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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; l'on &#233;voque la v&#233;rit&#233; et le n&#233;ant</title>
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		<dc:date>2010-12-03T09:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE, comparutions imm&#233;diates. La cour est d&#233;j&#224; install&#233;e et a commenc&#233; &#224; instruire le premier dossier quand le public est autoris&#233; &#224; entrer dans la salle. Un gars de 20 ans, R., est dans le box des pr&#233;venus. &#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir frauduleusement soustrait un scooter. La victime vous a reconnu car il vous voit souvent et vous poss&#233;dez un scooter tel qu'il &#233;tait d&#233;crit. Vous ne comprenez pas avoir &#233;t&#233; reconnu par la victime. &#8211; Je confirme. &#187; Le procureur se l&#232;ve : &#171; L'essentiel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/euros" rel="tag"&gt;euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Monsieur" rel="tag"&gt;Monsieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scooter" rel="tag"&gt;scooter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/victime" rel="tag"&gt;victime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Communaute-urbaine" rel="tag"&gt;Communaut&#233; urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE, comparutions imm&#233;diates. La
cour est d&#233;j&#224; install&#233;e et a commenc&#233; &#224;
instruire le premier dossier quand le public est autoris&#233;
&#224; entrer dans la salle. Un gars de 20 ans, R., est dans le
box des pr&#233;venus. &lt;i&gt;&#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir frauduleusement soustrait un scooter. La victime vous a reconnu
car il vous voit souvent et vous poss&#233;dez un scooter tel
qu'il &#233;tait d&#233;crit. Vous ne comprenez pas avoir &#233;t&#233; reconnu
par la victime. &#8211; Je confirme. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur se l&#232;ve :
&lt;i&gt;&#171; L'essentiel de ce dossier repose sur des t&#233;moignages de la
victime. &#199;a ne repose pas sur l'air, mais il y a des contradictions : il est d&#233;clar&#233; qu'il est blond et qu'il a la peau
mate, et monsieur est plut&#244;t brun et blanc. Est-ce que c'est
une erreur de plume des policiers, est-ce que c'est une
erreur de la victime ? Je n'y accorderais pas une grande
importance, car la victime dit que son agresseur vit dans
son quartier, elle ne s'est pas tromp&#233;e, qu'il a tel scooter,
elle ne s'est pas tromp&#233;e. La question est toujours la
m&#234;me : quelle importance allez-vous accorder &#224; la parole
de la victime par rapport &#224; celle de celui-ci ? O&#249; est la
v&#233;rit&#233; ? Elle n'est ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre, elle est dans la
d&#233;cision que vous rendrez, c'est la v&#233;rit&#233; judiciaire. &#187;&lt;/i&gt;
L'avocate commise d'office encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;claration de
la victime me g&#234;ne un petit peu parce qu'il y a la description des cheveux et de la peau, et en m&#234;me temps le fait
que l'agresseur est porteur d'un casque &#224; visi&#232;re noire. &#187;&lt;/i&gt;
Le dossier de P. est appel&#233;, un homme de 40 ans entre
dans le box. &lt;i&gt;&#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir dans la nuit du
18 au 19 octobre d&#233;truit un bien mobilier de la collectivit&#233;,
en l'occurrence des conteneurs de poubelles de la
Communaut&#233; urbaine de Marseille par le moyen d'un
incendie qui s'est propag&#233; &#224; des v&#233;hicules. La
Communaut&#233; urbaine demande la somme de
4 825,89 euros. &#192; 2 h, les policiers vous surprennent en
train d'allumer un incendie. Vous &#233;tiez sous l'emprise de
l'alcool. Comment vous expliquez-vous ? &#8211; Je peux pas
vous dire, j'ai pas la notion. D'habitude, je bois pas, mais
j'&#233;tais contrari&#233;. &#8211; Contrari&#233; par quoi ? &#8211; Parce que j'ai des
probl&#232;mes. &#8211; Mais il faut vous soigner parce que vous
devenez un danger pour l'ordre public. Vous &#234;tes en accident de travail depuis 2007, vous &#233;tiez agent d'entretien.
Vous n'avez pas &#233;t&#233; scolaris&#233; avant l'&#226;ge de 9 ans. Vous
avez quel niveau scolaire ? &#8211; Aucun. &#187;&lt;/i&gt; Une femme dont la
voiture a &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e d&#233;clare d'une voix larmoyante : &lt;i&gt;&#171; Je
n'ai pas pu aller travailler, mes filles ont fait des cauchemars. &#8211; &#202;tes-vous en mesure d'&#233;valuer votre pr&#233;judice ?
&#8211; Oui j'ai fait une lettre. &#8211; Ah oui, je lis : &#8220;Vu l'inqui&#233;tude
par rapport &#224; la s&#233;curit&#233; de l'enfant, le manque &#224; gagner,
la mise en d&#233;faut vis-&#224;-vis de l'employeur&#8221;, etc., etc., &#8220;je
demande 4 000 euros&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Le procureur intervient : &lt;i&gt;&#171; Il
profite de gr&#232;ves d&#233;sordonn&#233;es et d'une ville &#233;parpill&#233;e
pour mettre le feu &#224; des conteneurs. Aujourd'hui, avec
tous les cartons et les papiers, on pourrait allumer un
incendie &#224; un bout de Marseille, il se propagerait &#224; l'autre
bout de la ville. Le probl&#232;me, monsieur, c'est que vos
d&#233;mons int&#233;rieurs, qui vous conduisent &#224; un &#233;tat d'ivresse
continu, risquent de vous mener simplement en prison.
Vous allez me dire que depuis 3 ans il n'y a plus rien sur
votre casier, mais il ne faut pas prendre les gens pour des
abrutis. Mme la pr&#233;sidente, il a &#233;t&#233; dit ici r&#233;cemment
qu'on ne fait que condamner des gens qui ont une vie
triste &#224; mourir, mais si on veut continuer &#224; vivre ensemble dans une relative s&#233;curit&#233;, la soci&#233;t&#233; doit se prot&#233;ger.
C'est pourquoi je demande 4 ans ferme. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate commise d'office s'offusque : &lt;i&gt;&#171; Je ne veux pas viser les cantonniers, mais cette situation sociale actuelle que l'on d&#233;plore
ne doit pas alourdir la peine de M.P. 4 ans, il ressort dans 4
ans ? D&#233;j&#224; que c'est le n&#233;ant, &#231;a sera encore plus le n&#233;ant.
Concernant les parties civiles, vous limiterez le remboursement au nombre r&#233;el de conteneurs. Pour ce qui est du
pr&#233;judice moral de la victime, 4000 euros c'est tr&#232;s, tr&#232;s
&#233;lev&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; Les d&#233;lib&#233;r&#233;s sont rapides : R., &lt;i&gt;&#171; reconnu coupable &#187;&lt;/i&gt;, prend la peine requise, 3 ans dont 18 mois avec sursis. Quant &#224; P. : &lt;i&gt;&#171; Le tribunal vous condamne &#224; 4 ans de
prison dont 2 ans avec sursis, avec obligation de soins,
obligation de travail, obligation d'indemniser les victimes. Pour la Communaut&#233; urbaine, vous aurez
1 940,64 euros &#224; payer, et 760 euros au titre du pr&#233;judice
moral de la victime. Est-ce que vous avez compris, monsieur ? Bien, vous pouvez partir. Au revoir, monsieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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