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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Le paradis &#224; l'envers &#187;</title>
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		<dc:date>2010-12-04T12:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Fabcaro</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>colleurs d'affiche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD a rencontr&#233; une jeune Comorienne de 22 ans, Maria, d&#233;barqu&#233;e r&#233;guli&#232;rement &#224; Marseille en 2004 avant d'&#234;tre confront&#233;e aux gal&#232;res de papiers, de travail, d'argent... Elle nous offre son t&#233;moignage, quelque peu d&#233;cal&#233; par rapport aux discours actuels sur l'immigration... LONGTEMPS MINORIT&#201; invisible et silencieuse, les 80 000 Comoriens de Marseille sont pass&#233;s sous les feux des projecteurs quand deux drames de la mis&#232;re les ont frapp&#233;s : Ibrahim Ali abattu par des colleurs d'affiche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fabcaro" rel="tag"&gt;Fabcaro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ibrahim-Ali" rel="tag"&gt;Ibrahim Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ibrahim" rel="tag"&gt;Ibrahim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Comores" rel="tag"&gt;Comores&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/MINORITE-invisible" rel="tag"&gt;MINORIT&#201; invisible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ali-abattu" rel="tag"&gt;Ali abattu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yemenia-crashe" rel="tag"&gt;Yemenia crash&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/colleurs-d-affiche" rel="tag"&gt;colleurs d'affiche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; une jeune Comorienne de 22 ans, Maria, d&#233;barqu&#233;e r&#233;guli&#232;rement &#224;
Marseille en 2004 avant d'&#234;tre confront&#233;e aux gal&#232;res de papiers, de travail, d'argent...
Elle nous offre son t&#233;moignage, quelque peu d&#233;cal&#233; par rapport aux discours actuels sur
l'immigration...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LONGTEMPS MINORIT&#201;&lt;/strong&gt; invisible et
silencieuse, les 80 000 Comoriens
de Marseille sont pass&#233;s sous les
feux des projecteurs quand deux
drames de la mis&#232;re les ont
frapp&#233;s : Ibrahim Ali abattu par
des colleurs d'affiche du FN en 1995, et l'avion-
poubelle de la Yemenia crash&#233; dans l'oc&#233;an
Indien en 2009. Cette communaut&#233;, nombreuse
et tr&#232;s soud&#233;e culturellement, a &#233;t&#233; l'objet de
toutes les convoitises de la part du pouvoir
municipal, et l'on a vu Gaudin en tourn&#233;e &#233;lectorale rev&#234;tir l'habit traditionnel. L'on a vu aussi
le consul honoraire des Comores dans la cit&#233;
phoc&#233;enne choisi directement parmi les bons
blancs du s&#233;rail UMP local. Install&#233;s dans les
quartiers jouxtant le Vieux-Port, les Comoriens
ont &#233;t&#233; progressivement rel&#233;gu&#233;s dans les cit&#233;s
des quartiers Nord m&#234;me si beaucoup d'entre
eux, des hommes en majorit&#233;, travaillent dans
les restaurants du centre-ville. Mais, sans plus
tarder, laissons la parole &#224; Maria :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH386/comores-d02b0.png?1782643662' width='300' height='386' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Fabcaro
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je suis arriv&#233;e &#224; Marseille quand mon p&#232;re,
un ancien militaire vivant en France depuis
longtemps, m'a d&#233;clar&#233;e afin que je puisse
obtenir le visa. Ma m&#232;re, elle, continue &#224; vivre
aux Comores. Pour moi, la France, c'&#233;tait le
paradis, je suis venue voir le paradis... Mais, en
fait, c'est le paradis &#224; l'envers ! Ici, je n'ai trouv&#233;
que la mis&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; On se dit qu'elle exag&#232;re un
peu, l&#224;. Pourtant, elle enfonce le clou : &lt;i&gt;&#171; C'est
vrai que les Comores, c'est un pays pauvre, qui est encore
plus pauvre avec la crise. Moi, je viens dans un pays riche,
mais je ne sais pas si j'ai envie de rester ou de partir ! J'ai
commenc&#233; par travailler comme garde d'enfants &#224; domicile pendant un an et puis apr&#232;s, plus rien. Je me suis
retrouv&#233;e dans la rue pendant trois mois car je ne pouvais
pas aller chez mon p&#232;re, on ne s'entend pas assez bien. Il
m'a juste d&#233;clar&#233;e pour que je puisse venir. &#187; &lt;/i&gt; Mais la cinqui&#232;me puissance &#233;conomique mondiale, &#231;a fait un peu
r&#234;ver, quand m&#234;me ? Elle poursuit : &lt;i&gt;&#171; Aux Comores, &#224;
Mbachil&#233;, un petit village pr&#232;s d'Iconi&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deuxi&#232;me ville la plus peupl&#233;e de l'&#238;le de Grande Comore apr&#232;s la capitale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, j'&#233;tais commer&#231;ante &#224; domicile, je vendais des v&#234;tements achet&#233;s &#224;
Duba&#239;. J'&#233;tais bien, j'avais de l'argent et un toit, m&#234;me s'il
n'y avait pas l'&#233;lectricit&#233;. Mais j'ai tout vendu pour venir,
alors je ne peux plus y retourner. Et puis, je suis en France,
dans un pays riche, je dois pouvoir envoyer de l'argent au
pays ! Je le faisais quand je travaillais mais maintenant,
je ne peux plus, et ma m&#232;re ne comprend pas. L&#224;-bas, les
gens croient qu'en France, tu peux retirer de l'argent dans
le mur ! Ici, c'est oblig&#233; que tu aies de l'argent ! Moi-m&#234;me, je n'y croyais pas quand on me disait que c'&#233;tait
dur : &#224; la t&#233;l&#233;, aux Comores, on voit qu'en France, tout
brille. Aux Comores, quand tu n'as pas de sous, tu peux
aller chez des amis, tu peux avoir &#224; manger. Ici, tu
deviens forc&#233;ment un clochard, surtout si tu es jeune et
sans-papiers. Quand tu es jeune, tu n'as pas droit au RSA.
Quand tu n'as pas de papier, tout devient tr&#232;s compliqu&#233;.
M&#234;me si tu obtiens un stage, tu voles le bus pour y aller
et tu risques de te faire attraper par la police. Quand tu
n'en peux plus, c'est normal que tu voles un sac, tu arnaques une banque ou tu fais un peu dans la drogue. Les
gens ne r&#233;fl&#233;chissent pas... Il vaut mieux donner du travail aux jeunes qui arrivent ! Ici, la mis&#232;re, c'est &#224; cause
de gens qui ne pensent qu'&#224; eux. Penser qu'&#224; soi dans un
pays pauvre, c'est normal, parce que tu n'as rien &#224; partager. Mais ici ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon d'accord, la France n'est plus un pays de cocagne,
mais les gens continuent de lutter pour leurs acquis
sociaux... &lt;i&gt;&#171; La manifestation, cela ne sert &#224; rien. Sarkozy,
il fait ce qu'il veut, m&#234;me faire monter au dernier &#233;tage
des vieux de 65 ans et plus pour des travaux de peinture.
Moi, j'ai un probl&#232;me de sant&#233;, mais je ne suis pas prise
en charge &#224; cause de mon dossier d'aide m&#233;dicale qui
tra&#238;ne. Je suis oblig&#233;e de tout payer avec mes sous, en &#233;conomisant sur la nourriture. Mon copain m'aide un peu et
je touche une petite r&#233;mun&#233;ration avec le programme de
remise &#224; niveau pour lire et &#233;crire en fran&#231;ais. J'ai enfin
tous mes papiers en r&#232;gle, aussi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout va s'arranger, alors ? &lt;i&gt;&#171; Pourtant, je suis plut&#244;t malheureuse en France, j'ai peu de contact avec les autres
Comoriens, je pr&#233;f&#232;re rester seule. Si tu vas dans la
famille, tu es oblig&#233;e de te marier. On te donnera des
bijoux, de l'argent, mais tu vas tout d&#233;penser... Et apr&#232;s,
tu seras oblig&#233;e de rester avec ton mari toute ta vie ?
Avant de pr&#233;senter mon copain &#224; mon p&#232;re, je pr&#233;f&#232;re
attendre pour voir si on s'entend bien. De toute fa&#231;on, je
suis la plus jeune de mes trois s&#339;urs, et c'est seulement
l'a&#238;n&#233;e qui est oblig&#233;e de se marier. Mon r&#234;ve, ce serait de
les faire venir, avec ma m&#232;re, pour leur montrer ce qu'est
vraiment la France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Deuxi&#232;me ville la plus peupl&#233;e de l'&#238;le de Grande Comore apr&#232;s la
capitale, Moroni.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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