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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>George Jackson ou le refus d'&#234;tre une victime</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Les hommes noirs n&#233;s aux &#201;tats-Unis et assez chanceux pour &#234;tre encore en vie &#224; l'&#226;ge de dix-huit ans sont conditionn&#233;s &#224; voir l'emprisonnement comme in&#233;luctable. &#187; George Jackson parlait en connaissance de cause : arr&#234;t&#233; &#224; 18 ans, en 1961, pour un larcin d'un montant de 70 dollars, il fut condamn&#233; &#224; un an de prison &#171; renouvelable &#187;, selon une curiosit&#233; juridique am&#233;ricaine, et ne devait plus jamais en sortir. Avec son camarade de d&#233;tention, James Caar, il forme le Wolf Pack &#224; San Quentin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les hommes noirs n&#233;s aux &#201;tats-Unis et assez chanceux pour &#234;tre encore en vie &#224; l'&#226;ge de dix-huit ans sont conditionn&#233;s &#224; voir l'emprisonnement comme in&#233;luctable.&lt;/i&gt; &#187; George Jackson parlait en connaissance de cause : arr&#234;t&#233; &#224; 18 ans, en 1961, pour un larcin d'un montant de 70 dollars, il fut condamn&#233; &#224; un an de prison &#171; renouvelable &#187;, selon une curiosit&#233; juridique am&#233;ricaine, et ne devait plus jamais en sortir. Avec son camarade de d&#233;tention, James Caar, il forme le Wolf Pack &#224; San Quentin et se r&#233;v&#232;le un chef de gang redoutable, organisant trafic d'alcool de contrebande, jeux et prostitution masculine au sein de la population noire de la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Malcolm X, Jackson fait son apprentissage intellectuel en prison, mais plut&#244;t que de se tourner vers la religion, il d&#233;vore les th&#233;oriciens du nationalisme noir, Marcus Garvey en t&#234;te. Il lit aussi des r&#233;cits de pirates, Shakespeare ou &lt;i&gt;Les Mille et une nuits&lt;/i&gt;. L'&#233;poque distille une autre forme de litt&#233;rature en &#233;cho avec les luttes de lib&#233;ration du prol&#233;tariat mondial et des peuples colonis&#233;s : Marx, L&#233;nine, Mao, Che Guevara. Jackson passe alors &#171; &lt;i&gt;du nationalisme &#224; caract&#232;re racial et d&#233;fensif &#224; un effort concert&#233; pour porter des coups mortels &#224; la structure m&#234;me de l'institution p&#233;nitentiaire.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la percutante autobiographie de James Carr, Cr&#232;ve (1975), Champ libre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Dans un univers carc&#233;ral o&#249; les conflits raciaux montent en puissance, le gang devient la Black Guerilla Family (BGF) en 1966. Jackson ne se laisse pas duper par les barri&#232;res raciales dont cherche &#224; profiter l'administration p&#233;nitentiaire : &#171; &lt;i&gt;Quand les races se mettent &#224; se battre qu'est-ce qu'on a ? Des fous furieux, un groupe contre un autre groupe, c'est tout. Et &#231;a, c'est justement ce que veulent les porcs.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;George Jackson, Devant mes yeux la mort&#8230;, Gallimard, 1972.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il importe la lutte arm&#233;e au sein de la prison. En janvier 1970, George Jackson est accus&#233; avec deux autres militants d'avoir pouss&#233; du haut d'un escalier un maton responsable &#8211; et impuni &#8211; de l'assassinat de trois jeunes Noirs. Leur cause est rendue mondialement c&#233;l&#232;bre sous le nom des &#171; Fr&#232;res de Soledad &#187;. Le 7 ao&#251;t, son jeune fr&#232;re, Jonathan, m&#232;ne &#224; l'ext&#233;rieur de la prison de San Quentin une prise d'otages sanglante pour leur lib&#233;ration, dont il ne sortira pas vivant. Angela Davis sera poursuivie un temps pour avoir fourni l'arme incrimin&#233;e. Le 21 ao&#251;t 1971, George Jackson est abattu par les gardiens au cours d'une tentative de prise d'otages qui aura occasionn&#233; la mort de trois matons et de deux autres prisonniers&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;George Jackson avait sorti un pistolet 9 mm de sa coupe afro devant les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Jackson aura pass&#233; 11 ans en prison dont 7 en isolement pour 70 dollars. En protestation, en septembre, les d&#233;tenus de la prison d'Attica de New York men&#233;s par Sam Melville, d&#233;tenu blanc marxiste, se mutinent au cri de &#171; &lt;i&gt; Nous sommes des &#234;tres humains !&lt;/i&gt; &#187;. Bilan : 10 gardiens et 25 prisonniers tu&#233;s, dont Melville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jackson avait l'illusion, berc&#233;e par la phras&#233;ologie marxiste-l&#233;niniste de rigueur, de constituer une &#171; &lt;i&gt; avant-garde militaire de r&#233;volutionnaires professionnels qui guiderait les masses vers la r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187;, mais il eut surtout l'audace fatale de tenter la lutte dans le milieu le plus hostile. James Carr, &#224; sa sortie de prison, comprit que le rapport de force avec l'&#201;tat &#233;tait tout sauf favorable &#224; la lutte arm&#233;e et se d&#233;tourna de la posture r&#233;volutionnaire des chefs du Black Panther Party (BPP) qui faisait fureur dans le milieu radical chic. De s&#233;rieuses dissensions vont d'ailleurs se manifester entre la BGF et la garde pr&#233;torienne de Huey Newton, le leader du BPP. James Carr sera assassin&#233; fin 1971 par trois tireurs affili&#233;s au BPP pour des motifs rest&#233;s myst&#233;rieux. Huey Newton, lui, sera tu&#233; par un jeune membre des BGF sur fond d'histoire de crack et de racket&#8230; en 1989 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi comprendre la d&#233;liquescence du mouvement r&#233;volutionnaire noir comme une des cons&#233;quences de la strat&#233;gie contre-insurrectionnelle de l'&#201;tat am&#233;ricain. &#192; travers le plan Cointelpro, le FBI a voulu d&#233;truire l'activisme noir par tous les moyens n&#233;cessaires : la prison, l'assassinat, la drogue, l'infiltration, la division, la calomnie, la rumeur. D&#232;s 1968, la consigne d'Hoover &#233;tait d'&#171; &lt;i&gt;emp&#234;cher la coalition de groupes nationalistes noirs. Emp&#234;cher la naissance d'un messie qui pourrait unifier et &#233;lectriser le mouvement. Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que s'ils succombent &#224; l'enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts.&lt;/i&gt; &#187; Un prix pay&#233; par le jeune Bobby Hutton en 1968 et le charismatique Fred Hampton en 1969. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dant la mort de Jackson, les attaques de la police avaient caus&#233; la mort de 38 militants du BPP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Jackson, acc&#233;dant au statut de h&#233;ros du peuple, a &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233; comme il se doit par de nombreux musiciens comme Steel Pulse, Bob Dylan, Archie Shepp, les rappeurs Dead Prez, Blue Scholars, Tupac Shakur ou encore le groupe de rock breton Storlok qui lui d&#233;diera une &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=SlArNH_VAOE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;gwerz&lt;/a&gt; &#233;nerv&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Georges Jackson est mort/Toi, qui regardes la TV/ Sais-tu qu'il y a du sang sur tes mains ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire : George Jackson, &lt;i&gt;Les Fr&#232;res de Soledad&lt;/i&gt;. Pr&#233;face de Jean Genet, Gallimard, 1971, r&#233;&#233;dition Syllepse, 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire la percutante autobiographie de James Carr, &lt;i&gt;Cr&#232;ve&lt;/i&gt; (1975), Champ libre, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;George Jackson, &lt;i&gt;Devant mes yeux la mort&#8230;&lt;/i&gt;, Gallimard, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;George Jackson avait sorti un pistolet 9 mm de sa coupe afro devant les gardes en d&#233;clarant : &#171; &lt;i&gt; Gentlemen, the dragon has come ! &lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;Messieurs, le dragon est arriv&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;), en r&#233;f&#233;rence au &#171; dragon vietnamien &#187; &#233;voqu&#233; par Ho Chi Minh.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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