des personnes assign&#233;es femmes &#224; la naissance concernait 20 325 individus en 2022. Moiti&#233; moins qu'en 2013 o&#249; elle en concernait 45 138. Un recul qui s'explique notamment par la suppression du dispositif Essure en 2017, un implant destin&#233; &#224; boucher les trompes de Fallope retir&#233;s de la vente suite &#224; des complications graves. Aujourd'hui, m&#234;me si les contraceptions d&#233;finitives sont efficaces &#224; 99,2 %, elles restent marginales en France : moins de 5 % des femmes&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout au long de l'article, le terme &#171; femme &#187; int&#232;gre toutes les personnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; y ont recours. Et ce ne sont pas les m&#233;decins qui en favorisent l'acc&#232;s. Au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celles qui d&#233;cident de franchir le pas, la ligature des trompes, consistant &#224; emp&#234;cher la rencontre entre l'ovule et les spermatozo&#239;des, est moins courante que la salpingectomie, qui revient &#224; retirer purement et simplement les trompes de Fallope. Cette derni&#232;re, plus efficace avec un taux d'&#233;chec inf&#233;rieur &#224; 0,5 % r&#233;duit aussi drastiquement les risques de cancer de l'ovaire. Mais les m&#233;decins sont encore une majorit&#233; &#224; refuser de pratiquer cette op&#233;ration, plus lourde et irr&#233;versible. Un bel exemple d'un arbitraire patriarcal. Car qu'elles aient des enfants ou non, qu'elles soient jeunes ou pas, les femmes gal&#232;rent &#224; trouver une oreille attentive et compr&#233;hensive. &#171; &lt;i&gt;Mon envie de st&#233;rilisation ne bouge pas depuis 10 ans. Mais le premier m&#233;decin &#224; qui j'en ai parl&#233; m'a dit qu'&#224; Toulouse, un m&#233;decin qui faisait &#231;a sur les femmes de moins de 30 ans sans enfant, &#231;a n'existait pas&lt;/i&gt; &#187;, explique Marion. &#192; l'&#233;poque o&#249; elle entame la d&#233;marche, elle a moins de 25 ans. Aujourd'hui, &#224; 29 ans, elle n'a toujours pas trouv&#233; de gyn&#233;cologue consentant pour l'op&#233;rer. Car si l'intervention est l&#233;gale d&#232;s 18 ans, de nombreux&#183;euses praticien&#183;nes imposent toujours leurs propres barri&#232;res morales.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clause de conscience&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant 1999, la st&#233;rilisation n'est autoris&#233;e que dans un cadre strictement th&#233;rapeutique, c'est-&#224;-dire pour gu&#233;rir ou r&#233;parer une pathologie. Comprenez : l'&#201;tat ne vous laissait disposer de votre ut&#233;rus que si celui-ci mena&#231;ait de vous tuer. Apr&#232;s 1999, le Code civil permet l'atteinte &#171; &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;grit&#233; du corps en cas de n&#233;cessit&#233; m&#233;dicale&lt;/i&gt; &#187; et non plus seulement en cas de n&#233;cessit&#233; th&#233;rapeutique : un terme un peu plus large qui permet d'englober la pr&#233;vention de risques ainsi que le bien-&#234;tre physique et mental de la patiente. Pourtant, le cas de Christiane, 59 ans, montre &#224; quel point la situation devait &#234;tre grave pour la pratiquer. &#171; &lt;i&gt;On me l'a refus&#233; net quand je l'ai demand&#233; lors de ma deuxi&#232;me c&#233;sarienne. Pourtant, j'avais d&#233;j&#224; quatre enfants et des probl&#232;mes de sant&#233; tr&#232;s graves (diab&#232;te gestationnel et h&#233;morragie des glandes surr&#233;nales). On me disait que c'&#233;tait d&#233;conseill&#233; d'avoir un autre enfant, que je risquais de mourir si je poussais lors d'un accouchement... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Comme pour l'avortement, les gyn&#233;cologues ont le droit de faire valoir une clause de conscience et de refuser l'acte de st&#233;rilisation volontaire&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 2001 que la loi change enfin v&#233;ritablement et autorise la st&#233;rilisation pour toute personne majeure capable, sous deux conditions : une premi&#232;re consultation d'information et un d&#233;lai de r&#233;flexion de quatre mois. &#171; &lt;i&gt;En 2001, j'en ai parl&#233; avec un gyn&#233;cologue qui a accept&#233;, apr&#232;s m'avoir quand m&#234;me demand&#233; si j'&#233;tais bien s&#251;re de moi. Au cas o&#249; je divor&#231;ais, je pouvais avoir envie de refaire des enfants... J'ai d&#251; faire signer un formulaire &#224; mon mari pour qu'il autorise l'acte !&lt;/i&gt; &#187; poursuit Christiane. Justement, depuis cette ann&#233;e-l&#224;, &#244; gr&#226;ce, plus besoin d'avoir une autorisation du partenaire, et les crit&#232;res de parentalit&#233; ou d'&#226;ge n'emp&#234;chent plus l'acc&#232;s &#224; la st&#233;rilisation. En th&#233;orie. &#171; &lt;i&gt;Pour la contraception d&#233;finitive, les m&#233;decins me disaient :&lt;/i&gt; &#8220;oui, quand vous aurez 40 ans&#8221; &#187;, assure Ninon, 23 ans, engag&#233;e dans cette d&#233;marche depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette profession, majoritairement blanche, bourgeoise et masculine, continue d'imposer sa morale nataliste sur les corps des femmes. Comme pour l'avortement, iels ont le droit de faire valoir une clause de conscience : les gyn&#233;cologues peuvent donc purement et simplement refuser de pratiquer ce type d'intervention. Dans ce cas, ils sont tenus d'orienter les patient&#183;es vers un&#183;e confr&#232;re&#183;s&#339;ur. Mais dans les faits, c'est le grand vide, confirment Marion et Ninon. Pire, ils pratiquent la r&#233;tention d'information ou font de l'intox. Un comportement que d&#233;nonce Ninon : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est m&#234;me pas de la d&#233;sinformation, il n'y a juste aucune information. &lt;/i&gt; &#187; Finalement, la jeune femme a trouv&#233; un gyn&#233;cologue qui devrait l'op&#233;rer d'ici quelques mois. Mais l&#224; encore : &#171; &lt;i&gt;Il m'a parl&#233; de sa femme qui n'en voulait pas et qui avait finalement chang&#233; d'avis, mais je m'en fous de sa vie ! &lt;/i&gt; &#187; Ce qui l'a le plus choqu&#233;e pendant son parcours ? &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;decin qui demande si t'es stable psychologiquement, si t'as subi des violences&#8230; Je trouve &#231;a vraiment honteux. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Organiser la r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face aux refus massifs des chirurgiens gyn&#233;cologues, certain&#183;es g&#233;n&#233;ralistes ont leurs combines. &#171; &lt;i&gt;Une m&#233;decin a essay&#233; de me proposer une strat&#233;gie : comme je suis atteinte d'un syndrome des ovaires polykystiques qui peut justifier une ablation des ovaires, elle m'a conseill&#233; d'utiliser cet argument, sans mentionner le fait que je ne veux pas d'enfants. Mais cette d&#233;marche oblige &#224; congeler ses ovocytes afin de pouvoir procr&#233;er plus tard. Tout &#231;a a fini par me d&#233;courager &lt;/i&gt; &#187;, souffle Marion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;sistance des femmes s'est toujours faite en dehors des circuits institutionnels, aujourd'hui, c'est en ligne, et notamment sur Facebook qu'elle se passe. Dans des groupes priv&#233;s, elles se partagent des informations importantes sur l'op&#233;ration, racontent leurs exp&#233;riences, et surtout, s'&#233;changent les noms des chirurgien&#183;nes qui pratiquent la st&#233;rilisation f&#233;minine volontaire. Ninon confirme : &#171; &lt;i&gt;J'ai appris beaucoup de choses gr&#226;ce &#224; internet. Je ne savais pas vers o&#249; m'orienter, j'ai cherch&#233; des forums et j'ai trouv&#233; tous les d&#233;tails &#224; propos de l'op&#233;ration dont aucun m&#233;decin ne m'avait parl&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le collectif permet de pallier le cruel manque de personnel&#183;les de sant&#233; r&#233;ceptif&#183;ves. Le Planning familial peut aussi &#234;tre un interlocuteur ressource : &#171; &lt;i&gt;Nos docteur&#183;es ne font pas l'intervention, car elle est hospitali&#232;re. Beaucoup de m&#233;decins ont des r&#233;sistances, mais nous orientons les demandes vers des soignant&#183;es facilitant&#183;es &lt;/i&gt; &#187;, confie la permanence du Planning 13. En attendant que le corps m&#233;dical se d&#233;cide enfin &#224; respecter le droit des femmes &#224; disposer de leur corps, le combat passe par l'autogestion du savoir. Car non, nos ut&#233;rus ne sont toujours pas des biens publics, destin&#233;s &#224; repeupler une nation imp&#233;rialiste pour des guerres qu'on vomit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;T&#233;moignages anonymes trouv&#233;s sur un groupe Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tout au long de l'article, le terme &#171; femme &#187; int&#232;gre toutes les personnes assign&#233;es femmes &#224; la naissance et les personnes intersexes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'suis pas ta m&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</guid>
		<dc:date>2026-04-11T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder, Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique. Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/manonraupp-fdec7.jpg?1782652118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/manonraupp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/manonraupp-3b816.jpg?1782652118' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de douter. Depuis mon adolescence on m'a si souvent pr&#233;dit l'arriv&#233;e imminente du &lt;i&gt;tic-tac&lt;/i&gt; de &#8220;l'horloge biologique&#8221; que j'ai longtemps pens&#233; que &#231;a surgirait un jour. Aujourd'hui, &#224; 38 ans, j'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas et je suis plut&#244;t en paix avec cette id&#233;e &#8211; &#231;a m'a quand m&#234;me pris du temps et quelques s&#233;ances de psy. J'ai appris il y a quelques mois que j'avais d&#233;pass&#233; l'&#226;ge pour pouvoir congeler mes ovocytes. &#199;a m'a fait un petit pincement quelque part, m&#234;me si je ressens d&#233;sormais moins de pression sociale que lorsque j'avais 25 ans et que ma m&#232;re me disait : &#8220;&lt;i&gt;Moi &#224; ton &#226;ge j'avais d&#233;j&#224; deux enfants !&lt;/i&gt;&#8221; Une coll&#232;gue de travail un jour m'a dit aussi : &#8220;&lt;i&gt;Ah ! Mais c'est que tu n'as pas encore rencontr&#233; le bon !&lt;/i&gt;&#8221; Une injonction terrible, non seulement &#224; te reproduire, mais aussi &#224; trouver le bon ou la bonne partenaire, avec l'angoisse de ne jamais le ou la trouver &#8220;&#224; temps&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que j'ai refus&#233; la maternit&#233;, comme on l'entend parfois, revient &#224; penser que le fait &#234;tre m&#232;re est une &#233;tape obligatoire dans la vie d'une femme, et donc que sans enfant, on n'en devient jamais vraiment une. Cette r&#233;flexion a m&#251;ri au fil de mes rencontres avec des femmes nullipares ayant des vies extraordinaires, ou juste normales, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; beaucoup pour m'aider &#224; m'extirper de cette projection absurde qui voudrait qu'une femme qui n'a pas d'enfant a forc&#233;ment un probl&#232;me. J'ai aussi rencontr&#233; des femmes pouvant confier assez facilement qu'elles regrettaient d'avoir fait le choix d'&#234;tre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne m'emp&#234;che pas de penser que c'est important d'&#234;tre en contact avec des enfants, que c'est m&#234;me essentiel que les g&#233;n&#233;rations se m&#233;langent. C'est pour &#231;a que j'aime passer du temps avec les enfants de mes ami&#183;es. Un papa m'a dit l'autre jour &#8220;&lt;i&gt;tu peux pas comprendre, t'as pas d'enfant&lt;/i&gt;&#8221;, j'ai trouv&#233; &#231;a injuste et cruel. J'ai m&#234;me envisag&#233; d'accueillir des enfants plac&#233;s &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance, des enfants que j'imaginais &#8220;de passage&#8221;, desquels il faut s'occuper le temps que leur situation familiale s'arrange. J'ai vite compris qu'il s'agissait en fait d'avoir un v&#233;ritable r&#244;le de parent car c'est rare qu'ils retournent dans leur famille d'origine. On pourrait imaginer d'autres fa&#231;ons un peu plus collectives d'&#233;lever les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que faire des enfants dans notre soci&#233;t&#233; ne nous prot&#232;ge pas de la solitude. Beaucoup vieillissent seul&#183;es dans des Ehpad loin de leurs enfants et petits-enfants. En revanche, les amiti&#233;s nous aident. Je connais beaucoup de personnes assez &#226;g&#233;es qui ont des vies bien remplies et sont tr&#232;s entour&#233;es, pas seulement par leurs enfants, mais par leurs ami&#183;es et camarades de lutte. Je m'imagine tr&#232;s bien vieille, avec mes copines, en manif' le dimanche apr&#232;s-midi ou partant en week-end &#224; l'improviste. La solitude ne me fait pas peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rita, la soixantaine : &#171; Mon parcours a fait qu'il n'y avait pas trop de place pour des enfants &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand tu vois la lettre que Macron veut envoyer aux jeunes de 29 ans pour les inciter &#224; faire des enfants, tu te dis mais vraiment, l'&#201;tat se m&#234;le de tout, m&#234;me du corps des femmes ! Et puis c'est toujours la m&#234;me natalit&#233; qui est encourag&#233;e : pas celle de femmes immigr&#233;es ou sans-papiers, mais la natalit&#233; blanche. Moi je travaille dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Marseille comme AESH, et je peux te dire que des enfants, il y en a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des enfants sans parents aussi. Je trouve que c'est une bonne alternative de ne pas avoir d'enfant soi-m&#234;me mais d'adopter. Mais en France, quand on n'a pas un super salaire, qu'on n'est pas un-papa-une-maman, c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Et puis au-del&#224;, dans la vie, il n'y a pas que ses enfants : il y a aussi les enfants des autres. Par exemple, je suis tr&#232;s attach&#233;e au fils d'une amie, c'est un peu mon filleul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jeune, j'ai avort&#233; deux fois parce que je ne voulais pas de grossesse &#224; ces moments-l&#224;. Mais &#224; vrai dire, je n'ai pas vraiment eu de &lt;i&gt;d&#233;sir d'enfant&lt;/i&gt;. Quand j'&#233;tais ado, &#224; 16 ou 17 ans, alors que je me faisais chier chez mes parents et que je r&#234;vais &#224; ma vie d'adulte id&#233;ale, je me souviens clairement m'&#234;tre dit : &#8220;&lt;i&gt;Peut-&#234;tre que j'aurai des enfants, mais si &#231;a arrive, je veux les avoir seule.&lt;/i&gt;&#8221; Tu vois tes parents, tu vois les gens autour, c'est effrayant ! Je pressentais d&#233;j&#224; que se marier, fonder une famille, c'&#233;tait l'ali&#233;nation. Ma m&#232;re &#233;tait infirmi&#232;re &#224; domicile, mon p&#232;re employ&#233; et communiste, puis il est classiquement devenu un peu raciste et Front national. Ils ne m'ont jamais mis la pression pour que j'ai des enfants. J'ai eu des relations avec des hommes, plut&#244;t longues, mais je ne me voyais pas m'attacher &#224; eux en faisant des enfants ; je sentais que c'&#233;tait pas ce qu'il fallait que je fasse. Mon parcours faisait qu'il n'y avait pas trop de place pour faire un gosse. J'&#233;tais engag&#233;e dans un groupe qui avait une activit&#233; de critique sociale contre la prison entre autres et contre ce monde. Cette p&#233;riode n'&#233;tait pas trop compatible avec le fait d'avoir un enfant. J'&#233;tais &#224; droite &#224; gauche, et c'&#233;tait mieux comme &#231;a, pour pouvoir continuer. C'est assez rare que les femmes parviennent &#224; concilier leur temps consacr&#233; &#224; &#233;lever des enfants et celui consacr&#233; &#224; d'autres activit&#233;s. Dans les premiers temps surtout, elles se retrouvent souvent &#224; devoir se couper de la vie sociale, et ce n'&#233;tait pas mon choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 40 ans, j'ai quand m&#234;me eu un doute, parce que c'est vrai que &#231;a peut &#234;tre cool d'avoir un gosse. J'y ai un peu r&#233;fl&#233;chi et je me suis dit : &#8220;&lt;i&gt;&#199;a va &#234;tre trop tard, et je ne vais pas faire tout d'un coup un enfant parce que c'est le dernier moment. Je ne vais pas me faire des n&#339;uds au cerveau : je sais ce qui m'a amen&#233;e l&#224;, j'ai mon parcours et je n'ai ni regrets ni questionnements douloureux par rapport &#224; &#231;a. Allez hop ! On &#233;vacue.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la pression sociale, je l'ai sentie de la part de copines qui, elles, avaient des enfants. J'ai &#233;t&#233; renvoy&#233;e &#224; des &#8220;&lt;i&gt;ah mais tu peux pas comprendre&lt;/i&gt;&#8221;, notamment quand je donnais mon avis ou des conseils sur l'&#233;ducation. Encore maintenant, quand je dis que je n'ai pas d'enfant, je sens que certaines femmes sont g&#234;n&#233;es. Elles ne me demandent d'ailleurs pas si c'est voulu ou subi. &#199;a reste un petit tabou. Comme si on n'&#233;tait pas vraiment &lt;i&gt;accomplies&lt;/i&gt; en tant que femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi pas mal de copines qui ont 35 ou 40 ans et qui n'auront pas d'enfant. Et &#224; vrai dire&#8230; on n'en parle pas tant que &#231;a ! Il y a d'autres choses dans la vie qui sont importantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Livia Stahl&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Zahra, 38 ans : &#171; Avoir des enfants ou non, notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai 38 ans, je suis c&#233;libataire, et &#231;a fait vraiment longtemps que je sais que je ne veux pas avoir d'enfants. Je ne ressens pas le besoin d'&#234;tre m&#232;re et je suis assez sereine par rapport &#224; &#231;a. C'est un choix plut&#244;t d&#233;finitif vu que mon avis n'a pas chang&#233; au fil des ann&#233;es, et qu'actuellement je ne me dis pas non plus : &#8220;&lt;i&gt;l&#224; c'est le moment ou jamais&lt;/i&gt;&#8221;. J'ai la chance d'&#233;voluer dans un milieu o&#249; les gens s'en foutent que j'aie des enfants ou pas. Il n'y a que ma m&#232;re qui y croit encore et me demande toutes les semaines si j'ai trouv&#233; quelqu'un pour me marier et faire des gosses. Mais avec le temps elle finira bien par l&#226;cher l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand j'ai eu la vingtaine que j'ai commenc&#233; &#224; me dire que je ne voulais pas avoir d'enfants. C'&#233;tait en r&#233;action &#224; la mani&#232;re dont j'ai &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e dans ma famille : je ne voulais pas ressembler &#224; ma m&#232;re qui tenait la famille &#224; bout de bras et nous g&#233;rait, nous, les trois enfants. Elle &#233;tait infirmi&#232;re mais elle a arr&#234;t&#233; de travailler apr&#232;s une maladie. Quand elle a voulu reprendre, mon p&#232;re lui a demand&#233; de ne pas le faire, parce que c'&#233;tait plus simple pour s'occuper de nous. &#199;a m'a fait dire que je voulais &#234;tre la m&#232;re de personne. Je voulais avoir le temps de me construire toute seule, de vivre les choses &#224; ma fa&#231;on. &#192; l'&#233;poque j'&#233;tais aussi dans le rejet du couple et des relations avec les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite j'ai rencontr&#233; d'autres femmes avec lesquelles j'ai beaucoup discut&#233;. Certaines voulaient des enfants, d'autres non. Ces &#233;changes ont &#233;t&#233; importants pour ma construction politique et f&#233;ministe : en avoir ou ne pas en avoir, pour diff&#233;rentes raisons, est un choix qui nous appartient. Mais notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu la trentaine, mon choix s'est davantage construit que par le pass&#233;. Il n'&#233;tait plus seulement bas&#233; sur le rejet. Aujourd'hui, ma situation professionnelle (je travaille dans l'associatif) fait que jamais je n'aurais beaucoup d'argent. Par ailleurs mes engagements politiques m'obligent &#224; donner pas mal de mon temps. Or, &#234;tre seule dans la d&#232;che, ce n'est pas pareil qu'&#234;tre seule, dans la d&#232;che, &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; un enfant &#224; charge. Et puis, je continue de ne pas adh&#233;rer &#224; la conception &#8220;traditionnelle&#8221; du couple. Je suis plus dans des sch&#233;mas d'autonomie et d'ind&#233;pendance. Par exemple, je ne veux pas habiter avec la personne avec laquelle je relationne, encore moins porter la charge mentale d'un foyer. Et c'est plus simple de sortir d'une relation o&#249; il n'y a ni enfants ni cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de &#231;a, je ne con&#231;ois pas le fait de procr&#233;er comme un accomplissement. Il y a suffisamment de gosses en qu&#234;te de famille dans le monde, je n'ai pas besoin de propager mes propres g&#232;nes. Je me suis toujours dit que si un jour je venais &#224; ressentir le besoin de transmettre, je pourrais toujours lancer une proc&#233;dure d'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait le choix de m'investir davantage dans les relations avec mes amies, avec ma famille, surtout avec mes ni&#232;ces, qui sont un peu comme mes enfants et auxquelles j'essaie de consacrer du temps. Je ne pense pas qu'on devrait faire des gosses en pensant qu'ils vont s'occuper de nous apr&#232;s, on a d&#233;j&#224; aucune garantie qu'ils vont nous aimer, alors bon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mois de mobilisations internationales pour la Palestine</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-mois-de-mobilisations</link>
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		<dc:date>2025-07-05T00:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Niel Kadereit</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que les puissances occidentales s'acharnent dans leur collaboration avec Isra&#235;l, &#224; travers le monde, la soci&#233;t&#233; civile s'est organis&#233;e en ce mois de juin pour tenter de briser le blocus sur Gaza et endiguer les livraisons d'armes &#224; l'&#201;tat sioniste. Le 4 juin dernier un cargo isra&#233;lien &#224; destination d'Ha&#239;fa arrive au port de Fos-sur-Mer. Il fait escale pour embarquer &#224; son bord 19 palettes de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es de fusils mitrailleurs, des petits morceaux de m&#233;tal permettant de tirer en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no243-juillet-aout-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;243 (juillet-ao&#251;t 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les puissances occidentales s'acharnent dans leur collaboration avec Isra&#235;l, &#224; travers le monde, la soci&#233;t&#233; civile s'est organis&#233;e en ce mois de juin pour tenter de briser le blocus sur Gaza et endiguer les livraisons d'armes &#224; l'&#201;tat sioniste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/243_03_manonraupp_solidarite_gaza.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH503/243_03_manonraupp_solidarite_gaza-95b7a.jpg?1783765430' width='500' height='503' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 4 juin dernier un cargo isra&#233;lien &#224; destination d'Ha&#239;fa arrive au port de Fos-sur-Mer. Il fait escale pour embarquer &#224; son bord 19 palettes de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es de fusils mitrailleurs, des petits morceaux de m&#233;tal permettant de tirer en rafales, tout droit sortis des usines de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise Eurolinks&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Sur la cha&#238;ne du g&#233;nocide, il n'y a pas de petits maillons &#187;, CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Apprenant l'existence de cette mortelle cargaison, les travailleur&#183;euses portuaires et leur syndicat la CGT, bien implant&#233;e &#224; Fos, refusent de charger les 14 tonnes de marchandises. &#171; &lt;i&gt;Les dockers et portuaires du Golfe de Fos ne participeront pas au g&#233;nocide en cours orchestr&#233; par le gouvernement isra&#233;lien&lt;/i&gt; &#187;, fait savoir la CGT dans un communiqu&#233;. Le lendemain, r&#233;affirmant leur solidarit&#233; avec le peuple palestinien, les dockers bloquent l'embarcation de deux nouveaux conteneurs remplis de tubes de canons fabriqu&#233;s dans la Loire par la compagnie m&#233;tallurgique Aubert et Duval.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Face &#224; l'hypocrisie du gouvernement fran&#231;ais, l'action des dockers appara&#238;t comme exemplaire&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'hypocrisie du gouvernement fran&#231;ais, qui commence timidement &#224; critiquer &#171; &lt;i&gt; l'extension des op&#233;rations militaires isra&#233;liennes &#224; Gaza&lt;/i&gt; &#187; tout en maintenant ses trait&#233;s commerciaux, ses partenariats politiques et ses livraisons d'armes avec Isra&#235;l, l'action des dockers appara&#238;t comme exemplaire. Occupant une place strat&#233;gique dans le circuit mondial des flux de marchandises, ces travailleur&#183;euses de la logistique ont montr&#233; qu'ils et elles ont la capacit&#233; de s'opposer concr&#232;tement et directement &#224; l'acheminement d'armes vers l'&#201;tat sioniste, tr&#232;s largement d&#233;pendant du soutien qu'il re&#231;oit de ses alli&#233;s occidentaux, les &#201;tats-Unis en t&#234;te. Organis&#233;&#183;es au sein du Collectif autonome des travailleurs portuaires (CALP)&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Dockers de tous les pays, unissez-vous ! &#187;, CQFD n&#176;204 (d&#233;cembre 2021)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les travailleur&#183;euses du port de G&#234;nes ont suivi leurs camarades de Fos-sur-Mer dans leur blocage. Dans les mois pr&#233;c&#233;dents, d'autres actions similaires avaient d&#233;j&#224; eu lieu &#224; G&#234;nes et &#224; Marseille ou encore au Pir&#233;e, &#224; Tanger et en Su&#232;de&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op&#233;ration de blocage, refus de charger des marchandises militaires &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Seulement, en l'absence de coordination internationale entre les dockers, ce genre d'actions sporadiques et isol&#233;es ne peuvent r&#233;ussir &#224; d&#233;sorganiser significativement les r&#233;seaux logistiques sur lesquels repose le massacre &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'elles insufflent un vent d'espoir bienvenu au sein du mouvement de solidarit&#233; avec la Palestine. Dans les jours qui suivent la gr&#232;ve, des &#171; &lt;i&gt;bravo les dockers&lt;/i&gt; &#187; s'&#233;l&#232;vent au-dessus des rassemblements propalestiniens en France. Chacun luttant depuis o&#249; il se situe, d'autres citoyen&#183;nes, qui n'occupent pas une place d&#233;cisive dans le syst&#232;me de production et de logistique, d&#233;cident d'augmenter d'un cran la pression sur les gouvernements en tentant de se rendre directement &#224; Gaza pour exiger la lev&#233;e du blocus humanitaire, impos&#233; d&#233;but mars par Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marche vers Gaza&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Chacun luttant depuis o&#249; il se situe, des citoyen&#183;nes ont d&#233;cid&#233; d'augmenter d'un cran la pression en tentant de se rendre directement &#224; Gaza pour exiger la lev&#233;e du blocus humanitaire&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Rakia, contr&#244;leuse de paie &#224; Aix-en-Provence. Il est 2 heures du matin lorsque son avion atterrit sur le tarmac de l'a&#233;roport du Caire le vendredi 13 juin. Elle r&#233;ussit &#224; passer le poste-fronti&#232;re avec sa petite valise &#224; roulettes sans &#234;tre intercept&#233;e par la police &#233;gyptienne. Un coup de chance. Le lendemain matin, elle doit rejoindre des milliers de militant&#183;es venu&#183;es des quatre coins du globe pour participer &#224; la &#171; Global march to Gaza &#187; (&#171; La marche mondiale vers Gaza &#187;). Une marche depuis la ville d'El-Arish, tout &#224; l'est de l'&#201;gypte, jusqu'&#224; la fronti&#232;re avec Rafah. 45 kilom&#232;tres &#224; parcourir en pr&#232;s de trois jours. C'est du moins ce qui &#233;tait pr&#233;vu. Car dans les heures qui pr&#233;c&#232;dent le d&#233;part, Rakia re&#231;oit de nouvelles informations via la plateforme de communication Signal. Les chauffeurs de bus affr&#233;t&#233;s par les organisateur&#183;ices ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;&#183;es, les v&#233;hicules saisis, et un nouveau point de rendez-vous est fix&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun&#183;e doit d&#233;sormais se rendre par ses propres moyens &#224; Isma&#239;lia, &#224; une centaine de kilom&#232;tres du Caire. Des centaines de taxis s'&#233;lancent alors de la capitale vers le point de rassemblement. Enfonc&#233;e dans le si&#232;ge arri&#232;re du taxi, baissant la t&#234;te &#224; la vue des forces de police traquant les &#171; marcheur&#183;euses &#187;, Rakia passe un premier barrage. Quelques kilom&#232;tres plus loin, un nouveau &lt;i&gt;check-point&lt;/i&gt; &#224; l'entr&#233;e du dernier p&#233;age avant Isma&#239;lia. Cette fois, la police arr&#234;te son v&#233;hicule et saisit son passeport. Venue toute seule, Rakia se retrouve immobilis&#233;e sur un petit morceau d'autoroute &#233;gyptien avec un millier de personnes, unies par un besoin visc&#233;ral de crier leur refus du g&#233;nocide &#224; Gaza. &#171; &lt;i&gt;Il y avait des Fran&#231;ais, des Sud-Africains, des Chiliens, pr&#232;s de 52 nationalit&#233;s r&#233;unies. J'ai vu une grand-m&#232;re avec sa fille et sa petite-fille. Une dame en fauteuil roulant. J'en ai eu des frissons. J'ai ressenti tellement d'humanit&#233; l&#224;-bas, c'&#233;tait magnifique&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-elle, &#233;mue, en montrant les vid&#233;os sur son t&#233;l&#233;phone.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'id&#233;e &#233;tait qu'entre mai et juin soient coordonn&#233;es plusieurs tentatives de rupture du blocus, &#224; la fois terrestres et maritimes &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Durant tout l'apr&#232;s-midi, les organisateur&#183;ices tentent de n&#233;gocier le passage vers la fronti&#232;re avec la bande de Gaza. Les autorit&#233;s &#233;gyptiennes restent inflexibles. &#171; &lt;i&gt;Il y avait des gens qui les suppliaient de nous laisser passer, mais nous avions des murs face &#224; nous &lt;/i&gt; &#187;, relate Rakia, pleine de col&#232;re. En fin de journ&#233;e, la police ordonne &#224; tout le monde de quitter les lieux. Les coups pleuvent sur celles et ceux qui refusent de partir. Iels seront expuls&#233;&#183;es de force vers leur pays. &#171; &lt;i&gt;Honn&#234;tement, j'esp&#233;rais qu'Isra&#235;l ouvrirait le blocus sous la pression populaire&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t Rakia. Mais gr&#226;ce au soutien z&#233;l&#233; du pouvoir &#233;gyptien d&#233;ployant tout son arsenal de surveillance et de r&#233;pression pour emp&#234;cher la marche, Isra&#235;l n'a m&#234;me pas eu besoin de bouger le petit doigt. Au m&#234;me moment, la caravane Soumoud (r&#233;silience ou pers&#233;v&#233;rance en arabe), partie de Tunisie avec plus d'un millier de personnes &#233;tait bloqu&#233;e par les autorit&#233;s libyennes. Quelques jours plus t&#244;t, la flottille pour la libert&#233; &#233;tait arr&#234;t&#233;e au large de Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bataille navale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e &#233;tait qu'entre mai et juin soient coordonn&#233;es plusieurs tentatives de rupture du blocus, &#224; la fois terrestres et maritimes&lt;/i&gt; &#187;, explique Baptiste Andr&#233;. Il est l'un des douze membres de l'&#233;quipage du Madleen, voilier parti des rives de la Sicile le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juin pour tenter d'apporter une aide humanitaire toute symbolique &#224; la population gazaouie. &#171; &lt;i&gt;On n'est ni na&#239;fs ni utopistes, notre bateau c'&#233;tait le 36&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e&lt;/i&gt;&lt;i&gt; d'une flottille qui est n&#233;e en 2008 et dont seuls cinq d'entre eux ont rejoint les c&#244;tes de Gaza. Donc on imaginait bien que la probabilit&#233; d'un succ&#232;s &#233;tait assez faible. Mais elle n'&#233;tait pas compl&#232;tement nulle&lt;/i&gt; &#187;, affirme ce m&#233;decin de l'h&#244;pital de la Timone &#224; Marseille. &#171; &lt;i&gt;Avec les mobilisations en cours, on s'est dit qu'Isra&#235;l nous laisserait peut-&#234;tre accoster, en gage de conciliation&lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te Pascal Maurieras, lui aussi Marseillais et marin &#224; bord du navire. Ce n'est clairement pas le choix fait par l'&#201;tat sioniste. En plein milieu des eaux internationales, l'arm&#233;e isra&#233;lienne arr&#234;te le bateau et son &#233;quipage dans la nuit du 8 au 9 juin. Les images feront le tour du monde. Retenu&#183;es quelques jours dans les ge&#244;les d'Isra&#235;l, les membres de l'embarcation finiront par &#234;tre expuls&#233;&#183;es vers leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant leurs huit jours de travers&#233;e, ils ont pu &#233;tablir plusieurs contacts en visioconf&#233;rence avec des habitant&#183;es de Gaza. &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont dit combien c'&#233;tait important pour eux de savoir que le monde les regarde et les soutient, de ne pas se sentir seuls face &#224; un oppresseur qui r&#233;git leurs vies et leurs morts&lt;/i&gt; &#187;, relate Baptiste Andr&#233;, tout juste rentr&#233; &#224; Marseille. D&#233;j&#224;, le d&#233;part d'un prochain bateau commence &#224; s'organiser. &#171; &lt;i&gt;Si l'objectif n'est pas atteint cette fois non plus, alors nous recommencerons. C'est en accumulant les petites victoires, les luttes et la pression populaire que par le pass&#233; l'apartheid est tomb&#233; en Afrique du Sud ou que les Indiens se sont lib&#233;r&#233;s de la puissance coloniale anglaise. Nous, simples citoyens, nous nous devons d'accentuer cette pression sur nos gouvernements&lt;/i&gt; &#187;, estime le m&#233;decin humanitaire, dans une profession de foi encourageante.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niel Kadereit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Sur la cha&#238;ne du g&#233;nocide, il n'y a pas de petits maillons &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;230 (mai 2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Dockers de tous les pays, unissez-vous ! &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;204 (d&#233;cembre 2021)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Op&#233;ration de blocage, refus de charger des marchandises militaires &#224; destination d'Isra&#235;l, fouilles impos&#233;es de cargaisons, depuis juin 2024 des dockers de diff&#233;rents pays organisent des actions &#233;parses lorsqu'ils sont inform&#233;s du passage de munitions ou d'armes dans leur port.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; D&#233;coloniser nos organisations militantes &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Decoloniser-nos-organisations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Decoloniser-nos-organisations</guid>
		<dc:date>2025-05-10T00:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>In&#232;s Atek, Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les militants de gauche se d&#233;sesp&#232;rent, &#224; coups de discours incantatoires, de parvenir un jour &#224; &#171; unifier &#187; la classe ouvri&#232;re sous une m&#234;me banni&#232;re. Le sociologue Sa&#239;d Bouamama leur donne un tips : commencer par s'int&#233;resser aux dynamiques qui hi&#233;rarchisent notre camp avant d'appeler &#224; le f&#233;d&#233;rer. Ces mois-ci, &#224; l'Assembl&#233;e nationale et au S&#233;nat, les dingueries l&#233;gislatives vont bon train. Restriction de l'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise par le droit du sol &#224; Mayotte, interdiction de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no241-mai-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;241 (mai 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/design_sans_titre_1_-5f7d2.png?1782659227' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les militants de gauche se d&#233;sesp&#232;rent, &#224; coups de discours incantatoires, de parvenir un jour &#224; &#171; unifier &#187; la classe ouvri&#232;re sous une m&#234;me banni&#232;re. Le sociologue Sa&#239;d Bouamama leur donne un tips : commencer par s'int&#233;resser aux dynamiques qui hi&#233;rarchisent notre camp avant d'appeler &#224; le f&#233;d&#233;rer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/241_05_manonraupp_union.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH394/241_05_manonraupp_union-2db89.jpg?1782659227' width='500' height='394' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;es mois-ci, &#224; l'Assembl&#233;e nationale et au S&#233;nat, les dingueries l&#233;gislatives vont bon train. Restriction de l'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise par le droit du sol &#224; Mayotte, interdiction de mariage aux personnes sans titre de s&#233;jour valide, interdiction de signes religieux (mais surtout du foulard) dans le sport&#8230; &#192; gauche, peu de r&#233;actions, encore moins d'organisation. Dans les milieux militants, on appelle r&#233;guli&#232;rement &#224; la convergence des luttes avec les providentiels &#171; habitants des quartiers &#187;, comme une formule magique qui, &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e, ferait un jour effet.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; La gauche homog&#233;n&#233;ise la classe ouvri&#232;re, ce qui l'am&#232;ne &#224; fermer les yeux sur toutes les contradictions internes qui s'y exercent &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les discours d&#233;coloniaux viennent bousculer le d&#233;bat en rappelant l'impact encore tr&#232;s actuel et destructeur de l'histoire de l'Empire colonial fran&#231;ais. Au centre de leurs analyses : la racialisation de notre soci&#233;t&#233; qui hi&#233;rarchise les travailleurs entre eux, quitte &#224; mettre parfois de c&#244;t&#233; la notion de classe sociale, ch&#232;re aux militants de gauche. C'est que la m&#233;fiance envers eux reste vive parmi les d&#233;coloniaux. Et comment le leur reprocher ? Les cadres de luttes traditionnels de gauche ont r&#233;guli&#232;rement tendance &#224; rel&#233;guer la question coloniale dans le placard du d&#233;ni.
Pour expliquer cette fracture et peut-&#234;tre trouver &#224; l'enjamber, on a discut&#233; avec Sa&#239;d Bouamama, sociologue des dominations, qui a travaill&#233; sur la place des personnes issues de l'immigration des quartiers populaires et ouvriers dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Pour lui, la clef de l'unification des travailleurs, toutes origines confondues, r&#233;side dans la capacit&#233; de la gauche &#224; comprendre l'impact que le colonialisme a eu sur nos imaginaires, nos traditions communautaires et dans nos organisations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux attaques racistes et islamophobes de la majorit&#233; gouvernementale, les forces de gauche, politiques et syndicales, peinent &#224; lui opposer un discours clair et uni. Elles se divisaient d&#233;j&#224; sur la question de la la&#239;cit&#233; lors de l'affaire du foulard et la loi l'interdisant &#224; l'&#233;cole en 2004. Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, &#224; cette &#233;poque d&#233;j&#224;, de fa&#231;on tr&#232;s intelligente, l'extr&#234;me droite et le pouvoir en place avaient agit&#233; la question du voile pour produire du clivage dans la soci&#233;t&#233;, en r&#233;activant le vieux combat entre d&#233;fense de la la&#239;cit&#233; et religion, y compris &#224; gauche. Dans nos cadres syndicaux et politiques, on parlait encore peu d'islamophobie et certains niaient m&#234;me son existence. Au mieux, la question &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme secondaire par rapport &#224; la lutte des classes. De m&#234;me, il &#233;tait difficile de parler de violences polici&#232;res syst&#233;miques dans les quartiers populaires : on nous disait qu'on exag&#233;rait.
Aujourd'hui, c'est diff&#233;rent. Ces attaques, que l'&#201;tat r&#233;servait aux personnes racis&#233;es, se sont &#233;largies &#224; d'autres cat&#233;gories sociales. Les violences polici&#232;res se sont exerc&#233;es sur les Gilets jaunes, sur les manifestants contre la r&#233;forme des retraites, sur les mouvements &#233;colos. Les &#8220;menaces &#224; notre civilisation, notre culture, notre mod&#232;le social&#8221; sont maintenant aussi attribu&#233;es aux &#8220;wokistes&#8221;. Des leaders politiques et syndicaux qui prennent position pour la Palestine sont tax&#233;s d'antis&#233;mites. Cette g&#233;n&#233;ralisation de la r&#233;pression, qui touche d&#233;sormais aussi la gauche, a permis une prise de conscience chez les militants &#8220;blancs&#8221; : il existe aujourd'hui un terrain commun pour en d&#233;battre. On a fait un grand pas en avant.
Mais nous ne sommes qu'&#224; mi-chemin. Le racisme et l'islamophobie sont encore consid&#233;r&#233;s comme des questions soci&#233;tales, li&#233;es aux individus, d&#233;corr&#233;l&#233;es de la lutte des classes, qui reste la priorit&#233; des militants de gauche. Comme s'il y avait la lutte des classes d'un c&#244;t&#233;, et les luttes contre les oppressions sp&#233;cifiques de l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au contraire, vous dites que les oppressions sp&#233;cifiques, comme le racisme ou le sexisme, structurent et hi&#233;rarchisent les travailleurs entre eux et qu'elles ne peuvent pas &#234;tre &#233;cart&#233;es de l'analyse de classe&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; La classe ouvri&#232;re est quasiment une &#8220;classe immigr&#233;e&#8221; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, malgr&#233; un certain nombre de pr&#233;cautions orales, de nombreux militants partent du postulat que la classe ouvri&#232;re est &#8220;homog&#232;ne&#8221;. Ce faisant, ils produisent des discours politiques hors-sol, abstraits pour toute une partie des gens qui vivent le racisme dans leur vie et au travail, o&#249; leur origine suppos&#233;e les assigne &#224; des postes moins reconnus, moins bien pay&#233;s. Si les cadres de lutte de gauche sous-estiment cette surexploitation, pourquoi voudriez-vous qu'ils les rejoignent ?
Pour f&#233;d&#233;rer notre classe, il faut comprendre les dynamiques qui la traversent. Et l'&#8220;ethnicisation&#8221; de la soci&#233;t&#233;, qui hi&#233;rarchise les travailleurs entre eux, en fait partie. L'unit&#233; de la classe ouvri&#232;re, toutes tendances confondues, toutes origines et confessions confondues, n'est pas un point de d&#233;part. C'est un objectif. Il faut que la gauche arr&#234;te de se m&#233;fier des mouvements qui d&#233;noncent ces oppressions sp&#233;cifiques, de les voir comme concurrentiels et dangereux pour l'unit&#233; de notre camp. Au contraire, elle doit aller vers eux. Pour comprendre le racisme en France, il faut poser la question de la place des populations issues de l'immigration &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;rieur&lt;/i&gt; de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une table ronde &#224; laquelle vous avez particip&#233; &#171; L'antiracisme politique et la classe &#187;, vous dites que &#171; &lt;i&gt;pour comprendre la classe, il faut passer par la race&lt;/i&gt; &#187;. Quelle est cette analyse, notamment d&#233;fendue par certains mouvements dits &#171; d&#233;coloniaux &#187;, que les militants de gauche peinent &#224; comprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De mani&#232;re provocante, je dirais que la classe ouvri&#232;re est quasiment une &#8220;classe immigr&#233;e&#8221;. Il faut comprendre comment le capitalisme se met en place et selon quelle logique. La loi de la concurrence le pousse &#224; s'&#233;tendre constamment pour conqu&#233;rir de nouveaux march&#233;s, et rester comp&#233;titif. Le colonialisme est ainsi &lt;i&gt;consubstantiel&lt;/i&gt; au capitalisme industriel, parce qu'il lui permet de s'exercer sur de nouveaux territoires et d'en extraire les capitaux n&#233;cessaires. Pour s'imposer, le mode de production capitaliste doit remplacer les modes de subsistance communautaire qui y existent (famille, village, tribu&#8230;) Il ne s'agit pas seulement de remplacer un mode de production &#233;conomique par un autre. Pour les d&#233;truire, le capitalisme doit n&#233;cessairement s'attaquer aux &#8220;modes d'&#234;tre communautaires&#8221;, aux liens de solidarit&#233; entre les individus, aux cultures populaires, aux traditions r&#233;gionales, au rapport &#224; la terre, &#224; quelque chose qui est de l'ordre de l'intime, jusque dans leur psych&#233; (ainsi que l'analysait Franz Fanon). Il doit &lt;i&gt;d&#233;raciner&lt;/i&gt; l'individu, jusqu'&#224; cr&#233;er une impossibilit&#233; de vivre au pays, qui se traduit notamment par l'&#233;migration. Le co&#251;t est &#233;norme. Le plus visible et le plus important est celui mis en &#233;vidence par les peuples colonis&#233;s qui ont montr&#233; l'ampleur de l'horreur coloniale.
Mais ce qu'il faut &#233;galement voir, c'est que ce v&#233;ritable &#8220;rouleau compresseur id&#233;ologique&#8221;, les &#201;tats imp&#233;rialistes l'ont d'abord exerc&#233; &#224; l'int&#233;rieur de leurs propres fronti&#232;res nationales. L'&#201;tat trace les fronti&#232;res des d&#233;partements en scindant les bassins de vie (comme seront ensuite trac&#233;es les fronti&#232;res des colonies africaines), ou diabolise les traditions et les langues maternelles r&#233;gionales en les pr&#233;sentant comme &#8220;contraire &#224; l'unit&#233; nationale&#8221;. Les Bretons devaient &#8220;s'int&#233;grer&#8221; comme plus tard ont d&#251; l'&#234;tre les Alg&#233;riens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce rouleau compresseur &#233;tait-il n&#233;cessaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r. Chaque fois que le capitalisme commence &#224; imposer son mode d'exploitation des travailleurs, il fait face &#224; des r&#233;sistances. Et particuli&#232;rement en France, o&#249; la radicalit&#233; du mouvement ouvrier commence tr&#232;s t&#244;t, et o&#249; les r&#233;volutions sont fr&#233;quentes : celle de 1789, de 1830, de 1848, la Commune de Paris en 1871, le Front populaire de 1936, Mai 68&#8230; La bourgeoisie &#233;merge en ayant imm&#233;diatement peur des conflits de classe. Pour casser ces solidarit&#233;s traditionnelles et r&#233;gionales entre les travailleurs, elle va cr&#233;er un imaginaire concurrent, celui de la &#8220;nation&#8221;, comme seul espace d'appartenance et de solidarit&#233; l&#233;gitime. Pire, la nation devient une sorte d'int&#233;r&#234;t commun entre la bourgeoisie et les travailleurs, qui d&#233;passerait les classes sociales, et justifierait d'&#233;touffer les r&#233;voltes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le colonialisme &#173;universalise le capitalisme, et avec lui les hi&#233;rarchies raciales &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais cette campagne id&#233;ologique va aussi permettre de diviser les travailleurs en les hi&#233;rarchisant selon leur degr&#233; d'int&#233;gration &#224; cette nation. Ainsi, la bourgeoisie va cr&#233;er plusieurs march&#233;s du travail, o&#249; les derniers arriv&#233;s, au pr&#233;texte qu'ils ne sont pas assez &#8220;int&#233;gr&#233;s&#8221;, sont assign&#233;s &#224; des postes de surexploitation. C'est ce qu'ont d'abord v&#233;cu les Bretons et les Auvergnats, puis les Portugais, les Espagnols et les Italiens, et c'est ce que vivent aujourd'hui les Maghr&#233;bins ou les Africains subsahariens. Cette &#8220;ethnicisation&#8221; de la classe ouvri&#232;re permet ainsi &#224; la bourgeoisie de distribuer des miettes aux travailleurs ainsi &#8220;nationalis&#233;s&#8221;, et de justifier la surexploitation des autres.
Tr&#232;s t&#244;t, la race devient donc un &lt;i&gt;mode de gestion de la classe&lt;/i&gt;, pour &#233;viter son unit&#233;. Et ce que la France a fait sur son territoire, elle l'a reproduit dans ses colonies. La premi&#232;re fonction du colonialisme, c'&#233;tait d'universaliser les rapports capitalistes, et avec eux les hi&#233;rarchies raciales. L'imaginaire colonial qui va se mettre en place pour assigner l'indig&#232;ne &#224; des situations de non-droit sera ensuite recycl&#233;, dans les ann&#233;es 1960, pour justifier la surexploitation des travailleurs issus de l'immigration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pourquoi la gauche rechigne-t-elle &#224; int&#233;grer cette ethnicisation &#224; son analyse de lutte de classes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un sujet qui me travaille depuis 50 ans&#8230; La conclusion &#224; laquelle j'en suis arriv&#233;, c'est que si la gauche entretient encore aujourd'hui cette conception homog&#232;ne &#8211; et erron&#233;e &#8211; de la classe ouvri&#232;re, c'est qu'elle s'est construite en reproduisant l'essentialisation bourgeoise de la &#8220;nation&#8221;, mais pour fa&#231;onner sa propre classe. Ce faisant, la gauche homog&#233;n&#233;ise la classe ouvri&#232;re. Ce qui l'am&#232;ne &#224; fermer les yeux sur toutes les contradictions internes qui s'y exercent, et la hi&#233;rarchise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il y a aussi une v&#233;ritable trahison de la gauche vis-&#224;-vis des travailleurs immigr&#233;s. Comme en 1981 lorsque George Marchais, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PCF d&#233;clarait qu'il fallait &#171; &lt;i&gt;stopper l'immigration officielle et clandestine&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; 30 % des classes populaires sont issues des immigrations coloniales : il faut un minimum d'organisation commune &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; En r&#233;alit&#233;, le d&#233;bat est ant&#233;rieur &#224; Georges Marchais. De 1921 &#224; 1936, le monde ouvrier se divise en deux camps, notamment sur la question migratoire. D'un c&#244;t&#233;, la CGT et la SFIO revendiquent la protection des travailleurs fran&#231;ais et la fermeture des fronti&#232;res. De l'autre, la CGTU et le PCF d&#233;fendent l'&#233;galit&#233; des droits de tous les travailleurs et la libre circulation. &#192; cette p&#233;riode donc, des g&#233;n&#233;rations d'immigr&#233;s ont vu qu'elles avaient leur place &#224; prendre dans ces organisations dissidentes. Mais en 1981, ce discours de Marchais acte la rupture du PCF avec ces positions que son parti avait pourtant d&#233;fendues.
Cet abandon de la position internationaliste conduit petit &#224; petit &#224; une distanciation entre travailleurs immigr&#233;s et mouvement ouvrier. C'est comme cela que se cr&#233;ent les premi&#232;res organisations autonomes, comme le Mouvement des travailleurs arabes (MTA) en 1972, qui revendique son ancrage dans la classe ouvri&#232;re, mais aussi son oppression sp&#233;cifique. En 1973, il appelle par exemple &#224; une &#8220;&lt;i&gt;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des travailleurs arabes&lt;/i&gt;&#8221; dans les usines pour protester contre une vague d'agressions racistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation s'aggrave encore dans la d&#233;cennie 1980, avec par exemple la gr&#232;ve de l'usine automobile Talbot de Poissy en 1983, o&#249; le patronat, les m&#233;dias et le gouvernement socialiste vont d&#233;velopper un discours racialisant des ouvriers en gr&#232;ve&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Exactement. &#192; cette &#233;poque, le patronat veut restructurer et licencier en masse dans le secteur de l'automobile, o&#249; la main-d'&#339;uvre est majoritairement issue de l'immigration. Il y a des gr&#232;ves, soutenues notamment par des militants de gauche de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme de 1983. Mais ces derniers se prennent des gros coups de pression du parti socialiste au pouvoir qui les accuse de trahison, pendant que le PCF et la CGT les ignorent. Parall&#232;lement se d&#233;veloppe tout un discours politico-m&#233;diatique, dont le fameux discours du Premier ministre Pierre Mauroy sur &#8220;&lt;i&gt;ces migrants [&#8230;] agit&#233;s par des groupes religieux et politiques qui manipulent la gr&#232;ve&lt;/i&gt;&#8221;. Ou en 1984, quand son successeur Laurent Fabius estime que l'extr&#234;me droite &#8220;&lt;i&gt;donne de mauvaises r&#233;ponses &#224; de bonnes questions&lt;/i&gt;&#8221;. Comme si le racisme venait d'en bas, spontan&#233;ment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'abandon par la gauche des travailleurs immigr&#233;s a fini par les &#233;loigner de ses cadres de lutte et a donn&#233; naissance &#224; de nouveaux mouvements autonomes, comme les d&#233;coloniaux. Que d&#233;fendent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les d&#233;coloniaux regroupent de nombreuses tendances. Mais il est vrai qu'une bonne partie d'entre elles a d&#233;velopp&#233; une allergie &#224; poser la question de la classe, lui pr&#233;f&#233;rant l'analyse d'une structuration de la soci&#233;t&#233; selon la race. J'&#233;tais de ceux qui militaient pour toujours lier l'analyse de la racialisation &#224; celle de la classe. Parce que si vous ne la reliez pas &#224; la logique &#233;conomique dominante, vous risquez d'avoir un d&#233;bat affreux, fond&#233; sur les oppositions raciales entre les Noirs et les Blancs, &#224; tendance lib&#233;rale. Il y a donc des &#8220;d&#233;coloniaux lib&#233;raux&#8221; et d'autres qui ne le sont pas.
Aujourd'hui, chez les d&#233;coloniaux, la notion de classe progresse, de la m&#234;me mani&#232;re qu'&#224; gauche, la notion de race est de plus en plus d&#233;battue et int&#233;gr&#233;e aux r&#233;flexions. La tendance est au rapprochement, m&#234;me s'il ne faut pas id&#233;aliser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En rejetant la notion d'universalisme, largement d&#233;voy&#233;e par la bourgeoisie, les d&#233;coloniaux rejettent-ils &#233;galement celle d'internationalisme ouvrier, tr&#232;s implant&#233;e dans les milieux de gauche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Universalisme et internationalisme sont absolument &#224; restaurer si l'on veut imaginer une organisation commune de notre camp. Mais d'abord, il nous faut d&#233;noncer l'utilisation de la notion d'&#8220;&lt;i&gt;universalisme&lt;/i&gt;&#8221; par la bourgeoisie qui s'en est servi pour justifier sa fameuse &#8220;&lt;i&gt;mission civilisatrice&lt;/i&gt;&#8221; coloniale et le principe d'&#8220;&lt;i&gt;assimilation culturelle&lt;/i&gt;&#8221; qui va avec. Comme si d&#233;fendre l'universalisme, c'&#233;tait d&#233;fendre une homog&#233;n&#233;isation des cultures et des religions, une standardisation ch&#232;re au capitalisme. Pour Aim&#233; C&#233;saire, cet universalisme imp&#233;rialiste est &#224; opposer &#224; l'universalisme prol&#233;tarien, riche de toutes ses particularit&#233;s culturelles, et qui se concentre sur les int&#233;r&#234;ts communs &#224; tous les peuples. Il nous faut nous r&#233;approprier collectivement cet h&#233;ritage marxiste. Et sa traduction sur le champ politique international, qui est l'internationalisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette r&#233;unification des travailleurs vous semble-t-elle possible aujourd'hui ? Dans quels cadres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les diff&#233;rentes fractions de la classe ouvri&#232;re sont in&#233;vitablement li&#233;es : il n'y aura pas d'abolition r&#233;elle des syst&#232;mes de domination dans ce pays s'il n'y a pas un minimum d'organisation commune. Selon les chiffres de l'Insee, j'estime que 30 % des classes populaires (ouvriers, employ&#233;s, etc.) sont issues des immigrations coloniales. Ils ne peuvent pas l'emporter sans la classe ouvri&#232;re blanche, et inversement.
Il ne suffit pas cependant de d&#233;cr&#233;ter que d&#233;sormais, nos organisations politiques sont repr&#233;sentatives de tous les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques de notre classe, pour qu'elles le soient. Lorsque nous aurons une r&#233;elle diversit&#233; de profils &#224; leurs t&#234;tes, alors les conditions seront peut-&#234;tre r&#233;unies. En attendant, il nous faut le revendiquer. D&#233;coloniser la soci&#233;t&#233;, mais aussi nos organisations qui, en parlant au nom de la classe ouvri&#232;re, ont fait beaucoup de d&#233;g&#226;ts, et insuffl&#233; trop de d&#233;go&#251;t &#224; toute une partie de la population. Admettre qu'on &#233;volue dans une soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par cinq si&#232;cles d'histoire de violence et d'id&#233;ologie raciste qu'on a tous int&#233;rioris&#233;e dans nos imaginaires. Travailler nos comportements, et nous en lib&#233;rer collectivement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par In&#232;s Atek et Livia Stahl&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;NB : Les positions de Sa&#239;d Bouamama sur Bachar al-Assad ne sont pas partag&#233;es par la r&#233;dac, voir &#171; Le moindre mal pour le pire &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;238 (f&#233;vrier 2025).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volte portuaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, Marseille est ravag&#233;e. &#192; peine lib&#233;r&#233;e, la France s'engage dans la guerre d'Indochine (1945-1954). Alors que l'Empire veut mater la r&#233;bellion d'H&#244; Chi Minh et avec elle ses vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance, c'est du port de la cit&#233; phoc&#233;enne que la logistique offensive s'organise. L&#224;, des milliers de dockers se chargent de remplir les bateaux de mat&#233;riel de guerre en partance vers l'Est. Ils sont les principaux t&#233;moins d'une danse macabre : quand les munitions quittent le port, ce sont des cadavres qui reviennent. Une solidarit&#233; spontan&#233;e avec les Vietnamiens na&#238;t de cet effarement. Les premi&#232;res manifestations ont lieu entre 1946 et 1947 sur le Vieux-Port. De l'automne 1949 &#224; l'hiver 1950, les protestations s'intensifient. Les ouvriers du port, encart&#233;s &#224; la CGT et au PCF (majoritaire &#224; l'&#233;poque) se mettent en gr&#232;ve. La flotte de guerre est bloqu&#233;e &#224; quai et lorsqu'elle parvient &#224; partir, c'est avec une cargaison d&#233;fectueuse et des tracts militants &#224; destination de Sa&#239;gon contre la &#8220;sale guerre&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre-expo coloniale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 23 septembre 1931 fut inaugur&#233;e &#224; Paris la contre-exposition anti-imp&#233;rialiste, concoct&#233;e par le PCF, la CGTU et des surr&#233;alistes comme Aragon ou Paul Eluard, en r&#233;action &#224; l'Exposition coloniale internationale &#224; Vincennes, de mai &#224; novembre 1931. L'internationalisme anticolonial est revendiqu&#233;, prenant le contre-pied de la promotion imp&#233;riale. &#192; l'origine de cette campagne de protestation, des militants venus de mouvements de lib&#233;ration nationale et raciale diff&#233;rents : Nguyen Van Tao (communiste vietnamien, membre du comit&#233; central du PCF), Tiemoko Garan Kouyat&#233; (militant au PCF et cofondateur de la Ligue de d&#233;fense de la race n&#232;gre) Abdelkader Hadj Ali (membre du PCF et pr&#233;sident de l'&#201;toile nord-africaine) pour ne citer qu'eux. Si elle ne rencontra pas le succ&#232;s attendu, cette contre-expo a au moins eu le m&#233;rite de pr&#233;senter des photographies et caricatures d&#233;non&#231;ant les conditions de vie des colonis&#233;s. Et pour citer l'historien Alain Ruscio &#224; ce sujet : &#171; &lt;i&gt;L'internationalisme, dans le mouvement ouvrier et d&#233;mocratique fran&#231;ais, ne fut jamais, au grand jamais un acquis, mais un combat permanent, toujours renouvel&#233;, une greffe en &#233;tat de menace de rejet &#224; tout moment.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Ruscio, &#171; Communistes et surr&#233;alistes contre la &#171; grande foire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alain Ruscio, &#171; Communistes et surr&#233;alistes contre la &#171; grande foire coloniale &#187; de 1931 : convergences et initiatives s&#233;par&#233;es &#187;, &lt;i&gt;Cahiers d'histoire, Revue d'histoire critique&lt;/i&gt;, n&#176; 159 (2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les forteresses sont bien gard&#233;es &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-forteresses-sont-bien-gardees</link>
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		<dc:date>2024-10-24T23:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Genevi&#232;ve Sellier, autrice du livre Le Culte de l'auteur &#8211; Les d&#233;rives du cin&#233;ma fran&#231;ais (la Fabrique, 2024), nous aide &#224; comprendre le syst&#232;me qui fait du 7e art un lieu privil&#233;gi&#233; d'emprise sur les femmes. Il y a six mois, les affaires Godr&#232;che et Depardieu ont rouvert les d&#233;bats sur les violences sexistes dans le cin&#233;ma fran&#231;ais. Mais derri&#232;re les coups d'&#233;clat m&#233;diatiques, c'est un syst&#232;me qui permet de tels abus, celui-l&#224; m&#234;me que diss&#232;que Le Culte de l'auteur &#8211; Les d&#233;rives du cin&#233;ma (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Genevi&#232;ve Sellier, autrice du livre &lt;i&gt;Le Culte de l'auteur &#8211; Les d&#233;rives du cin&#233;ma fran&#231;ais&lt;/i&gt; (la Fabrique, 2024), nous aide &#224; comprendre le syst&#232;me qui fait du 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art un lieu privil&#233;gi&#233; d'emprise sur les femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5803 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_234_234_06_mraupp_culviol_2_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH386/web_234_234_06_mraupp_culviol_2_1200px-2-4f82b.jpg?1782674337' width='500' height='386' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Manon Raupp
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l y a six mois, les affaires Godr&#232;che et Depardieu ont rouvert les d&#233;bats sur les violences sexistes dans le cin&#233;ma fran&#231;ais. Mais derri&#232;re les coups d'&#233;clat m&#233;diatiques, c'est un syst&#232;me qui permet de tels abus, celui-l&#224; m&#234;me que diss&#232;que &lt;i&gt;Le Culte de l'auteur &#8211; Les d&#233;rives du cin&#233;ma fran&#231;ais&lt;/i&gt; (la Fabrique, 2024), paru en septembre. &#192; travers une s&#233;rie d'analyses filmiques, Genevi&#232;ve Sellier d&#233;montre qu'on ne peut pas s&#233;parer l'homme de l'artiste et que le cin&#233;ma d'auteur produit de la domination masculine&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#233;galement son site &#171; Le genre et l'&#233;cran &#187;, o&#249; elle publie des analyses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est n&#233; le cin&#233;ma d'auteur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1948, la France a construit un syst&#232;me de financement permettant au cin&#233;ma de se reconstruire apr&#232;s-guerre. Chaque ticket achet&#233; comporte une taxe, revers&#233;e au Centre national de la cin&#233;matographie (CNC). Le produit de cette taxe, intitul&#233;e &#8220;aide automatique&#8221;, est revers&#233; aux producteurs, au prorata des entr&#233;es faites par leur film pr&#233;c&#233;dent. En 1959, avec la cr&#233;ation du minist&#232;re de la Culture, une autre aide est mise en place : &#8220;l'avance sur recettes&#8221; qui vise &#224; encourager des films &#8220;ambitieux artistiquement&#8221;. Le CNC a ainsi mis en place un syst&#232;me de production &#224; deux vitesses, d'un c&#244;t&#233; un cin&#233;ma d'auteur &#224; petit budget diffus&#233; dans les salles d'art et d'essai, de l'autre un cin&#233;ma s'adressant au grand public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'appara&#238;t la Nouvelle Vague, dont beaucoup de cin&#233;astes contemporains s'inspirent. Vous d&#233;finissez ce courant comme &#171; un cin&#233;ma au masculin singulier &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Nouvelle Vague, un cin&#233;ma au masculin singulier, CNRS &#201;ditions, novembre 2005&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Truffaut, Chabrol, r&#233;alisateurs stars de ce qu'on a appel&#233; la Nouvelle Vague, ont fait leur premier film gr&#226;ce &#224; de l'argent familial. Cette nouvelle g&#233;n&#233;ration revendique de faire des films personnels avec des budgets plus modestes, gr&#226;ce &#224; l'absence de star, au tournage hors des studios, &#224; des cam&#233;ras plus l&#233;g&#232;res et &#224; de la pellicule plus sensible. Avec l'avance sur recettes, ce mod&#232;le se d&#233;ploie et impose une conception de l'artiste qui date en r&#233;alit&#233; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : le mythe romantique du g&#233;nie solitaire qui, gr&#226;ce &#224; son inspiration, va engendrer son &#339;uvre. Jusqu'alors, le cin&#233;ma &#233;tait associ&#233; &#224; la culture populaire et donc souvent m&#233;pris&#233; par les &#233;lites fran&#231;aises. Le cin&#233;ma d'auteur gagne en prestige. Les sc&#233;naristes disparaissent (les r&#233;alisateurs &#233;crivent leurs propres sc&#233;narios) et on emploie moins de techniciens, ce qui permet de faire des &#233;conomies et de passer outre aux r&#233;glementations professionnelles. Le r&#233;alisateur impose ainsi son autorit&#233; au collectif, avec l'appui du producteur. Cela produit un milieu professionnel particuli&#232;rement hi&#233;rarchis&#233; et in&#233;galitaire, o&#249; tout est permis et justifi&#233; par la renomm&#233;e de l'artiste : sous pr&#233;texte de libert&#233; de cr&#233;ation, les &#233;quipes techniques sont souvent sous-pay&#233;es et les abus deviennent syst&#233;miques. Ce cin&#233;ma au &#8220;masculin singulier&#8221; donne finalement une nouvelle l&#233;gitimit&#233; &#224; la domination masculine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la Nouvelle Vague &#224; aujourd'hui, vous montrez la r&#233;currence de personnages f&#233;minins souvent r&#233;duits &#224; des objets de d&#233;sir. Est-ce que ces repr&#233;sentations sont li&#233;es aux comportements des r&#233;alisateurs sur les tournages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je consid&#232;re qu'on ne peut pas s&#233;parer l'homme de l'artiste, que les films de ces auteurs sont en rapport direct avec leur comportement dans la soci&#233;t&#233;. Les fictions qu'ils produisent sont des repr&#233;sentations de leurs fantasmes. Les femmes n'y existent qu'&#224; travers le d&#233;sir des protagonistes masculins, sortes d'alter ego de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les cin&#233;astes abuseurs ont joui d'une grande complaisance de la part du milieu du cin&#233;ma et la critique n'a jamais soulign&#233; le caract&#232;re probl&#233;matique des histoires qu'ils racontent&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, la &#8220;r&#233;volution sexuelle&#8221; est d&#233;voy&#233;e en injonction faite aux femmes de se rendre disponibles au d&#233;sir des hommes. Des cin&#233;astes renouvellent r&#233;guli&#232;rement leur &#8220;cheptel&#8221; de jeunes actrices sur lesquelles ils exercent une v&#233;ritable emprise. Ce n'est pas un hasard si Jacquot s'est d&#233;peint en Sade ou en Casanova&#8230; Et ces fantasmes ont des effets sur les tournages. Quand ces jeunes actrices tentent de r&#233;sister, le prix &#224; payer est &#233;norme. Un des cas les plus embl&#233;matiques est celui de Maria Schneider, qui joue dans &lt;i&gt;Dernier tango &#224; Paris&lt;/i&gt;, &#224; l'&#226;ge de 19 ans. C'est l'histoire d'un veuf d&#233;pressif incarn&#233; par Marlon Brando, qui se livre &#224; des jeux &#233;rotiques violents avec une jeune bourgeoise. Dans ce film de Bertolucci, une sc&#232;ne de sodomie a fait scandale et favoris&#233; le succ&#232;s du film (couronn&#233; par deux Oscars). On apprendra par la suite que ni le r&#233;alisateur ni l'acteur n'avaient pr&#233;venu l'actrice de ce qui allait se passer. Celle-ci a vu sa carri&#232;re et sa vie profond&#233;ment affect&#233;es par cette agression sexuelle. Ce genre d'abus est r&#233;current et syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pointez la responsabilit&#233; des critiques dans le maintien de ce syst&#232;me.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cin&#233;astes abuseurs ont joui d'une grande complaisance de la part du milieu du cin&#233;ma, et la critique n'a jamais soulign&#233; le caract&#232;re probl&#233;matique des histoires qu'ils racontent, se contentant d'en louer la qualit&#233; artistique. Les critiques deviennent les &#8220;passeurs&#8221; des films d'auteur, selon la formule de Serge Daney. Leur monde fonctionne en miroir du monde des auteurs, par la cooptation, et entretient une grande proximit&#233; avec les cin&#233;astes. Par ailleurs, les revues les plus prestigieuses comme les&lt;i&gt; Cahiers du cin&#233;ma&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Positif&lt;/i&gt; &#233;taient exclusivement &#233;crites par des hommes jusque r&#233;cemment. Donc oui, les forteresses sont bien gard&#233;es. Celles de la production, de la critique, du CNC&#8230; De m&#234;me, Thierry Fr&#233;meaux, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du Festival de Cannes est aussi le directeur de l'institut Lumi&#232;re, avec des mandats sans limites de temps. Cela choque dans une soci&#233;t&#233; qui se pr&#233;tend d&#233;mocratique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fait que les femmes r&#233;alisatrices soient de plus en plus nombreuses contribue &#224; changer les repr&#233;sentations. Et en m&#234;me temps, les &#171; films de femmes &#187; n'&#233;chappent pas toujours au mod&#232;le masculin du cin&#233;ma d'auteur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les films r&#233;alis&#233;s par des femmes, les personnages f&#233;minins sont g&#233;n&#233;ralement plus d&#233;velopp&#233;s, plus divers en termes d'&#226;ge, d'apparence physique et de statut socioprofessionnel. Mais dans une soci&#233;t&#233; impr&#233;gn&#233;e par l'id&#233;e de la domination masculine, les femmes, si elles veulent exister, doivent adh&#233;rer peu ou prou au mod&#232;le id&#233;ologique dominant. Catherine Breillat, dans &lt;i&gt;L'&#201;t&#233; dernier&lt;/i&gt;, son film le plus r&#233;cent, raconte une histoire d'inceste entre une femme et son beau-fils. Il a &#233;t&#233; encens&#233; par la critique comme &#8220;une fantastique histoire de passion&#8221;. Cette r&#233;alisatrice a manifest&#233; &#224; plusieurs reprises son hostilit&#233; au mouvement #MeToo sous pr&#233;texte de pr&#233;server sa libert&#233; de cr&#233;ation. L'actrice Caroline Ducey vient de publier un livre, &lt;i&gt;Pr&#233;dation, nom f&#233;minin&lt;/i&gt;, dans lequel elle raconte comment Catherine Breillat l'a forc&#233;e &#224; un rapport non simul&#233; sur le tournage de son film &lt;i&gt;Romance&lt;/i&gt; (1999). Breillat illustre d'une fa&#231;on terrible comme une femme peut s'approprier la figure de l'artiste au-dessus des lois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux &#201;tats-Unis, le mouvement #MeToo a d'abord vis&#233; un producteur, Harvey Weinstein. En France, ce sont des r&#233;alisateurs qui sont attaqu&#233;s. Ce n'est pas anodin&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#201;tats-Unis n'ont jamais fait comme si le cin&#233;ma &#233;tait un art. C'est une industrie, travers&#233;e par des rapports de domination capitalistes, avec des syndicats qui essaient de faire contrepoids. En France, comme le cin&#233;ma se veut &#8220;artisanal&#8221; et qu'il est aid&#233; par les pouvoirs publics, son fonctionnement capitaliste est masqu&#233;. La figure de pouvoir, c'est le r&#233;alisateur. Et c'est plus difficile d'attaquer un artiste qu'un capitaliste ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Pauline Laplace&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand une actrice prend la cam&#233;ra&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cheveux blonds, peau diaphane et silhouette &#233;lanc&#233;e, Delphine Seyrig &#233;tait une actrice fran&#231;aise de renomm&#233;e internationale, qui a notamment jou&#233; dans des films de Claude Chabrol, Fran&#231;ois Truffaut ou Luis Bu&#241;el. Dans les ann&#233;es 1970, Delphine Seyrig prend position et revendique son f&#233;minisme. En 1976, elle prend elle-m&#234;me la cam&#233;ra et r&#233;alise &lt;i&gt;Sois belle et tais-toi !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film essentiel compile les t&#233;moignages de 23 actrices fran&#231;aises et am&#233;ricaines qui racontent les violences subies, les col&#232;res accumul&#233;es et les frustrations endoss&#233;es dans leur m&#233;tier. Forc&#233;es d'entrer dans des corps et des r&#244;les auxquels elles ne s'identifient pas, elles subissent dans leur chair la vision du monde des hommes qui les dirigent. On y croise entre autres Jane Fonda, qui raconte comment, allong&#233;e sur une table d'op&#233;rations, des producteurs et r&#233;alisateurs lui conseillaient de se teindre en blonde, de se faire casser la m&#226;choire pour creuser ses joues, de faire refaire son nez et de porter des faux seins. Jane Fonda d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;une ali&#233;nation&lt;/i&gt; &#187; entre qui elle est et son image, qui la pousse &#224; ne plus se taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en 1972, une journaliste de plateau t&#233;l&#233; lan&#231;ait &#171; &lt;i&gt;l'agressivit&#233; qu'on retrouve dans le Mouvement de lib&#233;ration des femmes ne le rend pas sympathique&lt;/i&gt; &#187;, Delphine Seyrig r&#233;pondait cinglante : &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas si le calme des hommes est tellement sympathique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#233;galement son site &#171; Le genre et l'&#233;cran &#187;, o&#249; elle publie des analyses de films sous un prisme f&#233;ministe : &lt;a href=&#034;http://genre-ecran.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;genre-ecran.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Nouvelle Vague, un cin&#233;ma au masculin singulier&lt;/i&gt;, CNRS &#201;ditions, novembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Affaire Mazan : les m&#233;dias &#224; la ramasse</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Affaire-Mazan-les-medias-a-la</link>
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		<dc:date>2024-10-19T11:25:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son ouvrage Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise (Libertalia, 2021), Val&#233;rie Rey-Robert, essayiste et f&#233;ministe, d&#233;finit ce qu'est la culture du viol. Selon elle, le traitement m&#233;diatique du proc&#232;s Mazan encourage surtout des st&#233;r&#233;otypes qui en font partie et qu'il nous faut combattre. Entretien. D&#232;s l'ouverture du proc&#232;s des viols de Mazan et la lev&#233;e du huis clos, les m&#233;dias nationaux comme internationaux s'en sont empar&#233;s. Le nombre d'accus&#233;s et leur profil incitent &#224; regarder (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH89/www-c8c21.jpg?1783765431' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son ouvrage &lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt; (Libertalia, 2021), Val&#233;rie Rey-Robert, essayiste et f&#233;ministe, d&#233;finit ce qu'est la culture du viol. Selon elle, le traitement m&#233;diatique du proc&#232;s Mazan encourage surtout des st&#233;r&#233;otypes qui en font partie et qu'il nous faut combattre. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5801 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_234_234_06_mraupp_culviol_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/web_234_234_06_mraupp_culviol_1200px-a1de1.jpg?1783765431' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Manon Raupp
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#232;s l'ouverture du proc&#232;s des viols de Mazan et la lev&#233;e du huis clos, les m&#233;dias nationaux comme internationaux s'en sont empar&#233;s. Le nombre d'accus&#233;s et leur profil incitent &#224; regarder l'affaire comme la preuve que le viol est un fait syst&#233;mique. Mais alors que les r&#233;dactions reprennent le terme de &#171; culture du viol &#187; pour en parler, elles v&#233;hiculent en m&#234;me temps l'aspect &#171; extraordinaire &#187; et monstrueux des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Val&#233;rie Rey-Robert, essayiste f&#233;ministe et autrice de &lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt; (Libertalia, 2021), ce traitement m&#233;diatique vient au contraire renforcer les st&#233;r&#233;otypes de la culture du viol. Elle nous rappelle que cette derni&#232;re n'est pas une culture du monstre, mais un ensemble de clich&#233;s sur ce que sont les hommes, les femmes et les rapports hommes-femmes. Ce qu'il nous faut remettre en question, ce sont ces lectures sexistes et patriarcales qui r&#233;sident en chacun&#183;e de nous. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis l'ouverture du proc&#232;s Mazan, le terme de &#171; culture du viol &#187; revient souvent dans les m&#233;dias. Ce proc&#232;s en serait une d&#233;monstration. Pensez-vous qu'une nouvelle fen&#234;tre s'ouvre pour en parler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas du tout. Je pense que c'est une erreur de le croire. Il est vrai que les m&#233;dias reprennent davantage l'expression de &#8220;culture du viol&#8221; qu'au d&#233;but de #MeToo. Mais il faut se m&#233;fier du contexte dans lequel les termes sont employ&#233;s. Par exemple, le terme &#8220;f&#233;minicide&#8221; est aujourd'hui d&#233;corr&#233;l&#233; de sa dimension structurellement sexiste et misogyne. Il n'est plus que consid&#233;r&#233; comme l'assassinat par un homme de sa compagne.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dans &#8220;culture du viol&#8221;, le terme &#8220;culture&#8221; doit se comprendre au sens anthropologique&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, l'expression &#8220;culture du viol&#8221; est souvent compris comme : &#8220;tous les hommes sont des violeurs&#8221; ou pire, comme une culture obscure que partageraient seulement une partie d'entre eux, les violeurs. Je crains que les r&#233;actions m&#233;diatiques au proc&#232;s Mazan n'aillent dans ce sens. Or, dans &#8220;culture du viol&#8221;, le terme &#8220;culture&#8221; doit se comprendre au sens anthropologique. C'est-&#224;-dire comme un ensemble de croyances que nous entretenons toutes et tous et qui ont pour cons&#233;quence que des hommes commettent des violences sexuelles et se sentent l&#233;gitimes de le faire. Les accus&#233;s de Mazan n'en sont qu'un exemple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, de quoi est faite la culture du viol ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Concr&#232;tement, c'est l'ensemble des id&#233;es re&#231;ues que notre soci&#233;t&#233; v&#233;hicule au sujet de ce que doit &#234;tre une victime, ce que doit &#234;tre un viol et de ce que doit &#234;tre un violeur. D'abord, un &#8220;bon violeur&#8221;, c'est forc&#233;ment un autre que soi, un monstre : un homme de classe populaire, racis&#233;, noir ou arabe, ou bien un homme de classe tr&#232;s dominante, qui a une maladie mentale, une perversion. Ensuite, un &#8220;bon viol&#8221; est commis avec des violences physiques importantes, de pr&#233;f&#233;rence sous la menace d'une arme. Enfin, une &#8220;bonne victime&#8221; ne peut pas bouger, se d&#233;bat et crie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, le proc&#232;s Mazan correspond tout &#224; fait &#224; ces id&#233;es re&#231;ues et va m&#234;me les renforcer : les violeurs sont film&#233;s et les viols sordides, commis en r&#233;union et &#224; de multiples reprises. La victime est sacralis&#233;e par la presse car c'est une bonne victime : elle est blanche et elle ne pouvait r&#233;agir car drogu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'en serait-il si la victime avait &#233;t&#233; noire ? Si elle avait &#233;t&#233; dans un club &#233;changiste ? Si elle &#233;tait bien &#233;veill&#233;e, en &#233;tat de sid&#233;ration ? Les choses auraient &#233;t&#233; bien diff&#233;rentes&#8230; Voil&#224; ce qu'entra&#238;ne la culture du viol : une victime qui ne correspondrait pas &#224; ses st&#233;r&#233;otypes ne sera bien souvent pas crue. Et on parle de &#8220;culture&#8221; parce que ces clich&#233;s se transmettent de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, &#233;voluent et impr&#232;gnent toute la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces st&#233;r&#233;otypes d&#233;cr&#233;dibilisent toutes les violences sexuelles qui n'y correspondraient pas. Comment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour &#234;tre crue et consid&#233;r&#233;e comme victime, il faut imp&#233;rativement une conjonction de ces trois aspects : un &#8220;bon&#8221; viol, une &#8220;bonne&#8221; victime, un &#8220;bon&#8221; agresseur. Et c'est tr&#232;s rare. Les auteurs ne sont d&#232;s lors quasiment jamais consid&#233;r&#233;s comme coupables.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les hommes accus&#233;s de viol correspondent rarement &#224; l'image du &#8220;bon violeur&#8221;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les sondages indiquent qu'un nombre non n&#233;gligeable de Fran&#231;ais pensent encore qu'une fellation ou qu'un cunnilingus forc&#233;s ne sont pas des viols. Il en va de m&#234;me pour les viols conjugaux. Ainsi, ces violences sexuelles sont invisibilis&#233;es, minimis&#233;es dans leur qualification et dans leur nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les victimes, celles qui ne correspondent pas assez aux crit&#232;res de beaut&#233; vont &#234;tre accus&#233;es de mentir tandis que celles qui y correspondent trop vont &#234;tre accus&#233;es de l'avoir bien cherch&#233;. Par ailleurs, elles subissent ce qu'on appelle en sociologie la &#8220;th&#233;orie du monde juste&#8221; qui veut qu'il arrive de bonnes choses aux bonnes personnes et de mauvaises choses aux mauvaises personnes. Les victimes se voient ainsi souvent reprocher d'avoir port&#233; une tenue qui aurait provoqu&#233; le viol, de ne pas s'&#234;tre assez d&#233;fendues, de ne pas en avoir parl&#233; autour d'elles, etc. Ces id&#233;es re&#231;ues sont impr&#233;gn&#233;es chez les victimes elles-m&#234;mes, qui vont avoir du mal &#224; se consid&#233;rer comme telles. Aussi parce que le terme de &#8220;victime&#8221; est vu comme tr&#232;s p&#233;joratif : &#8220;Gis&#232;le n'est pas une victime, c'est une combattante&#8221;, a r&#233;cemment tweet&#233; Rapha&#235;l Arnaud de la France insoumise, avant de se faire reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Je ne crois pas que le proc&#232;s Mazan va permettre une prise de conscience&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les hommes accus&#233;s de viol, quant &#224; eux, correspondent rarement &#224; l'image du &#8220;bon violeur&#8221;. Lorsqu'il s'agit d'un conjoint, d'un fr&#232;re ou d'un sportif admir&#233;, tr&#232;s souvent, un ph&#233;nom&#232;ne d'identification se produit. On se dit : &#8220;J'ai aim&#233; cette personne, et le fait m&#234;me de l'avoir aim&#233; peut vouloir dire de moi-m&#234;me quelque chose qui m'est insupportable. Du coup, je pr&#233;f&#232;re nier ce que dit la victime&#8221;. On va l'accuser de ruiner la r&#233;putation de l'homme concern&#233; ou, quand il s'agit d'un inceste, de d&#233;truire la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture du viol c'est donc cet ensemble d'id&#233;es re&#231;ues qui ont pour cons&#233;quences d'invisibiliser les viols, de culpabiliser les victimes et de d&#233;culpabiliser les auteurs. Mais la culture du viol, c'est aussi la petite fille du sexisme et de l'h&#233;t&#233;rosexisme &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'h&#233;t&#233;rosexisme se r&#233;f&#232;re aux comportements, propos ou attitudes qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pour la comprendre et la combattre, il faut la ramener &#224; des syst&#232;mes de pens&#233;e plus g&#233;n&#233;raux que ceux concernant les viols et agressions sexuelles. Il faut la lier au fonctionnement de la famille domin&#233;e par le patriarche, au fonctionnement du couple et des rapports genr&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le sexisme ordinaire et le syst&#232;me familial vont-ils &#233;galement agir sur la d&#233;cr&#233;dibilisation des victimes de viol ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par exemple, l'id&#233;e re&#231;ue selon laquelle les femmes veulent gagner de l'argent avec les plaintes d&#233;coule du sexisme, qui rattache aux femmes la ruse, la fourberie, le mensonge ou la manipulation. Idem pour les coachs en s&#233;duction, qu'on voit beaucoup prolif&#233;rer sur les r&#233;seaux ces derni&#232;res ann&#233;es : ils v&#233;hiculent les st&#233;r&#233;otypes du m&#226;le alpha et des rapports de s&#233;duction asym&#233;triques entre hommes et femmes. Au proc&#232;s Mazan, lorsque certains accus&#233;s disent &#8220;le mari donnait le consentement donc pour moi c'&#233;tait ok&#8221;, les m&#233;dias s'indignent et poussent des cris d'orfraie, mais en r&#233;alit&#233;, cette id&#233;e existe bel et bien dans notre inconscient collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du &lt;i&gt;pater familias&lt;/i&gt; qui veut que ce soit avant tout &#224; l'homme de pourvoir aux besoins de sa famille, et donc de prendre les d&#233;cisions, est bien ancr&#233;e dans nos esprits. Doroth&#233;e Dussy montrait dans &lt;i&gt;Le Berceau des dominations, Anthropologie de l'inceste&lt;/i&gt; (Pocket, 2021) que tant qu'on ne fera pas d'analyse globale sur cette figure du &lt;i&gt;pater familias&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pater familias &#233;tait l'homme de plus haut rang dans une maisonn&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on n'arrivera pas &#224; comprendre ce syst&#232;me de domination masculine. Camille Kouchner avec &lt;i&gt;La Familia grande&lt;/i&gt; (Seuil, 2021) a contribu&#233; aussi &#224; le d&#233;montrer. Tant qu'on n'aura pas d&#233;construit le sexisme et le patriarcat, on ne mettra pas fin aux id&#233;es re&#231;ues sur le viol. Et faire le lien entre tout &#231;a, c'est tellement difficile ! Je ne sais pas si les gens sont pr&#234;ts &#224; l'entendre, mais c'est capital de rappeler que c'est dans ce sens que doit aller le f&#233;minisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous, le traitement m&#233;diatique du proc&#232;s Mazan, loin de provoquer une r&#233;volution f&#233;ministe, s'inscrit et renforce donc la culture du viol ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les viols de Mazan sont une cons&#233;quence de la culture du viol. Quand bien m&#234;me ces faits peuvent appara&#238;tre extraordinaires par leur caract&#232;re massif, glauque et violent, ils sont en r&#233;alit&#233; un prolongement conforme &#224; une multitude d'id&#233;es re&#231;ues sexistes et misogynes sur les femmes et les rapports hommes-femmes. Ces id&#233;es sont tr&#232;s banales et partag&#233;es largement par la soci&#233;t&#233;. Mais ce n'est pas de cela dont parlent les m&#233;dias quand il est question de &#8220;culture du viol&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La culture du viol a des bases communes dans tous les pays et toutes les cultures, mais elle a des particularit&#233;s dans chacune d'elles&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, ils s'appuient sur les aspects les plus cauchemardesques de l'affaire et, ce faisant, renforcent son aspect monstrueux, hors-norme. Et c'est facile pour eux de le faire puisque les viols de Mazan entrent dans l'id&#233;e qu'on se fait collectivement d'un bon viol. Les r&#233;actions de l'ordre de l'horreur, teint&#233;es de classisme&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discrimination fond&#233;e sur l'appartenance ou la non-appartenance &#224; une classe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en raison du profil des violeurs, sont les bienvenues dans les r&#233;dactions. M&#233;caniquement, les m&#233;dias op&#232;rent une mise &#224; distance des violeurs, consid&#233;r&#233;s comme des d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Ce qui a pour cons&#233;quence qu'on entend, encore aujourd'hui : &#8220;&lt;i&gt;not all men&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; a besoin de se rassurer sur ses capacit&#233;s &#224; condamner des cas de viols, et il en va de m&#234;me pour les hommes. Dans l'&#233;tude &lt;i&gt;Good Guys Don't Rape : Gender, Domination, and Mobilizing Rape&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Good Guys Don't Rape : Gender, Domination, and Mobilizing Rape &#187;, C. J. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les sociologues am&#233;ricaines Cheri Joe Pascoe et Jocelyn Hollander racontent un match de foot entre deux &#233;quipes locales. &#192; la fin du match, les vainqueurs chantent &#8220;&lt;i&gt;No Means no&lt;/i&gt;&#8221; [non c'est non] pour se moquer d'un joueur de l'&#233;quipe perdante, jug&#233; trop peu s&#233;duisant pour avoir des rapports sexuels avec des femmes sans recourir au viol. Pour eux, les &#8220;vrais hommes&#8221; n'ont pas besoin de violer. Pourtant, au fil des discussions avec eux, les deux chercheuses r&#233;alisent qu'ils ont eux-m&#234;mes des comportements agressifs et qu'ils sont aussi auteurs de viols. C'est un exemple typique de la fa&#231;on dont certains hommes se servent de la critique du viol pour rehausser leur propre masculinit&#233;. Le violeur, ce sera toujours &#8220;&lt;i&gt;the boy next door&lt;/i&gt;&#8221; [le gar&#231;on d'&#224; c&#244;t&#233;], jamais eux-m&#234;mes. Ce r&#233;flexe s'est aussi vu dans le cas du proc&#232;s Mazan o&#249; on a vu, par exemple, un tik-tokeur antifa d&#233;clarer que les hommes n'ayant toujours pas compris qu'il ne fallait pas violer &#233;taient vraiment &#224; c&#244;t&#233; de la plaque. Une fa&#231;on pour lui de s'en distinguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc assez pessimiste : je ne crois pas que le proc&#232;s Mazan va permettre cette prise de conscience que la culture du viol est partout et en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre ouvrage, vous expliquez aussi qu'il existe une culture du viol &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187;, sp&#233;cifique &#224; la France. Pourriez-vous nous expliquer en quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La culture du viol a des bases communes dans tous les pays et toutes les cultures, mais elle a des particularit&#233;s dans chacune d'elles. Par exemple, Donald Trump et Dominique Strauss-Kahn ont tous les deux &#233;t&#233; accus&#233;s de viols. En d&#233;fense de Donald Trump, on a entendu des propos de type &#8220;Oh, mais vous savez bien comment il est, les hommes sont comme &#231;a...&#8221;, le fameux &#8220;&lt;i&gt;boys will be boys&lt;/i&gt;&#8221; qui permet d'excuser leurs &#8220;envies incontr&#244;lables&#8221;. Dans le cas de DSK, accus&#233; d'avoir saut&#233; sur une femme de chambre d'un Sofitel de New York, de l'avoir s&#233;questr&#233;e et de lui avoir &#233;jacul&#233; dessus, ou encore d'avoir pratiqu&#233; une sodomie forc&#233;e sur des prostitu&#233;es &#224; l'h&#244;tel Carlton de Lille, le type de d&#233;fense &#233;tait tout autre. Jack Lang expliquait avec p&#233;dagogie que &#8220;&lt;i&gt;la France est le pays qui a invent&#233; l'amour. Ce n'est pas le cas des &#201;tats-Unis, ils n'ont pas la m&#234;me l&#233;g&#232;ret&#233; que nous&lt;/i&gt;&#8221;. En France, ce qui revient sans cesse, c'est qu'il y a une asym&#233;trie dans les rapports de s&#233;duction entre les hommes et les femmes ; en r&#233;alit&#233; une pr&#233;dation de l'homme sur la femme. Ainsi, on a vu des f&#233;ministes, comme Ir&#232;ne Thierry, prendre la d&#233;fense de DSK arguant une &#8220;&lt;i&gt;certaines fa&#231;ons de vivre et pas seulement de penser, qui refusent les impasses du politiquement correct&lt;/i&gt;&#8221; ou du &#8220;&lt;i&gt;charme des baisers vol&#233;s&lt;/i&gt;&#8221;. Suite &#224; la p&#233;tition sur la &#8220;libert&#233; d'importuner&#8221;, sign&#233;e par des intellectuelles fran&#231;aises, la presse nord-am&#233;ricaine a suppos&#233; un consensus sur le sujet parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, allant jusqu'&#224; &#233;voquer un &#8220;f&#233;minisme fran&#231;ais&#8221; r&#233;ticent &#224; remettre en cause l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; et les dynamiques de domination entre hommes et femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cet ouvrage vous &#233;voquez des pistes pour lutter contre la culture du viol : quelles sont-elles et qu'en pensez-vous aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certaines associations f&#233;ministes ont lanc&#233; un appel au gouvernement&#8230; Mais tant qu'on aura ces dirigeants en place, il n'y a rien &#224; en attendre. On ne va pas discuter avec ces gens-l&#224; ! Je rappelle qu'on est dans une &#233;poque de pr&#233;fascisme, o&#249; l'extr&#234;me droite n'a jamais eu des scores aussi &#233;lev&#233;s. Quand autant de Fran&#231;ais votent pour l'extr&#234;me droite, les droits des femmes sont n&#233;cessairement en danger.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Quand autant de Fran&#231;ais votent pour l'extr&#234;me droite, les droits des femmes sont en danger&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation au consentement, &#224; l'&#233;galit&#233; de genre, de race, de classe, reste essentielle. Aussi, il ne faut jamais oublier que les plus touch&#233;es par les violences sexuelles sont les personnes trans et racis&#233;es. Par contre je ne pense plus que cette &#233;ducation doit s'adresser aux hommes adultes, qui sont parfaitement conscients de ce qu'ils font : ils le font parce que structurellement ils sont en capacit&#233; de pouvoir le faire et de s'en sortir. L'&#233;ducation par les m&#233;dias est &#233;galement compliqu&#233;e &#224; mettre en place parce que les directeurs de publication restent majoritairement des hommes blancs : cela oriente n&#233;cessairement les lignes &#233;ditoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui importe vraiment, c'est d'inverser le rapport de force mat&#233;riel. Quand les femmes ne d&#233;pendront plus des hommes, &#233;conomiquement, structurellement, socialement et politiquement, alors elles subiront moins de sexisme et donc moins de violences sexuelles. Dans l'affaire Mazan, l'autre victime qui a &#233;t&#233; viol&#233;e par son mari sur les conseils de Dominique P&#233;licot le dit tr&#232;s bien : &#8220;&lt;i&gt;Je reste aussi [mari&#233;e avec lui] pour des questions de finances : je ne travaille pas et j'ai encore les enfants &#224; l'&#233;cole.&lt;/i&gt;&#8221;. Quand on a dit &#231;a, on comprend bien o&#249; est le n&#339;ud du probl&#232;me ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Livia Stahl&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'h&#233;t&#233;rosexisme se r&#233;f&#232;re aux comportements, propos ou attitudes qui renforcent les normes de genre h&#233;t&#233;rosexuelles et qui discriminent les attitudes qui s'en distinguent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;pater familias&lt;/i&gt; &#233;tait l'homme de plus haut rang dans une maisonn&#233;e romaine, qui d&#233;tenait la &lt;i&gt;patria potestas&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire le &#171; pouvoir paternel &#187; de vie ou de mort, sur sa femme, ses enfants et ses esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Discrimination fond&#233;e sur l'appartenance ou la non-appartenance &#224; une classe sociale, souvent bas&#233;e sur des crit&#232;res &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Good Guys Don't Rape : Gender, Domination, and Mobilizing Rape &#187;, C. J. Pascoe Jocelyn A. Hollander, &lt;i&gt;Gender &amp; Society&lt;/i&gt; (2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On cultive encore les monstres</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/On-cultive-encore-les-monstres</link>
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		<dc:date>2024-10-13T23:22:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec l'affaire de Mazan, certains m&#233;dias ont enfin parl&#233; de &#171; culture du viol &#187;, mais cela n'a suscit&#233; que trop peu de d&#233;bats de fond. Globalement, on nous raconte l'histoire de Mazan et ses 49 violeurs comme celle de l'ogre Depardieu : avec frissons et effroi. Ces contes n'ont qu'une seule vocation : nous faire croire aux monstres. Sans grande surprise, ces derniers mois furent encore riches en d&#233;voilements d'affaires de viols et d'agressions sexuelles. Apr&#232;s les multiples dossiers li&#233;s &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec l'affaire de Mazan, certains m&#233;dias ont enfin parl&#233; de &#171; culture du viol &#187;, mais cela n'a suscit&#233; que trop peu de d&#233;bats de fond. Globalement, on nous raconte l'histoire de Mazan et ses 49 violeurs comme celle de l'ogre Depardieu : avec frissons et effroi. Ces contes n'ont qu'une seule vocation : nous faire croire aux monstres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_234_234_06_mraupp_culviol_2_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH386/web_234_234_06_mraupp_culviol_2_1200px-05527.jpg?1783765431' width='500' height='386' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Manon Raupp
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;ans grande surprise, ces derniers mois furent encore riches en d&#233;voilements d'affaires de viols et d'agressions sexuelles. Apr&#232;s les multiples dossiers li&#233;s &#224; l'abject G&#233;rard Depardieu (soutenu par notre cher pr&#233;sident !), les accusations de Judith Godr&#232;che pour viol sur mineure contre le r&#233;alisateur Beno&#238;t Jacquot ou les r&#233;v&#233;lations sur le pr&#233;dateur abb&#233; Pierre cet &#233;t&#233;, on encha&#238;ne avec une rentr&#233;e les yeux riv&#233;s sur le proc&#232;s des viols Mazan. En r&#233;action, ce 14 septembre dernier, des manifestations ont &#233;t&#233; organis&#233;es un peu partout en France. D&#233;couvrant soudainement que les viols existent en dehors des m&#233;faits de quelques pervers ou agresseurs de parking, les m&#233;dias embrayent. On voit m&#234;me les r&#233;dactions parler de &#171; culture du viol &#187;, dont l'affaire Mazan serait une nouvelle d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2012, suite &#224; trois affaires de viols en r&#233;union&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daisy Coleman (14 ans) et Paige Parkhurst (13 ans) par des lyc&#233;ens &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui avaient scandalis&#233; l'opinion, la presse mainstream &#233;tats-unienne avait fait sortir ce concept sociologique des sph&#232;res universitaires. Le temps serait-il venu d'avoir une illumination collective sur les tenants et les aboutissants de la culture du viol ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Point de remise en cause du sexisme ordinaire, de la d&#233;pendance mat&#233;rielle des femmes &#224; leur conjoint. Point de questionnement autour du mod&#232;le de la cellule familiale, dans laquelle le p&#232;re fait sa loi.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes, le nombre, mais aussi les profils des accus&#233;s qui d&#233;filent &#224; la barre du tribunal d'Avignon pour le proc&#232;s Mazan, terriblement banals, imposent de regarder le viol comme ce qu'il a toujours &#233;t&#233; : un fait social, quotidien, qui a g&#233;n&#233;ralement lieu en famille, dans un couple ou un groupe d'ami&#183;es. Un crime normalis&#233;, encourag&#233; et prot&#233;g&#233; par une id&#233;ologie solide dont nous sommes toutes et tous profond&#233;ment impr&#233;gn&#233;&#183;es. Pourtant, le sordide de l'affaire appelle peu de d&#233;bats de fond. L'opinion condamne, sur les plateaux t&#233;l&#233; comme dans la rue, mais on nous raconte surtout l'histoire de Mazan et ses 49 violeurs comme celle de l'ogre Depardieu : avec frissons et effroi. Et ces contes n'ont qu'une seule vocation : nous faire croire aux monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de remise en cause du sexisme ordinaire, de la d&#233;pendance mat&#233;rielle des femmes &#224; leur conjoint qui les contraignent &#224; subir des plus petites violences quotidiennes aux viols conjugaux. Point non plus de questionnement autour du mod&#232;le de la cellule familiale, dans laquelle le p&#232;re fait sa loi. Non, la m&#233;diatisation de ces affaires ne s'attaque pas r&#233;ellement &#224; la culture du viol, que l'essayiste f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert d&#233;crit comme un ensemble de st&#233;r&#233;otypes que nous v&#233;hiculons toutes et tous, et qui permet aux hommes d'exercer un pouvoir sur les corps, en toute impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ne s'en prennent pas non plus aux productions culturelles, dont ils font bien s&#251;r partie, qui diffusent et transmettent de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration ses clich&#233;s sexistes mortif&#232;res. Genevi&#232;ve Sellier d&#233;cortique plus loin les rouages de l'industrie capitaliste du cin&#233;ma, une machine bien huil&#233;e aux mains d'hommes &#224; l'ego d&#233;lirant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;We are coming !&lt;/i&gt; clamait r&#233;cemment un documentaire &#233;patant de la camarade Nina Faure. Mais ne pas se leurrer : &#231;a va prendre du temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;daction de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire dans ce dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Affaire de Mazan : les m&#233;dias &#224; la ramasse&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son ouvrage &lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Val&#233;rie Rey-Robert, essayiste et f&#233;ministe, d&#233;finissait en 2021 ce qu'est la culture du viol. Selon elle, le traitement m&#233;diatique du proc&#232;s de Mazan encourage surtout des st&#233;r&#233;otypes qui en font partie et qu'il nous faut combattre. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Objets de leurs violences : deux r&#233;cits&lt;/strong&gt; &#8211; Les violences se pensent mais d'abord elles se vivent. Avec les agressions physiques, c'est aussi toute une vision du monde qui flanche. T&#233;moignages de ce vertige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Au nom du p&#232;re&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son ouvrage &lt;i&gt;En bons p&#232;res de famille&lt;/i&gt;, la militante et f&#233;ministe Rose Lamy diss&#232;que le mythe du patriarche, figure bien moins innocente qu'elle n'y para&#238;t. D&#233;cortiquant les discours qui entretiennent sa bienveillance, elle expose les m&#233;canismes par lesquels ses violences sont rendues invisibles, voire &#171; normales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abus sexistes dans le cin&#233;ma : &#171; Les forteresses sont bien gard&#233;es &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Genevi&#232;ve Sellier, autrice du livre &lt;i&gt;Le Culte de l'auteur &#8211; Les d&#233;rives du cin&#233;ma fran&#231;ais&lt;/i&gt;, nous aide &#224; comprendre le syst&#232;me qui fait du 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art un lieu privil&#233;gi&#233; d'emprise sur les femmes. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Daisy Coleman (14 ans) et Paige Parkhurst (13 ans) par des lyc&#233;ens &#224; Maryville (Missouri, &#201;tats-Unis), une lyc&#233;enne par des &#233;tudiants &#224; Steubenville (Ohio, &#201;tats-Unis) et Jyoti Singh, &#233;tudiante, par des hommes &#224; New Delhi (Inde), entra&#238;nant sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au sommaire du n&#176;234</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no234-en-kiosque</link>
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		<dc:date>2024-10-13T22:50:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>
		<dc:subject>Aldo Seignourel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce n&#176;234 d'octobre 2024, on revient avec Val&#233;rie Rey-Robert sur ce qu'est la culture du viol dans un dossier de quatre pages, avec en toile de fond l'affaire des viols de Mazan. On aborde le culte du patriarche et les violences sexistes dans le cin&#233;ma d'auteur. Hors-dossier, Vincent Tiberj d&#233;construit le mythe de la droitisation de la France. On se penche sur les centres d'accueil pour demandeurs d'asile en Italie, avant de revenir sur la gr&#232;ve victorieuse des femmes de chambres d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aldo-Seignourel" rel="tag"&gt;Aldo Seignourel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/web_cqfd_234_une_1200px-2-41526.jpg?1783765431' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce n&#176;234 d'octobre 2024, on revient avec Val&#233;rie Rey-Robert sur ce qu'est la culture du viol dans un dossier de quatre pages, avec en toile de fond l'affaire des viols de Mazan. On aborde le culte du patriarche et les violences sexistes dans le cin&#233;ma d'auteur. Hors-dossier, Vincent Tiberj d&#233;construit le mythe de la droitisation de la France. On se penche sur les centres d'accueil pour demandeurs d'asile en Italie, avant de revenir sur la gr&#232;ve victorieuse des femmes de chambres d'un h&#244;tel de luxe &#224; Marseille. Enfin, on sollicite votre soutien pour sortir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; de la d&#232;che !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5795 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_cqfd_234_une_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/web_cqfd_234_une_1200px-9dfd7.jpg?1783765432' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Manon Raupp
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En couverture : &lt;/strong&gt; &#171; Culture du viol : ne plus croire aux monstres &#187;, par &lt;a href=&#034;https://manonraupp.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier | On cultive encore les monstres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/On-cultive-encore-les-monstres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Introduction au dossier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Avec l'affaire de Mazan, certains m&#233;dias ont enfin parl&#233; de &#171; culture du viol &#187;, mais cela n'a suscit&#233; que trop peu de d&#233;bats de fond. Globalement, on nous raconte l'histoire de Mazan et ses 49 violeurs comme celle de l'ogre Depardieu : avec frissons et effroi. Ces contes n'ont qu'une seule vocation : nous faire croire aux monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Affaire-Mazan-les-medias-a-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Affaire de Mazan : les m&#233;dias &#224; la ramasse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son ouvrage &lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Val&#233;rie Rey-Robert, essayiste et f&#233;ministe, d&#233;finissait en 2021 ce qu'est la culture du viol. Selon elle, le traitement m&#233;diatique du proc&#232;s de Mazan encourage surtout des st&#233;r&#233;otypes qui en font partie et qu'il nous faut combattre. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Objets de leurs violences : deux r&#233;cits&lt;/strong&gt; &#8211; Les violences se pensent mais d'abord elles se vivent. Avec les agressions physiques, c'est aussi toute une vision du monde qui flanche. T&#233;moignages de ce vertige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Au nom du p&#232;re&lt;/strong&gt; &#8211; Dans son ouvrage &lt;i&gt;En bons p&#232;res de famille&lt;/i&gt;, la militante et f&#233;ministe Rose Lamy diss&#232;que le mythe du patriarche, figure bien moins innocente qu'elle n'y para&#238;t. D&#233;cortiquant les discours qui entretiennent sa bienveillance, elle expose les m&#233;canismes par lesquels ses violences sont rendues invisibles, voire &#171; normales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-forteresses-sont-bien-gardees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Abus sexistes dans le cin&#233;ma : &#171; Les forteresses sont bien gard&#233;es &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Genevi&#232;ve Sellier, autrice du livre &lt;i&gt;Le Culte de l'auteur &#8211; Les d&#233;rives du cin&#233;ma fran&#231;ais&lt;/i&gt;, nous aide &#224; comprendre le syst&#232;me qui fait du 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art un lieu privil&#233;gi&#233; d'emprise sur les femmes. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_5793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_234_groupechiencolor_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH461/web_234_groupechiencolor_1200px-2227c.jpg?1783765432' width='500' height='461' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Aldo Seignourel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Deviens-notre-mecene' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Appel &#224; soutien : deviens notre m&#233;c&#232;ne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Puisque ni Rodolphe Saad&#233;, ni Vincent Bollor&#233; et pas m&#234;me Xavier Niel n'ont daign&#233; racheter &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, notre petit canard maigrelet est forc&#233; de rester ind&#233;pendant, libre et impertinent. Mais pour continuer &#224; exister, il a besoin de vous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Anatomie-d-une-lutte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Anatomie d'une lutte&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; &#192; Marseille, en plein Jeux olympiques, les femmes de chambre du Radisson Blu ont d&#233;fi&#233; leur employeur en tenant le piquet de gr&#232;ve pendant deux mois au milieu des touristes du Vieux-Port. Entre man&#339;uvres, pressions et solidarit&#233;, retour sur une lutte qui, pour une fois, s'est sold&#233;e par une (quasi) victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/En-haut-a-droite-en-bas-a-gauche' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En haut &#224; droite, en bas &#224; gauche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; La France n'aurait jamais &#233;t&#233; autant de droite ? Une id&#233;e re&#231;ue que le politiste Vincent Tiberj d&#233;monte dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;La droitisation fran&#231;aise &#8211; mythe et r&#233;alit&#233;s&lt;/i&gt;. Selon lui, les opinions progressistes gagnent au contraire du terrain. Ce sont surtout les &#233;lites qui se droitisent, et non sans risque. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Demandeurs-d-asile-assignes-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En Italie, des demandeurs d'asile assign&#233;s &#224; r&#233;sidence&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; De f&#233;vrier &#224; juin 2024, Malima Matonya a travaill&#233; dans un centre d'accueil pour les demandeur&#183;euses d'asile situ&#233; dans la p&#233;riph&#233;rie de Turin. Dans ces lieux o&#249; les conditions de vie sont de plus en plus pr&#233;caires, les r&#232;gles qu'impose l'&#201;tat entra&#238;nent une quasi assignation &#224; r&#233;sidence des exil&#233;&#183;es. T&#233;moignage de l'int&#233;rieur du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ultras politiques ?&lt;/strong&gt; &#8211; Le 14 septembre, le Commando Ultra 84, plus vieux groupe ultra de France, organisait un cort&#232;ge avant le match OM-Nice pour f&#234;ter ses 40 ans. Dans la foule, les supporteur&#183;ices marseillais&#183;es affichent leurs tendances politiques. Mais qu'en est-il vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Capture d'&#233;cran | &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Flamme-Ozempic' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Flamme Ozempic&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Les bas-fonds des r&#233;seaux sociaux, c'est la jungle, un conglom&#233;rat de zones de non-droits o&#249; r&#232;gnent app&#226;t du gain, d&#233;sinformation et innovations p&#233;t&#233;es. On y a envoy&#233; en reportage exclusif la t&#233;m&#233;raire Constance Vilanova, pour une chronique mensuelle, dont voici la premi&#232;re mouture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sur la Sellette | Choc carc&#233;ral &lt;/strong&gt; &#8211; En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A&#239;e tech | Souriez, vous &#234;tes algorithmis&#233;s&lt;/strong&gt; &#8211; Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Vingti&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; aux biais par lesquels nous sont impos&#233;s les barreaux de notre technoprison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dans mon salon | Yachting : la monstrueuse parade&lt;/strong&gt; &#8211; Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Le Salon du yacht, &#224; Cannes, est l'occasion de c&#244;toyer l'univers stratosph&#233;rique des grandes fortunes de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lu dans &lt;i&gt;L'&#194;ge de faire&lt;/i&gt; | Renard de vivre&lt;/strong&gt; &#8211; Dans l'&#233;dition de septembre de &lt;i&gt;L'&#194;ge de faire&lt;/i&gt;, on est all&#233; p&#234;cher un entretien des plus int&#233;ressants avec Michel Pritzy, &#233;leveur dans le Doubs et ami des renards. Class&#233; comme esp&#232;ce nuisible, cet animal rec&#232;le pourtant des qualit&#233;s insoup&#231;onn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; culture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-empire-des-murs-contre-attaque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'empire des murs contre-attaque&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans les ann&#233;es 1990, beaucoup pensaient qu'ils &#233;taient vou&#233;s &#224; l'extinction, sous l'effet conjugu&#233; de la chute du Mur de Berlin, de la mondialisation et des instances internationales. Las ! En 2024, les murs et barri&#232;res frontaliers prosp&#232;rent plus que jamais, ce que d&#233;crypte Damien Simonneau dans &lt;i&gt;Pourquoi s'emmurer ?&lt;/i&gt;. Lecture et dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Minots : br&#251;ler l'uniforme (plut&#244;t que la plan&#232;te)&lt;/strong&gt; &#8211; Militant passionn&#233; de l'&#233;ducation comme bien commun et outil &#233;mancipateur, Raymond Millot est parti cet &#233;t&#233;, laissant derri&#232;re lui un dernier livre, qui se r&#233;clame d'une utopie concr&#232;te : &lt;i&gt;Bifurquer&#8230; Changer l'ordre mill&#233;naire&lt;/i&gt; (Massot, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-premiers-punks-etaient-ils' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les premiers punks &#233;taient-ils anarchistes ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Autant chercheur et musicien que punk, Jim Donaghey a travaill&#233; des ann&#233;es sur les liens entre les d&#233;buts de la contre&#8209;culture punk et les valeurs anarchistes. Une histoire complexe o&#249; ceux qui s'en vantent le moins semblent y adh&#233;rer le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-guide-du-non-tourisme' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le guide du non-tourisme&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Aude Vidal est une camarade, journaliste et anthropologue, f&#233;ministe et bien pench&#233;e sur les questions d'&#233;cologie. Son nouveau livre, &lt;i&gt;D&#233;vorer le monde&lt;/i&gt; (Payot, 2024), est en librairie depuis septembre. Compilation de r&#233;flexions, exp&#233;riences et recherches sur les ravages du tourisme, il s'avale en une bouch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Non-assistance-a-minots-en-danger' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Non-assistance &#224; minots en danger&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Re-re-re-re-rebelote' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Re-re-re-re rebelote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'animal du mois : la taupe anti-tech&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; - (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Une en PDF&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5796 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/web_cqfd_234_une_1200px.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 131.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;manteler les id&#233;es masculinistes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Demanteler-les-idees-masculinistes</link>
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		<dc:date>2024-02-02T11:12:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au lendemain du scandale Depardieu, l'antif&#233;minisme ambiant prosp&#232;re, l&#233;gitim&#233; &#224; chaque prise de parole publique portant le doute sur les victimes ou en soutien aux agresseurs. Les violences sexistes et sexuelles, elles, ne diminuent pas. La journaliste Pauline Ferrari nous en dit plus sur le r&#244;le des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques dans la propagation des st&#233;r&#233;otypes sexistes, et sur l'importance &#8211; pour tout le monde &#8211; de s'&#233;duquer aux m&#233;dias. D&#233;cembre nous a laiss&#233; comme un arri&#232;re-go&#251;t amer, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-227-fevrier-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 227 (f&#233;vrier 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH90/vssvignette-ae81f.png?1783765432' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain du scandale Depardieu, l'antif&#233;minisme ambiant prosp&#232;re, l&#233;gitim&#233; &#224; chaque prise de parole publique portant le doute sur les victimes ou en soutien aux agresseurs. Les violences sexistes et sexuelles, elles, ne diminuent pas. La journaliste Pauline Ferrari nous en dit plus sur le r&#244;le des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques dans la propagation des st&#233;r&#233;otypes sexistes, et sur l'importance &#8211; pour tout le monde &#8211; de s'&#233;duquer aux m&#233;dias.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_227_04_vss_manon_illustration_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/web_227_04_vss_manon_illustration_1200px-dc301.jpg?1783765432' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Manon Raupp
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;cembre nous a laiss&#233; comme un arri&#232;re-go&#251;t amer, puant l'entre-soi et le d&#233;ni. Alors qu'on le questionne sur la possibilit&#233; de retirer la L&#233;gion d'honneur &#224; G&#233;rard Depardieu &#8211; vis&#233; par trois plaintes, dont deux pour viols, et affich&#233; comme pr&#233;dateur sexuel de longue date dans l'&#233;mission Compl&#233;ment d'enqu&#234;te&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; G&#233;rard Depardieu : la chute de l'ogre &#187;, 07/12/2023. Disponible jusqu'au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; Emmanuel Macron montre qu'il a clairement choisi son camp : &#171; &lt;i&gt;Je suis un grand admirateur de G&#233;rard Depardieu. [&#8230;] il rend fi&#232;re la France&lt;/i&gt; &#187;, ajoutant qu'il d&#233;teste les &#171; &lt;i&gt;chasses &#224; l'homme&lt;/i&gt; &#187;. Tout autour se lance la valse de tribunes, &#233;ditos et p&#233;titions de soutien venues du monde m&#233;diatique et &#171; intellectuel &#187; parisien, proclamant : &#171; &#231;a va, c'est G&#233;g&#233; ! &#187;. La fin d'ann&#233;e 2023 semble ent&#233;riner le triomphe d'un processus vu et revu : face aux avanc&#233;es f&#233;ministes, le &lt;i&gt;backlash&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduit de l'anglais par &#171; contrecoups &#187;, il s'agit surtout d'un essai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; des &#233;lites est syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, comme l'explique la sociologue et membre du collectif Les mots sont importants (LMSI), Sylvie Tissot, l'ann&#233;e 2024 commence en r&#233;alit&#233; par une victoire f&#233;ministe : &#171; &lt;i&gt;L'op&#233;ration sauvetage de &#8220;G&#233;g&#233;&#8221; a compl&#232;tement capot&#233;. Et avec elle, la vieille rh&#233;torique mascu &lt;/i&gt; &#187; : s&#233;parer l'homme de l'artiste, excuser la misogynie, charger les victimes. Une &#171; &lt;i&gt; victoire &lt;/i&gt; &#187; arrach&#233;e par des d&#233;cennies de mouvements f&#233;ministes, illustrant que &#171; &lt;i&gt;seules les luttes modifient les rapports de pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. Le message est clair : se r&#233;jouir et continuer d'autant plus le combat. Car chaque ann&#233;e qui passe am&#232;ne son lot de victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) &lt;i&gt;[voir encadr&#233;]&lt;/i&gt;. Et Sylvie Tissot de conclure : &#171; &lt;i&gt;Pensons aussi aux femmes qui, en attendant d'autres victoires, continuent &#224; travailler gratuitement, &#224; faire &#224; manger aux hommes, &#224; les soigner, &#224; les &#233;couter, et, par-dessus le march&#233;, &#224; se faire taper, humilier, violer, tuer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son 6e &#233;tat des lieux du sexisme en France sorti le 22 janvier, le Haut Conseil &#224; l'&#201;galit&#233; entre les femmes et les hommes (HCE) explique que, malgr&#233; certaines avanc&#233;es f&#233;ministes, il y a un &#171; &lt;i&gt;d&#233;calage entre cette prise de conscience et le maintien des st&#233;r&#233;otypes qui continuent de forger les mentalit&#233;s et les comportements&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport annuel 2024 sur l'&#233;tat des lieux du sexisme en France &#8211; S'attaquer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; ; et qu'il s'agit de combattre le sexisme l&#224; o&#249; il na&#238;t : dans la famille, &#224; l'&#233;cole et par le num&#233;rique. Alors que les deux premiers univers sont plut&#244;t connus, on a voulu en savoir plus sur le r&#244;le des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques (RSN) et des discours m&#233;diatiques dans la perp&#233;tuation des VSS. La journaliste Pauline Ferrari, sp&#233;cialiste des nouvelles technologies et des questions de genre, intervenante sur l'&#233;ducation aux m&#233;dias (EMI) en Seine-Saint-Denis, et autrice de l'ouvrage &lt;i&gt;Form&#233;s &#224; la haine des femmes &#8211; Comment les masculinistes infiltrent les r&#233;seaux sociaux&lt;/i&gt; (JC Latt&#232;s, 2023) r&#233;pond &#224; nos questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous commencez votre ouvrage en parlant de la prolif&#233;ration des discours masculinistes &lt;i&gt;[voir encadr&#233;]&lt;/i&gt; chez les jeunes qui assistent &#224; vos ateliers d'EMI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'on parle du masculinisme, on a souvent en t&#234;te l'image un peu ridicule du geek frustr&#233; qui insulte les femmes sur des forums obscurs depuis sa chambre. Quand j'ai commenc&#233; l'EMI, j'ai &#233;t&#233; &#233;tonn&#233;e de retrouver ces discours dans la bouche d'&#233;l&#232;ves de 15 ou 16 ans qui ne correspondaient pas &#224; cette image et j'ai constat&#233; une importante polarisation dans cette jeunesse : d'un c&#244;t&#233;, celle qui est beaucoup plus progressiste et lucide que je pouvais l'&#234;tre &#224; leur &#226;ge sur des questions de f&#233;minisme, d'antiracisme, d'&#233;cologie et de droits LGBT ; de l'autre, une jeunesse qui se renferme sur elle-m&#234;me &#224; coups de remarques misogynes et de positions tr&#232;s binaires et affirm&#233;es sur ces questions &#8211; qui sont parfois juste de la provocation. Pour certains, le f&#233;minisme, l'antiracisme ou la culture queer sont des moyens de s'&#233;manciper et de trouver des r&#233;ponses. Et pour d'autres, l'antif&#233;minisme offre des sch&#233;mas de pens&#233;e tr&#232;s simples et rassurants dans cette grande confusion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous mettez en avant le r&#244;le central des RSN dans la propagation de ces id&#233;es aupr&#232;s des plus jeunes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette g&#233;n&#233;ration a grandi avec un internet tr&#232;s diff&#233;rent de celui que j'ai connu adolescente. Les RSN sont tr&#232;s polaris&#233;s, en particulier &#224; cause des algorithmes de recommandation qui favorisent la joute verbale, les sujets clivants, les violences et les contenus &#8220;extr&#234;mes&#8221;. Une enqu&#234;te du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2021, le Wall Street Journal a men&#233; une enqu&#234;tepour comprendre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; a montr&#233; qu'un utilisateur d'un compte TikTok int&#233;ress&#233; par la sant&#233; mentale allait, en quelques heures de visionnage de vid&#233;os, se retrouver dans une boucle de contenus sur la d&#233;pression et le suicide. Ou qu'un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral pour la politique m&#232;ne rapidement &#224; la consultation de contenus n&#233;onazis &#8211; alors que beaucoup de contenus f&#233;ministes sont censur&#233;s, sur les questions de sexualit&#233; notamment.
C'est quelque chose que les influenceurs masculinistes ont tr&#232;s bien compris. Ils adaptent leurs strat&#233;gies et leurs contenus pour qu'ils &#8220;poppent&#8221; dans le fil d'actualit&#233; des jeunes gar&#231;ons : des vid&#233;os courtes, peu ch&#232;res &#224; produire, avec des phrases chocs. Et donc un potentiel de viralit&#233; tr&#232;s fort, parce que ces contenus provoquent &#233;norm&#233;ment de r&#233;actions, qu'elles soient tr&#232;s positives ou tr&#232;s n&#233;gatives. L'algorithme va le voir comme un contenu &#8220;populaire&#8221; et le mettre en avant pour avoir toujours plus de &#8220;vues&#8221; : la logique de fonctionnement des RSN participe, de fait,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#224; propager ces id&#233;es antif&#233;ministes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pointez la responsabilit&#233; des personnalit&#233;s publiques qui, dans le &#171; monde r&#233;el &#187;, l&#233;gitiment ces propos&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une chose de consommer des contenus antif&#233;ministes en ligne, c'en est une autre de les relayer en tant que personnalit&#233; m&#233;diatique. Que ce soit quand Macron soutient Depardieu, quand Michel Drucker remet en question les violences d&#233;nonc&#233;es par la journaliste Marie Portolano ou quand Johnny Depp est acclam&#233; &#224; Cannes&#8230; toutes ces prises de position contribuent &#224; remettre en question la parole des victimes de VSS, &#224; propager l'id&#233;e que les femmes ont des raisons de mentir ou qu'elles sont responsables de ce qui leur arrive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous cherchez &#224; d&#233;mystifier la figure du monstre ou du marginal violent qui d&#233;teste les femmes. Les id&#233;es masculinistes sont-elles plus r&#233;pandues ou normalis&#233;es que ce qu'on pourrait croire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rose Lamy vient de publier un livre sur la figure du monstre, et sur comment les hommes violents pointent toujours &#8220;pire&#8221; qu'eux &#8211; les marginaux, les &#233;trangers, les violeurs en s&#233;rie &#8211; pour se d&#233;douaner et invisibiliser leurs propres violences&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En bons p&#232;res de famille (JC Latt&#232;s, 2023).&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. C'est bien pratique de pointer du doigt ceux qui sont cens&#233;s repr&#233;senter le curseur extr&#234;me de la misogynie, alors que tous ceux qui d&#233;nigrent ou remettent en question la parole des femmes, sont violents verbalement ou physiquement, participent de ce continuum de violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a des liens ind&#233;niables entre l'antif&#233;minisme et l'extr&#234;me droite, d'abord id&#233;ologiquement, mais aussi parce qu'ils sont un terreau de recrutement cons&#233;quent. L'historienne du f&#233;minisme Christine Bard parle d'une &#8220;&lt;i&gt;intersectionalit&#233; des haines&lt;/i&gt;&#8221; qui ne vise pas que les femmes, mais aussi les personnes LGBT, les personnes trans et les personnes racis&#233;es. En r&#233;alit&#233; le masculinisme traverse toutes les classes sociales, tous les camps politiques, y compris &#224; l'extr&#234;me gauche ou dans les milieux anars ou communistes. La misogynie est un peu le socle de haine universelle&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jeunes sont souvent pr&#233;sent&#233;s de mani&#232;re condescendante et paternaliste, comme gobant b&#234;tement tout ce que propagent les RSN. Une id&#233;e que vous combattez&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut arr&#234;ter de les prendre pour des idiots. C'est un biais qu'on a depuis les ann&#233;es 1990 en ce qui concerne le num&#233;rique : les jeunes seraient compl&#232;tement abrutis par les &#233;crans. C'est s&#251;r que les &#233;crans posent des probl&#232;mes (addiction, trouble de la concentration, d&#233;r&#233;gulation du sommeil), mais cela concerne tout le monde ! Les jeunes que je rencontre sont tr&#232;s conscients de la mani&#232;re dont fonctionnent les RSN, des diff&#233;rences entre un m&#233;dia et un influenceur, de ce qu'est un partenariat r&#233;mun&#233;r&#233;, de comment fonctionne un algorithme. Ils ont parfois besoin de cl&#233;s de lecture en plus, mais ils sont conscients de ce qu'ils regardent et consomment. C'est pour &#231;a que je crois beaucoup &#224; l'&#233;ducation comme moyen de d&#233;mant&#232;lement des id&#233;es masculinistes, pour les accompagner dans leur compr&#233;hension d'un environnement m&#233;diatique qui n'est pas &#233;vident. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la responsabilit&#233; des m&#233;dias dans cette propagation des id&#233;es masculinistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils traitent d'abord tr&#232;s mal les questions de cyberviolences, comme le cyberharc&#232;lement ou le &lt;i&gt;revenge porn&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;lit puni par la loi qui consiste &#224; diffuser en ligne du contenu &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, parce qu'ils consid&#232;rent internet comme un espace &#233;tanche et sans trop de cons&#233;quences sur la vie r&#233;elle. Cela revient &#224; dire, face &#224; des insultes et des menaces de mort en ligne : &#8220;il suffit d'&#233;teindre ton t&#233;l&#233;phone&#8221;. C'est, l&#224; aussi, une mani&#232;re de responsabiliser la victime. Internet, les RSN et les jeux vid&#233;os, qui rel&#232;vent de la culture populaire, sont facilement d&#233;nigr&#233;s d&#232;s qu'il s'agit de parler de violences antif&#233;ministes. On oublie vite qu'on les retrouve aussi dans les m&#233;dias traditionnels, mais dans une version plus &#8220;m&#233;diatiquement correcte&#8221;, sous forme de fait-divers ou de sensationnel&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'ouvrage de Rose Lamy : D&#233;faire le discours sexiste dans les m&#233;dias, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Une sorte d'antif&#233;minisme &#224; la sauce bourgeoise qui se d&#233;douane en pointant du doigt les classes populaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous mettez en avant l'id&#233;e d'une &#171; &lt;i&gt;&#233;ducation &#224; la vie affective et sexuelle&lt;/i&gt; &#187; pour lutter contre les clich&#233;s sexistes et les st&#233;r&#233;otypes de genre&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est autour de ces questions que les argumentaires masculinistes peuvent ressortir, parce qu'on parle du corps, de sa relation aux autres et aux femmes, du plaisir. &#192; 16 ans, sans dialogue avec les parents, face aux conseils pas forc&#233;ment avis&#233;s des potes, les jeunes se tournent vers les RSN pour trouver des r&#233;ponses, c'est normal. Il s'agit d'engager un dialogue. L'important c'est de ne pas laisser l'&#233;ducation &#224; la sexualit&#233; aux RSN, tout en essayant de d&#233;coder ce qu'ils peuvent voir en ligne gr&#226;ce &#224; l'EMI. Il faut aussi des espaces, en ligne ou hors ligne, o&#249; ils peuvent parler de sant&#233; mentale, exprimer des &#233;motions autres que la col&#232;re et la haine envers les autres et eux-m&#234;mes, tout en ayant des conseils de vrais professionnels &#8211; et non d'autres mecs qui s'engrainent entre eux &#224; dire qu'il faut ha&#239;r les meufs parce que tout est de leur faute.
Le probl&#232;me, c'est qu'il y a moins de 15 % des coll&#232;ges et lyc&#233;es en France qui mettent en pratique ces cours. La loi de 2001&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi de 2001 pr&#233;voit qu'une information et une &#233;ducation &#224; la vie sexuelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; n'est pas appliqu&#233;e, par manque de volont&#233; politique et de moyens. Les profs n'ont pas le temps de les mettre en place et il n'y a souvent pas de financements pour faire venir des assos ext&#233;rieures dont c'est le m&#233;tier. Depuis l'abandon de l'ABCD de l'&#233;galit&#233; en 2014&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dispositifs d'enseignements de lutte contre le sexisme et les st&#233;r&#233;otypes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;, il y a eu tellement de pol&#233;miques et de coups de pression de la droite et de l'extr&#234;me droite, que les &#233;tablissements ont tr&#232;s peur de froisser les parents et des r&#233;percussions que &#231;a pourrait avoir. En fait, c'est le monde des adultes qui a peur d'aborder certains sujets, qui croit que c'est compliqu&#233; d'en parler avec des ados, qu'ils ne vont pas comprendre ou que &#231;a va les perturber. Dans ma derni&#232;re classe de 6e, parler de transidentit&#233; n'a pos&#233; aucun souci et le sujet a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233; en 5 minutes. En ne sortant pas de cette vision condescendante de la jeunesse, on s'emp&#234;che de les accompagner, de les aider &#224; faire le tri. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Et qu'est-ce qu'on pourra faire des adultes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis persuad&#233;e qu'il faudrait une vraie &#233;ducation aux m&#233;dias et &#224; l'information pour toutes les g&#233;n&#233;rations, et encore plus peut-&#234;tre pour les moins jeunes. Une &#233;tude &#233;tasunienne de 2016 sur la propension &#224; propager des &lt;i&gt;fake news&lt;/i&gt; constatait que c'&#233;tait les plus de 65 ans qui en partageaient le plus&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les seniors, premiers colporteurs de fausses nouvelles &#187;, Le Temps, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;[tout comme on sait que l'&#226;ge moyen des t&#233;l&#233;spectateurs de TPMP, &#233;mission &#8220;branch&#233;e&#8221; habitu&#233;e &#224; propager des discours racistes, sexistes et homophobes, &#233;tait de 52 ans en 2022, ndlr]. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder &lt;/div&gt;&lt;/i&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violences sexistes et sexuelles, de quoi parle-t-on ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s, les VSS d&#233;signent &#171; &lt;i&gt; tout acte pr&#233;judiciable commis &#224; l'encontre d'un individu sur la base de son genre [&#8230;] et sont ancr&#233;es dans les in&#233;galit&#233;s de genre, l'abus de pouvoir et les normes pernicieuses.&lt;/i&gt; &#187; Elles sont de natures diverses (sexuelle, mentale, &#233;conomique, physique), de gravit&#233;s variables (de l'injure sexiste au viol, en passant par la manipulation) et forment un continuum : elles sont li&#233;es entre elles et, de la gifle au f&#233;minicide, ont pour objectif de contr&#244;ler les femmes. Selon l'organisation f&#233;ministe NousToutes, chaque ann&#233;e en France, plus d'une centaine de femmes sont tu&#233;es par leur conjoint ou ex-conjoint ; 213 000 femmes (&#226;g&#233;es de 18 &#224; 75 ans) d&#233;clarent avoir &#233;t&#233; victimes de violences physiques ou sexuelles ; 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viol.
Victimes de violences ou t&#233;moin&#183;tes ? Parlez-en. Appel gratuit et anonyme au 3919, ou au 0800 05 95 95 (du lundi au vendredi, de 9 h &#224; 22 h). Des ressources existent autour des VSS subies par les minorit&#233;s de genre, personnes musulmanes ou en situation de handicap sur le site de l'association : noustoutes.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;es masculinistes et antif&#233;ministes&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Les propos masculinistes et antif&#233;ministes ont en commun de s'opposer aux changements sociaux port&#233;s par les mouvements f&#233;ministes, pour pr&#233;server le patriarcat, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; les hommes exercent le pouvoir (politique, &#233;conomique, culturel et id&#233;ologique), dictent les r&#232;gles et dominent les femmes &#8211; jug&#233;es inf&#233;rieures &#8211; avec une relative impunit&#233;. Id&#233;ologies r&#233;actionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires, elles pr&#233;tendent aussi devoir r&#233;habiliter une condition masculine soi-disant mise &#224; mal, tout en minimisant, invisibilisant ou justifiant les in&#233;galit&#233;s de genre, et les violences faites aux personnes qui ne rentrent pas dans leur vision du monde binaire et h&#233;t&#233;ropatriarcale&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'informations, lire notamment l'ouvrage coordonn&#233; par Christine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;. Sous ses formes les plus extr&#234;mes, les masculinistes aspirent &#224; &#171; punir &#187; les femmes et les f&#233;ministes pour leur audace &#224; exiger &#8211; et parfois obtenir &#8211; des changements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; G&#233;rard Depardieu : la chute de l'ogre &#187;, 07/12/2023. Disponible jusqu'au 06/01/2025 sur le site de l'&#233;mission : france.tv.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Traduit de l'anglais par &#171; contrecoups &#187;, il s'agit surtout d'un essai f&#233;ministe parlant du retour de b&#226;ton r&#233;actionnaire aliment&#233; par les m&#233;dias face aux avanc&#233;es f&#233;ministes. &lt;i&gt;Backlash : la guerre froide contre les femmes&lt;/i&gt;, de Susan Faludi (&#233;ditions Des femmes &#8211; Antoinette Fouque, 1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rapport annuel 2024 sur l'&#233;tat des lieux du sexisme en France &#8211; S'attaquer aux racines du sexisme&lt;/i&gt;, disponible sur leur site : haut-conseil-egalite.gouv.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2021, le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; a men&#233; &lt;a href=&#034;https://www.wsj.com/articles/tiktok-algorithm-video-investigation-11626877477&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une enqu&#234;te&lt;/a&gt;pour comprendre le fonctionnement de l'algorithme de Tiktok. Celui-ci, tr&#232;s performant, arrive &#224; cibler tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment les contenus auxquels on est vuln&#233;rables &#8211; et non ceux qui nous int&#233;ressent &#8211; pour nous faire rester sur la plateforme. &#171; Inside TikTok's Algorithm : A WSJ Video Investigation &#187;, 21/07/2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;En bons p&#232;res de famille&lt;/i&gt; (JC Latt&#232;s, 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;lit puni par la loi qui consiste &#224; diffuser en ligne du contenu &#224; caract&#232;re sexuel sans le consentement de la personne concern&#233;e et dans le but de lui nuire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire l'ouvrage de Rose Lamy : &lt;i&gt;D&#233;faire le discours sexiste dans les m&#233;dias&lt;/i&gt;, JC Latt&#232;s, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La loi de 2001 pr&#233;voit qu'une information et une &#233;ducation &#224; la vie sexuelle et affective soit obligatoirement dispens&#233;e &#224; raison d'au moins 3 s&#233;ances annuelles dans les &#233;coles, coll&#232;ges et lyc&#233;es de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dispositifs d'enseignements de lutte contre le sexisme et les st&#233;r&#233;otypes de genre exp&#233;riment&#233;s dans des &#233;coles en 2013, les ABCD de l'&#233;galit&#233; sont abandonn&#233;s par Beno&#238;t Hamon, alors ministre de l'&#201;ducation, suite &#224; des mouvements de protestation de parents d'&#233;l&#232;ves, comme les &#171; Journ&#233;es de retrait de l'&#233;cole &#187;, principalement port&#233;es par Farida Belghoul, proche d'Alain Soral, et largement relay&#233;es par la droite et l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/sciences/seniors-premiers-colporteurs-fausses-nouvelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Les seniors, premiers colporteurs de fausses nouvelles&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, 09/01/2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'informations, lire notamment l'ouvrage coordonn&#233; par Christine Bard, M&#233;lissa Blais et Francis Dupuis-D&#233;ri, &lt;i&gt;Antif&#233;minismes et masculinismes d'hier et d'aujourd'hui&lt;/i&gt;, PUF, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Brest : l'Avenir, c'&#233;tait mieux avant ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Brest-l-Avenir-c-etait-mieux-avant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Brest-l-Avenir-c-etait-mieux-avant</guid>
		<dc:date>2023-10-13T11:29:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien Le Bruchec</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux mois apr&#232;s la d&#233;molition de la salle de quartier autog&#233;r&#233;e qu'il d&#233;fendait, le collectif Pas d'avenir sans Avenir organisait mi-septembre une kermesse sur la place Gu&#233;rin, &#224; Brest. Si le choc de l'expulsion a &#233;t&#233; rude, la d&#233;termination, elle, reste intacte. Samedi 16 septembre, place Gu&#233;rin, quartier Saint-Martin, Brest. La kermesse organis&#233;e par le collectif Pas d'avenir sans Avenir bat son plein. Une chorale chante la r&#233;sistance au milieu des rochers install&#233;s par la municipalit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no223-octobre-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;223 (octobre 2023)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux mois apr&#232;s la d&#233;molition de la salle de quartier autog&#233;r&#233;e qu'il d&#233;fendait, le collectif Pas d'avenir sans Avenir organisait mi-septembre une kermesse sur la place Gu&#233;rin, &#224; Brest. Si le choc de l'expulsion a &#233;t&#233; rude, la d&#233;termination, elle, reste intacte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_223_brestavenir_manonraupp_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/web_223_brestavenir_manonraupp_1200px-ff7d6.jpg?1782641365' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Manon Raupp
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 16 septembre, place Gu&#233;rin, quartier Saint-Martin, Brest. La kermesse organis&#233;e par le collectif Pas d'avenir sans Avenir bat son plein. Une chorale chante la r&#233;sistance au milieu des rochers install&#233;s par la municipalit&#233; pour interdire l'acc&#232;s au site de l'Avenir, espace autog&#233;r&#233; d&#233;moli deux mois plus t&#244;t par les autorit&#233;s.
La vie reprend malgr&#233; tout ses droits sur la place, o&#249; une friteuse tourne &#224; plein r&#233;gime &#224; l'abri d'un barnum. Sous les tilleuls, des bottes de paille sont pr&#234;tes &#224; accueillir nos fessiers. Plus loin, un groupe bricole des bancs destin&#233;s &#224; remplacer ceux que la mairie a confisqu&#233;s parce qu'ils avaient servi de barricades. &#171; Gu&#233;rin, ivre face &#224; la bourgeoisie &#187;, peut-on lire sur une banderole tendue entre les arbres. Un slogan teint&#233; d'ironie qui r&#233;sume l'histoire d'une place festive et populaire, en butte &#224; l'horizon polic&#233; impos&#233; par la municipalit&#233;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Brest : Saint-Martin face &#224; la gentrification &#187;, CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lutte historique pour une salle de quartier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au centre de la discorde, la salle de l'Avenir, construite par le dioc&#232;se en 1898 sur la jeune place Gu&#233;rin pour accueillir les activit&#233;s du patronage catholique. Un si&#232;cle plus tard, elle sert de salle de th&#233;&#226;tre ou de cin&#233;ma, mais re&#231;oit aussi le loufoque Comit&#233; des f&#234;tes de la place Gu&#233;rin, avant d'&#234;tre rachet&#233;e par la Communaut&#233; urbaine de Brest en 2002. &#192; cette &#233;poque, l'association des Amis de la place Gu&#233;rin et de ses alentours s'inqui&#232;te d&#233;j&#224; de plusieurs projets municipaux mena&#231;ant le caract&#232;re populaire du quartier. &#171; &lt;i&gt;Les gens avaient commenc&#233; &#224; se rencontrer. C'est &#224; ce moment-l&#224; que se sont greff&#233;es un certain nombre d'asso, pr&#233;occup&#233;es par l'&#233;tat de l'Avenir&lt;/i&gt; &#187;, se souvient l'ancien bouquiniste de la place. Elles en r&#233;clament la r&#233;novation, unies sous la banni&#232;re du collectif &#171; Quel Avenir ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'Avenir, construit en mat&#233;riaux de r&#233;cup', n'a presque rien co&#251;t&#233;, et s'ancre toujours plus dans les usages&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le conseil municipal opte pour sa d&#233;molition, effective en 2010, tout en s'engageant &#224; financer un b&#226;timent neuf. Puis silence radio jusqu'en septembre 2015, lorsque des &#233;lus annoncent que l'&#233;quipement de quartier promis sera finalement remplac&#233; par un projet immobilier port&#233; par le promoteur Lamotte. &#171; &lt;i&gt;On a totalement pourri la r&#233;union et d&#232;s le lendemain, on lan&#231;ait une p&#233;tition. &#199;a a fait comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans le quartier&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le libraire. La semaine suivante, une assembl&#233;e chauff&#233;e &#224; blanc d&#233;cide de la cr&#233;ation d'un nouveau collectif, Pas d'avenir sans Avenir&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus d'informations sur le blog du collectif : avenir-brest.fr&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Sa premi&#232;re action ? Investir le terrain vague qu'est devenu le site.
Le projet Lamotte est abandonn&#233; en 2016, sans que la mairie ne manifeste l'intention de revenir &#224; son projet initial. &#192; l'automne 2017, le collectif s'attelle donc &#224; la construction d'une salle en dur. Un hangar agricole des environs et un ancien four &#224; pain sont remont&#233;s sur place. Des &#233;lus reviennent &#224; la charge &#224; l'automne 2018 avec un projet de cr&#232;che. L'accueil est mouvement&#233;, l'id&#233;e enterr&#233;e sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e. Au fil des ann&#233;es, la salle de quartier autog&#233;r&#233;e se dote de murs en terre-paille, d'un magnifique pignon vitr&#233; et d'un parquet de qualit&#233;. L'Avenir, construit en mat&#233;riaux de r&#233;cup', n'a presque rien co&#251;t&#233;, et s'ancre toujours plus dans les usages.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un espace r&#233;fractaire &#224; l'ordre marchand&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entre le manque d'espaces d'organisation et le casse-t&#234;te de l'acc&#232;s aux salles existantes, l'Avenir joue pendant 7 ans un r&#244;le essentiel &#224; Brest. Rendez-vous de tout ce que le coin compte de r&#233;fractaires &#224; l'ordre marchand, le lieu enracine une r&#233;sistance salutaire dans un centre-ville en proie &#224; la gloutonnerie des investisseurs et aux pulsions s&#233;curitaires de la pr&#233;fecture.
L'usage est au prix libre, garantissant l'accessibilit&#233; des soir&#233;es propos&#233;es. Les assembl&#233;es hebdomadaires ouvertes s'occupent de coordonner des &#233;v&#233;nements aussi vari&#233;s que nombreux : concerts rap ou punk, soir&#233;es electro ou dub, &lt;i&gt;festo&#249;-noz&lt;/i&gt;, festival d'impression, mais aussi distributions alimentaires, r&#233;unions de collectifs divers, jardinage, boxe, conf&#233;rences&#8230; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; y a m&#234;me f&#234;t&#233; ses 15 ans, en juin 2018 !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'Avenir devient aussi un espace o&#249; ceux rejet&#233;s partout ailleurs retrouvent un semblant de vie sociale&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'Avenir devient aussi un espace o&#249; ceux rejet&#233;s de partout ailleurs retrouvent un semblant de vie sociale. Ce qui ne va pas sans difficult&#233;s pour celles et ceux qui, attach&#233;s &#224; faire vivre le lieu, se confrontent aux &#233;pineuses questions soulev&#233;es par une pr&#233;sence quotidienne de la mis&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Du travail social qui aurait d&#251; incomber &#224; la mairie&lt;/i&gt; &#187;, estime &#201;velyne*, membre du collectif. Le lieu a beau foisonner, il n'en reste pas moins pr&#233;caire. Et c'est dans ce contexte qu'en d&#233;cembre 2020, deux nouveaux conseillers municipaux, Yohann N&#233;d&#233;lec et Gwendal Quiguer&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement adjoint PS au maire de Brest en charge de la tranquillit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, promettent une &#171; main tendue &#187; en direction du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une m&#233;diation &#171; sous les bombes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deux &#233;lus affirment que la pr&#233;fecture a l'Avenir dans le collimateur et se proposent de trouver au lieu un cadre l&#233;gal acceptable pour toutes les parties. &#201;velyne participe &#224; la premi&#232;re rencontre : &#171; &lt;i&gt;Ils ont dit qu'ils &#233;taient&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ouverts &#224; toute forme juridique, quitte &#224; innover&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Ils avaient l'air sinc&#232;re &#224; l'&#233;poque.&lt;/i&gt; &#187; Mais l'affaire sent l'entourloupe quand Yohann N&#233;d&#233;lec annonce publiquement vouloir faire de l'Avenir &#171; &lt;i&gt;un espace cog&#233;r&#233;, construit de fa&#231;on collaborative, ouvert sur la ville, un lieu de passage urbain&lt;/i&gt; &#187;. En clair, un &#171; tiers-lieu &#187; &lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le jargon startupeur, un tiers-lieu est un espace physique ouvert avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; branchouille, &#224; mille lieues des besoins du quartier&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Brest : la gentrification se pare de vert &#187;, CQFD n&#176;201 (septembre 2021).&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif peine &#224; trouver une position commune sur l'attitude &#224; adopter face &#224; la mairie, tandis que les d&#233;bats internes absorbent une bonne part des &#233;nergies. Cette inertie pousse la ville &#224; payer des m&#233;diateurs ext&#233;rieurs, avec l'objectif d'avancer sur la mise aux normes du site. Et puis, en juin dernier, &lt;i&gt;patatras &lt;/i&gt; : les membres de l'Avenir zappent accidentellement un courriel des conciliateurs. Yohann N&#233;d&#233;lec se saisit de ce couac pour mettre le couteau sous la gorge du collectif. Il exige l'arr&#234;t de ses activit&#233;s &#171; &lt;i&gt;jusqu'&#224; nouvel ordre&lt;/i&gt; &#187; et la d&#233;signation de responsables juridiques. Difficilement admissible, tant pour l'Avenir que pour les m&#233;diateurs. &#171; &lt;i&gt;La m&#233;diation sous les bombes ressemble plus &#224; de la reddition et ce n'est pas le genre de la maison&lt;/i&gt; &#187;, indiquent ces derniers dans un courriel adress&#233; au collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se pr&#233;cipite le 27 juillet. Bien inform&#233;e, une centaine de soutiens de l'Avenir se retrouvent de bonne heure sous le crachin brestois. L'entr&#233;e du site et les deux c&#244;t&#233;s de la rue sont lourdement barricad&#233;s. Pourtant, lorsque vers 7 heures les gendarmes mobiles noient la place Gu&#233;rin de lacrymos, il n'y a plus grand-chose &#224; faire. Les affrontements sporadiques qui suivent n'y changent rien : le fruit de huit ann&#233;es d'intense travail collectif est saccag&#233; en quelques heures.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Se r&#233;inventer pour r&#233;sister&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#192; la violence du choc s'ajoute l'obsc&#233;nit&#233; de la com' officielle. Le jour m&#234;me, la m&#233;tropole communique sur une future &#171; &lt;i&gt;concertation pour le devenir de ce site et le r&#244;le qu'il pourrait avoir en termes d'animation et d'attractivit&#233; pour les habitants du quartier &lt;/i&gt; &#187;. Quelques associations tri&#233;es sur le volet re&#231;oivent des courriels en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La kermesse organis&#233;e en cette mi-septembre se veut pr&#233;cis&#233;ment une r&#233;ponse &#224; cet incroyable m&#233;pris. Apr&#232;s un samedi soir de f&#234;te enflamm&#233;e, il s'agit de discuter de la suite, alors que le prix des loyers, les menaces de fermeture administrative pesant sur les bistrots les plus turbulents et l'arriv&#233;e annonc&#233;e de la vid&#233;osurveillance creusent un foss&#233; entre riverains et usagers de Gu&#233;rin. La singularit&#233; de la place tend &#224; s'effriter. Reste au collectif &#224; trouver de nouvelles mani&#232;res de la r&#233;inventer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Damien Le Bruchec &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* Pr&#233;nom modifi&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cqfd-journal.org/Brest-Saint-Martin-face-a-la?debut_meme_rubrique=3&#034;&gt;&#171; Brest : Saint-Martin face &#224; la gentrification &lt;/a&gt; &#187;, CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus d'informations sur le blog du collectif : &lt;a href=&#034;https://avenir-brest.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avenir-brest.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Respectivement adjoint PS au maire de Brest en charge de la tranquillit&#233; urbaine, et conseiller municipal EELV en charge de la participation et des initiatives citoyennes, de l'innovation sociale et des communs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le jargon startupeur, un tiers-lieu est un espace physique ouvert avec des activit&#233;s hybrides. Il sert souvent de parenth&#232;se &#171; sexy &#187; pour transformer des lieux alternatifs en outils d'am&#233;nagement marchand du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cqfd-journal.org/Brest-la-gentrification-se-pare-de&#034;&gt;&#171; Brest : la gentrification se pare de vert&lt;/a&gt; &#187;, CQFD n&#176;201 (septembre 2021).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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