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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Marseille : Une ZAD et puis s'en va</title>
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&lt;p&gt;La ZAD L&#233;vy, du nom d'un parc de Marseille, a v&#233;cu une belle semaine fin janvier avant qu'urbanistes et policiers ne reprennent le contr&#244;le de la situation. Reportage au &#171; c&#339;ur &#187;. Vendredi 30 janvier, 9 h 30, arriv&#233;e sur la ZAD du parc Michel-L&#233;vy, &#171; la premi&#232;re ZAD urbaine &#187;, comme me le pr&#233;cise Fran&#231;oise, une zadiste pr&#233;sente depuis le d&#233;but. A 6&#8200;heures, quelques pandores et un huissier ont rendu visite aux occupants. Je fais comme la BAC et les CRS et profite de mon look presque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ZAD L&#233;vy, du nom d'un parc de Marseille, a v&#233;cu une belle semaine fin janvier avant qu'urbanistes et policiers ne reprennent le contr&#244;le de la situation. Reportage au &#171; c&#339;ur &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p16-zad.square.michel-lc_vy.2015._c_ylfaure-e8cac.jpg?1779602966' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yoan-Lo&#239;c Faure.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 30 janvier, 9 h 30, arriv&#233;e sur la ZAD du parc Michel-L&#233;vy, &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re ZAD urbaine&lt;/i&gt; &#187;, comme me le pr&#233;cise Fran&#231;oise, une zadiste pr&#233;sente depuis le d&#233;but. A 6&#8200;heures, quelques pandores et un huissier ont rendu visite aux occupants. Je fais comme la BAC et les CRS et profite de mon look presque baqueux (la quarantaine sportive) pour rentrer dans le parc L&#233;vy. La police a pris position dans tout le parc. Des femmes crient. Ici ou l&#224; on proteste mais on est sous le choc. Les occupants sont pouss&#233;s vers la sortie. On entend : &#171; &lt;i&gt; C'est une honte !&lt;/i&gt; &#187; Dans la rue o&#249; deux l&#233;gions de policiers &#8211;&#8200;52 d'apr&#232;s la pr&#233;fecture ce qui correspond presque aux 47&#8200;logements pr&#233;vus &#8211;&#8200;repoussent la dizaine d'occupants. Une dame d'une cinquantaine d'ann&#233;es s'oppose aux CRS. Dix minutes plus tard, contournant la police, cette dure-&#224;-cuire parvient de nouveau &#224; rentrer dans le parc. &#171; &lt;i&gt;Promoteur tricheur !&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle en direction du groupe Unicil qui va g&#233;rer cet immeuble construit sur un parc public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un linograveur &#224; la retraite est sur le trottoir. Georges &#233;tait venu aux AG du parc : &#171; &lt;i&gt;Il faut que les gens se prennent en main. Les flics sont &#233;chaud&#233;s avec Sivens&lt;/i&gt; &#187;, croit-il savoir pendant que la pelleteuse se remet en route. Un autre retrait&#233; me fait part de rumeurs bien approximatives : &#171; &lt;i&gt;On dit qu'ils viennent de Vend&#233;e, vous savez le barrage.&lt;/i&gt; &#187; Le spectre de R&#233;mi Fraisse r&#244;de encore. Un zadiste harangue du haut d'un immeuble le conducteur des travaux en train d'abattre les arbres : &#171; &lt;i&gt;Rappelle-toi de moi, on te rendra la pareille !&lt;/i&gt; &#187; Des habitants &#226;g&#233;s racontent le quartier : &#171; &lt;i&gt;Ils avaient dit &#231;a aussi, qu'ils laisseraient les arbres&lt;/i&gt; &#187;, en me montrant un immeuble qui d&#233;passe les plus anciens. Et cette dame qui demande aux membres de l'impressionnant dispositif policier : &#171; &lt;i&gt;Vous cherchez un terroriste ?&lt;/i&gt; &#187; Quand les arbres tombent, les cond&#233;s, eux, se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai pris les pinces coupantes et on est rentr&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, me racontait, le dimanche pr&#233;c&#233;dent, Michel Vingt-trois, un militant &#224; casquette. L'occupation du parc Michel-L&#233;vy a commenc&#233; le jeudi 24&#8200;janvier 2014. Depuis, une nouvelle ZAD &#233;tait n&#233;e &#224; Marseille dans le 6e arrondissement, rue Pierre-Laurent. Une pelleteuse &#233;tait orn&#233;e d'un &#171; &lt;i&gt;Stop d&#233;forestation&lt;/i&gt; &#187; comme en Amazonie. Derri&#232;re elle, des arbres immenses abattus et des branches. Depuis l'espace am&#233;nag&#233; pour un brasero, la vue sur Notre-Dame-de-la-Garde est merveilleuse tandis que sur le c&#244;t&#233; un gigantesque immeuble s'est d&#233;j&#224; impos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De bon matin, je croise Keny Arkana sur son scooter. De retour du Chiapas, elle est pass&#233;e en coup de vent apporter des r&#226;teaux. Ils &#233;taient une trentaine, d&#232;s 6 h, &#224; venir au cas o&#249; une expulsion aurait eu lieu. Ce lundi, ils sont encore quelques-uns &#224; avoir dormi sous des tentes. Il y a un autre Michel, membre de Greenpeace, qui a dormi sur une plateforme en haut d'un arbre. Avec le vent il a eu du m&#233;rite. Et de la chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux bonnes ann&#233;es un projet d'immeuble avec parking avait &#233;t&#233; approuv&#233; par la mairie en lieu et place d'un tout petit jardin avec jeux d'enfants. Un collectif nomm&#233; &#171; Sauvons le parc Michel-L&#233;vy &#187; avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; mais sans grand r&#233;sultat. Le 23 janvier, une &#233;quipe de b&#251;cherons escaladeurs a commenc&#233; &#224; abattre les 18&#8200;platanes centenaires du parc. &#171; &lt;i&gt;Le jeudi on s'est retrouv&#233;s et spontan&#233;ment on a occup&#233;&lt;/i&gt; &#187;, me raconte une habitante &#8211;&#8200;je la retrouverai en pleurs et incapable de parler le vendredi. &#171; &lt;i&gt;Enfant, je venais au parc, et mes propres enfants y ont appris le v&#233;lo et &#224; marcher. C'est un lieu essentiel pour nous.&lt;/i&gt; &#187; La question r&#233;currente chez les riverains mobilis&#233;s est celle de la d&#233;mocratie locale. Comment se fait-il que le Comit&#233; d'int&#233;r&#234;t de quartier (CIQ) ait pu donner son aval &#224; cette destruction ? La r&#233;ponse fuse &#224; propos de la pr&#233;sidente du CIQ : &#171; &lt;i&gt;Mme&#8200;Vedel organise des r&#233;unions o&#249; elle indique l'heure mais pas le lieu.&lt;/i&gt; &#187; A travers cette question, c'est toute la repr&#233;sentation verrouill&#233;e du pouvoir &#224; Marseille qui est de nouveau en jeu. &#171; &lt;i&gt;Gaudin, il n'a pas d'enfants, alors les parcs, il s'en cague&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une jeune habitante est venue &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pour affirmer le besoin d'espace public : &#171; &lt;i&gt;On a besoin de lieux communs que se r&#233;approprient les gens.&lt;/i&gt; &#187; Tandis qu'une autre pointe les impasses de la politique municipale toute enti&#232;re orient&#233;e vers les investisseurs priv&#233;s et l'attractivit&#233; touristique &#224; court terme : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a d&#233;j&#224; plus de places dans les &#233;coles du quartier, alors o&#249; les nouveaux habitants de cet immeuble vont mettre leurs enfants ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche, je trouve &#201;tienne qui inspecte la tente de Michel l'Indien : &#171; &lt;i&gt;Tu vois l&#224; c'est le sac de couchage ; l&#224; le r&#233;chaud, et la lampe frontale.&lt;/i&gt; &#187; &#201;tienne bosse &#224; la Sodexho et va faire sa nuit d'occupation avant d'aller travailler &#224; 7 h. &#171; &lt;i&gt;Je suis v&#233;g&#233;talien et j'habite le quartier&lt;/i&gt; &#187;, me dit-il de bute en blanc. Lui et sa famille &#233;taient aussi des usagers du parc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux passantes, la cinquantaine, un yorkshire au bras, p&#233;n&#232;trent dans le d&#233;sastre des travaux. &#171; &lt;i&gt;C'est courageux qu'il y aient des gens comme vous&lt;/i&gt; &#187;, adressent-elles &#224; ceux qui se nomment tous Michel afin de fatiguer les journalistes. Depuis le &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous Marcos&lt;/i&gt; &#187; et la naissance du pr&#233;nom collectif &#171; Camille &#187; &#224; Notre-Dame-des-Landes et des &#171; R&#233;mi &#187; dans le Tarn, les pr&#233;noms symboliques et indiff&#233;renci&#233;s emp&#234;chent toute vedettisation. Elles ouvrent au collectif. Ici, en tout cas, on n'est pas des Jean-Claude. La dame avec son bonnet noir et son chien est remerci&#233;e &#224; son tour. Elle explique : &#171; &lt;i&gt;C'est la mentalit&#233; des bourges, de d&#233;truire des parcs ! J'ai habit&#233; rue de Pologne, &#231;a a &#233;t&#233; pareil !&lt;/i&gt; &#187; Elle &#233;voque la destruction par grignotage du quartier du Rouet, une autre rouerie de Jean-Claude Gaudin dont &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'&#233;tait fait l'&#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Vingt-trois n'est pas sans arri&#232;re-pens&#233;e : &#171; &lt;i&gt;S'il y a des boules, on fera une buvette ! Et du vin chaud&lt;/i&gt;. &#187; Car la temp&#233;rature aurait pu refroidir les ardeurs, mais non, on s'y presse sur cette ZAD, cette oasis en plein c&#339;ur de Marseille. Une conscience s'&#233;tait &#233;veill&#233;e. Michel l'Indien &#233;tait all&#233; au Testet le jour ou l'on a tu&#233; R&#233;mi Fraisse. Il prend les choses avec pr&#233;caution, comme les zapatistes, &#224; pas lents, mais s&#251;rs. Lors de l'AG tout le monde prend la parole simplement pour proposer quelque chose. Arrive l'&#233;lu &#233;cologiste du secteur qui remercie tout le monde et d&#233;tonne. Par son discours d&#233;cal&#233;. Tel un tribun syndicaliste, il semble perdu devant des micros imaginaires. N'est pas Michel qui veut. Lui est Herv&#233; Menchon et entend bien le rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cimeti&#232;re des animaux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une zadiste qui a occup&#233; d&#232;s la premi&#232;re nuit raconte : &#171; &lt;i&gt;J'emmenais mes enfants ici. Tu sais qu'&#224; chaque pied d'arbre il y a des cadavres de chat, de lapin, de hamster&#8230; Une fois, en enterrant mon lapin, j'ai d&#233;couvert un autre cadavre.&lt;/i&gt; &#187; Dans cette poche, &#224; l'angle de deux rues, il y avait toute l'&#226;me du quartier et ses chers disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune &#233;tudiant en philosophie a r&#233;pondu pr&#233;sent. Il a dormi cette nuit sur le terrain. Il lui manquait une couette. Il s'appelle Michel aussi &#233;videmment. Michel Lejeune : &#171; &lt;i&gt;C'est pour mettre en pratique la d&#233;mocratie. Je me r&#233;jouis de voir ce genre d'initiative.&lt;/i&gt; &#187; Adepte de la r&#233;volution permanente, Michel a particip&#233; aux Indign&#233;s, le campement permanent. &#171; &lt;i&gt;Rien qu'un jardin partag&#233;, c'est une forme de r&#233;sistance.&lt;/i&gt; &#187; Les rencontres sont primordiales, m&#234;me si &#231;a peut &#234;tre lourd. &#171; &lt;i&gt;On a caus&#233; avec un SDF jusqu'&#224; deux heures du matin. J'ai ramen&#233; une femme chez elle. Tu &#233;coutes les gens. C'est pas &#233;vident, mais ici je suis en &#233;tat de d&#233;tachement.&lt;/i&gt; &#187; Michel Lejeune participait aux manifs auparavant mais ne croit plus gu&#232;re &#224; cette forme de protestation : manifs ou gr&#232;ves. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, il y a tout &#224; faire&lt;/i&gt; &#187;, remarque-t-il devant ce champ de ruines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une semaine, un b&#226;timent a &#233;t&#233; nettoy&#233; et le terrain est agr&#233;able &#224; explorer. Des balan&#231;oires en pneumatiques ont permis aux enfants de jouer mercredi, tandis que des tipis tiennent malgr&#233; le vent. Les grands platanes ne se rel&#232;veront pas malgr&#233; les dessins des enfants. Les cinq qui avaient surv&#233;cu gr&#226;ce &#224; la ZAD ont &#233;t&#233; abattus &#224; 12 h, le 30&#8200;janvier. La veille, une chorale de chants r&#233;volutionnaires a pouss&#233; quelques chansons. Elle ne savait pas que c'&#233;tait un adieu. Dans le noir, un cercle s'&#233;coute. C'est l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale qui se demande comment r&#233;sister aux assauts des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au caf&#233; du platane, alors qu'un peu plus bas le carnage s'ach&#232;ve, une ex-salari&#233;e d'Unicil&#8200;&#8211;&#8200;qui fait dans le logement social&#8200;&#8211;&#8200;crache son venin sur son employeur : &#171; &lt;i&gt;Ils pratiquent des loyers exorbitants. Jamais ce ne sera du social, cet immeuble.&lt;/i&gt; &#187; Faut dire que le blaze du patron d'Unicil, c'est Podevin ! Comme une ruse du destin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe &#171; Michel &#187; Goby&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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