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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Que demande le peuple ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les soul&#232;vements qui ont secou&#233; le monde arabe, les esprits frileux avaient pr&#233;dit un &#171; hiver islamiste &#187; comme triste cons&#233;quence du &#171; printemps d&#233;mocratique &#187;. Dans son dernier ouvrage, Le Peuple veut (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces r&#233;gions. CQFD : Votre livre est sous-titr&#233; Une exploration radicale du soul&#232;vement arabe. Il s'agit d'une analyse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/salafistes" rel="tag"&gt;salafistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les soul&#232;vements qui ont secou&#233; le monde arabe, les esprits frileux avaient pr&#233;dit un &#171; hiver islamiste &#187; comme triste cons&#233;quence du &#171; printemps d&#233;mocratique &#187;. Dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;Le Peuple veut&lt;/i&gt; (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces r&#233;gions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Votre livre est sous-titr&#233; &lt;i&gt;Une exploration radicale du soul&#232;vement arabe&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une analyse mat&#233;rialiste des rapports sociaux et &#233;conomiques qui ont jou&#233; un r&#244;le dans ces insurrections populaires. En quoi est-elle radicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur en &#233;tudes du d&#233;veloppement et en relations internationales &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : Les m&#233;dias ont insist&#233; sur l'aspect le plus imm&#233;diat et le plus visible, ce vers quoi ces soul&#232;vements ont culmin&#233; avec le d&#233;part de Ben Ali et Moubarak, pour finalement l'inscrire dans une perspective d&#233;mocratique, rassurante pour l'Occident. Qualifi&#233; de &#171; printemps arabe &#187;, de &#171; r&#233;volution de jasmin &#187; ou de &#171; r&#233;volution Facebook &#187;, il s'agirait d'un seul &#233;v&#233;nement qui se terminerait par des &#233;lections et o&#249; tout rentrerait dans l'ordre. C'&#233;tait refuser de voir le profond mouvement social qui porte ce processus r&#233;volutionnaire &#224; long terme. En premier lieu, l'accumulation des tensions sociales a conduit la situation &#224; son point explosif, et s'inscrit dans un contexte &#233;conomique de blocage du d&#233;veloppement, de lib&#233;ralisation des prix, de privatisations, de hausse des prix des denr&#233;es alimentaires, de crise mondiale. Les pays arabes d&#233;tiennent depuis plusieurs d&#233;cennies les records mondiaux de taux de ch&#244;mage. On a vu aussi la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res en Tunisie et en &#201;gypte, qui portaient toutes sur des revendications sociales pour l'emploi, le pain, la justice. Le ras-le-bol des Tunisiens et la fuite de Ben Ali ont produit un formidable effet boule de neige, qui a contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une parole nouvelle pour ces pays &#8211; &#171; &lt;i&gt;Le peuple veut renverser le r&#233;gime&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, qui elle-m&#234;me a chang&#233; la donne. Il n'y a pas eu un seul pays arabe qui n'ait pas &#233;t&#233; affect&#233; par cette vague.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH649/p04_dessin_achcar-e6bda.png?1768652587' width='500' height='649' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dressez un portrait de la jeunesse arabe, acteur de premier plan des mobilisations, et la d&#233;crivez comme une jeunesse de dipl&#244;m&#233;s pr&#233;caires qui ma&#238;trisent les derni&#232;res technologies de communication, finalement plus proches des &#171; indign&#233;s &#187; du monde occidental que de leurs compatriotes salafistes. N'y a-t-il pas un clivage social entre les jeunes modernes et les couches populaires plus traditionnalistes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e re&#231;ue et erron&#233;e. Il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; les pauvres salafistes et de l'autre les riches progressistes. Le ch&#244;mage massif touche principalement les jeunes, les femmes &#8211; en g&#233;n&#233;ral et comme cat&#233;gorie de la jeunesse &#8211;, et les dipl&#244;m&#233;s. La proportion de jeunes dipl&#244;m&#233;-e-s au ch&#244;mage est plus &#233;lev&#233;e que dans le reste de la population active. Il faut prendre en compte la d&#233;mocratisation de l'enseignement, qui fait que le taux des dipl&#244;m&#233;s a consid&#233;rablement augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es : ce n'est pas un enseignement r&#233;serv&#233; aux nantis. De m&#234;me, les plus pauvres ne sont pas n&#233;cessairement salafistes. Ni Mohamed Bouazizi &#8211; le jeune ch&#244;meur et vendeur ambulant qui s'est immol&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#8211; ni les jeunes de Sidi Bouzi qui se sont r&#233;volt&#233;s n'&#233;taient salafistes. Les salafistes n'ont surgi sur la sc&#232;ne qu'apr&#232;s les mobilisations de masse. Ils n'ont jamais constitu&#233; l'&#226;me du mouvement, ils s'y sont greff&#233;s comme une fraction sectaire tr&#232;s minoritaire et repr&#233;sentent une forme de frustration sociale d&#233;voy&#233;e. En Tunisie, la majorit&#233; des jeunes r&#233;volutionnaires sont souvent militants de base du syndicat UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#201;gypte, si les formes d'expression religieuse sont plus pr&#233;sentes, cela ne signifie pas pour autant une emprise r&#233;elle des salafistes. Les signes ext&#233;rieurs de religiosit&#233; n'expriment pas forc&#233;ment une conception religieuse de la lutte politique. Le Mouvement de la jeunesse du 6-Avril s'est d'abord constitu&#233; comme jonction entre la jeunesse &#233;tudiante et les ouvriers de El-Mahalla El-Kubra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Fr&#232;res musulmans, loin d'incarner la contestation populaire, constituent une nouvelle classe affairiste, dont le puritanisme est compatible avec le n&#233;olib&#233;ralisme. Comment expliquer que dans certains milieux anti-imp&#233;rialistes, on continue &#224; leur conc&#233;der un blanc-seing malgr&#233; un programme socio-&#233;conomique hostile au changement social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces soul&#232;vements, les Fr&#232;res musulmans ont aussi pris le train en marche. En r&#233;alit&#233;, les instances dirigeantes de la confr&#233;rie se sont consid&#233;rablement embourgeois&#233;es : sa direction est aujourd'hui compos&#233;e de richissimes capitalistes comme Khairat Al-Shater ou Hassan Malek. Leur opposition &#224; l'ancien r&#233;gime se pla&#231;ait sur le terrain de la critique du n&#233;potisme qui faussait le jeu du march&#233;, mais pas d'une remise en cause de l'ordre socio-&#233;conomique. Quant au volet anti-imp&#233;rialiste, Morsi a d&#233;montr&#233; qu'il pouvait faire pire que Moubarak en laissant l'arm&#233;e inonder les tunnels qui relient l'&#201;gypte &#224; Gaza, alors m&#234;me que le Hamas au pouvoir &#224; Gaza est une branche de la Confr&#233;rie. Aujourd'hui, les Fr&#232;res musulmans sont les garants de l'ordre dans la r&#233;gion et le capitalisme mondial mise sur eux pour se conformer aux exigences du FMI, m&#234;me s'ils n'en ont pas encore tout &#224; fait les moyens politiques. Le 16 juin 2012, la revue britannique &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, qui est la r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de discours lib&#233;ral, avait clairement pris parti pour Morsi lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles &#233;gyptiennes en titrant son &#233;ditorial &#171; &lt;i&gt;Vote for the Brother&lt;/i&gt; &#187;. Voir en eux un mouvement anti-imp&#233;rialiste et anticapitaliste est absurde. Une chose est de se battre contre l'islamophobie et le racisme en France, o&#249; il existe une discrimination &#224; l'encontre des musulmans ; une autre chose est de d&#233;guiser en progressistes des courants qui sont purement r&#233;actionnaires tant sur le plan social que culturel et moral. D'autant qu'ils sont aujourd'hui au pouvoir et utilisent la religion comme moyen d'oppression sociale, notamment &#224; l'encontre de la minorit&#233; copte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a vu dans la r&#233;gion le Qatar jouer le r&#244;le de bailleur de fonds de ces nouveaux pouvoirs. Quelle est sa strat&#233;gie selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il joue un r&#244;le de m&#233;diateur oblig&#233; avec les Fr&#232;res musulmans vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis, dont il est le suppl&#233;tif dans la r&#233;gion, mais il n'y a pas d'explication mat&#233;rialiste &#224; la politique du Qatar. Elle est li&#233;e aux extravagances de l'&#233;mir et &#224; sa passion pour les affaires &#233;trang&#232;res, qui l'a conduit &#224; faire de grands &#233;carts entre les relations qu'il a nou&#233;es aussi bien avec Al-Qa&#239;da ou l'Iran qu'avec Isra&#235;l. Aujourd'hui, avec la principale base militaire r&#233;gionale des &#233;tats-Unis sur son territoire et son r&#244;le de sponsor des Fr&#232;res musulmans, il appara&#238;t comme une pi&#232;ce ma&#238;tresse dans le dispositif am&#233;ricain au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez aussi les th&#233;ories du complot qui ne manquent jamais de fleurir lors de bouleversements de cet ordre et qui trouvent une grande proportion d'&#171; &lt;i&gt;adeptes chez les anti-imp&#233;rialistes et les Moyen-Orientaux&lt;/i&gt; &#187;. Le mythe d'un complot pour d&#233;stabiliser la r&#233;gion et asseoir les int&#233;r&#234;ts &#171; am&#233;ricano-sionistes &#187; est &#233;videmment au c&#339;ur de tous les fantasmes, notamment concernant la Syrie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;riser ces prises de position de &#171; th&#233;ories du complot &#187; c'est d&#233;j&#224; les condamner. L'id&#233;e que Washington puisse tout man&#339;uvrer est grotesque. D&#232;s le d&#233;part du soul&#232;vement syrien, qui est rest&#233; pendant plusieurs mois un mouvement populaire et pacifique tout en subissant une r&#233;pression des plus f&#233;roces, Bachar al-Assad a d&#233;sign&#233; Al-Qa&#239;da comme responsable de la contestation&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bachar tient toujours le m&#234;me discours, mais accuse d&#233;sormais l'Occident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ce qu'a fait aussi Kadhafi en Libye. C'&#233;tait clairement un discours destin&#233; &#224; l'Occident, avec lequel ils n'&#233;taient pas en si mauvais termes, pour leur signifier : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes vos alli&#233;s, sans nous, vous aurez Al-Qa&#239;da !&lt;/i&gt; &#187; Washington soutient une n&#233;gociation au sommet pour le d&#233;part de Bachar dans de bonnes conditions et refuse de donner son feu vert &#224; des livraisons d'armes &#171; qualitatives &#187; pour les insurg&#233;s syriens. Ils craignent &#233;videmment que ces armes ne tombent dans les mains d'Al-Qa&#239;da, qui est une composante av&#233;r&#233;e de l'insurrection. Or, plus on temporise, plus c'est ce qui risque d'arriver. Je suis pour ma part hostile &#224; toute forme d'intervention militaire directe dans le conflit syrien, mais favorable &#224; une aide &#224; l'armement de l'insurrection syrienne dans sa composante majoritaire. En refusant l'aide &#224; cette insurrection, on privil&#233;gie les milieux les plus fanatiques qui, eux, re&#231;oivent un financement des monarchies p&#233;troli&#232;res. Si l'Occident continue &#224; laisser faire le massacre [qui, depuis mars 2011, a co&#251;t&#233; la vie &#224; plus de 70 000 personnes, 6 000 rien qu'au mois de mars dernier, et fait 2,5 millions de d&#233;plac&#233;s &#8211; ndlr], tandis que l'Iran et la Russie continuent &#224; approvisionner Bachar en mat&#233;riel militaire, elle portera en partie la responsabilit&#233; de crimes contre l'humanit&#233;. Quant &#224; Isra&#235;l, si l'autodestruction de la Syrie est une aubaine pour le gouvernement d'extr&#234;me droite de Netanyahou, il craint aussi les d&#233;bordements du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir aux soul&#232;vements arabes, vous parliez d'un &#171; &lt;i&gt;processus r&#233;volutionnaire &#224; long terme &lt;/i&gt; &#187;. Est-ce que la polarisation entre la&#239;cs et cl&#233;ricaux ne risque pas de couper l'&#233;lan des mouvements sociaux ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ce clivage existe, je ne crois pas en effet qu'il soit le plus important. C'est certes important de lutter contre l'ing&#233;rence du religieux dans le politique, mais la question sociale doit rester pr&#233;dominante. En Tunisie, la capacit&#233; du mouvement ouvrier &#224; se porter &#224; l'avant-sc&#232;ne politique doit &#234;tre l'aiguillon du changement. Il ne faut pas oublier que c'est sa force d'organisation [l'UGTT r&#233;unit 750 000 adh&#233;rents sur une population active de 3,6 millions de personnes &#8211; ndlr] qui a &#233;t&#233; le moteur du soul&#232;vement qui a culmin&#233; avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 14 janvier 2011, pr&#233;cipitant ainsi la fuite de Ben Ali. En revanche, le pouvoir d'attraction de l'extr&#234;me gauche en tant que force politique et ind&#233;pendamment de la centrale syndicale est tr&#232;s limit&#233; &#8211; parce qu'elle est trop fragment&#233;e et porte les tares de son origine &#233;tudiante. Face &#224; une opposition politique encore peu cr&#233;dible, le pr&#233;sident Marzouki s'enfonce dans l'opportunisme politique le plus flagrant, &#224; la fois marionnette d'Ennahdha et m&#251; par ses ambitions personnelles. En &#201;gypte, la situation est diff&#233;rente. Le mouvement ouvrier organis&#233; est plus jeune et m&#234;me si la F&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants r&#233;unit aujourd'hui la somme consid&#233;rable de deux millions d'adh&#233;rents, elle n'a pas, compte tenu de la taille et de l'histoire du pays, le poids de l'UGTT. L'opposition politique, elle, se discr&#233;dite aussi par des alliances entre la gauche, les n&#233;olib&#233;raux et des anciens complices des r&#233;gimes renvers&#233;s. Seul le nass&#233;rien Hamdeen Sabahi a acquis une cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s des jeunes r&#233;volutionnaires, notamment au Caire et &#224; Alexandrie. Il s'est oppos&#233; aux conditions du FMI et a refus&#233; de rencontrer John Kerry en mars dernier. Pour voir &#233;merger une r&#233;elle alternative, les r&#233;volutionnaires devront se distinguer autant des oppositions compos&#233;es de lib&#233;raux ou pire d'ex-partisans de l'ancien r&#233;gime, que du pouvoir islamiste, qui ont en commun de n'avoir rien &#224; proposer sur le terrain social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Professeur en &#233;tudes du d&#233;veloppement et en relations internationales &#224; l'&#233;cole des &#233;tudes orientales et africaines (SOAS) de l'Universit&#233; de Londres, il est notamment l'auteur de &lt;i&gt;Les Arabes et la Shoah&lt;/i&gt; (Actes Sud, 2009) et, avec Noam Chomsky, de &lt;i&gt;La Poudri&#232;re du Moyen-Orient&lt;/i&gt; (Fayard, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bachar tient toujours le m&#234;me discours, mais accuse d&#233;sormais l'Occident de financer Al-Qa&#239;da : &#171; &lt;i&gt;Les Occidentaux combattent Al-Qa&#239;da au Mali et le soutiennent en Syrie. C'est la politique de deux poids deux mesures&lt;/i&gt; &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; le 18 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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