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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le jour o&#249; j'ai mont&#233; une secte</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Emilie Aprile</dc:subject>
		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;App&#226;t&#233;e par l'envie de se mettre dans la peau d'un gourou, l'une de nos journalistes s'est lanc&#233;e. Dans le jeu vid&#233;o Culte of the lamb, elle a incarn&#233; un adorable mouton devenant bouc mystique, aux manettes d'un culte sataniste. R&#233;cit d'une repentance. &#171; &#199; a te dit d'&#234;tre le gourou d'une secte ? &#187; me lance un pote en fin de soir&#233;e. Je n'h&#233;site pas tr&#232;s longtemps : &#171; Carr&#233;ment ! &#187; &#192; peine rentr&#233;e, je t&#233;l&#233;charge Cult of the Lamb. Le pitch ? J'incarne un agneau envoy&#233; sur Terre par une entit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no254-juillet-aout-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;254 (juillet-ao&#251;t 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilie-Aprile" rel="tag"&gt;Emilie Aprile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH120/ok_loup_mouton-3d6b7.jpg?1787757955' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;App&#226;t&#233;e par l'envie de se mettre dans la peau d'un gourou, l'une de nos journalistes s'est lanc&#233;e. Dans le jeu vid&#233;o Culte of the lamb, elle a incarn&#233; un adorable mouton devenant bouc mystique, aux manettes d'un culte sataniste. R&#233;cit d'une repentance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/ok_loup_mouton.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH400/ok_loup_mouton-f52f2.jpg?1787757955' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#199;
&lt;/span&gt;a te dit d'&#234;tre le gourou d'une secte ? &lt;/i&gt; &#187; me lance un pote en fin de soir&#233;e. Je n'h&#233;site pas tr&#232;s longtemps : &lt;i&gt;&#171; Carr&#233;ment ! &#187;&lt;/i&gt; &#192; peine rentr&#233;e, je t&#233;l&#233;charge &lt;i&gt;Cult of the Lamb&lt;/i&gt;. Le pitch ? J'incarne un agneau envoy&#233; sur Terre par une entit&#233; mal&#233;fique pour pr&#234;cher la bonne parole en son honneur. Ma mission : rallier les brebis &#233;gar&#233;es et &#233;craser les infid&#232;les. Des animaux trop mignons &#224; soumettre ? Je suis conquise. &#171; &lt;i&gt;Je vous en supplie, endoctrinez-moi ! Je serai fid&#232;le ! &lt;/i&gt; &#187; me supplie le premier petit chat en pixel que je sauve des griffes de tortionnaires. Pas de soucis, mon grand, adore-moi autant que tu veux. Mais pour en rameuter d'autres et les convaincre de croire en mes conneries, il faut se battre. Je pars en croisade, je tape sur des monstres, je lib&#232;re des innocents. Fatigant.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gourou nounou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, le pi&#232;ge du capitalisme vid&#233;oludique se referme sur moi : plus je passe de temps devant mon &#233;cran plus je gagne. Pour garder mes adeptes, je dois installer des parcelles de jardins, faire la cuisine, r&#233;colter du bois et, &lt;i&gt;summum&lt;/i&gt; du glamour, ramasser les crottes des fid&#232;les qui s'accumulent... &#199;a a chang&#233; le statut de gourou !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu me rappelle &#224; mes fonctions sacr&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Le temple est un lieu crucial o&#249; tu pourras prononcer des sermons pour gagner en puissance et accomplir des rituels pour influencer l'esprit mall&#233;able de tes adeptes.&lt;/i&gt; &#187; Il faut pr&#234;cher tous les jours, parce que si la jauge de foi baisse, ces ingrats peuvent se barrer. Putain, c'est du taf. D&#233;j&#224; qu'on n'est que trois clampins. Je les fous &#224; la pri&#232;re pendant que je g&#232;re le camp. J'arrive tant bien que mal &#224; recruter deux nouveaux animaux en allant distribuer des tatanes en for&#234;t. Super, la communaut&#233; grandit et mon pouvoir avec.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au four et au moulin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je finis par d&#233;bloquer mon premier rituel : on va danser tous ensemble autour d'un grand feu de joie. Apr&#232;s ce grand moment de coh&#233;sion de groupe, je sens qu'on ne va plus se l&#226;cher eux et moi. Enfin, presque. Comme dans chaque groupe, il y a un relou ! L'un d'eux commence &#224; faire dissidence et remet en question ma sainte parole. Pas le temps de n&#233;gocier : &lt;i&gt;zou&lt;/i&gt;, au pilori ! Litt&#233;ralement un pilori en bois au milieu du camp, pour que je puisse le &#171; discipliner &#187; &#224; coups de r&#233;&#233;ducation id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le quotidien me rattrape &#224; nouveau. Entre la bouffe, le potager &#224; arroser et fertiliser, les lits &#224; construire et la d&#233;co &#224; installer pour maintenir le niveau de foi, je n'arr&#234;te pas. Je dois pr&#234;cher chaque matin et b&#233;nir individuellement mes petits compagnons. C'est carr&#233;ment ali&#233;nant. J'ai m&#234;me plus le temps de recruter de nouveaux adeptes. Je suis &#224; deux doigts du &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que j'ai une &#233;piphanie. Est-ce que je ne fonderais pas plut&#244;t une ZAD ? Une ferme punko-wokiste autog&#233;r&#233;e ? Allez, on se remonte les manches, on abolit la hi&#233;rarchie et on bosse tous&#183;tes ensembles. Objectif : travailler moins pour se d&#233;tendre plus. Ni chaman ni ma&#238;tre ! Dommage, le jeu ne l'autorise pas. Je vais devoir me rabattre sur les &lt;i&gt;Sims&lt;/i&gt;, ou pire : retrouver la vie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Comme vous &#234;tes, vous venez</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Comme-vous-etes-vous-venez</link>
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		<dc:date>2026-08-22T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louise Bobichon</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le documentaire Laissez-nous les cl&#233;s, Yacine Helali raconte comment un ancien McDonald des quartiers Nord de Marseille est devenu, en pleine crise sanitaire, un laboratoire joyeux de solidarit&#233;, de lutte et d'espoir collectif. Face cam, Kamel Guemari, en live sur Facebook, se barricade &#224; l'int&#233;rieur d'un McDo situ&#233; au carrefour des quartiers Nord de Marseille. &#171; Y'a degun qui rentre, ils veulent fermer le seul lieu convivial d'ici ? Ils vont voir. &#187; On est en 2020, et c'est l'un des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no254-juillet-aout-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;254 (juillet-ao&#251;t 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le documentaire &lt;i&gt;Laissez-nous les cl&#233;s&lt;/i&gt;, Yacine Helali raconte comment un ancien McDonald des quartiers Nord de Marseille est devenu, en pleine crise sanitaire, un laboratoire joyeux de solidarit&#233;, de lutte et d'espoir collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face cam, Kamel Guemari, en &lt;i&gt;live&lt;/i&gt; sur Facebook, se barricade &#224; l'int&#233;rieur d'un McDo situ&#233; au carrefour des quartiers Nord de Marseille. &#171; &lt;i&gt;Y'a degun qui rentre, ils veulent fermer le seul lieu convivial d'ici ? Ils vont voir&lt;/i&gt;. &#187; On est en 2020, et c'est l'un des derniers employ&#233;s du &lt;i&gt;fast food&lt;/i&gt;, qui proteste comme il peut face au placement en liquidation judiciaire de l'&#233;tablissement un an plus t&#244;t. Cam&#233;ra sur l'&#233;paule, le r&#233;alisateur Yacine Helali nous jette dans un r&#234;ve un peu fou : celui de transformer un McDo en espace de solidarit&#233; collective. Son film, &lt;i&gt;Laissez-nous les cl&#233;s&lt;/i&gt;, est l'histoire d'un logo plan&#233;taire arrach&#233; &#224; sa fonction marchande pour devenir le visage obstin&#233; d'un espoir collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Apr&#232;s M prend alors forme : une fa&#231;ade bleue, rose et violette, et le &#171; M &#187; jaune signature flottant toujours en haut, comme pour rappeler un pass&#233; r&#233;volu. M&#234;me le slogan de l'enseigne est r&#233;invent&#233; : l'iconique &#171; Venez comme vous &#234;tes &#187; est troqu&#233; pour un &#171; Comme vous &#234;tes, vous venez &#187;. &#192; l'initiative de ce &lt;i&gt;fast food&lt;/i&gt; social : des riverains, des associations, des organisations syndicales, d'anciens employ&#233;s, tous b&#233;n&#233;voles. C'est une plateforme d'entraide n&#233;e de la solidarit&#233;. Et c'est un message fort : &#171; &lt;i&gt;Ici c'est l'Apr&#232;s M : on est l'humanit&#233;, on est l'humain, on est le M.&lt;/i&gt; &#187; L'id&#233;e est simple : en pleine p&#233;riode du Covid, on va distribuer des milliers de colis alimentaires et de produits d'hygi&#232;ne par semaine, gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu &#224; peu, les b&#233;n&#233;voles doivent faire face aux menaces d'expulsion. &#171; &lt;i&gt;McDo veut jouer le rapport de force. Si vous voulez jouer, on joue&lt;/i&gt;. &#187; Le collectif entend racheter le b&#226;timent &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; une coop&#233;rative citoyenne de 50 000 membres, y monter un restaurant d'insertion, mais aussi une plateforme d'accueil pour les associations. Et tout &#231;a, dans les r&#232;gles du droit au maximum ; m&#234;me si, &#171; &lt;i&gt;s'il n'y a plus l'aspect l&#233;gal, c'est la lutte &lt;/i&gt; &#187;. Ensemble, ils se battent contre la terre enti&#232;re : la mairie, McDo, la justice. Et parfois, ils se battent aussi entre eux : le film ne nous cache pas les doutes, les questionnements et les d&#233;bats &#8211; parfois virulents &#8211; qui animent les protagonistes. Mais malgr&#233; cela, l'organisation est propre et efficace, toujours dans la bonne humeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambition d&#233;sormais pour l'Apr&#232;s M est de transformer cette plateforme d'entraide en soci&#233;t&#233; coop&#233;rative d'int&#233;r&#234;t collectif, pour emp&#234;cher toute r&#233;cup&#233;ration politique et &#171; &lt;i&gt;pour que les habitants de ce quartier prennent en main leur destin&lt;/i&gt; &#187;. Anim&#233; par l'&#233;nergie folle et entra&#238;nante qui se d&#233;gage de cette lutte, le film est un vrai coup de &lt;i&gt;boost&lt;/i&gt;. Il ouvre une fen&#234;tre sur une forme d'organisation communautaire rare, modeste par son &#233;chelle mais immense par ce qu'elle raconte : la possibilit&#233; d'imaginer autrement le commun, la solidarit&#233;, jusqu'au fonctionnement m&#234;me de la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Louise Bobichon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution, c'&#233;tait demain</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-revolution-c-etait-demain</link>
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		<dc:date>2026-08-15T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Gabriel Tribout</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La s&#233;rie radiophonique &#171; Ils d&#233;voraient la ville avec imagination &#187; retrace l'histoire de Souffles, revue marocaine de po&#233;sie d'avant-garde n&#233;e en 1966. Jusqu'&#224; l'arrestation de plusieurs de ses membres en 1972, elle a particip&#233; &#224; un large mouvement culturel r&#233;volutionnaire. Six beaux &#233;pisodes sign&#233;s Ella Bellone. Au premier trimestre 1966 sort dans les kiosques marocains une revue. La Une est sobre, soleil noir sur fond blanc cass&#233; : Souffles (Anf&#226;s en arabe). &#171; &#199;a ne payait pas de mine, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no254-juillet-aout-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;254 (juillet-ao&#251;t 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gabriel-Tribout" rel="tag"&gt;Gabriel Tribout&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_15_-3c3dc.png?1786753810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La s&#233;rie radiophonique &#171; Ils d&#233;voraient la ville avec imagination &#187; retrace l'histoire de Souffles, revue marocaine de po&#233;sie d'avant-garde n&#233;e en 1966. Jusqu'&#224; l'arrestation de plusieurs de ses membres en 1972, elle a particip&#233; &#224; un large mouvement culturel r&#233;volutionnaire. Six beaux &#233;pisodes sign&#233;s Ella Bellone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/illustration_sans_titre-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/illustration_sans_titre-2-d5e13.jpg?1786753810' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u premier trimestre 1966 sort dans les kiosques marocains une revue. La Une est sobre, soleil noir sur fond blanc cass&#233; : &lt;i&gt;Souffles (Anf&#226;s &lt;/i&gt;en arabe). &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne payait pas de mine, &#231;a ne co&#251;tait pas cher, je l'ai achet&#233;e. Je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose de nouveau &lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Abdelkader Lagta&#226;, un futur contributeur. La revue, fond&#233;e collectivement par Mostafa Nissaboury, Abdellatif La&#226;bi et Mohammed Kha&#239;r-Eddine, rassemble des po&#232;tes qui veulent r&#233;inventer leur art, une langue et exploser les cadres. De ces ambitions premi&#232;res, litt&#233;raires et radicales, la s&#233;rie radiophonique &#8211; disponible &#224; l'&#233;coute sur le site de l'INA &#8211; entrem&#234;le lectures, cr&#233;ations sonores et t&#233;moignages. Les noms des protagonistes n'&#233;tant cit&#233;s qu'&#224; la fin de chaque &#233;pisode, l'ensemble cr&#233;e une forme de chorale collective, racontant les ambitions d'une &#233;poque o&#249; la politique s'immisce vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars 1965, un an avant la sortie du premier num&#233;ro, une r&#233;volte partie de l'universit&#233; de Casablanca entra&#238;ne des manifestations dans tout le pays dont la r&#233;pression provoque un millier de morts. Une g&#233;n&#233;ration politique se cr&#233;e. D&#233;&#231;us par la soumission &#224; l'ancienne puissance coloniale dix ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance, p&#233;tris des luttes internationalistes de leur &#233;poque, les membres de &lt;i&gt;Souffles &lt;/i&gt;cr&#233;ent des ponts avec d'autres mouvements, &#224; l'&#233;tranger. La revue commence &#224; faire parler d'elle, et le r&#233;f&#233;rentiel id&#233;ologique s'oriente rapidement vers le marxisme-l&#233;ninisme. &#171; &lt;i&gt; Notre intention &#233;tait la r&#233;volution, on ne voulait pas que cette revue soit une institution, on voulait qu'elle soit tout le temps en mouvement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1967, la guerre des Six Jours men&#233;e par Isra&#235;l contre ses voisins entra&#238;ne &#8211; entre autres &#8211; l'occupation de larges territoires de la Palestine, et la prise de conscience du &#171; probl&#232;me &#187; palestinien dans le reste du monde arabe, notamment au Maghreb. &#171; &lt;i&gt; Il a fallu attendre la guerre de 1967 pour qu'on d&#233;couvre qu'on &#233;tait arabes&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Abdellatif La&#226;bi. D&#232;s lors, la pr&#233;occupation pour la Palestine devient constante. En 1969, un num&#233;ro sp&#233;cial lui est consacr&#233;, un tournant dans l'histoire de la revue. Car la guerre des Six Jours marque pour beaucoup l'&#233;chec des r&#233;gimes panarabes. Une critique de gauche na&#238;t : ces r&#233;gimes ne sont pas &#171; &lt;i&gt; all&#233;s assez loin dans la transformation sociale de leur pays &lt;/i&gt; &#187;. L'&#233;quipe de &lt;i&gt;Souffles &lt;/i&gt;passe &#224; la contestation politique frontale. Une organisation clandestine est cr&#233;&#233;e. Cette deuxi&#232;me &#233;poque voit les audiences augmenter, et une version en arabe est &#233;dit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie radiophonique prend le temps d'explorer l'ambiance d'une &#233;poque, ses aspirations autant que ses questionnements. En 1972, de multiples arrestations ont lieu, beaucoup sont tortur&#233;s, dont Abdellatif La&#226;bi qui passera plusieurs ann&#233;es derri&#232;re les barreaux. Accus&#233; d'avoir voulu faire tomber la monarchie, une seule preuve sera amen&#233;e lors de son proc&#232;s : tous les exemplaires de &lt;i&gt;Souffles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les lendemains ne chanteront pas tout seuls</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-lendemains-ne-chanteront-pas</link>
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		<dc:date>2026-08-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le monde de la chorale militante a une bible, c'est bien Tue-t&#234;te &#8211; Petit kilo de chansons belles &amp; rebelles. Un recueil de centaines de chansons, allant de &#171; 1er mai &#187; &#224; &#171; Zog nit keyn'mol &#187; (&#171; Chanson du ghetto de Varsovie &#187;), m&#233;ticuleusement class&#233;es, comment&#233;es, &#233;tiquet&#233;es, et traduites le cas &#233;ch&#233;ant. Diffus&#233; hors commerce, c'est le fruit de plus de quinze ans de boulot effectu&#233; par un collecteur passionn&#233;, qui pr&#233;f&#232;re rester anonyme mais a accept&#233; de raconter l'histoire de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no254-juillet-aout-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;254 (juillet-ao&#251;t 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_7_-7-10f27.png?1785677817' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le monde de la chorale militante a une bible, c'est bien &lt;strong&gt;Tue-t&#234;te &#8211; Petit kilo de chansons belles &amp; rebelles&lt;/strong&gt;. Un recueil de centaines de chansons, allant de &#171; 1er mai &#187; &#224; &#171; Zog nit keyn'mol &#187; (&#171; Chanson du ghetto de Varsovie &#187;), m&#233;ticuleusement class&#233;es, comment&#233;es, &#233;tiquet&#233;es, et traduites le cas &#233;ch&#233;ant. Diffus&#233; hors commerce&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. On peut n&#233;anmoins le trouver dans quelques librairies bien achaland&#233;es. Ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, c'est le fruit de plus de quinze ans de boulot effectu&#233; par un collecteur passionn&#233;, qui pr&#233;f&#232;re rester anonyme mais a accept&#233; de raconter l'histoire de ce recueil. Verbatim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/illustration_sans_titre_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/illustration_sans_titre_2-6982e.jpg?1785544216' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;e commence &#224; collecter des chansons de lutte peu apr&#232;s les manifestations contre le CPE, en 2006. Le d&#233;clic ? Une soir&#233;e avec des copains plus ou moins proches autour d'une bonbonne de cinq litres de vin du Tarn. Au fil des verres, on finit par se mettre &#224; chanter, divis&#233;s en deux bandes. D'un c&#244;t&#233;, il y a mes potes et moi, qui entonnons des morceaux de punk rock ou de Bobby Lapointe, et de l'autre, des amoureux de chants trad'. On se fait clairement laminer, d'autant qu'on a trop bu et qu'on conna&#238;t tr&#232;s mal les paroles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Recueillir les paroles d'un morceau s'apparente &#224; une qu&#234;te sociale et g&#233;ographique &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec ces potes, camarades de concert avec qui je tra&#238;ne le pav&#233; &#224; Lille, on r&#233;agit en se disant qu'on va apprendre des morceaux en entier. Chacun dans notre coin, on glane et on griffonne dans des carnets, avant de se les faire tourner. Si les autres s'arr&#234;tent &#224; cette &#233;tape, moi je continue. Au d&#233;but pour me marrer, puis &#231;a devient s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2006, c'est la pr&#233;histoire : pas de YouTube pour m'aider. Recueillir les paroles d'un morceau s'apparente &#224; une qu&#234;te sociale et g&#233;ographique. D&#232;s que je me rends dans une f&#234;te ou une lutte locale, j'enregistre des versions de chansons que je ne connais pas tout en notant fr&#233;n&#233;tiquement les informations. Au final, ce sont des ann&#233;es de balades &#224; travers la France et l'Europe, souvent en stop. &#199;a d&#233;bouche sur un premier livre imprim&#233; en 2011 gr&#226;ce &#224; une souscription. Il est tr&#232;s artisanal sur la forme&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Ce qui n'est pas du tout le cas du tr&#232;s beau Tue-T&#234;te, &#224; la maquette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et moins exhaustif. Son nom ? &lt;i&gt;Karaok&#233; chorale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'emporte ce premier recueil partout pour que les gens s'en emparent. Il ne dort pas dans un disque dur d'ordi, il se balade. S'il y a une soir&#233;e, je le pose dans un coin et les gens le feuillettent, en discutent, le corrigent. Il a un pouvoir d'attraction, comme du papier tue-mouches, et finit par d&#233;passer les 1 000 pages. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;On a les meilleures chansons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;trospectivement, je me rends compte &#224; quel point la chorale militante et son univers ont &#233;t&#233; indissociables de mon engagement politique. Alors que j'ai fait mes premi&#232;res armes militantes dans des collectifs de d&#233;fense des sans-papiers &#224; Lille, vingt ans plus tard, je m'en souviens d'abord par le biais des morceaux qu'on y chantait. Exactement ce que tu me racontes au sujet de la lutte contre le r&#233;am&#233;nagement de la place Jean Jaur&#232;s &#224; Marseille, la fa&#231;on dont &#8220;Touchez pas &#224; la Plaine&#8221; de Manu Th&#233;ron continue &#224; r&#233;sonner &#224; tes oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je m'installe &#224; Toulouse et je rejoins un collectif au r&#233;pertoire tr&#232;s &#233;clectique : &#8220;&#192; Las Barricadas&#8221;, &#8220;L'Hymne des femmes&#8221;, des mondines italiennes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Chants des ouvri&#232;res employ&#233;es dans les rizi&#232;res autour de la vall&#233;e du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, etc. Les entonner en manif permet d'&#234;tre dans un autre registre que le tractage ou la sono de la CGT. Et puis c'est tr&#232;s ouvert : pas de probl&#232;me si tu chantes faux. Et c'est une mani&#232;re de faire un lien qui d&#233;passe les luttes, qui passe aussi par les repas et les f&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu soulignes qu'il y a dans le recueil beaucoup de chansons li&#233;es &#224; la guerre d'Espagne. Logique : c'est un r&#233;pertoire ancr&#233; localement. Toulouse a &#233;t&#233; la base arri&#232;re de l'anti-franquisme. Les petits-enfants de r&#233;fugi&#233;s y sont nombreux et &#231;a flingue jusque dans les ann&#233;es 1970 contre le r&#233;gime de Franco&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. R&#233;f&#233;rence &#224; la lutte des GARI, Groupes d'action r&#233;volutionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Personnellement, j'ai &#233;t&#233; berc&#233; par le morceau &#8220;Juillet 1936&#8221; de Ren&#233; Binam&#233;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Notamment le refrain : &#171; Donne-moi ta main camarade / Pr&#234;te ton c&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ceci dit, j'ai alors une vision un peu scolaire et limit&#233;e du conflit, qui s'affine au fil des recherches. C'est une porte d'entr&#233;e vers un pass&#233; foisonnant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'extr&#234;me droite actuelle a un r&#233;pertoire extr&#234;mement pauvre et se fonde sur des m&#233;lodies de type marche militaire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand tu te plonges dans une telle masse de chansons historiques, tu d&#233;couvres quantit&#233; de nuances o&#249; se glissent les drames de l'histoire. &#192; Toulouse, il y a encore des anars qui arrachent les affiches du Parti communiste, &#224; cause des purges de la guerre d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la guerre civile se conclut par une d&#233;faite. Mais il y a une &#233;vidence : on a peut-&#234;tre perdu mais on avait les meilleures chansons. &#199;a s'applique aussi en n&#233;gatif &#224; l'extr&#234;me droite actuelle, dont le r&#233;pertoire est extr&#234;mement pauvre et se fonde sur des m&#233;lodies de type marche militaire. Aucune po&#233;sie. Alors que c'est souvent ce qui donne la force aux chansons de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi &#224; Toulouse que je m'aper&#231;ois de la disparition progressive des lieux d'expression d'une contre-culture politique. Les squats ferment les uns apr&#232;s les autres tandis que la culture punk s'&#233;tiole. Et les chorales plus ou moins militantes remplissent en partie un vide, attirent non seulement des &#8220;vieux cons&#8221; mais aussi des jeunes qui, par ce biais, d&#233;couvrent des pans d'histoire. &#199;a concerne aussi des coins paum&#233;s, o&#249; les nouvelles g&#233;n&#233;rations peuvent d&#233;couvrir d'autres influences musicales que ce que les algorithmes d&#233;versent en ligne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;En canon et sans chapelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il y a des chansons d'Eddy Mitchell ou de Goldman dans le recueil, c'est parce qu'une chanson d'amour peut &#234;tre politique, transcender l'existant. En fait, &#231;a d&#233;pend des circonstances. On n'entonne pas la m&#234;me chose en manif que dans un appartement ou au coin du feu. Et on ne peut pas se concentrer uniquement sur l'&#226;pret&#233; de la lutte ou les ravages de la r&#233;pression. C'est parfois plus facile de rencontrer des gens et d'&#234;tre dans le plaisir de la f&#234;te avec &#8220;Mourir sur sc&#232;ne&#8221; ou &#8220;Bambino&#8221; de Dalida&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce recueil a &#233;t&#233; con&#231;u de mani&#232;re &#224; englober diverses facettes des luttes. Y cohabitent des chansons qui font l'apologie du droit de vote et d'autres qui appellent &#224; br&#251;ler les urnes. Il y a certes un socle commun, l'anti-autoritarisme, mais ce n'est pas &#224; moi de trancher entre les chapelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;La Java des bons enfants&#8221; est un bon exemple de la mani&#232;re dont une chanson peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e diff&#233;remment selon l'&#233;poque. Elle &#233;voque la bombe pos&#233;e en 1892 par deux anarchistes contre les bureaux parisiens de la soci&#233;t&#233; mini&#232;re de Carmaux, alors en train de r&#233;primer durement une gr&#232;ve de mineurs. Or, la bombe est d&#233;couverte et transport&#233;e au commissariat de la rue des Bons Enfants, o&#249; elle explose&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Extrait : &#171; Dans la rue des Bons Enfants, / On vend tout au plus offrant. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Si bien que le texte est souvent interpr&#233;t&#233; comme portant sur la haine des flics. Mais les paroles appellent avant tout &#224; d&#233;fendre une gr&#232;ve de mineurs par l'action directe. Et ce type de chanson suscite forc&#233;ment le d&#233;bat. La violence politique est-elle l&#233;gitime ? Si oui, o&#249; placer les bombes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La lutte &#224; ch&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Beaucoup de gens ont particip&#233; plus ou moins directement &#224; ce recueil, imprim&#233; en 2022. Il a &#233;t&#233; rendu possible gr&#226;ce au r&#233;seau des chorales, qui fonctionne globalement sur le mode autogestionnaire. Il y a beaucoup de tontines&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Caisses collectives d'&#233;pargne.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] et de mises au pot. Et les rencontres entre chorales de toute la France, voire d'Europe, sont aussi centrales dans cet univers. Il y a toujours des nouveaux morceaux &#224; se partager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le livre est paru, je n'ai pas arr&#234;t&#233; de collecter. Parce que cette qu&#234;te te d&#233;vore. Parfois je m'interroge : est-ce qu'&#224; trop me focaliser l&#224;-dessus je n'ai pas un peu perdu le contact avec le militantisme classique ? Mais je crois qu'il est important de construire une passerelle entre monde militant et festif. Exactement ce que dit cette citation attribu&#233;e &#224; Emma Goldman : &#8220;&lt;i&gt;Si je ne peux pas danser, ce n'est pas ma r&#233;volution&lt;/i&gt;.&#8221; Je remplacerais juste &#8220;danser&#8221; par &#8220;chanter&#8221;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. On peut n&#233;anmoins le trouver dans quelques librairies bien achaland&#233;es. Ou bien le commander en envoyant un mail &#224; nico.adresse@gmail.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Ce qui n'est pas du tout le cas du tr&#232;s beau &lt;i&gt;Tue-T&#234;te&lt;/i&gt;, &#224; la maquette peaufin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Chants des ouvri&#232;res employ&#233;es dans les rizi&#232;res autour de la vall&#233;e du P&#244;, notamment au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. R&#233;f&#233;rence &#224; la lutte des GARI, Groupes d'action r&#233;volutionnaires internationalistes, ayant foment&#233; des attentats &#224; l'explosif contre les int&#233;r&#234;ts franquistes en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Notamment le refrain : &#171; &lt;i&gt;Donne-moi ta main camarade / Pr&#234;te ton c&#339;ur compagnon / Nous referons les barricades / Comme hier la conf&#233;d&#233;ration&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Extrait : &#171; &lt;i&gt;Dans la rue des Bons Enfants, / On vend tout au plus offrant. / Y'avait un commissariat, / Et maintenant il n'est plus l&#224;. / Une explosion fantastique / N'en a pas laiss&#233; une brique. / On crut qu'c'&#233;tait Fant&#244;mas, / Mais c'&#233;tait la lutte des classes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Caisses collectives d'&#233;pargne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le voleur libertaire et sa m&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-voleur-libertaire-et-sa-mere</link>
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		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un homme seul en sc&#232;ne raconte l'histoire de Marius Jacob, cambrioleur anarchiste qui inspira le personnage romanesque d'Ars&#232;ne Lupin. Mais Marius n'est pas seul. Lorsqu'il montre son &#339;il gauche grim&#233;, la voix de sa m&#232;re se fait entendre, complice et moqueuse &#224; la fois. &#171; T&#233;, il vous a dit qu'il a eu son certificat d'&#233;tudes &#224; 11 ans ? C'&#233;tait quelque chose &#224; l'&#233;poque, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre d'un na&#239;f, mais d'un na&#239;f ! &#187; Dans l'auditoire de l'Alcazar, ancien temple marseillais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un homme seul en sc&#232;ne raconte l'histoire de Marius Jacob, cambrioleur anarchiste qui inspira le personnage romanesque d'Ars&#232;ne Lupin. Mais Marius n'est pas seul. Lorsqu'il montre son &#339;il gauche grim&#233;, la voix de sa m&#232;re se fait entendre, complice et moqueuse &#224; la fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;T&#233;, il vous a dit qu'il a eu son certificat d'&#233;tudes &#224; 11 ans ? C'&#233;tait quelque chose &#224; l'&#233;poque, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre d'un na&#239;f, mais d'un na&#239;f !&lt;/i&gt; &#187; Dans l'auditoire de l'Alcazar, ancien temple marseillais des spectacles populaires devenu biblioth&#232;que publique, d&#233;file la vie d'Alexandre Marius Jacob&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Marius Jacob, travailleur de la nuit &#187;, par J&#233;r&#233;my Beschon, a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la voix irr&#233;v&#233;rencieuse de sa m&#232;re guidant le r&#233;cit. Franck Vrahid&#232;s, qui interpr&#232;te le brigand libertaire, et le metteur en sc&#232;ne J&#233;r&#233;my Beschon&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#233;my Beschon pr&#233;sente son dernier ouvrage, publi&#233; aux &#201;ditions Quiero, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, de la compagnie Manifeste Rien, complices dans l'&#233;criture de la pi&#232;ce, font le choix de d&#233;marrer l'histoire par la fin. Devenu forain dans l'Indre &#224; son retour du bagne, Jacob, vieux et malade, s'injecte une dose mortelle de morphine en 1954, apr&#232;s avoir offert un repas aux enfants pauvres du coin et en prenant soin de l&#233;guer deux bouteilles de ros&#233;s &#224; ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord engag&#233; comme mousse, le petit prolo marseillais revient de ses p&#233;riples en haute mer &#224; la fois &#233;pris de libert&#233; et r&#233;volt&#233; par les injustices. &#192; 18 ans, il fonde &lt;i&gt;L'Agitateur&lt;/i&gt;, une feuille de chou dont le titre annonce la couleur de sa vie &#224; venir. La presse libre &#233;tant en butte aux tracasseries polici&#232;res (l'&#233;poque est aux attentats et aux magnicides), il monte un audacieux fric-frac au Mont-de-pi&#233;t&#233;. Avec son p&#232;re et deux autres complices, il se fait passer pour un inspecteur enqu&#234;tant sur une affaire de recel et d&#233;pouille les lieux sans coup f&#233;rir. Puis il s'attaque au casino de Monte-Carlo. Apr&#232;s quelques cuisantes trahisons, dont celle de son propre p&#232;re, Jacob fonde la bande des Travailleurs de la nuit, qui &#233;cume le territoire en cambriolant les riches &#8211; aristos, clerg&#233;, bourgeois ; jamais les professions socialement utiles, comme les m&#233;decins ou les artistes. Apr&#232;s Ravachol et avant la bande &#224; Bonnot, Jacob pr&#244;ne &#171; &lt;i&gt; l'ill&#233;galisme contre l'ill&#233;gitime propri&#233;t&#233; &lt;/i&gt; &#187;, mais sans violence, avec une organisation clandestine et des techniques de monte-en-l'air minutieuses, pourvue d'un strict code de conduite. Sinon, on ne vaut pas mieux que les capitalistes. 10 % du butin est revers&#233; aux journaux libertaires. Arr&#234;t&#233; en 1905, puis jug&#233;, il d&#233;clare aux jur&#233;s : &#171; &lt;i&gt; Malfaiteur peut-&#234;tre, mais toujours du travail bien fait. &lt;/i&gt; &#187; Jur&#233;s qui, peu sensibles &#224; sa verve, l'envoient pourrir &#224; Cayenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Complice de son fils du d&#233;but &#224; la fin, la voix de la m&#232;re ponctue le r&#233;cit de commentaires empreints de bon sens populaire qui font le pont avec l'oralit&#233; contemporaine. Celle de son fils est, quant &#224; elle, pr&#233;sente &#224; travers des extraits de ses &#233;crits, au style plus litt&#233;raire, republi&#233;es par les &#233;ditions L'insomniaque. &#171; &lt;i&gt; Anarchiste r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#233;crivait-il. &lt;i&gt;J'ai fait ma r&#233;volution, vienne l'anarchie. &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Et que vive l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Marius Jacob, travailleur de la nuit &#187;, par J&#233;r&#233;my Beschon, a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e le 5 mai 2026 &#224; l'Alcazar, Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J&#233;r&#233;my Beschon pr&#233;sente son dernier ouvrage, publi&#233; aux &#201;ditions Quiero, &lt;i&gt;L'&#201;clat des fracas&lt;/i&gt;, le 11 juin &#224; 19 heures &#224; la librairie l'Odeur du temps de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Moteur, silence sur les prolos</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Moteur-silence-sur-les-prolos</link>
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		<dc:date>2026-06-06T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Orianne Hidalgo-Laurier, Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Debanne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Cannes, tandis que la tribune &#171; Zapper Bollor&#233; &#187; r&#233;unit des milliers de membres de l'audiovisuel fran&#231;ais, la cr&#232;me de la cr&#232;me refuse encore de politiser ses r&#244;les, quand bien m&#234;me elle incarne des figures de la lutte contre le fascisme. Sans surprise, la culture bourgeoise continue de faire son cin&#233;ma. D'ordinaire, le Festival de Cannes nous h&#233;risse le poil par sa d&#233;connexion avec le monde r&#233;el. Mais cette ann&#233;e, un remous in&#233;dit a fait paniquer les nantis. &#192; la veille de l'ouverture (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/https-cqfd-journal-org-Georges-Debanne" rel="tag"&gt;Georges Debanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_8_-6-2085a.png?1782637832' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Cannes, tandis que la tribune &#171; Zapper Bollor&#233; &#187; r&#233;unit des milliers de membres de l'audiovisuel fran&#231;ais, la cr&#232;me de la cr&#232;me refuse encore de politiser ses r&#244;les, quand bien m&#234;me elle incarne des figures de la lutte contre le fascisme. Sans surprise, la culture bourgeoise continue de faire son cin&#233;ma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/illustration_sans_titre.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/illustration_sans_titre-59a83.jpg?1782637833' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'ordinaire, le Festival de Cannes nous h&#233;risse le poil par sa d&#233;connexion avec le monde r&#233;el. Mais cette ann&#233;e, un remous in&#233;dit a fait paniquer les nantis. &#192; la veille de l'ouverture de la 79e &#233;dition du festival (ironiquement n&#233; en 1939 pour contrer le fascisme de la Biennale de Venise de Mussolini et Hitler), plus de 600 professionnel&#183;les du 7e art ont d&#233;gain&#233; l'arme favorite de la gauche institutionnelle : la tribune v&#233;h&#233;mente. Paru dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 11 mai, le texte d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;une uniformisation des films&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;une prise de contr&#244;le fasciste sur l'imaginaire collectif &lt;/i&gt; &#187; par l'ignoble Bollor&#233; et son groupe Vivendi, propri&#233;taire de Canal+.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ah &#231;a y est, les bourgeois&#183;es de gauche ont enfin r&#233;alis&#233; que les fachos s'&#233;taient accapar&#233; les moyens de production culturels&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les portes &#233;taient d&#233;j&#224; bien enfonc&#233;es. Mais l'ogre d'extr&#234;me droite n'est jamais rassasi&#233; : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Concentre-de-medias-la-recette' class=&#034;spip_in&#034;&gt;apr&#232;s s'&#234;tre jet&#233; sur la t&#233;l&#233; et l'&#233;dition&lt;/a&gt;, Canal+ a acquis 34 % d'UGC&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anciennement Union g&#233;n&#233;rale cin&#233;matographique, groupe audiovisuel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en octobre 2025, visant le contr&#244;le total d'ici 2028. D&#233;sormais, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/De-l-art-et-des-cochons' class=&#034;spip_in&#034;&gt;celui qui se d&#233;finit comme &#171; d&#233;mocrate-chr&#233;tien &#187; contr&#244;le d'une main de fer toute la cha&#238;ne du cin&#233;ma&lt;/a&gt;, du financement &#224; la distribution en passant par la production. De quoi inqui&#233;ter ses acteur&#183;ices les plus &#171; radicaux &#187;, comme Juliette Binoche ou Robin Renucci. Ah &#231;a y est, les bourgeois&#183;es de gauche ont enfin r&#233;alis&#233; que les fachos commencent &#224; s'accaparer les moyens de production culturels. &lt;i&gt;Spoiler alert&lt;/i&gt; pour les r&#233;volutionnaires du tapis rouge, tout de m&#234;me : l'uniformisation de la production cin&#233;matographique ne date pas de Bollor&#233;. &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-forteresses-sont-bien-gardees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La culture l&#233;gitime, donc bourgeoise, propage le m&#233;pris de classe&lt;/a&gt;, ingr&#233;dient pr&#233;cieux &#224; l'extr&#234;me droite pour s'&#233;panouir, depuis la naissance du cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ne crache pas dans la main qui te nourrit &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Canal+ est le pilier du cin&#233;ma fran&#231;ais : il repr&#233;sente 43 % des apports des diffuseurs et a cofinanc&#233; 47 des 52 films aid&#233;s par le Centre national du cin&#233;ma (CNC) en 2023. L'an dernier, le groupe s'est engag&#233; &#224; allouer jusqu'&#224; 170 millions par an au 7e art. Le pi&#232;ge referm&#233;, l'id&#233;ologie sauce Bollo n'a plus qu'&#224; se propager. Puis, le collectif &#171; Zapper Bollor&#233; &#187; a d&#233;gain&#233; sa tribune. En quelques jours, la liste des signataires monte de 600 &#224; 3 400. Pour le patron de Canal+, Maxime Saada, la qualification suppos&#233;e de &#171; crypto-fasciste &#187; ne passe pas. Il l'a d&#233;cid&#233;, le groupe ne travaillera plus avec celleux qui ont os&#233; mordre la main qui les nourrit. Allez &lt;i&gt;hop&lt;/i&gt;, tout le monde sur &#171; liste noire &#187;. Propagande par le fait ? Chez Canal+, la libert&#233; d'expression s'arr&#234;te devant les portes du bureau du chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chantage qui poussera l'acteur Jean-Pascal Zadi &#224; r&#233;trop&#233;daler avec une phrase d&#233;j&#224; culte, que l'on croirait tir&#233;e de l'une de ses com&#233;dies : &#171; &lt;i&gt;J'avais mal lu.&lt;/i&gt; &#187; Faut bien bouffer. C&#244;t&#233; syndicats, la CGT Spectacle et la Ligue des droits de l'Homme, plus droites dans leurs bottes, ont attaqu&#233; Canal+ en justice le 23 mai pour discrimination. Pas de quoi g&#226;cher la f&#234;te cependant. Le 79e Festival de Cannes, toujours plus gonfl&#233; aux capitaux de la pub et de la com', s'est d&#233;roul&#233; sans encombre et les riches de gauche ont pu couronner les films les plus m&#233;ritants. Comme l'&#233;crit le journaliste de &lt;i&gt;Frustration Magazine&lt;/i&gt; Rob Grams : &#171; &lt;i&gt;Appr&#233;cier et valoriser certains films permet &#224; la bourgeoisie de se distinguer de la vulgarit&#233; de la cin&#233;philie populaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et Jean Moulin se retourna dans sa tombe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Elle n'est pas un peu orient&#233;e, votre question ? &lt;/i&gt; &#187; Jean Moulin 2026, l'acteur Gilles Lellouche, sourcille &#224; la question d'un journaliste du m&#233;dia en ligne Paroles d'honneur sur la n&#233;cessit&#233; de combattre le Rassemblement national pour ne pas trahir le c&#233;l&#232;bre r&#233;sistant qu'il incarne &#224; l'&#233;cran. Non, non, pour la Croisette &#8211; et donc pour tout le pays &#8211;, le bon go&#251;t voudrait que Jean Moulin reste dans son r&#244;le de figure bien liss&#233;e du patrimoine fran&#231;ais. N'allez pas nous enquiquiner avec la guerre, la politique et, surtout, la lutte des classes. C'est ce m&#233;canisme invisibilis&#233; que Rob Grams diss&#232;que dans son essai &lt;i&gt;Bourgeois Gaze &lt;/i&gt;(Les Liens qui lib&#232;rent, 2026). Transposant &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-violence-amusee-de-Tarantino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le concept de &#171; &lt;i&gt;male gaze &lt;/i&gt; &#187; (le &#171; regard masculin &#187;) de Laura Mulvey&lt;/a&gt;, le journaliste d&#233;masque la mainmise des classes privil&#233;gi&#233;es sur les repr&#233;sentations sociales au cinoche, qui permettent de l&#233;gitimer leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Quand la fiction consent &#224; filmer les pauvres, ce n'est jamais pour filmer la lutte, mais pour susciter la piti&#233;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont les exemples, comme le film &lt;i&gt;Athena&lt;/i&gt; (2022) de Romain Gavras, embl&#233;matique d'un &#171; &lt;i&gt;riot porn&lt;/i&gt; &#187; d&#233;politis&#233;. Ce long-m&#233;trage encha&#238;ne les plans spectaculaires d'une &#233;meute, mais sans aucun regard critique sur la question de la classe. Avec une volont&#233; d'esth&#233;tiser la violence, le r&#233;alisateur met en sc&#232;ne une id&#233;ologie viriliste et guerri&#232;re, o&#249; les insurg&#233;&#183;es ne tiennent pas de discours articul&#233;. Rob Grams l'affirme : Romain Gavras filme la banlieue comme Cnews, une &#171; &lt;i&gt;masse hurlante et bestiale&lt;/i&gt; &#187;, au destin tragique. &#171; &lt;i&gt;La trag&#233;die rassure la bourgeoisie&lt;/i&gt; &#187;, continue-t-il : ce mode de r&#233;cit transforme les causes sociales et politiques en fatalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ce que le bourgeois ne voit pas n'existe pas&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le constat chiffr&#233; de l'auteur est sans appel. Les riches dominent. Sans blague. Au moins 70 % des r&#233;alisateur&#183;ices fran&#231;ais&#183;es viennent des classes sup&#233;rieures estime l'essayiste. Et un quart d'entre elleux a des parents qui viennent elleux-m&#234;mes du cin&#233;ma. Seul&#183;es 10 % des cin&#233;astes sont des enfants d'employ&#233;&#183;es ou d'ouvrier&#183;es. Selon le collectif 50/50, les CSP+ squattent 74 % des r&#244;les, alors que les classes populaires, qui repr&#233;sentent la moiti&#233; de la population, n'en incarnent que 26 %. Plus de la moiti&#233; des intrigues se d&#233;roulent dans un Paris peupl&#233; de cadres et d'artistes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Appr&#233;cier et valoriser certains films permet &#224; la bourgeoisie de se distinguer de la vulgarit&#233; de la cin&#233;philie populaire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les ouvrier&#183;es ou caissier&#183;s ? Invisibles, ou rel&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s &#224; des st&#233;r&#233;otypes dans des com&#233;dies lourdingues. Quand la fiction consent &#224; filmer les pauvres, ce n'est jamais pour filmer la lutte, mais pour susciter la piti&#233;. Les cam&#233;ras montrent la mis&#232;re sans nommer l'exploitation ou proposer de voie d'&#233;mancipation. Un sympt&#244;me de la maladie bourgeoise : les riches poss&#232;dent les moyens de production et ce sont elleux qui occupent les postes d&#233;cisifs dans l'audiovisuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la post&#233;rit&#233;, on ne retient que les r&#233;alisateur&#183;ices, tandis que les centaines de travailleur&#183;euses, souvent bien prolos, restent dans l'ombre. Le travail salari&#233;, officiel ou d&#233;guis&#233;, est rarement trait&#233; dans les longs-m&#233;trages. La difficult&#233; ? Rendre int&#233;ressantes des t&#226;ches ennuyantes et r&#233;p&#233;titives. Eh non, bosser, ce n'est pas du grand spectacle, c'est chiant. Par contre, les r&#233;alisateur&#183;ices adorent filmer la police ou la guerre ! Que ce soit dans &lt;i&gt;Bac Nord, Ath&#233;na &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Les Mis&#233;rables&lt;/i&gt;, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-policiers-sont-dresses-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les &#171; bavures polici&#232;res &#187; sont couv&#233;es par le regard des cin&#233;astes parce &#171; c'est dur d'&#234;tre flic &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ouin ouin&lt;/i&gt;. Jamais on n'&#233;voque le racisme structurel de l'institution polici&#232;re ou les violentes r&#233;pressions des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du cin&#233; de concern&#233;&#183;es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le coup de projecteur de Rob Grams est &#233;videmment bienvenu m&#234;me si l'analyse n'est pas nouvelle. Un article de la revue &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Gaze &#224; l'&#233;tat fumeux. Sur &#8220;bourgeois gaze&#8221; de Rob Grams &#187;, Occitane (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;rappelle que la critique f&#233;ministe int&#233;grait d&#233;j&#224; celle de l'id&#233;ologie bourgeoise. Les autrices y rappellent aussi la lutte des prolos anti-imp&#233;rialistes et f&#233;ministes du cin&#233;ma contestataire des ann&#233;es 1970-1980 contre les repr&#233;sentations dominantes. L'essai de Rob Grams n'en reste pas moins efficace et on ne peut pas l'accuser d'&#233;litisme. &lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; le jargon p&#233;dant des petits rats de la salle noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma est l'un des &#233;l&#233;ments majeurs de la formation de la perception des masses, rappelle Rob Grams dans les chaussons du philosophe Walter Benjamin. Ce dernier consid&#233;rait, d&#232;s le d&#233;but du XXe si&#232;cle, le 7e art comme un espace l&#233;gitime de lutte par son pouvoir &#233;mancipateur. Une proph&#233;tie qui s'est r&#233;alis&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970 &#224; Besan&#231;on. Apr&#232;s une longue gr&#232;ve, les ouvrier&#183;es de l'horloger Lip s'emparent des machines et s'auto-organisent pour continuer &#224; faire tourner l'usine. Des r&#233;alisateur&#183;ices de renom se rameutent pour tourner des documentaires engag&#233;s. Dor&#233;navant expert&#183;es dans l'art de se r&#233;approprier les moyens de production, les travailleur&#183;euses prennent la cam&#233;ra, s'installent dans le fauteuil de r&#233;al' pour documenter par elleux-m&#234;mes leur quotidien d'affranchi&#183;es. Autogestion rime avec auto-repr&#233;sentation. Pourtant, la post&#233;rit&#233; ne retiendra que les productions et les noms des r&#233;alisateurs Chris Marker et Christian Rouaud&#8230; Un &lt;i&gt;vrai &lt;/i&gt;film est un film d'auteur, pas de prolo. Merci la &#171; si engag&#233;e &#187; Nouvelle vague. Une destin&#233;e tellement t&#233;l&#233;phon&#233;e, qu'on n'en ferait m&#234;me pas un navet pour nourrir les cochons qui, comme chacun sait, sont comme les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle et Oriane Hidalgo-Laurier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anciennement Union g&#233;n&#233;rale cin&#233;matographique, groupe audiovisuel d'exploitation production et distribution de films. Troisi&#232;me r&#233;seau de salles le plus important en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/le-gaze-a-letat-fumeux-sur-bourgeois-gaze-de-rob-grams/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Gaze &#224; l'&#233;tat fumeux. Sur &#8220;bourgeois gaze&#8221; de Rob Grams &#187;&lt;/a&gt;, Occitane Lacurie et Cl&#233;mentine Meyer (04/03/2026).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Teknival : les caissons de la r&#233;sistance</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Teknival-les-caissons-de-la</link>
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		<dc:date>2026-06-06T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lily la Fronde</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que le gouvernement durcit son arsenal l&#233;gislatif contre les free parties, des dizaines de milliers de teufeurs se sont retrouv&#233;s au Teknival 2026. Reportage au c&#339;ur d'une f&#234;te devenue espace de r&#233;sistance, entre revendications politiques, solidarit&#233; et volont&#233; farouche de rester libre. Il est 4 heures du matin ce vendredi 1er mai 2026, les grenouilles coassent et les rossignols chantent. Le premier convoi p&#233;n&#232;tre sur le champ de tir militaire, et la lune, encore pleine, veille sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH149/illustration_teknival_dro_le_v2_rvb-7a317.png?1782637832' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le gouvernement durcit son arsenal l&#233;gislatif contre les &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt;, des dizaines de milliers de teufeurs se sont retrouv&#233;s au Teknival 2026. Reportage au c&#339;ur d'une f&#234;te devenue espace de r&#233;sistance, entre revendications politiques, solidarit&#233; et volont&#233; farouche de rester libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/chenille_teknival-cmjn.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH407/chenille_teknival-cmjn-1914b.jpg?1782637832' width='500' height='407' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est 4 heures du matin ce vendredi 1er mai 2026, les grenouilles coassent et les rossignols chantent. Le premier convoi p&#233;n&#232;tre sur le champ de tir militaire, et la lune, encore pleine, veille sur le Polygone de Bourges, en passe de devenir pour quelques jours une &#171; Zone autonome temporaire &#187;. Une &#171; TAZ &#187; comme on dit en anglais, un concept verbalis&#233; dans les ann&#233;es 1980 par Hakim Bey, dans un ouvrage &#233;ponyme publi&#233; en douze langues. L'&#233;crivain-po&#232;te et &#171; anarchiste ontologiste &#187; autoproclam&#233; pensait-il devenir une r&#233;f&#233;rence internationale dans le milieu de la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En camion, camping-car, en voiture ou &#224; pied, les teufeurs se rassemblent pour c&#233;l&#233;brer leur grand-messe annuelle : le Teknival. La libert&#233; en &#233;tendard, ils viennent de tout le pays, et au-del&#224;, par dizaines de milliers, pour construire en quelques heures une microsoci&#233;t&#233; autog&#233;r&#233;e, qui porte en son sein les valeurs de partage, de bienveillance, de solidarit&#233; et de sinc&#233;rit&#233;. Ici, l'entr&#233;e est gratuite, la donation est libre, et il n'y a pas de physio pour dire : &#171; &lt;i&gt; Toi, tu rentres, toi tu rentres pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Refuser que la f&#234;te soit une marchandise, c'est dans l'ADN de la free&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les teufeurs, des bisounours ? Pas loin. Des pacifistes, en tout cas. Et qui ramassent leurs d&#233;chets, en plus. &#192; mille lieues du clich&#233; stigmatisant qu'aiment &#224; propager les m&#233;dias mainstream.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un Teknival politique sous haute tension&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, on c&#233;l&#232;bre la 33e &#233;dition du &#171; FrenchTek &#187; &#224; Cornusse, un village de 226 habitants pr&#232;s de Bourges. La proximit&#233; avec la pr&#233;fecture du Cher n'est pas un hasard. La ville sera capitale europ&#233;enne de la culture en 2028. Culture qui inclut la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, par la r&#233;cente inscription des musiques &#233;lectroniques au Patrimoine culturel immat&#233;riel fran&#231;ais de l'Unesco. Au m&#234;me titre que la haute couture fran&#231;aise, la tapisserie d'Aubusson, ou le fest-noz breton. Bourges est aussi un clin d'&#339;il au ministre de l'Int&#233;rieur Laurent Nu&#241;ez, natif du coin.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Le terrain, lui, appartient &#224; la Direction g&#233;n&#233;rale de l'armement (DGA). Un symbole antimilitariste fort dans le contexte g&#233;opolitique actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; &lt;i&gt;rassemblement exclusivement festif &#224; caract&#232;re musical&lt;/i&gt; &#187;, c'est comme &#231;a qu'est d&#233;finie la &lt;i&gt;free party &lt;/i&gt;dans la loi 1133 adopt&#233;e en premi&#232;re lecture le 9 avril par l'Assembl&#233;e nationale. Sur une proposition de la d&#233;put&#233;e Horizon La&#235;titia Saint-Paul, le Palais Bourbon entend durcir les sanctions relatives &#224; ces f&#234;tes libres et gratuites se d&#233;roulant le temps d'une nuit ou de quelques jours dans un b&#226;timent d&#233;saffect&#233;, un champ, une clairi&#232;re, un terrain militaire&#8230; D'apr&#232;s le rapport Dumont de 2008, si elles sont consid&#233;r&#233;es comme &#171; non d&#233;clar&#233;es &#187;, donc &#171; ill&#233;gales &#187;, c'est parce que leurs demandes sont syst&#233;matiquement suivies d'un refus.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; C'est dans les petites free parties que naissent les sound systems qui en grandissant deviendront organisateurs des Teknivals de demain. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'amendement Mariani &#224; la loi sur la s&#233;curit&#233; quotidienne post attentats du 11 septembre 2001 avait fait basculer le monde de la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; dans l'ill&#233;galit&#233; &#224; partir de 500 personnes, la PPL 1133 abaisse la jauge &#224; 250 personnes, pr&#233;voit six mois de prison et 30 000 euros d'amende pour les organisateurs, 1 500 pour les participants &#8211; contre 135 actuellement. Dissuasif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route, mon copilote s'inqui&#232;te : &#171; &lt;i&gt;C'est dans les petites &lt;/i&gt;free parties&lt;i&gt; que naissent les &lt;/i&gt;sound systems&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si le terme de sound system d&#233;signe avant tout le mat&#233;riel de sonorisation, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;qui, en grandissant, deviendront organisateurs des Teknivals de demain. Dans un grand rassemblement comme celui-ci, on est assez nombreux pour que les forces de l'ordre soient d&#233;bord&#233;es, alors que dans une petite &lt;/i&gt;free&lt;i&gt; r&#233;unissant 300 personnes, c'est facile de verbaliser tout le monde. Si ces petits &#233;v&#233;nements meurent, c'est la fin de notre culture.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me la cr&#232;me de la sc&#232;ne l&#233;gale des musiques &#233;lectroniques s'inqui&#232;te du passage de cette loi dans une tribune&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;put&#233;&#183;es, ne criminalisez pas les free parties &#187;, Lib&#233;ration (27/03/2026).&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marque d'un acharnement liberticide, le projet de loi RIPOST de Laurent Nu&#241;ez &#171; &lt;i&gt;visant &#224; offrir des r&#233;ponses imm&#233;diates aux ph&#233;nom&#232;nes troublant l'ordre public, la s&#233;curit&#233; et la tranquillit&#233; des citoyens&lt;/i&gt; &#187;, et qui met dans le m&#234;me panier &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt;, rod&#233;os sauvages, consommation de protoxyde d'azote, narcotrafic et violences dans les stades, est encore plus s&#233;v&#232;re. Dans ce contexte, le Teknival 2026 go&#251;te fort la contestation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/illu_camping-car_teknival-jpeg-rvb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/illu_camping-car_teknival-jpeg-rvb-17a44.jpg?1782637832' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;De la route, des keuf et du &#171; Do it yourself &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le trajet nocturne a &#233;t&#233; long. Mais teufeur rime avec d&#233;termination. En d&#233;coulent des sc&#232;nes improbables comme celle d'une personne en fauteuil roulant, bard&#233; de matos de camping, se faisant tirer par une moto sur une d&#233;partementale, au beau milieu d'une file interminable de camions. La TAZ commence ici. Comme lors de tout Teknival, le lieu a &#233;t&#233; tenu secret le plus longtemps possible, et le trajet rythm&#233; par un jeu du chat et de la souris perdu d'avance pour les forces de l'ordre. Car &#171; &lt;i&gt;rien n'arr&#234;te un peuple qui danse&lt;/i&gt; &#187;, selon le mot d'ordre des teufeurs. Surtout quand il rassemble entre 20 000 et 40 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet d'une immensit&#233; de verdure berrichonne baign&#233;e par les premi&#232;res lueurs du jour, personne ne ch&#244;me. &#192; peine descendue des camions, l'orga est sur le pont. Les structures s'&#233;l&#232;vent, les d&#233;cors prennent forme, les poids lourds continuent d'affluer et les chapiteaux se dressent au doux son des marteaux-piqueurs. &#171; &lt;i&gt;Les punks ne sont pas morts&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire sur la fa&#231;ade d'un &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt; mont&#233; par des organisateurs d'&#224; peine 25 ans. Impossible d'en douter. Car la &lt;i&gt;free&lt;/i&gt;, c'est aussi l'univers de la d&#233;brouille, l'incarnation du &#171; &lt;i&gt;do it yourself &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Beaucoup d'entre nous ont commenc&#233; &#224; tra&#238;ner en &lt;/i&gt;free&lt;i&gt; dans une p&#233;riode de recherche d'identit&#233;, et c'est dans ce milieu qu'on a appris les bases de l'&#233;lectricit&#233;, du son, de la lumi&#232;re, de la menuiserie. On fabrique de toutes pi&#232;ces nos d&#233;cors et nos murs de son&lt;/i&gt; &#187;, nous confie un organisateur. Des comp&#233;tences, des savoir-faire, une expertise, acquis en &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, qui ont permis &#224; des jeunes de trouver du travail dans le spectacle vivant ou l'&#233;v&#233;nementiel. Pourtant, ils continuent toute l'ann&#233;e de consacrer leur temps libre &#224; l'organisation de &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt;, pour l'unique plaisir de faire danser les gens. Et &#224; leurs frais. Des &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; passionn&#233;s, et non r&#233;mun&#233;r&#233;s, qui savent qu'&#224; la sortie, tout leur mat&#233;riel sera saisi. Refuser que la f&#234;te soit une marchandise, c'est dans l'ADN de la &lt;i&gt;free&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'installation, la journ&#233;e d&#233;file doucement pour le public. Le flux d'arriv&#233;es victorieuses est incessant. &#192; dix dans une Clio, ou huit sur une palette tir&#233;e par un tracteur tondeuse. La moyenne d'&#226;ge est basse, les tenues aussi classiques qu'improbables, les accents chantent. Un village g&#233;ant prend forme, avec ses rues et ses croisements. Certains font la sieste, d'autres prom&#232;nent leur chien, jouent aux cartes ou aux fl&#233;chettes &#224; l'arri&#232;re d'un camion mieux &#233;quip&#233; qu'un studio parisien, remplissent des grilles de mots crois&#233;s et font connaissance avec leurs voisins. &#171; &lt;i&gt;On a du th&#233; et du caf&#233; si vous voulez. Et on a install&#233; des toilettes s&#232;ches. N'h&#233;sitez pas &#224; les utiliser&lt;/i&gt; &#187;, par-ci. &#171; &lt;i&gt;Eh, les voisins, vous n'auriez pas une carotte pour les lasagnes ? &lt;/i&gt; &#187; par-l&#224;. Cal&#233; en mode camping &#224; l'arri&#232;re d'un&lt;i&gt; sound system&lt;/i&gt;, on cherche encore les criminels qui font tant trembler la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de journ&#233;e, vient le moment que tout le monde attend. Les basses se mettent en branle et leurs vibrations commencent &#224; faire trembler le sol. C'est parti pour une nuit de son r&#233;p&#233;titif dont la fr&#233;quence rappelle, selon les musicologues, les battements du c&#339;ur d'une m&#232;re qui berce son enfant encore &#224; l'&#233;tat de f&#339;tus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entre la f&#234;te au petit vin blanc et la manifestation radicale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Teknival n'est ni plus ni moins que la version moderne d'une immense f&#234;te de village, avec ses treize murs de son, son cin&#233;ma sauvage, ses guinguettes, ses &lt;i&gt;foodtrucks&lt;/i&gt;, ses attractions. Un espace d'expression artistique rare, o&#249; il y a &#224; boire, et &#224; manger : cr&#234;pes, frites, pizza, hot-dogs, salades de fruits... En g&#233;n&#233;ral, du fait maison et le tout en circuit court : la gn&#244;le de pays, le cidre breton, la bi&#232;re artisanale. &#171; &lt;i&gt;La &lt;/i&gt;free party&lt;i&gt;, c'est la r&#233;appropriation de notre terroir et de nos savoir-faire. La &lt;/i&gt;free&lt;i&gt;, c'est la France. On ne peut pas laisser &#231;a aux mains de l'extr&#234;me droite&lt;/i&gt; &#187;, clame Charka, bob sur la t&#234;te, assis sur sa chaise de camping. Hiss&#233;s haut un peu partout, des pavillons pirates et antifascistes flottent dans le ciel bleu. Un camion surmont&#233; d'un lance-flamme crache des bulles de savon. On d&#233;ambule comme sur un march&#233; estival. Sur les stands improvis&#233;s, beaucoup de choses sont &#224; prix libre ; des plants de tomate, des Nokia 3310, et m&#234;me des pav&#233;s pour contrer la PPL 1133.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi, de 14 heures &#224; 16 heures, les &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; coupent le son. Un moment de repos et de nettoyage, utile et n&#233;cessaire. On s'enfile un plateau d'hu&#238;tres Marennes-Ol&#233;ron, un verre de vin blanc et on se pose sous le chapiteau de la radio libre qui &#233;met en bonne pirate sur tout le secteur. Le public &#233;change sur ce qui peut &#234;tre am&#233;lior&#233; : la gestion des d&#233;chets, de l'hygi&#232;ne, le bien-&#234;tre des chiens, la relation avec les m&#233;dias, les violences polici&#232;res ou comment restaurer un dialogue avec l'&#201;tat. Le collectif Techno plus intervient sur la r&#233;duction des risques (RDR) li&#233;s &#224; la consommation de drogues.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le fonctionnaire de mairie qui sniffe discr&#232;tement son rail avant d'entrer en r&#233;union n'a pas &#224; se cacher en free party : on ne juge pas les consommateurs&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont aussi abord&#233;es ; les victimes sont syst&#233;matiquement prises en charge (ce qui n'est pas toujours le cas en discoth&#232;que). Oui, il y a des dysfonctionnements en Teknival, comme dans toute micro-soci&#233;t&#233; de 40 000 personnes. Mais toutes les bonnes volont&#233;s se rejoignent pour les r&#233;gler. C'est &#231;a, l'autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;me r&#233;current : l'avenir du mouvement. &#171; &lt;i&gt;Ce teknival est une manifestation radicale. Et ce terrain, il vaut mieux y danser que le bombarder !&lt;/i&gt; &#187; lance un intervenant. Le public acquiesce. Le collectif Tekno AntiRep, n&#233; en 2022 en r&#233;action &#224; la r&#233;pression du mouvement &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; en Italie, porte une parole militante : &#171; &lt;i&gt;Notre volont&#233; est de redonner de la voix aux&lt;/i&gt; sounds&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Les m&#233;diateurs font tourner des petits papiers, les participants y inscrivent leurs dol&#233;ances. Sylvain, ancien organisateur, insiste : &#171; &lt;i&gt; Avant, il n'y avait pas de r&#233;pression comme aujourd'hui. Il va falloir s'organiser, mais ce ne sera jamais la mort de la teuf.&lt;/i&gt; &#187; Entre deux averses, des strat&#233;gies se profilent pour organiser une forme de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/illu-chienne-teknival-_v4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/illu-chienne-teknival-_v4-ed57b.jpg?1782637832' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et pendant ce temps, dans les m&#233;dias...&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des cha&#238;nes d'info en continu aux colonnes de la presse quotidienne r&#233;gionale, on s'insurge. Le pr&#233;fet du Cher d&#233;plore l'arriv&#233;e des teknivaliers sur un terrain militaire jug&#233; &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s dangereux&lt;/i&gt; &#187; par la pr&#233;sence d'&#233;ventuelles munitions non explos&#233;es. On viendrait m&#234;me d'y d&#233;couvrir un obus ! Les barri&#232;res du Polygone sont pourtant ouvertes jour et nuit. Ici, pas de fils barbel&#233;s, et &#224; en juger par la hauteur de l'herbe, les lieux sont entretenus par des v&#233;hicules agricoles. Sur Cnews, on d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;trois jours de chaos&lt;/i&gt; &#187;. Pascal Praud r&#233;clame l'ouverture de prisons pour y enfermer les teufeurs. Pas sa pire id&#233;e : enfin un lieu l&#233;gal pour se rassembler et s'organiser. On accuse le Teknival de perturber la faune locale avec de la musique, elle qui vit le reste de l'ann&#233;e au rythme d'essais de tirs militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question sanitaire : la teuf, ce repaire de drogu&#233;s, une image &#224; la dent dure. Oui, de la drogue circule au Teknival. Comme dans le reste de la soci&#233;t&#233;. Mais le fonctionnaire de mairie qui sniffe discr&#232;tement son rail avant d'entrer en r&#233;union n'a pas &#224; se cacher en &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;. On ne juge pas les consommateurs. Ils sont m&#234;me aid&#233;s par les 150 b&#233;n&#233;voles des onze collectifs RDR pr&#233;sents sur le site. &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de personnes ont d&#233;croch&#233; gr&#226;ce &#224; la &lt;/i&gt;free&lt;i&gt; en trouvant un accompagnement dans ce milieu, qu'ils n'ont pas trouv&#233; &#224; l'ext&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;, raconte un habitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants des environs, eux, ne se plaignent pas. &#171; &lt;i&gt;On n'a jamais d'animation chez nous ! Si &#231;a peut recommencer, &#231;a me d&#233;range pas ! Qu'ils reviennent, ils seront les bienvenus !&lt;/i&gt; &#187; lance Simone, 92 ans, &#224; la cam&#233;ra de RMC. Interrog&#233; par &lt;i&gt;Le Berry r&#233;publicain&lt;/i&gt;, Marc Trompat, &#233;picier &#224; Bengy-sur-Craon depuis 34 ans, a vu ses ventes exploser, et se dit &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s content d'avoir vu autant de participants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La free party, un mouvement lib&#233;rateur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux clich&#233;s des m&#233;dias de masse, on pr&#233;f&#233;rera ceux, plus esth&#233;tiques, de la photographe militante Talesofrave, venue poser son expo malgr&#233; la m&#233;t&#233;o capricieuse. Teufeuse depuis 12 ans, la jeune femme immortalise et documente la r&#233;alit&#233; de la &lt;i&gt;free party, &lt;/i&gt;souhaitant &#171; &lt;i&gt; laisser des traces face &#224; l'effacement institutionnel &lt;/i&gt; &#187;. R&#233;guli&#232;rement t&#233;moin de la violence des forces de l'ordre envers les participants, elle d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt;impunit&#233; insupportable&lt;/i&gt; &#187;, notamment en 2021 lors de la r&#233;pression du Teknival de Redon en Bretagne, organis&#233; en hommage &#224; Steve Maia Cani&#231;o, d&#233;c&#233;d&#233; le soir de la F&#234;te de la musique 2019 &#224; Nantes, suite &#224; la charge violente de CRS l'ayant propuls&#233; dans la Loire.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &#192; la base, je viens d'un milieu de droite hyper catho et c'est en teuf que j'ai pu me politiser et sortir de sch&#233;mas qui ne me correspondaient pas &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; son instar, Kamilla, cheffe de projet et membre de Tekno AntiRep, l'affirme : &#171; &lt;i&gt;La teuf a sauv&#233; ma vie.&lt;/i&gt; &#187; D'un ap&#233;ro rap &#224; La Villette un samedi apr&#232;s-midi, elle a atterri &#224; 21 ans en &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, et y a trouv&#233; une famille. &#171; &lt;i&gt;En mode b&#233;b&#233; teufeuse, je n'avais rien pr&#233;vu. Tout le monde s'est occup&#233; de moi, m'a donn&#233; de l'eau, &#224; manger, des pulls, laiss&#233; dormir dans une tente. &#192; partir de cette soir&#233;e, c'est devenu mon monde, &#231;a a combl&#233; le vide qu'il y avait dans ma vie. Je me suis toujours sentie en marge. &#192; la base, je viens d'un milieu de droite hyper catho et c'est en teuf que j'ai pu me politiser et sortir de sch&#233;mas qui ne me correspondaient pas. &lt;/i&gt; &#187; Antoine, ing&#233;nieur, est venu d'Avignon : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de criminel ici, juste des gens qui veulent se rassembler et danser. C'est potentiellement le dernier Teknival, aussi gros, aussi beau, avec autant de personnes. On n'a pas de thune, mais on est pr&#234;t &#224; claquer nos &#233;conomies et &#224; faire six heures de route pour venir ici, car c'est le seul moment de l'ann&#233;e o&#249; on peut se retrouver avec des gens qui nous rendent heureux, o&#249; personne ne va nous juger. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des bals populaires interdits sous le r&#233;gime de Vichy aux &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt;, le pouvoir ne cesse de r&#233;primer le rassemblement des corps, se parant d'un drap moralisateur obsc&#232;ne. Ah, qu'il &#233;tait bon, le temps du confinement, quand seule la bourgeoisie pouvait s'octroyer le droit d'&#244;ter le masque lors de soir&#233;es mondaines au Palais Vivienne &#224; 400 euros le d&#238;ner, en toute impunit&#233;, caviar et champagne &#224; la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rideau sur le Cher, redescente s&#233;v&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 3 mai au soir, un camion grappin entasse dans sa benne les d&#233;chets rassembl&#233;s au croisement des all&#233;es, les &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; r&#233;sonnent encore et tiendront la but&#233;e le temps des n&#233;gociations entre pr&#233;fecture et m&#233;diateurs. 600 gendarmes attendent les participants sur quatorze points de contr&#244;le. On est arriv&#233; avec &#171; &lt;i&gt; l'angoisse de jouer la derni&#232;re danse&lt;/i&gt; &#187;, comme dirait le Dj Equinoxe, &#339;uvrant dans le &#171; l&#233;gal &#187;, mais venu mixer en signe de protestation pour rendre &#224; la &lt;i&gt;free&lt;/i&gt; ce qu'elle lui a donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue du Teknival, la totalit&#233; du mat&#233;riel de son sera saisie. Les participants rest&#233;s sur le site pour faire place nette seront d&#233;gag&#233;s par les autorit&#233;s. Mais on dira des teufeurs dans les m&#233;dias qu'ils sont sales. Les chiffres de la pr&#233;fecture b&#233;gaieront. 63 armes saisies. Probablement des Opinels destin&#233;s au p&#226;t&#233; et au saucisson. Les t&#233;moignages d'abus de pouvoir des autorit&#233;s se multiplieront. Les collectifs de RDR seront d&#233;nigr&#233;s une &#233;ni&#232;me fois par les pouvoirs publics, et certains de leurs b&#233;n&#233;voles verbalis&#233;s alors qu'ils b&#233;n&#233;ficient d'une immunit&#233; l&#233;gale pour leur action d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Pourtant, selon le collectif Tekno AntiRep, les chiffres prouvent, comme d'habitude, que le bilan sanitaire du Teknival ne se situe pas en marge de la moyenne nationale de celui des gros festivals. En grande partie gr&#226;ce aux &#171; RDR &#187;. Selon la F&#233;d&#233;ration addiction, la r&#233;pression ne fera que rendre plus clandestins ces &#233;v&#233;nements, &#171; &lt;i&gt;compliquant l'acc&#232;s des secours et des professionnels de sant&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/illustration_teknival_dro_le_v2_rvb.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH497/illustration_teknival_dro_le_v2_rvb-4ecfa.png?1782637832' width='500' height='497' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque week-end du mois de mai verra ensuite fleurir les d&#233;monstrations de force de l'&#201;tat afin d'emp&#234;cher plusieurs &lt;i&gt;free parties &lt;/i&gt; ; en Loz&#232;re, dans le Morbihan, en Ile-et-Vilaine... Dans un communiqu&#233;, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;l'augmentation de la r&#233;pression des rassemblements festifs&lt;/i&gt; &#187;, et annonce saisir la D&#233;fenseure des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233;e sans surprise par le S&#233;nat le 26 mai, la loi RIPOST est un &#171; &lt;i&gt;choc d'autorit&#233;&lt;/i&gt; &#187; selon Laurent Nu&#241;ez. Ce ne sont plus six mois, mais deux ans de taule que risquent les poseurs de son, barmen de guinguette et m&#234;me l'agriculteur pr&#234;tant de bon c&#339;ur son terrain pour que jeunesse se passe. Six mois de prison et 7 500 euros d'amende pour les participants. Les tribunaux d&#233;j&#224; engorg&#233;s appr&#233;cieront. Laurent Nu&#241;ez sugg&#232;re m&#234;me de &#171; &lt;i&gt;mettre &#224; la charge des organisateurs le co&#251;t des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;. La s&#233;natrice Muriel Jourda (LR) l'appuie : &#171; &lt;i&gt;L'aspect financier est majeur, &#224; la fois punitif et pr&#233;ventif&lt;/i&gt; &#187;, arguant que tout organisateur saura qu'il &#171; &lt;i&gt; risque d'&#234;tre endett&#233; jusqu'&#224; la fin de ses jours&lt;/i&gt; &#187;. Bonjour &#224; toi, racket &#233;tatique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur communiqu&#233; post Teknival, les organisateurs mettent pourtant en avant leur &#171; &lt;i&gt;volont&#233; claire d'instaurer un dialogue&lt;/i&gt; &#187;. Et concluent par ces mots : &#171; &lt;i&gt;Cela fait plus de trente ans que la &lt;/i&gt;free party&lt;i&gt; existe malgr&#233; les innombrables attaques dont elle a fait l'objet. Elle n'a jamais pli&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Rendez-vous est ainsi donn&#233; l'ann&#233;e prochaine, entre deux tours d'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lily La Fronde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Si le terme de &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt; d&#233;signe avant tout le mat&#233;riel de sonorisation, il est aussi employ&#233; pour d&#233;signer les organisateurs qui mettent &#224; disposition ce mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;put&#233;&#183;es, ne criminalisez pas les free parties &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;(27/03/2026).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rendre &#224; la poussi&#232;re des ann&#233;es d'existence</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Rendre-a-la-poussiere-des-annees-d</link>
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		<dc:date>2026-05-30T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Toulouse comme ailleurs, des quartiers populaires sont d&#233;truits, remodel&#233;s, aseptis&#233;s, et leurs r&#233;sident&#183;es pouss&#233;&#183;es dehors. Dans &#171; Personne ne se souviendra de nous &#187;, documentaire sonore r&#233;alis&#233; par Ludo Mepa et Am&#233;rico Mariani, trois habitantes racontent la violence de leurs exp&#233;riences et l'&#233;volution de leur rapport au monde. Le banc o&#249; s'asseyait un grand-p&#232;re ou les petits carreaux bleus d'une salle de bain. Des d&#233;tails, comme ces lambeaux de papiers peints qui restent, une fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Toulouse comme ailleurs, des quartiers populaires sont d&#233;truits, remodel&#233;s, aseptis&#233;s, et leurs r&#233;sident&#183;es pouss&#233;&#183;es dehors. Dans &#171; Personne ne se souviendra de nous &#187;, documentaire sonore r&#233;alis&#233; par Ludo Mepa et Am&#233;rico Mariani, trois habitantes racontent la violence de leurs exp&#233;riences et l'&#233;volution de leur rapport au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L350xH350/pnssdn-874a2-9982d.jpg?1782638250' width='350' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le banc o&#249; s'asseyait un grand-p&#232;re ou les petits carreaux bleus d'une salle de bain. Des d&#233;tails, comme ces lambeaux de papiers peints qui restent, une fois la fa&#231;ade de l'immeuble &#233;ventr&#233;e. &#192; quoi se raccrocher quand tout est vid&#233;, grignot&#233; puis an&#233;anti ? Une habitante d'Empalot, quartier toulousain qui a subi une &#171; op&#233;ration de r&#233;novation urbaine &#187;, explique qu'elle a appris r&#233;cemment qu'une grue pouvait &#234;tre un oiseau. &#171; &lt;i&gt; Pour moi les grues, toute ma vie, c'&#233;taient les grues en ferraille. &lt;/i&gt; &#187; Celles qui d&#233;foncent des habitats et des souvenirs, bouleversent jusqu'&#224; la taille m&#234;me de l'espace o&#249; tout rep&#232;re devient impossible, m&#234;me celui du chemin emprunt&#233; enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers les t&#233;moignages de trois habitantes de quartiers diff&#233;rents mais unies par la m&#234;me exp&#233;rience, &#171; Personne ne se souviendra de nous &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; &#233;couter sur le Bandcamp du Collectif de radiographie urbaine.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, m&#234;le sentiments et analyses face &#224; un ph&#233;nom&#232;ne dont la brutalit&#233; est une continuit&#233; historique et g&#233;ographique. Dans le g&#233;n&#233;rique de fin, on apprend qu'en France, entre 2004 et 2022, plus de 175 000 logements, dans 546 quartiers populaires, ont &#233;t&#233; d&#233;molis. La rudesse de l'annonce, les propositions de relogement pourries, les tentatives de d&#233;sunion : les t&#233;moignages retracent un quotidien boulevers&#233;, la d&#233;possession et le m&#233;pris. L'une des habitantes raconte avoir &#233;t&#233; parmi les derni&#232;res locataires &#224; partir : &#171; &lt;i&gt; C'est presque sadique, comme si t'&#233;tais plac&#233;e &#224; un endroit o&#249; t'&#233;tais oblig&#233;e de te regarder dispara&#238;tre [&#8230;] Tu cohabites avec ta finitude. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; interm&#232;des r&#233;guliers, on entend &#233;galement la voix de la machine, contrepoint &#224; ces vies humaines dont &#171; &lt;i&gt; la r&#233;alit&#233; part en fuite &lt;/i&gt; &#187;, comme pour donner corps &#224; un processus qui semble d&#233;cid&#233; de tellement haut que les responsables ne sont jamais nomm&#233;ment cit&#233;s. Cette machine, &#171; &lt;i&gt; Ferrari de la destruction &lt;/i&gt; &#187;, qui d&#233;molit en quelques heures un immeuble de neuf &#233;tages, et laisse, en bas, des existences &#224; reconstruire. &#171; &lt;i&gt; Il y a quelque chose qui part, qui s'en va et c'est irr&#233;m&#233;diable. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Empalot, un artiste avait affich&#233; en &#233;norme le visage d'un chibani&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Immigr&#233; maghr&#233;bin de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; sur la fa&#231;ade d'un immeuble. Les grues ont commenc&#233; par l&#224;, par &#171; &lt;i&gt; grignoter son visage &lt;/i&gt; &#187;. Plus tard, dans un autre quartier, &#171; &lt;i&gt; le nouveau visage &lt;/i&gt; &#187; est devenu Basic-Fit. &#171; &lt;i&gt; &#201;pur&#233;, dynamique, sportif et propre. &lt;/i&gt; &#187; Parmi les strat&#233;gies de r&#233;sistance esquiss&#233;es revient celle de la m&#233;moire : accorder &#171; &lt;i&gt; beaucoup plus de place &lt;/i&gt; &#187; &#224; cet espace imaginaire et continuer &#224; raconter, avec le sentiment d'&#171; &lt;i&gt; avoir la responsabilit&#233; qu'une chose ne meurt pas &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; &#233;couter sur le Bandcamp du Collectif de radiographie urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Immigr&#233; maghr&#233;bin de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nos corps, leur guerre</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Nos-corps-leur-guerre</link>
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		<dc:date>2026-05-01T16:18:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le roman Mexico M&#233;d&#233;e, Dahlia de la Cerda d&#233;peint une r&#233;gion du Mexique o&#249; personne n'&#233;chappe au narcotrafic. Pour les femmes, le choix de devenir m&#232;re, ou non, devient un acte de r&#233;sistance. Et c'est la sorci&#232;re M&#233;d&#233;e qui d&#233;boule pour les accompagner. Une fiction polyphonique qui propose une relecture moderne et f&#233;ministe d'une figure mythique. Il y a celles qui refusent de donner la vie. Et celles qui deviennent m&#232;res malgr&#233; tout. &#192; San Judas, village aux mains de narcotrafiquants, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le roman &lt;i&gt;Mexico M&#233;d&#233;e&lt;/i&gt;, Dahlia de la Cerda d&#233;peint une r&#233;gion du Mexique o&#249; personne n'&#233;chappe au narcotrafic. Pour les femmes, le choix de devenir m&#232;re, ou non, devient un acte de r&#233;sistance. Et c'est la sorci&#232;re M&#233;d&#233;e qui d&#233;boule pour les accompagner. Une fiction polyphonique qui propose une relecture moderne et f&#233;ministe d'une figure mythique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a celles qui refusent de donner la vie. Et celles qui deviennent m&#232;res malgr&#233; tout. &#192; San Judas, village aux mains de narcotrafiquants, les femmes font face &#224; la violence et la mort qui touchent leurs enfants, leurs fr&#232;res, leurs compagnons&#8230; Chaque chapitre de &lt;i&gt;Mexico M&#233;d&#233;e&lt;/i&gt; de Dahlia de la Cerda (&#201;ditions du sous-sol, 2026) donne &#224; entendre une voix et son histoire li&#233;e &#224; la maternit&#233; et la mort. Ces femmes veulent mettre un terme &#224; des grossesses pour des raisons diff&#233;rentes. Et c'est M&#233;d&#233;e, une demi-d&#233;esse d'une trentaine d'ann&#233;es qui les aide &#224; avorter. Elle d&#233;barque en voiture &lt;i&gt;tun&#233;e&lt;/i&gt;, serpents peints sur la carrosserie, et pr&#233;pare ses d&#233;coctions en psalmodiant. L'autre fil rouge : le narcotrafic qui met la maternit&#233; &#224; l'&#233;preuve. Paulina, enceinte, ne veut pas garder l'enfant car son mec, un narcotrafiquant, a disparu depuis des semaines... Son p&#232;re, lui, est flic. &#171; &lt;i&gt;Tous les deux vous butez des gens &lt;/i&gt; &#187;, balance la jeune femme. M&#234;me violence, m&#234;me virilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dahlia de la Cerda proc&#232;de &#224; la relecture d'un mythe : ici, M&#233;d&#233;e est loin de la sorci&#232;re infanticide diabolis&#233;e par le patriarcat. Celle qui a &#233;t&#233; initi&#233;e &#224; la magie par Circ&#233;e devient une alli&#233;e des femmes, des m&#232;res, et de celles qui refusent de l'&#234;tre. Une figure de soin rebelle. &lt;i&gt;Mexico M&#233;d&#233;e&lt;/i&gt; n'est jamais mis&#233;rabiliste. Son autrice n'excuse rien et ne juge pas, elle met en lumi&#232;re les oubli&#233;es d'un syst&#232;me qui d&#233;truit tout. Un syst&#232;me qui exploite les enfants et pour qui &#171; &lt;i&gt;tuer, &#231;a devient normal &lt;/i&gt; &#187;. Des gamins recrut&#233;s par les cartels qui meurent parfois avant m&#234;me d'&#234;tre majeurs. Et au milieu de cette violence, les femmes, elles, doivent d&#233;cider : devenir m&#232;re ou non ? Pour Antonia, le choix est fait : sa maternit&#233; sera un acte de r&#233;sistance, elle tentera d'&#233;lever ce b&#233;b&#233; &#224; p&#233;nis en f&#233;ministe. Reina, elle, part chercher le corps de son fils, comme une Antigone moderne : &#171; &lt;i&gt;On va ramener nos enfants &#224; la maison, morts ou vifs.&lt;/i&gt; &#187; La seule justice ? &#171; &lt;i&gt;Je crois en la justice des m&#232;res. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces destins, qui pourraient n'&#234;tre que des trajectoires individuelles, deviennent une m&#233;canique structurelle. Mais l'&#233;criture de Dahlia de la Cerda nous plonge dans la r&#233;flexion intime de chacun et cr&#233;e de l'empathie. Et puis il y a la langue, brute et orale. Une prose po&#233;tique capable de dire &#171; &lt;i&gt;l'horreur qu'aucune trag&#233;die grecque ne peut m&#233;taphoriser &lt;/i&gt; &#187;, mais aussi &#171; &lt;i&gt;des fleurs au milieu de la pourriture &lt;/i&gt; &#187;. &#192; la fin, le r&#233;cit devient chant. Mention sp&#233;ciale &#224; la traduction de Lise Belperron, qui restitue une langue vivante, nerveuse, travers&#233;e d'espagnol, d'argot et de musique. Un livre qui rappelle que, dans certains territoires, enfanter, avorter et enterrer ses morts est d&#233;j&#224; une lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Films de poulettes politis&#233;es</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Films-de-poulettes-politisees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Films-de-poulettes-politisees</guid>
		<dc:date>2026-04-25T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sonia Condesse</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Marina Margarina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pu&#233;rilit&#233; ne devrait pas &#234;tre d&#233;duite d'un go&#251;t pour la danse ou les vampires. Dans sa vid&#233;o &#171; Chick flicks &amp; Dirty dancing : bien plus que des films de meufs &#187;, la cha&#238;ne YouTube Random essais montre que la r&#233;putation futile du cin&#233;ma dit f&#233;minin n'est pas le reflet de la qualit&#233; de ses &#339;uvres, mais du regard misogyne port&#233; sur elles. Est-ce que vous aimez le rose ? Pour beaucoup de jeunes filles f&#233;ministes, c'&#233;tait presque la honte d'avoir un go&#251;t pour cette couleur, d'office (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Une-illustration-de-Marina" rel="tag"&gt;Marina Margarina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH98/marina_margarina-85073.jpg?1782659470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pu&#233;rilit&#233; ne devrait pas &#234;tre d&#233;duite d'un go&#251;t pour la danse ou les vampires. Dans sa vid&#233;o &#171; Chick flicks &amp; Dirty dancing : bien plus que des films de meufs &#187;, la cha&#238;ne YouTube Random essais montre que la r&#233;putation futile du cin&#233;ma dit f&#233;minin n'est pas le reflet de la qualit&#233; de ses &#339;uvres, mais du regard misogyne port&#233; sur elles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/marina_margarina.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH327/marina_margarina-d4f08.jpg?1782659470' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que vous aimez le rose ? Pour beaucoup de jeunes filles f&#233;ministes, c'&#233;tait presque la honte d'avoir un go&#251;t pour cette couleur, d'office associ&#233;e au &lt;i&gt;girly&lt;/i&gt;, &#224; des t&#234;tes &#224; coiffer, &#224; des frivolit&#233;s d&#233;nu&#233;es de tout int&#233;r&#234;t. De cette misogynie culturelle, la cha&#238;ne YouTube Random essais en parle dans son &#233;pisode &#171; Chick flicks et Dirty dancing, bien plus que des films de meufs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, on sait, &#224; bas les GAFAM, Google au b&#251;cher et YouTube au milieu. Mais quoi qu'on en dise, cette plateforme reste un moyen d'expression pour plein de cr&#233;ateur&#183;ices, par ailleurs largement sous-r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;es pour leur travail et l'argent qu'iels rapportent &#224; la multinationale. Donc on soutient les prol&#233;taires du num&#233;rique, et on visibilise les youtubeur&#183;euses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas comme si on faisait ici l'apologie du capitalisme et de son pote le patriarcat. Au contraire, la vid&#233;o de Random essais tient un propos f&#233;ministe intersectionnel, qui cherche &#224; r&#233;habiliter un genre stigmatis&#233; jusque dans le nom qui le d&#233;crit : le &lt;i&gt;chick flick&lt;/i&gt; (traduisez &#171; film de poulette &#187;). Un cin&#233;ma de meuf, des com&#233;dies o&#249; il est question d'&#233;motions, de sentiments, parfois de romance. D&#232;s son apparition dans les ann&#233;es 1970, il subit un m&#233;pris aussi important que ses performances au box-office. &#171; &lt;i&gt;L'histoire du &lt;/i&gt;chick flick&lt;i&gt; montre que les films populaires aupr&#232;s des femmes sont d&#233;valoris&#233;s non pas malgr&#233; leur succ&#232;s, mais pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de son public.&lt;/i&gt; &#187; Par exemple selon la vid&#233;aste, le discr&#233;dit jet&#233; sur des films comme &lt;i&gt;Twilight&lt;/i&gt;, saga vampirique culte des ann&#233;es 2010, tient davantage au jeune &#226;ge et &#224; la f&#233;minit&#233; de ses fans qu'&#224; des critiques constructives sur l'&#339;uvre. Elle prolonge la r&#233;flexion en rendant justice &#224; son film pr&#233;f&#233;r&#233;, &lt;i&gt;Dirty Dancing&lt;/i&gt; (celui de 1987), &#171; &lt;i&gt;qui prouve que les films de meufs peuvent &#234;tre des &#339;uvres engag&#233;es, subtiles, et qui m&#233;ritent d'&#234;tre prises au s&#233;rieux&lt;/i&gt; &#187;. L'histoire n'est pas seulement celle d'une jeune femme qui se passionne pour la danse en m&#234;me temps que pour son professeur muscl&#233;. La lutte des classes est au c&#339;ur de l'intrigue, et s'insinue dans les relations entre Johnny et B&#233;b&#233;. L'h&#233;ro&#239;ne d&#233;couvre les privil&#232;ges de sa propre position sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de la cha&#238;ne pr&#233;vient, il s'agit d'un essai. L'argumentation saute d'un film &#224; un autre, en passant par une &#233;tude, un plateau t&#233;l&#233; ou une exp&#233;rience personnelle. La voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt; de la vid&#233;aste glisse sur des images cin&#233;matographiques, s'interrompt au profit de sc&#232;nes de films &#233;loquentes. Le propos est convaincant, on en ressort avec une pointe d'amertume envers Timoth&#233;e Chalamet, et l'envie de se plonger dans &lt;i&gt;Confessions of a Shopaholic&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Stella Dallas&lt;/i&gt;, ou toutes autres r&#233;f&#233;rences de la culture populaire f&#233;minine trop souvent d&#233;crites &#224; tort comme des &#171; plaisirs coupables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sonia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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