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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Je vis avec la mort et la trahison en essayant de me garder de l'une et de l'autre. &#187;</title>
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		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


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&lt;p&gt;Journaliste au Canard encha&#238;n&#233;, Sorj Chalandon est aussi un romancier dont un des grands talents consiste &#224; larguer des personnages &#171; ordinaires &#187; dans les crat&#232;res fumants de l'Histoire contemporaine. Apr&#232;s le th&#233;&#226;tre d'ombre et de guerre irlandais avec Mon tra&#238;tre (2009) et Retour &#224; Killybegs (2011), Chalandon sort Le Quatri&#232;me Mur (Grasset, 2013) ou le r&#234;ve fou de monter Antigone au c&#339;ur d'un Beyrouth en ruines, en 1982, avec des acteurs issus de toutes les communaut&#233;s libanaises. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Georges" rel="tag"&gt;Georges&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Antigone" rel="tag"&gt;Antigone&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Journaliste au &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, Sorj Chalandon est aussi un romancier dont un des grands talents consiste &#224; larguer des personnages &#171; ordinaires &#187; dans les crat&#232;res fumants de l'Histoire contemporaine. Apr&#232;s le th&#233;&#226;tre d'ombre et de guerre irlandais avec &lt;i&gt;Mon tra&#238;tre&lt;/i&gt; (2009) et &lt;i&gt;Retour &#224; Killybegs&lt;/i&gt; (2011), Chalandon sort &lt;i&gt;Le Quatri&#232;me Mur&lt;/i&gt; (Grasset, 2013) ou le r&#234;ve fou de monter &lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; au c&#339;ur d'un Beyrouth en ruines, en 1982, avec des acteurs issus de toutes les communaut&#233;s libanaises. Rencontre avec l'homme, au Cirque &#233;lectrique &#224; Paris, le 29 septembre, en marge d'un festival organis&#233; par la librairie Le Monte-en-l'air.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Tu es journaliste depuis quarante ans. Tu as m&#234;me obtenu le prix Albert-Londres en 1988 pour tes reportages sur l'Irlande du Nord. Peux-tu revenir sur ce parcours ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sorj Chalandon&lt;/strong&gt; : Je suis entr&#233; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; en 1973. J'ai pouss&#233; la porte le 15 septembre, apr&#232;s le coup d'&#201;tat au Chili, avec un dessin. &#192; l'&#233;poque, &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, il y avait des tables et des chaises vides. Tu t'asseyais et tu demandais si tu pouvais rester, et on te disait : &#171; &lt;strong&gt;OK, reste !&lt;/strong&gt; &#187; Moi j'&#233;tais mao, j'appartenais &#224; la Gauche prol&#233;tarienne, qui avait &#233;t&#233; dissoute auparavant (j'&#233;tais contre). Je ne saurai jamais si j'ai renonc&#233; &#224; la violence politique pour des raisons d'intelligence politique ou pour des raisons de l&#226;chet&#233;. Je n'ai jamais fait cette autocritique-l&#224;. Ai-je eu peur parce qu'on allait trop loin ou ai-je pr&#233;f&#233;r&#233; continuer le combat dans ce journal ? &#192; l'&#233;poque, le slogan du journal c'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;Peuple, prends la parole et garde-la.&lt;/i&gt; &#187; C'&#233;tait pour moi d'une force et d'une beaut&#233; incroyables. Je ne suis pas entr&#233; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; pour &#234;tre journaliste, mais parce que j'avais d&#233;pos&#233; les armes. &#192; la fa&#231;on dont Georges, dans &lt;i&gt;Le Quatri&#232;me Mur&lt;/i&gt;, fait du th&#233;&#226;tre parce qu'il a d&#233;pos&#233; les armes. J'ai d'abord &#233;t&#233; dessinateur jusqu'&#224; ce que les vrais dessinateurs arrivent. Et l&#224; ils se sont aper&#231;us que je ne dessinais pas si bien que &#231;a. J'ai &#233;t&#233; aussi monteur en pages et quand les professionnels sont arriv&#233;s, ils se sont aussi aper&#231;us que je n'&#233;tais pas si bon. Donc &#224; un moment donn&#233;, j'ai eu le choix entre la porte et la r&#233;daction. J'ai choisi la r&#233;daction, j'ai commenc&#233; par le fait divers, puis le reportage et enfin le grand reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que la Gauche prol&#233;tarienne a &#233;t&#233; dissoute, les copains qui avaient fait des &#233;tudes sont repartis dans les facs, ceux qui n'avaient pas &#233;tudi&#233; sont repartis dans les usines et d'autres sont partis dans le d&#233;cor. J'ai trois de mes copains qui se sont suicid&#233;s : Jean-Denis s'est tir&#233; une balle, Pierre-Yves et Yves se sont pendus. Nous luttions, nous militions, nous combattions ensemble. Il y a eu de longs moments de d&#233;sarroi. Jean-Marc, ouvrier chez Renault, qui &#233;tait venu chez les maos nous a dit : &#171; &lt;i&gt;Mais vous, vous allez retourner dans vos facs, et moi je fais quoi ? Je retourne chez Renault ?&lt;/i&gt; &#187; Il est redevenu ce qu'il &#233;tait, &#224; l'&#233;poque on appelait &#231;a un &#171; blouson noir &#187;. Et Jean-Marc, un jour, a &#233;t&#233; tu&#233; par une patronne de bistro &#224; Thiais, parce qu'il foutait la merde dans le bistrot. La patronne a sorti un fusil de derri&#232;re le comptoir et l'a abattu. Donc nous &#233;tions cinq copains, cinq combattants, cinq r&#233;volutionnaires qui pensions que c'&#233;tait pour demain, et sur les cinq, quatre sont morts. &#199;a, c'est des choses que je n'oublierai jamais. Apr&#232;s s'est &#233;crite l'histoire de nos chefs, mais pas l'histoire des gamins que nous &#233;tions. C'est pour &#231;a que j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s troubl&#233; quand se sont cr&#233;&#233;s les Noyaux arm&#233;s pour l'autonomie prol&#233;tarienne, puis Action directe, parce que j'&#233;tais partag&#233; entre deux choses : je comprends ce qu'ils veulent, ce qu'ils disent et ce qu'ils sont, mais en m&#234;me temps le peuple n'est pas l&#224;. Je charge une cohorte de flics, je me retourne, il est o&#249; le peuple ? Il n'est pas l&#224;, je suis seul, et le fait d'&#234;tre seul me pose un probl&#232;me. Non pas un probl&#232;me moral, mais &#224; quoi sert que je charge si je suis seul ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis entr&#233; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; orphelin d'id&#233;ologie. Le peuple n'&#233;tait pas avec nous, il n'avait pas suivi&#8230; alors qu'on avait commenc&#233; &#224; s'armer pour le grand soir, pour ces grands moments-l&#224;. Il a fallu se d&#233;sarmer, retourner &#224; la normalit&#233;&#8230; Action directe, ils venaient de ce que nous &#233;tions&#8230; Pas moi, pas ma g&#233;n&#233;ration, mais nous les avons produits. La moindre des choses, ce n'est pas qu'on adh&#232;re, mais qu'on ne se pose pas la question de pourquoi ils se sont battus. Que l'ennemi le dise, d'accord, mais que nous le disions, je trouve &#231;a d&#233;gueulasse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1970, tu te sp&#233;cialises dans l'international.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d'abord fait beaucoup de faits divers, parce que je trouvais que c'&#233;tait l'aristocratie du journalisme. C'est dans les vols, les vols &#224; main arm&#233;e, dans les viols et dans les crimes que les mots sont les plus forts. Tu as des mots de gauche et des mots de droite &#224; ce moment-l&#224;. Dans les pages &#201;conomie ou Politique, je peux te montrer des articles, tu ne sauras pas s'ils viennent de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Pour les faits divers, le choix absolu des mots fait le clivage entre la &#171; bonne presse &#187; et la &#171; mauvaise presse &#187;. &#192; l'&#233;poque, il y avait encore la peine de mort. Le fait divers, c'est le lieu de l'information qui est le plus min&#233;. Je suis extr&#234;mement fier d'y avoir appris le m&#233;tier. Apr&#232;s j'ai travaill&#233; sur l'international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu t'es tout de suite sp&#233;cialis&#233; dans le traitement du conflit nord-irlandais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Liban &#233;galement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et apr&#232;s, j'ai suivi la guerre Iran-Irak. Du c&#244;t&#233; irakien. En Afghanistan, j'&#233;tais du c&#244;t&#233; russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu &#233;tais reporter de guerre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Ce qui est important c'est que le reportage de guerre se fait sur la base du volontariat. Dans aucune r&#233;daction on ne peut t'obliger &#224; aller sur un front de guerre. J'avais envie de me confronter &#224; la guerre et de voir par moi-m&#234;me, pour comprendre, pour rapporter. J'avais envie d'&#234;tre l&#224; o&#249; les choses se passent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans cette peur de ne pas revenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas la peur de la mort, mais parfois la peur de ne plus trouver d'int&#233;r&#234;t &#224; la paix. J'avais beaucoup de mal &#8211; et d'ailleurs il a fallu que je change &#8211; apr&#232;s avoir quitt&#233; un massacre, comme celui de Sabra et Chatila, &#224; me retrouver dans une rue parisienne avec des gens qui manifestaient pour la retraite. J'avais perdu le sens commun. Or les gens qui manifestent pour la retraite, c'est fondamental. C'est un combat important qu'il faut mener. Quand tu es partag&#233; entre la guerre et la paix, brusquement les probl&#232;mes, les embarras, les combats de la paix t'ennuient. Lorsque tu en es l&#224;, je pense qu'il faut arr&#234;ter la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a une tr&#232;s forte dimension autobiographique dans tous tes r&#233;cits. Le p&#233;tage de plombs de Georges dans &lt;i&gt;Le Quatri&#232;me Mur&lt;/i&gt;, quand il revient en France, c'est ce que tu ressentais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui c'est ce que je ressentais. L'histoire de la glace au chocolat est vraie. Ma fille, qui avait alors quatre ans, a fait tomber une boule de glace par terre et je me suis mis &#224; lui hurler dessus au milieu d'un square. Un vrai drame : un homme crie sur une enfant en lui affirmant qu'elle n'a pas le droit de pleurer pour une boule de glace quand des enfants libanais se font couper la t&#234;te &#224; la ba&#239;onnette au m&#234;me moment. Cette sc&#232;ne-l&#224; est importante pour moi. &#192; l'&#233;poque je me suis dit : &#171; &lt;i&gt;Tu ne peux plus continuer ainsi, tu vas devenir fou.&lt;/i&gt; &#187; Mon r&#244;le de p&#232;re, c'&#233;tait de s&#233;cher les larmes de ma fille. Georges, lui, se dit : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai plus rien &#224; faire ici.&lt;/i&gt; &#187; D'une certaine fa&#231;on, il poursuit ce que j'aurais pu faire. Ce p&#233;tage de plombs m'a fait arr&#234;ter et le fait continuer. Il s'en est fallu de peu pour que je fasse ce que Georges fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suppose que la sc&#232;ne du tabassage de Georges par les fachos d'Assas est &#233;galement vraie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, j'ai &#233;t&#233; massacr&#233; par des &#171; b&#251;cherons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le personnage de Samuel, dramaturge et metteur en sc&#232;ne grec, a-t-il v&#233;ritablement exist&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samuel Akounis n'existe pas. En revanche, j'ai fait des emprunts &#224; un certain nombre de militants &#233;trangers que nous accueillions &#224; l'&#233;poque. La sc&#232;ne de manif o&#249; Samuel reproche &#224; Georges de crier &#171; &lt;i&gt;CRS-SS&lt;/i&gt; &#187; m'a &#233;t&#233; inspir&#233;e par un militant grec, rescap&#233; de la dictature des colonels. En tant qu'auteur, j'incarne mes contradictions. Samuel incarne mes contradictions lumineuses, tandis que Georges fonce dans le mur. Je suis aussi Marwan le Druze et Antigone.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_804 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/p16_intw_sorj_chalandon_c_-yann-levy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/p16_intw_sorj_chalandon_c_-yann-levy-b910c.jpg?1782897670' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yann L&#233;vy.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'&lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; d'Anouilh et pas celle de Sophocle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probablement parce que celle de Sophocle se rebelle contre les dieux. Demander &#224; des chiites, des sunnites, des chr&#233;tiens libanais de se r&#233;volter contre les dieux me semblait complexe. Et puis c'est une langue dat&#233;e. Antigone, chez Anouilh, se r&#233;volte contre le roi, contre l'autorit&#233; moderne. Chacun y voit sa propre r&#233;sistance. Celle du roi Cr&#233;on, qui incarne l'ordre et la loi, et celle de &#171; &lt;i&gt;la petite maigre, la petite noiraude&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauf qu'Antigone est fille d'&#338;dipe et princesse de sang&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r. Et si Georges est bless&#233; aux yeux, c'est parce que d'une fa&#231;on je m'imagine p&#232;re d'Antigone. J'ai lu le texte d'Anouilh alors que j'&#233;tais adolescent, et je n'ai jamais compris pourquoi H&#233;mon n'a pas tu&#233; Cr&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi il n'a pas tu&#233; son p&#232;re, donc&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le p&#232;re qui va tuer sa future femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antigone serait donc une pi&#232;ce s'inscrivant dans l'histoire de la R&#233;sistance. Cela se discute&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, c'est une pi&#232;ce r&#233;sistante. Bien qu'Anouilh ait d&#251; rendre des comptes &#224; la fin de la guerre. Ce que risque la petite Antigone avec ses mains nues et sa petite pelle pour enterrer son fr&#232;re Polynice interdit de s&#233;pulture par le roi, c'est formidable. Dans la trag&#233;die de Sophocle, Cr&#233;on ne laisse gu&#232;re de choix &#224; Antigone. Dans celle d'Anouilh, il laisse &#224; Cr&#233;on une humanit&#233; sup&#233;rieure. Elle refuse son pardon ; elle fait plus qu'accepter de mourir, elle le veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement parce qu'elle s'en remet &#224; la loi des dieux et non &#224; celle du roi !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai. &#192; un moment, le dieu sup&#233;rieur r&#233;appara&#238;t. Pour moi, cela reste un &#233;piph&#233;nom&#232;ne. C'est d'abord une petite fille qui accepte de mourir pour que son acte de r&#233;sistance soit reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et Imane, ton Antigone palestinienne, a-t-elle v&#233;ritablement exist&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'inspire d'une femme que j'ai vue morte, dans cette position-l&#224;, &#224; Chatila. Avec sa tache verte sur le ventre. Je ne sais rien d'elle sauf ce fil de fer qui l'attachait, les mouches, et le sang sur les cuisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le roman, on retrouve une &#233;vocation de la MOI&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Main-d'&#339;uvre immigr&#233;e : groupes de r&#233;sistants form&#233;s de militants &#233;trangers, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. L&#224; on entre dans ta propre mythologie, qui croise ton histoire personnelle. Pourquoi ce besoin de faire appara&#238;tre Boczov &#224; deux reprises ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que c'est ma France. Je ne suis pas juif ni fils d'immigr&#233;s italiens ni d'antifranquistes espagnols. J'ai eu la chance extraordinaire, &#224; un moment donn&#233;, de croiser la route d'Alter Mojze Goldman (1909-1988), le p&#232;re de Pierre, Jean-Jacques, &#201;velyne et Robert, et chef des commandos d'action qui ont lib&#233;r&#233; Villeurbanne. Avec ces gens, j'ai r&#233;appris le sens du mot &#171; dignit&#233; &#187;. Ils ne se sont pas battus pour eux, mais pour que ma fille puisse manger une putain de glace au chocolat dans un square. Ils me hantent et chaque fois que je peux, j'en parle. J'ai appel&#233; ma fille M&#233;lin&#233;e en hommage &#224; Manouchian, j'ai &lt;i&gt;L'Affiche rouge&lt;/i&gt; sur mon t&#233;l&#233;phone portable, j'ai besoin de ces visages pour savoir d'o&#249; on vient, gr&#226;ce &#224; qui nous sommes l&#224; et pour ne pas que cela se reproduise. Alter Mojze Goldman est un juif polonais qui n'a pas fui la Pologne parce qu'il avait peur de la r&#233;pression antis&#233;mite mais pour aller se battre. Il est all&#233; vivre en Allemagne avant la mont&#233;e des nazis. Il m'a racont&#233; les manifestations pour Sacco et Vanzetti. Comment, tr&#232;s jeunes, arm&#233;s de b&#226;tons, avec une trentaine de jeunes Juifs, le Parti communiste allemand les a emp&#234;ch&#233;s d'en d&#233;coudre. Le lendemain, la radio annon&#231;ait des &#233;meutes &#224; Paris, et il s'est dit : &#171; &lt;i&gt;Mon pays, c'est celui-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Il est venu se battre au nom d'une certaine id&#233;e de la dignit&#233;. Cela me hante litt&#233;ralement, pas comme des grandes ombres ou des statues. Mes h&#233;ros &#224; moi sont sur une affiche, il y a tr&#232;s peu de rues &#224; leur nom, ils n'&#233;taient pas des n&#244;tres. La France lib&#233;r&#233;e les a cach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel &#233;tait le nom du groupe d'action de Lyon-Grenoble ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carmagnole-Libert&#233;. J'ai fait des repas avec ces petites gens. Ils m'expliquaient, avec leur accent prononc&#233;, comment ils avaient tir&#233; sur un soldat, ou parfois n'avaient pas tir&#233; parce qu' &#171; &lt;i&gt;il &#233;tait de dos&lt;/i&gt; &#187;, ou que c'&#233;tait un gamin. Ce sont des choses qui m'habiteront jusqu'&#224; la fin de ma vie. J'ai 61 ans, je vis avec cela depuis des ann&#233;es. Je ne me d&#233;partirai pas de ces noms, de ces visages et de cette loyaut&#233; &#224; la dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je poursuis avec la R&#233;sistance. Dans &lt;i&gt;La L&#233;gende de nos p&#232;res&lt;/i&gt; (2009), le p&#232;re est un personnage surprenant. Dans ce r&#233;cit, tu t'identifies au personnage de la fille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument. Mon p&#232;re m'a fait croire qu'il avait &#233;t&#233; r&#233;sistant. Alors que le p&#232;re de l'autre (celui de mon copain Alain Frilet, le livre est d&#233;di&#233; &#224; Alain), &#233;tait l'un des chefs du commando Vengeance. C'&#233;tait le chef d'un grand mouvement de r&#233;sistance, qui est parti sans parler, qui est rentr&#233; en disant simplement : &#171; &lt;i&gt;J'ai fait ce qu'il fallait.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;La L&#233;gende de nos p&#232;res&lt;/i&gt;, c'est la l&#233;gende de mon p&#232;re, c'est celle du p&#232;re d'Alain Frilet, qui est comme mon fr&#232;re, le seul Fran&#231;ais &#224; avoir fait de la prison pour appartenance &#224; l'IRA. C'est lui qui m'a amen&#233; &#224; l'Irlande, et j'avais besoin de ces deux destins crois&#233;s : l'homme qui parle et qui n'a pas fait ; et celui qui se tait et qui a fait. J'avais besoin de brouiller les pistes. Mon p&#232;re a cru que je lui rendais hommage parce que le narrateur est le fils du vrai r&#233;sistant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette hantise de la trahison, qu'on retrouve aussi dans &lt;i&gt;Mon tra&#238;tre&lt;/i&gt; (2008) et dans &lt;i&gt;Retour &#224; Killybegs&lt;/i&gt; (2011) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me hante parce que mon p&#232;re m'a menti, parce qu'un de mes meilleurs amis en Irlande &#233;tait un tra&#238;tre, donc je suis fissur&#233; par ces mensonges. Je suis un enfant sans traces, je n'ai pas &#233;t&#233; &#233;lev&#233; avec un socle solide. J'ai manqu&#233; d'amour, j'ai manqu&#233; d'assurance, je connaissais les poings, pas les caresses. La trahison, c'est quelque chose qui me suit et c'est ma pire crainte. Je vis avec cela sans cesse, trahir un combat ou trahir un ami. Si je suis en retard &#224; un rendez-vous, cela me panique, j'ai un sentiment de mini-trahison. J'ai beaucoup pris sur la gueule avec la trahison, enfant et adulte. Je vis avec la mort et la trahison en essayant de me garder de l'une et de l'autre, c'est invivable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es l'auteur de six romans. Pourquoi as-tu commenc&#233; &#224; &#233;crire si tardivement en qualit&#233; de romancier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que je n'en ressentais pas le besoin. J'&#233;crivais d&#233;j&#224;. J'ai eu envie d'&#233;crire le premier, &lt;strong&gt;Le Petit Bonzi &lt;/strong&gt; (2005), parce que j'&#233;tais un enfant tr&#232;s b&#232;gue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est d&#233;j&#224; un livre o&#249; tu te racontes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je raconte l'histoire de Jacques pour prot&#233;ger mes parents. J'ai attendu 2005 pour raconter la douleur d'&#234;tre enfant, &#233;colier et b&#232;gue, pour raconter la douleur de la solitude. Cela ne m'a pas lib&#233;r&#233; du b&#233;gaiement, mais de la surprise des autres quand ils m'entendent. &#171; &lt;i&gt;C'est normal,&lt;/i&gt; se disent-ils,&lt;i&gt; il a &#233;crit un livre sur ce th&#232;me.&lt;/i&gt; &#187; J'ai ensuite &#233;crit &lt;i&gt;Une promesse&lt;/i&gt; (2006), qui relate l'histoire de six enfants de Mayenne qui se font une promesse : quand la mort viendra prendre l'un d'entre eux, ils feront tout pour l'en emp&#234;cher. Le r&#233;cit d&#233;bute alors qu'ils sont vieux et que la mort rode. La promesse dure dix mois, jusqu'&#224; ce que l'un d'eux finisse par craquer et que finalement ils fassent leur deuil. Ce roman a eu le prix M&#233;dicis. J'ai trouv&#233; &#231;a assez &#8220;dingue&#8221; parce que ce n'est pas un livre nombriliste ou parisien, c'est un livre qui parle de fraternit&#233; et de loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, tu le sais, il y a eu la trahison, l'Irlande. Depuis, j'encha&#238;ne des choses en raison de l'urgence, mais d&#233;sormais, &#224; l'heure o&#249; nous parlons, je n'ai plus d'id&#233;e. Peut-&#234;tre qu'il y aura quelque chose ou peut-&#234;tre qu'il n'y aura rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi ton histoire et les combats que tu portes nourrissent-ils ton style qui me semble de plus en plus emphatique et lyrique ? De plus en plus imag&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ton analyse, mais j'esp&#232;re que ce n'est pas vrai, je n'aime pas l'emphase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu crois qu'on peut faire plus emphatique qu'&lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai. Mais &lt;i&gt;Le Quatri&#232;me mur&lt;/i&gt; n'est pas gonfl&#233; d'orgueil. Ce que j'essaie, c'est d'aller &#224; l'os des mots. Je veux aller vers une langue o&#249; il n'y a plus de place pour rien, donc vraiment l'os. Avec des phrases courtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, mais &#231;a, c'est ton &#233;criture journalistique&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, c'est aussi mon &#233;criture litt&#233;raire, j'esp&#232;re. Je ne parle pas des &#171; &lt;i&gt;nuages moutonnants se dirigeant vers l'horizon lointain&lt;/i&gt; &#187;. Pour moi, le mot &#171; &lt;strong&gt;nuage&lt;/strong&gt; &#187; se suffit &#224; lui-m&#234;me. Je souhaite que le mot ne perturbe pas, ne vampirise pas le propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu ne peux pas nier que ton &#233;criture est tr&#232;s imag&#233;e !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais elle est imag&#233;e &#224; l'essentiel. Si tu offres l'entr&#233;e de Sabra et Chatila &#224; quelqu'un qui a des mots de trop, cela te donne TF1 et un reportage &#224; gerber.
&lt;strong&gt;
Et &lt;i&gt;Quatre heures &#224; Chatila&lt;/i&gt;, de Genet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande s'il n'y avait pas des mots de trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les livres et auteurs qui t'ont inspir&#233;, que tu as lu et que tu relis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trangement, Georges Simenon. Il te fait entrer dans les loges de concierges, gravir des escaliers grin&#231;ants, aller chez les bourgeois et chez les aristos, chez les putes et les macs, dans les bas-fonds. Et tu y es, et tu sens, et tu entends, il n'y a pas un mot de trop. Je parle du &lt;i&gt;Bourgmestre de Fumes&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;Monsieur Hire&lt;/i&gt;, de tous ces livres qui ont fait des films tant ils sont visuels. Simenon est un ma&#238;tre capable de faire des livres avec un presque rien qu'il a aim&#233; et observ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est ton rapport, justement, &#224; l'autofiction ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis loin de l'autofiction. Je suis loin de la fiction. Certes Georges est mon deuxi&#232;me pr&#233;nom, mais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antoine Chalons, le petit luthier, narrateur-h&#233;ros de &lt;strong&gt;Mon tra&#238;tre&lt;/strong&gt;, c'est quasiment l'anagramme de Sorj Chalandon&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas Sorj Chalandon, le journaliste, qui veut devenir metteur en sc&#232;ne &#224; Beyrouth, m&#234;me si je suis dans toutes les pages, dans tous les lieux, devant le char syrien (sauf que moi je m'en suis tir&#233;). Je ne suis pas le h&#233;ros du &lt;i&gt;Quatri&#232;me Mur&lt;/i&gt;. Le h&#233;ros, c'est Georges, celui que je ne suis pas devenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ou trois titres classiques qui te parlent encore ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appris la litt&#233;rature avec &lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Enfant&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Insurg&lt;/i&gt;&#233;. Puis Vian, pour la musique des mots. Chez moi on ne lisait pas, donc lire &#233;tait d&#233;j&#224; un acte de r&#233;sistance. Puis il y a eu Sartre. J'ai lu &lt;i&gt;La Naus&#233;e&lt;/i&gt; de tr&#232;s nombreuses fois. L'un des plus beaux souvenirs de ma vie, ce fut de voir le Jean-Paul Sartre de ma biblioth&#232;que autour de la table, &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. J'ai pleur&#233; en lisant &lt;i&gt;La Naus&#233;e&lt;/i&gt;, je voulais &#233;crire comme cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; un jeune lecteur traditionnel. J'aime la litt&#233;rature fran&#231;aise et la litt&#233;rature irlandaise. J'aime les &#233;chos familiers. J'ai envie d'apprendre des choses sur ce que je suis et d'o&#249; je viens, c'est r&#233;current. J'ai moins d'app&#233;tit pour la litt&#233;rature scandinave, aussi formidable soit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si je cesse de te parler de litt&#233;rature, parmi mes grands chocs, il y a eu &lt;i&gt;Le Manifeste du parti communiste&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Que faire ?&lt;/i&gt; de L&#233;nine. Ce n'est pas un roman, ce n'est pas tr&#232;s dr&#244;le. Mais &#224; cette question, la r&#233;ponse &#171; &lt;i&gt;Indignez-vous !&lt;/i&gt; &#187; ne suffit pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Main-d'&#339;uvre immigr&#233;e : groupes de r&#233;sistants form&#233;s de militants &#233;trangers, encadr&#233;s par le Parti communiste et actifs durant la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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