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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>D'un atelier l'autre</title>
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		<dc:date>2013-11-05T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il se trouve que depuis quelques semaines, en plus de mon boulot, je c&#244;toie le quotidien au travail des cheminots. Le Comit&#233; d'&#233;tablissement r&#233;gional de la SNCF, compos&#233; de militants CGT et Sud, m'a confi&#233;, ainsi qu'&#224; un copain photographe, le soin de faire un livre sur un atelier de r&#233;paration de la SNCF (et surtout sur ceux qui y travaillent) : le &#171; technicentre de Sotteville-l&#232;s-Rouen &#187;, plus connu dans la r&#233;gion sous le nom de Quatre-Mares. C'est un lieu important de l'histoire sociale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il se trouve que depuis quelques semaines, en plus de mon boulot, je c&#244;toie le quotidien au travail des cheminots. Le Comit&#233; d'&#233;tablissement r&#233;gional de la SNCF, compos&#233; de militants CGT et Sud, m'a confi&#233;, ainsi qu'&#224; un copain photographe, le soin de faire un livre sur un atelier de r&#233;paration de la SNCF (et surtout sur ceux qui y travaillent) : le &#171; technicentre de Sotteville-l&#232;s-Rouen &#187;, plus connu dans la r&#233;gion sous le nom de Quatre-Mares. C'est un lieu important de l'histoire sociale des cheminots mais aussi de la r&#233;gion rouennaise. Et s'il existe quantit&#233; de livres sur les trains, les gares, l'histoire de la SNCF, on en trouve peu qui racontent les conditions de vie et de travail, hier comme aujourd'hui, des ouvriers de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois dire que le photographe et moi avons eu une approche du milieu qu'un journaliste n'aurait pas pu avoir. Nous n'avons pas &#233;t&#233; &#171; embarqu&#233;s &#187; par le service com', seulement adoub&#233;s par des gens du syndicat Sud et laiss&#233;s libres de rencontrer les cheminots autant de fois que nous le souhaitions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH372/p11-cqfd43-accbc.jpg?1768650665' width='400' height='372' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#233;tant tous les deux salari&#233;s, nous avions beaucoup de choses en commun avec ces cheminots. M&#234;me si on n'a pas le m&#234;me m&#233;tier, on subit les affres du Salariat et de l'Exploitation (oui, je sais, les grands mots majuscules&#8230;) de la m&#234;me fa&#231;on. Du coup, partout o&#249; nous sommes all&#233;s, pendant les moments de boulot ou de pause, tout de suite &#231;a s'est bien pass&#233; et il suffisait de prendre une photo ou de tendre le micro pour que les cheminots se l&#226;chent et disent ce qu'ils avaient sur le c&#339;ur, sans le filtre de &#171; l'amour du m&#233;tier &#187; ou de la langue de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers de Quatre-Mares sont encore un bastion de prolos qui se bagarrent. Souvent les mouvements de gr&#232;ve de la SNCF ont commenc&#233; ici, tout comme ce sont souvent ces ateliers qui ont &#233;t&#233; les derniers &#224; reprendre le travail. Que ce soit en 1995 contre le plan Jupp&#233;, ou en 2003 et 2010, pour les retraites&#8230; Et ce n'est pas fini. Nous avons m&#234;me pu assister &#224; des mouvements inopin&#233;s de contestation et de revendication, qui font le quotidien au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple de ces ateliers est compos&#233; d'ouvriers sp&#233;cialis&#233;s, ajusteurs, chaudronniers, fraiseurs, &#233;lectriciens, etc. Ils ne font pas un travail &#224; la cha&#238;ne et, vu de l'ext&#233;rieur, celui-ci semble int&#233;ressant. Pourtant les cheminots se plaignent : de l'intensification des pressions hi&#233;rarchiques aux probl&#232;mes d'amiante ou de produits dangereux qu'on les force &#224; utiliser malgr&#233; les droits de retrait et le CHSCT en passant par le projet de scinder la SNCF et le risque de perte de leur statut pour un tiers des cheminots (50 000). Et surtout, il y a ces 400 locomotives, plus ou moins anciennes, parqu&#233;es sur les voies de la gare de triage de Sotteville, aux portes des ateliers, qui attendent d'&#234;tre ferraill&#233;es par les cheminots. Alors qu'&#224; l'origine leur boulot, c'&#233;tait de les fabriquer, ces machines ! C'est comme un cimeti&#232;re des &#233;l&#233;phants. La plupart de ces locomotives pourraient encore circuler, mais le d&#233;veloppement du rail par rapport &#224; la route reste un &#233;ternel serpent de mer des discours politiques sur l'am&#233;nagement du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous ces personnages hauts en couleur, il y a V., un militant CGT critique, qui a la gouaille des quartiers populaires de la banlieue rouennaise ainsi que le regard malicieux de ceux &#224; qui on ne la fait pas. Les moteurs de sa vie sont la solidarit&#233; (il s'occupe des orphelins de la SNCF) et la bagarre contre les patrons. Jeune embauch&#233;, c'est le mouvement contre le plan Jupp&#233; qui l'a form&#233;. Lorsqu'il manifestait sous la banderole &#171; Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale &#187; et participait au Comit&#233; de gr&#232;ve, malgr&#233; les consignes de son syndicat &#224; l'&#233;poque. Il raconte lorsqu'il balan&#231;ait des &#339;ufs, avec un copain, sur la quarantaine de non-gr&#233;vistes des ateliers, lorsqu'il p&#233;n&#233;trait par effraction la nuit dans les locaux, pour piquer des torches pour &#233;gayer les manifs, lorsqu'il &#233;tait all&#233; &#171; inviter &#187; les postiers &#224; se mettre en gr&#232;ve, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et tout le reste. Sans parler des caisses de solidarit&#233; mont&#233;es en 2010 lorsque les cheminots avaient fait deux fois quinze jours de gr&#232;ve. Sur ces mouvements, il est intarissable et n'attend que le prochain. &#171; &lt;i&gt;Tu sais&lt;/i&gt;, me dit-il, &lt;i&gt;je me suis toujours mis en position pour pouvoir me bagarrer sans probl&#232;me. Je n'ai pas achet&#233; de maison, je ne me mets jamais de cr&#233;dit sur le dos. Comme &#231;a, j'suis toujours pr&#234;t.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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