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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Lulu</title>
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		<dc:date>2008-09-15T07:34:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;LE MOIS DERNIER, je vous racontais comment l'usine, depuis plus de six mois, connaissait une embellie. Eh bien voil&#224; qu'on en arrive d&#233;j&#224; au bout, semble-t-il. Mais de tout &#231;a je vous en parlerai sans doute &#224; la rentr&#233;e. Les choses seront peut-&#234;tre plus claires. En fait, je voulais vous parler de Lulu. Lulu &#233;tait un &#233;l&#233;ment incontournable de l'usine, il est parti en pr&#233;retraite il y a quelques mois. Lulu travaillait au service exp&#233;dition de l'usine, l&#224; o&#249; le boulot est assez dur, assez (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/embellie" rel="tag"&gt;embellie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE MOIS DERNIER, je vous racontais comment l'usine, depuis plus de six mois, connaissait une embellie. Eh bien voil&#224; qu'on en arrive d&#233;j&#224; au bout, semble-t-il. Mais de tout &#231;a je vous en parlerai sans doute &#224; la rentr&#233;e. Les choses seront peut-&#234;tre plus claires. En fait, je voulais vous parler de Lulu. Lulu &#233;tait un &#233;l&#233;ment incontournable de l'usine, il est parti en pr&#233;retraite il y a quelques mois. Lulu travaillait au service exp&#233;dition de l'usine, l&#224; o&#249; le boulot est assez dur, assez physique. Il repr&#233;sentait le prolo de base comme la direction de l'usine nous d&#233;clare qu'il n'en existe plus. Lulu &#233;tait plut&#244;t tendance ob&#232;se. Son embonpoint le faisait m&#234;me surnommer Ob&#233;lix par plus d'un. Il &#233;tait aussi un militant de la CGT et du parti communiste, appliquant &#224; la lettre les injonctions du Parti ou de la Conf&#233;d&#233;ration en m&#233;langeant souvent les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;laissant la r&#233;daction des tracts, il &#233;tait plut&#244;t celui sur lequel on pouvait compter pour tous les probl&#232;mes techniques. S'il &#233;tait d&#233;cid&#233; d'un rassemblement devant les portes de l'usine, &lt;i&gt;&#8220;je m'occuperai du barbecue et des merguez&#8221;&lt;/i&gt; ; si on devait prendre le camion-sono, &lt;i&gt;&#8220;&#224; l'int&#233;rieur, je vendrai des casse-cro&#251;te et des bi&#232;res&#8221;&lt;/i&gt;. Lorsqu'on montait &#224; Paris pour manifester devant le si&#232;ge de Total, il &#233;tait toujours en premi&#232;re ligne, parce que, rien qu'en s'approchant, le vigile qui lui faisait face pr&#233;f&#233;rait reculer de peur de mourir &#233;touff&#233;. Et comme &#231;a, et souvent gr&#226;ce &#224; Lulu, on pouvait d&#233;bouler dans les locaux de nos d&#233;cideurs. Une fois dans les lieux, Lulu ne s'arr&#234;tait pas l&#224;, il se dirigeait instinctivement vers la caf&#233;t&#233;ria d'entreprise :&lt;i&gt; &#8220;Aujourd'hui, c'est gratuit pour nous. On est les plus forts&#8221;&lt;/i&gt;, disait-il en entra&#238;nant les manifestants derri&#232;re lui. Seulement,avant de passer aux caisses sans payer, &#224; le voir entasser deux plats du jour, trois desserts et des dizaines de tranches de pain, il coupait l'app&#233;tit &#224; certains.&lt;i&gt; &#8220;C'est gratuit, alors j'en profite&#8221;&lt;/i&gt;, donnait-il comme seule explication. Si Lulu mangeait &#233;norm&#233;ment, il ne buvait que du Perrier ; la bi&#232;re et le vin, il avait d&#233;j&#224; donn&#233; jadis. Pareil pour les vacances, il n'utilisait ses cong&#233;s pay&#233;s qu'au mois d'octobre, lorsque la f&#234;te foraine s'installait sur les quais de Rouen, pour aider son cousin &#224; tenir le stand de croustillons, gaufres et cr&#234;pes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a aurait pu durer comme &#231;a jusqu'&#224; la retraite, mais il a fallu qu'un jour il p&#232;te un c&#226;ble. C'&#233;tait &#224; 5 heures du mat, &#224; la prise de poste, dans le vestiaire. Peut-&#234;tre que la femme de m&#233;nage &#233;tait la seule femme &#224; lui parler, peut-&#234;tre qu'elle lui a fait un grand sourire alors que &#231;a lui arrivait rarement.Toujours est-il qu'il a cru que c'&#233;tait arriv&#233; et il s'est jet&#233; sur elle pour tenter de l'embrasser. En plus, vu que c'&#233;tait pas Brad Pitt, il y avait de quoi &#234;tre &#233;pouvant&#233;. Les cris de la jeune femme ont stopp&#233; net Lulu, mais le mal &#233;tait fait. Apr&#232;s son boulot, elle s'est plainte &#224; la direction. Le DRH n'attendait que &#231;a. S'en prendre &#224; un militant syndical, c'&#233;tait presque jouissif pour ce type. Pour autant, Lulu ne fut pas vir&#233;. Ce n'&#233;tait pas un viol et Lulu s'&#233;tait arr&#234;t&#233; lorsqu'il s'&#233;tait aper&#231;u que &#231;a ne marchait pas entre eux,mais&#8230; La direction l'a r&#233;trograd&#233; et a demand&#233; au syndicat de lui retirer ses mandats syndicaux, &lt;i&gt;&#8220;Ce sera une v&#233;ritable punition pour lui&#8221;&lt;/i&gt;, a dit le DRH. Ce que la CGT fit, d'autant que les copines militantes appuyaient cette d&#233;cision. Ensuite Lulu est rest&#233; dans son coin, les trois derni&#232;res ann&#233;es de son boulot. Sans se montrer, sans faire parler de lui et boudant m&#234;me ses anciens camarades syndicaux qui l'avaient &#233;vinc&#233;, ce qu'il ne comprenait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant qu'il est en retraite, il a repris ses activit&#233;s au syndicat, &#224; l'Union d&#233;partementale. L&#224;,il est homme &#224; tout faire, conduit le camion-sono, assure l'intendance et on le voit dans les manifs, arborant sur son gros bide des dizaines d'autocollants,badges et autres. Que faire ? s'interrogeait L&#233;nine ; on reprend de la pur&#233;e, lui r&#233;pond Lulu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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