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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Morts aux Ritals !</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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&lt;p&gt;Entre 1890 et 1910, on comptabilise une soixantaine d'incidents x&#233;nophobes dans le monde ouvrier fran&#231;ais. Rixes entre ouvriers fran&#231;ais et belges dans le Nord, affrontements sanglants entre Italiens et locaux dans les carri&#232;res de Senlis, contre des Espagnols dans l'Aude, ces divers incidents expriment une m&#234;me protestation contre l'embauche d'une main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re. La revendication d'un protectionnisme du travail national n'est pas sans rapport avec la mont&#233;e en puissance des ligues (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre 1890 et 1910&lt;/strong&gt;, on comptabilise une soixantaine d'incidents x&#233;nophobes dans le monde ouvrier fran&#231;ais. Rixes entre ouvriers fran&#231;ais et belges dans le Nord, affrontements sanglants entre Italiens et locaux dans les carri&#232;res de Senlis, contre des Espagnols dans l'Aude, ces divers incidents expriment une m&#234;me protestation contre l'embauche d'une main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re. La revendication d'un protectionnisme du travail national n'est pas sans rapport avec la mont&#233;e en puissance des ligues nationalistes et antis&#233;mites, &#224; une &#233;poque o&#249; le mouvement ouvrier organis&#233; est encore en gestation &#8211; la CGT se constitue en 1895 &#8211; et l'id&#233;e internationaliste est quasimment oubli&#233;e depuis la scission de l'Association internationale des travailleurs en 1872. Le nationalisme sert d'ultime refuge aux ouvriers expos&#233;s au ch&#244;mage et priv&#233;s de formes de solidarit&#233;s sociales effectives. D&#232;s lors l'ouvrier nationaliste joue contre son camp en renfor&#231;ant la domination du patronat national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les &#233;trangers nous prennent nos places, nos emplois, nos fianc&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire dans la lettre d'un ouvrier adress&#233;e &#224; un d&#233;put&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1880. Les griefs principaux sont que les immigr&#233;s p&#232;sent &#224; la baisse sur le salaire et d&#233;gradent les conditions de travail, ce qui est loin d'&#234;tre av&#233;r&#233; &#224; qualification &#233;gale. Par contre, il est &#233;vident &#8211; et c'est une constante toujours &#224; l'&#339;uvre &#8211; que les besognes les plus p&#233;nibles, les moins bien pay&#233;es, donc d&#233;laiss&#233;es par les ouvriers locaux, sont majoritairement d&#233;volues aux travailleurs immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Italiens constituent alors la main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re la plus importante et&#8230; la population la plus expos&#233;e. En 1881, Marseille avait d'ailleurs connu une chasse &#224; l'homme contre les Italiens (15 % de la population urbaine) rest&#233;e dans l'histoire sous le nom de &#171; V&#234;pres marseillaises &#187;. Bilan : 3 morts et une vingtaine de bless&#233;s.
En ao&#251;t 1893, la compagnie des Salins du midi recrute 920 ouvriers pay&#233;s au rendement pour le battage et le levage du sel. La crise &#233;conomique rend plus &#226;pre encore la concurrence entre les travailleurs saisonniers qui se distinguent en trois cat&#233;gories : les &#171; Ard&#233;chois &#187;, les &#171; trimards &#187;, compos&#233;s de vagabonds, et les &#171; Pi&#233;montais &#187; au nombre de 410. Les &#233;quipes sont m&#233;lang&#233;es. Dans ce d&#233;sert sal&#233; et sans ombre, &#224; huit kilom&#232;tres d'Aigues-Mortes dans l'H&#233;raut, tout commence par une bagarre le 16 ao&#251;t. Les trimards, moins rod&#233;s &#224; la t&#226;che que les Italiens, reprochent &#224; ces derniers d'imposer des cadences trop intensives. Un Italien est accus&#233; d'avoir rinc&#233; sa chemise pleine de sel au-dessus du baquet d'eau potable des trimards. On en vient aux mains et au couteau. Par vengeance, les trimards colportent la rumeur jusqu'au bourg que des Italiens ont tu&#233; des Aigue-Mortais et appellent &#224; la&lt;i&gt; &#171; chasse &#224; l'ours &#187;&lt;/i&gt;. Lourdement avin&#233;s, les trimards s'arment de b&#226;tons, les Aigue-Mortais de fourches et de fusils. La population aux fen&#234;tres, se croyant aux courses camarguaises, encourage les f&#233;roces patriotes. Le drapeau fran&#231;ais est brandi pendant qu'on assomme et tue les ouvriers italiens jusqu'au lendemain, sous les yeux des gendarmes et des &#233;diles locaux. Durant la cur&#233;e, un drapeau rouge est aussi d&#233;ploy&#233;, ce qui n'est pas fait pour dissiper la confusion, et lorsque la troupe cherche &#224; intervenir, la meute s'y oppose aux cris de &#171; Fourmies &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; la fusillade par l'arm&#233;e des mineurs deux ans auparavant dans le Nord. Le bilan est de 8 morts, enterr&#233;s en toute h&#226;te, et d'une vingtaine de bless&#233;s. Lors du proc&#232;s, l'accusation charge les Italiens et trouve un bouc &#233;missaire ; le jury acquitte les assassins en d&#233;pit de preuves &#233;videntes. La presse nationaliste applaudit. Le mythe des cadavres d'Italiens reposant au fond des marais demeurera longtemps. Cette tuerie entachera durablement les m&#233;moires locales et nationales du sceau de la honte. La production d'un discours x&#233;nophobe &#224; pr&#233;tention sociale, gommant la v&#233;ritable lutte des classes, ne peut vraisemblablement avoir que de funestes cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; lire : G&#233;rard Noirel, &lt;a href=&#034;http://www.editions-fayard.fr/livre/fayard-308070-Le-Massacre-des-Italiens-Gerard-Noiriel-hachette.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Massacre des Italiens &#8211; Aigues-Mortes, 17 ao&#251;t 1893&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Fayard, 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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