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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>O&#249; il n'est pas question du taulier mais de la taule</title>
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		<dc:date>2012-07-23T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce mois-ci, j'&#233;tais peu &#224; l'usine. J'ai brad&#233; mes cong&#233;s de l'ann&#233;e pour aller pr&#233;senter mes bouquins &#224; travers la France. Parmi ces d&#233;placements, je me suis retrouv&#233; &#224; intervenir au centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil (Eure). Ce n'est pas la premi&#232;re fois que j'interviens en prison, je sais que ce sont des moments forts et, du coup, j'accepte toujours les invitations &#224; l'int&#233;rieur des murs. Je sais que je n'y vais pas pour rien. Je sais aussi que je n'y vendrai pas de livres, mais ce n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no101-juin-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;101 (juin 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mois-ci, j'&#233;tais peu &#224; l'usine. J'ai brad&#233; mes cong&#233;s de l'ann&#233;e pour aller pr&#233;senter mes bouquins &#224; travers la France. Parmi ces d&#233;placements, je me suis retrouv&#233; &#224; intervenir au centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil (Eure). Ce n'est pas la premi&#232;re fois que j'interviens en prison, je sais que ce sont des moments forts et, du coup, j'accepte toujours les invitations &#224; l'int&#233;rieur des murs. Je sais que je n'y vais pas pour rien. Je sais aussi que je n'y vendrai pas de livres, mais ce n'est pas le but. Je sais enfin que c'est facile d'intervenir en taule quand on en ressort le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de Val-de-Reuil, ce ne sont pas des tendres, mais des condamn&#233;s &#224; plus de douze ans pour braquages, trafics divers et m&#234;me meurtres. C'est Pierrot, le premier, qui me prend en sympathie et qui me chaperonne. &#194;ge ind&#233;termin&#233;, tomb&#233; pour braquage (&lt;i&gt;&#171; Mais je suis innocent &#187;&lt;/i&gt;), il attend la conditionnelle, comme la plupart. C'est d'ailleurs l'espoir de tous ceux que je croise. Il s'occupe de la biblioth&#232;que de la prison. Pierrot me raconte sa vie, du moins sa version : le Maroc, son eldorado (et j'imagine bien les trafics qu'il organisait et dont il me parle &#224; mi-mot), la taule, bien s&#251;r. Il a tout du titi parigot, la gouaille et l'air canaille. Puis il me pr&#233;sente &#224; quelques-uns de ses cod&#233;tenus, laissant de c&#244;t&#233; les &#171; pointeurs &#187; condamn&#233;s pour viol ou p&#233;dophilie.
Il y a Yvon, le Breton, qui pr&#233;sente bien. La cinquantaine, il sortira th&#233;oriquement en conditionnelle dans trois mois. &lt;i&gt;&#171; Et l&#224;, j'arr&#234;te les conneries. Maintenant, je me range. Je vais m'occuper du restau avec ma femme, point barre. De toute fa&#231;on, elle ne supporterait pas que je retombe. Parce que quand on est en taule, la famille souffre aussi. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cet autre. Cass&#233;. Il s'exprime avec difficult&#233; et tremble sans arr&#234;t. C'est Pierrot qui parle pour lui : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quarante ans qu'il est en prison. Quand ils disent, &#224; la t&#233;l&#233;, qu'on sort au bout de vingt ans, tu parles. Lui, il &#233;tait de toutes les mutineries en prison. Et ils l'ont cass&#233;. Lors d'une op&#233;ration chirurgicale, le bistouri a gliss&#233;, et regarde comment il est. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachid, lui, s'en sort mieux. Il est jovial et on le croirait tenir un commerce. &lt;i&gt;&#171; Moi, j'm'en sors bien. J'ai pris trente ans, et j'en ai encore cinq ou huit &#224; faire. Mais j'me d&#233;brouille. &#187;&lt;/i&gt; Il s'occupe d'associations sportives de prisonniers, organise des matches et des tournois inter-prisons. Il a fait venir Trust et Grand Corps malade ici. &lt;i&gt;&#171; J'ai un carnet d'adresses. &#187; &lt;/i&gt; Mytho ? Je ne sais pas. &#192; l'&#233;couter, il a fait sa vie ici et semble la g&#233;rer, comme la comptabilit&#233; du bureau de tabac que tient sa femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cet ancien m&#233;decin qui en a pris aussi pour trente ans et qui passe tous les dipl&#244;mes possibles. Il sert &#233;galement d'&#233;crivain public et n'arr&#234;te pas d'&#233;crire &#224; l'Administration lorsqu'il constate des dysfonctionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a ce type maghr&#233;bin, grand, sportif, plut&#244;t beau mec qui, lui aussi, passe des dipl&#244;mes. L&#224;, il est sur un doctorat de philosophie, &lt;i&gt;&#171; mais je ne trouve pas de r&#233;ponse &#187;&lt;/i&gt;. Il a le regard perdu. J'apprendrais qu'il a tu&#233; sa femme, et qu'il ne s'en remet pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, sans doute &#224; cause des titres de mes bouquins (&lt;i&gt;Tue ton patron&lt;/i&gt;, &#231;a fait causer), ils me parlent de l'usine, du travail. La plupart de ceux que je croise ont pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;viter l'usine. &lt;i&gt;&#171; Mais j'ai du respect pour les ouvriers&lt;/i&gt;, me dit Pierrot, &lt;i&gt;moi ce sont les banques et l'&#201;tat que j'ai attaqu&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Un autre dit n'avoir travaill&#233; que quelques mois sur un chantier et y avoir connu une vraie solidarit&#233;, &lt;i&gt;&#171; pas comme en taule &#187;&lt;/i&gt;. Pourtant, ils sont quasiment tous oblig&#233;s de bosser, pour rembourser la partie civile, pour cantiner, pour avoir un petit p&#233;cule en sortant ou pour avoir un am&#233;nagement de peine, mais ils d&#233;noncent tous les cadences infernales, des jours o&#249; il faut travailler beaucoup et des jours o&#249; il n'y a rien &#224; faire, suivant les &#171; concessionnaires &#187; qui ont des contrats avec la prison. De grosses entreprises, souvent. Ce qu'ils d&#233;noncent tous et qu'ils vivent comme une injustice, surtout, c'est la pr&#233;sence des cotisations vieillesse sur leurs fiches de paie. Ils doivent les payer mais, &#224; cause du taux horaire trop bas et du nombre d'heures effectu&#233;es, ces trimestres de travail ne seront pas comptabilis&#233;s au moment de leur possible d&#233;part en retraite. Oui, m&#234;me en prison, on pense &#224; la retraite !&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH238/101efix-914c5.jpg?1768658759' width='500' height='238' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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