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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'arm&#233;e, pas de quoi RIRe</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ouvrir l'un des derniers num&#233;ros du RIRe est une exp&#233;rience troublante. Si le nom diff&#232;re, les pages ressemblent beaucoup aux premiers num&#233;ros de CQFD : format, maquette, id&#233;es politiques, on s'y croirait. Et au fond c'est bien normal, puisque le canard que vous tenez entre les mains est l'h&#233;ritier direct de ce journal antimilitariste. Au d&#233;part, il y a le Journal des Objecteurs, mensuel lanc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1980, &#233;poque o&#249; &#233;viter son service militaire est une gageure. Le premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/raconte-Herve" rel="tag"&gt;raconte Herv&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ouvrir l'un des derniers num&#233;ros du &lt;i&gt;RIRe&lt;/i&gt; est une exp&#233;rience troublante. Si le nom diff&#232;re, les pages ressemblent beaucoup aux premiers num&#233;ros de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : format, maquette, id&#233;es politiques, on s'y croirait. Et au fond c'est bien normal, puisque le canard que vous tenez entre les mains est l'h&#233;ritier direct de ce journal antimilitariste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;part, il y a le &lt;i&gt;Journal des Objecteurs&lt;/i&gt;, mensuel lanc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1980, &#233;poque o&#249; &#233;viter son service militaire est une gageure. Le premier num&#233;ro, tir&#233; &#224; 1 000 exemplaires en juillet 1982, annonce la couleur : on n'est pas l&#224; pour rigoler. Maquette A4 aust&#232;re, pas un dessin, vocabulaire militant... Le fun n'est pas de mise. Mais le but est ailleurs : il s'agit de soutenir ceux qui s'opposent &#224; la conscription. Il y a eu 132 num&#233;ros du &lt;i&gt;Journal des objecteurs&lt;/i&gt;. Au fil du temps, ses r&#233;dacteurs, qui s'&#233;taient lanc&#233;s en amateurs, &#233;toffent leur publication. Des dessins font leur apparition (Sin&#233;, Cabu). Des efforts de mise en page sont faits. L'humour s'invite au coin des pages &#8211; &#171; &lt;i&gt;D&#233;serter&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &#199;a va pas non&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Pour qu'on me pique ma place&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; D'autres th&#232;mes sont abord&#233;s. Finis les longs comptes-rendus d'AG, place &#224; des articles parfois passionnants, &#224; l'image de cette interview publi&#233;e dans le num&#233;ro 100 : &#171; &#202;tre objecteur de conscience en Union sovi&#233;tique &#187;. Il n'emp&#234;che : la petite &#233;quipe parisienne confie son &#171; &lt;i&gt;usure&lt;/i&gt; &#187;, attendant une rel&#232;ve qui tarde &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les collectifs engag&#233;s dans la lutte contre la conscription s'interrogent sur la strat&#233;gie &#224; adopter. &#171; &lt;i&gt;Il y avait bien eu une avanc&#233;e avec la loi sur l'objection de conscience de 1983 &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'objection de conscience avait &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;e d&#232;s 1963, mais soumise &#224; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais le statut restait discriminatoire : double dur&#233;e, r&#232;glement militaire, etc.&lt;/i&gt; &#187;, raconte Herv&#233;, soutier du Chien Rouge qui &#233;tait de l'aventure du &lt;i&gt;RIRe&lt;/i&gt; d&#232;s le d&#233;but. &#171; &lt;i&gt;Nous trouvions que le Mouvement des objecteurs de conscience (MOC), qui f&#233;d&#233;rait des collectifs de tout le pays, manquait de combativit&#233;. Sa majorit&#233; refusait de soutenir concr&#232;tement insoumis et d&#233;serteurs de peur de mettre en danger un statut ch&#232;rement gagn&#233; par les militants des ann&#233;es 1970. On avait envie de faire r&#233;seau, de f&#233;d&#233;rer les groupes qui voulaient &#234;tre plus offensifs, pas contre le MOC mais &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; C'est sur cette base que le R&#233;seau d'information aux r&#233;fractaires (RIRe) prend son envol en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le RIRe r&#233;unit donc diff&#233;rents collectifs antimilitaristes diss&#233;min&#233;s dans l'Hexagone. Un journal du m&#234;me nom leur servira de bulletin de liaison. Pour simplifier les d&#233;marches administratives, le petit nouveau reprend le num&#233;ro de commission paritaire de son pr&#233;d&#233;cesseur, marquant symboliquement la continuit&#233; du combat. Au fil des num&#233;ros, qui s'&#233;toffent peu &#224; peu, on croise d'innombrables cas d'insoumis et de d&#233;serteurs envoy&#233;s devant une justice parfois exp&#233;ditive. Comme le proc&#232;s du Basque Kittu Lascaray, dont le cas est &#233;voqu&#233; dans le num&#233;ro de janvier 1996 : &#187; &lt;i&gt;Insoumis le 12 juin 1992, Kittu a &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; le 4 novembre de la m&#234;me ann&#233;e. Condamn&#233; &#224; 13 mois ferme, il a purg&#233; sa peine dans les maisons d'arr&#234;t de Gradignan et de Poitiers. Malgr&#233; cela, l'arm&#233;e a os&#233; le rappeler sous les drapeaux, faisant de lui un insoumis pour la deuxi&#232;me fois. C'est pourquoi il a &#233;t&#233; recondamn&#233; &#224; 12 mois ferme.&lt;/i&gt; &#187; Un cercle vicieux, qui suscite une forte mobilisation. Le proc&#232;s en appel est &#233;pique. Face au chahut dans la salle, le pr&#233;sident menace : &#171; &lt;i&gt;La prochaine fois je ferai &#233;vacuer, nous ne sommes pas aux f&#234;tes de Bayonne. C'est pas un spectacle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix s'&#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;C'est vous&lt;/i&gt; &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; spectacle. &#187; Quand le pr&#233;sident demande qui est l'auteur de la saillie, toutes les mains se l&#232;vent. Il fait donc &#233;vacuer la salle : &#171; &lt;i&gt;La situation d&#233;g&#233;n&#232;re en affrontement contre les CRS, matraques et coups de poing jusqu'aux pas perdus.&lt;/i&gt; &#187; Ambiance. Malgr&#233; tout, Kittu est relax&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &lt;i&gt;RIRe&lt;/i&gt; ne se limite pas &#224; couvrir les proc&#232;s d'insoumis, qui disparaissent peu &#224; peu du paysage apr&#232;s l'abrogation du service militaire. En 1997 le bulletin devient une revue bimestrielle qui cherche &#224; &#233;largir les fronts de luttes. Tr&#232;s vite, le journal se fait pourfendeur des ventes d'armes. Son grand ennemi : le salon Eurosatory, vitrine des marchands de missiles se tenant tous les deux ans en r&#233;gion parisienne et contre lequel de grandes mobilisations sont organis&#233;es. En parall&#232;le, le ton &#233;volue, se fait plus journalistique, ouvert &#224; d'autres horizons, de la Tch&#233;tch&#233;nie &#224; la Sierra Leone. L'antimilitarisme n'est plus le seul cheval de bataille. &#171; Au fil du temps, la revue s'est concentr&#233;e &#224; Marseille et a vu arriver de nouvelles t&#234;tes venues d'autres horizons &#187;, raconte Herv&#233;. &#171; &lt;i&gt;Peu &#224; peu, l'id&#233;e de transformer le &lt;/i&gt;RIRe&lt;i&gt; en revue g&#233;n&#233;raliste s'est impos&#233;e. Se transformer pour continuer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement s'amorce avec le num&#233;ro 47, qui abandonne le format &#171; revue &#187; : Le &lt;i&gt;RIRe&lt;/i&gt; a d&#233;sormais une gueule de journal. Le dernier num&#233;ro, le 49 (mars 2003), ent&#233;rine le grand changement et l'arriv&#233;e en kiosques d'un nouveau venu, &#224; gueule de chien rouge : &#171; &lt;i&gt;La presse aux ordres a parfaitement r&#233;ussi &#224; mettre les opinions&lt;/i&gt; [divergentes] &lt;i&gt;KO. Les troupes en d&#233;sordre de la presse militante continuent pourtant de ramer &#224; contre-courant dans leurs coquilles de noix. Pour acc&#233;l&#233;rer la cadence,&lt;/i&gt; Le RIRe rena&#238;tra en mai prochain sous un nouveau titre : CQFD. &#187; Ainsi fut fait.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'objection de conscience avait &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;e d&#232;s 1963, mais soumise &#224; des conditions si drastiques que tr&#232;s peu de r&#233;fractaires y eurent recours. La loi de 1983 desserra un peu la vis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vengeance du concombre masqu&#233;</title>
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		<dc:date>2011-06-14T05:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ils font rire, ces Teutons fans de brocoli bio. Leurs corps p&#226;les, &#224; force de vie saine, n'ont plus aucune capacit&#233; de d&#233;fense contre les bons vieux produits chimiques que l'agriculture &#171; traditionnelle &#187; vaporise g&#233;n&#233;reusement sur nos fruits et l&#233;gumes. C'est ce qu'on se disait au d&#233;but de la crise du concombre espagnol. Jusqu'&#224; ce qu'on nous annonce, &#224; notre grande surprise, que les cucurbitac&#233;es incrimin&#233;es &#233;taient&#8230; bio. Puis que c'&#233;taient peut-&#234;tre des tomates, ou des laitues. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/RIRe" rel="tag"&gt;RIRe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/brocoli" rel="tag"&gt;brocoli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils font rire, ces Teutons fans de brocoli bio. Leurs corps p&#226;les, &#224; force de vie saine, n'ont plus aucune capacit&#233; de d&#233;fense contre les bons vieux produits chimiques que l'agriculture &#171; traditionnelle &#187; vaporise g&#233;n&#233;reusement sur nos fruits et l&#233;gumes. C'est ce qu'on se disait au d&#233;but de la crise du concombre espagnol. Jusqu'&#224; ce qu'on nous annonce, &#224; notre grande surprise, que les cucurbitac&#233;es incrimin&#233;es &#233;taient&#8230; bio. Puis que c'&#233;taient peut-&#234;tre des tomates, ou des laitues. Finalement, ni l'un ni l'autre, mais plut&#244;t (encore que ?) du soja produit en Basse-Saxe. Alors que Merkel a r&#233;cemment reproch&#233; &#224; l'Espagnol de ne pas bosser assez dur ni assez longtemps, la promptitude &#224; accuser un Sud forc&#233;ment corrompu et pollueur irrite. Revient alors en m&#233;moire l'affaire de la pr&#233;tendue l'huile de colza frelat&#233;e, qui avait fait plus de mille morts en Espagne au d&#233;but des ann&#233;es 1980. L'origine de l'&#233;pid&#233;mie &#233;tait sans doute tout autre : sous les serres d'Almeria, on aspergeait les tomates de pesticides organochlor&#233;s interdits en Europe&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Philipponneau, Relation de l'empoisonnement perp&#233;tr&#233; en Espagne et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Une multinationale allemande avait de gros stocks &#224; &#233;couler et l'Espagne n'&#233;tait pas encore entr&#233;e dans l'Union. De l&#224; &#224; imaginer une vengeance qui se mange froid et cru, monsieur le commissaire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jacques Philipponneau, &lt;a href=&#034;http://www.atheles.org/lalibrairiedesterritoires/livres/relationdelempoisonnementperpetreenespagne/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Relation de l'empoisonnement perp&#233;tr&#233; en Espagne et camoufl&#233; sous le nom de syndrome de l'huile toxique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Encyclop&#233;die des nuisances, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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