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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Comme si la r&#233;volution ne pouvait venir que de la jeunesse... &#187;</title>
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		<dc:date>2021-01-22T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Robert Butler</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur le front des luttes sociales, l'engagement des personnes &#226;g&#233;es ne date pas d'hier. Dans l'Am&#233;rique des ann&#233;es 1970 d&#233;j&#224;, le mouvement des Gray Panthers s'opposait autant aux discriminations li&#233;es &#224; l'&#226;ge qu'&#224; la guerre du Vietnam. Au fil de cet entretien, la sociologue Juliette Rennes revient sur leur riche histoire. Avant d'&#233;voquer plus largement la participation des retrait&#233;&#183;es fran&#231;ais&#183;es aux mobilisations sociales, qu'elles aient pour objet de d&#233;fendre leurs propres int&#233;r&#234;ts ou de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gray-Panthers" rel="tag"&gt;Gray Panthers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Robert-Butler" rel="tag"&gt;Robert Butler&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le front des luttes sociales, l'engagement des personnes &#226;g&#233;es ne date pas d'hier. Dans l'Am&#233;rique des ann&#233;es 1970 d&#233;j&#224;, le mouvement des Gray Panthers s'opposait autant aux discriminations li&#233;es &#224; l'&#226;ge qu'&#224; la guerre du Vietnam. Au fil de cet entretien, la sociologue Juliette Rennes revient sur leur riche histoire. Avant d'&#233;voquer plus largement la participation des retrait&#233;&#183;es fran&#231;ais&#183;es aux mobilisations sociales, qu'elles aient pour objet de d&#233;fendre leurs propres int&#233;r&#234;ts ou de renverser la vapeur d'un monde en vrille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH336/-1694-e4d5d.jpg?1768815964' width='500' height='336' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photomontage sign&#233; Canicule
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&lt;i&gt;Encyclop&#233;die critique du genre&lt;/i&gt;, un ouvrage publi&#233; sous la houlette de Juliette Rennes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui vient de publier un article dans la Revue fran&#231;aise de science politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et paru en 2016 aux &#233;ditions La D&#233;couverte, la sociologue propose une d&#233;finition tout en pr&#233;cision de l'&#226;gisme, un &#171; &lt;i&gt;terme forg&#233; par analogie avec le racisme et le sexisme par&lt;/i&gt; [le g&#233;rontologue] &lt;i&gt;Robert Butler pour d&#233;signer l'ensemble des attitudes, st&#233;r&#233;otypes et pratiques discriminatoires envers les personnes cat&#233;goris&#233;es comme vieilles&lt;/i&gt; &#187;. Peu mobilis&#233;e en France, cette notion a pourtant &#233;t&#233; investie d&#232;s les ann&#233;es 1970 aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle y fut d'ailleurs largement popularis&#233;e par les Gray Panthers, un &#171; gang &#187; de retrait&#233;&#183;es am&#233;ricain&#183;es se battant contre le joug paternaliste et oppressif que la soci&#233;t&#233; fait peser sur les personnes &#226;g&#233;es. Ces activistes, dont les m&#233;thodes d&#233;frayaient la chronique, s'opposaient &#233;galement tant aux conditions carc&#233;rales aux &#201;tats-Unis qu'&#224; la guerre au Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologue sp&#233;cialiste des mobilisations pour l'&#233;galit&#233;, des questions de genre, d'&#226;ge et des discriminations qui y sont associ&#233;es, Juliette Rennes ne nous parle pas seulement des Gray Panthers mais revient aussi sur l'histoire des mouvements anti-&#226;gistes en France (auxquels elle consacre actuellement une enqu&#234;te). Elle invite au passage &#224; questionner plus globalement la fa&#231;on dont les anciens et les anciennes constituent aujourd'hui une maille essentielle du tissu des luttes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;connues en France, les Gray Panthers sont pourtant une figure de proue des mobilisations anti- &#226;gistes. Comment sont-elles n&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un collectif int&#233;ressant qui n'a pas vraiment d'&#233;quivalent dans les mouvements fran&#231;ais des ann&#233;es 1970 sur lesquels je travaille. &#192; l'origine des Gray Panthers, il y a quelques femmes retrait&#233;es qui r&#233;clament l'abolition de l'&#226;ge obligatoire de d&#233;part &#224; la retraite. C'est une r&#233;clamation qui, vue de France, peut &#233;tonner pour un mouvement de gauche ; mais il faut la comprendre dans une logique de d&#233;fense des libert&#233;s individuelles et savoir qu'elle &#233;tait articul&#233;e &#224; une revendication de droits sociaux : pour les Gray Panthers, il s'agissait de permettre &#224; ceux et celles qui souhaitent continuer &#224; travailler de le faire, tout en luttant pour le droit au repos de ceux et celles qui souhaitent arr&#234;ter. Les Gray Panthers d&#233;fendaient aussi le principe d'une s&#233;curit&#233; sociale universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs revendications &#233;taient assez polyvalentes. Elles ont par exemple men&#233; des actions pour protester contre les coupes budg&#233;taires dans les transports publics &#224; Philadelphie, en bloquant les voies de bus avec leurs fauteuils roulants et leurs cannes. De m&#234;me, elles se sont associ&#233;es &#224; un groupe militant d'Africains-Am&#233;ricains pour d&#233;noncer la pauvret&#233; et les discriminations subies dans le syst&#232;me de sant&#233; par les Noir&#183;es &#226;g&#233;&#183;es. En d&#233;cembre 1971, elles ont aussi coorganis&#233; un contre-congr&#232;s sur ce th&#232;me, au moment o&#249; avait lieu la tr&#232;s officielle &lt;i&gt;White House Conference on Aging&lt;/i&gt; qui ignorait ces enjeux. C'est d'ailleurs &#224; la suite de cette action qu'elles ont d&#233;cid&#233; de s'appeler les Gray Panthers, en r&#233;f&#233;rence au mouvement r&#233;volutionnaire africain-am&#233;ricain des Black Panthers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles luttaient &#233;galement sur le front des repr&#233;sentations, obtenant une loi contre les st&#233;r&#233;otypes v&#233;hicul&#233;s par la t&#233;l&#233;vision sur les vieux et les vieilles, par analogie avec ceux qui existaient sur le sexe et la race. Le mouvement a rapidement pris de l'ampleur : au milieu des ann&#233;es 1970, des comit&#233;s locaux, en g&#233;n&#233;ral mixtes, &#233;taient pr&#233;sents dans la plupart des grandes villes des &#201;tats-Unis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Gray Panthers ne se battaient donc pas uniquement pour leurs int&#233;r&#234;ts propres...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait, disons, un mouvement qui a repris l'agenda des revendications des gauches critiques de l'&#233;poque : les questions du pacifisme, du f&#233;minisme, des droits sociaux... Les Gray Panthers d&#233;fendaient aussi l'id&#233;e qu'il fallait repenser l'organisation des &#226;ges dans son ensemble, que les jeunes &#233;taient &#233;galement discrimin&#233;s dans l'acc&#232;s &#224; l'emploi et que finalement l'un des enjeux de leurs luttes &#233;tait la critique de la domination des adultes non vieux dans l'organisation sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leur mouvement &#233;tait d'ailleurs interg&#233;n&#233;rationnel...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, c'est aussi ce que d&#233;crit une Fran&#231;aise, Chantal Latour, qui militait en 1975 dans le comit&#233; local de San Diego alors qu'elle avait, elle, moins de 30 ans. C'est en partie ce qui a fait que les Gray Panthers utilisaient les modes d'action collective de l'&#233;poque : l'humour, la d&#233;rision, le happening&#8230; Malgr&#233; l'&#233;cart g&#233;n&#233;rationnel avec la jeunesse en lutte, elles &#233;taient compl&#232;tement en phase avec leur temps dans leur fa&#231;on de protester. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le visage que l'on retient de ce mouvement, c'est d'abord celui de Maggie Kuhn, sa fondatrice...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maggie Kuhn a en effet fascin&#233; les m&#233;dias, non seulement parce qu'elle s'exprimait avec beaucoup de clart&#233; et de charisme, mais aussi parce qu'elle prenait &#224; contre-pied certaines attentes sur les personnes de sa tranche d'&#226;ge (elle est n&#233;e en 1905) : elle avait l'apparence rassurante d'une bonne mamie bien sage, mais elle contrebalan&#231;ait ces attentes par un discours radical sur l'ordre des &#226;ges et sur bien d'autres sujets. Elle disait que la vieillesse est un &#226;ge excellent pour la provocation et le scandale : il s'agissait de casser l'id&#233;e que les vieux et les vieilles ne pourraient &#234;tre valoris&#233;s que comme garants de l'ordre social et de sa reproduction. L'objectif : ne pas donner prise aux attentes selon lesquelles la &#8220;sagesse&#8221; du grand &#226;ge permettrait de temp&#233;rer la fougue de la jeunesse. Au contraire, ce que d&#233;fendait Maggie Kuhn, c'est que la vieillesse peut &#234;tre le moment de se positionner de mani&#232;re plus contestataire, parce qu'&#224; cet &#226;ge-l&#224; on est justement un peu en marge des enjeux de reproduction de l'ordre social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ce moment-l&#224;, o&#249; en &#233;taient les luttes anti-&#226;gistes dans son pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux &#201;tats-Unis, les ann&#233;es 1970 sont une p&#233;riode charni&#232;re dans le processus de politisation des pr&#233;judices li&#233;s &#224; l'&#226;ge. Au d&#233;but des ann&#233;es 1960, le droit antidiscriminatoire se constitue, avec la reconnaissance des discriminations li&#233;es au sexe et &#224; la race. Dans le sillage de ce cadre juridique, les discriminations fond&#233;es sur l'&#226;ge sont &#233;galement reconnues en 1967, notamment gr&#226;ce &#224; des enqu&#234;tes qui montraient la difficult&#233; des travailleurs de plus de 40 ans &#224; trouver ou retrouver un emploi. Dans les ann&#233;es 1970, l'anti-&#226;gisme se construit donc &#233;galement en articulation et en analogie avec les luttes f&#233;ministes et antiracistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est aussi alors dans un contexte o&#249; se d&#233;veloppe la g&#233;rontologie sociale : une approche pluridisciplinaire de la vieillesse, qui articule sciences m&#233;dicales et sciences sociales. Une id&#233;e simple mais f&#233;conde qui se d&#233;veloppe alors, c'est celle selon laquelle l'exp&#233;rience de la vieillesse ne doit pas &#234;tre pens&#233;e comme le reflet d'un d&#233;clin biologique qui serait in&#233;luctable, mais qu'elle peut &#234;tre radicalement modifi&#233;e par de nouvelles formes d'organisation sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#234;mes questions se posaient-elles en France &#224; cette &#233;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas tout &#224; fait, mais on retrouve certains &#233;l&#233;ments communs. En France, dans les ann&#233;es 1970, se d&#233;veloppent les politiques du &#8220;troisi&#232;me &#226;ge&#8221;, avec un vaste r&#233;seau de maisons de retraite, des clubs et universit&#233;s du troisi&#232;me &#226;ge... donc toute une politique qui comporte &#224; la fois des aspects positifs, puisqu'elle implique plus de moyens publics pour la partie la plus &#226;g&#233;e de la population ; mais en m&#234;me temps avec une logique assez paternaliste et diff&#233;rentialiste, puisqu'il s'agit de cr&#233;er des espaces r&#233;serv&#233;s &#224; une certaine tranche d'&#226;ge et g&#233;r&#233;s par des experts du troisi&#232;me &#226;ge plut&#244;t que par les int&#233;ress&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces initiatives, on assiste &#224; la naissance de mouvements contestataires plut&#244;t marginaux qui politisent autrement la question de la vieillesse. Des mouvements ancr&#233;s dans la critique de la fronti&#232;re entre personnes productives et non productives ainsi que dans la d&#233;nonciation de l'appropriation par les experts des discours sur le troisi&#232;me &#226;ge. Autant d'&#233;l&#233;ments id&#233;ologiques des ann&#233;es 1968 qui sont mobilis&#233;s par des travailleurs sociaux, des psys, etc. pour imaginer une autre vieillesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se mat&#233;rialisent alors ces critiques en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elles sont assez dispers&#233;es. J'enqu&#234;te en ce moment sur un centre social des ann&#233;es 1970, le Tournesol, qui a fonctionn&#233; pendant six ans rue Saint-Maur, &#224; Paris, dans le 11e arrondissement. Un lieu d'accueil interg&#233;n&#233;rationnel prioritairement destin&#233; &#224; la population retrait&#233;e et pauvre du quartier. Le centre &#233;tait alors financ&#233; par les Petits Fr&#232;res des Pauvres, mais ses b&#233;n&#233;voles, essentiellement des femmes, &#233;taient assez &#233;loign&#233;es de cette association : c'&#233;taient des psys et travailleuses sociales qui reprenaient &#224; leur compte les discours de l'antipsychiatrie de l'&#233;poque pour mettre en question l'enfermement des vieilles personnes... Ce lieu proposait des activit&#233;s interg&#233;n&#233;rationnelles, notamment artistiques. On y aidait aussi les femmes &#224; monter leur dossier de retraite. Il y avait &#233;galement des groupes de parole et des activit&#233;s de soutien aux r&#233;fugi&#233;s politiques. Un peu comme les Gray Panthers, les membres de ce centre ont organis&#233; un contre-congr&#232;s de g&#233;rontologie o&#249; l'on donnait la parole aux personnes &#226;g&#233;es sur leur situation plut&#244;t qu'&#224; des cadres et hauts fonctionnaires sp&#233;cialistes des politiques de la vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de Tournesol ont aussi contribu&#233; &#224; initier un journal humoristique dans lequel dessinaient certains de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Mathusalem, le journal qui n'a pas peur des vieux&lt;/i&gt;, qui a dur&#233; deux ans. Cette publication voulait parler sans tabou de l'exp&#233;rience du vieillissement et donner la parole aux int&#233;ress&#233;.es. Mais, si certains se sont empar&#233;s de ces questions, il y a finalement peu d'exemples similaires : les ann&#233;es 1970 en France sont surtout l'&#226;ge d'or des mouvements de jeunesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est d'ailleurs plus sous l'impulsion de jeunes militants que des personnes &#226;g&#233;es elles-m&#234;mes que ces initiatives sont n&#233;es...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet&#8230; Il a certes exist&#233; un groupe de parole f&#233;ministe &#233;ph&#233;m&#232;re de femmes &#8220;&#226;g&#233;es&#8221; &#8211; Les M&#251;res prennent la parole (en 1979) &#8211; et des Panth&#232;res grises en France dans les ann&#233;es 1980, mais rien &#224; voir avec l'ampleur des Gray Panthers. Aujourd'hui, ces combats sont surtout port&#233;s par des personnes qui &#233;taient jeunes dans les ann&#233;es 1970, qui ont eu une socialisation militante &#224; l'&#233;poque, qui se sont ensuite politis&#233;es sur la vieillesse au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, au moment o&#249; elles-m&#234;mes commen&#231;aient &#224; &#234;tre per&#231;ues comme &#226;g&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, comment s'organisent aujourd'hui en France les mobilisations contre les discriminations li&#233;es &#224; l'&#226;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On vit dans une soci&#233;t&#233; qui continue &#224; alt&#233;riser les personnes les plus &#226;g&#233;es, en parlant en leur nom, en construisant un &#8220;nous&#8221; qui les exclut et qui reconduit des fronti&#232;res d'&#226;ge assez rigides : &#8220;nous&#8221; (sous-entendu : les non-vieux) devrions prendre soin de &#8220;nos a&#238;n&#233;s&#8221;. Mais les initiatives militantes qui contrecarrent cette tendance restent tr&#232;s localis&#233;es et dispers&#233;es. Il y a des initiatives sur les questions d'habitat interg&#233;n&#233;rationnel, des projets autour du d&#233;veloppement de maisons de retraite plus ou moins autog&#233;r&#233;es (&#224; l'image de la maison des Babayagas de Montreuil) ou celui des r&#233;seaux pour l'habitat partag&#233;. D'autres sont plus focalis&#233;es sur la lutte contre les st&#233;r&#233;otypes sur la vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de ces initiatives sont le fait de femmes. Non seulement pour des raisons d&#233;mographiques, parce qu'elles sont plus nombreuses parmi la population &#226;g&#233;e ; mais aussi parce qu'elles sont confront&#233;es d'une mani&#232;re plus vive et pr&#233;coce au stigmate de la vieillesse. Plus largement, les femmes sont renvoy&#233;es &#224; leur &#226;ge tout au long de leur vie, &#224; travers l'id&#233;ologie du bon &#226;ge de la procr&#233;ation, les questions de l'horloge biologique et de la m&#233;nopause, qui structurent leurs temporalit&#233;s biographiques. Les femmes sont plus incit&#233;es et du coup plus enclines &#224; avoir une r&#233;flexivit&#233; sur l'exp&#233;rience de l'avanc&#233;e en &#226;ge, et peut-&#234;tre &#224; la politiser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si les luttes anti-&#226;gistes ne semblent pas soulever des foules en France aujourd'hui, d'autres causes rassemblent &#224; l'inverse de nombreux militants et militantes d'un certain &#226;ge...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est s&#251;r, c'est qu'une partie importante des personnes aujourd'hui retrait&#233;es en France a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une socialisation militante et politique depuis sa jeunesse. On caricature souvent en disant que la &#8220;g&#233;n&#233;ration 68&#8221; a trahi en faisant le jeu du capitalisme, en polluant la plan&#232;te, etc. Mais il y a aussi tout un pan de cette g&#233;n&#233;ration qui n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre militant et politis&#233; &#8211; ou qui s'est repolitis&#233;e au fil des d&#233;cennies &#8211; que ce soit en mati&#232;re de critique du consum&#233;risme, de d&#233;fense des droits des travailleurs et des conqu&#234;tes sociales de l'apr&#232;s-guerre, de f&#233;minisme, de soutien aux migrant&#183;es ou encore de lutte contre le nucl&#233;aire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela ne colle donc pas avec l'id&#233;e souvent v&#233;hicul&#233;e selon laquelle les personnes &#226;g&#233;es se d&#233;sengageraient de la vie publique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au-del&#224; des &#8220;effets de g&#233;n&#233;ration&#8221;, il y a aussi des &#8220;effets d'&#226;ge&#8221; qui expliquent une forte pr&#233;sence des personnes retrait&#233;es dans les mobilisations, le tissu associatif, les activit&#233;s de lien social. On parle d'une g&#233;n&#233;ration qui, &#224; 65 ans, est en moyenne en tr&#232;s bonne sant&#233; et avec du temps lib&#233;r&#233; des contraintes professionnelles et parentales. Cela contribue grandement &#224; l'investissement dans des activit&#233;s &#8220;non productives&#8221;, qu'elles soient militantes, caritatives ou sociales. On sait que les personnes retrait&#233;es constituent une part cruciale du secteur du b&#233;n&#233;volat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les manifestations, les cort&#232;ges syndicaux sont souvent investis par des personnes &#226;g&#233;es ou vieillissantes. Une r&#233;alit&#233; qui fait parfois na&#238;tre chez certains jeunes des r&#233;flexions du type : &#171; Il n'y a encore que des vieux... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela peut &#234;tre l&#233;gitime de s'inqui&#233;ter que dans une lutte il n'y ait pas de rel&#232;ve parmi les g&#233;n&#233;rations plus jeunes. Cela pose la question de l'avenir et de la perp&#233;tuation d'une cause militante, d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre. Par contre, remettre en question la pr&#233;sence m&#234;me des personnes que l'on per&#231;oit comme vieilles, c'est ignorer ces enjeux de transmission, se priver d'alli&#233;s, et surtout c'est reprendre &#224; son compte des st&#233;r&#233;otypes et pr&#233;jug&#233;s &#233;cul&#233;s selon lesquels la r&#233;volution ne pourrait venir que de la jeunesse, qu'il y aurait forc&#233;ment une homologie entre jeunesse et transformations sociales ainsi qu'entre vieillesse et conservatisme. Or, ce type de jugement et les actions de fermeture qui l'accompagnent contribuent &#224; dissuader des personnes plus &#226;g&#233;es de s'engager. Des personnes qui se sentent pourtant l&#233;gitimement concern&#233;es par des luttes et mouvements sociaux qui leur sont contemporains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui vient de publier un article dans la &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de science politique &lt;/i&gt;(vol. 70, 2020) : &#171; Conceptualiser l'&#226;gisme &#224; partir du sexisme et du racisme. Le caract&#232;re heuristique d'un cadre d'analyse commun et ses limites &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est la lutte finale !</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Hommage aux anciens et anciennes &#224; l'insolence gouailleuse, qui refusent de jouer le r&#244;le de garants d'un ordre &#233;tabli qu'ils vomissent. &#192; l'origine de ce dossier sur les &#171; vieillesses en lutte &#187;, il y a les visages et les frasques des vieux trublions qui nous entourent. Il y a la grand-m&#232;re de l'une d'entre nous qui, &#224; 83 ans et en plein confinement, d&#233;cida d'envoyer valser les barri&#232;res qui l'emp&#234;chaient d'acc&#233;der &#224; la plage parce que la police n'avait pas &#224; la &#171; priver de la mer &#187;. Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vieux" rel="tag"&gt;Vieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vieux-Fourneaux" rel="tag"&gt;Vieux Fourneaux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une-vieillesse" rel="tag"&gt;d'une vieillesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hommage aux anciens et anciennes &#224; l'insolence gouailleuse, qui refusent de jouer le r&#244;le de garants d'un ordre &#233;tabli qu'ils vomissent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1677.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1677-21684.jpg?1768700619' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de ce dossier sur les &#171; vieillesses en lutte &#187;, il y a les visages et les frasques des vieux trublions qui nous entourent. Il y a la grand-m&#232;re de l'une d'entre nous qui, &#224; 83 ans et en plein confinement, d&#233;cida d'envoyer valser les barri&#232;res qui l'emp&#234;chaient d'acc&#233;der &#224; la plage parce que la police n'avait pas &#224; la &#171; &lt;i&gt;priver de la mer&lt;/i&gt; &#187;. Et puis il y a ce grand-p&#232;re qu'on aurait dit tout droit sorti de la BD &lt;i&gt;Les Vieux Fourneaux [lire p. V]&lt;/i&gt; quand il insistait lors de contr&#244;les routiers pour que les gendarmes soufflent eux-m&#234;mes dans le ballon avant d'accepter de s'y atteler. Dans la m&#234;me veine, il y a cette vieille copine qui collait des stickers anti-a&#233;roport sur chaque camion de flics qu'elle croisait &#224; Notre-Dame-des-Landes, arguant que leurs Iveco flambant neufs &#233;taient pay&#233;s par le contribuable et que, par cons&#233;quent, ces v&#233;hicules &#233;taient un peu les siens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces anciens &#224; l'insolence gouailleuse qui refusent de jouer le r&#244;le de garants d'un ordre &#233;tabli qu'ils vomissent, il y a toutes celles et ceux qui continuent de serrer les rangs des cort&#232;ges de Gilets jaunes, balayant d'un revers de main le risque d'y laisser un &#339;il &lt;i&gt;[pp. VI &amp; VII]&lt;/i&gt;. Ainsi de G&#233;rard Lagorce, c&#233;g&#233;tiste septuag&#233;naire et lorrain qui slalome aujourd'hui encore entre les lacrymos &lt;i&gt;[p. IV]&lt;/i&gt;. Preuve, s'il en fallait une, que les vieux aussi peuvent apporter leur pav&#233; &#224; l'&#233;difice des luttes &lt;i&gt;[pp. II &amp; III]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit d'ailleurs mal comment la vieillesse pourrait effacer une vie de combat. &#171; &lt;i&gt;Au cours de l'histoire comme aujourd'hui,&lt;/i&gt; rappelait Simone de Beauvoir d&#232;s 1970,&lt;i&gt; la lutte des classes commande la mani&#232;re dont un homme est saisi par sa vieillesse ; un ab&#238;me s&#233;pare le vieil esclave et le vieil eupatride, un ancien ouvrier mis&#233;rablement pensionn&#233; et un Onassis.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ce sont deux cat&#233;gories de vieillesses, l'une extr&#234;mement vaste, l'autre r&#233;duite &#224; une petite minorit&#233;, que cr&#233;e l'opposition des exploiteurs et des exploit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de La Vieillesse, un livre publi&#233; chez Gallimard en 1970 et r&#233;&#233;dit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Lutte des classes un jour, lutte des classes toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi ceux qui se mobilisent, il y a aussi &lt;i&gt;celles&lt;/i&gt;. &#192; l'image de Th&#233;r&#232;se Clerc, d&#233;c&#233;d&#233;e en 2016 au bout d'une vie de combat f&#233;ministe : elle qui avait d&#233;couvert le militantisme &#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 1970 et s'&#233;tait investie au Mlac (Mouvement pour la libert&#233; de l'avortement et de la contraception) avant de fonder en 2013, &#224; 85 ans, la Maison des Babayagas de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Un habitat collectif, social et &#171; autog&#233;r&#233; &#187; destin&#233; aux femmes de plus de 60 ans. Dans un entretien paru en 2009 dans la revue &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt;, Th&#233;r&#232;se Clerc racontait comment son engagement f&#233;ministe et celui des femmes dont elle s'&#233;tait entour&#233;e &#233;taient intimement li&#233;s au combat qu'elles menaient, devenues vieilles, pour que leur &#171; anti-maison de retraite &#187; voie le jour : &#171; &lt;i&gt;Toutes les femmes qui ont port&#233; ce projet avec moi ont particip&#233;, d'une mani&#232;re ou d'une autre, au mouvement des femmes des ann&#233;es 1970. La non-mixit&#233; vient de l&#224;. Mais elle a aussi d'autres raisons, li&#233;es &#224; la vieillesse. D'abord, notre projet s'adresse &#224; une cat&#233;gorie d'&#226;ge dans laquelle il y a beaucoup moins d'hommes que de femmes. Ensuite, il me semble que notre g&#233;n&#233;ration de femmes, qui s'est toujours occup&#233;e des autres, a maintenant le droit de s'occuper un peu d'elle-m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187; Avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Le risque de la mixit&#233;, c'est de retomber dans des rapports de pouvoir classiques, que les hommes par exemple nous voient comme de &#8220;vieilles mamans&#8221; ayant vocation &#224; nous occuper d'eux.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catherine Achin, Juliette Rennes, &#171; La vieillesse : une identit&#233; politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; F&#233;ministe un jour, f&#233;ministe toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brigitte Fontaine, 80 berges et des poussi&#232;res, ne dirait certainement pas le contraire, elle qui chante dans son dernier album, sorti d&#233;but 2020, une &lt;i&gt;Vendetta&lt;/i&gt; emplie de provoc' contre le &#171; sexe fort &#187; &lt;i&gt;[p. XI]&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Masculin assassin&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La vendetta du con&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;C'est la mort du couillon&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Qu'on empale tous les m&#226;les.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se tenant &#224; bonne distance des vieux conservateurs accroch&#233;s au pouvoir et des bulletins de vote RN, il y a donc toutes ces vieilles, tous ces vieux, qui, par leur investissement politique, associatif et militant fermement ancr&#233; &lt;i&gt;&#224; gauche&lt;/i&gt;, ont de quoi laisser perplexe les partisans d'une th&#233;orie selon laquelle un certain d&#233;sengagement frapperait particuli&#232;rement les personnes &#226;g&#233;es. Certes, la retraite est parfois v&#233;cue comme &#171; une mort sociale &#187;, mais &#171; &lt;i&gt;il n'en demeure pas moins que de nombreuses personnes &#226;g&#233;es, notamment des femmes, demeurent actives socialement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mich&#232;le Charpentier, Anne Qu&#233;niart, Nancy Guberman et Nathalie Blanchard, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, ainsi que l'observaient quatre sociologues qu&#233;b&#233;coises en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si les pages qui suivent entendent bien r&#233;habiliter l'image d'une vieillesse rugissante, elles s'inscrivent aussi en faux contre certaines visions normatives du &#171; &lt;i&gt;bien vieillir&lt;/i&gt; &#187; qui, &#171; &lt;i&gt;si positives et attrayantes soient-elles en apparence, entretiennent la polarisation entre ceux qui auraient et ceux qui n'auraient pas &#8220;r&#233;ussi&#8221; leur vieillissement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. Cit.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. &#192; chacun le sien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de &lt;i&gt;La Vieillesse&lt;/i&gt;, un livre publi&#233; chez Gallimard en 1970 et r&#233;&#233;dit&#233; en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Catherine Achin, Juliette Rennes, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-mouvements-2009-3-page-133.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vieillesse : une identit&#233; politique subversive. Entretien avec Th&#233;r&#232;se Clerc&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mouvements &lt;/i&gt;n&#176; 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mich&#232;le Charpentier, Anne Qu&#233;niart, Nancy Guberman et Nathalie Blanchard, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2004-n51-lsp758/008876ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les femmes a&#238;n&#233;es et l'engagement social : une analyse exploratoire du cas des &lt;i&gt;M&#233;m&#233;s d&#233;cha&#238;n&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Lien social et Politiques&lt;/i&gt; n&#176; 51, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. Cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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