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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>Plus fausse la vie !</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;La t&#233;l&#233; ou la vie ! &#192; Marseille, la possible ouverture d'un bar &#171; Le Mistral &#187; dans l'historique quartier du Panier, dont s'inspirent les d&#233;cors de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e &#171; Plus belle la vie &#187;, fait grincer des dents. On parle d'emprise mercantile du feuilleton &#224; succ&#232;s. Vivra-t-on bient&#244;t ici dans un d&#233;cor de cin&#233;ma ? Ou la r&#233;alit&#233; locale d&#233;passera-t-elle encore et toujours la fiction ? Au Panier, plus vieux quartier de Marseille, on a toujours d&#233;fendu ch&#232;rement sa peau. &#171; Plus belle la vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La t&#233;l&#233; ou la vie ! &#192; Marseille, la possible ouverture d'un bar &#171; Le Mistral &#187; dans l'historique quartier du Panier, dont s'inspirent les d&#233;cors de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e &#171; Plus belle la vie &#187;, fait grincer des dents. On parle d'emprise mercantile du feuilleton &#224; succ&#232;s. Vivra-t-on bient&#244;t ici dans un d&#233;cor de cin&#233;ma ? Ou la r&#233;alit&#233; locale d&#233;passera-t-elle encore et toujours la fiction ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH401/NonoKadaver_CQFD88-e7461.png?1768656238' width='400' height='401' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nono Kadaver
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Panier, plus vieux quartier de Marseille&lt;/strong&gt;, on a toujours d&#233;fendu ch&#232;rement sa peau. &#171; Plus belle la vie &#187; (PBLV) est ressentie ici comme une insipide gal&#233;jade et l'on boycotte la s&#233;rie. &lt;i&gt;&#171; C'est pas Marseille, &#231;a, y a que des Parisiens ! &#187;&lt;/i&gt;, lance le fils d'une commer&#231;ante dont les origines se perdent dans les filets du quartier Saint-Jean, dynamit&#233; en 1943 par Vichy et les nazis. &lt;i&gt;&#171; Ici on est fils de Corses et d'Italiens, enfants des p&#234;cheurs ou des ma&#231;ons. Regarde cette initiale grav&#233;e, c'est la marque du ma&#231;on qui a construit cette maison. &#187;&lt;/i&gt; Corses, Ritals ou Comoriens, c'est une population pauvre qui vit et a ses habitudes sur cette colline. S'y sont greff&#233;s quelques &#233;tudiants, artistes et boutiquiers bobos &#224; l'ombre du mus&#233;e de la Vieille Charit&#233; et au gr&#233; d'une r&#233;novation urbaine entach&#233;e d'entourloupes immobili&#232;res. Le Panier, c'est aussi le bastion des Gu&#233;rini, fameuse saga socialo-affairiste. Les voitures stationn&#233;es &#224; la sauvage envahissent cet entrelacs de ruelles o&#249; deux voyous ne peuvent se croiser sans se saluer et o&#249; l'estamp&#232;u des minots peut vous faire d&#233;m&#233;nager fissa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois ans, Philippe Bonnifay, g&#233;rant d'une soci&#233;t&#233; sp&#233;cialis&#233;e dans l'immobilier d'entreprise, a eu l'id&#233;e lumineuse de fonder une boutique PBLV &#224; l'endroit o&#249; la s&#233;rie campe virtuellement son action. En 2008, le quotidien La Provence pr&#233;tendait que 1 500 clients se pressaient chaque jour dans le premier magasin en France enti&#232;rement d&#233;di&#233; &#224; un feuilleton t&#233;l&#233;vis&#233;. Parapluies PBLV, boules de no&#235;l PBLV ou produits plus rentables, comme des timbres et des places au cin&#233;ma Le Mistral, juste en face, qui vous diffuse pour trois euros un film genre making of, voil&#224; les gadgets r&#233;serv&#233;s aux mordus de la s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, certes il fait des gouttes, mais dans la boutique, on ne trouve qu'une stagiaire qui essuie consciencieusement les vitres et &#233;poussette les articles. En l'espace d'une heure, ne passent qu'un couple de Dijonnais et une Parisienne de dix ans. Christ&#232;le, en vacances, affirme que la s&#233;rie &lt;i&gt;&#171; c'est la vraie vie, la vie de tous les jours &#187;&lt;/i&gt;. Avec sa m&#232;re, elles ont suivi les fl&#232;ches depuis la gare : &lt;i&gt;&#171; Des panneaux tracent le chemin jusqu'ici. &#187;&lt;/i&gt; Oubli&#233;s le Vieux Port et la Bonne M&#232;re. Jet&#233;s par-dessus bord.
&lt;i&gt;&#171; Il y en a qui viennent pour se moquer, raconte la stagiaire, ils entrent pour me dire que c'est nul ! Je suis un peu d'accord avec eux&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Depuis l'ouverture du magasin, les employ&#233;es du magasin ont toujours &#233;t&#233; des stagiaires. Cette vision n'est pas partag&#233;e par les visiteurs friands de mugs et autres cartes postales &#224; l'effigie de Rudy et Fabienne Carat. Dans le livre d'Or, on lit des d&#233;clarations &#233;namour&#233;es : &lt;i&gt;&#171; Pour rien au monde je ne me passerais de ce t&#233;l&#233;film du soir ! &#187;&lt;/i&gt;, ou m&#234;me suppliantes : &lt;i&gt;&#171; Laissez-nous encore r&#234;ver. Merci. &#187;&lt;/i&gt; Les fans pensent que le tournage a lieu sur place, alors que tout est recr&#233;&#233; au p&#244;le m&#233;dia de la Belle de Mai, &#224; deux pas de la gare. C'est plus pratique pour les com&#233;diens qui viennent de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors la boutique, passe encore. Mais le rachat du troquet&#8230; &lt;i&gt;&#171; Dans le quartier, c'est assez mal vu. Les habitu&#233;s du bar des Treize Coins, on les a un peu vir&#233;s ! &#187;&lt;/i&gt; Les Treize Coins, &#224; Marseille, c'est un bar mythique et un lieu de convivialit&#233; pour les habitants du Panier, matchs de foot sur la terrasse, ap&#233;ros musicaux&#8230; &lt;i&gt;&#171; On y faisait aussi les mariages, toute notre vie &#233;tait l&#224;-bas. &#187;&lt;/i&gt; Depuis qu'il a ferm&#233;, la rumeur enfle : les Treize Coins vont s'appeler Le Mistral, le bar de Roland dans la s&#233;rie. Et les nouveaux patrons le transformeront en &#171; attrape-couillons &#187; pour touristes. Le nouveau g&#233;rant, Jean-Pierre Terazzi, s'en d&#233;fend : &lt;i&gt;&#171; C'est un bar qui a une histoire. Le quartier a ses habitudes, qu'il ne faut pas chambouler. &#187;&lt;/i&gt; Au bar O' Berry, la patronne parle de &#171; mistralisation &#187; du quartier, mais Terazzi promet que les prix ne vont pas changer. &lt;i&gt;&#171; On veut travailler avec les touristes, &#234;tre fiers du c&#339;ur de Marseille. &#187;&lt;/i&gt; Businessman sentimental, il propose le rachat &#224; sa concurrente du O' Berry, qui se plaint que les affaires vont mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les touristes, eux, ne sont pas m&#233;chants, ils viennent du Nord, de l'Est : &lt;i&gt;&#171; C'est mon petit rayon de soleil &#187;&lt;/i&gt;, a &#233;crit une cliente de Nancy dans le livre d'Or. Une autre, en provenance d'Arras, affirme que &#231;a la change du quotidien et des infos grises du journal t&#233;l&#233;vis&#233;. PBLV est pens&#233; pour &#234;tre accessible au grand public, et &#231;a marche. Au point que les t&#233;l&#233;spectateurs de France 3 croient &#224; la r&#233;alit&#233; de ce Marseille de pacotille. On n'y parle ni des fonds de pension am&#233;ricains qui ont fait main basse sur la rue de la R&#233;publique, &#224; deux pas de l&#224;, ni des expuls&#233;s de la rue Fiocca, remplac&#233;s par des dentistes et des boutiques d'huile d'olive design&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de Marseille peupl&#233; de prolos et de petits propri&#233;taires redoute d'&#234;tre chass&#233; et se d&#233;fend sur un mode identitaire revanchard. Isabelle, habitu&#233;e du bar, est une vieille dame qui s'enfile maintenant ses deux petits ballons de rouge au O' Berry, sous les photos de casses c&#233;l&#232;bres et de joueurs de boules posant devant l'ancienne &#233;cole. Elle se souvient de Richard Berry tournant une sc&#232;ne de film dans le bar et d&#233;signe du menton la Vierge noire qui tr&#244;ne &#224; l'angle des Treize Coins. Le regard fix&#233; sur la boutique PBLV, la Madone semble vouloir rappeler que c'est encore elle qu'on honore le 15 ao&#251;t au Panier, pas ces Parigots venus faire de l'argent sur le dos de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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