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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>ZAD : &#171; Refaire un d&#244;me &#187;</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes, le vote pour ou contre l'a&#233;roport n'a gu&#232;re pes&#233; sur l'unit&#233; des opposants, bien enracin&#233;e. Pour la bande son, c'est comme si une nu&#233;e de Woody woodpeckers en salopettes s'&#233;tait abattue sur les murs de la ferme de La Rolandi&#232;re, piquetant les enduits, lib&#233;rant l'appareillage des pierres, cognant &#224; qui mieux mieux pour &#233;mietter les parois. &#171; Il faut p&#233;ter le parement pour laisser la pierre respirer &#187;, explique Mathilde, marteau en main, de la poussi&#232;re beige plein (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Woody" rel="tag"&gt;Woody&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes, le vote pour ou contre l'a&#233;roport n'a gu&#232;re pes&#233; sur l'unit&#233; des opposants, bien enracin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la bande son, c'est comme si une nu&#233;e de Woody woodpeckers en salopettes s'&#233;tait abattue sur les murs de la ferme de La Rolandi&#232;re, piquetant les enduits, lib&#233;rant l'appareillage des pierres, cognant &#224; qui mieux mieux pour &#233;mietter les parois. &#171; &lt;i&gt;Il faut p&#233;ter le parement pour laisser la pierre respirer&lt;/i&gt; &#187;, explique Mathilde, marteau en main, de la poussi&#232;re beige plein les joues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le chantier se poursuit cet &#233;t&#233; pour ouvrir &#224; l'automne un espace d'accueil, une porte d'entr&#233;e de la ZAD, avec coin librairie, infokiosque... On pourra y boire un th&#233;, trouver une carte de la ZAD, et transmettre l'histoire de la lutte, et des autres luttes. Pas vraiment un syndicat d'initiative, donc. On y proposera des formations, &#224; l'art-activisme par exemple&lt;/i&gt; &#187;, sourit Isa. Elle est l'une des sept personnes &#224; occuper cette ferme qu'un opposant historique leur a transf&#233;r&#233;e il y a deux mois, ravi que sa maison serve de lieu collectif. Un mur porteur de l'ancienne &#233;table a &#233;t&#233; d&#233;fonc&#233;. &#201;tay&#233;, il attend un linteau pour accueillir deux belles baies vitr&#233;es. Dans le hangar derri&#232;re, l'avenir s'&#233;crit aussi &#224; l'arrache-clou. Une &#233;quipe d'une demi-douzaine de femmes et d'hommes d&#233;coupe des palettes, retire les clous, stocke les planches qui serviront de lambris int&#233;rieur, apr&#232;s isolation &#224; la paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ficelle arrime le portrait en pied, grandeur nature, d'Emiliano Zapata, sombrero en aur&#233;ole, moustaches pointues et carabine en main. &#171; &lt;i&gt;Pour la presse, on rajoute une rose au bout du fusil ?&lt;/i&gt; &#187; rigole John, un &#171; britiche &#187; fervent amateur d'utopie et d'autogestion. &#192; l'entr&#233;e du chemin, le plan de la ferme &#224; la craie a fait figurer des fl&#232;ches vers le Rojava kurde, le Val de Suze italien o&#249; se m&#232;ne la lutte contre le Lyon Turin, et l'Utopie qui est partout comme la ZAD. Ou les Zads, on ne sait plus. Il y a l&#224; un Am&#233;ricain venu de Barcelone, deux c&#233;g&#233;tistes, un Anglais &#233;migr&#233; du Morbihan, un Parisien en maillot &#224; rayures, tous venus donner le coup de main militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit de boue. Une fl&#232;che &#224; la craie pointe aussi vers &#171; Le Gourbi &#187;, un lieu-dit o&#249; se construit un d&#244;me dont le jeu de mot fait un pied de nez au scrutin. C'est l'op&#233;ration &#171; Refaire un d&#244;me &#187;. Si on n'&#233;tait pas dans un espace qui accueille des sans-papiers, sert de point de ralliement aux zadistes de partout, aux militants de Bure, du Val de Suze, tisse des liens durables avec les zapatistes du Chiapas et des dizaines de comit&#233;s de toute la France, on pourrait croire qu'on y a juste r&#233;cr&#233;&#233; une colonie hippie. Symbole de l'imagerie des seventies n&#233;o-rurales, le d&#244;me g&#233;od&#233;sique est boulonn&#233; avec soin, par quelques chevelus &#224; cheval sur les croisillons de m&#233;tal noir. Au pied de cette sph&#232;re arachn&#233;enne, la terre grasse arrach&#233;e &#224; une souille devient mat&#233;riau de construction. Crott&#233;s jusqu'au ventre, les mains et les pieds jaunes, ils sont cinq &#224; pi&#233;tiner la glaise ocre dans un trou du sol, dansant d'un pied sur l'autre en rigolant. Une autre &#233;quipe m&#234;le la bouillasse &#224; de la paille, et la bourre &#224; la main aux mailles du grillage entrelac&#233; de branches souples. Apr&#232;s l'effort, certains se reposent dans des meules de foin bucoliquement pos&#233;es pr&#232;s du bassin d'argile orang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tous ces gens qui normalement refusent le travail, il a fallu les arr&#234;ter, les 3x8, &#231;a les grise&lt;/i&gt; &#187;, dit Am&#233;lie. Toute la nuit, ils et elles ont mont&#233; le mur en torchis en dansant dans l'argile. &#171; &lt;i&gt;Le lever du jour, c'&#233;tait g&#233;nial. J'avais fait une sieste dans mon camion, &#224; c&#244;t&#233;. J'ai d&#233;marr&#233; dans la boue &#224; deux heures du mat'&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Lucille en se roulant une cigarette tordue. Cette nuit de boue a dop&#233; les enthousiasmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser ces chantiers collectifs est un moyen de r&#233;pondre dans les faits &#224; la question du vote. Un signe politique clair. On reste l&#224;, et on construit l'avenir. &#192; l'annonce du r&#233;f&#233;rendum, l'occupation de la quatre-voies Nantes-Vannes le 27 f&#233;vrier dernier aura &#233;t&#233; la r&#233;ponse port&#233;e par 60 000 personnes, le double si l'on compte le nombre de godasses pi&#233;tinant le bitume. Quatre mois apr&#232;s ce vote avec les pieds, celui de ce 26 juin n'entame pas la d&#233;termination. Lancer les travaux de l'a&#233;roport est inenvisageable sans une &#233;vacuation pr&#233;alable. Le soutien des opposants, citoyens, &#233;lus, paysans, comit&#233;s de toute la France rend la perspective difficile d'un point de vue militaire. Surtout apr&#232;s l'&#233;chec de l'op&#233;ration C&#233;sar &#224; l'automne 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mais faut pas dire qu'ici, ce serait le versant de la ZAD qui ne vote pas &#224; la consultation. Certains sont pass&#233;s d&#233;broussailler ce matin et vont aller voter&lt;/i&gt; &#187;, dit Mathilde. M&#234;me si beaucoup ont une aversion tenace pour toute id&#233;e de vote, m&#234;me lors des assembl&#233;es entre zadistes, personne ne jettera la pierre &#224; celles et ceux qui feront pour une fois une entorse aux principes en allant mettre un bulletin &#171; non &#187; dans une bo&#238;te. D'ailleurs, aucune campagne de boycott ou de d&#233;nigrement du &#171; r&#233;f&#233;rendum-qu'en-n'est-pas-un &#187; n'a &#233;t&#233; lanc&#233;e. Point de discorde &#224; l'horizon, donc. Le sujet est discut&#233; depuis quatre mois et tout le monde s'entend pour reconna&#238;tre que ce coup des urnes n'est qu'une belle embrouille politicarde pour tenter d'accrocher une l&#233;gitimit&#233; populaire &#224; un dossier qui en manque tant. Et que la consultation est tout autant ill&#233;gitime que le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les mots sont pi&#233;g&#233;s, notamment la d&#233;claration &#171; d'utilit&#233; publique &#187; qui laisse entendre que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral primerait celui des actionnaires de Vinci. Curieusement, ce lapin sorti du chapeau par le gouvernement n'a suscit&#233; aucune approbation, ni des partisans du projet exasp&#233;r&#233;s de voir soumettre la d&#233;cision &#224; un scrutin qui para&#238;t ne tenir aucun compte des proc&#233;dures d&#233;j&#224; engag&#233;es. Les opposants qui ont men&#233; campagne pour le non maintiennent que le r&#233;sultat ne les fera pas fl&#233;chir d'un iota.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valls a beau taper du pied en donnant des coups de menton, il en est &#224; la quatri&#232;me annonce d'&#233;vacuation des zadistes, d&#233;j&#224; promise mordicus en d&#233;cembre 2015, en janvier, en mars et d&#233;sormais en novembre. Pour Fran&#231;oise Verch&#232;re, opposante au projet et membre du Parti de gauche, ce r&#233;f&#233;rendum local, rebaptis&#233; consultation pour avis, &#171; &lt;i&gt;c'est une entourloupe de Manuel Valls en r&#233;ponse &#224; S&#233;gol&#232;ne Royal qui pr&#244;ne une remise &#224; plat du dossier avec deux &#233;tudes ind&#233;pendantes, sur l'exposition au bruit et sur une comparaison des co&#251;ts avec le maintien et le r&#233;am&#233;nagement de l'actuel a&#233;roport. La consultation arrive pile pour court-circuiter ces &#233;tudes. Elles risquaient de faire exploser les chiffres avanc&#233;s par la direction de l'aviation civile qui a truqu&#233; ses donn&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Julien Durand, porte-parole de l'association citoyenne, est clair. &#171; &lt;i&gt;On a toujours annonc&#233; la couleur : peu importe le r&#233;sultat, on n'en tiendra pas compte&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi, sur les chantiers, les paris ont &#233;t&#233; ouverts. Sur un tableau noir intitul&#233; &lt;i&gt;Bookmaking&lt;/i&gt; s'alignent les scores de participation et l'issue escompt&#233;e du scrutin, oui ou non. On pouvait gagner une soupi&#232;re kitsch, un pot de miel, ou une poign&#233;e de main sans &#233;lan. 51% des 967 500 inscrits sont en fait all&#233;s voter&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au final, le &#171; oui &#187; &#224; l'a&#233;roport l'emporte avec 55, 17%.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . De quoi se d&#233;soler, sauf si on ne reconnaissait aucune l&#233;gitimit&#233; &#224; cette &#233;ni&#232;me couche de fausse d&#233;mocratie. &#192; l'annonce des scores, dans le hangar de la Vacherit, QG du mouvement, le ch&#339;ur unanime, les T-shirts macul&#233;s de la boue du mix paille-terre, a scand&#233; &#171; &lt;i&gt;R&#233;sistance !&lt;/i&gt; &#187; avec conviction. En ces terres insoumises, b&#226;tir l'avenir est un grand chantier permanent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le coin du &#034;Oui&#034; &#224; l'a&#233;roport&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-38.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH733/-38-099a0.jpg?1779650867' width='500' height='733' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-39.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH754/-39-85635.jpg?1779650867' width='500' height='754' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au final, le &#171; oui &#187; &#224; l'a&#233;roport l'emporte avec 55, 17%.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>B&#233;ziers : La citoyennet&#233; est un sport de combat</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Beziers-La-citoyennete-est-un</link>
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		<dc:date>2015-04-06T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En 2014, Robert M&#233;nard remportait la mairie de B&#233;ziers (H&#233;rault) avec le soutien du Front National. Multipliant des arr&#234;t&#233;s municipaux tout &#224; la fois antisociaux et grotesques, l'&#233;dile s'est montr&#233; un habile provocateur. Un temps sonn&#233;, le peuple biterrois rel&#232;ve la t&#234;te. Et le poing. Mercredi 18 f&#233;vrier, 8 h du matin. Le mercure du thermom&#232;tre peine &#224; d&#233;givrer sous les 4&#176;. A gauche, min&#233;rale et d&#233;serte, la place du 14-Juillet. En ligne d'horizon, les immenses cubes de la m&#233;diath&#232;que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revenu" rel="tag"&gt;Revenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police-municipale" rel="tag"&gt;police municipale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robert-Menard" rel="tag"&gt;Robert M&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Beziers" rel="tag"&gt;B&#233;ziers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julien-Revenu" rel="tag"&gt;Julien Revenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revenu-9927" rel="tag"&gt;Revenu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2014, Robert M&#233;nard remportait la mairie de B&#233;ziers (H&#233;rault) avec le soutien du Front National. Multipliant des arr&#234;t&#233;s municipaux tout &#224; la fois antisociaux et grotesques, l'&#233;dile s'est montr&#233; un habile provocateur. Un temps sonn&#233;, le peuple biterrois rel&#232;ve la t&#234;te. Et le poing.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/p04-reportage-beziers-julien-revenu-2015-1-e989c.png?1779610053' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Revenu.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 18 f&#233;vrier, 8 h du matin. Le mercure du thermom&#232;tre peine &#224; d&#233;givrer sous les 4&#176;. A gauche, min&#233;rale et d&#233;serte, la place du 14-Juillet. En ligne d'horizon, les immenses cubes de la m&#233;diath&#232;que Andr&#233;-Malraux imposent leurs 8 000 m2 de surface. Au coin de la rue d'Alsace, un duo de bigotes attend dans le froid les premi&#232;res &#226;mes &#224; guider vers la lumi&#232;re de Dieu. Leur pancarte annonce : &#171; &lt;i&gt;O&#249; trouver les r&#233;ponses aux grandes questions de la vie ?&lt;/i&gt; &#187; Peut-&#234;tre sur l'affiche surplombant leurs t&#234;tes o&#249; tr&#244;ne le nouvel &#171; ami &#187; de la police municipale biterroise. Un 7.65 semi-automatique avec un &#233;cusson bleu-blanc-rouge sur la crosse. Avant de faire couler le sang, le dernier coup de pub du maire Robert &#171; Dirty Harry &#187; M&#233;nard a fait couler beaucoup d'encre. Une nouvelle fois, les journalistes sont venus radiographier cette ville de B&#233;ziers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH750/p04-reportage-beziers-julien-revenu-2015-2b-671eb.png?1779603367' width='500' height='750' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Revenu.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Couvre-feu pour les mineurs de 13&#8200;ans, arr&#234;t&#233; anti-crachats ou anti-linge aux fen&#234;tres : &#224; la t&#234;te de la ville depuis un an, Robert M&#233;nard a su d&#233;montrer qu'avant d'&#234;tre un habile gestionnaire, il &#233;tait un communicant des plus retors. Objectif de la man&#339;uvre : insuffler dans l'espace urbain le poison lent et continu d'une peur diffuse. Non pas celle du d&#233;classement social ou de la mis&#232;re mais de cette pl&#232;be bigarr&#233;e qui occupe encore le c&#339;ur de la ville. De 1975 &#224; 1999, la ville a perdu plus de 15 000 habitants. Tandis que les classes moyennes fuyaient l'intra-muros pour s'installer dans les villages p&#233;riph&#233;riques (ah ! L'irr&#233;sistible tropisme du bonheur pavillonnaire !), la m&#233;tropole montpelli&#233;raine finissait d'aspirer la jeunesse biterroise. Ceinturant la ville, les grandes zones commerciales (Villeneuve-l&#232;s-B&#233;ziers, Polygone, etc.) finissaient de terrasser le r&#233;seau des petits commerces de la cit&#233;. B&#233;ziers, ville sinistr&#233;e, la triste devise n'allait plus quitter les basques de la sous-pr&#233;fecture de l'H&#233;rault. Hormis pour le top ten des villes les plus pauvres de France, la cit&#233; biterroise restait hors course, promise &#224; la longue pente du d&#233;clin. Un sympt&#244;me ne trompait pas : les k&#233;babs fleurissaient sur les dignes all&#233;es Paul-Riquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romancier et homme de th&#233;&#226;tre, Gilles Moraton est aussi biblioth&#233;caire, sp&#233;cialis&#233; dans les livres anciens. On prend place dans une grande salle de lecture de la m&#233;diath&#232;que. Les portes ne sont pas encore ouvertes au public. &#171; &lt;i&gt;J'imagine que vous &#234;tes venus me voir pour la lettre ?&lt;/i&gt; &#187; L'homme h&#233;site, rappelle qu'il est soumis &#224; un devoir de r&#233;serve. Avant de se regonfler : le maire n'est pas son sup&#233;rieur puisque la m&#233;diath&#232;que d&#233;pend de la communaut&#233; d'agglo. &#171; &lt;i&gt;M&#233;nard a la m&#234;me d&#233;marche que tous les maires frontistes &#233;lus pr&#233;c&#233;demment dans les villes du Sud. Sauf qu'en plus, c'est un communicant. Tout en critiquant les m&#233;dias, il sait s'en servir.&lt;/i&gt; &#187; Gilles est calme, souriant. Dans sa t&#234;te, les digues ont saut&#233; lorsqu'il a d&#233;couvert la derni&#232;re campagne de pub de M&#233;nard. Coupler l'image d'un pistolet avec le mot &#171; ami &#187;, la provoc fut celle de trop : &#171; &lt;i&gt;J'ai fait une lettre ouverte qui part du constat qu'une arme ne peut pas &#234;tre un ami. C'est d'abord un objet destin&#233; &#224; tuer. Pour moi, c'est une apologie de la violence, un appel &#224; la haine. C'est aussi une fa&#231;on de pr&#233;parer les gens &#224; la guerre, &#224; sa guerre &#224; lui&lt;/i&gt;. &#187; La lettre a &#233;t&#233; mise en ligne le mercredi 11 f&#233;vrier, 200&#8200;partages sur Facebook en deux heures. &#171; &lt;i&gt;&#199;a m'a tr&#232;s &#233;tonn&#233;. Je ne m'y attendais pas. Le fait que j'exprime ce que beaucoup pensent a agi comme un catalyseur.&lt;/i&gt; &#187; Courte, sobre, la missive interpelle le premier &#233;lu biterrois jusque dans les recoins les plus pathog&#232;nes de sa politique : &#171; &lt;i&gt;Vous voulez choquer, vous voulez qu'on parle de vous dans les m&#233;dias nationaux, votre immense ego ne peut se satisfaire du silence et pour ce faire, vous n'h&#233;sitez pas &#224; faire appel aux instincts les plus bas, &#224; la part sombre des individus, la protection du clan contre l'ennemi. Mais l'ennemi, Robert M&#233;nard, l'ennemi est surtout dans votre t&#234;te, vous &#234;tes votre propre ennemi, et le fait que vous ayez re&#231;u le pouvoir du peuple ne vous autorise pas &#224; ramener le peuple dans la pr&#233;histoire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Identit&#233; biterroise : de la croix occitane au k&#233;bab&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1430 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/p04-reportage-beziers-julien-revenu-2015-5-fe9d5.png?1779610053' width='500' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Revenu.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Retour dans les rues gel&#233;es. En quelques heures, un nouveau slogan appara&#238;t sur les panneaux publicitaires : &#171; &lt;i&gt;D&#233;sormais notre ville a des milliers de nouveaux amis. 72 % des sond&#233;s par RMC et M6 ont vot&#233; pour l'affiche sur notre Police municipale !&lt;/i&gt; &#187; Il y a quelque chose de proprement orwellien &#224; voir ces injonctions politiques surgir et saturer la ville. On en oublierait presque la quarantaine de cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance quadrillant la cit&#233;. A quelques m&#232;tres de l'&#233;glise de la Madeleine, rendez-vous est pris avec la n&#233;buleuse du contre-journal num&#233;rique &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.envieabeziers.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En vie &#224; B&#233;ziers&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Ursula&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A sa demande, son pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en r&#233;sume les premiers jalons : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e du journal est venue d'une mobilisation spontan&#233;e, de gens issus de milieux diff&#233;rents, politiques ou associatifs. Il y a eu la volont&#233; d'entrer dans une joute verbale contre le verbe naus&#233;abond v&#233;hicul&#233; par M&#233;nard &#224; travers son bulletin municipal.&lt;/i&gt; &#187; Tir&#233; &#224; allure bimensuelle par la mairie, &lt;i&gt;Le journal de B&#233;ziers&lt;/i&gt; est un joyau de propagande m&#233;nardienne, &#171; &lt;i&gt;un truc entre Closer et le Nouveau D&#233;tective&lt;/i&gt; &#187;, selon Gilles Moraton. Le num&#233;ro du 15 f&#233;vrier titre sur la pr&#233;c&#233;dente gestion de Raymond Couderc, patron UMP de la ville de 1995 &#224; 2014. D&#233;penses incontr&#244;l&#233;es, absent&#233;isme important, dette structurellement toxique : face au bilan ruineux de son pr&#233;d&#233;cesseur, M&#233;nard promet une gestion rigoureuse. Plus loin, deux pages s'&#233;talent &#224; la gloire de la police municipale. &#171; &lt;i&gt; La nuit, dans certaines rues de B&#233;ziers, depuis des ann&#233;es, c'&#233;tait l'heure du &#8220;business&#8221;, de l'embrouille, de la baston parfois&lt;/i&gt; &#187;, commence l'article aux allures de mauvais polar. Avant de promettre qu'avec une hausse de 37 &#224; 67&#8200;agents de police, &#171; &lt;i&gt;l'affaire sera un peu moins dans le sac pour la faune nocturne&lt;/i&gt; &#187;. Sur les deux pages centrales, ce sont les filles de l'&#233;quipe de volley-ball, les &#171; B&#233;ziers Angels &#187; qui posent au sortir de la douche. Sous la machiste titraille &#171; Cool mouill&#233;es &#187;, les sportives minaudent avec leur plastique de potiche. En fin de journal, on d&#233;couvrira la prose faisand&#233;e de Laurent Obertone, essayiste r&#233;ac et auteur du pamphlet z&#233;mouro-compatible &lt;i&gt;La France Big Brother&lt;/i&gt;. Apr&#232;s Philippe de Villiers, Obertone &#233;tait le dernier invit&#233; du cycle de conf&#233;rences cyniquement appel&#233; &#171; B&#233;ziers lib&#232;re la parole &#187;. Les maux &#224; l'origine du d&#233;clinisme fran&#231;ais selon Obertone : &#171; &lt;i&gt;Le concept d'&#233;galit&#233;, la soci&#233;t&#233; de consommation, le progressisme, mai 68, l'antiracisme&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Fermez le bal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'autre id&#233;e en faisant En vie &#224; B&#233;ziers&lt;/i&gt;, poursuit Ursula, &lt;i&gt;c'&#233;tait de montrer la part cr&#233;ative et heureuse de vivre de la population. A part une personne, nous sommes tous amateurs. On a cette intuition que B&#233;ziers est devenue une sorte de laboratoire de l'extr&#234;me droite et, outre les billets d'humeur qui soulagent&lt;/i&gt; (rires&#8230;), &lt;i&gt;on a fait des articles de fond pour comprendre pourquoi et comment la pens&#233;e d'extr&#234;me droite progresse en France et en Europe. Ce questionnement-l&#224;, on ne le sent pas du tout au centre des pr&#233;occupations des partis politiques.&lt;/i&gt; &#187; Et David de confirmer : &#171; &lt;i&gt;Il y a une vraie atonie dans la sph&#232;re politicienne ; cela nous a pouss&#233;s, &#224; travers le journal, &#224; r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; comment M&#233;nard est arriv&#233; aussi facilement, qu'est-ce qui a pr&#233;par&#233; le terrain.&lt;/i&gt; &#187; A quelques pas du caf&#233; o&#249; on sirote nos boissons, se trouve le quartier Capnau, enchev&#234;trement de petites ruelles &#233;troites. Ballade &#171; typique &#187; dans une partie du vieux B&#233;ziers qui en ferait presque oublier le taux de pauvret&#233; de ses habitants. Val&#233;rie est institutrice dans le quartier. Elle explique les logements d&#233;labr&#233;s, les anciennes &#233;choppes ferm&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Plus de 90&#8200;% de mes &#233;l&#232;ves sont issus de l'immigration, des pauvres, des Gitans. Les autres enfants sont &#224; l'&#233;cole priv&#233;e Le Pic qui est juste &#224; c&#244;t&#233;. Tous les matins, je passe &#224; pied devant cette &#233;cole et&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;&#8230;tu fais attention &#224; ne pas te faire &#233;craser par les 4X4 !&lt;/i&gt; &#187;, la coupe &#201;ric avec malice. Salve de rires. Val&#233;rie reprend : &#171; &lt;i&gt;Exactement&#8230; Tu as toutes ces grosses bagnoles gar&#233;es en double file avec le moteur qui tourne, les gosses qui sortent, propres sur eux. D&#232;s que je d&#233;passe l'&#233;cole priv&#233;e, j'ai l'impression que je rentre dans un nouveau monde. Physiquement. Ce sont des gens tr&#232;s, tr&#232;s pauvres, qui vivent dans des logements insalubres. Les marchands de sommeil leur louent des trucs pourris ; j'ai rencontr&#233; une maman r&#233;cemment qui loue un F1 &#224; 700 euros !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Alors qu'&#224; B&#233;ziers, les loyers sont ridiculement bas !&lt;/i&gt; mart&#232;le &#201;ric. &lt;i&gt;Pour 500&#8200;euros, tu peux louer un super appart mais il faut passer par des circuits auxquels eux n'ont pas acc&#232;s, parce que pas de travail ou en situation irr&#233;guli&#232;re. Du coup, ils n'ont pas droit au parc locatif officiel et passent par des loueurs peu scrupuleux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arpentant les rues du c&#339;ur historique, on croise un site de fouilles arch&#233;ologiques rappelant que les rives de l'Orb ont s&#233;duit les premi&#232;res colonies humaines d&#232;s l'&#232;re du n&#233;olithique. La ville romaine, Baeterrae, &#233;rig&#233;e en 52, donnera tout son essor &#224; la cit&#233;. Place Saint-Cyr, l'essor a bel et bien laiss&#233; la place &#224; l'essoreuse. &#171; &lt;i&gt;Quand je vivais dans le coin, il y avait une boucherie chevaline, une &#233;picerie, deux bars et un buraliste&lt;/i&gt;, se rem&#233;more David. &lt;i&gt;Tout a disparu. Ne reste que la boulangerie.&lt;/i&gt; &#187; La boulang&#232;re est accueillante mais pr&#233;f&#232;re passer le crachoir &#224; son mari. L'homme d&#233;boule de son atelier, avenant : &#171; &lt;i&gt;C'est pour monsieur M&#233;nard ?&lt;/i&gt; &#187; On corrige la m&#233;prise et repose la question : comment expliquer la survie de la boulangerie alors que tous les autres commerces ont ferm&#233; ? Le propri&#233;taire des lieux se lance dans une rapide introspection avant de l&#226;cher : &#171; &lt;i&gt;Vous savez, j'aime ma ville mais le commerce a chang&#233;. Je pense que la relance d'une ville doit passer par son identit&#233;. Je fais des g&#226;teaux traditionnels, des coques, des c&#339;urs-amandes. Il y a des clients qui m'&#233;crivent pour me remercier, m&#234;me des Am&#233;ricains&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Puis sur le ton de la confidence : &#171; &lt;i&gt;Vous avez vu le drapeau occitan sur la vitrine ? Si les gens le voient, ils rentrent. Sinon ils croient que c'est un k&#233;bab. Il faudrait un artisan sur la place qui fasse des croix occitanes pour attirer du monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La police : entre Palm Beach et le &#171; Canada &#233;quatorial &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Para&#238;t que c'est les meilleurs k&#233;babs de tout B&#233;ziers. Sur la terrasse, quelques clients attabl&#233;s profitent d'une flaque de soleil. A l'int&#233;rieur, Omar et Abdallah s'affairent derri&#232;re le comptoir. On s'installe. Les k&#233;babs ne font pas mentir leur r&#233;putation. Quelle a &#233;t&#233; leur r&#233;action quand ils ont vu les nouvelles affiches de la mairie ? Abdallah : &#171; &lt;i&gt;Chaud et froid, froid et chaud, &#224; force, on finit par &#234;tre blas&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Moi ? J'ai pris une photo !&lt;/i&gt; &#187;, lance hilare Omar. On insiste. Omar aff&#251;te sa lance de jouteur : &#171; &lt;i&gt;Tu veux des phrases longues, tu veux de la s&#233;mantique ? Les flics, c'est devenu une pub ici. C'est le T&#233;l&#233;thon. Hier soir, en rentrant du boulot en voiture, je suis rest&#233; bloqu&#233; devant une affiche qui tournait en boucle au-dessus de la Poste : Un seul num&#233;ro utile, la police.&lt;/i&gt; &#187; Omar ouvre des yeux ronds qui traduisent une certaine sid&#233;ration. &#171; &lt;i&gt;B&#233;ziers, c'est la ville des prototypes. On a eu Palm Beach avec les flics en VTT, le Canada &#233;quatorial &#8211; &#233;cris pas, &#231;a n'existe pas !&#8200;&#8211;&#8200;avec la brigade &#233;questre et maintenant on a la police arm&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Attendant que les rires se calment, l'homme poursuit et on ne sait plus s'il continue son one-man-show ou si de sombres pr&#233;sages sous-tendent sa parole : &#171; &lt;i&gt; Avant, je passais devant les flics avec ma capuche, maintenant je l'enl&#232;ve. On est devenus des cibles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/p04-reportage-beziers-julien-revenu-2015-8-e0fb2.png?1779610053' width='500' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Revenu.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Conseill&#232;re &#224; P&#244;le Emploi, Maryvonne t&#233;moigne du climat d&#233;l&#233;t&#232;re depuis l'&#233;lection de M&#233;nard. Plusieurs fois, elle a &#233;t&#233; t&#233;moin de propos racistes. La derni&#232;re fois, c'&#233;tait dans le bus : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;trangers vous faites chier ! Vous venez juste ici pour faire des gosses !&lt;/i&gt; &#187; Auparavant, c'&#233;tait des voisins qui lan&#231;aient &#224; une poign&#233;e de gamins ayant eu la mauvaise id&#233;e de frapper le ballon sous leurs volets : &#171; &lt;i&gt;Ici les beurs, on n'en veut pas ! &lt;/i&gt; &#187; Ursula a &#233;t&#233; marqu&#233;e par un autre &#233;pisode. C'&#233;tait lors de la venue de Philippe de Villiers le 9&#8200;d&#233;cembre dernier au th&#233;&#226;tre de la ville pour la sortie de son livre &lt;i&gt;Le roman de Jeanne d'Arc&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Il y a eu quelques agitateurs dans la salle et de Villiers a retourn&#233; tout le th&#233;&#226;tre contre eux. Ils se sont fait huer et sortir. De Villiers a comment&#233; l'incident en l&#226;chant : &#8220;D'ailleurs si Jeanne D'Arc revenait, vous savez ce qu'elle ferait ? Elle nettoierait les banlieues.&#8221; La foule a applaudi. Un vrai climat de lynchage. Bien que la sc&#232;ne soit film&#233;e et en ligne sur Internet, je n'en ai vu aucun &#233;cho dans la presse.&lt;/i&gt; &#187; David, quant &#224; lui, se souvient d'un autre f&#226;cheux moment. C'&#233;tait au moment de No&#235;l, M&#233;nard avait fait installer une cr&#232;che religieuse dans la mairie. L'affaire avait fait grand bruit et une plainte avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour non-respect du principe de la&#239;cit&#233;. David &#233;tait devant la mairie lorsqu'un jeune &#233;tait arriv&#233; et avait tagu&#233; &#171; la&#239;cit&#233; &#187; sur le parvis. &#171; &lt;i&gt;Imm&#233;diatement cinq sbires de M&#233;nard ont fait irruption, tr&#232;s agressifs. J'ai essay&#233; de calmer le jeu et puis neuf policiers ont d&#233;barqu&#233; et nous ont molest&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1432 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH422/p04-reportage-beziers-julien-revenu-2015-7-19ca3.png?1779610053' width='400' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Revenu.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Rue de la Rotonde, on trouve les locaux de la Cimade ; une cinquantaine de migrants y sont h&#233;berg&#233;s. Des grappes d'enfants jouent dans la cour. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le foyer a vu d&#233;filer toutes les migrations biterroises : Espagnols, Nord-Africains et maintenant pays de l'Est et Afrique subsaharienne. Venu d'Agde, G&#233;rard vient r&#233;guli&#232;rement donner des cours &#224; des minots de tous pays. La chasse aux pauvres, il l'a d&#233;j&#224; constat&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Quand j'arrive &#224; la gare, je passe par le Jardin des Po&#232;tes. Avant les &#233;lections, c'&#233;tait un quartier populaire ; depuis quelque temps, plus rien. Tout est quadrill&#233; par les flics, les petits trafics se sont d&#233;plac&#233;s ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; Un des messages les plus serin&#233;s par la municipalit&#233; est le nettoyage de la ville : au niveau architectural, &#231;a passe par le ravalement des fa&#231;ades, au niveau humain, par une &#233;limination des pauvres gr&#226;ce &#224; un incessant harc&#232;lement policier. David : &#171; &lt;i&gt;M&#233;nard a rattach&#233; les services de m&#233;diation de la ville &#224; la police municipale. Une nouvelle verticalit&#233; tr&#232;s fasciste dans l'&#226;me. Concernant les SDF, il a le projet de cr&#233;er une association &#224; laquelle ils seraient oblig&#233;s d'adh&#233;rer. Ainsi ils seraient fich&#233;s, renouant ainsi avec l'ancien d&#233;lit de vagabondage. Il l'a dit clairement : il n'en veut pas un seul dehors&lt;/i&gt;. &#187; Dans cette ambiance, un lieu comme la Cimade fait figure de pr&#233;cieuse enclave. R&#233;guli&#232;rement, elle ouvre ses portes pour accueillir conf&#233;rences ou d&#233;bats qui ne pourraient pas avoir lieu ailleurs. Parce que le droit des migrants, c'est aussi le droit de tous, le lieu tend &#224; s'ouvrir de plus en plus sur le quartier, la ville. &#171; &lt;i&gt;On cherche &#224; recr&#233;er du lien. On n'en est m&#234;me plus &#224; parler de solidarit&#233; mais simplement de se rencontrer. &#199;a passe par des choses simples : la bouffe, la musique, les gosses, les droits aussi&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Daniel, un de ses permanents. Fin mars, avec d'autres associations, la Cimade compte r&#233;&#233;diter le Festival des peuples. Nouvelle ligne de mire : l'acquisition d'un immeuble associatif, lieu vu comme &#171; &lt;i&gt;convivial et participatif &lt;/i&gt; &#187;. Extrait de la plateforme : &#171; &lt;i&gt;Eh oui, on nous r&#233;p&#232;te &#224; longueur de temps que B&#233;ziers s'ennuie et se meurt jour apr&#232;s jour. Mais &#224; B&#233;ziers, loin des bourdonnements politiques et m&#233;diatiques, de nombreux habitants, associations, citoyens se bougent et font vivre cette ville.&lt;/i&gt; &#187; La nuit d'apr&#232;s, des mains anonymes proc&#233;daient &#224; de sauvages d&#233;tournements des derni&#232;res pubs flattant la police municipale. M&#234;me pas mort, le peuple biterrois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrations de &lt;a href=&#034;http://julienrevenu.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julien Revenu&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A sa demande, son pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
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