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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le panda &#224; libido z&#233;ro</title>
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		<dc:date>2024-12-03T14:02:20Z</dc:date>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Thibaut Trincklin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin septembre, le zoo d'&#196;ht&#228;ri en Finlande a pris la d&#233;cision conjointe avec la Chine de renvoyer Lumi et Pyry chez eux. Ces deux pandas trop choupis feraient perdre de l'argent au parc animalier. Comment ? Ces pourfendeurs du capitalisme passent leurs journ&#233;es &#224; boulotter des bambous (jusqu'&#224; 40 kilos par jour !) sans prendre la peine de faire des enfants pour attirer les visiteurs. Il faut dire que Pyry n'est f&#233;conde qu'une quarantaine d'heures par an quand Lumi a une libido proche de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Thibaut-Trincklin" rel="tag"&gt;Thibaut Trincklin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/web_235_02_animal_tricklin_620px-f17db.jpg?1782643684' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Thibaut Trincklin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;in septembre, le zoo d'&#196;ht&#228;ri en Finlande a pris la d&#233;cision conjointe avec la Chine de renvoyer Lumi et Pyry chez eux. Ces deux pandas trop choupis feraient perdre de l'argent au parc animalier. Comment ? Ces pourfendeurs du capitalisme passent leurs journ&#233;es &#224; boulotter des bambous (jusqu'&#224; 40 kilos par jour !) sans prendre la peine de faire des enfants pour attirer les visiteurs. Il faut dire que Pyry n'est f&#233;conde qu'une quarantaine d'heures par an quand Lumi a une libido proche de z&#233;ro. Selon une &#233;tude de l'universit&#233; de Zhengzhou et de l'Institut zoologique de l'Acad&#233;mie des sciences de P&#233;kin, celle-ci ne serait pas follement stimul&#233;e par leur captivit&#233;. Les deux &#171; assist&#233;&#183;es &#187; co&#251;teraient ainsi 1,5 million d'euros par an au zoo depuis leur arriv&#233;e en 2018. Une fortune pour l'&#233;tablissement, qui ne peut plus suivre depuis le covid-19 auquel s'est ajout&#233;e l'inflation. D'autant plus qu'il doit payer 800 000 euros annuels de frais d'emprunt &#224; la Chine. Lumi et Pyry devaient rester 15 ans au sein du zoo dans le cadre de la &#171; diplomatie du Panda &#187;, une pratique de l'empire du Milieu consistant &#224; &#171; offrir &#187; des pandas pour soigner ses relations diplomatiques. Mais depuis 1984, la Chine ne les donne plus, elle les loue. La palme d'or de l'abstinence revient n&#233;anmoins &#224; Tian Tian et Yang Guang, rest&#233;&#183;es douze ans au zoo d'&#201;dimbourg en &#201;cosse sans faire un seul petit. Un bon coup de bambou pour les ge&#244;liers des zoos capitalistes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'autre piste des larmes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-autre-piste-des-larmes</link>
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		<dc:date>2023-05-09T16:04:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Thibaut Trincklin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'extr&#234;me nord de l'Europe, le peuple sami est depuis des si&#232;cles en proie &#224; l'oppression coloniale des &#201;tats scandinaves. Le livre poignant d'Elin Anna Labba Vies de Samis (CNRS &#233;ditions) rappelle les d&#233;placements forc&#233;s qu'ils ont subis au d&#233;but du XXe si&#232;cle. &#171; Un peu de hautes herbes et des pierres moussues. De vagues cercles de tourbe [&#8230;]. Il y a bien longtemps, des goa&#273;it, les tentes samis, se trouvaient l&#224;, des enfants gambadaient&#8230; Est-ce que j'ai le droit de regretter un lieu qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no219-avril-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;219 (avril 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Thibaut-Trincklin" rel="tag"&gt;Thibaut Trincklin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'extr&#234;me nord de l'Europe, le peuple sami est depuis des si&#232;cles en proie &#224; l'oppression coloniale des &#201;tats scandinaves. Le livre poignant d'Elin Anna Labba &lt;i&gt;Vies de Samis &lt;/i&gt;(CNRS &#233;ditions) rappelle les d&#233;placements forc&#233;s qu'ils ont subis au d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_219_samis_ttrincklin_1200px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH365/web_219_samis_ttrincklin_1200px-2-d2661.jpg?1782955904' width='500' height='365' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Thibaut Trincklin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; U&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n peu de hautes herbes et des pierres moussues. De vagues cercles de tourbe [&#8230;]. Il y a bien longtemps, des &lt;/i&gt;goa&#273;it&lt;i&gt;, les tentes samis&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Samis, ou Sames, &#233;taient autrefois connus sous le nom su&#233;dois de &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, se trouvaient l&#224;, des enfants gambadaient&#8230; Est-ce que j'ai le droit de regretter un lieu qui n'a jamais &#233;t&#233; mien ?&lt;/i&gt; &#187; Elin Anna Labba arpente les parages d&#233;sert&#233;s de la c&#244;te norv&#233;gienne o&#249; ses anc&#234;tres vivaient autrefois plusieurs mois par an, sur les p&#226;turages d'&#233;t&#233; de leurs rennes. Ce paysage, elle en vient mais elle ne le conna&#238;t pas : dans les ann&#233;es 1920, les centaines de familles samis qui estivaient en Norv&#232;ge furent d&#233;plac&#233;es de force en Su&#232;de, sans possibilit&#233; de retour. Paru l&#224;-bas en 2020, son livre &lt;i&gt;Vies de Samis &#8211; Les d&#233;placements forc&#233;s des &#233;leveurs de rennes&lt;/i&gt; (CNRS &#233;ditions) raconte leur histoire. Le titre fran&#231;ais&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En su&#233;dois, Les Ma&#238;tres nous ont plac&#233;s ici.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ne rend pas justice au bouleversant collage de r&#233;cits, de paroles, de chants, de photographies et de documents r&#233;unis par son autrice. Dans son dialecte, &#171; se souvenir &#187; et &#171; raconter &#187; sont presque le m&#234;me mot, explique-t-elle : &#171; &lt;i&gt;Nous nous souvenons de ceux dont nous racontons l'histoire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord du cercle arctique, au pays des aurores bor&#233;ales et du soleil de minuit, les Samis pratiquent l'&#233;levage semi-nomade des rennes, dont ils suivent les troupeaux dans leurs migrations saisonni&#232;res. Cette itin&#233;rance d&#233;pla&#238;t aux &#201;tats scandinaves qui colonisent peu &#224; peu ces confins peu peupl&#233;s mais riches en minerais. En 1919, la Su&#232;de et la Norv&#232;ge signent une convention r&#233;glementant les d&#233;placements des rennes d'un pays &#224; l'autre : derri&#232;re un langage neutre et technique, il s'agit d'interdire aux Samis de quitter les for&#234;ts su&#233;doises o&#249; ils passaient l'hiver pour rejoindre les fjords et les &#238;les norv&#233;giennes, au nord, o&#249; ils remontaient en &#233;t&#233;. L'&#201;tat su&#233;dois s'avisant que les Samis et leurs rennes sont d&#233;sormais trop nombreux dans la zone frontali&#232;re, il organise une nouvelle d&#233;portation dans le V&#228;sterbotten, &#224; plusieurs centaines de kilom&#232;tres au sud.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Adieu aux buissons, aux arbres et aux pierres &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les Samis ont perdu en chemin un rapport au monde plus ancien que la raison calculatrice des &#201;tats et du capital, o&#249; le territoire n'est pas ordonn&#233; par les cartes, les lois et les titres de propri&#233;t&#233; mais par la connaissance experte des pistes qu'empruntent les b&#234;tes, et o&#249; le paysage est compos&#233; d'&#234;tres vivants qu'ils c&#233;l&#232;brent par le chant &lt;i&gt;joik&lt;/i&gt; qu'ils leur adressent. Les Samis &lt;i&gt;joikent&lt;/i&gt; les personnes et les b&#234;tes, les montagnes, les buissons de m&#251;res bor&#233;ales qui poussent dans les tourbi&#232;res. &#192; leur arriv&#233;e, ils chantent la joie de la rencontre ; lorsqu'ils partent, la tristesse de les quitter. Chass&#233;s de ces terres qu'ils aimaient, ils disent &#171; &lt;i&gt;adieu aux buissons, aux arbres et aux pierres&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Aux paysages inconnus qu'ils d&#233;couvrent, ils n'ont rien &#224; dire ; ce sont des &#233;trangers : &#171; &lt;i&gt;Ils n'ont jamais vu des arbres aussi hauts.&lt;/i&gt; &#187; Les rennes ne sont pas moins d&#233;sorient&#233;s et s'enfuient irr&#233;sistiblement, par milliers, vers le nord, se perdent ou se noient dans ces rivi&#232;res qu'ils ignorent &#8211; causant la ruine de leurs propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque, des savants su&#233;dois mesurent les cr&#226;nes des Samis dans des instituts de &#171; biologie raciale &#187; ; mais, de ce qu'ils ont dans la t&#234;te, les &#201;tats ne savent que ce qui est n&#233;cessaire &#224; les s&#233;dentariser et les assimiler linguistiquement et culturellement. Un si&#232;cle plus tard, les &#201;tats scandinaves ont reconnu des droits collectifs au peuple sami mais continuent de le spolier ; et le racisme anti-Samis se porte toujours bien en Su&#232;de&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le th&#232;me du roman d'Ann-H&#233;len Laestadius St&#246;ld (Robert Laffont, 2022).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Dans le r&#233;cit dominant, la m&#233;moire de leur d&#233;portation s'est perdue comme celle des Am&#233;rindiens sur la Piste des larmes. En ressuscitant ces voix et ces visages oubli&#233;s, &lt;i&gt;Vies de Samis&lt;/i&gt; leur rend justice &#8211; et relance l'&#233;cho de leur &lt;i&gt;joik&lt;/i&gt; qui r&#233;sonne encore dans les montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Laurent Perez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Samis, ou Sames, &#233;taient autrefois connus sous le nom su&#233;dois de &#171; Lapons &#187;, qu'ils rejettent aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En su&#233;dois, &lt;i&gt;Les Ma&#238;tres nous ont plac&#233;s ici&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est le th&#232;me du roman d'Ann-H&#233;len Laestadius &lt;i&gt;St&#246;ld&lt;/i&gt; (Robert Laffont, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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