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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Un dr&#244;le de conflit</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; With or whitout you &#187;. Les paroles de Bono montent dans le cr&#233;matorium du cimeti&#232;re rouennais. C'est comme &#231;a maintenant, U2, comme d'autres, a d&#233;tr&#244;n&#233; les Te Deum ou la musique de Bach, lors des c&#233;r&#233;monies fun&#233;raires. On se retrouve environ 200, pour un dernier rencard avec Robin. Certains ont rev&#234;tu un gilet fluo sigl&#233; CGT. Robin &#233;tait salari&#233; chez P&#233;troplus, pompier et militant CGT. Je l'avais crois&#233; plus d'une fois, lors de r&#233;unions, de manifs et de stages. Du genre &#233;nerv&#233;, un physique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;span class=&#034;base64php62760770369fbcfec597ff1.30104294&#034; title=&#034;PD9waHAKaW5jbHVkZV9vbmNlKCIuLyIgLiBfRElSX1JBQ0lORSAuICJlY3JpcmUvYmFsaXNlL2Zvcm11bGFpcmVfLnBocCIpOwppZiAoJGxhbmdfc2VsZWN0ID0gImZyIikgJGxhbmdfc2VsZWN0ID0gbGFuZ19zZWxlY3QoJGxhbmdfc2VsZWN0KTsKaW5zZXJlcl9iYWxpc2VfZHluYW1pcXVlKGJhbGlzZV9GT1JNVUxBSVJFX19keW4oYXJndW1lbnRzX2JhbGlzZV9keW5fZGVwdWlzX21vZGVsZSgnRk9STVVMQUlSRV9GT1JNSURBQkxFJyksICcxJyksIGFycmF5KCcnLCAnJywgJycsICcnLCAnZnInLCAnMScpKTsKaWYgKCRsYW5nX3NlbGVjdCkgbGFuZ19zZWxlY3QoKTsKPz4=&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; With or whitout you &#187;&lt;/i&gt;. Les paroles de Bono montent dans le cr&#233;matorium du cimeti&#232;re rouennais. C'est comme &#231;a maintenant, U2, comme d'autres, a d&#233;tr&#244;n&#233; les Te Deum ou la musique de Bach, lors des c&#233;r&#233;monies fun&#233;raires. On se retrouve environ 200, pour un dernier rencard avec Robin. Certains ont rev&#234;tu un gilet fluo sigl&#233; CGT. Robin &#233;tait salari&#233; chez P&#233;troplus, pompier et militant CGT. Je l'avais crois&#233; plus d'une fois, lors de r&#233;unions, de manifs et de stages. Du genre &#233;nerv&#233;, un physique et des prises de position dignes de Don Quichotte, il &#233;tait tr&#232;s impliqu&#233; dans le conflit de la raffinerie. Il est mort d'un arr&#234;t cardiaque, le jour de ses 46 ans. C'est le deuxi&#232;me qui meurt de mort pas vraiment naturelle, depuis que P&#233;troplus est en liquidation. Un premier, Patrick, s'est suicid&#233; en mars dernier. Un &#233;crivain qui suivait, il y a quelques ann&#233;es, la fermeture d'une usine et qui en a fait un livre&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Bon, Daewoo, Fayard, 2004.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, s'enthousiasmait presque &#224; l'annonce que, dans cette bo&#238;te-l&#224;, quelqu'un &#233;tait mort. Pour le &#171; c&#244;t&#233; dramatique &#187; sans doute. Mais, &#224; chaque fois qu'il y a un plan de suppression d'emplois ou une fermeture d'usine, il y a au moins un salari&#233; qui meurt ou se suicide. Il y a toujours quelqu'un pour qui c'est si lourd que la mort prend le dessus. Dommage collat&#233;ral, en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains des coll&#232;gues de Robin, sa mort est un peu symbolique de l'avenir de leur raffinerie. D'autant que Shell qui avait pass&#233;, avec difficult&#233;, un contrat de processing pour quelques mois, a annonc&#233; qu'elle ne renouvellerait pas. Depuis, la raffinerie est en cours d'arr&#234;t. Entre les pseudo-repreneurs, les d&#233;clarations de ministres non suivies d'effets, les dossiers incomplets et les pressions des autres multinationales pour fermer le site, l'avenir semble &#234;tre du c&#244;t&#233; du &lt;i&gt;no future&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait plus d'un an que&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH391/107-nardo-petroplus-a544b.png?1768649208' width='400' height='391' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;le conflit P&#233;troplus dure. Un conflit sans patron (en faillite, il a mis la cl&#233; sous la porte) &#224; qui adresser ses revendications. Alors se bagarrer pour en avoir un nouveau n'est pas la perspective la plus enthousiasmante. Le personnel de la raffinerie n'a jamais &#233;t&#233; des plus offensifs non plus, certains se prenant m&#234;me pour les rois du p&#233;trole, avec des salaires plus &#233;lev&#233;s que la plupart des salari&#233;s de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but, on assiste &#224; de dr&#244;les d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, o&#249; il n'y a pas de d&#233;cisions de prises mais o&#249; &#171; l'Intersyndicale &#187; semble tout faire, tout d&#233;cider. Les syndicalistes (notamment les deux responsables CGT) font comme un show, comme le r&#244;le de leur vie devant des salari&#233;s juste venus &#233;couter les derni&#232;res infos avant de retourner bosser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de lutte &#224; proprement parler et les heures de gr&#232;ves ont &#233;t&#233; tr&#232;s rares. Il faut dire que ce n'est pas facile d'occuper une raffinerie, car les contraintes environnementales et s&#233;curitaires &#171; Seveso 2 &#187;, obligeraient les autorit&#233;s &#224; une intervention rapide. Une raffinerie n'est pas non plus le type d'usine qu'on peut autog&#233;rer (rapports avec les pays producteurs de p&#233;trole, transport de brut&#8230;). En plus, la moyenne d'&#226;ge y est relativement &#233;lev&#233;e et l'attente d'un plan de suppression d'emplois serait une perspective int&#233;ressante pour plus d'un. Quant aux plus jeunes, ils sont d&#233;j&#224; plusieurs &#224; avoir pr&#233;f&#233;r&#233; la d&#233;mission (80 sur 550 salari&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu tout cela qui a donn&#233; naissance &#224; cette mythique &#171; Intersyndicale &#187; qui passe son temps dans les bureaux des ministres, pr&#233;fets, marchands de p&#233;trole, financiers et possibles repreneurs. Il s'agit en quelque sorte d'un conflit-spectacle o&#249;, faute de vraies luttes, l'accent est mis sur la m&#233;diatisation, la venue de politiques, des barbecues g&#233;ants quasi-quotidiens et de tr&#232;s nombreuses manifestations artistiques (expo photos, pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, film, bouquin&#8230;). Quant aux quelques actions qui ont eu lieu, il y avait plus de militants des autres secteurs (Poste, sant&#233;, chimie&#8230;) que de la raffinerie. Sans doute que les habitants des villes avoisinantes ont plus &#224; perdre &#233;conomiquement de la fermeture de cette raffinerie puante et polluante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, quelques propos un peu amers sur un conflit qui, je l'esp&#232;re, ne fera pas &#233;cole, m&#234;me s'il aboutit positivement pour les salari&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Bon, &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, Fayard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Je vous &#233;cris de l'usine : La derni&#232;re</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>vraiment</dc:subject>
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		<dc:subject>bo&#238;te</dc:subject>
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		<dc:subject>copains</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#199;a y est, &#231;a se termine. A l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, il me reste &#224; peine 20 jours &#224; tenir. Et apr&#232;s, basta ! Bye bye turbin ! L'usine, c'est fini ! Je dois avouer que depuis quelques jours, je n'en branle plus une. J'en ai vraiment marre. Je m'&#233;couterais, je me mettrais en arr&#234;t maladie, d'autant qu'une fois en retraite, je ne pourrai plus le faire. L'usine me sort par les yeux. Il est temps que je prenne la tangente. Et encore, j'ai de la chance, le placard o&#249; l'on m'a plac&#233; pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no134-juillet-aout-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;134 (juillet-ao&#251;t 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/copains" rel="tag"&gt;copains&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH753/-424-69f03.jpg?1768649262' width='400' height='753' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#199;a y est, &#231;a se termine. A l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, il me reste &#224; peine 20 jours &#224; tenir. Et apr&#232;s, basta ! &lt;i&gt;Bye bye&lt;/i&gt; turbin ! L'usine, c'est fini ! Je dois avouer que depuis quelques jours, je n'en branle plus une. J'en ai vraiment marre. Je m'&#233;couterais, je me mettrais en arr&#234;t maladie, d'autant qu'une fois en retraite, je ne pourrai plus le faire. L'usine me sort par les yeux. Il est temps que je prenne la tangente. Et encore, j'ai de la chance, le placard o&#249; l'on m'a plac&#233; pour ces derniers mois est nettement moins p&#233;nible que devoir continuer &#224; faire les postes, travailler de nuit ou devoir se lever &#224; 4 h du mat', jusqu'&#224; mon d&#233;part, comme cela arrive trop souvent &#224; mes coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe causer avec quelques copains et copines dans les ateliers ou les bureaux. Je bosse pour moi. J'&#233;cris cet article. La hi&#233;rarchie s'en fout, puisque je pars bient&#244;t. Je donne mes heures pour le syndicat en essayant de continuer de sortir le journal mensuel du syndicat, en me demandant qui prendra vraiment la rel&#232;ve. C'est un des probl&#232;mes : si mon syndicat compte pas mal d'adh&#233;rents (en gros, un tiers de l'usine), il n'y a pas beaucoup de militants qui &#233;mergent vraiment. Peut-&#234;tre que face aux probl&#232;mes futurs, des coll&#232;gues s'impliqueront davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si, depuis plus de dix ans, on pense que la bo&#238;te va fermer, la vie continue &#224; l'usine. L'exploitation aussi. On continue de se poser des questions sur le nombre de mois ou d'ann&#233;es pendant lesquels elle va encore tourner. Les usines alentour ferment petit &#224; petit : Petroplus, Schneider, LCI, etc. La Chapelle Darblay voit ses effectifs divis&#233;s par deux&#8230; Quand on monte sur les hauteurs de Rouen, les seules fum&#233;es d'usine que l'on voit sont celles de ma bo&#238;te. C'est &#233;vident que &#231;a va fermer. Mais quand ? Suspendus &#224; cette question, nous sommes rest&#233;s &#224; bosser, croyant qu'elle fermerait et qu'on pourrait partir plus t&#244;t. Mais rien pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois avouer que j'ai h&#226;te de passer du statut de &#171; vieux salari&#233; &#187; &#224; celui de &#171; jeune retrait&#233; &#187;, m&#234;me si le terme de jeune fasse bizarre (faut dire qu'en vieillissant, les petits tracas de sant&#233; s'accumulent quand m&#234;me). Parce que, dans la bo&#238;te, je fais partie des monuments, notamment aupr&#232;s de certains cadres. Tu parles ! 42&#8200;ans que je suis &#224; l'usine, alors qu'eux n'y restent que 5-6 ans. Ils me traitent presque avec condescendance &#171; malgr&#233; tout ce que vous avez pu &#233;crire sur l'usine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois quelques copains qui ont un coup de blues au moment de partir. Ce n'est pas vraiment mon cas. C'est vrai qu'il y a des coll&#232;gues que je ne reverrai pas et que les moments pass&#233;s dans les luttes, ou autour d'un ap&#233;ro au r&#233;fectoire, seront d&#233;finitivement derri&#232;re moi. Mais quitter ces lieux, ces chefs, ces patrons, ces horaires&#8230; Et m&#234;me si c'est toujours jouissif de dire merde au boss, ne plus conna&#238;tre les contraintes du salariat, c'est comme retrouver la libert&#233;. Il est vraiment temps de partir. Il me reste tant de choses &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, du coup, mon d&#233;part signe aussi la fin de cette chronique que j'ai tenue une dizaine d'ann&#233;es. C'est plut&#244;t rare, par les temps qui courent, qu'un prolo puisse donner son point de vue. Et c'est vraiment chouette que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ait accept&#233; de me laisser vous narrer ce qui se passait dans ma bo&#238;te. Renouant ainsi avec une vieille pratique de la presse r&#233;volutionnaire du d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas trop du genre &#224; revenir sur le pass&#233; mais, j'ai essay&#233;, pendant ces ann&#233;es, de vous faire partager des moments d'usine, de croiser des coll&#232;gues plus ou moins convenables. Il y a eu aussi les copains d&#233;c&#233;d&#233;s, l'amiante, les accidents du travail et le proc&#232;s AZF. Il y a eu des bagarres, des r&#233;ussites et des &#233;checs. J'ai aussi essay&#233; de parler d'autres entreprises en lutte ou pas. De plus, ces chroniques m'ont permis de croiser dans d'autres coins, de France, des prolos qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, et de les raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;galement rencontr&#233; des lecteurs de ces chroniques, lors de mes d&#233;placements pour mes bouquins, et re&#231;u pas mal de retours par courrier, &#233;lectronique ou non. C'est toujours agr&#233;able. J'aurais aim&#233; vous causer encore de quelques copains, comme Patrice. Un mec costaud, motard, le c&#339;ur sur la main. Un peu raciste, m&#234;me si ses meilleurs copains s'appellent Djamel et Driss. Il y a quinze jours, au sortir d'une r&#233;union intersyndicale d'information, lui qui a toujours le sens de la formule, m'a dit : &#171; &lt;i&gt;Avec la CFDT, on ne doit pas avoir le m&#234;me code du travail. Moi, dans mon code il n'y a pas le mot &#8220;travail&#8221;, dans celui de la CFDT, il ne doit pas y avoir le mot &#8220;gr&#232;ve&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je sais que vous &#234;tes assez friands d'histoires de prolos, je vous en raconte une petite derni&#232;re qui vient de se d&#233;rouler. Nono semble ne pas avoir invent&#233; l'eau ti&#232;de. Il a le cr&#226;ne d&#233;garni, mais les cheveux longs et filasses sur les c&#244;t&#233;s, une voix &#224; la Daffy Duck et des mains aussi grandes que des gants de base-ball. Son boulot dans l'usine ne demande pas de connaissances techniques tr&#232;s pouss&#233;es. Pourtant c'est primordial, Nono doit surveiller les r&#233;seaux d'eau, les pompages, les traitements et les canalisations. C'est le c&#339;ur m&#234;me de l'usine et &#231;a couvre une tr&#232;s grande superficie. Pour effectuer ces kilom&#232;tres, Nono a d'ailleurs une voiture de fonction quelque peu disloqu&#233;e. C'est un boulot qui lui va bien parce qu'il est assez libre pour organiser son boulot comme il l'entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que Nono est moins b&#234;te qu'il ne le laisse croire, il cherche aussi &#224; faire des petites &#233;conomies sur le dos de la bo&#238;te. Aussi, lorsqu'il va faire le plein de sa voiture de fonction, il en profite pour remplir un jerrican de 10 litres sur le compte du patron. Je l'ai appris parce que certains n'ont pas su tenir leurs langues. Pire, il y en a un qui, cach&#233;, a pris Nono en flagrant d&#233;lit et en photo avec son t&#233;l&#233;phone. Il a ensuite envoy&#233; la photo au chef de service. Sans doute a-t-il pris le terme utilis&#233; par les DRH de &#171; collaborateur &#187; selon les crit&#232;res de 1942. Normalement, un vol est puni par un renvoi du jour au lendemain sans autre forme de proc&#232;s, pour faute grave. Pour Nono, ce serait une catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a me fait tout dr&#244;le de pr&#233;senter (surtout pour une derni&#232;re chronique) un chef de service pas trop con et plut&#244;t sympa, mais ce dernier n'a pas pris de sanction contre Nono. Il lui a simplement dit d'arr&#234;ter son man&#232;ge. Ce que Nono s'est empress&#233; d'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre concernant l'auteur de la photo, je sais que d&#233;sormais, le chef a du mal &#224; lui serrer la main. Nono peut continuer son petit bonhomme de chemin, dans sa voiture aux amortisseurs fatigu&#233;s, sur les chemins de ronde de l'usine. Voil&#224;, elle &#233;tait courte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc ici que s'ach&#232;ve ma derni&#232;re chronique &#233;crite &#224; l'usine. C'est un peu tristouille mais c'est ainsi. Pour autant, je sais que je suis du genre &#224; &#233;crire tout le temps et &#224; vouloir continuer &#224; t&#233;moigner et raconter. Alors on risque fort de se retrouver bient&#244;t dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, et sans doute ailleurs, pour des histoires glan&#233;es au fil de rencontres, de combats et de voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; bient&#244;t pour de nouvelles aventures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pot de d&#233;part</title>
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		<dc:date>2015-07-27T17:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;St&#233;phane avait demand&#233;, la semaine pr&#233;c&#233;dente, s'il serait possible d'organiser son pot de d&#233;part dans les locaux du syndicat. C'est une demande rare, surtout de la part d'un non-militant, mais pourquoi pas ? Il est donc arriv&#233; le jour dit, avec ses bouteilles de whisky, pastis et champagne ainsi qu'avec force biscuits et autres cochonneries qu'on s'empiffre &#224; l'ap&#233;ro. Ce n'est pas trop par id&#233;ologie qu'il a choisi cet endroit. C'est davantage parce que ce local, plac&#233; quelque peu en retrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;133 (juin 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/semaine-precedente" rel="tag"&gt;semaine pr&#233;c&#233;dente&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/serait-possible" rel="tag"&gt;serait possible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/possible-d-organiser" rel="tag"&gt;possible d'organiser&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/departs-anticipes" rel="tag"&gt;d&#233;parts anticip&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;St&#233;phane avait demand&#233;, la semaine pr&#233;c&#233;dente, s'il serait possible d'organiser son pot de d&#233;part dans les locaux du syndicat. C'est une demande rare, surtout de la part d'un non-militant, mais pourquoi pas ? Il est donc arriv&#233; le jour dit, avec ses bouteilles de whisky, pastis et champagne ainsi qu'avec force biscuits et autres cochonneries qu'on s'empiffre &#224; l'ap&#233;ro. Ce n'est pas trop par id&#233;ologie qu'il a choisi cet endroit. C'est davantage parce que ce local, plac&#233; quelque peu en retrait de l'usine, peut constituer un &#238;lot de r&#233;sistance face aux interdictions de picoler dans la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1552 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p12-cqfd61-06e6c.jpg?1768649262' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les copains et coll&#232;gues de St&#233;phane arrivent par petites vagues et on se retrouve &#224; une quinzaine. Parmi les pr&#233;sents, certains viennent pour la premi&#232;re fois dans un local syndical mais ils ne font pas de difficult&#233;s. On sent d'ailleurs une certaine reconnaissance d'&#234;tre l&#224;. Comme un acte de minuscule r&#233;bellion. &#199;a parle beaucoup. Dans ces moments-l&#224;, les blagues et vannes de toutes sortes fusent et St&#233;phane, &#171; av&#233; &#187; son accent toulousain, n'est pas le dernier. Le moment est tr&#232;s sympa, loin des chefs et du boulot. Les verres de whisky se multiplient et l'ambiance est assez chaude. Pour ma part, je me pose des questions par rapport &#224; mon d&#233;part. Je voulais partir sans f&#234;ter &#231;a, mais pourquoi se passer de ce moment convivial et plut&#244;t sympa ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jours-ci, &#224; l'usine, l'ambiance est plut&#244;t gaie chez les salari&#233;s. La raison ? On vient d'obtenir un accord qui est compl&#232;tement &#224; contre-courant de ce qui se passe actuellement dans les bo&#238;tes : le droit &#224; partir en retraite anticip&#233;e pour les post&#233;s. Ainsi, les copains qui auront accumul&#233; au moins 25&#8200;ans de travail d&#233;cal&#233; (nuits, week-ends travaill&#233;s&#8230;) pourront se faire la malle deux ans avant l'&#226;ge l&#233;gal. 58&#8200;ans pour les plus chanceux. J'aurais pu &#234;tre &#233;ligible mais cet accord arrive trop tard pour moi qui d&#233;canille dans quelques petits mois. Tant pis. Mais tant mieux pour les autres. Dans les trois ann&#233;es qui viennent, pr&#232;s de cinquante coll&#232;gues (sur 370 !) pourront en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, dans les groupes chimiques o&#249; de tels accords existent (Rhodia, Arkema, Total&#8230;), les directions essaient de revenir en arri&#232;re. Mais, dans notre usine, &#231;a fait un an et demi qu'on harc&#232;le nos nouveaux dirigeants. Tout a commenc&#233; par des p&#233;titions, puis des gr&#232;ves avec arr&#234;t de production sur des revendications de d&#233;parts anticip&#233;s dans le cadre de la p&#233;nibilit&#233; au travail. Ce sont des mouvements qui ont &#233;t&#233; bien suivis. Les copains &#233;taient m&#234;me pr&#234;ts &#224; continuer &#224; mettre bas les marteaux si les discussions continuaient &#224; s'enliser. Je dois reconna&#238;tre qu'on a b&#233;n&#233;fici&#233; de deux choses : nos dirigeants austro-belges ne sont pas du tout, mais alors pas du tout habitu&#233;s &#224; des mouvements de gr&#232;ve. Ils sont &#224; l'aise dans le cadre feutr&#233; de cycles de n&#233;gociations calibr&#233;s et pr&#233;par&#233;s des mois &#224; l'avance. Les arr&#234;ts de production ont donc eu un grand poids. Par ailleurs, cela va permettre &#224; la direction de se d&#233;barrasser de salari&#233;s &#226;g&#233;s, plut&#244;t r&#233;tifs aux changements organisationnels et mieux pay&#233;s, 25 % de plus avec la prime d'anciennet&#233;, que les nouveaux et jeunes embauch&#233;s. Chez ces derniers la perspective de ne plus travailler avec des vieux, qui ne tiennent plus la nuit ou le matin et qui sont aigris de devoir continuer &#224; faire les quarts &#224; des &#226;ges avanc&#233;s, est aussi une source de satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ce pot de d&#233;part, &#233;videmment, tout le monde en parle et les plus anciens ont les yeux qui p&#233;tillent devant la proximit&#233; de leurs d&#233;parts anticip&#233;s. Parmi eux, Sylvain. C'est un vieux copain de boulot avec lequel j'ai boss&#233; et milit&#233; un paquet d'ann&#233;es. Lui a carr&#233;ment la banane. &#171; &lt;i&gt;Si tout se passe comme la direction l'a &#233;crit dans le protocole d'accord, je pars un mois apr&#232;s toi&lt;/i&gt;, me dit-il, &lt;i&gt;m&#234;me si j'ai deux ans de moins que toi.&lt;/i&gt; &#187; Je lui dis que c'est carr&#233;ment bien et Sylvain r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Du coup on pourra faire notre pot de d&#233;part ensemble.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; une proposition qui me va bien. A ces mots, St&#233;phane, actuel ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie, dit qu'il faudra l'inviter et l'assembl&#233;e de cautionner. D'autant qu'avec cet accord, les pots de d&#233;part vont d&#233;ferler ces prochains mois. C'est plus marrant de f&#234;ter un d&#233;part en pr&#233;retraite qu'un d&#233;part en retraite parce qu'on arrive en &#171; fin de carri&#232;re &#187;. Du coup, St&#233;phane sort une bouteille qu'il avait planqu&#233;e, au cas o&#249;, et sert une nouvelle tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a va &#234;tre dur en cas de contr&#244;le d'alcool&#233;mie. Mais bon&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Parti sans laisser d'adresse</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>n'a</dc:subject>
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		<dc:subject>CFTC</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'abord, je dois vous pr&#233;venir que je n'ai pas &#233;t&#233; trop &#224; l'usine ces derni&#232;res semaines et que &#231;a ne va pas aller en s'arrangeant d'ici ma retraite, car je d&#233;couvre que j'ai plein de jours &#224; r&#233;cup&#233;rer et de cong&#233;s &#224; prendre. Mais je serai l&#224; pour vous, sans faute ! Ma derni&#232;re d&#233;fection n'&#233;tait pas en lien avec un quelconque vestige de l'&#233;tat-providence. Plut&#244;t avec un b&#234;te malaise au boulot. Infirmerie. Urgences. Et tout le tremblement. R&#233;sultat des exams : ce n'&#233;tait pas grave, juste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dernieres-semaines" rel="tag"&gt;derni&#232;res semaines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CFTC" rel="tag"&gt;CFTC&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, je dois vous pr&#233;venir que je n'ai pas &#233;t&#233; trop &#224; l'usine ces derni&#232;res semaines et que &#231;a ne va pas aller en s'arrangeant d'ici ma retraite, car je d&#233;couvre que j'ai plein de jours &#224; r&#233;cup&#233;rer et de cong&#233;s &#224; prendre. Mais je serai l&#224; pour vous, sans faute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma derni&#232;re d&#233;fection n'&#233;tait pas en lien avec un quelconque vestige de l'&#233;tat-providence. Plut&#244;t avec un b&#234;te malaise au boulot. Infirmerie. Urgences. Et tout le tremblement. R&#233;sultat des exams : ce n'&#233;tait pas grave, juste une petite alerte, comme des fusibles qui sautent. D'apr&#232;s ce que toute la gent m&#233;dicale m'a dit, j'arriverais &#224; un &#226;ge o&#249; on ne peut plus essayer de caser 30&#8200;heures dans une journ&#233;e. La chose s'annonce d&#233;licate car depuis que je me connais, c'est comme &#231;a que je vis. Au moins, cet arr&#234;t m'aura permis de la jouer plus cool pendant quelques jours et de me rappeler que c'est vachement bien de ne pas bosser. Pour l'heure, j'y retourne et on remet &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p07-cqfd60-cb456.jpg?1768649132' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Donc, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jesus-reviens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;previously&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, comme diraient nos top-managers, dans l'&#233;pisode du mois dernier je vous racontais que la CFDT de ma bo&#238;te avait tra&#238;n&#233; un repr&#233;sentant de la CFTC, de ma bo&#238;te itou, devant le tribunal d'instance, pour de sombres histoires de repr&#233;sentativit&#233;. Na&#239;vement, nous &#233;tions nombreux &#224; penser que la juge se laisserait aller &#224; prendre une d&#233;cision qui ferait jurisprudence et permettrait &#224; des petits syndicats de pouvoir contourner la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale. Que nenni ! Application de la loi : la CFTC repr&#233;sentant moins de 10 % des voix aux &#233;lections professionnelles, son d&#233;l&#233;gu&#233; est &#233;ject&#233; de toutes les instances. A cette annonce, les militants CFDT ne se sont plus sentis de joie. Ils ont eu la banane. Une grande victoire syndicale : &#171; &lt;i&gt;&#199;a y est, on est d&#233;barrass&#233;s d'eux&lt;/i&gt; &#187;, s'est exclam&#233; le secr&#233;taire CFDT de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re encore plus radicale que le c&#233;d&#233;tiste ne le pensait car on voyait le repr&#233;sentant du syndicat chr&#233;tien, trois jours avant le rendu du tribunal, chercher &#224; rencontrer la responsable RH pour lui d&#233;poser un courrier de d&#233;mission. Quelques jours plus tard, lors de ce qui s'est av&#233;r&#233; &#234;tre sa derni&#232;re nuit de travail, il est arriv&#233;, comme d'habitude. Il a salu&#233; tous ses coll&#232;gues, sans rien dire. Puis il s'est install&#233; &#224; son poste, devant ses &#233;crans. Sauf qu'il n'a pas mis ses bleus. Tout le monde l'a senti un peu excit&#233;, mais sans plus. Il a beaucoup parl&#233;, de tout et de rien, mais pas de son d&#233;part. Il faut dire qu'il est rarement &#224; son poste de travail : seul r&#233;el militant de son syndicat, il a r&#233;ussi &#224; se trouver des heures de d&#233;l&#233;gation dans diverses instances nationales et professionnelles. Du coup, il n'a pas vraiment de copains au travail. A minuit, il a sorti une bouteille de whisky, ce qui d&#233;lie toujours les langues, mais il n'a toujours rien dit sur son d&#233;part. Il a critiqu&#233; des coll&#232;gues, s'est fichu de la trombine d'autres&#8230; et la nuit s'est termin&#233;e. Le syndicaliste catho a quitt&#233; son poste de travail, &#224; cinq heures du mat', comme si de rien n'&#233;tait. En partant, il a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; retirer toutes les affiches et tracts CFTC des panneaux syndicaux et des murs du r&#233;fectoire. La veille de son d&#233;part, il a &#233;t&#233; vu en train de vider compl&#232;tement son local syndical, mais qui pouvait savoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que le lendemain que ses coll&#232;gues ont appris sa d&#233;mission, par la voix du chef de service qui a ajout&#233; que ce n'&#233;tait pas une grande perte. Le militant a m&#234;me &#233;t&#233; invit&#233; &#224; faire son pr&#233;avis chez lui, officiellement pour &#233;cluser ses cong&#233;s. Au niveau de son syndicat, dans la bo&#238;te, malgr&#233; un faible effectif, il n'a m&#234;me pas pr&#233;venu ses syndiqu&#233;s. Ces derniers se sont d'ailleurs sentis trahis. D'autant plus trahis que c'est aupr&#232;s d'eux qu'on cherche des explications sur ce d&#233;part et qu'ils ne savent rien de rien. Personne parmi eux n'a envie de reprendre sa place ni son flambeau. Ils disent m&#234;me ne plus se consid&#233;rer comme adh&#233;rents de la CFTC. Ce syndicat, a priori, cesse donc d'exister sur l'usine. Je dirais que ce n'est pas une grosse perte &#233;tant donn&#233; son passif mais la joie manifest&#233;e par les militants de la CFDT fait qu'il y a quelque chose qui cloche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part repr&#233;sentera donc un myst&#232;re pendant quelque temps. Est-il parti par d&#233;go&#251;t du travail et de l'ambiance ? Avait-il des choses &#224; cacher ? Des probl&#232;mes de fausses facturations de d&#233;placements syndicaux (si je l'&#233;cris c'est que c'est d&#233;j&#224; arriv&#233;) ? On &#233;tait plusieurs &#224; s'&#234;tre rendu compte que l'assignation au tribunal d'instance l'avait carr&#233;ment fait stresser. Ou d'autres causes. La direction, elle, reste tr&#232;s silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un myst&#232;re qui ne durera pas longtemps. On a d'autres chats &#224; fouetter. Il se passe toujours quelque chose dans une usine&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>J&#233;sus, reviens !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Jesus-reviens</link>
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		<dc:date>2015-05-15T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Berger</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>CFTC</dc:subject>
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		<dc:subject>CFDT aurait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te. Ce 16 mars, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 mars, au matin, tous les militants syndicaux &#233;lus, CGT, CFDT, CFTC et CGC, ainsi que la direction de Borealis, sont convoqu&#233;s au tribunal d'instance de Rouen, salle des contentieux professionnels. La salle n'est pas tr&#232;s remplie et la plupart des convoqu&#233;s ont d&#233;clin&#233; l'invitation. Quelques affaires passent rapidement. La plupart sont des conflits entre des salari&#233;s et leurs dirigeants, pour des &#233;lections professionnelles douteuses, pour des heures suppl&#233;mentaires non reconnues ou encore pour des rapports houleux entre patrons et syndicats sur des chantiers du BTP. Le quotidien du salariat. Concernant Borealis, on se trouve sur un autre registre et d'ailleurs la pr&#233;sidente s'en &#233;tonne. C'est une jeune juge plut&#244;t marrante (si !) qui se moque un peu de la CFDT qui est &#224; l'origine de la plainte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p12-cqfd59-29528.png?1768649132' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons un peu en arri&#232;re sur les &#233;v&#232;nements qui ont conduit tout ce beau monde devant la justice. En d&#233;cembre dernier ont eu lieu les &#233;lections professionnelles. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; le m&#234;me que les autres ann&#233;es, &#224; savoir que la CGT (m&#234;me en l&#233;g&#232;re perte de vitesse) reste en t&#234;te, suivie par la CFDT, et la CGC qui progresse timidement. La CFTC, malgr&#233; une campagne d&#233;magogique, n'a r&#233;ussi &#224; gratter que peu de bulletins en sa faveur. La nouvelle loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale est impitoyable : avec moins de 10% des voix, l'organisation de d&#233;fense des travailleurs chr&#233;tiens n'a plus d'heures de d&#233;l&#233;gation dans les instances, comme le comit&#233; d'&#233;tablissement, et se retrouve donc dans un &#233;tat de nudit&#233; des plus christiques. Pour autant, son d&#233;l&#233;gu&#233; a fait une demande pour avoir un repr&#233;sentant syndical au CE. C'est une question d'usage. Cela se faisait auparavant dans la bo&#238;te et la CFDT, en son temps, en avait &#233;galement profit&#233;. La CGC a appuy&#233; dans ce sens de m&#234;me que la direction, pleine de mansu&#233;tude envers ce syndicat qui signe tous les accords qu'on lui pr&#233;sente. La CGT aurait eu de bonnes raisons de marquer son refus : la CFTC, avec son discours populiste et clivant (montant les fabricants contre les administratifs, par exemple), n'avait-elle pas tent&#233; de capter quelques-uns de ses soutiens en s'adressant &#224; la m&#234;me population de prolos ? Elle s'est pourtant abstenue de tirer sur l'ambulance. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc de la CFDT que l'estocade judiciaire est venue. Histoire d'enfoncer le clou dans la croix de la CFTC, les c&#233;d&#233;tistes ont port&#233; l'affaire devant le tribunal, eux qui n'ont jamais attaqu&#233; la direction de la bo&#238;te ! La juge s'est d'ailleurs inqui&#233;t&#233;e de cette absence d'am&#233;nit&#233; envers des &#171; camarades de lutte &#187;. Dans la salle, les avocats d&#233;blat&#232;rent pour savoir par quel bout prendre cette affaire tant le vide jurisprudentiel est intersid&#233;ral, du fait que c'est une loi r&#233;cente. En qu&#234;te d'une issue, la juge demande &#224; la CGT son sentiment. On parle d'usages, de d&#233;mocratie et tout le tralala. La juge semble acquiescer, mais osera-t-elle cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent ? On ne le saura que dans un mois. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel acharnement de la CFDT &#224; l'encontre d'un alli&#233; d&#232;s qu'il s'agit de s'aplatir devant la direction de l'usine ? Rappelons que la CFDT est un syndicat de contrema&#238;tres qui go&#251;tent assez peu la pr&#233;sence de prolos dans les r&#233;unions feutr&#233;es avec le patron. Les militants CFTC font taches dans le paysage avec leurs mani&#232;res grossi&#232;res et leurs esclandres qui tombent &#224; plat. Les voir d&#233;barrasser le plancher semble &#234;tre une opportunit&#233; &#224; saisir. &#199;a c'est du syndicalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re fourberie en date des c&#233;d&#233;tistes, leur participation, le 20&#8200;mars dernier, aux c&#244;t&#233;s des dirigeants du secteur de la plasturgie et des industries papeti&#232;res au &#171; premier symposium inter-conventionnel du dialogue social &#187;. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents, avec le Medef, les ministres Macron et Rebsamen pour &#171; &lt;i&gt; red&#233;finir les p&#233;rim&#232;tres et les limites de l'action syndicale&lt;/i&gt; &#187;. Surtout les limites, puisque cet ar&#233;opage &#233;tait invit&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;r&#233;fl&#233;chir sur l'existence des conventions collectives en supprimant la culture des avantages acquis&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, une manif de salari&#233;s venus d'entreprises en lutte tentait de ramener les d&#233;bats &#224; quelques urgences plus concr&#232;tes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment faire chialer son patron&#8230;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Comment-faire-chialer-son-patron</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Comment-faire-chialer-son-patron</guid>
		<dc:date>2015-04-14T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
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		<dc:subject>nouveaux managers</dc:subject>
		<dc:subject>autrichienne Borealis</dc:subject>
		<dc:subject>PDG</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique c'est</dc:subject>
		<dc:subject>DRH</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accompagner le changement (comprendre la restructuration), est l'un des leitmotivs &#224; la mode chez les nouveaux managers. Dans le cadre de la cession de notre usine par le franco-fran&#231;ais Total &#224; la soci&#233;t&#233; autrichienne Borealis il y a un an, ces petits g&#233;nies se sont dit qu'un saupoudrage de dirigeants belges permettrait de mieux faire face &#224; ce s&#233;isme culturel. En effet, comme tout le monde le sait, la France et la Belgique c'est pareil. Donc, on s'est retrouv&#233;s avec des PDG, DRH ainsi que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/DRH" rel="tag"&gt;DRH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accompagner le changement (comprendre la restructuration), est l'un des leitmotivs &#224; la mode chez les nouveaux managers. Dans le cadre de la cession de notre usine par le franco-fran&#231;ais Total &#224; la soci&#233;t&#233; autrichienne Borealis il y a un an, ces petits g&#233;nies se sont dit qu'un saupoudrage de dirigeants belges permettrait de mieux faire face &#224; ce s&#233;isme culturel. En effet, comme tout le monde le sait, la France et la Belgique c'est pareil. Donc, on s'est retrouv&#233;s avec des PDG, DRH ainsi que des chefs de service belges. Le hic, c'est qu'ils sont majoritairement flamands et que, question langue, il a fallu qu'ils se mettent au fran&#231;ais, comme pas mal de chez nous ont d&#251; se mettre &#224; l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH357/p12-cqfd58-ded8e.png?1768649132' width='400' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des probl&#232;mes de langues, c'est &#224; un v&#233;ritable choc de culture sociale que nous avons assist&#233;. Car nos nouveaux patrons, qui n'en reviennent toujours pas, ont d&#233;couvert le droit du travail, les syndicats, les gr&#232;ves et j'en passe. Leur &#233;tonnement a &#233;t&#233; particuli&#232;rement profond lorsqu'ils se sont rendu compte que les salari&#233;s pouvaient arr&#234;ter les b&#233;canes et ne pas venir gratter lors des journ&#233;es d'action de gr&#232;ve. Ainsi le 16&#8200;octobre dernier, une partie de l'usine avait &#233;t&#233; stopp&#233;e et aucun sac d'engrais n'&#233;tait sorti. La demande d'explication adress&#233;e par la direction &#224; tous les syndicats (m&#234;me ceux qui n'appelaient pas au blocage des machines) n'avait pas tra&#238;n&#233;. Avec un discours toujours aussi bien rod&#233; : vous comprenez ce n'est pas le moment vu la conjoncture, l'&#233;tat des installations&#8230; On avait eu le droit aussi &#224; une lettre du PDG. Du classique, donc. Auparavant, sous Total, c'&#233;tait plus direct et parfois plus chaud, notamment lorsque le &lt;i&gt;big boss&lt;/i&gt; avait effectu&#233; une descente &#171; au contact &#187; des gr&#233;vistes pour les traiter de cons et d'assassins. Effet de sid&#233;ration garanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDG actuel essaie d'&#234;tre plus diplomate. Reste que, apr&#232;s la derni&#232;re journ&#233;e d'action en date, les organisations syndicales ont encore &#233;t&#233; convoqu&#233;es par le staff de la direction g&#233;n&#233;rale &#224; Courbevoie, si&#232;ge de la bo&#238;te. Encore une fois pour se voir ass&#233;ner le m&#234;me discours ferme et paternaliste : &#171; &lt;i&gt;En Autriche et dans les autres pays o&#249; nous sommes implant&#233;s, nous ne subissons pas l'arr&#234;t de la production lors de ces journ&#233;es politiques qui s'adressent au gouvernement. Nous n'avons pas &#224; subir &#231;a. Nous comprenons le droit de manifester, mais pas d'arr&#234;ter les machines. Dans nos pays, nous ne comprenons les mouvements de gr&#232;ve que lorsqu'ils concernent les probl&#232;mes de l'entreprise.&lt;/i&gt; &#187; Parce que nous sommes joueurs nous avons dit avoir compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, lorsque ont eu lieu les N&#233;gociations annuelles obligatoires concernant les augmentations, les primes et tout et tout, la CGT a appel&#233; &#224; mettre bas les marteaux. Les salari&#233;s s'en sont empar&#233;s et ont m&#234;me voulu commencer le mouvement la veille de la date pr&#233;vue. Rien de surprenant &#233;tant donn&#233; le climat d&#233;l&#233;t&#232;re qui r&#232;gne dans la bo&#238;te : chaque jour, la pression sur tous et chacun se fait un peu plus forte, les machines fonctionnent de moins en moins bien, la hi&#233;rarchie est toujours plus stress&#233;e et pesante. De plus, il y a eu pas mal de jeunes embauch&#233;s, plut&#244;t rebelles, qui veulent montrer qu'ils ne se laissent pas marcher sur les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant une solide exp&#233;rience de ces s&#233;ances de n&#233;gociations o&#249; on se fait avoir si on n'a pas le rapport de force, je me suis quand m&#234;me fait violence pour faire partie de la d&#233;l&#233;gation syndicale. La r&#233;union a commenc&#233; avec une direction souriante, le jeune responsable RH belge plut&#244;t content (nous l'appellerons John), la DRH minaudant comme &#224; son habitude. Et puis, ils ont fait leurs propositions. Des augmentations au ras des p&#226;querettes, expliqu&#233;es par les mauvais r&#233;sultats et la fameuse conjoncture. Les syndicats ont demand&#233; une suspension de s&#233;ance. Ce qui nous a permis de relayer par sms les avanc&#233;es en forme d'aum&#244;ne de la direction. &#199;a n'a fait ni une ni deux. Dans la foul&#233;e, les retours ont &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;On arr&#234;te tout&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, lorsque l'&#233;quipe de direction est revenue, ils tiraient la tronche. La DRH regardait ses pieds et le jeune responsable avait la larme (de crocodile) &#224; l'&#339;il. Ils venaient d'apprendre l'arr&#234;t de la production. John a alors dit qu'il ne comprenait pas, qu'il &#233;tait pour la discussion et qu'une gr&#232;ve, c'&#233;tait violent. Du coup, devant tant de &#171; violence &#187; de notre part, les cartes avaient chang&#233; et un nouveau cycle de n&#233;gociations pouvait d&#233;marrer. Au bout de trois heures d'empoignades, les offres ont &#233;t&#233; nettement revues &#224; la hausse, une prime de fin d'ann&#233;e augment&#233;e de 40 %, entre autres. &#201;videmment, ce n'est jamais &#224; la hauteur de ce qu'on voudrait comme compensation &#224; nos heures perdues au travail, mais pour avoir plus il faudrait autre chose qu'une petite gr&#232;ve d'une journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant la r&#233;union, John s'est excus&#233; de s'&#234;tre mis en col&#232;re. Ce dont on ne s'&#233;tait m&#234;me pas aper&#231;u. Il a dit aussi qu'il souhaitait que la gr&#232;ve s'arr&#234;te. Ce &#224; quoi je lui ai r&#233;pondu que c'&#233;tait une gr&#232;ve de 24&#8200;heures et qu'on n'en &#233;tait qu'au d&#233;but. Il a rentr&#233; la t&#234;te dans ses &#233;paules et est parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je retrouvais les coll&#232;gues dans les secteurs arr&#234;t&#233;s et ils avaient tous la banane. C'&#233;tait une petite victoire mais une victoire quand m&#234;me. Et par les temps qui courent &#231;a s'appr&#233;cie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Laissez lutter les petits papiers</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Laissez-lutter-les-petits-papiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Laissez-lutter-les-petits-papiers</guid>
		<dc:date>2015-03-17T02:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>papier</dc:subject>
		<dc:subject>raffinerie Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>boulevard industriel</dc:subject>
		<dc:subject>totalement d&#233;sert&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>fant&#244;me totalement</dc:subject>
		<dc:subject>usine fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>Chapelle Darblay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique. Les salari&#233;s de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/papier" rel="tag"&gt;papier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/raffinerie-Petroplus" rel="tag"&gt;raffinerie Petroplus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/totalement-desertee" rel="tag"&gt;totalement d&#233;sert&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usine-fantome" rel="tag"&gt;usine fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petroplus" rel="tag"&gt;Petroplus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chapelle-Darblay" rel="tag"&gt;Chapelle Darblay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s de cette usine ont appris en novembre dernier que leur patron finlandais et les actionnaires avaient d&#233;cid&#233; de d&#233;graisser quatre usines europ&#233;ennes. Pour celle de Grand Couronne, il s'agit de 196 emplois supprim&#233;s (60% du personnel). L'annonce &#224; peine connue, les salari&#233;s ont multipli&#233; les actions, manifs, gr&#232;ves, occupations de p&#233;ages, etc. Les actions habituelles en riposte &#224; de telles annonces. Galvanis&#233;s par la lutte des voisins raffineurs dont la plupart ont suivi le mouvement, les papetiers affirment vouloir faire plus et plus fort lors des AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les salari&#233;s organisent une journ&#233;e portes ouvertes. Odeurs de merguez, affichage de propositions pour que les communes alentour pr&#233;emptent l'usine, discours de syndicalistes de la CGT. Tous les papetiers pr&#233;sents arborent un t-shirt noir sur lequel on peut lire &#171; non au d&#233;mant&#232;lement &#187; ou &#171; non aux 196 suppressions d'emplois &#187;. Il y a beaucoup de monde, des familiers mais aussi des gens venus en soutien. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233; surtout que, ce m&#234;me jour, des manifestations Charlie sont programm&#233;es dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je profite d'une visite comment&#233;e par des syndicalistes pour rentrer dans l'usine. C'est b&#234;te &#224; dire mais j'aime bien visiter les lieux de travail. J'arrive m&#234;me parfois &#224; trouver ces lieux plut&#244;t beaux et, pour le moins, impressionnants. Lors de ces d&#233;ambulations organis&#233;es, il n'est pas facile de parler du travail, de la hi&#233;rarchie, des horaires et de ce qui fait le quotidien des ouvriers. On &#233;voque le bruit et la chaleur &#233;touffante des ateliers, mais c'est tout. Ceux qui font la visite essaient toujours de prouver que l'usine est une bonne usine qui fabrique de bons produits. D'ailleurs, notre accompagnateur insiste sur la dimension &#233;cologique de l'usine. Pour faire le papier qui sort des machines, il n'est plus question d'utiliser du bois. Ici, tout est fait avec le papier recycl&#233; qui vient de tout le nord et l'ouest du pays. Le papier est d&#233;sencr&#233;, nettoy&#233; de ses agrafes et des impuret&#233;s pour devenir une p&#226;te &#224; papier blanche comme du lait qui est enfin transform&#233;e en papier journal. La chaudi&#232;re est de type biomasse et tous les d&#233;chets ainsi que l'eau sont recycl&#233;s et &#233;pur&#233;s. Mon cornac m'explique que le seul rejet est ce petit filet de vapeur d'eau qui s'&#233;chappe de la chemin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie, presque nonag&#233;naire, &#233;tale ses b&#226;timents gigantesques, certains encore en briques, d'autres plus modernes, sur plusieurs centaines de m&#232;tres. Dans tous les coins de l'usine, des mannequins ont &#233;t&#233; diss&#233;min&#233;s pour symboliser les emplois qui vont &#234;tre supprim&#233;s. Il y a un mannequin diff&#233;rent, pendu &#224; une rambarde, qui personnifie le patron, et surtout comment il devrait finir. Des banderoles ont &#233;t&#233; accroch&#233;es un peu partout, pour dire qu'il n'y aura pas de licenciement, ou qu'il vaut mieux mourir debout que vivre &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie sort annuellement 350 000 tonnes de papier, par bobines de 20&#8200;tonnes. Ce papier est utilis&#233; par les quotidiens r&#233;gionaux, &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, bien s&#251;r, mais aussi &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, ainsi que tous les quotidiens du Nord et de la r&#233;gion Paca. La direction veut garder le papier journal et supprimer les deux unit&#233;s fabriquant le papier couch&#233; qui sert pour les magazines et transf&#233;rer cette fabrication vers une papeterie allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi les salari&#233;s r&#233;pondent que ce type de papier repr&#233;sente seulement 30&#8200;% de la fabrication et qu'on ne peut pas supprimer 60&#8200;% de l'effectif dans ce cas. Tr&#232;s remont&#233;s, ils ont tous en m&#233;moire le conflit de 1983, lorsque les salari&#233;s de la Chapelle Darblay s'&#233;taient bagarr&#233;s pendant 100 jours, face &#224; la direction, face &#224; Fabius, alors Premier ministre, et face aux flics venus les d&#233;loger. Ce conflit avait marqu&#233; la r&#233;gion rouennaise. Les papetiers avaient gagn&#233; le maintien du site et des 900&#8200;emplois. H&#233;las, le temps a jou&#233; contre le mouvement social et, au moyen de restructurations &#171; douces &#187; bas&#233;es sur des d&#233;parts en retraite non remplac&#233;s, les patrons ont r&#233;ussi &#224; tailler dans les effectifs. Pourtant, ces luttes de &#171; retardement &#187; permettent presque toujours aux ouvriers d'obtenir de meilleures conditions de d&#233;part. Et cela, les papetiers d'UPM-Kymmene le savent tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une simple vue de l'esprit !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/actu-lasserpe-272-38-2-6079a.jpg?1768650026' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Six Feet Under</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Quand je tousse, je me demande tout le temps si c'est une bronchite ou&#8230; &#187; Dominique laisse sa phrase en suspens mais on comprend tout de suite de quoi il est question. D&#233;sormais Dominique vit avec l'amiante, depuis qu'un scanner des poumons lui a d&#233;couvert des plaques pleurales occasionn&#233;es par des fibres de cette merde. Il s'en doutait un peu, le Dominique, &#224; force de tresser des joints, de meuler et de r&#233;parer des pi&#232;ces contenant de l'amiante ! Une grande partie du personnel a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reconnue" rel="tag"&gt;reconnue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand je tousse, je me demande tout le temps si c'est une bronchite ou&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Dominique laisse sa phrase en suspens mais on comprend tout de suite de quoi il est question. D&#233;sormais Dominique vit avec l'amiante, depuis qu'un scanner des poumons lui a d&#233;couvert des plaques pleurales occasionn&#233;es par des fibres de cette merde. Il s'en doutait un peu, le Dominique, &#224; force de tresser des joints, de meuler et de r&#233;parer des pi&#232;ces contenant de l'amiante ! Une grande partie du personnel a &#233;t&#233; expos&#233;. Mais, comme tout le monde, il pensait &#234;tre pass&#233; au travers lorsque l'heure du d&#233;part en retraite a sonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH510/p13-cqfd57-a4405.jpg?1768650026' width='400' height='510' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parce que Dominique est militant et s'occupe depuis des ann&#233;es de la sant&#233; au travail, il a tr&#232;s vite port&#233; plainte contre la bo&#238;te aupr&#232;s du tribunal des affaires de la S&#233;curit&#233; sociale. Dominique &#233;tait d'autant plus motiv&#233; qu'il voyait quotidiennement l'&#233;tat de son copain et ex-coll&#232;gue, Lucien, se d&#233;t&#233;riorer &#224; cause de la m&#234;me intoxication. Lucien est d'ailleurs d&#233;c&#233;d&#233;, il y a peu de temps, et ses derniers jours d'asphyxie ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement p&#233;nibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure juridique a dur&#233; longtemps mais Dominique a gagn&#233; au bout du compte. La faute inexcusable a &#233;t&#233; reconnue contre l'usine qui a d&#251; verser de fortes indemnisations. &#199;a ne redonnera pas des poumons neufs &#224; Dominique mais &#231;a contribue &#224; lui donner la p&#234;che pour continuer &#224; se battre, pour obtenir la reconnaissance par l'administration que l'usine est bien un lieu o&#249; l'amiante est omnipr&#233;sent. Ce qui pourrait entra&#238;ner quelques compensations pour ceux et celles qui y travaillent. Comme un d&#233;part en retraite anticip&#233;e. Malgr&#233; les d&#233;lais et les difficult&#233;s, Dominique, avec d'autres, n'a pas l'intention de baisser les bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de mes chroniques pr&#233;c&#233;dentes, j'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; le probl&#232;me de l'amiante, la situation des copains intoxiqu&#233;s, les d&#233;n&#233;gations des diff&#233;rentes directions. A chaque fois qu'il faut ouvrir un four ou un appareillage, se pose la question de la pr&#233;sence, ou pas, de ce poison. Et s'il en est trouv&#233;, c'est une bataille de chiffres sur les valeurs d'exposition tol&#233;r&#233;es. Alors qu'on sait que, quel que soit le taux, il y a un risque. D&#233;cider d'arr&#234;ter un atelier pour d&#233;samianter, ce sont des semaines suppl&#233;mentaires de production en moins. Forc&#233;ment, &#231;a pousse la direction &#224; minimiser pour red&#233;marrer au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'interdiction de son utilisation en 1997, l'amiante a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme un produit miracle de faible co&#251;t, inodore, de haute performance technique et sans effet direct. Pourtant sa nocivit&#233; &#233;tait reconnue d&#232;s 1906 ! A Cond&#233;-sur-Noireau (Calvados), une usine de tissage de fils d'amiante voyait ses ouvriers et ouvri&#232;res tomber comme des mouches. La maladie professionnelle li&#233;e &#224; l'amiante a &#233;t&#233; reconnue en 1945 comme entra&#238;nant des maladies plus s&#233;v&#232;res que la silicose des mineurs. D'importantes mesures de pr&#233;vention ont &#233;t&#233; institu&#233;es &#224; partir de 1972, mais l'interdiction d&#233;finitive n'est intervenue qu'en 2005 au niveau de toute l'Europe. Et encore, rien n'est fini. Des pays comme l'Inde en sont toujours de gros consommateurs et les vendeurs et lobbyistes de l'amiante sont actifs partout dans le monde en passant par des portes d&#233;rob&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amiante est une catastrophe sournoise qui n'&#233;clate pas d'un seul coup, parce que la maladie est souvent tr&#232;s longue &#224; se manifester. Pourtant les cas recens&#233;s sont de plus en plus nombreux : plus de 100&#8200;000 victimes annonc&#233;es ! Et c'est loin d'&#234;tre fini. La pr&#233;sence d'amiante ne se limite pas aux lieux de travail. Dans les habitations datant d'avant 1972 (mais souvent encore apr&#232;s), il est admis qu'il y a, pour le moins, des traces d'amiante. Que ce soit dans les sols, dans les murs ou dans les toitures (vous reprendrez bien un peu de fibrociment ?). Il est certain que le d&#233;samiantage est une action compliqu&#233;e et pr&#233;sentant un risque non n&#233;gligeable de polluer les poumons de ceux qui le pratiquent. C'est pourquoi les pouvoirs publics ont longtemps pr&#233;f&#233;r&#233; jouer la montre et laisser les populations expos&#233;es &#224; ce produit canc&#233;rig&#232;ne en n'agissant qu'au coup par coup. L'&#233;tat assume donc le fait qu'il va y avoir des milliers de morts, cela co&#251;tera toujours moins cher que les travaux &#224; engager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, oui, je sais, c'est le d&#233;but de l'ann&#233;e, j'aurais pu &#234;tre plus positif&#8230; M&#234;me pas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Winter is coming &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Winter-is-coming-1443</link>
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		<dc:date>2015-01-13T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Comme si &#231;a ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s'ajoutent &#224; notre ali&#233;nation quotidienne au travail. Aujourd'hui, la mention &#171; anglais, lu, &#233;crit, parl&#233; &#187; sur la fiche de poste des ouvriers et employ&#233;s de l'usine est presque devenue une r&#233;alit&#233; incontournable. Pas avec nos coll&#232;gues directs, non. Et si on veut dire merde &#224; son chef, on peut toujours. &#199;a se situe &#224; d'autres niveaux : lors des communications par l'intranet ou par t&#233;l&#233;phone, pour les commerciaux et pour les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cadres" rel="tag"&gt;cadres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Borealis" rel="tag"&gt;Borealis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme si &#231;a ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s'ajoutent &#224; notre ali&#233;nation quotidienne au travail. Aujourd'hui, la mention &#171; anglais, lu, &#233;crit, parl&#233; &#187; sur la fiche de poste des ouvriers et employ&#233;s de l'usine est presque devenue une r&#233;alit&#233; incontournable. Pas avec nos coll&#232;gues directs, non. Et si on veut dire merde &#224; son chef, on peut toujours. &#199;a se situe &#224; d'autres niveaux : lors des communications par l'intranet ou par t&#233;l&#233;phone, pour les commerciaux et pour les cadres, mais aussi directement sur nos &#233;crans de contr&#244;le o&#249; les alarmes et les informations s'affichent, depuis trois mois maintenant, dans la langue de Johnny Rotten.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/p07-cqfd56-c520b.jpg?1768650026' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait quelque chose qu'on sentait d&#233;j&#224; venir sous la direction de Total, mais, maintenant que nous sommes g&#233;r&#233;s par l'autrichienne Borealis (&#224; capitaux d'Abu Dhabi), c'est devenu imp&#233;ratif. Le syst&#232;me de gestion de cette entreprise est tr&#232;s centralis&#233; et, en m&#234;me temps tr&#232;s divis&#233; en sous-secteurs avec des directeurs un peu partout. &#199;a s'appelle &#171; organisation matricielle &#187; (si vous voulez en savoir plus, allez voir Wikip&#233;dia). Comme Borealis est surtout bas&#233; en Autriche, Finlande, Hongrie et &#233;mirats (le tout g&#233;r&#233; de Belgique), cela implique une langue commune. En l'occurrence, un anglais dans son avatar mondialis&#233;, c'est-&#224;-dire tr&#232;s technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a donc commenc&#233; chez les cadres dirigeants, puis les autres cadres et ing&#233;nieurs, puis les techniciens et les services ext&#233;rieurs, secr&#233;tariat et commerciaux. A pr&#233;sent, cela gagne la maintenance et la fabrication. La formation professionnelle interne y consacre beaucoup de moyens (pas loin de 20 % du budget) et selon le niveau hi&#233;rarchique, les cours se font en immersion (en Grande-Bretagne), en cours t&#233;l&#233;phonique, en cours particulier (&#171; &lt;i&gt;face to face&lt;/i&gt; &#187;) ou en cours collectif. Alors que des gens comme moi qui, il y a des lustres et dans le cadre de la formation perso, avaient demand&#233; des cours pour mieux manier l'idiome en question pour les vacances, s'&#233;taient vu syst&#233;matiquement rembarr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle contrainte cr&#233;e un stress &#233;norme, d'autant qu'il s'agit d'un anglais technique et non plus scolaire et que la peur de dire le contraire de ce qu'on a voulu dire est permanent. Sur nos logiciels en anglais, il arrive fr&#233;quemment qu'on ne soit pas s&#251;r d'avoir bien compris et on pr&#233;f&#232;re alors s'abstenir plut&#244;t que de mal faire. Dans une usine &#224; risque, c'est plut&#244;t moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDG vient visiter l'usine assez souvent. Il visite les ateliers et les bureaux et parle &#171; british &#187;. Il faut l'&#233;couter et faire semblant de s'int&#233;resser &#224; ce qu'il dit. L'ing&#233;nieur pr&#233;sent s'essaie &#224; traduire plus ou moins bien. Et c'est devenu tout le temps comme &#231;a. Au sup&#233;rieur hi&#233;rarchique qui nous interpelle, il faut imm&#233;diatement r&#233;pondre en anglais. Au mail envoy&#233; par un coll&#232;gue, il faut r&#233;pondre en anglais. Cette pression constante finit par s'apparenter &#224; un lavage de cerveau qui d&#233;grade encore un peu plus les conditions de travail dans toutes les strates de l'usine. Notre environnement est ponctu&#233; de mot d'ordre en anglais (&#171; &lt;i&gt;keep discovering&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;innovation day&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;business projects&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;call conf&lt;/i&gt; &#187;&#8230;) et il n'est plus question que d'acronymes anglais dont on ne comprend plus le sens. Le pire c'est peut-&#234;tre lorsqu'on re&#231;oit une fiche technique en anglais pour un produit ou une machine. Elle doit nous &#234;tre remise traduite (c'est la loi), mais il manque souvent des phrases enti&#232;res ou m&#234;me des pages. Pas facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; l'on en est. Tout cela est li&#233; aussi &#224; la &#171; nouvelle politique &#187;, la &#171; nouvelle &#233;thique &#187; que nos nouveaux patrons veulent imposer. Chaque entreprise veut d&#233;velopper un &#233;tat d'esprit propre. Avec Total, cet &#171; esprit &#187; s'appuyait sur des pratiques dures et quasi-barbouzardes. L&#224;, on veut nous l'inculquer de mani&#232;re &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; plus humaine, avec le sourire, mais c'est en fait beaucoup plus insidieux. Le rouleau compresseur id&#233;ologique de la bo&#238;te avance lentement mais s&#251;rement. Jusqu'&#224; ce que les prolos retrouvent ou recr&#233;ent leur propre jargon pour mieux tourner en d&#233;rision cette nouvelle forme de &#171; &lt;i&gt;friendly&lt;/i&gt; &#187; domination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Bonjour chez vous &#187;</title>
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		<dc:date>2014-12-19T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit depuis quelque temps, dans les usines de l'industrie chimique, de l'arriv&#233;e ou de la remont&#233;e aux affaires d'un syndicat qui passe pour ringard, &#224; savoir la CFTC. C'est encore marginal, mais le mal semble bien revenir. La CFTC, syndicat des travailleurs &#171; chr&#233;tiens &#187; se cr&#233;e en 1919 avec comme objectif avou&#233; de contrer la toute puissante CGT dans le milieu ouvrier. Peu revendicative, elle garde comme image du patron celle de &#171; not' bon ma&#238;tre &#187; tout en s'agenouillant devant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CFTC-scissionne" rel="tag"&gt;CFTC scissionne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit depuis quelque temps, dans les usines de l'industrie chimique, de l'arriv&#233;e ou de la remont&#233;e aux affaires d'un syndicat qui passe pour ringard, &#224; savoir la CFTC. C'est encore marginal, mais le mal semble bien revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFTC, syndicat des travailleurs &#171; chr&#233;tiens &#187; se cr&#233;e en 1919 avec comme objectif avou&#233; de contrer la toute puissante CGT dans le milieu ouvrier. Peu revendicative, elle garde comme image du patron celle de &#171; not' bon ma&#238;tre &#187; tout en s'agenouillant devant l'&#233;glise et ses encycliques. En 1964, suite &#224; la guerre d'Alg&#233;rie, la tendance gauche de la CFTC scissionne pour former la CFDT. Pouss&#233; sur sa droite, le syndicat chr&#233;tien p&#233;riclite et ne se retrouve quasiment que dans le Nord et en Alsace-Lorraine. En 1997, la CFTC perd encore un tiers de ses conseillers prud'homaux au profit de la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH527/p12-efix-cqfd55-a8fd6.jpg?1768908460' width='500' height='527' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais les patrons qui ont besoin d'une organisation maison n'h&#233;sitent pas &#224; faire adh&#233;rer &#224; ce syndicat (et m&#234;me &#224; payer les cotisations) des salari&#233;s soumis et pr&#234;ts &#224; signer n'importe quel accord bidon ou plan de restructuration. Plus facile m&#234;me que de les faire adh&#233;rer &#224; FO qui a parfois des r&#233;actions ing&#233;rables pour un dirigeant d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996, le FN a essay&#233; de faire de l'entrisme chez ces grenouilles de b&#233;nitiers mais sans r&#233;sultats probants, hormis une CFTC-police bien infiltr&#233;e et des revendications d'appartenance de la part de candidats frontistes aux &#233;lections municipales rest&#233;es sans d&#233;saveu de la hi&#233;rarchie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma bo&#238;te, la CFTC est apparue il y a une vingtaine d'ann&#233;es &#224; la faveur de la fermeture d'une usine d'engrais du Pas-de-Calais et du transfert de quelques coll&#232;gues sur notre site. En fait, c'&#233;tait un seul et unique militant. Voyant un danger possible, la CFDT a essay&#233; de lui mettre le grappin dessus, sans r&#233;sultat. Le type en question, que nous appellerons N&#176;1 par commodit&#233; autant que par go&#251;t pour les s&#233;ries anglaises des sixties, aurait eu trop &#224; y perdre : &#233;tant un syndicat &#224; lui tout seul, il b&#233;n&#233;ficiait d'heures de d&#233;l&#233;gation dans toutes les instances possibles et ne se retrouvait quasiment jamais &#224; l'usine. Jamais l&#224;, mais se faisant payer des heures suppl&#233;mentaires qu'il ne faisait pas ! Il fallait bien que la direction le remercie pour les services rendus dans le maintien de la paix sociale ! N&#176;1 &#233;tait tellement appr&#233;ci&#233; par la direction que, lors de son d&#233;part en retraite, il fut invit&#233; par le PDG pour boire un dernier verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, N&#176;1 s'est trouv&#233; un successeur (appelons-le N&#176;2, donc) qui a tout de suite profit&#233; des multiples heures de d&#233;l&#233;gation mais qui, lui, a une strat&#233;gie de progression de son village de vacances. M&#234;me si elle reste balbutiante, son initiative commence &#224; rassembler quelques &#233;l&#233;ments effray&#233;s par une CGT jug&#233;e trop gauchisante et surtout par une CFDT qui ne repr&#233;sente plus que des contrema&#238;tres. N&#176;2 est jeune, pr&#233;sente comme un commercial un peu bas du front et communique sans cesse, m&#234;me lorsqu'il n'est pas pr&#233;sent sur le terrain, &#224; coup de mels, de SMS et de tracts. Il organise surtout, gr&#226;ce au renfort des N&#176;3 et 4, beaucoup de sondages (m&#234;me pas des p&#233;titions) qui donnent l'impression &#224; certains qu'on s'occupe d'eux, mais ce ne sont, &#233;videmment, que d'&#233;ph&#233;m&#232;res bulles de savon. L'un de ces coups de com' demandait par exemple &#224; ce que les gens puissent faire davantage d'heures suppl&#233;mentaires. En revanche, il n'est jamais question d'augmentation de salaires, de gr&#232;ve ou m&#234;me d'actions et de bagarres. Le discours vise surtout &#224; r&#233;pandre un climat de m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, entre ceux qui travaillent en poste et ceux qui bossent &#224; la journ&#233;e, entre le personnel de fabrication et celui de la maintenance. Une m&#233;fiance qui est dans l'air du temps et qui participe &#224; faire perdre aux salari&#233;s le go&#251;t de la lutte et de la solidarit&#233;. Cependant, ce discours ne trouve pas, pour l'instant, une adh&#233;sion franche et massive de la part des salari&#233;s de l'usine. &#171; Nous ne sommes pas [encore] des num&#233;ros ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Condol&#233;ances prol&#233;tariennes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que tu vas au boulot, le matin, coinc&#233; dans une circulation soutenue, voil&#224; que l'autoradio t'apprend que ton ancien PDG vient de passer l'arme &#224; gauche. Tout de suite, ta journ&#233;e prend un autre air. Un m&#233;lange de plaisir et de d&#233;ception. D&#233;ception parce que tu aurais plut&#244;t aim&#233; voir sa t&#234;te au bout d'une pique pendant qu'on aurait dans&#233; une joyeuse Carmagnole. Tu pensais aussi que, vu les accointances du sieur avec Poutine, son go&#251;t tr&#232;s marqu&#233; pour la vodka et ses magouilles sur le prix du gaz, ce serait plut&#244;t la mafia russe qui le dessouderait. M&#234;me pas. Un banal accident du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que celui-l&#224; on en parle (quoiqu'on ne sache rien des membres du personnel du Falcon qui sont morts avec lui). La presse et les politiques sont intarissables sur la mort de de Margerie&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sa mort fait revenir Desmarets aux commandes, le PDG de l'&#233;poque d'AZF, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, bien plus que sur les accidents mortels qui ont eu lieu dans les raffineries Total de Feyzin ou Gonfreville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'usine, c'est le sujet de discussion et de rigolade. Tout le monde se l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Il n'avait pas encore son parachute dor&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Il n'aura pas de probl&#232;me avec l'amiante &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;C'est Depardieu qui conduisait la d&#233;neigeuse ou bien ?&lt;/i&gt; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont &#233;voqu&#233;s l'Erika, AZF, la Birmanie et l'Ouganda, les Cr&#233;dits d'imp&#244;t touch&#233;s par Total qui ne paie pas d'imp&#244;ts en France&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'arr&#234;te pas. On est dans une jubilation, d'autant que Total a revendu notre bo&#238;te, l'an dernier, sans &#233;tats d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, pour finir (faut bien aller bosser), il y a cet autre copain qui demande, sans rire, que le CHSCT fasse une enqu&#234;te sur l'accident : &#171; &lt;i&gt;Que faisait-il l&#224;-bas alors que les relations avec la Russie sont gel&#233;es pour cause d'Ukraine ? A-t-il agi de sa propre initiative ? A-t-il respect&#233; le r&#232;glement interne sur les grands d&#233;placements ? Pourquoi utilisait-il son v&#233;hicule personnel ? Peut-on envisager une piste terroriste comme pour AZF ? La mort du PDG va-t-elle influer sur la cotisation Accidents du Travail Maladies Professionnelles que Total paye &#224; la S&#233;cu ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, &#231;a nous fait rire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, &#224; chaud, comment on a r&#233;agi, &#224; l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH465/actu-margerie-cqfd-126-5828d.jpg?1768662160' width='400' height='465' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sa mort fait revenir Desmarets aux commandes, le PDG de l'&#233;poque d'AZF, qui aimait tant ses salari&#233;s que lorsqu'ils avaient voulu le voir &#224; La D&#233;fense, il s'&#233;tait sauv&#233; par une fen&#234;tre. Quant &#224; Pouyannet, il acc&#233;l&#232;rera sans doute la fermeture des raffineries europ&#233;ennes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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