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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Barnum antis&#233;mite : une tradition fran&#231;aise ?</title>
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		<dc:creator>Eric Fournier</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; C'est un nouveau fort chabrol ! &#187;, expression d&#233;su&#232;te, un brin moqueuse, &#233;voquant aujourd'hui une forme de panache, un peu vain mais si sympathiquement gaulois. Mais &#171; fort Chabrol &#187; ce n'&#233;tait pas &#231;a. C'&#233;tait minable, vil et abject : un agitateur antis&#233;mite, aussi violent que pr&#232;s de ses sous, tient le si&#232;ge face aux autorit&#233;s. Devant un public conquis, il joue son dernier spectacle, avant de se taire, piteusement. Pardon ? Non, non, ce n'est pas celui-l&#224; ! Au temps pour moi&#8230; L'action (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un nouveau fort chabrol !&lt;/i&gt; &#187;, expression d&#233;su&#232;te, un brin moqueuse, &#233;voquant aujourd'hui une forme de panache, un peu vain mais si sympathiquement gaulois. Mais &#171; fort Chabrol &#187; ce n'&#233;tait pas &#231;a. C'&#233;tait minable, vil et abject : un agitateur antis&#233;mite, aussi violent que pr&#232;s de ses sous, tient le si&#232;ge face aux autorit&#233;s. Devant un public conquis, il joue son dernier spectacle, avant de se taire, piteusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pardon ? Non, non, ce n'est pas &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-sinistre-farce-des-quenelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celui-l&#224; !&lt;/a&gt; Au temps pour moi&#8230; L'action se joue en 1899, en pleine affaire Dreyfus ! Et le pitre en question se nomme Jules Gu&#233;rin, chef de la Ligue antis&#233;mitique de France (LAF), une organisation qui se prend pour un grand parti populiste mais qui se r&#233;duit en r&#233;alit&#233; &#224; un groupuscule d'agitateurs, anim&#233; par un ma&#238;tre &#232;s violences urbaines et rodomontades inf&#226;mes. Il tra&#238;ne dans son sillage une centaine de nervis redoutables, notamment recrut&#233;s aupr&#232;s des bouchers des abattoirs de La Villette. Tenir la rue et attiser le d&#233;sordre, voil&#224; qui s&#233;duit l'entourage d'un duc d'Orl&#233;ans r&#234;vant de putsch. Gu&#233;rin se laisse acheter. Les royalistes lui versent secr&#232;tement 3 000 000 francs, puis 30 000 francs par mois&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Somme non n&#233;gligeable pour une structure vide. Le salaire annuel moyen d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour financer la LAF, qui se rebaptise Grand Occident de France (GOF) et emm&#233;nage au 51, rue de Chabrol. Il fonde un journal, &lt;i&gt;L'Antijuif&lt;/i&gt;, qui, entre autres joyeuset&#233;s, publie quotidiennement de longues listes nominatives de juifs, adresses incluses. Un appel au pogrom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;nalit&#233;, telle est la constance de la carri&#232;re d'un Gu&#233;rin qui, avant de trafiquer dans l'antis&#233;mitisme, escroquait ses associ&#233;s et ses cr&#233;anciers &#8211; allant, en 1889, jusqu'&#224; incendier les locaux de son entreprise en faillite pour toucher la prime d'assurance. La faute aux Rothschild, &#233;ructe-t-il plus tard ! L'argent des royalistes lui cause cependant quelques d&#233;boires. Les autres meneurs antis&#233;mites, presque aussi &#226;pres au gain, lui disputent les fonds de la mouvance, et condamnent son ralliement au duc d'Orl&#233;ans. En 1898, &#201;douard Drumont, l'auteur de &lt;i&gt;La France juive&lt;/i&gt;, se brouille avec lui. Gu&#233;rin en est r&#233;duit &#224; faire le coup de poing contre les dreyfusards, avec plus ou moins de succ&#232;s, et &#224; f&#233;liciter les &#171; &lt;i&gt;coll&#233;giens antijuif&lt;/i&gt;s &#187; et &#171; les &lt;i&gt;cyclistes antijuifs&lt;/i&gt; &#187; dans sa feuille de chou antis&#233;mite, qui du reste se vend fort bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 ao&#251;t 1899, persuad&#233; de l'imminence d'un coup d'&#201;tat, le gouvernement arr&#234;te 25 leaders nationalistes et antis&#233;mites. Gu&#233;rin, entour&#233; par une ribambelle d'indicateurs allant fouiller jusque dans les tiroirs de son bureau, constitue pour le pr&#233;fet L&#233;pine la preuve de la collusion entre antis&#233;mites et royalistes. Il se r&#233;fugie avec une trentaine de fid&#232;les dans l'immeuble de la rue de Chabrol, transform&#233; en une v&#233;ritable forteresse. Le quartier est cern&#233; par la police qui pr&#233;f&#232;re l'affamer plut&#244;t que de donner l'assaut. Ce m&#233;lange malsain d'ignoble et de grotesque qui caract&#233;rise l'agitation gu&#233;riniste atteint ici son summum. M&#234;lant posture h&#233;ro&#239;que et poses de dandy, grand-guignol et esbroufe, &#171; &lt;i&gt;l'enferm&#233; de la rue de Chabrol&lt;/i&gt; &#187;, devient, un mois durant, la coqueluche &#8211; ou la ris&#233;e &#8211; de la capitale. Une foule nombreuse se presse pr&#232;s de la gare de l'Est pour assister au spectacle. Le 13 ao&#251;t, un chimpanz&#233; empaill&#233; est pendu &#224; une des fen&#234;tres. Une pancarte est accroch&#233;e &#224; son cou, avec cette inscription : &#171; &lt;i&gt;le tra&#238;tre Joseph Reinach&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Issu d'une famille de banquiers, d&#233;put&#233; des Basses-Alpes, d&#233;fenseur d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Beaucoup trouvent cela tr&#232;s dr&#244;le. Le singe restera ainsi deux jours. Le 15, fi&#232;rement post&#233; sur le toit, Gu&#233;rin ajuste un policer avec sa carabine et fait mine de tirer, sous les vivats de la foule. Une dame, &#233;moustill&#233;e, lui lance un bouquet. Le 18, &#224; minuit, &#233;pisode comique. Une main amie lance un beau gigot qui atterrit sur le toit du fort Chabrol. L'app&#233;tissante pi&#232;ce de viande roule du toit et est r&#233;cup&#233;r&#233;e par un agent en faction. Fureur de Gu&#233;rin qui, venant de perdre l'occasion d'am&#233;liorer sa pitance, ouvre une fen&#234;tre &#8211; en robe de chambre &#8211; et hurle &#171; &lt;i&gt;c'est ignoble ! &lt;/i&gt; &#187;. On le voit, l'ordinaire commence &#224; l'emporter sur les pr&#233;tentions &#224; l'h&#233;ro&#239;sme. Et le public se lasse, d'autant plus que l'affaire Dreyfus se tasse. Le 20 septembre, juste avant que L&#233;pine ne donne l'assaut, Gu&#233;rin se rend imm&#233;diatement. Il est condamn&#233; &#224; dix ans de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de dire ici que l'histoire bafouille ou se r&#233;p&#232;te (l'histoire ne se r&#233;p&#232;te jamais). Mais des pitres antis&#233;mites actuels assument l'h&#233;ritage de ces antidreyfusards-l&#224;, au point de les r&#233;&#233;diter. Qu'ils assument jusqu'au bout et ressortent &lt;i&gt;Les Trafiquants de l'antis&#233;mitisme&lt;/i&gt; (1905), pi&#232;tre brochure de l'agit&#233; de la rue de Chabrol, o&#249; tout est dit dans le titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;ric Fournier, historien, est l'auteur de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editionslibertalia.com/La-cite-du-sang.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Cit&#233; du sang&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (Libertalia, 2008), r&#233;cit piquant sur le climat d'agitation permanente entretenu &#224; Paris durant l'affaire Dreyfus par les bandes nationalistes &#8211; au centre desquelles on retrouvait les tueurs des abattoirs de La Villette.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Somme non n&#233;gligeable pour une structure vide. Le salaire annuel moyen d'un instituteur est alors d'environ 1 200 francs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Issu d'une famille de banquiers, d&#233;put&#233; des Basses-Alpes, d&#233;fenseur d'une r&#233;publique mod&#233;r&#233;e, il est l'un des plus fervents partisans du dreyfusisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Relire Front populaire r&#233;volution manqu&#233;e aujourd'hui</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Relire-Front-populaire-revolution</link>
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		<dc:date>2014-01-09T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Front populaire</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Gu&#233;rin</dc:subject>
		<dc:subject>Gu&#233;rin</dc:subject>
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		<dc:subject>SFIO</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Front populaire r&#233;volution manqu&#233;e est un texte essentiel sur les mouvements r&#233;volutionnaires minoritaires des ann&#233;es 1930, en France. L'auteur, Daniel Gu&#233;rin (1904-1988), fils de la grande bourgeoisie parisienne ralli&#233; &#224; la cause de l'&#233;mancipation, y raconte r&#233;trospectivement sa travers&#233;e de cette d&#233;cennie. Il rend hommage aux syndicalistes r&#233;volutionnaires de La R&#233;volution prol&#233;tarienne et du Cri du peuple (notamment Pierre Monatte) avec lesquels il fit un bout de chemin. Puis il relate (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Front-populaire" rel="tag"&gt;Front populaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/SFIO" rel="tag"&gt;SFIO&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/texte-essentiel" rel="tag"&gt;texte essentiel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Front populaire r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; est un texte essentiel sur les mouvements r&#233;volutionnaires minoritaires des ann&#233;es 1930, en France.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/p14-de_de_-pop-dc531.jpg?1768661956' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'auteur, Daniel Gu&#233;rin (1904-1988), fils de la grande bourgeoisie parisienne ralli&#233; &#224; la cause de l'&#233;mancipation, y raconte r&#233;trospectivement sa travers&#233;e de cette d&#233;cennie. Il rend hommage aux syndicalistes r&#233;volutionnaires de &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Cri du peuple&lt;/i&gt; (notamment Pierre Monatte) avec lesquels il fit un bout de chemin. Puis il relate la mont&#233;e des fascismes et la cr&#233;ation du Front populaire (1934-1936). En 1935, ayant rejoint l'extr&#234;me gauche de la SFIO (la &#171; Gauche r&#233;volutionnaire &#187; de Marceau Pivert, qui tenait la f&#233;d&#233;ration de la Seine), il devient un militant politique de premier plan, ce qui lui permettra, bien plus tard, de d&#233;crire avec beaucoup de souffle et de minutie les journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du printemps 1936, les occupations d'usine, les mobilisations combatives et joyeuses. Mais aussi la d&#233;crue sociale, les r&#233;cup&#233;rations et man&#339;uvres d'appareils, la manif sanglante de Clichy du 16 mars 1937 au cours de laquelle le ministre de l'Int&#233;rieur &#171; socialiste &#187; Marx Dormoy fit tirer sur son aile gauche (5 morts), la scission &#224; l'int&#233;rieur de la SFIO ponctu&#233;e par la naissance de l'embryonnaire Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) et, enfin, la marche &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;dition de &lt;i&gt;Front populaire r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; porte la marque de son &#233;poque. Publi&#233; une premi&#232;re fois en 1963, chez Julliard, le texte se voulait un hommage au socialiste r&#233;volutionnaire Marceau Pivert, r&#233;cemment disparu. Il permit de rompre avec l'unanimisme b&#234;lant &#224; propos de l'action de L&#233;on Blum. Il &#233;tait &#233;galement un t&#233;moignage &#224; charge contre la SFIO colonialiste et le PC en (relative) voie de d&#233;stalinisation. Gu&#233;rin, inlassable contempteur de l'ordre colonial, rappelait son action pass&#233;e aux c&#244;t&#233;s des leaders naissants du tiers-monde (Bourguiba, H&#244; Chi Minh).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;&#233;dit&#233; en 1970 et 1976 par Maspero, dans le contexte de l'apr&#232;s-68 et l'effervescence gauchiste, le texte &#8211; largement augment&#233; &#8211;, d&#233;taillait l'ampleur des mobilisations de 36 et la n&#233;cessit&#233; de d&#233;passer les appareils politiques et syndicaux pour aller au contact du peuple et entrer en r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e des gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1995, le livre fut r&#233;&#233;dit&#233; en 1997 chez Actes Sud/Babel par G&#233;rard Gu&#233;gan, ancien animateur des &#233;ditions Champ libre. Il s'agissait de convoquer la geste des minoritaires r&#233;volutionnaires et d'asseoir l'hypoth&#232;se de Daniel Gu&#233;rin selon laquelle les mouvements sociaux futurs, d&#233;gag&#233;s de la double imposture stalinienne et social-d&#233;mocrate, r&#233;aliseraient une synth&#232;se &#233;mancipatrice avec le meilleur du marxisme et de l'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'heureuse id&#233;e de r&#233;&#233;diter le livre incombe aux &#233;ditions Agone, en la personne de Charles Jacquier (animateur de la collection &#171; M&#233;moires sociales &#187;). Il s'agit &#224; ce jour de la version la plus compl&#232;te, puisqu'elle propose de nombreuses notices biographiques et corrige les quelques erreurs factuelles du texte d'origine. En le relisant, on reste parfois circonspect tant la b&#233;ance avec la r&#233;alit&#233; politique contemporaine semble colossale : m&#234;me le plus droitier des militants de la SFIO des ann&#233;es 1930 ne pourrait se reconna&#238;tre dans le discours propos&#233; par l'aile gauche de l'actuel PS. Finalement, l'orientation &#171; luxemburgiste &#187; propos&#233;e par Gu&#233;rin reste valide : ne d&#233;l&#233;guons rien, soyons acteurs de nos vies et de nos luttes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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