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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La panoplie du maton</title>
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		<dc:date>2005-04-18T09:57:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans les corridors de l'administration p&#233;nitentiaire, la mode est au western m&#226;tin&#233; CRS : costumes noirs, cagoules, rangers clout&#233;s, gants matelass&#233;s, fusils &#224; pompes, balles anti-&#233;meutes&#8230; Les taules se transforment en commissariats de couvre-feu, la d&#233;tention en garde &#224; vue illimit&#233;e. L'air du temps est du bleu des gyrophares. Nos matons ont toujours r&#234;v&#233; de ressembler &#224; des policiers. Et le discours de leurs syndicats sur le manque d'effectifs pour accomplir les t&#226;ches de r&#233;insertion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no21-mars-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;21 (mars 2005)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les corridors de l'administration p&#233;nitentiaire, la mode est au western m&#226;tin&#233; CRS : costumes noirs, cagoules, rangers clout&#233;s, gants matelass&#233;s, fusils &#224; pompes, balles anti-&#233;meutes&#8230; Les taules se transforment en commissariats de couvre-feu, la d&#233;tention en garde &#224; vue illimit&#233;e. L'air du temps est du bleu des gyrophares.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos matons ont toujours r&#234;v&#233; de ressembler &#224; des policiers. Et le discours de leurs syndicats sur le manque d'effectifs pour accomplir les t&#226;ches de r&#233;insertion sociale des prisonniers sonne faux et s'accorde de nos jours &#224; la tartuferie p&#233;nitentiaire. Les hommes et les femmes de base r&#233;clament des rangers clout&#233;s, une noire matraque, une paire de menottes et un fusil &#224; pompe. Perben leur a offert toute la panoplie ! Les prisons ressemblent de plus en plus &#224; des commissariats. Ces deux derni&#232;res ann&#233;es, nous avons &#233;t&#233; les t&#233;moins de ce changement de cap. Avec la d&#233;t&#233;rioration acc&#233;l&#233;r&#233;e des conditions de d&#233;tention, nous allons vers une simple garde &#224; vue ad vitam et cetera, comme c'est d&#233;j&#224; le cas dans les prisons de quelques &#201;tats du Sud am&#233;ricain. Tout d&#233;buta dans la farce. Apr&#232;s s'&#234;tre battus pour un r&#233;gime de retraite identique &#224; celui de la police - ce qui est juste en soi -, deux syndicats majoritaires ont obtenu le droit pour les fonctionnaires d'arborer des galons de CRS et d'abandonner ainsi les signes distinctifs de l'engeance carc&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis tr&#232;s vite les choses tourn&#232;rent &#224; l'aigre avec la cr&#233;ation des ERIS (&#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233;), p&#226;les copies du RAID et autres GIPN, tous v&#234;tus de noir et masqu&#233;s de cagoules de moto. Depuis les passages &#224; tabac se multiplient lors d'op&#233;rations cibl&#233;es et des fouilles &#224; grand spectacle o&#249; ils d&#233;truisent tout ce qui leur tombe sous les chaussures &#224; clous. Un ancien moniteur de sport de la centrale de Moulins, qui au quotidien jouait les gentils et serrait les mains, tout &#224; la fois un peu complice et un peu malfrat, devint par enchantement l'un des pires bastonneurs des ERIS lyonnais. Anonymat et impunit&#233; totale garantis, pourquoi se g&#234;nerait-il ? La cohorte d&#233;barque le m&#233;pris d&#233;gobill&#233; avec l'&#233;vidente volont&#233; d'humilier. D'ailleurs, en dehors des coups, le seul rapport des encagoul&#233;s avec les prisonniers se r&#233;sume aux strip-teases ponctu&#233;s d'insultes et de commentaires pendards : &lt;i&gt;&#171; &#192; quatre pattes ! &#187;&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &#171; Tourne-toi ! &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Couch&#233;, mains dans le dos ! &#187;&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au courant des demandes pressantes des permanents syndicaux, un maton de la vieille &#233;cole me confessait voici quelques ann&#233;es : &lt;i&gt;&#171; Le jour o&#249;, dans le mirador, ils nous &#233;quiperont de fusils &#224; lunette, je d&#233;missionnerai. &#187;&lt;/i&gt; Il est parti &#224; la retraite. Et ses coll&#232;gues brandissent d&#233;sormais les fameux fusils. Bien s&#251;r, un repr&#233;sentant du personnel expliqua &#224; la t&#233;l&#233; que c'&#233;tait pour mieux viser les jambes ! Je fus malheureusement t&#233;moin de l'un des premiers passages &#224; l'acte &#224; la centrale d'Arles. Le pauvre Enzo, petit voleur sarde n'ayant jamais tu&#233; personne, a &#233;t&#233; cribl&#233; de balles alors qu'il &#233;tait assis &#224; califourchon sur le mur d'enceinte. Ce fut un tel carnage que lorsque la juge de Tarascon demanda &#224; visionner la sc&#232;ne, les bandes des six cam&#233;ras s'&#233;taient volatilis&#233;es. Il n'y a d&#233;cid&#233;ment aucune surprise avec la p&#233;nitentiaire ! Il para&#238;t que sur les bandes on aurait pu reconna&#238;tre l'ordure qui lui donna le coup de gr&#226;ce. Pourquoi craignent-ils ces images ? Le communiqu&#233; officiel du minist&#232;re et les tracts de l'UFAP auraient sans doute affirm&#233; que la pauvre b&#234;te souffrait trop, qu'il fallait bien faire quelque chose et qu'il s'agissait donc d'une mesure humanitaire&#8230; Et les journaleux n'auraient-ils pas comme un seul homme repris cette version ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines auparavant, deux d&#233;tenus guyanais avaient &#233;t&#233; assassin&#233;s de sang froid au pied du mur. Avec de telles armes, impossible de louper la cible, et lorsqu'ils ont des comptes &#224; r&#233;gler entre eux, ils font mouche de la m&#234;me fa&#231;on. De son mirador, &#224; Moulins, un amoureux &#233;conduit tua sur le coup sa dulcin&#233;e en uniforme. Peut-&#234;tre &#233;tait-elle affili&#233;e au syndicat qui avait r&#233;clam&#233; haut et fort ces armes redoutables contre la canaille ? Puis la parodie polici&#232;re envahit les coursives de la d&#233;tention. Comme d'habitude, cela d&#233;buta dans les quartiers d'isolement (QI). Ils trouv&#232;rent une bonne raison de menotter un ou deux individus &#171; tr&#232;s dangereux &#187; puis ils entrav&#232;rent tous les pensionnaires du QI au tristement c&#233;l&#232;bre D5 de Fleury. Au moment d'y d&#233;barquer, j'observai &#224; travers la grille la t&#234;te du brigadier. Il rayonnait d'un tel bonheur, une v&#233;ritable jouissance &#224; jouer au flic. Maintenant, dans tous les secteurs, les galonn&#233;s sont &#233;quip&#233;s d'une paire de menottes et de gants, de ces fameux gants matelass&#233;s sur les phalanges afin d'&#233;viter les fractures quand ils cognent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me &#224; l'h&#244;pital de Fresnes, grand mouroir des prisons fran&#231;aises, le chef d'&#233;tage roule des &#233;paules avec son &#233;quipement d'intervention. Dans certains &#233;tablissements dits s&#233;curitaires, ils s'&#233;quipent aujourd'hui de fusils &#224; pompes garnis jusqu'&#224; la gueule de balles anti-&#233;meutes. Sans doute h&#233;ritier d'une famille de grands braconniers, un &lt;i&gt;&#171; galon jaune &#187;&lt;/i&gt; de Moulins, portant le nom d'un acteur qui parle de lui &#224; la troisi&#232;me personne, aussi con mais beaucoup moins beau, aimait &#224; se balader sur les coursives le fusil en bandouli&#232;re. Pour un oui ou pour un non, il braquait l'engin sous le nez d'un prisonnier : &lt;i&gt;&#171; Alors maintenant tu fais moins le malin ! &#187;&lt;/i&gt; Partout cette ambiance western gagne du terrain. On peut l&#233;gitimement se demander de ce qu'il adviendra une fois que le minist&#232;re aura acc&#233;d&#233; &#224; la demande pressante de cr&#233;er des unit&#233;s arm&#233;es de transfert et de surveillance. Certains fonctionnaires se plaisent d&#233;j&#224; &#224; r&#234;ver tout haut du pompon, du gyrophare bleu et de la mitraillette &#224; la porti&#232;re frapp&#233;e du blason : &#171; Administration p&#233;nitentiaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu, le rapport Truche, magistrat de la Commission nationale de d&#233;ontologie de la s&#233;curit&#233;, &#233;clairait certains faits d'une lumi&#232;re crue. Les tabassages au mitard de la centrale de Moulins l'ann&#233;e pass&#233;e auraient &#233;t&#233; commis par des grad&#233;s et des surveillants qui s'&#233;taient d&#233;guis&#233;s avec des uniformes des ERIS. Ils aiment tellement les tenues noires et bleu marine qu'ils en planquaient dans les placards ! Et ce qui devait arriver arriva. D&#233;but f&#233;vrier, un coll&#232;gue d&#233;barqua. &lt;i&gt;&#171; H&#233; les gars, au 2e il y a des ERIS sans cagoules ! &#187;&lt;/i&gt; Bien s&#251;r, on est all&#233; jeter un coup d'&#339;il, et la surprise pass&#233;e, nous f&#251;mes forc&#233;s de reconna&#238;tre l'&#233;vidence : un paquet de matons avait opt&#233; pour la tenue de combat, blouson d'intervention, pantalons de treillis et rangers&#8230; Avant on rigolait du surveillant accrochant le sifflet &#224; une fourrag&#232;re gliss&#233;e &#224; l'&#233;paulette, de ses commandements &lt;i&gt;&#171; affirmatif, rompez ! &#187;&lt;/i&gt; et du claquement de ses talons devant un sup&#233;rieur. Et maintenant les voici tous d&#233;guis&#233;s en CRS ! Mais comme le pr&#233;cisera avec sinc&#233;rit&#233; l'un d'eux : &lt;i&gt;&#171; Rien &#224; voir, il s'agit de tenues de la BAC, parce que nous sommes les seuls vrais de l'anti-criminalit&#233;, non ? &#187;&lt;/i&gt; Et &#224; la vision d'un groupe sombre stationn&#233; au bout de la coursive, qui nous rappela une autre &#233;poque et le carrefour du Boul'mich, avec un vieux copain nous entonn&#226;mes le refrain du quartier latin : face &#224; &lt;i&gt;&#171; vos hommes bien lunett&#233;s, bien casqu&#233;s, bien boucl&#233;s, bien grenad&#233;s, bien sold&#233;s, nous nous sommes mis &#224; crier : &#224; bas l'&#201;tat policier, &#224; bas l'&#201;tat policier ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jean-Marc Rouillan a test&#233; pour vous la torture &#224; la fran&#231;aise</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Jean-Marc-Rouillan-a-teste-pour</link>
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		<dc:date>2004-05-24T09:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<dc:subject>Jann-Marc Rouillan</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Jann-Marc Rouillan &#233;crivait dans CQFD depuis janvier. Tous les mois, notre &#171; correspondant permanent au p&#233;nitencier &#187; veillait, depuis son &#171; bunker &#187; de Moulins-Yzeure, &#224; nous faire parvenir sa chronique en temps et en heure, bien calibr&#233;e pour tenir dans sa page, un vrai boulot de pro, tel qu'on n'en voit pas chaque jour dans un canard de ch&#244;medus ensoleill&#233;s. Quand son papier nous arrivait par un chemin d&#233;tourn&#233;, on oubliait, le temps de la lecture, que l'auteur de cette prose gorg&#233;e de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jann-Marc-Rouillan-17536" rel="tag"&gt;Jann-Marc Rouillan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-administration-carcerale" rel="tag"&gt;l'administration carc&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/transfert" rel="tag"&gt;transfert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Jann-Marc-Rouillan'&gt;Jann-Marc Rouillan&lt;/a&gt; &#233;crivait dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; depuis janvier. Tous les mois, notre &lt;i&gt;&#171; correspondant permanent au p&#233;nitencier &#187;&lt;/i&gt; veillait, depuis son &#171; bunker &#187; de Moulins-Yzeure, &#224; nous faire parvenir sa chronique en temps et en heure, bien calibr&#233;e pour tenir dans sa page, un vrai boulot de pro, tel qu'on n'en voit pas chaque jour dans un canard de ch&#244;medus ensoleill&#233;s. Quand son papier nous arrivait par un chemin d&#233;tourn&#233;, on oubliait, le temps de la lecture, que l'auteur de cette prose gorg&#233;e de vie ne serait une fois de plus pas l&#224; pour l'ap&#233;ro. Ce gars qui survit en taule depuis dix-sept ans, dont les camarades agonisent sous la semelle implacable de l'administration carc&#233;rale, ce gars qui nous soutient plus que nous ne le soutenons et que nous n'avons jamais vus, on s'&#233;tait vite habitu&#233; &#224; le consid&#233;rer comme un coll&#232;gue, un pote. Mais ce mois-ci, pas de Jann-Marc dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Depuis son transfert &#224; la maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis le 18 mai, et suite aux violences crapuleuses perp&#233;tr&#233;es contre lui par des surveillants encagoul&#233;s, notre collaborateur n'est plus en mesure d'honorer son rendez-vous mensuel : plac&#233; en isolement, priv&#233; de tout moyen de communication, il a de fait &#233;t&#233; r&#233;duit au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette museli&#232;re est peu de choses compar&#233;e &#224; la serviette avec laquelle les &#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS) l'ont baillonn&#233; &#224; l'aube de son transfert. Les ERIS, comme nous dit Pierre Ripert, l'avocat de Rouillan, c'est un &lt;i&gt;&#171; corps de mercenaires cr&#233;&#233; pour casser du d&#233;tenu &#187;&lt;/i&gt;. Encagoul&#233;s tels les bourreaux de la place de Gr&#232;ve, pour pouvoir cogner incognito, les membres des ERIS ont donc r&#233;veill&#233; Jann-Marc au petit matin du 18 mai. Ils lui enfoncent une serviette dans la bouche, le frappent, le d&#233;shabillent, le tra&#238;nent nu &#224; travers la taule puis l'obligent &#224; se mettre &#224; genoux, toujours nu, devant le directeur de la centrale, Richard Bauer, qui aurait alors &lt;i&gt;&#171; d&#233;tourn&#233; les yeux &#187;&lt;/i&gt;. Trois autres d&#233;tenus ont subi le m&#234;me sort. &lt;i&gt;&#171; Ces traitements inhumains et d&#233;gradants ressemblent beaucoup &#224; ce qui a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; &#224; la prison d'Abu Ghra&#239;b &#224; Bagdad &#187;&lt;/i&gt;, observe Pierre Ripert. Selon lui, en pr&#232;s de vingt ans de cabane, Rouillan n'avait jamais v&#233;cu &#231;a. Pour la premi&#232;re fois, il portera donc plainte pour &#171; coups et violence &#187;. Sans le moindre espoir qu'elle aboutisse, mais pour forcer les donneurs d'ordre &#224; se donner au moins la peine de tricoter une explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration carc&#233;rale justifie le transfert de Jann-Marc par une imputation qui a toutes les apparences d'une dinguerie : notre collaborateur aurait affr&#233;t&#233; un h&#233;lico depuis sa cellule de Moulins-Yzeure&#8230; Si elle &#233;tait fond&#233;e, une telle accusation visant un homme malade, vraisemblablement atteint d'un cancer aux poumons, aurait de quoi forcer le respect. D'autant qu'au moment o&#249; il &#233;tait suppos&#233; fomenter son plan d'&#233;vasion, Jann-Marc s'appr&#234;tait &#224; d&#233;poser une demande de lib&#233;ration - en se doutant, il est vrai, qu'elle finirait dans la m&#234;me poubelles que celles d&#233;j&#224; formul&#233;es par les presque mourantes Nathalie M&#233;nigon et Jo&#235;lle Aubron. De toute fa&#231;on, pour s'&#233;chapper de la centrale ultra-s&#233;curis&#233;e de Moulins-Yzeure, un h&#233;licopt&#232;re seul ne suffit pas : il y faut aussi un fabuleux tr&#233;sor d'imagination. Enti&#232;rement recouverte de filins de s&#233;curit&#233;, &#233;quip&#233;e d'un double mur d'enceinte de six m&#232;tres de haut et dot&#233;e de cent cinquante surveillants, ce bunker est r&#233;guli&#232;rement vant&#233; par l'administration carc&#233;rale comme &#171; la prison la plus s&#251;re d'Europe &#187;. Quiconque se retrouve dans ce cul de basse-fosse &#233;prouve tr&#232;s certainement le d&#233;sir d'en sortir. Mais du d&#233;sir au projet, puis du projet &#224; sa mise en &#339;uvre, il y a toute les marges qui s&#233;parent un r&#234;ve de libert&#233; d'un forfait punissable de torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour du transfert, les autorit&#233;s p&#233;nitentiaires affirmaient d&#233;tenir des &lt;i&gt;&#171; preuves s&#233;rieuses confirmant les soup&#231;ons &#187;&lt;/i&gt; port&#233;s contre Rouillan. Pourquoi ces preuves n'ont-elles pas &#233;t&#233; communiqu&#233;es &#224; la justice ? Il est loufoque qu'aujourd'hui, quand le moindre citoyen ayant affaire &#224; la force publique encourt des poursuites pour outrage &#224; agents, aucune information judiciaire n'a &#233;t&#233; ouverte &#224; l'encontre d'un d&#233;tenu &#171; dangereux &#187; soup&#231;onn&#233; de vouloir griller la politesse &#224; une citadelle en b&#233;ton arm&#233;. Sa mise au secret &#224; Fleury, dans une maison d'arr&#234;t parfaitement inadapt&#233;e aux longues peines (&#224; supposer qu'existent des lieux susceptibles de s'adapter &#224; une perp&#233;tuit&#233; sous les verrous), ach&#232;ve le tableau. Voici Rouillan en quartier d'isolement, dans les murs de l'ex-QHS remis en fonction il y a seulement trois mois. Jusqu'&#224; quand ? Pas moyen de savoir. En quelques mots qu'il a pu nous faire glisser, Jann-Marc nous rassure n&#233;anmoins : &lt;i&gt;&#171; Dans ce QI disciplinaire, au moins, question environnement, on respire ! &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; l'interdiction faite &#224; notre correspondant de s'exprimer : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai vu aucune intervention de Reporters sans fronti&#232;res&#8230; Bizarre, non ? &#187;&lt;/i&gt; Parce qu'en plus, ce con a de l'humour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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