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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le secret de la Licorne</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 11 avril 2011, l'ex-pr&#233;sident Gbagbo est arr&#234;t&#233; avec la complicit&#233; de l'arm&#233;e fran&#231;aise. Enfin un peu d'action pour ces pioupious qui, s'ennuyant dans nos anciennes colonies, s'amusent &#224; enivrer des gosses. En 2006, Claude Kouakou, un minot de 17 ans, en est mort. Le soir est tomb&#233; en ce 2 janvier 2006 sur la petite ville ivoirienne de Ya Kouakoukro, non loin de Bouak&#233;, au centre de la &#171; zone de confiance &#187; occup&#233;e par les troupes fran&#231;aises de la Force Licorne. Depuis septembre 2002, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no89-mai-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;89 (mai 2011)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 11 avril 2011, l'ex-pr&#233;sident Gbagbo est arr&#234;t&#233; avec la complicit&#233; de l'arm&#233;e fran&#231;aise. Enfin un peu d'action pour ces pioupious qui, s'ennuyant dans nos anciennes colonies, s'amusent &#224; enivrer des gosses. En 2006, Claude Kouakou, un minot de 17 ans, en est mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH459/fabcaro89-fd0d6.png?1779605909' width='400' height='459' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Fabcaro
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soir est tomb&#233;&lt;/strong&gt; en ce 2 janvier 2006 sur la petite ville ivoirienne de Ya Kouakoukro, non loin de Bouak&#233;, au centre de la &#171; zone de confiance &#187; occup&#233;e par les troupes fran&#231;aises de la Force Licorne. Depuis septembre 2002, date de l'offensive d'une gu&#233;rilla venue du Nord et cherchant &#224; renverser le pr&#233;sident Gbagbo, les forces fran&#231;aises ont pris position sur une bande d'une douzaine de kilom&#232;tres de largeur scindant le pays en deux. Le but d&#233;clar&#233; de l'op&#233;ration est d'&#233;viter la guerre civile. Et c'est au nom d'un accord de paix sign&#233; en janvier 1961 entre la France et la C&#244;te d'Ivoire &#8211; des fois que la C&#244;te d'Ivoire pilonnerait le Cantal ! &#8211; que notre soldatesque tient la r&#233;gion. Dans la population, m&#233;fiance et peur se m&#234;lent &#224; des petits bizness dans un climat d'espionnite. Voyant l'opportunit&#233; de r&#233;colter quelque menue monnaie aupr&#232;s des militaires, des jeunes se livrent &#224; divers petits travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, histoire de se divertir, des troufions lancent un d&#233;fi &#224; quelques adolescents : celui qui boira une bouteille compl&#232;te de Koutoukou serait r&#233;compens&#233; et empochera 1 000 francs CFA, soit l'&#233;quivalent d'un euro cinquante. Un jeune part chercher cet alcool traditionnel distill&#233; &#224; partir de vins de palme ou de jus de cacao ferment&#233;s, et titrant pr&#232;s de quatre-vingts degr&#233;s. Claude Kouakou a 17 ans. C'est lui qui va ingurgiter le breuvage. D&#233;fi, besoin d'argent, pression ? Tr&#232;s vite, l'adolescent s'effondre et sombre dans un coma &#233;thylique. Ses copains l'entra&#238;nent vers une voie de chemin de fer, face au camp militaire, et font un feu afin de le surveiller. Au matin, devant l'&#233;tat de Claude, des militaires affirment que ce dernier a simplement besoin de manger, et lui enfournent du riz dans la bouche, avant de comprendre que le jeune homme est mort. Les militaires paniquent, et proposent des bouteilles de whisky et 600 francs CFA &#224; la famille pour s'assurer de leur silence. Mais la nouvelle se r&#233;pand dans l'arrondissement et le canton. Plusieurs centaines de personnes, lyc&#233;ens et habitants de la ville et de la r&#233;gion, se rassemblent et manifestent alors que l'arm&#233;e fran&#231;aise reste derri&#232;re les murs de ses casernements. Seul un corps de la force internationale de l'ONUCI, compos&#233; de soldats bengalis, encadre le cort&#232;ge. Le 21 mars 2006, ma&#238;tre Fabien Ndoumou, avocat au barreau de Paris, engage une proc&#233;dure visant &#224; poursuivre les responsables de la mort du jeune Claude Kouakou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, le procureur aupr&#232;s du Tribunal des forces arm&#233;es refuse de faire instruire la plainte de la famille.
L'in&#233;narrable Mich&#232;le Alliot-Marie, &#224; l'&#233;poque ministre des Arm&#233;es, parlera d'&lt;i&gt;&#171; un pari entre gamins qui a mal tourn&#233; &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Sous la pression de l'avocat, un juge d'instruction daigne entamer la proc&#233;dure, mais exige une caution dite de consignation de 300 000 francs CFA. La somme, ramen&#233;e &#224; 100 000 francs CFA, sera collect&#233;e par la famille et le village. On nomme alors un expert qui devra &#233;valuer le degr&#233; d'alcool&#233;mie. On cherche les militaires bengalis, rentr&#233;s dans leur pays depuis longtemps, qui ont encadr&#233; la manifestation de protestation &#224; la mort du jeune. Mais la justice pr&#233;tend rencontrer de grandes difficult&#233;s pour retrouver les militaires en poste &#224; l'&#233;poque, ainsi que le m&#233;decin qui avait constat&#233; le d&#233;c&#232;s du jeune Ivoirien. Tous trois seront finalement auditionn&#233;s par le Tribunal des arm&#233;es. Deux soldats du rang, qui assuraient la garde ce soir-l&#224;, sont soup&#231;onn&#233;s d'&lt;i&gt;&#171; homicide volontaire et de non-assistance &#224; huit personnes en danger. &#187;&lt;/i&gt; Probl&#232;me : la justice fran&#231;aise doit travailler avec un magistrat ivoirien charg&#233; des investigations sur place&#8230; Les &#233;lections truqu&#233;es suivies de l'armement massif et soudain des partisans de Ouattara, de la guerre, des massacres, et du renversement du pouvoir ont d'ores et d&#233;j&#224; fourni un premier b&#233;n&#233;fice aux assassins de Claude Kouakou. &lt;i&gt;&#171; Le changement de r&#233;gime va &#233;videmment encore retarder les choses &#187;&lt;/i&gt;, rapporte l'avocat Fabien Ndoumou &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Justice ne peut pas &#234;tre faite partout&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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